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LES AUTRES SOURCES DE REVENU DE LA PAROISSE DE PLOUBEZRE.

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En dehors des biens fonciers qu'elle possède, l'église de Ploubezre jouit de revenus divers dont les principaux lui viennent des droits d'enfeux ou de pierres tombales, des fondations et des offrandes et aumônes.

 

I. TOMBES, ENFEUX ET FONDATIONS.

Comme pour les possessions terriennes il existe un inventaire [Note : Cet inventaire n'est pas daté, mais d'après l'écriture et les articles mentionnés on peut penser qu'il a été fait entre 1721 et 1750] des pierres tombales érigées en l'église paroissiale de Ploubezre. Cet inventaire décrit trente trois pierres tombales situées dans l'église paroissiale et inventorie les actes relatifs à ces tombes.

L'accroissement de revenus causé par les emplacements de tombes ne profite qu'à l'église paroissiale et à la fabrique du maître-autel, en effet il n'y a pas d'enfeux mentionnés pour les chapelles.

Les emplacements de tombes sujets à des rentes sont situés dans l'église, les pierres tombales formant le pavé de l'église : le 20 Février 1720, afin de réparer le pavage de l'église paroissiale, les fabriques décident que ceux qui y ont des droits de tombe devront mettre leurs pierres tombales en état. Le 22 Décembre de la même année le recteur fait savoir qu'il y a plusieurs emplacements d'enfeux libres dans l'église : les délibérateurs décident la vente aux enchéres des enfeux au profit de l'église surtout pour en réparer le pavé. Douze ans plus tard, le 16 Mars 1732, "pour reconstruire la sacristie, les délibérants donnent tout pouvoir au recteur et fabriques en charge de vendre et transporter les places vides de pierres tombales pour en faire des enterrements, mettre une dalle sur chaque emplacement et y graver les noms des acquéreurs pour les meilleures conditions qu'ils pourront faire soit pour un prix ou pour des rentes au profit de l'église".

L'apport matériel fourni par ces pierres tombales peut donc être un apport direct : une vente pour un nombre d'années élevé, une rente annuelle, principallement en cas de concession perpétuelle.

La cession d'un emplacement d’enfeux se fait par acte écrit avec la reconnaissance de la rente à payer. D’après l’inventaire des pierres tombales du milieu du XVIIIème siècle, la fabrique toucherait pour ces droits d’enfeux, en rentes annuelles : 30 livres 1 sol 6 deniers et neuf boisseaux et demi de froment mesure de Lannion. On ne sait exactement si ces rentes étaient régulièrement payées car dans les comptes, les trésoriers se contentent de noter globalement "aumônes et deniers testamentaires".

Ces emplacements peuvent entraîner des querelles et des désaccords : ainsi le 21 Décembre 1751 il y eut un procès entre Yves Allain et François Salaün au sujet d'un enfeu et emplacement d'enterrement, ces deux hommes se disputaient le même emplacement mais aucun des deux n'ayant de titre au soutient, l'emplacement appartient donc à l'église.

Devant les contestations toujours possibles et souvent en vue de vendre les enfeux que personne ne réclamait, le recteur procéde de temps en temps à une vérification des titres au soutien comme en 1758, les fabriques veulent vérifier les titres pour pouvoir exiger des rentes.

Sur ces pierres tombales est gravé le nom du fondateur  : ceux qui sont enterrés par la suite, n'ont pas leur nom indiqué sur la dalle ; il reste encore actuellement une de ces pierres tombales à l'entrée nord de l'église de Ploubezre sur laquelle est inscrite "B. MAHE 1623" or l'inventaire donne justement la description de cet enfeu : accordé "par acte pronal du 12 Novembre 1623 à Briand MAHE, époux de Gillette Ollivier, enfeu au bas de l'église du côté du septentrion, donnant sur tombe de feu Pezron Pasquiou du bout suzain, d'autre bout sur la tombe de Missire Maurice Le Spilicart et d'un autre côté sur l'autel de St Maudet et sur autre côté sur tombe des héritiers de Pierre Henry. Pour cet enfeu sera payé 5 sols de rente annuelle à la fabrique".

A l'intérieur de l'église, le long des murs sont situées les tombes des gentilshommes dont les manoirs se trouvaient sur le territoire de la paroisse : ils ne sont pas mentionnés dans l'inventaire des pierres tombales mais dans certains registres de comptes on retrouve les droits payés par ces seigneurs pour leurs enfeux ainsi en 1676 par exemple, on a : " - du sieur de Kergrist pour une tombe 1 sol 3 deniers - du même pour une arcade et une tombe : 1 sol 3 de. - du même pour une tombe et lieu au dessous de la chapelle St Jean 2 sol - du sieur de Kerviziou pour une arcade et tombe 6 s. - du sieur de Keranraix pour tombe 1 sol 3 deniers - du même pour arcade et tombe 1 sol 3 deniers ".

Ce sont les seuls enfeux nobles mentionnés pour la paroisse, mais il est très possible que d'autres nobles que les sieurs de Kergrist, de Kerviziou et de Keranraix, soient enterrés dans l'église, soit qu'ils aient été exempté de droit à payer, ou soit que ces tombes se situent dans une chapelle privative, à l'intérieur même de l'église paroissiale.

Les paroissiens qui possédent un enfeu sous le pavé de l'église paroissiale sont en dehors des nobles, les plus riches des paysans, ceux qui peuvent se permettre le payer chaque année de trois à cinq sols de rente, ou ceux qui peuvent payer une somme de dix huit livres au moins pour acheter un emplacement. On retrouve parmi les fondateurs d’enfeux de grandes familles fabriciennes, comme Ollivier, Le Meur, Le Mileder, Le Bian, Le Dantec, Prigent, Le Goffic…

Les autres paroissiens sont enterrés dans le cimetière qui entoure l’église, cimetière bordé d'arbres dont la vente et l'abattage se font par adjudication. Le cimetière est également un endroit ou l'herbe pousse, sans doute entre les tombes, et le foin que l'on y récolte est vendu chaque année au profit de la fabrique.

Le 9 juin 1783, est communiqué aux délibérants au cours de la réunion du général, un extrait des registres du Parlement qui ordonne : "que les cadavres seront enterrés dans les cimetières sans passer dans les églises en raison d'une épidémie qui ravage la Bretagne " [Note : Extrait des registres du Parlement du 14 Mai 1783]. Sans doute à partir de cette date et par crainte des épidémies a-t-on cessé d'enterrer dans l'église, il n'y a pas de mention d'enfeux après cette année de 1783.

A côté des fondations d'enfeux existe une autre forme de fondation : ce sont les fondations de messes : un particulier, assez riche en général, s'engage ou engage par testament ses héritiers, à verser une rente perpétuelle pour que soit dite chaque année à ses intentions une ou plusieurs messes, à des dates déterminées au cours de l'année.

Ainsi dans l'inventaire des pierres tombales on a un relevé des papiers concernant "un transact entre Missires Yves Le Goas et Yves Coulon du 21 Octobre 1475 qui reconnaît une chapellenie de trois messes par semaine (dimanche, lundi et mardi) fondé par le seigneur de Keramer Keravel pour une rente aux prêtres titulaires de douze libres médiatin [Note : Médiatin = par moitié] par an".

De même dans les procédures de la cour de Runefaou on trouve à la date du 20 Décembre 1695, une affaire où il est question de la fondation qui avait été faite par Milliau Le Bihan de trois messes basses la nuit de Noël, pour lesquelles il s'était engagé à payer trente sols par an...

Les fondations de messes devaient être plus nombreuses mais il n'y que ces deux fondations qui soient précisées dans toutes les archives de la paroisse de Ploubezre. Dans les comptes, droits d'enfeux, fondations de messes et mêmes dons sont confondus sous l'appellation de "deniers testamentaires".

 

II. OFFRANDES ET AUMONES.

Peu de sources existent sur offrandes et aumônes, si ce n'est chaque annés un chiffre variable et global sur les registres de comptes.

Pour la fabrique, les offrandes et aumônes varient selon les années entre cent et cinq cent livres. Une seule année le détail des offrandes est indiqué : c’est en 1703 où les comptes sont rendus par trimestres pour la charge ;

Offrandes pour le premier trimestre :
Argent : 3 livres
Beurre : 18 sols 5 de.
Une poulette : 3 sols
Blé : 4 livres 8 sols
Miel : 1 livres 7 sols 6 de.

Offrandes pour le deuxième trimestre :
Argent : 3 livres 6 sols 6 de.
blé : 5 livres
cochons : 4 livres 3 sols 6 de.
beurre : 5 sols

Offrandes pour le troisième trimestre :
Argent : 10 livres 13 sols 8 de.
ble : 5 livres
cochons : 3 livres 8 sols
beurre : 6 sols 3 de.
lin et fil de laine : 4 livres 16 sols.

Les comptes de cette année 1703, prouvent que la fabrique recevait des offrandes chaque année, soit en nature : blé, beurre, poules, cochons et fils de lin, soit en deniers. Pour toutes les autres années, la somme indiquée est celle qu'a rapporté la vente des différentes offrandes.

Les chapelles et surtout les confréries qui reçoivent peu de rentes foncières vivent principalement des aumônes et offrandes qu'elles récoltent : à la chapelle Notre Dame de Kerfaouez cela varie entre deux cent et six cent livres : c'est une chapelle importante, la dévotion à la Vierge de Kerfaouez est forte et attire les fidéles.

A Saint Fiacre de Runefaou, les offrandes varient entre quarante-quatre livres entre 1625 et 1628 et deux cent soixante-quatre livres de 1752 à 1754, la même année est indiqué "qu'avec le fil des offrandes il a été fait trente aulnes de toile à quatorze sols l'aulne" mais la vente de cette toile a été comprise dans le total des offrandes. Il est difficile d'établir une moyenne annuelle pour ces offrandes, d'abord parce que les comptes des chapelles commes ceux des confréries, ne sont pas rendus tous les ans mais à des intervalles variés de deux, trois, quatre ou même d'avantages d'années. Une chose est claire c'est que les offrandes de St Fiacre sont très inférieures à celles de Kerfaouez.

Les autres chapelles ont des offrandes très faibles : autour de trente, trente cinq livres pour Saint Jacques Guirec ; entre trente cinq et quarante livres pour Saint Christophe, de quinze à cinquante livres pour Sainte Thécle, environ vingt quatre livres pour Saint Etrurien.

Quand aux confréries, le Luminaire touche environ cinquante livres par an, le Sacre en reçoit de soixante à soixante quinze ; c'est la confrérie du Rosaire qui perçoit le plus d'offrandes : entre cent cinquante cinq et cent soixante dix livres par an.

Au total, entre les rentes qui lui viennent des biens fonciers, celles des fondations de tombes ou de messes, les aumônes et les offrandes : la fabrique, le clergé, les confréries et les chapelles reçoivent chaque année une somme appréciable.

C’est cette somme qui sert d’abord à assurer la vie matérielle du clergé de Ploubezre, mais qui est également employée pour financer les diverses activités de la fabrique.

(M. E. Ugland).

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