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LE THEIL-DE-BRETAGNE

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La commune de Le Theil-de-Bretagne (pucenoire.gif (870 octets) An Tilh) fait partie du canton de Retiers. Le Theil-de-Bretagne dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE du THEIL-DE-BRETAGNE

Le Theil-de-Bretagne vient du latin « tillia » (lieu planté de tilleul). 

La paroisse du Theil-de-Bretagne est citée pour la première fois au XIIème siècle. Une tradition prétend que l'église primitive a été engloutie dans la prairie qui porte le nom de Saint-Maimbeuf (ou Maimboeuf). La paroisse du Theil-de-Bretagne dépendait autrefois de l'ancien évêché de Rennes.

La paroisse du Theil-de-Bretagne (Teil) doit vraisemblablement son origine à la seigneurie de même nom, possédée au moyen-âge par les sires de Derval puis par les barons de Châteaubriant (nota : le château de la Motte, dont on retrouve encore l'emplacement dans la forêt du Teil, était le chef-lieu de la châtellenie du Teil ; l'importance de cette seigneurie faisait donner le nom de ville au bourg du Teil, où se trouvaient des halles et un auditoire). De bonne heure, semble-t-il, l'abbaye de Melleray et le prieuré de Béré reçurent une partie des dîmes du Theil-de-Bretagne. En 1681, les dîmes des traits de Barberet, la Guignée et la Rigaudière, sis au Teil, étaient encore partagées également entre le recteur de la paroisse, l'abbé de Melleray et le prieur de Béré (Archives nationales, P. 1708). Ce dernier avait même au Theil-de-Bretagne, à l'origine, à cause de son annexe de la Franceule, la métairie du Feil, aliénée avant 1681. Ce partage des dîmes du Theil-de-Bretagne et l'antiquité de la châtellenie de ce nom prouvent suffisamment que la paroisse du Theil-de-Bretagne (Teil) remonte à une époque très-reculée que nous ne pouvons préciser. Le Rôle ms. diocésain de 1646 dit que le recteur du Theil-de-Bretagne avait alors environ 800 livres de rente (Pouillé de Rennes).

La seigneurie du Teil ou Theil était châtellenie d'ancienneté et possédait un droit de haute justice. Au milieu du Moyen Age, le siège de la châtellenie du Theil est établi au lieu-dit La Motte. Le château est détruit en 1598. Cette châtellenie appartient au XIIIème siècle aux seigneurs de Rougé, puis au XVème siècle aux barons de Derval et aux barons de Châteaubriant, et au XVIIème siècle aux princes de Condé. 

On retrouve les appellations suivantes : Le Tail (en 1465), parochia de Tillia (en 1516).

Note 1 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse du Theil-de-Bretagne : Armel Le Liepvre (en 1520), Guillaume Gomerel (1566-1588, inhumé dans le choeur), Julien Gomerel (1588-1611), Jean Madeline (1605-1608, inhumé dans l'église), Julien Legendre (1611-1616), Julien Valotère (1616-1640), Georges Bourdon (en 1641), Pierre Colliot (1661-1666, inhumé dans le choeur), Jean Gonbaut ou Goubault (1667-1670), René Bernard (1671-1673, inhumé dans le choeur de l'église), Jacques Berthelot (1673-1698), Mathurin Tavel (1698-1715, inhumé dans l'église), Mathurin Grimault (1715-1729), Julien Laumaillé (1729-1767, inhumé du côté de l'évangile), Pierre Herbert (1768-1771, inhumé dans l'église), Mathurin Delaune (1771-1789), Jean Longueville (en 1803), N... Gallais (1803-1804), N... Lecacheux (1805-1807), Joachim Rivet (1807-1821), Pierre-Julien Perrudin (1821-1831), N... Levêque (1831-1844), N... Morel (1844-1853), Pierre Blandin (1853-1872), Jean Maignant (à partir de 1872), ....

Note 2 : Il existait au XVIème siècle une école de garçons au Theil-de-Bretagne, car le 17 avril 1563 mourut « Maistre Guillaume Grégoayre, recteur des escoles du Theil ». Julien Hamel « maistre d'escole », décéda également au Theil-de-Bretagne le 7 février 1612. Le Theil-de-Bretagne est la patrie de l'amiral du Crest de Villeneuve (1777-1852) et de Théodore-Gaston-Joseph la Touche, écrivain né en 1787. 

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PATRIMOINE du THEIL-DE-BRETAGNE

l'église Saint-Maimboeuf (1883). Elle est édifiée entre 1875 et 1881, et consacrée en 1883. L’église précédente avait été construite entre 1730-1738 et remplaçait elle-même une plus ancienne. Saint Maimbœuf, évêque d'Angers, est le patron de cette église. Nous ignorons ce qu'était l'édifice primitif. En 1623, le seigneur du Teil et la dame de la Rigaudière y prétendaient également aux prééminences. On y constata alors qu'en 1593 les entrailles de Françoise de Pompadour, douairière de Maure et dame de la Rigaudière, avaient été « enterrées dans le chanceau de ladite église du Teil, près l'autel Saint-Armel », et que les armes de ladite dame étaient brodées « sur les chappes, chasubles et ornements d'icelle église » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, fonds de Piré). De leur côté, les officiers du prince de Condé, baron de Châteaubriant et seigneur du Teil, firent en 1663 l'inventaire de l'église du Teil et y remarquèrent « dans la vitre qui est proche le maistre-autel, du costé de l'évangile, un escusson escartelé dont les premier et dernier portent de Bretagne et les deux autres d'argent aux fasces de gueules ». C'était le blason du sire de Derval, qui possédait en 1480 la seigneurie du Teil et les manoirs de la Motte et du Bois-Bodin, en cette paroisse. A la vitre, du côté de l'épître, était un grand écusson des armes de Louis de Bourbon, prince de Condé, et au côté de l'évangile se trouvait un banc avec accoudoir sur lequel étaient gravées les armoiries des ducs de Montmorency, prédécesseurs des Condé dans la baronnie de Châteaubriant et la seigneurie du Teil. Par ailleurs, il n'y avait alors (en 1663) « aucune lisière soit en dehors, soit au dedans de ladite église, aucunes armes ni aucun banc que les cy-devant dénommés » (Les Eglises de la baronnie de Châteaubriant, 31) — Ceci nous prouve que les seigneurs de la Rigaudière s'étaient eux-mêmes abaissés devant la puissance des Montmorency et des Condés. Cette ancienne église n'existe plus ; elle fut rebâtie en 1738, sans aucun style et même sans solidité. En 1754 une cloche y fut nommée par Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, baron de Châteaubriant et seigneur du Teil, et par Charlotte-Elisabeth de Rohan, princesse de Condé. Dans cette église se trouvaient érigées les confréries des Agonisants et du Rosaire ; cette dernière fut établie vers 1631, époque à laquelle Julien Valotère, père du recteur d'alors, donna le tableau du Rosaire. Il est aussi fait mention vers 1638 de la confrérie des Saints Sébastien, Roch et Fiacre. Tombant en ruine vers la fin du XIXème siècle, cette église a été remplacée à son tour par une fort jolie construction de style roman, oeuvre de M. l'architecte Mellet ; elle se compose de trois nefs accostées de quatre petites chapelles, et terminées par une abside flanquée d'absidioles ; la façade, avec sa tour et ses deux clochetons, produit bon effet, et une sacristie semi-circulaire simule extérieurement un déambulatoire. Trois autels et une chaire en pierre sculptés achèvent l'ornementation de cet édifice, dédié au Sacré-Coeur et consacré par Mgr Place en 1883 (Pouillé de Rennes) ; 

la chapelle Notre-Dame-de-Beauvais ou Notre-Dame-de-la-Charité (1892). En ce lieu s'élevait autrefois un sanctuaire plus ancien, Notre-Dame-de-Toutes-Aides, détruit à la fin du XVème siècle. Une nouvelle chapelle est érigée en 1481 et agrandie au milieu du XVIIème siècle. Cette chapelle frairienne, sise au Sud du bourg, semble, par sa porte ogivale et ses fenêtres trilobées, remonter au XVème siècle. On y remarque à l'intérieur une croix de pierre grossièrement sculptée, qu'on prétend avoir précédé la chapelle. On y vient beaucoup en pèlerinage à la fête de la Visitation et durant tout le mois de juillet. Jean Ogier, qui passe pour avoir été recteur du Theil-de-Bretagne au XVIIème siècle, fonda des messes en ce sanctuaire et réserva à ses successeurs la présentation du bénéfice. Julien Cordes, décédé en 1643 ; — Olivier Renault, décédé en 1653 ; — François Bourgonnière, décédé en 1677 ; — Georges Bodin, décédé en 1687 ; — Julien Chesnel (1727) ; — Alexis Vallin (1742) — et Julien Mesnard de la Freslonnais furent successivement chapelains de Beauvais. Cette chapelle continue d'être entretenue et desservie (Pouillé de Rennes) ; 

le calvaire (XVème siècle-1893), situé près de la chapelle Notre-Dame-de-Beauvais ; 

le château de la Rigaudière (XVI-XVIII-XIXème siècle). L’ancien manoir possédait une chapelle reconstruite en 1689 et une fuie. Michel de Parthenay, seigneur de la Rigaudière, fonda et dota cette chapelle, sise près de son château, en 1489. Louise de Maure, dame de la Rigaudière, déclara en 1639 que cette fondation consistait en trois messes par semaine. Nicolas Ogier, chanoine de Rennes, décédé en 1639 ; — Jacques Martin, — Guy de Lopriac, — Bertrand Pelé (en 1684), — Nicolas Gendron (en 1700), — François de Nantrieul (en 1721), — Pierre Lépine, — Julien Mesnard de la Freslonnais (en 1771) desservirent cette chapellenie. L'ancienne chapelle de la Rigaudière, reconstruite et bénite le 21 mai 1689, et dans laquelle fut marié en 1770 Louis Le Corsin, seigneur du Chesne-Blanc, n'existe plus ; mais dans le château même une salle a été transformée en sanctuaire à la fin du XIXème siècle (Pouillé de Rennes). Le château a été pillé par les Ligueurs en 1589. Le puits date de 1777. La Rigaudière était une châtellenie d’ancienneté avec un droit de haute justice. Propriété successive des familles le Vayer (avant 1369), des seigneurs de Keranrais (vers 1369), Parthenay (en 1450), Lorgeril (en 1491), Rohan, seigneurs de Landal (en 1513), Rochechouart, marquis de Mortemart (en 1644), Lopriac, barons de Coëtmadeuc (en 1648), du marquis de Kerhoent (en 1764), Petit (en 1766), Bourgault-Ducoudray (en 1808), Vauquelin de la Rivière (en 1811), Léon des Ormeaux (en 1828). Robert Bellanger, sous-secrétaire d’Etat à la Marine acquiert le domaine en 1929. Il appartient aujourd’hui au ministère des Anciens Combattants ; 

la maison de Beauchêne (1606), située au n° 5 rue Robert-le-Quéré. Propriété de la famille Gault en 1606 ; 

la Grand'Maison (XVII-XVIIIème siècle), située au n° 10 rue Robert-le-Quéré. Propriété successive des familles Godet (XVIème siècle), Gault, puis Crest de Villeneuve. C’est là que naquit l'amiral du Crest de Villeneuve (1777-1852) ; 

la maison (XVIIIème siècle) ou l'ancien château de Sucé. Il avait un droit de haute justice. Propriété de la famille Parthenay en 1480, puis de la famille Rohan en 1513 ; 

la fosse de Gendrot (1795), située en forêt de Theil. Il s’agit d’un ancien lieu de pèlerinage contre les fièvres. Gendrot était un enfant du pays qui fut tué en ce lieu par les Républicains pendant la Révolution ; 

la maison Foucqueron (XIXème siècle), située au n° 7 rue Robert-le-Quéré ; 

5 moulins à eau dont celui de la Rigaudière, de Ricordel, de la Motte, de Ramet, et de la Pile ; 

A signaler aussi : 

le menhir de Rumfort (époque néolithique), situé en forêt de Theil ; 

la motte féodale dite « Maison sous terre » (Haut Moyen Age), située à la Motte ; 

l'ancienne chapelle Saint-Jacques. Saint-Jacques se trouvait dans le cimetière du Theil-de-Bretagne et était fort ancienne ; on prétendait même en 1623 qu'elle avait été jadis l'église paroissiale. Il est certain qu'elle dépendait du seigneur de la Rigaudière, se trouvant dans son fief. En 1465, Jehan et Bertrand Loaysel, ayant relevé en partie ce sanctuaire et y ayant fondé trois messes par semaine, voulurent y placer leurs armoiries dans les vitraux ; mais Michel de Parthenay, seigneur de la Rigaudière, s'y opposa et fut « maintenu à avoir seul ses armes en ladite chapelle, rejetant les novalités faictes par lesdits Loaysel » (Registre de la chancellerie de Bretagne). Mentionnée en 1623 comme relevant toujours de la Rigaudière, Saint-Jacques est tombé en ruine au XVIIIème siècle (Pouillé de Rennes)  ; 

l'ancienne chapelle de la Crarie, aujourd’hui disparue ; 

l'ancienne chapelle de la Quidière, aujourd'hui disparue ;

l'ancienne chapelle de la Maladrerie, édifiée vers 1300, aujourd’hui disparue. Il est fait mention en 1560, parmi les terres constituant la dotation de la chapelle du Plessis­Beaume, d'une prairie appelée pré de la Maladrerie(Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 10 G, 4) ; 

l'ancienne chapelle Saint-Sébastien aujourd’hui disparue, située autrefois au village des Iffs et fondée au XIVème siècle ; 

l'ancienne chapelle Saint-Laurent. Saint-Laurent était une chapelle « sise dans la ville du Teil » et fondée par les seigneurs du Rouvray, en Essé, antérieurement à 1603. C'est ce que déclara à cette époque François du Rouvray, qui ajouta que la dotation de la chapellenie de Saint-Laurent consistait en dîmes. Ce sanctuaire tomba en ruine vers 1737, et en 1768 le chapelain, Julien Hérault, successeur de René Bouillot, en desservait les messes dans l'église du Theil-de-Bretagne (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne maison de l'Abbaye, appelée encore « Maison de la Bouie », donnée vers 1242 par Bonabes de Rougé, seigneur du Theil, à l'Abbaye de Meilleray, près de Châteaubriant ; 

l'ancienne maison de la Geôle ; 

l'ancienne maison de Saint-Laurent, avec une chapelle citée dès 1614 et aujourd’hui disparue ; 

l'ancien manoir du Bois-Rouvray. Sa chapelle édifiée en 1658 a été démolie en 1882. La chapelle, avoisinant ce manoir, fut bénite le 21 novembre 1658. N... Jacquelot, seigneur du Bois-Rouvray, y fonda l'année suivante une messe hebdomadaire que desservaient en 1701 Claude Gilbert, et en 1755 Jean Jacquesson. Propriété de la famille Jacquelot en 1659 ; 

l'ancien manoir du Bois-Bodin. Propriété des seigneurs de Derval en 1480, puis de la famille de Rieux en 1513 ; 

l'ancien manoir de la Rivière. Propriété de la famille Hallay, seigneurs de la Motte en 1480 et en 1513 ; 

l'ancien manoir de la Mazurais ; 

l'ancien manoir du Matz. Propriété de la famille Montalembert en 1480 et en 1513 ; 

l'ancienne maison de Beauvais. Propriété de la famille Gault ; 

l'ancien manoir du Boullay. Propriété de la famille Uguet en 1480 et en 1513 ; 

l'ancien manoir du Plessis-Beaume ou du Plessis-Morel. Sa chapelle, mentionnée dès le XIIème siècle, est reconstruite vers 1500. Le 17 septembre 1560, Jean Morel et Françoise Le Marchand, sieur et dame du Plessix-Beaume, fondèrent deux messes par semaine dans la chapelle de leur manoir. Christophe Gault fut nommé en 1713 chapelain de ce sanctuaire, ruiné en 1767, mais ses successeurs, René Bouillot et Julien Hairault (1768), en faisaient le service en l'église du Theil-de-Bretagne (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 10 G, 4). Propriété de la famille Loaysel en 1480 et en 1513, puis de la famille Morel en 1560 ; 

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ANCIENNE NOBLESSE du THEIL-DE-BRETAGNE

La seigneurie du Teil, dans la paroisse de ce nom appartenait au XIIIème siècle aux sires de Rougé. Nous en avons la preuve dans une charte du Cartulaire de Melleray, datée de 1243. On y voit alors Bonabes, seigneur de Rougé, donner aux religieux Cisterciens de Melleray un emplacement convenable pour construire une grange dimeresse dans son bourg du Teil (Theil-de-Bretagne). Il est de plus fait mention dans l'acte de cette donation des deux fils de Bonabes, nommés Olivier de Rougé et Geffroy du Teil. La châtellenie du Teil suivit le sort de celle de Rougé et appartint successivement aux seigneurs de Rougé et de Derval. Lorsque Béatrice de Rieux devint, en 1416, veuve de Jean de Rougé, elle reçut en douaire la seigneurie du Teil. Jean de Malestroit, baron de Derval, était en 1464 seigneur de Rougé et du Teil. Sa soeur, Gillette de Malestroit, épousa Jean Raguenel, vicomte de la Bellière, dont elle eut Françoise Raguenel, femme de Jean, sire de Rieux. Quand mourut en 1482 le baron de Derval, sa petite-nièce, Françoise de Rieux, issue du précédent mariage, hérita des seigneuries de Rougé et du Teil, qu'elle apporta à son mari, François de Laval, baron de Châteaubriant. Le fils aîné de ces derniers, Jean de Laval, à son tour baron de Châteaubriant, ayant perdu l'unique enfant qu'il avait eue de la belle Françoise de Foix, sa femme, donna en 1539 au connétable Anne de Montmorency la baronnie de Châteaubriant et plusieurs autres seigneuries, parmi lesquelles figurèrent les châtellenies de Rougé et du Teil. Le connétable en prit possession l'année suivante et obtint du roi en 1554 l'union de toutes ces terres à la baronnie de Châteaubriant. A partir de cette époque et jusqu'à la Révolution, le Teil, faisant partie de Châteaubriant, fut la propriété d'abord des ducs de Montmorency, puis des princes de Condé. Quoique la châtellenie du Teil semble avoir toujours appartenu aux sires de Rougé, elle formait cependant une seigneurie distincte, étant séparée de Rougé par la baronnie de Vitré et la châtellenie du Désert, et se trouvant dans le diocèse de Rennes, tandis que Rougé appartenait à l'évêché de Nantes. Le Teil avait d'ailleurs son château particulier et sa juridiction distincte de celle de Rougé. Châtellenie d'ancienneté, la seigneurie du Teil se composait de six principaux bailliages : le Grand Bailliage du Teil et celui de la Bûcherie en Le Teil et Coësmes, le Grand Bailliage d'Essé en Essé, et les bailliages de Piré, de Janzé et d'Arbrissel dans les paroisses de mêmes noms. Au XVIIIème siècle, les revenus de ces fiefs étaient d'environ 600 livres, plus 205 boisseaux d'avoine, 37 poules, une paire de gants et deux éteufs ou balles de jeu de paume (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 2157). La haute justice attachée à ces fiefs s'exerçait encore au XVIIIème siècle « dans la ville du Teil, estant néanmoins du ressort de la juridiction de la ville de Châteaubriant, à laquelle viennent les appellations des sentences du Teil » (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 1819). Son gibet, composé de quatre piliers, se dressait sur la lande du Sauldre, au bord du chemin du Teil à Marcillé-Robert. Le sire du Teil était seigneur supérieur et fondateur de l'église du Teil et seulement supérieur des églises d'Essé et d'Arbrissel. Il avait droit de tenir des foires chaque année et un marché tous les lundis « dans sa ville du Teil » (Theil-de-Bretagne). Enfin, de nombreux seigneurs relevaient de lui, savoir ceux de Sucé, le Loroux, le Boisrouvray, le Boistaillé, Lasse-jambe, le Plessis-Baume, la Trousselière, etc. Le domaine proche de la châtellenie consistait surtout en la forêt du Teil, contenant en 1680 environ 1 150 journaux de terre. A l'entrée de cette forêt et au bord d'un étang se trouvait le château de la Motte-du-Teil, qui avait dû servir de résidence aux juveigneurs de Rougé, tels que ce Geffroy du Teil signalé en 1243. Mais depuis plusieurs siècles cette forteresse n'existait plus, et un aveu de 1628 mentionne seulement : « l'emplatz de l'ancien chasteau de la Motte du Tail, à présent ruisné ». La métairie de la Motte et deux moulins (le moulin de la Motte et celui de Ramet) dépendaient aussi de ce château. Au XVIIème siècle le prince de Condé, baron de Châteaubriant, afféaga les ruines du château de la Motte, aussi bien que la métairie et les moulins, et le tout appartenait en 1680 à René de Lopriac, seigneur de la Rigaudière en la paroisse de Teil (Déclaration de Rougé-au-Teil en 1680 - A la Révolution, cette terre de la Motte-du-Teil confisquée sur les émigrés François Viard de Mouillemusse et Charles Viard de Jussé. Elle fut vendue nationalement le 23 septembre 1796). Dès lors, le domaine de la châtellenie ne se composa plus que de la forêt du Teil, que posséda jusqu'à la Révolution le prince de Condé, et des halles, de l'auditoire et de la geôle, construits au bourg du Teil (Theil-de-Bretagne) : cette geôle ou prison seigneuriale, confisquée sur « Joseph Capet dit Condé », fut vendue par la nation le 3 juin 1794 (Archives d'Ille-et-Vilaine, 1Q. 329). Au XIXème siècle, on retrouvait encore au bord de la forêt du Teil la motte considérable de l'ancien château de la Motte-du-Teil, avec ses douves et quelques monticules formés par les débris de son enceinte fortifiée. Dans la même forêt, non loin du village de la Bûcherie, s'élevait une autre motte seigneuriale (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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