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LANGUEDIAS

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La commune de Languédias (pucenoire.gif (870 octets) Langadiarn) fait partie du canton de Plélan-le-Petit. Languédias dépend de l'arrondissement de Dinan, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LANGUEDIAS

Languédias vient du breton « lann » (ermitage) et de saint Catihern. Selon Jollivet, l'étymologie de Languédias est pour "Land Guédias", église de Guédias. Guédias ou Gueltas est le même que saint Gildas, abbé de Ruis.

Languédias est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plélan. Fondation monastique du haut Moyen Age, Languédias abrite probablement l'ermitage où vivent, au VIème siècle (vers 511-520), les deux prêtres bretons Catihern et Lovocat.

La paroisse s’appelait autrefois Langadias, forme qu’on trouve notamment en 1472 (Des Salles, Anc. Réform., 1864, p. 310) et en 1780 (Ogée). Elle appartient, au Moyen Age, au diocèse de Saint-Malo et c’est, jusqu'à la Révolution, un prieuré-cure de l'abbaye de Beaulieu fondée vers 1160-1170 en faveur de l'Ordre des chanoines de saint Augustin par Roland de Dinan, près de son domaine de Beaulieu ("Près de la maison dudit Rolland de Dinan, Beaulieu, il y avait un certain pont, le Pont-Pilard, sur lequel il y avait un chemin et une image de la Vierge où se fit quantité de miracles"). Outre la terre où se trouve l'abbaye, il fait aussi don aux chanoines de l'étang et du moulin voisin, du bois de Kérinan, de la Beauflais et de son domaine de Tréaudan (situé en Yvignac). L'abbaye porte le nom de Notre-Dame du Pont-Pilard jusque vers 1190.

A la Révolution, la paroisse de Languédias dépendait de la subdélégation de Montauban et du ressort de Rennes. La cure était présentée par l'abbé de Beaulieu. Languédias élit sa première municipalité au début de 1790. La paroisse qui est érigée en commune est rattachée à Plélan-le-Petit jusqu'en 1805. Le 17 juillet 1805 (décret du 28 messidor an XIII), Languédias est érigé en paroisse succursale, détachée de la paroisse curiale de Plélan-le-Petit. Par l'ordonnance du 28 novembre ou septembre 1834, le territoire communal est augmenté de la section et enclave de Saint-René, précédemment en Mégrit, comprenant Beaulieu et dix autres villages. En 1835, par ordonnance épiscopale, la trève de Saint-René est réunie à la paroisse de Languédias. Saint-René aurait été érigé en paroisse succursale de Mégrit le 25 avril 1601. Le quartier de Saint-René comprend, en 1769, 27 villages ou métairies (peuplés de 77 ménages et 322 habitants). En 1876, le bourg est transféré dans cette ancienne enclave.

On rencontre les appellations suivantes : Langadiar (au XVème siècle), Landiago, Langadyaye, Langadias (en 1476-1477), Languediar (en 1477).

Note : la commune de Languédias est formée des villages : le Tertre, la Dalibotière, le Vau-Perrier, le Bos, la Bauflais, le Houx, la Guiolais, le Val, Kerauveprès, Saint-René, Launaie, Bourien, la Vieuville, le Coudray, Carré, la Fontaine, le Frèche-Blanc, etc ...

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PATRIMOINE de LANGUEDIAS

l'église Notre-Dame de la Tour (1868-1872), édifiée en remplacement d'une église datée du XVème siècle et située jadis dans l'actuel village du Vieux-Bourg. La première pierre est posée le 29 avril 1868. L'autel Saint-Joseph est le maître-autel (restauré en 1923) de la Vieille église, sa boiserie vient de l'ancienne église de l'abbaye de Beaulieu. L'autel de la Sainte Vierge, offert par M. Faisant de Beaulieu, est l'oeuvre de M. Bellanger, ébéniste à Rennes. Le confessionnal de la chapelle nord est l'oeuvre de M. Féquet, menuisier à Trébédan. L'église abrite une statue en bois polychrome de saint Armel (XVII-XVIIIème siècle). Le choeur abrite plusieurs dalles sculptées provenant de la chapelle ou église de l'abbaye de Beaulieu ;

l'ancienne église Saint-Armel (vers 1532), qui se trouvait à environ deux kilomètres du bourg actuel, au lieu-dit le Vieux-Bourg. Le propriétaire de la Burie (Buric) sieur de Begasson aurait donné le terrain pour construire l'église et aurait alloué une rente à perpétuité pour que l'église ait les moyens d'exister. Le premier curé de Languédias est Pierre Colleu. A l'origine, c'était une simple église sans chapelle. En 1808, Nicolas Faisant, propriétaire du domaine de Beaulieu après la Révolution, fait édifier la chapelle du nord qui servira jusqu'en 1835 de sacristie. En 1811, le curé de l'époque, Jacques Raffray, fait construire la chapelle du midi. Un ossuaire accolé à l'église, a été placé en 1839 dans le mur qui sépare le cimetière du jardin du presbytère. Derrière l'église, près du presbytère, se voyait jadis un colombier. Dès 1850, il est urgent de reconstruire l'église, qui est devenue trop petite ;

les ruines de l'ancienne chapelle de Saint-René (XVIIème siècle), situées dans le bois de Quérinan ou Kérinan. Elle a longtemps servi de chapelle seigneuriale à Kérinan. Elle a été érigée le 25 octobre 1613, sur la demande de François de Trémignon, le vicomte de Kérinan. Jean du Bec, évêque de Saint-Malo accepte son érection. Ce n'est qu'en 1660 que le recteur Louis de Trémigon, apparenté à la famille de Kérinan, donne son accord. A la fin de la Révolution, la chapelle est quasiment en ruines. Toutes les belles pierres, les dalles, les fonds baptismaux et l'autel, ont été cédés dans les années 1940 à l'Abbaye de Boquen ;

l'ancienne chapelle de la Guimacière ou Gumacière, encore visible au XIXème siècle, et aujourd'hui disparue ;

la croix Chemin (1732) ;

la croix au Roi (1684) ;

la croix de Bourrien ou Bourien ;

la croix du cimetière (XIV-XVème siècle), provenant du premier cimetière de Languédias situé au Vieux-Bourg ;

le manoir de Kerinan ou Quérinan (XV-XVIIIème siècle). Il possédait jadis un droit de haute justice et deux tours crénelées, une ceinture de fossés et un colombier aujourd'hui restauré. La terre de Kérinan est érigée en vicomté pour François de Trémigon par lettres patentes de janvier 1598. Propriété au XVème siècle de la famille Cadier, puis de la famille Trémigon ;

l'ancien manoir abbatial de Beaulieu (XIIème siècle), anciennement et jusqu'en 1190 appelé l'abbaye Notre-Dame du Pont-Pilard. C'est Alain de Vitré, le successeur de Rolland, qui lui donna son nom actuel, l'Abbaye de Beaulieu. Cette abbaye, à laquelle était joint un prieuré dit de Saint-Julien, est fondée en 1170 par Rolland de Dinan pour des moines de l'ordre de Saint-Augustin (d'autres sources donnent des dates de création différentes : 1146, 1163 (Ogée)). Elle reçoit l'approbation d'Albert, évêque de Saint-Malo, et huit moines viennent s'y installer vers 1170. Cette abbaye se trouvait alors dans la commune de Mégrit, section de Saint-René. Richard Le Maréchal, seigneur de Dinan, et Gervaise, sa femme, confirmèrent tous les dons que leurs prédécesseurs avaient faits à cette abbaye, entre autres, du moulin de Heaumery, où tous les habitants du domaine de Caulnes devaient faire moudre leur grain, et d'une vigne qui était en Plumaudan. En 1180, l'abbé de Saint-Melaine cède l'église de Plumaudan à Beaulieu. L'abbaye est pillée par les Huguenots vers 1590 (sous le règne de Henry III et Henry IV). Lors de la Révolution, le 21 janvier 1791, plus de 500 paysans brisent les scellés apposés par les commissaires du districts de Broons et brûlent presque tous les écrits. A l'époque de sa suppression en 1791, il n'y avait plus que trois chanoines réguliers (Jean Baptiste Langlois, Jean Joseph Bellouard et Gabriel Pergaud). L'église et la tour ont été entièrement démolies vers 1835 par Nicolas Faisant. L'abbaye de Beaulieu "était jadis un bénéfice de 8 000 livres. Le roi nommait, le Saint-Siége conférait. Le prieuré de Saint-Julien était annexé à l'abbaye de Beaulieu et valait 1200 livres. L'abbé de Beaulieu présentait pour les églises paroissiales de Villedé, de Saint-Cadreu avec prieuré valant 300 livres, pour le prieuré-cure de Pleslin, pour l'église paroissiale et prieuré de Saint-Maur de Plancoët. La chapelle de Treff, dans l'église de Saint-Cadreu, était conférée par l'abbé de Beaulieu. Il conférait de plein droit l'église de Bourseul, rapportant 300 livres. L'abbaye de Beaulieu était taxée à 200 florins en cour de Rome" . L'église de l'abbaye de Beaulieu renfermait jadis plusieurs enfeus, notamment ceux de Tristan du Bois-Riffier, de Gefflette d'Orange, dame de la Bellière, et de Jehanne de Bitesme, dame de Beaufort. Les deux fondateurs de l'abbaye de Beaulieu sont d'abord enterrés dans l'église abbatiale, puis leurs pierres tombales sculptées de gisants sont conservées pour Rolland au musée de Dinan, et pour Alain de Vitré dans le cloître de la cathédrale de Tréguier

Nota : la liste des abbés de Beaulieu qui n'est pas exhaustive, mentionne dans l'ordre : Eon ou Eudo ou Eudon (en 1199), Guillaume (en 1209), B. ? (en 1226), Robert (en 1307), Jean le Bon (en 1361), Guillaume de Lesquen (en 1374), Guillaume Duval (en 1391), Guillaume Flo, conseiller de Jean V (en 1406), Guillaume Boutier (en 1426), Marc Gruel (en 1470), Guy le Lionnays (en 1477), Mathurin Glé, neveu de Guy le Lionnays (en 1517), Simon de Mailly (en 1546), Urbain de Rortays (en 1571), Claude Glé, conseiller au Parlement de Bretagne (en 1599), Charles de Bourgneuf (en 1608), Gilles Gasselin, aumônier de Marie de Médicis (en 1617), François Langlois, secrétaire du Cardinal de Richelieu (en 1626), Claude Philippe le Clerc du Tremblay (en 1628), Edouard Bargedé, évêque de Nevers en 1705 (en 1704), Jean François Botrel de la Bretonnière (en 1705), Tiercent du Ruellant, chanoine et grand Vicaire de Rennes (en 1738), François de Brunes de Montlouet (en 1749), Louis Marie du Pontual (en 1755 et décédé en 1789). 

Les abbés les plus remarquables sont : - Guillaume III, recommandé au duc de Bretagne, Jean V, par Benoît XIII, en 1406. Le prince l'éleva à la dignité de conseiller d'état. Cet abbé abdiqua, en 1426, et mourut en juillet 1427. - Guillaume IV, de la famille de Boutier. Il était aumônier et conseiller de Jean V. Son mérite le fit, deux fois, choisir pour évêque de Saint-Malo. Mais le souverain pontife, ne reconnaissant pas ses bonnes qualités, ne ratifia jamais ce choix, et Guillaume Routier dut enfin renoncer au titre d'évêque élu. - le vénérable Simon de Maillé, né à Brézé, en Anjou, et abbé du Loroux, eut d'abord l'économat de Beaulieu. Ensuite il en fut abbé en 1546. Il prêta serment de fidélité au roi, en cette qualité, en 1551. Il fut aussi abbé de Beauport. Il devint archevêque de Tours en 1554. Il brilla au concile de Trente. Il se démit de l'abbaye de Beauport en 1571, et mourut dans la retraite en 1597, à 82 ans. Il fut inhumé à la cathédrale de Tours, où des miracles ont signalé sa sainteté. - Charles de Bourgneuf, évêque de Saint-Malo, puis de Nantes, devint abbé de Beaulieu en 1608. Il mourut à Chartres le 6 juin 1617. - Gilles Gosselin, aumônier de la reine Marie de Médicis, obtint l'administration de l'abbaye de Beaulieu le 18 décembre 1617, et mourut en 1624. - Claude Philippe Leclerc du Tremblay, né à Paris, d'une famille distinguée, n'était encore qu'écolier à l'Université de Nantes quand il obtint l'abbaye de Beaulieu. Claude fut, de plus, abbé de Mondée, au diocèse de Bayeux, chanoine de Notre-Dame de Paris, conseiller et aumônier du roi. Le 21 août 1659, Claude du Tremblay introduisit dans son abbaye la réforme de sainte Geneviève. Il mourut le 5 septembre 1704, à 91 ans, et fut enterré à Notre-Dame de Paris. 

la fontaine Saint-Armel (XIV-XVème siècle), située au Vieux-Bourg. On dit que "Saint-Armel, qui vivait au Vème siècle, passant par le bourg de Languédias, qui était alors privé d'eau, ficha son bâton en terre et après avoir prié, le retira. Aussitôt, il apparut en ce lieu même une source d'eau excellente qui n'a depuis cessé de couler" ;

le moulin à eau de l'abbaye de Beaulieu, édifié par Guy le Lyonnais (premier abbé commendataire de Beaulieu, nommé évêque de Rennes en 1501). On y voit des bas-reliefs armoriés des XVIème et XVIIème siècles. Il s'agit des armes de deux abbés de Beaulieu : Guy Le Lyonnais et Philippe Le Clerc du Tremblays ;

A signaler aussi :

un socle de potence (moyen âge), situé dans le bois de Quérinan ;

l'ancien manoir de la Burie ou de Buric (XVIème siècle). Il possédait jadis un droit de basse et moyenne justice. M. de Begasson, propriétaire de la Burie, était le seigneur de la paroisse et, semble-t-il, le fondateur de la paroisse ;

l'étang de Beaulieu (XVème siècle), édifié par le moine Guy Le Lionnays et agrandi vers 1510.

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ANCIENNE NOBLESSE de LANGUEDIAS

Au Moyen Age, l'abbaye de Beaulieu exerce un droit de haute justice en ayant recours à trois gibets dont subsistent les socles dans le bois de Quérinan ou Kérinan.

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 2 nobles de Languédias :

Jehan DE LA VALLE (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume HAMON (15 livres de revenu) : défaillant ;

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