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OUDON

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La commune d'Oudon (bzh.gif (80 octets) Oudon) fait partie du canton d'Ancenis. Oudon dépend de l'arrondissement d'Ancenis, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de OUDON

Oudon vient du celte "ould" (rivière).

Oudon a donné son nom à des seigneurs particuliers dont les plus anciennement connus sont Amaury, Radulf ou Raoul et Jean. Amauricus de Odonio, Radulfus de Odonio, Johannes de Uldono, sont tous trois nommés dans l'acte de fondation du prieuré de Chasteau-Ceaulx (Champtoceaux), daté de l'an 1038. Au commencement du XIIème siècle, nous trouvons Hervé d'Oudon, en 1110. Le bourg d'Oudon se développe au XIIème siècle lorsque à la demande de Guillaume d'Oudon (Willelmus de Uldone) un prieuré est fondé en 1130 par des moines bénédictins, en présence de Brice, évêque de Nantes, et de l'abbé de Saint-Aubin-d'Angers. Guillaume ajoute au don qu'il avait fait de l'église, un terrain, où les moines devaient placer un cimetière, une église et un logement pour eux-mêmes, et il fut stipulé que toutes les personnes qu'ils voudraient admettre comme habitants, seraient exempts de toute coutume, immunes ab omni consuetuedine, excepté de la garde du château et de l'obligation se suivre le seigneur dans ses expéditions militaires. Il est fait mention, dans le titre, de Geoffroy, Gaufridus, frère de Guillaume, et d'Alexandra, leur mère. Cette charte tirée de l'abbaye de Saint-Aubin, est très importante. Elle nous donne la date précise de la primitive fondation de la ville d'Oudon, qui s'est élevée peu à peu autour de l'église, que des moines de Saint-Aubin d'Angers vinrent desservir, à la sollicitation et grâce à la munificence du seigneur d'Oudon. Elle prouve que le château existait bien antérieurement.

Geffroy ou Gaufrid, frère de Guillaume d'Oudon, fut blessé grièvement, vers 1140, dans l'armée du comte d'Anjou, à Chasteau-Ceaulx. In exercitu comitis andegavensis apud castrum celsum. Réduit à l'extrémité, il se fit porter dans la maison des moines d'Oudon, in domum monachorum de Uldone, et là demanda dévotement, devote, l'habit de moine. Il leur donna pour ce pieux motif l'emplacement d'un moulin sur la Loire, une pêcherie, un complant de la vigne de Guihennoc Burel et tous ses prés de Vieille-Court, omnia prata sua de Veteri-Curte. Vieille-Court était un château-fort, à une lieue au Nord d'Oudon sur la rive gauche de la rivière du Havre. Il fut démantelé à la fin du XIVème siècle, par les ordres de Jean de Montfort, alors que cette place appartenait au connétable de Clisson, prisonnier de ce prince déloyal, à la suite du lâche guet-à-pens du château de l'Hermine. La suite des seigneurs d'Oudon est ici interrompue, et il faut aller en plein XIIIème siècle, jusqu'en 1254, pour trouver Guillaume Willelmus et Radulf d'Oudon, de Uldone. Précédemment, en 1236, le château d'Oudon, avait été pris par le roi saint Louis, apparemment dans la campagne contre Pierre Mauclerc. Ce sont là les derniers seigneurs du nom d'Oudon.

En 1317, cette seigneurie appartenait on ne sait comment à Alain de Chasteau-Giron (Châteaugiron), dont le fils Hervé épousa l'héritière de Malestroit. Le fils puîné d'Hervé fut seigneur d'Oudon, de Couffé, du Cellier et de la Vieille-Court. Il mourut en 1415. Ce fut lui, Alain de Malestroit, qui fit rebâtir en partie le château d'Oudon, y compris la tour octogone ou donjon. On trouve aux archives de la Préfecture de Nantes, Arm. G., cass. D., N°. xxxij, un acte du 22 mai 1392, intitulé : La Lettre de la fortification du chastel d'Oudon sur Monseigneur Alain de Malestroit, par lequel celui-ci demande au duc jean de Montfort : "Le congé et licence de faire et edifier chasteau et forteresse au dit lieu et place d'Oudon et ès appartenances," après avoir expliqué : "que autreffoiz il y eust eu forteresse, et promis d'abattre et araser le chasteau et forteresse de Vieille-Court".  

Une forteresse, entre les mains de Nominoë, se trouvait jadis à l'emplacement du château qui existe aujourd'hui. La position est en effet stratégique : située sur la rive droite de la Loire, la seigneurie est en terre bretonne. Jusqu'au XIVème, le château est maintes fois assailli : Henri Plantagenêt (1174), Jean sans Terre (1214), Saint Louis (1230), Charles de Blois (1341).

A noter que Jean de Malestroit, mort en 1449, était seigneur d'Oudon, puis Alain, son fils, mort en 1483, puis Jean, fils aîné d'Alain. Jean mourut sans enfant, et Guillaume, son frère puîné, lui succéda et mourut en 1519. Jean et Julien de Malestroit furent convaincus d'assassinat sur le seigneur de la Muce-Pont-Hus et de fausse monnaie : " En 1527, la maison et seigneurie d'Oudon fut « dissipée » par un malheur déplorable, car Jean et Julien de Malestroit, enfants de Guillaume et de François de la Noë, dame de la Noë en Goulaine, « forlignèrent » de la vertu de leurs ancêtres, tyrannisant tellement leurs sujets qu'ils en furent cités en justice ; mais enfin Louis Droüet, natif d'Oudon, avocat au Conseil privé, les amena à de meilleurs sentiments ; mais bientôt ils reprirent leurs exactions et voulurent contraindre leurs sujets à prendre la fausse monnaie qu'ils fabriquaient en leur tour d'Oudon ; et, comme un crime attire l'autre, s'étant trouvés au cimetière des Jacobins de Nantes avec le seigneur de la Muce Pont-Hus, sur quelques paroles piquantes, ils mirent la main à l'épée et le tuèrent, puis se sauvèrent dans leur château d'Oudon, Ayant été informé de ces crimes, le roi François Ier fit commandement au duc d'Etampes d'aller mettre le siège devant la tour et château d'Oudon, ce qui fut exécuté. Les deux frères furent pris, conduits aux prisons du Bouffay à Nantes, et condamnés à mort par M. Guillaume l'Huillier, commissaire du roi, pour poursuivre les faux-monnayeurs qui se trouveraient en Bretagne. Leurs biens furent confisqués au bénéfice du roi qui vendit la terre d'Oudon pour la somme de 8.000 écus (d’après Albert de Morlaix). Au XIVème siècle, on était encore plus sévère envers les faux-monnayeurs. Des accusés ayant avoué « avouer fait fausse monnoie au coing de M. de Bretaigne et à ses armes » furent, en 1386, condamnés à « estre bouillis en eau chaude jusques à la mort endurer », et leurs biens furent aussi confisqués au profit du duc (Dom Morice, Tome II. col. 523) ".

Après l'exécution des Malestroit, pour crime de fausse monnaie, la seigneurie d'Oudon est confisquée en 1540 par le roi François Ier et donnée ou vendu à Raoul du Juch. Claude du Juch, fille de Raoul, vendit cette terre à René du Bellay, mari de Madeleine de Malestroit, soeur des coupables. Claude du Bellay en hérita et la vendit, vers 1553, à Anne de Montmorency, connétable de France. A signaler que dans les premiers jours d'octobre 1565, le jeune roi Charles IX était à Chasteau-Ceaulx qui appartenait alors au connétable de Montmorency, gouverneur de Nantes. Il y était venu sur l'invitation du connétable en se rendant à Nantes où il arriva le 12 octobre au soir. Il s'y rendit en passant à la tour d'Oudon, qui était une autre seigneurie d'Anne de Montmorency. Les Montmorency transmettent ensuite la seigneurie d'Oudon par héritage, aux Condé qui la possèdent encore en 1789.  

Indépendamment de la châtellenie d'Oudon, il y avait dans la paroisse d'Oudon, haute, moyenne et basse justice à Omblepied, ancienne seigneurie des Saffré et des de Bruc, appartenant ensuite aux Fleuriot.

Nota : liste non exhaustive des curés d'Oudon : Alain Leroyer (vers 1503), Michel Pimeul (vers 1450 à 1553), Michel Testouin (de 1620 à 1640), Mathurin Terrier (de 1643 à 1670 ou 1671), Urbain Morin (de 1671 au 20 mars 1682), Henri Foucault (du 6 juin 1682 à 1703), De Coningham (de mai 1703 au 26 juillet 1712), Charles Guérin de la Roche-Palière, Bonnefont (de 1721 à 1727), Lefrançois (de 1727 à 1732), Maussion (de 1732 à 1762 ou 1763), Gilles Maussion, neveu du précédent (de 1762 à 1792). De 1792 à 1800, Oudon est privé de prêtre, et le ministère est exercé secrètement, surtout par M. Allaire, curé de Champtoceaux. Letixier-Desjardins, du 20 avril 1800, pris le titre de vice-gérant de l'église d'Oudon jusqu'à la fin de 1802, puis de desservant. Il bénit en 1805 la cloche qui existe encore aujourd'hui. En 1818, il fit réparer l'église et il quitta Oudon en 1818. On trouve, à partir de 1819, Pierre Leroux, démissionnaire à cause de mauvaise santé en octobre 1843. François Thomas Ollivier devient curé à partir de 1843.

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PATRIMOINE de OUDON

l'église Saint-Martin, dont l'édification est décidée en 1845. L'ancienne église, sous l'invocation de saint Martin de Tours, datait du XIIème siècle. La nef est terminée par une abside à pans coupés. Le transept possède deux petites absides en hémicycle, les bas côtés sont ouverts sur la nef par quatre grandes arcades soutenues par des piliers cantonnés de colonnes sur chaque face. Des sacristies sont adossées aux petites absides. La longueur totale de l'église est de 47 mètres et sa largeur dans le transept est de 20 mètres, et la hauteur de la voûte sous clef est de 13 mètres. La façade présente la porte principale ornée de colonnes et porte dans son tympan le Sauveur accompagné des emblèmes des quatre évangéliste. Letixier-Desjardins, curé, bénit la cloche en 1805 et fait réparer l'église en 1818. En 1841, Pierre Leroux, curé, dote l'église d'une relique de saint Martin de Tours, qui est due au R.P. Hus, de la Compagnie de Jésus. La boîte aux saintes huiles date de 1787 ;  

les anciennes chapelles aujourd'hui disparues. Outre la chapelle de Sainte-Emérance (dépendant de l'ancien hôpital ou aumônerie de Sainte-Emerance), il y a lieu de mentionner la chapelle du prieuré de Saint-Aubin, la chapelle Saint-Vincent (situé à 5 km de la ville d'Oudon et fondée, il y a plusieurs siècles, par le sieur de la Morerière), la chapelle d'Omblepieds (dédiée à sainte Catherine), la chapelle sous l'invocation de Notre-Dame des Ormeaux (qui s'élevait, avant 1820, auprès du presbytère, et qui aurait servi pendant quelques temps d'église paroissiale), une petite chapelle située au village du Plessis ;

le château (XIII-XIV-XVème siècle). Ce château est attesté dès le XIème siècle. Il est possédé, pendant trois siècles, par une famille de même nom. Il est assiégé par le roi de France en 1230 et en 1234. En 1392, Jean IV, duc de Bretagne, autorise le seigneur de Oudon, Alain de Malestroit, à reconstruire le château, fortement endommagée par les guerres de successions. Les travaux se terminent en 1415. Vers 1526, les Malestroit s'illustrent dans le faux monnayage et François Ier les condamne à la peine capitale (ils sont exécutés sur la prairie de Biesse, à Nantes). Au XVIème siècle, le château devient la propriété d'Anne de Montmorency, puis de la famille Condé au XVIIème siècle. A la Révolution, le château leur est confisqué et devient bien national. En 1807, il est acheté par les époux Granger qui vendent les marches des escaliers, les planchers et les pierres. Racheté en 1820 par le département, le château est classé Monument Historique en 1866. L'architecte Ruprich Robert rétablit alors les mâchicoulis, le chemin de ronde, la couverture sur l'ensemble du donjon, les meneaux des fenêtres. De 1974 à 1981, les travaux de restauration de la maçonnerie de la tour et de consolidation de l'enceinte sont entrepris. En 1984, l'effort se poursuit sur les parties supérieures d'enceinte : la porte murée entre les deux tours de défense est dégagée et réouverte. De 1992 à 1995, l'escalier à vis est reconstruit et les étages sont restitués grâce à la pose de deux planchers ;  

Château d'Oudon

le château de la Haute-Roche (1857), édifiée par Lemarié de Champtenay. Ce château devient ensuite la propriété de Jacques Nicolas de Fleuriot, de Marie de Boussineau, de René du Plessix, d'André Clarac en 1949 ;

la digue et le péage fortifié (XIIIème siècle). Le péage fortifié existe dès le VIème siècle. Les revenus allaient aux abbayes de Stavelot et de Malmedy. L'ensemble marque la frontière entre la Bretagne et l'Anjou ;

l'ancienne léproserie (XVème siècle), située rue Basse. Cette demeure est aujourd'hui transformée en habitation ;

le logie de Bimboire (XVIII-XIXème siècle). La châtellenie d'Oudon comprenait jadis les deux tiers de la paroisse d'Oudon, celle de Couffé tout entière et les trois quartes de celle du Cellier. La seigneurie de Bimboire faisait autrefois partie de cette dernière comme La Pilardière, La Guière, La Haie, Omblepied, Le Plessix, La Tour, Le Val, Vieille-Cour et La Boulevière. A noter que les terres et juridictions de Clermont, d'Omblepied, du Cerny, etc ... et les cures d'Oudon, de Couffé et du Cellier, relevaient de la châtellenie d'Oudon  ;

plusieurs moulins dont celui de la Durandière, d'Omble-Pied, de Beauvais, de Saint-Aubin, du Tertre, de Cadoreau ;

A signaler aussi :

la découverte de silex et de haches en pierre ;

le menhir encore appelé le menhir de la Pierre Blanche (époque néolithique) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de OUDON

La châtellenie d'Oudon : Sur les bords de la Loire s'élève majestueusement la tour monumentale d'Oudon dans le bourg du même nom ; c'était le chef-lieu d'une vieille châtellenie distraite de l'importante baronnie d'Ancenis (De la Borderie, Géographie féodale de Bretagne, 97 et 171). Oudon donna son nom à une famille de chevaliers dont les premiers membres Amaury et Raoul d'Oudon apparaissent en 1038 lorsque fut fondé le prieuré de Châteauceaux. Un siècle plus tard vivaient en  1110 Hervé d'Oudon et en 1130 Guillaume d'Oudon. Ce dernier fonda alors en faveur de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers un prieuré à Oudon même. Dans l'acte de fondation Guillaume d'Oudon ajouta au don qu'il avait fait de l'église paroissiale, un terrain où les moines devaient placer un cimetière, une église priorale et un logement pour eux-mêmes, et il fut stipulé que toutes les personnes qu'ils voudraient admettre comme habitants seraient exempts de toutes coutumes, excepté de la garde du château et de l'obligation de suivre le seigneur dans les expéditions militaires. Il est fait mention dans le titre de Geoffroy frère de Guillaume et d'Alexandra leur mère. Cette charte fait remonter à 1130 la fondation de la petite ville d'Oudon qui vint se grouper autour de l'église des Bénédictins et à l'ombre du château évidemment bien plus ancien. Ce Geoffroy d'Oudon, frère de Guillaume, fut blessé grièvement au siège de Châteauceaux vers 1140 et vint mourir à Oudon, revêtu de l'habit religieux. A cette occasion il donna aux moines d'Oudon l'emplacement d'un moulin sur la Loire, une pêcherie, une vigne et tous ses prés de Vieille-Cour (Dom Morice - Preuves de l'Histoire de Bretagne I 580). Vieille-Cour était une forteresse, bâtie à une lieue au nord d'Oudon, sur le bord de la rivière du Havre ; elle fut démantelée à la fin du XIVème siècle par ordre du duc Jean IV. Le château d'Oudon fut pris lui-même en 1236 par le roi saint Louis, pendant sa campagne contre Pierre Mauclerc (Dom Morice - Preuves de l'Histoire de Bretagne I 128) ; on ignore quel était alors le nom du sire d'Oudon, car on ne conserve le souvenir vers cette époque que de Raoul d'Oudon vivant en 1189 et Guillaume d'Oudon mentionné en 1254 (De Cornulier -Dictionnaire des terres du comté nantais, 211). Il est vraisemblable que la seigneurie d'Oudon vint à la famille de Châteaugiron par suite d'une alliance ; on ne connaît point, en effet, les noms de la plupart des dames de Châteaugiron au XIIIème siècle. Mais en 1293 l'on trouve Galeran de Châteaugiron, seigneur dudit lieu, établi dans le pays d'Oudon où il acquiert des Templiers de Nantes le manoir de Teillay en la paroisse du Cellier (De Barthélemy et Geslin de Bourgogne, Amiens évêchés de Bretagne VI, 206). Alain de Châteaugiron, époux d'Havoise de la Motte, était en 1317 seigneur d'Oudon (Du Paz - Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 182 et 197). Cette châtellenie appartint ensuite à Hervé de Châteaugiron vivant en 1352 et mari de Jeanne de Malestroit. Ces derniers eurent, en autres enfants, un fils cadet qui prit le nom de sa mère et fut appelé Alain Ier de Malestroit. C'est ce seigneur qui fit en 1392 reconstruire le château d'Oudon, ayant obtenu du duc Jean IV, permission « d'édifier chasteau et forteresse au dit lieu et place d'Oudon où autrefois il y eust forteresse » et ayant promis « d'abattre et araser le chasteau de Vieille-Coure » (Archives de Loire Inférieure). Cet Alain de Malestroit, sire d'Oudon, était bien vu, parait-il, de Jean IV, car déjà en 1386 ce prince lui avait donné une somme de 6 000 livres plus 200 livres de rente en faveur de son mariage avec Marie de Saintonville (Inventaire des titres du château de Nantes, 193). Il mourut le 24 décembre 1415, laissant veuve Isabeau de Sacquenville (Archives de la Loire-Inférieure. v. Oudon. Il se peut faire que Marie de Saintonville et Isabeau de Sacquenville ne soient qu'une seule et même personne dont le nom a été mal écrit quelque part). Jean Ier de Malestroit, fils d'Alain, lui succéda à, Oudon, dont il fournit le minu au duc de Bretagne en 1416 (Archives de Loire Inférieure) ; l'année suivante il eut un différend avec le commandeur du Temple de Nantes au sujet de la terre de Teillay (Archives de la Vienne, 3H541). En 1420, le duc Jean V donna au seigneur d'Oudon le fief de la Tour en Oudon et Couffé, confisqué sur Ponthus de la Tour-Landry (Du Paz - Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 198). Le 2 mai 1424, Jean Ier de Malestroit était mort, et son successeur Jean II de Malestroit fit au duc Jean V, dont il était le chambellan, la déclaration de sa châtellenie d'Oudon. Mais la possession de cette seigneurie lui fut contestée en 1433 par Jean Raguenel, vicomte de la Bellière et sire de Malestroit du chef de sa femme Jeanne de Malestroit, qui prétendait qu'Alain Ier de Malestroit n'avait reçu de ses père et mère la seigneurie d'Oudon « qu'à bienfait et à viage » et qu'elle devait maintenant revenir aux sires de Malestroit (Blanchart, Lettres du duc Jean V, IV, 161 et 164). L'affaire se termina à l'avantage du seigneur d'Oudon qui mourut le 11 octobre 1447. Alain II de Malestroit succéda à son père Jean II et fournit en 1440 le minu de sa seigneurie d'Oudon au duc de Bretagne (Archives de Loire Inférieure, v. Oudon). Il épousa sans dispense, sa cousine Jeanne Raguenel, fille du vicomte de la Bellière qui avait voulu enlever à son père la terre d'Oudon ; peut-être ce mariage fut-il la conclusion du différent. Il en eut six enfants qu'il fit légitimer quand il obtint du pape la réhabilitation de son mariage incestueux ; il mourut en 1483 après son fils aîné Jean de Malestroit qui n'avait pas eu d'enfants de son union avec Raoulette de la Feuillée (Du Paz - Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 199). La seigneurie d'Oudon échut donc au second fils d'Alain II, Guillaume de Malestroit, époux de Françoise de la Noue ; mais celui-ci décéda lui-même en 1519 (Du Paz - Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 199). Jean III de Malestroit, sire d'Oudon en 1526, et Julien de Malestroit son frère, issus des précédents « succédèrent l'un après l'autre à leur père et mère et forlignèrent de la vertu et probité de leurs ayeuls. Ils commirent un homicide en la personne du seigneur de la Muce-Ponthus, dont ils furent en grande peine ; furent attaints de faulse monnoye, à raison de quoy furent leurs biens confisqués par le roy François Ier qui fist commandement au gouverneur du duché de Bretagne, d'aller mettre le siège devant la tour d'Oudon et de les amener vifs ou morts au Bouffay de Nantes. Et de faict Julien y estoit prisonnier et malade l'an 1540 » (Du Paz - Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 200).

La châtellenie d'Oudon, confisquée par François Ier fut vendue à Raoul du Juch, seigneur du Pratanroux, se disant sire de Molac du chef de sa femme Jeanne de la Chapelle de Molac ; à la mort de ce seigneur ses héritiers vendirent en 1534 Oudon à René du Bellay, seigneur de Liré, qui avait épousé Magdeleine de Malestroit soeur des indignes seigneurs d'Oudon. Le 16 novembre 1540 René du Bellay fit hommage au roi pour sa châtellenie d'Oudon et il lui rendit aussi aveu en 1550 (Archives de Loire Inférieure, B1007). Mais il parait qu'il n'avait acheté qu'une partie de cette seigneurie ; car en 1553 Magdelon de la Roche, seigneur du Pontceau, fils de Joachim de la Roche et de Jeanne de Malestroit, rendit à son tour hommage au roi pour la seigneurie d'Oudon, « A luy advenue de la succession de deffunct Julien de Malestroit, son oncle maternel, décédé en 1550 » (Archives de Loire Inférieure, B1008). Aussi du Paz dit-il que le connétable Anne de Montmorency acheta la châtellenie d'Oudon « partie d'avec Magdelon de la Roche et partie d'avec René du Bellay » fils d'autre René du Bellay, l'un et l'autre neveux du seigneur faux monnayeur Julien de Malestroit (Du Paz - Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne 201). Les ducs de Montmorency et les princes de Condé succédèrent à Oudon comme à Châteaubriant où nous les avons nommés — au connétable Anne de Montmorency. Qu'il suffise de dire qu'en 1643 Henri de Bourbon, et en 1680 Louis de Bourbon, l'un et l'autre princes de Condé, rendirent aveu au roi pour leur châtellenie d'Oudon que possédait encore en 1780 Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé et baron de Châteaubriant (Archives de Loire Inférieure, E377 et E478).

Châtellenie d'ancienneté, relevant directement du duc de Bretagne, puis du roi de France, Oudon avait une haute juridiction ressortissant immédiatement au présidial de Nantes et exercée en la ville d'Oudon et au bourg de Couffé. La seigneurie comprenait les deux tiers de la paroisse d'Oudon, celle de Couffé toute entière et les trois quarts de celle du Cellier. Les terres et juridictions de Clermont, d'Omblepied, du Cerny, etc., et les cures d'Oudon, de Couffé et du Cellier, relevaient de la châtellenie d'Oudon (Archives d'Ille-et-Vilaine, C1819). Bien des droits féodaux appartenaient au sire d'Oudon : droit de tenir des foires et marchés et d'y lever les coutumes et cohuages tant à Oudon qu'à Couffé ; — le péage d'Oudon consistant en un droit levé sur toutes les marchandises passant en Loire devant la tour d'Oudon ; — droit de bris sur les épaves des vaisseaux « brisés et adventurés en Loire » ; — « peschage du havre d'Oudon depuis le pont dudit lieu jusqu'au pont de Couffé ; et est deffendu d'y pescher et d'y entrer ô vaisseau , sans le congé du seigneur , et toutes fois que aulcun s'advise d'y entrer ô vaisseaux lesdits vaisseaux sont confisqués et acquis audit seigneur ; et peut bien valoir le peschage dudit havre, chacun an 25 livres (en 1550) » ; « le premier qui pesche en Loire, alloze, lamproie ou saumon doibt l'apporter audit seigneur à peine de 60 sols d'amende et ledit seigneur luy doibt par lamproie et alloze 2 sols, 6 deniers, et par saumon 5 sols ». — Droit de guet en Oudon, Couffé et Le Cellier, qui est d'exiger « de chacun homme marié 5 sols monnoie par chacun feu et chacun an » ; — tous les sujets d'Oudon et de Couffé « doibvent audit seigneur un mouton par an et par bergerie pour la provision de sa maison » ; — « les bourgeois de la ville d'Oudon doibvent le bien à fanner les foins des prés de la vallée d'Oudon et les doibvent mettre et fouler en grange ; plus doibvent garder les larrons et prisonniers détenus audit lieu d'Oudon » ; — « les bourgeois du bourg de Couffé doibvent la mesme chose pour les foins des prés de Couffé et à l'égard des détenus és prisons de Couffé » (Déclaration d'Oudon en 1550).

Le sire d'Oudon jouissait aussi du droit de quintaine sur « tous les hommes roturiers de basse condition nouvellement mariés et demeurant ès paroisses de Oudon et Couffé ; quel debvoir ils doibvent rendre après leur mariage au plaisir dudit seigneur ; et doibvent férir à cheval contre un escu de boays ô une lance, et doibt ledit seigneur fournir de cheval et de rocquet et en doibt avoir de chacun d'eux deux deniers ; le sergent féodé fournit les esperons ; et celuy qui deffaudra à férir doibt poyer neuf boisseaux d'avoisne, et s'il fait son debvoir et rompt sa lance, il ne poiera que quatre boisseaux et demy d'avoisne » (Déclarations d'Oudon en 1550 et 1680). Le jour saint Pierre avait lieu une grande foire à Gouffé ; il y avait « defence aux marchands de commencer leur vente avant que le sergent du seigneur n'eust apporté la bourse » dans laquelle se recueillaient les deniers d'impositions. Ce même jour « tous les merciers, venus audit lieu de Couffé vendre leurs merceries, doibvent tous ensemble se rendre, avant que d'estaler, devant la grande porte de l'église dudit Couffé et tous ensemble dire, chanter et danser à haulte voix une chanson nouvelle qui jamais n'ait esté dicte à la scavance des assistants, et à deffault de ce faire chaque mercier doibt 60 sols et 1 denier d'amende » (Déclaration d'Oudon en 1680). Dans le grand fief d'Oudon certains tenanciers devaient au seigneur des billes à jouer, des gants à porter oiseaux de proie et des sonnettes pour attacher aux pieds de ces oiseaux (Déclaration d'Oudon en 1680).

Le domaine proche de la châtellenie d'Oudon comprenait : « le chasteau, tour et forteresse d'Oudon, ô ses fossez et clostures, jardins et vignes, pressoirs et celliers » ; — une grange dîmeresse pour les blés ; — des greniers à foin et une lavanderie ; — les moulins à vent de Beauvais et de la Durantière en Oudon et deux moulins à eau sur la Loire ; — le moulin des Rochettes en Couffé ; — les prairies de la Vallée entre Oudon et Saint-Méen ; — « le vieil chasteau de Vieille-Cour ô ses clostures, jardins et garennes, lequel fut abastu et est ruisneux, et le bois dudit domaine de Vieille-Cour contenant cent quartiers de bois  »  ; — les marais et prés de Vieille-Cour : — les bois de la Sauvagère et de la Roche contenant soixante quartiers ; les auditoires et prisons d'Oudon et de Couffé ; — plusieurs clos de vignes ; — les métairies du Plessix, de la Bimboire et du Boisrond et leurs anciens étangs ; — les deux tiers des dîmes de vin en Oudon et les deux tiers des dîmes de blé en Oudon et Couffé ; l'autre tiers de toutes ces dîmes étant partagé entre le recteur d'Oudon et le prieur de Saint-Aubin d'Oudon ; — des dîmes d'agneaux, de laine, lin et chanvre en Oudon et Couffé ; — les garennes d'Oudon « où se prend gibier tant connils que liepvres ». En la paroisse du Cellier le seigneur d'Oudon possédait en outre : « la forest du Cellier qui contient grand nombre de bois avec chasse à grosses bestes tant noires que rousses ; et toutes fois que ledit seigneur fait assigner la chasse les manants de la paroisse du Cellier sont tenus faire la hue dans ladite forest ; »« le domaine et herbregement de la Pégerie à l'orée de ladite forest du Cellier, ô ses fossez, estang, garennes et jardins  » ; — « l'estang de Teillay dans ladite forest du Cellier » ; — la métairie du Boisrégnier ; —  le moulin à vent du Cellier etc. (Déclarations d'Oudon en 1550 et 1680). Terminons en disant que le seigneur d'Oudon avait une maîtrise des eaux, bois et forêts, avec deux sergents baillagiers et six sergents forestiers ; qu'il jouissait de prééminences dans les églises d'Oudon, Le Cellier et Couffé et qu'il présentait les chapelains de l'aumônerie ou hôpital d'Oudon et de Saint-Jean de la Nicottière (Déclarations d'Oudon en 1550 et 1680).

Le château d'Oudon, aujourd'hui en ruines, se compose de deux parties bien distinctes l'enceinte fortifiée et le donjon en partie restauré depuis peu. De forme triangulaire l'enceinte est défendue au nord par les deux tours flanquant la porte d'entrée principale, que précédait un pont-levis, et par une autre tour à l'angle sud-ouest ; des courtines relient entre elles ces trois tours et rejoignent le donjon à l'angle sud-est. Ce donjon célèbre à juste titre sous le nom de tour d'Oudon, avait son fossé particulier, sa chemise de défense et son pont-levis le faisant communiquer avec l'enceinte précédente, Sur cette tour on retrouve sculptées les armoiries d'Alain de Malestroit qui la fit construire en 1392 : De gueules à neuf besants d'or, posés 3, 3, 3. « La tour d'Oudon, haute d'environ 28 mètres, est de forme octogonale avec quatre grands côtés et quatre côtés plus petits dans lesquels s'ouvrent les fenêtres. Les meneaux de ces fenêtres sont disposés en forme de croix latine. La tour se termine par une couronne de mâchicoulis à trèfles. Cette construction, à la fois sévère et élégante, s'élève sur le flanc d'une côte rapide qui descend jusqu'à la petite rivière du Havre (le Havre se jette dans la Loire au-dessous d'Oudon) au bord de laquelle sont construites les maisons du bourg. La vallée ouverte sur la Loire laisse apercevoir le fleuve, ses îles nombreuses et, par delà, le coteau verdoyant de Châteauceaux que surmontent les ruines de son vieux fort où fut enfermé Jean V. Il y a dans ce tableau tout un ensemble de souvenirs qui ajoutent leur charme un peu triste aux richesses de l'art et de la nature » (Bretagne contemporaine II 62 - abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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