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LA GUERCHE-DE-BRETAGNE

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La commune de La Guerche-de-Bretagne (pucenoire.gif (96 octets) Gwerc'h-Breizh) est chef lieu de canton. La Guerche-de-Bretagne dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d' Ille-et-Vilaine (Bretagne).

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LA GUERCHE-DE-BRETAGNE

La Guerche-de-Bretagne vient de "werki" (fortification). Le terme "de Bretagne" est ajouté en 1899. 

Le prieuré de Saint-Nicolas est fondé en 1076 par l'évêque de Rennes, Sylvestre de La Guerche. Les premiers seigneurs de La Guerche donnent à l'Abbaye de Saint-Melaine de Rennes la chapelle Sainte-Trinité. Les moines de l'abbaye y établissent un second prieuré, le prieuré de la Sainte-Trinité.

Quoique la Guerche soit une ancienne ville groupée dès le XIIème siècle autour d'un château-fort chef-lieu d'une importante seigneurie, il faut bien avouer que sa paroisse est toute moderne. Jusqu'à la Révolution, la Guerche fit, en effet, partie de la paroisse de Rannée. Mais nous avons vu que cette petite ville n'en renfermait pas moins un assez grand nombre d'églises, dont la principale, érigée en collégiale en 1206, était desservie par des chanoines faisant toutes les fonctions du culte divin. A signaler qu'au début du XIème siècle, les seigneurs de la Guerche possédaient une chapelle castrale, lorsqu'en 1206 Guillaume de La Guerche, décédé le 4 septembre 1223, fonda une collégiale, imitant en cela les barons de Vitré qui en avaient fondé une en 1026. Après la suppression de la collégiale de Notre-Dame de la Guerche, un décret civil, daté du 1er avril 1791, érigea la Guerche en paroisse distincte de Rannée, et Paul-René Gallet, ancien chanoine du lieu, consentit à prêter le serment à la Constitution, le 17 juillet 1791, en qualité de recteur de la nouvelle paroisse. Mais en 1803, Mgr de Maillé érigea canoniquement cette paroisse de la Guerche et en nomma, le 1er août, pasteur légitime Nicolas Christophet, ancien provincial des Jacobins et ancien prêtre constitutionnel, ayant fait la rétractation de ses erreurs et sa soumission à l'évêque de Rennes (Pouillé de Rennes).

La Guerche-de-Bretagne, bien que dépendant jusqu'à la Révolution de la paroisse de Rannée, constitue dès le XIIème siècle, un petit hameau groupé autour de son château et est le siège d’une importante seigneurie. Trente-six seigneurs vont succéder à Manguené (ou Menguen, fils de Thébaud et de Gwenargant, vivant en 978), qui reçoit son fief des mains du duc de Bretagne, Geoffroy Ier. La seigneurie passe ensuite entre les mains du vicomte de Beaumont (au XIIIème siècle), et de la famille Chamaillart et Valois (avant 1379). La seigneurie est achetée en 1379 par Bertrand Du Guesclin à Pierre de Valois, baron de Fougères et comte d'Alençon. Olivier du Guesclin, frère de Bertrand la vend en 1390 au duc Jean IV, qui la donne en dot en 1396 à sa fille Marie, épouse de Jean de Valois duc d’Alençon. Puis cette seigneurie devient la propriété des familles Laval, comte de Laval (en 1463), Valois (en 1506), Bourbon, comtes de Vendôme (en 1526), Paléologue, marquis de Montferrat (en 1541), Cossé-Brissac (de 1562 à 1673), Neufville ducs de Villeroys (en 1789). 

A cette époque, la Guerche est l'une des 42 villes bretonnes représentées aux Etats de la province. La Guerche était une châtellenie d’ancienneté qualifiée de baronnie, jouissant d’un droit de haute justice et comprenant 8 paroisses. Elle relevait directement du duc, puis du roi. 

Les Brabançons d'Henri II, roi d'Angleterre, s’emparent de La Guerche en 1173. Les Anglais, sous les ordres du duc de Somerset, s’en emparent à nouveau en 1443, malgré un traité de paix et ne la rendent que moyennant une rançon de 20 000 écus. Louis XI s’en empare en 1472. Mercoeur s‘en rend maître en 1593 pour la perdre le 24 avril de la même année. 

La ville de La Guerche-de-Bretagne était autrefois fortifiée. Des réparations importantes ont été faites en 1441 et en 1464. La paroisse de La Guerche dépendait autrefois de l'ancien évêché de Rennes. 

On rencontre les appellations suivantes : capella Guirchiœ (en 1152), ecclesia Guerchiœ (en 1206).

Note 1 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de La Guerche-de-Bretagne : Nicolas Christophet (1803-1811), René-Louis Tison (1811-1857), Pierre-Joseph Fouré (1857-1878), René Lebreton (à partir de 1879), ....

Note 2 : La Guerche-de-Bretagne a donné naissance à Joseph-Emile-François Hervé de Beaulieu, né en 1752, ministre des Contributions publiques en 1792. 

Note 3 : Le 7 juillet 1731, Jean Morin, ancien avocat au Parlement de Bretagne, et Jacquemine Graffard, sa femme, sieur et dame de la Mardière, ayant obtenu la permission de l'évêque de Rennes et du seigneur de la Guerche, fondèrent une école charitable pour les filles de la Guerche-de-Bretagne tenue par une soeur de la Sagesse du couvent de Saint-Laurent en Poitou ; ils donnèrent à cet effet, entre autres choses, la maison appelée jadis l'auberge de la Tête-Noire, située à la Guerche-de-Bretagne en la rue d'Anjou, et échue par héritage à ladite dame Morin. Un an plus tard, par acte du 11 juin 1732, les mêmes fondateurs consentirent à ce que les Soeurs de la Sagesse soignassent les pauvres de la Guerche-de-Bretagne, à la condition toutefois que cela ne nuirait en rien à leur école charitable. Par suite, deux religieuses vinrent se fixer à la Guerche-de-Bretagne. Enfin, en 1783, l'hôpital de la Guerche-de-Bretagne ayant été uni à l'école charitable, trois Filles de la Sagesse vinrent tenir ce double établissement (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, II, 63 et Pouillé de Rennes) ; 

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PATRIMOINE de LA GUERCHE-DE-BRETAGNE

la collégiale Notre-Dame (XI-XV-XVI-XIXème siècle). Les premiers seigneurs de la Guerche donnèrent aux religieux de Saint-Melaine toutes les églises de leur château et de leur ville : la chapelle de leur forteresse, « capellam castelli Guirchie », appelée aussi chapelle de Notre-Dame, « capellam Beate Marie », — la chapelle de Saint-Nicolas, — celle de la Sainte-Trinité, — et enfin celle de Saint-Maimboeuf, « capellam Sancti Magnobodi ». L'abbaye de Saint-Melaine fut successivement confirmée dans la possession de toutes ces églises par les Papes, les évêques et le Chapitre de Rennes, en 1152, 1158 et 1170 ; et ce doit être tout cet ensemble d'édifices religieux que désigne, en 1185, la charte du pape Luce III confirmant au monastère de Saint-Melaine la chapellenie de la Guerche et toutes ses chapelles, « capellaniam Guirchie cum capellis suis » (Cartulaire de l'abbaye Saint-Melaine). De toutes ces églises de la Guerche, les Bénédictins de Saint-Melaine ne conservèrent que Saint-Nicolas, dont ils firent un prieuré. Quant à celle de Notre-Dame, déjà célèbre par un pèlerinage en l'honneur de la Mère de Dieu, Guillaume II, seigneur de la Guerche, fils de Geffroy de Pouencé, l'érigea en collégiale en l'an 1206. Cette fondation fut faite très solennellement, en présence de Pierre de Dinan, évêque de Rennes, de Pierre Giraud, évêque de Saint-Malo, de Pierre et Réginald, archidiacres de Rennes, Guillaume de Pincé, trésorier de Rennes, Pierre, abbé de Saint-Méen, Geffroy, abbé de Saint-Melaine, Raoul, archidiacre de Saint-Malo, Robert Hurel, doyen d'Aubigné, Guillaume Coupechoul, doyen de la Guerche, Eudon, doyen de Vitré, Jean de la Bruère, chanoine de Rennes, et plusieurs autres personnages distingués (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 806). Pour assurer le salut de son âme et celui de ses parents vivants et défunts, le seigneur de la Guerche institua douze chanoines pour desservir l'église de Notre-Dame, « duodecim canonicos in ecclesia Beate Marie de Guerchia Deo in perpetuum servituros », et il s'en réserva, à lui et à ses héritiers, le patronage et la collation. Par suite, le seigneur de la Guerche conférait de plein droit la dignité de chefcier et les onze canonicats formant ensemble la collégiale de Notre-Dame, et sur le simple mandement de ce seigneur, sans qu'il fût besoin d'avoir recours à l'évêque, le Chapitre de la Guerche mettait en possession les nouveaux élus, après avoir reçu d'eux le serment d'observer les statuts de leur église (Guérin, Histoire ms. de la Guerche - Déclaration de 1771). Guillaume de la Guerche donna d'abord aux chanoines de Notre-Dame un emplacement pour construire leurs maisons de demeure et leur cloître : c'était un terrain renfermé dans le château même de la Guerche, avoisinant le chevet de l'église de Notre-Dame, et borné en partie par la douve du Bourg-Neuf. Toutes ces maisons situées dans le cloître furent déclarées exemptes de toutes impositions, parce que le seigneur désirait sans doute y voir loger tous les chanoines ; mais la même faveur ne fut pas accordée aux maisons que le Chapitre pourrait avoir hors de ce cloître. Guillaume de la Guerche dota ensuite ses chanoines en leur donnant ce qui suit : sa dîme de Martigné, c'est-à-dire la moitié des blés et des pailles qu'il retirait de cette paroisse ; — tous les cens de la Guerche, de Martigné et de Saint-Maimbœuf, avec tous les droits faisant partie du cens ; — la dîme des moulins de l'étang de Carcraon ; — la dîme de son moulin à tan ; — la dîme de la cohue de la Guerche ; — la vigne seigneuriale de la Guerche ; — 6 livres de rente sur le passage de Martigné, payables le 1er jour de mai ; —104 sols sur le passage de la Guerche, payables à la Nativité de la Sainte Vierge ; 100 sols sur la mouture de Carcraon, payables en deux termes, le mercredi des Cendres et le jour Saint-Michel ; — le droit d'usage dans la forêt de la Guerche pour le chauffage des chanoines seulement, sans qu'ils eussent le droit de donner ou vendre du bois cueilli par eux ; — le droit d'usage de bois à merrain dans la même forêt, pour la construction et les réparations des maisons du croître ; — le droit à chaque chanoine résidant en personne ou ayant un vicaire le remplaçant, d'avoir dans la même forêt le panage pour dix porcs, depuis la Nativité de Notre-Dame jusqu'au jour Saint-André ; — la moitié des revenus de la foire de la Guerche, à la fête de l'Assomption ; la recette en devait être faite par un serviteur des chanoines accompagnant un serviteur du seigneur ; — le droit pour tous les chanoines de dîner, le jour de l'Assomption, à la table du seigneur de la Guerche (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 804, 805). Le seigneur de la Guerche régla ensuite l'exercice de la juridiction seigneuriale qu'il donna au Chapitre de Notre-Dame : il défendit aux chanoines de retenir dans leurs maisons ses propres vassaux sans sa permission ; il voulut ensuite ce qui suit : s'il arrive que quelqu'homme du Chapitre frappe, hors du cloître, un homme du seigneur, il sera jugé par ce dernier, s'il est hors d'état de rentrer au cloître ; dans le cas contraire, il le sera par le Chapitre ; si un acte de violence a lieu dans le cloître même, entre des hommes appartenant aux deux juridictions, chacune d'elles jugera son vassal coupable. Enfin, Guillaume de la Guerche défendit aux chanoines d'acheter dans sa seigneurie, sans son autorisation, des terres pour enrichir leurs prébendes ; il ne voulut pas qu'on augmentât même le nombre de douze chanoines, avant que chacun d'eux ne fût assuré d'un revenu de 20 livres ; il ordonna que les chanoines n'observant point la résidence ne toucheraient que 10 sols pour leur gros, le reste de leur revenu devant être employé au profit de l'église ; il chargea le Chapitre de corriger les clercs ; il termina en donnant 60 sols à un sacriste et 30 sols à un sous-sacriste, ces deux rentes prélevées sur la coutume de la Guerche et payables à Noël (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 805, 806). A l'exemple du seigneur de la Guerche, plusieurs personnes voulurent contribuer à la fondation de la collégiale de Notre-Dame. Le chefcier, H. de la Bellière, donna à cet effet toute la tenue d'André de Soussigné, le clos de la Chapelle avec sa prairie, 6 sols de rente sur la vigne de Geffroy de Rethiers, etc. ; — R. de Sourfait céda la chapellenie de son père ; — G. Béjeu abandonna des vignes ; — G. Le Chapelain et G. Le Vicomte offrirent différentes terres ; en un mot, ce fut une sainte rivalité parmi les habitants de la Guerche pour participer à la bonne oeuvre (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 805, 806). Guillaume de la Guerche mourut le 4 septembre 1223, selon Du Paz et d'après le Nécrologe de Saint-Pierre de Rennes. Ce dernier manuscrit nous apprend que tous les seigneurs de la Guerche à cette époque furent les bienfaiteurs de l'Eglise de Rennes ("JULIUS, X Kal. Obiit Gaufridus de Poenceio, pater Willimi de Guircheia qui fecit prebendas apud Guirch. et propter hoc dedit episcopo Redon. usagium pro furno suo in foresta de Chalun et unam quercum singulis annis. — AUGUSTUS, IV Kal. Obiit Gaufridus de Poenceio dominus Guirch. filius domini W. qui instituit prebendas in ecclesia Beatœ Mariœ de Guirch. qui Gaufridus dedit ecclesiœ Beati Petri Redon. XX sol. annui redditus in costuma cohuœ de Guirch. ad suum anniversarium faciendum. — SEPTEMBER, II Non. Obiit Guillelmus de Guirchia. — NOVEMBER, Non. Obiit Petrus puer, filius Gaufridi de Guirchia, canonicus noster" (Necrolog. Sancti Petri Redon). Guillaume donna lui-même à l'évêque de cette ville le droit d'usage dans la forêt de Chelun pour l'entretien de son four banal de Rannée, et un chêne chaque année à prendre dans cette forêt. Il paraît qu'il fit ce don pour se rendre le prélat favorable à la fondation de la collégiale de la Guerche, ayant retenu, comme nous l'avons dit, pour lui et ses héritiers, tous les droits de collation aux bénéfices de ce Chapitre, sans que l'évêque eût rien à y voir. Guillaume de la Guerche fut inhumé dans le choeur de l'église collégiale qu'il avait fondée ; on lui fit un tombeau en pierre élevé de terre, et portant son effigie couchée, de grandeur naturelle, sur une table que soutenaient six colonnettes. En 1735, les chanoines de Notre-Dame, trouvant ce tombeau gênant dans le sanctuaire, le firent enfouir, et mirent à sa place une plaque de cuivre portant cette simple inscription, fausse quant à la date du décès de leur fondateur : TOMBEAU DE GUILLAUME DE LA GUERCHE 1206 (Guérin, Histoire ms. de la Guerche). L'évêque et le Chapitre de Rennes, aussi bien que l'archevêque de Tours, avaient approuvé la fondation de la collégiale de la Guerche telle que l'avait établie Guillaume (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 806) ; aussi le nouveau Chapitre prospéra-t-il longtemps. Mais au XVème siècle on apporta quelques changements à ses statuts : ainsi, en 1438, l'évêque de Rennes autorisa les chanoines de la Guerche à ne plus chanter des heures canoniales que vêpres et complies, dans les jours de fêtes n'ayant pas neuf leçons à matines. En revanche, Marie de Bretagne, duchesse d'Alençon et baronne de la Guerche, fonda en 1441 une grand'messe quotidienne au choeur de la collégiale (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 64, 66). En 1484 on s'occupa aussi de réviser les statuts d'une façon générale, et, un peu plus tard, Charles, duc d'Alençon et baron de la Guerche, entreprit la réformation du Chapitre de Notre-Dame. En 1518, il fit décerner une commission à ce sujet à Jean Bordier, chanoine du Mans, par le cardinal de Luxembourg, évêque du Mans et légat du Saint-Siège. Au mois d'août de cette même année, le chanoine Bordier vint à la Guerche et procéda à cette réformation du Chapitre de la collégiale, dont les membres menaient une vie peu régulière et presque scandaleuse ; il dressa les statuts qui existent encore et qui furent revêtus de toutes les formalités nécessaires pour avoir force de loi ; le duc d'Alençon y donna son approbation, que renouvela plus tard un de ses successeurs, le due de Brissac, en 1629 (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 65 - Guérin, Histoire ms. de la Guerche). Le même Charles, duc d'Alençon, exécuta en 1520 le testament de sa tante Catherine d'Alençon, comtesse de Laval et baronne de la Guerche. Cette dame avait laissé 100 livres de rente au Chapitre de la Guerche pour la fondation des quatre petites heures canoniales qui ne s'y disaient pas, et pour celle de deux messes chantées, avec diacre et sous-diacre, au maître-autel de la collégiale, l'une après matines et l'autre après tierce ; le duc d'Alençon, baron de la Guerche, ordonna qu'une table de marbre, attachée au pilier voisin du maître-autel, conserverait le souvenir de cette fondation. On voit aussi, par le testament de Catherine d'Alençon, que cette dame avait l'intention de construire une chapelle dans l'église collégiale, du côté de la chefcerie, et de la dédier à la Conception de la Sainte Vierge (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 64). Les chanoines de la Guerche devaient, ainsi que leur chef, appelé chefcier, habiter le cloître contigu à la collégiale ; ce cloître, qu'on nommait dans les derniers temps la cour de la Chefcerie, était commun au chefcier et aux autres chanoines, qui y avaient chacun leur maison ; c'est ce que confirma une sentence du Présidial en 1658. Le Chapitre avait soin de tenir fermées les portes du cloître pendant la nuit, comme le prouve l'ordre qu'il donna, en 1689, d'en faire réparer les serrures (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66, 67). Lorsque le seigneur de la Guerche avait nommé quelqu'un chanoine de sa collégiale, celui-ci devait « faire preuve de chant » ; puis il jurait sur les Saints Evangiles d'observer les statuts, et s'engageait à faire sa rigoureuse et à payer à la fabrique 60 livres pour droit de chape, et 12 livres aux officiers du choeur ; le chefcier seul devait 100 livres pour droit de chape. Après avoir rempli ces formalités, le nouvel élu était mis en possession par le Chapitre. Nous avons dit que ce Chapitre de la Guerche se composait d'un chefcier, seul dignitaire, de onze chanoines, d'un diacre et d'un sous-diacre qui étaient en même temps sacristes. Dans l'origine, le chefcier et les chanoines avaient chacun leur prébende particulière : le chefcier jouissait du fonds et des revenus attachés à sa dignité ; quatre chanoines levaient les dîmes de Martigné, données par le fondateur ; un autre avait le lieu de Soussigné, en la paroisse de Rannée, don du premier chefcier H. de la Bellière ; un sixième chanoine possédait la maison et le jardin de Saint-Maimbœuf, situés près l'église collégiale, et anciennes dépendances de l'abbaye de Saint-Melaine ; deux autres avaient le lieu de la Fraize, en la paroisse d'Availles ; deux autres le lieu de la Lande ; enfin, le dernier possédait le lieu de la Reinière. De là venaient les noms de sieurs de Martigné, de Soussigné, de Saint-Maimbceuf, de la Fraize, de la Lande, etc., que portaient respectivement, aux XVIIème et XVIIIème siècles, les chanoines de la Guerche. Cependant, à cette époque, ces prébendes territoriales étant devenues trop inégales, avaient été modifiées (Guérin, Histoire ms. de la Guerche). En effet, en 1638, l'évêque de Rennes Pierre Cornulier, voyant que la collégiale de la Guerche n'avait plus de revenus suffisants, unit à sa mense capitulaire plusieurs bénéfices tels que les chapellenies de Saint-Lazare, de la Forestrie, de Sainte-Catherine, des Deux-Coquilles, de Chévreuse, de Beaumanoir, du Pré-Bouessel et de la Hairie (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 64). Déjà au siècle précédent, Anne d'Alençon, marquise de Montferrat et baronne de la Guerche, avait aussi cherché à égaliser les prébendes des chanoines de sa collégiale. Le Chapitre de la Guerche n'était pas riche ; aussi, en 1564, demanda-t-il à être exempté des taxes imposées alors par le roi sur les établissements ecclésiastiques. Les chanoines donnèrent, il est vrai, pour raison, « que les huguenots avoient, l'an derroin passé, ravi et emporté tous les calices, ornements, livres et biens de leurdite église collégiale, rompu et brisé les coffres, bancs, pupistres, portes, lampes et ustenciles de ladite église » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Mais par ailleurs la pauvreté relative de Notre-Dame de la Guerche est encore prouvée par les Déclarations faites aux deux derniers siècles. En 1693, chaque chanoine ne jouissait que de 212 livres de rente par an, toutes charges déduites ; le chefcier n'avait guère plus lui-même. Lorsque le duc de Brissac vendit sa baronnie de la Guerche (nota : Ludovic de Gonzague, duc de Mantoue, petit-fils d'Anne d'Alençon, avait cédé la Guerche à Charles de Cossé, comte de Brissac, vers le milieu du XVIème siècle) à François de Neufville, marquis de Villeroy, en 1673, il fut réglé que pour l'acquit de la fondation des anciens seigneurs de la Guerche, le nouveau baron paierait, chaque année, 322 livres 8 sols de rente, à la Saint-Jean et à Noël, au Chapitre de la Guerche. A cette somme il fallait joindre les revenus du fief de la Chefcerie, les dîmes de Martigné valant alors 500 livres, les terres de Soussigné, la Fraize, la Lande, Saint-Maimbœuf, etc., et enfin les chapellenies annexées, mais le tout n'était estimé qu'environ 3 000 livres de rente, toutes charges déduites (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). A cette époque s'éleva un singulier débat au sujet du dîner de l'Assomption. Nous avons vu que Guillaume de la Guerche avait réglé que, ce jour-là, tous les chanoines mangeraient à la table du seigneur de la Guerche ; lorsque des princes étrangers devinrent maîtres de la Guerche, lorsque le château même de ce nom eut disparu, le chefcier prit l'habitude de recevoir chez lui ses confrères à la mi-août, et quand ceux-ci ne pouvaient se rendre à son invitation, il payait à chaque absent la somme de 3 livres. Mais il paraît que le seigneur de la Guerche, duc d'Alençon ou duc de Brissac, remboursait au chefcier tous les frais de ce dîner. Or, en 1688, après la vente de la baronnie, le nouveau seigneur de la Guerche refusa d'indemniser le chefcier, sous le prétexte que ce dernier avait dû recevoir des anciens barons un revenu fixe pour subvenir à ses dépenses. De là un long procès entre la chefcerie et la seigneurie ; mais le duc de Villeroy perdit et fut condamné, en 1725, à payer chaque année 35 livres à un traiteur, choisi par les chanoines, qui les régalerait moyennant cette somme, là où ils voudraient ; le chefcier fut déchargé du soin d'offrir sa table, et le dîner de l'Assomption se fit de la sorte jusqu'à l'époque de la Révolution (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66). Parmi les autres usages du Chapitre de la Guerche, nous signalerons les suivants : La ville de la Guerche, et par suite son château et sa collégiale, se trouvaient de temps immémorial dans la paroisse de Rannée. A la Fête-Dieu, les chanoines de Notre-Dame faisaient une procession solennelle dans toute la ville et stationnaient dans les diverses chapelles qu'elle renfermait ; pour la première fois, en 1718, le recteur de Rannée, en même temps doyen de la Guerche, entreprit de faire lui-même la procession du Sacre, le même jour, dans cette même ville, et d'y venir stationner en une chapelle ; le Chapitre regarda cette conduite comme une sorte d'insulte, et un procès faillit en résulter (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66, 79). Les chanoines de Notre-Dame rendaient, au reste, d'assez grands services au recteur de Rannée pour être ménagés par lui : ils desservaient personnellement les chapelles de la Sainte-Trinité et de Saint-Nicolas ; leur diacre disait la messe à l'hôpital Saint-Jean et leur sous-diacre à la chapelle des Prisons ; ils allaient processionnellement, deux fois l'an, à la chapelle du Temple ; enfin, ils chantaient tous les jours dans l'église de Notre-Dame, outre leur office canonial et leur grand'messe de choeur, quatre autres grand'messes, dont l'une pour la confrérie de Toussaints (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66, 79 - Déclaration de 1693). Outre cela, ils disaient encore une messe matinale, tous les jours, pour permettre aux ouvriers d'assister au saint sacrifice ; ils payaient un prédicateur pendant l'Avent et le Carême (nota : mais ils ne nourrissaient pas ce prédicateur, qui mangeait "chez les particuliers de la ville à tour de rolle" - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 65) ; ils faisaient les exercices des Quarante-Heures qu'y avait fondées, à carnaval, Françoise Tiret en 1688; enfin, ils entretenaient avec soin l'esprit de foi et les pratiques religieuses dans la population. Aussi les habitants de la Guerche, ayant établi une communauté de ville, admirent dans son sein le chefcier et deux chanoines de Notre-Dame, pour leur témoigner leur reconnaissance du bien qu'ils faisaient à la Guerche (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66). Terminons en disant qu'il y avait dans la collégiale, comme dans les autres Chapitres, quelques rares chanoines honoraires, c'est-à-dire des chanoines démissionnaires dont on voulait honorer la retraite ; tel fut, en 1661, François Gesnys, doyen de la Guerche et recteur de Rannée, reçu le 29 juillet chanoine honoraire de la collégiale, où il avait été dix-huit ans titulaire (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 65). En 1697, les chanoines de la Guerche firent enregistrer les armoiries de leur Chapitre : d'azur, à une assomption de la Sainte Vierge représentée debout, environnée de rayons et soutenue par deux anges, le tout d'or (Armorial général ms.). Le plus ancien sceau de la collégiale de la Guerche venu à notre connaissance est de 1448 ; il est de forme ogivale et présente la Sainte Vierge assise dans un fauteuil et sous un dais, ayant sur le bras gauche l'Enfant Jésus et tenant de la main droite une branche de lys fleurie. Autour est écrit : S. CAPIT. ECCLE. BE. MARIE. VIRG. DE. GUIRCHIA (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8G, 67). Deux autres sceaux sont plus modernes : L'un, de 1700, est de forme ovale et figure la Sainte Vierge montant au ciel sans le secours des anges, quoique deux petits anges lui rendent hommage à ses côtés. La légende porte : SIGILLUM ECCLESLAE COLLIG. GUERCHLAE (nota : c'est ce sceau qui fut gravé sur le timbre de l'horloge de la Guerche en 1740). L'autre, de même forme, et que nous avons trouvé sur un titre de 1709, représente la Sainte Vierge portée au ciel par deux anges, avec cette légende : SIGILLUM CAPITULI ECCLE. M. VIRG. DE GUERCHIA (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66). Quelques mots maintenant sur l'église collégiale de la Guerche. Primitivement, l'église de Notre-Dame était un édifice roman ; la belle arcade triomphale qui précède le choeur, très-haute et de grand style, semble indiquer que dès les XIème et XIIème siècles ce temple avait déjà de l'importance ; la base de la tour carrée, accolée au Sud du choeur, paraît aussi du même temps ; la partie supérieure de cette tour est plus moderne, et elle se terminait jadis par un clocher qui fut renversé par une furieuse tempête, le 30 décembre 1705 (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 65). Le choeur appartient au XIIIème siècle, et comme Guillaume de la Guerche y fut inhumé en 1223 dans un tombeau existant encore en 1735, il est vraisemblable que cette partie de l'église fut construite par le fondateur de la collégiale, pour remplacer un choeur en cul-de-four, de style roman, trouvé probablement trop obscur par les nouveaux chanoines. La nouvelle abside est à pans coupés et ses fenêtres sont en tiers-point, sans divisions intérieures, mais ornées seulement à l'extérieur d'une archivolte en forme de larmier. Entre chaque fenêtre, les contreforts, terminés par un toit à double égout, s'élèvent par étages en retraite les uns sur les autres et sans pesanteur. La nef et son collatéral méridional sont du XVIème siècle et de la dernière période ogivale. L'extérieur de cette façade du Sud est construit avec une certaine élégance ; les fenêtres y sont bien dessinées et les contreforts qui les séparent ne manquent pas de grâce et de légèreté ; leurs clochetons et leurs gargouilles sont curieux de forme (M. L'abbé Brune, Cours d'Archéologie religieuse, 318, 319). Tel est l'ensemble de l'église. Entrons maintenant dans quelques détails. Le choeur de la collégiale était garni de stalles en bois sculptées et fermé par un jubé qui devait correspondre à ces stalles. Le jubé fut malheureusement détruit, au XVIIIème siècle, par le chefcier Charles de Tanouarn, qui en fit transporter les débris au bas de la nef pour en faire une tribune d'orgues (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66). Mais le double rang des stalles existe toujours et fait encore l'admiration des artistes, malgré l'épaisse couche de peinture jaune dont on a eu la sottise d'empâter ses plus fines ciselures. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités sont couverts d'élégants feuillages et de figurines pleines d'originalité. Au Sud, les miséricordes représentent les diverses scènes du Paradis terrestre : la création d'Adam et d'Eve, la tentation, le renvoi, etc. ; au Nord, les miséricordes sont consacrées à figurer les péchés capitaux sous des scènes extrêmement pittoresques ; les ivrognes, surtout, y sont largement représentés. Les dossiers sont couverts de charmantes arabesques qui rappellent les plus jolis dessins de la renaissance : hercules, génies, centaures, griffons, fleurs et plantes de toutes sortes, animaux et végétaux, chimères fantastiques et délicieux types d'enfants ; tout cela court, se joue, s'entremêle, forme mille contours et arrête, sans le lasser, l'oeil qui les contemple avec bonheur. Mais là aussi, sous prétexte de décence, de jolies figurines ont été horriblement mutilées. Enfin, le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste ; au milieu des autres motifs d'ornementation on y voit apparaître des joueurs d'instruments d'un excellent effet. De nombreuses verrières ornaient jadis l'église de Notre-Dame ; on a essayé de nos jours de les restaurer. Des débris de celles qui occupaient le choeur, joints aux fragments d'autres vitraux du collatéral Sud, on a pu remplir les fenêtres de ce collatéral. Nous ne pouvons plus juger de ce qu'étaient jadis ces verrières, généralement toutes du XVIème siècle, que par les quatre fenêtres qu'on est parvenu à remplir de leurs restes. Premier vitrail. — Sous un riche portique de la renaissance, l'évêque de Rennes Yves Mahyeuc est agenouillé au pied d'un autel que surmonte la scène de l'Annonciation de l'ange à Marie ; derrière le prélat se tient debout son patron, saint Yves, vêtit d'une robe rouge avec un surcot d'hermines et un rouleau de papiers à la main. Aux pieds d'Yves Mahyeuc, deux petits anges tiennent l'écu épiscopal : d'argent à trois mouchetures d'hermines de sable, au chef d'or chargé de trois couronnes d'épines de sinople. A côté, sur un cartouche, on lit la date 1536. Le Bienheureux Yves Mahyeuc, mort en odeur de sainteté en 1541, affectionnait beaucoup Notre-Dame de la Guerche ; il faisait partie de la confrérie de Toussaints établie en cette église ; aussi voulut-il y être représenté aux pieds de Marie. Ce vitrail est d'autant plus précieux que nous ne connaissons pas d'autre portrait de ce saint prélat. Deuxième vitrail. — Les ducs de Brissac, seigneurs de la Guerche, semblent avoir donné cette verrière ; on y voit, en effet, au haut, quatre écussons enveloppés dans des manteaux de ducs et pairs et couronnés de couronnes ducales : trois d'entre eux portent les armes pleines de Cossé-Brissac : d'or, à trois fasces de sable denchées par le bas ; un quatrième écu renferme une alliance d'un seigneur de Brissac. La principale scène de ce vitrail, rempli de fragments hétérogènes, représente le couronnement de la Sainte Vierge au ciel. Troisième vitrail. — Dans les débris qui composent cette verrière sont de très-jolies têtes. La seule scène un peu complète figure un jeune homme armé qui pourrait bien être l'archange saint Michel ; à ses côtés se tiennent un homme et une femme qui semblent le contempler avec admiration et le remercier de son aide ; sur un cartouche est inscrite la date 1537, et non loin est un écusson portant : d'argent, à l'aigle éployée de sable, membrée et becquée de gueules, à la cotice de même brochant sur le tout. Ce sont les propres armes de l'illustre connétable Bertrand Du Guesclin, seigneur de la Guerche en 1380 et membre de la confrérie de Toussaints en l'église de Notre-Dame. Il est permis de croire que ces armoiries furent placées au XVIème siècle par les seigneurs Du Guesclin, qui possédaient non loin de la Guerche la terre de la Roberie, en Saint-Germain-du-Pinel. Quatrième vitrail. — On ne voit dans cette verrière que des scènes informes où apparaissent des anges, des évêques, un vieux seigneur, un donateur présenté par son saint patron, etc. Plusieurs écussons s'y trouvent aussi : d'abord, celui de Marie de Bretagne, duchesse d'Alençon et baronne de la Guerche : parti, au 1er de France à la bordure de gueules, qui est Alençon, au 2ème d'hermines plein, qui est Bretagne ; — puis celui d'un duc d'Alençon, baron de la Guerche, peut-être le duc Charles, qui s'occupa beaucoup vers 1518 de la collégiale de la Guerche ; — enfin, quelques écussons des seigneurs de Cossé, ducs de Brissac : d'or, à trois fasces de sable denchées par le bas. A propos de ces derniers, notons en passant que c'est dans l'église de Notre-Dame de la Guerche que François de Cossé, duc de Brissac et baron de la Guerche, épousa, le 17 février 1621, Guyonne Ruellan, fille du seigneur du Rocher-Portal (Guérin, Histoire ms. de la Guerche). Il y avait autrefois dans l'église de Notre-Dame un grand nombre d'autels et de chapellenies. Outre le maître-autel, on y voyait en 1705 ceux de la Sainte-Vierge, du Saint-Esprit, de Toussaints, de Sainte-Catherine, de Saint-Sébastien, de Saint-Mammert, de l'Ecce-Homo et de Sainte-Avoye. Parmi les chapellenies qu'on desservait, les plus importantes étaient celles de Sainte-Catherine (nota : la chapelle Sainte-Catherine est une sorte de tribune ou chantrerie construite dans le style ogival, au-dessus de la sacristie, et occupant avec celle-ci la première travée du collatéral méridional), d'Availles, de la Déserterie, du Touchet, du Prébarré, de Saint-Lazare, de la Forestrie, de la Hairie, de Beaumanoir, des Coquilles, de Chévreuse, d'Auffray Le Vayer, de Guy de Domagné, de Geffroy de Pouencé, etc. Nous avons déjà parlé de la confrérie de Toussaints, mentionnée dans nos archives dès 1402, mais plus ancienne encore, puisque la tradition veut que Du Guesclin en ait fait partie (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 79). En 1693 elle avait 300 livres de rentes fixes, sans compter les oblations, qui étaient nombreuses ; on chantait la messe à son autel, avec diacre et sous-diacre, tous les jours pour les confrères vivants, et on y célébrait un service à la mort de chacun d'eux selon une Déclaration de 1693 (Pouillé de Rennes). Nous avons longuement décrit l'église de Notre-Dame de la Guerche, jadis collégiale, aujourd'hui paroissiale ; mais depuis la Révolution elle a été complétée avec intelligence. On l'a d'abord régularisée en construisant au Nord un collatéral semblable à celui qui accompagnait seul au Sud la grande nef ; on a aussi transféré dans ce collatéral méridional les débris des verrières antiques du choeur que nous avons décrits, et l'on a placé de nouveaux vitraux peints dans le sanctuaire. Ces verrières modernes représentent trois scènes de la vie de la Sainte Vierge : sa présentation au temple, sa purification et son assomption. Enfin, une fort belle tour de style ogival a été construite au bas des nefs ; la première pierre de ce monument fut posée le 3 septembre 1869, et la première pierre de la flèche qui le surmonte fut placée le 19 octobre 1872. Cette tour carrée avec flèche fort élégante, accostée de quatre clochetons, rappelle beaucoup le superbe et célèbre clocher du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon ; elle fait honneur à son architecte, M. Regnault, et aux paroissiens de la Guerche, qui, sous la direction de M. le curé Fouré, l'ont élevée avec autant de zèle que de bon goût (Pouillé de Rennes). La collégiale est fondée en 1206 par Guillaume II, neuvième seigneur de la Guerche, convertie en église paroissiale en 1791, et devient basilique mineure en 1951. Le collatéral nord est édifié par M. Baussan en 1859. La tour-porche est édifiée en 1869 par Arthur Regnault. Le chevet date du XI-XV-XVI-XIXème siècle. Le Bas-Côté Sud date du XVIème siècle. Le chœur à pans coupés date du XIVème siècle. Le gisant de Guillaume II (décédé en 1223), situé à gauche, dans le choeur, date du XIIIème siècle (ce tombeau avait été enfoui sous terre en 1735 comme gênant la circulation, et il ne fut exhumé que le 30 août 1888). Guillaume II est représenté, un coussin sous la tête, allongé sur un lit dont les bordures sont garnies d'écussons, et revêtu de sa cotte de mailles avec son épée et son bouclier. Près de sa tête deux anges en prières sont agenouillés, et à ses pieds repose un chien. A signaler que les armes des seigneurs de la Guerche présentent "des gueules à deux léopards d'or l'un sur l'autre". La nef est reconstruite beaucoup plus large que l'ancienne, au début du XVIème siècle, en fusionnant les trois vaisseaux du XIIIème siècle : elle est flanquée, au sud, de six chapelles à pignon. La verrière de l'Arbre de Jessé date du début du XVème siècle. Les verrières du Jugement dernier et de l'Annonciation datent de 1536-1537. Les stalles, restaurées en 1888 et portant les armoiries des ducs d'Alençon, seigneurs de la Guerche, datent, semble-t-il, de 1520. La Vierge à l'Enfant date du XVIIème siècle. On y trouve les armes des ducs d'Alençon, des ducs de Brissac, des Du Guesclin, d'Yves Mahyeuc, évêque de Rennes de 1507 à 1541. L’église est profanée par les Huguenots en 1563 ; 

Nota 1 : liste des chefciers de La Guerche-de-Bretagne : — H... de la Bellière, « H... de Bellaria », semble avoir été le premier chefcier de la collégiale ; dans l'acte de fondation il est appelé « primiserius », primicier ; or, le primicériat correspondait jadis à la chefcerie. Il donna en 1206 au nouveau Chapitre le lieu de Soussigné et d'autres terres. — Etienne du Fougeray, « Stephanus de Fugereio, capicerius B. M. de Guercheia », était en 1244 l'un des exécuteurs testamentaires de Geffroy de Pouencé, seigneur de la Guerche. — Jehan Lesné vivait en 1448. — Pierre James figure en 1537. — Jehan Laisné (1552). — Jehan des Champs, chefcier dès 1590, rendit aveu en 1599. — Jean Jamois, vivant vers 1600, était fils de Pierre Jamois et de Jeanne de Montalembert, sieur et dame de la Boussardière. — Jean Dumont (1612). — Mathurin Martineau, chefcier dès 1624, fit reconstruire en 1642 l'autel des confrères de Toussaints, et mourut le 13 juin 1648. — Charles Le Mestayer, neveu du précédent, devint chefcier le 12 juin 1648 et mourut en 1688. — David des Monts succéda au précédent le 14 juillet 1688 ; il se démit en 1722. — Maxime Floccard, du diocèse de Genève, issu d'une famille italienne, était fils de Claude Floccard, gentilhomme de la maison du prince de Bavière ; il épousa Dominique Audan, puis, devenu veuf, se fit prêtre et fut nommé chefcier le 17 septembre 1722 par le duc de Villeroy, seigneur de la Guerche ; il prit possession le 28 octobre suivant. Il permuta sa dignité en 1727 contre la cure de Balazé avec le suivant. — Charles-René de Tanouarn, fils de René de Tanouarn, seigneur du Plessix-Bardoul et du Chastel, docteur en théologie, recteur de Balazé et doyen de Vitré, devint par permutation chefcier de la Guerche, avec l'approbation du duc de Villeroy, en date du 20 août 1727; il prit possession le 29 du même mois. Le 2 décembre 1744, il fonda un obit et une messe hebdomadaire dans sa collégiale, et mourut quelques jours après. — Pierre Pâris, précédemment chanoine, fut nommé chefcier le 25 janvier 1745 par le duc de Villeroy et prit possession le 10 février ; il mourut vers la fin de 1771. — Joseph-Paul Courcier, déjà chanoine, fut nommé chefcier le 15 décembre 1771 par le duc de Villeroy et prit possession le 28 du même mois. Quand vint la Révolution, il eut la douleur de voir la destruction du Chapitre dont il était le chef et la transformation en église paroissiale constitutionnelle de sa collégiale de Notre-Dame. Bien plus, il apprit que l'un de ses chanoines, Paul-René Gallet, acceptait la charge de curé constitutionnel de la Guerche. Le malheureux chefcier mourut sur les entrefaites, âgé de soixante-trois ans, dans son vieil hôtel de la Chefcerie, le 9 juillet 1791, huit jours avant la prestation de serment du sieur Gallet (abbé Guillotin de Corson). 

l'ancienne commanderie Templière (1245), fondée par les chevaliers du Temple. Il s'agit de l'une des quatre commanderies qui a existé. Les chevaliers du Temple font partie d'un ordre militaire et religieux proche de celui des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Le manoir et la chapelle (Sainte-Anne du Temple) sont d'ailleurs reconstruits au XVème siècle par les Hospitaliers, héritiers des Templiers. Le Temple avait un droit de haute justice (Voir "Commanderie et Commandeurs de la Guerche-de-Bretagne") ; 

la maison (XVIIème siècle), située au n° 3 rue du Cheval-Blanc ; 

les maisons (XV-XVIIème siècle), situées aux n° 10-12 rue d'Anjou ; 

l'école libre Saint-Joseph (XIXème siècle), située au n° 6 rue Jean-Marie-de-la-Mennais ; 

l'ancien presbytère (1882), édifié par Arthur Regnault et situé au n° 2 rue du Cheval-Blanc ; 

l'hôpital (1900-1903), situé au N° 63 faubourg de Rennes. Cet hôpital remplace l'ancien hôpital Saint-Jean ; 

6 moulins dont le moulin à eau de l'Abbaye, et les moulins à vent du Temple, de l'Hermine, de Carbasson, de Tirehare, de Pérouse ; 

A signaler aussi : 

la motte féodale (vers le Xème siècle), située ruelle du Château. Le château de La Guerche a été détruit au XVème siècle ; 

l'hôtel de ville actuel (édifié en 1830 par l'architecte Louis Richelot) et la place de la Mairie remplacent les anciennes halles et l’ancien auditoire qui datait de 1740 ; 

l'ancienne auberge du Chapeau-Rouge ; 

l'ancien Prieuré de Saint-Nicolas, membre de l'abbaye de Saint-Melaine et aujourd'hui disparu. Sylvestre, seigneur de la Guerche et de Pouancé, évêque de Rennes en 1076, fonda, du consentement de ses fils Guillaume et Geffroy, en faveur des religieux de Saint-Melaine, le prieuré de Saint-Nicolas de la Guerche. Il leur donna, à cette occasion, une terre et une juridiction seigneuriale, la dîme de toutes ses rentes appelées mangers et de tous ses revenus, et douze pièces d'argent payables à Pâques et à Noël. Comme ce don fut fait à l'abbé Gervais, élu en 1081, et comme Syl­vestre mourut en 1093, c'est entre ces deux dates qu'il faut placer l'acte de fondation du prieuré de Saint-Nicolas (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, 529). En 1115, Guillaume, seigneur de la Guerche, fils de l'évêque Sylvestre, demanda à Raoul, abbé de Saint-Melaine, des reliques de saint Nicolas pour le monastère de la Guerche, « ut in monasterio Sancti Nicolai poneret ». L'abbé y consentit et fit lui-même très-solennellement la translation de ces reliques ; à la suite de la cérémonie, Guillaume confirma les moines dans la possession de ce que leur avait donné son père, et il y ajouta le don d'une maison qu'on leur contestait (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, 529). Des difficultés s'élevèrent toutefois entre Lambert, moine de Saint-Melaine, et les hommes du seigneur de la Guerche, au sujet de la dîme des coutumes et revenus de la seigneurie. En 1121, Guillaume, seigneur de la Guerche, et Raoul, abbé de Saint-Melaine, y mirent fin par le concordat suivant : les moines jouiront paisiblement de la dîme de toutes les redevances dues au seigneur, savoir pour le passage, le château, le marché, le four et la forêt ; mais il est convenu entre les bourgeois de la Guerche et les religieux que les premiers paieront au seigneur toutes les coutumes dues sur le fief des moines, et au prieur toutes celles dues sur le fief du seigneur ; que tous les devoirs dus par les marchands sur les choses vendues ou achetées dans le bourg des moines, « in burgo monachorum », appartiendront à ces derniers, et si le seigneur change le lieu de son marché, les religieux auront les mêmes droits sur les choses vendues ou achetées ; le prieur de Saint-Nicolas aura dans la forêt de la Guerche le droit d'usage et celui de pacage pour ses porcs ; enfin, les religieux ne retiendront point dans leur fief les hommes du seigneur sans sa permission, et le seigneur en agira de même envers leurs hommes (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 529, 530). Guillaume II, seigneur de la Guerche, fut inhumé dans l'église priorale de Saint-Nicolas, et son fils, Guillaume III, fonda un anniversaire pour le repos de son âme, et donna pour cela aux moines un muid de vin, un jardin et le droit d'étalage pour les hommes du prieuré. Le prieur de Saint-Nicolas était tenu de faire lui-même ou de faire faire l'éloge de ce seigneur de la Guerche, le jour de son anniversaire. Cet usage existait encore en 1750 ; le dimanche des Rameaux, on prononçait solennellement ce discours, et le prieur commendataire payait 3 livres 4 sols au prédicateur. (Voir l'Histoire ms. de la Guerche, par Guérin.) . Ce même Guillaume III, se préparant à partir pour Saint-Jacques de Compostelle, renouvela dans le cloître de la Guerche, « in claustro Sancti Nicholai » ; en présence d'Hervé, abbé de Saint-Melaine (de 1127 à 1147), et d'Hamon de la Guerche, son frère, toutes les donations faites au prieuré de Saint-Nicolas par ses ancêtres. En 1156, le seigneur de la Guerche, croisé, étant sur le point de gagner la Terre-Sainte, confirma de nouveau Garnier, prieur de Saint-Nicolas, dans tous ses droits, et supplia, « multis precibus exoravit », ses deux fils, Geffroy et Hugues, de toujours respecter la fondation faite par ses prédécesseurs ; ce que ceux-ci lui promirent en donnant comme gage un baiser de paix au prieur. Le seigneur de la Guerche et un certain Froger Bureman donnèrent, en outre, aux religieux tous les droits qu'ils avaient sur la terre de Montumerie, dont le prieur possédait un quart (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 529, 530 et 624). En 1185, le pape Luce III confirma l'abbaye de Saint-Melaine dans la possession du prieuré de la Guerche et de ses chapelles, « capellaniam Guirchie cum capellis suis ». La charte du Chapitre de Rennes, en 1213, nomme ces chapelles de la Guerche, dépendant originairement de Saint-Melaine, « ecclesiam Beati Nicholai, capellam Sancte Trinitatis et capellam Beate Marie ». M. Du Bois prétend que l'église de Saint-Nicolas fut brûlée en 1062, et seulement rétablie et non pas fondée par l'évêque Sylvestre de la Guerche ; il ajoute qu'elle fut encore détruite en 1556 et reconstruite alors comme simple chapelle (Notice sur la Guerche, 21). Ce qui est certain, c'est qu'en 1750 les moines de Saint-Melaine autorisèrent le prieur commendataire de Saint-Nicolas à retrancher une portion de cette église qui menaçait ruine et à relever seulement la partie « qui servait autrefois de choeur aux religieux ». Un peu plus tard, en 1779, les administrateurs de l'hospice de la Guerche firent une requête pour obtenir la réunion du prieuré de Saint-Nicolas à leur établissement. Le prieuré de Saint-Nicolas de la Guerche se composait de la chapelle de ce nom, située dans un faubourg de cette ville, du manoir prioral qui l'avoisinait, d'une métairie, d'une garenne, de quelques dîmes et d'un petit fief ; en 1780, on l'estimait valoir, toutes charges acquittées, environ 600 livres de rente. Il devait trois messes chaque semaine, et les chanoines de la Guerche les desservaient au siècle dernier dans la chapelle priorale. A noter que par aveu du 8 janvier 1548, Jean du Breil, prieur commendataire de Saint-Nicolas, reconnut tenir prochement du seigneur de la Guerche, « le tout du temporel de sondit prieuré, four à ban, fief et juridiction, droit de bannies, appropriements, sceaux, tutelles, inventaires et ventes, le quart du treizième bouesseau du revenu des moulins de Carqueron, un pain blanc de 2 deniers monnoie dû par le four à ban de la Guerche pour être béni tous les dimanches, et le neuvième de la coutume de la ville de la Guerche ; pour quelles choses il doit trois messes par semaine, prières et oraisons, un prédicateur après le premier évangile du dimanche des Rameaux, et obéissance au seigneur de la Guerche » (Histoire ms. de la Guerche, par Guérin). A la fin du XIXème siècle, ce qui reste du prieuré de Saint-Nicolas consiste dans le logis prioral, conservant encore son antique tourelle, et dans la chapelle. Celle-ci, convertie en magasin, offre un chevet droit reconstruit au XVème ou plutôt au XVIème siècle, et un inter-transept roman beaucoup plus curieux ; les belles colonnes qui à l'intérieur garnissent les angles de cette partie de l'édifice font supposer qu'elle remonte à l'origine du monastère ; au-dessus devait s'élever le clocher central ; la nef a été détruite vers 1750, comme nous l'avons vu. Quant au joli portail roman dont parle M. l'abbé Brune (Archéologie religieuse, p. 320), il n'en reste plus de traces maintenant ; ce devait être la porte méridionale de la nef ; il est bien regrettable qu'elle ait été démolie. La porte de l'édifice, refaite au XVIIIème siècle, n'offre aucun intérêt (abbé Guillotin de Corson) ;

Nota 2 : liste des prieurs de Saint-Nicolas de La Guerche-de-Bretagne : — Robert (1115). — Lambert, avant 1121. — Ratfred (1121). — Garnier (1156). Ces quatre moines ne sont pas formellement appelée prieurs de Saint-Nicolas, mais la teneur des chartes où figurent leurs noms semble indiquer qu'ils gouvernaient ce monastère. — Guillaume (1174). — Hébert alias Libert, cité en 1204 dans le Cartulaire de Saint­Melaine, et en 1210 dans celui de Saint-Georges. — Dom Auffray Le Vayer, religieux de Saint-Melaine et prieur de Notre-Dame de Vitré, fonda, le 13 novembre 1516, une grand'messe quotidienne à la collégiale de la Guerche, et deux processions chaque année faites par le Chapitre de Notre-Dame à la chapelle priorale de Saint-Nicolas. En qualité de prieur commendataire de la Guerche, il rendit aveu le 5 juillet 1519. — Gilles Bertain, protonotaire et chanoine de Dol, rendit aveu le 22 septembre 1520. — Jehan du Breil rendit aveu le 8 janvier 1548. — François de Saint-Brieuc rendit aveu le 13 mai 1572. — Antoine du Guesquin rendit aveu le 24 mars 1590. — Gilles de Huslin rendit aveu le 15 janvier 1598. — Jean Sécart rendit aveu le 7 juin 1652. — Nicolas Grénier rendit aveu le 20 septembre 1683 ; il jouissait encore du prieuré en 1701. — Charles de Taillefer de Barrière résigna vers 1726. — Jean de Sauzillon de la Foucandie, prêtre, chanoine de Saint-Yriex-la-Perche, au diocèse de Limoges, prit possession le 2 juin 1726. Il résigna en 1762 en faveur du suivant, se réservant sur les revenus du prieuré une pension de 150 livres. — Jean de Sauzillon, clerc tonsuré de Limoges, fut pourvu du prieuré de Saint-Nicolas le 26 août 1762 (Pouillé de Rennes) ; 

l'ancienne chapelle Saint-Nicolas. La chapelle du prieuré est reconstruite en partie au XVIème siècle. Sa nef et son clocher ont été détruits en 1750 ; 

l'ancien Prieuré de la Sainte-Trinité, membre de l'abbaye de la Roë et aujourd'hui disparu. « D'azur à un triangle vidé d'or » (Armorial général ms. de 1698). L'église de la Trinité de la Guerche fut bâtie, vers le milieu du XIIème siècle, par Bernard Busson, bienfaiteur de la Roë, que nous connaissons déjà ; il la construisit dans la paroisse de Rannée, en l'enceinte même de la Guerche et sur le territoire, paraît-il, cédé par les sires de la Guerche à l'abbaye de Saint-Melaine. Lorsqu'elle fut achevée, Bernard Busson la donna aux chanoines réguliers de la Roë en présence et avec le consentement d'Alain Ier, évêque de Rennes de 1141 à 1157 (Cartulaire de l'abbaye de la Roë — Ce Bernard Busson fut l'un des ancêtres et peut-être la tige des Busson, seigneurs de Gazon, en Pocé). Cette donation déplut naturellement aux Bénédictins de Saint-Melaine, qui n'avaient vraisemblablement laissé construire dans leur fief cette chapelle que parce qu'ils espéraient la posséder un jour ; ils s'opposèrent donc à ce qu'on y fit le service divin. Mais Michel, abbé de la Roë, qui avait reçu la Trinité des mains de Bernard Busson, traita avec les religieux en 1152, et, grâce à la générosité inépuisable du fondateur, les difficultés furent levées comme il suit : l'abbé de Saint-Melaine permit aux chanoines de la Roë de célébrer les saints offices dans l'église de la Trinité, moyennant le don fait à son abbaye d'une terre qu'acheta à cet effet 22 livres Bernard Busson ; de son côté, l'abbé de la Roë promit que le chanoine régulier chargé du service de. la Trinité partagerait avec les moines de Saint-Melaine toutes les oblations faites dans son église (Cartulaire de l'abbaye de la Roë — C'est évidemment à cause de ces droits de Saint-Melaine à la Trinité que l'abbé de ce monastère se fit confirmer dans la possession de cette chapelle, ou plutôt d'une portion de cette chapelle, « in Guirchiam capellam Beatœ Trinitatis » par les évêques de Rennes Etienne en 1170, et Pierre de Fougères en 1213, et par le Chapitre de Rennes en 1211 - voir Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine). Deux ans plus tard, l'évêque Alain Ier approuva, en 1154, la transaction précédente passée entre les deux monastères de Saint-Melaine et de la Roë ; il accorda en même temps aux religieux du prieuré naissant de la Trinité le droit d'avoir des cloches et de chanter le saint office aussi librement que les moines de Saint-Melaine le faisaient dans leurs chapelles de la Guerche, tout en respectant néanmoins les droits de l'église paroissiale de Rannée (« Ego Alanus Redon. episcopus concessi capellœ quam edificavit Bernardus Busson in Guirchia sonitum tintinnabulorum suorum et omne officium suum plenarie sicut in aliis capellis monachorum que in Guirchia sunt, salvo tamen per omnia parrochiali jure ecclesiœ Redeniensis » - Cartulaire de l'abbaye de la Roë). Lorsqu'ils virent ainsi le prieuré de la Trinité fondé, les seigneurs de la Guerche voulurent contribuer à sa dotation et s'empressèrent de faire de belles donations aux chanoines de la Roë. En 1191, Geoffroy, sire de la Guerche, leur donna une rente de 20 sols sur sa terre de Visseiche pour qu'ils célébrassent l'anniversaire de Hugues, son frère. En 1219, Guillaume, sire de la Guerche et fils du précédent seigneur, leur concéda ses droits de minage, cohuage et coutumes tant à Craon qu'à la Guerche ; il y ajouta le droit pour ces religieux de laisser paître trente porcs dans la forêt de la Guerche, depuis la Nativité de Notre-Dame jusqu'à la fête de saint André. Enfin, en 1243, Geoffroy de Pouencé, seigneur de la Guerche, fils et successeur de Guillaume, confirma aux chanoines de la Roë le droit de pêche dans l'étang de Carcraon, droit que leur avait donné Geoffroy de la Guerche, son aïeul (Archives départementales de la Mayenne). Pendant que les sires de la Guerche donnaient ainsi aux chanoines de la Roë, les habitants de leur baronnie, suivant ce généreux exemple, faisaient également, selon leur pouvoir, du bien aux mêmes religieux. C'est ainsi qu'en 1224 Jean, fils de Houdeman, et Mahaut, sa femme, donnèrent à Ruellan, prieur de la Trinité, un emplacement de maison et un jardin à la Guerche même (Archives départementales de la Mayenne). Le prieuré de la Trinité tomba en commende séculière au XVIème siècle ; mais les chanoines réguliers de la Roë parvinrent à y rentrer vers 1660, et ils l'administrèrent ensuite jusqu'au moment de la Révolution. En 1551, le prieur Jean Macé fit la déclaration suivante de son bénéfice à la seigneurie de la Guerche : « L'église priorale de la Trinité, sise dans la ville de la Guerche ; — la maison dite du Coin, sise rue Saint-Nicolas, en ladite ville, avec son jardin et herbrégement ; — un autre jardin, joignant ladite église de la Trinité ; — sept pièces de terre situées aux environs de la Guerche ; — la métairie de la Bussonnière, en la paroisse de Rannée (nota : dès 1219, le sire de la Guerche constatait que le prieur de la Trinité tenait de lui la terre de la Bussonnière, « sciendum est quod prior de Trinitate tenet Bussoneriam a me et heredibus meis ». Le nom de cette terre semble indiquer qu'elle fut donnée aux religieux par la famille Busson) ; — le fief du Prieuré, avec juridiction, seigneurie, redevances, prééminences, rentes par deniers et par avoine, obéissance, ventes et lods, etc. ; — dans le même fief, le droit de levage et de bouteillage ; — la moitié du treizième boisseau de la mouture du moulin de Carcraon » (Guérin, Histoire ms. de la Guerche). L'année suivante, 1552, le prieur de la Trinité fut autorisé « à construire une garenne à conils sur le territoire de la Bussonnière ». — Ses aveux subséquents mentionnent aussi quelques dîmes appartenant au prieuré, notamment celle du trait du Petit-Mottay, en Cuillé (Guérin, Histoire ms. de la Guerche). Les aveux de 1530 et de 1551 font en même temps connaître les devoirs du prieur de la Trinité, consistant à : « Dire ou faire dire en l'église collégiale de la Guerche la grande messe ô notes, chacun dimanche et également les jours et testes de Noël, la Circoncision, l'Epiphanie, Pâques, l'Ascension, le Sacre, la Toussaint, le Jour des Morts, la Purification, l'Annonciation, l'Assomption, la Nativité et la Conception ; — dire ou faire dire par chacune semaine deux messes en basse voix en l'église du prieuré ; — payer à l'Angevine, au seigneur de la Guerche, une rente de 20 sols monnaie, appelée taille » (Guérin, Histoire ms. de la Guerche). Lorsque les prieurs de la Trinité ne résidaient pas à la Guerche, ils s'arrangeaient avec les chanoines de la collégiale pour le service de ces différentes messes. Vers 1530, le prieur commendataire Guillaume Agaice payait à cet effet 40 livres par an à la collégiale de Notre-Dame (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 64). Au commencement du XVIIème siècle, le prieur Timoléon Langevin, qui tenait aussi la Trinité en commende, laissa tomber en ruine le prieuré, la métairie et la closerie, quoique l'abbé de la Roë l'eût fait condamner à employer le tiers de ses revenus en réparation. Il dégrada même un bois dépendant de son bénéfice, s'occupa si peu de l'église qu'il devint impossible d'y dire la messe, et remplit de « bûches de bois l'ancien cimetière du prieuré » (Procès verbal de l'état de l'église de la Trinité en 1627). Lorsque les chanoines réguliers de la Roë rentrèrent à la Trinité, ils firent tout d'abord réparer leur église priorale, relevèrent le chevet et lambrissèrent le sanctuaire ; elle était toutefois encore assez pauvrement tenue en 1745 (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 67). Au reste, ce prieuré ne rapportait guère que 400 livres en 1627, de l'aveu des religieux de la Roë. Nous voyons ailleurs que par bail du 18 février 1648, le prieur Guy Arthaud affermait son bénéfice à Guillaume Audouard, prêtre sacristain de la collégiale, pour 200 livres d'argent, 100 livres de beurre, l'acquittement des messes dues à la Trinité et à Notre-Dame, l'acquittement des décimes et subsides, l'entretien de la chapelle et des maisons ; le prieur se réservait le droit de bouteillage. Tout cela faisait bien un revenu d'environ 4 à 500 livres. L'église de la Trinité, vendue nationalement à l'époque de la Révolution, existe encore à la fin du XIXème siècle et sert de bâtiment de décharge. Elle est alors située dans la rue Notre-Dame, tout près de l'ancienne église collégiale, et par suite dans l'enceinte des vieilles murailles de la ville ; elle se compose d'une seule nef éclairée par des fenêtres ogivales qui rappellent le XVIème siècle ; le chevet primitif n'existe plus ; en 1627, l'édifice entier avait 68 pieds de longueur et 20 pieds de largeur. L'ancien cimetière, séparant l'église de la rue, converti jadis en jardin, est maintenant occupé par une maison avec sa cour (abbé Guillotin de Corson) ;

Nota 3 :  liste des prieurs de la Trinité de La Guerche-de-Bretagne : — Ruellan (1224). — Bertrand de Chancé fit reconnaître en 1421 les droits de son prieuré sur la mouture du moulin de Carcraon. — James Gérard (1433). — Frère Guillaume Moreau fit quelques acquisitions en 1452. — Frère Guy du Chastellier (1499). — Pierre de Courcelles rendit aveu au seigneur de la Guerche en 1502. — Frère François Lancelot (1509). — Pierre Martin rendit aveu en 1522. — Guillaume Agaice, chanoine de Rennes et recteur de Piré, rendit aveu en 1530. — Jehan Macé, chanoine de Notre-Dame de la Guerche, rendit aveu en 1551. — Hardouin de la Noë rendit aveu en 1554. — Jacques Esnault fit une transaction en 1558. — Jean de la Fallesche fit une déclaration au roi en 1566 et aliéna quelques biens en 1569 pour payer les taxes. — François Martin rendit aveu vers 1580. — Jean des Champs rendit aveu le 30 août 1600. — Timoléon Langevin, chapelain de l'oratoire du roi, plus tard archidiacre de Maillerais, puis archidiacre d'Outre-Loire, devint prieur vers l'an 1600 et conserva longtemps son prieuré, qu'il laissait tomber en ruine en 1627 ; il habitait ordinairement Angers. — Guy Arthaud, docteur en théologie, archidiacre d'Outre-Loire et chanoine d'Angers, afferma son prieuré en 1648 ; en 1652 il était encore prieur de la Trinité et de plus chapelain de Saint-Denis en France et prieur de Saint-Barthélemy de Paris. — Frère Antoine de Laistre, chanoine régulier de la Roë, afferma son prieuré le 11 octobre 1663 et rendit aveu le 18 décembre 1688. — Frère N... Gouz, chanoine régulier de la Roë (1725). — Frère Nicolas Cordelle, chanoine régulier, décédé en 1752. — Frère Pierre-François Faget, clerc d'Angers et chanoine régulier de la Roë, fut nommé par l'abbé de la Roë et prit possession le 25 mai 1752. Tout en conservant le prieuré de la Guerche, il devint en 1765 prieur-recteur d'Achères, au diocèse de Chartres (Pouillé de Rennes) ; 

l'ancienne chapelle de la Sainte-Trinité, donnée par les premiers seigneurs de La Guerche à l'Abbaye de Saint-Melaine de Rennes. Reconstruite vers le milieu du XIIème siècle, elle est donnée plus tard à l'Abbaye de la Roë (Mayenne). Pendant la Révolution, elle servira de tribunal et de salle de réunion pour les séances municipales ; 

l'ancienne chapelle des prisons, aujourd'hui disparue. Les anciennes prisons de la Guerche se trouvaient primitivement dans la rue de la Chartre, auprès du château ; plus tard elles furent transférées près de la porte de Rannée, et l'on y voyait encore à la fin du XIXème siècle leur chapelle alors sécularisée ; c'était un petit édifice insignifiant bâti sur les murs de ville. Au XVIIIème siècle, le sous-diacre de la collégiale de la Guerche était chargé du service de cette chapelle (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne chapelle Saint-Lazare, aujourd'hui disparue et dépendant jadis de la léproserie ;

l'ancienne chapelle Saint-Jean, aujourd'hui disparue et dépendant jadis de l'hôpital ;

l'ancienne auberge de la Tête-Noire ; 

l'ancienne chapelle de Toussaints qui faisait corps avec la collégiale ; 

l'ancienne chapelle de Sainte-Catherine qui faisait corps avec la collégiale ; 

l'ancienne chapelle Saint-Mainbeuf. Cette chapelle, « capella Sancti Magnobodi » est signalée en 1185 dans la bulle du pape Luce III comme appartenant alors à l'abbaye de Saint-Melaine ; elle se trouvait dans la ville de la Guerche, non loin de l'église de Notre-Dame, et elle fut donnée aux chanoines de la collégiale que fonda en cette église Guillaume, seigneur de la Guerche, en 1206. Il ne semble pas que ce sanctuaire ait subsisté longtemps après son annexion à la collégiale, mais ses revenus demeurèrent unis à la mense du Chapitre de la Guerche, dont l'un des membres prenait encore au XVIIème siècle le titre de Monsieur de Saint-Mainboeuf, parce qu'il jouissait des biens de ce nom (Pouillé de Rennes) ; 

le premier hôpital de La Guerche était au Pâtis ; 

l'ancien manoir de Saint-Aignan ; 

l'ancien manoir de la Gunefolle ; 

l'ancien manoir de la Croix-Couverte ; 

l'ancien manoir de la Vannerie ; 

l'ancien manoir de la Marbrerie. Propriété de la famille Matz en 1425 ; 

l'ancien manoir de la Hunaudière ; 

l'ancien hôpital Saint-Jean. Il est réparé en 1784 et démoli en 1905, ainsi que sa chapelle ; 

l'ancien manoir de Touchebelle. Propriété de la famille Chevaigné, seigneurs de Coaisme en 1513 ; 

l'ancien manoir du Pré-Violet. Propriété de la famille Matz ou Mat en 1425 ; 

l'ancien manoir de la Boullière. Propriété de la famille la Frette en 1425, puis de la famille de Merre en 1513 ; 

l'ancien manoir de Fallesche. Il possédait une chapelle privative, aujourd’hui disparue. Propriété de la famille Macé en 1513 et de la famille Rondel, sieurs des Longrais en 1667 ; 

l'ancien manoir de la Coutumerie ; 

l'ancien manoir de Tartifume ; 

l'ancien manoir des Perrettes ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de LA GUERCHE-DE-BRETAGNE

La baronnie de La Guerche (Guerche-de-Bretagne) : La Guerche est une petite ville jadis entourée de murailles fortifiées, percées de quatre portes (nota : ces quatre portes de ville s'appelaient portes d'Anjou, de Saint-Nicolas, de Rannée et de la Chartre ; elles ont disparu ainsi que les murs de ville) avec un château dont il ne demeure plus que la motte et l'emplacement. Cette ville avait ses seigneurs particuliers dès la fin du Xème siècle, et le premier connu est en 978 Menguen de la Guerche, fils de Thébaud et de Guénargant ; c'était encore là une famille bretonne placée par le duc de Bretagne sur la limite du duché, comme à Vitré et à Fougères, pour la défendre contre les Français. Menguen eut pour fils ou petit-fils Sylvestre de la Guerche, chancelier de Bretagne, veuf en 1076, fondateur du prieuré Saint-Nicolas de la Guerche et mort évêque de Rennes en 1096. Vinrent ensuite Geffroy Ier, fils du précédent et Gauthier surnommé Hay, son fils, qui furent en même temps seigneurs de la Guerche, de Pouancé et de Martigné ; du reste ces trois seigneuries, voisines les unes des autres et situées les deux premières en Bretagne et la dernière en Anjou, furent très longtemps en mêmes mains. Gauthier Hay fonda le prieuré de la Magdeleine de Pouancé en 1094 et laissa de son union avec Basilie une fille nommée Emme de la Guerche qui épousa Juhaël de Châteaubriant. Le fils de ces derniers, Guillaume, prit le nom et les armes de la Guerche ; il devint Guillaume Ier sire de la Guerche et laissa cette seigneurie à son fils, Hugues vivant en 1162 et mari de N... de Craon. Geoffroy II, fils de Hugues, mourut le 23 juillet 1195 ; Guillaume II, son fils, soutint courageusement la cause de la duchesse Constance et du jeune prince Arthur de Bretagne : il fonda en 1206 la collégiale de N.-D. de la Guerche en laquelle il fut inhumé le 4 septembre 1223 ; on voit encore dans le choeur de cette église le tombeau de ce baron. De son mariage avec Hersende de Sillé, Guillaume II eut Geffroy III (nota : il y eut d'après le Cartulaire des Sire de Rays, quatre Geoffroy, seigneurs de la Guerche et de Pouancé : Geffroy III mourut en 1244 et son fils Geoffroy IV fit en 1263 son testament, choisissant sa sépulture en l'église priorale de Fontaine-Harouis dans la forêt de la Guerche ; il est probable que l'un d'eux épousa Emma de Châteaugontier et l'autre Anne de Montmorency) qui épousa, dit Le Laboureur, Emme de Châteaugontier, dont il eut des fils morts avant lui et une fille nommée Jeanne. Jeanne de la Guerche, dame de la Guerche, Pouancé et Martigné, apporta ces seigneuries à son mari Jean Ier, vicomte de Beaumont au Maine, vivant en 1294 ; ses successeurs furent son fils Robert, vicomte de Beaumont, époux de Marie de Craon, son petit-fils Jean II, vicomte de Beaumont, marié à Marguerite de Poitiers et tué à Cocherel en 1364, et son arrière petit-fils Louis, vicomte de Beaumont, décédé sans enfants de son union avec Isabeau de Bourbon. La succession de ce dernier seigneur passa à sa cousine-germaine Marie de Chamaillart, femme de Pierre de Valois, comte d'Alençon, et baron de Fougères. Ce dernier vendit en 1379, au vaillant Bertrand du Guesclin les seigneuries de la Guerche et de Pouancé, moyennant 1 300 livres de rente que le connétable lui assura en Normandie. Après la mort de Bertrand, arrivée l'année suivante, son frère Olivier du Guesclin hérita de ces seigneuries, mais il les vendit, le 20 avril 1390, à Jean IV duc de Bretagne. Ce prince donna ces terres en dot à sa fille Marie de Bretagne en la mariant, par contrat du 26 juin 1396, à Jean de Valois qui devint duc d'Alençon en 1414 et fut tué à Azincourt en 1445. La duchesse d'Alençon survécut 31 ans à son mari et ne mourut que le 18 décembre 1476. Jean de Valois, duc d'Alençon, fils des précédents, laissa de sa femme, Marie d'Armaignac, deux enfants : René et Catherine ; celle-ci eut en dot la baronnie de la Guerche lorsqu'elle épousa en 1463 François de Laval, alors sire du Gavre et plus tard comte de Laval ; mais elle mourut sans postérité, le 17 juillet 1505, et son frère René hérita de la Guerche. Ce René de Valois, duc d'Alençon, épousa Marguerite de Lorraine et en eut trois enfants, successivement seigneurs de la Guerche : Charles, duc d'Alençon, qui en 1520 exécuta les fondations faites à Notre-Dame de la Guerche par sa tante Catherine, et mourut sans enfants, en 1526, — Françoise, femme de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, qui rendit aveu au roi pour la seigneurie de la Guerche le 26 mai 1526, — et Anne, femme de Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat, qui reçut en partage de sa soeur la baronnie de la Guerche pour laquelle elle rendit aveu au roi le 25 octobre 1541. Le 5 janvier 1562, la marquise de Montferrat échangea avec Timoléon de Cossé la terre seigneuriale de la. Guerche contre la seigneurie de Calluze (enclavée dans le marquisat de Montferrat) qu'il avait reçue en don de ses père et mère : Charles de Cossé, comte de Brissac, et Charlotte d'Esquetot. Le 14 juillet suivant, le maréchal de Brissac, rendit aveu au roi, au nom de son fils, pour la baronnie de la Guerche. Timoléon de Cossé ne jouit pas longtemps de cette terre ; il fut tué à l'âge de 26 ans au siège de Mucidan, en mai 1569 sans avoir contracté d'alliance. Charles de Cossé, duc de Brissac, son frère, lui succéda à la Guerche ; il épousa – 1er Judith d'Acigné, - 2° Anne d'Oignies, et ne mourut qu'en 1621. François de Cossé, duc de Brissac, fils de Charles et de Judith d'Acigné, épousa le 17 février 1621, dans l'église collégiale de la Guerche, Guyonne Ruellan, fille de Gilles Ruellan, baron de Tiercent. Il fut seigneur de la Guerche et mourut le 3 décembre 1651 et sa veuve en janvier 1672. Leur fils aîné Louis de Cossé, duc de Brissac et baron de la Guerche, s'unit à Marguerite de Gondy, mais mourut dès l'âge de 35 ans le 26 février 1661 ; sa veuve lui survécut jusqu'au 30 mai 1670. Ils laissaient deux enfants Henri-Albert de Cossé, duc de Brissac, qui rendit aveu pour la seigneurie de la Guerche le 20 septembre 1663, et Marguerite de Cossé, mariée le 28 mars 1662 à François de Neufville, duc de Villeroy et plus tard maréchal de France. Henry-Albert de Cossé, duc de Brissac, vendit, par contrat du 18 février 1673, sa baronnie de la Guerche à son beau-frère et à sa soeur, M. et Mme de Villeroy, qui rendirent pour cette seigneurie aveu au roi en février 1675 (Archives d'Ille-et-Vilaine, B. 988 – 8 G. 79). La maréchale de Villeroy mourut à 60 ans, le 20 octobre 1708, et fut inhumée au Calvaire de Paris, et son mari le 18 juillet 1730 le corps de ce dernier fut enterré à Neufville près Lyon et son coeur déposé au château de Villeroy. Louis-Nicolas de Neufville, duc de Villeroy, et fils des précédents, fut baron de la Guerche et épousa le 20 avril 1694 Marguerite Le Tellier, fille du célèbre ministre Louvois, qui décéda dès l'âge de 30 ans le 23 avril 1711 ; il mourut lui-même le 23 avril 1734. Leur fils aîné François-Louis de Neufville leur succéda comme duc de Villeroy et baron de la Guerche ; il épousa, le 15 avril 1716, Marie de Montmorency, fille du duc de Luxembourg, morte le 22 décembre 1759 ; lui-même décéda, à l'âge de 76 ans, le 21 mars 1766. Gabriel-Louis de Neufville, duc de Villeroy, issu du mariage précédent (nota : selon La Chesnaye-Desbois [Dictionnaire de la noblesse, XIV, 937], Gabriel de Neufville, duc de Villeroy, était non pas le fils mais le neveu de François de Neufville, duc de Villeroy) fut le dernier seigneur de la Guerche ; il avait épousé une fille du duc d'Aumont. Il fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Paris en 1794 et une partie de ses biens fut mise nationalement en vente à la Guerche, à la suite de cette condamnation (Archives d'Ille-et-Vilaine, 1 G. 279). 

La Guerche, châtellenie d'ancienneté, qualifiée baronnie dans les derniers siècles, était une haute justice relevant directement du duc de Bretagne puis du roi. Elle s'étendait en dix paroisses savoir : Rannée, Chelun, Drouges, Forges, Retiers, Domalain, Moussé, Availles, Arbrissel et la Celle-Guerchoise. En 1294, le sire de la Guerche déclara devoir à cause de sa seigneurie deux chevaliers à l'armée du duc de Bretagne. Parmi les mouvances nobles de la Guerche on comptait cinq hautes justices : le Boisduliers en Chelun, Fourneaux en Availles, la Rambaudière et la Bigotière en Retiers, et la Chefcerie de la Guerche en Rannée, et trois moyennes justices la Petite Roberie et Perrouze en Rannée et la Barre en la Celle-Guerchoise  (Archives d'Ille-et-Vilaine, C 1818). Le domaine proche du seigneur de la Guerche se composait en 1526 de ce qui suit : « la ville et forsbourg de la Guerche close et fermée de douves et murailles, partie de laquelle a esté démolie et abattue par les guerres —  la motte, emplacement et douves d'un chasteau (nota : le château de La Guerche, qui subit plusieurs sièges au moyen-âge, avait été détruit par les guerres du XVème siècle), lequel anciennement estoit dans l'enclos de la dicte ville, en laquelle motte estoient les prisons de ladite seigneurie, lesquelles furent bruslées par les dernières guerres » (nota :  Ces prisons avalant donné leur nom à la rue et à la porte de la Chartre avoisinant la butte dû château) — les balles et auditoire de la juridiction avec droit de ban et étanche pendant quarante jours, à partir du mercredi après la Pentecôte — les métairies de la Brosse en Drouges, de la Paverie et de la Coustumerie en Rannée, et de la Forestrie en Chelun — un four banal à la Guerche — l'étang et les moulins à blé et à draps de Carcraon en Domalain — l'étang et le moulin des Roches — le moulin à vent de la Garde — enfin la forêt de la Guerche contenant 5 917 journaux de terre, sans y comprendre 49 journaux de prairies et plusieurs étangs s'y trouvant (Archives de Loire-Inférieure, voir La Guerche).

Lorsqu'en 1685 François de Neufville, duc de Villeroy, prit définitivement possession de la baronnie de la Guerche, son procureur se rendit aux halles de la petite ville « grandes et spacieuses, traversées par deux routes en croix », puis à « la potence, signe de haute-justice, élevée vis-à-vis les halles, vers la rue de Rannée, avec collier et carcan contre un pilier desdites halles », et enfin à « un grand emplacement où il y avoit autrefois un chasteau », avec une butte servant de jardin et une maison insignifiante (Archives d'Ille-et-Vilaine, 8, G  64). Il prit aussi possession des prééminences d'églises appartenant au seigneur de la Guerche ; or ces prééminences consistaient en droits de fondation et en droits de supériorité : le baron de la Guerche était seigneur fondateur de l'église collégiale de la Guerche, des églises paroissiales de Rannée, Forges, Drouges, Moussé et la Celle-Guerchoise, des églises priorales de la Trinité et Saint-Nicolas de la Guerche, de la Forestrie en Chelun et de la Fontaine-Harouis en Drouges, et enfin des chapelles de l'hôpital Saint-Jean à la Guerche et de Saint-Lazare à Rannée. Il était, de plus, seigneur supérieur des églises de Chelun, Availles et Arbrissel et de plusieurs autres chapelles. L'église collégiale de N.-D. de la Guerche était particulièrement chère aux barons du lieu, qui l'avaient tour à tour fondée et dotée de rentes, juridiction et privilèges. Aussi y voyait-on briller en ses verrières tous les blasons de ces divers seigneurs, depuis celui des sires de la Guerche : de gueules à deux léopards d'or jusqu'à celui des ducs de Brissac : de sable à trois fasces d'or denchées par le bas. Ces dernières armoiries s'y retrouvent encore en grand nombre et l'on y voit aussi celles de Bertrand du Guesclin, sire de la Guerche en 1379, et de Marie de Bretagne, duchesse d'Alençon et dame de la Guerche en 1414. Le chapitre de la Guerche se composait d'un chefcier, de onze chanoines et de diacre et sous-diacre ; ils habitaient ensemble un cloître contigu à leur église et appelé de nos jours la cour de la Chefcerie. « Par privilège spécial le baron de la Guerche conférait pleno jure les places de chefcier, chanoines et diacres, sans qu'il fût besoin du visa de l'Ordinaire » (Déclarations du chefcier de la Guerche en 1771). Cette église collégiale de Notre-Dame est devenue en 1790 église paroissiale de la Guerche, car jusqu'alors la ville et le château de la Guerche avaient fait partie de la paroisse de Rannée. C'est un édifice fort intéressant des XIIIème et XVème siècles, agrandi et restauré avec beaucoup de goût au XIXème siècle. On vient d'y replacer dans le choeur le tombeau de son fondateur Guillaume, sire de la. Guerche, décédé en 1223 ; la superbe statue en pierre blanche de ce seigneur, de grandeur naturelle, avait été stupidement enfouie au siècle dernier ; on l'a, par bonheur, retrouvée ; elle le représente couché, revêtu de son armure de chevalier, ayant à ses côtés un bouclier et les pieds posés sur un lévrier. La restauration intelligente de ce beau monument, dernier souvenir des vieux sires de la Guerche, grands batailleurs mais grands chrétiens, fait honneur à la population de la Guerche et à ceux qui sont aujourd'hui à sa tête (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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