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PRIZIAC |
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La commune de Priziac ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PRIZIAC
Priziac vient du latin « brissius » (hameau précieux).
Priziac semble être un ancien ensemble primitif et forestier (Brisiaci silva) qui englobait les territoires actuels de Priziac, de Berné et de Meslan. La première mention qui est faite de Priziac est datée de 818 « juxta sylvam quae dicitur Priziaci » (Cartulaire de Landévénnec). La tradition veut que Louis le Débonnaire ait campé dans les alentours au IXème siècle (vers 818) avant d'affronter le comte Morvan.
La seigneurie de la Roche-Périou existe dès le début du XIème siècle et Périou, troisième fils de Budic Castellin, comte de Cornouaille (mort en 980) y édifie un château vers 1025. Le château est reconstruit au début du XIIIème siècle et occupé par les Anglais (de 1342 à 1354) durant la Guerre de Succession de Bretagne.
Priziac fut longtemps, semble-t-il, le siège d'une commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, appelée d'abord commanderie de Lotavy, puis commanderie de Beauvoir, et finalement unie à la commanderie du Croisty. La paroisse de Priziac est érigée en commune en 1790.
On rencontre les appellations suivantes : Prissiac (en 1427, en 1448, en 1513 et en 1536), Prisiac (en 1464 et en 1481), Priziac (en 1477).
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PATRIMOINE de PRIZIAC
l'église Saint-Beheau ou Saint-Béhan (XIIème siècle), reconstruite au XIXème siècle. Saint Béheau est un ancien évêque irlandais. L'église qui comprend aujourd'hui une nef avec bas-côtés, un transept et un choeur à chevet plat, a été construite dès le XIIème siècle. De cette église primitive, il subsiste quelques piles de la nef au Sud, et des colonnes engagées au carré du transept, les unes et les autres à chapiteaux grossièrement sculptés. Une des piles de la nef, composée d'un faisceau de quatre demi-colonnes engagées, est particulièrement remarquable par les chapiteaux et les bases. La pile sculptée date du XIIème siècle. L'édifice a subi de nombreuses modifications et reconstructions jusqu'en 1899. Très remaniée déjà au XVIème siècle, époque de la construction du choeur et de la réfection des grandes arcades et des bas-côtés, l'église a été grandement modifiée par des travaux au XIXème siècle. La croisée du transept est composée de quatre piles cruciformes qui supportent des arcs déformés. Le clocher, qui s'élevait sur le carré et dont la base au moins était romane, a disparu et l'on a construit, à l'Est, un clocher moderne sans rapport avec l'édifice. Le nouveau clocher-porche date de 1899. Le maître-autel et le retable, en bois peint, datent de 1735. Le retable est orné d'un Christ en croix, d'une statue de saint Beheau et d'une statue de la Vierge à l'Enfant. La Trinité est placée au sommet du retable. Le confessionnal, oeuvre du sculpteur Mathurin Le Nalbaut, date de 1827. Un saint Roch de la fin du XVème siècle, un prophète du XVIème siècle et une Vierge à l'Enfant du XVIème siècle, tous les trois en bois, méritent d'être signalés ; | |
la chapelle Saint-Nicolas (XV-XVIème siècle). Chapelle en croix-latine à chevet plat, construite au début du XVIème siècle (avant 1516) pour Yvon Le Digoedel, sieur de Kerlen, sur les terres de Pierre Le Scanff, seigneur du Dréors. Elle était jadis le siège d'un pardon célèbre où se commémorait dans les jouissances la fausse nouvelle de la mort de Guillaume III à la Boyne (1690). Une importante campagne de travaux a lieu en 1580 : reconstruction du choeur et du transept, de la chambre des cloches et remaniement de la porte occidentale. La décoration est flamboyante avec ses crochets et animaux aux rampants, ses portes en anse de panier sous des accolades décorées, mais les pilastres qui ornent la porte occidentale indiquent l'influence des monuments Renaissance que l'on commençait à construire en Bretagne. Au carré du transept, des colonnes engagées semblent attendre des arcades qui ne furent jamais construites. Le clocher et la flèche qui surmontent le pignon occidental sont de construction récente, mais la tourelle d'escalier et la galerie ajourée qui la relie au clocher sont du XVIème siècle. La chapelle est couverte d'une charpente aux entraits à têtes de crocodiles et aux sablières grossièrement sculptées. La chaire à prêcher date du XVIIème siècle. Auprès de la chaire, on découvre une Pietà du XVIème siècle. La roue à carillons date du XVIème siècle. La pièce maîtresse de cet édifice est le magnifique jubé (commandé vers 1566 et réalisé en 1580) soutenu par une clôture : le jubé, qui porte les armes de Jeanne du Juch et Pierre Le Scanff, est orné des Apôtres (sur face Est) et de légendes de la vie de saint Nicolas (sur face Ouest). Le maître-autel date du XVIIIème siècle. Les vitraux, oeuvre de Mickaël Messonnet, datent de 1997. Il faut encore signaler, à l'intérieur, une statue de bois d'un évêque, du XVIème siècle, un haut-relief de bois, de la même époque, figurant l'Arbre de Jessé, un dais en bois sculpté également du XVIème siècle comme le groupe de pierre qui surmonte l'autel du bras Sud du transept et qui représente la Descente de Croix. Les armes sont celles de Pierre Le Scanff, décédé en 1566, et de Jeanne Du Juch, sieur et dame du Dréors. A signaler que cette chapelle a été l'objet d'un conflit de prééminences entre Pierre Le Scanff, seigneurs du Dréors, et Yvon Le Digoedel, seigneur de Kerlen ; | |
la chapelle Notre-Dame (XVI-XVIIème siècle), située à Lotavy et édifiée, semble-t-il, à l'emplacement dune ancienne commanderie des Hospitaliers. On y trouve des sablières sculptées (XVIIème siècle). La chapelle abrite une statue de la Vierge à l'Enfant, en bois polychrome, datée du XVIIIème siècle ; | |
la chapelle Saint-Yves (1881), ancienne dépendance de la seigneurie de Kergoat. Cette chapelle est édifiée par Alphonse Le Brun (ou Lebrun), sculpteur à Lorient. Elle portait au XVIIème siècle, au dessus-de la porte Ouest, les armes des familles du Dréors et de Cremedec. Propriété de la famille Harrington après 1850, elle est reconstruite en 1881 selon les plans du sculpteur Le Brun. La tribune (vers 1880) comporte des décors figurés sculptés ; | |
la chapelle Notre-Dame-de-Poulcen ou Notre-Dame de Poubrum (milieu du XIXème siècle). Cet édifice de 1851 remplace un édifice beaucoup plus ancien. On y trouve une fontaine de dévotion, datée de 1879 ; | |
l'ancienne chapelle Saint-Guénolé (XVIIème siècle). Elle a failli devenir en 1659 le siège d'une trève. De plan rectangulaire à chevet polygonal, elle a été restaurée en 1924. Le clocher est refait au XIXème siècle. On y trouve une statue (XVIIIème siècle) en bois polychrome (H. 1,35 m) : l'abbé est mitré, en chape, tenant une crosse dans la main droite et un livre ouvert dans la main gauche ; | |
l'ancienne chapelle de la Madeleine, reconstruite au XIXème siècle au village du Rut et aujourd'hui disparue ; | |
le manoir de Le Plascaër (XVIIIème siècle), restauré en 1739 et 1762. Propriété successive des familles Caradec (en 1434), Bizien (en 1540), du Dresnay, Montlouis (à partir de 1621), Louvart (en 1769). Le cadran solaire porte la date de 1739, date de reconstruction du manoir après la condamnation de Thomas Montlouis. Le manoir possédait autrefois une chapelle privée ; |
Note : Manoir du Plascaër. En 1434, décéda Aliz de Placze-Cazer, qui laissa ses biens à sa fille Jehannette, veuve de Roparze Caradec. Celle-ci en rendit aveu en 1464, et mourut en laissant le manoir entre les mains de Guillaume Caradec, qui, en 1474, en rendait aveu avec son fils Jehan. Mahé Caradec, fils de Jehan, tint le domaine jusqu’en 1540, époque de sa mort, et, vingt-cinq ans plus tard, il appartenait à François Bizien. En 1680, nous retrouvons le Plascaër entre les mains de Philippe-Emmanuel de Montlouis et de Béatrice Lescobic, sa femme, qui le transmirent à Thomas-Simon de Montlouis, sieur de Kerfandol. Celui-ci rendait aveu le 11 janvier 1711, tant pour lui que pour dame Françoise-Michelle de Kerguelen, veuve de Louis de Montlouis et tutrice de l’enfant mineure issue de leur mariage. Cette enfant était Marie de Montlouis qui était mariée, en 1769, à François-Anne Louvart, sieur de Pontigny, sénéchal de Guémené, qui rendit aveu le 30 janvier de cette année. Ils eurent quatre enfants : Joseph-Aimé Louvart, sieur de Pontigny, Joseph-Théodore, Marie-Josèphe, épouse de Jérôme-Bonaventure du Pou, et Marie-Angélique, mariée à Pierre-Gabriel-Noël Le Douarin de Lemo. Les enfants, avec leur mère, rendent aveu à Jules-Hercule de Rohan, en 1777, pour les manoirs du Plascaër et de Kerfandol (M. L. Galles).
la fontaine de la chapelle Notre-Dame. Cette fontaine, associée à la chapelle Notre-Dame, a fait l'objet jadis de pèlerinages ; | |
les maisons de Petit-Carnal, et de Grand-Carnal. La famille de Kergoët posséda Carval et son manoir jusqu’en 1654, époque à laquelle, François de Lescoët et Françoise du Fresnay, sieur et dame de Runello Kergoët, Carval et Cosperic, le vendirent à Louis Urvoy et à Louise Le Ny, son épouse ; | |
les maisons de la rue Voen ; | |
la maison de Restelegan (XVIIème siècle) ; | |
la maison, située place de léglise (1579) ; | |
le puits de Restelegan (XVIIème siècle) ; |
A signaler aussi :
la découverte de plus de deux mille pièces de monnaies carolingiennes près de Belair et Kervenah ; | |
l'allée couverte de Botquenven, de Kerviniou et Men-Guionned (époque néolithique) ; | |
l'ancien castel Bel-Air (XI-XIIème siècle). La seigneurie appartenait successivement aux familles La Perière (XIVème siècle), Soussaye, Talhouët-Kerservant (en 1632), Volvire et à Guy de Lopriac (en 1680). Il comportait autrefois quatre tours et un fossé. La chapelle de la Madeleine, qui en dépendait, fut transférée au XIXème siècle au village du Rut (ou du Rest) et à nouveau reconstruite en 1970 ; | |
l'ancien château de Créménec ou Crémenec ou Cremenec (XVème siècle), aujourd'hui disparu. La seigneurie appartient successivement aux familles Kermain (en 1441), Esmes, Talhouët de Kerservant (en 1510), Volvire (en 1650). Le château est occupé en 1594 par Guy Eder de la Fontenelle ; |
Note : Jehan de Kermain, sieur de Cremenec et de Lisleho, mourut en 1421 ; sa veuve, Clairemondine de Renquis rendit aveu comme tutrice de Louise de Kermain. Cette Louise de Kermain mourut en 1441, et l’année suivante, nous trouvons les deux manoirs entre les mains de Jeanne de Kermain, épouse de Pierre Esmes, sieur de Kerservant. Depuis cette époque, ces deux domaines (Cremenec et Lisleho) appartinrent aux seigneurs de Kerservant, et n’eurent pas d’histoire particulière (M. L. Galles) ;
l'ancien château du Dréors (ou Dréorz). La seigneurie possédait un droit de basse, moyenne et haute justice. Propriété successive des familles Le Scanff ou Le Scauff (en 1363 et en 1448), Talhouët de Kerservant (en 1591), Volvire (en 1660), Lopriac (en 1684), Kerhoent (jusqu'à la Révolution). En 1827, le logis, la chapelle privée et le colombier sont encore debout. L'ensemble tombe en ruine au début du XXème siècle ; |
Note : Alain Le Scauff, sire du Dréorz, mourut en 1424, laissant son manoir à son fils Charles. Alain, héritier de celui-ci, rendit aveu, en 1466, à Louis de Rohan et laissa le Dréorz à Jehan Le Scauff, mari d'Anne du Cormier. Il mourut en 1496, et, en 1517, son fils Pierre faisait hommage à Louis de Rohan pour son manoir et « herbergement » du Dréorz. En 1531, mourut Gilles Le Scauff, et son fils Pierre fournit aveu, en 1540, au sire de Guémené pour ses domaines qui se composaient des manoirs du Dréorz, de Morgant, de Ménézorven, de seigneuries sur les manoirs de Keroual, de Brecelien, de Kerlen et de Coëteven, plus un bon nombre de tènements et de chefsrentes. Pierre Le Scauff était mort en 1566, et son fils Tristan rend aveu, cette même année, au sire de Guémené. Yves Le Scauff, fils et héritier de Tristan, dans son aveu de 1580, déclare que « à cause de la terre et seigneurie du Dréorz, il a cour et juridiction haute, moyenne et basse, et peut faire punir les délinquants jusqu’à extermination de vie inclusivement, qu’il a patibulaire à trois posts et piliers ». En 1593, le Dréorz était en la possession de Nicolas de Talhoët, sieur de Kerservant, Lisleho, Grand-Bois, Tremedern, et le Dréorz ; en 1661, il appartenait à Hélène de Talhoët, comtesse du Bois-de-la-Roche et dame de Crémenec ; enfin, en 1748, i1 était la propriété de Guy-Marie de Lopriac et passait à sa fil1e Félicité de Lopriac, femme de Louis-Joseph de Kerhoënt, qui en rendait aveu en 1777 (M. L. Galles).
l'ancien château de la Roche-Périou (XIème siècle). La seigneurie existe dès le début du XIème siècle. Le château est édifié par Périou, le troisième fils de Budic ou Benedic Castellin, comte de Cornouaille (mort en 980). A la mort de Périou, son fils, Guégant, qui a fondé le château de Guémené, devient seigneur de Guémené-Guégant et de La Roche-Périou. Propriété de la famille Castellin (XIème siècle) puis de la famille Rohan (vers 1120). Alain Ier devient alors le seigneur du lieu. Le château est reconstruit au début du XIIIème siècle par la famille Rohan et va rester dans la Maison de Rohan jusqu'en 1251. Il devient la propriété de la famille Beaumer (de 1251 à 1354) par le mariage de Robert de Baumetz ou Beaumer avec Mabille de Rohan, fille du vicomte Alain. Robert de Beaumer meurt sans postérité en 1280 et le domaine est alors cédé à Thomas de Beaumetz. Le château souffre gravement durant la guerre de Succession de Bretagne, qui oppose Charles-de-Blois à Jean de Montfort. La place subit un premier siège au mois de juin 1341. Le 15 ou 16 novembre 1342, les troupes anglaises du roi Edouard III enlèvent Le Faouët et La Roche-Périou, avant de prendre Pont-Scorff, le 19 novembre. Les Anglais occupent La Roche-Périou jusqu'en 1354. Puis Edouard III donne le château et le fief à Jean Davy, mari de Jeanne de Rostrenen, veuve du vicomte Alain VII de Rohan. En 1359 ou 1360, les partisans de Charles de Blois reprennent la Roche-Périou qu'ils conservent jusqu'en 1364, date à laquelle Montfort reprend le château. Le domaine devient ensuite la propriété du duc de Bretagne : suite à la mort de Roger Davy, son épouse Jeanne de Rostrenen cède en effet la Roche-Périou au duc de Bretagne le 29 juin 1371. Le 26 mai 1377, la seigneurie est rachetée par Jean Ier, vicomte de Rohan : l'ensemble de la vente comprend aussi le château et la châtellenie de Kermenet-Guégant et le manoir de Penquaer. Cette acquisition est approuvée par le duc Jean IV de Bretagne par lettres du 28 juillet 1377, puis confirmée par le roi Charles V en 1378. En 1384, Jean Ier de Rohan donne à son fils cadet, Charles, les châtellenies de Guémené, la Roche-Périou et la Roche-Moysan. Le château tombe en ruine dès le XVIème siècle (vers 1575). Aujourd'hui, il ne reste plus aucune trace du château ; |
Note : La Roche-Périou est située à l'extrémité sud-ouest de la paroisse de Priziac, au confluent de l'Ellé et du Pont-Rouge, dans une sorte de boucle ou de presqu'île formée par ces deux rivières. Le sol, en partant de chacun de ces cours d'eau, s'élève graduellement et finit par former deux chaînes de collines, qui se dirigent, l'une vers le nord le long de l'Ellé, l'autre vers l'est, le long du Pont-Rouge. Leur point de jonction est couronné d'un monticule qui a servi de base à un château du moyen âge. Ce château a reçu le nom de la Roche-Périou ; la première partie de son nom vient du mamelon rocheux qui le porte, et la seconde, du nom du fondateur. Qu'était ce Périou ? — C'était l'un des fils de Bénédic (ou Benedic), comte de Cornouailles, qui renonça à tous ses titres en 1021. Alain Canhiart, le fils aîné, recueillit le comté de Cornouailles ; Orscand, le second fils, devint évêque de Quimper ; Périou, le plus jeune des enfants, vint chercher fortune à l'extrémité du territoire, sur les bords de l'Ellé. Ayant remarqué la localité qui nous occupe, la force de sa position et la facilité de sa défense, il résolut d'y construire son château. Le fondateur, vivant au XIème siècle, a dû suivre les usages de son temps, pour l'établissement de son donjon. Or, nous dit M. de Caumont, dont personne ne contestera la compétence, « les donjons assis sur des terres rapportées, ou sur des mamelons naturels, au XIème siècle, — ont presque toujours été en bois, — ce qui explique pourquoi on trouve souvent des emplacements de châteaux considérables, sur lesquels il n'existe plus aucun vestige de constructions ». Toutefois quelques donjons étaient, par exception, construits en pierre ; on peut citer comme types ceux de Loches, de Beaugency-sur-Loire, de la Pommeraye, etc... La forme de ces donjons était constamment celle d'une tour carrée, soit régulière, soit allongée, avec des contreforts aux angles et aux côtés ; pas de tours rondes : celles-ci sont d'une date postérieure. A la Roche-Périou, la tranchée faite dans la colline pour l'établissement de la voie ferrée, n'a rencontré aucune tour carrée en pierre. Il en faut donc conclure que le château primitif, bâti peu après l'an 1021, était en bois, suivant l'observation générale faite par M. de Caumont. Outre le donjon, qui était la pièce principale du château, il y avait nécessairement des édifices accessoires, des granges, des écuries... ; il y avait probablement, du côté de l'est, un rempart en terre, surmonté d'une palissade en bois ; il y avait au nord et à l'ouest le cours de l'Elle, et au sud la rivière du Pont-Rouge, et il est à croire que ces cours d'eau étaient aussi garnis de palissades. L'enceinte du château était assez vaste pour donner asile, en cas d'alerte, à toute la population du voisinage. Les châteaux en bois étaient d'une construction rapide et économique, mais ils avaient l'inconvénient de se détériorer assez vite dans un climat humide, et surtout ils couraient le danger de périr avec tout leur mobilier dans un incendie ; or les chances d'un incendie étaient nombreuses, si l'on tient compte des imprudences des habitants et des attaques des ennemis du dehors. C'est ainsi que la fameuse tapisserie de Bayeux nous représente le château de Dinan construit en bois, et des assaillants qui s'efforcent d'y mettre le feu au moyen de torches fixées à de longues perches. Pour obvier à tous ces dangers, on revint au commencement du XIIIème siècle au vieux système romain, c'est-à-dire aux murs en maçonnerie et aux tours rondes. Nous en avons la preuve à la Roche-Périou. Les fouilles ont mis à jour quelques pierres de taille, provenant de portes ou de fenêtres en plein cintre. Or le style roman ou plein cintre a cessé chez nous dans la première moitié du XIIIème siècle ; par conséquent la construction dont on a retrouvé les débris n'est pas postérieure à cette époque. — D'un autre côté, l'édifice dont on a retrouvé les fondements était une tour ronde, et M. de Caumont montre, par son texte et par ses dessins, que les tours rondes, imitées des Romains, ont été ressuscitées au XIIIème siècle. De toutes ces circonstances, il résulte que le donjon remis au jour à la Roche-Périou est du commencement du XIIIème siècle. Ce château a pu être l'oeuvre de la famille de Beaumer, qui portait : d'argent au chef de sable. Les Beaumer possédaient, dès le XIVème siècle, non seulement la Roche-Périou, mais encore Guémené-Guégant, par suite du mariage de Robert de Beaumer en 1251 avec Mathilde de Rohan-Guémené. En 1280, Ranoulf de Beaumer, chanoine et trésorier de Reims, écrivit au duc de Bretagne, Jean Ier, pour lui notifier qu'en sa qualité d'aîné, il avait cédé les fiefs de la Roche-Périou et de Guémené, avec toutes leurs dépendances, à son frère puisé, Thomas de Beaumer, et qu'il le priait de recevoir son hommage pour toutes ces terres. (La Borderie, Recueil, p. 229). Lorsque s'ouvrit la guerre de Succession en 1341, ces domaines appartenaient toujours aux Beaumer. La Roche-Périou a même joué un rôle clans la lutte. En 1342, Gautier de Mauny, partisan de Jean de Montfort, sortit d'Hennebont avec une petite troupe, pour battre la campagne. En passant près de la Roche-Périou, qui tenait peur Charles de Blois, il eut envie de l'attaquer. Gérard de Malin, qui était dans la place avec une petite garnison, se défendit avec courage. L'assaut fut vif et périlleux. Jean Le Bouteiller et Mathieu du Fresnay entre autres chevaliers y furent dangereusement blessés de coups de grosses pierres reçus à la tête, et il fallut les apporter au bas de la montagne et les coucher dans un pré, pendant que la lutte continuait. (Froissart). Gérard de Malin avait un frère du nom de René, qui était capitaine du Faouët, également pour le compte de Charles de Blois. René, ayant appris le danger où était son frère, partit du Faouët avec quarante hommes d'armes, pour lui porter secours. Il trouva dans le pré les deux chevaliers blessés et un certain nombre de valets. Il les fit tous prisonniers et, sans avoir été vu des assaillants, il les emmena vers le Faouët. A mi-chemin, il remit en liberté les valets, et quelques-uns de ceux-ci revinrent en toute hâte à la Roche-Périou, pour annoncer l'enlèvement des blessés. Aussitôt, Gautier de Mauny fit cesser l'attaque, pour courir après les ravisseurs. Mais il arriva trop tard ; les prisonniers étaient en cage, et le château était trop fort et trop bien gardé pour être enlevé d'un coup de main. Le lendemain, des renforts ; recrutés par le capitaine de la Roche-Périou, se mettaient en marche pour secourir le Faouët, et Mauny, craignant d'être enveloppé par des forces supérieures, reprit là route d'Hennebont. Après la guerre, tout rentra dans l'ordre, et les Beaumer reprirent la jouissance exclusive de leurs châteaux de la Roche-Périou, de Guémené et de leurs dépendances. Cependant la famille seigneuriale était alors sur le point de s'éteindre : elle n'était plus représentée que par les deux filles de Thomas de Beaumer, à savoir : l'aînée, Jeanne, mariée à Jean de Longueval, et la cadette, mariée au sieur de Noyère. Dans ces conditions, Jean Ier, vicomte de Rohan, désireux de rentrer en possession du domaine de Guémené, qui avait appartenu jadis à sa famille, proposa au seigneur et à la dame de Longueval de racheter ce fief et même celui de la Roche-Périou. La proposition fut acceptée, et le contrat fut passé devant la cour de Rennes, le mardi 26 mai 1377. Moyennant la somme de 3.400 livres, les vendeurs cédèrent au vicomte tous leurs droits sur les châteaux de Guémené et de la Roche-Périou, et tous les avantages qu'ils possédaient dans les paroisses de Priziac, Saint-Tugdual, Ploërdut, Langoëlan, Lescoët, Silfiac, Séglien, Locmalo, Persquen et Lignol. (D. Morice. Pr. II, 176). Le paiement se fit cinq jours après, et le reçu est ainsi libellé : « Sachent tous que je Jehan, sire de Longueval, ay aujourd'hui eu et receu de noble homme Monsieur le Vicomte de Rohan, par la main de Jehan du Feu, son procureur, la somme de trois mille et quatre cent francs d'or, en bon or de compte et de poys, pour cause de la vendicion des chasteaux et châstelainies et terrouers de Guémenet-Guingant et de la Roche-Perriou, o leur appartenances, les quelles chouses étoient le droit et le héritage de dame Jehanne de Beaumer, ma femme épouse, fille et principal heir de Monsieur Thomas de Beaumer ; et de la dite somme de trois mil quatre cent francs ay quitté et quitte le dit M. le Vicomte... Donné témoin mon scel, le darrein jour du moys de may l'an 1377 » (D. Morice. Pr. II. 178). Le vicomte Jean de Rohan donna la seigneurie de Guémené, avec toutes ses dépendances, à son fils Charles, issu d'un second mariage. Celui-ci fit souche et transmit ses biens à ses descendants. La famille ayant fixé son séjour habituel au château de Guémené, il en résulta que la Roche-Périou fut négligée et tomba peu à peu en ruine. En 1575, c'est-à-dire deux siècles après l'acquisition, Louis VI de Rohan-Guémené, rendant aveu au roi, mentionne « l'emplacement de l'ancienne forteresse de la Roche-Périou ». — Ainsi, à cette époque, l'antique château était ruiné, et il ne restait que les fondements des murs. Ce n'est qu'en coupant l'extrémité de la montagne, pour l'établissement du chemin de fer départemental, qu'on a mis à nu la base d'une grosse tour ronde. En déplaçant les terres, on a trouvé divers objets, et notamment de gros boulets de pierre, comme on en avait au XIVème siècle, un fer à cheval, une belle marmite en cuivre à pieds en bronze, un petit vase en terre, ayant la forme d'un barillet, avec un goulot et deux anses sur le côté (J. M. Le Mené).
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l'ancien manoir de Villeneuve. Ce manoir ne nous apparaît qu’au XVIIIème siècle où il fut possédé par Nicolas-François de Fresnay-Faouët et Angélique du Quengo, ensuite, par leur fille Marie-Claude, qui mourut le 31 décembre 1722, et laissa La Villeneuve à son oncle, René-André du Freshay-Faouët (M. L. Galles) ; | |
les anciens manoirs de Kerlen et de Kerfloch. Ces manoirs, après avoir appartenu à Jehan de Cremenec en 1411, et à Jehan Le Courhin, sieur de Kerduel, en 1437, à Olivier Le Courhin en 1475 et à son fils Charles en 1527, devinrent la propriété d'Yvon Le Digoëdec qui mourut en 1540, puis de son petit-fils, Louis Le Digoëdec qui les possédait en 1543. Nous les retrouvons ensuite en la possession de Louis du Fresnay, sieur de Coëtcodu, qui les donna en partage de juveigneurie à un de ses enfants. Ils étaient, avant 1722, la propriété de François du Fresnay-Faouët et d'Angélique du Quengo, sa femme, qui les transmirent à Marie-Claude, leur fille, dame marquise de Cleudon, dame des terres et seigneuries de la baronnie du Faouët, Barrégan, Collobert, Meslan, Kerlen et autres lieux. Les manoirs de Kerlen et de Kerfloch passèrent après sa mort à son oncle parternel René-André du Fresnay-Faouët (M. L. Galles) ; | |
l'ancien manoir de Mindrouch. Le manoir de Mindrouch était la propriété de la famille de Kergoët jusqu’en 1572, époque à laquelle Pierre de Kergoët en vendit la moitié à Jean Huby, sieur de Kerguen, et l’autre moitié à son frère, Antoine Huby, sieur de Hirgaër. Plus tard, ce manoir appartint à Isabeau Cleuz, veuve de Guillaume de La Motte. Au milieu du XVIIIème siècle, Toussaint Simon le transmettait à son frère, Jean Simon, dont la famille le posséda dans la suite jusqu’en 1785, époque à laquelle il en est rendu aveu par Antoine Caris, négociant, époux de Thérèse-Françoise Simon, et par Jean Guillo du Bodan et sa femme, Félicité-Michelle Simon (M. L. Galles) ; | |
l'ancien manoir de Keroual. Jean Botmael, fils de Pezron Botmael, rend aveu, en 1436, pour ce manoir, à Louis de Lopriac, receveur de Guémené ; 23 ans plus tard, il appartenait à Jehan de Pestien, qui mourut en 1480 et eut pour successeur son fils, Guillaume de Pestien. A son décès, qui eut lieu en 1499, celui-ci laissa deux fils : Jehan et Charles. Jehan, l’aîné, rendit aveu en 1500, et mourut en 1511, laissant sa fille sous la tutelle de Charles de Pestien, son frère. En 1583, nous trouvons, comme dame de Keroual, Marguerite de Pestivien, fille ou petite-fille de Jehan, qui avait épousé Corentin Buzic en 1535 et qui mourut en 1580, laissant son héritage à sa dernière sœur Louise de Pestivien, dame du Quellenec, épouse de Jehan de Glévedé. Cette Louise rendit aveu en 1586, comme dame propriétaire de Lenihon et douairière de Coëtbihan, Kerlosquet et Keroual, au nom de son fils, Marc de Glévedé. Dans la suite, le manoir de Keroual changea souvent de propriétaire : ainsi, nous voyons Anne du Pont, douairière de La Marzelière, le vendre, en 1604, à Térisien Thomas, sieur de La Villeneuve ; en 1615, il appartenait à Martin d'Iratzaval et à Catherine Botbarec, et, en 1636, à Bertrand de Kergoët, sieur de Kergoët. Au commencement du XVIIIème siècle, il était la propriété de René de Lopriac, marquis de Coëtmadeuc, mari de Françoise Sauvager. René de Lopriac mourut en 1733, et son fils, Guy-Marie de Lopriac, rendait aveu l’année suivante pour les seigneuries de Crémenec et de Keroual. Félicité de Lopriac, fille de Guy-Marie, épouse de Louis-Joseph de Kerhoënt, tenait ce domaine en 1777, et elle rendait aveu en 1785, avec les titres de marquise douairière de Kerhoënt, vicomtesse de Donges et du Dréorz, marquise d’Assérac, baronne de Coëtmadeuc, La Roche en Savenay et Kerlech, dame des terres et seigneuries de Crémenec, Keroual, Kerhuers, Kerivily et autres (M. L. Galles) ; | |
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l'ancien manoir Bresserien. Le manoir de Bresserien appartenait, en 1473, à Henry de Bennerven et à sa femme, Marguerite de Kerméno. En 1502, il était la propriété de Jehan de Kergoët, puis, en 1526, d’Alain du Dresnay et de Françoise Bennerven ; puis les sires du Dréorz et ceux de Kerminizic le possédèrent successivement, et il est probable qu’il est resté dans cette dernière maison (M. L. Galles) ; | |
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les anciens manoirs du Stéro et de Penquesten. Ces deux manoirs ont été, de tout temps, la propriété des seigneurs de Kermerien et du Cranno (M. L. Galles) ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de PRIZIAC
Seigneurie de Kergoët. Un ancien aveu de l’an 1300 nous indique la mort de Geoffroy de Kergoët. Plus de cent ans après, en 1419, nous trouvons un aveu de Jehan de Kergoët, rendu à Charles de Rohan, à cause du décès de sa mère. Eon, probablement son fils, fit hommage, en 1430, pour le manoir de Kergoët, et cet acte porte les restes d’un sceau où l’on distingue deux fasces nouées et un franc-quartier chargé d’une barre "engreslée". Eon, ou Yvon, mourut en 1470, laissant le manoir de Kergoët à son fils Yvon et la terre de Mindrouch à son autre fils Pierre. Yvon eut, d'Isabeau Le Gentil, trois fils et une fille, à savoir : Jean, l’aîné, qui fut seigneur de Kergoët, Yvon, Rolland et Isabeau. Jean rendit aveu pour les manoirs de Kergoët et de Bresserien, et mourut en 1541. Le domaine revint à Yvon, son puîné, qu’on appelait le Jeune pour le distinguer de son père, surnommé le Vieil. Il rendit aveu, le 12 juillet 1543, pour les manoirs de Kergoët, Mindrouch, Trobioret et Carval, et laissa trois enfants : Pierre, l’aîné, qui lui succéda, Yvon et une fille nommée Isabeau. Pierre vivait encore en 1590, et, comme il n’avait pas eu d’enfants, ses manoirs passèrent à son frère puîné, Yvon, qui avait épousé Claude de Beaucours. Celui-ci rendit aveu en 1601 pour les manoirs de Kergoët et de Carval, et eut deux fils, Jean et Bertrand. La fille du premier, Anne de Kergoët mourut en 1630, et la terre de Kergoët passa à son oncle Bertrand qui était encore, en 1632, sous la tutelle de sa mère Claude de Beaucours. Nous ne retrouvons plus traces de ce domaine jusqu’en 1767, époque à laquelle mourut messire Charles-Gilles-Léon de Sorel, époux de dame Marie-Anne Tortel, sieur et dame de Kergoët. Cette dernière étant décédée en 1771, le château de Kergoët devint la propriété de leur fille : Anne-Jacquette de Sorel, qui avait épousé en premières noces Sébastien-Claude-Charles-Joseph Barbier, vicomte de Lescoët, et en secondes, M. le comte de Carné-Marcin, brigadier des armées du Roi, capitaine de ses vaisseaux, chevalier de Saint-Louis et lieutenant-général d’épée au ressort de Brest et de Saint-Renan (M. L. Galles).
Ala "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464, on comptabilise la présence de 5 nobles de Priziac :
Allain LE SCAUFF ou SCANFF (5OO livres de revenu), comparaît avec son habillement ; | |
Guillaume CARADEC (30 livres de revenu) : porteur d'un paltoc et d'une salade (casque) ; | |
Yvon KERCOET (30 livres de revenu) : défaillant ; | |
Guillaume BOTMEL (10 livres de revenu) : défaillant ; | |
Pierre KERENGORHIN (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine ; |
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence de 9 nobles de Priziac :
Bisien LE DIGOEDEC (200 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Ollivier KERCOURHIN (40 livres de revenu) : comparait en archer ; | |
Yvon de KERGOET (400 livres de revenu) : décédé ; | |
Jehan CARADEC (15 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Allain LE SCAUFF (40 livres de revenu) : défaillant ; | |
Jehan BOTMEL (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une pertuisane ; | |
Henry PHILIPPE (10 livres de revenu) : porteur d'un paltoc, comparaît armé d'une pertuisane ; | |
Jehan PEZRON ; | |
Guillaume PIERRE : défaillant ; |
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