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GUERLESQUIN

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La commune de Guerlesquin (pucenoire.gif (870 octets) Gwerliskin) fait partie du canton de Plouigneau. Guerlesquin dépend de l'arrondissement de Morlaix, du département du Finistère (Bretagne - Trégor).

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de GUERLESQUIN

Guerlesquin vient du breton "ker" et de "Glisquin", nom attesté au XVème siècle. Guerlesquin pourrait aussi se traduire littéralement par " la résidence noble d'Even Gwen ", seigneur qui fut à l'origine de la ville de Guerlesquin.

Guerlesquin est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plouégat-Moysan et avait autrefois comme patron, saint Ener. Guerlesquin est né au XIème siècle, à proximité d’une motte féodale (1040-1056), édifiée par Even Guen (ou Gwen) et qui pourrait être le " Castel-Charuel ". La motte est détruite en 1080 et remplacée par un château construit par la famille Charruel (ou Charuel). Attestée dans le Livre d'Ost, en 1294, une bourgade aurait émergé au XIème siècle. Cette famille Charuel est présente à la première Croisade et aux guerres de Succession (1341-1365), lors du fameux Combat des Trente en 1351, en la personne d'Even Charuel qui avait pour armes " De gueules à la fasce d'argent " et pour devise " Calonec a drec'h bep tra " (L'homme de coeur surmonte tout).

Ville de Guerlesquin (Bretagne).

Dans la seconde moitié du XIIIème siècle, la famille Charuel délaisse Guerlesquin au profit de Plouigneau (motte de Coat-ar-Ferté). Les seigneurs de Penhoet (XIVème siècle), puis la famille Du Parc de Locmaria (XVIIème siècle) vont alors succéder à la famille Charruel. A noter que Jean de Penhoët, seigneur de Plounérin (chevalier, chambellan et amiral de Bretagne), fils de Guillaume de Penhoët dit "le boiteux" (décédé en 1403), et de Jeanne vicomtesse de Fronsac (fille de Raymond d'Albret et de Jeanne de La Marche), épouse successivement Marguerite Charuel, Jeanne du Perier et Marguerite de Malestroit. Il est capitaine des villes et château de Morlaix, amiral de Bretagne de 1401 à 1432 et seigneur de Guerlesquin (Guerlisquin). En 1434, Jean du Penhoët obtient pour Guerlesquin du duc Jean V le titre de Ville ainsi que des privilèges commerciaux (foires, droits des poids, balances, ..). A sa mort, en 1448, le fief échoit à Guillaume son frère seigneur de Catguallon en Plouégat-Guerrand dont la fille unique Françoise, porte à Pierre de Rohan "le château de Penhoet, maison et manoir de la Bouexière ... Guerlisquin et autres lieux", ce qui explique que vers la fin du XVème siècle, Kerigonan fief de Guerlesquin appartient au vicomte de Rohan. A la fin de l'Ancien Régime, les Pelletier de Rosambo sont seigneurs de Rosambo.

Ville de Guerlesquin (Bretagne).

Au début du XVème siècle, Jehan de Penhoët, amiral de Bretagne et chambellan du duc de Bretagne Jean V, est seigneur de Guerlesquin. Il a droit de poids et balances dès 1424 et prévôté dès 1430. Guerlesquin a, au XVIIIème siècle, un "gouverneur", M. de Kervanon du Boberil. Suivant un aveu du marquis du Parc de Locmaria, ce sont les seigneurs du Parc de Kerret qui ont la charge héréditaire de prévôts de la juridiction de Guerlesquin, en 1732.

Dès le XIVème siècle, il existait des marchés et foires à Guerlesquin. En 1732, dix neuf foires différentes sont attestées pour les toiles, le vin, les chevaux, le lard, etc. On vient du Trégor, du Léon, de Cornouaille, vendre à Guerlesquin.

Guerlesquin, paroisse du diocèse de Tréguier, est rattachée depuis le Concordat de 1801 au diocèse de Quimper et de Léon. Anciennes frairies de Guerlesquin : 1° la ville ; 2° Kerivoal, proche de Saint-Ener ; 3° Le Fanet, près de la chapelle de Saint-Thégonnec ; 4° Penarc'hoat, près de Saint-Maudet.

On rencontre les appellations suivantes : Guirlisquin (vers 1330), Guirlisten (en 1371), Guerlisquin (en 1425, 1444, 1453, 1682).

Ville de Guerlesquin (Bretagne).

Voir aussi   Ville de Guerlesquin (Bretagne) "Le cahier de doléances de Guerlesquin en 1789"

Note 1 : En 1099, Yvon Charruel part en croisade. Au XIVème siècle, son descendant Even participe activement à la guerre de Succession de Bretagne aux côtés de Charles de Blois contre les Montfort. Il se montre vaillant au combat des Trente en 1351, ramène d'Angleterre Charles de Blois, et manie le fer avec Du Guesclin à Cocherel en 1364.

Note 2 : Dès le 28 octobre 1790, sur réquisition du procureur de Guerlesquin, les assemblées communales arrêtent que : « Les armoiries et écussons et titres appartenant aux cy-devant seigneurs et gentilhommes, dans tous les lieux apparents, dans l'intérieur des églises et chapelles seraient effacés, que ceux qui y ont des bancs, autres néanmoins que les personnes dont les concessions émanent du corps politique à titre légitime, les feraient sortir des dites églises et chapelles, avant le 5 octobre. Qu'avant le même délai, tous cy-devant seigneur qui auraient fourches patibulaires, cips, colliers, carcans et poteaux élevés sur leurs terres les feraient démolir et détruire. Ils combleraient aussi tous caveaux, enfeux et autres marques distinctes et descen­draient toute tombe élevée au niveau du pavage des églises et chapelles ». Cet arrêté devait être lu et publié au prône de la grande messe et des copies en furent affichées dans tous les lieux ordinaires. Le 18 août 1792, l'assemblée des corps municipaux de Guerlesquin, présidée par M. Le Foll, maire dudit Guerlesquin, et à laquelle assistèrent Yves Merrien, Vincent Dousinet, Joseph Lavanant, Jean Foll et François Le Mat, officiers municipaux, François Le Magne, procureur de la commune de Guerlesquin, Jean-François Le Foll, maire de Botsorhel, et Guillaume Livolant, procureur de la commune dudit Botsorhel ; Yves Cabon, maire de Plouégat-Moysan, et François Madiou, procureur de la commune, 0llivier Guillou, maire du Ponthou, et Pierre Carer, procureur de la commune, conformément à la loi du 25 janvier, relative au recrutement et engagement des troupes de ligne de l'armée française, en présence de M. Jacques Le Lamer, membre du directoire du district de Morlaix, commissaire nommé par ses collègues pour assister à cette assemblée, donna « aux peuples du canton assemblés lecture en français et en breton de la Loy, ensuite le procureur fit appel nominal de tous les citoyens des gardes nationales du canton en état de porter les armes et M. le Commissaire exhorta les citoyens qui avaient la qualité requise de porter les armes, de s'engager dans les troupes de ligne pour la défense de la patrie et le bien de l'Etat et, qu'à cette fin, ils n'auront qu'à se présenter à la municipalité de Guerlesquin, qui prendra leurs engagements sur un registre mis à cet effet ouvert et chiffré sur le champ ». Un seul volontaire se présenta : Jean-Marie Le Scornet, de la commune de Plouégat, âgé de 18 ans. Il fut trouvé trop petit pour servir dans les troupes de ligne, « il lui fut énoncé qu'il n'était propre qu'à servir la troupe nationale ».

Ville de Guerlesquin (Bretagne).

Note 3 : Liste des Recteurs de Guerlesquin avant la Révolution : - Avant 1509 : Maurice Le Bossec, qui devint scholastique de Tréguier. - 1509-1536 : Yves Collarec ou Cloarec. - 1635-1657 : Yves Le Jeune. - 1666-1679 : Pierre L'Hechat, décédé le 14 Octobre 1679. - 1680-1694 : François Cousson, dont la soeur se qualifie de dame de Pratmeur. - 1694-1698 : Jean de Toulcoët (ou Tolavat). - 1698-1739 (ou 1740) : François Le Marchadour (ou Merchadeur). - 1740-1759 : Jacques Lamoureux, du diocèse de Quimper. - 1759-1786 : Olivier Pérennez (Perennes), du diocèse de Quimper, décédé le 21 Février 1786. - 1786-1791 (ou 1790) : Guillaume Pérennès, refusa le serment. Liste des Curés constitutionnels de Guerlesquin : - 1791, Avril : Jacques Piton. - 1791, Août : Gabriel Luslac. - 1792, Novembre : J.-F.-M. Buhot. Au moment de la Révolution, M. Pérennès, recteur, et Le Foll, curé, refusèrent le serment et, le 24 Avril 1791, déclarèrent cesser leurs fonctions. Le sieur Piton fut élu recteur, et se fit installer le 17 Avril 1791, mais sans être reçu bien chaudement, même par la Municipalité ; car Le Dissez, procureur du District, écrivait le 19 Avril, au Département (L. 69) : « Il n'est resté qu'un curé en place dans tout le District de Morlaix ; le remplacement des autres ne finit qu'hier, à cause du refus d'acceptation de cinq, qui avaient été précédemment nommés. La Municipalité de Guerlesquin parait avoir cabalé avec l'ancien curé contre l'installation du nouveau ; les uns ont affecté de mettre leur démission et les autres de s'absenter, de sorte qu'il ne s'est trouvé, dimanche dernier, qu'un seul officier municipal pour recevoir le serment de M. Piton, nommé à cette cure. En plusieurs paroisses, les prêtres se sont donné le mot d'établir le schisme ; ils laissent, à la vérité, l'église au curé, mais ils vont dire la messe dans les chapelles, où ils attirent autant qu'ils peuvent d'habitants ». A la même date, Rossignol, officier municipal de Guerlesquin, écrivait à Le Dissez : « Ma qualité d'officier municipal de Guerlesquin m'oblige à vous dire ce qui se passe depuis l'installation de notre nouveau Recteur, dimanche dernier, 17. Les prêtres réfractaires sont actuellement chefs de parti avec cinq ou six particuliers de ce pays ; ils cherchent tous les moyens de dissiper les esprits ; ils y réussiront, si le District de Morlaix ne vient à notre secours. Depuis dimanche, ils n'approchent plus de l'église paroissiale, disent la messe, confessent et donnent la Pâque dans une église un peu écartée, quoique dans la ville. Ils ont si bien tramé, qu'ils ont entraîné la majeure partie de notre commune à un bourg voisin, Plougras, pour y entendre la Passion, qui a dû y être prêchée par un prêtre très réfractaire. Ils ont poussé l'audace jusqu'à annoncer dans cette église qu'eux célébreraient la grand'messe, dimanche prochain, jour de Pâques, à une chapelle qu'on nomme Saint Dener (Ener ?), à un quart de lieu de Guerlesquin. Pour peu qu'on les laisse encore quelque temps faire ce manège, je ne serai pas surpris de voir une insurrection dans notre pays. Il faut leur défendre de dire la messe ailleurs que dans l'église paroissiale, et de ne donner les sacrements qu'avec le consentement de M. Piton, sous peine d'être poursuivis comme coupables du crime de leze nation ». Gabriel Luzlac, qui succéda à Jacques Piton, en Novembre 1791, fut élu à Roscoff en Novembre 1792, et remplacé par François-Marie Buhot, dont voici l'acte de naissance, inscrit sur les registres paroissiaux de Plougras : « François-Marie Buhot, fils naturel et légitime d'Alexandre-Marie Buhot (Note : Alexandre était fils de noble homme Yves Launay Buhot, qui mourut au Menez, en Plougras, en 1763, âgé de 65 ans) et demoiselle Catherine Rose Simon du Tymeur, ses père et mère, sieur seigneur et dame de Kersers, demeurant à Menez-Riou, né le 30 Août 1763, a été solennellement baptisé, le jour suivant, sur les saints fonts de Plougras ». Il fut ordonné prêtre par Jacob, évêque intrus des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor), en Juin 1792, et nominé vicaire constitutionnel de Plougras ; devint curé de Guerlesquin en Novembre 1792, dont il fut le mauvais génie et le persécuteur des prêtres fidèles. Le 1er Mai 1793, il dénonce la Municipalité : « Les lois de la Révolution ne sont pas observées ; les membres de la Municipalité ont abandonné l'église depuis qu'il y a un Curé constitutionnel, et ils soutiennent le fanatisme des prêtres réfractaires ; un d'entre eux, Jean Foll, est frère de Le Foll, vicaire réfractaire, qui a manqué faire perdre la tête à une jeune fille en lui reprochant des pâques faites avec le Curé constitutionnel. La Municipalité n'a pas pris part au pacte fédératif ; tous sont suspects ». Le Curé demande qu'ils soient remplacés par de bons patriotes. Signé : « F.-M. Buhot, curé constitutionnel de Botsorhel et Guerlesquin réunis ». Deux anciens officiers municipaux, Merrien et Doussinet, ayant été incarcérés à Morlaix pour leur modérantisme, un officier de santé, Rolland Le Querrec, fit une pétition en leur faveur et contre Buhot. Celui-ci répondit par des plaintes les plus violentes contre Le Querrec, le traitant « d'ancien baladin qui mangeait des étoupes et vomissait des rubans pour le plaisir de la galerie et surtout des nobles ; qu'il est sectateur des prêtres réfractaires, au nombre desquels est son frère ; qu'il a marché en armes avec les habitants fanatisés de Cuerlesquin, tant à Plougras qu'à Botsorhel et à Kerigonan, où les monstres réfractaires disaient de prétendues bonnes messes ; que Merrien était beau-frère de deux prêtres réfractaires, et Doussinet était appelé le Pape, parce qu'il citait des bulles à chaque instant, les ayant toujours en poche ». Après la Révolution, Buhot ne reprit pas ses fonctions ecclésiastiques, et mourut en 1822, à Plougras, et son acte de décès ne donne pas grande lumière sur les sentiments de pénitence qu'il aurait pu montrer au moment de la mort : « François-Marie Buhot de Kersers, ex-prêtre, âgé de 58 ans, mort à Kerapriol, le 24 Février 1822, a été, le lendemain, inhumé par permis du Maire et autorisation de M. Elles, vicaire général de l'arrondissement de Lannion, dans le cimetière de Plougras, en présence de son beau-frère et de M. Jannou, instituteur à Guerlesquin, et d'autres. B. LE GALL, recteur de Plougras ». Liste non exhaustive des Recteurs de la paroisse de Guerlesquin, après le Concordat : - Yves Le Foll (1803, il avait émigré en Espagne), - Jean-Emile Le Teurnier (1806), - Guillaume Le Cars ou Cors (1808), - François-Yves Galloedec, de Scrignac (1812-1818), - Paul l'Hostis, de Saint-Pol de Léon (1818-1824, mort à l'église pendant l'office, le 16 Mai 1824), - Jacques Balcon (1824-1825), - Charles Hervoche, de Plouégat-Guerrand (1825-1837), - Bonaventure Caër, de La Forêt (1837-1845), - Jean-Marie Guinement, de Scrignac (1845-1847), - Vincent-Marie Sibillau ou Gibillan, de Morlaix (1847-1855), Guillaume Gueguen, de Plouguerneau (1855-1862), - Hervé Cogaign, de Cléder (1862-1866), - Nicolas Boutier, de Rosporden (1866-1871), - Yves-Marie Jaffrès, de Lampaul-Guimiliau (1871-1872), - Jean-Louis Sesnec ou Seznec, de Briec (1872-1875), - Jean Moal, de Plouvorn (1875-1883), - François-Marie Larvor (1883-1889), - E. Guillet (1889), - Yves-Louis Stephan (1890-1894), - Désiré Kerézéon (1894-1907), - Corentin Castrec ou Catrec (1907), - Jean-Louis Pouliquen (1927), - Louis Loaec (1934), - Louis Melanson (1938), - Jean-Louis Dantec (1948), - Jean-Louis Guillerm (1954), - Joseph Therene (1961), - Jean Plantec (1967), - Jean Pouliquen (1970), - Louis Jacolot (1976), - Yves Marzin (1983), ..... Liste non exhaustive des Vicaires de Guerlesquin, après le Concordat : - Jean-Emile Le Serrurier (1802-1805), - Jean Emile Le Teurnier (1805), - Alain Le Bars (1831), - Pierre Peron (1846), - Alexis Troadec (1862), - Auguste Yvenat (1871), - Michel Bernard (1880), - François Segalen (1882), - Yves-Marie Deniel (1886), - François Corre (1888), - Jean-François Ropars (1891), - René Conq (1895), - Jean-Louis Le Berre (1901), - Henri-Marie Henaff (1903), - Jean-François Abgrall (1907), - Ambroise Bihan-Poudec (1931), - Yves Le Brun (1934), - Joseph Kerleroux (1937), - Jean-Marie Conseil (1946), - Pierre Bellec (1951). Le vicariat est supprimé à partir de 1954.

Note 4 : Liste des maires de Guerlesquin : Joseph Lavanant (1790-1791), François Le Foll (1792), François Salaun (1794), Jean Luzel (1800), Jean-François Prigent (1800-1803), Jean-Baptiste Le Blanc décédé à Guerlesquin le 20 avril 1811 (1803-1808), François-Vincent Scornet, père (1808-1811), François Scornet, fils (1811-1816), François-Marie Le Vot (1816-1817), Vincent-Marie Billette de Villemeur né à Rosporden le 12 août 1788 (1817-1820), Pierre Callarec (1820-1827), Joseph Cadiou (1830-1840), Jean Le Blanc (1840-1842), François-Marie Léon (1843), Jacques-Marie Le Guyon (1843-1852), Ambroise-Marie Callarec (1852-1874), Guillaume Guillou (1874-1876), Stanislas de Coroller de Kervescontou (1876-1880), Jean Prigent (1881-1884), Jean Faven (1884-1888), Guillaume Guillou (1888-1897), François-Marie Quéré (1897-1909), Pierre Bocher (1909-1917), Louis Tilly (1919-1934), Auguste Legastelois (1934-1935), Yves Bocher (1935-1940), J. Le Marrec (1945), Charles Le Meur (1945-1952), Jean Lahellec (1953-1965), Jacques Tilly (1965-1989), Paul Uguen (1989-1995), Jacques Tilly (1995-2001), Paul Uguen (2001-2014), Jacques Juiff (2014-?), etc.

Ville de Guerlesquin (Bretagne).

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PATRIMOINE de GUERLESQUIN

l'église Saint-Ténénan (1630 - XIXème siècle, fondée par la famille du Parc de Locmaria. Ténénan ou Ener était évêque de Léon (615-635). L'église primitive bâtie vers 1630, qui menaçait ruines en 1856 (arrêté du 15 novembre 1856), est remplacée par l'actuelle église (longueur : 36, 60 mètres ; largeur : 24, 20 mètres ; hauteur : 12, 50 mètres) construite entre 1858 et 1859. L'architecte Edouard Puyo est chargé d'établir les plans et les devis de la nouvelle église : un premier dossier est présenté le 12 décembre 1856 mais refusé par l'Assemblée communale pour des raisons techniques, le second dossier est accepté (coût des travaux : 43.891,20 F). L'adjudication a lieu le 3 novembre 1858, et l'entrepreneur retenu est M. Yves Rumeur de Morlaix (début des travaux : décembre 1858 ; et fin des travaux : septembre 1859). Sa consécration a lieu le 15 novembre 1859 par Mgr Sergent, évêque de Quimper et de Léon. Le clocher (XVème siècle) situé sur la place du Martray, est le seul vestige de l'église primitive. Elle comprend, outre la travée du clocher encastré, une nef avec bas-côtés de sept travées et un choeur polygonal du type Beaumanoir. Au droit de la cinquième travée, on trouve des chapelles en ailes formant faux transept (chapelle Sainte Barbe, chapelle du Rosaire). Au-dessus du portail sont les statues en pierre de saint Pierre et de saint Roch. Le clocher s'élève à 55 mètres. La flèche est reconstruite en 1840 par Charles Le Bras de Belle-Isle-en-Terre dans le département des Côtes-d'Armor (les plans avaient été tracés par M. Boyer, architecte de Morlaix et les travaux terminés pour le 1er juin 1840 étaient revenus à 800 Fr.). La nef est éclairée par sept verrières : quatre au nord et trois au sud, qui ont chacune d'entre elles dans le haut, les effigies de sept saint bretons : Maudez, Guillaume, Hervé, Malo, Patern, Yves et Corentin (elles ont été réalisées par l'atelier Nicolas de Morlaix). Les deux verrières de la façade proviennent de l'ancien ossuaire démoli en 1858. A l'intérieur de l'église se trouvent plusieurs statues : sainte Barbe, saint Louis (1214-1270), saint Ener en évêque (issue de l'ancienne chapelle du Saint), saint Yves (XVIème siècle), sainte Anne, sainte Marguerite, la Vierge-Mère, un Ecce Homo (XVIème siècle). On y trouve aussi la tête d'un Christ (fin du XVème siècle - début du XVIème siècle), provenant de l'ancienne église du XVIIème siècle. Le chemin de Croix est érigé par M. Deschamps du Cerisié, recteur de Kergloff, le 5 juillet 1862. On y voit aussi trois tableaux du Rosaire (donation de Vincent du Parc), de la Sainte-Famille (donation de madame Renée de Kerhoran ou Kerhoant et du Martyre de sainte Barbe. Les autels de sainte Barbe et du Rosaire (XVIIème siècle) proviennent de l'ancienne église. Une confrérie du Rosaire fut érigée le 8 décembre 1643, dans l'ancienne chapelle de Saint-Laurent, par le R. P. Dominique Le Meur, en présence de haut et puissant messire Vincent du Parc, marquis de Locmaria, fondateur de l'église de Guerlesquin. Une confrérie "Sainte Famille" semble avoir été fondée le 5 août 1715, grâce à la générosité de Madame Renée de Kerhoran, douairière de Kerroué en Loguivy-Plougras. Une confrérie de l'Agonie du Christ ou de la Bonne Mort (créée à Rome en 1648) est érigée en la paroisse de Guerlesquin le 8 septembre 1866 (un tableau, dit de l'Agonie" et situé au-dessus de la porte de la sacristie, en perpétue le souvenir). Une confrérie du Sacré-Coeur a été érigée et affiliée à l'archiconfrérie du Voeu National, à Paris Montmartre le 10 août 1879. Le vitrail du Sacré-Coeur, relatant l'apparition du Sacré-Coeur de Jésus à Sainte Marguerite Marie Alacoque (à Paray-le-Monial en Saône et Loire) et réalisé par Lux Fournier de Tours (en 1931), est un don de la famille Duboc-Rolland. A noter que la dévotion du Sacré-Coeur est établie en 1768 par Mgr Jean Marc de Royère, évêque de Tréguier de 1767 à 1772. Selon une déclaration de Maurice Meur du 10 décembre 1585 la seigneurie de Lesmoal (Lesmoualch, en Plounérin) possédait des prééminences dans la chapelle Saint Laurent de l'église de Guerlesquin : "en la paroisse de Guerlesquin la chappelle de Monsieur Saint Louranc estante du coté de l'épistre joignant le grand aultel de l'église parochialle de Guerlesquin .... sont les armes dudict de Meur tant aux vitres de ladicte chappelle que au boy et pierre d'icelle; ensemble une pierre tombale" (AD44). Ces dernières prééminences passeront ensuite dans le rameau de la famille de Meur de Goasquéau en Guerlesquin. La confrérie du Rosaire y est érigée (dans la chapelle Saint Laurent) le 8 décembre 1643 par le révérend Père Dominique Le Meur, dominicain à Morlaix (à noter que Vincent Le Meur, de la même famille, aumônier du Roi Louis XIV, était l'un des fondateurs du séminaire des Missions étrangères à Paris en 1668). Dans la chapelle latéral nord (chapelle Sainte Barbe) se trouve un vitrail retraçant le martyre de Sainte-Barbe, oeuvre de l'atelier Lux Fournier de Tours en 1930, et don des familles Nicol-Bocher, Tilly-Bocher et Guillou-Bocher. Le retable de l'autel de la chapelle Sainte Barbe est constitué d'un tableau retraçant le martyre de Sainte Barbe et de plusieurs statues dont sainte Barbe et saint Nicodème (cette dernière statue provient de la chapelle de Saint Ener). La maîtresse vitre, surmontée d'une belle rosace, retrace en deux tableaux, un épisode de la vie de saint Ténénan, patron de l'église. Un autre vitrail (daté de 1930 et oeuvre de Rault, verrier à Rennes) rappelle la mémoire de Madame Duboc-Rolland et représente "la délivrance des âmes du purgatoire". A noter aussi qu'en vertu d'une fondation "Barbe Le Garrec", datant de 1723, il était prévu que la paroisse de Guerlesquin devait avoir une mission tous les douze ans ;

Eglise de Guerlesquin (Bretagne).

Nota 1 : La famille des Du Parc de Locmaria avaient jadis la qualité de fondateurs et premiers prééminenciers de l'église paroissiale de Guerlesquin, ainsi que du couvent des Dames Paulines. Leurs armes "d'argent à trois jumelles de gueules" se voyaient dans toutes les vitres, ainsi que que sur les bancs du côté de l'Evangile, dans le pignon de la nef, en relief aussi sur les deux pilastres composant l'entrée du cimetière et sur les deux grandes cloches armoyées avec l'inscription : "François du Parc" et "Vincent du Parc". Vincent du Parc, chevalier seigneur, marquis de Locmaria et du Guérand, vicomte de Trobodec, baron de Keradenec, Coatfrec, Coatredrez, Guerlesquin, était gouverneur pour le Roi des ville et château de Concarneau ; capitaine de la Compagnie des Gendarmes de Monseigneur le cardinal de Richelieu de Fransac, pair de France et fondateur de l'église de Guerlesquin. "1° Eglise paroissiale. Dans la maîtresse vitre de la nef, les armes des seigneurs du Parc étaient seules et uniques aux trois premiers jours. Dans le premier jour des deux autres vitres qui éclairaient le maître-autel, se trouvaient encore les mêmes armes, ainsi que dans les vitres des chœurs de Notre-Dame, de Bonaventure et du Rosaire, toujours en supériorité. Le banc des mêmes seigneurs étaient du côté de l'évangile, joignant les balustrades, et pénétrant dans le Sancta Sanctorum, et armoyé de leurs armes : d'argent à trois jumelles de gueules, avec la litre en supériorité, tant uniques qu'en alliance. Dans les panneaux de « la Grange » et dans le pignon de la nef, se trouvaient encore les mêmes armes. Dans les encoignures du bout d'orient, elles étaient en relief dans les deux grands pilastres qui composent l'entrée du cimetière. Au bout d'occident, et au dehors, se voyaient aussi les mêmes écussons en relief. Des deux autres côtés de l'entrée du même cimetière, et joignant « la maison de l'église » se trouvaient les mêmes armes en relief, ainsi que sur les deux côtés de l'escalier d'entrée du dit cimetière. Les deux grandes cloches étaient aussi « armoyées » des dites armes avec des inscriptions qui font mention l'une de François du Parc, l'autre de Vincent du Parc (marié à Claudine de Névet). 2° Couvent des Dames Paulines. La supérieure du dit couvent déclarait n'avoir connaissance d'aucun écusson, ni au-dedans, ni au-dehors de la bâtisse du dit couvent ; mais elle reconnaissait parfaitement que c'était les seigneurs du Parc de Locmaria qui en étaient les fondateurs. « En suite de quoi la Supérieure nous a conduit dans une chapelle dédiée à saint Jean, où nous avons vu les armes des dits seigneurs du Parc, en relief dans les deux encoignures de la charpente, en l'endroit du maître-autel, des deux côtés ; et peinture au-dessus de l'autel dédié à saint Yves Ainsi signé : Sœur du Parc Lézardot, Supérieure » (18 septembre 1749) " (A. B.).

Eglise de Guerlesquin (Bretagne).

Nota 2 : - 1625. — Testament de Guillaume Quernec, l'un des chapelains de l'église paroissiale, fait fondation pour entretenir la lampe de la confrérie du Saint Sacrement, sur maison à Guerlesquin appelée Ty principal. Il fait également des legs à Notre-Dame du Folgoët, Notre-Dame de Guir-Sicour, Notre-Dame de Bonne-Aventure, en l'église de Guerlesquin, à la chapelle de Saint Maudetz et à Saint Treffur (probablement Saint-Trémeur). - 1643, 8 Décembre, — Acte d'érection de la confrérie du Rosaire, par le Rd. P. Dominique Le Meur, en présence de Guillaume Clérec, Olivier Le Déan et Guillaume Le Mat, prêtre, et de « Ht. et Pt. Messire Vincent du Parc, chevalier seigneur marquis de Locmaria et du Guerrand, vicomte de Trobodec, baron de Keradennec, Coatfrec, Coatredren, Guerlesquin, et gouverneur pour le Roi des ville et château de Concarneau, fondateur de l'église de Guerlesquin ». On a construit à cet effet un autel dans la chapelle de Saint-Laurent, et on l'ornera d'un tableau en la forme prescrite.

Voir aussi   Guerlesquin " Histoire de l'église Saint-Ténénan de Guerlesquin

Voir aussi   Guerlesquin " Description de l'église Saint-Ténénan de Guerlesquin

Eglise de Guerlesquin (Bretagne).

la chapelle Saint-Trémeur (XV-XVIème siècle), restaurée en 1997 et située au village de Kerniou. Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire. La porte principale, surmonté par le clocheton, était décorée d'une arcade cintrée. La façade de droite (côté sud) est percée d'un oeil de boeuf, d'une porte cintrée et d'une arcade gothique. Au chevet, on trouve une belle fontaine gothique (fin du XVème siècle) coulant dans trois bassins successifs, allusion à la Sainte Trinité. Elle contenait jadis un beau saint Trémeur en granit, daté de 1570, que la municipalité a cédé à un brocanteur. Saint-Trémeur est invoqué pour les maux de tête ;

Chapelle Saint-Trémeur à Guerlesquin (Bretagne).

Nota 3 : Cette chapelle Saint-Trémeur (Sant-Troveur en trégorrois), en ruine au début du XXème siècle, était autrefois la plus belle de la paroisse, et datait de la fin du XVème siècle. On y voit encore, dans le chevet de l'église, comme au Folgoat, une magnifique fontaine en granit. Parmi les ruines, se trouvait une statue en pierre du Saint martyr, portant sa tête dans ses mains. On l'invoquait pour les maux de tête. Le culte a cessé dans cette chapelle, lors de la reconstruction de l'église paroissiale, en 1859. Avant la Révolution, on y venait chanter les vêpres, le dimanche de Pâques, et le pardon avait lieu le jour de l'Ascension.

Nota 3bis : Les ruines de cette chapelle - datée du 16ème siècle - se trouvent au village de Kerniou, au milieu des landes, dans le fond d'un vallon où coule un ruisseau qui va se jeter dans l'étang de Lesmoal en Plounérin. C'est un petit édifice très solidement construit en grandes pierres de taille et singulièrement bâti en bas d'une pente ; il semble avoir été édifié avec soin et même avec un certain luxe. La porte principale que surmontait le clocheton, aujourd'hui disparu, était décoré d'une arcade cintrée sans ornement. La façade de droite, au sud, est percée d'un œil de bœuf, d'une porte cintrée et d'une grande arcade gothique qui s'ouvre presque au ras du sol et n'a qu'une faible profondeur dans la muraille de la chapelle. Le pignon du chevet, à l'est, envahi par le lierre, possède une grande fenêtre ogivale avec traces de meneaux. La déclivité du terrain lui donne une hauteur surprenante étant donné la faible dimension de l'édifice. A sa base est une belle fontaine gothique coulant dans trois bassins successifs, de dimensions différentes : un grand, un moyen, et un plus petit - allusion à la Sainte Trinité : le Père, le Fils et le St Esprit - que protège une arcade à frontons, ornée aux angles d'animaux monstrueux. La chapelle et la fontaine ont été inscrites à l'Inventaire des sites classés, le 27 août 1943. On ne sait ce qu'est devenu le mobilier de cette chapelle, pas plus d'ailleurs que la statue du saint portant sa tête dans ses mains, puisqu'il avait été décapité sur ordre de son père le cruel roi Conomor, comte du Poher qui avait fait subir le même sort à son épouse Sainte Tréfine (Jean-Louis Mercier et Yves Marzin).

Voir aussi   Guerlesquin " Description de la chapelle Saint-Trémeur de Guerlesquin

la chapelle Saint-Modez ou Saint-Maudez (XV-XVIème siècle), reconstruite en partie en 1890 (on a restauré l'une des ailes de l'ancien édifice du début du XVIème siècle). Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire. Le clocher mur possède une chambre de cloche. L'eau de la fontaine guérit les maladies de peau. On y trouve d'anciennes statues : saint Maudez, Notre-Dame, saint Fiacre (en kersanton) et saint Dominique (en kersanton). Il s'agit, semble-t-il, de la première paroisse de Guerlesquin. " Cette chapelle, éloignée de la ville de Guerlesquin de trois quarts de lieue, avait sa maîtresse vitre « armoyée » en supériorité, des armes des seigneurs du Parc " (A. B.) ;

Chapelle Saint-Maudez à Guerlesquin (Bretagne).

Nota 4 : Chapelle à l'extrémité de la paroisse, du côté de Plounérin. Menaçant ruine, elle a été rebâtie, en 1890. Avant la Révolution, le pardon y avait lieu le mardi de la Pentecôte, et les paroisses de Plougras, Loguivy-Plougras et Plounérin y venaient en procession. Actuellement, le pardon se fait le quatrième dimanche de Juin. On prend, par dévotion, de la terre voisine de la chapelle, que l'on pose sur les plaies ; on boit également de l'eau à la fontaine. Quelques-uns, par superstition, mettent sur la plaie des vers de terre et, suivant leur attitude, on s'adresse soit à saint Maudet, soit à saint Ener, soit à saint Thégonnec, pour obtenir guérison. L'on dit, par tradition, que cette chapelle était primitivement l'église paroissiale. On y voit les statues de Notre-Dame, saint Maudet, saint Fiacre et saint Dominique.

Nota 4bis : Posée devant un arrière-plan de collines boisées de taillis auxquels l'hiver donne des tons roses et violacés, la chapelle de Saint Maudez se trouve entre Guerlesquin et Plounérin. C'est une construction toute simple, refaite en 1890, sur l'emplacement d'un sanctuaire dédié à Maudez, le fils d'un roi irlandais, venu à la cour de Childebert, et qui, comme le père de Saint Hervé, se convertit pour de bon et vint évangéliser l'Armorique. Sur l'île Maudez, près de Bréhat, on peut voir sa "hutte", qui doit sa conservation au fait d'avoir servi de guérite aux gardes-côtes, et qui nous renseigne sur l'habitat de ces premiers Bretons. Avant la Révolution, le pardon avait lieu à la Pentecôte et attirait des pèlerins de Loguivy-Plougras, Plougras et Plounérin. On peut imaginer le tableau coloré que faisaient bannières et costumes de sortie, dans cet enclos accueillant ; des murets de pierres sèches, couverts de plantes au printemps, un verger débordant de fleurs, des aulnes, des ormes, des châtaigniers fourmillant d'oiseaux, et les ifs réglementaires ; la fontaine aux pierres moussues et sa mare d'eau limpide, tout est très simple et de bon goût, comme la maison des chapelains, dorée de lichens, où l'on ne trouvait que le strict nécessaire, mais qui était agréable et coquette. Trois marches bien usées, entre cette maison et la chapelle, évoquent les allées et venues de ces prêtres dont les archives auront peut-être gardé les noms. Ces lieux paisibles et reposants ont été redécouverts par beaucoup de gens ; après avoir été quelque temps délaissé, le pardon de Saint Maudez a été relancé en 1970. A l'issue de la messe, un grand repas est servi sur place, comme savent le faire les Guerlesquinais. Grâce au Syndicat d'Initiative et à la participation de tous, la réussite du pardon a permis de reprendre en main le sort de la chapelle. On a refait la toiture et consolidé le clocheton, posé des vitraux retraçant la vie du saint et mis des portes neuves. L'intérieur, avec ses murs chaulés, sa charpente, son autel de bois et ses statues peintes, a gardé son caractère, chose digne de remarque à l'heure où trop de chapelles restaurées sont fâcheusement dépouillées de ce qui faisait leur charme rustique. Si St Maudez est sauvé et a pu redevenir le centre de réjouissances populaires, c'est bien aux Guerlesquinais qu'on le doit. Il y aurait encore beaucoup à dire sur les très heureuses initiatives prises dans cette petite cité dynamique, où l'on fait tous les jours la preuve que le souci de la beauté ne saurait aller à l'encontre du développement économique. Avec un peu de bon sens, et des yeux, il est toujours possible d'allier l'utile à l'agréable ; mais il faut le vouloir: "Red Eo", comme le dit la belle devise des Penhoët, que Guerlesquin a choisi de faire sienne. (KERANFOREST "Pierres et Paysages", parus en 1972) (Jean-Louis Mercier et Yves Marzin).

l'ancienne chapelle Saint-Ener (1597), située jadis près du château de Kerret et aujourd'hui disparue. Saint Ener est invoqué pour la protection des enfants ; les faire marcher tôt et les fortifier. Des indulgences avaient été concédées à cette chapelle le 3 juin 1508. La chapelle est détruite en 1954. Ont été conservés la croix située aujourd'hui sur la commune de Botsorhel, les statuettes en bois des douze apôtres et le bénitier présents à l’église. Le porche sert aujourd’hui d’entrée au champ de bataille. On y trouvait jadis à proximité "le lit de Saint Ener" (énorme pierre plate où l'on y couchait les petits enfants pour les faire marcher de bonne heure). Son tabernacle était surmonté d'un groupe de la Trinité entouré des statues des douze Apôtres Voici une ancienne description de l'intérieur de la chapelle : "... ce qui frappait à l'intérieur c'était la beauté du tabernacle avec ses colonnades sculptées couvertes de sarmants de vigne, sur lesquels des oiseaux accroupis picoraient des grains de raisins. De chaque côté du tabernacle, bien rangés, les douze apôtres. Au-dessus, un tableau représentant la Sainte Trinité. A gauche et à droite du choeur, trônaient les statues de saint Ener, habillé en abbé ; Notre-Dame des Anges, l'Ecce-Homo, saint Nicodème surnommé Negantam par les habitants de Guerlesquin" ;

Porche de la Chapelle Saint-Enec à Guerlesquin (Bretagne).

Nota 5 : Pardon le cinquième dimanche d'Août ; autrefois, il y en avait deux : le premier dimanche de Mai et le troisième dimanche d'Août. Les paroisses de Plougras et de Botsorhel s'y rendaient en procession, et, en retour, Guerlesquin se rendait à Plougras, le dimanche de la Pentecôte, fête de saint Gonéri, et à Botsorhel, pour la fête de saint Brandan, dans la chapelle de Blévara. On conduit à saint Ener les petits enfants et on les couche dans ce qu'on appelle le lit de saint Ener, une pierre creuse, en dehors de l'église, ou bien l'on revêt, à domicile, les enfants d'une chemise trempée dans la fontaine du Saint, le tout pour fortifier l'enfant et le faire marcher plus tôt. Les grandes personnes, pour obtenir quelque faveur, tiennent à se rendre à Saint-Ener, en observant un grand silence et avant le lever du soleil. La chapelle porte sur sa façade la date de 1597 ; ce doit être une reconstruction, car elle est mentionnée, en 1520, aux inventaires des fondations. Sur l'autel, se voient les statues de saint Ener et de Notre-Dame des Anges. Le tabernacle est celui de l'ancienne église paroissiale, à colonnettes sculptées avec vigne et oiseaux ; il est surmonté d'une Trinité et entouré des statuettes des douze Apôtres. Dans la chapelle, l'on conserve encore un Ecce Homo et un saint Nicodème.

Nota 5bis : Il y a environ 25 ans, alors que je me promenais dans la ville de Morlaix pour y voir les antiquités et les beautés de sa région, quelqu'un me conseilla de me rendre à Guerlesquin et d'y visiter la chapelle Saint Ener. Je me rendis là-bas, avec un camarade. C'était un lieu couvert de fougères et de landes dominant une vallée où tournait la grande roue du moulin de Kerret. La chapelle construite, paraît-il, avec des pierres appartenant à une fille unique, semblait bâtie pour durer 500 ans encore. Cette chapelle avait cependant de l'âge puisqu'elle avait été bâtie, après une autre plus ancienne, en l'année 1597. Ce qui frappait à l'intérieur c'était la beauté du tabernacle avec ses colonnades sculptées couvertes de sarmants de vigne, sur lesquels des oiseaux accroupis picoraient des grains de raisins. De chaque côté du tabernacle, bien rangés, les 12 apôtres. Au-dessus, un tableau représentant la Sainte Trinité. A gauche et à droite du chœur, trônaient les statues de Saint Ener habillé en abbé ; Notre-Dame des Anges, l'Ecce-Homo, Saint Nicodème surnommé "Négantam" par les Guerlesquinais. Je suis sorti de la chapelle et devant moi je vis une énorme pierre plate creusée en son milieu. Alors que je l'observais, un homme sortit d'une maison proche de la chapelle, vint à ma rencontre et me raconta : "Cette pierre était le lit de Saint Ener. Il a vécu ici très longtemps et c'est ici, aussi, qu'il mourut et c'est sur sa tombe que cette chapelle a été construite. Comme je vous le disais, c'est dans le creux de cette pierre, par esprit de pénitence, que Saint Ener passait ses nuits sans couette, ni couverture. Cette pierre est encore vénérée - par exemple, lorsque un enfant tarde à marcher, ses parents le couche sur ce lit et prient Saint Ener. Quand l'enfant malade ne peut venir parce que trop petit ou trop faible, sa maman ou sa tante apporte la chemise du bébé et la plonge dans la fontaine où le Saint se désaltérait. Cette chemise mouillée, enfilée au petit malade assurait souvent sa guérison". Ce bon monsieur continue son récit : "Chaque dernier dimanche du mois d'août, se célèbre ici un beau pardon. C'est une grande joie de se retrouver pour parler du Saint. Autrefois il y en avait deux dans l'année : l'un, le premier dimanche de mai, le second le troisième dimanche du mois d'août. A cette occasion les paroisses de Botsorhel et de Plougras se rendaient ici en procession et nous, Guerlesquinais nous leur rendions la pareille. C'est ainsi que nous allions en procession à Botsorhel pour le pardon de Saint Brandan dans la chapelle de Blévara, et à Plougras pour la fête de Saint Gonéry. Aujourd'hui, ceux qui désirent une grâce spéciale de Saint Ener doivent prendre la route avant le lever du soleil et faire ce pèlerinage dans le plus grand silence". Comme je lui demandais s'il connaissait quelques autres détails sur la vie de Saint Ener, il me répondit : "Pour venir jusqu'ici il vous a fallu traverser la garenne de Koat-Losk. De-ci, de-là, n'avez-vous pas vu des vieux navets dans la terre ? Et cependant, il n'y a pas une seule tête de chrétien qui se souvienne d'avoir vu quelqu'un cultiver cette parcelle. D'après ce que j'ai entendu, voici quand et comment a été cultivée cette garenne. Saint Ener s'entendit avec le diable pour charruer cette garenne qui était alors sous-bois. Satan commença par souffler sur ces arbres et son haleine brûlante réduisit tout en cendres. En une demi-journée la garenne n'était plus qu'un tas de cendres. Depuis ce jour, ce lieu s'est appelé Koat-Losk. Selon ce qui fut décidé entre eux, chacun à son tour devait s'atteler à la charrue. Saint Ener s'attela le premier et l'autre prit les manches. Le Saint à chaque bout de sillon enlevait les racines accrochées au soc et avec elles traçait une croix à chaque sillon. Satan se mettait à trembler aussitôt. Effrayé et fatigué de trembler, il dit au Saint : "Tiens, laisse-moi m'atteler à la charrue car j'en ai assez des croix que tu traces en allant et en venant. Je préfère prendre la part la plus dure du travail et le mener jusqu'au bout à ma guise"... Saint Ener fatigué ne demandait pas mieux. Il installa le diable à sa place et jusqu'au soir ils tracèrent des sillons. Lorsque Ener voyait le diable de mauvaise humeur il prenait un morceau de racines pour le frapper sur le dos. Quand la terre labourée fut nette le diable chercha à savoir ce qu'il recevrait pour sa peine : "Je te donne le choix lui dit le Saint. Que préfères-tu ? : ce qui sortira de terre après la semence ou ce qui demeurera dans la terre ?....". Après avoir bien réfléchi, Paol Gounok (le diable) choisit ce qui resterait en terre. Saint Ener sema du blé noir et il ne resta au diable que les chaumes. Furieux il dit à Saint Ener : "l'an prochain ce sera à mon tour de récolter ce qui sera sur terre"... L'année suivante, le Saint sema des navets et il ne resta rien au diable car la gelée blanche de la nuit avait brûlé tous les feuillages. La fureur du diable fut telle qu'il dit au Saint "Avec vous il n'y a pas moyen de travailler. J'en ai assez d'être le perdant - vous êtes trop malin - Kenavo". Depuis ce temps la lande de "Goavern Koat-Losk" est restée inculte ". (G. P.) [Note : Texte en breton communiqué par M Le Chanoine Le Floc'h, archiviste diocésain à Quimper] (Jean-Louis Mercier et Yves Marzin).

la chapelle de Saint-Thégonnec ou Egonnec (XVI-XVIIème siècle), située près du village de Kerellou et ancienne dépendance du manoir de Kervranton, propriété de la famille de Goaffuec alliée au Du Parc. La chapelle aurait été édifiée vers le milieu du XVIème siècle par Guillaume Meur, seigneur de Lesmoal (en Plounérin). Suite aux méfaits de la Ligue, sa reconstruction a lieu, semble-t-il, en 1600 sous Maurice de Meur, puis en 1630 avec Pierre Le Rouge, seigneur de La Haye en Plouégat-Moysan. Cette chapelle est aujourd'hui en ruines (le toit est tombé en 1893). Les pierres de la chapelle trouvent acquéreur à Trémel en 1910. De plan rectangulaire, elle datait de la fin du XVIème siècle. On y voyait jadis un lech d'un mètre de hauteur environ et sur la maîtresse vitre, deux écussons armoriés, où l'on déchiffrait les armes de Pierre le Rouge, seigneur de la Haye, en Plouégat-Moysan, alliées à celles de sa femme, Françoise Le Meur, qu'il épousa vers 1600. Devenue de moindre intérêt pour les successeurs de Pierre Le Rouge, la chapelle est alors laissée à l'usage des sieurs de Kervranton. En 1792, à l'instar des autres biens du comte de Kersauzon, maître de la seigneurie de Lesmoal (en Plounérin), la chapelle proposée à la vente comme bien national est, faute de soumissionnaires, donnée à la fabrique de Guerlesquin. D'après certains historiens, elle aurait été évaluée à 600 Fr. et donnée à la fabrique de Guerlesquin, par Marie Jeanne Calvez, veuve de sieur Le Scour (donation entérinée le 24 février 1831). Elle est aujourd'hui en ruines (certaines pierres ont été vendues en 1910 à M. Le Coat, propriétaire à Trémel, pour 200 Fr.), le toit étant tombé en 1893. Cette chapelle comportait des écussons "écartelé aux 1 et 4 d'une fleur de lys surmonté d'une merlette, aux 2 et 3 d'une fasce" (armes de Pierre Le Rouge, écuyer de la Haye, en Plouégat-Moysan, et celles de son épouse Françoise Le Meur, de Kerigonan, vers 1620. On trouve non loin de la chapelle, une fontaine dédiée à Saint-Thégonnec ;

Chapelle Saint-Thégonnec à Guerlesquin (Bretagne).

Nota 6 : Saint Thégonnec est représenté en évêque, avec chape, crosse et mitre. Ce Saint est considéré comme le saint Roch du pays, et invoqué pour préserver des épidémies. Cette statue a été transportée dans la chapelle Saint-Jean, depuis que la chapelle de Saint-Thégonnec tomba en ruine ; elle pouvait remonter au commencement du XVIème siècle. Sur les meneaux d'une croisée, se voient extérieurement deux écussons (armes de Pierre Le Rouge et de son épouse Françoise Le Meur).

Nota 6bis : A 5 kilomètres de l'église, en direction de Plouégat-Moysan près du village de Kerellou, se trouve la chapelle de Saint Thégonnec (parfois Egonnec). L'histoire du saint est peu connue, il est considéré comme le Saint Roch du pays et invoqué pour préserver des épidémies. Dans les litanies de Saint Vougay, il est mentionné à côté de Saint Ener. La statue du saint est actuellement à la chapelle Saint Jean et le représente en évêque, avec chape, crosse et mître, et à ses pieds, un petit charriot attelé. Autrefois, il y avait deux pardons : l'un le dimanche suivant la Saint Jean et le grand pardon, le 3ème dimanche de septembre ; à ce dernier pardon venait la procession des fidèles de Plouégat-Moysan et en retour, les paroissiens de Guerlesquin se rendaient le 10 août au célèbre pardon de Saint Laurent du Pouldour. La chapelle du 16ème ou 17ème siècle était reconnue comme chapelle du manoir de Kervranton appartenant à la famille de Goaffuec alliée au du Parc. En 1792, vendue comme "bien national", la chapelle, évaluée à 600 Francs, fut donnée à la Fabrique de Guerlesquin, par Dame Marie Jeanne Calvez, veuve de sieur Le Scour, en vertu d'une ordonnance royale du 24 février 1831. Aujourd'hui, elle est en ruines, le toit est tombé en 1893 : on n'y dit plus la messe depuis 1892. Il en reste cependant une très belle croisée ogivale ; sur les meneaux, on peut voir deux écussons sur lesquels Louis Le Guennec a lu : "écartelé aux 1 et 4 d'une fleur de lys surmonté d'une merlette, aux 2 et 3 d'une fasce", armes de Pierre Le Rouge, écuyer de la Haye, en Plouégat-Moysan et celles de son épouse Françoise Le Meur, de Kerigonan, vers 1620. Les pierres des chapelles St Thégonnec et St Trémeur furent vendues, en 1910, à M. Le Coat, propriétaire à Trémel, pour 200 Francs. Des complications diverses empêchèrent heureusement la démolition des chapelles ; St Thégonnec conservera ses ruines et St Trémeur sa fontaine classée en 1943. Non loin de la chapelle, une fontaine dédiée à St Thégonnec, dont l'eau pouvait, dit-on, préserver de la peste et du choléra (Jean-Louis Mercier et Yves Marzin).

la chapelle Saint-Jean (fin du XVIème siècle ou vers 1686), fondée par les seigneurs du Parc de Locmaria. D'après certains historiens, elle aurait été édifiée en souvenir du grand pèlerinage de Saint-Jean-du-Doigt en 1686, suite à une fondation de 300 livres par le prêtre Yves Guéguen. On voyait jadis, les armes de la famille du Parc de Locmaria dans le lambris, au-dessus de l'autel. Dans un acte du 26 mai 1705, Joseph-Gabriel du Parc, fils de Vincent du Parc de Locmaria, souhaite acquérir une maison, à proximité de la chapelle Saint-Jean, pour l'instruction des filles de la région. L'école est ouverte en juin 1711 par les Dames Paulines. Cette chapelle servit d'oratoire à un couvent de Dames Paulines ou Fille de Saint-Paul (congrégation fondée en 1699 par Dame Ollivier du Parc à Tréguier), fermé à la Révolution. La chapelle est vendue comme "bien national" (estimée à 600 Fr. elle est donnée à la fabrique de Guerlesquin par Marie-Joseph Le Saulx, veuve du sieur Léon (donation entérinée le 30 juin 1829). Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire, reconstruit en 1844. On y trouve des statues du XVI-XVIIème siècle : saint Jean-Baptiste (au-dessus du maître-autel), sainte Barbe (à droite du maître-autel), saint Laurent (à gauche du maître-autel), Notre-Dame des Anges (anciennement dans la chapelle Saint Ener) et saint Thégonnec (anciennement dans la chapelle de Saint-Thégonnec). Le tableau du Sacré-Coeur de Jésus, représentant la Vierge et saint Joseph en adoration devant le coeur de Jésus, provient de l'ancienne église. Les vitraux (oeuvre de l'atelier Hubert de Sainte-Marie à Quintin) datent de 1970 : au nord se trouvent reproduits quelques blasons de famille nobles de Guerlesquin, et au sud, sont reproduites quelques armoiries.

Nota 7 : Cette chapelle avait été bâtie en souvenir du grand pèlerinage de Saint-Jean-du-Doigt ; en 1686, Yves Guéguen, prêtre, donnait 300 livres pour y faire une fondation. Les seigneurs du Parc de Locmaria furent les fondateurs de la chapelle et du couvent des "Dames Paulines" et l'on voyait, autrefois, leurs armes dans le lambris au-dessus de l'autel. La congrégation des Dames Paulines – ou Filles de St Paul fondée en 1699 à Tréguier – par Dame 0llivier du Parc, amie de Madame de Maintenon, épouse de Louis XIV, avait pour but : l'instruction des petites filles pauvres et la visite des familles nécessiteuses, leur distribuant à domicile des remèdes et du pain. Dans un acte du 26 mai 1705, Joseph, Gabriel du Parc de Locmaria, second fils de Vincent, souhaite acquérir une maison voisine de la chapelle parce que "cela est utile à l'enseignement que ledit seigneur a projeté de faire aux environs de cette chapelle pour y tenir des écoles publiques pour l'instruction des filles". En juin 1711, Jeanne de Kermel, supérieure des Dames Paulines, à Tréguier – évêché dont dépendait alors la paroisse de Guerlesquin – "faisant tant pour elle que pour toutes les sœurs de ladite communauté des sœurs Paulines dans la maison achetée par le seigneur du Parc et y ouvre une école de filles". Dans l'aveu de 1732, rendu au duc de Penthièvre par Jean-Marie du Parc, marquis de Locmaria, le couvent des Dames Paulines se trouve ainsi décrit : "consistant en trois grands corps de logis, cour, jardin, basse-cour, doué (lavoir), fontaine et enclos ; fontaine y étant pour l'utilité des habitants et chapelle y joignant dédiée à Saint Jean". Le couvent a complètement disparu, il s'étendait sur les dépendances actuelles du "café du Lion d'Or". A la Révolution, les religieuses furent expulsées en décembre 1792 ; la chapelle fut vendue comme "bien national". Estimée à 600 Francs, elle fut donnée à la Fabrique de Guerlesquin par Dame Marie-Josèphe Le Saux, veuve de sieur Léon et enfants ; cette donation fut entérinée par ordonnance royale du 30 juin 1829. A l'intérieur, l'unique autel est surmonté de la statue de St Jean Baptiste présentant l'Agneau, entouré à sa droite de St Laurent avec son grill [Note : Sur l'ordre de Decius, Laurent, diacre, qui avait refusé de sacrifier aux faux dieux, fut étendu sur un grill de fer sous lequel les bourreaux avaient accumulé des charbons ardents, ils le retournaient avec des fourches métalliques pour bien le faire rôtir. St Laurent est souvent représenté portant un grill, instrument de son supplice] et à gauche de Sainte Barbe. Ces statues paraissent être du 16ème siècle. A l'opposé de l'autel, Notre Dame des Anges se trouvait dans la chapelle St Ener, disparue, près de Kerret. La statue de St Thégonnec en évêque était autrefois dans la chapelle du même nom, à Kerellou. Au mur, le tableau provenant de l'ancienne église paroissiale représente le Sacré-Cœur de Jésus. Les vitraux ont été réalisés par l'atelier Hubert de Sainte-Marie à Quintin (Côtes-d'Armor), 1970. Sur celui du Nord sont reproduits les blasons des anciennes familles nobles ayant eu des possessions à Guerlesquin, celui du Sud présente les armoiries de quelques cités bretonnes. (Jean-Louis Mercier et Yves Marzin).

Chapelle Saint-Jean à Guerlesquin (Bretagne).

Voir aussi   Guerlesquin " Description de la chapelle Saint-Jean de Guerlesquin

l'ancienne chapelle Sainte-Barbe. Elle se trouvait jadis dans le cimetière et a disparu lors de l'agrandissement de l'église vers 1858. Elle devait dater du XVème ou XVIème siècle. Sainte Barbe est toujours en grande vénération, et son pardon a lieu le quatrième dimanche de Juillet. La cloche de Guerlesquin provient de cette chapelle, et s'appelle toujours cloche de Sainte-Barbe ;

la croix monolithe de la chapelle Saint-Modez, ornée d'un haut relief représentant le Christ coiffé d'une mitre et vêtu d'une tunique byzantine, semble datée du XIIème siècle ;

la croix de Kerellou ou Kerhellou (XIXème siècle) a deux degrés ; sur le socle, gravé "érigée par Jean Faven, veuf de Marianne Le Vot et ses deux fils". Fût à pans, chapiteaux ; croix de section ronde, fleuron et crucifix. C'est ce même Jean Faven, maire de Guerlesquin de mai 1884 à mai 1888, qui avait acheté pour 70 Francs chez Briens à Morlaix, la cloche de la chapelle Saint Thégonnec, baptisée par Monsieur Sébillau, recteur : 1847-1855. Pour parrain son fils Guillaume Faven et comme marraine Marie Mignot de Guernélouarn. En revenant vers Guerlesquin, à main droite : le Menhir de Kerellou - "Keiel ar Vamm goz" la quenouille de la vieille mère - classé en 1909. C'est une belle aiguille granitique haute de plus de 6 mètres et d'une épaisseur relativement petite par rapport à ses hautes dimensions (Jean-Louis Mercier et Yves Marzin) ;

d'autres croix ou vestiges de croix : Castel-Pic (XVIème siècle), Croas-Treusquer, la croix de l'église (XIXème siècle), la croix du cimetière (1889, oeuvre de Yves Hernot de Lannion, Croas-Kerfoen (XVIIème siècle), Kernon (1827) ;

le manoir de Kervranton ;

la maison de la Tourelle (XVème siècle), située face aux halles ;

la maison de Kernaman (XVIème siècle), aux ouvertures originales (oeil de boeuf et ouvertures moulurées) ;

la maison du Bourreau (XVIème siècle) ;

la maison du Sénéchal (XVIIème siècle), située face à la Place du Martray ;

la fontaine de Saint-Thégonnec ;

le presbytère. En sa séance du 9 novembre 1839, le Conseil de Préfecture approuve la délibération du Conseil Municipal de Guerlesquin, en date du 9 novembre 1838, qui souhaite vendre aux enchères publiques l'ancienne maison presbytérale - l'actuelle école Saint Joseph - pour en affecter le produit à la construction d'un nouveau presbytère ; la mise à prix est de 2.200 F, estimation faite par Ambroise, Marie Troussel, arpenteur de 1ère catégorie - 3ème classe. Le 4 février 1840, le maire, Cadiou, vend à Prosper Proux l'ancien presbytère pour 3.000 F. En attendant, le recteur est hébergé à Belle-Assis. Le Conseil Municipal s'intéresse à la réalisation d'un nouveau presbytère, qui est celui toujours en service actuellement. Le 31 août 1842, le devis estimatif comprenant la construction du presbytère, y compris le bûcher, l'écurie et les murs de clôture de la cour et les latrines s'élève à 11.624,76 F, honoraires de l'architecte inclus ; la vente des vieux matériaux permet de récupérer la somme de 710 F. Le devis définitif est arrêté à 10.914,72 F, mais à condition que la maison soit couverte pour le 1er décembre et le tout terminé le 3 juin 1843. L'adjudication au rabais est attribuée à Herland Guillaume, Jean, menuisier à Guerlesquin pour 8.480 F ; il s'est acquitté scrupuleusement de son travail (Jean-Louis Mercier et Yves Marzin) ;

la prison seigneuriale (1640) fondée par les Du Parc (Vincent du Parc de Kerret, seigneur de Guerlesquin). Elle est flanquée à chaque angle d'une tourelle ronde à cul-de-lampe, terminée en dôme. Plus bas était l'auditoire attenant à la cohue. Elle a été restaurée en 1872 et fut classée Monument historique en 1875. Elle a servi de mairie de 1875 à 1965. Devant l'entrée de la prison, sur la place pavée, se trouve une "mesure de blé" (surnommée la "Pierre menteuse") datée de 1539. " La juridiction de Guerlesquin et Charuel avait haute, basse et moyenne justice comprenant principalement la ville de Guerlesquin, sujette, ainsi que la paroisse, à rachat, lots et ventes, décorée de halles [Note : Joignant le pignon d'orient de l'aile nord des Halles, deux mesures à bleds dans une grosse pierre de taille, dans laquelle sont les armes des Rohan], place, auditoire et prison. Sur la place du Martrait (Martray) [Note : Cette place mesurait 326 cordes. La maison à four banal était tenue par Vincent Kerharo qui payait au seigneur du Parc, 96 livres pour le four, et 120 livres pour la disme du Guerlesquin et Charruel], du dit Guerlesquin, était construit l'auditoire, les halles, le scept à collier, la potence avec un échaffaud au milieu de la dite place ; l'auditoire et autres appartements et halles, le tout s'enjoignant ensemble. Sur les quatre piliers, composant la claire voie des halles peinte en rouge, se trouvaient les armes des seigneurs du Parc. La conciergerie ou prison, située vers l'occident à quelque distance de la dite auditoire, construite en forme de pavillon de pierre de taille avec quatre dunettes en forme de tourelles, une à chaque coin, à deux étages ou êtres, et éclairées, chacune d'icelle, de deux petits jours avec un montant de fer à chacun d’iceux, sans porte. La dite conciergerie ou prison, a de longueur en ses murs, savoir : en ceux d'Orient et d'Occident 26 pieds, et en ceux du Midi et du Nord 13 pieds et demi, et de haut 22 pieds ; laquelle est à trois êtres, non compris la basse fosse et le grenier, ayant sa porte d'entrée dans le coin Nord, tirant à l'Occident, en l'endroit de laquelle est la porte de la prison en dedans, avec les armes des seigneurs du Parc, en relief, en pierres, en dehors dans les quatre façades. Au-dessus de la conciergerie, une croix de pierre de taille, « armoyée » du côté de l'Occident d'un écusson traversé d'une fasce par le milieu " (A. B.) ;

Ancienne prison de Guerlesquin (Bretagne).

 

Prison seigneuriale de Guerlesquin (Bretagne).

 

A signaler aussi :

le menhir ou lech de Menez-Meur (époque néolithique), situé près de la chapelle ruinée de Saint-Thégonnec ;

le menhir de Kerellou (époque néolithique), encore surnommé "Keiel-ar-Vamm Goz" (la quenouille de la Vieille Mère) ;

les trois tumulus situés à Croaz-Christ ;

le monument inauguré en 1919 à la mémoire du poète breton Prosper Proux, né à Poullaouen en 1812, mort à Morlaix en 1873 et qui a passé plusieurs années à Guerlesquin ;

le monument aux morts (1921), oeuvre de Louis Tilly. Il a été inauguré en juin 1921 ;

l'ancien hôtel de Bellassis ;

les anciens manoirs de Penanrue et de Penanguer ;

les Halles (1882), édifiées d'après les plans de l'architecte Nedelec de Morlaix. Elles ont remplacé celles fondées en 1525/1526 par la famille Rohan et qui comportaient deux ailes comme actuellement. La Justice de Guerlesquin s'y rendait jadis au premier étage chaque lundi, jour de marché. Dès 1853, le premier étage servi d'école. Vétuste et délabré, l'édifice s'écroula en 1879 et fut entièrement détruit en 1880. L'aile Sud fut transformée en mairie en 1965 ;

l'ancienne maison ou couvent des Dames Paulines, aujourd'hui disparu. Un aveu de 1732, rendu au duc de Penthièvre par Jean Marie du Parc, en donne la description suivante : "...... consistant en trois grands corps de logis, cour, jardin, basse-cour, doué, fontaine et enclos ; fontaine y étant pour l'utilité des habitants et chapelle y joignant dédiée à Saint Jean". Les religieuses en sont expulsées en décembre 1792 ;

l'ancienne motte féodale protégée par des retranchements et des douves. Il s'agit de l'emplacement du château fort de Charuel, qui a vu naître le fameux Even Charuel, l'un des héros du combat des Trente. Il fut parmi les quatre ambassadeurs choisis pour négocier en Angleterre la rançon de Charles de Blois (1353). A la mort d'Even Charuel, les terres de Charuel et de Guerlesquin passèrent à la famille du Penhoët, puis plus tard à la famille du Parc de Locmaria ;

Manoir de Guerlesquin (Bretagne).

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ANCIENNE NOBLESSE de GUERLESQUIN

Primitivement, la seigneurie de Guerlesquin était composée de la châtellenie de Guerlesquin " fié Even Gwen " (dont le château aurait été détruit en 1592), le fief de Charuel et la seigneurie du Menez qui appartenait à la famille Charuel. Cette seigneurie de Guerlesquin dépendait de la cour ducale de Guingamp pour le fief de Guerlesquin et de la cour royale de Morlaix pour le fief de Charuel [Note : Charuel, en Guerlesquin, faisait partie de la châtellenie de Morlaix-Lanmeur créée au XIème siècle.

- Le Meur, Sr. de Kevarc'hon : d'argent à la fasce d'azur ; alias : accompagnée en chef d'un croissant de gueules.

- Mivier, Sr. du Plessix : d'argent à un arbre de sable.

- Olivier, Sr. de la Villeneuve : d'argent à la fasce de gueules grillée d'or, accompagnée de trois quintefeuilles de gueules ; devise : Nobili pace victor.

- Du Parc, Sr. de Kerret, Penanrue et Kerradennec : d'argent à trois jumelles de gueules ; devise : Vaincre on mourir.

- De Penhoët, Sr. de Menez Charuel : d'or à la fasce de gueules ; devise : Red eo.

Lors de la Réformation des fouages de 1426, on recense 7 nobles à Guerlesquin : Jehan Guezenec et Riou Garrec, âgés de plus de 60 ans, Jehan Buzic, Evein l'Evesque, Jehan Pierre, Yvon Pierres et Yvon Evein (fils de Jehan Evein). On mentionne aussi les manoirs de Les Quaezou (propriété de l'amiral Jehan de Penhoet, et exploité par le métayer Yvon Botric), la Ville Neuffve (propriété des Penhoet et exploité par le métayer Yvon Manach), Penanhoet (propriété de Brient du Cozker et exploité par Yvon Evein). Les lieux-dits suivants sont cités : Guerlesquin (où on dénombre la grande partie de la population), la Ville Neuffve (où sont mentionnés les nobles Jehan Guezennec, Yvon Pierres et Jehan Pierres, Evein l'Evesque et Jehan Buzic), Ker an Goez, Ker Helou, Ker Goranton (où est mentionné le noble Riou Garrec), Ker Brient, Ker an n'Ostis (Archives nationales).

 

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Tréguier de 1481, on comptabilise la présence de 13 nobles de Guerlesquin (il y en avait 7 en 1426) :

Alain COETQUEVERAN (7 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une vouge ;

Yvon EVEN (2 livres de revenu) : défaillant ;

Henry KERNECHQUIRVIC (7 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan GLEVEDE (30 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan GUEZENNEC (20 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume LE BORGNE (10 livres de revenu) : défaillant ;

Hervé LE DAR (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une pertuisane ;

Jehan LUBOSEC (40 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Morice MEUR (7 livres de revenu) : défaillant ;

Yvon NICOLAS (30 livres de revenu) ;

Yvon OLLIVIER (10 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan PEZRON (40 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Geoffroy TOUPIN (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une pertuisane.

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