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PLOUGRAS

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La commune de Plougras (bzh.gif (80 octets) Plougraz) fait partie du canton de Plouaret. Plougras dépend de l'arrondissement de Lannion, du département des Côtes d'Armor (Trégor - Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLOUGRAS

Plougras tire son nom de "Ploe" (paroisse) et du vieux breton "croes" ou "Kroaz" (croix). Il s'agit, semble-t-il, de la plus ancienne attestation en Bretagne du culte de la Sainte-Croix.

La paroisse primitive de Plougras englobait autrefois les trèves de Lohuec et Loguivy-Plougras. Plougras est cité pour la première fois en 1288, dans un document mentionnant un certain Alain de Plougras, écuyer (Alanus de Plebe Crucis, armiger diocesis trecorensis).

Plougras connaît très tôt une implantation templière " le temple de Toulguidou " (aujourd'hui en Plounérin), appartenant aux Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Cette implantation était enclavée dans le fief de la seigneurie du Scozou (aujourd'hui en Loguivy-Plougras). Ce membre templier était rattaché à Plouaret et relevait de la commanderie de la Feuillée, dite aussi commanderie du Palacret. A signaler qu'en 1683, il était constitué de 19 quévaises. Lors de la Réformation de 1426, " la Salle de Toul Guedou ", est occupée par Yvon Derien, métayer d'Henri Quelen, et sont mentionnés à " Tol Guidou " (en Locquyvi) les contribuants suivants : Hervé Guihomarch, Yvon Guihomarch, Jehan Didou, Yvon Didou, Olivier Didou, Nicholas Didou, Hamon Colve, Yvon Derien, Guillaume le Souter, Alen le Scornec, Jehan Quéré, Yvon le Toullec, Jehan le Gallic, Geffroy Saint Jalme, Guillaume le Bot, Denes Lourance. 

La terre de Penforest, située vers l'extrémité ouest de la forêt de Beffou appartenait autrefois à la seigneurie abbatiale de Begar (la forme Bégard n'apparaît qu'après la Révolution). Entrée dans le domaine des Cisterciens grâce à la générosité des comtes de Penthièvre (et de Tréguer) vers le XIIème siècle, elle était constituée presque entièrement de quévaises (quelque 17 fermes leur appartenaient aux alentours). Lors de Réformation de 1426, le manoir de Pen en Forest est occupé par Jehan le Roux " métayer à l'abbé et couvent de Begar "

Plougras (Ploegrois) était une importante paroisse dès 1425 (Actes de Jean V, n° 1628). Le territoire de la commune de Plouaret a été accru par la loi du 13 juin 1856, aux dépens de celle de Loguivy-Plougras, de l’étang de Beffou et des villages de Pen-ar-Menez, Guernénéon, Mezenein et Keradenec.

La châtellenie de Beffou dont relevait le territoire de Plougras dépendait tantôt des ducs de Bretagne, tantôt des comtes de Penthièvre. Dès 1445, la seigneurie de Beffou relève de Pierre de Bretagne, devenu duc en 1450 sous le nom de Pierre II. Cette châtellenie est donnée en 1453 à Jehan de Laval (neveu de Pierre II) et reste dans cette famille jusqu'en 1586, date à laquelle Pierre de Coatredrez l'acquiert. 

L'ancienne paroisse de Plougras faisait partie de l'évêché de Tréguier, avait pour subdélégation Morlaix et ressortissait au siège royal de Lannion. La cure était à l'alternative. Durant la Révolution, la paroisse de Plougras dépendait du doyenné de Plouaret. Plougras élit sa première municipalité au début de 1790.

La famille Plougras (seigneurs de Trogorre), aujourd'hui disparue et qui a donné son nom à la commune, existait dès le XIIIème siècle : Alanus de Plebe Crucis (en 1288), Maurice de Plougras (vers 1330), Guillaume de Plougras (en 1415 et en 1416), Alain I de Plougras (décédé en 1459), Alain II de Plougras (décédé en 1464), Alain III de Plougras (décédé en 1490), François de Plougras (décédé en 1536), Claude de Plougras (décédé en 1555), Jeanne de Plougras, épouse de Hervé Le Rouge, puis Jean de Kermarquer. Elle portait pour armes : d’argent à une croix pattée de gueules.

On rencontre les appellations suivantes : Plebs Crucis (en 1288), Plebe Crucis (vers 1330), Plougraz (en 1415), Ploegrois (en 1425), Plugroez (en 1437), Ploecroiz (en 1442), Ploegroix (en 1461), Ploecras (en 1490) et Plougras (en 1600).

Ville de Plougras (Bretagne)

Note 1 : la commune de Plougras est formée des villages : Botlan, Trénouet, Penenec'h, Keréidré, Trovern, le Sollier, Louc'h-Isellan, Louc'h-Huellan, Garzou-Bras, Garzou-Bihan, Trogoredec, Nec'hguen, Scrapiar, les Plous, Keranguer, les Avregan, Kerantara, Menez-Riou, Coatillan, Kerniet, Crec'h-Goan, Kerisern, Penayun, Ménez-Guéric, Kaénor, Kerembellec (ou Kerambellec), Barlandrès, Kervretel, Kergoulin, Manacty, Kergrec'h, Pen-an-Forest, Crec'h-Lean, Kerjolis. Jadis le territoire paroissial de Plougras était divisé en 5 frairies : Menez, Trénouel, Kezavregan, Kerambellec, Penforet.

Note 2 : Liste non exhaustive des recteurs de PLOUGRAS : François Nicolas, décédé en 1696. - Noble Alexandre de Coatansour (1696-1701). - Noble Hyacinthe de Calloet (1701-1703). - Noble Jacques-René de Calloet (à partir de 1703), neveu du précédent. - François le Diouguel, décédé en 1751. - Jacques le Gloan (à partir de 1751). - Louis le Neuder, décédé en 1786. - Guillaume le Penven (1786-1789). - Philippe Ella (1789-1790), etc ...

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PATRIMOINE de PLOUGRAS

l'église Saint-Pierre (XIV-XVIème siècle). Edifice en forme de croix, mais irrégulier. Nef avec bas côté nord de sept travées et au sud de six seulement. Au droit des deux dernières travées, au nord, chapelle en aile, et, au sud, double chapelle séparée par deux arcades transversales ; à la suite, le choeur. L'église est mentionnée en 1330 dans un compte diocésain : il subsiste de cette époque le fenestrage daté du XIVème siècle et réemployé dans la chapelle Sud de l'église. Elle date en majeure partie des premières années du XVIème siècle avec fenestrage du XIVème siècle réemployé dans la chapelle du midi en aile. Le procès-verbal des prééminences dans l'ancien édifice, avant sa démolition ou restauration, fut dressé le 27 avril 1505. Elle a été restaurée en 1613, date inscrite à l'intérieur de l'édifice ; puis, au XVIIème siècle, l'on a construit le clocher-mur daté de 1681 et 1687, ainsi que le choeur de la même époque. Enfin la sacristie porte l'inscription I. H. S. Mre GUILLO CURÉ 1762. En 1786, le lambris du choeur venait d’être refait à neuf sous la direction de Jehan Lohou et Yves Le Mat et l’on se proposait de refaire celui de la nef. Il y avait alors un dôme au-dessus du maître-autel que l’on décida de ne pas remettre. Le porche Ouest date du XVIème siècle et abrite une Pietà : " Le porche, du début du XVIème siècle, est surmonté d’un gable décoré d'animaux fantastiques et est placé sous l'égide de Notre-Dame de Pitié qui occupe la niche principale. Sa porte en bois, donnant accès dans l'église, date de la fin du XVème siècle " (R. Couffon). Les sablières avec tirants engueulés, en bois polychrome, datent du XVIème siècle : l'une d'elles représente un homme poussant une brouette chargée d'un mort. Elle contient une cloche de 1767 et un reliquaire en argent (1488) du bras de saint Gonéry, fils de sainte Eliboubane et qui vécut au VIème siècle. Le 16 février 1978, le clocher s'est effondré sur l'église. Elle abrite des statues anciennes de saint Pierre, sainte Vierge, saint Jean-Baptiste, saint Yves, saint Gonery. A noter qu'en 1767, Marie Louise de Ploesquellec (épouse de Charles Gabriel du Parc, seigneur de Kerradenec, né en 1729 et décédé en 1769) est la marraine de l'une des cloches de l'église de Plougras aux côtés de Louis Le Peletier, marquis de Rosambo [Note : cette cloche est brisée lors de l'effondrement du clocher en 1978]. Le seigneur du Ménez se déclarait seul fondateur et premier prééminencier de l'église paroissiale comme de la chapelle Saint-Gonery, droits également revendiqués par les seigneurs de Kerradenec [Note : La famille du Parc sont des 1661 propriétaires des seigneuries du Menez et de Kerradenec], pour y avoir ses armes " tant en bosse que peinture et lizières tant au dehors et au dedans même dans les principales vitres d'icelle avec ses prééminences et accoudoirs, tombes, enfeux, chapelles et tous les droits honorifiques et privilèges qui peuvent appartenir à un fondateur et patron ". D'après les déclarations de Jean III du Dresnay, reprises par Pierre de Coatredrez en 1583, les seigneurs de Kerradenec étaient " fondateurs de l'église de Plougras et représentateurs de ladite église avec droit de nomination aux bénéfices d'icelle ". Ils avaient en outre leur chapelle privée dédiée à saint Yves dans l'église de Plougras ;

Ville de Plougras (Bretagne)

Nota : Droits honorifiques pour la terre et seigneurie de Kerradenec en l'église  paroissiale de Plougras : Du côté de l'entrée du cimetière, au-devant de la grande porte qui est au pignon d'Occident, se trouvaient les armes des seigneurs du Parc, ainsi que sur la barrière d'entrée du cimetière. En dehors de l'église on remarquait une litre faisant le tour ou circuit de la dite église, chargée des mêmes armes ; ainsi que en relief, sur la tour et les deux arcs-boutants qui l'accompagnent. Les seules et uniques armes des mêmes seigneurs étaient en supériorité dans le premier jour de toutes les vitres qui éclairaient la dite église, avec une litre en dedans, portant les mêmes armes, tant en plein qu'en alliance. A chacun des côtés des balustres ou table de communion, se trouvaient les bancs desdits seigneurs, entrant dans le sanctuaire de deux pieds plus avant que les balustres ou table de communion. Du côté de l'épître, dans la même église, il y avait un mausolée élevé dont le dessus était " armoyé ", les écus portant : d'argent à la croix ancrée de sable, accompagnée de trois coquilles de gueules, deux en chef et une en pointe, qui sont les armes de Kerradenec (armes du Dresnay Kerradenec). Les deux cloches, qui étaient dans la cour portaient les blasons des seigneurs du Parc (A. de K.).

   

Ville de Plougras (Bretagne)

Voir aussi   Plougras " Description de l'église Saint-Pierre en Plougras

 

la chapelle Saint-Gonéry (XVIème siècle), restaurée en 1787. Située sur le chemin qui conduit du bourg de Plougras au château de Keradennec (ou Kerradenec). Elle est en forme de croix latine et elle est édifiée à l'emplacement d'un ancien édifice religieux qui est mentionné en 1456. Elle renferme des sablières sculptées représentant plusieurs scènes de chasse et abrite des statues anciennes de la Sainte Vierge, sainte Anne, saint Gonery, saint Sébastien, saint Roch, saint Nicodème et saint Dominique provenant d'un retable du Rosaire. Les seigneurs de Kerradenec détenaient des droits honorifiques dans la chapelle (Archives départementales des Côtes-d'Armor, E. 938 - Acte de vente de Kerradenec du 10 septembre 1760). Le seigneur du Ménez se déclarait " être fondateur et premier prééminencier de la chapelle saint Gonery, avec bois de haute futaie, y avoir ses armes tant en bosse que peinture en dehors et dedans avec tous les droits honorifiques et privilèges qui peuvent appartenir à un fondateur et patron ". " Dans cette chapelle, les seules et uniques armes des seigneurs de Locmaria se trouvaient, tant en relief, au-dessus du maître-autel, qu'en peinture dans l'ornement de la charpente, au-dessus du dit maître-autel ; et en dehors, en relief, au-dessus de la grande porte qui est dans le pignon au-dessus du clocher. A l'escalier d'entrée du cimetière de cette chapelle, se trouvaient les mêmes armes en relief, de chaque côté du dit escalier " (A. de K.) ;

l'ancienne chapelle du Manacty, détruite. Elle existait encore au XVIIIème siècle ;

le calvaire de Trénouel (XVI - XVIIème siècle) ;

deux croix présentant chacune un Christ (avant le XVème siècle), situées au lieu-dit " Le Solier "

le manoir de Menes-Riou (surnommé ainsi depuis le XIXème siècle) ou Ménez (XVII - XVIIIème siècle). Une inscription portant la date de 1675 se trouve au-dessus de l'entrée du bâtiment situé à gauche : " MIV : LEGVEL - HE. 1675 - IHS " (pour MIVier - LE Guelhet). Le logis de droite porte la date de 1763. Il s'agit du chef-lieu de l'ancienne seigneurie du Menez, ayant appartenu successivement aux familles Charuel ou Charruel, Mené, Perrier, Du Parc et Goësbriand (au XVIIIème siècle). Ce manoir a vu naître François-Marie Buhot, ancien maire et curé constitutionnel de Plougras, décédé en 1822 au manoir de Kerampriol ;

2 moulins ont été recensés  dont le moulin à eau de rivière nommé Conan et le moulin à vent nommé Goariva (ruiné en 1853) ;  

A signaler aussi :

le menhir de Lesplouz (époque néolithique), aujourd'hui disparu ;  

la motte cadastrale du Beffou (début du XIème siècle) encore appelée "motta comitis" (motte du comte) ;

la maison Le Mat (1707), située au lieu-dit " Le Solier " et édifiée par un certain Le Mat. On y voit un puits du XVIIème siècle. A signaler que lors de la Réformation de 1426 Jehan Mat est dit " métayer de Jehan Prigent " ;

l'ancien château de Kerradenec, aujourd'hui disparu. Propriété successive des familles du Dresnay, Coatredrez, du Parc de Locmaria. On y trouvait jadis une chapelle privative. En 1747, le domaine est affermé à Henry Dubourg. La " Métairie Haute " sera vendue comme Bien National le 21 novembre 1794 à Bizic Le Coz et Didou de Lannion pour un montant de 34.200 livres et la " Métairie Basse " le 25 janvier 1795 à la famille Lecoq (épouse Moreau) et François Tilly (Archives départementales des Côtes-d'Armor, 1 Q2/75) ;

le pont charretier du château (XVII - XVIIIème siècle) ;

la borne de Goariva (vers 1740) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de PLOUGRAS

La seigneurie du Ménez possédait des biens en Plougras (manoir et métairie du Ménez, le moulin et l'étang du Guic, Kervretal, Kergolet, Kerbihan, Kerampriol, Kerolland, Penanech, Kerfiloch, Trovern, ..., ainsi que des biens au bourg de Plougras, ....). Elle avait droit de haute, basse et moyenne justice. Les premiers seigneurs connus sont : Charuel (aux XIIème et XIIIème siècles), du Mené (du XIVème au début du XVIème siècle), du Perrier ou Périer (du début du XVIème siècle à 1661), du Parc de Locmaria (de 1661 à 1745), de Goesbriand (de 1745 à 1752), Le Peletier de Rosambo (de 1760 à 1794), ...). Les Charuel (XI-XIIème siècle) sont dits seigneurs du Menez et vicomte de Guerlesquin (Potier de Courcy). En 1294, est mentionné Jehan du Mené, sr. de Coatrescar et du Méné (Dom Morice, Preuves I, c. 1114). En 1427, parmi les nobles de Plougras, sont mentionnés Plésou et Jehanne du Méné.

La seigneurie du Dresnay était la propriété successive des familles du Dresnay (aux XIIIème et XIVème siècles), de Quelen (à la fin du XIVème siècle et jusqu'en 1681), de Montigny (1681-1748, par le mariage, en 1681, de Françoise-Yvonne Quelen avec François de Montigny), de La Rivière (1748-1770, par contrat du 3 septembre 1748, Yves-Marie de Montigny vend la seigneurie du Dresnay à Joseph-Yves-Thibault, marquis de La Rivière), de La Fayette (1770-1792. Le 22 mai 1754, Marie-Louise-Julie de La Rivière épouse Roch-Gilbert du Mottier, marquis de La Fayette. [Note : le couple va donner naissance à un fils unique, Marie-Joseph-Paul-Yves-Roch-Gilbert du Mottier, plus connu sous l'appellation de " Général La Fayette ", le héros de la guerre d'indépendance américaine]. La seigneurie possédait jadis un droit de haute justice et fut réunie vers 1300 à celle de Traouénès.

La seigneurie de Kerradenec possédait un droit de haute justice. Les premiers seigneurs connus sont : Le Prévost (XIVème siècle), du Dresnay (Guillaume du Dresnay, en 1427), Coatredrez (Pierre de Coatredrez épouse Marie du Dresnay vers 1583), du Parc de Locmaria (Louis du Parc épouse Françoise de Coatredrez en 1606), de Goesbriand (en la personne de Louis Vincent de Goesbriand), Louis Le Peletier de Rosambo (par acquêt). Les mouvances du fief de Kerradenec étaient sous Guingamp, suivant l'inféodation du 20 décembre 1732. Le domaine est vendu comme Bien National le 22 novembre 1794 et le 25 janvier 1795.

La seigneurie du Beffou avait haute, moyenne et basse justice sur domaine et fief. Elle possédait seulement dans la forêt de Beffou, une chapelle prohibitive à la dite terre du Beffou [Note : " La forêt de Beffou mesurant 134 milles, 70 cordées, lesquelles réduites en journeaux, faisaient le nombre de 1675 journeaux, trois quarts, et était prisée en 1749, le fond dévêtu, comme panage, glandée (etc), de revenu annuel, 1675 livres 17 sols, 6 deniers et les bois y étant mûrement considérés et combinés en détails, tant le centre qu'extrémités, circonstances et dépendances estimées la somme de 280.000 livres, laquelle dite somme réduite en rente fait le revenu annuel de 14.000 livres "] dédiée à saint Tugdual. La dîme de Beffou tenue jadis en ferme par François Lizrin était arrentée au désir des beaux du 8 mars 1725, 14 février 1743 et 8 décembre 1747, à 94 livres. Les fiefs de Beffou étaient sous le duché de Guingamp.

On comptait dans cette paroisse de Plougras, plusieurs familles nobles :

- les Plougras, sieurs dudit lieu ;

- les Du Dresnay, sieurs dudit lieu. Marie, dame du Dresnay, héritière de la branche aînée en 1400, porta par mariage la terre de son nom dans la maison de Quélen ;

- les de la Fruglaye, sieurs de Kervers, possédaient en 1780, la haute justice de Kervern. Cette famille a fourni un abbé des Prières, mort en 1766, un évêque de Tréguier, mort en 1745.

Dresnay (du), sr. dudit lieu, en Plougras, — de Kervizien, en Scrignac, — de Keradennec, de Kerroué, de Tréogat et de Kerbihan, en Loguivy, — de Trobodec, en Gurunhuel, — de Pontélory, — de Kercourtois (voir nota *), en Plouguer Carhaix, — de Trédiec, en Riec, — du Roz, en Balaznec, — de Locdu, en Louargat, — de Leslec'h et de Kergean (Kerjean), en Plestin, — de Doudron, en Plouégat-Moysan, — de Trobescont et de Keramezre, en Plouégat-Guérand, — de Pluscoat, en Botlézan, — de la Roche-Huon, en Trézélan, — de Launay, en Brélevenez, — de Kerbaul, en Chatel-Audren, — du Roc'hou, en Plouezoc'h, — de Castellenec, en Henvic, — de Coëtilézec, en Pleiber-Christ, — de Lohennec, en Saint-Thégonnec, — de Kerlaudy et de Rosnévez, en Plouénan, — de Penanrue, paroisse du Minihy, — de Pontplancoët, en Plougoulm, — baron de Montrelais. Ancienne extraction. — Réformes et montres de 1427 à 1562, en Plougras, Gurunhuel, Plestin (Plestin-les-Grèves) et Botlézan, évêché de Tréguier ; Scrignac, Plouguer, Plusquellec et Riec, évêché de Cornouailles. — A fourni huit générations en 1669. Blason : D'argent, à la croix ancrée de sable, accompagnée de 3 coquilles de gueules. Devise : Crux anchora salutioris, et En bon esp. Du Dresnay a produit : Bonabes, qui épouse, vers 1280, Olive, dame de Kervizien. — Robin ou Robinet et Even, avec leurs porte-targes, dans une montre de 1356 ; tous deux au service de Jean, roi de France, sous les ordres de Foulques de Laval. — Bonabes, à une montre de Jean de Penhoët en 1420, paraît pour aller à la délivrance du duc Jean V, enfermé à Chasteauceaux, et meurt au siège de Beuvron en 1426. Il avait épousé Alliette de Trobodec. — Charles envoyé à Rome, en 1424, près du pape Martin V par le duc de Bretagne Jean V. Le même maître des Comptes au Parlement en 1444, mort en 1451. — Renaud, maître d'hôtel de la dauphine Marguerite d'Ecosse en 1440, puis capitaine de Château-Thierry ; chambellan du duc d'Orléans, gouverneur, pour ce prince, du comté et de la ville d'Asti, en Piémont, en 1447 ; commandant de l'armée royale en Italie, fait prisonnier à la bataille de la Frascheda et payant quatorze mille écus pour sa rançon, mort bailli de Sens en 1462. (Sismondi, Rép. italiennes du moyen âge ; — Bertrand d'Argentré, Histoire de Bretagne). — Perrot, chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, gouverneur de l'hôpital de Balaznant, en Plouvien, en 1443. — Jean, bailli de Cornouailles, en 1476. — René, seigneur de Kercourtois, capitaine ligueur, tué à la tête du Pont, près de Pontivy, après une héroïque défense (Chanoine Moreau. Histoire de ce qui s'est passé en Bretagne pendant les guerres de Religion). — François-Julien, chef d'escadre en 1768, puis gouverneur des îles de France et de Bourbon, en 1776. — Cinq membres admis aux honneurs de la cour, savoir : marquis du Dresnay, en 1766 ; — comtesse du Dresnay, en 1768 ; — marquis du Dresnay, enseigne de chevau-légers de la garde, en 1783 ; — comtesse du Dresnay des Roches, même année ; — comtesse du. Dresnay, en 1788. Joseph-Michel-René (1707-1784), fils aîné de Joseph-Marie du Dresnay et de Marie-Gabrielle-Thérèse Le Jar du Clesmeur ; mousquetaire dans sa jeunesse ; chevalier de Saint-Louis, colonel de la garde-côte du pays de Léon, inspecteur général du haras du dit pays ; gouverneur, commandant pour le roi, de Saint-Pol, Roscoff, etc., épouse : 1° en 1740, Elisabeth de Cornulier, dont est issu : Louis-Ambroise-René, aide de camp du prince de Condé pendant la campagne de 1761 et 1762, breveté colonel en 1777, monté dans les carrosses du roi en 1763, émigré, nommé maréchal de camp par les princes français, chargé de la correspondance avec Jersey (avec le chevalier Joseph-Claude de Kersauson), nommé colonel du régiment français de son nom, qui fit partie de l'expédition de Quiberon. De ce mariage un fils, Louis-Ambroise, marquis du Dresnay, comme son père, qui épousa, vers 1772, Marie-Joseph du Coëtlosquet, et fut tué à Quiberon en 1795, laissant un fils, Marie-Joseph-Gabriel-Ambroise, page de la Reine en 1788, colonel breveté, chevalier de Saint-Louis en 1814, et époux de Rose-Jacquette de Quélen ; et une fille, Marie-Louise-Reine, que nous verrons, à la branche des Kersauson-Kerjan, épouser, en 1814, Armand, comte de Kersauson. Joseph-Michel-René du Dresnay, devenu veuf de sa première femme (Elisabeth de Cornulier), épousa, en 1745, Marie-Anne de Montaudouin, dont : Joseph-Marie-Léonard, né en 1752, et mort émigré à Londres en 1797. Il avait été chevau-léger de la garde ordinaire du roi, aide de camp de son oncle, François-Julien du Dresnay, pendant que ce dernier était gouverneur des îles de France et de Bourbon ; émigra à l'armée de Condé ; capitaine au régiment du Dresnay ; chevalier de Saint-Louis ; il épousa, le 29 juin 1790, Marie-Françoise-Félicité Le Forestier de Kerosven, mariage dont est issu Joseph-Marie-Nicolas, marié, le 18 juin 1827, à Marie-Aimée du Marc'hallac'h, et qui eut pour enfants : Alfred, mort sans postérité, et Marie-Louise-Françoise, épouse du comte Ludovic de Kersauson Vieux-Chastel. La maison du Dresnay s'est alliée aux : de Quélen, de Pluscoat, de Kergrist, de la Roche-Huon, de Kerimel, etc., antérieurement au XVIème siècle ; et depuis, aux : de la Haye, de Coëtlogon, du Perrier, de Lannion, de Beaufort, de la Boissière, de Kergorlay, de Penmarc'h, du Coëtlosquet (deux alliances), Hersart de Saint-Briac, du Fresnay, de Montigny, de Bragelogne, de Caumont, de Cornulier, de Montaudoin, de Quélen, du Rusquec, de Kersauson, etc. (Communication de M. le marquis du Dresnay). A la fin du XIXème siècle (vers 1884), les représentants de du Dresnay sont : 1° Renaud, marquis du Dresnay, époux de demoiselle du Fay, dont : 1° Renaud ; 2° Bonabes, officier au 118ème de ligne, mort pendant la campagne de Tunisie ; 3° Maurice et 4° demoiselle Amice ; — 2° N..., mariée à M. de la Touche, à Saint-Brieuc ; ils descendent de Marie-Joseph-Gabriel-Ambroise et de Rose-Jacquette de Quélen. Marie-Louise du Dresnay a apporté à la maison de Kersauson de Vieux-Chastel les terres de Lanidy et de Kermaz.

(*) Nota : On nous saura gré, nous n'en doutons pas, de reproduire ici quelques strophes du chant des ligueurs (extrait du Barzaz-Breiz), s'appliquant au seigneur de Kercourtois, le jeune et vaillant René du Dresnay : « Le chant du départ des ligueurs cornouaillais de l'armée de Mercoeur pour le siège de Craon, défendue par huit ou dix mille hommes, tant Anglais que Français, qui furent mis en déroute sous les murs de la ville (mai 1592), est resté dans la mémoire belliqueuse des paysans des Montagnes-Noires ; il m'a été appris par un vieillard de Maël-Pestiven (Note de M. de la Villemarqué). Hago tant euzar ve de deleizac'h calenne : — Mena gelimm mezer ru denom groaz abrenne ? Kena droc'haz Kalonec'h potr maner Kercourtez : — Kemerit skouerdigan in hag-eviot krouzetez ! Ne oa ked'hegomz gant tran, hegomz ac'huet mad, Oa toullet gwinn he vrec'h kena stinkazor goad, Hawar dal he borpont wenn eur groaz ru avagret Hazabarz ne meur amzer ho helle oant kroazet... [En quittant le cimetière, ils (les ligueurs) demandaient en foule. Où trouverons-nous du drap rouge pour nous croiser présentement ? Le fils du manoir de Kercourtois répondit en brave : Prenez exemple sur moi et vous serez croisés !. A peine achevait-il ces mots, qu'il s'était ouvert une veine du bras - Et que son sang jaillissait et qu'il en avait peint - Une croix rouge sur le devant de son pourpoint blanc, - Et que tous s'étaient croisés en un instant...] ». « Les trois strophes que nous venons de citer ont trait à René du Dresnay, sr. de Kercourtois, chef des ligueurs de la Haute-Cornouaille, et l'un des plus beaux caractères du XVIème siècle. A l'époque du siège de Craon, il n'avait que 22 ans ; en 1594 il commandait une compagnie de gens d'armes de 150 salades, qui lui avait été donnée de préférence à plusieurs gentilshommes et vieux soldats, lesquels, néanmoins, n'en furent pas jaloux, dit un contemporain, la voyant bailler à celui qui la méritait si bien. Car c'était un gentilhomme rempli de belles qualités entre la noblesse et plus parmi les gens de guerre : vaillant de sa personne autant qu'on pouvait l'être, discret, parlant peu, mais bien à propos, ne jurant jamais, ne s'adonnant pas aux femmes, comme la plupart des autres recherchent si curieusement, ne manquant pas de remplir son devoir de bon chrestien, jeûnant le caresme, mesme à la compaigne, ce qu'il faisait quand il fut tué, qui fut le jeudi absolu (Jeudi-Saint) ou le jour de devant (6 ou 7 avril 1594) ; mais il semble que Dieu le voulait à lui, le trouvant disposé de jouir de la gloire éternelle. Kercourtois eut une de ces morts glorieuses, si communes dans les temps modernes ; il périt en gardant le pont de la Houssais, près Pontivy, qu'il défendit seul, pendant près d'une heure, contre six ou sept cents arquebusiers ennemis, jusqu'à ce que, tentant un dernier effort pour les chasser au delà, et s'estant avancé avec force, dit l'historien déjà cité, son cheval eut un de ses pieds de derrière pris entre deux planches du pont et tomba sur lui. Dans ce moment accourut un soldat, qui lui donna, au défaut de la cuirasse, de son épée au travers du corps... Et il trépassa à cheval sur celui même qui avait combattu. Son corps fut rendu à Kemper et enterré aux Cordeliers avec une grande magnificence et beaucoup de pleurs de toutes sortes de gens, car il estoit fort aimé » (Barzaz-Breiz, p. 283 et suivantes).

En 1710, dans un " Rolle de répartition de la somme de treize mil sept cent trente livres qui doit estre imposée sur touttes les seigneuries et fiefs ecclésiastique et laïques de l'évesché de Tréguier " (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C 3479), on trouve mentionnée à " Plougras, Loquivy et trèves " la seigneurie de Querneven à M. de Caradeuc conseiller en la cour (50 livres), la seigneurie du Dresnay Traounevez ou Trouannet à Mme la présidente de Montigny (50 livres).

Lors de la Réformation des fouages de 1426, les nobles suivants sont mentionnés à Plougras (Plougroes) : Alen Plougras, Jehan de Kermellec, Henri du Dresnay, Bizian du Dresnay, Guillaume Bigodou, Alen Bigodou, Plesou Bigodou, Marie Bigodou, Jehanne Bigodou, Plesou du Méné, Jehanne du Méné, Geffroy Kerradennec, Geffroy Brient, Jehan Prigent, Marguarite Beaucours, Hamon le Roux, Yvon Tnoupostec, Nicholas Clerec, Robert le Normant, Pierres le Stanc, Jehan le Floch et sa mère, Guillaume Coz, Amice le Saux, Yvon Kerboulsic. On y mentionne aussi Jehan Brient " qui tient taverne ", Jean et Alen Le Avanant [Note : Cette liste de nobles couvre les communes actuelles de Plougras, Loguivy-Plougras et Lohuec]. On y cite aussi le manoir de Beaufou (exploité par le métayer Henri Pierres), Pen en Forest (appartenant au couvent de Bégard, exploité par Jehan le Roux), Durugan (appartenant à la famille Méné, exploité par Jehan Kerneau et Yvon Huledas), Tnou Goredec (appartenant à Henri de Troguindy, exploité par Yvon Corre), la salle de Toul Guedo (appartenant à Henri Quelen, exploité par Yvon Derien), Quelennec (appartenant à Brient du Cozkaer, exploité par Yvon Quernec), Ker Even (appartenant à Alan de Plusquellec, exploité par Nicholas Guillou), Tnouenes (appartenant à Jehan Quelen, exploité par Jehan Kersere), Ker Durzien (appartenant à Alen du Dresnay, occupé par Alen, avoué du Dresnay), Ker Goet (appartenant à Jehan Conan, exploité par Alen Auffret), Loc Pezec (appartenant a la famille du Chastel, exploité par Guillaume Signer), le Dresnay (appartenant à Jehan Quelen, exploité par Alen Robert), Ker Gluidic (appartenant à Guillaume Gurhellec, exploité par Pierre Goffic), le Scozou (appartenant à Guillaume Scozou, exploité par Guillaume le Bot), Ker Guelen (appartenant à Alen du Dresnay, exploité par Denes Lourance), an Toul Du (appartenant à Benabes du Dresnay, exploité par Guihomarch et Jehan Caborel), Garz Allofre (appartenant à Alen le Bellec, exploité par Jehan Guillou), Guern Ezou (appartenant à Benabes Dresnay, exploité par Jehan et Yvon Can), Ker Map Alan (appartenant à la famille Tournemine, exploité par Gueguen le Guen), Ker Roez (appartenant à Margarite de Beaucours, exploité par Guillaume Benabes et Yvon le Bot), Ker Radenec (appartenant à Guillaume du Dresnay, exploité par Jouhan et Jehan Carnic), Ker Tugdual (appartenant à Olivier Coetleven, exploité par Henri le Fussellec). A signaler aussi d’autres manoirs appartenant à Philippe Coetgoureden (exploité par le métayer Jehan Daffinet), à Tutgoal de Launoy (exploité par Alen Olivier), à Plesou du Méné (exploité par Jehan le Dantec), à Jehan Prigent et sa mère (exploité par Jehan Mat). On y mentionne aussi plusieurs lieux-dits à - Locquyvi (trève) : Ker Crist, Ker Non, an Ker Roez, Ker Hel Guen, Ker Guen Hoant, Kernech Guen, an Dresnay, an Queynquis, Tres Quoet, an Quelennec, Les C’anton, Les Gouech, Treff Conven, an Nazle, Tol Guidou, Quoegozgat ; - Ploecroys : Ker an Bellec, Ker Bran, Ker Goet, Ker Galvezen, Loc Nezec, Pen Galec, Louz Coet, Guen Vein, Mana Ty, Ilis Croes, Tref Nouel, Lounezec.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Tréguier de 1481, on comptabilise la présence de 2 nobles de Plougras (alors qu'en 1426, il y avait 27 nobles) : 

Jehan DU DRESNAY de Kerradenec (300 livres de revenu) : comparaît en homme d’armes ;

Alain PLOEGROEZ de Plougras (300 livres de revenu) : comparaît en homme d’armes.

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