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GOULVEN

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La commune de Goulven (pucenoire.gif (870 octets) Goulc'hen) fait partie du canton de Lesneven. Goulven dépend de l'arrondissement de Brest, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de GOULVEN

Goulven vient du nom du saint breton Goulven.

Goulven provient du démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plouider. La paroisse de Goulven dépendait autrefois de l'ancien archidiaconé de Quemenedilly et de l'ancien évêché de Léon.

L'histoire de Goulven au VIème siècle est liée à saint Goulven. Ce territoire s’appelle alors minihi ou asile de saint Goulven, puis simplement Goulven. A la mort de saint Paul-Aurélien, saint Goulven lui succède à la tête de l'évêché de Léon, et c'est à Rennes, que selon sa Vita, il mourut le 1er juillet, vers l'an 600, et fut enseveli dans le monastère de Saint-Melaine. Ses reliques étaient conservées au XIIIème siècle dans la cathédrale de Rennes. La fondation de l'église de Goulven remonterait à l'époque de saint Goulven qui aurait demandé au comte Even, vainqueur des pirates, de lui construire une église. Remaniée au cours des siècles, elle est totalement refaite du XIVème au XVIIème siècle.

On rencontre les appellations suivantes : Goulhen (en 1448), Sanctus Golvinus (en 1467), Goulhen (en 1481).

Note 1 : La Vie de saint Goulven fut écrite au XII-XIIIème siècle. Les parents du saint (Glaudan, le père, et Gologuen ou Gologwen, la mère) auraient débarqués à Brengoruth (aujourd'hui Brengurust), venant de Grande-Bretagne. Goulven serait né au manoir d'Audéna : " Au VIème siècle, Glaudan et sa femme Gologwen abordèrent la côte du Léon. Surpris par la nuit alors qu'ils cherchaient un gîte, ils s'adressèrent à un paysan qui les chassa aussitôt. Ainsi, ils durent se coucher à l'abri des arbres. C'est à cet endroit que Gologwen accoucha d'un fils : Goulven. Le lendemain matin, le père retourna à la chaumière lui demander un peu d'eau mais, l'homme lui donna uniquement la direction du ruisseau le plus proche : le Gouerven. Glaudan se perdit et erra toute la journée. Avant de rejoindre sa femme, il se tourna vers Dieu, le suppliant à genoux, et sa prière à peine terminée une eau pure jaillit. Le miracle de la fontaine et d'autres encore attirèrent de nombreux visiteurs et parmi eux, un riche homme nommé Godian dont la villa s'élevait sur un monticule, à sept minutes de la fontaine. Il y accueillit la famille de saint Goulven et tenu même à être le parrain du nouveau-né auquel il imposa le nom de Goulven. Par la suite, l'éloquence du jeune saint Goulven, sa sainteté et ses miracles attirèrent des auditoires de plus en plus nombreux chez l'homme qui les avait recueillis lui et sa famille. Ainsi pour échapper à la gloire, il décida de se retirer dans la solitude. C'est à une courte distance qu'il choisit le lieu de sa retraite : Odéna. Il s'y construisit une modeste bâtisse de pierre appelée en breton « peniti », la maison de pénitence. Les visiteurs y venaient nombreux pour s'instruire, pour se recommander aux prières de saint Goulven ou encore pour être guéris de leurs infirmités. Il réalisait également une procession quotidienne aux trois croix qu'il avait placées en triangle à quelques centaines de mètres de son ermitage et à une distance de 7 minutes l'une de l'autre. Devant chacune d'elles il stationnait longuement, plongé dans ses prières. A la mort de saint Paul Aurélien, saint Goulven lui succéda à la tête de l'évêché de Léon, mais c'est à Rennes qu'il mourut le 1er juillet, vers l'an 600 ". L'église de Goulven obtint, en 1503, un os de l'avant bras qui fut placé dans un bras reliquaire, que l'on plongeait le jour du pardon de saint Goulven dans la fontaine pour redonner à ses eaux leurs vertus miraculeuses. Saint Goulven, agenouillé devant la croix (Croaz-Burzud, la croix du miracle) seconda, par la puissance de ses prières, les efforts du comte Even, pour repousser les pirates normands qui s'étaient abattus sur la pays vers 875. C'est suite à sa victoire sur les normands que le comte Even fit bâtir une église octroyant au saint autant de terre qu'il pourrait en parcourir en une journée. C'est ce territoire qui fut appelé Minihi ou Asile de saint Goulven.

Note 2 : Liste des Recteurs de Goulven avant la Révolution : - 1610-1646 : Jean Pascoët, docteur en Sorbonne, maître ès arts. - 1649 : Prigent Le Bris. - 1653 : Philippe Le Bescond. - 1670-1688 : Décès de Jean Trévien. - 1688-1689 : René Breton, se démet. - 1689 : Laurent Botherel. - 1722 : René Breton, décédé en Avril. - 1722 : Yves Perz, décédé en Juin. - 1722 : Guy de Lesrat, de Nantes. - 1761 : Pierre Le Baud, se démet en faveur du suivant. - 1762 : Olivier Léostic, se démet aussitôt. - 1762-1774 : René Soutré, docteur en théologie. - Vers 1780 : René Le Borgne, prêtre confesseur, à Goulven depuis 1744. Au moment de la Révolution, était recteur, M. René Le Borgne, âgé de 70 ans ; il refusa le serment, fut saisi Goulven, en Septembre 1792, puis interné à Kerlot, et enfin aux Capucins de Landerneau, en 1794. Pendant ce temps, il est à croire que M. Le Borgne ne fut pas remplacé, car nous voyons, en Juin 1794, le Curé constitutionnel de Plouider, en collaboration avec le Curé de Tréflez, venir y célébrer la fête de l'Être suprême. Ce malheureux prêtre, François-Marie Cariou, qui, le 4 Octobre 1793, signait « Curé sans-culotte de Plouider, » ne put, parait-il, malgré son bon vouloir, fêter l'Être suprême d'une manière suffisamment solennelle, à Goulven, au gré du moins des ardents patriotes du pays ; aussi est-il absolument étonné de se voir, trois ou quatre jours après, jeté, avec un autre prêtre assermenté, Recteur de Tréflez, dans les prisons de Lesneven. Nous serons aussi étonnés que lui de cette détention, quand nous aurons lu son mémoire justificatif, qui nous donne sur la fête de l'Etre suprême à Goulven des détails fort circonstanciés et dénotant un civisme au-dessus de tout soupçon : « Le 23 Prairial an II (11 Juin 1794). Nous soussignés, détenus depuis hier dans la maison d'arrêt de Lesneven, aux Administrateurs du District. Nous n'avons rien à nous reprocher. Le patriotisme dont nous sommes animés et qui nous animera tant que nous vivrons, a mille et mille fois été mis à l'épreuve. Aujourd'hui, nous avons encore contre nous une dénonciation, en date du 21 Prairial, qui porte que nous avons violé la loi en faisant une procession ; c'est pourquoi nous sommes détenus. Oui, citoyens, nous avons, le 20 de ce mois, jour consacré à rendre, dans toute la République, à l'Être suprême, adoration, gloire et hommage, fait la procession la plus solennelle qui nous a été possible. Oui, nous avons fêté ce jour avec décence, tranquillité, pompe et magnificence. On n'y a pas, sans doute, entendu le ronflement du canon ni le sifflement des boulets ; mais n'y a-t-on pas vu de jeunes guerriers, les yeux aussi pleins de feu que le coeur brûlant d'envie de combattre les ennemis de notre mère commune ; mais n'y a-t-on pas vu ces jeunes citoyennes, qui font, pour ainsi dire, aujourd'hui, le seul soutien des campagnes et des villes, venir s'y délasser de leurs travaux et offrir à l'Être suprême leurs peines, fatigues et hommages, à la vue de ces jeunes guerriers portant sur leurs armes invincibles des guirlandes, signes certains de leur gloire future !... A la sortie de Goulven, sur la montagne sacrée qui environne l'arbre de la liberté, notre dénonciateur (très mal choisi pour faire le métier d'espion, puisqu'il est sourd) n'aurait-il pas au moins pu entendre la publication de la loi qui ordonnait la fête, les cantiques, les chants d'allégresse, un discours pur et simple prononcé en l'honneur de l'Être suprême et suivi des cris répétés de : Vive la Montagne ! Vive la nation ! Vive la République ! Des danses, aussi décentes que simples, un feu de joie, des chants harmonieux, n'ont-ils pas terminé ce saint jour ? Citoyens, voilà ce qui s'est passé. Mais, nous dit notre dénonciateur, vous avez agi contre la loi, en faisant une procession où l'on voyait des reliques, des bannières, des croix, étendards du culte catholique. Mais qui ignore que nos communes professent ce culte et que nous en sommes ministres ? et qui pourrait dire, dans la sincérité de son âme immortelle, qu'un jour l'Être suprême le punisse pour avoir célébré cette fête de la façon susdite ? Quelque part que nous ayons été, nous avons manifesté notre patriotisme ! ... Dès le berceau de la Révolution, l'un de nous, étant vicaire de Trefflez, ne mérita-t-il pas de son patriotisme la place de Procureur de la Commune ? Vous rappellera-t-il le soir du Jeudi-Saint 1792 (vieux style), soir où tous les bons patriotes de Trefflez et de Plouider devaient tomber sous le glaive des contre-révolutionnaires? Vous dira-t-il que la Municipalité, lui ayant demandé ce qu'elle devait faire, ou suivre les brigands ou non, il la retira chez lui, et lui dit qu'il fallait mourir en vrais patriotes et qu'il serait le premier à en donner l'exemple. En effet, quand les émeutes arrivèrent, sa maison, sa cour, tout en fut bientôt plein, Et qui put les arrêter? Lui seul ! Ne craignant pas d'affronter la mort, il leur tint ce langage : « Mes amis, mes frères, qui cherchez-vous ? si c'est moi, me voici ; mais que vous ai-je fait ? ». Un pareil langage les abat, les désarme ; ils s'en retournent, et par là il vint à bout de sauver sa commune. L'autre, le Curé de Plouider, n'en fit-il pas autant, ne fut-il pas le premier à en donner connaissance aux corps constitués et à en faire son rapport au général Cauclaux, qui les défit au pont de Kerguiduff ? De Trefflez, il fut transféré à la cure de Plougar, et quoiqu'il connût cette cure, puisqu'il en était originaire, quelque fanatisée qu'elle fût, il s'y rendit, et cela pour ne pas devenir parjure. Que n'a-t-il pas eu à souffrir dans cette commune ? Sollicité par les citoyens de la commune de Goulven, il s'y est rendu et y fait du bien, parce qu'il n'y est pas entravé comme à Plougar... Et cependant nous sommes détenus. Nous demandons justice. MODIR, CARIOU » (François-Marie Cariou mourut recteur de Tréguennec, en 1810 ; Jean Modir mourut vicaire de Saint-Renan, en 1827). Comme on le voit, ces malheureux prêtres, après avoir oublié leur devoir et adhéré au schisme constitutionnel, ne trouvaient aucune sympathie, même près de ceux dont ils avaient flatté les tendances révolutionnaires. Liste non exhaustive des Recteurs de Goulven depuis le Concordat : - 1804-1820 : Goulven Lannou, de Kernouès. - 1820-1823 : Jean-Marie Tanguy, de Plouvorn. - 1823-1831 : Jean Kermarec, de Henvic. - 1831-1842 : Jean-Gabriel Le Hir, de Locmaria-Plouzané. - 1842-1853 : Hervé-Marie Cras, de Sibiril. - 1853-1857 : Pierre-Marie Marc, de Milizac. - 1857-1859 : Jean-Marie Kernéis, de Saint-Divy. - 1859-1873 : Jean-Marie Rohel, de La Martyre. - 1873-1884 : Yves Madec, de Saint-Martin, de Morlaix. - 1884-1888 : Gabriel Breton, de Lampaul-Guimiliau. - 1888-1890 : Michel Masson, de Porspoder. - 1890-1894 : François Cocaign, de Plougoulm. - 1894-1897 : Yves Le Coz, de Plouescat. - 1887-1909 : Jean-Marie Louboutin. - 1909 : Jean-Pierre Nihouarn, ... (Archives de l'Evêché).

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PATRIMOINE de GOULVEN

l'église Saint-Goulven (XVème siècle – 1593 et 1638). L'édifice actuel, à l'exception de la tour édifiée sur son flanc sud, date des dernières années du XVème siècle et premières années du XVIème siècle. Il comprend une nef avec bas-côtés de quatre travées, séparée par un arc diaphragme d'un choeur avec bas-côtés de trois travées terminé par un chevet droit. A l'aplomb de la dernière travée de la nef, on trouve des chapelles en ailes. La base du clocher-porche, béni le 2 juin 1639, porte la date de 1593, date du commencement des travaux : elle est flanquée de gros contreforts à niches, pilastres et caissons (le principal maître d'oeuvre fut Yvon Le Mouden, de Landerneau, ayant pour contremaître Ollivier Pascouet). Les travaux du clocher ne seront achevés que 46 ans plus tard, en juin 1638. La foudre tomba sur le clocher en 1763 et le 26 février 1835, il fut restauré aussitôt. Le contrefort Sud-Ouest de l'ancienne chapelle sud, devenue sacristie, porte les dates de 1505 et 1517. L'ancienne entrée, avec portes géminées, a été conservée dans la chapelle en aile qui a été restaurée en 1720. A l'intérieur de l'église, outre les colonnes ordinaires, on trouve deux gros piliers et un grand arc triomphal qui soutient le campanile central. Le maître autel en granit (divisé sur sa façade en quinze arcades et portant une frise de feuillages sculptés, de style gothique, autrefois surmonté de la statue du Sacré-Coeur) date du XVème siècle ; il est entouré de deux reliquaires (XVIIème siècle) : l'un contenant les reliques d'un martyr inconnu et l'autre (XVI-XVIIème siècle) les reliques de saint Goulven (bras reliquaire en bois). L'autel, situé aujourd'hui devant le maître autel, comporte des panneaux représentant les différents miracles de saint Goulven (une fille mondaine convertie par prières, deux aveugles guéris, le miracle de la terre changée en or, un enfant préservé de l'incendie, un enfant noyé ressuscité par prières, une femme préservée de la mer). Du côté midi, se trouve un petit autel ancien (XV-XVIème siècle) composé de cinq arcatures séparées par des colonnettes torses : les panneaux contiennent plusieurs bas-reliefs dont l'Annonciation, la Nativité, l'Adoration des Mages, la Présentation au temple, le Crucifiement, et sur l'autel "l'Annonce aux bergers", sur le retable "la Visitation". Le portail date de 1505 (sur le contrefort se trouve la date de 1505, date de la construction, et les noms du gouverneur Clec'h et d'un représentant de la fabrique). Le bénitier sculpté, style renaissance, date du XVIIIème siècle. Au bas de la nef, la tribune des orgues en bois sculpté provient sans doute d'un ancien jubé (XV-XVIème siècle). A noter que les orgues ne fonctionnent plus depuis 1914. Dans la grotte Notre Dame de Lourdes se trouvent les statues de l'Immaculée Conception et de sainte Bernadette Soubirous. Le vitrail (1903), restauré en 1998, est l'oeuvre du maître verrier Payan d'après les plans du chanoine Abgrall (9 panneaux évoquent les principaux événements de la vie de saint Goulven). Une peinture sur lambris représente saint Goulven remercié par le comte Even. L'église possède deux bannières du XVIIIème siècle (Saint-Goulven et la Vierge à l'Enfant à gauche, L'Adoration du Saint-Sacrement et la Vierge Mère à droite). L'église renferme de plus six enfeus vides de leurs tombes, un baptistère (dais imitation marbre avec 6 colonnes corinthiennes et peinture sur lambris représentant le baptême de Jésus), une chaire à prêcher surmontée de la colombe de Saint-Esprit (fin XVIIème siècle ou début XVIIIème siècle) et des statues anciennes : saint Goulven (en bois et en granit), sainte Anne (en bois), la Vierge à l'Enfant (en bois) et la Vierge tenant un sceptre (en bois), sainte Vierge de l'Annonciation (en granit), saint Yves (en granit), saint François d'Assise (en granit) et les 12 apôtres du porche : Thomas (équerre), Jude (glaive), Simon (scie), Matthieu (balance), Philippe (croix), Barthélemy (coutelas), Pierre (clef), André (croix en X), Jacques le Majeur (coquille), Jean (coupe), Jacques le Mineur (bâton), Matthias (bâton pastoral) et le Christ assis sur son trône de gloire ;

Nota 1 : Un immense clocher à flèche aiguë, dominant une église qui parait très basse, dominant tout le bourg et même la vaste baie qui le sépare de la presqu'île de Plounéour-Trez, tel est le coup d'œil impressionnant que l'on a devant soi en arrivant à Goulven. Il faut que cette église ait eu ses jours de prospérité et de gloire, pour que ce clocher monumental soit venu s'y greffer, d'une façon presque disproportionnée, tout comme à Pleyben, à Saint-Thégonnec et à Lampaul-Ploudalmézeau. Les tours grandioses de ces trois paroisses sont couronnées de dômes et lanternons ; mais les bases sont absolument dans le même style que celle de Goulven, flanquées à leurs angles de gros contreforts à niches, pilastres et caissons. Voyons leurs rapports comme dates : Pleyben, 1588-1591 ; — Goulven, 1593 ; — Saint-Thégonnec, 1599-1605 ; Lampaul-Ploudalmézeau, 1623. La ressemblance avec Pleyben est surtout frappante ; ce sont absolument les mêmes détails, les mêmes dispositions, les mêmes tracés dans la grande arcade d'entrée, les contreforts, la niche du saint Patron et la galerie qui la surmonte et dans la galerie du haut avec ses balustres taillés en gaines ; mais ici, au lieu d'avoir un couronnement en dômes superposés, comme dans les trois autres monuments, nous avons une flèche octogonale hérissée de crochets et bien ajourée sur ses faces, et dans les angles montent quatre solides clochetons, reposant sur des bases carrées. Dans le grand porche, sous le clocher, nous trouvons un motif architectural qui a son caractère spécial, c'est la colonne appelée française, inventée par Philibert Delorme dans la construction du Palais des Tuileries, consistant en une série de tambours cannelés, séparés par des bagues saillantes et sculptées. Ce genre de colonnes se répète dans la plupart de nos porches de la fin du XVIème siècle et ceux du XVIIème : Brasparts, Pleyben, Landerneau, Guimiliau, Saint-Thégonnec, Bodilis, Goueznou, Trémaouézan, Plabennec, etc., sans compter d'autres détails qui sont communs à tous ces porches inspirés de la même idée et construits peut-être par les mêmes ouvriers, panneaux à fortes moulures, caissons, cartels, mascarons, modifions, corniches et niches des Apôtres. D'après un vieux manuscrit, dépouillé par M. l'abbé Salaün, le clocher aurait été bénit le deuxième jour de Juin 1639 (fête de l'Ascension) ; les travaux auraient donc duré près de 46 ans, et ce qui explique ce long intervalle, c'est que le nombre des ouvriers n'a jamais dépassé trois ou quatre. On trouve leurs noms sur les registres ; ce sont : Yvon Miossec, Yvan le Laé et un autre le Laé qui n'était qu'apprenti. Leur solde était de cinq sols par jour. Le principal maître de l'oeuvre fut un M. Mondot ou Mondon (Mouden ?), ayant sa résidence à Landerneau. Il était payé une livre par jour, plus sa collation. Il eut pour contre-maître Olivier Pascouet, qui habitait Goulven. Tout contre le clocher, au bout d'un ancien transept transformé maintenant en sacristie, s'ouvre un joli petit porche rappelant dans ses lignes et ses sculptures ceux de Pencran et de La Martyre ; colonnettes très fines, portes géminées, bénitier dans le trumeau, feuilles frisées et déchiquetées à l'excès. Sur le contrefort de l'angle Sud-Ouest, on lit cette inscription en caractères gothiques : Lan M Vc V (1505) G. Clech, gouverneur. Per Guen Fabrique. A l'intérieur de l'église, on trouve deux gros piliers et un grand arc triomphal soutenant le campanile central, puis trois enfeux, dont l'un contient un petit autel en pierre. Le maître-autel, en Kersanton, est divisé sur sa façade en quinze arcatures flamboyantes et porte une frise de feuillages très largement sculptés. Du côté Midi, un petit autel ancien, dans le genre gothique XVème siècle, se compose de cinq arcatures séparées par des colonnettes torses et surmontées de découpures très déliées. Les sujets représentés dans ces panneaux sont : 1° L'Annonciation : l'ange Gabriel, tenant un sceptre, apparaît à la Sainte Vierge, agenouillée sur un prie-Dieu, avec un livre ouvert, et abritée sous un dais ou baldaquin dont deux anges soutiennent les draperies. Au-dessus de l'ange Gabriel, plane le Père-Eternel, coiffé de la tiare et tenant la boule du monde ; 2° La Nativité de l'Enfant-Jésus : la Sainte Vierge et saint Joseph en adoration, et les anges chantant dans les airs : Gloria in excelsis Deo ; 3° L'Adoration des mages ; 4° La Présentation au temple ; 5° Le Crucifiement. Dans le retable : 6° La Visitation ; 7° L'ange apparaissant aux bergers de Bethléem. Un autre autel, du côté Nord, retrace aussi dans son retable, mais d'une façon plus grossière, les principaux miracles de la vie de saint Goulven : 1° Femme préservée de la mer par prières ; 2° Aveugle guéri par prières ; 3° Fille mondaine convertie par prières ; 4° Enfant noyé ressuscité par prières ; 5° Terre convertie en or par prières ; 6° Enfant préservé de l'incendie. Une peinture naïve, exécutée sur le lambris du transept Nord, reproduit l'entrevue du comte Even et de saint Goulven, après la victoire remportée par le comte sur la flotte des Danois, grâce à la prière et à l'intercession du saint Ermite. Citons encore la tribune des orgues, ancien jubé transformé, de l'époque du gothique flamboyant, comme les tribunes de la cathédrale de Saint-Pol de Léon et de Saint-Melaine de Morlaix ; puis les deux bannières du XVIIème siècle, belles oeuvres de broderie comme celles de Tréflez, Plouguerneau, Plougourvest, Guimiliau, Lampaul, etc. Dans le cimetière, est un ossuaire portant la date de 1707. Sous cette petite chapelle, existe une crypte profonde dont l'escalier a été maçonné vers 1880. Dans cette crypte on a trouvé un bras en bois sculpté et doré, contenant un autre bras en argent, lequel à son tour renfermait une relique assez considérable. A une petite distance du bourg, se trouve une chapelle appelée le Pénity ou maison de pénitence. Elle a été bâtie sur l'emplacement de l'ermitage de saint Goulven, et non loin coule la fontaine miraculeuse qui jaillit à la prière de Glaudan, le père du saint enfant, qui avait erré en vain, pendant toute une journée, à la recherche d'un peu d'eau, pour désaltérer la mère et laver le corps de l'enfant nouveau-né. Cette fontaine est entourée d'une enceinte carrée en pierres de taille, avec bancs de granit pour les malades et les pèlerins. Au fond, est une niche contenant la statue du saint Patron, en chasuble, crosse et mitre. Au milieu, est un bassin carré rempli par la source, dont l'eau s'écoule par un canal dans un autre bassin extérieur qui sert pour les usages domestiques, tandis que l'eau puisée dans la fontaine sainte ne doit servir qu'aux malades qui y recourent pour leur guérison, ou aux pèlerins qui en boivent par dévotion. Tous les ans, au jour du pardon, la procession vient jusqu'à cette fontaine, le célébrant la bénit et y plonge le reliquaire contenant le bras du Saint, afin de renouveler à ses eaux leurs vertus miraculeuses. Dans le mur latéral de l'enceinte est encastré un sarcophage mesurant 1 m. 88 de longueur en creux, et qu'on appelle lit ou tombeau de saint Goulven ; les malades s'y couchent en invoquant le Saint, pour être guéris de la fièvre (M. Abgrall).

Nota 2 : En 1820, M. Habasque, maire, écrivait à l'Evêque : « Notre église est une des plus anciennes de votre diocèse et des plus vénérées par la quantité de pèlerins qui, à toutes les époques de l'année, viennent intercéder saint Goulven ». M. Kermarrec, recteur, écrivait en 1827 : « L'église de Goulven, fondée par le pieux zèle du duc Even, prince de Léon, jadis riche de près de 4.000 livres de revenu, ne possède aujourd'hui, par suite de spoliations révolutionnaires, que 250 francs, somme bien modique pour entretenir un édifice aussi vaste et aussi digne, par sa belle structure, de son pieux fondateur ; il est vrai que la commune fait tous les ans, pour la conservation de son église, de bien grands sacrifices ; cette année, elle a alloué 400 francs sur son budget à la fabrique ; des particuliers, même étrangers à la commune, ont fait des dons à notre église, entr'autres Monsieur Rouxeau nous a fait don d'un tableau magnifique représentant l'Assomption de la Sainte Vierge ; malheureusement, il ne fait que trop ressortir la nudité de notre église ». Enfin, en 1868, M. Rohel, recteur, demandant des indulgences pour le jour du pardon, citait les strophes d'un vieux cantique : « Invoqui a rer sant Goulc'hen - Ispicial ouc'h an derzien - Ous an tan goual pa vez recours - Dezan e receveur sicour. - An deiz diveza a vis Even - E tigor Pardon e Goulchen - Indulganç plenier accordet - Gant ar Pap d'ar benitantet ». Il ajoutait : « J'ai aussi consulté les plus anciens de ma paroisse et tous m'ont affirmé avoir entendu dire qu'avant la Révolution, les maisons, les granges et les étables ne pouvaient suffire à loger tous les pèlerins qui venaient à Goulven, la veille et le jour du Pardon, et ce à cause des indulgences et de la grande confiance qu'on avait en la protection de St Goulven » [Note : Le 3 des nones de Novembre 1371, Grégoire XI concédait pour vingt ans un an et quarante jours d'indulgence à ceux qui visiteraient l'église de Saint-Goulven le jour de sa fête, et cent jours pendant l'octave, à condition de contribuer à la bâtisse de l'église. Ce qui rapporterait à la fin du XIVème siècle sa reconstruction (Archives vaticanes)]. « Le pardon se célèbre le 1er Juillet et, la veille, quelque soit le jour de la semaine, tous les travaux cessent, et je n'ai jamais remarqué un seul désordre, malgré le grand encours des paroisses environnantes ». Le 16 Décembre 1774, M. Soutré, recteur, écrivait à Evêque de Léon, touchant l'état de la mendicité à Goulven : « Aucun des naturels de cette paroisse ne mendie, parce qu'ils sont tous laborieux ; mais il y a 5 ou 6 mendians qui sont venus icy d'ailleurs, pour être exempts de la capitation. Je crois que le meilleur moyen pour obvier à la mendicité serait d'obliger chacun à ne mendier que dans sa paroisse. Chaque paroisse est en état de nourrir ses pauvres. Le nombre des mendians étrangers est très grand dans ce quartier, à cause de la proximité des maisons et de l'abondance des bleds. Parmy ce nombre, il y a quantité de gens aisés, forts et robustes, très en état de travailler, et qui refusent le travail quand on leur en offre. Pour ce qui est de la grève (pêche du goémon), l'unique moyen d'obvier à tout différend serait de poser des bornes solides pour chaque paroisse, parce que les rivières ou ruisseaux qui en font ordinairement la séparation, sont sujets à changer de place par le flux et reflux de la mer. Ces deux dernières années, tout a été tranquille dans ce quartier » (M. Peyron).

Voir aussi   Goulven " Description de l'église Saint-Goulven

la chapelle de Pénity (XVIème siècle – 1670). Il s'agit à l'origine d'un simple oratoire édifié sur l'emplacement de l'ermitage de saint Goulven. L'édifice de plan rectangulaire date du XVIème siècle et a été restauré en 1670 par le recteur Jean Trevien. On y trouve une statue de saint Goulven ;

l'ossuaire de l'église Saint-Goulven (1709). Cet ossuaire porte l'inscription "R. Breton R. 1709", date d'un remaniement pour le transformer en école. Au-dessous de l'ossuaire existait jadis une crypte où l'on a découvert en 1880 un bras en bois sculpté et doré contenant un autre bras en argent qui renfermait une relique de saint Goulven. L'escalier qui mène à la crypte fut muré par la suite ainsi qu'en témoignent les comptes de la fabrique : "Payé aux trois Stéphan maçons pour avoir fait la muraille de la maison des petites écoles, relevé la porte du reliquaire, tiré et fourni la pierre de taille pour cet effet et autres réparations sur les lieux dépendants de la fabrique : 208 livres 16 sols". Une porte du XVIème siècle a été remployée ;

la croix de Kerilis (XVème siècle) ;

les trois croix équidistantes, aujourd'hui disparues (mentionnées dans la Vita de saint Goulven) : Croaz-an-Draon (la croix du bas), Croaz-ar-Gouerven (la croix du ruisseau blanc) et Croaz-Prat-ar-Vern (la croix du pré du marais) matérialisaient autrefois les stations de prières de saint Goulven lors de sa procession journalière ; 

la croix Croaz-Burzud (1935), restaurée en 1959 ;

d'autres croix ou vestiges de croix : la croix du cimetière de Goulven (1490), la croix située sur un rocher ou Croas-an-Draon (XVIIème siècle), le vestige de croix de Kerouzien, la croix du cimetière de Goulven (1931), la croix de Lanvrein (XVIIème siècle). A signaler aussi des croix aujourd'hui disparues : la croix de la route de Coz-Castel, la croix de Kerzoguet ; 

la fontaine Saint-Goulven et le lavoir (XVIIème siècle) ;

la maison de Saint-Goulven (1560) ;

A signaler aussi :

l'allée couverte de Cosquer (époque néolithique). Dolmen au Cosquer, à 1 kilomètre Sud-Est du bourg ; table, 2 m. 45 sur 3 m. 45, sur six piliers formant rectangle, sur le sommet de la montagne (du Chatellier) ;

le sarcophage (encastré dans la fontaine de Saint-Goulven) ;

la digue (1824 – 1826 – 1829) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de GOULVEN

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de l'évêché de Léon reçue à Lesneven en 1481, on comptabilise la présence de 6 nobles de Goulven :

Ollivier COËTHUON (7 livres de revenu), remplacé par son fils Hervé : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Constance An FOS (400 livres de revenu), remplacée par Ollivier An Fos : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Yvon KERBIQUET (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan de LA BOUESSIERE, mineur, remplacé par Hervé Tanguy : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

Catherine LESCAZVOAL (10 livres de revenu), remplacée par Lucas Lepucze : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

Allain PERTHEVAULX (10 livres de revenu), remplacé par Yvon Nouel : porteur d'une jacque et comparaît armé d'une vouge ;

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de l'évêché de Léon reçue à Lesneven le 25 septembre 1503, plusieurs nobles de Goulven (Golven)  sont mentionnés :

Yvon Kerbiquet, en habillement d'archer à deux chevaux ;

François Parcevaux, en brigandine et javeline ;

Hervé Coethuon, en brigandine et javeline.

A la « montre » (réunion de tous les hommes d’armes) de l’évêché de Léon reçue à Saint-Renan le 24 août 1557, plusieurs nobles de Goulven et Tréflez (Goulhen et Trefles) sont mentionnés :

Hervé Coethuon (Hervé David ?) ;

Olivier de la Fosse.

(à compléter)

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