Tinténiac : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune chef lieu de canton)

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TINTENIAC

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La commune de Tinténiac (pucenoire.gif (96 octets) Tintenieg) est chef lieu de canton. Tinténiac dépend de l'arrondissement de Saint-Malo, du département d' Ille-et-Vilaine (Bretagne).                     

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de TINTENIAC

Tinténiac vient d'une origine gallo-romaine. 

Tinténiac semble être une ancienne paroisse primitive et englobait autrefois les territoires de Trimer, de La Chapelle-Chaussée, de Cardroc, de Saint-Domineuc, de Québriac et de La Baussaine. Quant à Les Iffs et Saint-Brieuc, ils étaient également autrefois enclavés dans le territoire primitif de Tinténiac.

Tinténiac est mentionné pour la première fois en 1032 dans le cartulaire de l'Abbaye Saint-Georges de Rennes : l'église et le bourg sont alors donnés par le duc de Bretagne Alain III à sa sœur Adèle, abbesse de Saint-Georges, à l'occasion de la fondation de l'abbaye. Dès 1036, l'Abbaye rétrocède une partie de son fief au chevalier Donoual ou Donoald. L'abbesse demande alors à Donoual de construire un château-fort pour protéger ses terres (il s'agit d'une forteresse aujourd'hui remplacé par le château de Montmuran). Les successeurs de Donoal porteront longtemps le nom d'Ismaëlites, peut-être suite à un pèlerinage en Terre Sainte fait par Guillaume au début du XIème siècle. Ils prennent le nom de Tinténiac à la fin du XIIème siècle.

Voici l'aveu de l'abbaye Saint-Georges rendu au Roi en 1665 par Magdelaine de la Fayette, abbesse de Saint-Georges :" Les dictes dames confessent et advouent tenir du dict seigneur Roy les fiefs, jurisdictions, rentes et revenus de Sainct George de Tinteniac, soubs l’évesché de Sainct Malo de l'Isle, comme faisant partie de la fondation et donation de la dicte abbaye, ensemble les fiefs et jurisdictions, qui en relevent prochement, et le droit de nommer sergent ameneur au Présidial de Rennes. Premièrement, ont les dictes dames et convent droit de jurisdiction haulte, basse et moienne, avecq pouvoir d’instituer officiers, séneschal, alloué, lieutenant, procureur d’office et greffier, notaires, sergents généraux et bailliagers, pour recueillir en leur tour et rang le revenu des bailliages en dépendant, lesquels officiers tiennent et ont droit de tenir leur audiance de jurisdiction contansieuse le jour de mercredy de chacune semaine, mesme les plaids quatre fois l’an, en l’auditoire que les dictes dames ont en la ville de Tinteniac, pour y faire les apropriments des contrats d’acquets soubs les proches fiefs et arrière fiefs d’icelle et autres exploits et exercices de justice ; ayant les dictes dames tout droit de deshérance, successions de bastards, espaves, gallois, ventes, rachaps, amandes et confiscations ; comme les seigneurs ducs et duchesses de Bretagne, seigneurs souverains leur ont donné au dict Tinteniac tous les droits qu’ils y avoient ; les apellations et contredits des sentances données par les juges d’icelle se relevent directement au Siége Présidial du dict Rennes, auquel Siége les dictes dames abbesse et couvent, à cause de la dicte seigneurie, ont droit de menée et retrait de barre pour leurs hommes et vassaux, tant en proche qu’en arrière fief ; et pour ce qui est des causes criminelles, ont droit de servitudes de prisons en la dicte ville de Tinteniac, mesme pour l’exécution des sentances données par les juges de la seigneurie, de faire eslever une potance et une justice à quatre pilliers en une pièce de terre apellée les Buharais, au proche de la ville de Tinteniac, joignant le grand chemin conduisant du dict Tinteniac en la ville de Hédé. Ont les dictes dames et advouent avoir droit, à cause de la dicte seigneurie, de nommer un sergent ameneur au dict Siége de Rennes, et deux notaires royaux en la dicte jurisdiction. Item ont les dictes dames, en la ville de Tinteniac, droit de poix et mesures, de police, mesme de faire l’aprécy des grains par leurs dicts officiers, lorsque les vassaux n’ont payé leurs rentes qu’ils doibvent par grains aus dicts bailliages en espèce, eu esgard aux trois marchés subséquants la feste de Noël de chacune année. De la dicte seigneurie de Sainct George, à Tinteniac, despendent cinq fiefs et bailliages, l’un et premier d’iceux apellé le bailliage de la ville de Tinteniac, auquel y a plusieurs hommes et vassaux qui doibvent des rentes, scavoir : par deniers unze livres dix huict sols cinq deniers et deux tiers de denier monnoye et huict godetz d’avoine menue payable au jour et feste de la Sainct Barthélemy es mains du sergent bailliager. Le secong bailliage, apellé Chastelain, ayant cours en le dicte parroisse de Tinteniac, les hommes et vassaux duquel doibvent chacun an de rente féodalle unze livres deux sole unze deniers et deux tiers denier monnoye, et se payent au mesme terme. Le troisiesme, apellé le bailliage de Cardroc, s’estendant en la parroisse de Cardroc, auquel y a plusieurs hommes et subjects qui doivent en pareil de rente, suivant le roolle, cent treise sols monnoye, et qui se payent comme les précédens. Le quatriesme est le bailliage de Plagonnou, s’estendant en la parroisse de Combourg, auquel y a plusieurs hommes et vassaux qui doivent chacun an, suivant le roolle, cinquante sols monnoye. Le cinquiesme, apellé le bailliage de la Ville Aleix, ayant cours en la parroisse de Basouges soubs Hédé, auquel il y a hommes et vassaux qui doibvent rentes tant par deniers que froment, mesure de Tinteniac, payables aux festes de Noël chacun an, au jour assigné pour ce faire, au dict bailliage de la Ville Aleix, parroisse de Hédé, au receveur de la dicte seigneurye, au pied de l’ourme qui est dans le dict village, et faulte de payer le dict grain le dict jour, au dict lieu au dict receveur, les vassaux défaillans sont condamnez en l’amande de soixante quatre sols par les officiers du dict Tinteniac, qui ont droit de tenir leurs plaids soubs le dict ourmeau, le mesme jour. A cause duquel bailliage ont et advouent avoir droit et privillége qu’aucun sergent ne doibt procedder à la vente d’aucuns biens exécuttez sur les vassaux du dict bailliage, que premièrement ils n’ayent esté inquantez au pied du dict ourmel, pour scavoir sy aucun du dict village les voudra faire valloir, sur peine de faire déclarer les exécutions injurieuses et mal faictes comme contrevenant au dict privillége. Item est deub ans dictes dames un debvoir apellé Pain Dansal, qui est froment et avoine menue, deue à la dicte parroisse de Tinteniac... Coutume : Item de lever, comme elle faict, le debvoir de coutume et trépas à Tinteniac, Sainct Domineuc, Rouillon, La Chapelle Chaussée et le Pertuis Boscher. Aussy la dicte dame prieure par son adveu advoue avoir droit et pouvoir de faire examiner et mettre un maistre d'escolle pour tenir l'escolle à l'église du dict Tinteniac, pour l'instruction de la jeunesse. Item, pouvoir de faire contraindre les vassaux du dict prieuré, mesme ceux de la dicte dame abbesse, religieuses et couvent de Sainct Georges, et ce qui est de l'enclos de la dicte ville, d'aller cuire leur pain au dict four à ban et de prendre d'eux pour cet effet la seiziesme livre de la paste. A cause de quoy la dicte dame prieure de Tinteniac confesse par son dict minu estre tenue fournir en la dicte abbaye, aus dictes dames abbesse et religieuses, le dict gasteau de farinne de froment et quatre livres monnoye de rente, chacun an, ainsy et comme il est cy dessus mentionné. La dicte dame prieure advoue aussy estre tenue, comme de faict elle est, d'entretenir les ponts apellés les ponts du Pont l'Abbesse, du Pont Youl et de la Magdeleine, l'ancien cours venant du moulin de la Bigottière, près et aux environs de la dicte ville de Tinteniac, en bonne et deue réparation en manière acoutumée. Finallement, la dicte dame prieure advoue avoir droit de pouvoir contraindre les subjets du dict prieuré soubs la banlieue, mesme ceux de la dicte dame abbesse, en ce qui est de l'enclos de la ville de Tinteniac, d'aller moudre leurs bleds au moulin du Pont à l'Abbesse et de prendre d'eux le seiziesme boisseau et au prorata ".

Dans le même aveu, de 1665, on trouve une description du prieuré de Tinténiac : " Dans la quelle ville et soubs la dicte seigneurie de Sainct Georges, y a un prieuré apellé le prieuré de Tinteniac, lequel est possédé en titre par une religieuse de la dicte abbaye, lequel est membre dépendant d’icelle abbaye, tenu et relevant nuement et prochement d’icelle au dict Tinteniac ; et comme telle, les prieures du dict prieuré en ont de temps en temps rendu leurs adveuz aux dames abbesses du dict Sainct Georges, par raison de quoy la dicte dame prieure doibt, chacun an, à la dicte abbaye, le premier jour de l’an, un gastiau de trois demeaux de farine de froment, mesure de Tinteniac, qui est et doibt estre porté par les hommes et subjets de la dicte prieure et présenté à la grille d’entre la nef de la dicte église et le coeur de la dicte abbaye, en l’endroit de l’offertoire de la grande messe dicte et célébrée, et outre la somme de quatre livres monnoye, le tout de rente féodalle … Duquel prieuré dépendent... la métairie de Brominicy, l'Etang à l'Abbesse, et cinq petits fiefs : 1° le baillage de la Ville; 2° le bailliage de la Besnelaye-Trigoul et Chastelain ; 3° le Grand Bailliage, en Sainct Domineuc ; 4° le bailliage de Merdrel, en la même paroisse ; 5° le bailliage de la Ruelle, en Tréverien. Davantage la dicte dame prieure dict avoir droit qu’elle advouent tenir de la dicte abbaye de Sainct Georges de faire recuillir les dixmes des blasteries qui croissent chacun an aux terres despendantes des dicts bailliages es parroisses cy dessus nommées, à la douziesme gerbe. Item les dixmes de lins et chanvres qui croissent tant en la dicte parroisse de Tinteniac que Trimer, fillette du dict Tinteniac. De plus, la dixme d’aigneaux, des laines des brebis et mouttons qui se trouvent et sont norris chacun an es dictes parroisses, scavoir le douziesme aigneau et la douziesme trece de laine et au prorota. Aussy la dicte dame prieure de Tinteniac déclare et advoue avoir droit de loddes et ventes des contracts d’acquets qui se font et passent des maisons et terres despendantes des dicts bailliages cy dessus, et de celui de la dicte abbaye en ce qui est de l’enclos de la dicte ville de Tinteniac seullement ".

Le Pouillé de Rennes stipule que la paroisse de Tinténiac  comprenait, au XIIème siècle tout le territoire des paroisses actuelles de Tinténiac, La Baussaine, La Chapelle-Chaussée, Saint-Gondran, Cardroc, Saint-Domineuc, Trimer et peut-être même Les Iffs. Sauf Trimer, toutes ces localités furent érigées en paroisses vers le commencement du XIIIème siècle ; seule Trimer demeura simple trève de Tinténiac jusqu'à la Révolution. Les papes Alexandre III en 1164, Innocent III en 1208, et Eugène IV en 1442, aussi bien que Pierre Giraud, évêque de Saint-Malo, en 1202, avaient successivement confirmé l'abbaye de Saint-Georges dans la possession de l'église Notre-Dame de Tinténiac, de ses dîmes et de toutes ses dépendances (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 169, 173, 200 et 279). Aussi le recteur de Tinténiac, présenté par l'abbesse, recevait-il d'elle une portion congrue. Cette pension varia selon les époques ; en 1790 elle était de 1.400 livres pour le recteur et pour ses deux vicaires. Le recteur, M. Deslandes, déclara, en effet, à cette même date que le revenu de sa cure était de 700 livres ; il jouissait, en outre, de la fondation de Trégadoret, lui rapportant 232 livres (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 468. — Archives départementales d'Ille-el-Vilaine, 1 V, 29. — En 1790, les religieuses de Saint-Georges levaient pour plus de 5.000 livres de dîmes en Tinténiac). De nos jours Tinténiac a perdu Trimer, érigé en paroisse, mais s'est agrandi d'une portion de Saint-Méloir-des-Bois. Supprimée en 1803, cette dernière paroisse vit une partie de son territoire unie d'abord à Québriac et plus tard à Tinténiac ; le reste fut annexé à Bazouges-sous-Hédé. Comme l'ancien bourg de Saint-Méloir est aujourd'hui un simple village de Tinténiac, nous dirons ici ce que nous savons de cette vieille paroisse. Saint-Méloir-des-Bois était une enclave de Dol dans le diocèse de Saint-Malo, et remontait par suite à une haute antiquité, devant exister antérieurement à 848. Le Pouillé ms. de Dol, rédigé au XIVème siècle, la désigne sous le nom de « parochia Sancti Meloci » et dit que sa présentation appartenait à l'ordinaire. Ne serait-ce pas de cette église qu'il serait question dans une charte du Cartulaire de Saint-Georges, semblant d'environ 1190, et portant pour titre De capella Sancti Meloci ? Dans cet acte, Jean de la Mouche, évêque élu de Dol, donne en aumône perpétuelle à l'abbesse de Saint-Georges la chapelle de Saint-Méloir avec toutes ses dépendances, « capellam Sancti Meloci cum pertinenciis suis », sauf les droits de l'Eglise de Dol, savoir : 12 deniers de devoir synodal et le denier du Saint-Esprit à la Pentecôte ; plus une rente de 5 sols, monnaie d'Anjou, pour entretenir une lampe devant le sanctuaire dans la cathédrale de Dol (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 468. — Archives départementales d'Ille-el-Vilaine, 1 V, 29). Nous savons bien qu'on pense qu'il s'agit ici d'une chapelle de Saint-Meleuc sise en Pleudihen ; cependant la proximité de Saint-Méloir et de Tinténiac, la pauvreté et l'exiguïté de la première de ces paroisses, nous fait regarder cette donation comme étant peut-être une tentative faite par l'évêque de Dol pour amener la riche abbesse de Saint-Georges à s'intéresser à Saint-Méloir-des-Bois. Quoi qu'il en soit, on ne voit point que les religieuses de Saint-Georges se soient occupées par la suite de cette petite paroisse. L'église paroissiale de Saint-Méloir-des-Bois n'existe plus et nous ignorons ce qu'elle était ; elle se trouvait au centre du bourg, aujourd'hui simple village appelé communément Saint-Meleuc (Pouillé de Rennes).

Une léproserie, desservie par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, est mentionnée dès le début du XIIIème siècle au Village de la Madeleine (anciennement appelé Lesternac ou Listannac). Un prieuré avait été édifié au nord de l'ancienne église. Ce prieuré est aboli en 1720 et démoli vers 1845. A l'Ouest du prieuré se trouvaient son auditoire et sa prison. Le prieuré possédait jadis une cohue et un droit de haute justice : ses fourches patibulaires à quatre piliers se dressaient au lieu-dit Buharais.

En 1351, le chevalier Jean de Tinténiac s'illustre dans le combat des Trente qui a lieu à Mi-Voie près de Josselin. La seigneurie passe ensuite aux familles Laval (en 1352, à Jean de Laval seigneur de Châtillon-en-Vendelais), Coligny (en 1547, à l'amiral Gaspard de Coligny), Huchet seigneurs de la Bédoyère (en 1662), Coëtquen (en 1665), puis au comte de Mornay et à la famille de la Motte seigneurs du Boisthomelin (en 1750 et en 1789). La seigneurie de Tinténiac était une châtellenie d'ancienneté et s'étendait sur sept paroisses, avec un droit de haute justice : son auditoire et sa prison se trouvaient près du cimetière, ses halles étaient au milieu du bourg de Tinténiac, et ses ceps et collier sur la place du Marché au bout "des Halles". Cette seigneurie avait deux potences : l'une au bout des halles, l'autre au Clos de la Justice, près du Pont-à-l'Abesse.

Saint-Gondran, désigné comme « capella » en 1202, serait selon Guillotin de Corson la chapelle d’un hôpital fondé en Tinténiac. La paroisse de Tinténiac dépendait jadis de l'ancien évêché de Saint-Malo. Tinténiac est ruiné par les Anglais en 1168. L'amiral de Coligny seigneur de Montmuran introduit le protestantisme à Tinténiac. Un papegaut y est établi en 1553. Les Chouans s'emparent de Tinténiac en 1795 et en 1796. Une école de garçon est créée avant le XVIème siècle dans une maison touchant le chevet de l'église, puis est transférée au XVIIIème siècle dans un autre local.

On rencontre les appellations suivantes : Tinteniacum (en 1032), ecclesia de Tinteniac (en 1164).

Note 1 : "Nos annales bretonnes répètent à chaque page le nom glorieux de ses seigneurs, et pourtant ils étaient à quelques égards sous la dépendance de l'abbaye de Saint-Georges. On lit dans l'acte de fondation de cet illustre monastère (1018), parmi les noms des terres qui lui furent données, celui du bourg non-exigu de Tinténiac. Aussi, dans le même siècle, voit-on un chevalier de Tinténiac, surnommé l'Ismaëlite , forcé de transiger avec la noble abbesse de Saint-Georges, la soeur d'Alain Fergent, pour avoir le droit de bâtir une chapelle dans son château, bien que l'évêque de Saint-Malo, Rainauld , y eût autorisé son diocésain. L'abbesse suzeraine se réserva la moitié des oblations, exigea la présence des vassaux aux grandes fêtes de l'année, et l'accomplissement de leur devoir pascal dans l'église paroissiale, dont le curé seul pourrait autoriser ou défendre les baptêmes ou les mariages dans la chapelle seigneuriale. Pendant les guerres qui amenèrent un duc Plantagenêt en Bretagne, en 1196, le château de Tinténiac fut pris par Henri II d'Angleterre, malgré les efforts du sire Olivier. Rentré dans la possession de ses domaines, ce dernier seigneur fit, avec sa mère Eremburge et sa soeur Tréfaine, de nombreux dons à l'abbaye de Saint-Georges, à celle de Saint-Melaine de Rennes et de Saint-Jacques de Montfort, pour le salut des âmes de ses ancêtres. En 1271, Olivier II, sire de Tinténiac, se reconnaît vassal lige de l'abbesse de Saint-Georges, et rachète les tailles perçues par elle sur ses domaines, ainsi que les taxes qui lui profitaient sur les marchés de Tinténiac, moyennant une rente annuelle de 40 liv. , qu'on doublait à la mort de chaque seigneur, et sous la réserve d'une dîme en avoine et en paille. Pendant la guerre de la succession, un Tinténiac du parti de Blois s'illustre au combat des Trente, à Mivoie , en 1352, et succombe dans la même année au combat de Mauron. Sa fille Isabeau, en épousant Jean de Laval, porta dans cette maison la seigneurie de Combourg, dont elle avait hérité par sa mère Jeanne de Dol, et celle de Tinténiac, qu'elle tenait de son père. A la fin du même siècle, en 1399, l'abbesse de Saint-Georges, Julienne Duguesclin, autorisa le duc Jean IV à lever un fouage sur ses hommes de la seigneurie de Tinténiac. Le château, ruiné par le temps et les guerres, fut reconstruit en 1419 par Anne, comtesse de Laval et de Tinténiac, qui obtint de Jean V la permission de lever un fouage pour cet objet. Les temps étaient changés ; la main ducale réunissait les fils du pouvoir. Au XVIème siècle, en 1553, le roi de France, héritier des ducs bretons, augmenta le nombre des foires de Tinténiac et accorda à l'amiral Gaspard de Coligny et Catherine de Laval, son épouse, un octroi de trente tonneaux de vin destinés à récompenser le roi du papegault dans leurs domaines" (E. R. du Crest de Villeneuve).

Note 2 : le territoire du Village de Saint-Méloir-des-Bois ou de Saint-Meleuc, initialement rattaché à Québriac, est rattaché à Tinténiac en 1836. Saint-Méloir est fondé au VIème siècle autour d'un ermitage fondé par un moine breton nommé Mêloc ou Meleuc, disciple de saint Samson. En 848, Saint-Méloir est une paroisse à part entière et dépend à cette époque de l'évêché de Dol. Saint-Méloir-des-Bois est érigé en commune en 1791 puis supprimé en 1803. Saint-Méloir-des-Bois est aujourd’hui partagée entre Tinténiac et Hédé (anciennement Bazouges-sous-Hédé). L'église a disparu : sa porte principale était surmontée de l'écusson des seigneurs de Tinténiac.

Note 3 : dans tous les aveux rendus aux XVIème et XVIIème siècles, en 1557, 1560, 1575, 1608, 1623, 1646, etc., figure au nombre des attributions de la prieure de Tinténiac celle de « faire examiner et instituer un maistre d'escole pour tenir l'escole de la ville de Tinténiac pour l'instruction des enfans et jeunes gens de ceste paroisse » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 26 H, 309, etc.). Outre cette école des garçons, il y en avait une autre pour les filles signalée à la même époque.  

Note 4 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Tinténiac : Rafred (« Rafredus presbiter de Tinteniaco », figure comme témoin dans deux chartes d'environ 1060 et 1080). Pierre de Bécherel (il fit un accord en 1203 avec Guillaume, recteur de Saint-Domineuc). Guillaume (il fit en 1223 une convention avec l'abbesse de Saint-Georges à propos du prieuré de Tinténiac). Julien Le Corvaisier (il passa en 1529 un compromis au sujet des dîmes novales avec l'abbesse de Saint-Georges ; décédé vers 1538). Jean Le Texier (il précéda le suivant). Guillaume Arribart (pourvu en 1569, il plaida contre l'abbesse pour sa portion congrue ; il résigna au suivant). Pierre Rouault (il fut pourvu le 5 juin 1581). Jean Trotereau (pourvu le 3 janvier 1590, il résigna aussitôt). Michel Jehanne (il fut pourvu le 13 janvier 1590 ; décédé en 1619). Jacques Houitte (il fut pourvu le 29 juin 1619). Julien Le Chantoux (en 1631 ; il résigna en faveur du suivant). Robert Fischet (pourvu en cour de Rome, il prit possession le 13 août 1634 ; décédé vers 1640). Guillaume Ferron (pourvu le 25 janvier 1640, il résigna au suivant). Guillaume Quétier (chanoine de Kersaint, il fut pourvu le 22 octobre 1658). Julien Roquet (il plaidait en 1670 contre l'abbesse de Saint-Georges). François du Plessix (en 1677 ; il obtint en 1687 une portion congrue de 500 livres pour lui et ses curés ; décédé le 11 janvier 1690). Guillaume Le Hénaff (prêtre de Quimper, il fut présenté le 12 janvier 1690 par l'abbesse ; décédé en 1712). Pierre-Michel Le Vayer de la Morandaye (il fut pourvu le 12 mai 1712 ; décédé en 1752). Louis-Jean du Boishamon (originaire de Montauban, pourvu le 5 février 1752, il se démit en 1760). Jean-Baptiste Jourdain de Coutance (il fut pourvu le 12 décembre 1760 ; décédé en 1763). Jean-Louis Toribé (il fut pourvu le 21 juillet 1763 ; décédé en 1769). Guillaume-Louis Tesnière (il fut pourvu le 11 mai 1769 ; décédé en 1780). Joseph-Julien-Jacques Deslandes (présenté par l'abbesse de Saint-Georges le 9 septembre 1780, il fut pourvu le 16 ; il gouverna jusqu'à la Révolution et fut réinstallé en 1803 ; il quitta ou mourut en 1806). Guillaume-François Petel (1806, décédé en 1816). Pierre-François Joyer (1816-1819). Jean-François Corvaisier (1819-1825). Guy Lebret (1825, décédé en 1857). Nicolas Brasseur (1857, décédé en 1865). Joseph Leroy (1865, décédé en 1870). Pierre Lemaitre (à partir de 1870). 

Note 5 : liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Saint-Méloir-des-Bois : Olivier Deslandes (décédé en 1711). Jacques-Joseph Denoual (prêtre de Saint-Malo et chapelain de la prestimonie fondée en l'église de Saint-Méloir par le seigneur de la Motte-Cocherie, il fut pourvu le 17 juillet 1711 ; il prit possession le 21 ; décédé en 1744). Mathurin Héry (pourvu en cour de Rome, il prit possession le 16 juin 1744 ; il devint en 1750 recteur de Trébidan). Emmanuel Deguers (prêtre de Dol, pourvu le 11 septembre 1750, il prit possession le 29 octobre ; il résigna le 9 août 1754). Mathurin Chartier (prêtre de Dol, pourvu le 10 juin 1755, il ne prit possession que le 31 mai 1756 ; décédé en 1763). Jean-Baptiste Le Métayer (pourvu le 3 juin 1763, il prit possession le 22 ; décédé en 1777). Jean-Baptiste-Pierre Renoul (prêtre d'Avranches et ancien chapelain de Saint-Vincent en Saint-Coulomb, pourvu le 3 novembre 1777, il prit possession le 12 ; il se démit en 1781). Joseph Ruault (prêtre de Saint-Malo, il fut pourvu le 15 mai 1781 et prit possession le 17 ; décédé en 1787). Jacques-Noël-Gabriel du Cognet (prêtre d'Avranches et gradué de l'université de Caen, pourvu le 4 décembre 1787, il prit possession le 7 et fut le dernier recteur de Saint-Méloir-des-Bois.

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PATRIMOINE de TINTENIAC

 

l'église Sainte-Trinité-Notre-Dame-de-l'Assomption (1900-1908), oeuvre de l'architecte Arthur Regnault. Cette église remplace un édifice religieux en forme de croix et qui date du XIème siècle. La verrière de la sacristie date du XIV-XVème siècle. La Porte des Morts date de 1555. Le Bénitier date du XIVème siècle. Le maître-autel date de 1907 ;   

l'ancienne église (XIVème siècle). Il ne subsiste de cette église que trois arcades ogivales, soutenues par des colonnes aux chapiteaux L'ancien clocher en ardoises datait du XVIIIème siècle et surmontait la croisée du transept : il possédait deux cloches de 1662 et de 1748. La seigneurie de Tinténiac y possédait autrefois une chapelle (transformée en trésorerie), de même que les Religieuses de Saint-Georges, la Chapelle du Prieuré. " L'église de Tinténiac, qui se recommande par quelques vestiges de l'antiquité, renferme un ancien bénitier accusant le XIVème siècle, armorié du blason du vieux sire de Tinténiac. Dès le XIème siècle, le duc Alain III, fondant l'abbaye de Saint-Georges, lui faisait don de la paroisse de Tinténiac : Vicum non exiguum, nomine Tinteniacum, et de la suzeraineté féodale sur les fiefs situés dans le ressort de cette seigneurie. Aussi, jusqu'à la Révolution , les sr. de Tinténiac se reconnaissaient vassaux de l'abbaye de Saint-Georges. Tinténiac a donné son nom à une noble et illustre famille, dont les représentants font une grande figure dans nos annales bretonnes " (Bretagne contemporaine, t. III, pp. 12 et 13). Le long de la face Sud de la nef se trouvait un beau porche du XIVème siècle. L'ancien choeur avait été modifié au XIVème siècle. L'église était jadis entourée d'une litre aux armes de l'Abbaye de Saint-Georges, surmontant celles des seigneurs de Montmuran. A l'intérieur, le choeur était séparé de la nef par un arc triomphal en arc brisé désaxé. L'église possédait autrefois deux tombes avec figures de femmes et deux autres avec des statues d'hommes aux armes de Tinténiac. Les armes de la famille de Laval seigneurs de Tinténiac de 1352 à 1547 se voyaient jadis sur la maîtresse-vitre et sur différentes parties de l'édifice. L'église renfermait jadis les enfeus des seigneurs de la Besnelais et de Campeneuc. L'ancien choeur renfermait un enfeu appartenant à l'abbesse de Saint-Georges et l'enfeu des seigneurs de Montmuran. On y voyait encore au XVIIème siècle cinq tombeaux élevés de terre, avec deux statues de femmes et trois de chevaliers armés et des écussons aux armes des seigneurs de Tinténiac. L'église est transformée pendant la Révolution en Temple de la Raison ; 

Nota :  Voici ce que dit le Pouillé de Rennes. Au XIIème siècle, Notre-Dame était la patronne de Tinténiac, « ecclesia Beate Marie de Tinténiac » ; mais aux siècles derniers cette église avait, comme aujourd'hui, pour titulaire la très-sainte Trinité. Quelques parties de l'édifice annoncent une grande antiquité ; tels sont la majeure partie de la nef, l'intertransept et une portion des transepts ; tout cela est de style roman, ajouré de meurtrières et flanqué de contreforts plats ; tout cela peut remonter à l'époque de l'établissement des religieuses de Saint-Georges à Tinténiac. Mais le choeur primitif n'existe plus ; il a été remplacé par un chevet droit ouvert d'une fort jolie baie de style rayonnant semblant du XIVème siècle. Des fenêtres ogivales ont été également ouvertes après coup dans les pignons romans des transepts. Il en est de même de la façade romane occidentale : on y a percé une riche porte de style ogival fleuri, avec colonnettes, voussures, choux et pinacles ; au-dessus est une fenêtre ogivale beaucoup plus simple. Au Sud de la nef a été accolée une chapelle également ogivale, ouvrant sur cette nef par une double arcade et possédant deux belles fenêtres rayonnantes ; ce devait être une chapelle seigneuriale, peut-être celle des sires de Montmuran. Vis-à-vis, au Nord, est une seconde chapelle absolument dépourvue de style, appelée chapelle du Prieuré, et réservée à l'origine aux religieuses de Saint-Georges. Au Sud de l'église et y attenant est un assez vaste porche du XIVème siècle, qui règne tout le long de la nef ; il est ouvert de quatre arcades ogivales, soutenues par des colonnes trapues aux chapiteaux et aux bases très-simples. S'il se trouvait au Nord, du côté de l'ancien logis prioral, on dirait que c'était le cloître de ce monastère ; mais placé au Sud et ne touchant qu'au cimetière, on s'explique difficilement sa primitive destination. Quoi qu'il en soit, on y trouve deux antiques bénitiers, dont l'un surtout semble avoir été une cuve baptismale du XIVème siècle : « Il est porté sur un seul pédicule, mais une figure d'homme sculptée sur la cuve, les jambes écartées et les bras élevés, semble le soutenir de toute sa force ; sur un autre côté, un chien, également en relief sur la cuve, est posé de manière à lui servir aussi de support. Plus bas, un homme debout indique du doigt celui qui est à la partie supérieure » (M. l'abbé Brune, Archéologie religieuse, 166). La fabrique de Tinténiac avait au XVIIIème siècle 70 livres de rente et quelques fondations. On y trouvait alors érigées les confréries du Saint-Sacrement, du Rosaire et des Agonisants ; cette dernière avait été établie par le pape Innocent XII en 1697. Il est évident qu'à l'origine l'abbesse de Saint-Georges avait tous les droits de prééminence à Tinténiac ; cependant les seigneurs de Montmuran entreprirent au XVIIème siècle d'usurper ces prérogatives féodales. Après de longs procès, Joseph de la Motte, seigneur de Montmuran, fit un accord avec l'abbesse de Saint-Georges : par cet acte, il fut convenu que l'abbesse aurait seule « les droits de présentation, fondation et supériorité dans l'église de Tinténiac, avec prières nominales, pain bénit, encens, eau bénite présentée avec le goupillon, présidence des assemblées paroissiales, clef des archives, enfeu et banc seigneurial dans le choeur, litre et armoiries ; mais que ladite dame abbesse permettait toutefois audit seigneur de Montmuran d'avoir un banc après le sien ainsi qu'un enfeu, et ses armoiries posées au-dessous des siennes » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 26 H, 349). Le seigneur de la Besnelais avait aussi en 1680 dans cette église quelques prééminences et un enfeu proche l'autel de Notre-Dame (Pouillé de Rennes).

 

l'ancien prieuré Notre-Dame de Tinténiac, aujourd'hui disparu et jadis membre de l'abbaye de Saint-Georges de Rennes. « D'hermines à un baston prioral de gueules accosté de deux croissants de même » (Armorial général ms. de 1698). En fondant l'abbaye de Saint-Georges, vers 1032, Alain III, duc de Bretagne, donna à la première abbesse, Adèle, sa soeur, le gros bourg de Tinténiac, avec son église et toutes ses dépendances, « vicum non exiguum nomine Tinteniacum cum ipsa ecclesia et omnibus quœ ad eum pertinere noscuntur » (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 91). Les papes et les évêques de Saint-Malo, dans le diocèse desquels se trouvait Tinténiac, approuvèrent successivement à diverses époques cette donation de l'église de Notre-Dame de Tinténiac, « ecclesiam Beatœ Mariœ de Tinteniac cum decimis et pertinenciis suis » (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 169, 173, 200, 279). Les religieuses de Saint-Georges, tout en conservant à Tinténiac de beaux droits fort lucratifs et un important prieuré, rétrocédèrent de bonne heure la plus grande partie du fief de ce nom à une famille de nobles chevaliers. Dès 1036, selon le P. Du Paz, l'abbesse Adèle de Bretagne fit une convention avec un de ses feudataires ou tenanciers nobles nommé Donoald. « Elle lui permit de construire un château, « castrum sibi agere », à Tinténiac même, « in Tinteniaco », à condition qu'il se reconnût l'homme lige de l'abbaye de Saint-Georges et qu'il ne pût jamais transférer son hommage, dans aucun cas, à nul autre suzerain. De plus, Donoald s'engageait à ne jamais donner asile ni protection à un ennemi de Saint-Georges ; s'il faussait son serment de fidélité, il perdait son fief comme parjure et foi mentie » (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, Prolégomènes, 68). Le successeur de Donoald, Guillaume, surnommé l'Ismaélite, construisit une chapelle dans son château de Tinténiac, vers 1060. A cette occasion, « il fut stipulé et accordé entre l'abbesse et Guillaume, « son fidèle », que la moitié des oblations faites à ladite chapelle par les paroissiens de Tinténiac, habitant dans l'enceinte du château, appartiendraient au chapelain de Guillaume, l'autre moitié restant à l'église paroissiale, dédiée à la Sainte Vierge, et à l'abbesse. Mêmes conditions pour les hommes du dehors, étrangers à la paroisse de Tinténiac. Quant aux paroissiens de Tinténiac habitant en dehors de la forteresse, toutes leurs oblations étaient la propriété de Notre-Dame et de l'abbesse » (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, Prolégomènes, 68). Ainsi, au XIème siècle, Tinténiac devint une ville fortifiée avec une paroisse, un prieuré et une châtellenie de qui relevaient de nombreux fiefs. Le château-fort, bâti par permission des religieuses, fut ruiné et rasé par Henri II, roi d'Angleterre, en 1168 ; ce fut alors que les seigneurs de Tinténiac, descendants de Donoald et de Guillaume l'Ismaélite, construisirent à quelque distance de là le château de Montmuran, dans les mêmes conditions qu'avait été bâti celui de Tinténiac, c'est-à-dire sous la juridiction abbatiale. Quant à Tinténiac même, c'était encore au XIVème siècle une petite ville murée et fortifiée dont s'empara Du Guesclin en 1373 (D. Lobineau, Histoire de Bretagne, 406). Malgré la générosité qu'avait montrée l'abbesse Adèle envers Donoald, le domaine de Tinténiac restait encore un des plus riches en droits et en revenus utiles pour l'abbaye. Saint-Georges y possédait une grande seigneurie dépendant uniquement de l'abbesse, et un prieuré possédé dès l'origine par une religieuse, qui le gouvernait sous la dépendance de l'abbesse, à qui elle en rendait aveu.

Parlons d'abord de la seigneurie de l'Abbaye, à Tinténiac, et citons les Déclarations des religieuses de Saint-Georges : « Lesdites dames confessent tenir du roi les fiefs, juridictions, rentes et revenus de Saint-Georges à Tinténiac, soubs l'évesché de Saint-Malo-de-l'Isle, ensemble les fiefs et juridictions qui en relevent prochement, et le droit de nommer sergent ameneur au Présidial de Rennes. Premièrement ont lesdites dames droit de juridiction haute, basse et moyenne, avec pouvoir d'instituer officiers, sénéchal, alloué, etc., lesquels officiers tiennent leur audience de juridiction contentieuse le jour de mercredi de chacune semaine, mesme les plaids quatre fois l'an, en l'auditoire que lesdites dames ont en la ville de Tinténiac... Comme les seigneurs ducs et duchesses de Bretagne, seigneurs souverains, leur ont donné, audit Tinténiac, tous les droits qu'ils y avaient, les appellations des sentences données par les juges d'icelle se relèvent directement au siège Présidial de Rennes... Et pour ce qui est des causes criminelles ont droit de servitude de prisons en ladite ville de Tinténiac, et mesme pour l'exécution des sentences données par les juges de la seigneurie, de faire eslever une potence et une justice à quatre piliers en une pièce de terre apellée les Buharais, au proche de la ville de Tinténiac, joignant le grand chemin conduisant dudit Tinténiac à la ville de Hédé. — Ont droit en ladite ville de Tinténiac de poids et mesures, de police, et mesme de faire l'aprécy des grains, etc. »

De cette seigneurie de Saint-Georges à Tinténiac dépendaient cinq fiefs ou bailliages nommés : — 1° le bailliage de la ville de Tinténiac ; — 2° le bailliage de Chastelain, ayant également cours en la paroisse de Tinténiac ; — 3° le bailliage de Cardroc, s'étendant en la paroisse de ce nom ; — 4° le bailliage de Plagounou, en Combourg ; — 5° le bailliage de la Ville-Aleix, en Bazouges-sous-Hédé (nota : en 1197, Olivier de Tinténiac et Etiennette, sa soeur, donnèrent à l'abbaye de Saint-Georges la métairie de la Ville-Aleix, « totam medietariam de Villa Aaeles et censarios ejusdem medietariœ » - Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 193) ; dans ce dernier fief, les plaids et les actes de la juridiction abbatiale se tenaient sous un vieil ormeau, dans le village de la Ville-Aleix, et l'on ne pouvait pas vendre judiciairement les biens des vassaux de ce fief avant qu'on en eût fait « l'incantation » au pied de cet orme, afin de permettre aux habitants du village d'y mettre les premières enchères. 

La seigneurie de Tinténiac s"étendant en plusieurs paroisses, l'abbesse avait le droit de nommer les recteurs ou vicaires perpétuels de Tinténiac, La Baussaine, Saint-Domineuc, la Chapelle-Chaussée, Cardroc et Saint-Gondran ; elle était en même temps patronne et fondatrice de toutes ces églises. Il était encore dû à l'abbesse, par les paroissiens de Tinténiac, « un debvoir appelé pain sansal, qui est froment et avoine menue, affermé anciennement 20 livres »

De cette seigneurie de l'Abbaye à Tinténiac relevaient féodalement plusieurs terres et juridictions : c'étaient d'abord le château et l'importante seigneurie de Montmuran, avec tous ses fiefs, s'étendant en Tinténiac, les Iffs, Cardroc, La Baussaine, la Chapelle-Chaussée, Saint-Domineuc ; le seigneur de Montmuran devait à l'abbesse de Saint-Georges « 40 livres de rente féodale, obéissance, foy, hommage et rachapt ». (nota : le seigneur de Montmuran avait une juridiction qu'il tenait originairement de l'abbesse de Saint-Georges ; en 1253, Agnès d'Erbrée, alors abbesse, et Olivier de Tinténiac, seigneur de Montmuran, firent un accord par lequel « il fut arresté qu'en matière de voleurs chacun d'eux fournirait des archers pour les saisir, mais que ce serait ce seigneur qui les ferait pendre ». — En 1269, ce même Olivier, rendant hommage à la même abbesse, s'engagea à lui payer une rente de 40 livres sur sa terre de Montmuran, pour demeurer quitte des tailles et mangers que percevait l'abbaye sur ses vassaux, ainsi que des droits, profits et émoluments qu'elle tirait du marché ou cohue de Tinténiac, dont ledit Olivier resta concessionnaire - Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 228, 70) » ; —  c'était ensuite le bailliage du Plessix-Bonenfant, avec basse justice, en Saint-Domineuc, appartenant à René de Rosnyvinen, et tenu par lui « à devoir d'obéissance, foy, hommage, chambellenage et rachapt » ;  — c'étaient, enfin, les bailliages d'Esnage, de Callandry, en Saint-Domineuc, et de la Pilais, tenus par Jean de l'Estang, qui prétendait avoir droit de moyenne justice, soumise toutefois à la juridiction de l'abbesse. L'abbesse de Saint-Georges levait aussi des traits de dîmes en Tinténiac (cinq traits), en La Baussaine (quatre traits), la Chapelle-Chaussée (trois traits), en Cardroc, Saint-Domineuc, Trimer et Guipel (Déclarations de 1633 et 1665). 

Voyons maintenant ce qu'était le prieuré de Tinténiac. En 1223, ce prieuré se trouvait entre les mains du recteur de Tinténiac, nommé Guillaume, nous ne savons comment. Toujours est-il que ce prêtre fit alors avec l'abbesse de Saint-Georges une singulière convention : d'un côté, Guillaume afferma pour cinq ans à l'abbesse et à sa communauté tous les biens dépendant du bénéfice de la cure de Tinténiac, de la métairie de Chastelain et de la grande chapellenie de Saint-Georges (nota : Olivier, seigneur de Tinténiac, avait fondé deux chapellenies en l'abbaye de Saint-Georges et les avait dotées de biens aux environs de Tinténiac ; il s'agit probablement ici de l'une d'elles) ; le couvent s'engagea à lui payer pour cette jouissance 30 livres chaque année, et, à l'expiration des cinq ans, à le remettre en possession de tous ces biens, le tenant quitte dès lors de toute redevance envers l'abbaye jusqu'à sa mort ; — d'un autre côté, le même Guillaume résigna entre les mains de l'abbesse le prieuré de Tinténiac libre de toutes charges et de toutes dettes contractées par lui depuis son entrée dans ledit prieuré, se réservant seulement les acquisitions ou possessions privées qu'il pouvait avoir (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 46, 216). Le logis prioral de Tinténiac se trouvait au Nord de l'église paroissiale, qu'entouraient en partie la cour, le jardin et le verger du prieuré ; à l'Est du logis était le four banal, à l'Ouest s'élevaient l'auditoire et la prison. Voici comment s'exprime la prieure Isabeau Le Moyne dans sa Déclaration en 1619 : « Confesse ladite dame que pour logement du prieuré est, au proche et derrière l'église de Tinténiac, un corps de logis construit de pierres, couvert de tuiles rouges, consistant en deux aistres... à l'entrée de la cour, entre le cimetière et le jardin du prieuré, est un autre corps de logis appelé le Portail... ledit jardin du prieuré fait le circuit de la cour et du logement prédit, etc. » (nota : l'enclos du Prieuré existe encore à la fin du XIXème siècle au Nord de l'église de Tinténiac et y attenant, mais l'ancien manoir prioral a disparu pour faire place au XIXème siècle à une maison de campagne moderne, bâtie au milieu d'un petit parc). La prieure de Tinténiac possédait, en outre, « la mestairie de Brominicy », contenant 35 journaux de terre situés en Tinténiac ; — le pré de Campeneuc (5 journaux) (nota : ce pré avait été aliéné, mais en 1619 la prieure cherchait à le retirer) ; — l'étang du Pont-à-l'Abbesse, avec sa prairie (le tout contenant 6 journaux) et son moulin, « auquel tous les vassaux du prieuré et mesme ceux de la dame abbesse sont contraints d'aller moudre leur bled, et a droit de prendre d'eux ladite prieure le seizième boisseau » ; — la prairie de l'Etang-à-l'Abbesse, en Trévérien, contenant 7 journaux ; — la prairie de la Rivière de la Noé-Morin, en Saint-Domineuc, contenant également 7 journaux. « Dudit prieuré dépendent cinq fiefs et bailliages ayant droit de basse et moyenne justice, confection d'inventaires, déshérence de bastards, lods et ventes, s'estendant en la paroisse de Tinténiac, et sont appelés : le Bailliage de la Ville, autrement le Grand Bailliage, montant par deniers à 4 livres 10 sols monnoie, rente amendable, payable au jour de Noël entre les messes de minuit et du point du jour qui se disent en l'église de Tinténiac ; par grains 15 boisseaux de froment payables au grenier de la prieure, et huit corvées à fanner la prée de Campeneuc et à charroyer le tizon de Noël ; — le bailliage de la Besnelaye-Trigoul et Chastelain ; — le Grand Bailliage, ou bailliage des Cours, — et le bailliage de Merdrel, ces deux derniers en Saint-Domineuc ; — enfin, le bailliage de la Ruelle, en Trévérien. Pour la conservation desquels droits a ladite prieure droit de pourvoir aux estats de sénéchal, alloué, lieutenant, etc., et de faire tenir les plaids de sadite juridiction deux fois l'an, sans assignation, savoir, au bourg de Saint-Domineuc, le lendemain du Sacre, et, en la ville de Tinténiac, le jour Saint-Barthélemy. Davantage confesse ladite dame qu'à cause de son prieuré elle a droit de faire recueillir la dixme des bleds qui croissent aux terres dépendantes desdits bailliages, à la douziesme gerbe ; plus les dixmes de lins et chanvres qui croissent tant en la paroisse de Tinténiac qu'en ses trèves et fillettes.  Et mesme la dixme des agneaux, aussy des laines de brebis et moutons, esdites paroisses, savoir le douziesme agneau et la douziesme livre de laine »

La prieure de Tinténiac avait un droit de « coutume et trépas » sur les marchandises passant à Tinténiac, à Saint-Domineuc, à la Chapelle-Chaussée et aux passages de Bouillon et du Perthuys-Boschier, « qui est pour chacune charretée de vin 2 deniers, etc. ». Outre son moulin banal, elle possédait aussi un four à ban « avec pouvoir de contraindre les vassaux du prieuré et même ceux de la dame abbesse, en ce qui est de l'enclos de la ville, d'aller cuire leur pain audit four à ban et de prendre d'eux pour cet effet la seiziesme livre de la paste ». Elle avait aussi un droit d'usage de bois à merrain et de chauffage, pacage et pasnage dans la forêt de Tanouarn. Ce droit avait été donné à Saint-Georges en 1040 par le duc Alain III (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 126). Enfin, « confesse ladite dame prieure avoir droit de pouvoir faire examiner et mettre maistre d'escolle pour tenir l'escolle en la ville dudit Tinténiac, pour l'instruction de la jeunesse » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 26 H, 309). 

La prieure de Tinténiac avait, par contre, quelques obligations à remplir. Ainsi, elle devait payer chaque année 4 livres de rente féodale à l'abbesse de Saint-Georges ; — fournir à l'abbesse et aux religieuses de Saint-Georges, « chacun premier jour de l'an, un gasteau de trois demeaux de farine de froment, mesure de Tinténiac, lequel gasteau, porté à Rennes par les hommes et subjects de ladite prieure, est présenté à la grande messe, à l'offertoire, à la grande grille du choeur de ladite abbaye » ; — donner pour 12 deniers de pain, le même premier jour de l'an, « pour estre converti en pain bénit en l'église de Tinténiac, pour servir de communion au peuple assistant aux messes qui se disent en ladite église » ; — entretenir les ponts en bois du Pont-à-l'Abbesse, du Pont-Youl et de la Magdelaine « en bonne et due réparation » ; — entretenir les cordes des cloches de l'église de Tinténiac ; — faire dire en cette église trois messes par semaine ; — payer 150 livres de décimes ; — payer 4 livres 16 sols à l'évêque de Saint-Malo et 2 livres 8 sols à l'archidiacre de Dinan ; — enfin, entretenir le manoir prioral et ses dépendances (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 26 H, 312). 

Le 20 juillet 1728, les religieuses de Saint-Georges déclarèrent que leur prieuré de Tinténiac valait 1.480 livres de revenu brut, avec 397 livres de charges, ce qui réduisait le revenu net à la somme de 1.083 livres. L'abbesse de Saint-Georges Elisabeth d'Alègre avait réuni, dès 1720, le prieuré de Tinténiac à la mense conventuelle et en avait supprimé le titre ; elle obtint en 1721 un brevet du roi, et le 5 mai 1725 un arrêt du Conseil d'Etat consacrant cette union et cette suppression.  

Liste des prieures de Tinténiac :  — Soeur Guillemette de la Morinaye fut pourvue en 1415. — Soeur Marguerite du Pouez fonda, vers 1449, la chapellenie de Saint-Antoine dans l'église abbatiale de Saint-Georges. — Soeur Marguerite Le Porc rendit aveu en 1454 et 1467. — Soeur Guillemette de la Moussaye, prieure dès 1500, rendit aveu en 1557, résigna en 1559 en faveur de Jeanne de Montbron, et mourut peu après. — Soeur Renée Le Porc fut pourvue le 18 novembre 1559 par l'abbesse de Saint-Georges, qui n'admit pas Jeanne de Montbron, quoique celle-ci se fût fait pourvoir à Rome. — Soeur Julienne des Vaulx, pourvue en 1560, résigna en 1569 et mourut à Saint-Georges le 24 janvier 1620, âgée de cent cinq ans. — Soeur Julienne du Boille fut pourvue en 1569. — Soeur Jeanne de Montbron, admise enfin comme prieure par l'abbesse, lui rendit aveu en 1575 ; elle résigna en 1582. — Soeur Sébastienne du Gourninec prit possession le 2 septembre 1582 et résigna deux ans plus tard. — Soeur Jeanne des Vaulx prit possession le 18 novembre 1584 et résigna en 1606, se réservant une pension sur le prieuré. — Soeur Isabeau Le Moyne de la Tousche prit possession le 3 septembre 1606, rendit aveu en 1608 et 1619, et résigna en 1620. — Soeur Isabeau Lamballays, pourvue le 1er janvier 1621, rendit aveu en 1623 et résigna en 1637. — Soeur Marie Le Vayer de Clayes, fille de Jean Le Vayer, président au Parlement de Bretagne et seigneur de Clayes, fut pourvue en 1637 et rendit aveu le 14 décembre 1676. — Soeur Renée Nicolas de Clayes, dame de la Chèze, nièce de la précédente, rendit aveu le 29 janvier 1683 et résigna en 1717. — Soeur Sainte-Françoise Nicolas de Champgérault fut pourvue le 24 février 1718 ; décédé le 21 juillet 1719. — Soeur Sainte-Céleste de Lescu de Beauvais, pourvue par l'abbesse le 22 juillet 1719, prit possession, le 25 du même mois, de l'église de Tinténiac, du logis prioral et de ses dépendances. Mais soeur Perrine Huchet de Cintré se fit pourvoir à Rome et prit à son tour possession le 3 février 1720. Mme de Beauvais, après s'y être opposée en vain, résigna son prieuré le 12 novembre suivant entre les mains de l'abbesse de Saint-Georges, qui supprima le titre de ce bénéfice et en réunit les revenus à la mense conventuelle de son abbaye (abbé Guillotin de Corson).

 

la chapelle du prieuré (1444), dépendance de l'ancienne église du XIVème siècle ;  

l'ancienne Chapelle de la Madeleine, située route de Saint-Domineuc. Cette chapelle, qui n'existe plus aujourd'hui, est citée dès le XVIème siècle. Elle dépend à l'origine d'une ancienne léproserie, puis devient frairienne et elle est alors fondée de messes. Voici les noms de quelques chapelains dans les derniers siècles ; ils étaient tous nommés par le seigneur de Tinténiac, ce qui semble prouver que la maladrerie avait été fondée par les seigneurs de ce nom : Simon Le Roy succéda en 1574 à Philippe Martin ; — Jean du Bouexic, chanoine de Rennes (1662) ; — François de Saint-Meleuc fut pourvu en 1775 et remplacé par Gabriel de la Motterouge en 1782. Celui-ci fut le dernier chapelain de la Magdeleine. Il déclara en 1790 que ce bénéfice rapportait à son titulaire 1.010 livres de rente, mais qu'ayant 309 livres de charges, il ne lui restait net qu'un revenu de 701 livres (Registre des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Saint-Malo - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 29) ;  

l'ancienne chapelle du château de Tinténiac fut bâtie vers 1060 par le seigneur du lieu. Elle a été détruite avec le château lui-même ;  

l'ancienne Chapelle des Huguenots, située au Village de Châtelain. Il s'agit d'un ancien Temple protestant ;  

la chapelle (1716), édifiée jadis au Village de la Cour aux Angers ou de la Cour ès Dauvets. La chapelle Notre-Dame de Toutes-Grâces de la Cour-aux-Angers fut bâtie au commencement du XVIIIème siècle par Jean-Baptiste Collet et Marguerite Clavier, sieur et dame des Fontaines. Ces pieux époux y fondèrent, le 2 juin 1717, deux messes par semaine ; leur fondation, desservie en 1742 par Nicolas Collet, et en 1787 par François Collet, avait en 1790 un revenu de 80 livres (Registre des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Saint-Malo) ;  

la croix de Saint-Méloir-des-Bois (XVème siècle) ;   

le calvaire de La Saudrais (XVIème siècle) ;   

l'ancien manoir (XVème siècle), situé 3 rue des Dames. Ce manoir est encore surnommé "La Grand'Cour" ou "La Grand'Maison" ;   

l'ancien manoir (XVème siècle) de La Couaplais, situé route de Hédé. Propriété de la famille Hirel (entre 1444 et 1590), de la famille Brégel seigneurs de La Boulay (fin XVIème siècle au XVIIème siècle), puis de la famille Tranchant Des Tulais ;   

l'ancienne Maison du Porche Blanchet ou Maison du Porche Beauchet (XV-XVIIème siècle), située rue des Dames. Propriété successive des familles de la Resnais (en 1597), du Flachay, de Québriac et de la Beaucheraye (au XVIIIème siècle) ;  

l'ancienne prison (XVème siècle), située 8 rue des Dames ;   

l'ancien hôtel de Mélesse (XVIème siècle), édifié par Jean Geslin et Rollande Hattes, sieur et dame de La Bourbansaye ;   

l'ancien manoir de La Bellonaye (XVIème siècle), propriété de la famille Hatte ;   

l'ancien manoir de La Besnelais ou la Bellonnaye (XVI-XVIIème siècle), situé route de Hédé et propriété de la famille La Bellonaye. On y trouvait jadis une chapelle datée de 1541. Le 3 mars 1547, Marguerite de Melesse, femme de François Hattes, y fonda par testament deux messes hebdomadaires. Ce sanctuaire, desservi en 1635 par Jacques Cochery, fut interdit vers 1740. Propriété de la famille de Melesse en 1440, puis de la famille Hattes vers 1540. En 1637, ce manoir est la propriété de la famille Rabaste, seigneurs des Longrais, puis de la famille La Corbinaye ;   

l'ancien hôtel "Préciaux Des Cours" ou "des Cours Preciaux" (1553), propriété de la famille Préciaux Des Cours (au XVIIIème siècle). Cet hôtel est modifié dans les années 1864-1867 et après 1914 ;   

la maison (XVI-XVIIème siècle), située au n° 6 place André-Ferré ;   

les portes cintrées de la Maison du Puits Frin (XVI-XVIIIème siècle), situées aux n° 8 et 10 rue du Puits-Frin. Cette demeure date du XVIème siècle et elle est la propriété de Marguerite de Mélesse. Les propriétaires successifs sont la famille Hattes (en 1539), puis la famille Henri Galiope Collet (en 1718) ;   

l'ancien Grenier à Sel (1570) encore surnommé la maison de l'Ecotay ou des Ecotays. Propriété de la famille le Corvaisier vers 1570 ;   

l'école Notre-Dame (vers 1600). L'endroit est occupé en 1573 par une "Hostellerie du Lion d'Or", tenu par Guillaume Arribard. Reconstruite au XVIIème siècle, cette demeure est alors la propriété de Jean-Anne de La Croix. Cette demeure est rachetée en 1864 par la Congrégation des Sœurs de l'Immaculée Conception ;      

la maison de la Cour A-Dehors (XVIIème siècle), située chemin de La Cour-à-Dehors. Elle est restaurée au XIXème siècle ;   

la maison de La Cour-Frémur (1654) ;   

la maison de Le Bas-Carahouët (1666) ;   

la maison des Vayries (XVII-XVIIIème siècle) ;   

la maison (1681), située à la Fosse-Morandais. Restaurée au XXème siècle ;   

la maison de la Morinais (XVIIIème siècle), située 17 rue Nationale ;   

4 moulins à eau : de Jehan, de la Bigotière, du Pont-à l’Abbesse, de Rouyo ;        

A signaler aussi :

des vestiges néolithiques (mobilier lithique et des céramiques) ;   

le menhir de la Roche ou de la Table du Diable, situé route de Saint-Symphorien, dans le Champ du Grand Pré ;  

le tumulus de la Butte-du-Pré-d'Abas, situé route de Saint-Domineuc. Sa hauteur est de 6m 50 et sa circonférence de 80 mètres ;  

la découverte d'un village carolingien au lieu-dit La Cocherais ;   

l'ancienne léproserie. Il est à remarquer qu'un plan du bourg de Tinténiac, au XVIIIème siècle, donne le nom d'hôpital à une maison joignant le jardin du prieuré, à l'entrée de l'église ; il est probable que ce petit établissement charitable avait été fondé après la destruction de la léproserie de la Magdeleine. En l'an 1206, Rouaud, prieur, et les frères de la maison des lépreux de Tinténiac, « Rouaudus prier et fratres domus leprosorum de Tinteniac », s'engagèrent envers l'abbesse de Saint-Georges, qui possédait féodalement les paroisses de Tinténiac et de Saint-Domineuc, à lui payer sans discussion la dîme, s'ils venaient à cultiver quelques terres en Saint-Domineuc. Ils exceptèrent toutefois les dîmes des terres contenues entre le chemin qui mène de la maladrerie vers Castelet-Busson et le torrent appelé Guentus, terres leur appartenant par la donation que leur en avait faite l'évêque de Saint-Malo, du consentement des religieuses de Saint-Georges et du prieur de Saint-Domineuc. L'année suivante, le même prieur Rouaud s'engagea à rendre également à l'abbesse de Saint-Georges la dîme de toutes les terres qu'il cultiverait dans l'étendue du territoire relevant de l'abbaye en Tinténiac ; il en excepta encore la dîme d'un journal de terre situé près la maladrerie, qu'il tenait de la libéralité des religieuses de Saint-Georges, lequel journal était tenu auparavant par les Hospitaliers qui demeuraient autrefois dans le lieu où se trouvait la maison des lépreux (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 206, 207). Ainsi, au commencement du XIIIème siècle, il existait en Tinténiac un hôpital de lépreux ayant une dotation de terres assez considérable pour pouvoir stipuler, par rapport à ses droits et à ses obligations, avec la puissante abbaye de Saint-Georges. Cette maladrerie, dit avec raison M. de la Bigne Villeneuve, est évidemment devenue le village actuel de la Magdeleine, situé sur la lisière des paroisses de Tinténiac et de Saint-Domineuc. Lorsque la lèpre disparut de notre pays, la maladrerie perdit ainsi sa raison d'être ; la chapelle seule fut conservée avec une partie de sa dotation (Pouillé de Rennes). " UNE LÉPROSERIE A TINTÉNIAC AU XIIIème SIÈCLE. — En étudiant le fonds de Saint-Georges, aux archives départementales d'Ille-et-Vilaine, j'ai rencontré deux petites chartes aussi curieuses par leur dimension que par l'objet auquel elles se rapportent. Elles sont à peine de la grandeur d'une carte à jouer, et elles constatent l'existence à Tinteniac d'une léproserie ou maladrerie qui avait dû y être fondée dès le XIIème siècle. Voici la traduction de ces deux pièces, portant les dates de 1206 et 1207. - I. « Rouaud prieur et les Frères de la Maison des Lépreux de Tinteniac à tous ceux à qui parviendra le present écrit, salut dans le Seigneur. Sachez tous que nous avons accordé, pour nous et pour nos successeurs, à l'Abbesse et au Couvent de St. Georges, et à l'eglise de St. Domineuc, que si désormais nous cultivons quelque terre dans ladite paroisse de St Domineuc, nous paierons sans discussion la dîme à l'abbesse et au couvent de St. Georges ainsi qu'à l'eglise de St. Domineuc, sauf pourtant les dîmes des terres contenues entre le chemin qui mène de la Maladrerie vers Castelet Buson, et le torrent qu'on appelle Guentus, terres qui nous appartiennent par la donation que nous en fit l'évêque de St. Malo, avec le consentement du Chapitre de St. Georges et du Prieur de St. Domineuc. Donné lan de grâce 1206. - II. « Rouaud Prieur et les Frères, etc. (ut suprà) Qu'il soit connu de tous que nous nous sommes engagés à rendre paisiblement à l'abbesse et au couvent de St. Georges les dîmes de toutes les terres qu'il nous arrivera de cultiver dans toute l'étendue du territoire relevant de l'abbaye, en Tinteniac ; excepté la dîme d'un journal de terre près notre maison, que nous tenons de la libéralité de l'abbesse et du couvent de St. Georges, lequel journal était tenu par les Hospitaliers qui demeuraient ci-devant dans le lieu où est située notre maison. Donné l'an de grace 1207 ». Outre le fait assez curieux à noter d'un prieuré ou hôpital de lépreux établi à Tinténiac dès les premières années du XIIIème siècle, y possédant déjà une dotation en terres, et stipulant pour ses droits et ses obligations envers la puissante abbaye dont Tinténiac formait un des fiefs principaux, ces chartes peuvent encore servir à constater qu'antérieurement au XIIIème siècle les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Hospitaliers, avaient à Tinténiac un établissement, circonstance sur laquelle nous aurons à revenir, en faisant connaître quelques chartes inédites qui ont rapport aux biens des Hospitaliers, dans la paroisse de Tinténiac, au XIIIème siècle ". (P. D. V.) ;  

l'ancienne Maison de la Houssemagne, située près de l'ancien Etang à l'Abesse. Propriété de la famille Robiou sieurs de Tréfandel au XVIIème siècle ; 

l'ancien manoir de la Fosse. Propriété de la famille de Coëtquen en 1428, puis du prieur de la Madeleine en 1455 ;

l'ancien manoir de la Gontrais, situé route de la Baussaine. Il a été reconstruit au XVIème siècle. Il possède une chapelle privée qui date de la même époque. La chapelle de la Gontrais fut construite près de ce manoir par Jean de la Haye et Marguerite de Cahideuc, seigneur et dame de la Gontrais ; elle fut bénite en 1653 par le recteur Guillaume Ferron et fondée de messes par le seigneur du lieu (Registre des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Saint-Malo). Propriété de la famille le Sage en 1480 et de la famille de la Haye en 1653 ; 

l'ancien manoir de Campeneuc. On y voit un cadran solaire daté du 6 mai 1586 et signé Pierre Pilart : on y lit les armes de la famille de Saint-Pern. Propriété successive des familles de Maulny (avant 1478), Huchet (en 1566), de Saint-Pern (en 1571), Gouyon seigneurs de la Mordelière (en 1625), Joubin (en 1634), Martin seigneurs des Bruslais, de Vaucouleurs (en 1733), de Derval (en 1772) ;  

l'ancienne Maison de la Godivelaye, située route de Trimer. Propriété de la famille Arribard en 1557 ;  

l'ancienne Maison de la Préguinière, située près de la Mairie. Propriété de la famille de Québriac en 1735 ;  

l'ancienne Maison du Pont, située dans la rue du Pont-à-l'Abesse. Propriété de la famille Arribard en 1557 ;  

l'ancienne Maison de la Chenardière, située rue des Dames ;  

la Maison des Prè, située jadis près du presbytère ;  

l'ancienne Maison du Bréjon, située dans la rue Haute ;  

l'ancien hôtel Deslandes (1553) ;  

l'ancienne Maison du Flachay, située près de l'ancien auditoire. Propriété de la famille de Québriac au XVIIIème siècle ;  

l'ancienne Auberge de l'Image Saint-Malo ;  

l'ancienne Maison du Petit Porche ;

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ANCIENNE NOBLESSE de TINTENIAC

Tinténiac a donné son nom à une des plus anciennes familles de Bretagne, portant pour armes : d'or à deux jumelles d'azur, au bâton de gueules brochant en bande sur le tout. En l'an 1032, le duc de Bretagne Alain III donna à l'abbaye de Saint-Georges de Rennes la châtellenie de Tinténiac. Les religieuses de ce monastère, en « nonnes bien avisées, tout en y gardant de beaux droits fort lucratifs, retrocédèrent la plus grande partie de ce fief à une rude race militaire qui porta haut ce nom breton de Tinténiac ». (A. de la Borderie). Ce fut en 1036, selon du Paz, qu'Adèle, abbesse de Saint-Georges, permit à son noble vassal Donoald de se bâtir un château à Tinténiac. Quelques années plus tard, le successeur de Donoald, Guillaume, surnommé Ismaëlite, construisit une chapelle dans son château de Tinténiac. La même abbesse Adèle régla alors avec Guillaume, en 1060, la question assez importante alors des oblations faites en cette chapelle (Cartulaire de Saint-Georges, 91, 99 et 101). « Les descendants de Guillaume continuèrent pendant plusieurs générations à porter le surnom d'Ismaëlites. C'est au XIIème siècle seulement qu'ils commencent à prendre le nom de Tinténiac. En 1180 et 1197, Guillaume de Tinténiac, dans des donations à Saint-Georges, parle le premier de son père Guillaume de Tinténiac et de son oncle Geoffroy de Tinténiac ». Mais à cette époque le château de Tinténiac n'existait plus. En 1168, Henri II, roi d'Angleterre, guerroyant contre Eudon de Porhoët, vint attaquer ce château, le prit, le rasa, le détruisit de fond en comble. Ce fut alors que les héritiers des Ismaëlites bâtirent à quelque distance de Tinténiac, dans la paroisse des Iffs, le château de Montmuran « Construite sur une éminence qui domine la contrée avoisinante, cette nouvelle forteresse remplaça pour les sires de Tinténiac leur ancien donjon réduit en ruines. Elle doit dater au moins du XIIIème siècle, car en 1269 Olivier de Tinténiac, rendant hommage à Agnès d'Erbrée, abbesse de Saint-Georges, s'engageait à lui payer annuellement sur ses seigneurie et terres de Montmuran une rente de 48 livres pour demeurer quitte des tailles et mangers que percevait l'abbaye sur ses vassaux, ainsi que des droits, profits et émoluments qu'elle tirait du marché ou cohue de Tinténiac, dont ledit Olivier restait concessionnaire ». Néanmoins, quoique privée de son château, la petite ville de Tinténiac conserva ou releva ses propres fortifications, puisqu'en 1373 elle fut assiégée et prise par du Guesclin (Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, 406). Les premiers seigneurs de Tinténiac ne nous sont guère connus que par leurs donations aux Bénédictins de Saint-Melaine et à l'abbaye de Saint-Georges, où fut inhumée Eremburge, femme de Guillaume II et mère d'Olivier Ier de Tinténiac. Olivier Ier épousa une dame nommée Théophile et en eut Alain, sire de Tinténiac, père d'Olivier II, qui s'unit à Havoise d'Avaugour, dame de Bécherel. Ces derniers donnèrent le jour à Guillaume III, sire de Tinténiac et de Bécherel, vivant en 1303. Olivier III, fils de ce dernier, épousa Eustaisse de Châteaubriant, fille du baron Geoffroy VI, dont il eut plusieurs garçons, entre autres Briand et Jean, qui lui succédèrent l'un après l'autre dans sa seigneurie de Tinténiac, — et Olivier, qui créa une branche cadette subsistant encore, établie au XVIème siècle en la seigneurie de Quimerc'h en Cornouaille. Briand, sire de Tinténiac, étant mort, en effet, sans postérité, sa châtellenie passa à son frère cadet Jean, mari de Jeanne de Dol. Celui-ci, l'un des héros du combat des Trente — dans lequel figura encore son troisième frère, Alain de Tinténiac — fut tué à la bataille de Mauron, en 1352, ne laissant qu'une fille, Isabeau de Tinténiac, qui épousa Jean de Laval, seigneur de Châtillon-en-Vendelais, et lui apporta la châtellenie de Tinténiac. De cette union naquit Jeanne de Laval, dame de Tinténiac, qui épousa d'abord l'illustre connétable Bertrand du Guesclin, dont elle n'eut point d'enfants, puis, en 1384, son cousin Guy II, sire de Laval et de Vitré ; elle mourut le 27 octobre 1433. A partir de cette époque, les barons de Vitré possédèrent la châtellenie de Tinténiac jusqu'à la mort de Guy XVI, comte de Laval et sire de Vitré, décédé en 1531, laissant veuve Antoinette de Daillon, qui le suivit au tombeau en 1539. Charlotte de Laval, fille de ces derniers, eut en partage la châtellenie de Tinténiac, et épousa en 1547 le célèbre amiral de France Gaspard de Coligny. Elle mourut en 1568 et son mari fut massacré, comme l'on sait, à la Saint-Barthélemy, en 1572. Leur fils aîné, François, comte de Coligny, leur succéda à Tinténiac, s'unit en 1581 à Marguerite d'Ailly et décéda en 1591. Sa veuve devint tutrice de son fils Gaspard, comte de Coligny et seigneur de Tinténiac (Archives du château de Châteauneuf). Celui-ci, amiral et maréchal de France, épousa en 1615 Anne de Polignac et mourut le 4 janvier 1646. De son mariage il laissait plusieurs enfants, entre lesquels Henriette de Coligny, qui eut en partage la châtellenie de Tinténiac. Cette dame épousa : 1° en août 1643, Thomas Hamilton, comte de Hadington ; 2° Gaspard de Champagne, comte de la Suze, duquel elle obtint d'être séparée. Ce fut Henriette de Coligny qui vendit, par contrat du 22 août 1662, la châtellenie de Tinténiac, moyennant 273 000 livres, à Gilles Huchet, seigneur de la Bédoyère (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 133). Mais Henri de Coëtquen, qualifié marquis de la Marzelière, parent de Mme Hamilton, demanda le retrait lignager au Parlement de Paris, et celui-ci, par arrêt rendu en août 1665, le lui accorda (Arrêt de Frain, 50). Henri de Coëtquen fixa sa résidence au château de Montmuran, dans la chapelle duquel il épousa, le 22 octobre 1668, Guillemette Belin, dont il eut deux enfants, Jean et Françoise de Coëtquen. Ceux-ci se trouvaient en 1680 sous la tutelle de leur mère devenue veuve. Mais Jean de Coëtquen mourut à la guerre en 1693, âgé de dix-sept ans, et sa soeur Françoise se trouva par suite maîtresse de la châtellenie de Tinténiac. Françoise de Coëtquen, mariée à Charles, comte de Mornay, décéda sans postérité le 19 mai 1743, laissant une grande fortune à de nombreux héritiers collatéraux. Ces derniers vendirent, entre autres seigneuries, la châtellenie de Tinténiac, qu'acheta presque entière (Etienne Baude, marquis de Châteauneuf, acquit en effet alors un huitième de la châtellenie) Joseph-Marie de la Motte, seigneur du Boisthomelin, par contrat du 7 juillet 1750 (Archives de Loire-Inférieure, B. 1040). Joseph-Marie de la Motte, qualifié dès lors comte de Montmuran, fonda en 1787 une maison des Filles de la Sagesse aux Iffs, de concert avec sa femme Marie-Anne de Vion. Cette dame mourut l'année suivante et le comte de Montmuran décéda, émigré à Jersey, le 18 octobre 1795, âgé de quatre-vingt-deux ans. Il ne laissait point d'enfants et son principal héritier fut son neveu Pierre - Martial de la Motte, qualifié dès 1784 de marquis de Montmuran et décédé en 1823. Mais le 13 juillet 1794 le château et la terre de Montmuran avaient été nationalement vendus (Archives d'Ille-et-Vilaine, 1Q. 96). Il est certain que Tinténiac était une châtellenie d'ancienneté, mais il est dit, de plus, dans le contrat de 1662, que « les terres et seigneuries de Tinténiac et Montmuran ont été érigées en comté par lettres du roy ». On n'indique point toutefois la date de ces lettres, dont il n'est à notre connaissance nullement ailleurs fait mention, ce qui nous rend leur authenticité très problématique. La châtellenie de Tinténiac relevait, avons-nous dit, en très grande partie de l'abbaye de Saint-Georges de Rennes ; néanmoins, quelques-uns de ses fiefs relevaient directement du roi en sa Cour de Rennes. Les bailliages tenus de l'abbaye se trouvaient en Tinténiac, Les Iffs, Trimer, La Baussaine, Cardroc, La Chapelle-Chaussée et Saint-Domineuc (Aveu de Tinténiac en 1560 et 1609). Les bailliages relevant du roi s'étendaient en Bazouges-sous-Hédé, Saint-Méloir-des-Bois, La Fresnaye, Hédé, Dinan, Châteauneuf, Dingé, Guipel et Combour (Aveu de Tinténiac, rendus au roi en 1545 et 1763). C'était donc en seize paroisses qu'avait droit le seigneur de Tinténiac. De ces paroisses, Les Iffs, La Baussaine, La Chapelle-Chaussée, Cardroc, Saint-Domineuc et Trimer considéraient ce seigneur comme leur fondateur, la supériorité y étant seule retenue par l'abbesse de Saint-Georges (Archives d'Ille-et-Vilaine, 26 H, 349). Dans l'église de Tinténiac, le seigneur n'avait droit qu'à un banc avec enfeu et armoiries, le tout placé au-dessous des banc, enfeu et armoiries appartenant à l'abbesse (Archives d'Ille-et-Vilaine, 26 H, 349). Enfin ce seigneur était présentateur des chapellenies de Montmuran et de la Magdeleine en Tinténiac. La haute justice du seigneur de Tinténiac s'exerçait en la petite ville de ce nom, où se trouvaient ses ceps et collier ; elle avait « deux potences de tout temps eslevées pour l'exécution de ses jugements, l'une d'icelles plantée au bout des halles de ladite ville de Tinténiac, et l'autre en une pièce de terre appelée de toute antiquité le clos de la Justice, située près le Pont-à-l'Abbesse », sur le bord du chemin allant vers Rennes. Le possesseur de la Rufaudière, sergent féodé de Tinténiac, devait fournir un exécuteur lorsque les officiers de la juridiction condamnaient « en peine corporelle » ; il devait aussi « la garde et représentation de l'estalon des mesures de la seigneurie pour le vin ou cidre » (Aveu de Tinténiac à Saint-Georges en 1609). Appartenaient au seigneur de Tinténiac les droits de tenir en la ville de ce nom un marché le mercredi et trois foires par an : le jour Saint-Barthélemy, le premier mercredi de mai et le mercredi suivant la Toussaint ; plus trois assemblées avec privilège de bouteillage, aux fêtes de saint Pierre et de saint Fiacre, au bourg des Iffs, et au pur Saint-Laurent à La Baussaine (Aveu de Tinténiac à Saint-Georges en 1609). Certain tenancier de la ville de Tinténiac était tenu d'offrir chaque année à son seigneur « une paire de gants blancs ». De son côté, le sire de Tinténiac devait à l'abbaye de Saint-Georges une rente annuelle de 40 livres et simple obéissance, plus une pareille somme de 40 livres pour chaque rachat (Aveu de Tinténiac à Saint-Georges en 1609). Le domaine proche de la châtellenie de Tinténiac se composait de ce qui suit : dans la ville même de Tinténiac, l'auditoire et les prisons avec cour et jardin, les halles, et non loin de là la prairie Saint-Michel ; — le château de Montmuran aux Iffs, avec ses fortifications, chapelle, colombier, étang et moulin, forêt et parc d'environ 40 journaux de terre ; — les métairies de la Porte et de la Boulaye aux Iffs, de Baymas et de la Landelle en Cardroc ; — les moulins de la Bigotière aux Iffs, de Rouillon en Saint-Méloir-des-Bois, les deux moulins de Théloyer en Cardroc, le moulin Jean et le moulin Perret ; — la terre de Châtelain en Tinténiac, avec les bois de la Plesse et de la Garenne de Tanouarn, le tout contenant 200 journaux de terre (Déclaration de Tinténiac en 1609 et 1763). « A cause de ladite mestairie de Chastelain (était dû au sire de Combour par le seigneur de Tinténiac) un debvoir de parc aux bestes domestiques prises en la forest de Tanouarn par les officiers et forestiers dudit sire de Combour » (Déclaration de Combour en 1580). « Le château de Montmuran a de beaux souvenirs historiques, dit M. Paul de la Bigne Villeneuve. Du Guesclin y fut armé chevalier en 1354, après avoir battu et fait prisonnier Hue de Caverley qui, avec ses routiers, essayait de pénétrer dans Montmuran par surprise. Du Guesclin l'assiégea et en chassa encore les Anglais en 1380. De la forteresse contemporaine de ces hauts faits d'armes on retrouve à Montmuran deux tours imposantes, dont l'une peut remonter au XIIème siècle ; un long corps-de-logis moderne s'étend de l'une à l'autre. Le châtelet ou tour géminée, à créneaux et machicoulis, qui protège l'entrée où jouaient la herse et le pont-levis, est du XIVème siècle. Une chapelle de style flamboyant a remplacé, au-dessus de la porte, celle qui avait vu la veille d'armes de Bertrand du Guesclin. De grands bois et de magnifiques jardins enveloppent cette superbe résidence, qui domine au Nord-Ouest une gorge abrupte profondément creusée dans le flanc des deux collines opposées. Un étang dort au fond du ravin ; des roches escarpées s'amoncellent, mêlées aux massifs de verdure, et le vieux donjon du XIIème siècle semble dresser la tête pour surveiller le large bassin vers lequel s'inclinent, en s'adoucissant, les rampes du double coteau, ménageant aux regards une délicieuse perspective » (abbé Guillotin de Corson).

Tinténiac (de), sr. dudit lieu, paroisse de ce nom, — de Montmuran, paroisse des Iffs, — de la Roche-Moysan, en Arzano, — de Bécherel, paroisse de ce nom, — de Romillé, paroisse de ce nom, — de Millac et de la Villescoz, en Bais, — de la Marre, du Bourg et du Freux, en Marcillé-Robert, — du Porcher, de la Coqueraye, du Plessis-Meslé, de Sénones et d'Entrehais, en Anjou, — baron de Quimerc'h, en Bannalec, — sr. de la Noë-Sèche, en Saint-Turiaff de Quintin, — de Combout, en Querrien, — de Tréanna, en Elliant, — de Badiliau, en Plougouver, — de Brézal, en Plounéventer. Ancienne extraction chevaleresque, — 9 générations en 1669. — Réformes et montres de 1427 à 1562, en Bais, Marcillé-Robert, Bannalec et Saint-Turiaff de Quintin, évêchés de Rennes, Cornouailles et Saint-Brieuc. Blason antique : D'or, à deux jumelles d'azur, au bâton de gueules brochant en bande sur le tout. Blason moderne : D'hermines au croissant de gueules, qui est Quimerc'h. Illustrations : Denoal, mentionné dans un titre de Saint-Georges à Rennes, en 1036. — Etienne était sr. de Tinténiac du temps du comte Eudon, c'est-à-dire en 1050. — Guillaume, contemporain de Regnault, évêque de Saint-Malo, de 1062 à 1081 (et non de 1079 à 1087, comme le prétend le P. du Paz). — Un sire de Tinténiac et Alain se croisèrent en 1096 (Mss. de Bayeux, pp. 27 et 29). — Marc et Geoffroy, frères, accompagnèrent, en 1248, le duc Pierre Mauclerc en Terre Sainte. — Etiennette, abbesse de Saint-Georges, en 1184. — Guillaume, abbé de Saint-Melaine, en 1220. — Alain, le croisé, fut père d'Olivier, marié à Havoise d'Avaugour, dame de Bécherel, dont Olivier III, marié à Eustaisse de Chateaubriand. De ce mariage : 1° Jean, l'un des champions du combat des Trente, en 1351, et qui, d'après du Paz, « fut estimé le meilleur combattant de tous du côté des Bretons et qui mérita le mieux le nom de preux et vaillant en ceste meslée » [Note : Prenez qu'il vous plaira très noble baron. Je prend Tinténiac, a Dieu soit benischon (bénédiction). Et Guy de Rochefort, et Charruel le Bon... grande fut la bataille, alientour planier (complet, plein). Tinténiac le bon estoit tout le premier, celluy de Beaumanoir que l'on doict renomer... (Poème sur le combat des Trente, publié par Fréminville et Crapelet). Lors Beaumanoir, de son gré et consentement, fist la choaisye et print premier Tinténiac et Guy de Rochefort. Tinténiac, le preux, estoict le premier, et le doit lui sur toutz remembrer (Chronique de Jean de Saint-Paul, pp. 4 et 9)]. Jean fut tué l'année suivante à la bataille de Mauron. Il n'eut de Jeanne de Dol qu'une fille, Isabeau, mariée à Jean de Laval, d'où les seigneuries de Tinténiac et de Bécherel passèrent aux Coligny, par le mariage de Charlotte de Montfort-Laval avec Gaspard de Coligny, puis par acquêt aux Lopriac et par alliance aux Kerhoent ; 2° Alain, qui, lui aussi, eut une part glorieuse au combat des Trente [Note : Voici ce que dit d'Alain de Tinténiac à l'occasion de son frère : « Après couient choisir moult très noble escuier. De Montauban Guille prendray tout le premier, Et de Tinténiac Alain qui tant est fier Pinctenien (Pestivien) Tritran qui tant fait aproisier (apprécier)... »]. On ne sait rien de sa postérité ; 3° Olivier, tige des srs de Quimerch, qui existent encore aujourd'hui. Il se maria, en 1343, à Amice de Léon, et fut père de Geoffroy, marié à Béatrix du Matz, dont la postérité s'établit au XVème siècle en Anjou. Cette branche a produit : Simon, écuyer tranchant des rois de Sicile, Jean et Charles d'Anjou, et capitaine de Provins en 1480. — Deux abbés de Saint-Aubin d'Angers, au XVIème siècle. — Pierre, sr. du Porcher, revint en Bretagne par son mariage, en 1520, avec Françoise, dame de Quimerch, dont René, chevalier de l'ordre du Roi, marié, en 1549, à Renée de Carné, fille elle-même de Jérôme et de Adelice de Kerloaguen. — Un maréchal de camp en 1815. — Un membre admis à la cour en 1788.

Nota : Isabeau de Tinténiac, la fille unique de Jean de Tinténiac épouse vers 1347 Jean de Laval, seigneur de Châtillon-en-Vendelais. Elle apporte à la famille de Laval toute la seigneurie de Tinténiac-Montmuran. Les familles de Laval et de Montmorency s'allient lorsque Guy de Laval épouse en seconde noce Anne de Montmorency-Laval. Marie-Yvonne-Guillemette-Xaverine de Kersauson épousa, par acte du 23 mars 1775, dans la chapelle de Brézal, haut et puissant seigneur Messire Hyacinthe-Joseph-Jacques de Tinténiac, officier au régiment du Roi infanterie, fils de haut et puissant sr. Messire François-Hyacinthe de Tinténiac, chef de nom et armes, chevalier, sr. marquis de Tinténiac, baron de Quimerc'h, chevalier de Saint-Louis, et de haute et puissante dame Antoinette-Françoise de Kersulguen, dame marquise de Tinténiac, demeurant à leur château de Quimerch, paroisse de Balanec, évêché de Quimper. En mariant sa fille aînée au marquis de Tinténiac, le marquis de Kersauson voulut stipuler que son gendre prendrait, à toujours, pour lui et ses hoirs, le nom de Kersauson. Pour éluder cet engagement, le marquis flatta tellement l'amour-propre de son beau-père, en composant trois bouts rimés, qui sont passés à l'état de dicton, que celui-ci n'exigea pas l'exécution de la promesse qui avait été faite. Voici ce dicton : N'est noble que de nom - Qui ne porte au ceinturon - La boucle de Kersauson. (J. de Kersauson).

Voir aussi  Tinténiac "La maison de Tinténiac et le château de Montmuran

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 11 nobles de Tinténiac

Henri AILLET de Trébuat (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une pertuisane ;

Geoffroy DE HIREL de Couepelaye (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Jehan DE MAUNY (60 livres de revenu) :  porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Guillaume DE MAUNY (5 livres de revenu) : comparaît revêtu de sa robe ;

Alain DE MELESSE de Besnelais (25 livres de revenu) :  porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une pertuisane ;

Georges GESLIN (25 livres de revenu), marchand de St Malo ;

Guillaume HERFROY (20 livres de revenu) mineur, fils d'Olivier notaire, lui-même fils de Georges, sergent à Combourg : défaillant ;

Alain LE SAGE (60 livres de revenu) :  porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Geoffroy LE SAGE de la Gonteraie (60 livres de revenu) :  porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Guillaume LE SAGE (40 livres de revenu) :  porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Auffray PIEDELOU de Trégaret (35 livres de revenu) :  porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

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