Ercé-près-Liffré : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune du canton de Liffré)

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ERCE-PRES-LIFFRE

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La commune d'Ercé-près-Liffré (pucenoire.gif (870 octets) Herzieg-Liverieg) fait partie du canton de Liffré. Ercé-près-Liffré dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de ERCE-PRES-LIFFRE

Ercé-près-Liffré vient du latin "Hirpicius". 

L'église d'Ercé-près-Liffré est mentionnée dès le XIème siècle, date à laquelle elle est vendue par ses possesseurs laïques à l'Abbaye Saint-Florent de Saumur. 

Du temps d'Eberard, abbé de Marmoutiers de 1015 à 1032, Main, comte de Bretagne, voulant contribuer au rétablissement du monastère de Gahard, donne aux religieux de Marmoutiers le tiers de l'église d'Ercé-près-Liffré, avec autant de terre qu'en peut labourer une charrue en un jour, et tous les cens et les dîmes des cens lui appartenant dans cette paroisse, ce qu'approuve Guérin, évêque de Rennes. Le prieur de Gahard recule-t-il devant la nécessité de reconstruire l'église d'Ercé, qui est alors indigente de restauration? Nous ne savons, mais il est certain que son monastère ne conserve en Ercé qu'un droit de dîme, consistant en 1263 en deux portions. A cette dernière époque, du consentement de l'évêque Maurice, le recteur d'Ercé s'engage à fournir chaque année au prieur de Gahard 11 mines de seigle, mesure de Gahard, pour lui tenir lieu de ses deux portions de dîmes. Etienne, abbé de Marmoutiers, donne son assentiment à cette transaction. En 1638, le recteur d'Ercé doit encore au prieur de Gahard « 22 charges de seigle et 20 sols de rente » (Déclaration du prieuré de Gahard). Ce qui prouve que les moines de Marmoutiers ne prennent point possession de l'église d'Ercé, c'est que peu de temps après la fondation du prieuré de Gahard, cette église est divisée en deux : une moitié dépend de l'évêque de Rennes, étant régulièrement constituée, « in medietate, presbyterorum pars et omnes episcopales vel ecclesiasticoe redditiones ab initio constituoe erant » ; et l'autre moitié est entre les mains de quatre frères, tous fils de Liswaret, et nommés Fulbert, Normant, Hervé et Lisvret. Ceux-ci, considérant un jour que les produits des dîmes et des sépultures ne sont point convenablement employés à entretenir des chevaliers, lorsque tant de religieux, de clercs, de pauvres et de pèlerins sont dans le besoin, décident de se défaire de leurs biens ecclésiastiques. 

Du temps de Conan, duc de Bretagne, qui commence à régner en 1040, et de Frédéric, abbé de Saint-Florent, qui meurt en 1055, et sous le gouvernement de Main, évêque de Rennes, les quatre chevaliers ci-dessus désignés vendent donc aux moines de l'abbaye de Saint-Florent leur moitié de l'église d'Ercé pour 6 livres de deniers manceaux, « medietatem, ecclesioe de Herciaca VI libras de denariis Cenomanentibus ». Mais, outre cet argent, les vendeurs exigent des moines la promesse qu'ils feront bâtir à pierre et à chaux le chanceau de cette église, « per talem conventionem ut monachi fecissent caput ejusdem ecclesioe de calcia et petra » ; ce qui prouve que cet édifice est alors en bois et vraisemblablement en mauvais état. De plus, les religieux doivent encore s'engager à inhumer les vendeurs, leurs soeurs, leurs fils et leurs filles sans exiger plus de 4 deniers pour leur sépulture. Enfin, comme l'église d'Ercé est dans le fief de Guithenoc, fils de Goranton, les moines de Saint-Florent donnent encore 10 sols à ce seigneur. L'évêque Main et Moyse, son archidiacre, approuvent ce contrat, et les religieux se mettent aussitôt à l'oeuvre pour construire le choeur de leur nouvelle église (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 407). 

Peu de temps après, en 1055, le même Fulbert vend encore aux moines de Saint-Florent un moulin à eau situé sur le bord de l'Islet, aux confins d'Ercé et de Gahard ; il le cède avec tous ses droits de pêche et de mouture pour 4 livres à l'un des moines, nommé Gaultier, se réservant toutefois une rente de 6 deniers sur ce moulin (Archives départementales de Maine-et-Loire). En 1224, Geffroy, recteur d'Ercé, veut, malgré l'abbé de Saint-Florent, s'emparer de toute la grande dîme de sa paroisse ; le pape Honorius charge l'abbé de Saint-Maur-sur-Loire et les prieurs de Saint-Maur et de Cunault d'examiner cette affaire ; ceux-ci donnent tort au recteur et déclarent que les moines de Saint-Florent ont droit à la moitié de la grande dîme d'Ercé (D. Huynes, Histoire ms. de Saint-Florent, 214). 

Peu à peu, toutefois, l'abbaye de Saint-Florent perd son influence à Ercé ; nous croyons qu'elle a à l'origine uni cette église, ainsi que celle de Chasné, à son prieuré de Saint­Jean-sur-Couasnon, mais cet état de choses change avec le temps. D'assez bonne heure, en effet, nous voyons l'évêque de Rennes et le trésorier de sa cathédrale se partager, à l'alternative, la présentation du recteur d'Ercé, ce qui se continue jusqu'en 1790. Le recteur d'Ercé, en 1680, lève presque toutes les dîmes de sa paroisse à la onzième gerbe ; il jouit, en outre, du presbytère, d'un jardin et d'un verger, et tient ce presbytère directement du roi (Archives départementales de Loire-Inférieure). On conserve encore les Comptes des trésoriers d'Ercé à partir de 1465 ; on y voit qu'à cette date la communion pascale exigeait 25 pots 3 chopines de vin blanc, « vallant chacun pot ouyt deniers », et deux pots de vin claret, « vallant chacun dix deniers » (Pouillé de Rennes).

L'histoire de la paroisse est intimement liée à celle de la famille Montbourcher, seigneurs du Bordage depuis le début du XIVème siècle. Cette châtellenie est érigée en marquisat en 1656. Au milieu du XVIème siècle, la famille est convertie au protestantisme et à partir de 1563, une église réformée se développe. La paroisse d'Ercé-près-Liffré dépendait autrefois de l'ancien évêché de Rennes.

On rencontre les appellations suivantes : ecclesia de Herciaca (en 1030), ecclesia Hercei (en 1055), Herceium (en 1263), Erceyum prope Gahardum (en 1516).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse d'Ercé-près-Liffré : Geffroy, "Gauffridus rector ecclesie de Erceio" (en 1224), Jacques de Quincé (décédé en 1411), Urbain Ignac (en 1605), Julien Mauger (décédé vers 1639), Pierre Bidault (1639-1642), Etienne Horvais, Maurice Louvoyer, Jacques Giron (vers 1680), Julien Jarret (avant 1681), Gervais Huchet (en 1681 et en 1687), Denis Besnard (1690-1700), François Chevillard (1700-1734), Jean Gaultray (1734-1782), Jean-François Saudrais (1782-1789 et 1803-1808), Pierre Legorre (1803-1813), Jean-Alain Bachelot (1813-1815), N... Leroux (en 1816), Jean-Alain Bachelot (1816-1817), Joseph Tostivint (1817-1823), Jean-Julien Legenvre (1823-1827), Charles-Louis Morel (1827-1844), Marie-François-Pascal Allys (1844-1851), Noël Gaspais (1851-1855), Guillaume Maillard (1855-1874), François Allaire (à partir de 1874), .....

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PATRIMOINE de ERCE-PRES-LIFFRE

 

l'église Saint-Jean-Baptiste (1847-1849-1867), reconstruite d'après les plans des architectes Jean Marie Anger de La Loriais et Lagarde. Cette église remplace une église primitive mentionnée dès le XIème siècle. L'ancienne église de Saint-Jean-Baptiste d'Ercé n'existe plus. On dit qu'elle était petite et irrégulière. Des registres de Comptes nous apprennent qu'on y fit des travaux en 1465 et qu'elle avait en 1651 deux chapelles dites la Vieille-Chapelle et la Chapelle-Neuve. On y voyait en 1664 les autels de Notre-Dame, de Saint-Sébastien et de Saint-Fiacre. La confrérie du Rosaire y fut établie probablement en 1669, car c'est à cette date qu'on posa le tableau du Rosaire sur l'autel de ce nom. Quant à la confrérie de Saint-Fiacre, elle est mentionnée en 1684, mais elle devait être plus ancienne. La Chapelle-Neuve de cette église était dédiée à la Sainte Vierge, et on y posa en 1651 les armoiries du seigneur d'Ercé. Il paraît que le manoir du Plessis d'Ercé, appartenant en 1427 à Thomas de Québriac, était primitivement la terre seigneuriale de la paroisse. Mais le seigneur du Bordage acquit avant 1513 le Plessis d'Ercé et l'unit au Bordage. Aussi en 1680 René de Montbourcher, marquis du Bordage, faisant sa déclaration de la seigneurie du Plessis d'Ercé (ou Plessix-d'Ercé), déclara qu'à cause de son Grand bailliage d'Ercé, il avait droit de supériorité, fondation et prééminence dans l'église d'Ercé, « dans laquelle il a seul banc à queue et pierre tombale au chanceau, du costé de l'évangile, avec litre et écussons en relief et peinture ». La nouvelle église d'Ercé, commencée en 1847, a été terminée en 1849. C'est un édifice en plein cintre, composé de trois petites nefs, d'un transept et d'une abside. On y conserve un joli calice en argent repoussé portant cette inscription : Ce présent calice a esté donné à la paroisse de st jan d'Ercé par Michel Le Mounier et Julienne Gandon sa compagne 1653 (Pouillé de Rennes). La maîtresse-vitre de l'ancienne église portait les armes de la famille Montbourcher. On y trouve un cadran solaire qui date de 1643 ;   

le manoir du Rocher des Amis ou Rocher-Doulxamy (XVIème siècle). Ce manoir relevait de la seigneurie du Bordage et appartenait à la famille Doulxamy en 1427 et en 1513. Puis il passe successivement entre les mains des familles Jehors, seigneurs de Quincampoix, Hayers, seigneurs de la Touche (en 1570 et en 1702). Il relevait de la seigneurie du Bordage ;   

la fontaine du Bonnet (XVIème siècle) ;   

le château du Bordage (XVI-XVIIème siècle). Le Bordage, châtellenie d'ancienneté érigée en marquisat en 1656, appartient pendant des siècles à la famille de Montbourcher. Le château est pris par les Ligueurs en 1589 et il est fortifié en 1597. Il est surtout connu à cause de l'église prétendue réformée que le seigneur de Montbourcher y fonde en 1563. Les protestants persistent en Ercé jusqu'en 1701. Le château était entouré de murs et de douves. Les murs étaient flanqués de sept tours, dont quatre aux angles et trois sur les courtines est, sud et ouest. La châtellenie est érigée en marquisat en 1656 et possédait jadis un droit de haute justice. Il relevait de la baronnie de Vitré. Le château est ruiné pendant la Révolution. Le portail date du XVIII-XIXème siècle. Propriété successive des familles Montbourcher (en 1312), Franquetot, ducs de Coigny (en 1744), Montbourcher, seigneurs de la Magnane (en 1788) ;

Nota : DEUX LETTRES INÉDITES D'HENRI IV. — Ces deux lettres sont adressées à M. René de Montbourcher, sieur du Bordage, l'un des plus braves gentilshommes du parti protestant dans l'évêché de Rennes. La première missive, datée de Bergerac le 14 avril 1588, est antérieure à la mort d'Henri III. L'autre, au contraire, du 19 octobre 1589, a été écrite par Henri IV depuis son avènement au trône de France : « A Monsr. du Bourdage. — Monsr. du Bourdage, j'ay esté bien ayse d'entendre par le sr. de Montmartin la bonne volunté que me portez. De quoy je vous ay bien voulu remercyer par la presente et vous prier me la continuer, avec asseurance que je le recongnoistray où j'en auray le moien. Le dit sr. de Montmartin vous dira de mes nouvelles et ce que je luy ay commandé. Sur lequel me remettant ne vous en diray davantaige que pour vous prier de le croyre comme moy mesure, et Dieu vous avoyr, Mr. de (sic) Bourdage, en sa sainte et digne garde. De Bragerac, ce XIIIIe d'avril 1588. Vostre byen bon et assuré amy, (signé) HENRY ». « A Monsr. du Bordaige, cappitaine de cinquante hommes d'armes de mes ordonnances. — Monsr. du Bordaige, j'ay infiniment agreables les services que vous avez faict au feu Roy mon seigneur et frère et à moy, ayant conservé ma ville de Vitrey contre mes ennemys rebelles ; et vous pouvez asseurer que je recongnoistray ce bon service en ce qui s'offrira pour vostre bien et advancement ; ce que j'eusse faict tres volontiers en la charge et gouvernement de Vitrey, s'il eust esté vaccant. Mais il se trouve que Mommartin (sic) est pourveu de la cappitainerye dudict Vitrey par le feu sr de Laval, et que le sr d'Allegre, oncle du sr. de Laval qui est à présent, a esté pourveu par le feu Roy du gouvernement dudict Vitrey, à pas ung desquelz je ne les puis oster sans leur faire tort, ayant tous deux bien servy comme ilz ont faict. Mais asseurez-vous que s'offrant autre occasion, vous en serez gratiffié. Cependant continuez de me bien servir, soit prez de mon cousin le prince de Dombes ou bien pour me venir trouver en mon armée, et croyez que je le recongnoistray. Et en ceste volonté je prie Dieu qu'il vous ayt, Monsr. du Bordaige, en sa sainte garde. Escrit au camp, à Dieppe, le XIXe jour d'octobre 1589. Je suys fort contant du seruyce que maués fayt et le recongnoystray quand loccasyon sofryra. (Signé) HENRY, (et plus bas) POTIER ». A signaler que René II de Montbourcher, seigneur du Bordage, chef de la branche cadette des Montbourcher, fils de François de Montbourcher et de Jeanne de Malestroit, épousa en 1574 demoiselle Françoise de Montbourcher, fille et unique héritière de René I, sire de Montbourcher, dernier male de la branche aînée de cette famille, qui se trouva par ce mariage fondue en la cadette. René II vivait encore en 1608, d'après une pièce citée par Hévin dans sa généalogie. Parmi les autres titres que Hévin analyse, je remarque une lettre du prince de Dombes, du 10 juillet 1590, autorisant René de Montbourcher à « faire fondre deux pièces de campaigne et autre nombre de fauconneaux qu'il jugera lui estre necessere » pour défendre sa maison du Bordage ; — une commission donnée le 8 août 1592 par le duc de Montpensier au même René de Montbourcher « pour lever et mettre sus une compagnye de trante troys hommes de guerre montez et armez à la ligere, » destinés à tenir garnison au Bordage. — « Des lettres patentes du roi Henry IV, portant permission audit sr du Bordage de faire fortifier sa maison, du 28 janvier 1597 ». — « Une commission pour lever cinquante hommes d'armes pour le service de Sa Majesté, du 11 juin 1597 ». — etc. (A. L. B.).

l'ancien octroi (XVI-XVIIème siècle) de L'Aubriais ;   

le manoir de la Mézerette (XVIII-XIXème siècle). Il avait autrefois une chapelle privative. Le cadran solaire date de 1750 ;   

le lavoir (XIXème siècle), situé au lieu-dit Bon-Air ;   

le relais de diligences (XIXème siècle) situé au lieu-dit Bon-Air ;   

2 moulins dont celui de Moulins-Neufs et celui de Tahan ; 

A signaler aussi : 

le menhir de la Bas-Rocher (époque néolithique) ;   

l'ancien manoir des Cochinais. Il était à la famille Guyot en 1753 ;   

l'ancien manoir de la Champagnaye. Propriété successive des familles André, seigneurs de Launay, Prud'homme (en 1512), Montbourcher (en 1539 et 1665) ;   

l'ancien manoir de l'Aubressonnière. Il était à la famille Godier en 1685 ;   

l'ancien manoir de la Sudairie ;   

l'ancien manoir de l'Estourbeillonnaye. Propriété successive des familles Estourbeillon (en 1093), Montbourcher (en 1313 et 1427), Madeuc, seigneurs de Guémadeuc, Lorgeril, Rohan (en 1513), Maure (avant 1547), Gédouin, seigneurs de la Dobiaye (vers 1547), Beaucé (au XVIIème siècle), Belinaye (en 1687), puis du marquis du Bordage (en 1789) ;   

l'ancien manoir de Néraunay. Il était à la famille Beaulieu en 1685 ;   

l'ancien manoir du Plessis-d'Ercé. Il avait un droit de haute justice. A la seigneurie du Plessis d'Ercé étaient aussi attachés le droit de quintaine sur tous les nouveaux mariés d'Ercé, et celui de tenir à Ercé un marché tous les mardis et quatre foires par an. Propriété successive des familles Québriac (en 1427), Montbourcher (vers 1429) ;   

les anciens manoirs de la Haute et de la Basse-Touche. La Haute-Touche était aux seigneurs de Châteaugiron en 1427. Puis propriété successive des familles Estourbeillon (en 1439), Busson, seigneurs de Gazon (en 1455), Saint-Pern (en 1539), de Hayers (en 1684). Il relevait de la seigneurie du Bordage. La Basse-Touche était à la famille Dangeon (en 1455 et 1513), à la famille Cherrueix (en 1690), puis à la famille Hayers (en 1741) ;   

l'ancien manoir de la Roberdière ;   

l'ancien manoir du Val. Il était à la famille de la Porte en 1615 et à la famille Beaumont au XVIIIème siècle ;   

l'ancien manoir de la Boucherie. Propriété de la famille Boucherie, il est anobli en 1476. Propriété successive des familles Cordier, seigneurs du Ronceray (vers 1577 et en 1680), Costard (en 1690). Il relevait de la seigneurie du Bordage ;   

l'ancien manoir de la Rivière-Bodin. Il était à la famille Montbourcher en 1454 ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de ERCE-PRES-LIFFRE

Le marquisat du Bordage : Comme les deux châteaux qui précèdent, le Bordage fut une forteresse au moyen âge, mais moins heureux qu'eux il n'a pas vu de nos jours relever ses tours et reconstruire ses murailles. L'histoire de cette place forte et des puissants seigneurs qui l'habitèrent depuis le XIVème siècle serait bien intéressante à écrire et nous regrettons de n'en pouvoir donner ici qu'un simple résumé. Le premier seigneur du Bordage connu est Renaud Ier de Montbourcher, auquel en 1312 le duc Jean III accorda les droits d'usage dans ses forêts de Rennes et de Liffré (Arrêts de Frain, 536. Ce droit fut confirmé par Henri IV, en 1595). Ce Renaud était le second fils de Geoffroy, sire de Montbourcher en Vignoc, ayant pris la croix en 1271 pour accompagner en Terre-Sainte le duc Jean Le Roux, et de Tiphaine de Tinténiac. Renaud fut garde des sceaux du duc de Bretagne et épousa : 1° Anne de Saint-Brice, 2° Catherine de Coësmes. Bertrand de Montbourcher, son fils, fut ensuite seigneur du Bordage et épousa Mahaud Gouyon dont il eut Renaud II de Montbourcher, vaillant compagnon de du Guesclin en Espagne et seigneur du Bordage, mari d'Honorée Raguenel. C'est cette dernière dame qui le 2 juin 1368 favorisa l'établissement à Rennes des dominicains, en leur permettant de construire dans son fief leur monastère de Bonne-Nouvelle (Archives d'Ille-et-Vilaine, 1, H, 5). Renaud II laissa deux fils, Alain et Simon, qui furent successivement seigneurs du Bordage. Le premier décéda en mars 1390, n'ayant eu de Jeanne Le Vayer sa femme qu'un fils nommé Bertrand, mort sans postérité. Quant à Simon de Montbourcher, écuyer du duc de Bretagne dès 1380, il épousa en 1392 Tiphaine de Champaigné, dont il eut Bertrand de Montboucher, seigneur du Bordage en 1427 (Archives de Loire-Inférieure). Ce Bertrand s'unit d'abord à Jeanne de Beloczac, puis en 1429 à Jeanne de Québriac, dame de Chasné ; il fut chambellan du duc de Bretagne en 1426, puis capitaine de Saint-Aubin du Cormier en 1434, et mourut le 12 juillet 1454. Il laissa deux fils, seigneurs du Bordage l'un après l'autre : François, qui n'eut pas d'enfant de sa femme Catherine de Lesbiet, et René III, marié à Béatrice de la Duchaye. Ce dernier fut tué en 1488 à la rencontre de Saint-Aubin-du-Cormier, laissant deux enfants, Arthur, qui mourut jeune, et René. René IV de Montboucher, seigneur du Bordage, rendit aveu pour cette terre le 3 janvier 1499, comme héritier de son père et de son frère aîné (Archives d'Ille-et-Vilaine) ; il fut gouverneur de Rennes et lieutenant général en Bretagne, et décéda le 24 juillet 1540. De son mariage avec Raoulette Thierry, fille du seigneur du Boisorcant, il laissa François de Montbourcher, son successeur. Ce dernier seigneur du Bordage épousa : 1° Jeanne de Malestroit, dame de Saint-Gilles, dont il était veuf en 1563 ; 2° Bonaventure de Belouan, dame du Bois de la Motte. Du premier lit sortit René V de Montbourcher, seigneur du Bordage, gouverneur de Vitré et chevalier des ordres du roi, qui s'unit en 1574 à sa parente Françoise de Montbourcher, dame de Montbourcher et du Pinel. Cette union ne fut pas heureuse, si l'on en croit le Journal de Pichart (Dom Morice, Preuve de l'Histoire de Bretagne, III, 1725 et 1731), et le sire du Bordage mourut, empoisonné, dit-on, le 23 janvier 1593. Son fils, René VI de Montbourcher, seigneur du Bordage, appartenait, comme son père et son grand-père, à la religion prétendue réformée ; il épousa aussi une protestante à Laval, le 10 octobre 1604, Elisabeth du Boays de Mesneuf. Il se distingua durant les guerres de la Ligne et fut l'un des plus braves gentilhommes de son temps ; il mourut aux Etats de Nantes en 1647, et sa veuve lui survécut jusqu'au 5 novembre 1657. René VII de Montbourcher, fils des précédents et seigneur du Bordage, épousa Marthe Durcot, dame de la Grève, et obtint en 1656 l'érection en marquisat de sa seigneurie du Bordage. René VIII de Montbourcher, son fils, marquis du Bordage, prit part aux guerres de Louis XIV et abjura le protestantisme ; devenu maréchal de camp, il fut tué au siège de Philippsbourg, dans la nuit du 19 au 20 janvier 1688 (Voir Lettres de Mme de Sévigné, VIII, 223). Il avait épousé en 1669 Elisabeth Gouyon, fille et héritière du marquis de la Moussaye, qui mourut elle-même en 1701. De cette union sortirent deux enfants : René-Amaury de Montbourcher, marquis du Bordage, décédé à Paris, âgé de 73 ans, sans avoir contracté d'alliance, en 1744, — et Henriette de Montbourcher, baptisée en 1671 au temple protestant de Cleusné, près de Rennes, et mariée en 1699 à François de Franquetot, duc de Coigny. La duchesse de Coigny, héritière de son frère, devint marquise du Bordage, et laissa, en mourant le 8 octobre 1751, cette seigneurie à ses petits-enfants nés de Jean-Antoine de Franquetot, mort dès 1748, et de Marie-Thérèse de Nevet ; ils en rendirent aveu au roi le 20 mai 1752. L'aîné d'entre eux, François-Henry de Franquetot, fut duc de Coigny à la mort de son grand-père, décédé en 1759, et marquis du Bordage ; il avait épousé en 1755 Marie-Jeanne de Bonnevie, morte dès 1757. Ce fut ce seigneur, pair de France et gouverneur de Caen et de Cambrai, qui vendit, le 23 avril 1788, le marquisat du Bordage à René-François de Montbourcher, seigneur de la Magnanne en Andouillé, pour 450 000 livres, y compris le mobilier du château estimé 60 000 livres. René-François de Montbourcher, devenu Marquis du Bordage, émigra, et son château du Bordage fut vendu nationalement 10 000 livres, le 4 mai 1793. Il avait épousé en 1776 Joséphine de Kersauson, qui mourut à la Magnanne en 1822 ; lui-même la suivit dans la tombe en 1835. 

Le Bordage, châtellenie d'ancienneté, relevait de la baronnie de Vitré. En 1565 le roi Charles IX y unit les deux autres châtellenies de Chasné et de Mezières, situées dans les paroisses de mêmes noms. Par ses lettres patentes de mai 1656, enregistrées au Parlement le 13 octobre suivant, Louis XIV unit encore au Bordage les châtellenies de Montbourcher en Vignoc et de Sérigné en Liffré, et érigea le tout en marquisat sous le titre de marquisat du Bordage (Archives du Parlement de Bretagne). Ce qui dans cette nouvelle seigneurie ne relevait pas de Vitré, relevait directement du roi. Le marquisat du Bordage ayant « sept lieues de longueur sur quatre de largeur » (Procès verbal du Bordage en 1656, publié par la Revue Historique de l'Ouest, VIII, documents, 183) se composait donc de ce qui suit : Le château du Bordage que nous décrirons plus loin - les anciens châteaux fortifiés de la Salle de Chasné, Mézières et Montbourcher, les anciens manoirs du Bourg d'Ercé, du Plessix-d'Ercé, de la Rivière, de la Champagnaye et de l'Estourbillonnaye ; les métairies de Launay, l'Estourbillonnaye, la Riollaye, le Plessix-d'Ercé, le Clos-Lohy, la Rivière-Bodin, le Mesnil, la Champagnaye, le Bourg-d'Ercé, les Fontaines, la Salle de Chasné et Montbourcher ; les moulins de Tahan, Janson, la Prée, Graffard, Quincampoix et les Moulins-Neufs ; plusieurs étangs et grands bois, notamment la forêt de Cheusève, etc. (Archives de Loire-Inférieure). Au point de vue féodal, les cinq châtellenies composant le marquisat du Bordage comprenaient une grande quantité de fiefs s'étendant dans les paroisses d'Ercé, Chasné, Saint-Aubin d'Aubigné, Mézières, Vignoc, Saint-Médard, Gahard, Liffré, la Bouexière, Dourdain, Gosné, la Mezière, et dans les paroisses circonvoisines. La juridiction en haute justice s'exerçait en deux auditoires, l'un au bourg d'Ercé où l'on jugeait les causes des vasseaux du Bordage, de Chasné, de Sérigné, de Mezières, de l'Estourbillonnaye et de la Tourniolle (nota : Les petites seigneuries de la Tourniolle et de l'Estourbillonnaye en Ercé avaient été également unies au marquisat du Bordage), l'autre au bourg de Vignoc pour les hommes de la châtellenie de Montbourcher. Au bourg d'Ercé le sire du Bordage avait ses prisons, ceps et collier pour punir les malfaiteurs, et sur la lande d'Ercé, dans l'enclave de son fiel de Vitré, des fourches patibulaires à quatre piliers. — A Vignoc, comme seigneur de Montbourcher, il avait pareillement sur la place du bourg un poteau à ses armes avec des ceps et un collier de fer, et sur le commun des Bas-Champs, joignant le grand chemin de Rennes, un autre gibet à quatre pots comme celui d'Ercé. — A Dourdain, en qualité de seigneur de Sérigné, il avait aussi des ceps et collier dans le bourg et une potence à quatre piliers sur la lande de Guinebert. — Les mêmes droits de haut justicier lui appartenaient à Chasné et à Mézières. Du marquisat du Bordage relevaient un grand nombre de maisons nobles et de seigneuries : le Rocher-Douxemy, la Haute-Touche et la Boucherie en Ercé ; la Roualle, le Haut-Nullier et la Guinardaye en Chasné ; la Morlaye et la Grandaye en Saint-Aubin­d'Aubigné ; la Giraudaye, la Retaye, la Scardaye, la Ville-Ollivier et la Roussière en Mézières ; le manoir de Sérigné en Liffré, la Normaudaye et le Plessix-Pillet en Dourdain, l'Aubouclère en Gosné, etc. Au marquis du Bordage appartenait encore le droit de faire courir quintaine dans trois paroisses : à Ercé, à Chasné et à Vignoc ; chaque année, ce devoir incombait aux derniers mariés desdites paroisses. Il avait aussi des halles à Ercé et à Vignoc, ayant droit d'y tenir, à Ercé, un marché tous les mardis et quatre foires par an, et à Vignoc un marché tous les vendredis et une foire le premier jour d'août. A toutes ces foires lui appartenait, en outre des coutumes ordinaires, un droit de bouteillage consistant en deux pots par pipe de cidre ou de vin. Un autre droit, bon à signaler, consistait en ce que le seigneur du Bordage se réservait le choix du maître d'école chargé d'enseigner les enfants de ces seigneuries, notamment en la paroisse de Chasné. Il serait bien intéressant de faire connaître les intersignes des droits de supériorité, fondation et prééminence qu'avait le marquis du Bordage dans les églises et chapelles situées dans ses fiefs ; mais ici encore il nous faut abréger. Citons toutefois quelques extraits du curieux Procès-Verbal de 1656. En l'église d'Ercé se trouvaient une maîtresse-vitre, présentant peintes en bannière les armoiries de Montbourcher : d'or à trois channes de gueules : dans le chanceau, du côté de l'évangile, « trois pierres tombales armoyées des mesmes armes », et un banc à queue également réservé au seigneur. De chaque côté de ce chanceau étaient les chapelles Notre-Dame et Saint-Sébastien, ornées l'une et l'autre des écussons du Bordage sculptés sur les clefs de voûte et peints dans les vitraux. Ces armoiries formaient aussi une ceinture extérieure à l'église tout entière. — L'église de Chasné présentait les mêmes armes de Montbourcher alliées à celles de Québriac dans ses verrières et sur ses murailles. — En l'église de Dourdain les blasons des Montbourcher se retrouvaient dans la grande verrière du choeur et dans les deux chapelles accompagnant le chanceau ; devant le grand autel était une pierre tombale armoriée, présentant en une longue épitaphe toute une suite généalogique des sires de Montbourcher ; la litre de cette église se composait extérieurement de douze grands écussons sculptés en pierre aux armes de Montbourcher. — Dans les églises de Mézières, Gosné et Sérigné, c'était à peu près le même luxe d'intersignes en faveur du seigneur du Bordage. — Enfin l'église de Vignoc conservait une intéressante verrière représentant un chevalier de la maison de Montbourcher, présenté à Dieu par son saint patron et revêtu d'une cotte de mailles blasonnée de ses armoiries ; les mêmes armes de Montbourcher se voyaient en outre dans les autres vitraux, sur les clefs de voûte, en lisières intérieure et extérieure, et sur plusieurs tombeaux dont l'un offrait encore l'effigie d'un chevalier. Comme dans les autres églises, on voyait aussi à Vignoc, près de l'enfeu prohibitif, le banc à queue du sire de Montbourcher. 

Parlons maintenant du château du Bordage. Pendant la Ligue, le seigneur du Bordage, avons-nous dit, zélé protestant, tenait pour le parti des Royaux ; cela n'empêcha pas les Ligueurs de s'emparer de son château et d'y demeurer les maîtres pendant cinq mois en 1589 (Journal de Pichart, Dom Morice : Preuves de l'Histoire de Bretagne, III, 1703). René de Montbourcher, étant au mois d'août de cette année-là rentré chez lui, résolut de s'y mieux défendre : il obtint en 1590 du prince de Dombes, lieutenant général du roi en Bretagne, permission de « fondre deux pièces de campaigne et autre nombre de fauconneaux qu'il jugera lui estre nécessaires pour détendre sa maison du Bordage » (Mel, Histoire de Bretagne, I, 11). L'année suivante, le même prince de Dombes envoya cinquante arquebusiers, sous la conduite du capitaine La Ronce, tenir garnison au Bordage. Cette troupe s'y trouvait encore en 1592 renforcée de « trente-trois hommes de guerre montés et armés à la légère » que commandait René de Montbourcher lui-même (Archives d'Ille-et-Vilaine, C, 3669). Enfin en 1597 Henri IV permit au seigneur du Bordage d'augmenter les fortifications de son château et l'autorisa à lever une compagnie de cinquante hommes d'armes pour le défendre. Le château du Bordage devait être en 1656 à peu près tel qu'au temps de la Ligue. En voici la description d'après le Procès-Verbal déjà cité :  « Au nord du château quatre longues et larges avenues d'arbres aboutissaient à une grande place occupée par un jeu de paume et un manège » ; tout près étaient « les douves et fossés du chasteau à fonds de cuve, contenant 60 pieds, de largeur avec un chemin couvert le long d'icelles et une casematte ». A l'entrée du Bordage « un pont dormant contenait 49 pieds de longueur, fermé d'un bout de sa herse et de l'autre de deux ponts-levis attachés au portail et principale entrée du chasteau défendue par deux corps de garde et deux culs de lampe de pierres de taille ; sur ledit portail (étaient sculptés) huit écussons en bannières, trois desquels portent chacun trois channes, avec le collier de l'ordre de Saint-Michel ». Ce portail faisait partie de la courtine septentrionale du château terminée par « deux grosses tours de 70 pieds de hauteur basties de pierres de taille ». Le Bordage formait en effet un grand carré défendu de tours à chacun de ses angles, plus un donjon et une sixième tour au milieu de la courtine occidentale, servant de magasin de guerre et pleine de « mousquets, boulets de canon, pestards, et 18 à 20 cacques de poudre, pour la défense dudit chasteau ». Une septième tour contenait l'horloge de la forteresse, enfin une huitième et dernière tour renfermait une poterne, avec un petit pont-levis du côté des jardins. Des quatre grosses tours d'angle, la première « voultée de pierres avec trois étages » se terminait par une « plate-forme de pierres de taille avec ses parapets et embrasures » ; — la deuxième était « composée de quatre étages avec ses ouvertures sur les douves, les chambres contenant 24 pieds de dedans en dedans, et les murailles 18 pieds d'épaisseur, et sur le quatriesme étage une plate-forme couverte de plomb avec cinq embrasures dans chacune desquelles sont deux fauconneaux de fonte » ; — la troisième se trouvait « garnie de ses embrasures avec quatre longues couleuvrines de fonte, montées sur leur affuz, deux desquelles sont armoyées des armes de Montbourcher » ; — enfin la quatrième était de pareille grosseur que les précédentes, mais « n'est eslevée que d'un étage ». Vis-à-vis de la tour du magasin s'élevait à l'orient le donjon présentant sur ses murailles un écusson écartelé de Montbourcher et de Bretagne (nota : ce blason se retrouve sur un sceau de François de Montbourcher, seigneur du Bordage, en 1554). C'était « une grosse tour composée de cinq étages dans lesquels sont de grandes chambres et cabinets, ladite tour avec ses machicoulis par appels et galeries, paroist par la structure et antiquité de son bastiment estre l'ancien chasteau et demeure des seigneurs du Bordage, defendue du costé du midy d'une grande douve à fonds de cuve de 60 pieds de largeur remplie d'eau ». L'enceinte fortifiée du Bordage était divisée intérieurement en deux parties par les écuries et bâtiments de service ; on appelait avant-cour la portion avoisinant le grand portail ; dans la cour proprement dite se trouvait le logis seigneurial composé de « caves, cuisines, offices, salles hautes et basses, chambres, antichambres et cabinets, richement meublés avec leurs alcoves et estrades, faisant six appartements complets et parfaits ». Le logis était accompagné d'une galerie de 140 pieds de longueur et de 21 pieds de largeur, « à trois étages, par le bas à portiques, et au second étage de douze croisées ». D'après la tradition, cette galerie conduisait au prêche huguenot qui avait au XVIème siècle remplacé la chapelle des premiers sires de Montbourcher. Enfin, au milieu de cette cour d'honneur, jaillissait « un jet d'eau dans son bassin de pierres de taille ». Tout le château était, en outre, cerné d'une terrasse avec contrescarpes et doubles fossés remplis par les eaux de l'Islette, ce qui augmentait encore la fortification de la place dont l'ensemble ne comprenait pas moins de quatre journaux de terre. De cette importante construction féodale il ne reste aujourd'hui que la base de deux tours ruinées et les anciens logements de service qu'habitent les propriétaires actuels ; tout le reste a été détruit par la Révolution. Nous avons nommé le prêche ou temple protestant du Bordage ; c'est vers 1563 que François de Montbourcher fit prêcher l'hérésie dans ses terres et installa dans son château un ministre hérétique qui fonda ce qu'on appela l'église du Bordage et d'Ercé ; l'erreur, grâce au seigneur du lieu, se maintint dans la contrée jusqu'en 1701, époque à laquelle ce qu'il y restait de huguenots fit son abjuration. D'ailleurs, quinze ans auparavant, René VIII de Montbourcher, marquis du Bordage, et René-Amaury, son fils, avaient  eux-même renoncé à l'hérésie en rentrant au gironde l'Eglise catholique (Vaurigaud, Histoire des églises réformées de Bretagne, I, 122, et III, 117 et 187). Maintenant encore l'on montre près du château un champ qui porte le nom significatif de cimetière des Huguenots : c'est le dernier vestige matériel du passage de l'hérésie à Ercé. Comme l'on voit, l'histoire du Bordage et de ses seigneurs n'est point dépourvue d'intérêt et deviendrait facilement l'objet d'une étude historique plus étendue (abbé Guillotin de Corson).

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Eon Pofraie et Jean Rabouillet, plusieurs nobles sont mentionnés à Ercé-près-Liffré (75 contribuants, 26 mendiants) :

Monsieur Thomas de Quebriac, sr. du manoir du Plesseix ;  

L'hôtel de la Tousche qui fut à la maison de Chateaugiron ;  

Jean Doulxami (Doulxamy), sr. de la métairie du Rocher ;  

Honorée de Monbourcher (Montbourcher), dame de l'hôtel de Lestourbreillonnage (l'Etstourbeillonnaye) ;  

Bertrand de Monbourcher (Montbourcher), sr. du Bordage.

(à compléter)

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