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LAIGNELET |
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La commune de
Laignelet ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LAIGNELET
Laignelet vient du latin "agnellus" (agneau).
L'église de Laignelet, appelée en 1076 Saint-Martin-des-Bois, semble avoir occupé primitivement le point culminant de la forêt de Fougères. A la fin du XIème siècle, l'église de Laignelet est mentionnée sous l'appellation de "ecclesia de Agnello" (église de l'agneau). Raoul 1er, seigneur de Fougères, offre l'église à l'abbaye d'Evron (diocèse du Mans, Mayenne) vers la fin du XIème siècle, et il la transfert peu après au lieu dit l'Aignelet, où elle se trouve actuellement, afin de se réserver, dit-on, pour la chasse, le territoire de Saint-Martin. L'Abbaye d'Evron construit un prieuré sur le territoire de Laignelet (Pouillé de Rennes).
L'histoire
du prieuré de Laignelet nous a fait connaître les commencements de la paroisse
de ce nom, dont l'existence nous est attestée dès le XIème siècle. La cure
de Laignelet, présentée jusqu'en 1790 par l'abbé d'Evron, avait en 1694 800
livres de rente ; mais le recteur, M. Duval, fit en 1790 la déclaration
suivante de son bénéfice : Le presbytère et son jardin ; — les deux tiers
des grosses dîmes et la totalité des dîmes vertes et des novales, le tout
alors affermé 3000 livres, plus 1000 livres de pot-de-vin pour un bail de neuf
ans ; — une fondation de cinquante-quatre messes, valant 57 livres ; total :
environ 3057 livres de revenu brut. Sur cette somme, le recteur devait payer la
pension d'un vicaire, 36 livres aux Pères Récollets de Fougères pour le soin
des malades du faubourg Roger (nota : une partie de ce faubourg, sis dans la
ville de Fougères, faisait partie de la paroisse de Laignelet avant 1821. Jadis
s'y trouvaient le couvent des Urbanistes et la chapelle Saint-Gorgon), 105 livres
de décimes, etc. (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27).
On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia de Agnello (au XIème siècle), de Agniculo (en 1516), de Laigneio (en 1578).
Note 1 : une verrerie existait dans la paroisse de Laignelet en 1646. Le cimetière de Laignelet abrite la tombe de la Soeur de la Nativité, religieuse Urbaniste, morte en odeur de sainteté en 1798.
Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Laignelet : Pierre de Launay (en 1522). Denis Montechesne (décédé en 1578). François Gaultier (en 1635). Jean Morazin (en 1652 ; décédé vers 1667). Michel Trouillard (il fut présenté le 4 juillet 1667 par l'abbé d'Evron, pour succéder au précédent). Jean Lory (recteur en 1672, fit au roi, en 1676, la déclaration de son presbytère, relevant de la baronnie de Fougères ; en 1698 il fit enregistrer ses armoiries : d'argent à deux serpents de sinople, tortillés en pal et affrontés ; décédé en 1701). Sébastien Malherbe (prêtre du diocèse, il fut pourvu le 22 mai 1701 ; décédé en 1721). Jean-Baptiste Guimont (prêtre du diocèse, il fut pourvu le 8 juillet 1721 ; décédé en 1745). Jacques Catillon (prêtre de Bayeux, pourvu le 23 octobre 1745, il résigna en 1761). Pierre Rossignol (prêtre du diocèse, il fut pourvu le 3 février 1761 ; décédé en 1780). Georges-François de Mésenge (il fut pourvu le 24 octobre 1780). Guillaume Duval (prêtre natif de Montours, et vicaire à Notre-Dame de Vitré, il fut pourvu en 1787 ; il gouverna jusqu'à la Révolution et demeura caché pendant la Terreur, mais il fut assassiné dans la forêt de Fougères le 9 février 1798). Charles Martin (1803, décédé en 1819). Jean Taillandier (1819-1834). François Sourdin (1834-1850). René Rehault (1850-1860). Louis Jehannin (1860, décédé en 1864). Joseph Girault (1864-1868). Charles Gougeon (à partir de 1868), .....
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PATRIMOINE de LAIGNELET
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l'église Saint-Martin (1887), oeuvre de l'architecte Louis Herault et construit à l'emplacement d'un édifice roman. L'église de Saint-Martin de Laignelet se compose d'une seule nef, terminée par une abside de construction moderne. Les murs latéraux de cette nef accusent les nombreuses restaurations dont elle a été l'objet. Quelques parties appartiennent encore à la construction romane primitive ; il est facile de les reconnaître à l'appareil et surtout à la présence des baies aujourd'hui murées, mais dont on distingue facilement encore les contours. La retouche la plus ancienne semble remonter au XIVème siècle ; elle est particulièrement accusée par une fenêtre ouverte dans le mur méridional et dont la forme est celle d'une ogive géminée, surmontée d'un trèfle aux contours fortement arrondis. La restauration la plus importante date du commencement du XVIème siècle ; elle embrasse toute la partie antérieure de l'église, qui paraît avoir été agrandie du coté de l'Ouest à cette époque. La grande porte présente tous les caractères du style de la renaissance. Ses pieds-droits sont accompagnés de deux chambranles en granit, divisés en panneaux, sur lesquels on a répandu à profusion les ornements du règne végétal. L'archivolte est formée d'une banderolle qui se déroule en décrivant un arc à contre-courbure et sur laquelle est gravée, en caractères gothiques, l'inscription suivante : MVccXI fut faict — porte mortuaire de L'Aignelet. Le sommet de l'arc est orné d'un écusson sur lequel on a représenté l'Agneau avec sa croix (M. Maupillé, Notices historiques sur les paroisses du canton de Fougères, 68). Extérieurement on voit encore les traces d'une ancienne litre seigneuriale. Le seigneur supérieur de Laignelet était le roi, comme baron de Fougères ; mais le seigneur de Malhaire ayant acheté en 1569 la plus grande portion des fiefs du prieuré de Laignelet, se trouva, par suite, en possession d'une partie des droits de seigneur fondateur dans cette église, et il y eut son banc, son enfeu et ses armoiries. Toutefois, le seigneur du Bois-Février prétendit aux mêmes droits dans le siècle suivant, à cause de sa seigneurie du Hallay-Robert, et il fut maintenu dans ces droits par la sentence de réformation du Domaine en 1683. Cette sentence, il est vrai, fut attaquée par le seigneur de Malhaire, et nous ignorons quelle fut la décision définitive. En 1781, trois confréries étaient érigées dans l'église de Laignelet : celle du Rosaire, établie vers 1661 par les Dominicains de Bonne-Nouvelle ; — celle de la Rédemption des captifs, — et enfin celle pour le repos des âmes des défunts (Pouillé de Rennes). On voit encore dans le cimetière la tombe de la Soeur de la Nativité ; c'est une simple pierre dont M. Maupillé a relevé l'inscription, ainsi conçue : Cy gît le corps de la vénérable Sr Jeanne Le Royer (nota : dans les registres des Urbanistes, conservés aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, elle est toujours appelé Jeanne Royer), de la Nativité, religse converse des Stes Claires Urbanistes de Fougères, morte en odeur de sainteté, le 15 août à midi 1798, âgée de 67 ans (nota : M. l'abbé Brune a signalé aussi, en 1862, sous le porche de la porte principale de l'église de Laignelet, « un bas-relief en pierre, du XVIème siècle, représentant saint Martin partageant son manteau avec un pauvre » (Répertoire archéologique d'Ille-et-Vilaine). L'autel de la Vierge date du XIXème siècle. L'église actuelle abrite des vitraux dédiés à saint Martin, sainte Cécile et saint Charles Borromée (XIXème siècle). L'ancienne église se composait d'une simple nef avec une abside moderne : l'édifice paraissait avoir été allongé vers l'ouest au début du XVIème siècle. Un porche au sud, daté du XVIème siècle, renfermait un bas-relief en pierre de saint Martin. Les seigneurs de Malhaire et ceux du Hallay-Robert avaient jadis des enfeus dans l'église ; | |
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l'ancienne chapelle ou église conventuelle des Urbanistes, au faubourg Roger, à Fougères. Le seigneur et la dame de la Tendraye abandonnèrent aux Urbanistes une terre de 5 journaux, appelée le Champ-aux-belles-Femmes, afin qu'elles pussent y construire leur monastère. Pendant qu'on bâtissait ce dernier, les religieuses furent logées par leurs fondateurs dans leur terre de Bonabry, puis au Clos-Morel, dans le faubourg Roger. Quand le couvent et la chapelle furent achevés, les Urbanistes en prirent possession et s'y renfermèrent en 1689 (Notice ms. par M. Maupillé). La supérieure de ce monastère portait le titre d'abbesse. La première fut Anne Le Cornu, dite de la Croix, et la dernière Louise Le Breton, dite de Sainte-Magdeleine (Pouillé de Rennes) ; | |
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l'ancienne chapelle Saint-Gorgon. Cette chapelle, bâtie au faubourg Roger, mais sur le territoire de Laignelet, fut fondée au commencement du XVème siècle de deux messes hebdomadaires par Henry Fauvel, seigneur de la Fontaine. Elle était tellement fréquentée par les pèlerins, surtout au lendemain de la Nativité de Notre-Dame, qu'à la demande de Guillaume de la Fontaine, petit-fils du fondateur, le roi Henri III créa à l'entour la foire de l'Angevine par lettres patentes de février 1578. Le seigneur de la Fontaine présenta en 1581 Valentin Couasnon pour la desservir en place de Nicolas Prenveille, décédé ; elle avait alors des fonts baptismaux. Les successeurs de ce seigneur donnèrent la chapelle Saint-Gorgon, ainsi qu'une maison voisine, aux Cordeliers de la forêt de Fougères, qui en rendirent aveu en 1683. Ces religieux y formèrent un petit hospice où ils se retiraient quand leurs affaires les appelaient de Saint-François à Fougères (M. Maupillé, Registre paroissial ms. de Saint-Léonard ; Pouillé de Rennes) ; | |
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l'ancien
prieuré Saint-Martin de Laignelet, aujourd'hui disparu, et jadis membre de
l'abbaye d'Evron. « D'azur au
chef emmanché d'or ». (Armorial général ms. de 1698). L'ancienne église paroissiale de Laignelet s'appelait au
XIème siècle Saint-Martin-du-Bois et se trouvait au point culminant
de la forêt de Fougères, dans le canton qu'on nomme encore Saint-Martin
(Voir l'intéressante notice de M. Maupillé sur les Paroisses des cantons
de Fougères, 63). Après la mort de Main son père, Raoul, seigneur de Fougères,
et Adélaïde sa mère, disposèrent de cette église, « ecclesiam
Sancti Martini de Bosco », en faveur de l'abbaye d'Evron,
à laquelle ils donnèrent en même temps la moitié des oblations, des prémices
et des dîmes de toute la paroisse. «
Quelques années après, continue M. Maupillé, ils trouvèrent convenable de déplacer cette église et de la
transférer sur un autre point de la paroisse, dans un cimetière qui y existait, et
que l'on désignait sous le nom de l'Aignelet, «
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le château de La Cour-Gelée (XIX-XXème siècle) ; | |
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le manoir (XVIIème siècle), situé à La Cour-Gelée. Ce manoir possédait jadis une chapelle frairienne dédiée à Saint-Jean-Baptiste, aujourd'hui détruite. Cette chapelle était déjà « très-ancienne » et considérée comme frairienne au commencement du XVIIème siècle. Marie Le Corvaisier, dame des Jugenais, veuve de Pierre Couyer, et demeurant à Louvigné-de-Bais, la fit réparer. Par acte du 19 mai 1724, elle y fonda une messe pour tous les mardis et en donna la présentation au recteur de Laignelet, à condition qu'il en pourvoirait quelque membre de la famille de la fondatrice, et, en cas de défaut, la desservirait lui-même. Mgr de Crissé approuva cette fondation le 30 mai 1724. Les recteurs de Laignelet Jacques Catillon, Pierre Rossignol et Georges de Mésenge desservirent successivement cette chapellenie (Pouillé de Rennes). Le dernier titulaire, M. Le Bescheu, déclara en 1790 que son bénéfice valait 197 livres de rente, savoir : Une terre en La Chapelle-Janson, affermée 156 livres ; — deux maisons au bourg de Laignelet et une portion de pré, affermés 41 livres (Registre des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Rennes et Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27). Propriété successive des familles le Corvaisier (en 1624), Couyer sieurs des Juguenais (vers 1683) et de Marie-Jeanne Larcher épouse de Joseph Baston sieur de Bonne-Fontaine ; | |
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le manoir (XVIIème siècle), situé à La Bretonnière ; | |
le
manoir (XVIIème siècle), situé à La Fontaine. La Fontaine est le siège
d'une ancienne seigneurie. Ce manoir possédait autrefois une chapelle
dédiée à Saint-André. En 1522, Jean de la Fontaine, seigneur de la
Hurelière, père et tuteur de Guillaume de la Fontaine, seigneur dudit
lieu, présenta le recteur de Laignelet, Pierre de Launay, pour desservir en
cette chapelle deux messes hebdomadaires qu'y avaient fondées Jeanne de la
Fontaine, femme de Jean Hoguerel, sieur du Boisgarel, et une autre dame de
la Fontaine. En 1528, le chapelain François Le Bascle y desservait une
autre fondation d'une messe par semaine, faite par feue Jeanne Dalidou,
femme de Simon Raoullin, et dotée de 5 livres de rente sur le lieu de la
Goupillière, en la paroisse du Châtellier (Archives départementales
d'Ille-et-Vilaine). Cette chapelle existait encore en 1720 (Pouillé de
Rennes). | |
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la maison (1694), située au lieu-dit La Forêt-Nobêche ; | |
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3 moulins dont le moulin de Mulhère, de Grolay et d'Avion ; |
A signaler aussi :
les deux retranchements situés au lieu-dit la Fieffe ; | |
l'ancien manoir du Bray, situé route de Landéan. Propriété de la famille Géraud en 1513 ; | |
l'ancien manoir de Malhaire, situé route de Landéan. Il possédait jadis une motte et relevait de la seigneurie de la Motte-Anger. Propriété successive des familles Géraud (en 1411), Desprez seigneurs de la Martinais (en 1578), de Botherel (vers 1627), le Tanneur seigneurs de la Provostière (au XVIIIème siècle) ; | |
l'ancien manoir des Beaujardières, situé route de Landéan ; | |
l'ancien manoir du Châtel, situé route de Landéan ; | |
l'ancien manoir du Hallay-Robert, situé route de Landéan. C'était la terre seigneuriale de la paroisse de Laignelet. Propriété successive des familles du Gué (en 1435), d'Anne du Hallay épouse d'Olivier le Vayer seigneur de Montbouan (en 1499 et en 1513), de Langan seigneurs du Bois-Février (vers 1540). Il reste entre les mains des seigneurs du Bois-Février jusqu'en 1789 ; | |
l'ancien manoir de la Hubaudière ; | |
l'ancien manoir de la Tuchenerie ; | |
l'ancien manoir de la Haute-Teurtais, situé route de Fougères. Propriété successive des familles Guérin seigneurs de la Grasserie (avant 1655), Chauvel seigneurs de la Grousserie (en 1655), Juillard (en 1706), Besnard seigneurs de la Coquetière, Tréhu sieurs de Monthierry (vers 1786) ; | |
l'ancien manoir de la Basse-Teurtais, situé route de Fougères. Propriété successive des familles des Prez seigneurs de la Martinaye (en 1585), le Fizelier sieurs de la Tristaye (en 1680), le Pays seigneurs de la Riboisière et Goret seigneurs des Martinayes (en 1777) ; | |
l'ancien manoir de la Fourairie. Il possédait jadis une chapelle privée. Propriété successive des familles Fourré (en 1435), de Rollon seigneurs de la Touche (en 1444), Houdry et Le Marchand (en 1665), de Félicité Guérin épouse de Louis Le Lou de Chasseloir seigneur de Saint-Brice (en 1789) ; | |
l'ancien manoir de la Touche. Propriété successive des seigneurs de la Touche, puis des familles Avenel (vers 1430), de Rollon (en 1444), de Moustiers (vers 1484), le Bâcle (en 1513), Poulain, Quénouaz (en 1540), de la Fontaine (en 1551), des Prez seigneurs de la Martinaye (en 1588), Hardouin seigneurs de la Beaujardière (en 1678), le Tanneur seigneurs de la Prévostière (en 1702), Guérin marquis de Saint-Brice (en 1789) ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de LAIGNELET
La
châtellenie
de La Fontaine
: Il existait jadis en Bretagne plusieurs familles nobles portant le nom de la
Fontaine, et nous ne savons à laquelle appartint Guillaume de la Fontaine, qui
prit part à la croisade de 1248. Celle qui tirait son origine du manoir de la
Fontaine en Laignelet avait pour armes : d'argent à trois branches de chêne
de sinople, englantées de sable et posées en fasce, 2 et 1. Il
semble que cette famille portait d'abord le nom de Fauvel, car son premier
auteur connu est Henri Fauvel, seigneur de la Fontaine, qui fonda vers le
commencement du XVème siècle la chapelle Saint-Gorgon, à l'entrée du
faubourg Roger de la ville de Fougères, mais en la paroisse de Laignelet. Un
descendant de ce seigneur, Jean de la Fontaine, écuyer et seigneur dudit lieu,
eut pour fils et successeur Thomas de la Fontaine, qui acheta en 1460 d'avec le
seigneur de Villavran le fief Doré en Laignelet, avec haute justice, fief qu'un
de ses descendants unit plus tard à son bailliage du Bourg-Roger (Archives
d’Ille-et-Vilaine, E 369). En
1479 nous trouvons seigneur de la Fontaine, et rendant aveu au prieur de la
Trinité pour le Clos aux Belles-Femmes (nota : c’est en ce lieu que fut
construit au XVIIème siècle le couvent des Urbanistes de Fougères), Guillaume
de la Fontaine, fils de feu Raoul de la Fontaine et d'Olive Courtays. Ce
Guillaume épousa Marguerite Blanchet, dont il n'eut que des filles ; l'aînée
d'entre elles, Léonarde de la Fontaine, dame dudit lieu, apporta cette
seigneurie à son mari, Jean de la Fontaine, seigneur des Hurlières. De
cette union naquit Guillaume de la Fontaine, seigneur de la Fontaine et des
Hurlières ; il épousa Guyonne de Maimbier, dame de Chaumeré, et rendit aveu
à la baronnie de Fougères en 1548 pour sa terre de la Fontaine. Sénéchal de
Morlaix, il devint en 1557 conseiller au Parlement de Bretagne et obtint en 1572
l'érection de la Fontaine en châtellenie. Ce seigneur, qui vivait encore en
juillet 1583, était mort l'année suivante, époque à laquelle sa veuve,
Guyonne de Maimbier, fonda une messe chantée chaque dimanche en l'église du
couvent des Cordeliers de la forêt de Fougères pour le repos de son âme, car
il avait été inhumé dans ce temple en un enfeu armorié et prohibitif aux
seigneurs de la Fontaine, placé, « avec tombe eslevée de terre »,
dans une arcade du chanceau, au côté de l'évangile (Archives
d’Ille-et-Vilaine, R 369). Guillaume
de la Fontaine avait eu deux enfants : Georges de la Fontaine, seigneur des
Hurlières, marié en février 1574 avec Louise Loaysel, dame de la Brétesche,
mais décédé deux ans plus tard, — et Gillette de la Fontaine, qui épousa
en l'église Saint-Jean de Rennes, le 12 novembre 1579, Jean d'Erbrée, seigneur
de la Chèze et conseiller au Parlement de Bretagne. Ce furent ces derniers qui
héritèrent, à la mort de Guillaume de la Fontaine, de la châtellenie de la
Fontaine, mais ils ne laissèrent qu'une fille, Jeanne d'Erbrée, dame de la Chèze
et de la Fontaine, femme de Jacques de Volvire, marquis de Saint-Brice et
chevalier de l'Ordre du roi ; ceux-ci rendirent hommage au roi pour leur terre
de la Fontaine le 8 janvier 1625 ; Jeanne d'Erbrée y mourut même le 28 octobre
1663 et fut inhumée le 3 novembre à Saint-Léonard de Fougères. A partir de
cette époque, les marquis de Saint-Brice-en-Coglais possédèrent la châtellenie
de la Fontaine, qui appartenait en 1789 à Thérèse-Félicité Guérin, femme
de Louis-Marie Le Loup, comte de Chasseloir et marquis de Saint-Brice. Par suite
de leur émigration, la terre de la Fontaine fut vendue nationalement en 1794 et
1795.
La
seigneurie de la Fontaine, relevant de la baronnie de Fougères, fut érigée en
châtellenie par lettres patentes de Charles IX, données en mars 1572 et février
1573 en faveur de Guillaume de la Fontaine. Ces lettres royales n'ayant pas été
enregistrées par le Parlement de Bretagne, Louis XIV en donna de nouvelles, datées
de juillet 1688, à Marie Geslin, veuve d'Anne Guérin, marquis de Saint-Brice
et seigneur de la Fontaine. Par ces lettres, le roi autorisait le seigneur de la
Fontaine à y « bastir un chasteau à douves, fossez, pont-levis et creneaux
» (Archives d’Ille-et-Vilaine, E 369). La
châtellenie de la Fontaine se composait de plusieurs fiefs s'étendant en huit
paroisses : Laignelet, Beaucé, Lecousse, Le Châtellier, Poilley,
Saint-Germain-en-Coglais, Saint-Sulpice et Saint-Léonard de Fougères. Les plus
importants de ces fiefs étaient les suivants : les fiefs Doré et du
Bourg-Roger (nota : le prieur de la Trinité de Fougères vendit en 1542 le
fief du Bourg-Roger à Guillaume de la Fontaine), comprenant plusieurs rues et
un faubourg de Fougères ; là se trouvaient en 1538 le manoir du Bourg-Roger et
sa retenue, de 75 journaux. de terre, ainsi que la chapelle de Saint-Gorgon ;
les guerres de la Ligue détruisirent ce manoir du seigneur de la Fontaine, qui
le remplaça par un hôtel plus au centre de Fougères, rue de l'Aumaillerie,
mais sa chapelle Saint-Gorgon lui demeura (nota : il la donna toutefois, en
1620, aux Cordeliers de la forêt de Fougères). En 1689 on y voyait, peintes et
sculptées, les armoiries de la Fontaine : d'argent à trois glands de sable
feuillés de sinople, et plusieurs autres blasons d'alliances. En février
1575, le roi Henri III avait autorisé le sire de la Fontaine à tenir trois
jours consécutifs, à partir du lendemain de Notre-Dame de l'Angevine (9
septembre, fête de saint Gorgon), une foire sur le pâtis entourant la chapelle
Saint-Gorgon ; ce fut l'origine de la grande foire de Fougères, qui porte
encore le nom de l'Angevine ; — le fief d'Igné, également en Fougères,
acheté en 1543 et divisé en douze mazures ; le seigneur de la Fontaine avait
encore là, au XVIème siècle, une métairie et un domaine nommé la Motte,
tirant son nom d'une motte féodale qui s'y élevait ; là aussi se trouvaient
les églises paroissiale de Saint-Pierre d'Igné et priorale de Saint-Jean d'Igné,
dont le seigneur de la Fontaine se disait « fondateur et dotateur ». On
voyait en 1689, dans le premier de ces sanctuaires, de nombreux écussons, parmi
lesquels il faut signaler ceux de la famille de Maimbier (qui ne figurent pas
dans les armoriaux bretons) : d'argent à trois testes de léopard de sable
posées 2, 1, écartelés de la Fontaine et d'Erbrée. Au jour Saint-Pierre,
fête patronale d'Igné, le prieur d'Igné devait à l'origine un repas au
seigneur de la Fontaine et était tenu de « l'y deffrayer, luy, ses chiens,
ses oiseaux et ses chevaux » ; plus tard, ce devoir féodal fut changé
en une rente de 4 livres, payée le 29 juin par le prieur.
La
haute justice de la Fontaine s'exerçait au XVIIIème siècle à l'auditoire
royal de Fougères, mais ses fourches patibulaires se dressaient sur la lande
des Planches, au bord du Nançon ; en 1689 on y voyait « trois pierres de.
taille carrées, posées en forme de triangle, sur lesquelles étoient
ordinairement plantés trois piliers de bois barrés ». Les cep et collier
de fer, avec un petit échafaud et un pilori sur lequel était gravé l'écusson
de la Fontaine, étaient à la porte de la chapelle Saint-Gorgon.
A
cause de ses fiefs, le seigneur de la Fontaine avait droit de pêche,
prohibitive à tout autre, dans la rivière du Nançon, « depuis le
Pont-aux-Asnes jusqu'au Gué-Landry ». Comme propriétaire de la Cochonnaye,
il pouvait taxer tout poisson vendu à Fougères. A cette terre de la Cochonnaye
et à celle de la Touche était attaché l'office de forestier de la forêt de
Fougères, et le seigneur de la Fontaine, qui les possédait, avait à cause
d'elles le droit d'usage en cette forêt pour chauffage et « pasturage pour
trente vaches et un taureau, plus la glandée pour trente porcs et une truie »
(Archives d’Ille-et-Vilaine, E 354).
En
1579 le manoir de la Fontaine occupait une cour pavée de pierre, de cent pieds
carrés, fermée de muraille avec portail et portillon, et cernée d'un étang
et de douves pleines d'eau avec double fossé. « Au milieu dudit estang (était)
une motte de terre enlevée à laquelle on entrait par un pont clos et couvert,
ladite motte intersigne d'un gouvernement noble selon l'assise du comte Geoffroy
». Le logis seigneurial présentait au-dessus de ses « fenêtres de
pierre de taille », sculptées en relief, les armoiries de la Fontaine.
Celles-ci se retrouvaient sur les murailles de la chapelle du manoir, dédiée
à saint André, bâtie vers 1496 par Guillaume de la Fontaine, qui y transféra
une fondation de 100 sols de rente faite par son aïeul Thomas de la Fontaine en
l'église Saint-Léonard de Fougères (nota : vers 1520, Jeanne de la
Fontaine, femme de Jean Hoguerel, seigneur du Bois-Garel, avait aussi fondé
deux messes par semaine en la chapelle de la Fontaine). Vis-à-vis de la
chapelle et dans la même cour s'élevait la fuie, transférée là en 1540, car
à l'origine elle se trouvait au faubourg Roger, à la porte de Fougères, dans
un jardin dit du Colombier. Mais en 1689 tous ces bâtiments tombaient en ruine,
abandonnés qu'ils étaient depuis longtemps par leurs propriétaires (Archives
d’Ille-et-Vilaine, E 369 et 371) ; la Fontaine ne servait plus alors
d'habitation qu'aux fermiers, et cet état de choses dura jusqu'à la Révolution.
En 1563, la terre seigneuriale de la Fontaine se composait des manoirs de la Fontaine et du Bourg-Roger, des métairies de la Fontaine, des Fourairies, de la Touche, de la Cochonnaye, de Beaumanoir et des Noyers, et du moulin à eau de Grollay ; on y adjoignit plus tard une métairie noble ait bourg même de Laignelet et le moulin d'Avignon (abbé Guillotin de Corson).
(à compléter)
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