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TREDUDER |
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La commune de Tréduder ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de TREDUDER
Tréduder vient du breton "treb" (village) et de Tuder, un obscur saint breton (compagnon, semble-t-il, de Saint-Efflam) qui figure sous l'appellation de Tuterius (162-167) dans la liste des évêques du Yaudet. On lui a substitué avant 1632 saint Théodore (martyr romain), comme patron de l'église. A noter que l'état des sections, dressé vers 1848 porte, section A, n° 391-393, Parc lan Tuder, et n° 394, Coat Sant Tuder.
Tréduder est un démembrement (antérieure à 1330) de l'ancienne paroisse primitive de Plouzélambre. La déposition du recteur de Tréduder, lors des enquêtes pour la canonisation de saint Yves, donne Trédudel en 1330. La succursale de Tréduder fut d'abord réunie à Saint-Michel-en-Grève (16 janvier 1804), puis à Plouzélambre (30 septembre 1807). Par ordonnance du 2 août 1843, Tréduder fut enlevé à la succursale de Plouzélambre et érigé en succursale.Un des villages de la commune de Tréduder porte le nom de ar Choz Chastel, le vieux château. Ce nom rappelle sans doute qu'il y a eu là un château plus ancien que le village. L'ancienne paroisse de Tréduder faisait partie de l'évêché de Tréguier et dépendait de la subdélégation et du ressort de Lannion. La cure était à l'alternative. La première municipalité de Tréduder est élue en 1790.
On rencontre les appellations suivantes : Tretudel (en 1330), Treduder (en 1427, en 1444), Tréduder (dès 1427, Arch. de la Loire-Atlantique, B 2981).
Voir aussi la situation de la paroisse de Tréduder durant la Révolution.
Nota 1 : la commune de Tréduder est formée des villages : Gouellet-ar-Len, ar Roscoat, Toul-Trivian, Kersallio, ar C'hoz Castel, an Yvidic, Crec'h-Mello, Kerlouarno, Kerdudal, Douar-an-Huel, Keroui-an-Varch, Pilhouat, ar Veuzit, Toul-an-Nec, Kerversio, Tiscol, etc....Tréduder est délimitée par : - à l'ouest le Dour Elego (aussi abusivement appelé Rosambo de par son passage à proximité du château du même nom) qui le sépare de Plufur, puis par le Yar, où le Dour Elego se jette, qui le sépare de la commune de Plestin-les-Grèves (plus précisément de Saint-Sebastien). - au nord la mer. - à l'est le Roscoat qui le sépare de St Michel en Grève sur la côte, et de Plouzélambre plus au sud. - la commune de Lanvellec au sud.
Nota 2 : Saint Théodore a été substitué à Saint Tuder au patronnage de la paroisse, de même que Saint Sylvestre a remplacé Saint Zélambre à Plouzélambre.
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PATRIMOINE de TREDUDER
| LEGLISE Saint Théodore (XVIème et XVIIème siècle) qui a conservé des restes du XIVème siècle : les deux premières arcades, près du chur et une rosace réemployée dans la longére nord. Le clocher-mur, commencé en 1624, non entièrement terminé en 1632, a été classé monument historique le 19 janvier 1911. La façade de l'église est constituée d'un clocher-mur, avec en son milieu une porte en plein cintre. Le clocher est constitué de deux baies géminées, surmontées d'un clocheton abritant toutes les cloches. C'est Jean Kervégan "picoteur de pierres" qui refit en 1651 le pignon croulant de l'église. Léglise de Tréduder, au diocèse de Tréguier, avait un recteur, qui témoigna au procès de canonisation de Saint-Yves en 1330. Un enclos, fait dun mur en pierres, enserre léglise et son cimetière. La bannière de procession, oeuvre de Jean Landais (brodeur à Lannion), date de 1679. L'église a été inscrite en totalité sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 27 juin 1989. Des papiers anciens de la fabrique recopiée en 1881 par l'abbé Pierre-Marie Bermat, alors recteur, sur le cahier de paroisse, mentionnent en 1632 une délibération des marguillers décidant l'achat d'une nouvelle statue de saint Théodore, "une image de Monseigneur saint Théodore, martyr, patron d'icelle". On a gardé aussi le procès verbal de la bénédiction de cette image (René Largillière - 1922). Ajoutons que l'église paroissiale possède depuis 1883 des reliques de saint Théodore ; la table d'autel est supportée par de splendides bas-reliefs sculptés par les frères Merrer de Lanvellec, qui représentent le martyr de saint Théodore ; on y voit le saint déchiré avec des râteaux de fer (René Largillière - 1922). |
Note 1 : L'église Saint-Théodore comprend une nef avec clocher-mur et bas côté nord de cinq travées, dont la première, séparée des autres, forme la chapelle des fonts. La nef est terminée par un choeur. C'est un édifice des XVIème et XVIIème siècles avec restes du XIVème siècle. Le chevet, menaçant ruines en 1652, fut reconstruit semblable à l'ancien, mais avancé de cinq pieds vers l'est pour accentuer le choeur, construction effectuée par maître Jean Kervegan, picoteur, subrogé au signataire du marché Pierre Le Mireur. Les deux arcades adjacentes au choeur, en arc brisé, remontent au XIVème siècle. On voit à la naissance de l'une d'elles un écusson aux armes des Morice, sr. de Nivirit, et, à la clef de voûte, un écusson mi-parti au (I) Huon, au (II) Morice. Les arcades suivantes, en plein cintre, datent du XVIème siècle. Le pignon ouest et le clocher-mur furent commencés en 1624, mais le clocher n'était pas tout à fait terminé en 1632. La statistique de l'an X indique que la pointe de la flèche, renversée par le vent était tombée sur l'église en l'endommageant fortement, elle fut aussitôt réparée. En 1866, la longère nord fut refaite par les maçons Jean Le Gall et François Le Guyader, on y a conservé une fort belle rosace monolithe du XIVème siècle. Peu après, en 1874, la longère sud fut restaurée par Jean Le Gall ainsi que le porche sud du XVIème siècle. Près de celui-ci, fenêtre avec remplage Renaissance et archivolte très moulurée.. Enfin, le clocher a été classé le 19 janvier 1911.
Note 2 : Mobilier mentionné en 1940 : Retable du maître-autel et tabernacle dûs à Yves Corlay père qui les mit en place en 1718, aidé de son fils Yves âgé alors de 18 ans. Cet acte est fort important puisqu'il montre ainsi que le célèbre sculpteur fit son apprentissage dans l'atelier paternel et vient démentir les romans échafaudés à ce sujet. En 1721, d'ailleurs, Yves. Corlay et son fils reçurent commande des autels latéraux de Runan. Un devis pour étoffer l'autel et le retable de Tréduder fut dressé en 1723 par Melaine Mordelet, de Morlaix, mais le marché fut passé à Gabriel Lorgerou, maître peintre de Ploubezre, ayant pour caution Jean Le Cabe, pour le prix de 490 livres, y compris la dorure et étoffe du Crucifix, de la sainte Vierge, de saint Théodore et de saint Laurent. Bénitier du XVIème siècle ; chaire portant l'inscription : JEAN LE GARS L ANE 1745. Elle était autrefois adossée à la longère midi et reliée au choeur par une galerie ajourée détruite en 1853. Sacraire en pierre du XIVème siècle ; bannière du XVIIème siècle, achetée à Landais 1679 et représentant d'un côté la Crucifixion et de l'autre saint Pierre et saint Paul. Statues anciennes : Crucifix, Ecce Homo, sainte Vierge, saint Théodore, saint Rolland et, parmi les modernes : saint Yves ; sous le porche, Pieta du XVIème siècle provenant de l'ancien ossuaire ; et, surmontant les contreforts, trois statues doubles provenant du calvaire de Roscoat et datant de 1633. La statue de saint Théodore mérite une attention particulière. En 1632, l'image de Mgr saint Théodore, martyr, « ayant été reconnue irréparable parce que pourrie, ce qui causait un grand dommage aux offrandes et une grande peine au peuple fréquentant l'église », les fabriques, malgré leur désir, ne pouvaient la remplacer, l'achèvement du clocher absorbant toutes les ressources. François Gaudu offrit alors la statue actuelle qui fut bénite le 24 octobre 1632 en l'église Saint-Melaine de Morlaix par Mgr Champion de Cicé. En 1657, existaient en outre des statues anciennes de saint Jean, saint Yves, saint François, sainte Catherine, sainte Marguerite qui furent étoffées en cette dernière année par Jean Baradec, maître peintre, de Saint-Pol. Cloche de 1773 (R. Couffon).
| la croix du cimetière (XIVème siècle en partie en 1670). La partie supérieure paraît dater de la fin du XIVème siècle et portant, outre le Crucifix, les statues de la sainte Vierge avec l'Enfant, de saint Yves et de saint Christophe. Elle est armoyée de l'écusson des Clerc, seigneurs de Keralio : de gueules à la croix ancrée d'or cantonnée en chef de 2 macles de même ; |
la fontaine de Saint Tuder (dans le passé ses eaux étaient réputées). Cette fontaine a été restaurée en 1764. On invoque saint Tuder pour la guérison des pourceaux. Anciennement et jusqu'en 1852, un particulier de Lannion avait chez lui un dépôt d'eau de la fontaine de Saint-Tuder (ou Saint Théodore), pour les pèlerins empêchés de venir jusqu'à Tréduder. Ce particulier, en échange de cette eau, fournissait l'huile nécessaire à l'entretien de la lampe du Saint Sacrement de l'église de Tréduder (René Largillière - 1922) ; |
Nota : Saint Tuder fait partie des Sept-Saints, qui selon la légende, ont christianisé la région de Plestin au début du VIème siècle, avec Saint Efflam, Saint Haran (chapelle de Plestin), Saint Kémo (Locquémeau), Saint Névin (Plounérin), Saint Kivir (Plage à Locquémeau, Chapelle à Plounérin), Saint Karé (Saint Carré en Lanvellec).
| le manoir de Roscoat, servant de ferme ; |
Nota : lorigine de ce manoir remonte au XVIIème siècle. Démantelé au moment de la Révolution, il fut transformé en exploitation agricole. Dès lentrée, dont le portail a disparu, on aperçoit à droite un calvaire en Kersanton, ornée des armes de Goesbriand. Malgré maintes recherches, lemplacement de la chapelle disparue na pu être retrouvé. Reste la fontaine recouverte, les pierres du moulin et la grande terrasse qui surplombe la vallée.
| l'ancien presbytère (1755) ; |
des traces de fortification triangulaire de Coz Chastel ou C'hoz C'hastel (époque gallo-romaine) près de la voie romaine de Coz-Yaudet à Morlaix ; |
un calvaire datant de 1863, simple et robuste, se situe à la sortie du bourg sur la route de Saint Sébastien. | |
4 moulins à eau dont les moulins ar Roscoat, ar Rivier, Promadec, ar Veuzit. |
(inspiré en partie du Dictionnaire des Communes des Côtes du Nord Conseil général des Côtes-du-Nord, St Brieuc 1990).
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ANCIENNE NOBLESSE de TREDUDER
| KERALIOU appartenait autrefois à une famille de ce nom, laquelle portait : dargent à cinq hermines de sable, au chef endenché de même. En 1379, un membre de cette maison fut député en Angleterre pour engager le duc de Bretagne à revenir dans ses états. |
| La RIVIERE, avec moulin du même nom. En 1374, le sire de la Rivière reçut, avec le duc dAnjou, mission du roi de France de terminer à lamiable les différents qui existaient entre ce dernier et le duc de Bretagne, à loccasion du duché. En 1474, labbaye de Buzaie fut donnée en commende à l'Odet de la Rivière, abbé de Redon. |
| Le ROSCOAT, rose des bois, Kérarmet et Nivirit étaient aussi terres nobles, suivant Ogée. |
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Tréguier de 1481, on comptabilise la présence de 7 nobles de Tréduder dont la plupart sont des "mariniers anoblis" (alors qu'en 1426, on ne comptabilisait que 1 noble) :
Yvon GICQUEL, Thébault LE GAC, Tudual LE HERRE, Jehan LE ROUSSEAU, Yvon MENART, tous des mariniers anoblis qui comparaissent armés d'une pertuisane (arme offensive). | |
Guillaume HERVE (10 livres de revenu), porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une pertuisane. | |
Morice (de) LA RIPVIERE (60 livres de revenu), porteur d'une brigandine, comparaît en archer. |
(inspiré en partie de "Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les communes du département tome 4 paru en 1859" (B. Jollivet))
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