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LOUDEAC

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La commune de Loudéac (pucenoire.gif (870 octets) Loudieg) est chef lieu de canton. Loudéac dépend de l'arrondissement de Saint-Brieuc, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LOUDEAC

Loudéac vient, semble-t-il, du latin « lucotius », nom d'homme gaulois, semble-t-il.

Loudéac est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Cadelac. Cadelac, jadis chef-lieu d'une paroisse, est attestée aux XIIIème et XIVème siècles : Eon Quenandu est recteur de Kadellac en 1302 et en 1246, on trouve un chevalier du nom de Geffroy de Cadellac. 

Loudéac semble être mentionné pour la première fois dans le cartulaire de Redon (Locduiac) en 1075, lors d'une donation du vicomte Josselin de Porhoët en faveur de l'abbaye. Loudéac (Lodeac) est cité dans les chartes de l'abbaye de Lantenac (en la Ferrière) à partir de sa fondation en 1149 (Anc. év. IV, 247). Loudéac (Lodeiac) a le titre de paroisse dès 1263. Les terres de Loudéac appartiennent à la famille Rohan dès le XIVème siècle. Le "Mémoire" de Jean II, daté de 1479, stipule : "...outre sont le bourg de S. Leon et le bourg de Loudéac, esquels y a d'ancienneté marché chacune sepmaine, outre lesquels deux chasteaux pour l'amplitude d'icelle seigneurie...". Il s'agit du château situé au bourg et de celui de Plessis-Boudet. Le 15 avril 1562, Henri de Rohan rend aveu de la châtellenie de Loudéac.

Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Loudéac appartient au diocèse de Saint-Brieuc, à la subdélégation de Josselin et dépend du ressort de Ploërmel. Le duc de Rohan, seigneur de la paroisse, présentait à la cure. La paroisse de Loudéac avait jadis pour succursales : Grâce-Uzel, la Motte, Saint-Barnabé et Saint-Hervé. La paroisse de Cadelac, qui existe dès 1427 (archives de Loire-Atlantique, B2978) est rattachée à Loudéac le 5 avril 1792.

Au point de vue féodal et judiciaire, Loudéac était jadis divisé en Loudéac-Porhoët et Loudéac-la-Vicomté (Anc. év. IV, 248). Loudéac-Porhoët dépendait du comté de Porhoët, Loudéac-la-Vicomté dépendait de la vicomté de Rohan. Au début du XVIIème siècle, ces deux terres appartiennent au Vicomte de Rohan. La terre de Loudéac est alors unifiée en formant un membre du duché de Rohan, pairie de France, érigé en avril 1603. Le 12 mars 1629, la Cour de Bretagne envoie le commissaire François d'Aubigné à Loudéac pour y voir "une maison appelée ordinairement le château de Loudéac" appartenant au duc Henri de Rohan. Le château est alors saisi au profit du prince Condé, mais le duc le récupère peu après, à la suite de la grâce royale du 27 juin 1629. Loudéac est dès 1603 le siège d'une juridiction ducale jusqu'en 1790. En 1779, le duc de Rohan est toujours propriétaire de la seigneurie, qui est cédée le 25 août 1802 à Louis  Henri Janzé. Durant la nuit du 19 au 20 septembre 1802, la maison est détruite par un incendie. Le 22 novembre 1814, le baron de Janzé revend au duc de Rohan "les halles, prison et auditoire de Loudéac"

Erigée en commune en 1790, la paroisse de Loudéac perd les territoires de Grâce-Uzel, La Motte, Saint-Barnabé et Saint-Hervé. Elle est augmentée en 1792 du territoire de l'ancienne paroisse de Cadélac qui était jadis une paroisse primitive et qui englobait à l'origine les territoires de Loudéac, de Saint-Maudan, Trévé, Saint-Thélo et Uzel. 

On rencontre les appellations suivantes : Locduiac (entre 1066 et 1082), Lodeac (en 1149), Lodoach (en 1223), Lodeac (en 1239, en 1264), Par. et burgus de Lodeiac (en 1263), Lodoiac (en 1269, en 1280), Loudeac (en 1271), Lodoyac (en 1286), Lodeac (en 1296), Lodehac (en 1369), Loudeac (en 1396). La forme actuelle de Loudéac apparaît dès 1427 (archives de Loire-Atlantique, B 2979). 

Note 1 : Maurice Duault (né en 1115 à Kerbarth en Croixanvec), premier abbé du monastère de Notre-Dame de Carnoët (fondée en 1170 par Conan-le-Petit, comte de Richemont et de Guingamp, onzième duc de Bretagne, décédé en février 1171 et enterré à Bégard) passe son enfance à Loudéac. En 1241, la châtellenie de Loudéac est démembrée du comté de Porhoët. En 1280, le Breil, alors terre noble, appartient à Pierre de Trouchâteau qui la vend à Geoffroy de Rohan. En 1370, le Plessix appartient au vicomte de Rohan. En 1491, l'armée française vient loger à Loudéac. En mars ou avril 1591, un combat oppose, à Loudéac, un détachement de Royaux, commandé par le marquis de Coëtquen (ou Coëtmen), et les Ligueurs de Jean Avaugour de Saint-Laurent, gendre du marquis. Le 17 août 1858, l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie font leur entrée à Loudéac.

Note 2 : la commune de Loudéac est formée des villages : l'Impiguet, Beauval, Kerdervé, le Bois, la Peyrouse, Quilliampe, Truquez, Lande-aux-Eaux, le Tiernez, la Noë-Blanche, la Bellière, Bois-de-Corno, le Haut-Breil, le Tannouer, Bodin, Galand, Bas-Guingamp, Kersuguet, Kerneleuc, Trahelleuc, le Diffaut, Saint-Maurice, Trémuson, Breil de Saint-Maurice, Ville-au-Fèvre, Villio, le Rez Saint-Hovec, le Bocage, Kerblanc, Ville-Morvan, Ville-Hervé, Ville-Donnio, Menec, la Grange, Ville-ès-Prévelles, Saint-Bugan.

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PATRIMOINE de LOUDEAC

l'église Saint-Nicolas (1758-1759). Elle est édifiée par l'entrepreneur Jean Gueno du Chesne sous la conduite de l'architecte Lorin (mais sur les plans de l'architecte François Béchet des Ormeaux approuvés en 1750) à l'emplacement d'une construction plus ancienne. La première pierre de l'église est bénite le 24 septembre 1758. Les travaux sont réceptionnés en 1765. Le clocher date de 1743-1746 et la nef date de 1758-1762. Le choeur date du XVIII-XIXème siècle. Les orgues datent de 1854. Son maître-autel à baldaquin en bois sculpté et en marbre de Carrare est l'oeuvre du tregorois Yves Corlay (1763-1778) et de son gendre Julien Heurtault (en 1771). La croix hosannière, en fer forgé et oeuvre de Joseph Cancoin, date du début du XIXème siècle. Les statues de saint Maurice et de saint Nicolas, en marbre, datent de 1775. Dans le retable sud, la statue de la Vierge à l'Enfant, en bois polychrome, date du XIVème siècle. Les seigneurs du Plessis-Boudet possédaient jadis dans l'église paroissiale de Loudéac "une chapelle à côté du chanceau de ladite église du côté de l'évangile en laquelle sont les tombes et enfeus des seigneurs de ladite maison... et ont droit d'écusson et armes dans la grande vitre de la dite église paroissiale et dans toutes les vitres de ladite chapelle, avec banc et accoudoir......" ;

l'ancienne église de Cadélac, détruite en 1805. Cette église était dédiée à saint Cadoc (fils de Gundlee, prince de Glamorgan au pays de Galles) et à saint Samson ;

la chapelle Saint-Joseph de l'Hôpital (1785). Elle est bénie le 21 juillet 1775 ;

la chapelle Saint-Maurice (1779). Cette chapelle de plan rectangulaire, avec chevet à pans coupés, est dédiée à Maurice Duault (1115-1191). L'autel, orné d'une statue représentant la Vierge, date du XVIIème siècle. L'autel est surmonté d'un tableau, oeuvre du peintre Le Bel de Pontivy et daté de 1678. Les vitraux, représentant la Vie de saint Maurice (légionnaire romain, mort martyrisé en 286) et la Vie de saint Maurice Duault, datent de 1564. La chapelle abrite les statues en bois polychrome de sainte Emérance (XVIIème siècle) et de sainte Apolline (XVII-XIXème siècle) ;

la chapelle Saint-Gilles-du-Ménec (XVIIème siècle), reconstruite en 1833-1834. Le clocher, oeuvre de Joseph Cancoin, est en fer forgé. La chapelle, ainsi que sa fontaine, était autrefois dédiée à saint Méen. La chapelle abrite une statue de saint Sébastien, en bois polychrome et datée du XVIIIème siècle ;

la chapelle Saint-Guillaume (1722, 1775) ;

la chapelle des Parpareux ;

la chapelle Notre-Dame des Vertus ;

l'oratoire de Saint-Cado de Cadelac (1667 - 1807 - 1930 - 1931), restauré en 1807 et 1930 ;

le calvaire du Clos-Roland ou Clos-Reland ou de Sainte-Marguerite (XV-XVIème siècle). On y trouve plusieurs personnages : saint Jean, la Vierge, sainte Marguerite, sainte Barbe et sainte Fleur ;

la croix de Cadélac (XVIème siècle). Sa base est gravée d'un calice ;

la croix du Chenot (XVIIème siècle), située à Truguez. Elle aurait été une donation de Jean Braigeul et Guillemette Jégart, comme l'indique une inscription ;

l'ancienne auberge du Cheval Blanc (1640-1650), située place de l'Eglise. Cet édifice a servi de corps de garde sous la Révolution ;

le château de la Ville-Audrain (XVIème siècle). La tour date du XVIème siècle. Propriété de Tristan de Kerguezengor en 1480 et de Jacques de Kerguezengor en 1514 ;

la maison du Bel-Orient ;

le manoir du Plessis ou Plessis-Boudet (XVIIIème siècle). En 1370, le domaine du Plessis-Boudet, situé en bordure ouest de la forêt de Loudéac, appartient au vicomte Jean Ier de Rohan et dépend de la juridiction de La Chèze. Celui-ci le donne en partage, le 18 août 1370, à ses oncles Geoffroi et Josselin de Rohan. Propriété du vicomte de Rohan en 1442, de Louis des Deserts en 1536 et de dame Thérèse Eugénie Françoise Geneviève Du Moulin (veuve de Jean Charles Louis Joseph De Mallière, comte de Chassonville) en 1756. Le 6 décembre 1811, Denys Charles de Saint Genys et dame Marie Henriette Jeanne Robinault son épouse, héritiers de dame du Moulin de Chassonville, aïeule de la dite dame de Saint Genys, vendent la terre du Plessis à M. Hervé, ancien banquier, demeurant à Belleville (Seine) pour une somme de 13 300 francs. Le 6 décembre 1839, Mme Marie Joséphine Caroline Granry, veuve de M. Louis Hervé, cède à M. Adolphe Robin-Morhery (médecin de Loudéac) la terre du Plessis-Boudet, trois métairies (environ 75 hectares) et le manoir du lieu pour une somme de 31 000 francs. Suite à une saisie sur la famille Robin-Morhery, le domaine du Plessis-Boudet est vendu aux enchères le 31 août 1860 à Joseph Gourdin (négociant de Saint-Brieuc). Le domaine est agrandie le 28 mai 1861 par l'achat de six fermes proches du Plessis, puis cédé par héritage à la famille Renoux en 1957 ;

la maison du Général Gautier (1798), située 31 rue de Cadelac ;

les maisons de la rue Pontivy et la maison de 1782, située 33 rue Notre-Dame ;

les fermes de Launay-Grésillon (1622, propriété de Jean du Pont en 1442 et de la famille Deserts en 1536), Saint-Maurice (1752), Saint-Hovec (1780), Launay-Grésillon (1751), la Ville-Hervé (1777), Guerrieux (1772) ;

la fontaine Saint-Guillaume (XVIII-XIXème siècle) ;

9 moulins dont les moulins à eau de Beauval, du Grésillon, Launay-Belgaut, de Bodin, de Trémuzon, de Launay-Cadelac, de la Ville-Audrain, de Nezy, Forge de Vaublanc ;

A signaler aussi :

la motte de Cojean ;

l'enceinte fortifiée de Cadelac (camp romain) ;

le camp de Calouët ;

le souterrain de la Ville-Bougault (âge de fer) ;

l'hôpital (1775), ancien hospice érigé par François Le Baron, seigneur des Hayes ;

les trois croix (XXème siècle) qui commémorent la bataille de 1591 (les partisans du roi de France contre les ligueurs) ;

à signaler aussi la découverte de plusieurs dépôts de haches à douille de l'âge du bronze (à la Bellière, à Saint-Bugan, au Clos-Roland et à Limpiguet).

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ANCIENNE NOBLESSE de LOUDEAC

Les maisons nobles de Loudéac étaient le Plessix ou Plessis, la Ville-Audrain, les Déserts (démoli en 1798), Tannouarn, Cahouët ou Calouer, la Feuillée, Launay-Berguet et Tenoquevel ou Ténoquével. En 1779, d'après Ogée, le Plessis "avait une haute moyenne et basse justice ... et était la plus ancienne des maisons nobles de la paroisse de Loudéac".

Lors de la réformation de 1426, sont mentionnés plusieurs nobles de Loudéac : Jouhan du Pont, la déguerpie Eon Raoullou, la déguerpie Olivier Raoullou, Jehan des Deserts, Geffroy Roullier, Jehan Gonnou ou Gouriou, Eon du Bloulin, Jehan Dean et Eon Dean. Jamet des Poullains se dit aussi noble.

Lors de la réformation du 27 mai 1536, sont mentionnées plusieurs maisons nobles de Loudéac : Le Plessis (à Louis des Desers ou Deserts, président de Bretagne), Kermelin, Le Tannouer et Launay-Grésillon (à Louis des Deserts), Limpiguet (à dom Alain Chauvoil), Launay-Bergault et Kermenevan (à Alain Danct), Le Quillio (à Béatrix de Bodegat, épouse de Jehan du Gouray), Les Déserts (aux héritiers de Henri des Desers), Le Breil (à l'héritière d'Alain des Desers), La Garenne (à Charles Le Moenne), La Vallée (à un nommé de Kerboudel, sieur de La Ville-Gueneal), Bleulin (au sieur de Rohan), La Feillée (à François de Rieux).

Lors de la réformation de 1426, sont mentionnés plusieurs nobles de Cadélac : Jehan de La Ville-Audren, Eon Le Lindeuc, la déguerpie Eon de Launay, Alain de La Ville-Audren, Thébaud de Cadellac. Jehan Henri et Raoul Pierres se prétendent aussi nobles. Lors de la réformation de 1514, sont mentionnées plusieurs maisons nobles de Cadélac : La Ville-Audrain, la Ville-Morvan et Launay-Cadélac en Loudéac (à Jacques de Kerguezengor), Calouer (à Jean de Lindreuc), La Ville-Léo en Loudéac (à Alain de Cadelac), Ténoquével en Loudéac (à Jean, fils de Guillaume Le Floch ou Flo). 

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc de 1480, on comptabilise la présence de 6 nobles de Cadélac :

Tristan DE KERGUEZENGOR (200 livres de revenu) : excusé car appartenant à la maison de Rohan ;

Jehan DE LAUNAY (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une épée ;

l'héritière Jehan DE LA VILLAUDREN (20 livres de revenu), remplacée par Guillaume LE FLO : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une épée ;

Jehan DE CALAC ou CADELAC : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une épée ;

Jehan DE LINDREUC : excusé car appartenant à la maison de Rohan ;

Alain DE CALAC ou CADELAC, pour dom Eon LE VESLIE : porteur d'un paltoc et comparaît armé d'une épée et d'une vouge ;  

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc de 1480, on comptabilise la présence de 13 nobles de Loudéac :

François CONEN (20 livres de revenu) : défaillant ;

Guillaume DAEN de Quermevenan (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Pierre DAEN de Launay-Brégault (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan DE BODEGAT de Quillyo (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

Jehan DE BODEGAT de Retual (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume DE CHATEAUTRO (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Charles DE LINDEREUC (60 livres de revenu) : défaillant ;

Pierre DU PONT (120 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Catherine LE FLO, veuve Guillaume THEBAULD (35 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

LE FLO : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

Jehan LE MOUENNE (35 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Alain RAOULLO (25 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan RAOULLO de les Deserts (90 livres de revenu) : excusé comme appartenant à la maison de Rohan ;

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