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Bienvenue chez les Ploudaniélois

PLOUDANIEL

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La commune de Ploudaniel (pucenoire.gif (870 octets) Plouzeniel) fait partie du canton de Lesneven. Ploudaniel dépend de l'arrondissement de Brest, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLOUDANIEL

Ploudaniel vient du breton « ploe » (paroisse) et de saint Daniel.

Ploudaniel était autrefois une paroisse primitive qui englobait initialement Saint-Méen et Trémaouézan ses trèves ainsi que Trégarantec. La paroisse de Ploudaniel dépendait autrefois de l'ancien évêché de Léon.

Ploudaniel fait partie du doyenné de Lesneven. C’est une paroisse très vieille, datant de la première vague d’immigrants bretons qui, d'Outre-Manche, abordèrent en notre pays aux VIème et VIIème siècles. Elle eut pour fondateur un saint moine ou prêtre du nom de Déniel : les anciens registres la connaissaient sous les noms de Ploedenyel, Ploudeniel ; nous trouvons Guic-denyel en 1528. Saint Deinioel est fort honoré au pays de Galles.

Ploudaniel était une paroisse très grande, comprenant, avant la Révolution, les trêves de Trémaouézan et de Saint-Méen et fort anciennement, selon toute vraisemblance, Trégarantec et une partie de Guicquelau (Le Folgoat), jusqu’au chemin bordant l'église du Folgoat. La paroisse est aujourd’hui limitée au nord par Lesneven et Le Folgoat, à l’est par Trégarantec et Saint-Méen, au sud par Trémaouézan, Plouédern et Landerneau, à l’ouest par Saint-Thonan, Kersaint-Plabennec, et Le Drennec. Elle affecte la forme d’un trident, dont deux pointes sont tournées vers l’est, alors que la pointe sud s’avance jusqu’à deux kilomètres de Landerneau.

La paroisse de Ploudaniel était considérée comme l’une des premières du Léon. La cure, de première classe, était à, l’alternative, c’est-à-dire que la nomination des recteurs relevait alternativement du Saint-Siège et de l’évêque. Elle comportait 2.000 livres de revenus, alors que Lesneven, cure de quatrième classe, n’avait que de 5 à 700. La dîme moyenne était de 4.500 livres, donc l’une des plus riches du Léon. Plusieurs recteurs de Ploudaniel appartenaient à des familles nobles ; un certain nombre avaient des grades universitaires.

Ploudaniel possédait avant la Révolution six chapelles : Sainte-Pétronille, Saint-Eloy, Sainte-Brigitte, Sainte-Barbe, Saint-Guevroc, l'ossuaire. Les deux premières existent encore.

Le patron de la paroisse était jadis saint Guinien, dont voici la légende, d’après Albert Le Grand : Guinien avait un neveu du nom d'Arnec ou Ernoc. Celui-ci, d’abord religieux à Landerneau, devint plus tard évêque dans l’archidiaconé d'Illy, qui avait pour chef-lieu le canton de Trégarantec. Son évêché n’était pas très étendu : il renfermait en tout vingt ménages, encore même comptait-on pour deux celui du saint prélat : Er barrez braz Tregarantec - E zéo mad annavezet : - Trivac’h ozac’h ha trivac’h greg - Plac’h an Escop d’an uguentvet [Note : C’est, noté Kerdanet, une petite malignité contre les servantes des curés et même contre celles des évêques (mais des évêques d'Illy seulement), lesquelles ont toujours la réputation de gouverner et le pasteur et les ouailles]. Pendant son épiscopat saint Arnec fit construire deux églises dans la paroisse de Ploudaniel, et les dédia aux deux meilleurs amis qu’avait eu le feu roi Judicaël, son père, savoir l’une à saint Méen, l’autre à saint Eloy. Près d’Arnec vivait dans un ermitage son oncle Guinien ou Vinien, auquel il dit un jour : « Je vous donne tout le terrain que vous pourrez parcourir, pendant que je dormirai ». Et saint Arnec de s’endormir, et saint Guinien de se mettre aussitôt en course. Prenant un cheval, il monta avec lui sur la tour de l’église de Saint-Eloy ; de là se lançant dans l’espace, il parcourut dans les airs tout l’évêché d'Illy, si bien que saint Arnec, à son réveil, se vit obligé de céder son évêché à saint Guinien. « On montrait, il y a peu d’années, écrivait Albert Le Grand en 1636, près du bourg de Ploudaniel, un gros rocher portant l'empreinte des pieds du cheval de saint Guinien ; et le petit canton, où était ce rocher et où le Saint s’arrêta jadis, se nommait et se nomme encore le saut du Saint, ou le saut lu cheval. Lam-ar-Sant, pé Lam-ar-marc'h ».

On rencontre les appellations suivantes : Ploudaniel (en 1310), Ploedaniel (vers 1330 et en 1336), Plebs Danielis (en 1336), Guicdenyel (en 1528), Ploedaniel (en 1481).

Note 1 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Ploudaniel : - 1371. Olivier Rozaud. Le 30 janvier de cette année, l’évêque de Tréguier reçoit mandat du Pape Grégoire XI de pourvoir d’un canonicat avec expectative de prébende à Léon, Olivier Rozaud, prêtre, quoiqu’il fut déjà recteur de Ploudaniel, chanoine de Notre-Dame à Nantes, et chapelain de la chapellenie perpétuelle du Saint-Esprit dans l’église de Nantes, bénéfices dont il aura à se démettre quand il sera pourvu des canonicat et prébende de Léon (Peyron, Actes du Saint-Siège, p. 73). - 1459. Jean de Penmarc'h. Licencié ès-lois, recteur de Ploudaniel, Jean est désigné le 27 novembre 1459 par Pie II pour remplacer Alain de Penmarc'h comme recteur de Guimiliau (Peyron, Actes du Saint-Siège, p. 210). - 1472. Yves Le Grand, chapelain du Folgoët, aumônier du duc François II en 1460, fut recteur de Plounéventer et Ploudaniel, chancelier et chanoine de Saint-Pol. Il composa des mémoires auxquels il donna pour titre : Recherches des antiquités des églises du diocèse de Léon. - 1485. Alain Morizur. A la mort de cet ecclésiastique survenue le 12 septembre 1485, la paroisse de Ploudaniel, valant 100 livres tournois, est donnée par Innocent VIII à maître Faucon de Sinibaldis, chanoine de Trente, docteur, notaire et trésorier général de la Chambre Apostolique, qui parle la langue du pays, " quia intelligibiliter loquitur idioma illius plebis et dioecesis " (Peyron, Actes du Saint-Siège, p. 258-259). - 1485. Guillaume de Kerorguen, recteur de Ploudaniel le 7 octobre 1485, par cession de Faucon de Sinibaldis, clerc de Léon, auquel il devra verser 32 sous d’or de pension sur le revenu de sa paroisse (Peyron, Actes du Saint-Siège, p. 258-259). - 1530. Marhec. Ce nom est inscrit à la base d’une croix qui se dresse entre l’église et l’ossuaire de Trémaouézan. - 1540. Alain Le Coz, recteur, reçoit comme coadjuteur, le 8 juin 1550, Alain Triguen (Bulletin Diocésain, 1941, p. 121). - 1591-1596. Alain de Poulpry, Doyen de la collégiale du Folgoët. - 1598-1605. Jacques Le Moyne, chanoine de Léon, prieur commendataire de Lochrist, demeurant à Plouider. - 1607-1608. Alain Le Jar, décédé comme prieur de Coatméal. - 1613-1619. Louis Le Jacobin, seigneur de l'Isle, de la famille de Keramprat en Saint-Pol, gouverneur de la chapelle de Lambader, en Plouvorn, de 1610 à 1626. Le 28 juillet 1616 il proteste devant le chapitre contre les prétentions à la cure de Ploudaniel d'Alexandre Benoît, qui aurait obtenu un visa du chapitre de Tours, lui qui ne savait pas un mot de latin. Le Jacobin mourut doyen du chapitre de Léon et archidiacre de Quéménet-Illy et il fut inhumé le 23 octobre 1626 dans la cathédrale (Voir Le Guennec, La Chapelle de Lambader, p. 22-24). - 1619-1632. Yves Donval. Ce prêtre fait une fondation à perpétuité d’un service et d’une messe. - 1638-1646. Guillaume Castel. Le 10 août 1645, il bénit la grande cloche, fondue le 27 juillet précédent. Parrain fut Charles de Penancoët, seigneur de Quillimadec, marraine Guillemette Le Drenec, dame de Poulpry. Le 18 mars 1646 il fait don pour toujours à la Fabrique d’un parc et pièce de terre chaude nommée Atteil Kerouant, à condition de faire célébrer annuellement dans l’église un service à notes pour lui le mercredi des cendres, et de payer chaque année à un prêtre la somme de six livres tournois pour l’explication du catéchisme aux enfants après les vêpres, tous les dimanches de carême. - 1647-1663. Paul Kerouanton. - 1666-1670. Guillaume Quéméner, inhumé dans l’église paroissiale. Le 20 août 1760 mourut Guillemette Le Drennec, dame et douairière de Poulpry dont les obsèques n’eurent lieu que le 5 septembre suivant. - 1670-1680. Louis Quéméner, mort évêque de Sura. - 1684-1719. Nicolas Le Pappe, inhumé dans l’église paroissiale le 22 septembre 1719. - 1725-1733. Michel Le Gentil, décédé à l’âge de 61 ans. Le 27 décembre 1733 la foudre tomba sur le clocher pendant la grand'messe, et causa la mort des 12 personnes suivantes : Françoise Corre, de Pellan, 30 ans ; Marie Guiziou, du bourg, 50 ans ; Guillemette Le Guen, du Gouézou, 40 ans ; Françoise Ménès, 30 ans ; Françoise Simon, de Kerneïen, 14 ans ; Renée Sodirou, de Kergo ; Renée Bideau, de Téfilly ; Catherine Le Roux, de Kervilien, 30 ans ; Jeanne Bélec, de Plabennec, 30 ans ; Jean Le Dantec, du Merdy, 18 ans ; Marguerite Berbalé, du manoir de Mesguen, 23 ans ; Marguerite Le Guénoden, servante à Kerven, 45 ans. - 1733-1754. Denis Pierre Le Barz, bachelier en théologie de la Faculté de Paris, décédé le 16 novembre 1754. - 1755-1792. Charles-François-Marie-Pen de Kerollant, né à Saint-Pol le 16 octobre 1718, prêtre le 13 mars 1473, licencié en droit canon et civil de l'Université de Paris, protonotaire apostolique, ... Liste non exhaustive des curés et sous-curés : 1600. Jean Emily. — 1610. Jean Galliou, sous-curé. — 1629. Jean Guillerm, sous-curé. — 1621-1629. François Fourq, sous-curé. — 1629-1631. François Le Du. — 1631-1639. François Jaouen, Fondation de la confrérie du Rosaire en 1633, François Jaouen était curé. —1663-1673. Hervé Quistinit. — 1668. Nicolas, sous-curé. — 1669-1671. Jean Grall. — 1671-1676. François Joseph, chanoine du Folgoët en 1653. — 1676-1717. Guillaume Le Roux, curé de la paroisse pendant 40 ans, décédé le 8 avril 1717, à l’âge de 76 ans. — 1717-1725. Mathieu Quéméneur, décédé le 13 février 1725 à l’âge de 60 ans. — 1725-1726. Claude Foricher, qui signe au registre « Curé de Saint-Méen ». — 1726-1727. Yves Rosec. — 1727-1730. Jacques Yvon. — 1730-1732. Michel Guiavarc'h. — 1732-1735. Yves Burel. — 1748-1766. Hervé Le Duff, décédé le 20 décembre 1787, âgé de 62 ans. — 1766-1784. Fiacre Cochard, auteur du cantique breton Gwerz ar Garnel, décédé le 3 mai 1784, à l’âge de 58 ans. — 1784-1790. François Kerauffret. — 1790. Yves Morvan, né à Plouédern le 1er septembre 1753, prêtre le 22 septembre 1781, .. (H. Pérennès).

Note 2 : MESSIRE ALAIN DE POULPRY : Archidiacre de Léon, doyen de la collégiale du Folgoët en 1591, conseiller, dès 1593, au Parlement de Bretagne, Alain du Poulpry, seigneur de Lavengat, joua à son époque un rôle de tout premier plan. Nous dirons plus tard ce qu'il réalisa comme doyen du Folgoët ; notons ici la fondation qu'il fit à Ploudaniel en 1592 d'une pieuse confrérie qui recevait dans son sein des ecclésiastiques et des laïcs « désireux, disent les statuts, d'augmenter l'honneur et la gloire de Dieu et de vivre en bonne amitié fraternelle ». Parmi ses premiers membres, nous trouvons des prêtres et des nobles, avec de simples roturiers : messires : Pierre Even, — Jean Galliou, — Jean Guillerm, prêtres de Ploudaniel, — Yves Bodènès et Alain Le Goff, scholastiques, c'est-à-dire maîtres d'école. — Jean Riou, sous-curé de Saint-Méen, — Nicolas Le Roux, chapelain de Sainte-Pétronille, — Hervé Qué­meneur, chapelain de Sainte-Barbe, — Nicolas Le Borgne, chapelain de Saint-Eloy, — Alain Le Guen, sous-curé et scholastique de Trémaouézan, — Jean Marc'hadour, recteur de Trégarantec, — Bernard Lolifant, chanoine de la Collégiale du Folgoat (ou Folgoët). Parmi les laïcs : noble et puissant Jean de Kerven, seigneur de Kerven, — noble et très puissant Jean Le Ney, seigneur de Coatelez, au Drennec, — noble et très puissant Jean de Penancoët, seigneur de Quillimadec, — noble Olivier Le Jeune, seigneur de Kerbaronou, — noble et illustre Claude Anne de Lescoët, dame de Kernao, — noble Marie du Garzspern, dame de Poulpry. Voici des roturiers : Marie Chopin, de Lanzouron, — Jeanne Le Guen, de Kergoff, — Jean Paugam, — Guillaume Kerouanton, de Trémogner. Depuis cette époque, déjà reculée, les Kérouanton de père en fils, habitaient le manoir roturier de Trémoguer, et il serait facile, grâce aux registres paroissiaux, de reconstituer toute leur généalogie. MESSIRE LOUIS QUEMENER : Louis Quéméner naquit au Conquet au début de septembre 1643. Promu au sacerdoce en mars 1667, il fut nommé vicaire perpétuel en la paroisse des Sept-Saints à Brest. C'est vers la fin de 1670 que Ploudaniel le reçut comme recteur. Dans cette paroisse il semble avoir fidèlement observé la loi de la « résidence », car son nom se trouve assez souvent inscrit aux registres. En 1676, il fait refaire le clocher de Sainte-Brigitte, et pratiquer des remaniements dans l'église de Trémaouézan. L'année suivante la mission de Lannilis l'a comme président. Depuis au moins 1676, Louis Quéméner était syndic du clergé de Léon. En cette qualité il eut un rôle à jouer dans les pourparlers qui aboutirent à l'établissement du Séminaire de Léon. Puis il se trouve à Paris, vers la fin de juin 1680, à l'Assemblée du clergé, chargé d'y défendre les droits du diocèse de Léon. Il y réussit si bien qu'à son retour on le destinait à l'une des pre­mières dignités de la cathédrale, quand, à l'âge de 37 ans, il s'agrégea à la vaillante Société des Missions-Etrangères de Paris. Le 6 avril 1682 il s'embarque à Brest pour la Chine, et ce n'est que trois ans plus tard, au début de janvier 1685, qu'il arriva dans le To-kien, son lieu de destination. Après cinq ans de ministère apostolique il fut nommé procureur à Rome des Missions-Etrangères. Le 1er janvier 1687 il adressait aux deux dames de Mollien, religieuses ursulines à Saint-Pol-de-Léon, une longue lettre où nous relevons les passages suivants : « J'ai encore des lettres de mesdames de Lesneven et de Landerneau (Note : il s'agit des Ursulines), de mesdames la Supérieure et de Guillimadec, de mes chères soeurs de Ploudaniel que Notre Seigneur m'avait données et gardées, à leur première communion, et quelques autres de Landerneau à qui j'avais autrefois donné l'habit. Toutes me font l'honneur de désirer de mes nouvelles. Je doute fort de ne leur pouvoir rendre ce devoir pour cette année. En tout cas, mes très chères soeurs, suppléez pour votre pauvre frère, et écrivez-leur que vous leur demandez amnistie, et qu'étant éloigné des mers, après avoir reçu mes lettres, j'ai à peine le temps de faire réponse sur les affaires de la Mission. Comme mes pauvres filles de Ploudaniel n'étaient pas encore professes quand je suis sorti de France et que je n'ai pu leur donner, comme j'avais dessein, mes meilleurs avis, quoiqu'elles ne manquent pas d'instructions, étant dans de si saints lieux et sous la discipline des prudentes supérieures, j'avais cependant durant la prison que nous a coûtée l'entrée du Royaume, fait quelques mémoires pour leur rendre [Note : M. Quéméner étant resté sept mois à Amoï avant de pouvoir entrer au continent chinois]. Je crois que la sainte volonté de Dieu ne le désire pas cette année, n'ayant le temps d'y mettre quatre lignes qui manquent. Je vous recommande toutes ces chères brebis comme vos propres soeurs. Ecrivez-leur de se pourvoir de gros grains d'espérance comme vous-mêmes. Vous saurez de M. le Recteur de Ploudaniel de mes nouvelles et quelque chose que je lui ai mandé de nos missions : je lui ai recommandé ». Après un séjour de cinq ans à Rome, où il présente des mémoires au Pape Innocent XII et à la Congrégation de la Propagande pour faire triompher la cause des vicaires apostoliques et des missions de l'Asie Orientale, Louis Quéméner rentre à Paris à la fin de Janvier 1697. Le 2 août il fut nommé évêque de Sura, sans vicariat apostolique, et en janvier de l'année suivante, dans la chapelle de l'archevêché de Paris, Mgr de Noailles, archevêque de Paris, assisté de Bossuet, évêque de Meaux et de Godet-Desmarais, évêque de Chartres, lui conférait la consécration épiscopale. Après un voyage missionnaire de Paris au Siam (1698-1700) où il paraît à la cour comme messager de Louis XIV, et un second séjour en Chine (1701-1704), il mourut, le 17 novembre 1704, à Chao-Tchéou, province de Kouang-Tong (H. Pérennès).

Voir aussi : le clergé de Ploudaniel après la Révolution.

Note 3 : Prêtres originaires de Ploudaniel : Ploudaniel eut l'honneur de compter six de ses enfants au nombre des Confesseurs de la Foi sous la Révolution. Voici les noms de ces vaillants : Guillaume Huguen — Jean Keranguéven — Yves Morvan — Goulven Le Fur — Gabriel Jacob — Jean Le Duff. - Guillaume Huguen (1743-1818) : Guillaume Huguen, né à Trémoguer, en Ploudaniel, le 18 décembre 1743, promu au sacerdoce en 1772, prêtre habitué à Ploudaniel, puis en 1775, curé de Trémaouézan. Ayant refusé le serment schismatique à la Constitution civile du clergé, il reste à Trémaouézan jusqu'en septembre 1792, On l'y retrouve au début de 1794 et, depuis ce moment jusqu'en 1801, il y fit clandestinement, au péril de sa vie, un ministère très fructueux : 1.164 baptêmes et 520 mariages. Nouveau-nés et fiancés venaient de « quarante-neuf paroisses étrangères, dont une trentaine sont distantes de Trémaouézan d'au moins douze kilomètres et quelques-unes de vingt-cinq et de trente » (Voir Abbé J. Mével, Notice sur la paroisse de Trémaouézan, p. 215 et suivantes). Arrêté, il fut condamné à la réclusion le 19 mars 1800. Nommé vicaire de Dirinon au Concordat, il devint en 1808 recteur de Trémaouzéan, d'où il partit pour un monde meilleur le 13 janvier 1818. - Paul Kéranguéven (1745-1801) : Né au village de Kerbilbren le 12 mars 1745, Paul-Hervé Kéranguéven reçut la prêtrise le 10 septembre 1773. Vicaire à Plabennec, il refusa le serment à la Constitution civile du clergé et demeura caché dans la région de Plabennec. Costumé en cultivateur, il rencontra en mars 1793 à la Montagne des Sept-Chemins un certain Rochard, de Saint-Thonan, et lui demanda le chemin de Guilguifant en Ploudaniel, où habitait une soeur à lui. Ce Rochard, dans une déclaration du 26 mars, donne du prêtre le signalement suivant: « cinq pieds cinq pouces, le visage long et pâle, de grands yeux noirs et des sabots ». En août 1799 il fut arrêté à Plabennec, conduit à Quimper et condamné à être déporté à l'île de Ré, pour n'avoir pas prêté les serments prescrits par les lois et s'être soustrait à la surveillance des autorités constituées. En fait, M. Kéranguéven échappa à la déportation, et on l'interna au château du Taureau. Il mourut à Plabennec le 29 juillet 1801 (Voir Daniel Bernard, Documents et notes sur l'histoire religieuse du Finistère sous le Directoire, p. 195-196). - Yves Morvan (1745-1820) : Yves Morvan, né au village de Mesguen en Ploudaniel le 7 octobre 1745, reçut la prêtrise le 26 septembre 1774. Curé de la trève de Saint-Méen, à la Révolution, il refusa le serment schismatique à la Constitution civile du Clergé et fut déporté en 1792. Il se retrouve à Landerneau en 1800-1801. Nommé recteur de Tréflaouénan, il y mourut le 12 mars 1820 (Voir Daniel Bernard, Bulletin Diocésain ..., 1941, p. 43). - Goulven Le Fur (1748-1802) : Né au village de Kerbaronou, le 4 janvier 1748, Goulven Le Fur fut promu au sacerdoce à Saint-Brieuc, le 23 avril 1772, et devint recteur de Plougourvest en 1781. Ayant refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé, il s'embarqua à Roscoff pour l'Angleterre le 20 octobre 1792. En avril 1801, il rentrait dans ce même port. Desservant de Plougourvest au Concordat, il fut nommé curé de Landerneau le 20 mars 1813. C'est là qu'il mourut en 1833. - Gabriel Jacob : Gabriel Jacob naquit à Trémoguer, en Ploudaniel, le 17 août 1751. Carme de l'ancienne observance au couvent de Quintin, il fut autorisé par son supérieur, le 1er décembre 1789, à accepter le poste d'aumônier au château de Penmarc'h en Saint-Frégant. Ayant refusé le serment, il fut interné au château de Brest du 13 au 18 juillet 1791. L'année suivante il quitta le pays pour revenir à Ploudaniel en 1795. Arrêté à Saint-Frégant dans la nuit du 23 mars 1799, il fut mené à Lesneven. Conduit à Quimper le 26 mars, il se vit, deux jours plus tard, condamné à la déportation par l'administration centrale. Jacob quitta Quimper pour l'île de Ré au début d'avril et il parvint à destination le 29 de ce mois. Un an exactement plus tard il réussit à s'évader. Original et inconstant, il est à Tréflevenez en 1802, vicaire à la Feuillée en 1893, à Pleyben en 1806. Recteur de Locronan le 18 avril 1807, il résigne ses fonctions le 15 décembre suivant et devient instituteur à Châteaulin. Vicaire à Plouzané en 1810, il obtient le 10 juillet de cette année des lettres dimissoriales pour le diocèse de Nantes (Voir Daniel Bernard, Documents et notes sur l'histoire religieuse du Finistère sous le Directoire, p. 190-194). - Jean Le Duff (1760-1816) : Né à Ploudaniel le 5 janvier 1760, Jean Le Duff fut promu au sacerdoce le 24 mai 1784. Maître d'école, il refusa le serment schismatique et resta dans la région. Vicaire à Ploudaniel au Concordat, il y mourut le 4 mars 1816. - Jean Le Guillou, promu au sacerdoce le 14 mars 1807, vicaire de Plouider. - Jean Huguen, né le 13 juillet 1771, prêtre le 9 août 1807, recteur de Henvic le 30 mars 1814. - Jean-Paul Thomas, né le 12 mars 1789, prêtre le 13 mars 1813, vicaire à Plabennec, recteur de Poullaouen le 15 mars 1818, puis de Spézet le 1er janvier 1827. Il y mourut le 12 juin 1846. - Yves Morvan, né le 26 mars 1779, prêtre le 26 mars 1814, vicaire au Conquet, puis recteur de Plouider en 1825. - Jean-Louis Kéranguéven, né le 26 août 1796, prêtre le 27 mai 1820, recteur de Gouézec, du 1er juillet 1823 à 1867. - Alain Le Mestre, né le 28 novembre 1813, prêtre le 29 juillet 1838, professeur au Petit Séminaire de Pont-Croix, recteur de Plouguin, 17 février 1855, de Plonévez-du-Faou, 18 mars 1861, curé de Ploudalmézeau, 16 septembre 1864, où il mourut le 2 juin 1885. - Jean-Louis Bourhis, promu au sacerdoce le 18 décembre 1840. - Jean-Louis Favé, né le 31 mai 1828, ordonné prêtre le 25 juillet 1852, professeur au collège de Saint-Pol-de-Léon, puis vicaire à Brasparts le 22 octobre 1852 et à Saint-Sauveur de Brest le 18 novembre 1854. Nommé recteur de Plouégat-Moysan le 28 octobre 1867, transféré à Poullaouen le 16 mai 1869, curé-doyen de Pleyben le 14 mai 1871, puis de Plouguerneau le 26 février 1877. Chanoine honoraire le 11 avril 1905. Grand prédicateur. Décédé le 11 avril 1905 à Plouguerneau et y inhumé. - Yves Jézégou, né le 19 août 1827, prêtre le 25 juillet 1852, instituteur à Saint-Evarzec, vicaire à Plounéventer, à Plomodiern, à Laz, recteur de Tréméoc le 29 janvier 1867, puis du Cloître-Morlaix le 24 octobre 1870. - Hervé-Marie Cadoret, né le 25 avril 1828, prêtre le 30 juillet 1854, vicaire à Plouarzel (1859-1870), recteur de Tréflaouénan le 29 mai 1870, puis le 25 février 1875, de Loc-Brévalaire, où il mourut le 23 août 1877. - Elie-Marie Abjean, né le 13 mai 1837, prêtre le 21 décembre 1861, vicaire à Kerlouan (1862-1871), aumônier des Dames de la Retraite à Brest, recteur de Kersaint-Plabennec (1878-1882), curé de Saint-Thégonnec (1883-1893). Décédé le 3 janvier 1893, enterré à Ploudaniel. - Jean-Marie Abjean, né le 23 mai 1830, prêtre le 21 décembre 1861, vicaire à Pleyben (1862-1866), à Ploudalmézeau, recteur de Botsorhel (1875), Curé de Ploudiry de 1885 au 12 février 1903. Enterré à Ploudaniel. - Paul Le Roux, né le 16 décembre 1842, prêtre le 9 août 1868, vicaire à La Feuillée (1868), à Plouédern (1869), aux Carmes de Brest, décédé le 10 janvier 1880. - Jean Siou, né le 7 septembre 1842, prêtre le 9 août 1868, vicaire à Henvic, puis à Coray, à Trégoat, recteur de Kernilis en 1891. Mort le 16 avril 1895. Inhumé à Ploudaniel. - Charles Siou, né le 7 septembre 1842, prêtre le 9 août 1868, vicaire à Botsorhel, à Plouzané (1873), recteur de Saint-Frégant (1883), de Poullan (1889-1914), Décédé le 2 avril 1914, inhumé à Ploudaniel. - François-Marie Abjean, né le 31 mars 1845, prêtre le 14 août 1870, vicaire à Plogastel-Saint-Germain, recteur de Lannéanou (1885) et de Plouédern (1889). Décédé le 18 septembre 1894 et enterré à Ploudaniel. - Jean-Louis Kerlidou, prêtre le 10 août 1876. - Charles Salou, né le 21 février 1852, prêtre le 10 août 1877, vicaire à Loperhet, à Plougastel-Daoulas, recteur de Kerlaz (1896) et de Scrignac (1903). - Paul-Guillaume Guéguen, né le 15 juillet 1859, prêtre le 10 août 1883, vicaire à Ouessant, puis à Porspoder (1888), où il mourut le 26 février 1893. Inhumé à Ploudaniel. - 0llivier Napoléon-Etienne, né en 1862, prêtre le 26 avril 1886, vicaire à Loctudy, à Kerlouan (1890), recteur de Saint-Frégant (1906), démissionnaire en 1922. Décédé le 18 août 1943. - Jean-Marie-Corentin Huguen, né le 11 décembre 1864, prêtre le 22 décembre 1888, vicaire à Ploudalmézeau, décédé à Ploudaniel le 8 février 1907. - Christophe Nicolas, né en 1873, prêtre le 25 juillet 1898, vicaire à Locmaria-Plouzané (1899) et à Plouguerneau (1904). Entré chez les Assomptionistes. - François Grall, né en 1881, prêtre en 1905, professeur au collège de Saint-Pol-de-Léon en 1907, aumônier de la Retraite de Quimperlé (1922), des Ursulines de Quimperlé (1923), recteur de Saint-Urbain (1929), de Plouguin en 1941. - Louis Salou, né en 1879, prêtre en 1905, surveillant à l'école Saint-Yves de Quimper (1905), professeur à l'institution Saint-Louis, de Brest (1907), vicaire à Plonévez-Porzay (1913), à Saint-Martin de Brest (1919), recteur de Plomelin (1932). - Paul Guéguen, né en 1883, prêtre en 1908, instituteur à Landivisiau, décédé le 27 février 1913. - Gabriel Lichou, né en 1880, prêtre en 1909, vicaire à, Saint-Gouazec (1910), au Relecq-Kerhuon (1919), retiré à Ploudaniel en 1931. Mort le 22 décembre 1933. - Joseph Léost, né en 1883, prêtre en 1909, instituteur à Ploumoguer, décédé. - Samuel Pengam, né en 1884, prêtre en 1910, surveillant au Petit Séminaire de Pont-Croix, vicaire à Saint-Hernin (1913), à Riec (1919), instituteur à Morlaix (1920), chapelain à Notre-Dame du Mur en 1931. - François Thépaut, né en 1884, prêtre en 1910, vicaire à Goulien (1911), au Guilvinec (1919), aumônier des Œuvres de Mer (1927), vicaire à Berrien (1932), décédé le 14 février 1937. - Yves Bellec, né en 1888, prêtre en 1913, professeur au Collège de Lesneven (1913), recteur de Brignogan (1935). - Eugène Foricher, né en 1885, prêtre en 1914, mort au champ d'honneur à Saint-Hilaire-le-Grand, le 30 septembre 1915. - Jean-François Blons, né en 1896, prêtre en 1923, professeur à l'école Saint-Louis de Brest, vicaire au Pilier-Rouge (1926), à Crozon (1927), recteur d'Argol en 1942. - François Nicolas, né en 1897, prêtre en 1924, vicaire à Saint-Hernin, à Coray (1926), à Esquibien (1935). - Antoine Guillerm, né en 1907, prêtre en 1933, vicaire à Berrien, à Plouider (1935), à Plouguerneau (1940). - François Guillerm, né en 1907, prêtre en 1933, vicaire à Plounévez-Lochrist. - Léon Dantec, né en 1913, prêtre en 1939, instituteur à Ploudiry, directeur d'école, en 1943, à Cléden-Poher. - Jean-Marie Le Bras, né en 1917, prêtre de 1943, vicaire à Pont-de-Buis, .... - Comme religieux on nous signale le Père Guénolé, franciscain, promu au sacerdoce en 1939 ; les Pères Jean Guénégan et Jacques L'Hostis, prêtres de 1942, assomptionnistes (H. Pérennès). 

Note 4 : D’une superficie de 5.150 hectares, la paroisse comptait (vers 1943) 2.869 habitants, répartis au bourg et dans les cent cinquante villages dont les noms suivent : An Dorgen, Anter-n'hent, Ar Rest , Bel-Air, Belle-Vue, Bourg, Budou, Dourguen, Enez-Kerafank, Enez-Rouz, Fraval, Fuzoret, Gare, Govel-Goz, Gwelet-Fank, Gwévroc, Gwézou, Gwézou-Vian, Kerafank, Kerafank-vian, Kerafic, Keramézec, Keranna, Kerannou, Kerantun, Kerbaronou, Kerbiket, Kerbilbren, Kerellec, Kerellin, Kerentic, Kerfelgar, Kergavellan, Kergô, Kergoat, Kergongar, Kergozian, Kergozian-vian, Kergréac’h, Kerguélen, Kerguéréon, Keriber, Kerigoual, Kerincuff, Kérinou, Kériskin, Kerjoly, Kerloïs, Kerloïs-vian, Kermac'hellan, Kermorin, Kernéguez, Kernevez-Bodillo, Kernevez-Pontpol, Kernevez-Santez-Barba, Kerneyen, Kerno Pen-ar-Vali, Kerno-vian, Kerrouant, Kerven, Kervenoc, Kervenog-vian, Kerventa, Kervillar, Kervilien, Kerviloun,   Kerviniour-an-Parkou, Kerviniour-an-dour, Kervizouarn-vian, Killivadec, Koatrédrun, Koatdéniel, Koatmerrien, Kréac'h-vian, Kreac'h-vras, Kroaz-Lannoazoc, Kroaz-Nevez, Kroaz-Rod, Kroaz-Santez-Barba, Kervizouarn-vras, Kervoalic, Kervréac'h, Kerzéniel, Kerzies, Killifigan, Lamarzant, Lanargroas, Lanfilez, Langazel, Langouron, Langrévan, Languilly-vian, Languilly-vias, Lanmarc'h, Lannifern, Lannignez, Lannoazog, Lanvru, Lein-vian, Lesgall, Lestréonec, Leurré, Loc-ar-brug, Maner-Kerno, Maner-Killivadec, Menez-Léon, Merdy, Merienen, Mescoden, Mesgwen, Mespezen, Milin-an-Houarner, Milin-Kerno, Milin-Kerrouant, Milin-Mesgwen, Ostaleuri-Nevez, Parkeïer, Parkou, Pellan, Pen-an-ru, Penfrat, Penker, Pen-Yun, Pen-Yun-an-Traon, Pont-ar-bled, Pont-ar-Vali, Pont-Bras, Pont-Forc'h, Pont-Meur, Pont-Nevez, Pont-Nevez-Bian, Pont-Pol, Poulourou, Poulpry, Prat-ar-Rec'hil, Rekuel, Releac’h, Roz-Killorec, Roudouz, Ruet, Sant-Alar, Santez-Perounel, Seluj, Touldrézen, Traon-Bian, Trébodennic, Trémoguer, Treuzeleuz, Vali-Goz, Vizog.

Note 5 : Faits divers : TESTAMENT DE MICHELLE LE BORGNE, dame douairière du Parc (Novembre 1566) : Après de pieuses et longues considérations sur la puissance, la bonté, la miséricorde de Dieu et l'utilité des prières pour les trépassés, Michelle Le Borgne, dame douairière du Parc, demeurant au manoir du Parc en Ploudaniel, prend dans son testament les dispositions suivantes : Elle veut qu'en commémoration de la sainte Passion de Notre-Seigneur, entre la fin de la procession et le début de la grand'messe, il soit chanté chaque dimanche à perpétuité, dans l'église de Ploudaniel, devant l'image du crucifix l'hymne : Himnum dicamus Domino, Laudes Deo cum cantico, Quod nos crucis patibulo, Sic redemit sanguine. - Confixa clavis viscera, Tendans manus vestigia. Redemptionis, etc... JUSQUES : - O crux ave spes unica, Hac in valle miserie, Auge piis justiciam, Reisque dona veniam. - Te somma Deus Trinitas, Collaudet, etc... VERSUS : - Adoramus te Christe ... Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum. OREMUS : Deus qui pro nobis filium tuum patibulis crucis, etc... Une fois l'an seulement, le dimanche de Pâques fleuries, c'est-à-dire le dimanche des Rameaux, sera chantée l'hymne Vexilla regis. Devant l'image de Notre-Dame de Recouvrance, en la dite église, en l'honneur de la glorieuse Vierge Marie, sera dite, en faveur des pécheurs l'oraison : Salve regina misericordie. VERSUS : Post partum... RESPONS : Dei genitrix intercede, etc... ORATIO : Concede nos famulos tuos... A l'issue de la grand'messe sera chanté, chaque dimanche, l'hymne : Verbum supernum prodiens... VERSUS : Panem angelorum.... RESPONS : Omne delectamentum... ORATIO : Deus qui sub sacramento... Deux exceptions sont faites pour le dimanche de la Trinité et celui qui précède le Sacre et Fête-Dieu. Ces jours-là on chantera les trois hymnes qui se rapportent à la fête du Sacre : Verbum supernum, etc... Sacris solemniis, etc... Pange lingua, etc... avec leurs versets accoutumés. Après vêpres, les prêtres chanteront le Recorderis Domine, puis le psaume De Profundis, avec les oraisons accoutumées, à l'intention de la dame du Parc, de ses parents et amis et bienfaiteurs trépassés, et cela sur la tombe où a naguère été inhumé dans l'église de Ploudaniel le corps de Rolland de Kerjagu, seigneur du Parc, son époux. La fondation sera desservie actuellement par trois prêtres : dom Jean Keram l'ancien, dom Jean Keram le Jeune, et dom Mahé. En compensation des services rendus, la testatrice donne une pièce de terre près du bourg de Ploudaniel, appelée Liors-an-Stal, qu'elle a acquise, pour la somme de 260 livres tournois, de Guillaume Le Gac de Plou­daniel (Voir Archives départementales). LA FETE DE L'AGUILANE A PLOUDANIEL (1612) : La fête de l'Aguilané avait lieu dans la nuit intermédiaire entre le dernier jour de l'an qui expire et le premier jour de l'année qui naît. C'était une tournée de quêteurs réclamant les étrennes de nouvel an : l'acquit de l'an neuf (aguilané). En retour de leurs chansons et de leurs Noëls on leur donnait quelques comestibles ou bien deux ou trois petites pièces de monnaie. Or, à la fin de l'an 1612, cinq ou six jeunes gens de Ploudaniel embauchèrent un « ménestrier », joueur de bombarde ou de flageolet, pour accompagner leurs chansons au cours de leur nocturne randonnée. Leurs deux chefs Vicant an Ours et François Coant avaient dans la paroisse la réputation de deux vauriens. Le dernier jour de 1612, ces deux individus ayant vidé chopines au bourg de Ploudaniel aux frais d'un jeune gentilhomme prodigue et bambocheur, appelé Noël de Kerven, se mirent en campagne avec quelques amis vers les dix heures du matin, pour aller de maison en maison chanter Noël et amasser des pièces de lard, des poules, des chapons, de l'argent, en vue de faire un plantureux repas le lendemain. Dans chacune des maisons ils ne restaient pas moins d'un quart d'heure. La première étape fut au manoir de Kerven. Nos gaillards passèrent ensuite au manoir de Mesguen puis au village de Conmerrien, où ils se trouvèrent vers midi. Après avoir visité le village de Kernévez « pillant et vexant les pauvres laboureurs », ils atteignirent le village de Kergo une heure avant le soleil couchant. Continuant leur randonnée, ils passent au manoir de Kerincuff, à celui de Kerbaronou, aux villages de Trémoguer, Pen Jun et Lanloasec. Il fait déjà nuit, et à la faveur de l'ombre, échauffés par le vin qu'ils ont bu, ils se livrent à divers méfaits. A Kervinsquin, ils enfoncent la fenêtre d'une maison. Au Leuré, ils font main basse sur coqs, poules, viandes, et tout ce qu'ils ren­contrent, si bien qu'avec l'assistance des voisins on doit leur donner la chasse. Ils terminèrent par les villages du Ruat et de Kerguéron et regagnèrent le bourg où ils arrivèrent chargés de butin vers trois heures du matin. Rendus au cabaret qui jouissait de leur confiance, chez Hervé Bihanic, nos hommes y soupèrent et passèrent la nuit à boire et à préparer le festin de la journée (Louis Le Guennec, Vieux Souvenirs bas-bretons, p. 50-52). BAPTEME D'UNE CLOCHE (1645) : « L'année du Seigneur 1645, le 10 août, lisons-nous au registre, moi Guillaume Castel, recteur de cette paroisse de Ploudaniel, j'ai béni et oint la grande cloche de cette paroisse, fondue et achevée le 27 juillet dernier. Elle a reçu le nom de Charles Guillaume. Parrains furent très nobles Charles de Penancoët, seigneur de Quillimadec, Coatrez, de la Boixière, et Guillamette du Drenet, dame de Poulpry, Keroul, Pencoët. En foi de quoi ici j'ai signé, avec les parrains l'année et le jour ci-dessus. » — Suivent les signatures [Note : l'acte est rédigé en latin]. INSTITUTION D'UNE ECOLE (1679) : Deux ans et quelques mois avant son départ, le 10 mai 1679, M. Quéméner, recteur de Ploudaniel avait été témoin d'une fondation intéressante, faite par messire Sébastien Dottoux, demeurant au château de Trébodennic. Cette fondation serait à desservir dans l'église paroissiale, par un chapelain originaire de la paroisse, et y résidant. Il s'agit de l'institution d'une école. La classe devra être faite tous les jours non chômés aux enfants et jeunes gens de Ploudaniel « qui souhaiteront se ranger à apprendre leurs créances et catéchisme ou à lire et à escrire, et lesquels estant journellement assemblés dans le lieu où on fera ladite école audit bourg de Ploudaniel seront exhortés, par ledit chapelain pour le temps, de lire chacun le Pater noster et l'Ave Maria devant le très auguste et très adorable sacrement de l'autel, et ledit chapelain dira à la fin de ladite école l'antienne en l'honneur de la saincte Vierge Marie selon le temps ». Après la mort du fondateur, on ajoutera à ces prières un De profundis, puis une messe basse sera dite, en l'église paroissiale de Ploudaniel, à perpétuité, les mercredi, vendredi et samedi de chaque semaine ; et à la fin de cette messe on récitera le De profundis avec les oraisons accoutumées. Le chapelain, nommé par Dottoux, desservira les obits qu'il fonde dans l'église paroissiale ; pour le jour de la fête de saint Matthias, le troisième dimanche de septembre et un autre jour choisi par le fondateur. Il versera, et ses successeurs après lui, 30 livres tournois aux pauvres de la paroisse et 19 à la fabrique de la paroisse. Dottoux désigne Alain Talion pour titulaire de la chapellenie et accorde le droit de lui choisir un successeur, aux prêtres et aux marguilliers de Ploudaniel. Le recteur aura, à cet égard, deux voix délibératives et deux suffrages. « Fait sous le seing dudit sieur Dottoux, fondateur, et celui dudit Tallion, prêtre, au vénérable et discret messire Louis Quéméner, prêtre, sieur recteur de la paroisse de Ploudaniel, sindicq de messieurs du clergé de ce diocèse, demeurant en son manoir presbitéral au dit bourg, et de messire François Pape et Jean Le Saoux, prêtres du même bourg parrochial... ». Cette fondation fut approuvée, le 8 août 1679, par l'évêque de Léon, Mgr Neboux de la Brosse [Note : Archives départementales, 176, G. 3. Déjà au début du XVIème siècle, maître Alain Le Guen, originaire de Trémaouézan, tenait à Ploudaniel une école où il enseignait les humanités aux jeunes gens du pays. C'est là que Michel Le Nobletz commença ses études à l'âge de treize ans, pour les terminer six ans plus tard. On rapporte que ce jeune homme fut battu par des femmes au village de Kerventa, où l'on voit une fontaine appelée feunteun Sant Mikel Nobletz, et un coin de terrain enclos de talus qui se dénomme : jardin Sant Mikel]. BAPTEME D'UN JEUNE NEGRE (1773) : Un événement qui piqua la curiosité publique et fit sensation à Ploudaniel, ce fut, le 22 mars 1773, le baptême d'un jeune nègre en présence de tout le clergé de la paroisse et de toute la noblesse des environs. Né vers l'an 1761 à la côte d'Afrique, de père et mère inconnus, il appartenait à M. le Comte de Rosnévet, lieutenant des vaisseaux du Roi. Etant à Brest au lit, malade en danger de mort, il avait été ondoyé par le curé de Saint-Louis. Son maître le présenta à Ploudaniel pour y recevoir le supplément des cérémonies du baptême. Elles lui furent administrées du consentement de Mgr. l'Evêque, comte de Léon, par le recteur lui-même, M. l'abbé Le Pen de Kerollant, licencié en droit canon et civil de la Faculté de Paris, protonotaire apostolique, assisté de son clergé. Parrain et marraine furent : Haut et Puissant seigneur Charles-Claude du Drennec, lieutenant des vaisseaux du Roi, et Haute et Puissante demoiselle Fran­çoise-Guillemette, marquise du Poulpry. Signèrent au registre : Le Pen de Kerollant, recteur de Ploudaniel. — F. Cochard, curé de Ploudaniel. — J. Huguen, J. Inizan, prêtres de Ploudaniel. — H. Le Duif, de Ploudaniel. — Goulven Le Fur, prêtre de Ploudaniel. ENQUETE SUR LA MENDICITE (1774) : Voici les réponses que fit, le 2 décembre 1774, aux questions posées par l'évêché de Léon, M. Le Pen de Kerollant, recteur de Ploudaniel : - 1. Le nombre des mendiants domiciliés de Ploudaniel est d'environ deux cents, ce qui fait environ le vingtième de tous les habitants domiciliés de cette paroisse. - 2. La source de la mendicité est ici, comme ailleurs, la pauvreté des chefs de famille, qui passant des pères aux enfants les engage à mendier ; habitude qu'ils contractent facilement et dont ils ont bien de la peine à se corriger dans la suite. - 3. La cherté du grain peut aussi augmenter le nombre des mendiants. Parce qu'alors la plupart des bons fermiers, au lieu de nourrir les journaliers, aiment mieux vendre leur blé en espèces et faire tous leurs ouvrages eux-mêmes. - 4. Comme on abuse souvent des meilleures choses, on peut dire que la grande charité des fidèles augmente quelquefois le nombre des mendiants : puisqu'on a vu de ces derniers répondre fièrement à ceux qui leur proposaient de l'ouvrage, de payer le double du salaire ordinaire des journaliers à qui voudrait leur porter la besace. - 5. L'espèce ordinaire des mendiants est composée de vieillards, d'infirmes, d'enfants et souvent de personnes en état de travailler. - 6. Ainsi le moyen qui paraîtrait le plus convenable pour supprimer la mendicité dans les campagnes serait d'obliger les mendiants de travailler chacun selon son pouvoir et pour cela il faudrait y établir des hôpitaux auxquels on attacherait les landes et terres incultes qui sont d'une grande étendue dans cette paroisse. La partie publique qui en prendrait le soin serait bientôt remboursée des avances qu'il faudrait faire pour établir des métairies attachées à ces hôpitaux, en faisant labourer ces terres incultes, qui renferment des trésors immenses et qui ne demandent que l'oeuvre de mains pour fournir les moyens d'éteindre toute mendicité. - 7. Comme tout le monde est obligé de faire l'aumône selon son pouvoir, chacun verserait dans ces hôpitaux ses aumônes volontaires, et le ferait avec d'autant plus de plaisir, qu'on se libérerait par ce moyen de la grande importunité des mendiants. - 8. Nous avons dans cette paroisse de Ploudaniel une fondation faite par un ecclésiastique, de quatre-vingt dix livres de rentes, pour apprendre des métiers aux pauvres. Les fabriques en charge reçoivent cette rente tous les ans, et l'appliquent exactement à sa destination. Mademoiselle du Poulpry fournit le logement, la nourriture et le bois à douze pauvres de cette paroisse, en conséquence d'un testament fait par monsieur son aïeul... PLOUDANIEL ET LE FOLGOAT : La première donation de terres connue à Notre-Dame du Folgoat (ou Folgoët), en 1410, est faite par Tanguy de Coetmenech, seigneur de Coatjunval, alors en Ploudaniel. En 1416, autre donation par Prigent de Gouzillon, seigneur de Kernao. Puis, dix ans plus tard, en 1426, c'est au tour de Salomon Nuz. En 1430, nous voyons Maurice de Kerasquer, seigneur de Quillimadec, faire, lui aussi, une donation. En 1433, c'est un personnage de Ploudaniel, messire Geoffroy de Kerven, seigneur du dit lieu, qui est doyen de la collégiale du Folgoat (ou Folgoët). Anne de Bretagne étant morte le 9 janvier 1514, au château de Blois, les chanoines du Folgoat (ou Folgoët), dont le doyen était Gabriel de Gouzillon, de Ploudaniel, lui firent deuil dans leur église. Celui-ci adressa une lettre de condoléances à Claude, fille de la duchesse Anne. Il mourut en 1519. Son frère Paul était recteur d'Elestrec ou du Folgoat (ou Folgoët). En 1544, c'est encore un Gouzillon, Jean, qui est doyen de la collégiale. De 1591 à 1599, cette dignité est possédée par Alain de Poulpry. C'est à lui sans doute que l'église du Folgoat (ou Folgoët) dut d'échapper au pillage, lors des guerres de la Ligue. Le 3 mars 1593, le duc de Mercœur, plein de respect pour cette église et pour son vénérable doyen, la prit sous sa spéciale protection, et permit pour garantir l'édifice, d'y apposer ses propres armoiries, tout en menaçant de châtiments les plus rigoureux ceux qui oseraient porter atteinte au monument. Le 8 août 1594, dégoûtés de la Ligue, les nobles et les bourgeois du Léon se réunirent au bourg du Folgoat (ou Folgoët), d'où ils adressèrent à René de Rieux, seigneur de Sourdéac, leur soumission au roi Henri IV. Se trouvant le lendemain à Lesneven, Sourdéac leur accorda, au nom du roi, la capitulation la plus honorable. Il est vraisemblable que le doyen de Poulpry eût son rôle à jouer en cette affaire et qu'il contribua par son influence à pacifier les esprits et à les ramener à l'obédience de Henri IV. Le 8 mars 1593, Alain de Poulpry avait établi dans l'église du Folgoat (ou Folgoët), deux fondations, la première, de deux nouvelles stalles canoniales, la seconde, d'une messe à note tous les samedis, au grand autel de la Vierge, avec chant du Stabat et du De Profundis... Ces deux donations montaient à la somme de 40 écus. Avant sa mort, survenue en 1597, il fonda une troisième stalle au Folgoat (ou Folgoët), plus une messe à chant, le mercredi (Voir Kerdanet, " Les Vies des Saints ...", Notice sur Notre-Dame du Folgoat, p. 158-162). En 1810, lorsque Anquetil, le propriétaire de l'église du Folgoat (ou Folgoët), voulait la démolir et la vendre pierre par pierre, les habitants de Ploudaniel contribuèrent avec ceux du Folgoat (ou Folgoët) à sauver le précieux monument. Gabriel Abjean, de Kerloïs, maire de Ploudaniel et Guillaume Kerbras, du moulin de Coatjunval, alors en Ploudaniel, furent du nombre des douze acquéreurs. En 1920, M. Maguet, recteur, consacra la paroisse entière à Notre-Dame du Folgoat (ou Folgoët). L'EXPULSION DES SOEURS BLANCHES (1902) : A 6 heures du matin, 18 août 1902, policiers et gendarmes sont en route de Landerneau, pour expulser les Soeurs. Aussitôt l'estafette bénévole arrivée, la cour de l'école libre de Ploudaniel est remplie de bancs, chaises, lits, formant barricades. Deux charrettes attachées ensemble sont mises derrière la grande porte ; devant, un grand fossé plein d'eau. La petite porte est mise en état de défense. Sur le mur, des paysans armés de gourdins. M. Pichon, sénateur, et M. Soubigou, conseiller général, entrent dans l'école ; MM. Pierre Croc et de la Moussaye (ex-officier d'artillerie) se tiennent devant la porte. 9 h. 1/2. — Les gendarmes dans le bourg. Le lieute­nant a dit : « J'ai un frère prêtre, une soeur religieuse ; si l'on ne frappe pas mes hommes, j'userai de modération ». 11 heures. — La coloniale arrive, avec les commissaires de police Seigland de Landerneau, Lefebvre de Brest, Robert de Douarnenez. Trois coups de clairon, trois sommations. « A bas Combes ! répond la foule. Vivent les Soeurs. Vive la liberté ! ». Le crocheteur travaille de la pince-monseigneur. Un torrent d'eau et d'ordures le fait cesser. Des soldats tentent de faire une brèche dans le mur opposé : en vain. Un commissaire escalade le mur : des projectiles variés le font descendre. Les assiégeants veulent grimper au moyen d'un tas de fagots : M. Seigland est renvoyé à coups de triques ; le lieutenant de gendarmerie subit le même sort. Et les assiégés essaient de mettre le feu aux fagots au moyen de bouchons de paille imbibés de pétrole et portés à bout de perches. Les coloniaux, furieux, sont empêchés par leurs officiers de piller le bureau de tabac. Ils parlent de bien arranger les paysans. A ceux-ci les religieuses, avec MM. Pichon et Soubigou, recommandent le calme, pas de malheurs irréparables ! Il est difficile d'obtenir la promesse que le sang ne coulera pas... A 12 h. 20, les portes sont ouvertes. Les religieuses, conduites par MM. Pichon et Soubigou, vont à l'église puis chez l'habitant (Article du "Courrier du Finistère ") (H. Pérennès). 

Voir aussi la situation de la paroisse de Ploudaniel durant la Révolution.

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PATRIMOINE de PLOUDANIEL

l'église Saint-Yves (1860), édifiée en 1860 sur les plans de Bigot et consacrée le 16 septembre 1862. Cette église était autrefois consacrée au frère du roi Judicaël, saint Guinien, Gwinien ou Winien, ermite du VIIème siècle et compagnon de saint Arnec (ou Théarnec ou Ternoc). L'édifice actuel, en forme de croix latine, comprend une nef de sept travées avec bas-côtés et un choeur légèrement débordant. Au droit de la cinquième travée, deux chapelles en ailes forment un faux transept. Le clocher à trois galeries est daté de 1861. Les vitraux de l'église représentent les principales scènes de la vie de saint Guinien. L'église abrite les statues de saint Guinien, saint Yves, saint Louis, sainte Marguerite, saint Herbot, saint Grégoire, saint Clair, saint Hervé et saint François de Sales .

Nota 1 : Dédiée à saint Guinien, dont le nom se lisait sur l’une des fenêtres de la sacristie, l’ancienne église de Ploudaniel fut restaurée de 1618 à 1623. Le peintre morlaisien, Pierre Barazer, en dressa un plan en 1612, qui offre une figure de toutes les fenêtres et enfeux de l’église, avec les écussons qui les blasonnaient. Ce plan coloré sur parchemin se trouve aux Archives départementales (série E, n° 48). L’édifice à chevet plat comportait une nef et deux collatéraux. Les verrières à style lancéolé dénotaient le XIIIème siècle. Des piles rondes soutenaient les arcades gothiques. Un escalier au milieu de l’église entre la nef et le bas-côté droit, menait aux deux chanceaux. L’arc diaphragme était surmonté d’un petit clocher. La sacristie se trouvait au haut et à droite de l’église. Au-dessus des dix panneaux de la maîtresse vitre apparaissaient trois écussons, couronnés en supériorité, de part et d’autre, par les neuf mâcles d’or des Rohan, princes de Léon. Le vitrail du bas-côté nord portait les armoiries des Louet, de Coatjunval. Trois verrières figuraient au collatéral sud. Près de l’autel Saint-Sébastien, adossé à une colonne, la chapelle des Poulpry se trouvait dans le bas-côté méridional. Au-dessus, à droite, la chapelle des Quillimadec, à gauche celles de Coatjunval et des seigneurs de Kernao. Au-dessus de la porte de la sacristie figurait en bosse l’écusson des Rohan, comtes de Léon, soutenu par deux lions et surmonté d’un troisième lion qui portait entre ses griffes une banderole avec devise. Les Quillimadec avaient cédé en 1528 leurs préémi­nences dans l’église de Ploudaniel aux Barbier de Kerjean. Voici la reproduction partielle du vieil acte qui consacre cet accord : « Présents en notre cour de Lesneven en droit personnellement établie 0llivier de Kerasquer, seigneur de Quillimadec, d’une part, et maître Jan Barbier, seigneur de Kérian, d’autre part ; le seigneur de Quillimadec, affirmant qu’à lui appartienne droit d’armoire en la vitre suzaine et litre du côté de l’évangile, en l’église paroissiale de Guicdeniel, et le droit en la voûte et tombe sur terre, en jonction au plus haut et éminent lieu, lesquelles prééminences furent autrefois à Jan le Bailly, donne, baille, livre, cède et transporte au seigneur de Kérian acceptant, ce droit de vitre, voûte et tombe, et tel droit qui appartenait à Jan Le Bailly et François son fils et leurs prédécesseurs en la dite litre tant en voûte, tombeau qu’autrement... Fait en notre cour le huitième jour d’août, environ onze heures du matin, l’an mil cinq cent vingt-huit.. ». Deux ans plus tard, le 16 août 1530, le vicaire général de Léon donnait à ce contrat sa pleine approbation. Une pièce de 1691 nous apprend que les Quillimadec avaient leurs armes en bosse sur la tour principale et le petit clocher qui se dressait sur l’arc de séparation de la nef et du choeur. La chapelle du Rosaire avait été bâtie de leur consentement, et après les princes de Léon, ils étaient les premiers prééminenciers de l’église (Voir Archives de l'évêché). Le dernier dimanche de l'an 1753, la foudre endommagea la tour, en arrachant la croix et le coq qui la surmontait, et tuant douze personnes. Chargés de la restauration, les Siche, entrepreneurs, touchèrent pour leur travail la somme de 117 livres. La paroisse prit à son compte le charroi des matériaux. D’après un procès-verbal de visite, en 1784 l’église est dans le plus mauvais état. Au milieu de la nef, au-dessus de la chapelle de Quillimadec à droite ; et de celle de Coatjunval à gauche, il y a cinq bancs appartenant à la maison de Poulpry, qui encombrent l’édifice déjà trop petit. Sur la tombe de messire de Kerven, il y a « une représentation permanente ». Il faudrait supprimer les autels de sainte Appoline et de la Sainte-Famille, qui se trouvent au bas de l’église, contre les piliers (Voir Archives de l'évêché). L’église étant donc trop exigus, on songea en 1856 à la remplacer. Le nouveau monument, fort vaste, est dans le style néo-gothique du XIVème siècle. En forme de croix latine, il comprend une nef séparée des bas-côtés par sept arcades de part et d’autre. Le clocher, à trois galeries, est élancé et s’aperçoit de très loin. Une inscription peu lisible que l’on a placée à l’intérieur de l’église, au-dessus de la porte du bas-côté Nord renseigne sur la construction et la consécration de l’édifice. La voici intégralement : « Reconstruction de l’église et du clocher de Ploudaniel proposée par. M. le Marquis Hte Coëtlogon, maire, et acceptée par les Paroissiens en 1856. — Le .. juin 1860, Bénédiction et pose de la première pierre par M. Kervennic, doyen de Lesneven, délégué. Le 16 septembre 1862, consécration de l’église par Mgr René Sergent, évêque de Quimper et de Léon, assisté de M. Jégou, vicaire général. Recteur M. A. Brénéol ; vicaires : MM. Joseph Témoigne et H. Milin ; maire : M. L. de la Monneraye ; conseillers de Fabrique ; MM. G.Abjean, président ; Yves Moysan, trésorier ; J.-M. Kérouanton ; Y. Bernicot ; J.-M. Pengam. — Dallage de l’église en 1870 : MM. Bern. Lallemand, vicaire ; J.-M. Moysan, maire ; J.-M. Kerneis, conseiller de fabrique ; J.-M. Abjean, fabricien de Saint-Guinien — En 1871, réfection de l’enduit extérieur : M. le Vte de Roquefeuil, maire ; F. Nicolas, fabricien de Saint-Guinien. Architecte : M. Le Bigot, de Quimper. Entrepreneurs : MM. 0llivier, père et fils, de Landerneau ; E. Robin, de Lesneven. Le titulaire de l’église est saint Yves, prêtre, XIVème siècle. Sa fête au 19 mai. Le patron de la paroisse est saint Guinien ou Gueinan, prêtre. Sa fête au 5 mai ». Au bas-côté sud, au-dessus de la porte d’entrée figure cette autre inscription : « Mgr Dom, nouvel O. S. B., évêque de Quimper et Léon. M. Alain Brénéol, recteur ; MM. Thépaut et Diraison, vicaires ; conseillers de fabrique : Y. Berthou, président, Alain Grénéol R., S. de la Monneraye, J.-M. Kerneis, trésorier, J.-M. Pengam, François Abjean, Louis Kérouanton ; MM. de la Monneraye, maire, officier de la légion d’honneur, François Kérouanton et J.-M. Moysan, adjoints, 24 décembre 1878. Polard, Marzin et Le Roux, prêtres à Lesneven ». De chaque côté du maître-autel on aperçoit les statues en bois des deux titulaires successifs de l’église : du côté de l'Epître saint Guinien, du côté de l'Evangile saint Yves. La maîtresse vitre de l’église renferme les figurations de David, Notre-Seigneur tenant la bannière de résurrection, saint Pierre et saint Paul. Au-dessous apparaissent dans huit médaillons les scènes suivantes : Sacrifice d'Abraham — Moïse et le serpent d’airain — la Nativité de Jésus — la Cène — le Christ en croix — la Résurrection — la Pentecôte — saint Paul terrassé sur le chemin de Damas. Les autres vitraux du choeur représentent des scènes, de la vie de saint Yves. Quant aux belles verrières du collatéral nord elles retracent divers épisodes de la carrière de saint Guinien. En voici les légendes : 1. Le vieux roi Ausoch et sa fille Pretella assistent aux jeux de saint Guinien et ses frères. 2. Saint Guinien et ses frères poursuivis par Rethwal sont protégés par Saint Méen. 3. Saint Guinien et saint Judicaël remettent leurs redevances aux tenanciers (610). 4. Saint Guinien et saint Judicaël aident le lépreux à passer un gué. 5. Saint Guinien visité par ses frères et soeurs dans son ermitage de Ploudaniel. 6. Saint Guinien reçoit les adieux de saint Judicaël quittant le trône pour le cloître. 7. Saint Guinien à Lam-Marc'h laisse sur le rocher l'empreinte des sabots de son cheval. 8. Mort et entrée au ciel de saint Guinien établi patron de la contrée. Ces verrières sont sorties des ateliers de la Société artistique de peinture sur verre, 96, rue Notre-Dame des Champs, Paris. Le vitrail du collatéral nord du transept représente la mort de saint Joseph. La scène est encadrée de médaillons offrant divers tableaux dont les sujets sont empruntés à la Sainte Famille. Au collatéral sud du transept apparaît la sainte Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique et à sainte Catherine de Sienne. Tout autour, des médaillons représentent les mystères du Rosaire. Ces mystères figurent également en médaillons dans le grand autel en bois, avec retable à baldaquin, qui se trouve en cette même partie du transept. Signalons encore aux fonts baptismaux un vitrail représentant saint Paul Aurélien et saint Guévroc, et lui faisant pendant, au bas-côté sud, une autre verrière figurant une apparition de Notre-Seigneur à Michel Le Nobletz. Au fond de l’église on aperçoit deux vieux bénitiers en kersanton provenant de l’ancien édifice. On remarquera également la belle chaire gothique moderne où sont sculptés les quatre Evangélistes [Note : Dans le mur de la petite maison qui avoisine l’église est encastrée une pierre portant un calice encadré des lettres Y et P et surmonté de la date 1624. Il s’agit peut-être des initiales de Yves de Poulpry, chanoine de Léon]. La tour de Ploudaniel renferme trois cloches dont voici les inscriptions : 1. « J’ai été fondue à Brest dans le mois de juin 1815 du temps de Monsieur Yves Raguénès, curé de la paroisse de Ploudaniel, dédiée à Saint Guinien ; mes dames et marraines ont été Gabrielle Abjean et Marie-Jeanne Dounvale, dame Louis Martin adjoint, qui m’ont nommée Marie-Gabrielle. Alain Hamon, maguillier trésorier, Jean-Marie Abhervé, Jean Berthou et Yves Calvez maguilliers en exercice ». 2. « J’ai été nommée Marie-Gabrielle-Hippolyte. Faite en 1846 pour l’église de Ploudaniel, parrain : Monsieur le Marquis Alain-Hippolyte de Coëtlogon, maire, et Marraine : Jeanne Mazé, épouse de Monsieur Goulven Abjean, trésorier. Alain-Yves Brénéol, recteur ». 3. « J’ai été nommée Jeanne-Louise par Louis Lichou, trésorier et Jeanne-Marie dame Bergot née Croc ; Monsieur Jean Rohou, recteur en 1892. Son fondeur à Quimper » (H. Pérennès) ;

la chapelle Sainte-Anne (XVIIème siècle). Il s'agit d'un oratoire rectangulaire privatif de Kernao ou Kernau ;

la chapelle Sainte-Pétronille (1588). Sainte Pétronille ou Périne, vierge et martyre, vivait à Rome du temps de saint Pierre. Il pourrait aussi s'agir de Pétronille, la soeur de saint Goulven. De plan irrégulier, l'édifice comprend, précédée d'un clocher-mur, une nef de trois travées avec bas-côté nord, un transept et un choeur. L'aile sud du transept sert de sacristie. La chapelle abrite une Pietà en pierre du XVème siècle et les statues de sainte Pétronille, sainte Philomène, sainte Appoline, saint Yves, sainte Anne (bible en mains) et Marie assise près d'elle ;

Nota 2 : Sainte-Pétronille se trouve à 3 kilomètres sud-ouest du bourg, non loin de la route de Ploudaniel à Plabennec. Elle est sous le vocable de Santez Perônel, vieille sainte bretonne à laquelle on a substitué la Sainte-Pétronille dont la légende a fait la fille de saint Pierre. C’est un monument du XVIème siècle, comportant une nef avec un bas-côté au nord, les deux séparés par des arcades en plein cintre, reposant sur des socles carrés. A la paroi sud du monument, qui est percée de trois fenêtres gothiques, figure une arcade en plein cintre s’ouvrant sur un petit bras de croix. Cette branche de transept, occupée aujourd’hui par la sacristie, semble avoir été quelque peu remaniée. On y trouve un petit autel de granit, de même qu’au fond de la nef latérale. Au-dessus du maître-autel se voient quelques vieilles statues : Sainte Pétronille, tenant en main son livre d’heures, — une martyre portant la palme, avec l’inscription, au socle, de « Sainte Philomène » ; un curieux groupe de Sainte Anne et de la Vierge, plus jeune mais de même taille que sa mère : Anne apprend à lire à Marie, — Saint Yves, coiffé d’une énorme barrette, revêtu d’un camail, et tenant un livre en main. A la sacristie sont conservés deux anciens plateaux de cuivre, portant l’inscription: « Sainte Pétronille ». L’autel de la nef latérale est surmonté d’une vieille statue de Sainte Apolline. La Sainte, à longue chevelure, porte une ceinture dorée, dont les bandes remontent sur sa poitrine en forme de tenaille [Note : On sait que cette Sainte est invoquée contre les maux de dents] ; elle a les mains liées derrière le dos. Percé d’une ouverture en quatre-feuilles, le pignon Ouest de la chapelle est couronné par un minuscule clocher. Dans le voisinage se dresse, sur un socle fort élevé, un ancien calvaire, à fût octogonal, dont les croisillons supportent deux statues que l’on dirait de la Sainte Vierge (?) et de saint Jean. Vers le milieu du fût, une petite Madeleine en granit, tient un vase à parfums. A cinquante mètres environ, au sud de la chapelle, est une fontaine monumentale que décore la statue en pierre de sainte Pétronille. Le Pardon a lieu le dimanche de la Trinité. Les comptes de la chapelle portent, pour 1765, que le jour du Pardon les reliques ont été adjugées à Gabriel Le Breton pour 10 livres 16 sols. Vendue nationalement le 25 prairial an VII (16 octobre 1799) l’édifice fut acquis par Fournier et Gabriel Abyven. En 1807, un sieur Abjean auquel elle avait passé en fit don au conseil de Fabrique pour l’exercice du culte. Le 18 mars 1841, M. Bourc’his desservant de Ploudaniel, demandait à l’évêché d’approuver les réparations d’urgence qu’exigeait la chapelle. La toiture fut refaite presque en entier au prix de la somme de 500 francs, et le bon Recteur ajoute : « La chapelle de Sainte Pétronille, Monseigneur, est en grande vénération dans cette paroisse, on y dit la messe tous les seconds dimanches, et elle est sous ce rapport, très utile à la population de cette partie de Ploudaniel, ainsi qu’aux habitants des trois communes limitrophes, Saint-Thonan, Kersaint et Le Drennec qui en sont proches. Ces considérations seront, nous en sommes certains, de valeur à faire à Votre Grandeur accueillir favorablement notre demande » (Archives de l'évêché).

la chapelle Saint-Eloi (XVIème siècle), située à la limite sud de la commune de Ploudaniel. Il s'agit d'un édifice rectangulaire, avec bas-côté nord de quatre travées et une sacristie au sud. Cette chapelle, qui date du XVIème siècle, possède un clocher élancé à deux galeries. Sur la porte sud, se trouvent une image de saint Pierre et la date de 1620. Les deux cloches datent de 1694 et 1763. La chapelle abrite les statues de saint Eloi, sainte Anne, saint Yves, une Pietà et saint Mémoire tenant ses entrailles. Le pardon de Saint-Eloi (le 24 juin) est très couru des paysans du Léon qui y amènent leurs chevaux. Sur le placitre existait jadis un petit édicule portant la date de 1558 et abritant la statue de saint Eloi ;

Nota 3 : La chapelle Saint-Eloy, à sept kilomètres au sud du bourg, occupe le centre d’un beau placître, planté de frênes où l’on voyait, note M. Le Guennec, les débris d’un beau calvaire, dont les personnages en kersanton avaient été jadis peints et dorés. De style flamboyant, elle remonte aux premières années du XVIème siècle. Son clocher gothique porte un revêtement de mousse verdâtre. A la façade sud est un portail gothique, dominé par la statue en granit de Saint Eloy, ceint de la mitre et tenant la crosse. Aux pieds du Saint, une enclume et plusieurs fers à cheval. A la porte sculptée apparaît Saint Pierre, avec un livre sous le bras, et, au-dessous, la date de 1620. La sacristie, du côté sud, forme un ajouté, de date relativement récente. L’intérieur de la chapelle est orné de plusieurs statues anciennes : un Saint Eloy en granit, avec crosse et mitre, portant en main un livre, — Notre-Dame de Pitié, couronnée, avec l'Enfant-Jésus, — une sainte femme les mains en croix, — un curieux Saint Memoir (Sant Memor), à la figure grimaçante de douleur, retenant de la main ses entrailles qui s’échappent, — Saint Yves, la main droite levée, et tenant de la gauche un parchemin. A droite du maître-autel apparaît une crédence gothique. Près de la porte latérale, c’est un petit bénitier de même genre. En dehors de l'enceinte du placître est un édicule formé d’un grillage en fer, portant la date de 1558 et renfermant la statue de Saint Eloy grossièrement taillé et badigeonné de couleurs voyantes. A côté un tronc en chêne renforcé de serrures est destiné à recevoir les offrandes. Le Pardon de la chapelle a lieu le 24 juin. Ce jour-là, les chevaux des environs y sont conduits par leurs maîtres. Ceux-ci, tête nue, leur font, par dévotion, faire trois fois le tour de la chapelle, et le prêtre bénit chevaux et conducteurs. Vendue nationalement le 5 germinal an VII (27 mars 1799), la chapelle Saint-Eloy fut acquise par Jérôme Berthomme de Brest qui la céda plus tard, pour 500 francs, à Louis Martin et Marie-Jeanne Donval, son épouse de l'Isle Keranfanc, ainsi qu’à Pierre Kermarec et Marie-Anne Madec sa, femme, de Merienen. Ceux-ci « voulant donner à Saint Guiniel patron de la fabrique de Ploudaniel des marques de la vénération qu’ils ont pour lui » firent gracieuse donation de la chapelle à la fabrique le 5 juin 1813 (H. Pérennès).

l'ancienne chapelle Sainte-Brigitte (1879). Il s'agit d'un édifice rectangulaire avec chevet à pans coupés. Sur la façade se trouvait jadis une Pietà en kersanton et à l'intérieur de la chapelle, une statue de sainte Brigitte ;

Nota 4 : La chapelle Sainte-Brigitte avoisinait le manoir de Quillimadec, qui avait aussi son oratoire particulier, et les seigneurs du lieu en étaient les fondateurs. Une série d’anciens comptes de cette chapelle se trouve aux Archives départementales (série E, fonds Barbier), et montre que les Penancoët puisaient sans scrupules dans ses modestes ressources. La flèche du clocher a été transférée au bourg de Ploudaniel, et surmonte la chapelle qu’y bâtit, en 1879, M. Brénéol, recteur. Cette flèche avait été construite en 1676 par l’architecte Claude Tessier, dit « La Pansée », demeurant à Landerneau. En 1602, Christophe Moal et Marguerite Le Traomeur, sa femme, firent donation à la chapelle de Sainte-Brigitte d’un parc nommé Abollier, situé au terroir de Kergongar, en Ploudaniel, à charge de six messes par an. En 1679, donation faite par François de Penancoët d’un parc appelé Meusalem. Le 1er octobre 1616, Louis Le Jacobin, recteur de Ploudaniel, obtint du Saint-Siège une Bulle d'indulgences en faveur de la chapelle Sainte-Brigitte. Nous reproduisons ici l’essentiel de ce document précieux dont plusieurs lignes sont déjà rongées par le temps : « Nous, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à qui ces présentes liront salut et apostolique bénédiction... Nous avons appris que l’église de Sainte-Brigitte, contenue aux limites de la paroisse de Ploudaniel du diocèse de Léon a une pieuse et dévote confrérie sous l’invocation et en l’honneur de la Vierge Marie, à la gloire du Dieu Tout-Puissant, pour le salut des âmes, non toutefois pour les hommes don (?) un métier spécial, instituée canoniquement, et les chers... confrères de la dite confrérie ont de coutume d’exercer plusieurs oeuvres de charité, de piété et de miséricorde. Nous, désirant que les dits confrères étant à présent en vie soient entretenus aux exercices des oeuvres pieuses et davantage pour ceux exercés dorénavant (?), comme aussi que les autres fidèles soient invités d’entrer dans la dite confrérie avec plus de zèle, et que la dite église ou bien l’autel situé en elle soient en honneur, soient fréquentés des dits fidèles chrétiens, et qu’ils abordent plus facilement l’église et l’autel à l’occasion de la dite dévotion, et que les grâces soient plus amplement obtenues de la miséricorde du Dieu Tout-Puissant et des Saints Apôtres Pierre et Paul, nous en vertu de leur autorité. Donnons à chacun des fidèles chrétiens de l’un et l’autre sexe, vrais pénitents et confessés de la dite confrérie et à ceux qui seront cy après confessés et repus de la sacrée communion, à l’article de leur mort, invoquant le Saint Nom de Jésus, de coeur s’ils ne peuvent de bouche, indulgence plénière, et aussi aux dits confrères semblablement vrais pénitents et confessés et repus de la sacrée communion qui visiteront l’église le premier dimanche de septembre, depuis la fin des vêpres jusqu’au soleil couchant, priant pour l’extirpation des hérésies, la conversion des pécheurs, l’exaltation de la Sainte Mère l’église, la paix, la concorde, l’union entre les princes, le salut du Souverain Pontife de Rome ; leur concédons l’éloignement plénier, indulgence et rémission de tous leurs péchés, avec confession et communion, en la fête de Sainte-Brigitte, le second dimanche du Carême et le dernier dimanche d’août ». Une indulgence partielle de 60 jours est accordée à « ceux qui assisteront aux divins offices qui seront célébrés dans la dite église et congrégations publiques, aux processions ordinaires et extraordinaires de la dite confrérie, à ceux qui assistent à la sépulture des morts, qui accompagnent le port du sacrement de l'Eucharistie aux malades ou qui, au signal de la cloche, réciteront l’oraison dominicale et la salutation angélique pour le malade, à ceux qui réduiront quelqu’un dans la voie du salut et enseigneront aux ignorants les préceptes salutaires. A ceux qui auront opéré toutes les dites choses (?) nous leur donnerons soixante jours de pénitence [Note : C’est-à-dire une indulgence de soixante jours]... Nous voulons que la dite confrérie soit annexée à une principale confrérie... Donné à Rome, à Sainte-Marie-Majeure, l’an de l'Incarnation mil six cent seize, le premier jour d’octobre, de notre pontificat, an douzième. Paul V, pape » [Note : Homme éminent par la science comme par la vertu, le pape Paul V gouverna l'Eglise de 1605 à 1621]. Le 19 décembre suivant, Louis Le Jacobin, recteur de Ploudaniel, grand vicaire et official de Léon prescrivit de lire la Bulle en chaire dans toutes les paroisses du diocèse (Archives départementales, Série E ; n° 48). En 1716, Monseigneur de la Bourdonnaye, évêque de Léon, permit de chanter la messe et les vêpres en la chapelle Sainte-Brigitte, le jour du Pardon qui se célébrait le dernier dimanche du mois d’août. Le 20 août 1769, l’intendant du comte Claude-Alain Barbier de Lescoët remit six livres aux marguilliers de la chapelle « pour les frais des luttes qui s’y feront et la collation qui aura lieu le dimanche » (H. Pérennès).

l'ancienne chapelle Sainte-Barbe, aujourd'hui disparue. Cette chapelle, dont les seigneurs de Quillimadec étaient les fondateurs, se trouvait trois kilomètres au sud-ouest du bourg, près du manoir de Poulpry. « Bel édifice gothique bâti en croix, tout en pierres de taille, et entouré d’un petit enclos qui dut anciennement servir de cimetière ». C’est en ces termes que M. de Lézérec décrit la chapelle Sainte-Barbe dans une lettre adressée de Saint-Pol-de-Léon à l'Evêque le 15 avril 1825. Et il ajoute : « M. Halléguen de Brest, dont je suis procurateur a acheté à M. le comte de Pennelé une propriété dans la paroisse de Ploudaniel, sur laquelle se trouve située la chapelle Sainte-Barbe. Cette chapelle ne pouvant lui être d’aucune utilité, n’ayant pas de maison qu’il puisse jamais habiter aux environs, il m’a chargé de vous proposer d’en faire l’acquisition pour le compte de la paroisse moyennant six cents francs prix auquel elle est évaluée dans son achat. Les matériaux valent au moins trois mille francs, mais il lui répugne d’en devenir le démolisseur ; il l’a dernièrement fait réparer et elle pourrait servir parfaitement au service » ;

l'ancienne chapelle Saint-Guévroc, aujourd'hui disparue. Cette chapelle se trouvait à 6 kilomètres 500 au sud-ouest du bourg, en bordure de la route de Ploudaniel à Kersaint-Plabennec. Au village dénommé Guevroc, il y a encore, vers 1943, une fontaine appelée feunteun sant Guevroc, surmontée d’une statue, du Saint. Saint Guévroc ou Kirec est le patron de Lanneuffret et de Locquirec ;

l'ancienne chapelle de Trébodennic, aujourd'hui disparue ;

l'ancien ossuaire ou reliquaire, aujourd'hui disparu. Un ossuaire de style Renaissance avoisinait l’ancienne église de Ploudaniel. On y disait encore la messe en 1804. En 1850, la mairie y était installée. A la fin de 1865, le Conseil de Fabrique songea à en céder les matériaux en ruine à la Commune pour aider à l’agrandissement de la maison d’école (Archives de l'évêché) ;

la croix de Lanmarc’h (moyen âge) ;

la croix du cimetière de Ploudaniel (XIVème siècle) ;

la croix de Kermoalic (XVème siècle) ;

la croix du placître de la chapelle Saint-Eloi (XVIème siècle) ; 

la croix située dans la chapelle Saint-Eloi (XVIème siècle) ;

le calvaire de Sainte-Petronille ou Croaz Santez-Péronel (XVème siècle – 1630), restaurée au XIXème siècle ;

d'autres croix ou vestiges de croix : la croix de la chapelle Sainte-Pétronille (Moyen Age), les deux croix monolithes de Créac'h (Moyen Age), la croix de Folgoët (1898), la croix de Guévroc (Haut Moyen Age), les vestiges de croix de Guévroc (Moyen Age), la croix de Keraïber ou Keriber (XVème siècle), la croix de Keramazé (Moyen Age), la croix de Kerfelgar, la croix de Kerfelgar-Bras (XVIème siècle), la croix de Kergavellan - ancienne chapelle Sainte-Barbe (Moyen Age), la croix de Kergréac'h (XVIème-XXème siècle), les deux croix de Kerléan (Moyen Age), la croix de Kerloïs (1555), la croix de Kerouant (Moyen Age), la croix de Kerrinou ou Croas-ar-Mission, transportée de Langazel vers 1920 (XVIème siècle), la croix de Kervilien, la croix de Kervinor-ar-Parcou (1898), les deux croix de Lann-ar-Sant (Moyen Age), la croix de Lannouazoc (XVème siècle), la croix de Lannouazoc (Moyen Age), la croix de Lesgall (Haut Moyen Age), la croix de Lestreonec (Haut Myen Age), la croix du manoir-de-Lesgall (XVIème siècle), le manoir de Ménez-Léon (Haut Moyen Age), la croix de Penyeun (Haut Moyen Age), la croix du cimetière de Ploudaniel (1876), la croix de le Ruat (Haut Moyen Age), la croix monolithe de Ploudaniel (Moyen Age), la croix de Trémoguer (XVIème siècle), la croix de le Vizou ou Croaz-Vizoc (1788). A signaler aussi les croix aujourd'hui disparues : Croix-Languilly, Croix-Yannick ;

Nota 5 : A quelques mètres de l’église, du côté ouest, dans le mur de clôture du cimetière, un long fût octogonal en granit supporte une vieille croix en kersanton, surmontée d’un dôme en demi-cercle. D’un côté est le Christ, de l’autre, la Vierge Mère tenant un sceptre. Au pied du fût, vieille et intéressante piéta en kersanton, provenant de la chapelle Sainte-Pétronille. Au nord du bourg : - Kroaz ar Rod-Nord, à la croisée des chemins de Ploudaniel, Le Folgoët, Lesneven, Saint-Méen. A l’est du bourg : - Kroaz-Rom, formée d’un monolithe, en bordure de la vieille route de Saint-Méen. - Kroaz-Kervilien, au village de même nom ; avec deux écussons, un calice et les lettres : S. E. Le calice indique que cette croix fut dressée par les soins d’un prêtre. - Kroaz-Languilly, mutilée au sommet, près de la croisée des routes de Langnilly à Lanignès. Au sud-est du bourg : - Kroaz-Kermac’hellan, près du village de même nom, en bordure de la route de Trémaouézan. Elle est datée de 1884. Une piéta repose sur son socle. Au sud du bourg : - Kroaz-Simon, monolithe, avec l’inscription: « Jesus Kroaz Simon ». - Kroaz-ar-Vizoc, en face du village de même nom. - Kroaz-Kerfelgar, au sein du quartier qui porte ce nom. On y lit les mots suivants : « Fait par Yves Grall et F. Cessou ». - Kroaz-an-Ostaleuri-nevez, monolithe, au dit lieu, et à la croisée des chemins de Kréac'h et de Kerafang. - Kroaz-Pig-honarn, jadis appelée Kroaz-ar-vilin-venn, du nom d’un petit chemin qui menait de là au village actuel de Lestréoneg. - Kroaz-Lestréoneg, en bordure de la route qui conduit à ce village. Monolithe très court, mutilé au sommet. - Deux croix à Saint-Eloy, l’une près de la chapelle, l’autre près du tronc de Saint Eloy, sur la route de Saint-Thonan. Au sud-ouest du bourg : - Lan-ar-Groaz, près du village de même nom. - Kroaz-Keriber, datée de 1904, sur la route de Ploudaniel à Saint-Thonan. - Kroaz-ar-Ruat, monolithe, en face du village de même nom, à l’embranchement des routes de Saint-Thonan et de Plabennec. - Yroaz-Garlan, monolithe, au carrefour des chemins du village de Kréac'h et de Saint-Thonan. - Kroaz-Mestr-Guy, à la croisée des chemins de Kerloïs et de Saint-Thonan. Sur cette croix, dont le piédestal est orné d’un calice, on voit la Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus. A l’ouest du bourg : - Kroaz-Santez-Perônel, près de la chapelle Sainte-Pétronille. - Kroaz-ar-Beley, sur la vieille route de Plabennec, au carrefour des chemins qui mènent à Sainte-Pétronille et à Trémoguer. - Kroaz-Kerviniour, au bord de la route qui mène au village de ce nom. - Kroaz-Kervoalik, au bas du village de même nom. - Kroaz-kerbaronou, entre les hameaux de Kerbaronou et Trémoguer. - Kroaz-Lannoazok, monolithe, à l’embranchement des chemins qui vont à Lannoazok et à Kergoff. Au nord-ouest du bourg : - Deux croix à Lesgall, dont l’une s’appelle Kroaz-Yannik, du nom de celui qui l’a fait ériger dans un champ, en mémoire d’un accident malheureux. - Kroaz-ar-Mision, sur la route du Drennec, près de Mesguen. Transférée, en 1923, du village de Langazel, par les soins de M. Maguet, recteur. - Kroaz-Nevez, au village de ce nom. - Kroaz-ar-Parkou, en bordure de la route qui mène de Kroaz-ar-Rod au Folgoët, à l’embranchement du Parkou de Ploudaniel. Il nous reste à signaler quelques croix de caractère spécial que l’on peut dénommer « croix à épées », parce qu’elles portent une épée sculptée. On en compte cinq sur le territoire de Ploudaniel : - 1. Kroaz-Lammarc'h, à 600 mètres au sud du bourg, à l’endroit où la route de Plabennec rencontre celle qui mène de Landerneau à Lesneven. Elle porte une épée sur ses deux faces. - 2. Kroaz-ar-Vered-koz. Cette croix s’élève un peu plus haut, à gauche de la route. Dressée sur ce terrain dénommé « ar vered kôz », elle est aussi ornée d’une épée sur ses deux faces. - 3. Kroaz-Nuz. Belle croix de granit, que l’on rencontre au nord-est du bourg auprès du village de Kerléau, sur le chemin qui relie le bourg de Ploudaniel à ce village, tout près de la route de Trémaouézan à Trégarantec. « Cette croix est d’un seul bloc et mesure, sans compter son soubassement, 2 m. 60 de hauteur. Sur l’une de ses faces est un écusson fruste et au-dessous, une superbe épée, longue de 0 m. 55, la pointe en bas. Sur l’autre face, un bouclier, en forme d’écu allongé, surmonté d’une croix de Malte » (Abbé Mével). - 4. Krosaz-Kernevez, au nord-est du bourg, sur la vieille route de Ploudaniel à Saint-Méen. - 5.  Kroaz Kerrouant, au nord-ouest du bourg, en bordure de la nouvelle route de Milin-Pont-Paol au Folgoët, à l’embranchement qui mène au village de Kerrouant. Cette croix a été restaurée par les soins de M. Maguet, recteur. Quel est donc le symbolisme de ces croix à épées ? Dans une conférence, donnée le 23 août 1937, au Congrès du Bleun-Brug, à Plougastel-Daoulas, M. le Chanoine H. Galvez estime, et la conjecture est fort plausible, qu’elles seraient commémoratives des batailles victorieuses livrées par les gens du pays aux Normands en 937 (H. Pérennès).   

le château de Kerno ou Kernau (XV-XVIIIème siècle), reconstruit en 1960. Propriété des Kerneau, des Gouzillon, des Barbier de Kerjean (en 1568), des Kerno et Lescoët. Kerno se trouve à deux kilomètres dit bourg de Ploudaniel en direction du Folgoët. Du vieux manoir, à cour fermée rectangulaire, subsistent encore vers 1943 la tour carrée du nord et des casemates voûtées qui servaient de magasins d’armes et de munitions. De multiples transformations en ont fait un corps de logis relativement moderne. Les piliers d’entrée de la porte nord de l’enclos supportent deux beaux écussons en bannière de du Chastel, timbrés d’un heaume avec une couronne à fleurons. Ce heaume est surmonté, en cimier, d’une tour crénelée, soutenue à droite par un lion, à gauche par un loup, qui mord l’extrémité d’une banderole passant derrière la tourelle et sur laquelle on lit : Ma car Doe, en caractères gothiques. Ces magnifiques écussons proviennent sans doute de l’enfeu que possédaient les Lescoët dans l’ancienne église de Lesneven. Près de la porte du jardin potager, un écu du XVIIème siècle, timbré d’une couronne comtale et entouré de deux palmes présente un mi-parti de fretté (Guicaznou) et d’un poignard accompagné d’une étoile et d’un croissant en chef (Danglade). Dans le jardin même on voit, sur des pierres, des mi-parti : 1°) de Gouzillon et Kerazret — 2°) de Barbier et Kersauson, puis un écu plein de Barbier. Au-dessus de la porte de la chapelle dédiée à sainte Anne, apparaît un écusson portant trois écus entourés d’une banderole qui porte cette devise BE (P) (A) N AMSER : « de temps à autre ». Kerno appartenait vers le milieu du XVème siècle à Paul Gouzillon. Plus tard nous y trouvons Alain Gouzillon auquel succéda son fils, Benoît, qui se maria en premières noces à Françoise Forget, décédée en 1538, puis à Jeanne du Val, qui lui donna trois enfants : Jeanne, Alain, Guillemette. Le manoir passa aux Barbier de Lescoët en 1568 par le mariage de Jeanne de Gouzillon et de Louis Barbier, seigneur de Kerjean. Alain Barbier mourut en 1692. Son fils Sébastien était deux ans plus tôt capitaine de la paroisse de Ploudaniel et, à ce titre, ordonnait les revues. militaires, commandait les exercices des arquebusiers, hallebardiers, fusiliers, etc... et toutes les corvées d’hommes qui allaient pendant une semaine travailler aux fortifications de Brest. Il mourut le 25 mars 1704 et fut inhumé le jour suivant dans l’église des Récollets de Lesneven. M. Le Guennec a magistralement retracé la vie de Claude-Alain Barbier, comte de Lescoët, qui épousa en 1714 Françoise Le Borgne, héritière de la seigneurie de Lesquiffiou en Pleyber-Christ. Et pour ce faire, il a puisé dans la copieuse correspondance du comte, conservée partie à Lesquiffiou, partie aux Archives Départementales du Finistère (En Breiz-Izel Autrefois, 1940, p. 85-131). De 1714 à 1729, M. de Lescoët habita le plus communément chez ses beaux-parents à Lesquiffiou, sans cesser de tenir ménage à Kerno. A partir de 1730 Kerno devint son habituelle résidence. Le 21 décembre 1744 il eut la douleur de perdre sa femme, qui lui avait donné dix-neuf enfants. D’après son acte de décès, inscrit sur les registres paroissiaux de Ploudaniel, âgée d’environ cinquante ans, elle mourut « en son château de Kerno dans la nuit du 20 au 21 décembre 1744 et fut transportée aux Recollets de Lesneven pour y être inhumée dans les enfeus de Kerno le 22 des dits mois et an accompagnée d’un nombreux clergé et d’un grand peuple avec l’agrément du soussignant recteur » (Signé) : P.P. Le Barz, prêtre, recteur de Ploudaniel. Avec ce bon ecclésiastique le comte de Lescoët entretenait les meilleurs rapports. M. Le Barz prit possession de sa paroisse en 1734, et se présenta à Kerno le lendemain de son installation : « C’est un petit homme brun, note le comte, qui parait avoir du bon sens ». M. de Lescoët s’inquiétait de sa santé et mandait, en 1739, à M. de Kerandraon de tâcher de « l’engager à se mettre dans les traitements, car il ne se trouve pas bien, et je crains qu’il ne tombe dans la même maladie qu’il a eue précédemment ». Au début de 1734, écrit encore le comte, « le tonnerre, tomba sur le clocher de Ploudaniel, pendant la grand'-messe ; le clocher tomba une sur partie de la charpente, qui assola tuer douze personnes et en blessa douze dont il en a encore quelques-unes qui pourroient bien en mourir ». La perte de l’admirable et fidèle compagne avec laquelle il avait vécu trente ans dans une union sans nuages inspira à M. de Lescoët le désir de se retirer du monde et de passer dans la retraite le reste de ses jours. Il alla d’abord se réfugier pendant un mois ou deux à l’abbaye du Relec, puis, après une retraite faite chez les Jésuites de Quimper, il s’établit, vers la fin de 1745, au couvent des Récollets de Lesneven, fondé par son arrière-grand-père. Il y mourut dix-huit ans plus tard, le 17 août 1763, et fut inhumé le surlendemain dans le caveau de la chapelle prohibitive des seigneurs de Lescoët. Homme cultivé, Claude-Alain Barbier de Lescoët fut aussi un homme éminemment pratique. Sa vie, observe M. Le Guennec, est « celle avant tout d’un rural amateur de beaux chevaux, de chasse, de jardinage, de fleurs, de plantes et d’arbres rares, celle aussi d’un " honnête homme " cultivé, abonné aux gazettes, faisant venir de Paris les livres en vogue, qu’il prête volontiers à ses voisins, celle enfin d’un père de famille soucieux de la santé, de la bonne conduite, de l’avancement des siens, d’une dignité de vie parfaite, et d’un noble de vieille race, d’un important propriétaire qui fait dans son canton figure de chef de clan, veille à ses prérogatives de haut justicier, de prééminencier, de capitaine de milices, ménage et étend ses relations mondaines, correspond avec les plus grands seigneurs du Léon et du Tréguier, dont beaucoup sont ses parents, avec les présidents au Parlement, les intendants, les maréchaux, les ministres, les princes du sang ». François-Claude, fils de Claude-Alain Barbier, marié à Marie-Anne de Penancoët, résida de préférence à Lesquiffiou, dont il fit rebâtir le manoir de 1736 à 1740. En 1766 il vint habiter Lesneven et Kerno. Il trépassa le 25 mars 1768, au château de la Villerault, en Plérin, où il recevait l’hospitalité de sa parente Mme de la Lande de Calan (Voir Le Guennec). En 1792 le comte de Lescoët émigra en Angleterre. Avant de partir il cacha dans un pan de mur de la tourelle nord de son manoir son argenterie et ses titres de féodalité. Et voici que, le 12 Germinal an II (1er avril 1794), le district de Lesneven s’avisa de faire une perquisition à Kerno. Il nomma une Commission dont l’objet était, d’après divers renseignements reçus, de rechercher s’il n’y avait pas quelques caches d’effets précieux soustraits par Lescoët ou ses agents. Après diverses perquisitions fort scrupuleuses, elle découvrit dans une guérite de pierre, dont les créneaux étaient fermés hermétiquement, la porte murée et recouverte de lambris, six malles qu’elle fit transporter à Lesneven. Ces malles furent ouvertes en présence de plusieurs membres de l'Administration du district. Cinq d’entre elles ne contenaient que des titres de féodalité, de propriété et de généalogie nobiliaire. On trouva dans la sixième salle 179 marcs 6 onces 3 gros d’argenterie en vaisselle, plats, couverts et autres meubles de cuisine. Ces objets furent transportés à Brest et remis au secrétaire de la Commission, Jean Bon-Saint-André, représentant du peuple, avec les procès-verbaux de perquisition et d’ouverture. Quant aux papiers généalogiques et aux titres de féodalité, on en fit un feu de joie sur la place de Lesneven le 20 Germinal (9 avril 1794). Beaucoup de citoyens et de citoyennes assistèrent à cette fête républicaine et dansèrent la Carmagnole autour du feu [Note : Ces renseignements sont pris au « Journal des opérations des citoyens Babin, Gantier et Le Cor envoyés dans le département du Finistère par le représentant du peuple Jean Bon Saint André », communiqué le 11 juin 1824 à M. le marquis Barbier de Lescoët par M. Miorcec de Kerdanet - Archives de Lesquiffiou, en Pleyber-Christ]. Vendu nationalement, le manoir fut acheté par un bourgeois de Lesneven, démoli en partie et vendu pierre par pierre. Il fut acquis vers 1850 par le marquis de Coëtlogon, maire de Ploudaniel. Il appartient vers 1943 à la famille Barjou, et ses fraîches avenues ainsi que son pittoresque moulin à lucarne ouvragée offrent un but de promenade très apprécié aux habitants de Lesneven. Il y avait au manoir de Kerno quelques canons, que le district de Lesneven fit enlever le 11 février 1791 et transporter dans l’arsenal de la garde nationale de cette ville. Mais le 19, le district les fit délivrer à la municipalité de Ploudaniel, qui manda de les déposer à l’entrée et dans l’intérieur de l’église paroissiale. La famille Barbier de Lescoët avait beaucoup de biens à Ploudaniel, qui furent vendus nationalement ; entre autres le manoir de Coatrez, acquis le 26 Messidor an IV (14 juillet 1796) par Martin Lamare [Note : Coatrez, en Trémaouézan, appartint primitivement aux Penancoët], — la nue propriété de Kerigoual, — Kermadec (4 lieux vendus en quatre lots), Kervillien, Kergvoal, Languilly, Penlan, Quilimadec, dont le manoir fut acquis le 2 Thermidor an IV (20 juillet 1796) par Hervé et Pierre Prigent, — Quilimadec-Coz (H. Pérennès) ;

le manoir de Kerbaronou (1573), bâtiment de la Renaissance, décoré de deux curieuses cheminées à cariatides et appartenant jadis à une famille Le Jeune ;

le manoir de Trébodennic (1584), édifié par les Poulpry (pour Alain du Poulpry, chanoine de Léon), démoli après la Révolution et reconstruit vers 1880 par la famille Croc. Il est situé à l’est et à la sortie du bourg, près de la route de Trégarantec. En 1943, il ne reste du vieux bâtiment qu’un corps de logis avec une fine tourelle en encorbellement et une remar­quable porte Renaissance. La façade est ornée de trois lucarnes à fronton courbe ; deux d’entre elles sont soutenues par des colonnettes à chapiteaux corinthiens. La belle porte est surmontée d’un fronton triangulaire, dans le tympan duquel apparaît un timbre mutilé ; au-dessous de ce timbre une cartouche porte la date de 1584. Sur les rampants du fronton figurent, d’un côté, à droite du spectateur, un personnage jouant du tambour, de l’autre côté une femme armée d’une masse. Trois urnes couronnent le tout. L’entablement est soutenu par de splendides cariatides, dont la gaîne est ornée de motifs fort délicats. Les pieds droits sont décorés de petits personnages, les écoinçons d’entrelacs, la frise de petites têtes alternant avec des motifs floraux. La photographie ne rend pas toute la grandeur de ce remarquable morceau de sculpture, ni l’admirable patine de la pierre. La menuiserie de la porte aurait été sculptée il y a environ un siècle (vers 1843). Ce serait le travail exécuté par les soins du propriétaire d’alors, lequel avait des goûts très divers, puisqu’il procéda à la démolition d’une grande partie du manoir, notamment de la partie de droite, refaite plus tard. Le démolisseur, dit-on, monté un jour sur la petite tourelle à encorbellement, avait commencé d’en faire disparaître les pierres du couronnement lorsqu’un faux mouvement le précipita dans le vide. Voilà de quelle manière la tourelle fut sauvée. Remarquez au-dessous de l’encorbellement de cette tourelle une statue de sainte (?) en pierre, très délicatement drapée, les mains jointes, d’une fort jolie tournure. Sur la façade arrière du manoir se trouvent une grande porte, simple, avec grand timbre mutilé, et trois belles lucarnes à fronton triangulaire, et modifions sous la toiture. Dans une salle, à l’intérieur du bâtiment, on voit une belle et importante cheminée en granit. Des deux côtés, des jambages jumeaux, cannelés, supportent l’entablement, dont la frise est décorée de triglyphes et de métopes, ces derniers avec rosaces ; des denticules courent sous la corniche. Celle-ci est surmontée de balustres cannelés. La hotte est soutenue par l’entablement et était décorée d’un grand blason, que l’on a mutilé. On voit, dans la cuisine des bâtiments récents, une cheminée Renaissance, avec jambages à cannelures. De grandes caves voûtées existent sous le manoir. Les étables ont été refaites il n’y a pas longtemps avec tous les soucis d’hygiène, à l’aide de pierre provenant de démolitions. Oh y remarque deux grandes lucarnes à fronton courbe, et trois jolies portes cintrées, le tout assemblé avec beaucoup de goût. A l’intérieur de l’étable, apparaît une cheminée Renaissance remontée d’une manière parfaite. Il existait, vers 1880, une chapelle gothique qui se trouvait sur la gauche du manoir. Le constructeur s’appelait Alain du Poulpry, seigneur de Lanvengat, archidiacre de Léon, conseiller au Parlement de Bretagne en 1573, mort en 1596. Il avait fait bâtir cette maison pour son neveu Alain de Poulpry, qui hérita de sa charge de conseiller. Trébodennic passa plus tard à François, marquis du Poulpry, chevalier de l'Ordre du Roi, lieutenant des maréchaux de France, capitaine de l’arrière-ban, conseiller en 1656 au Parlement de Bretagne. Il épousa en premières noces Anne-Gabrielle de Penmarc'h, puis Yvonne-Louise de Tinténiac, et mourut en 1686. Son fils aîné, Gabriel-François, marquis de Poulpry, époux de Marie-Madeleine de Matharel, fut lieutenant général les armées sous Louis XV. Cette branche aînée de la famille Poulpry s’éteignit vers 1780 en la personne de messire Louis-Marie, marquis de Poulpry. Trébodennic appartient à partir de 1850 à la famille Croc qui habite le manoir depuis 1855 (H. Pérennès) ;

les vestiges du manoir de Quilimadec ou Quillimadec (XVIIème siècle). Situé à la limite de Ploudaniel et Saint-Méen, l’ancien manoir gothique, beaucoup augmenté à la fin du XVIIème siècle, a été démoli au début du XXème siècle. On voit encore vers 1943 la motte bordée de douves du castel primitif, non loin du village, en Saint-Méen (Voir Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 1916, p. 105-107). Quilimadec appartenait en 1636 à Hervé de Penancoët. Dans la seconde moitié du XVIIème siècle nous y trouvons François de Penancoët, marié à Anne-Gilette de Kerengar, héritière de Bel-Air en Brélès. Il mit en 1686, la chapelle de son manoir à la disposition de l’un de ses fermiers, Etienne Le Guen, qui y fut marié en présence des châtelains et d’une nombreuse assistance de prêtres, par le recteur de Kernouès. Il mourut en 1690. Quilimadec fut primitivement le bien de la famille Kerasquer. Nous y trouvons en 1440 Maurice de Kerasquer, en 1500, Charles, en 1528 et 1538 0llivier époux de Louise de la Marche. En 1559, c’est le décès de Maurice, époux de Catherine de Quélennec. Son fils François épouse Marie Parcevaux qui lui donne une fille Françoise, seule héritière en 1583 de ses père et mère. Vers le début du XVIIème siècle Quilimadec passe aux Penancoët par le mariage de François Kerasquer avec Jean de Penancoët, seigneur de Kerboronne. Au décès de ce dernier, survenu en 1627, un inventaire de ses biens meubles fut fait à Quilimadec, sur la requête de Guillaume de Penancoët, seigneur de Kerouazle en Guilers-Brest, en présence de la veuve du défunt. Guillaume fut nommé tuteur du jeune Hervé de Penancoët, fils de Jean [Note : Ce Guillaume de Penancoët est le père de la fameuse Louise-Renée. Née à Kerouasle en 1649, elle entra fort jeune en qualité de demoiselle d’honneur dans la maison de Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, belle-soeur de Louis XIV, et accompagna cette princesse dans la visite qu’elle fit à son frère, le roi Charles II, en mai 1670. Charles II la retint à sa cour quand Henriette regagna la France, comme dame d’honneur de la reine Catherine. Peu après (1671) elle devint la maîtresse du roi qui la créa duchesse de Porsmouth. A la mort de Charles II elle rentra en France et mourut è Paris en 1734]. En 1661 c’est le décès de Guillaume-Charles de Quilimadec, époux d'Anne de Poulpry, qui lui donna un fils Allain-Guillaume. Un peu plus tard le manoir de Quilimadec, est possédé par François de Penancoët, époux d'Anne de Kerengar, lequel décède en 1690. Son fils, Jean-Jacques, mousquetaire du Roi en 1697, se maria à Thérèse de Kergoët et n’en eut qu’une fille héri­tière, qui fit, par son mariage en 1752, passer le manoir dans la famille Barbier de Lescoët (Voir Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 1902, p. 54-89) ;

les vestiges du manoir de Poulpry (une porte du XVème siècle). Ce vieux manoir, transformé en ferme, se trouve à quatre kilomètres au sud-ouest du bourg, sur la route de Saint-Thonan. Il fut le berceau de la famille Poulpry. Guillaume, seigneur du Poulpry, en 1400, épouse Geneviève de Kerleyran — Yves, en 1425, prend pour femme Péronnelle de Kerguen ou Kerven — Guillaume du Poulpry épouse Sybille Bonat ou Bucat — Yves s’unit par mariage en 1513 à Marie de Mesnoalet — Guillaume du Poulpry épouse Louise de Parcevaux — Yves du Poulpry épouse en 1557 Marie du Gaspern. La famille du Poulpry acheta des terres près du bourg de Ploudaniel, où Alain de Poulpry, recteur de cette paroisse fit bâtir en 1594 le manoir de Trébodennic (H. Pérennès) ;

l'oratoire de la chapelle Saint-Eloi (1558) ;

la fontaine-lavoir (XIXème siècle) ;

la fontaine Sainte-Petronille (XVIIème siècle) ;

la ferme de Mesguen (XVIIème siècle). Il s'agit d'un ancien manoir ;

la ferme de Trémoguer (XVIIème siècle). Il s'agit d'un ancien manoir ;

la ferme de Langouron (XVIIème siècle) ;

22 moulins dont le moulin à eau de Kerno (XVIIème siècle), de Prat-ar-Louat, Pont-Folc’h, Coat-Junval, Pontmeur, Kerlec, an-Quarnec, Kerdaniel,...  

A signaler aussi :

la stèle de Ruat (âge de fer) ;

la stèle de Kerloïs (âge de fer) ;

les charniers de Trémoguer (1750) ;

un camp protohistorique à éperon barré dit Camp de César (âge de fer) ;

les anciens manoirs de Kérérec, habité. en 1728 par écuyer Charles de Keryen et Louise de Rospiec, son épouse — de Kerven — de Kerincuff (Keroucqu au milieu du XVème siècle) — de Coetrez — Le manoir de Coatjunval, qui était le bien de la famille du Louet, et dont il reste fort peu de chose, se trouve aujourd'ui dans la paroisse du Folgoët. Marguerite de Coetmenech, dame de Coatjunval, épousa, vers 1515, Pierre du Plessis, seigneur du Plessis et de Keranc'hoat, lequel prit le blason des Coatmenech. Le 21 mars 1749 mourut Renée du Louet, héritière de Coatjunval, épouse d'Achille de Harlay, comte de Beaumont, conseiller d'Etat. Leur fille, Louise, s’était mariée en 1711 avec Christian de Montmorency-Luxembourg, prince de Tingry, qui mourut en 1746 ;

Nota : « - Camp dit Castel-Penlédan ou Castel-Bras-Landivern, près la route de Landerneau à Lesneven, à 4 kilomètres à l’ouest du bourg. On y a recueilli une hache en pierre polie. Ce camp est accompagné d’une butte artificielle, peut-être un tumulus. - Camp à Penfrat-Bihan, à 6 kilomètres du sud du bourg. On recueille à l’intérieur du camp des fragments de poteries romaines. - Des fragments de tuiles à crochet ont été recueillis à l’est de Lestréonec, à 7 kilomètres au sud du bourg ; au sud-ouest de Kergongar, à 4 kilomètres au sud-est du bourg ; au sud de Langouroux, avec une urne cinéaire, à 3 kilomètres au sud-est du bourg ; au Gouézou, dans le village, à 2 kilomètres au sud-est du bourg ; et à Kervennoc, avec un petit bronze de Crispus, à 3 kilomètres au sud-ouest du bourg. - Mottes, à Quilimadec-Coz et à l’ouest du moulin de Kerouant, à 2 kilomètres 500 mètres au nord-ouest du bourg » (Paul du Châtellier).

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ANCIENNE NOBLESSE de PLOUDANIEL

A l’époque féodale, les Du Poulpry et les Gouzillon dominent la vie paroissiale, puis les Barbier de Kerno leur succèdent.

Dans une Réformation datant du milieu du XVème siècle nous relevons les manoirs ou « hostes » suivants : Kermeryan, à la fille de Guillaume Gousyan ; Kergrauan, à Jouhan Jeffroy ; Gourenan, à A...e (?) Denes ; Kerygoual, à Keradmeur (‘?) ; Lancienan, à Guillaume an Kermeur ; Broenen, à Yvon du Poulpry ; Quelimadec, à Kerasquer ; Lanyues, au sieur de Laheuc ; Kernou, à Paul Gouzillon ; Keroucqu, à Bernard an Dreaneuc. Voici la liste des lieux mentionnés dans ce vieux document : Bogazen et Languilly, à Morice Kerasquer — Kerguelen et Le Goezou au sieur de Leheut — Keruhellan, au sieur de Kersimon, « lieu ancien ». — Merdy, une demeure à Guillaume Kerguen, une autre à Jehan Pen — Kerilis-gonc-dadyel, à Yvon Poulpry — Mesmeur à Allain Kerguen — Squirieleuc et Keraznou, à Geffroy Kerguen. Autre demeure à Keraznou, à Marguerite Marheuc — Kernan, à Jehan Nuz — Cojunual, à Deryel le Baillif — Kercouant, à une des filles Coetquenan — Kergoat, à Jehan Kergoat — Kernegues, à Jehan Quillifiry — Tremoguer, à Jehan Pen et à Marguerite Selvestre — Kerguereon, à Jehan Kerdéniel à Allain Kerguen, à Marguerite an Dreaneuc — Keriber, à Guyon Beligant — Keruargan, à Marguerite an Dreaneuc.

Blason des familles nobles (Vicomte Frotier de la Messelière) : De Bretagne : d’hermines plein ; - De Léon : d’or au lion morné de sable ; - Barbier : d’argent à 2 fasces de sables ; - De Coettrez : d’or à 2 fasces de sable ; - Gouzillon : d’or à la fasce d’azur accompagnée de 3 colombes de même, becquée et membrée de gueules, 2 en chef et 1 en pointe ; - De Harlay : d’argent à 2 pals de sable ; - Le Jar : d’argent à la poule de sable, crêtée et barbelée de gueules, becquée et membrée d’or ; - Le Jeune ou Le Jaouancq : de sable au cerf d’argent ; - De Kerasquer : d’argent à 2 haches adossées de gueules ; - De Kerengarz : d’azur au croissant d’argent ; - De Kerven : d’argent à la croix potencée ou alisée, au pied fourché, d’argent, accompagnée de 3 coquilles de même, 2 en flancs et 1 en pointe ; - De Landiffern : d’azur à 3 gerbes d’or, 2 en chef et 1 en pointe ; - De Lanuzouarn : d’argent à l’écusson d’azur en abîme accompagné de 6 annelets de gueules en orle : 3 en chef, 2 en flancs et 1 en pointe ; - Du Louet : d’or à 3 têtes de loups de sable : 2 en chef et 1 pointe, écartelé : fascé de 6 pièces de vair et de gueules, qui est de Coetmenech de Coetjunval. Cette famille a souvent porté le seul blason de Coetmenech ; - De Montmorency : d’or à la croix de gueules accompagnée de 16 alérions d’azur posés : 2 et 2 dans chaque canton ; - Pen : d’azur à la fasce d’or chargée de 3 roues de gueules ; - De Penancoët : fascé de 6 pièces d’argent et d’azur ; - De Penmarc’h : de gueules à la tête de cheval d’argent, bridée de même, écartelé : d’or à 3 colombes d’azur bacquées et membrées de gueules, qui est du Colombier. Au château de Penmarc'h, en Saint-Frégant, on trouve, sur une cheminée, le seul blason du Colombier. On voyait en 1922, sur une maison près de Trégarantec, les armes de Henri de Penmarc'h (une fasce et 6 merlettes : 3 en chef, 2 et 1 en points), sire de Penmarc'h en Saint-Frégant, du Colombier, en Ploudalmézeau, et de Landiffern, en Ploudaniel, homme d’armes, en 1383 puis capitaine de compagnie en 1420, et de Plezou Toupin (vairé d’argent et de sable) son épouse, armoiries trouvées à Kerduden en Trégarantec et provenant peut-être de Landiffern. - Du Poulpry : d’argent au rencontre de cerf de gueules ; - De Quillimadec : d’argent au chef denché de gueules.

Lors de la Réformation de l'évêché du Léon en 1443, plusieurs familles nobles sont mentionnées à Ploudaniel :

Kerasquer (de), seigneur dudit lieu, paroisse de Ploudaniel. Coupé emanché de gueules et d’argent [alias : d’argent à deux haches d’armes ou consulaires de gueules en pal]. Maurice, écuyer dans une montre du sire du Léon en 1378 (Histoire de du Guesclin, p. 391), semble être de ceux-ci ; Maurice se trouve mentionné entre les nobles de Ploudaniel.

Kerguen ou Kerven (de), seigneur dudit lieu, paroisse de Ploudaniel. D’azur à une croix portée sur un chevron d’argent accompagné de trois coquilles de même. Prigent et Guillaume se trouvent mentionnés entre les nobles de Ploudaniel.

Mesguen (du), seigneur dudit lieu, paroisse de Ploudaniel, et de Keranguéven, paroisse de Plounéventer. Hervé se trouve mentionné entre les nobles de Plounéventer.

Pen, seigneur du Merdy, paroisse de Ploudaniel. D’azur à la fasce d’or chargée de trois roues de gueules. Jean, écuyer dans une montre de 1378 (Histoire de du Guesclin, p. 391), semble être de ceux-ci ; Jean se trouve mentionné entre les nobles de Ploudaniel.

Poulpry (du), seigneur dudit lieu, paroisse de Ploudaniel. D’argent au rencontre de cerf de gueules posé de front. Yvon se trouve mentionné entre les nobles de Ploudaniel.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de l'évêché de Léon reçue à Lesneven en 1481, on comptabilise la présence de 22 nobles de Ploudaniel :

Mahé BARBU, mineur (30 livres de revenu), remplacé par Paul Leon : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

Jehan BERTOU (100 sols de revenu) : porteur d'une jacque et comparaît armé d'une vouge ;

Prigent COËTMENECH, mineur (610 livres de revenu), remplacé par Autred Kerasquer : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Prigent, fils de Tanguy COËTMENECH, mineur (15 livres de revenu), remplacé par Jehan Fouquer : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

 Hervé COURTOYS (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

Marguerite KERLOUAN (40 livres de revenu), remplacée par Robert Colleuc : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

Morice KERASQUER (115 livres de revenu), malade, remplacé par Yvon Yruillou et Yvon Gueguen : porteurs d'une brigandine et comparaissent armés d'une vouge ;

Yvon KERAUDY (70 livres de revenu), remplacé par son fils Jouhan : porteur d'un corset ;

Jehan KEREAZEN (10 livres de revenu), remplacé par son fils Hervé : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

Jehan KERDANIEL (100 sols de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

Allain KERGUEN (100 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Prigent KERGUEN, mineur (20 livres de revenu), remplacé par Guillaume Choppin : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

Jehan LE BAILLIFF (64 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

François LE JAR (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Ollivier LE MOYNE (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume LE POULPRY (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

Hervé LE YAR (30 livres de revenu), malade, remplacé par Yvon Prigent : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

Jehan MAZEAS (7 livres de revenu) : porteur d'une jacque et comparaît en arbalétrier ;

Yvon MAZEAS (10 livres de revenu) : porteur d'une jacque et comparaît armé d'une vouge ;

Yvon MILLION (100 sols de revenu) : porteur d'une jacque et comparaît armé d'une vouge ;

Guillaume An PONTNEVEZ (6 livres de revenu) : porteur d'une jacque et comparaît armé d'une vouge ;

Marguerite TREFILY (15 livres de revenu), remplacée par Yvon Gueguen : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de l'évêché de Léon reçue à Lesneven le 25 septembre 1503, plusieurs nobles de Ploudaniel (Ploedaniel) sont mentionnés :

François le Bailly, représenté par Hervé Mazeas, en brigandine et javeline. Injonction de servir par noble homme, et à deux chevaux ;

Charles Kerasquer, sieur de Quilimadec, représenté par Morice son fils, lance à trois chevaux ;

François le Digouris, sieur de Kerbiquet, en habillement d'archer à deux chevaux ;

Alain Kerguen, sr. de Kerguen, représenté par Nouël son fils, en habillement d'archer à deux chevaux ;

Guillaume, fils du dict François le Digouris, en habillement d'archer à deux chevaux ;

Jehan Quilifiry, représenté par Noual son fils, en habillement d'archer ;

Jehan le Jar an Cozquer, en habillement d'archer à deux chevaux ;

La fille mineure Guillaume Coetmenech, default ;

Yvon le Jar, en habillement d'archer. Injonction d'avoir un autre homme en habillement ;

Yvon le Poulpry, en habillement d'archer à deux chevaux ;

Hervé Courtois, default ;

Yvon Million, default ;

Guillaume Gouzillon, sieur de Kernou, par Jehan son fils, en habillement d'archer à deux chevaux ;

Prigent Kerguen, en habillement d'archer ;

Geffroy Mazeas, en vougier ;

Nouel Mazeas, default ;

Estienne Berton, en vougier ;

Yvon Kerdaniel, en brigandine ;

Guillaume Maezou, vougier ;

Olivier le Moyne Streat Gallet, représenté par son fils. Enjoinct de s'habiller ;

Yvon Berton, en vougier.

A la « montre » (réunion de tous les hommes d’armes) de l’évêché de Léon reçue à Saint-Renan le 24 août 1557, plusieurs nobles de Ploudaniel (Plœdenyel) sont mentionnés :

Maistre Jehan le Jar ;

Yvon Kerdanyel ;

Benoyst Mazeas ;

Mahé Maczon ;

Gabriel le Jeune ;

Laurans Berttiou, tenant fief noble ;

Guillaume Bertou ;

Yvon, fils de Jacques Raoul.

(à compléter)

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