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THORIGNE-FOUILLARD

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La commune de Thorigné-Fouillard (pucenoire.gif (870 octets) Torigneg-Fouilharzh) fait partie du canton de Liffré. Thorigné-Fouillard dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de THORIGNE-FOUILLARD

Thorigné-Fouillard vient peut-être de "Taurignus" (nom d’homme). 

Il est fait mention dès 1086 d'un Geffroy de Thorigné, « Gaufridus de Tauriniaco » qui est alors témoin de la donation de l'église de Mouazé à l'abbaye de Saint-Melaine (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 461). Ce monastère se fait, au siècle suivant, confirmer par les papes, les évêques et le Chapitre de Rennes dans la possession de l'église même de Thorigné, et il alors un prieuré. Le prieuré subsiste en tant que tel jusqu'en 1411. Reconstruit au XVIème siècle, le logis prieural est affermé sous l'Ancien Régime. 

Les Bénédictins de Saint-Melaine demeurent maîtres de la paroisse de Thorigné jusqu'à la Révolution et ils en présentent le recteur jusqu'en 1770. Celui-ci déclare en 1790 qu'il reçoit des religieux une portion congrue de 300 livres ; il jouit, en outre, des dîmes novales, valant 200 livres, et du presbytère avec son pourpris, contenant trois journaux de terre, estimés seulement 70 livres. C'était donc un revenu brut de 570 livres, dont il fallait déduire les charges, montant à 74 livres, ce qui laissait au recteur un revenu net de 496 livres (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 26). En 1856, le territoire de Thorigné est augmenté par l'adjonction de quelques villages distraits de la paroisse de Liffré (Pouillé de Rennes).

La paroisse de Thorigné qui dépendait autrefois de l'ancien évêché de Rennes était dominée par les seigneurs de Tizé et par ceux des Landelles. Tizé, chatellenie d'ancienneté, appartint successivement aux Familles de Tizé, de Montbourcher, de Chevaigné, de Saint-Amadour, Bouan, Hay des Nétumières et de Keroignant. C'est à Tizé que mourut Bertrand d'Argentré, chez son ami Mathurin Bouan. Les seigneurs d'Espinay à Rennes exerçaient dans le bourg au XVIIème siècle un droit de haute justice. A noter qu'Espinay est un grand village situé sur les limites d'Acigné et de Thorigné : c'était le chef-lieu d'une seigneurie appelée Espinay-à-Rennes et unie au XVIIIème siècle à la seigneurie d'Escures. Vers 1695, Christophe Fouquet, comte de Chalain et seigneur d'Escures, possédait aussi le manoir des Landelles, en Thorigné, appartenant en 1427 à Honorée de Montbourcher, et en 1513 aux enfants de Jean de Baud.

Le hameau de Fouillard dépendait autrefois de la paroisse de Liffré. Mais dès 1866, les habitants du hameau demandent leur rattachement à Thorigné, ce qui leur est accordé par décret du 4 décembre 1981. La commune prend alors le nom de Thorigné-Fouillard. 

On rencontre les appellations suivantes : ecclesia de Tauriniaco (en 1158), Thorigniacum (en 1170), parochia de Torigneio (en 1266 et en 1447).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Thorigné-Fouillard : Ruellan, "Ruellanus presbiter de Torigne" (il acheta en 1229 de Fromont Lecordoenner, du consentement de sa femme, de ses fils et du prêtre André Leberrant, une rente de 7 sols assise sur la vigne de Jarrilians, dans le fief de Saint-Melaine - Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine, 173), Guillaume de Racinoux (en 1447), Mathurin Houssin (en 1572 et en 1612), Julien Samson (1623-1646, il prit en 1644 le prieuré de Thorigné à ferme pour 220 livres), Pierre Fougler (1646-1669), Marin Gontier (1670-1705), Rolland de Crec'hquérault (1705-1722), Pierre-Jacques Paysant (1722-1749), Jean-François Huguet (1749-1769), Julien Roisnel (1769-1773), Julien-René Barillet (1773-1785), François-Jean Anger (1785-1789 et 1803-1812), Pierre Grandhomme (1813-1814), Pierre Guillet (1814-1820), Louis-Pierre Anger (1821-1844), Michel Poisson (1844-1846), N... Théard (1846-1850), Guillaume Robin (1850-1851), Clément Fouquet (1851-1855), Joseph Chantrel (1855-1859), Paul-François Patte (1859-1878), Charles Barbot (1878-1883), Jules Morand (à partir de 1883), ....

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PATRIMOINE de THORIGNE-FOUILLARD

l'église Saint-Melaine (1900), édifiée sur les plans de l'architecte Arthur Regnault. Saint Melaine est le patron de Thorigné, dont l'église primitive n'existe plus. Cette église remplace une église primitive du XVème et XVIème siècles qui est démolie vers 1900. L'édifice actuel se composait, à l'origine, d'une simple nef à chevet droit, construite aux XVème et XVIème siècles ; sa porte ogivale avec colonnettes, ouverte à l'Ouest, semble la partie la plus antique ; le chevet était ajouré d'une grande baie ogivale aujourd'hui murée ; au Sud de la nef sont des fenêtres trilobées et un porche gothique en bois. Aux siècles derniers, deux chapelles ont été ajoutées à cette nef et forment bras de croix. Un petit clocher en bois et ardoises, de forme octogone fort originale, mais tombant aujourd'hui en ruine, s'élève au bas de la nef. En 1781 on voyait en cette église les autels de la Sainte-Vierge et de Sainte-Anne, et vers la même époque le général de la paroisse s'assemblait « dans la chapelle d'Espinay servant de sacristie ». Le seigneur d'Escures, en Acigné, Bernardin Fouquet, était regardé dès 1695 comme seigneur prééminencier de Thorigné, probablement à cause de sa seigneurie d'Espinay-à-Rennes ; et en 1786 René Tranchant, seigneur des Tullays et d'Escures, continuait de se dire seigneur fondateur de la paroisse. Par acte du 7 décembre 1701, le recteur, Marin Gontier, et l'un de ses paroissiens, Noël Leduc, demeurant à la Lande­de-Boin, assurèrent 20 livres de rente à la confrérie du Rosaire que vint ériger dans leur église le P. Truillot, prieur de Bonne-Nouvelle, le 6 janvier 1702 (Archives paroissiales). L’une des chapelles (chapelle d'Espinay) de l'ancienne église servait de sacristie à la fin du XVIIIème siècle. Les seigneurs des Landelles et ceux d'Espinay avaient autrefois des enfeus dans l'église. Le retable date du XVIIème siècle ; 

l'ancien prieuré. Main et Etienne, évêques de Rennes, en. 1152 et 1170, Josse, archevêque de Tours, en 1158, le pape Luce III en 1185, et le Chapitre de Rennes en 1213, confirmèrent les moines de Saint-Melaine dans la possession de l'église de Thorigné, « ecclesiam de Taurinieco ». En 1266, Sezille, veuve de Thomas Houzel, fit don à ces religieux de tous ses droits sur un jardin situé en Thorigné, dans le fief de Saint­Melaine (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine, 173). Le pape Jean XXIII unit, en 1411, le prieuré de Thorigné à la sacristie de l'abbaye de Saint-Melaine, et cet état de chose dura jusqu'à l'extinction des offices claustraux en titre de bénéfice. Cette suppression, faite au XVIIème siècle, lorsque la réforme de la congrégation de Saint-Maur s'introduisit à Saint-Melaine, approuvée bien plus tard par le pape Clément XIII vers 1760, fut enfin confirmée par lettres patentes du roi du 14 août 1772. En conséquence, le prieuré de Thorigné fit partie, jusqu'en 1790, de la mense conventuelle de Saint-Melaine. Le prieuré de Thorigné consistait, en 1646, en « un grand corps de logis avec chambres hautes et basses, grande grange à côté, écuries, jardin et vergers ; — les deux tiers de toutes les dîmes de blés et de vins, l'autre tiers laissé au vicaire perpétuel pour son gros ; — les prééminences et droits honorifiques en l'église de Thorigné (où le prieur était recteur primitif et pouvait officier ès festes principales) ; — enfin, quelques rentes, dont une partie perdue, entre autres celle d'un demi-quartier de blé dû au prieuré par le recteur de Brécé ». Le prieuré de Thorigné était affermé, en 1780, par les religieux de Saint-Melaine, 860 livres payables à Noël et à la Saint-Jean, 15 mines (120 boisseaux) de froment livrables à la Saint-Michel, et 300 livres de pot-de-vin. Le tout formait, en 1790, un revenu annuel de 1 793 livres 6 sols 8 deniers. (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 21, 47 ; 1 V, 25). L'ancien logis prioral de Thorigné existait encore au XIXème siècle à côté et au Nord de l'église paroissiale ; c'était une vieille maison insignifiante qui menaçait ruine (Pouillé de Rennes) ;

le château de Tizé (XVIème siècle). L'ancien château de Tizé est cité dès 1225. Il a été réédifié en 1314 et au milieu du XVIème siècle. Le château possédait deux petites tours du côté de la Vilaine. Il avait aussi en 1669 une motte, une cour close, une chapelle au sud de la cour, une fuie devant la façade, des douves, un pont-levis. Nous avons été longtemps incertain sur la position de cette chapelle, aujourd'hui rasée, et dépendant jadis du manoir de Tizé. Outre l'ordre de la restaurer donné aux visites pastorales de Thorigné en 1774 et 1781 par l'évêque de Rennes, nous avons retrouvé sa déclaration en 1790, ainsi conçue : « La chapelle Sainte-Catherine de Tizé est en Thorigné, et on y doit dire quatre messes par semaine, mais ses biens sont en Cesson » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 , 26). Tizé était une châtellenie d’ancienneté et exerçait à Rennes et à Noyal-sur-Vilaine un droit de haute justice. Propriété successive des familles Tizé (en 1225), Montbourcher (en 1314), Cheveigné, seigneurs de Noyal-sur-Vilaine (au XIVème siècle), Châteaugiron, seigneurs de Saint-Jean de Laillé (en 1406), Saint-Amadour (en 1513), Bouan, seigneurs de Ponthay (en 1531), Hay, seigneurs des Nétumières (en 1615), Kerroignant (en 1737 et 1789) ; 

le manoir du Tertre-de-Tizé (XVI-XIXème siècle). Il avait une chapelle en 1659. Propriété de la famille Trémaudan, sieurs du Plessis en 1659 et de la famille Launay en 1689 et en 1724 ; 

le manoir des Landelles (XVI-XIXème siècle). On y trouve un pigeonnier. Il relevait autrefois de la seigneurie d'Escures en Acigné. Propriété successive des familles Larcher (vers 1220), Montbourcher (en 1387 et 1427), Gouyon, seigneurs de Launay, Baud (en 1489), seigneurs d'Espinay (vers 1530), Fouquet, comtes de Chalain (en 1636), Mérault (en 1641), Fouquet (avant 1662), Brillet, sieurs des Noyers (en 1662), Drouet, seigneurs de la Briantaye (en 1686), Brillet (en 1764), Tranchant, seigneurs des Tullayes (en 1789) ; 

le manoir (XVIII-XIXème siècle), situé au lieu-dit Les Gaudriers ; 

le manoir de la Noë (XIX-XXème siècle). La Noë est au XVIIème siècle à René le Mélorel, abbé du Brossay. Puis passe successivement entre les mains des familles Hamelin, sieurs de Bourgon (en 1696), Mélorel, le Bastard, seigneurs de Villeneuve (en 1722), Goupil, Pocquet de Noisseville ; 

les moulins à eau de Guénoux ou Guénon (XIIIème siècle) et de Tizé ; 

A signaler aussi : 

l'ancien manoir de la Barre. Propriété successive des familles Mérault, sieurs de Lausardière, Brénichon, sieurs de Lessart (en 1665), Guérois (en 1755 et 1764) ; 

l'ancienne maison de la Morinais. Elle était à la famille Toudoux en 1724 ; 

l'ancien manoir de la Marquerais. Propriété successive des familles Frain, seigneurs de la Villegontier, Coudray, sieurs de la Touche-Ronde (en 1664), Clisson (en 1714), Morel, sieurs de la Sablonnière (en 1728) ; 

l'ancien manoir du Bois-Louët (XVIIème siècle) Propriété des familles Nouvel (en 1723) et Thomas (en 1699 et 1723) ; 

l'ancien manoir du Plessis. Propriété successive des familles Jehan (en 1427 et 1513), Sérent (en 1551), Belinaye (en 1567 et 1657), Boterel (en 1687), Thomas, sieurs des Jaunays (en 1693 et 1753) ; 

l'ancienne maison de la Digeotterie. Propriété de la famille Fontaine en 1659 ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de THORIGNE-FOUILLARD

Ogée nous a donné une liste des premiers seigneurs de Tizé qui semble fort peu authentique : « En 1160, dit-il, le château de Tizé, maison seigneuriale de Cesson, appartenait à Eveillard de Cesson, en 1190 à Geoffroy de Cesson, en 1223 à Bertrand, chevalier, seigneur de Tizé et de Cesson, et en 1240 à Raoul de Cesson, qui partit avec Pierre de Dreux, duc de Bretagne, pour aller combattre les infidèles ». Il faut d'abord remarquer que Tizé ne fut jamais la maison Seigneuriale de Cesson et qu'Ogée fait même erreur en plaçant ce château en Cesson, car il a toujours fait partie de la paroisse de Thorigné (Thorigné-Fouillard). Il est bien vrai qu'il existait aux XIIème et XIIIème siècles une famille noble portant le nom de Cesson, mais rien ne prouve qu'elle ait possédé Tizé. Du Paz, qui vit « grand nombre de titres en la maison de Tizé » et qui dressa l'histoire généalogique des seigneurs de Tizé (Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 790), ne mentionne même pas ces prétendus sires de Cesson. Il nous dit, au contraire, qu'en 1225 la seigneurie de Tizé appartenait à Bertrand de Tizé ; puis il ajoute : « Et depuis cette maison a esté possédée par successeurs qui portoient mesme nom et mesmes armes jusqu'au temps qu'elle tomba en main de fille qui fut mariée avec messire Auffray de Montbourcher, chevalier, auquel en l'an 1314 le duc Jean III donna l'usage en ses forests de Rennes et de Liffré, tant pour chauffage qu'à merrain, pour les bastiments de son hostel de Tizé ». Raoul de Montbourcher, fils d'Auffray, hérita de la seigneurie de Tizé ; vivant en 1342, il épousa Honorée Giffart, de laquelle il n'eut qu'une fille, Marie de Montbourcher, femme de Geffroy de Cheveigné, seigneur de Noyal-sur-Vilaine. De cette dernière union sortirent deux garçons, Auffray et Guillaume de Cheveigné, qui furent l'un après l'autre seigneurs de Noyal et de Tizé. Auffray mourut sans postérité en avril 1397, mais Guillaume, mentionné en 1399 comme seigneur de Tizé, laissa une fille nommée Marguerite. Marguerite de Cheveigné s'unit à Armel de Châteaugiron, seigneur de Saint-Jean de Laillé. Elle en eut un fils, Patry de Châteaugiron, seigneur de Tizé en 1406, et une fille, Guillemette de Châteaugiron. Celle-ci reçut de son frère, par héritage ou en partage, les seigneuries de Tizé et de Noyal, qui demeurèrent unies jusqu'à la Révolution. Elle épousa Foulques de Saint-Amadour, seigneur dudit lieu, fils d'Anne de Saint-Amadour, qui s'était allié à Jeanne de Montbourcher, fille d'un seigneur de Tizé. Aussi quand cette dernière dame mourut en 1403, Foulques de Saint-Amadour hérita-t-il de quelques fiefs qu'elle possédait en Noyal (Archives de Loire-Inférieure, voir Noyal-sur-Vilaine). Ce Foulques eut de Guillemette de Châteaugiron un fils nommé Guy de Saint-Amadour, qui rendit aveu en 1433 pour sa seigneurie de Tizé (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Vitré). Celui-ci épousa Jacquette de Malestroit et mourut le 5 mars 1461. Guillaume de Saint-Amadour, fils des précédents, fournit en 1463 le minu de sa terre de Tizé. Il épousa Marguerite de Québriac et décéda le 8 décembre 1478. François de Saint-Amadour, son fils aîné, lui succéda. Chambellan de François II et capitaine de Saint-Aubin-du-Cormier, ce seigneur de Tizé s'unit à Marguerite Le Lyonnais et mourut en 1521. Anne de Saint-Amadour, issue de cette dernière union, épousa : 1° en 1513, François de Malestroit, seigneur de Beaucours, décédé en 1529 ; 2° en 1531, Geoffroy Bouan, seigneur de Ponthay en Plouër, qui rendit aveu, en son nom, pour la seigneurie de Tizé en 1533 et en fit hommage au roi en 1540 (Archives de Loire-Inférieure, B. 1007). L'année suivante, Jean Brillant Bardelays se présenta à la montre « bien monté à cheval, accompagné de trois autres hommes à cheval aussi bien montés et sans armes, remonstra l'indisposition et maladie de Mre Geffroy Bouan, seigneur de Tizé ; déclara iceluy avoir 770 livres de revenu noble et offrit pour ledit seigneur de Tizé et la dame de Saint-Amadour, sa compaigne, faire le service du roy ». Mathurin Bouan, fils aîné des précédents, baptisé à Cesson en 1533, hérita de la seigneurie de Tizé, pour laquelle il présenta hommage au roi en 1564. Chevalier de l'Ordre du roi, il servit sous cinq rois, depuis François Ier jusqu'à Henri IV. Il offrit l'hospitalité à Bertrand d'Argentré lorsque celui-ci fut chassé de Rennes par les Ligueurs, et c'est à Tizé que mourut, en 1590, le célèbre jurisconsulte et historien breton. Mathurin Bouan épousa Catherine de Boisglé, dame de Lohingat, dont il eut deux fils, René, tué à la fleur de l'âge au combat de Craon, et Briand, qui lui succéda. Ce Briand Bouan, né en 1567 et seigneur de Tizé, ne laissa qu'une fille de son union avec Renée de Montecler ; cette enfant, Mathurine Bouan, se trouvait en 1608 sous la tutelle de son parent, le sire de Châteaubourg ; elle épousa en 1615 Jean Hay, qui devint baron des Nétumières en 1634. Mais elle mourut dès 1624, époque à laquelle son mari fit une fondation en l'église des Grands-Carmes de Rennes, à l'occasion du dépôt qu'on fit en ce sanctuaire du coeur de ladite dame (Archives d'Ille-et-Vilaine, 20 H, 3). Jean Hay se remaria en 1627 avec Françoise Pinczon. De sa première union naquit Paul Hay, baron des Nétumières et seigneur de Tizé, qui épousa en 1640 Renée Le Corvaisier et en eut autre Paul Hay, également baron des Nétumières et seigneur de Tizé, qui rendit aveu pour cette châtellenie en 1679 (Archives nationales, P. 1709). Ce dernier seigneur eut de Françoise de Bréhant, sa femme, épousée en 1664, beaucoup d'enfants, entre autres Jean-Paul Hay, baron des Nétumières, et François-Augustin Hay, qui prit le titre de seigneur de Tizé, épousa en 1709 Gilonne Bidault et mourut le 15 décembre 1748, âgé de soixante-huit ans. Mais malgré le titre que portait ce dernier, Tizé demeura la propriété du baron des Nétumières, et Jean-Paul Hay fit unir par le roi, en 1702, plusieurs fiefs à cette seigneurie, pour laquelle il rendit hommage en 1711 (Archives de Loire-Inférieure, B. 1256). De Jean-Paul Hay et d'Élisabeth de Cornulier, sa femme, sortit Sainte-Renée Hay, mariée le 20 août 1720 à Claude-Gabriel de Kerroignant, seigneur de Trezel et plus tard comte d'Estuer (Registres paroissiaux d'Estrelles). Le 5 septembre 1737, Claude-Gabriel de Kerroignant, ayant perdu sa femme, acheta pour les enfants qu'elle lui avait laissés, par contrat de licitation, d'avec Charles-Paul Hay, marquis des Nétumières, la châtellenie de Tizé, pour laquelle douze ans plus tard il fit hommage au roi (Archives de Loire-Inférieure, B. 1039). Ce seigneur de Tizé étant décédé en 1762, son fils Joseph de Kerroignant, comte de Trezel, hérita de la châtellenie. Lieutenant de la grande louveterie du roi, il fit hommage pour Tizé en 1783 (Archives de Loire-Inférieure, B. 1002). Quand vint la Révolution, ce seigneur mourut et ses deux fils émigrèrent (Archives d'Ille-et-Vilaine, 1 Q, 277). Tizé était considéré comme étant une châtellenie d'ancienneté : en 1455 et en 1462 le sire de Tizé fut appelé à siéger parmi les bannerets aux États de Bretagne (D. Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II 1673 ; III, 7). La châtellenie de Tizé relevait pour une moitié du roi en sa Cour de Rennes, et pour une moitié du baron de Vitré ; ainsi le château de Tizé était tenu de Vitré et sa métairie tenue du roi ; les fiefs étaient également partagés entre Rennes et Vitré. Nous avons vu que dès le XIVème siècle la seigneurie de Noyal-sur-Vilaine, relevant directement du duc puis du roi, fut unie à celle de Tizé, dont elle grossit singulièrement l'importance. En 1702, Louis XIV avait encore réuni à la seigneurie de Tizé une dizaine de fiefs en Cesson et environs, relevant partie de la Cour de Rennes et partie des Regaires de l'évêque de cette ville, et avait érigé le tout en haute justice (Archives du Parlement de Bretagne, 30e reg. 238). L'ensemble de la châtellenie de Tizé s'étendait en six paroisses : Cesson, Saint-Didier et Thorigné (fiefs relevant du baron de Vitré), Noyal-sur-Vilaine, Acigné et Piré (fiefs relevant du roi). La haute juridiction de Tizé s'exerçait tout à la fois au bourg de Noyal-sur-Vilaine et à Rennes, dans une salle du Présidial (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 1818). Au bourg de Noyal se trouvaient attachés les ceps et collier ; dans les communs de Forges en Cesson s'élevaient les trois piliers du gibet de Tizé (Déclaration de Tizé en 1747). Au seigneur de Tizé appartenaient les droits de fondateur de l'église de Noyal et de la chapelle de Calendrou en Cesson, de prééminencier en l'église de Thorigné, et de présentateur des chapellenies de Tizé en l'église de Noyal et de Sainte-Catherine du manoir de Tizé. C'était au chanceau de l'église de Noyal que se trouvait le principal enfeu des sires de Tizé : là furent notamment inhumés aux XVème et XVIème siècles Anne de Saint-Amadour, Briand Bouan et Renée de Montecler, sa femme. La châtellenie de Tizé jouissait encore des droits suivants : pêche prohibitive dans la rivière de Vilaine, à Tizé et en Noyal, « depuis le moulin de Brécé jusqu'au gué de l'Aulne » ; — usage de bois de chauffage et de construction dans les forêts de Rennes et de Saint-Aubin-du-Cormier ; — coutumes à l'assemblée de Saint-Jean-Baptiste au bourg de Noyal, « et appartient au seigneur de Tizé de chaque marchand un chef-d'oeuvre et espèce de marchandises exposées en vente ledit jour » ; — bouteillage le même jour « d'un pot par pipe et d'un pain par boulanger » ; — encore le même jour Saint-Jean, « quintaine courue par les mariés qui couchent la première nuit de leurs noces en la paroisse de Noyal ; et la doibvent courir près le bas du cimetière de Noyal, au lieu du Chaussix ; et ceux qui ne rompent pas leurs bois doibvent un provendier d'avoine, mesure de Châteaugiron, 5 sols et 2 oies » (Déclaration de Tizé en 1470, 1679 et 1747). Parlons maintenant du domaine proche de la châtellenie. C'était d'abord « les motte, manoir et chasteau de Tizé en Thorigné, avec cour close, douves, fossez et pontlevis, lesdits fossez séparant ledit chasteau (qui relève de Vitré) de la métairie et chapelle, qui relèvent du roi » (Déclaration de Tizé en 1669) ; — les jardins de Tizé, contenant trois journaux de terre en vigne en 1463 ; — le parc fermé de murailles ; — le colombier et la chapelle Sainte-Catherine de Tizé ; — la métairie et le moulin de Tizé. C'était ensuite « les manoir et mestairie noble de Noyal-sur-Vilaine, près le cimetière et chanceau de l'église paroissiale, y compris les avenues et la motte eslevée où estoit anciennement basti le chasteau dudit lieu » (Déclaration de Tizé en 1747) ; — et le moulin de Moncor sur la Vilaine. En 1838, ce qui reste debout du château de Tizé fut soigneusement étudié par un savant architecte, M. Langlois. Celui-ci n'eut pas de peine à prouver combien était erronée l'opinion d'un auteur écrivant dans le Lycée Armoricain que la partie ancienne de l'édifice, « le frontispice, l'escalier et sa jolie guirlande, datent de l'an 1314 ». En réalité, c'est un beau spécimen de l'architecture de la première moitié du XVIème siècle. Malheureusement, il n'en demeure plus qu'un pavillon et le centre de la façade principale, occupé par un charmant escalier en spirale, escalier ajouré d'arcades superposées et richement décoré dans le style de la Renaissance. Les deux tours qui accompagnaient le château du côté de la rivière, et dont la base était baignée par les eaux de la Vilaine, n'existent plus. Tizé n'est donc, hélas ! qu'une ruine qu'avoisine la métairie de même nom (abbé Guillotin de Corson).

 

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Jean le Prestre et Pierre de Romelin, plusieurs nobles sont mentionnés à Thorigné, aujourd'hui en Thorigné-Fouillard (39 contribuants et 1 métayer) : 

Le seigneur de Tizé ; 

Le manoir du sr. de Guenour (Guenoux) ; 

Le manoir du Plesseix ; 

Dame Honorée de Montbourcher, dame de Landelles.

(à compléter)

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