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PLUFUR

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La commune de Plufur (bzh.gif (80 octets) Plufur) fait partie du canton de Plestin-les-Grèves. Plufur dépend de l'arrondissement de Lannion, du département des Côtes d'Armor (Trégor - Bretagne)

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLUFUR

Plufur est pour ple ou plou Fur, paroisse du Sage ou tire son nom d'une altération de saint Florent (évangélisateur et fondateur au IVème siècle du monastère de Saint-Florent le Veil en Maine-et-Loire). 

Plufur est une ancienne paroisse primitive. La chapelle Christ, au village du Manach-Ty (du breton Manah (moine) et Ty (maison)), était une ancienne possession des moines cisterciens de l'abbaye du Relecq, en Plounéour-Ménez (Finistère). Siège d'un prieuré, le Manach-Ty constituait l'un des quatre membres de leur temporel. Les moines y détenaient vingt quevaises, ainsi qu'un moulin dit Milin-Manac'h et un bois appelé Coat-Manac'h. En 1706, la chapelle du Manach-Ty (prieuré de l'abbaye du Relecq) et la chapelle du Christ sont interdites à cause de leur mauvais état. Le village du Clandy semble révéler la présence d'une ancienne maladrerie.

Le 11 juillet 1596, un combat eut lieu près de la chapelle Saint-Adrien entre les habitants de Plufur et les soldats de la garnison de Tonquédec, venus les piller.

L'ancienne paroisse de Plufur avait pour évêché Tréguier, pour subdélégation et pour ressort Lannion. On croit que les religieux du Paraclet (ordre de Malte) ont possédé des biens assez considérables en Plufur.

On rencontre les appellations suivantes : Plefor (vers 1330), Ploefur (fin XIVème siècle, en 1426, en 1444, en 1461, en 1596), Pluffur (en 1657).

Voir aussi la situation de la paroisse de Plufur durant la Révolution.

Note 1 : on a découvert en 1836 à Keranroux un nombre important de monnaies en bronze (de l'époque romaine). 

Note 2 : la commune de Plufur est formée des villages : Kerdaret, Kerguen-Quérec, Kerviniou, Kerlaéron, Keranrous, Lesclec'h, le Merdi, Kerabalan, Keraprovost, Kervubu, Luzunevez, le Bodo, Fifac'h, Keriselo, Kerbascoen, Kerhuel, Kerarmoal, Keramono, Kerizelan, le Christ, Mazac'hty, Run-ar-Manac'h-Bras, Faur-Bras, Pen-ar-Voern, Pors-Lago, Poul-an-Vran, etc....

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PATRIMOINE de PLUFUR

L’EGLISE Saint-Florent datant de 1675 (aile nord) et de 1763-1776, reconstruite (sur les plans de Jacques François Anfray) avec des matériaux de l'ancienne (qui paraît avoir été du XIVème siècle) n’est rien moins que jolie. Elle possède, sans en tirer parti ni s’en faire honneur, un retable fort ancien et encore curieux malgré ses mutilations. Il a environ 2m 40cm de longueur sur 40 cm de hauteur. Il représente à droite, l’Adoration des Mages, à gauche la Résurrection de N. – S. Jésus-Christ. Le Sauveur sort d’un tombeau garni d’une grille en pierre à ogives trilobées ; il montre ses plaies à deux personnages dont l’un est agenouillé, les mains jointes. Le milieu de ce retable était jadis occupé par une croix dont il ne reste plus que quelques trous. Cette mutilation date du dix-septième siècle, disent les registres de la paroisse, et a eu pour cause la nécessité de donner une place plus grande à un tabernacle en bois, de la renaissance, qu’on adossa alors, sur l’autel, au retable dont nous venons de parler et qui servait encore d’ornement au maître-autel à cette époque. Inscrit sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 15 novembre 1985. On y a aussi conservé deux sablières du choeur (1504). Le bénitier date de 1558 (la date est gravée à l'envers). Deux statues représentant saint Nicolas et sainte Anne, sont l'oeuvre de Lucien Prigent, sculpteur né en 1937 à Trémel et décédé en 1993. Les seigneurs de Keranroux avaient des prééminences dans l'église de Plufur dont ils étaient les fondateurs. Les seigneurs du Plessis-Eon et de Guern an C'hastel possédaient jadis des prééminences dans l'église de Plufur (dont la moitié d'une chapelle du côté de l'épître dédiée à sainte Marguerite, pour les seigneurs de Guern-an-C'hastel).

La CHAPELLE en ruines de Saint Mélaine, ainsi que la belle fontaine qui est à côté, avait été érigée en l’honneur d’un saint personnage de ce nom, né en Plufur, au château du Plessis-Eon, vers l’an 445.

La CHAPELLE de Saint Nicolas (1499) en forme de croix latine avec sept fenêtres flamboyants. La chapelle, construite à la demande d'Alain de Plusquellec par Philippe Beaumanoir en 1499, possède deux transepts de style gothique flamboyant. La sacristie voûtée en pierres de taille et la tour datent du XVIème siècle. Le clocher mur en "pi" possède deux chambres de cloches, avec tourelle d'accès au sud. La chevet est à trois pans. Les seigneurs du Plessis-Eon possédaient des prééminences dans cette chapelle, classée monument historique le 2 mars 1911. 

Quelques autres édifices à citer :

- le manoir de Poul-ar-Vran (XVIème siècle) ;

- la fontaine de Poul-ar-Vran ;

- la chapelle Saint-Yves, située dans l'enclos du cimetière. Il s'agit d'un édifice du XVème siècle, restauré en 1912. Les seigneurs du Plessis-Eon et de Keranroux possédaient des prééminences dans cette chapelle ;

- le moulin de Saint-Nicolas ;

- les croix du bourg, de Kerfubu, de Kergren ;

- la motte de Guern-an-Hastel, de Keroué (haut Moyen-Age) ;

- l'ancien presbytère (XVIIIème siècle) ;

- les fermes de Lesten-ar-Vot (1680-1691), du Merdy (XVIème siècle), de Kerhuel (XVIème siècle), de Guern-ar-Hastel Bihan (1675), de Lesteo (1659-1790), de Run-ar-Manach Bras (XVIème siècle), de Run-ar-Manach Bihan (1652), de Kernabalan Bras (1753-1783).

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ANCIENNE NOBLESSE de PLUFUR

Le CHATEAU du Plessis ou du Quinquis n’est plus qu’un monceau de ruines : il a disparu à une époque indéterminée et en 1661 seul subsistaient les douves et le pont-levis. Il était fortifié et fut occupé pendant la Ligue. Un sieur de Guesbriant, frère de la dame douairière de Kerprigent et du Plessis Eon, était capitaine de la garnison de ce château en 1593. La seigneurie de Plessis-Eon, citée dès 1583, portait le titre de châtellenie. Elle possédait un droit de haute, moyenne et basse justice avec un patibulaire à quatre pots de pierre. Propriété successive des familles Tournemine au XIVème siècle, Trémédern (suite au mariage de N. de Tournemine avec Robert de Trémédern), Malestroit (en 1436, suite au mariage de  Jeanne de Trémédern avec Jean de Malestroit, seigneur de Kaer), Pinart (en 1583), Kerguézec (avant 1644), Quélen (en 1664). 

KERANROUX appartenait à un sieur Le Long, sieur de Keranroux, en 1630. A cette époque il passa dans la famille Duchâtel-Coëtangars. Cette seigneurie s'étendait jadis sur Plestin, Trémel et Plounévez-Moëdec. Elle possédait un droit de haute justice à quatre piliers qui s'exerçait au bourg de Plufur. Propriété de Rolland Le Long (fils de Pierre Le Long et de Margélie de Kerbouric, et époux de Madeleine Guernapin), de Rolland II Le Long (époux de Constance de Kerouzéré), Robert Le Long (époux de Jeannette de Plessis-Eon, puis de Marie du Perrien), Prigent Le Long (1532, époux de Aliénor de Guernisac), Rolland III Le Long (en 1553, époux de Marguerite de Kerjabu). Cette seigneurie passe vers 1639 dans la famille du Chastel, suite au mariage de Marie Le Long (fille de Jean Le Long et de Françoise de Kermerc'hou) et de Jean du Chastel (sieur de Launay, Coatangars ou Coëtangars et Bruillac). Elle devient ensuite la propriété de Jean du Cozker, seigneur de Rosambo (en 1689), puis de Louis Le Pelletier (ou Peletier) de Rosambo (en 1699). A noter que la famille Le Long a fourni un capitaine de Châteaulin-sur-Trieux sous les ducs de Bretagne. Ils portaient : d’argent à trois chevrons de sable.

GUERN-AN-C’HASTEL (ou Guernanhastel) et Kervidoné étaient aussi terres nobles. La seigneurie de Guern-an-C'hastel possédait jadis un droit de moyenne et basse justice qui s'exerçait au bourg de Plufur où se trouvait son auditoire. Elle est unie dès 1670 à la seigneurie de La Lande qui possédait une basse justice à Loguivy, à Plougras, à Plestin et Trémel. Propriété de la famille Le Rouge (au XVème siècle), puis de la famille Tuomelin (dès 1524). Cette seigneurie passe en 1698 entre les mains de la famille Bizien, suite au mariage de Renée de Tuomelin avec François Bizien.

KERARMOUX, haute justice, appartenait à M. de Rosambo, seigneur de la paroisse de Plufur en 1695.

KERPRIGENT, moyenne justice, appartenait à M. du Plessis-Quélen au moment de la Révolution.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Tréguier de 1481, on comptabilise la présence de 5 nobles de Plufur (en 1426, on comptabilisait également 5 nobles) : 

Hervé DU COZKER (10 livres de revenu), porteur d'une brigandine, comparaît en archer. 

Morice KERPRIGENT (60 livres de revenu), porteur d'une brigandine, comparaît en archer.

Robert LE LONG (60 livres de revenu), porteur d'une brigandine, comparaît en archer.

Jehan MAHE (10 livres de revenu), porteur d'une brigandine, comparaît en archer.

Charles SALIOU (30 livres de revenu), porteur d'une brigandine.

(inspiré en partie de "Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les communes du département – tome 4 paru en 1859 (B. Jollivet)")

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