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BRELEVENEZ

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La commune de Brélévenez (pucenoire.gif (870 octets) Brelevenez) fut fusionnée avec la commune de Lannion en 1961. Brélévenez dépend du canton de Lannion, de l'arrondissement de Lannion, du département des Côtes d'Armor (Trégor - Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de BRELEVENEZ

Brélévenez est composé des deux mots celtiques « bre levenez », dont la signification littérale est « mont joie » ou « montagne de la joie ». La commune de Brélévenez doit cette dénomination à sa situation sur une colline élevée.

Brélévenez est un démembrement de la paroisse primitive de Pleumeur-Bodou (la partie ouest de Brélévenez) et de la paroisse primitive de Louannec (la partie est de Brélévenez). Brélévenez est mentionnée comme paroisse dès 1330 (procès de canonisation de Saint-Yves). On trouve dans la paroisse de Brélévenez une dîme due au sire de Coëtfrec sous le nom de "dîme du Vicomte". On observe aussi que Coëtfrec mouvait de Runefau, fief de la maison de Dinan, et qu'en 1294 Rolland de Dinan tenait justement un fief du Vicomte. La commune de Brélévenez est annexée à Lannion en 1961.

Le 27 mars 1351, Huon de Saint-Yvon, né dans la paroisse de Brélévenez participe avec Robert de Beaumanoir au combat des Trente. Le 28 octobre 1597, des volontaires commandés par Villechapin, abbé de la confrérie des tisserands de Brélévenez affrontent La Fontenelle et ses hommes. Villechapin est tué dans ce combat. 

Avant la Révolution, la paroisse de Brélévenez relevait du roi ; elle dépendait de l'évêché de Tréguier et avait Lannion pour subdélégation et pour ressort. La cure était à l'ordinaire.

On rencontre les appellations suivantes : Par. de Brelevenez (en 1330), eccl. de Rusque alias Brellevenez (fin XIVème siècle), Brelevenez (en 1394).

Note : la commune de Brélévenez est formée des villages : Leurgam, Goasvoen, Traou-ar-Prad, Kerampoudou, Saint-Roch, Saint-Pierre, Poulhay-Huellan, Poulhay-Isellan, le Hingard-Isellan, Couvent-Dauphin, Pouldiguay, Saint-Hugeon, Kerian, Kerabin, Kerevoan, Mezmeur, le Cruguil, Kerbodec, Lan-ar-Moudet, le Launay, Norvalin, Poularden, Poul-an-Asen, Coat-Isach, Crec'hlan-Bras, Pouldu, le Cozquer, Guergamp-ar-Pap, an Vodes-Vras, etc....

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PATRIMOINE de BRELEVENEZ

l'église de la Trinité (vers 1200 – début XVème siècle), jadis appelée Notre-Dame des Neiges. Elle est construite en haut de la colline du Crec'h Tanet, auquel on accède par un escalier de 138 (ou 140) marches, bordé de maisons construites au début du XIXème siècle. 

les escaliers de Brélevenez

L'église a subi des remaniements aux XIVème, XVème et XVIIème siècles. A l'extérieur : le chevet et le porche sud datent du XIIème siècle ; le porche est surmonté de trois piliers du XVIIème siècle. Le clocher et la flèche datent du XVème siècle. La crypte, refaite au XVIIIème siècle, remonte au XIIème siècle. La mise au tombeau, qui se trouve dans la crypte, date du XVIIIème siècle. Le reliquaire d'attache, en granit rose, date du XVème siècle. L’ossuaire est du XV-XVIème siècle : il jouxtait autrefois une chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié ou des Cinq Plaies. Les fonds baptismaux sont du XVIème siècle. A l'intérieur : les quatre retables datent du XVIIème siècle et la chaire à prêcher date du XVIIIème siècle. Le retable de la confrérie des Tisserands, en bois polychrome, oeuvre de l'atelier Guérin (à Lannion), date du XVIIème siècle : il a été offert par les tisserands de Crec'h Tanet. Le retable du maître-autel, en marbre noir et tuffeau, oeuvre d'Olivier Martinet (de Laval), date du XVIIème siècle : il a été commandé en 1660 par le comte de Lannion et son épouse Jeanne de Bellingant (en haut est représentée Notre-Dame de Montjoie). Le retable de la confrérie des Trépassés, en bois, située dans la chapelle nord, date du XVIIème siècle. Des bénitiers parmi lesquels un praebendarium du XIIème siècle. Un chemin de Croix et un buffet d'orgue sculptés au XIXème siècle par Philippe Le Merer, orgues du facteur Heyer (fin XIXème siècle). 

Cette église a été édifiée par les religieux du Temple. Les Templiers en effet possédaient des domaines dans la paroisse de Brélévenez. A noter d’ailleurs que l’on a découvert à l’intérieur d’une des chapelles de l’église elle-même, plusieurs pierres tombales sur lesquelles étaient gravés les croix et les insignes de l’ordre du Temple. Le chevalier Godeffroy de Kermel fonde en 1421 la chapellenie de Sainte Marguerite. L'église est fortifiée à la fin du XIVème siècle par le comte de Penthièvre et le connétable de Clisson. Elle est temporairement remplacée, comme église paroissiale, par la chapelle Saint-Pierre du Rusquet (ou Rusket). Elle prendra le relais de l'église du Rusquet, comme paroisse, au XVIIIème siècle ; 

Nota 1 : Voici ce que dit le chevalier de Fréminville : " En parcourant récemment le littoral du département des Côtes-du-Nord, j'ai examiné, près de Lannion, l'église très remarquable de Brélévennez, bâtie sur une hauteur qui domine cette ville et d'un effet des plus pittoresques. Une tradition généralement répandue en attribue l'édification aux Templiers. Cette église, comme la grande majorité de celles qui nous restent de l'ancienne France, présente dans ses constructions le cachet d'époques différentes ; on peut ici en remarquer au moins deux. La presque totalité de l'édifice et surtout son portail, sont évidemment du XIIème siècle. La façade et la porte qui est au-dessous du clocher sont d'un temps plus récent et d'un style d'architecture qui annonce la fin du XIVème siècle. L'église de Brélévennez est fort grande. Son portail latéral est en ogive, mais c'est l'ogive primitive très surbaissée, celle qui a suivi immédiatement le plein cintre roman. Ses arceaux sont ici encore accompagnés de ces moulures en zig-zag, ornement très fréquent des arcades de l'architecture romane, et qui disparaît totalement dans nos édifices après la première moitié du XIIème siècle. Ce portail est accompagné de trois piliers qui s'élèvent au-dessus en forme de clochetons pleins. Ces trois piliers, que nous avons remarqués dans d'autres édifices des Templiers, sont une allusion au nombre trinitaire. Nous avons déjà fait observer ailleurs combien le nombre trois était en recommandation chez les chevaliers du Temple. Il se retrouve dans tous les symboles, dans toutes les allégories de leur ordre, et il est appliqué à une multitude de dispositions de leur règle. Sur un de ces clochetons on lit cette courte inscription : Y. RIO. R. 1639 (Yves Riou, recteur, 1639), mais il est évident qu'elle n'indique là qu'une restauration. Le style original domine partout dans l'église de Brelevennez ; seulement on voit derrière l'abside quelques petites fenêtres à cintre plein, mais qui sont accompagnées de moulures, ce qui ne se voit pas dans le plein cintre véritablement roman. L'intérieur est vaste et spacieux, avec nef, deux bas-côtés et des chapelles latérales. Les bas-côtés et les chapelles sont voûtés en pierre ; la nef l'est simplement en bois. Les arcades de la nef et du choeur sont soutenues par de lourds piliers surmontés de chapiteaux écrasés avec des ornements en feuillage du goût le plus médiocre. Ce que l'intérieur de Brélévennez offre de fort remarquable, est un grand bénitier de forme carrée, qui se trouve scellé dans une niche du mur à gauche en entrant. Quoique grand, il a fort peu de profondeur, et on lit sur son bord extérieur l'inscription latine, en grandes lettres, que nous avons exactement figurée ci-dessous : 

église de Brélévenez (Lannion)

Ces lettres, gravées en creux et très distinctement encore, appartiennent visiblement à l'écriture lapidaire du XIIème siècle. Toutes sont majuscules, à l'exception de deux seulement qui sont onciales. Quoique parfaitement lisible, cette inscription présente de telles abréviations que l'intelligence peut en paraître difficile, les mots surtout n'en étant pas séparés. Voici cependant comment nous pensons qu'il faut la lire et l'expliquer. Cette mesure à blé est maintenant celle des bourgeois, des habitants (sous-entendu de la ville), le mot bladi, en basse latinité, signifiant blé. Ce bénitier était donc dans le principe une de ces mesures publiques placées au moyen-âge dans les marchés pour la commodité des habitants des villes et des grosses bourgades. Le seigneur, ou, dans les villes municipales, les échevins et les notables, en fixaient la capacité, qui variait selon les temps et ne fut pas toujours la même. Voilà pourquoi le mot nunc se lit dans l'inscription dont il s'agit, pour exprimer que la mesure était celle adoptée pour le moment. Les Templiers établis à la commanderie de Brélévennez n'étaient pas, il est vrai, seigneurs de la ville de Lannion, mais ils y avaient de grands droits, immunités et privilèges ; la confiance que l'on avait en l'arbitrage de ces pieux guerriers leur avait sans doute fait donner le droit d'y fixer la capacité des mesures publiques. Lorsque l'usage de s'en servir fut passé de mode, la pierre creusée dont nous parlons aura été rapportée dans l'église de la commanderie du Temple, et scellée au lieu où on la voit aujourd'hui, pour y être employée comme bénitier. Sur plusieurs vitraux du choeur on voyait peinte la croix de gueules des Templiers, entourée de l'orle ou cercle d'or, telle qu'elle se voyait d'ordinaire sur le baculus ou bâton magistral, insigne spécial de la dignité de grand-maître du Temple. Sur d'autres de ces vitraux était représenté l'équilatéral ou delta sacré, au milieu d'une gloire. Ces précieuses verrières ont été enlevées dans des réparations faites récemment aux vitrages de l'église, mais quelques-unes ont été recueillies et sauvées de la destruction par M. de Penguern, habitant de la ville de Lannion, amateur zélé d'archéologie, et qui s'occupe en ce moment d'un ouvrage fort intéressant sur l'histoire et les antiquités de cette ville. Sous le chœur de l'église de Brélévennez est une crypte ou chapelle souterraine dans laquelle on voit un saint sépulcre environné d'une grille et accompagné de plusieurs statues ; mais tous ces ouvrages sont modernes. M. Mérimée, dans son Rapport d'un voyage dans l'ouest de la France, dit qu'il n'a pu en retrouver la date ; elle est pourtant bien clairement exprimée dans l'inscription que l'on voit sur une grande tombe plate faisant partie du pavé de cette chapelle ; on y lit : Ci git noble discret mi (messire) Claude Legou, recteur de céans pandan 38 ans, par les soins duql a été fait ce sépulc. le grant autel, la sacris. et autres traveau. Décédé le 27 déc. 1700. p. di. p. lui (priez Dieu pour lui). Cette crypte et ses accessoires n'ont donc pu être faits que dans le dernières années du XVIIème siècle. L'étymologie du nom de Brélévennez n'a aucun rapport ni avec l'église dont nous partons, ni avec l'ordre du Temple ; elle est simplement relative à la localité sur laquelle est assis l'édifice, et elle signifie en celto-breton colline inculte, des mots brelé, terrain inculte, en jachère, et venez ou menez, colline, montagne, en général lieu élevé quelconque (Dom Lepelletier, dictionnaire celto-breton). Deux objets curieux d'antiquité ont été dernièrement retrouvés dans l'église de la commanderie de Brélévennez et mis à ma disposition, grâce à l'obligeance de M. Penguern qui en est possesseur. Le premier est une grande croix processionnelle en bois, revêtue d'une mince lame de cuivre chargée d'ornements relevés en bosse. Cette croix est ce que l'on appelle une croix tréflée, parce que les extrémités de ses branches sont divisées en trois parties qui imitent les feuilles du trèfle. Sa longueur, depuis la brisure du bâton jusqu'à son extrémité supérieure, est d'un pied 6 pouces 3 lignes ; la longueur totale du croisillon est d'un pied 2 pouces 5 lignes ; l'épaisseur de chaque branche n'est que de 9 lignes. Ses ornements se composent de feuillage et de quinte feuille, avec quatre médaillons quadrilobés. Le Christ qui y était attaché, et qui, en raison de la place qu'il occupait, devait être fort petit, est malheureusement tombé et a été perdu. Au-dessus est cloué le cartouche déroulé sur lequel on voit les quatre initiales I. N. R I. en capitales gothiques du XIIIème siècle. Les médaillons renferment les symboles des évangélistes et une Vierge. Celui qui est placé au-dessus de l'inscription I. N. R. I. nous offre un aigle au-dessous duquel on lit sur une bandelette les mots S. Jan, écrits en lettres gothiques carrées. Il est à remarquer que le nom de saint Jean est orthographié de la manière dont il se prononce dans l'idiome bas-breton, saint Iane, ce qui prouve que cette croix est de fabrique bretonne. Si elle eût été faite en France, le nom de cet évangéliste eût été orthographié comme on le prononçait en France au moyen-âge, saint Jehan. Dans le médaillon qui est près de l'extrémité du croisillon à droite est un boeuf ailé, et on lit au-dessous saint Luc, écrit sur une bandelette, également en caractères gothiques carrés. Le médaillon opposé du côté gauche renferme un lion tenant sous ses pattes une bandelette qui porte le nom saint Marc, toujours en mêmes caractères. Enfin le médaillon du bas de la croix encadre l'image d'une Vierge assise tenant sur ses genoux un cartouche déroulé dont l'inscription est en partie effacée par la vétusté. Je n'y ai pu distinguer que les lettres JHU M...., qui probablement signifient Jesus mater. Toutes ces figures et les ornements qui les accompagnent sont d'un dessin très barbare, à l'exception pourtant des feuillages et des fleurs, qui ne sont pas de trop mauvais goût. Le revers de la croix offre les mêmes ornements excepté qu'au point d'intersection des branches, c'est-à-dire sur le côté opposé à l'emplacement où était le Christ, on voit au milieu d'un grand cercle la croix pattée de l'ordre du Temple. De ce côté le médaillon du bas de la croix, c'est-à-dire celui opposé à la figure de la sainte Vierge, ne renferme plus rien, la figure qu'il encadrait s'étant détachée et perdue ; mais il n'y a pas de doute que c'était celle du quatrième évangéliste. L'autre objet dont il nous reste à parler, et qui a aussi été trouvé à Brélévennez, est une décoration fort remarquable en cuivre travaillé tout à jour, et qui, à ce qu'il parait, se portait suspendue au cou par une triple chaîne. Cette décoration consiste en un cercle de 2 pouces 7 lignes de diamètre dans lequel sont inscrits deux triangles équilatéraux enlacés l'un dans l'autre, de manière à former une étoile à six pointes. Les angles rentrants extérieurs de cette étoile sont ornés dans le style gothique de manière à représenter des arceaux. Au centre de l'étoile on voit un second cercle de 2 pouces 4 lignes de diamètre, dans lequel est inscrite une grande croix fleurie. Le revers de cette décoration, ou, si l'on veut, de ce médaillon, est tout pareil ; mais dans le cercle intérieur on voit, au lieu d'une croix, l'agneau de saint Jean, patron des Templiers, portant, comme à l'ordinaire, un petit drapeau ou banderole qui est ici surmontée de la croix pattée du Temple. L'Agneau de saint Jean (Agnus Dei, qui tollis peccata mundi) est un symbole que nous avons fréquemment rencontré dans les monuments de l'ordre du Temple. Celui qu'on voit ici est d'un style extrêmement barbare, et en général tout le travail du médaillon est assez grossier. Quant au triangle équilatéral, ce symbole est encore plus commun dans tout ce qui est relatif aux chevaliers du Temple. Cette figure, la plus parfaite de toutes celles de la géométrie, était chez eux l'emblème de la perfection divine et de l'harmonie de la nature ; elle était aussi une de leurs allusions trinitaires. La décoration que nous venons de décrire, et qui doit avoir été faite dans le XIIIème siècle, n'étant pas la croix conventuelle que portaient tous les chevaliers, croix dont la forme est aujourd'hui bien connue, doit être un, insigne particulier de quelque dignité de l'ordre ou de quelque fonction spéciale, peut-être celle de chapelain ou de prieur ecclésiastique ". 

Nota 2 : En Français « Montjoie », Brélevenez fut sans doute une possession de cet ordre hospitalier éphémère. L'église de la Sainte-Trinité prit quelques temps le vocable de Notre-Dame des Neiges. L'édifice, de plan complexe, comporte une nef lambrissée avec bas côtés voûtés sur arcs ogives de six travées plus celle du clocher encastré. Au nord, au droit des cinquième et sixième travées, s'ouvre la chapelle des fonts. La nef est suivie d'une travée, différente en élévation des précédentes, dont la partie basse est percée, tant au nord qu'au midi de deux arcades communiquant avec deux grandes chapelles en ailes. Enfin le choeur, dont le lambris prolonge celui de la nef et de la travée précédente, comporte une travée droite double, identique à cette dernière, et un rond-point de sept arcades. Il est entouré d'une carole voûtée sur arcs ogives sur laquelle s'ouvrent trois grandes chapelles. Sous le choeur existe une crypte, qui est la partie la plus ancienne de l'église. Elle paraît remonter au XIIème siècle, mais a été très restaurée à plusieurs reprises et notamment au XVIIIème siècle. Le choeur date des dernières années du XIIème ou même des premières années du XIIIème étant donné ses arcs brisés et les crochets qui apparaissent sur les corbeilles des chapiteaux. Les deux chapelles en ailes sont de plans et d'âges différents : celle du midi, du XIIIème siècle, celle du nord, du XIVème siècle. La nef, qui comporte certains éléments du début du XIIIème siècle, tels que le porche latéral et les remplages des fenêtres, paraît avoir été refaite en grande partie à la fin du XIVème siècle et dans les premières années du XVème siècle. C'est à cette époque que les bas côtés furent voûtés ainsi que l'indiquent les armes en alliance de Rolland de Coetmen et de sa première femme Jeanne de Penhoet. D'ailleurs, en 1394, le duc se plaignait de ce que le connétable de Clisson avait fait fortifier l'église quand il l'avait eue en gages, et la sentence arbitrale rendue par le duc de Bourgogne, le 24 janvier 1395, stipulait, entre autres, que l'église serait remise en état. C'est de cette époque qu'il convient donc de dater ces travaux ; enfin le clocher fut élevé au début du XVème siècle. En élévation, chaque travée de la nef comprend une grande arcade formée d'un arc brisé à double rouleau reposant sur des colonnes à chapiteau circulaire de caractère normand. Du côté de la nef, ces chapiteaux servent en outre de supports à des demi-colonnes, qui viennent raidir la partie correspondante des murs. Au-dessus des grandes arcades court un cordon, qui vient couper perpendiculairement les colonnes précédentes et séparer les grandes arcades des fenêtres hautes, aujourd'hui obscures depuis que les bas côtés furent voûtés et sans doute exhaussés. Dans la travée correspondante aux ailes et dans la première du choeur les arcades jumelées sont sensiblement moins hautes que celles de la nef et sont séparées, également par un cordon, de deux fenêtres hautes. A l'extérieur, le chevet, en tailles de granit, est renforcé de contreforts colonnes supportant une corniche à modillons. De distance en distance, ces colonnes sont remplacées par des pilastres rectangulaires et peu saillants, dont les angles extérieurs sont arrondis par des colonnettes engagées. Ce chevet est percé de fenêtres très étroites et très largement ébrasées. Le porche latéral, contemporain du choeur, est en tailles de granit ainsi que le clocher, le reste de la construction étant au contraire en moellons de schiste. Mobilier : Beau maître-autel avec retable en tuffeau et marbre commandé en 1660 par Claude de Lannion au maître lavallois Olivier Martinet ; retable de la chapelle Saint-Loup (aile nord), en bois sculpté, donné par Gilles Le Borgne, seigneur du Goasven, en 1630 ; retable de la chapelle des tisserands (aile sud), donné par les texiers de Crec'h Tanet au XVIIème siècle, et renfermant deux panneaux de l'Adoration des mages et de la Présentation au Temple paraissant plus anciens (XVIème siècle) ; chaire du XVIIIème siècle ; lutrin du XVIIIème siècle ; tribune et buffet d'orgues de Le Merrer. Dans la crypte, sépulcre du début du XVIIIème siècle paraissant dû à l'atelier Guérin ; autel latéral du Mont Carmel en pierre blanche et marbre, du début du XVIIème siècle et peut-être dû au même atelier ; bénitier du XIIIème formé d'une ancienne mesure à blé portant l'inscription : H(a)e(c) mesura bladi nunquam peritura ; statues anciennes de la sainte Trinité, de saint Gilles et de saint Loup déjà mentionnées en 1628, de saint Yves, de saint Louis et du Crucifix entre la Sainte Vierge et saint Jean (R. Couffon, 1935).  

Voir aussi   Brélévenez "Description visuelle de l'église de Brélévenez

la chapelle de Saint-Pierre du Rusket ou Rusquet (1728). L'édifice comprend une nef allongée et un chevet polygonal portant la date de 1790. Elle possède deux chapelles latérales au nord et au sud et un clocher-mur (soutenu par des contreforts). L'aile sud possède une porte surmontée de la date de 1728. Le retable date du XVIIIème siècle. On y trouve un bénitier qui date du XVIème siècle. Cette chapelle a servi longtemps d'église paroissiale. " Suivant la tradition, elle occupe l'emplacement de l'ancienne église paroissiale. Edifice en forme de croix latine avec nef très allongée et chevet polygonal. La porte de l'aile sud, ainsi que le chevet, portent la date de 1728. Mobilier : Bénitier fait avec les débris d'un calvaire du XVIème siècle et décoré du Christ montrant ses plaies et de sainte Véronique. Statues du XVIIIème siècle de saint Pierre, saint Paul, sainte Vierge, saint Isidore, sainte Barbe, saint Jean Caliby " (R. Couffon) ;

la chapelle de Saint-Roch (début du XVIème siècle), fondée sur un fief appartenant aux seigneurs du Cruguil. Il s'agit, semble-t-il, d'une donation des seigneurs du Cruguil. La croix située à proximité de la chapelle Saint-Roch date du XVIIème siècle. La demeure en retrait était celle du chapelain (1590). Cette chapelle était, jusqu'à la création d'une nouvelle paroisse en 1966 (paroisse Saint-Roch), une dépendance rurale de Brélévenez. Le plus bel ornement est la " barrière du choeur ", en chêne. La quasi totalité du mobilier paraît dater des premières années du XIXème siècle. " Edifice de plan rectangulaire fondé au début du XVIème siècle par les seigneurs du Cruguil et déjà mentionné en 1521. Il a été classé le 3 novembre 1930. En dehors de statues anciennes, il renferme une remarquable clôture de choeur du début de la Renaissance avec personnages en costumes Louis XII et François Ier. Les sablières sculptées représentent des scènes de chasse, les extrémités des entraits sont engueulés ".  (R. Couffon, 1935) ; 

la croix de Pen-Allée (vers le Cruguil) et de Croas-Kerivon (vers Locmaria) ; 

le château du Cruguil (XIVème-XIXème siècle). Propriété, à l'origine, de la famille Cruguil. La famille des comtes de Lannion réside au Cruguil de 1350 jusqu'au début du XVIIème siècle. C'est Augustine de Tourzel (épouse du duc des Cars) qui restaure et réaménage le château à partir de 1843, avec l'ajout d'une chapelle ;

le manoir du Cosquer ;

le manoir de Rest-Vras (XVème siècle) ; 

les fermes de Murarven (XVIIème siècle), Poul-ar-Ranet, Crech-Uhel, Le Launay, Kerambellec et Saint-Hugeon ;  

2 moulins

A signaler aussi : 

les escaliers de Brélévenez, datés du XIXème siècle (140 marches) ;

l'ancienne chapelle domestique du château de la Villeneuve-Cresolles, aujourd'hui disparue ;

Parmi les villages : Saint-Hugeon et parmi les lieux dits : le ruisseau de Saint-Maudet.

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ANCIENNE NOBLESSE de BRELEVENEZ

- le château de la Villeneuve-Crésolles. Il appartenait à Pierre de Crésolles, sieur de la Villeneuve dès 1660. Cette famille, originaire d'Angleterre, a produit Jean de Crésolles, qui fut contrôleur de l'hôtel du duc Jean V, en 1421, et un page du roi en 1788. Cette famille était propriétaire de la seigneurie de Modest qui possédait une basse justice maintenue en 1680 et des prééminences dans l'église de Brélévenez. La seigneurie de Modest a appartenu en 1540 à Henry de Kerderrien et son épouse Catherine Le Morizur. Gilles de Crésolles (fils de François de Crésolles et de Françoise de Kerderrien), époux de Anne Le Carme, est propriétaire de Modest en 1603. Cette seigneurie passe ensuite entre les mains de la famille du Cleuz, suite au mariage en 1610 de Jeanne de Crésolles avec Guy du Cleuz, sieur du Gage, et enfin entre les mains de la famille Barbier (XVIIIème siècle) ; 

- le château de Launay appartenait en 1364 à Adeline de Launay dont le nom s’éteignit par son mariage avec Geoffroy de Kerimel, fondateur du monastère des Augustins de Lannion et maréchal de Bretagne. Adeline avait une sœur qui épousa Péan de la Roche-Jagu. La branche aînée de la famille de Kerimel s’est fondue dans Barac'h puis dans Cosquer (ou Cozkaer) de Rosanbo. Outre Geoffroy, qui accompagna Du Guesclin dans la plupart de ses guerres, la maison de Kerimel a produit Thomas, tué à la bataille de Nicopolis en 1396. La châtellenie de Kerimel-Barac'h est unie à Cabatouz dès 1560 : sa juridiction s'exerce à Lannion (attestée de 1679 à 1736). Jeanne de Kerimel épouse Alain de Penhoët : leur fils Guillaume de Penhoët (époux de Beatrix de Coatmen) est seigneur de Kerimel et Coatfrec en 1445. Après avoir été la propriété de la famille de Penhoët, la seigneurie passe entre les mains de Joseph du Cozkaer, seigneur de Barac'h (en 1618), de Joseph du Cozkaer, seigneur de Rosanbo (en 1673) et de Louis Le Pelletier, marquis de Rosanbo (à la fin du XVIIIème siècle) ; 

- le manoir de Goasvern appartenait en 1540, à Jean Le Borgne, sieur de Goasvern ; 

- la terre noble de Saint-Hugeon ; 

- le Cruguil (château) est une juveignerie de Launay-Nevet et appartenait en 1350 à Marguerite, dame héritière de Cruguil. Suite au mariage, vers 1350, de Marguerite avec Briand II (comte de Lannion), la seigneurie du Cruguil passe entre les mains de la famille de Lannion (XIV – XVIIIème siècle). En 1625, Pierre de Lannion devient, par mariage, gouverneur des villes de Vannes et d'Auray et réside alors dans le Morbihan, au château de Quinnipily. Le dernier des comtes de Lannion, Hyacinthe-Gaëtan meurt en 1762, à 43 ans. L'une de ses deux filles Pulchérie Eléonore, hérite du Cruguil et épouse M. de Pons. Le château passe ensuite entre les mains des familles de Rosambo, de Mac-Mahon, de Lur-Saluces et à la baronne Hainguerlot ; 

- le Prat appartenait en 1535 au sieur de Tréséguy ; 

- Kervillon appartenait au XVIème siècle aux enfants de Jean Million.  

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Tréguier de 1481, on comptabilise la présence de 6 nobles de Brélévenez : 

Jehan KERMILLON (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ; 

Jehan de LANNYON de Cruguil (700 livres de revenu) : comparaît en homme d’armes ; 

Roland LE LAY (20 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une vouge ; 

Tudual LE REST (5 livres de revenu) : porteur d’une jacques et comparaît armé d’une vouge ; 

Jehan SCLICZON de Keralio (400 livres de revenu) : comparaît en homme d’armes ; 

Olivier SCLICZON (70 livres de revenu) porteur d’une brigandine et comparaît en archer.

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