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PARIGNE

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La commune de Parigné (bzh.gif (80 octets) Parinieg) fait partie du canton de Fougères. Parigné dépend de l'arrondissement de Fougères, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PARIGNE

Parigné vient du romain "Parinus". 

Au Xème siècle, un village nommé "parochia de Parigneio" (paroisse de Parigné) est créé non loin du village de Passillé. L'église primitive était située, dit-on, sur l'emplacement de l'Etang de Passillé ou de Lande Marel. La Villa Passillé est donnée à l'Abbaye du Mont-Saint-Michel en 990. 

Au commencement du XIIIème siècle, il est fait mention de la paroisse de Parigné, « parrochia de Parrigneio », dans laquelle se trouvaient des terres appelées le Champ et le Pré du Renard, « Campus et Pratum Renardi ». Ces terres appartenaient à un chevalier nommé Guy de Bazouge, qui les avait reçues d'Etienne de Parigné et qui les tenait alors en fief de son fils, Roger de Parigné. En 1213, Guy de Bazouge donna pour le salut de son âme toutes ces terres aux religieux de l'abbaye de Savigné, et Roger de Parigné s'empressa d'approuver cette donation, renonçant même à tous ses droits sur les terres en question en faveur de Savigné (Bibliothèque Nationale, ms. lat., L, 1146. — Nous n'avons pas retrouvé en Parigné le Champ et le Pré du Renard, mais il se pourrait que ces terres possédées par les moines eussent donné naissance au village actuel de la Bayette, « Abbatiola » au moyen-âge )

Le recteur de Parigné était présenté par l'ordinaire. En 1790, M. Guignette déclara que son bénéfice valait bien 5000 livres, parce qu'il était seul décimateur dans la paroisse. Mais la déclaration faite à la même époque par la municipalité de Parigné est plus explicite ; elle estime le presbytère et son pourpris 104 livres, et la totalité des dîmes 7100 livres, ce qui donne un revenu total de 7204 livres. Quant aux charges, voici en quoi elles consistaient : pension de deux vicaires, — seize boisseaux de froment dus à l'abbaye de Rillé, — 400 livres de décimes — et 120 livres pour entretien du chanteau et du presbytère (Pouillé de Rennes). A la même date, la fabrique de Parigné jouissait de la closerie de la Gravelais, affermée 110 livres (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27). La seigneurie de Parigné appartenait successivement aux familles de la Motte (dont un certain Jean de la Motte en 1340) qui prirent le nom de la Bouëxière, puis de Parthenay (au XVème siècle), de Lorgeril, de Rohan seigneurs de Landal, de Maure (vers 1513), de Rochechouart marquis de Mortemart (à la fin du XVIème siècle), Guérin seigneurs de la Grasserie (en 1653), le Lou seigneurs de Chasseloire (vers 1775).

Les cep et collier de la seigneurie du Haut Bourg se trouvaient autrefois dans le bourg de Parigné. La châtellenie du Haut Bourg, seigneurie primitive de Parigné, avait un droit de haute justice.

On rencontre les appellations suivantes : Parochia de Parrigneio (en 1213), Parigneyum (en 1516).

Note 1 : Les revenus de l'école charitable des garçons de la paroisse de Parigné furent notablement accrus en 1784 par le don de 2400 livres, produit d'aumônes faites par des personnes pieuses. A cette occasion, le général de la paroisse s'assembla et arrêta ce qui suit : « L'école de Parigné sera tenue par MM. les curés et, à leur défaut, par des prêtres originaires ou habitués de la paroisse ; — tous les garçons pauvres jugés tels par le recteur seront instruits gratuitement même dans la langue latine, lorsque ledit recteur le jugera à propos, et jusqu'à la troisième exclusivement ; — les curés ne pourront exiger des garçons aisés que 10 sols par mois de ceux qui apprennent à lire et à écrire, et 20 sols de ceux qui apprennent le latin ; — les curés feront le catéchisme deux fois par semaine tant aux pauvres qu'aux riches, une heure au moins chaque fois ; — enfin les curés se partageront les écoliers comme ils se partageront les revenus, et le recteur pourra charger l'un d'eux des enfants au latin et l'autre des garçons moins avancés » (Pouillé de Rennes). La fondation des écoles de Parigné fut encore augmentée, paraît-il, car en 1790 M. Courtillet, curé de cette paroisse, déclara jouir d'une rente de 135 livres, due par les sieur et dame de la Bouteillère Le Bouc, « pour l'enseignement des petites écoles aux pauvres de la paroisse, suivant un acte de fondation du 3 juin 1787 ». Ce M. Courtillet avait été nommé maître d'école par le général de la paroisse en 1787, en place de Julien Passillé, devenu à cette époque recteur de Saint-Médard. Il y avait une fondation de messes attachée à cette école, et c'est ce qu'on nommait en 1790 « la prestimonie de l'Ecole » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 19 ; 1 V, 27).

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Parigné : Jean Barbe (chanoine de Notre-Dame de Nantes, il était aussi en 1501 et 1509 recteur d'Abbaretz, au diocèse de Nantes). Yves Belec (présent à l'enquête de 1531). François Garnier (il résigna en 1586). Pierre Cousturier (il résigna en 1589). Denis Brégel (vers 1596). Michel Gauvain (décédé en 1641). André Simon (sieur de Launay, chanoine de Rennes, il fut pourvu le 3 décembre 1641 ; décédé le 19 janvier 1643 et inhumé en la cathédrale de Rennes). Gabriel Chapelain (il résigna en 1659). Nicolas de Launay (sieur des Cours, il prit possession le 18 janvier 1660, en vertu de la résignation précédente ; il était déjà recteur de Gosné, et trouvant de l'opposition à Parigné, il resta à Gosné). Pierre Marchix (en 1667). Pierre Menard (en 1671). François de Racinoux (frère de Gilles, seigneur de la Beucheraye, en Messac, était recteur en 1691 ; décédé en 1693 et inhumé dans l'église, où l'on voit encore sa tombe portant ces mots : Cy gist noble et discret Messire François de Racinoux, recteur de ce lieu, décédé le 24 aoust 1693). Jean-Baptiste Pinczon (prêtre du diocèse, il fit en 1697 enregistrer ses armoiries : de sable à trois fasces d'argent accompagnées de trois coquilles de même, deux en chef et une en pointe. Il gouvernait encore en 1704). Jean-Baptiste-Marie-Louis de Racinoux (prêtre du diocèse, il était recteur en 1721 ; décédé en 1765). Pierre Duclos (prêtre du diocèse, il fut pourvu le 18 mars 1765 ; décédé en 1781). Patrice Guignette (pourvu le 5 février 1781, il s'exila à Jersey en 1793 et fut réinstallé en 1803 ; mais il devint en 1804 recteur de Saint-Germain de Rennes, où il mourut le 28 mai 1847). N... Larcher (1804, décédé en 1807). Michel Bricet (1808, décédé en 1812). Joseph Denoual (1813-1816). Julien-Marie Barbedette (1816, décédé en 1827). Joseph Guérault (1827, décédé en 1857). Pierre Anger (1857, décédé en 1864). Michel Sourdin (à partir de 1864), ......

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PATRIMOINE de PARIGNE

l'église Notre-Dame (XV-XIXème siècle). La Sainte Vierge est la patronne de Parigné. L'église se composait jadis d'une nef terminée par un chevet droit et accompagnée d'une petite chapelle au Nord. Cette nef existe seule aujourd'hui ; ses fenêtres longues et trilobées semblent être du XIVème siècle ; cependant sa porte ogivale, ouverte au Midi, ornée de colonnettes et surmontée d'écussons frustes, rappelle plutôt le XVème siècle. Un clocher ancien, mais fort laid et en charpente, existe encore au haut de la nef. Le choeur, refait en 1856, est maintenant une abside polygonale de style ogival ; quand on en creusa les fondations, on trouva en terre une statue de Notre-Dame en granit fort antique : la Vierge y était représentée assise. Présentement, une statue moderne de la Sainte Vierge, oeuvre de Barré, occupe au fond du choeur une niche éclairée par un jour céleste. La vieille chapelle du Nord a disparu et l'on a construit deux transepts ou chapelles formant bras de croix ; l'une d'elles est en partie réservée à la sépulture de la famille Frain de la Villegontier, bienfaitrice de la paroisse, et l'autre renferme sous son autel le corps de saint Adéodat, extrait des Catacombes de Rome. Dans le choeur a été replacée une petite porte de l'ancienne sacristie, de style ogival fleuri, portant l'écusson des sires de Parigné : d'argent à la croix pattée de sable ; vis-à-vis on a sculpté une porte moderne semblable aux armes des Frain de la Villegontier. Les sires de Parigné (nota : Parigné est une ancienne seigneurie avant successivement appartenu aux familles de Parigné, de Parthenay, de Lorgeril, de Rohan, de Maure, de Rochechouart et Guérin de la Grasserie. Dans les derniers siècles, le château des Acres était la résidence des seigneurs de Parigué. Construit en 1560 par Claude de Maure, ce château, formant un rectangle flanqué aux angles de quatre tourelles, était fort remarquable ; il n'a été démoli qu'en 1854) étaient jadis seigneurs supérieurs, fondateurs et prééminenciers de l'église de ce nom. En 1531, François de Maure et Hélène de Rohan, seigneur et dame de Parigné, firent faire une enquête au sujet de leurs prééminences dans l'église de Parigné. On reconnut alors dans cet édifice le blason de Parigné : d'argent à la croix pattée de sable, peint dans les vitres et sur une ancienne litre entourant l'église, et sculpté sur le chapitreau ; le seigneur de Parigné y avait aussi un enfeu prohibitif et deux bancs armoriés, l'un dans le chanceau, du côté de l'évangile, et l'autre dans la nef. Mais au commencement du XVIIème siècle Louise de Maure, dame de Parigné et femme de Gaspard de Rochechouart, seigneur de Mortemart, vit contester ses droits dans l'église de Parigné par Jacquemine Pinel, veuve de Gilles de Gaulay, seigneur du Boisguy (nota : la seigneurie du Boisguy appartint pendant plusieurs siècles à la famille de Gaulay, puis au XVIIIème siècle aux Picquet du Boisguy ; le château est une construction d'un imposant aspect). Cette dernière dame, prétendant que le seigneur du Boisguy avait droit d'enfeu dans le choeur, voulut en 1620 y faire inhumer son défunt mari ; elle disait qu'on y voyait déjà les tombes de René de Gaulay, seigneur du Boisguy, décédé en 1561, et de Briande du Tiercent, sa femme, décédé en 1555 (nota : dans le presbytère nouvellement rebâti ont été encastrés deux écussons provenant de l'ancienne église et portant les armes de Gaulay : d'azur à la fasce d'argent chargée de trois quinte-feuilles de sable, et du Tiercent : d'or à quatre fusées accolées et rangées de sable. — La tombe du seigneur du Boisguy est encore dans l'église et porte une épée, une croix, et en bordure cette inscription : Cy gist noble et puissant seigneur René de Gaulay sieur du Boisguy, 1561) ; mais on lui répondit que ces sépultures avaient été faites pendant la minorité et à l'insu de ladite dame de Parigué ; qu'en 1531 Julien de Gaulay, seigneur du Boisguy, ayant fait inhumer son fils à l'entrée du choeur de Parigné, François de Maure et Hélène de Rohan l'avaient fait exhumer et enterrer dans une autre partie de l'église. Aussi le Parlement de Paris débouta-t-il en 1623 la dame du Boisguy de ses prétentions et maintint-il la dame de Parigné dans ses droits de patronage et prééminences. Par suite de cet arrêt, la tombe et le banc du Boisguy furent enlevés du chanceau et transférés dans la nef (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, fonds de Saint-Brice). En cette même année 1623 on constata l'existence « en la vitre estant sur le grand autel, en deux autres dans le chanceau et une dans la nef, le tout du costé de l'épistre, et encore en une chapelle au costé dudit chanceau, vers l'évangille (nota : cette chapelle dépendait à l'origine de la terre du Sollier, possédée d'abord par les familles du Sollier et de Channé, puis achetée en 1607 par Louise de Maure, qui l'unit à sa seigneurie de Parigné) , des armes de Maure escartelées de plusieurs alliances, et des armes de Parthenay et Parigné plaines, my-parties et escartelées ». On vit aussi que le banc seigneurial placé près du grand autel portait sur son accoudoir la croix pattée des sires de Parigné, et que les mêmes armes se retrouvaient sur la porte de l'église, au Midi, et sur celle de la sacristie. Nous avons dit que ces deux portes armoriées existent encore. Quelques autres écussons sculptés sur pierre et portant aussi la croix pattée de Parigné ont été transférés de l'ancienne église dans les murs du nouveau presbytère. Quoique ce procès-verbal de 1623 ne parle point de l'enfeu des seigneurs de Parigné, nous avons vu qu'il existait dans le choeur dès 1531. C'est de cet enfeu que provenaient sans doute deux pierres tombales signalées par M. Maupillé (Notices historiques sur les paroisses du canton de Fougères) : l'une de granit, aux armes de la famille de Parigné ; l'autre, placée naguère à l'entrée du choeur, représentant une femme les bras croisés sur la poitrine et la tête appuyée sur un coussin ; on croit que c'était l'effigie de Marie Guibé, nièce de Landais, veuve de Jean de Parthenay, seigneur de Parigné, et inhumée dans le chanceau au commencement du XVIème siècle. Le seigneur de la Villegontier (nota : la terre de la Villegontier était le gage féodé de la sergentise du Coglais ; elle appartint aux familles More!, Le Corvaisier et Frain, qui toutes trois en prirent successivement le nom) avait un droit de banc et d'enfeu en l'église de Parigné, dans la nef, devant l'autel Saint-Antoine, du côté de l'évangile, à charge de rendre aveu au seigneur de Parigné. Le seigneur de la Tendrais avait aussi son banc dans la nef ; c'était là que les hommes de son fief du Pont devaient lui présenter tous les ans, le jour de Saint-Jean-Baptiste, entre les deux élévations de la grand'messe, un chapeau de boutons de roses rouges cousu de fil noir. Enfin, nous avons dit que le seigneur du Sollier avait sa chapelle prohibitive au Nord du chanceau, et que le seigneur du Boisguy jouissait sans conteste d'un enfeu et d'un banc dans la nef, à charge de rendre aveu au seigneur de Parigné. La confrérie du Rosaire existait anciennement à Parigné, car il est fait mention de son autel en 1781 (Pouillé de Rennes). En résumé, l'église se composait autrefois d'une nef à chevet droit, accostée au nord d'une petite chapelle prohibitive à la seigneurie du Sollier qui est unie en 1607 à celle de Parigné. La nef et le clocher datent du XIV-XVème siècle. La porte sud date du XVème siècle. Le reste de l'édifice est réaménagé en 1854-1856 et en 1886-1888. Le vitrail du choeur illustre l'Annonciation : il s'agit d'une oeuvre du maître verrier Didron, datée de 1857 et offert par la famille de La Villegontier en 1861. Les armes des seigneurs de Parigné se lisaient au XVIème siècle et au XVIIème siècle sur une litre et sur les vitres de l'église. Leur enfeu était dans le choeur. Les seigneurs de la Villegontier et ceux du Boisguy en possédaient aussi dans la nef. On y voit encore plusieurs pierres tombales dont celle de René de Gaulay seigneur du Boisguy ; 

la chapelle Saint-Roch. Cette chapelle, située près du village de Seye, à été bâtie par les paroissiens en 1625, à la suite d'un voeu qu'ils avaient fait à l'occasion d'une épidémie, mais elle fut réédifiée en 1774. C'est ce que nous apprend l'inscription suivante, placée au-dessus de l'autel : Hœc sacra œdes voti pro pestilentia monumentum extructa a parœcis, anno 1625. Sumptibus eorum prope reœdificata fuit anno 1774. On remarque dans cette chapelle la vieille statue de Notre-Dame trouvée, avons-nous dit, dans les fondations de l'église de Parigné ; elle est honorée sous le nom de Notre-Dame-de-Bonne-Garde et représente la Sainte Vierge assise tenant l'Enfant-Jésus sur ses bras. A la fin du XIXème siècle, on dit encore la messe paroissiale à Saint-Roch le dimanche dans l'octave de l'Assomption, et l'on y prêche ce jour-là sur un petit balcon placé dans la façade et ouvrant sur une tribune, car l'édifice est trop petit pour contenir tous les assistants. On y vient aussi aux processions des Rogations et les fidèles y font parfois célébrer la sainte messe (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne chapelle datée de 1623 et située jadis au village de la Mardelle ; 

la chapelle Saint-Martin (XV-XVIIIème siècle). Il s'agit d'une dépendance du château du Bois-Guy ; 

la croix à toit armorié, située au cimetière ;

le château du Bois-Guy ou Boisguy (XVIIème siècle), propriété d'Aimé de Bois-Guy, chef chouan. Le château est restauré en 1994. La seigneurie du Bois-Guy remonte à 1531 et relève alors de la baronnie de Fougères. On y voit deux tourelles d'angle et une tourelle derrière le château. Accolée au château se trouvait jadis une chapelle. La chapelle Saint-Martin du Boisguy est une construction du XVème siècle, accolée à l'extrémité orientale du château de ce nom. Son chevet droit offre une fenêtre flamboyante bouchée par un retable du XVIIIème siècle, et sa porte est également de style ogival fleuri. Valentin Gravereau en 1722, et Nicolas Huart en 1789, furent chapelains du Boisguy, présentés l'un et l'autre par le seigneur du lieu. En 1790, M. Huart déclara que la fondation du Boisguy était de 62 livres 10 sols de rente, hypothéquée sur des héritages sis à la Brosse, en Parigné (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27). On allait naguère en procession des Rogations à cette chapelle, abandonnée dès la fin du XIXème siècle (Pouillé de Rennes). Le domaine relevait de la baronnie de Fougères. Propriété successive des familles Pichot (au milieu du XVème siècle), de Gaulay seigneurs du Bois-le-Bon (en 1513), Martin seigneurs de Bouillon (en 1704), Picquet seigneurs de la Motte (en 1789), Branchard. Les dépendances du château du Bois-Guy datent du XVIIème siècle : elles ont été réaménagées et restaurées en 1994-1998 ; 

les moulins à eau de Mebesnard, de la Tandrais, du Marais, de la Cheminais ; 

A signaler aussi : 

la découverte d'une hache en jade (époque néolithique) ;

les murs du presbytère contiennent des écussons provenant de l'église, aux armes des familles de Gaulay, du Tiercent et des seigneurs de Parigné. René de Gaulay seigneur du Bois-Guy épousa Briande du Tiercent dans la première moitié du XVIème siècle;

un bloc de granit dit l'Epaule du Diable, situé dans le Champ de la Petite Pierre, près du village de la Haute-Bayette ;

l'ancien château des Acres, démoli en 1854. Il avait été remanié en 1560 et au XVIIIème siècle. Une chapelle existait autrefois dans les combles. Une chapelle se voyait également dans la cour. La chapelle Saint-Fiacre des Acres, bâtie près du château de ce nom, fut fondée en 1659 de deux messes par semaine, le dimanche et le jeudi. En 1735, Marie-Gillette Guérin, dame de Saint-Brice, se trouvant à son château des Acres, présenta Gilles Touchard pour desservir cette chapellenie, valant alors 60 livres de rente. A noter que la chapelle des Acres, interdite vers 1770, n'existe plus (Pouillé de Rennes). Les Acres sont devenues le chef-lieu de la seigneurie de Parigné après la disparition du manoir de ce nom. Les Acres, maison seigneuriale de la paroisse de Parigné, était qualifiée de châtellenie au XVIIème siècle et relevait de la seigneurie de Fougères : elle possédait un droit de haute justice avec des fourches patibulaires à trois pots ;

l'ancien manoir de la Chesnaye. En 1579, il possédait des tours, un colombier et des douves, avec un droit de haute justice à trois piliers. Il a été érigé en châtellenie en 1572. Propriété successive des familles Boylet (en 1513), Harpin seigneurs des Coudrais (en 1531), de Malenoë (au début du XVIIème siècle), Bidé et Gefflot (en 1655 et en 1789) ;

l'ancien manoir de la Tendrais (ou Tendraye), reconstruit sous le nom de château de la Villegontier. Il possède une chapelle privée. La chapelle de la Tendrais, maintenant de la Villegontier, se trouve près de cet ancien manoir de la Tendrais, reconstruit sous le nom de la Villegontier ; elle est isolée dans le fort joli parc qui entoure le château et se compose d'un simple rectangle ajouré d'ouvertures ogivales, et presqu'entièrement recouvert de lierre. Cette chapelle était fondée au XVIIIème siècle d'une messe par semaine et dotée d'une pièce de terre sise à Bonabry, près Fougères. En 1790, M. Vincent la desservait aussi bien que la suivante. Cette chapelle, bien entretenue, avait encore un chapelain naguère (Pouillé de Rennes). La Tendrais relevait de la baronnie de Fougères. Propriété successive des familles le Déan ou le Doyen (en 1430), du Chastellier seigneurs de la Pouardière (vers 1474), le Jeune (en 1510), des Nos seigneurs de la Tannière (vers 1652), Frain seigneurs de la Villegontier (en 1678 et en 1680), Masson ;

l'ancien manoir de la Villegontier, cité dès 1248. Il possédait au XVIIème siècle une tour carrée et une tourelle, une chapelle et un colombier. La chapelle de la Villegontier, bâtie près du vieux manoir de ce nom, était à l'origine fondée de deux messes par semaine. Michel Rougeul en 1652, et N... Vincent en 1790, en étaient chapelains. Ce dernier déclara jouir d'une maison et d'une terre estimées 75 livres de rente. Cette chapelle n'existe plus, mais dans la cour du village est une croix en pierre, de forme octogone, portant cette inscription : Je esté levée près cette voie par sire Jean Drouet, sr de la Dorisaye, en octobre, et c'estoit en l'an 1581. Sur quatre des faces du socle, également de forme octogonale, sont représentées des têtes de mort ; la croix porte quatre écussons, dont l'un reproduit le monogramme et l'autre le nom de Drouet avec la date 1581 (Pouillé de Rennes). Le domaine relevait de la baronnie de Fougères et était le gage féodé de la seigneurie du Coglais. Il avait un droit de haute justice. Propriété successive des familles du Bouays et Houssaye (au début du XVème siècle), Morel (en 1430), le Corvaisier seigneurs de Pellaine (en 1549), Frain seigneurs d'Iffer (en 1654). Les seigneuries de la Tendrais et de la Villegontier sont unies au XVIIème siècle ;

l'ancien manoir du Beschet, situé route de Lécousse. Propriété des seigneurs de Lécousse en 1414, puis des familles de Chaumont (en 1480), Botherel seigneurs du Pont (en 1540 et en 1574), du Feu (au début du XVIIème siècle), Poilley et Romilley marquis de la Chesnelaye (avant 1664), Frain seigneurs de la Villegontier (en 1664 et en 1789) ;

l'ancien manoir de la Forêterie, situé route de Lécousse. Propriété des seigneurs du Beschet en 1414, puis de Jeanne Dorenge épouse de Guillaume de Beauchesne en 1430 ;

l'ancien manoir de la Baraye. Propriété successive des familles Coupechon (en 1399), Dorenge (en 1430), le Clerc (vers 1471), Aucher (vers 1531), Launay (en 1541), Eschard seigneurs de la Ponchaye (en 1587), Crosnier seigneurs de Villiers (vers 1617), Mesnière et Bidard (en 1623). Le manoir est ensuite partagé en 1645 en deux parties. Une partie devient la propriété de la famille Ferron seigneurs de la Vairie (en 1645), puis de la famille Frain seigneurs de la Villegontier en 1672. L'autre partie devient la propriété de la famille Gaultier seigneurs du Pontasny (en 1676), de la famille Nos seigneurs de la Tendrais (avant 1678) et de la famille Frain seigneurs de la Villegontier (en 1678 et en 1789) ;

l'ancien manoir du Pont-Letard, situé route de Lécousse. Propriété de Hélène de Rohan dame de Parigné en 1513, puis de la famille Guérin seigneurs de Parigné en 1665 et en 1789 ;

l'ancien manoir de la Chaumais ou de la Chaumoye, situé route de Lécousse. Propriété successive des familles Thomine (en 1411), Casin seigneurs de Furgon (en 1433), Baylet (en 1559) Tabourel et le Bon (en 1663), le Bon dits du Bois-le-Bon (en 1680 et en 1775) ;

l'ancien manoir du Sollier, situé route de Lécousse. Il possédait jadis une chapelle privée. La chapelle du Sollier est mentionnée dans l'aveu que rendirent au dauphin duc de Bretagne, en 1540, François de Channé et Bertranne de Porcon, sa femme, pour leur seigneurie du Sollier. Depuis longtemps le manoir et la chapelle du Sollier sont tombés en ruine (Pouillé de Rennes). Propriété successive des seigneurs du Sollier (en 1293 et en 1351), puis des familles Casin seigneurs de Furgon (en 1433 et en 1452), de Channé (en 1482), Douessay seigneurs de Saint-Cloud (vers 1598) et de Louise de Maure dame de Parigné épouse de Gaspard de Rochechouart marquis de Mortemart (en 1607). Il est ensuite uni à la seigneurie de Parigné ;

l'ancien manoir de la Courbe, situé route de Lécousse. Propriété successive des familles de Channé seigneurs du Sollier (en 1513), Vivien seigneurs de Brethierry (en 1612 et en 1680), puis des Hospitalières de Saint-Nicolas de Fougères (en 1697) ;

l'ancien manoir de Coyé, situé route du Chatellier ;

l'ancien manoir des Boulliers, situé route du Chatellier. Propriété successive des familles Morel seigneurs de la Villegontier (en 1433), Blanchet, Pichot (en 1452), de Gaulay seigneurs du Boisguy, de la Piguelaye, de Chambellé, Morel (en 1513), de Champagné seigneurs de Chambellé (en 1540), de Grasménil (en 1587), de Gaulay seigneurs du Boisguy (en 1604). Il reste entre les mains des seigneurs du Boisguy jusqu'en 1789 ;

l'ancien manoir de Mébesnard, situé route de Villamée ;

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ANCIENNE NOBLESSE de PARIGNE

« Tout porte à croire, dit M. Maupillé, que les seigneurs de Parigné que nous trouvons en Normandie dès le XIIème siècle n'étaient autres que les premiers seigneurs de Parigné en Bretagne. Ils accompagnèrent Guillaume le Conquérant dans son expédition en Angleterre, et, pour prix des services qu'ils lui avaient rendus, reçurent de lui, dans le diocèse d'Avranches, une terre à laquelle ils donnèrent le nom de celle qui avait été leur berceau » (Notices historiques sur les cantons de Fougères, 134). Mais le premier seigneur de Parigné incontestablement reconnu est Jean de la Motte, vivant en 1340. Il eut pour fils Guillaume Ier, qui prit d'une terre en Villamée le nom de la Bouexière et fut père de Guillaume II de la Bouexière, seigneur de Parigné. Celui-ci servit avec distinction sous les ordres de du Guesclin et devint capitaine de cent hommes d'armes et gouverneur de Châtillon en 1377. Guillaume III de la Bouexière, seigneur de Parigné après lui, épousa en 1410 Nicole de Saint-Remy, dont il eut Perrine de la Bouexière, dame de Parigné. Cette dame s'unit à Michel de Parthenay, seigneur dudit lieu, chambellan du duc de Bretagne et capitaine de Fougères, et lui apporta avec la terre de Parigné celle de Saint-Etienne-en-Coglais, qu'elle possédait également. Elle mourut le 29 mai 1461 et fut inhumée en la cathédrale de Rennes. Elle laissait un fils, Jean de Parthenay, qui épousa d'abord Perrine Le Bouteiller, puis Marie Guibé ; celui-ci fut tué en 1488, à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, et sa veuve eut en douaire la terre de Parigné. Marie Guibé se remaria avec Briant de Châteaubriant, seigneur d'Orenges, et vint avec lui habiter le château des Acres, chef-lieu de la seigneurie de Parigné. Elle voulut à sa mort être inhumée dans le chanceau de l'église de Parigné. Quant à Michel de Parthenay, il survécut à son fils et ne mourut qu'en 1494. De son premier mariage Jean de Parthenay avait eu une fille nommée Françoise de Parthenay, dame de Parigné et de Saint-Etienne, qui épousa Jean sire de Lorgeril. Ces derniers moururent de contagion, le même mois, en 1483, laissant une fille unique, Guyonne de Lorgeril, qui s'unit à Jean de Rohan, seigneur de Landal, mais décéda à la fleur de l'âge dès 1502. Hélène de Rohan, fille des précédents et dame de Parigné en 1513, épousa cette même année François sire de Maure et lui apporta de nombreuses et importantes seigneuries que possédèrent leurs descendants, Claude (décédé en 1564) et Charles (décédé en 1575), l'un après l'autre comtes de Maure. La fille de ce dernier seigneur, l'une des plus riches héritières de Bretagne, Louise comtesse de Maure, épousa d'abord en 1587 Odet de Matignon, comte de Thorigny, dont elle n'eut pas d'enfants, puis Gaspard de Rochechouart, marquis de Mortemart. Mais elle conserva elle-même l'administration de sa grande fortune, augmenta encore l'importance des terres de Parigné et de Saint-Etienne en y joignant par acquêt la seigneurie du Sollier en Parigné et mourut vers 1644. Un fils de cette dame, Louis de Rochechouart, comte de Maure, hérita des terres seigneuriales de Parigné. Le 4 septembre 1653 il vendit Parigné, les Acres et le Sollier à Jean Guérin et Henriette de Volvire, seigneur et dame de la Grasserie. Il vendit aussi Saint-Etienne à Anne de Volvire, marquis de Saint-Brice, beau-père de M. de la Grasserie. Jean Guérin devint du chef de sa femme marquis de Saint-Brice, seigneur de Parigné, le Sollier, Saint-Étienne, etc., il laissa toutes ces terres à ses descendants, qui les conservèrent jusqu'à la Révolution. Anne Guérin, son fils, marquis de Saint-Brice et seigneur de Parigné, mourut en 1684, et Parigné passa à sa fille Gillette Guérin Cette dernière vint habiter les Acres et mourut en 1741. Son neveu Anne-Gilles Guérin, marquis de Saint-Brice, hérita d'elle et rendit aveu au roi pour la seigneurie de Parigné en 1742. Ce seigneur n'eut qu'une fille, Thérèse-Félicité Guérin, mariée en 1775 à Louis Le Loup, comte de Chasseloir. Cette marquise de Saint-Brice fut la dernière dame de Parigné, et tous ses biens furent vendus à Parigné par la Nation. Qualifiée de châtellenie au XVIIème siècle, la seigneurie de Parigné avait une réelle importance, surtout depuis que ses possesseurs y eurent uni les seigneuries de Saint-Étienne et du Sollier : le tout était affermé 3 000 livres en 1613. Le domaine proche de Parigné se composait du château des Acres, chef-lieu de la seigneurie, — du premier manoir de Parigné, devenu la métairie du Haut-Bourg, — des métairies de Pont-Lestard et de la Chesnaye, — des moulins de Mezerettes et de Hérisson. Le manoir et la métairie de la Cour de Saint-Etienne et les moulins de Saint-Etienne composaient le domaine de Saint-Etienne-en-Coglais. Le domaine du Sollier comprenait le manoir de ce nom, — les métairies du Sollier, de la Courbe et de l'Abbaye, et le moulin d'Avrillon. La châtellenie de Parigné jouissait d'une haute justice exercée en ce bourg. Le duc Pierre II avait, en effet, donné, le 22 octobre 1455, à Michel de Parthenay, le droit d'avoir une justice patibulaire à trois pots dans ses terres de Parigné et de Saint-Etienne. Nous ignorons où s'élevait le gibet de Parigné, mais celui de Saint-Etienne se dressait sur la lande de Saint-Eustache. Dans les deux bourgs de Parigné et de Saint-Etienne étaient fixés les ceps et colliers de la seigneurie. Par d'autres lettres datées du 11 juin 1451, le même duc Pierre II avait concédé au seigneur de Parigné un droit d'usage dans la forêt de Fougères, tant pour son chauffage que pour rebâtir ou réparer ses châteaux, métairies et moulins. Il l'avait même autorisé à faire paître en cette forêt vingt-deux mères-vaches avec leur suite et trente porcs (Archives d'Ille-et-Vilaine, E. 375). Ces droits furent fixés et réduits par l'arrêt de la réformation de 1664 à trente charretées de bois par an. Les mêmes anciens droits et trente autres charretées de bois appartenaient encore au seigneur de Parigné dans la même forêt de Fougères, à cause de sa terre du Sollier. Les fiefs de la seigneurie de Parigné s'étendaient en une demi-douzaine de paroisses : Parigné, Montault, Villamée, Lécousse, Louvigné et Mellé ; — ceux de Saint-Etienne en huit paroisses : Saint-Etienne-en-Coglais, Saint-Brice-en-Coglais, Saint-Germain-en-Coglais, Montours, Saint-Mard-sur-Couasnon, Cogles, Baillé et Saint-Sauveur-des-Landes ; — ceux du Sollier en Parigné, Landéan et Saint-Germain-en-Coglais. A cause de son Grand fief de Parigné, le sire de Parigné était seigneur de tout le bourg de ce nom et patron fondateur de l'église paroissiale, du cimetière et du presbytère. Il avait en cette église une chapelle prohibitive du côté de l'Evangile, proche le chanceau, et une lisière armoriée de la croix pattée de sable sur champ d'argent, qui est Parigné. Il jouissait encore d'un enfeu et d'un banc avec ses armoiries dans le chanceau même, et d'un autre banc également armorié dans la nef. On conserve à Parigné de nos jours des écussons sculptés en pierre provenant de l'ancienne église et présentant la croix pattée des seigneurs du lieu. Terminons par quelques mots sur le château des Acres, qui n'a été démoli qu'en 1854. Construits ou plutôt grandement restaurés en 1560 par Claude comte de Maure, les Acres se trouvaient « à environ un trait d'arc seulement de l'église parrochiale de Parigné ». Ce château formait un rectangle à deux étages flanqué de quatre tourelles à toits coniques et aigus. Une des tourelles, au Nord-Est, reposait immédiatement sur le sol et contenait l'escalier. Les trois autres tourelles étaient posées en encorbellement. Une grande arcade voûtée et à cintre surbaissé traversait le corps de logis et servait d'entrée à une vaste cour entièrement close de murs, où se trouvaient la chapelle et un autre logis, avec tourelle octogonale, qui subsiste encore. Des machicoulis apparaissaient au-dessus de cette arcade, formant portail, que protégeait aussi une herse de fer. C'était, en somme, un curieux spécimen des manoirs fortifiés du XVIème siècle, et sa disparition est vraiment regrettable (abbé Guillotin de Corson).

 

La châtellenie de Chesnaye : La Chesnaye était un petit manoir noble situé en la paroisse de Parigné et appartenant en 1513 à Gilles Boylet. Il fut, paraît-il, vendu quelque temps après, et retiré par prémesse par Jeanne Boyle, femme de Pierre Harpin, seigneur des Coudrais, qui prit alors le titre de seigneur de la Chesnaye. En 1531, ce seigneur habitait la Chesnaye et se trouvait âgé de cinquante-huit ans ; en 1540, étant devenu veuf, il rendit aveu à la baronnie de Fougères, au nom de ses enfants mineurs, pour « la salle et la métairie de la Chesnaye ». L'année suivante, écuyer Pierre Harpin présenta pour lui à la montre des nobles Gilles Guillon, « monté et armé en estat  d'archer  » ; il déclara en même temps n'avoir que 120 livres de revenu noble. Le 27 juin 1548 Jean Harpin et Françoise Le Jeune, sa femme, firent hommage au roi pour leur terre de la Chesnaye. Un an après, Jacques Harpin, seigneur de la Chesnaye, fit le 18 juin 1549 aveu au roi pour cette même terre, qu'il dit tenir de la succession de ses père et mère. Il épousa Jeanne du Hallay, dont il eut François Harpin, reçu en 1568 conseiller, puis en 1581 président à mortier au Parlement de Bretagne. Ce François Harpin, seigneur de la Chesnaye, était aussi en 1579 « conseiller au conseil privé du roi et maître des requêtes ordinaires de son hôtel », et chevalier de l'Ordre du roi. Il mourut le 17 octobre 1607, âgé de soixante-sept ans, et sa veuve, Thomasse Champion, fit déposer son coeur dans la chapelle Saint-André de la cathédrale de Rennes, sous un petit monument orné d'une longue inscription latine. Quant à son corps, il fut inhumé dans l'enfeu que le roi lui avait concédé au chanceau de l'église Saint-Léonard de Fougères. Perronnelle Harpin, fille du précédent, avait épousé Pierre de Malenoë, seigneur dudit lieu ; elle hérita de la châtellenie de la Chesnaye, pour laquelle son mari et elle firent hommage au roi en 1618. Pierre de Malenoë, chevalier de l'Ordre du roi, né en 1581, mourut le 22 décembre 1636, laissant pour successeur son fils Jacques de Malenoë, également chevalier de l'Ordre du roi, époux de Léonore du Bellay. Ce fut ce dernier seigneur qui vendit 100 000 livres, le 14 octobre 1655, la châtellenie de la Chesnaye à Marguerite Bidé, veuve de Jean Geffelot, seigneur des Alleux, et à son fils aîné, Sébastien Geffelot, aussi seigneur des Alleux et conseiller au Parlement de Bretagne. Le nouveau seigneur de la Chesnaye en fit hommage au roi en 1663 ; il avait épousé en 1659 Calliope de Tanouarn et mourut à Rennes le 22 mai 1689, âgé de soixante ans ; son corps fut inhumé en l'église Saint-Etienne de cette ville. Son fils aîné, Joseph-Charles Geffelot, devint alors seigneur de la Chesnaye ; il épousa Françoise de Botherel et mourut en 1740. François Geffelot, fils du précédent, fit hommage an roi en 1747 pour sa châtellenie de la Chesnaye ; il épousa : - 1° Françoise du Bois-Le-Bon, qui mourut au manoir de Marigné le 23 octobre 1749 ; - 2° Jeanne-Françoise de la Roche-Saint-André, qui ne décéda également à Marigné qu'en 1801. Son fils et successeur, François-Jean Geffelot, fit hommage au roi pour la Chesnaye en 1784 ; il avait épousé en 1780 Marie-Anne de Châteaubriand, fille du comte de Combourg. Quand vint la Révolution, ce dernier seigneur de la Chesnaye resta en France, habitant tantôt Paris, tantôt Marigné, ce qui empêcha la Nation de confisquer et de vendre ses terres. Sa veuve, connue sous le nom de Mme de Marigny, est morte centenaire à Dinan, vers 1860 ; c'était la sœur du grand écrivain Châteaubriand, qui vint parfois séjourner chez elle à Marigné, où son souvenir subsiste encore.

La terre de la Chesnaye en Parigné avait par elle-même peu d'importance, mais François Harpin, étant en même temps possesseur des terres nobles des Coudrais en Villamée et de Marigné en Saint-Germain-en-Coglais, obtint de Charles IX l'union de ces trois seigneuries et leur érection en châtellenie sous le nom de la Chesnaye, avec haute justice à trois piliers. Les lettres royales d'érection, datées d'octobre 1572, furent enregistrées au Parlement de Bretagne le 12 février 1574 (Archives du Parlement de Bretagne). La châtellenie de la Chesnaye avait des fiefs en dix paroisses : Parigné, Saint-Germain-en-Coglais, Villamée, Montours, Poilley, Montault, le Châtellier, Louvigné-du-Désert, Lecousse et Saint-Léonard de Fougères. Sa haute justice s'exerçait à Fougères. Le seigneur de la Chesnaye avait droit de tenir au village de Querrée en Saint-Germain-en-Coglais, autour de la chapelle de Notre-Dame, un marché tous les vendredis et quatre foires par an, le lendemain des foires se tenant à Fougères à la Chandeleur, à la Pentecôte, à la Magdeleine et à la fête de saint Léonard. Il avait, en outre, droit à deux autres foires en la même paroisse de Saint-Germain, sur le placîs de la chapelle du manoir de Marigné, l'une le jour Saint-Jacques (1er mai) et l'autre le jour Saint-François (4 octobre) ; les coutumes levées à ces foires et marchés lui appartenaient. Le Dimanche-Gras, ce seigneur pouvait « faire ses vassaux de Parigné jeter et courir la soule en la prée de la Menselle, contenant 8 journaux et sise près de son manoir de la Chesnaye », après avoir toutefois fait avertir lesdits vassaux au prône de la grand'messe de Parigné (Archives de Loire Inférieure, v. Parigné).

Le seigneur de la Chesnaye se disait fondateur de l'église de Villamée, où il avait ses banc, enfeu et lisière, et de la chapelle Saint-Jacques de Marigné, considérée par lui comme une fillette de l'église de Saint-Germain ; on voit encore dans ce petit sanctuaire les armoiries des Harpin, ses fondateurs : d'argent à l'aigle impériale de sable. Il avait aussi reçu, en 1578, du roi Henri III, baron de Fougères, un droit d'enfeu dans le choeur de l'église Saint-Léonard de Fougères, à gauche du maître autel, avec banc à queue et accoudoir dans la nef de la même église (Maupillé, Notices historiques sur les cantons de Fougères, 73). 

Voici quel était en 1579 le domaine proche de la châtellenie de la Chesnaye : Le manoir de la Chesnaye en Parigné, avec ses tours, cour, douves, colombier, bois, rabines, etc., — le manoir de Marigné en Saint-Germain-en-Coglais, avec ses tours et tourelles, chapelle, colombier, étang et moulin, etc., — le manoir des Coudrais en Villamée, avec colombier, bois, étang et moulin, —  les métairies de la Chesnaye en Parigné, de la Sensie et du Rocher de la Gelinaye en Saint-Germain, de la Retenue et du Bas-Coudray en Villamée, — le moulin de la Roullaye en Montours (Archives de Loire Inférieure). Après l'érection de la Chesnaye en châtellenie, les seigneurs du lieu fixèrent leur résidence à Marigné, dont le manoir fut construit à cette époque tel qu'il subsistait encore en 1832. Ce vieux logis fit alors place à la maison actuelle, qui occupe le centre d'un joli parc ; cette belle propriété est habitée par la famille de Pommereul., à laquelle elle appartient (abbé Guillotin de Corson).

 

Les seigneuries de La Villegontier et de La Tendraye : Dans la paroisse de Parigné se trouvaient deux terres nobles qui, quoique anciennes, n'avaient au moyen-âge qu'une médiocre importance. Elles se nommaient l'une la Villegontier, l'autre la Tendraye (Tendrais). Unies dès le XVIIème siècle, ces deux terres sont encore en mêmes mains à la fin du XIXème siècle, mais la première n'est alors plus qu'une maison de ferme, et la seconde a pris le nom de Château de la Villegontier. Pour connaître la seigneurie de ce dernier nom, telle qu'elle existait au XVIIIème siècle, il faut donc parler successivement de deux terres. Commençons par l'ancienne Villegontier. Cette terre semble devoir son nom à un certain Gontier « Gunterius » signalé au XIIème siècle dans le pays de Fougères. C'est peut-être à cette famille qu'appartint Alain Gontier, évêque de Saint-Malo de 1317 à 1333. Toujours est-il que la Villegontier fut certainement le berceau d'une autre famille portant son nom et représentée à la croisade de 1248 par Guillaume de la Villegontier (Potier de Courcy – Nobiliaire de Bretagne, I, 460 et III, 225). Mais cette dernière famille, quoique existant encore au XVIIIème siècle aux environs de Fougères, ne possédait plus depuis quatre cents ans au moins la terre noble dont elle portait le nom. La Villegontier appartenait, en effet, dès le commencement du XVème siècle, à Honorée du Bouays, femme d'Olivier de la Houssaye ; cette dame la vendit en 1430 à Pierre Morel, bourgeois de Fougères, alors âgé de trente-trois ans, qui s'empressa d'en rendre aveu au duc de Bretagne, baron de Fou­gères, le 13 mars 1432 (Archives de Loire-Inférieure). Pierre Morel vivait encore en 1452, mais dix ans plus tard la Villegontier appartenait à Alain Morel, probablement son fils. En 1474 c'était la propriété de Guillaume Morel, frère du précédent et mari de Colline de Saint-Germain (Archives de Loire-Inférieure). Le 2 décembre 1539, Geffroy Morel, fils de Guillaume, présenta au roi l'hommage de sa terre seigneuriale de la Villegontier dont il fit ensuite la déclaration le 26 juin 1540 (Archives de Loire-Inférieure, B, 1007). Son fils Marc Morel, époux de Françoise de Tallys, n'eut qu'une fille, Marie Morel, décédée sans postérité, et la succession de cette dame fut recueillie par son oncle, François Morel, seigneur de Monthallay en Saint-Georges-de-Reintembault. Ce seigneur avait épousé, par contrat du 9 novembre 1544, Vincente de la Fontaine, soeur du seigneur de la Fontaine en Laignelet, qui lui donna trois mille écus d'or pour sa part de la succession de leurs parents défunts, plus trois cents livres pour ses meubles et bijoux (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 371). François Morel fit hommage au roi, le 20 novembre 1548, pour la Villegontier (Archives de Loire-Inférieure, B, 1009), mais il vendit cette terre peu de temps après, le 19 janvier 1549, à Jean Le Corvaisier et Gillette de Bourgon, seigneur et dame de Pellaine en Saint-Sauveur-des­-Landes (Notes de M. le vicomte Le Bouteiller). Le 18 avril 1553, Jean Le Corvaisier rendit hommage au roi pour son acquisition. En 1559 il était mort et la Villegontier se trouvait partagée en trois portions. Sa veuve, Gillette de Bourgon, en avait la moitié, Olivier Le Corvaisier, son fils aîné, possédait un quart et le reste appartenait à Jeanne Georget, veuve de Michel Le Corvaisier (Archives de Loire-Inférieure, B, 1009 et 1400). Cet Olivier Le Corvaisier, chanoine de Dol, était issu d'un premier mariage de Jean Le Corvaisier avec Françoise des Nos ; il finit par posséder la terre entière de la Villegontier dont il fit la déclaration au roi le 16 mai 1569. Il laissa cette seigneurie vers 1580 à son neveu Jean Le Corvaisier, seigneur de Pellaine, qui épousa successivement Renée Godart et Jeanne Malherbe. Cette dernière était veuve et tutrice de plusieurs de ses enfants quand elle fit au roi hommage le 8 décembre 1600 et aveu le 11 mai 1602 pour les manoir, terre et fiefs de la Villegontier (Archives de Loire-Inférieure, B, 181, 201 et 1011). René Le Corvaisier, seigneur de Pellaine, fils de Jean et de sa première femme, Renée Godart, reçu en 1617 conseiller au Parlement de Bretagne, épousa Perrine Monneraye et fit au roi hommage le 7 novembre 1623 et aveu le 15 octobre 1630 pour sa terre de la Villegontier (Archives de Loire-Inférieure, B, 1011). Lui et sa femme firent en 1627 une fondation en l'église conventuelle des Grands-Carmes de Rennes (Archives d'Ille-et-Vilaine, 20 H, 3). René Le Corvaisier était mort en 1654 et sa veuve Perrine Monneraye fut inhumée le 28 septembre 1659 dans l'église Saint-Aubin de Rennes en la chapelle de Saint-Eustache (Registres paroissiaux de Saint-Aubin de Rennes). Leur fille Perrine Le Corvaisier avait épousé, le 23 janvier 1631, dans la chapelle du manoir épiscopal de Rennes, Pierre Frain, seigneur d'Iffer en Acigné et conseiller au Présidial de Rennes ; c'était le fils de Sébastien Frain, sénéchal de Fougères, auteur estimé de Commentaires sur la coutume de Bretagne et anobli en 1624. Perrine Le Corvaisier apporta à son mari la terre seigneuriale de la Villegontier pour laquelle Pierre Frain fit hommage au roi le 30 octobre 1654 (Archives de Loire-Inférieure, B, 1024). De leur union naquit Sébastien Frain, sénéchal de Fougères, comme son père et son grand-père, maintenu en état de noblesse en 1668 et marié à Fougères, le 20 janvier 1660, à Marie-Charlotte Grout. Ce dernier fit, le 22 novembre 1679, à la baronnie de Fougères, la déclaration de sa seigneurie de la Villegontier (Archives de Loire-Inférieure, B, 1404). Ayant perdu sa femme le 1er avril 1673, il mourut lui-même le 3 décembre 1699 (abbé Pâris-Jallobert – Registres paroissiaux de Fougères, 130 et 152). Il eut pour héritier son fils, autre Sébastien Frain, également sénéchal de Fougères, marié le 3 mars 1696, à Perrine de Brégel. Celui-ci fit au roi aveu le 25 juin 1700 et hommage le 6 juin 1722 pour la Villegontier. Il décéda le 11 mai 1738 et Perrine de Brégel, sa veuve, perdit bientôt après, son fils aîné, Sébastien Frain, lieutenant des grenadiers au régiment des Gardes françaises, tué au combat d'Ettingen, le 28 juin 1743 (Archives de Loire-Inférieure – Perrine de Bregel mourut elle-même le 9 mai 1753). La seigneurie de la Villegontier passa par suite de ce décès à son autre fils Maurice-Gabriel Frain, prieur de Notre-Dame de Fougères et de la Dauphinaye. Cet ecclésiastique décéda le 12 juillet 1713, à Fougères, et sa succession échut à son frère cadet René-Joseph Frain qui fit hommage au roi pour la Villegontier le 9 septembre 1775 (Archives de Loire-Inférieure, B, 993). La même année ce seigneur avait épousé, le 23 février, à Saint-Etienne de Rennes, Mélanie-Louise Fournier de Pellan, fille du seigneur du Petitbois en Renac. René-Joseph Frain mourut le 22 septembre 1782 et sa veuve le suivit dans la tombe le 25 septembre 1783 (abbé Pâris-Jallobert – Registres paroissiaux de Fougères, 130 et 131). L'année suivante le tuteur de leurs enfants fit hommage au roi, le 17 juin 1784, pour la seigneurie de la Villegontier (Archives de Loire-Inférieure, B, 1063). L'aîné de ces enfants fut le dernier seigneur de la Villegontier : Louis-Spiridion Frain, né à Fougères le 25 janvier 1776, eut pour parrain et marraine le duc de Penthièvre et la princesse de Lamballe. Marié en 1806 à Adelaïde de Boisgelin de Kerdu, créé en 1819 comte et pair de France, il mourut à la Villegontier le 3 juin 1849 (Annuaire de la noblesse, 1896). Son petit-fils, M. le comte Frain de la Villegontier, est à la fin du XIXème siècle propriétaire de la Villegontier qu'il habite. 

Parlons maintenant de la Tendraye (Tendrais), vieux manoir portant aujourd'hui le nom de la Villegontier. Au XVème siècle la Tendraye appartenait à une famille d'origine bretonne appelée Le Déan, en français Le Doyen. Guillaume Le Déan en 1430, Pierre Le Déan en 1433 et autre Guillaume Le Déan en 1459 rendirent aveu aux ducs de Bretagne barons de Fougères pour leurs manoir, domaine et fiefs de la Tendraye (Archives de Loire-Inférieure, B 1364). Ce dernier Guillaume Le Déan laissa sa seigneurie à sa fille Gillette Le Déan qui épousa Guillaume du Chastellier, seigneur de la Pouardière en Saint-Germain-en-Coglais (Saint-Germain-en-Cogles). L'un et l'autre rendirent aveu, le 24 janvier 1474, pour la Tendraye (Archives de Loire-Inférieure, B 1364). Catherine du Chastellier, leur fille, s'unit à N... Le Jeune et mourut en 1510. Elle laissait la seigneurie de la Tendraye à son fils Michel Le Jeune qui fit au roi hommage le 12 décembre 1539, et aveu, le 17 mai 1540, pour cette terre (Archives de Loire-Inférieure, B 1364). Ce Michel Le Jeune épousa Jeanne-Marie du Hallay, fille du seigneur de Bonteville. De cette union sortit Jacques Le Jeune, seigneur de la Tendraye, qui fit la déclaration de cette terre le 14 novembre 1550 ; il fit alliance avec Julienne de Cornillé dont il eut Jean Le Jeune, seigneur de la Tendraye, époux de Marie Morel. Ces derniers étaient morts en 1588, car cette année-là Guy de Cornillé, seigneur de la Bichetière, tuteur de leur fils orphelin et mineur, Eustache Le Jeune, fit au nom de celui-ci au roi aveu le 6 mars et hommage le 3 mai pour la seigneurie de la Tendraye (Archives de Loire-Inférieure, B 1012). Eustache Le Jeune mourut dès 1605, laissant la Tendraye à son fils Jean Le Jeune qui en fit hommage au roi le 10 mai 1617 (Archives de Loire-Inférieure, B 1011). Ce seigneur épousa Marguerite de Bonnefosse qui lui donna plusieurs enfants, baptisés à Parigné, de 1614 à 1627. Il mourut en 1653 et sa veuve le 24 juin 1660 ; le corps de cette dame fut conduit pour y être inhumé à l'église conventuelle des Cordeliers, dans la forêt de Fougères (abbé Pâris-Jallobert – Anciens registres paroissiaux de Fougères, 41). Leur fille aînée Jeanne Le Jeune épousa d'abord Henry des Nos, seigneur de la Tannière, qui fit testament à la Tendraye le 29 septembre 1652, — puis, par contrat du 31 décembre 1667, Jean de la Sauldraye, seigneur de Mésaubouin en Billé. Elle hérita de la Tendraye pour laquelle elle fit hommage le 8 juin 1655 et rendit aveu le 15 mars 1657 (Archives de Loire-Inférieure, B 1024 et E 242). Elle mourut le 25 septembre 1676. François des Nos, issu du premier mariage de Jeanne Le Jeune, devint alors seigneur de la Tendraye, dont il fit le 11 juin 1678 la déclaration à la baronnie de Fougères (Archives de Loire-Inférieure, B 1404). Mais il ne conserva pas cette terre qu'il vendit en deux fois, d'abord par contrat du 16 janvier 1678, puis le 23 janvier 1680, à Sébastien Frain, seigneur de la Villegontier. Celui-ci fit au roi pour les manoir, terre et fiefs de la Tendraye hommage le 18 août 1681 et aveu le 12 décembre 1682 (Archives de Loire-Inférieure, B 989). Depuis lors la Tendraye est demeurée en mêmes mains que la Villegontier, et, comme nous l'avons dit, son manoir a, à la fin du XIXème siècle, supplanté celui de la Villegontier réduit à l'état de simple métairie. La terre de la Villegontier était le gage féodé de la seigneurie du Coglais (Coglès) dépendant de la baronnie de Fougères. Son propriétaire était par suite chargé du devoir de cueillir les rentes dues au baron de Fougères dans tout le bailliage du Coglais comprenant « les paroisses de Cogles, la Celle-en-Coglais (Selle-en-Coglès), Saint-Brice, Saint-Etienne, Montours, Saint-Germain, le Châtellier et Parigné, et, en outre, quelques fiefs dans les paroisses du Ferré, de Poilley et de Villamée » (Maupillé – Notices historiques sur les cantons de Fougères, 140). C'est en qualité de sergent du Coglais (Coglès) qu'en 1462 Alain Morel, seigneur de la Villegontier, fut appelé à comparaître au Parlement du duc de Bretagne tenu à Vannes (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, III, 5). A cause de sa sergentise féodée le possesseur de la Villegontier était tenu d'offrir au baron de Fougères chaque année « deux pipes de vin d'Anjou, l'une de la Quinte d'Angers, l'autre du terroir de Chasteaugontier » (Archives de Loire-Inférieure, B 201). Quant à la Tendraye, c'était simplement le gage féodé d'une sergentise de la forêt de Fougères ; en conséquence, son propriétaire était chargé de recueillir les rentes dues par les usagers de cette forêt et les amendes encourues par les délinquants dans ses bois ; il jouissait d'ailleurs lui-même des droits d'usage dans la forêt pour le pâturage, le bois de chauffage, le bois de construction, etc. Dès 1430, Guillaume Le Déan déclarait tenir en de telles conditions de la baronnie de Fougères ses manoir et terre de la Tendraye (Archives de Loire-Inférieure). Au point de vue des juridictions seigneuriales la Villegontier ne jouissait à l'origine que d'une basse justice, tandis que la Tendraye en avait une moyenne. Les deux terres et leurs fiefs relevaient directement de la baronnie de Fougères, possédée jusqu'en 1428 par le baron de ce nom, puis par les ducs de Bretagne qui l'avaient achetée et enfin par les rois de France, héritiers du duché de Bretagne. D'après M. Maupillé, en 1682, les deux juridictions de la Villegontier et de la Tendraye, se trouvant appartenir au même seigneur, s'exerçaient en haute justice dans la ville même de Fougères (Maupillé et Bertin – Histoire de Fougères, 70). Les principaux fiefs de la Villegontier étaient en Parigné ceux de la Gravelaye, la Forestrie, la Nonardière, les Grande et Petite Pesnayes, le fief Herbron, etc. (Maupillé – Notices historiques sur les cantons de Fougères, 141). Une partie des fiefs de la Tendraye s'étendait en Landéan ; tels étaient le bailliage du Rocher ou des Potiers et celui de la Vieuxville comprenant les masures de la Vieuxville, la Poivrerie, les Mats et Pierre-Aube. « Les hommes du fief du Pont en Parigné devaient tous les ans au seigneur de la Tendraye un chapeau de boutons de roses rouges, à trois rangs et cousu de fil noir, qu'ils devaient lui présenter dans son banc en l'église paroissiale de Parigné, au jour et fête de saint Jean-Baptiste, entre les deux élévations de la grand'messe » (Maupillé – Notices historiques sur les cantons de Fougères, 142). D'autre part, le seigneur de la Villegontier devait au seigneur châtelain de Parigné, à cause de certaine prairie dépendant de ses fiefs, « à chaque messe de minuit de la feste de Noël, un cierge de cire blanche pesant deux livres et présenté audit seigneur de Parigné en son banc au chanceau de l'église paroissiale » (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 375). Le sire de Parigné était, en effet, seigneur fondateur de l'église de cette paroisse. C'est en cette qualité que Louise de Maure, dame de Parigné et femme de Gaspard de Rochechouart, marquis de Mortemart, autorisa en 1620 René Le Corvaisier, seigneur de la Villegontier, à poser un banc armorié de ses armes au-dessous du sien, au haut de la nef de l'église de Parigné et devant l'autel de saint Antoine, du côté de l'évangile (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 375). En 1691 le roi, comme baron de Fougères, avait également concédé un banc et un enfeu au seigneur de la Villegontier dans l'église paroissiale de Saint-Léonard à Fougères (Archives de Loire-Inférieure, B, 89). Quant au seigneur de la Tendraye, il avait aussi lui un banc dans l'église de Parigné, puisqu'il y recevait sa couronne de roses à la fête de saint Jean. De plus, Jean Le Jeune et Marguerite de Bonnefosse, seigneur et dame de la Tendraye, ayant en 1633 fondé, en faveur de leur fille Thomasse Le Jeune, le monastère des religieuses Urbanistes de Fougères, un enfeu leur avait été concédé, à eux et à leurs successeurs, dans l'église de ce couvent (Frain – Le tiers état au Petit Maine, 20 et 21). Le domaine proche de la Villegontier se composait au XVIIème siècle de ce qui suit : Le manoir de la Villegontier avec sa salle, une tour carrée et une tourelle, sa chapelle et son colombier, son étang et son moulin pour lesquels il était dû au baron de Fougères 10 sols de rente chaque année, ses rabines et ses bois, etc. — les métairies de la Villegontier et de la Bassecour — l'ancien manoir et la métairie du Beschet (nota : La terre noble du Beschet en Parigné, propriété au XVème siècle de la famille du Beschet, fut vendue en 1664 par Charlotte de Poilley, femme de François de Romilley, marquis de la Chesnelaye, à Sébastien Frain, seigneur de la Villegontier) — la métairie noble de l'Artoire en Landéan — l'ancien manoir et la métairie de la Barraye en Parigné  (nota : Cette terre noble fut vendue en deux portions à Sébastien Frain, seigneur de la Villegontier, l'une en 1672 par Jean Ferron, l'autre en 1678 par François des Nos), etc. Le domaine proche de la Tendraye comprenait à la même époque : Le manoir de la Tendraye avec sa métairie de même nom — la métairie noble de la Terrouas en Parigné — le moulin du Bas-Hérisson pour lequel il était dû 10 sols de rente à la baronnie de Fougères — le moulin de la Tendraye taxé à 1 sol, 8 deniers de rente due à la même baronnie, etc. (Déclarations de la Villegontier en 1679 et de la Tendraye en 1682). A la fin du XIXème siècle, avons-nous dit, l'ancienne Villegontier est devenue la demeure d'un fermier, et le propriétaire, M. le comte Frain de la Villegontier, habite le manoir de la Tendraye, restauré et nommé la Villegontier. C'est un assez vaste logis sans caractère architectural, mais occupant le centre d'un fort beau parc tracé à l'anglaise. Le Nançon coule le long de ce parc, le séparant de la forêt de Fougères, dont les ombrages séculaires se projettent sur les riantes prairies qu'arrose cette rivière. Une longue pièce d'eau s'étend en outre entre le château et la forêt ; à une extrémité de l'enclos se trouve l'ancien manoir de la Villegontier et à l'autre bout s'élève la pittoresque colline qu'occupait au moyen-âge la maison seigneuriale du Sollier. L'ensemble de la nouvelle Villegontier est d'un agréable et séduisant aspect (abbé Guillotin de Corson).

Villegontier (de la), sr. dudit lieu, en Parigné, — de la Lande, en la Chapelle-Janson, — de la Chapelle, en Saint-Georges de Reitembault, — des Orières, — de la Coustelière, en Saint-Léonard, — du Mesnil, — de Leffinière, — de la Jalesne. Cette famille de noble extraction a pris part à la réforme de 1513 dans la paroisse de Saint-Georges de Reitembault et la Chapelle-Janson, évêché de Rennes, et produit huit générations en 1669. Blason : D'argent, au chevron d'azur, au chef d'azur, chargé d'une fleur de lys d'or. On trouve : Guillaume de la Villegontier, croisé en 1248. — More, receveur des fouages à Fougères en 1500, s'est plégé et opposé par la Cour de Rennes à l'encontre des collecteurs, et épouse : 1° Guillemette de Saint-Germain ; 2° Ambroise Le Porc. — Un page du Roi en 1755. La branche aînée fondue dans Morel ; — moderne, Frain. Cette famille Frain, qui n'est autre que celle de la Villegontier actuelle, n'a avec l'ancienne du même nom d'autre différence que dans les armes qui se blasonnent ainsi : D'azur, au chevron d'argent, accompagné en chef de 3 têtes de boeufs d'or et en pointe d'un croissant de même. Srs. de la Villegontier, — du Chesnaye, — de la Marqueraye, — de la Vrillière, les Frain ont été maintenus à la grande réforme de 1669, en ressort de Rennes. Ils ont produit : Guillaume, l'un des témoins élus et jurés pour la réforme des fouages de Cesson en 1513. — Bonaventure, huissier à la Cour du Parlement en 1590. — Sébastien, avocat du Roi au Présidial de Rennes, en 1593, puis sénéchal de Fougères, auteur de commentaires sur les coutumes, anobli en 1624. — Un pair de France, élevé au titre de comte (J. de Kersauson). 

(à compléter)

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