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PLEHEDEL

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La commune de Pléhédel (pucenoire.gif (870 octets) Plehedel) fait partie du canton de Plouha. Pléhédel dépend de l'arrondissement de Saint-Brieuc, du département des Côtes d'Armor (Trégor / Goëlo - Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLEHEDEL

Pléhédel vient de l'ancien breton "ploe" (paroisse) et de Saint-Hédel ou Saint-Heudel, obscur saint breton.

Pléhédel est une ancienne paroisse primitive qui englobait jadis le territoire actuel de Pléhédel et le territoire de Lanleff. Pléhédel est mentionné dès 1245, suite à une donation en Plouézec d'un certain Geffroy, fils d'Eudon, fils de Glau de Plohedel à l'abbaye de Beauport.

Le vicomté de Pléhédel a appartenu jadis à la maison de Beringham (ou Beringhen), puis aux Boisgelin (ou Boisgeslin) de 1160 à 1294, puis de nouveau, par suite d'un achat, de 1771 à 1789. La maison de Boisgeslin est fort ancienne. C'est sur l'actuel site du moulin du Traou que s'élève, au XIIème siècle, une motte de guet où s'établit le château féodal des seigneurs de Boisgelin. En 1166, Geoffroy de Boisgelin est cité comme le premier seigneur du lieu. En 1248, Thomas de Boisgeslin, fait partie de la cinquième croisade.

En 1364 (par acte du 27 septembre 1364), Pierre Poulard (sieur de Kerberzault), chevalier et conseiller du duc Jean IV, donna, du consentement de Constance de Keraoul (ou Kerraoul), son épouse, les dîmes de la paroisse de Plessala, appelées dîmes de Bréhec et qu'ils tenaient de Charles de Blois et de Jeanne de Bretagne, valant 6 tonneaux de froment, à l'abbaye de Beauport, avec 14 livres de rente qu'il possédait sur le manoir de Tuonjoces (en la paroisse de Pléhédel) pour la fondation d'une messe à perpétuité dans l'église de cette abbaye. Pierre Poulard était frère de Guillaume, évêque de Saint-Malo et peut-être aussi de Geoffroy Poulard, un des courageux champions du combat des Trentes, en 1351.

Pléhédel (Plehedel ou Plohedel) a une église dès 1295 (Anciens Evêchés, IV, 120 et 212). Plohedel est mentionné, en 1245, lors d'une donation de Eudes Glau, de Pléhédel : " Universis, etc., officialis curie Brioc., etc. Noverit universitas vestra quod Gaufridus, filius Eudonis filii Glau de Plohedel, in nostra presencia constitutus, dedit et concessit, pro salute anime sue et parentum suorum, abbacie Sancte Marie de Bello Portu et can. ibidem Deo serv. tres jornellos terre in Coitlerien, in parrochia de Plooc Goilou , etc. Actum anno Domini M° CC° XL° quinto, mense octobris " (Archives des Côtes-d'Armor). Dans un accord, en 1295, avec Geoffroi Ruffaut se trouve mentionné " ecclesiam de Plohedel ". (charte de l'abbaye de Beauport).

La succursale de Pléhédel contenait jadis Lanleff qui fut érigé en succursale distincte en 1836 (ordonnance du 13 décembre 1836). Une ancienne léproserie est signalée au village de La Caquinerie.

Pléhédel élit sa première municipalité au début de 1790. Les premiers maires élus sont F. Martin (en 1790), J. Auffray (en 1792), F. Martin (en 1794). Au début de la Révolution, le 26 août 1789, le recteur de Pléhédel, Jean-Baptiste Connan, 63 ans, est dénoncé " pour ne pas avoir parlé de l'Assemblée Nationale avec tout le respect nécessaire ". Il est arrêté, comme insermenté (réfractaire) en 1792, détenu à la maison des Filles de la Croix à Saint-Brieuc, puis à la maison des Carmels de Guingamp, avant d'être libéré le 6 germinal an III. A noter que Charles Le Guern, vicaire de Lanvollon, devient curé assermenté de Pléhédel en 1795. Le clerc Jacques Connan (dit Connan le Jeune), exilé à Jersey, puis en Angleterre (où il est ordonné prêtre), revient à Plourhan en 1795, avant d'être nommé curé de Lanloup en 1801, et recteur à Pléhédel en 1804. Suite au vote par l'Assemblée Législative le 9 novembre 1791 du décret contre les émigrés, qui déclare que tout émigré non rentré au 1er janvier 1792 sera considéré comme suspect de conspiration, on trouve sur la liste des émigrés les noms de plusieurs personnes de Pléhédel : Boisgelin aîné (officier de cavalerie), Boisgelin cadet (chevalier de Malte), Jean Conan (ex-curé), Conan (clerc tonsuré), Casimir Roscoat (lieutenant des maréchaux de France).

L'ancienne paroisse de Pléhédel faisait partie du comté de Goëlo. Elle dépendait de l'évêché et de la juridiction de Saint-Brieuc, et avait pour subdélégation Paimpol. La cure était à l'alternative. Durant la Révolution, la paroisse de Pléhédel dépendait du doyenné de Plouha. Au moment de la Révolution, elle relevait du roi et avait haute justice. M. de Boisgelin en était le seigneur.

On rencontre les appellation suivantes : Plohedel (en 1245), Pleuheudel (en 1294), Eccl. de Plehedel (en 1295), Plehedel (vers 1330), Par. de Pleheder (en 1362), Ploehedel (en 1364), Pleuhedel (en 1423), Ploeheudel (en 1426, lettres de Jean V, n° 1574 et 2567), Plouedel (en 1486). On trouve la forme actuelle Plehedel dès 1428 (Archives de Loire-Atlantique, B2979). 

 Ville de Pléhédel (Bretagne).

Note 1 : Si l'histoire féodale de l'évêché de Saint Brieuc est connue dans ses grandes lignes grâce aux travaux de De Barthélemy et Geslin de Bourgogne, l'étude détaillée de ses nombreux fiefs présente souvent de sérieuses difficultés, surtout avant le XIIIème siècle. Tel est le cas, par exemple, de la seigneurie de Pléhédel qui, bien que qualifiée vicomté d'ancienneté dans les aveux des XVIème et XVIIème siècles, a été l'objet d'hypothèses diverses. Les généalogistes bretons anciens : Du Paz, le baron du Vieux-Chastel, Guy Autret, Dom Lobineau et Dom Morice, indiquent unanimement que la vicomté de Pléhedel (Pléhédel) et la seigneurie de Langarzeau sont un partage de Coetmen (Coëtmen), donné à Catherine de Coetmen lors de son mariage avec Thébaut de la Feillée. Le premier, au début du XIXème siècle, le chevalier de Courcelles a mentionné dans sa généalogie de la Maison de Boisgelin une chartre de 1294 relative à un différend entre Alain de Kerraoul, vicomte de Pléhédel, et Henry d'Avaugour, seigneur de Goëlo sur le service dû à l'ost ducal, acte relatant l'hommage rendu au duc en 1166 par Geffroy, vicomte de Pléhédel. Malgré ces dates précises, en l'absence de références et étant donné les nombreuses erreurs contenues d'autre part dans cette généalogie, pour les branches cadettes notamment, il était permis d'émettre un doute sur la valeur de cette assertion si contraire aux travaux antérieurs. C'est ce que fit Lamare dans la belle étude qu'il consacra aux Boisgelin d'après l'important dossier conservé aux Archives des Cotes-d'Armor. « La famille de Boisgelin, écrit-il, sort, dit-on, des vicomtes de Pléhédel au diocèse de Saint-Brieuc. Cette origine est-elle certaine ? Les documents nous ont fait défaut pour remonter au delà du XIIIème siècle...... » ; et plus loin : « Raoul, qui figure en tête de la généalogie et qu'on a gratifié du titre de vicomte de Pléhédel, a eu du moins celui de miles, chevalier... ». Commentant ce dernier article, de Barthélemy est encore plus affirmatif : « M. Lamare fait remonter les Boisgelin à la fin du XIIème siècle, époque à laquelle ils auraient porté le titre de vicomte de Pléhédel. Je crois que cette famille, depuis le quartorzième siècle seulement, figure dans les rangs de cette petite noblesse bretonne dont les monstres et les réformations nous font connaître la nombreuse phalange ; leur haute position dans l'aristocratie bretonne ne commença à se révéler que lorsqu'ils eurent acquis un fief ayant haute, moyenne et basse justice, et cela à une époque ancienne ». Dix ans plus tard, dans leurs Anciens Evêchés, Geslin de Bourgogne et lui avouent n'avoir découvert aucune trace de la vicomté de Pléhedel avant sa possession au début du XVème siècle par Guillaume de Goudelin et ils émirent alors l'hypothèse que c'était peut-être par Pléhédel que la Maison de Goudelin se rattachait à celle de Goëlo. A propos de Coetmen, confiant dans l'assertion de Dom Morice qui affirmait avoir vu les partages des filles de cette Maison, nous avons suivi le docte bénédictin et mentionné également la vicomté de Pléhédel comme démembrement de Coetmen. Or, parcourant récemment l'inventaire des Archives de la Loire-Inférieure, notre attention fut attirée par le sommaire d'une chartre qui nous parut être celle relatée par le chevalier de Courcelles.  En effet, en ayant eu communication, le doute n'était plus permis, nous la transcrivons ci-après : « A vous, monsour Henry d'Avaugor. soit congneu, ainsi que il appiert par moys, Alain de Kaerraoul, chevalier, que ne vous doie mie ung chevalier, comme me avez semons sans dreit par vostre court de Goylou por l'ost de monseignour le duc. Voir est que je tiens la vicompté de Pleuheudel o ses appartenances par raeson de l'escheite monsour Thomas, qui fut fiux einzné de monsour Raoul dou Boisgelin et d'ugne fille de monsour Geffroy de Montfort, ledit Raoul unquores fiux einzné, come feismes encqierre, de Alain dou Boisgelin, chevalier, et Yvone de Cornouaille, icil Alain, frère jouveignour de Raoul, mort sans lignaige au tems que il viveit vicompte de Pleuheudel, por avoir esté fiux haer de Geffroy, vicompte, et de madame Sibille de Leon, qui a icil Geffroy en feist la faé, qui fut l'an dit onze cens seissante et seix, lequeu vous avons baillé prandre es maens, come drette est la menée pro uno milite ad Fulgerias. Por quoi, vous plat demourer en paez sans descort ne contenz, sauf le resciert, la ou il sied, davant mondit seignour le duc, ou, se mestier est, soubs l'authorité de monseignour le roi de France, segond les obeissances et la costume de Bretaigne. En testemoine de mon dreit, je ai appousé mon sael, le samedy prochien avant la nativité saint Johan Baptiste, l'an de graice Nostre Seignour mil dous cens quatre vingtz quatorze » (Archives de la Loire-Inférieure, F., 133). Sceau perdu. On voit combien cette chartre dont l'authenticité ne semble devoir être mise en doute, est précieuse pour l'histoire du Goëlo. Elle nous confirme tout d'abord l'existence au milieu du XIIème siècle, entre les mains des Boisgelin, de la vicomté de Pléhédel apportée à Geffroy par Sibille de Léon ; et il est à remarquer que cette seigneurie séparait ainsi celle de Lanloup de celle de Coetmen, données toutes les deux en apanage à la fin de ce même siècle à Geslin alias Joscelin frère du comte Alain. Elle nous permet également d'établir depuis cette époque la succession en ligne directe des seigneurs du Boisgelin et de leurs alliances et de compléter ainsi le tableau dressé par Lamare voir appendice . Elle permet enfin de connaître, depuis le milieu du XIIème siècle jusqu'à la Révolution, les possesseurs de cette vicomté en comblant les lacunes rencontrées jusqu'ici. Passée en effet par alliance des de Léon aux Boisgelin au milieu du XIIème siècle, puis de ceux-ci aux Kerraoul à la fin du XIIIème siècle, ainsi que l'indique la chartre, la vicomté de Pléhédel vint ensuite aux Poulart par le mariage de Pierre Poulart et de Constance de Kerraoul. Transmise par Catherine Poulart à Guillaume de Goudelin, elle fut confisquée, comme l'on sait, sur leur fils Guillaume condamné à la décollation pour félonie en 1420. Donnée alors par le duc ainsi que la seigneurie de Langarzeau [Note : La seigneurie de Langarzeau tirait son nom d'une forteresse ducale située en la paroisse de Pludual et dont on voit encore l'emplacement au lieu dit « Pen'-hastel » (ou Pen-ar-Hastel) sur la route de Pludual à Tréméven. Philippot de la Lande en était capitaine en 1404 et le duc Jean V y séjourna (Actes de Jean V édition Blanchard, actes n° 112, 1576, 1578). Depuis sa donation à Thébaut de la Feillée, elle eut les mêmes possesseurs que la vicomté de Pléhédel jusqu'à son démembrement par Gilles Huchet, sr. de la Bedoyère. Celui ci, par acte du 10 mars 1644, céda entre autres, moyennant 26.000 livres, à François de Ploesquellec, sr. de Kerhuel (ou Keruhel), toutes les prérogatives de la seigneurie de Langarzeau en la paroisse de Quemper-Guézennec, sous le comté de Goëlo, prérogatives qui furent transportées le 4 mai 1651 à Sébastien Fleuriot, sr. de Kerhuel (Archives des Côtes-d'Armor)] à Thébaut de la Feillée, époux de Catherine de Coetmen, en récompense de ses bons services et malgré les revendications de Jehan de Trogoff et de sa femme Jehanne de Kermoisan, héritiers en l'estoc maternel de Guillaume de Goudelin, elle fut apportée en mariage par Renée de la Feillée, fille de François et de Cyprienne de Rohan, à François de Rieux, marquis d'Asserac. Elle changea ensuite fréquemment de mains. Vendue en effet le 26 février 1641 par Jean Emmanuel de Rieux à Messire Gilles Huchet (Archives des Côtes d'Armor, B 46, fol. 3), puis le 8 septembre 1649 par André Huchet à Jean Fouquet sieur du Boullaye (Archives des Côtes-d'Armor, B 57, fol. 169), elle fut acquise treize ans plus tard, le 28 juin 1662, de Bernardin Gigault, marquis de Bellefons et Madeleine Fouquet sa femme, par messire Armand de Saint-Martin, conseiller au Parlement de Paris, moyennant 151.500 livres et à condition de réméré (Archives des Côtes d'Armor, B 74, fol. 13). Le retrait en ayant été fait immédiatement, Jean Fouquet, procureur syndic des Etats de Bretagne la céda en 1670, pour le prix de 154.000 livres, à messire Jean de Beringhen (Archives des Côtes d'Armor, B 78). En 1737, Théodore de Beringhen étant absent du royaume pour cause de religion, sa femme, Elisabeth Gouyon, administrait les biens de leur fille Elisabeth de Beringhen. Cette dernière, devenu marquise de Beuvron, vendit en 1771 la vicomté de Pléhédel à Charles Eugène du Boisgelin dont les ancêtres en étaient possesseurs, ainsi que nous venons de le voir, six siècles plus tôt. Son fils Bruno Gabriel en était titulaire lorsque la Révolution éclata (R. Couffon).

Note 2 : la commune de Pléhédel est formée des villages : Quistelley, Keroucen, Kerberso, Traouas, Kerbinson, Kernel, Kerlidic, le Guellenec, Borzlan, Kerhamon, Runamis, Kermarquer, Croas-an-Goff, Poul-Arranet, Kernevez, le Pouldu, Kerthéréziou, Saint-Fiacre, les Clec'hs, Pont-Guen-Izellan, Kergrec'h, Kertanguy, Traoudour, Saint-Michel, Kerbiquet, le Valy, Kerveur, la Trinité, Saint-Breis, Croas-Audren, Couraillon. On y mentionnait aussi jadis le village de Saint-Nicolas. 

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PATRIMOINE de PLEHEDEL

l'église Saint-Pierre (1837). En forme de croix latine, elle comprend une nef avec bas côtés de six travées plus celle du clocher encastré, un transept et un choeur. La bénédiction de la première pierre de l'édifice actuel eut lieu en avril 1837, date portée sur la longère nord en même temps que le nom J. TREBOUT. Une porte du XVème siècle a été réemployée, et, au chevet, l'on a encastré un angelot gothique, également du XVème siècle. Le clocher ainsi que la travée adjacente datent de 1888 et ont été exécutés sur les plans de M. Le Guerrannic (R. Couffon). A l'intérieur, l'église conserve un bénitier à deux cuves du XVème siècle et des statues anciennes de Notre-Dame de Délivrance, saint Yves, saint Fiacre et saint Nicodème. A signaler que le 1er prairial an II (20/05/1794) plusieurs objets précieux (un calice, un ciboire, un soleil, une custode) sont récupérés dans l'église par la municipalité et transférés à Pontrieux ;

Eglise de Pléhédel (Bretagne).

la chapelle Saint-Michel (XVIIIème siècle), restauré au XXème par les soins du marquis de Boisgelin. Elle est de forme rectangulaire et son pignon Ouest porte un campanile. A droite de la porte d'entrée est gravée l'inscription " par le soin de Mre Frelicot " . La chapelle abrite une statue en bois polychrome de saint Michel (XVIIIème siècle) et des statues anciennes de saint Gilles, de saint Yves transformé en saint Eloi avec marteau en main, ainsi qu'un tableau intitulé " Saint-Michel " et daté du XVIIIème siècle ;

la chapelle Saint-Samson du Roscoat (XVème siècle). Edifice rectangulaire remontant au XVème siècle avec clocher-mur plus récent. Au-dessus de la porte sud, écusson martelé de la fin du XVIème ou début XVIIème siècle et autre écusson martelé au pignon ouest (R. Couffon). Mobilier : Statues toutes anciennes de saint Samson, Notre-Dame de Pitié, saint Eutrope, saint Nicolas et saint Yves (fin XVème siècle) ;

les anciennes chapelles, aujourd'hui disparues : - la chapelle de la Trinité, détruite au XIXème siècle. - la chapelle Saint-Fiacre ;

le calvaire de la chapelle Saint-Michel à Kerbiquet (XVIIIème siècle) ;

le calvaire de Runamus (1876) ;

le château du Roscoat (XVII-XIXème siècle). Ce château a donné son nom à la famille Rolland du Roscoat. Les dames du Roscoat, à leur retour de l'émigration, ont tenu dans ce château un pensionnat pour demoiselles. Une d'elles, Zoé Rolland du Roscoat (en religion mère Marie-Madeleine, née à Nantes le 9 janvier 1781 et décédée au Roscoat le 25 juin 1822), est devenue première supérieure générale des Soeurs ou Dames de la Providence de Ruillé-sur-Loir (Sarthe) après avoir rejoint la communauté en 1818 (à 36 ans). L'établissement des soeurs de la Providence de Pléhédel a ouvert ses portes en 1848 grâce à la générosité de Cécile du Roscoat. Ces soeurs de la Providence assureront l'éducation des enfants de la commune de Pléhédel suite au départ, en 1959, des frères de Lamennais. Les bâtiments ne deviendront la propriété définitive de la Congrégation des Soeurs qu'à partir de 1969. A signaler que la communauté des soeurs de la Providence fut créée après 1789 par un prêtre, Jean-François Dujarié, desservant de Ruillé-sur-Loir. Une autre dame du Roscoat fonda une congrégation d'institutrices appelée "Vraniste". L'édifice est agrandi au XIXème siècle : il est doté d'une aile et de deux tourelles qui lui donnent l'aspect d'un château. En 1920, le château, propriété de la famille Roscoat, est vendu à la famille Boisgelin. Les Boisgelin le donnent ensuite aux frères de Ploërmel (Morbihan) qui y établissent un collège ;

Pléhédel (Bretagne) : château du Roscoat.

le château de Boisgelin (1840) construit par Edmond de Boisgelin, époux de la fille Le Peletier de Saint-Fargeau. Il s'agit d'un édifice en équerre et flanqué d'une tourelle d'angle. Gilles, marquis de Boisgelin (1919-1990) restaure le château et le transforme en hôtel sous le nom de Coatguélen ou Coatgelen ;

Pléhédel (Bretagne) : château de Boisgelin.

le manoir de Boisgelin (XV-XVIIème siècle). Propriété de Geffroy du Boisgelin en 1428, d'Aliette de La Forest (veuve de Jean du Boisgelin) en 1513 et de Claude du Boisgelin en 1536. Il appartient au marquis de Boisgelin et porte le nom de château en 1665. Il fait l'objet de plusieurs campagnes de construction ;

la ferme de Kernevez (1701). La date de 1701 est gravée sur le linteau de la porte d'entrée. On y trouve un cadran solaire (1740) ;

la ferme de Runamus (XVIII-XIXème siècle). Vendu comme bien national, cet édifice est acquis par la famille Ropartz ;

les moulins à eau de Geslin, de Craou, de Kerascouët, et les moulins à vent de Thérésien, Geslin.

A signaler aussi :

le puits (XVIIIème siècle) de la ferme de Kernevez ;

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ANCIENNE NOBLESSE de PLEHEDEL

Le 26 février 1641, la vicomté de Pléhédel est vendue par Jean-Emmanuel, duc de Rieux, à Gilles Huchet (Archives des Côtes d’Armor, B46, fol. 3). Puis le 8 septembre 1649, il est vendu par André Huchet à Jean Fouquet du Boullaye (Archives des Côtes d’Armor, B57, fol. 169). Le 22 août 1670, il est vendu par Jean Fouquet, seigneur de Quédillac, procureur général syndic des Etats de Bretagne, à Jean de Bérinhen (Archives des Côtes d’Armor, B78, fol. 158), puis en 1771, il est vendu par Elisabeth de Béringhen, marquise de Beuvron, à Charles-Eugène de Boisgelin.

Note 3 : Généalogie sommaire des premiers Seigneurs du Boisgelin [Généalogie sommaire établie - 1° d'après la filiation indiquée dans la chartre précitée des archives de la Loire Inférieure, E. 133 ; - 2° d'après celle mentionnée au testament d'Olivier du Boisgelin daté du jeudi avant les Rameaux 1372, qui confirme et complète la précédente copie de la Bibliothèque Nationale, Trésor de Dom Villevieille art. Boisgelin ; - 3° d'après les titres originaux conservés aux archives des Côtes-d'Armor, dossiers Boisgelin et les copies du trésor de Dom Villevieille].  

I — Geffroy, vicomte de Pléhédel, fit hommage de sa vicomté au duc l'an 1166. De son mariage avec Sibille de Léon, il laissa entre autre - 1° Raoul, vicomte de Pléhédel, décédé sans héritier ; - 2° Alain, seigneur du Boisgelin qui suit. 

II — Alain, seigneur du Boisgelin et vicomte de Pléhédel après la mort de son frère aîné, vivait à la fin du XIIème siècle. Il laissa au moins de son mariage avec Yvonne de Cornouaille : - 1° Raoul, qui suit. - 2° Raymond, partagé par son frère aîné le 30 octobre 1213. 

III — Raoul, à cette dernière date, donna à son juveigneur, titre de bienfait, des biens situés au côté droit du chemin allant de l'église de Pléhédel à Paimpol, pour en jouir sa vie durant, et étant bien entendu, qu'à la mort de Raymond, ils retourneraient au donateur, selon l'assise jurée par leur oncle Raoul. Ce partage était scellé des armes de Raoul. De son mariage avec N. de Montfort, il eut au moins : - 1° Thomas, vicomte de Pléhédel, qui eut pour successeur dans sa vicomté Alain de Kerraoul, chevalier, et probablement son gendre - 2° Geffroy qui suit. 

IV — Geffroy reçut en partage de son aîné, le château du Boisgelin avec le moulin, la pêcherie, les dîmes sur treize villes et le ténement de Raymond, leur oncle, ainsi que leur ayeul Alain les avait reçus de son frère Raoul. En 1261 il fut pleige avec Guillaume du Rufflay (le l'engagement qu'avait fait Henry de Montfort à l'abbaye de Beauport de 12 rais de seigle sur ses dixmes de la paroisse de Tréguidel. De son mariage avec Vilaine de la Rochejagu. Geffroy eut au au moins Guillaume qui suit. 

V — Guillaume est rappelé dans un acte de février 1276 par lequel André de Montfort prend à sa charge tous les frais du procès que le seigneur de Boisgelin avait eu à soutenir contre l'abbaye de Beauport relativement à la caution donnée par son père en 1261. Par acte du samedi avant la nativité de saint Jean-Baptiste 1280, il vendit au prieur de Pouancé tous les droits de rentes et censives qu'il avait dans le fief du prieuré et il lui promit de le garantir contre Macée de La Touche, veuve de Sevestre d'Armaillé, et Péronnelle qui y avaient leurs douaires. Il est encore mentionné en 1298 avec Jeanne de Boisbilly sa femme dans un procès avec le recteur de Pléhédel relatif aux dîmes de Boisgelin. Les parties s'en rapportèrent au jugement de Rolland de Lanloup et d'Even de Kerraoul qui déclarèrent le vendredi après la Pentecôte 1298 avoir vu les lettres de partage données par Thomas du Boisgelin vicomte de Pléhédel à son frère Geffroy ; il était alors gouverneur de Cesson. Guillaume, Jeanne sa femme, et Geffroy leur fils sont enfin rappelés dans un acte de 1302 par lequel ils donnent une rente de 14 livres par an à Henry de Plédran pour plusieurs terres sises en la paroisse de Pléhédel. 

VI — Geffroy est mentionné ainsi que sa femme Jeanne de Coetmen, dame de l'Isle, dans le testament de leur petit-fils Olivier. De ce mariage naquirent au moins : - 1° Alain qui suit ; - 2° Guillaume, qui reconnut par lettres du 22 juin 1334 n'avoir aucun droit à la succession de son père. Il eut comme fils Eon et Jean, rappelés dans deux actes de 1372 et 1418. 

VII — Alain, par acte du mardi avant la Toussaint 1333, reconnut tenir en fief de la seigneurie de Goëlo une pièce appelée « Le Clos du Parc » et une autre appelée « Le Champ de l'Evéque », provenant toutes les deux de la succession de Jeanne de Boisbilly, son ayeule. De son mariage avec Constance de Kergorlay, fille de Pierre et de Jeanne de Rohan, il eut entre autres : - 1° Olivier qui suit ; - 2° Guillaume, rappelé dans un procès avec son frère l'an 1369. Il épousa Pétronille d'Acigné et fut l'auteur de la branche des seigneurs de Pontrevilly d'où Geffroy, etc... 3° Dlle Philippe, épouse d'Henry de Plédran. 

VIII — Olivier, par acte du 3 mai 1369, rappela à son frère Guillaume que les successions étaient réglées dans la maison de Boisgelin par les deux partages de 1213 et de 1334. Par son testament du jeudi avant les Rameaux 1372, il élit sa sépulture en l'église de Pléhédel au tombeau de ses ancêtres ; nomme pour exécuteurs son fils aîné Richard et messire Pierre de Tournemine frère de feue Girarde sa femme ; rappelle feu Alain de Boisgelin son père, Constance de Kergorlay sa mère et désire qu'elle ait la pleine jouissance de son douaire et des biens dont elle hérita de sa mère Jeanne de Rohan ; il mentionne également Jeanne de Coetmen dame de l'Isle son ayeule. Il fait un legs à l'abbaye de Saint-Maur où il était demeuré plusieurs mois blessé, et un autre à Hervé de Landujean son valet. Il donne 50 livres à Henry de Plédran pour compléter la dot de Philippe du Boisgelin sa soeur, ordonne de payer à son frère Guillaume et Pétronille sa femme, fille de messire Jean d'Acigné les 80 livres qu'ils lui avaient prêtées à Saint-Maur et qu'il avait promis de payer lors de la naissance de leur fils Geffroy. Il met enfin ses fils Richard et Jean sous la protection du dit Guillaume, testament fait en présence notamment de ses cousins Eon et Jean du Boisgelin. 

IX — Richard, fils aîné d'Olivier, fit accord en 1409 avec son cousin germain Geffroy. De son mariage avec Sybille de Hillion il eut : - 1° Geffroy qui suit ; - 2° Sylvestre, auteur de la branche de Noë Verte ; 3° Catherine, épouse de Jean Le Serre, qui partagèrent la succession de leurs parents le 4 avril 1418. 

X — Geffroy fit accord le 6 février 1418 avec Eon du Boisgelin, neveu de son arrière-grand-père Alain, accord rappelant que le dit Alain avait donné, à viage seulement, à son frère Guillaume, un clos de terre appelé « La Maladrerie », en la paroisse de Pléhédel, près du Boisgelin. De son mariage avec Jeanne de Lanloup, fille cadette de Rolland et de Mahaut Botherel, il eut entre autres Guillaume qui suit.

XI — Guillaume épousa Margelie de Kerarscouet et fit avec elle démission de leurs biens le 13 mars 1479 en faveur de leur fils aîné Jean. Sa succession fut partagée le 7 décembre 1482 entre le dit Jean et Guillaume son puîné. 

XII  — Jean épousa Aliette de la Forest dont il n'eut pas d'enfant. A sa mort, vers 1500, son frère Guillaume en hérita. 

XII bis. — Guillaume, seigneur du Boisgelin après son frère, épousa Anne du Vieux-Chastel laquelle était veuve en 1502 et tutrice de leur fille Claude mineure. Un acte du 7 juin 1502 rapporte que Jean seigneur du Boisgelin, avec le consentement de son frère et présomptif héritier Guillaume, avait indiqué sa volonté de donner en douaire à sa femme Aliette de la Forest le manoir de Boisgelin. Claude, fille de Guillaume, ayant voulu l'exiger pour elle, ses parents : Sylvestre de Botloy son cousin germain, Pierre du Boisgelin sr. de Kerverret, Sylvestre du Vieux-Chastel son oncle, Jean Poulart sr. de Kerberzeau, décidèrent qu'une mineure n'avait que faire d'un tel manoir et le laissèrent à Aliette de la Forest. 

XIII bis. — Mlle Claude, héritière de la seigneurie du Boisgelin, épousa Guillaume Poulart, sr. de Kerberzeau, avec lequel elle vivait en 1528. Elle mourut sans hoirs ; et sa succession fut recueillie par sa parente Françoise de Bothoy, fille de Sylvestre, sr. de Kerautret, et de Marguerite Le Bozec. Celle-ci, veuve sans enfant d'Yves Rolland, sr. des Landes, épousa en secondes noces en avril 1571 Gilles de Boisgelin, second fils de Jean et de Jacquette Le Floch, qui fut inhumé le 14 mars 1579 « en grande congrégation de grands et nobles personnages ». Leur fils aîné Pierre hérita des biens des seigneurs du Boisgelin.

Note 4 : Dans le savant article qui précède (voir Note 1), M. René Couffon a prouvé que la vicomté de Pléhédel, dont divers auteurs ont nié l'existence antérieurement au XIVème siècle, remontait au moins à 1166. Il m'a paru intéressant de rechercher si l'on ne pourrait assigner à cette vicomté une origine sensiblement plus ancienne. Le précieux texte sur lequel s'est appuyé notre collègue et qu'il a découvert dans le riche fonds du Trésor des chartes des ducs de Bretagne, soulève plus d'un problème. Il s'agit, on l'a vu, d'une lettre adressée le 19 juin 1294 par Alain de Kerraoul, vicomte de Pléhédel, à Henri d'Avaugour, comte de Goëlo (ou Goëllo), qui lui réclamait un chevalier pour l'ost du duc. A cette époque, en effet, le duc Jean II, pressé par le roi d'Angleterre de l'assister dans sa guerre contre la France, « convoqua à Ploërmel pour le 19 août (1294) tous les seigneurs de fief qui devaient des hommes à son armée » (Arthur de la Borderie, Histoire de Bretagne, II, p. 360). Les reconnaissances de service d'ost, faites par les vassaux lors de cette revue, furent très inférieures à leurs obligations, « car les Bretons, dit La Borderie, ne se souciaient nullement d'aller se battre pour les Anglais » ; elles furent néanmoins enregistrées dans le livre des osts (Archives de Loire-Inférieure, E 132 ; publié par dom Morice, Preuves, I, colonnes 1110-1114). On y lit, au folio XIII, verso, sous le titre : Comté de Tréguier, qu'Henri d'Avaugour reconnaît devoir « diz chevaliers d'ost pour les fiez de Goylou et de Quintin ». Le détail des arrière-fiefs qui devaient fournir ces dix chevaliers ne nous est malheureusement pas donné. Il convient d'examiner de près le motif invoqué par le vicomte de Pléhédel, Alain de Kerraoul, pour se justifier de son refus d'envoyer au comte de Goëllo le chevalier qui lui est réclamé. Alain soutient que le chevalier dû pour l'ost du duc par la vicomté de Pléhédel, doit, suivant un acte de 1166, être mené directement à Fougères ( «... Sibille de Léon, qui a icil Geffroy en feist la faé, qui fut l'an dit onze cens seissante et seix, lequeu vous avons baillé prandre es maens, come drette est la menée pro uno milite ad Fulgerias ». Les cinq mots en latin sont évidemment empruntés à l'acte perdu de 1166. Je traduis librement, comme suit, ce passage, en faisant remarquer que j'insiste plus loin sur l'interprétation à donner au mot « faé » : « .... Sibille de Léon, qui fit l'apport de la vicomté de Pléhédel audit Geffroy, suivant contrat passé en 1166, lequel contrat nous avons remis entre vos mains pour vous prouver que c'est à Fougères que la vicomté doit mener directement un chevalier ». Il est a priori assez étonnant qu'un vassal, dont les terres sont entièrement sises en plein Goëllo, relève, au moins pour l'ost du duc de Bretagne, de la seigneurie de Fougères, aux confins du duché, à quarante lieues de Pléhédel. Il est regrettable que nous n'ayons plus l'acte de 1166 ;  peut-être nous eût-il appris l'origine de ce lien étrange, qu'on ne peut expliquer que par un événement important. Un passage des Chroniques de Pierre Le Baud, savamment commenté par La Borderie (Op. cit. III), nous apprend que, vers 1035, le sire de Fougères contracta avec plusieurs vicomtes et autres seigneurs bretons une alliance très étroite pour soutenir le duc Alain III contre son frère le comte Eudon. Le 21 février 1034 était morte Havoise de Normandie, veuve du duc de Bretagne Geoffroy, laissant deux fils, l'aîné Alain, le second Eudon. Du vivant de leur mère, les deux frères, même devenus majeurs, lui avaient laissé d'un commun accord les rênes du gouvernement. Une fois morte Havoise, la conduite du duché revenait de droit sans conteste à Alain, Eudon réclama, comme il était d'usage, « un apanage en proportion avec sa naissance ». C'est alors que les difficultés com­mencent. Alain, généreux, offrait à son frère, les quatre diocèses de Dol, d'Aleth, de Saint-Brieuc et de Tréguier, mais il se réservait la suzeraineté directe des villes épiscopales. Eudon n'accepte pas cette restriction, cependant raisonnable, au profit de son aîné. La guerre s'ensuit. La majorité des seigneurs bretons prend le parti du duc. Le Baud cite parmi eux : Hamon, vicomte de Léon, Main, sire de Fougères, etc., et « plusieurs autres barons et vicomtes avec multitude de chevaliers ». Nous ne poursuivrons pas le récit de cette lutte. Le parti du duc l'emporta. D'après Le Baud, Eudon dut se contenter du comté de Penthièvre, c'est-à-dire des diocèses de Saint Brieuc et Tréguier, ce dernier diminué d'ailleurs de la châtellenie de Morlaix et Lanmeur, à l'ouest du Douron, octroyée à Hamon de Léon par le duc en récompense de ses loyaux services. Il est bien tentant de voir dans cette guerre l'origine du lien qui unissait Pléhédel à Fougères dès 1166. Il suffit d'admettre que, parmi « les vicomtes » qui ont suivi le duc Aain III, se trouvait le vicomte de Pléhédel. Il devient alors tout naturel que ce dernier, lors de la conclusion de la paix, ait profité du service qu'il avait rendu au duc pour demander au vainqueur que son fief, bien qu'enclavé dans l'apanage d'Eudon, fût exempté de tout service féodal envers le comté de Penthièvre ; il avait lieu de craindre que le comte Eudon ne songeât à se venger sur un vassal qui avait pris les armes contre lui. Le vicomte de Pléhédel ne pouvait d'ailleurs prétendre relever directement du duc, en raison de l'exiguïté de son fief, qui ne comprenait que le territoire d'une paroisse. D'autre part, Main de Fougères, l'un des meilleurs appuis du duc dans cette lutte, devait chercher à tirer quelque avantage du traité de paix, au même titre qu'Hamon de Léon, qui avait obtenu tout l'ouest du diocèse de Tréguier. Ne parait-il pas très admissible, en de telles circonstances, que le sire de Fougères et le vicomte de Pléhédel aient trouvé un intérêt commun à s'unir par un lien féodal, anormal à première vue, mais d'autant plus efficace qu'ils avaient éprouvé réciproquement leur valeur guerrière ? Le duc voyait ainsi se resserrer l'alliance entre deux de ses meilleurs vassaux. De son coté le comte Eudon, dont l'apanage était ainsi démembré, ne pouvait s'opposer aux conditions du vainqueur. Par un curieux hasard, cent trente ans plus tard, plus précisément en l'année 1166, au cours de laquelle fut établi un titre de reconnaissance du service d'ost dû par Pléhédel à Fougères, nous retrouvons la maison de Léon en alliance étroite tant avec celle de Fougères qu'avec celle de Pléhédel. De 1154 à 1155, puis de 1162 à 1166, Raoul, sire de Fougères et Hervé II, comte de Léon, descendant du vicomte Hamon, s'unirent pour combattre le jeune duc Conan IV, trop inféodé aux Anglais contre le sentiment presque unanime des seigneurs bretons. Conan, devenu vainqueur en 1166, grâce à l'appui des forces anglaises, dut accepter les conditions du roi d'Angleterre Henri II, à qui il devait la victoire ; ce monarque n'exigea pas moins que la remise pure et simple du duché au nom de son fils mineur Geoffroy, auquel était accordée la main de la fille et héritière de Conan. Ces événements dont La Borderie donne un récit détaillé (Op. cit. III, pages 270-273), prouvent que le service d'ost dû à Fougères par le vicomte de Pléhédel est fort antérieur à l'acte de 1166. Il est invraisemblable, en effet, que Raoul de Fougères, le vaincu, ait obtenu du duc son vainqueur un avantage tel que la menée directe du chevalier d'ost de Pléhedel. Comme ce service d'ost est expressément mentionné dans le titre de cette même année 1166, il fallait que son ancienneté le mît alors à l'abri de toute contestation. Nous y voyons une sorte d'appui à notre hypothèse. Il me reste à dire comment ce titre de 1166 établit une alliance entre la maison de Léon et celle de Pléhédel. Voici tout ce que nous savons de ce titre, grâce à la lettre écrite en 1294, au comte de Goëllo par Alain de Kerraoul : « Raoul... vicompte de Pleuheudel, por avoir esté fiux haer de Geffroy, vicompte, et de madame Sibille de Leon, qui a icil Geffroy en feist la faé, qui fut l'an dit onze cens seissante et seix, lequeu vous avons baillé prandre es maens, come drette est la menée pro uno milite ad Fulgerias ». Autrement dit, en 1294, Alain de Kerraoul remet entre les mains du comte de Goëllo un titre de 1166, suivant lequel de Sibille de Léon fit à Geoffroy, son époux, la « faé » de la vicomté de Pléhédel, chargée d'un service d'ost d'un chevalier devant être mené directement à Fougères. Que faut-il entendre par le mot « faé », que j'ai traduit plus haut par apport ? On ne le trouve pas dans les dictionnaires les plus courants de l'ancien français. Le mot qui s'en approche le plus nous paraît être « féalté », dont Godefroy signale une variante « fateit », qui équivaut à « faté » ; il serait assez facile de passer de cette dernière forme à «faé ». La « féalté » est la reconnaissance d'un fief, faite par le vassal à son suzerain. A-t-on le droit de supposer dans le cas présent que l'acte de « faé » serait une sorte de contrat de mariage par lequel Sibille de Léon déclare reconnaître son futur mari comme vicomte chargé de la remplacer pour tous les services féodaux dont est chargée la seigneurie de Pléhédel. Si l'on admet cette interprétation, la vicomté de Pléhédel serait donc venue à Geoffroy, souche de l'antique famille des Boisgelin, par Sibille de Léon, qu'aucun texte ne mentionne par ailleurs. Sibille qui appartenait évidemment à la famille des comtes et vicomtes de Léon (Note : La maison de Léon s'allia plusieurs fois aux familles vicomtales du Goëllo. A signaler en particulier une alliance Coëtmen-Léon au XIIIème siècle, alliance établie par M. René Couffon) tenait sans doute Plehédel comme descendant d'une héritière de la vicomté de Pléhédel, alliée à un comte de Léon. Il ne peut s'agir du comte Hervé II, qui épousa la fille d'Etienne de Blois, roi d'Angleterre, et mourut en 1169. Nous avons le choix entre ses prédécesseurs, dont les alliances nous sont absolument inconnues. En résumé, il paraît probable que la vicomté de Pléhédel, sans doute démembrée du comté de Tréguier vers la fin du Xème siècle, devint vers 1035, vassale de la baronnie de Fougères, à la suite de la guerre du duc Alain III contre son frère Eudon, qu'elle passa par alliance, vers la fin du même siècle ou le début du suivant, à la maison de Léon, échut à Sibille de Léon, mariée en 1166 au vicomte Geoffroy, qui devint la souche des Boisgelin. On ne saura probablement jamais la date exacte ni les les circonstances de la constitution de cette vicomté, dont l'origine tient sans doute à un partage entre frères, ainsi qu'on en a beaucoup d'exemples en Bretagne aux XIème et XIIème siècles. La qualification de vicomté semble indiquer que la seigneurie de Pléhédel fut constituée en faveur d'un cadet de maison comtale. S'agirait-il d'un descendant de l'un des deux comtes bretons, Nemenoc et Hoiellagun, dont la souscription figure sur une charte de Saint Florent de Saumur de 958 et en lesquels La Borderie voit les titulaires des comtés de Penthièvre et de Goëllo (Op. cit. page 412) ? (François Merlet).

Voir aussi  Pléhédel "La maison de Boisgelin ou Boisgeslin

Lors de la réformation de juillet 1427, sont mentionnés à Pléhédel les nobles suivants : Geffroy du Boisgelin, Sevestre de Kereven, Philippe Poulart et Jean Poulart. Gueheneuc Therizien et Guillaume Phelippes se disent aussi nobles.

Lors de la réformation de juillet 1427, sont mentionnés à Pléhédel les maisons nobles suivantes : Kerbinson (à Guillaume Le Trongoff ou Trogoff, sieur de Kergouilleau), Boisgelin (à Claude du Boisgelin), Keréven (à Amaury de Kereven), Kermenguy (à Pleso Lespervyer ou Lespervier), Kermenguy (à Gilles Poullart), une autre maison Kermenguy (à François Poullart), Kerascouët (à Amaury de Lesquildry), Kerberzo (à Jehan Poullart), La Cuisine ou Cuysine (à Amaury de La Cuisine ou Cuysine, fils de Guillaume de La Cuysine), Trau ou Traou (à Jehan Poulart), Rohygo (à Guille Le Trongoff, sieur de Kergolleau ou Kergouilleau), Leslec'h (à Amaury Poullart), La Maison-Robin (à Amaury de Kereven).

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc de 1480, on comptabilise la présence de 16 nobles de Pléhédel :

Guillaume DU BOUESGELIN de le Boisgelin (80 livres de revenu) : défaillant ;

Nicolas GELIN (10 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan HINGANT (10 livres de revenu) : porteur d’un paltoc et comparaît armé d’une vouge ;

Gilles LESPERVIER : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Meryen LESQUILDRY (80 livres de revenu) : excusé comme appartenant à une compagnie d’ordonnance ;

Guillemet LOHOU (2 livres de revenu) : défaillant ;

Margot PHILIPPES (4 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan POULART, représenté par Thébault POULART (40 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan POULART, représenté pare Nicolas POULART : porteur d’un paltoc et comparaît en archer ;

Nicolas POULART (20 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Selvestre POULART (160 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Thébault POULART (40 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume ROQUET (80 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan TEREZIEN (20 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une pertuisane ;

Selvestre USEL (2 livres de revenu) : défaillant ;

Selvestre DE KEREVEN : porteur d’une brigandine et comparaît en arbalétrier ;

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