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THOURIE |
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La commune
de Thourie ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de THOURIE
Thourie vient semble-t-il du latin « turricula » (petit tour).
Vers le milieu du IXème siècle un nommé Raginbaud, voulant faire pénitence, se rendit au monastère de Redon et y reçut la tonsure monastique. Il paraît qu'il habitait auparavant Tourie (Thourie), et peut-être est-ce lui qui laissa son nom au vieux manoir de la Raimbaudière. Toujours est-il qu'avant d'entrer définitivement en religion, il revint à Thourie pour y régler ses affaires temporelles. Le 12 août 845, il fit don à l'abbaye de Saint-Sauveur de Redon d'un village lui appartenant, appelé Munera, situé dans la paroisse de Thourie ; il le donna avec les terres et les édifices en dépendant et avec ses serviteurs et ses servantes, dont voici les noms : Ricbert, Telle sa femme et leurs fils ; Rigulf, Théthrade sa femme et leurs fils ; Mumlin, Rainhelt sa femme et leurs fils ; Landiwin, Arminne sa femme et leurs fils ; Rainulf ; Godrich et Flothelt, sa femme, et leur fils ; Madahelt et ses enfants ; Tethelt et Maerulf, son fils ; Tedtrud, Arminult, Tetberge et Amalberge (« Villam nuncupantem Munera sitam in pago Redonie, in condita Turricense, cum terris, edificiis, cum servis et ancillis his nominibus, etc. »). De plus, Raginbaud donna encore à l'abbaye de Redon sa manse paternelle, appelée Nigrorio, et sise en Rougé, au diocèse de Nantes. Cette double donation fut faite devant l'église de Thourie, « factum est hoc ante ecclesiam Turrich », en présence de nobles personnages nommés Drelowen, Frodic, Hotton, Rigult, Godobert, Armowin, Sigobert, Jarnwahaunt, etc., et des prêtres Ritwant et Jarnbidoë (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 32, 33). De cette charte nous pouvons conclure que Thourie, étant une plebs condita en 845, peut, d'après certains archéologues, faire remonter son origine à l'époque gallo-romaine ; — qu'il était déjà au IXème siècle constitué en paroisse ; — que cette paroisse était habitée par une population demi-bretonne et demi-franque ; — que les terres y étaient cultivées par des colons qui suivaient la destination des terres elles-mêmes ; — enfin, que l'église de Thourie était alors desservie par des prêtres bretons (Pouillé de Rennes).
Nous ne
savons ce que les religieux de Redon firent du village de Munera, qui devait être
assez considérable d'après le nombre de ses habitants. Au XVIIIème siècle,
il n'était plus depuis longtemps question d'eux à Thourie. En revanche,
l'abbaye de Marmoutiers, en 1790, levait en cette paroisse une dîme valant 450
livres, et l'abbaye de Melleray y levait aussi quelques dîmes alors. Cette même
année 1790, M. Percevaux, recteur de Thourie, fit la déclaration suivante de
son bénéfice : le tiers des grosses dîmes de toute la paroisse, estimées
avec les dîmes novales et les dîmes vertes, ainsi qu'un pourpris d'un jour de
terre, 1 100 livres ; — plus 48 boisseaux de seigle et autant d'avoine dus par
les abbayes de Marmoutiers et de Melleray, estimés tout ensemble 456 livres ;
c'était donc un revenu brut de 1 556 livres. Mais sur cette somme le recteur
devait payer la pension de son vicaire, 350 livres ; les décimes, 105 livres ;
l'entretien du presbytère, 60 livres, etc. (Archives départementales
d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 28 et Pouillé de Rennes).
Du XIème siècle jusqu’à la fin du XVème siècle, la seigneurie de Thourie relevait de la châtellenie de Rougé (aujourd'hui en Loire-Atlantique). Par succession, la seigneurie de Thourie échoit à François de Laval, baron de Châteaubriant, puis à Anne de Montmorency en 1539 et enfin aux princes de Condé jusqu’à la Révolution.
On rencontre les appellations suivantes : Condita Turricensis (au IXème siècle), ecclesia Turrich (en 845), ecclesia de Turis (en 1516).
Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Thourie : André Briand (décédé avant 1519), Guillaume de Villeboul (vers 1528), Jean Chantebel (en 1573, décédé en 1581), Pierre de Lourmel, Yves de Lourmel (1639-1661), Jean Ronxin (1662-1705), Julien Roger (1705-1729), Mathurin Roger (1729-1755, inhumé dans l'église), Jacques Le Breton (1755-1756), Pierre-Vincent Chevalier (1756-1783, inhumé sous le chapitreau), Joseph-François Vissaiche (1773-1785, inhumé dans le choeur de l'église), N... Percevaux (1786-1793), Louis-René Martin (1803-1804), N... Denancé (1804-1812), René Harel (1813-1843), Julien Bessel (1843-1848), N... Fleury (1848-1851), Jean-Marie Morlier (1851-1857), Pierre Chauvin (1857-1873), Marin-Marie Guesdon (à partir de 1873), .....
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PATRIMOINE de THOURIE
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l'église
Saint-Barthélemy (1834). En 1510, l'église de Thourie était sous le
vocable de Notre-Dame et avait pour patron secondaire saint Barthélemy ;
mais cet apôtre est présentement considéré comme son premier patron.
L'ancienne église, détruite vers 1834, conservait dans le mur
septentrional de sa nef des traces de sa construction primitive au XIème siècle
; mais le reste de l'édifice avait été relevé au XVIème siècle et
considérablement remanié au XVIIème siècle. En 1663, Louis de Bourbon,
prince de Condé, était, en qualité de baron de Châteaubriant, seigneur
supérieur de Thourie ; aussi voyait-on alors « à la vitre principale
du maistreautel les armes des ducs de Montmorency », qui avaient précédé
les princes de Condé dans la possession de la baronnie de Châteaubriant.
Au-dessous de cet écusson princier était un autre blason : parti de
gueules fretté d'hermines, qui est de Coësmes, et d'azur à trois
étoiles d'or, qui est de la Raimbaudière (nota : en réalité, ce
second parti était vide en 1643, mais Mme de la Raimbaudière manifesta aux
officiers du prince de Condé son dessein d'y replacer ses armes, et ceux-ci
ne firent aucune opposition | |
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le manoir (XV-XVIIIème siècle) de la Miottière ; | |
2 moulins dont le moulin à eau d'Eon, et le moulin à vent de Saint-Lyphard ou Saint Liffert ; |
A signaler aussi :
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la découverte des restes d'une nécropole de l'époque mérovingienne ; | |
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la découverte de fragment de sarcophage en calcaire coquillier (VIII-IXème siècle) ; | |
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l'ancienne chapelle Saint-Lyphard, détruite en 1834. Saint-Lyphard était une autre chapelle frairienne s'élevant sur une colline à quelque distance du bourg ; elle était également fondée de messes au XVIIIème siècle. Elle fut rasée en 1834, et on y trouva alors trois tombeaux en calcaire coquillier, qui témoignaient de l'antiquité de ce petit sanctuaire (Pouillé de Rennes) ; | |
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l'ancienne chapelle Saint-Julien-des-Noës, aujourd'hui disparue. Au milieu du XVIIème siècle cette chapelle frairienne passait pour très ancienne, et elle était desservie tous les dimanches pour la commodité des paroissiens éloignés de l'église. En 1656, René de la Raimbaudière, seigneur dudit lieu, y épousa Renée Harel. Mais comme Saint-Julien n'était point régulièrement fondée de messes, l'ordinaire l'interdit vers 1666. Voyant cela, René Gascher, sieur de la Béguinaye, Jean Gascher, sieur du Val, et Marie Gascher, dame de Chamballan, y fondèrent le 2 février 1667 une messe tous les dimanches, et la dotèrent de 30 livres de rente. Ils présentèrent ensuite pour chapelain Jean Moison, qui donna lui-même un calice d'argent doré. L'ordinaire n'approuva tous ces actes que le 24 mai 1671 (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 83). Une croix s'élève aujourd'hui sur l'emplacement de cette chapelle, dont le dernier chapelain fut en 1789 M. Gourhan (Pouillé de Rennes) ; | |
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l'ancien manoir des Corbinières. Propriété de la famille Pinczon, seigneurs des Monts en le Sel, qui l’unirent à la seigneurie des Monts ; | |
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l'ancien château de la Motte du Guesclin. Il possédait autrefois une chapelle. Il a été détruit durant la Ligue ; | |
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l'ancien manoir des Burons ou des Mottes-Buron. Il est pillé par les Ligueurs en 1589. Propriété successive des familles Gascher (en 1513), des Loges (en 1670), de la Touche-Limousinière ; | |
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l'ancien manoir du Val. Propriété de la famille Rougeu en 1513 ; | |
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l'ancien manoir de la Boudeterie ; | |
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l'ancien manoir ou château de la Raimbaudière. Propriété du chevalier Olivier de La Raimbaudière en 1446, et de la famille la Raimbaudière en 1575 et au milieu du XVIIème siècle. Il est vendu en 1884 à Mme Gicquelais ; | |
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l'ancien manoir de la Touche. Propriété de la famille La Touche en 1427 ; | |
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l'ancien manoir de la Salle ; | |
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l'ancien manoir du Bignon ; | |
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l'ancien manoir de la Rivière-Brochereul. Propriété de la famille Durand, seigneurs de la Minière en 1513 ; |
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ANCIENNE NOBLESSE d
e THOURIELa vicomté de Thourie (ou Tourie) : C'est une très ancienne paroisse que celle de Thourie (ou Tourie) puisqu'il en est fait mention dès l'an 845 (Cartulaire de Redon, 32), mais l'on sait peu de chose de sa seigneurie. Connue de tout temps sous le nom de vicomté de Tourie, cette seigneurie faisait à l'origine partie de la châtellenie de Rougé ; elle relevait toutefois de la baronnie de Vitré et ressortissait à la châtellenie de Marcillé-Robert membre de cette baronnie (Archives d'Ille-et-Vilaine, C 1819). On ne connaît point d'autres seigneurs de Tourie que les barons de Châteaubriant devenus à la fin du XVème siècle héritiers des barons de Derval depuis longtemps déjà propriétaires de la châtellenie de Rougé. La vicomté de Thourie était une haute justice annexée au XVIIème siècle à la juridiction ordinaire de la baronnie de Châteaubriant et exercée dans la ville de ce nom. Cette seigneurie comprenait la paroisse entière de Thourie et s'étendait, en outre, dans cinq autres paroisses : Coësmes, Fercé, Noyal-sur-Bruz, Soulvache et Villepot (Archives d'Ille-et-Vilaine, C 1818). Le vicomte de Thourie était seigneur supérieur de l'église de cette paroisse ; il y jouissait des prééminences et y présentait un petit bénéfice de trois messes par semaine, appelé la chapellenie du Guesclin (Archives d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 83). En 1626, en effet, le duc de Montmorency, baron de Châteaubriant et vicomte de Thourie, autorisa son chapelain Julien Coustard à dire ces messes en l'église de Thourie « durant la reconstruction de la chapelle sise au chasteau de la Motte-du-Guesclin en Tourie, détruite ainsi-que ce chasteau par les dernières guerres » (Registre des insinuations ecclésiastiques de l’évêché de Nantes). Une note ajoute que ces messes se dirent d'abord, après la ruine de cette chapelle, dans celle du château de Derval (Registre des insinuations ecclésiastiques de l’évêché de Nantes). Tout cela fait remonter aux guerres de la Ligue la destruction du château de la Motte et de ses dépendances. Maintenant pourquoi ce château et cette chapellenie portaient-ils le nom de du Guesclin ? Nous ne saurions le dire, mais il est certain que ni le château ni la chapelle ne furent reconstruits. Au milieu du XIXème siècle, sur le territoire de Thourie on voit encore le village de la Motte et l'ancien manoir de la Salle ; peut-être à l'origine l'une de ces maisons se trouvait-elle le chef-lieu de la vicomté ? Mais quand vint la Révolution le domaine de la vicomté de Thourie consistait surtout en la terre du Boisguy qui fut confisquée sur le prince de Condé, dernier baron de Châteaubriant, et vendue nationalement le 7 septembre 1796 (Archives d’Ille-et-Vilaine, 9 P, 33) (abbé Guillotin de Corson).
(à compléter)
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