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LEHON

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La commune de Léhon (pucenoire.gif (870 octets) Lehon) fait partie du canton de Dinan-Est. Léhon dépend de l'arrondissement de Dinan, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LEHON

Léhon vient, semble-t-il, d'une déformation de "Leon", ou du breton « lean » (moine), indiquant la fondation du monastère au IXème siècle.

Léhon est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plumaudan. Léhon était jadis le siège d'une puissante forteresse et d'une riche abbaye. Le château qui existe déjà en 1034 (mentionné lors de la guerre d'héritage qui oppose Alain et Eudon, fils du duc de Bretagne, Geoffroy Ier) est ruiné et rasé en 1169 par Henri II, roi d'Angleterre, selon les conditions du traité de paix conclu entre le roi de France Louis VII et Henri II. La forteresse est reconstruite au XIIIème siècle par Pierre Mauclerc. Le fief appartient alors à Gervaise de Dinan. En 1359, la ville de Dinan et le château de Léhon sont assiégés par les Anglais commandés par le duc de Lancastre. A la fin du XIVème siècle, après le traité de Guérande qui met fin aux hostilités franco-anglaises, les places fortes de Léhon et Dinan sont rendues au duc de Bretagne. Le château est qualifié de ruiné en 1490.

Vue générale de la ville de Léhon (Bretagne).

Selon la Vie de saint Mégloire (ou saint Magloire), composée au début du Xème siècle, le roi Nominoé aurait rencontré au cours d'une chasse six moines auxquels il aurait fait don des terres de Léhon. Les moines qui n'avaient pas de reliques décident alors de s'emparer des reliques de Saint-Magloire (dans l'île de Sercq ou Serck) qu'ils ramènent à Léhon. Avec les matériaux d'un temple païen, sans doute celui de Corseul, ils lui élèvent une église. Dès lors l'abbaye prospère, mais vers 920-925, devant la menace normande, les moines décident de s'exiler à Paris avec les reliques de saint Magloire et construisent une nouvelle abbaye. C'est au XIème siècle que les moines de l'abbaye Saint-Magloire de Paris viennent relever l'abbaye du Léhon. Relégué au rang de prieuré, l'établissement s'affranchit de la tutelle du monastère parisien pour se placer en 1181 sous celle de l'abbaye bénédictine de Marmoutier (Mor., Pr. I, 688 ; Anciens Evêchés, VI, 135). Le prieuré est supprimé en 1767. Vendue comme bien d'Etat pendant la Révolution, elle est partiellement en ruine au siècle suivant. " Suivant la Vie de saint Conwoïon, le monastère de Lehon aurait été fondé au milieu du IXème siècle par le roi Nomenoé en l’honneur de saint Magloire dont le corps avait été dérobé par des moines dans l’île de Serk. Cependant, il paraît résulter du Livre des Miracles de saint Magloire qui si Nomenoé fut le bienfaiteur du monastère, une communauté existait déjà sur les bords de la Rance, communauté dont le fondateur, suivant une tradition ancienne, serait saint Columban. Dans la chapelle Saint-Columban, accolée à l’église de Locminé et datant du début du XVIème, un vitrail reproduit les principaux actes de la Vie du saint. L’un des registres porte la légende suivante : « Comment Colombain fut esleu abé par ses frères à cause de sa saincteté et fist bastir le monastère de Lehon par congé de Sigibert roy de France ». Lors de l’invasion normande, les moines quittèrent Lehon et portèrent leurs précieuses reliques à Paris, où le roi les fit déposer dans la chapelle du Palais qui prit alors le vocable de Saint-Barthélémy et Saint-Magloire. Au début du XIème siècle, en 1008, l’abbé du monastère parisien de Saint-Magloire, Hardouin, demanda au duc Geffroy les ruines de Lehon et y envoya six moines pour relever le monastère, qui, en 1181, fut réuni à Marmoutiers" (R. Couffon).

On trouve la forme latine de Léhon, mentionnée dès le Moyen Age : leonensis en 870 (Cartulaire de Redon) et lehonensis au milieu du XIIème siècle (Anciens Evêchés, IV, 125, 359, 360). Léhon est cité comme paroisse dès 1266, dans les chartes du prieuré de Saint-Magloire de Léhon (Anciens Evêchés, IV, 371). Elle a un prieur en 1148 et en 1281. Cette paroisse et ce prieuré-cure appartiennent au diocèse de Saint-Malo et la paroisse dépendait jadis du ressort et de la subdélégation de Dinan. " En 1789, Léhon dépendait de Dinan, siège à la fois de sa sénéchaussée et de sa subdélégation d'intendance. C'est dans cette ville que le général de Léhon députa le 7 avril 1789 les sieurs Viel-Grandchamp et François Le Baron, pour figurer à la rédaction du cahier général de doléances de cette sénéchaussée. En 1790, Léhon fit partie du district et du canton de Dinan. Lors de l'application de la Constitution de l'an III (22 août 1795), Léhon fut rattaché à la municipalité de Dinan extra-muros. Depuis le Consulat, cette commune est comprise dans l'arrondissement de Dinan et dans le canton de Dinan-Ouest " (A. Lemasson). Léhon élit sa première municipalité au début de 1790. La commune de Léhon devient le chef-lieu de la municipalité cantonale de Dinan-rural de l'an IV à l'an VIII puis le chef-lieu d'un canton jusqu'à l'an X.

En l'an XIII (1804-1805), le territoire de la paroisse succursale de Léhon est diminué de Tressaint au profit de Lanvallay. Par décret du 30 septembre 1807, la succursale de Léhon est supprimée et son territoire est réuni à celui de la paroisse curiale de Saint-Sauveur de Dinan. Par ordonnance du 16 mars 1820, Léhon est de nouveau érigé en paroisse succursale.

On rencontre les appellations suivantes : Abbas Leon(ensis) (en 870), monasterium Leonensis (vers 870), monachus Lehonensis (en 895-924), Leun (en 1079), Lehum (en 1148, Anc. év. III, 223), Eccl. Beatae Mariae de Lehon (au XIIème siècle, en 1182), Lehonensis (au milieu du XIIème siècle, Anc. év. IV, 125, 359, 360), Lehun (en 1184), apud Lehon (en 1204, Anc. év. III, 225), Lehon (en 1223, en 1230), apud Lehonum (en 1229, Anc. év. III, 66), Lehonio (en 1260, en 1281, Anc. év. III, 137 et IV, 321), Chastel de Lehon (en 1283), Prior de Lehonio (vers 1330).

Vue générale de la ville de Léhon (Bretagne).

Note 1 : vers 650, arrivée à Léhon des reliques de saint Magloire, volées dans l'île de Sercq ou Serk (île située à l'est de Guernesey) et fondation par Nominoé du monastère de Léhon (La Borderie, Histoire de Bretagne II, 253-255). Vers 920, rassemblement des reliques et des moines à Léhon, par crainte des invasions normandes. Une assemblée, présidée par Sauveur, évêque d'Alet, décide de mettre les reliques à l'abri. Celles de saint Magloire vont à Paris (La Borderie, Histoire de Bretagne, II, 364-369). Vers 1008, des moines de Saint-Magloire de Paris viennent repeupler le monastère de Léhon. En 1034, guerre entre Alain III, duc de Bretagne et son frère Eon (comte en Penthièvre). Le 25 juin 1168, Henri II , roi d'Angleterre, brûle le cimetière de Léhon, mais épargne l'église et le prieuré. En 1169, il détruit le château de Léhon (Mor., Pr. I, 37, 104, 132). En 1264, Alain d'Avaugour, seigneur de Mayenne vend à Pierre de Bretagne le château et la châtellenie de Léhon en même temps que la ville et la châtellenie de Dinan (Mor., Pr. I, 991). Le 19 novembre 1265, Pierre de Bretagne cède ces biens au duc Jean 1er, son père (Mor., Pr. I, 998). Le 4 juillet 1381, le château de Léhon, occupé par les Français, est rendu au duc Jean IV. 

Note 2 : Garde nationale de Léhon en 1793 (Noms des Officiers élus "par scrutin et à la pluralité des voix ", le 6 mars 1793 et liste des Fusiliers) : - François Orion, capitaine. - Jean Le Baron, premier lieutenant. - François Carillet, lieutenant. - Pierre Coheril, lieutenant. - Jean Le Hardy, premier sergent. - Parfait Rimoneau, deuxième sergent. - Nicolas Bezard, fils, premier caporal. - Gilles Martin, deuxième caporal. - Joseph Amiot, troisième caporal. - François Amelot, quatrième caporal. - Gilles Dufros, tambour. FUSILLIERS : - Joseph Bullourde. - Pierre Amiot. - Gilles Allaire, fils. - Jean Mainguy, père. - François Lefort. - Nicolas Chevalier, fils. - Nicolas Langlamet. - Félix Crespel. - Mathurin Lécoublet. - Jean Fouéré. - Pierre Crespel. - François Ouice. - Julien Poiensu. - Noel Beslay. - François Aubry. - Olivier Chatton. - François Bezard. - Julien Bezard. - Mathurin Bezard. - Louis Bezard. - René Bezard. - Jacques Bezard. - Julien Bezard . - Jean Diveu. - Alain Robert. - Guillaume Chantrel. - Thomas Chantrel. - Jean Briand, père. - Jean Briand, fils. - Guillaume Tombrel. - Jean Tombrel. - Yves Tombrel. - Joseph Rollet. - Adrien Rollet. - Yves Derrien. - Guillaume Buance. - Jean Tranchevent. - Jean Macé. - Pierrre Potin. - René Morin. - Benoit Hervy. - Pierre Besnard. - Julien Besnard. - Julien Leclerc. - Macé Flin. - Nicolas Ruquay. - Jean Cocheril. - Jean Fain. - Charles Ruquay. - Pierre Chevalier, fils. - Charles Charmel. - Pierre Briot. - Nicolas Chevalier, père. - Prosper Le Marchand. - Mathurin Cocheril, fils. - Jean Cocheril. - Julien Peluet. - François Cocheril. - Yves Hervé. - Tanguy Peluet. - François Essirard. - Jean Le Paisant. - Louis Rouxel. - Mathurin Rouxel. - Jean Gohier. - Guillaume Colin. - Jacques Rouxel. - Julien Amelot. - Julien Rollet. - Mathurin le Bigot. - Jean La Sauce. - Duvergé Lecoublet. - Macé Charmel, père. - Mathurin Allouët. - Gilles Pepin. - Jean Charmel, fils. - Mathurin Thomas. - Gilles Ouice. - Jean Cocheril. - Joseph Fouéré. - Charles Briand. - Nicolas Cocheril. - Julien Lenouvel. - Guillaume Rollet. - Pierre Martin. - Guillaume Lucas. - Yves Dufros. - René Crespel. - Noël Rouvrais. - Pierre Ruquay. - Julien Lemée. - Nicolas Fain. - Jacques Ruquay. - Julien Hanoche. - Gilles Sébille. - Mathurhin Le Bigot. - Mathurin Danjou. - Gilles Le Marchand. - Guillaume Rigollet. - Charles Amelot. - François Le Marchand. - Romuald Gautier. - Olivier Cocheril. - François Delalande. - .... Patru. - François Cocheril. - Jean Cirvelais. Fait et arrêté à la chambre commune de la municipalité de la paroisse de Lehon ledit jour et an. Lemy, officier municipal. F. Oriou ; Aubry ; Bonnier, secrétaire greffier (Archives municipales de Léhon)

Note 3 : Liste non exhaustive des Recteurs et des Vicaires de Léhon : - 1501 : Fourier, recteur. - 1520 : Dom Guillaume Bunel, recteur. - 1525 : J. Jernugon, recteur. - 1540 : Dom Geffroy Gromil, recteur. - 1548 : Dom Pierre Guillart, sub-curé. - 1566 : Dom Etienne de Vienne, recteur. - 1566 : Dom Jacques Briot, sub-curé. - 1566-1584 : Dom Jehan Ouisse, curé. - 1571-1580 : Guillot, recteur. - 1584 : Dom Jehan Garnier, sub-curé. - 1584-1590 : Dom Guy de Saintisse, sub-curé. - 1585-1595 : Dom Guillaume Le Bonnetel, curé. - 1585 : Dom Estienne Herbert, sub-curé. - 1593-1598 : Dom Jean Le Roy, sub-curé et pro-curé. - 1595-1606 : Frère René Gaultier, recteur. - 1597-1605 : Dom 0llivier Fourier, sub-curé. - 1607-1613 : G. Oleron, recteur. - 1611 : Dom Jean Le Roy, sub-curé. - 1613-1653 : Dom 0llivier Congard, recteur. - 1647-1693 : Charles Jounin, chapelain de la Marotais. - 1654-1663 : Joseph Herbert, recteur. - 1664-1668 Pommeret, recteur. - 1668-1680 : Guillaume Quatre-Sous, recteur. - 1681-1724 : Vincent Cocquelin, recteur. - 1695 : Guillaume Guérin, chapelain de la Marotais. - 1698-1700 : G. Guilloux, curé. - 1724 : Dom Guillaume Nicolle, desservant la cure. - 1724 : Dom Corentin Le Barzic, desservant la cure. - 1724-1744 : Jacques Nicolle, recteur. - 1744-1746 : Charles Chauchart du Mottay, recteur. - 1746 : A. Rembert, curé d'office. - 1747 : Julien Lucas, chapelain de La Marotais. - 1747-1755 : Joseph Marie Duval, recteur. - 1748-1757 : Thomas Thérèse Lucas, chapelain de La Marotais. - 1754-1756 : René Guérin, curé. - 1755-1761 : J. Leserf, recteur. - 1761-1762 : Julien Aubry, curé. - 1762-1793 : Julien Aubry, recteur. - 1769 : M. Viel, chapelain du prieuré. - 1774 : Antoine Pilhan, curé. - 1776-1783 : Thomas Plaine, curé. - 1783-1793 : Moncoq, curé. - 1795-1796 : R. P. Romain de Dinan, capucin, recteur. - 1803 : Thomas Plaine, curé d'office. - 1804-1816 : Thomas Plaine, recteur. - 1817 : Haslé, curé d'office. - 1817 : Gilbert, vicaire. - 1817-1819 : Yves Allo, vicaire. - 1819-1821 : May, vicaire. - 1821-1836 : M. G. May, recteur. - 1836-1841 : Louis Le Vavasseur, recteur. - 1841-1847 : Mathurin Ménier, recteur. - 1847-1849 : René Chauvin, recteur. - 1849-1850 : François Boulard, recteur. - 1850-1852 : Jean Bodin, recteur. - 1852-1860 : Mathurin Hémery, recteur. - 1860-1868 : Augustin Méheust, recteur. - 1868-1871 : Jean Pierre Le Chantoux, recteur. - 1871-1877 : Victor Richard, recteur. - 1877-1884 : Eugène Bouvet, recteur. - 1884 : Mathurin Fouéré-Macé, recteur, etc ...

Note 4 : Liste non exhaustive des Maires de  Léhon : - 1790 : Guillaume Viel Grandchamp . Elu membre du district de Dinan, il donne sa démission de maire en Juillet 1790. - 1790-1791 : Gilles Pepin. Elu. - 1791-1792 : Laurent Lemy. Elu. - 1792-1793 : Pierre Amiot. Elu. Donne sa démission. - 1793-1795 : Gilles Pepin. Elu. - 1795 Janvier-Novembre : Thomas Duchalonge. Municipalité régénérée. 1795-1797 : Thomas Duchalonge. Elu agent municipal. - 1797-1800 : François Bonnier. Elu agent municipal. - 1800 Juin-Août : ...... Maire provisoire. - 1800-1805 : Guillaume Viel Grandchamp : Nommé. - 1815-1823 : Désiré Guisnel . Elu. - 1823-1848 : Joseph Amiot. Elu. - 1848-1856 : Jean Marie Amiot. Elu. - 1856-1860 : François Duponcel. Adjoint faisant les fonctions de maire. - 1860-1869 : François Duponcel. Elu. - 1869-1888 : Louis Chupin. Elu. - 1888 : Fernand Le Fer de La Gervinais. Elu, etc ...

Note 5 : la commune de Léhon est formée des villages : le Saint-Esprit ou Grande-Haie, la Marotais, la Salmonais, la Salle, les Hauts et les Bas-Villots, les Villes-aux-Oiseaux, la Ville-aux-Mouches.

Note 6 : Renseignements Statistiques. — Superficie : 471 hectares. Population. — En 1778 : 14 naissances, 1 mariage, 24 décès. (Archives d'Ille-et-Vilaine, C 1416). — Population vers 1760 : 400 communiants ; Ogée, op. cit., vers 1778 : 600 (ce chiffré paraît exagéré). En 1790 : 521 habitants, dont 189 hommes, 173 femmes et filles, 159 jeunes gens des deux sexes au-dessous de 18 ans. — La journée de travail estimée 10 sols. En 1795 : 12 naissances, 8 mariages, 10 décès, pour 536 habitants se subdivisant en 141 hommes présents, dont 21 pauvres, plus 31 absents ; 185 femmes et filles avec moyens d'existence, 37 pauvres ; 147 enfants des deux sexes, dont 38 pauvres. En 1803 : 529 habitants. — En 1838 : 640. — En 1863 : 713. — En 1880 : 1374. — En 1890 : 1288. — En 1913 : 1587. — En 1922 : 1421, y compris les pensionnaires de l'asile d'aliénés des Bas-Foins, fondé par les frères de Saint-Jean de Dieu l'an 1836, en cette localité. Impôts. — Nombre de contribuables en 1778 : 121 ; payant moins de 3 livres, 76. — En 1790 : vingtièmes, 731 livres ; capitation, 254 livres ; fouages, 365 livres. — Total : 1.325 livres. En 1804 : Léhon : Contributions foncières, 2.214 francs ; mobilières, 261 francs. (A. Lemasson).

Eglise et Cloître de la ville de Léhon (Bretagne).

Voir aussi   Ville de Léhon " Léhon durant la Révolution

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PATRIMOINE de LEHON

l'abbaye de Léhon (IXème siècle), qui passe pour avoir été fondée dès le IXème siècle autour des reliques de saint Magloire (ancien évêque de Dol) dérobées sur l'île anglo-normande de Serk. Les moines fuyant les Normands fondent Saint-Magloire à Paris, avant de revenir au XIème siècle. Cette abbaye devient ensuite le prieuré de Saint-Magloire de Léhon (au XIIème siècle), comprenant l’église (1170-1187), avec sa chapelle des Beaumanoir (XIVème siècle) servant de sacristie. L'église abbatiale comporte un porche qui date du XII-XIIIème siècle et qui présente un arc en plein cintre et une archivolte subdivisée en six voussures. Le registre supérieur de la façade est percé d'une baie géminée, encadrée de deux baies. La nef est de forme rectangulaire comportant quatre travées et le choeur s'éclaire d'une large baie à meneaux surmontée d'une rosace qui a été restaurée au XIXème siècle. Les vitraux datent du XXème siècle et remplacent l'ancienne verrière détruite en 1944. Un reliquaire renferme des reliques de saint Magloire. La cuve baptismale date du XIIIème siècle. L'église abbatiale contient les tombes de plusieurs membres de la famille de Beaumanoir du XIVème ou XVIème siècle (dont celle, datée de 1366, de Jehan III de Beaumanoir, héros du combat des Trente). Au nord du cloître reconstruit au XVIIème siècle par la congrégation de Saint-Maur, se trouve le réfectoire datant du XIIIème siècle. La verrière du réfectoire, oeuvre du maître verrier Gérard Lardeur, date du XIII-XXème siècle. Le 23 juin 1604, arrive à Léhon, le P. Noël Mars, prieur claustral et réformateur du prieuré. Il meurt à Léhon le 31 janvier 1611. En 1767, les derniers moines, au nombre de six, quittent l’abbaye. Le 2 juin 1885 est bénie la première pierre des travaux de restauration de l'abbaye de Léhon. Le 8 juillet 1897 est consacrée l'église abbatiale, devenue dès lors paroissiale ;

Eglise de la ville de Léhon (Bretagne).

Nota 1 : L’église actuelle fut refaite sous la direction de Geoffroy de Corseul. De plan rectangulaire et à chevet plat, elle mesure 38 mètres sur 10 et a 18 mètres de hauteur sous voûte. Le portail, dont les colonnes portent des bases à griffes, date des toutes dernières années du XIIème siècle. L’édifice fut restauré au XIVème siècle, comme le montre la porte donnant sur le cloître ; et il fut ajouté sur sa face sud une chapelle privative servant jadis de chapelle sépulcrale à la Maison de Beaumanoir et aujourd’hui de sacristie. Elle est déjà mentionnée dans le testament daté de 1363 de Jean de Beaumanoir. En 1490, sous l'abbatiat de Guillaume Gueguen, fut percée la fenêtre du chevet. En ruines au XIXème siècle, l’abbatiale fut relevée sous l’impulsion du recteur, M. Fouéré Macé, sur les plans du frère Vincent-de-Paul de l’ordre de Saint-Jean de Dieu. En octobre 1881, le conseil municipal vota vingt centimes additionnels pendant 20 ans pour subvenir aux frais de cette restauration ; et le 2 juin 1885, Mgr. Bouché bénit la première pierre de l’une des fenêtres sud. La consécration en eut lieu le 8 juillet 1897 et l’ancienne église paroissiale fut alors abandonnée et détruite. La nef comprend actuellement deux travées et le choeur deux travées. Mobilier : Cuve baptismale du XIIIème siècle ; tombeaux de Gervaise de Dinan, 1239, de Marguerite d'Avaujour, 1240 ; d’un prieur de Lehon au XIVème siècle ; de Jean III de Beaumanoir, 1366 ; de Jean V de Beaumanoir, 14 février 1383 ; de Roland de Beaumanoir ; de Raoul Pollo. Le maître-autel, ainsi que la chaire, sont en pierre et dûs à Jean Hebert. Les panneaux de la chaire ont été exécutés d’après les croquis d'Aristide Bourel. Dans le choeur, huit peintures des fondateurs de l’ordre datent du début du XVIIème siècle. Elles ont été complétées au XIXème siècle par saint Malo, saint Méen, saint Samson, saint Yves, saint Brieuc, saint Judicaël ; statues modernes de saint Magloire et du bienheureux Charles de Blois. " De Barthelemy et Geslin de Bourgogne ont indiqué (Anciens Evêchés, t. IV, p. 341) que c'était une lecture fautive de la légende du vitrail de Locminé qui avait donné lieu à la tradition de la fondation de l'abbaye par saint Columban et qu'il y avait eu confusion, le vitrail portant Luxon (Luxeuil) et non Léhon. Il y a donc lieu de s'en tenir à la Vie de saint Conwoion" (R. Couffon).

 Cloître de la ville de Léhon (Bretagne).

Nota 2 : Le monastère de Saint-Magloire de Léhon est à un quart de lieue de la ville de Dinan, en Bretagne, ancien diocèse de Saint-Malo ; il est situé dans un vallon, entouré de la rivière de Rance, entre deux montagnes. Ce monastère fut fondé l'an 880 par le prince Néoménius, qui y plaça des religieux Bénédictins. Ces religieux avaient dans l'enceinte du monastère, conformément à la règle de saint Benoît, Molendinum pistrinum, etc. Le monastère a été regardé jusqu'à l'an 1000 comme une abbaye. Le roi Hardouin l'unit à Saint-Magloire de Paris ; et dans la suite, par certains droits que l'abbaye de Marmoutiers prétendait avoir sur Léhon et par accommodement, les moines de Marmoutiers cédèrent à ceux de Saint-Magloire deux gros prieurés. Léhon, déjà regardé comme prieuré, appartenait dès 1735 à Marmoutiers qui en jouissait ; mais par la réunion que Louis de Bourbon, comte de Clermont, abbé de Marmoutiers, et les religieux de ce monastère avaient obtenue en 1726 du prieuré de Léhon, les abbés et religieux de Marmoutiers ont abandonné le tout aux religieux de Léhon, moyennant une pension annuelle de quatre mille livres. Cette union, quoique onéreuse, ne laissa pas d'être profitable aux religieux de Léhon, parce que le prieuré pouvait être possédé par des religieux commandataires, les abbés ou prieurs réguliers n'en ayant joui que jusqu'en 1440. Ce monastère fut ravagé par les Normands en 975. Mais, dans leur malheur, les religieux furent favorablement reçus et entretenus par Hugues Capet. En 1165, Henri II, roi d'Angleterre, ayant mis à feu et à sang tous les environs de Dinan, épargna le monastère, par une providence particulière, en faveur des religieux auxquels les ducs de Bretagne avaient accordé de grands biens, et les papes de grands privilèges et une exemption épiscopale. Il existait en faveur de ce monastère une espèce de servitude imposée aux nouveaux mariés, depuis un an, de la paroisse de Léhon. Les jeunes mariés étaient obligés de venir à cheval, la seconde fête de la Pentecôte, rompre une perche contre l'écusson du monastère. On appelait cela courir la Quintaine. Après quoi, le mari prenait son épouse par la main et la menait danser devant le révérend père prieur, et elle chantait la chanson suivante : Si je suis mariée, vous le savez bien ; Si je suis à malaise, vous n'en savez rien. Ma chanson est dite, je ne vous dois plus rien. A quoi le sénéchal de la juridiction, qui assistait avec les autres officiers à cette cérémonie, répondait : « Vous devez encore à Monseigneur honneur, respect et l'accolée, » et aussitôt la nouvelle mariée se jetait au cou du révérend père prieur ou procureur et l'embrassait. Ce qu'il y avait de plus digne de vénération dans ce monastère, c'étaient les ossements du vénérable père don Noël Mars, moine de Marmoutiers, prieur de Léhon, mort en odeur de sainteté le 31 janvier 1611, âgé de 34 ans. Ce saint religieux avait été visiteur de la société de Bretagne, dont le monastère de Léhon était membre. Son corps fut enterré près la chapelle de la Vierge, et demeura incorruptible pendant longtemps. Quelques religieux l'ayant trouvé tel, et craignant qu'on ne leur enlevât ce saint dépôt, eurent l'imprudence de le couvrir de chaux vive qui consuma les chairs. On a mis les ossements dans une caisse de plomb sous le même sépulcre, et au-dessus du tombeau une épitaphe. Ce monastère embrassa la réforme de la congrégation de saint Maur, en 1626. Il était fort bien bâti. L'église, le choeur, la chapelle et le sanctuaire étaient uniformément boisés et parquetés. Le choeur était séparé de la nef par un magnifique grillage. Supérieurs du monastère de Léhon, depuis 1660 : 1660 : D. Guillaume de Rieux. 1666 : D. Arsine Mansel. 1669 : D. Guillaume de Rieux. 1675 : D, Thomas Jouneaux. 1678 : D. Guillaume Bureaux. 1681 : D. Louis Le Maignen. 1684 : D. Pierre Giagats. 1690 : D. Etienne Badier. 1693 : D. Pierre Chevillard. 1695 : D. Jean Blusson. 1702 : D. André Lemaître. 1708 : D. Jean Goué. 1711 : D. Ant.-Nicol. Desbois. 1714 : D. Gilles Didon. 1717 : D. Léon Le Chevalier. 1720 : D. Martin Corneau. 1723 : D. Joseph Jolly. 1725 : D. Simon Mauger. 1726 : D. François Bargonc. 1733 : D. Louis Philippe. Charges ordinaires du Prieur. Recteurs ou vicaires perpétuels auxquels on payait la portion congrue soit en entier, soit pour contribuer. Brusvilly, 32 boisseaux, seigle et avoine mesure de Dinan. Calorguen, 450 livres. Corseul, 15 livres. Saint-Enogat, 87 livres. Evran, 160 boisseaux froment et 200 livres. Saint-Judoce, 64 boisseaux froment et 50 livres. Lanvallay, 450 livres. Léhon, 300 livres. Plédel, 450 livres. Plévenon, pour une messe par semaine, 40 livres. Plorhouan, 450 livres. Plouer, 75 livres. Saint-Quay, 450 livres. Quéver, 60 livres. Quiou, 80 livres. Trélivan, 300 livres. Tréverien, 60 livres. Tréveron, 450 livres. — Total, 3.967 livres. Plusieurs de ces recteurs jouissaient de quelques dîmes, soit pour leur portion congrue en entier, soit pour y aider, et même de quelques domaines. Des 200 livres payées au recteur d'Evran, 100 livres étaient pour ses prétendues novales. Outre les 300 livres du recteur de Léhon, on lui donnait un verger ou jardin pour ses prétendues novales ; comme aussi on donnait le clos aux prêtres aux recteurs de Lanvallay. En 1561 : Pitances des religieux, 480 livres. Pour leur vin breton, 260 livres. Pour leur vestiaire, 120 livres. Pour la messe Piel que les religieux acquittent chaque semaine, 21 livres 12 boisseaux. Pour le voyage du prieur au chapitre général de Marmoutiers, 20 livres. Pour le froment des religieux, 49 mines 4 boisseaux. Table abbatiale, 50 livres. Aux officiers de Marmoutiers, 2 livres 1 boisseau. Pour les boursiers du collège de Marmoutiers à Paris, 16 livres 9 boisseaux. Pour une messe par semaine qui se dit à Saint-Géran, 6 livres. Droit de procuration à l'évêque de Saint-Malo, 6 livres. Droit de procuration à l'évêque de Dol, 11 livres 13 boisseaux. Gages du sénéchal de Léhon, 12 livres. Gages d'un autre juge ordinaire, 12 livres. Gages du lieutenant, 6 livres. Gages du procureur, 6 livres. Gages du receveur comptable, 120 livres. Décimes, 484 livres 5 boissseaux. Pour suite de procès, 140 livres 6 boisseaux 7 deniers. Pour dépense des venants à la maison, 19 livres 13 boisseaux 6 deniers. Réparations, 1171 livres 5 boisseaux. 6 deniers 68 boisseaux de froment au curé de Saint-Judoce. 50 boisseaux de froment au curé de Calorguen. 16 boisseaux de froment au curé de Tréverien. 32 boisseaux de seigle au curé de Brusvily. 24 boisseaux de seigle au curé de Tréveron. 40 boisseaux d'avoine au curé de Brusvily. [Note. Le revenu du prieuré de Léhon était de 19.715 livres 13 boisseaux 2 deniers]. Analyse de quelques chartes du prieuré de Léhon. - 1233 : Gervaises de Dinan donne au prieuré une partie du bois de Lahaye. - 1242 : Donation d'une partie du moulin de Bréchesac au prieuré, par Guillaume Bahu et Lan Le Gantier, devant l'évêque de Saint-Malo. - 1262 (avril) : Pierre Le Monnier donne au prieur de Léhon la moitié de sa part et portion du moulin de Bréchesac, à condition qu'il en jouira pendant sa vie pour 6 livres par an. - 1266 : Accord entre Pétronille, fille de feu Besnard Le Rétif, et les prieur et religieux de Léhon, par lequel elle se désiste de tous les droits qu'elle peut avoir sur les baillages des domaines desdits prieurs et religieux dans la paroisse de Trélivan, et consent à leur rendre obéissance pour ses terres closes dans la paroisse de Léhon, et de payer chaque année les devoirs accoutumés. Autre accord fait par devant l'official de Saint-Malo, entre Robert de Floria et les enfants de Perrine, fille de Besnard Le Rétif, et le prieur de Léhon, pour le baillage de Coymor. - 1271 (octobre) : Actes passés par Co..., chevalier, par lesquels il reconnaît que Robert d'Apigney, écuyer, son vassal, a vendu et changé au prieur de Léhon tous les droits qu'il avait sur les moulins de Bréchesac, dans les gites et péages desdits moulins, avec tous ses hommes de la paroisse de Lanvallay, et qu'il se tient payé, tant par argent que par l'échange d'une pièce de vigne du domaine dudit prieur, appelée Laclos, qui lui a été donnée à condition de relever dudit prieur ; ledit seigneur reconnaît avoir reçu les droits accoutumés. - 1271 : Quittance de 40 livres monnaie usuelle reçue à Raoul de Coiquien (Coëtquen), chevalier du prieur de Léhon, pour les ventes de l'acquêt fait par ledit prieur de la partie des moulins et dépendances de Bréchesac, appartenant à Robert d'Apigney, écuyer et vassal du sieur de Coiquien (Coëtquen). - 1277 (janvier, février) : Donation en pure aumône, par Robert, dit le villageois, écuyer, du consentement de Stace, sa belle-mère, de tous ses droits sur les moulins et pêcheries de Bréchesac. - 1277-1278 : Transaction entre le prieur de Léhon et Olivier Duchalonge, chevalier, par laquelle il est convenu que ledit prieur fera mettre des bornes pour marquer la hauteur et le cours des eaux de ce moulin, sis au-dessus de Tréveron, afin que le refouet n'endommage pas le moulin et les prés dudit chevalier. - 1284 (septembre) : Donation devant l'archidiacre de Dol, par Roaoul de Couaquen, aux religieux de Léhon, des droits de fief et juridiction qui lui appartenaient comme, seigneur, sur la partie des moulins de Bréchesac, par eux acquise de Robert d'Apigney Suit un grand nombre de chartes et reconnaissances relatives aux moulins de Bréchesac, de 1240 à 1400. - 1495 (janvier) : Sauvegarde par la cour de Rennes, en faveur des habitants de la paroisse de Léhon, contre les prétentions du lieutenant M. de Rohan, capitaine du château de Léhon, qui voulait les assujettir à certaines servitudes de gué et autres, et avait exercé sur eux des voies de fait.

Pierre tombale de Tiphaine du Guesclin en Léhon (Bretagne).

l'ancienne église Notre-Dame de Léhon, citée au nombre des biens de l'abbaye en 1181. Cette église était jusqu'en 1897 (date de sa destruction), l'église paroissiale. Il ne subsiste qu'un portail du XI-XIIème siècle. Elle a été remplacée par l'église abbatiale, qui, elle, a été restaurée ;

Nota 3 : L'ancienne église paroissiale de Léhon datait du XIIème siècle et avait été remaniée au XIVème. Elle fut jetée à bas à la fin du siècle dernier (XIXème siècle) et le culte transporté dans l'ancienne abbatiale qui venait d'être relevée de ses ruines [Note : La consécration de l'abbatiale restaurée eut lieu le 8 juillet 1897 et l'église paroissiale, alors désaffectée, fut détruite peu après]. Les fragments de vitraux, qui subsistaient encore, furent alors placés dans la fenêtre de l'ancienne chapelle des Beaumanoir, aujourd'hui sacristie. Dans le tympan, trois panneaux sur fond bleu présentent tous les caractères du XIIIème siècle (fig. 2). En haut, la Crucifixion. Le Christ en croix, portant un nimbe rouge à croix blanche, occupe le centre du panneau. A gauche, la Sainte Vierge, nimbée de vert et vêtue d'une robe verte et d'un manteau brun-jaune ; à droite, saint Jean, nimbé de rouge et vêtu d'une robe jaune et d'un manteau vert. De chaque côté, soleil rouge et lune blanche. Au-dessous, dans le panneau gauche, un angelot thuriféraire, en robe blanche et ailes jaunes, est nimbé de rouge. Le restaurateur l'a gratifié généreusement de deux encensoirs dont l'un appartient à un second angelot actuellement dans la mouchette droite. Près de l'angelot, un ange, en robe blanche et nimbé de vert, tient une tunique verte. Il est accompagné d'un phylactère aujourd'hui frustre, mais sa pose traditionnelle à Chartres vers 1150 indique qu'il appartenait sans nul doute à un baptême du Christ et non à l'expulsion d'Adam et d Eve du paradis comme il a été répété. Un masque antique est également encastré dans ce panneau. Dans la mouchette droite, saint Pierre et saint Paul. Saint Pierre, nimbé de rouge et vêtu d'une robe jaune et d'un manteau vert, est reconnaissable à la longue clef blanche qu'il tient. Saint Paul, également nimbé de rouge, s'appuie sur son épée et porte une robe verte et un manteau jaune. A côté d'eux, le second angelot thuriféraire dont nous avons parlé, en robe blanche et nimbé de vert ; enfin, un autre masque antique. Un dessin de J. Even (fig. 3), fait avant la démolition de l'église, montre que la Crucifixion était originairement sur un fond bleu à treillis rouge et entouré d'une bordure où alternaient le lys de France et le château de Castille, renseignement fort précieux [Note : Publié par l'abbé Fouéré Macé : Le Prieuré Royal de Saint Magloire de Léhon, Rennes 1897, p. 280. Les donateurs, qui avaient été ajoutés au bas de la Crucifixion à la fin du XIVème siècle ou aux premières années du XVème ont disparu. C’étaient les portraits d'un Guiton S. de l'Echapt et de sa femme]. Ce sont là, en effet, comme l'on sait, les caractéristiques de l'atelier parisien de la seconde moitié du XIIIème siècle, atelier auquel l'on doit les vitraux de la Sainte Chapelle et qui fit école dans l'ouest, notamment à Tours et au Mans [Note : Rappelons que les verrières de la Sainte-Chapelle furent exécutées de 1246 à 1248 ; celles du chœur du Mans, qui renferme dans la chapelle absidale une Crucifixion presque semblable à celle de Léhon, de 1250 à 1260 ; enfin celle de Tours montées entre 1257 et 1270 environ]. Saint Louis n'étant pas mentionné parmi les bienfaiteurs de l'abbaye de Léhon, et celle-ci étant prieuré de Marmoutiers, il est infiniment probable que les verrières de Léhon venaient de Tours, de l'atelier de Richard le vitrier. Les plis sont en effet, comme à Tours, beaucoup plus simples qu'à Paris et qu'au Mans. D'après la bordure et cette provenance, il semble que l'on doive dater ces fragments de 1260 à 1270. Les cartons appartiennent à l'école parisienne des enlumineurs et l'on retrouve sur les manuscrits de la fin du XIIIème maintes miniatures identiques. La Crucifixion, en particulier, avec le Christ aux jambes contournées si caractéristiques, fut copiée pendant longtemps par les ateliers parisiens, et l'on en retrouve encore une toute semblable sur un manuscrit de 1327 illustré par Jean Pucelle. Dans la lancette du milieu, deux panneaux anciens ont été encastrés. Celui du haut représente la Sainte Vierge et un moine donateur. Sous une première arcature brisée, sur un fond rouge, se détache une vierge hanchée tenant l'enfant. Elle est vêtue d'un manteau or et couronnée d'or. A droite, sous une seconde arcature et également sur fond rouge, le donateur est à genoux, moine vêtu d'un froc rouge foncé. Les chapiteaux des colonnes et les écoinçons entre les arcatures sont verts. Ce panneau est il de la même époque que les précédents. Cela est infiniment probable, sans qu'il nous soit possible de l'affirmer en l'absence de bordure. L'on sait en effet que pendant une soixantaine d'années les ateliers parisiens d'enlumineurs conservèrent sensiblement les mêmes modèles. Or, l'on retrouve les mêmes arcatures qu'à Léhon sur l'évangéliaire de la Sainte Chapelle datant du milieu du XIIIème (Voir Bibliothèque Nationale) ; et, quant à la Vierge, il existe des figures toutes semblables sur les miniatures de l'école parisienne du dernier quart du XIIIème siècle (Voir entre autres la Bibliothèque Mazarine, le ms 870. Le livre de Piété ou le miroir de l'âme, datant de la fin du XIIIème siècle. Voir également le bréviaire de Saint Etienne de Châlons sur Marne, Bibliothèque de l'Arsenal). La Vierge, devant laquelle est agenouillée Jeanne comtesse d'Eu et de Guines sur une miniature de 1311 enluminant un manuscrit de la Somme le Roy, est encore du même type (Voir Bibliothèque de l'Arsenal) ainsi que celle du vitrail de Raoul de Ferrières (décédé en 1330) à la cathédrale d'Evreux. Plus bas, dans la même lancette, sont les armes de Charles Brulart, abbé commendataire de Léhon de 1624 à 1668 et ambassadeur du roi à Venise. Elles sont traitées en grisaille relevée de jaune et de rouge suivant l'usage du XVIIème siècle (Contribution à l'étude des anciennes verrières - Société d'Emulation des Côtes-d'Armor, 1935).

Ancienne église de la ville de Léhon (Bretagne). Verrières de l'ancienne église paroissiale (Bretagne).
     

la chapelle des Bas-Foins (1856). Une petite chapelle de plan rectangulaire et dédiée à Notre-Dame des Sept Douleurs est commencée en 1835 et bénite en juillet 1836. La chapelle actuelle, due aux plans de Hawke, est de plan rectangulaire et dédiée à Notre-Dame des Sept Douleurs. Elle est en forme de croix grecque. La nef occidentale, précédée d’un porche, comprend trois travées ainsi que les nefs nord et sud fermées d’une clôture. La nef orientale comprend deux travées identiques aux précédentes et une travée à 7 pans formant chevet polygonal. La première pierre est posée en mai 1856. La chapelle est bénie le 8 juin 1866, puis consacrée le 15 octobre 1873. Cette chapelle faisait partie jadis de l'Hospice psychiatrique de la congrégation des Frères de Saint-Jean-de-Dieu, ouvert en 1835 et béni le 15 septembre 1836 ;

Les Bas-Foins en la ville de Léhon (Bretagne).

la chapelle Notre-Dame de Consolation (1874-1875), édifiée sur la motte du château. Edifice rectangulaire avec chevet à pans coupés, fondé en 1874 par Mgr. David, au sommet de la motte de l’ancien château. La chapelle est bénie le 14 mars 1875 ;

l'ancienne chapelle de Clermont, détruite. Elle fut fermée en 1807 à la suite d’une pétition assez prosaïque des habitants, datée du 10 mai de cette dernière année. Ils demandaient que la chapelle soit supprimée et que le pardon qui s’y tenait le lundi de Pâques ait lieu au bourg. Ainsi, disaient-ils, les offrandes allant à la chapelle iraient à l’église ; et, en cas de pluie, la consommation de cidre serait plus forte au bourg qu’à Clermont. En cas de trouble, ajoutaient-ils, la dispersion s’opérerait avec plus de sûreté que dans le grand chemin et en la maison de Clermont où les gendarmes sont exposés le soir. Enfin, argument suprême, le bourg de Lehon contient 7 cabarets dont plusieurs ont des jardins et en outre il y a un grand espace de terre, joignant le vieux château, sur lequel les petits merciers, les rôtisseurs et les débitants de cidre peuvent s’établir. La vieille chapelle ne pouvait évidemment pas lutter ! (R. Couffon) ;

l'ancienne chapelle du Saint-Esprit, détruite. Elle avait été fondée en 1340, au village de la Haye, par Yves, évêque de Saint-Malo, en l’honneur de Dieu, de la sainte Vierge et de saint Martin. En 1769, elle tombait en ruines et fut vendue comme bien national le 21 avril 1795 (R. Couffon) ;

le calvaire du Saint-Esprit (XIVème siècle), érigée près d'une ancienne chapelle du même nom et aujourd'hui disparue. On attribue sa construction au duc de Lancastre, présent lors du siège de Dinan en 1357. Le calvaire est restauré au XIXème siècle. Il mesure sept mètre de haut. Au sommet se trouve plusieurs sculptures : Dieu le Père soutenant le Christ et le couronnement de la Vierge. L'assise figure la Trinité ;

le château de Léhon (XIIème siècle). Le château primitif subit une première destruction en 1034 par le duc de Bretagne et une seconde destruction en 1065 par le duc de Normandie. Le château est reconstruit en 1124. Le château du XIIème siècle était composé à l'origine de huit tours reliées par des courtines épaisses de six mètres. Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre, l'assiège et le détruit en 1168. Son fils, Geoffroy II, duc de Bretagne, le reconstruit en 1181. Richard Coeur de Lion, son frère, y livre bataille en 1189. Au XIIIème siècle, le château est reconstruit par Pierre Mauclerc. En 1359, le château est aux mains des Anglais, commandés par le duc de Lancastre. Charles de Blois, duc de Bretagne (1341-1364) y a séjourné à plusieurs reprises (en 1353, en 1358, ...). A nouveau assiégée par Clisson, la forteresse tombe entre les mains du roi de France et ne revient au duc de Bretagne qu'en 1381. A la fin du XVème siècle, le château est ruiné. En 1642, le château est cédé aux moines de Léhon, moyennant une redevance annuelle et seigneuriale de 10 livres tournois, "de ce qu'il pouvait y avoir de terres vagues et incultes au dedans et au dehors du vieil chastel de Léhon, contenant trois journaux seize cordes, à charge de conserver les murs et de ne pouvoir démolir les tours". En 1644, le roi Louis XIII donne à Charles Bruslard, prieur commendataire du couvent de Léhon, les ruines du vieux château "consistant en huit tours sur l'enceinte, le donjon étant au milieu d'icelui...", dont une partie des matériaux serviront aux travaux de réfection de l'abbaye. Selon l'aveu du 26 mai 1677, il existait encore à cette époque "un donjon au milieu de l'enceinte continue, et des murailles en parti écroulées". Les tours sont en partie démantelées à partir de 1809 ;

Nota 4 : Acte de donation par le roi, des ruines du château de Léhon, à Charles Bruslart, prieur commendataire de Léhon (1643) : « Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre à tous présens et advenir. Voulant par un favorable traictement recognoistre les bons et agréables services qui nous ont esté renduz par nostre ami et féal conseiller en nos conseils le sieur de Lehon Bruslart et pour luy donner moyen de nous les continuer nous lui avons octroyé et octroyons fait et faisons don par ces présentes signées de nostre main, des démolitions du vieil chasteau de Lehon, consistant en huict tours autour des murailles dudit chasteau touttes ruinées et un dunjon au milieu de l'emplacement d'icelluy et quelques murailles restantes sur bout et les autres tombées conformément au brevet que nous lui en avons fait expédier cy attaché souly nostre contrescel. Pour desdits biens jouir et user à l'advenir par ledit sieur de Lehon, ensemble ses hoirs successeurs et ayans cause perpetuellement, comme de leur propre héritage, vray et loyal acquest. Si donnons un mandement à noz amez et féaux conseillers les Gens de nos Comptes, présidens et thrésoriers généraux de France à Paris.... ces présentes faire registrer et de leur contenu jouir et user le sieur Lehon ses dits hoirs, successeurs et ayans cause plainement, paisiblement et perpétuellement sans permettre qu'ils y soient troublez ny empeschez. Car tel est nostre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours nous avons faict mettre nostre scel à ces dites présentes, sauf en autres choses nostre droict et l'autruy. Donné à Paris au mois de Decembre l'an de grâce mil six cens quarante trois et de nostre regne le premier. Signées Louis et sur le reply par le Roy la reyne régente sa mère presente de Loménie et scellées du grand scel en cire verde à lacs de soye rouge et verde ». Mandements royaux F° 202, 203 vol. 29. (Archives de la Loire-Inférieure). Acte de donation par Charles Bruslart, des ruines du château de Lehon, au prieur et aux religieux du Prieuré de Léhon (1644) : «  Par devant les notaires gardenottes du Roy nostre sire en son Chastenet de Paris soussignez fut présent messire Charles Bruslart, conseiller ordinaire du Roy en ses conseils, seigneur de Lehon, demeurant à Paris en son hostel seiz rue Daulphine, parroisse de Saint André des Artz, lequel volontairement a recogneu et confessé avoir donné et transporté aux prieur et religieux du prieuré de Lehon ce acceptant pour eux par Mre Charles Bruslart, abbé de l'abbaye de Lehon, conseiller et aumônier ordinaire du Roy, demeurant à Paris à Saint-Germain des Prez, rue du Colombier, pour ce présent, touttes et chacunes les démolitions qui proviendront du vieil chasteau de Lehon consistant en huict tours etc.... desquelles démolitions don a esté faict par sa Majesté audit sieur de Lehon par brevet du 24 Juillet dernier passé, signé Louis et plus bas de Loménie et lettres patentes données à Paris au mois de Decembre 1643 etc.... Cette présente donation faicte à la charge de par lesdits prieur et religieux dudit prieuré de Lehon employer les matériaux de ladite démolition aux réparations nécessaires et plus utilles qui sont à faire au bastiment dudict prieuré.... Faict et passé à Paris en l'hostel dudict seigneur de Lehon l'an 1644 le 14ème jour de ianvier et ont signé la minute des presentes avec les notaires ». Suit le visa de la Chambre des Comptes ordonnant l'enregistrement 2 Juin 1654. Livre des Mandements XXIX F° 203 (Archives de la Loire-Inférieure).

Ruines du château-fort dans la ville de Léhon (Bretagne).

la maison (1749), tenue par des religieuses et qui a fait office d'école entre 1869 et 1891. En 1924, elle redevient une maison particulière ; 

l'établissement des Bas-Foins (1836), tenu par les frères de Saint-Jean de Dieu ;

les maisons à Perron (XVIIIème siècle), situées rue du bourg ; 

2 moulins dont le moulin des Bas-Foins ;

A signaler aussi :

la butte féodale qui porte le vieux château féodal ;

la mairie (XVII-XIXème siècle) ;

le pont de Léhon (XVIIème siècle), restauré en 1946 ;

Pont de la ville de Léhon (Bretagne).

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ANCIENNE NOBLESSE de LEHON

Les maisons nobles de Léhon étaient : en 1400, Couriebart qui appartient à Guillaume Lesquili, la Grande-Haie qui appartient à Eon l'Abbé, et Lechat qui appartient à Josselin Guitton.

Les nobles de Léhon lors de la Réformation en 1446 (J. de la Rivière et P. de Bonabri, commissaires de la Réformation) : G. de Lesquilli à Coulebart. Jocelin Guitton à l'hôtel de Lechat. Jean Leroy, des parties de France, marié à Jeanne du Plessis, noble. Colin de Grain, chevaucheur de l'escurie de M. le conestable, est noble. Raoulet Caradeuc, noble, est à la guerre hors païs, à l'hôtel Frost. J. Trouvé, dit qu'il est noble et qu'il sert en l'hôpital de Clermont, quoiqu'il demeure au bourg de Léhon, plède avec les paroissiens. Eon Labbé, clerc de cour, demeurant à la Grande Haye. Ne paie rien (des fouages).

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 4 nobles de Léhon :

Bertrand DE LIQUILI (20 livres de revenu) : défaillant ;

Guillaume GUITON, seigneur de Lechat (15 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan LE ROY (2 livres de revenu) : défaillant ;

Guillaume PAYUREXILL (20 livres de revenu) : défaillant ;

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