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MONTRELAIS

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La commune de Montrelais (bzh.gif (80 octets) Mousterlez) fait partie du canton de Varades. Montrelais dépend de l'arrondissement d'Ancenis, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de MONTRELAIS

Montrelais vient, semble-t-il, du latin "monasterium" (monastère) et du celte "lagios" (lieu de repos, camp).

Montrelais est mentionné pour la première fois en 1123 dans une charte de Louis VI qui cite dans le diocèse de Nantes le "Monasterium Legum"

Du XIIème au XIVème siècle, le château de Montrelais est la propriété successive des familles de Montrelais (Macé en 1241, Garin en 1253, Philippe en 1294, ...), Châteaubriant, Anger, Maure, Rochechouart, Lesrat, Cornulier, Dresnay. Le château de Montrelais, ancienne baronnie, était une place forte très importante : il appartient, en 1120, à Guillaume Ier de Montrelais, qui a pour successeur Olivier de Montrelais en 1124 et Guillaume II de Montrelais en 1196. Il fut pris en 1187 par Richard, fils de Henri II, roi d'Angleterre. Au XIVème siècle, Hugues de Montrelais devient évêque de Nantes, puis cardinal en 1372, et Jean de Montrelais devient évêque de Vannes en 1367 : tous deux ont été seigneurs de Montrelais.

Il y avait jadis à Montrelais un prieuré dépendant de l'abbaye de Bourgdieu, au diocèse de Bourges : le titulaire de ce bénéfice devait au seigneur de Montrelais, fondateur et bienfaiteur du prieuré, pour tout service et redevance, "dix gâteaux appelés roussoles, six pintes de vin, deux fouaces et dix bougies, qui devaient être présentés avec des formalités assez curieuses"

Au XVIIIème siècle, Montrelais englobe les territoires de La Chapelle-Saint-Sauveur et de La Rue-du-Fresne (aujourd'hui La Fresne-sur-Loire). La Chapelle-Saint-Sauveur s'en détache durant la Révolution et La Fresne-sur-Loire s'en détache en 1903.

Note : " La machine de Montrelais en 1782. Le samedi 1er juin (1782) nous fûmes voir la fameuse machine de Montrelais. Cette machine est dans le genre de celles de Flandre qui servent à tirer le charbon de terre que nous fournissons aux Anglais. Elles servent à puiser l'eau du fond des mines qui est de 600 à 1000 pieds, et même plus de profondeur, pour faciliter la fouille du charbon. Le mécanisme en est simple, et beau. C'est le feu et l'eau qui sont les moteurs. Il y a une chaudière de douze pieds de diamètre et neuf pieds de haut à la hauteur de six pieds. L'espace vide rempli de la vapeur se communique dans un cylindre de dix pieds de haut sur quatre pieds de diamètre, dans lequel il y a deux pistons qui font mouvoir les deux balanciers de la machine générale. A l'époque de notre voyage, on puisait l'eau à 600 pieds de profondeur et à mesure que l'on creusé, on allonge la chaîne et on place les conduits sous terre. On y descend par un puits qui a douze pieds de diamètre, et par des échelles solidement attachées à pied droit ; les ouvriers descendent avec une chandelle attachée sur leurs têtes. Nous parcourûmes pendant une heure des caves, trous et mines de dessous terre. La machine est aussi ingénieuse dans le bas que dans le haut. Ce sont aussi des pistons qui puisent l'eau dans un bassin rempli par les différents petits conduits que pratiquent les ouvriers en tirant le charbon. Le tuyau qui sert à monter l'eau, a 16 pouces de diamètre et fournit un volume d'eau considérable. On fait monter le charbon par le moyen d'un cabestan que font tourner quatre chevaux. Le panier qui sert à cet ouvrage, contient deux muids de charbon. L'eau arrive dans un bassin placé au sommet du bâtiment, lequel a dix pieds de profondeur et règne sur tout le bâtiment. L'eau sort de ce bassin dans un tuyau placé au côté opposé du gros tuyau, et tombe à terre où elle arrive dans des tuyaux placés sur terre pour la conduire à un quart de lieue et plus de la machine, où elle se perd " (Journal de Hamelin. Revue de Bretagne. Juillet 1908, page 36).;

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PATRIMOINE de MONTRELAIS

l'église Saint-Pierre (1525-1535-XVIIIème siècle), édifiée par François Ier Maure et son épouse Hélène de Rohan, seigneurs de Montrelais. En 1623 "en la principale vitre de l'église Saint-Pierre étaient peintes trois bannières d'armes : - la première de Maure qui est de gueules au croissant montant vairé d'argent et d'azur, - la seconde de Montrelais qui est bandé d'or et d'azur, - et la troisième de Maure escartelé de Navarre, contre-escartelé d'Evreux, le tiers du Plessix-Anger, le quart de Rohan et sur le tout de Milan. Et en bas sont les effigies de François de Maure et d'Hélène de Rohan sa femme, ayant à leur suite Claude de Maure leur fils, ayeul de ladite dame (Louise comtesse de Maure) et deux filles issues de leur mariage" (ces deux filles étaient Jeanne de Maure mariée en 1538 à Jean de Quellenec, baron de Pont-l'Abbé, et Françoise de Maure femme de Jean du Guiny, morte en 1555). De plus on voyait dans une autre verrière "un écusson en bannière surmonté d'un chapeau de cardinal et portant les armes du cardinal Hugues de Montrelais, qui sont bandé d'or et d'azur". L'église actuelle est restaurée en 1977. Le chœur et  le transept sont édifiés dans l'enceinte du cimetière de l'ancien prieuré dédié à saint Hermeland. La grande nef est édifiée à la fin du règne de Louis XIV. Les fonts baptismaux datent de 1707. Les vitraux datent de 1535. Le vitrail de la Crucifixion, donation de François Ier de Maure et d'Hélène de Rohan, date de 1535 : ce vitrail a fait l'objet de plusieurs restaurations depuis 1813. Le retable de la Vierge à l'Enfant date du XVIIème siècle : il est situé dans le bras nord du transept et de chaque côté du retable se trouvent les statues de saint Célestin et de saint Roch. Un autre retable, dédié à Saint Joseph, abrite deux statues de saint Pierre et de saint Etienne. Les statues sont l'œuvre du sculpteur Henri Barrême. La litre, qui date du XVIIème siècle, représente les blasons de plusieurs seigneurs de Montrelais. Les Anges adorateurs, œuvre de Henri Barrême, datent de 1834. La bannière de procession date de 1786 ;

la croix des Mineurs (XVIII-XIXème siècle), située au cimetière ;

la croix (1817) en fer, située dans le Parc de la Mairie ;

l'ancien château de Beaubuisson (XII-XIII-XVIIème siècle). Le château actuel est édifié sur l'emplacement d'un château du XIIème et XIIIème siècles ;

l'ancien château de Montrelais (vers le XIVème siècle), situé à l'Arzillais. Ce château est mentionné en 1187, lors de la prise de la place forte par Richard, le fils du roi d'Angleterre Henri II. Les seigneurs de Montrelais sont apparentés aux barons d'Ancenis. Ce château ne tarda pas à faire place à un simple manoir détruit lui-même au XVIème siècle, car nous savons, en effet, qu'à cette époque quand la comtesse de Mansfeld résidait en sa terre de Montrelais, c'était au prieuré qu'elle habitait (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Piré) ;

la ferme (XVIIème siècle), située au Beaubuisson. Cette demeure a abrité jadis le chai du château ;

la ferme (XVIème siècle), située à La Fresnaie ;

l'ancienne ferme (XVI-XVIIème siècle), située au Mortier ;

l'ancienne ferme de Bel-Air (XVIIIème siècle). Cette demeure possède deux tours carrées ;

la maison de mineurs (XIXème siècle), située au lieu-dit Les Bertauderies ;    

7 moulins ;

A signaler aussi :

la mairie (1818). Il s'agit d'un ancien presbytère édifié en 1818 sur l'emplacement de l'ancien prieuré de Montrelais qui dépendait de l'abbaye de Dol (dans l'évêché de Bordeaux) ;  

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ANCIENNE NOBLESSE de MONTRELAIS

La seigneurie de Montrelais, dans la paroisse de ce nom, enclavée dans les fiefs d'Ancenis et, semble-t-il, démembrement de cette antique et importante baronnie, révèle son existence vers 1120. A cette époque vécut Guillaume Ier de Montrelais qui eut pour successeurs Olivier de Montrelais en 1124 et Guillaume II de Montrelais en 1196. En 1215, Garin de Montrelais, surnommé le Borgne, donna du consentement de Stella sa femme, sa métairie de Montrelais aux Cisterciens de l'abbaye de Pontron. On possède encore l'empreinte du sceau de ce seigneur attaché à une charte de 1253. Bernard de Montrelais épousa Laurence de Vair qui fit dans ce même XIIIème siècle une donation à l'abbaye Saint-Nicolas d'Angers. En 1294 figurent en même temps Renaud et Philippe de Montrelais ; mais leurs armoiries ne sont pas les mêmes ; Renaud porte : d'or à trois jumelles d'azur en bandes, tandis que Philippe a dans son sceau : un chevronné d'or et d'azur, à la fasce de même brochant sur le tout, comme Macé de Montrelais en 1241 et Garin de Montrelais en 1253. C'est probablement ce Philippe de Montrelais qui fonda en 1311 une chapellenie dans l'église abbatiale de Pontron où reposaient ses ancêtres. Ces deux seigneurs déclarèrent en 1294 devoir chacun un chevalier d'ost au duc de Bretagne pour les fiefs qu'ils tenaient de lui. Malheureusement on ignore les noms de ces fiefs ; il se pourrait que ce fussent pour l'un les fiefs de Montrelais en Montrelais et pour l'autre les fiefs de Montrelais en Châteauthébaud ; il se pourrait aussi que Renaud — dont l'écusson est demeuré celui des sires de Montrelais — représentât la branche aînée de la famille, tandis que Philippe eut fait partie d'une branche cadette. Quoi qu'il en soit, Renaud de Montrelais était (d'après du Paz), le fils d'un Jean, sire de Montrelais (qu'admet aussi M. de Cornulier). Il fut le père d'un autre Renaud de Montrelais, mari de Tiphaine Le Borgne, et de cette union naquit encore un Renaud , sire de Montrelais, qui épousa Marie d'Ancenis fille du baron d'Ancenis.

Marie d'Ancenis donna à son mari cinq garçons qui furent successivement seigneurs de Montrelais et une fille qui hérita d'eux tous. Les garçons furent Jean de Montrelais mort encore jeune, laissant une fille qui décéda sans alliance, — Philibert de Montrelais, héritier de sa nièce et mort sans postérité en 1385, — Hugues de Montrelais décédé cardinal en 1390, — autre Jean de Montrelais mort évêque de Nantes en 1392, —Maurice de Montrelais, archidiacre de Nantes, qui fournit alors au duc de Bretagne le minu des fiefs que lui laissait son frère. La soeur et héritière de tous ces seigneurs se nommait Marie de Montrelais ; elle épousa vers le milieu du XIVème siècle, Jean de Châteaubriant, seigneur de Porteric, et en eut deux enfants, Jean et Marguerite. Jean de Châteaubriant, seigneur de Porteric et de Montrelais, s'unit à Marie du Sens (alias du Vuissent), veuve de lui en 1399 ; il en eut deux fils, Désiré et Jean de Châteaubriant, décédés l'un et l'autre sans postérité. Leur succession fut recueillie par leur tante Marguerite. Marguerite de Châteaubriant avait épousé d'abord, vers 1376, Thébaud Anger, seigneur du Plessix-Anger, puis après son décès Edouard de Rohan ; elle mourut le 18 avril 1414. Du premier lit sortit Jean Ier Anger, sire du Plessix-Anger, qui à la mort de sa mère rendit aveu au duc de Bretagne pour sa châtellenie de Montrelais. Ce chevalier épousa Marie Coupu, fille du seigneur de la Coupuaye, et fit son testament en 1436, choisissant sa sépulture près de celle de sa femme dans la chapelle Notre-Dame de Guipry. Jean II Anger, son fils, seigneur du Plessix-Anger et de Montrelais, épousa en 1448 Mahaut de Maillé, qui mourut en 1473 ; lui-même ne lui survécut que deux ans et mourut le 22 juin 1475. Jean Anger avait acheté en 1450 de Jean sire de Montejean certains fiefs en Montrelais pour lesquels en 1415 Jean de Montejean, fils et héritier de Marie de Montrelais, avait rendu aveu. Ce qui prouve que cette dame devenue veuve de Jean de Châteaubriant s'était remarié à un sire de Montejean. Son fils François Anger fournit l'année suivante au duc de Bretagne le minu de la châtellenie de Montrelais dont il venait d'hériter. Ce François Anger, seigneur du Plessix-Anger et de Montrelais, épousa Marie du Pont et mourut à Redon le 29 août 1487 ; il laissait un fils, Jean Anger, décédé jeune sans postérité, et une fille, Marie Anger, qui épousa Jean de Maure, sire des Brieux. Cette dame mourut en couches le 2 avril 1497. A la mort de Marie Anger la seigneurie de Montrelais fut donnée en viager à son oncle Jean Anger, époux : -1° de Jeanne de Maure ; -2° de Jeanne de la Rivière, décédé en 1525 ; Montrelais retourna alors au sire de Maure. Le mari de Marie devint en 1500 sire de Maure, et l'enfant qui lui coûta la vie fut François Ier, comte de Maure en 1553, et seigneur de Montrelais, mort au Temple de Maupertuis le 29 avril 1557.

Les comtes de Maure Claude, marié à Françoise de Pompadour, décédé en 1564, et Charles, époux de Diane d'Escars, tué en duel en 1575, possédèrent ensuite Montrelais qui échut à la fille unique de ce dernier seigneur, Louise, comtesse de Maures. Du temps de cette dernière, Montrelais fut encore donné en viager à sa tante Jeanne de Maure, mariée en 1576 à Charles, comte de Mansfeld et décédée sans enfants en 1589. Louise épousa : -1° en 1587 Odet de Matignon, comte de Thorigny, dont elle n'eut pas d'enfants ; -2° le 5 août 1600 Gaspard de Rochechouart, marquis de Mortemart. Elle fit hommage au roi en 1620 pour sa seigneurie de Montrelais, perdit son second mari en 1643 et ne lui survécut que peu de temps. Un fils cadet de Mme de Mortemart, Louis de Rochechouart, comte de Maure, hérita de la baronnie de Montrelais dont il fit hommage au roi (Archives Loire Inférieure B1009). Mais ce seigneur mourut en 1669 ne laissant point d'enfants de son union avec Anne Dony d'Attichy, et sa succession passa à son frère aîné Gabriel de Rochechouart, duc de Mortemart. Ce fut ce dernier qui vendit, le 28 septembre 1670, la baronnie de Montrelais à Guy de Lesrat, seigneur des Briottières et conseiller au Parlement de Bretagne, époux de Perrine Avril. Le nouveau seigneur de Montrelais mourut en 1673 et fut inhumé dans l'église Toussaints de Rennes ; son fils, autre Guy de Lesrat, fit l'année suivante hommage au roi pour Montrelais (Archives Loire Inférieure B1009). Conseiller, comme son père, au Parlement de Bretagne, il épousa Anne du Boisdavid, mais vendit moyennant 109  000 1ivres, le 15 avril 1686, la baronnie de Montrelais à Toussaint de Cornulier, alors seigneur de la Touche et plus tard marquis de Châteaufromont ; ce dernier fit hommage au roi en 1688 pour sa nouvelle acquisition (Archives Loire Inférieure B1004).

Le marquis de Châteaufromont mourut en 1727, laissant la baronnie de Montrelais à son fils Charles-René de Cornulier, marquis de Châteaufromont comme lui, décédé en 1738. La fille de ce dernier Marie-Angélique de Cornulier, mariée en 1735 à son cousin Toussaint de Cornulier, seigneur du Boismaqueau, hérita de ses seigneuries, et en 1739 le nouveau marquis de Châteaufromont rendit aveu au nom de sa femme au roi pour la seigneurie de Montrelais. Mais dix ans plus tard Mme de Châteaufromont donna, le 4 mars 1749, la baronnie de Montrelais à son neveu Louis du Dresnay, fils de sa défunte soeur, Elisabeth de Cornulier épouse de Joseph comte du Dresnay (dès 1742 toutefois Joseph du Dream avait au nom de son fils, héritier de sa mère décédée en 1741, rendu aveu au roi pour la terre de Montrelais) et à son autre soeur Jeanne de Cornulier femme de Pierre de Saint-Pern, seigneur du Lattay. Aussi trouvons-nous plusieurs aveux rendus de 1749 à 1769 aux seigneurs du Dresnay et du Lattay « co-seigneurs barons de Montrelais ». Louis de Saint-Pern, fils du seigneur du Lattay, étant mort sans postérité, son cousin Louis, marquis du Dresnay, époux de Marie de Coëtlosquet, demeuré seul baron de Montrelais, voulut vendre cette seigneurie en 1784. Alors sa tante, la marquise de Châteaufromont, retira par promesse lignagère la baronnie de Montrelais dont elle n'abandonna la propriété à ses petits enfants qu'en 1790.

Châtellenie d'ancienneté, qualifiée souvent de baronnie, la seigneurie de Montrelais était, avons-nous dit, un démembrement de la baronnie d'Ancenis. Elle devait au XIIIème siècle au moins un chevalier, peut-être même deux chevaliers à l'ost du duc de Bretagne. Elle s'étendait en 1414 dans les paroisses de Montrelais, Varades, Mésanger et Oudon. En mai 1416, le duc Jean V concéda au seigneur de Montrelais le droit de tenir au bourg de ce nom un marché tous les mardis et trois foires par an, le mardi de la Pentecôte, à la fête de Saint-Gilles (1er septembre) et le jour de la Mi-carême. Ce droit de foires et marché fut confirmé par Louis XIV en 1647. D'autres lettres du même prince Jean V accordèrent en 1418 à Jean Anger, sire de Montrelais, "un droit de coutume de deux deniers par pipe, sur tout vin charroyé de Montrelais à Ingrande ; en revanche le seigneur de Montrelais s'engagea à entretenir convenablement sur ses terres le grand chemin d'Ingrande.

Relevant directement du duc de Bretagne, puis du roi, la haute justice de Montrelais ressortissait immédiatement au XVIIIème siècle au présidial de Nantes, et comprenait alors la paroisse entière de Montrelais avec sa trève et quelques fiefs dans les paroisses voisines (Archives d'Ille-et-Vilaine C1819). Le baron de Montrelais avait le droit de faire les nouveaux mariés de cette paroisse courir la quintaine. Tous ceux qui pêchaient en Loire dans ses fiefs lui devaient les premiers saumons, aloses et lamproies pris par eux. Deux paires d'éperons lui étaient dus par certains petits seigneurs ses vassaux : une paire d'éperons dorés par le sire de la Jahellière et une paire d'éperons blancs par celui de Bonbussont (Déclarations de Montrelais en 1476 et 1742).

Mais le droit féodal le plus singulier à Montrelais était celui des roussoles, et il vaut la peine d'être décrit en détail : Il y avait à Montrelais un prieuré dépendant de l'abbaye de Bourgdieu, au diocèse de Bourges ; le titulaire de ce bénéfice devait au seigneur de Montrelais, fondateur et bienfaiteur du prieuré, pour tout service et redevance, dix gâteaux appelés roussoles, six pintes de vin, deux fouaces et dix bougies, qui devaient être présentés avec des formalités assez curieuses. Trois fois par an, aux fêtes de la Toussaint, Noël et Pâques, entre les deux messes de choeur chantées dans l'église de Montrelais par le recteur et par le prieur du lieu, ce religieux ou quelqu'un le représentant devait se rendre à cheval au manoir de Montrelais et y présenter au seigneur ou à ses officiers le représentant ce qui suit : « dix rouexeulles faites de ouffx (oeufs) et de farine détrempée à ces ouffx ; icelles rouexeulles cuites en la paelle (poêle) de fer, faictes ô sain franc (graisse franche) de porc ou de truie ; avecques dix chandelles de cire d'un pied et un pouce de long et de la grosseur du petit doigt, - six pintes de bon vin franc en un barillet honneste et du cru du prieuré, — enfin deux fouaces de froment du prix de deux deniers, maille et pouge ». Voici maintenant comment s'offrait la redevance : celui qui la portait au manoir de Montrelais devait monter « un cheval du prix de soixante soulz au moins, sellé et bridé, ferré des quatre pieds sans y faillir un clou. Et devait ledit cavalier avoir soleirs (souliers) neuffs sur simple semelle et estre chaussé d'un esperon au pied dextre ». Arrivé à la porte du manoir il lui fallait « appeler et demander au seigneur ou à ses officiers congé (permission) d'entrer, et après ledit congé obtenu, présenter lesdites choses, disant : Voici le debvoir que le prieur de Montrelais doibt ce jour au seigneur de Montrelais ». Cela fait, il devait solliciter congé de descendre de cheval pour permettre de visiter ledit cheval : « et si défaut y avoit en aucune des choses dessusdites, le seigneur peut prendre et retenir le cheval sellé et bridé ; et si le cheval ne valoit 60 soulz le seigneur peut avoir l'amende sur le prieur, en ce compté le cheval, jusqu'au montant desdits 60 soulz » (Déclaration de Montrelais en 1414, 1476 et 1742). On comprend ici, bien entendu, que l'amende était exigible, non pas seulement au défaut des dix roussoles et des bougies, mais de plus s'il manquait au cheval un clou, au cavalier une paire de souliers neufs ou un éperon au pied droit et même s'il en avait un au pied gauches.

Le 11 novembre 1623 Louise comtesse de Maure visita sa seigneurie de Montrelais et y fit faire une enquête juridique sur ses droits seigneuriaux. Avant la grand'messe le recteur de Montrelais et ses prêtres « s'acheminèrent avec la croix et la bannière au-devant de ladite dame et la conduisirent en l'église parochiale à un banc à cette fin préparé, chantant le Te Deum ». La dame de Montrelais était, en effet, patronne et fondatrice des églises paroissiales de Saint-Pierre de Montrelais et de la Chapelle-Saint-Sauveur sa trêve, aussi bien que de l'église prieurale Saint-Armelot de Montrelais. Cette dernière était en ruines en 1623, mais dans les deux autres sanctuaires on retrouvait encore alors les intersignes honorifiques des sires de Montrelais. En la principale vitre de l'église Saint-Pierre étaient peintes « trois bannières d'armes ; la première de Maure qui est : de gueules au croissant montant vairé d'argent et d'azur ; — la seconde de Montrelais qui est : bandé d'or et d'azur ; — et la troisième de Maure escartelé de Navarre, contre-escartelé d'Evreux, le tiers du Plessix-Anger, le quart de Rohan et sur le tout de Milan. Et au bas sont les effigies de François de Maure et d'Hélène de Rohan sa femme, ayant à leur suite Claude de Maure leur fils, ayeul de ladite dame (Louise comtesse de Maure) et deux filles issues de leur mariages ». De plus on voyait dans une autre verrière un écusson en bannière surmonté d'un chapeau de cardinal et portant « les armes du cardinal Hugues de Montrelais, qui sont bandé d'or et d'azurs ».

Dans l'église tréviale de la Chapelle Saint-Sauveur, plusieurs écussons brillaient aussi dans les verrières : c'était « dans la vitre derrière le grand autel un écu d'or fretté de gueules qui est de Montejean dont il y a un fief uni à la terre de Montrelais ; et ailleurs bandé d'or et d'azur qui est de Montrelais ».

Parmi les dépositions faites par les témoins convoqués à l'occasion de cette visite seigneuriale de 1623, remarquons les suivantes : « Au dit lieu de la Chapelle, il se tient le jour saint Sauveur une assemblée en laquelle ladite dame lève coutume ». — « La justice patibulaire de la seigneurie était naguères érigée à quatre piliers de bois en la vallée de Montrelais et à icelle justice fut pendu un homme nommé Jamault, condamné par les officiers de ladite juridiction, qui fut traisné du lieu du Plessix-Galle, où sont les prisons de ladite chastellenie, jusqu'au bourg de Montrelais et dudit bourg à ladite justice patibulaire, et y a bien quarante ans que cela advint ». — « La juridiction de Montrelais s'exerce les samedys, tantost à Saint-Pierre et tantost à Saint-Sauveur, selon la commodité des subjets et la volonté des juges, et y a des posteaux avec carquans près les cimetières desdites églises ». Enfin plusieurs témoins affirmèrent avoir vu « courir la quintaine et porter les rousseroles » (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Piré).

Il est probable qu'à l'origine un château-fort s'éleva à Montrelais, mais il ne tarda pas à faire place à un simple manoir détruit lui-même au XVIème siècle ; nous savons, en effet, qu'à cette époque quand la comtesse de Mansfeld résidait en sa terre de Montrelais, c'était au prieuré qu'elle habitait (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Piré).

Le domaine proche de Montrelais se composait donc du manoir de la Cour de Montrelais avec ses jardins, vignes et bois, — des métairies de la Cour, de la Corosserie et de 1'Aubergerie, — des moulins à eau du Bois et de la Bastille et des moulins en chandeliers et à vent de la Viotère et de la Chatterie, — de deux auditoires et de leurs prisons, — d'un four banal, — d'un droit de pêche dans une boire de la Loire — d'une dîme en Montrelais — et du droit de prendre le douzième des charbons de terre extraits dans toute l'étendue des fiefs de la seigneurie en Montrelais et la Chapelle-Saint-Sauveur, avec le droit prohibitif à tout autre d'en tirer sur les chemins et autres terrains communaux (Déclarations de Montrelais en 1742).

A la fin du XIXème siècle, la terre de Montrelais appartient à M. le baron René de Saint-Pern et à ses frères. (abbé Guillotin de Corson).  

(à compléter)

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