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LA PAROISSE DE PLOUBEZRE : LE GENERAL ET SON ORGANISATION. |
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I. FABRIQUE, CONFRERIES ET CHAPELLES.
A l'origine composée des membres du clergé qui dressaient la liste des pauvres [Note : Cf. Larousse Encyclopédique], la fabrique fut ensuite une assemblée de laïques élus par les paroissiens pour s'occuper de la gestion des biens de la paroisse.
La fabrique se compose en fait de deux parties : le bureau des marguilliers, véritable organe éxécutif et de l'assemblée des délibérateurs comprenant douze membres, qui n'a qu'un rôle consultatif.
C'est également pour l'administration de leurs biens, que les confréries et chapelles se sont organisées comme la paroisse en nommant un fabrique ou gouverneur pour chacune d'elle.
Ploubezre possédait six chapelles [Note : Les six chapelles seront énumérées plus loin], qui comme l'église paroissiale et la fabrique du Maître-Autel, jouissaient de biens fonciers et de rentes diverses mais nécéssitaient aussi des réparations et des dépenses variées.
Une confrérie est une fondation pieuse, associant dans une union de priére tous ceux qui ont fait des dons dans un but déterminé. Ainsi la confrérie du Luminaire possédait des rentes dont le produit était destiné à l'entretien de la lampe brûlant devant le Saint Sacrement.
La confrérie du Sacre ou du Saint Sacrement, "florissante à Lannion et dans tout le diocése de Tréguier, a ses revenus employés à la décoration de l'autel où était exposé le Saint Sacrement et se chargeait aussi de faire le reposoir de la Fête-Dieu" [Note : Abbé FRANCE : Kerduel ou les missionnaires du XVIIème siècle au pays de Lannion, 1890].
La confrérie du Rosaire est la seule pour laquelle on ait à Ploubezre, l'acte de fondation : le 13 Mai 1668 à la requête de Missire Ollivier ALLAIN recteur, "les prêtres, gentilshommes et plusieurs particuliers du Tiers ont témoigné grand désir d'obtenir la ditte confrérie". La liste des fondateurs et les rentes perpétuelles accordées par chacun suit cette demande. L'éréction de cette confrérie sera faite par un pére Dominicain de Morlaix, car c'est un privilége de cet ordre d'établir cette confrérie dans les paroisses. Le 27 Mai 1668 le projet obtient l'autorisation épiscopale pour que la confrérie soit établie en l'église paroissiale "en la chapelle Saint Jean sur l'autel d'entre le grand autel et celui qui est dans l'aile de la dicte église du coté de l'épitre". Il était en effet d'usage que la confrérie ait son autel surmonté d'une représentation de la Vierge remettant le chapelet à Saint Dominique et Sainte Catherine de Sienne [Note : J.M. ABGRALL : Confréries du Rosaire, 1915].
L'enthousiasme des fondateurs a du être rapidement modéré par les autorités seigneuriales : la chapelle Saint Jean appartenait aux seigneurs du Rest qui y avaient leurs armoiries ; ce n'est que dix ans après l'autorisation de fondation, le 5 Mai 1679, que l'on trouve dans les papiers de la cour royale de Lannion une permission accordée à "Dame Marguerite de Coatanscoure, Dame de Kerveguen Coetlogon de jouir d'un autel qui est situé dans l'aile de l'église du coté de l'épitre dans la Chapelle Saint Jean, pour l'établissement du Saint Rosaire, à condition que les armes et armoiries étant en la chapelle ne soient en aucune manière offusquées ni altérées". C'est cette même année que sera entrepris la construction du retable du Rosaire dont il sera question plus loin.
II. LES REUNIONS.
" Ce jour de dimanche vingt cinquième d'octobre 1722 à l'issue de la grand-messe ditte et célébrée en l'église paroissiale de Ploubezre par Missire François LE LURON, sieur recteur de cette paroisse, se sont présentés dans la sacristie dudit Ploubezre, lieu accoutumé pour faire les délibérations de la ditte paroisse honorables gens qui sont ...".
Cette formule qui se retrouve au début de chaque délibération, seule la date et le nom de l'officiant variant, éclaire l'organisation des réunions : c'est en effet à l'issue de la grand-messe le plus souvent, mais parfois aussi après la messe matinale ou les vêpres que se tient la séance des délibérations ; si cette séance ne se tient pas toujours le dimanche, c'est que le jour de la semaine choisi est une grande fête : lundi de Pâques ou de Pentecôte, fête du Saint Sacrement, Ascencion, Toussaint... pour que la participation à ces réunions soit la plus forte possible et que la majorité des délibérateurs ne soient pas retenus par leurs occupations.
La fréquence des réunions est trés variable : elles se tiennent avant tout selon les besoins, parfois deux ou trois dimanches de suite, puis il peut se passer six mois sans qu'une délibération soit notée sur le cahier.
Très souvent ces séances sont annoncées au prône des messes du dimanche précédent pour permettre à tous les délibérateurs d'être prévenus, car les absents sont responsables sur leurs biens de tout ce qui peut subvenir à la suite des décisions prises par le conseil. Ces réunions ont lieu dans la sacristie comme l'a fixé un arrêt du Parlement : "La Cour a ordonné et ordonne qu'à l'avenir toutes les délibérations des paroisses de la Province se feront dans la sacristie d'icelle ou dans un lieu décent qui sera marqué à cet effet par les paroissiens ; leur fait défense d'en faire aucune ailleurs ni dans les cabarets, et aux notaires d'en rapporter aucune sous peine de nullité et de cinquante livres d'amende" [Note : Extrait du registre du Parlement du 7 Mai 1691, copié dans le cahier de délibérations N° 1 à la suite de la séance du 29 Avril 1696]. C'est seulement à partir de 1691 qu'est apparu le soucis d'organiser les délibérations de la fabrique et d'éviter des abus de toutes sortes. A partir de 1783, des transformations ont du permettre d'aménager au premier étage de la tour une salle qui désormais servira pour toutes les assemblées du général, mêmes à celles de l'époque révolutionnaire.
III. LES REGISTRES.
Si nous pouvons connaître l'organisation de la fabrique, c'est grâce aux registres de délibérations qui ont été conservés. Tout en s'occupant d'organiser les séances de la fabrique, le Parlement s'inquiète aussi que soit conservé un procés-verbal des séances comme l'indique la première délibération du premier registre : "Ce jour vingt neuvième d'Avril 1696, a été remontré de la part de Maitre Jacques Le Calvez et Jan Nicolas Le Jeune, fabriques et marguilliers l'an présent en charge de la ditte paroisse que le cinquième du présent mois Messieurs les baillis et lieutenant de la Cour royale de Lannion après avoir ouï le substitut de Monsieur le Procureur général du Roy en ses conclusions ordonnérent au général de la ditte paroisse, conformément à l'avis du réglement de la cour d'avoir un cahier chiffré et millésimé pour y rédiger et mettre par écrit les délibérations dudit général, et d'y enregistrer les noms de ceux qu'ils nommeront et choisiront pour faire les dittes délibérations et soigner les intérêts de la paroisse". Car beaucoup de délibérations "se rapportent sur feuilles volantes et sans minute, afin qu'après qu'elles ont été éxécutées, il ne s'en trouve plus aucun vestige ce qui autorise les trop fréquentes levées de deniers" [Note : Extrait du registre du Parlement du 27 Avril 1691].
C'est donc un souci de contrôle administratif qui a obligé les paroisses à tenir un registre de leurs séances.
Ces cahiers se composent d'une douzaine de rôles de papier timbré à un sol quatre deniers chacun (à partir de 1753 le coût du papier timbré augmente à deux sols puis deux sols quatre deniers). Les délibérations y sont rapportées en français et transmises à l'ensemble des paroissiens, en "vulgaire langue bretonne" dans les prônes.
Chaque délibération, une fois inscrite par le notaire, est signée par tous les membres du général qui sont présents à la réunion, ou du moins par ceux qui savent le faire, les autres priant le notaire ou les prêtres présents de signer pour eux ; ensuite le registre est transmis au greffe de Lannion pour être contrôlé moyennant le paiement de cinq sols ; ce taux augmentera d'ailleurs progressivement à partir de 1705 pour aboutir à quinze sols en 1783 ; les contrôles qui s'espaçaient et devenaient moins sévéres à partir de 1770, cesseront totalement à la Révolution.
Les registres de délibérations, les cahiers de comptes, les rôles d'imposition ainsi que les sommes versées par les fabriques pour leur reliquat sont enfermés dans un coffre de la sacristie de Ploubezre. A partir de 1735 ce coffre comportera trois serrures, une clef étant remise au recteur, une autre aux fabriques en charge et la troisième au procureur de la juridiction de Runefaou. L'ouverture du coffre nécessitait donc la présence simultanée de ces trois personnes.
Après avoir pris connaissance du cadre administratif de la fabrique, il faut maintenant découvrir les personnalités qui en font partie.
(M. E. Ugland).
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