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La paroisse de Taden durant la Révolution.

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Renseignements Ecclésiastiques. — Taden, cure du diocèse de Saint-Malo, relevait de l'archidiaconé de Dinan et du doyenné de Poudouvre, au siège de Saint-Enogat. La présentation de ce bénéfice appartenait à l'ordinaire.

Le recteur était à portion congrue. A l'exception de quelques dîmereaux possédés par des particuliers, les dîmes de la paroisse appartenaient, soit à l'évêque de Saint-Malo, soit au prieur de Sain-Malo de Dinan, et cela depuis que, vers l’an 1121, Donoal, évêque d'Aleth, à la demande d'un laïc, qui l'avait reçue en héritage, avait abandonné à l'abbaye de Marmoutiers l'église de « Sancti Petri de Tadduem » (Saint-Pierre de Taden). (Cf Anciens Evêchés de Bretagne, IV, p. 393). Aussi le recteur de Taden écrivait-il en 1790 « Le bénéfice de Taden est à portion congrue, pour laquelle les décimateurs me laissent une portion de dîme et me paient un supplément de 200 l. Je possède en outre la jouissance d'un presbytère, mesurant 57 pieds de long sur 22 de large, avec une étable, un refuge pour un cochon, une petite cour et un jardin. Je paie chaque année 28 l. de décimes, 19 l. de droits synodaux et 24 livres d'abonnement pour les réparations du presbytère. » (Archivesdes Côtes-d'Armor, série L/v, carton 9).

Ainsi qu'on vient de le voir, Saint Pierre était depuis une haute antiquité le patron de la paroisse de Taden. On pourra lire à ce propos l'étude de M. René de Laigue sur le Patronage de St Pierre dans la Bretagne Armoricaine, in-Bull. Assoc. Bret., année 1907.

Le possesseur de la terre de la Garaye, qui, par suite d'acquêt passé le 9 novembre 1778, se trouvait être en 1789 le marquis Hay des Nétumières, était depuis plusieurs siècles le seigneur de la paroisse de Taden et jouissait dans cette qualité des honneurs et prééminences attachés à ce titre.

« L'église, dit le Pouillé de Mgr. de la Bastie, est petite, mais assez bien. En 1802, le sous-préfet Gagon l'indique comme très vieille et peu solide, et signale que l'on y a fait quelques réparations intérieures ». Elle remonte au XVème siècle, d'après Gaultier du Mottay.

A l'occasion de sa visite pastorale en 1746, l'évêque de Saint-Malo ordonna de construire un reliquaire dans le cimetière. « Le presbytère, écrit-on vers cette époque, n'est pas trop mal et tout proche l'église ».

Il y avait alors à Taden une chapelle frairienne appelée Trélat, qui existe toujours, telle qu'elle était à cette époque, et que nous trouvons déjà mentionnée sous le nom d'église de Treila dans un titre des débuts du XIIème siècle. (Cf. Anciens Evêchés, op. cit., IV, p. 399).

Expertisés le 11 août 1796, la maison du chapelain de Tréla, alors recouverte en paille, un verger, un jardin et la chapelle furent adjugés le 16 de ce même mois à Pierre Marheu, de Dinan, pour 372 frs seulement. On liquida les autres biens de cette chapellenie le 17 février 1798.

Le modeste sanctuaire de Tréla est depuis longtemps rendu au culte. Du reste, dès le 4 octobre 1805, les habitants des quartiers de Tréla et de la Pontais pétitionnaient pour obtenir la conservation de leur chapelle sous le titre d'annexe, « ainsi qu'elle sert depuis des siècles », écrivaient-ils, en même temps qu'ils faisaient l'offre d'assurer un traitement au prêtre desservant.

Par son ordonnance épiscopale du 1er janvier 1924, Mgr. Serraud évêque de Saint-Brieuc, vient d'ériger la chapelle de Tréla en église paroissiale sous le patronage de Saint Pierre. Elle était, croyons-nous, placée auparavant sous celui de Saint Fiacre, patron des jardiniers, dont la fête se célèbre le 29 août, et dont l'office, sous le rite semi-double, figurait autrefois dans le Missel Parisien imprimé en 1776 par ordre de Mgr.de Vintimille.

On vénère encore dans l'église de Tréla la statue en bois de ce bon vieux saint, ainsi que celles de Sainte Anne, de Saint Etienne, de Saint Pierre et une très ancienne représentation en pierre de la Sainte Vierge couronnée par le Père Eternel. Une légende qui a encore cours à Tréla, prétend que cette statue était originairement destinée à la riche abbaye de Saint-Jacut de la Mer, mais, nous a raconté M. l'abbé Le Granvillais, recteur de Tréla, « comme l'on transportait la dite statue à destination, elle se fit si lourde en passant à Tréla qu'il fût impossible, malgré plusieurs chevaux de renfort, de faire avancer davantage le véhicule, et il fallut déposer la belle statue de la Vierge dans la chapelle de Tréla, dont elle constitue le plus précieux ornement ».

Si la chapelle de la Courbure ne remontait pas aussi loin que celle de Tréla, elle était cependant très ancienne. Longnon, dans ses Pouillés de la Province de Tours, précédemment cités, la mentionne existante dès 1330, et De Lesquen et Mollat, ainsi que nous l'avons vu dans la bibliographie, citent le nom de son chapelain vers l'an 1400. Cet édifice, dédié à Notre-Dame de Bon-Réconfort, appartenait au chapitre de la cathédrale de Saint-Malo et possédait un revenu de 14 boisseaux de froment, pour lequel les chanoines malouins devaient faire acquitter une messe basse chaque dimanche. (Cf. Archives d'Ille-et-Vilaine, G 79, et Odorici : Recherches sur Dinan, p. 392). « Il ne se passait pas de semaine, écrit Manet (Histoire de la Petite Bretagne, 2 in-8, St-Malo, 1834, t. I, p. 44 et 45), qu'on n'y fit plusieurs voyages pour l'accomplissement de toutes sortes de voeux ». Aujourd'hui, seuls quelques pans de murs marquent l'emplacement de ce sanctuaire vénéré, qui fut vendu le 5 avril 1795, pour 160 livres, au citoyen Jean Hermans, de Dinan.

« Quant aux chapelles domestiques, nous apprend le Pouillé de Mgr. de la Bastie, il y en a deux fondées de messes, plus celle de la Garaye, qui en réunit trois et se dessert à l'hôpital de ce château ».

Ces trois chapelles étaient, croyons-nous, dénommées comme suit : « Celle qui est hors la maison, celle de l'hôpital et celle du Petit Paris ». En 1790, leur titulaire n'était qu'un simple tonsuré, Marie-Victor de la Vie, fils du comte Charles-Joseph-François de la Vie et de dame Marie de Saint-Gilles. Il retirait environ 260 livres de son bénéfice, desquelles il devait déduire les honoraires des messes dont celui-ci était grevé. Du reste, le jeune Marie-Victor n'était à peine âgé que de 15 ans à cette époque, étant né le 4 septembre 1775, et sa vocation « d'Eglise » ne persista pas longtemps.

En 1791, le marquis Marie-Paul Hay des Nétumières et sa sœur, tous les deux présentateurs des chapellenies de la Garaye, tentèrent vainement d'empêcher la vente des biens-fonds sur lesquels étaient assis les revenus de ces fondations, en faisant valoir qu'elles n'étaient que chapelles domestiques et non frairiennes, mais le Directoire du district de Dinan les débouta de leur requête le 31 août de cette année. L'une des chapelles de la Garaye existe encore aujourd'hui. Elle est située tout auprès des ruines du château de ce nom.

Les Anciens Registres Paroissiaux de Taden mentionnent encore l'existence de la chapelle de Saint-Vallay, ainsi que de celle de Coutances. Cette dernière était sous le patronage de Saint Mathurin, dont elle possédait « l'image » en 1712, conjointement avec celle de Saint Hubert.

Les religieuses du Saint-Esprit possédaient aussi une chapelle attenante à leur habitation. Son mobilier, composé de vieux confessionnaux, d'une chaire à prêcher, d'un autel et de quelques bancs, fut adjugé pour 54 livres 6 sous, le 27 mai 1791. Quant à celui de la sacristie, il ne rapporta que 45 l. seulement.

Pour achever le tableau des chapellenies ou prestimonies de Taden, il nous reste encore à parler de la chapellenie ou prestimonie de Saint-Roch, à la présentation du seigneur de Taden, et qui se desservait dans l'église paroissiale. Dans ce même sanctuaire se desservait aussi la chapellenie dite de Sainte-Catherine, que nous voyons taxée 18 sous 9 deniers de redevance dans un compte de l'évêché de Saint-Malo de 1569, conservé à la série G des Archives Nationales. En 1728, un état déposé aux Archives d'Ille-et-Vilaine. l'estimait valoir 75 livres de revenu net. (Cf. sur cette chapelle Archives Saint-Malo, C C 34).

Enfin, il existait à Taden une autre chapelle connue sous le nom de Sainte-Anne de Taden, laquelle se desservait elle aussi dans l'église paroissiale. Elle était taxée 18 sous en 1569, et ses revenus étaient censés valoir 32 livres en 1728. Mais l'abbé Carron, son dernier titulaire, déclarait qu'elle lui rapportait 162 livres de rente en 1790. Elle était comme la précédente à la présentation du seigneur de la Garaye. Les biens-fonds qui constituaient sa dotation furent vendus comme biens nationaux le 8 avril 1791, à Rouxel et consorts, ainsi qu'à Guillaume Bureau.

En plus de ces chapellenies, le Pouillé de Mgr. de la Bastie nous apprend qu'il se trouvait aussi quelques fondations à Taden, entre autres une pour la lampe du sanctuaire et une pour la messe matinale. Le même document y signale encore la confrérie de la Croix, agrégée à celle de Dinan, mais sans aucun revenu fixe. Enfin, le registre des visites pastorales de l'évêque de Saint-Malo nous informe qu'en 1738, le compte des recettes de la fabrique de Taden s'élevait à 113 livres 10 sols, et celui de ses dépenses à 103 livres.

Grâce à la bienfaisance de M. Claude Marot, comte de la Garaye et seigneur de Taden, et de Madame Marie-Marguerite de la Motte-Piquet, son épouse, cette paroisse possédait depuis 1733 trois religieuses de la congrégation dite du Saint-Esprit, que le chanoine Leuduger, aidé par M. René-Jean Allenou de la Ville-Angevin, venait de fonder à Plérin, près de Saint-Brieuc.

La maison de Taden fut à son tour la première fondation de ce pieux institut, destiné à rendre tant de services en Bretagne (Archives d'Ille-et-Vilaine, G 79).

Par acte du 15 mars 1733, M. et Mme de la Garaye donnèrent pour l'établissement des petites écoles de filles à Taden, avec la maison noble du Petit Bon Espoir et ses dépendances, sises au bourg de ladite paroisse, 190 livres de rente annuelle et perpétuelle et 35 boisseaux de blé noir de rente féodale. Ils y ajoutèrent aussi les meubles nécessaires pour garnir la maison, estimés à 600 livres. Le tout, à condition tant de se livrer à l'instruction de la jeunesse que de fournir des tisanes, des remèdes et du linge aux malades qu'elles visiteraient, obligations auxquelles, au moment de la Révolution, ces religieuses avaient ajouté de donner des retraites. Le mobilier des Soeurs au Saint-Esprit, mis en vente au profit de la Nation, produisit 2.011 livres le 12 juin 1793. Quant aux chapelle, maison, grange, étable et autres bâtiments, cour, jardin et deux vergers leur appartenant, le tout fut liquidé sous les mêmes conditions le 4 septembre 1793 à l'avocat Guy-André Fougeray, originaire de Miniac-Morvan, mais établi à Dinan. L'ensemble de ces biens avait été expertisé 3.342 livres le 15 décembre de l'année précédente.

On vendit encore à cette époque, à Taden, d'autres biens ecclésiastiques, qui furent : une prairie près de Tréla, acquise le 16 mars 1792 par Jacques-Marie-Rose Aubry, fils du sieur de la Lohouas ; les Brejamons, le petit Pré, les Brejeons, les Rouelles, le clos d'entre les Douets et la vallée Harel, achetés le 13 février 1793 par Guy-André Fougeray, précité ; une maison au village de Paulain, vendue à Lamrent Thomas le 4 avril 1795 ; une maison et un jardin sis près la métairie du Paray, adjugés le 6 juin 1799 à Guillaume Juxtaud, de Saint-Enogat ; une maison avec aire, jardin et un petit pré, liquidés le 17 février 1798 à la veuve Le Cardinal, de Saint-Brieuc.

Mentionnons aussi la métairie de la Haye, vendue 34.600 livres au négociant Jean Turpin, de Dinan, le 11 février 1791 ; la métairie de Beauregard, adjugée 20.100 livres à la même date à J.-B. Le Mercier ; le moulin de Boutidoux, acquis par Jean Bihan le 12 septembre de l'année précitée. Enfin, les clos Rousoux et Thomas, propriétés de la fabrique Saint-Malo de Dinan, furent achetés par Pierre-Laurent Vaugrena, de Dinan, le 8 avril 1796.

Le presbytère de Taden lui-même fut expertisé et évalué à 1.600 livres le 27 mars 1794. Pour empêcher son aliénation, la municipalité de cette commune demandait en 1797 de le transformer en maison d'école.

L'argenterie de l'église de Taden et de ses chapelles, apportée par ordre exprès à Dinan, fut inventoriée dans cette ville le 24 août 1794. On y remarquait : un ostensoir un pied de ciboire et sa couverture, pesant le tout quatre marcs, cinq gros d'argent blanc.

Un pied de calice et sa fausse coupe, provenant de la chapelle de Tréla, pesant deux marcs, une once, quatre gros d'argent blanc. Une croix pesant treize marcs., une once, trois gros d'argent doré. Un ciboire, une coupe de calice et sa patène, pesant deux marcs,  six onces, sept gros d'argent doré, provenant de la chapelle des Soeurs du Saint-Esprit. La coupe d'un calice et sa patène, pesant un marc, un gros d'argent doré, provenant de la chapelle de la Courbure ; un calice et sa patène, une coupe de ciboire et un croissant pesant deux marcs, six onces et cinq gros d'argent doré, provenant de l'église de Taden.

On avait enlevé le 6 ventôse an II les objets en fer et en cuivre, dont 5 cloches, et le 7 floréal an II les ornements et les archives de l'église (24 février et 27 mai 1794).

 

CLERGÉ.RENÉ CATTENOS, recteur, naquit à Saint-Pers, près de Bécherel, ainsi qu'en fait foi son acte de baptême, que voici : « René, fils de Gilles Cattenos (sic) et d'Anne Giclais, sa femme, né le 19 novembre 1740, a été baptisé le 20 dudit mois par le soussigné. Parrain : René Busnel, et Anne Giclais, la marraine, qui ne signent ». Signé : G. Nouël, prêtre.

Une bourse que le jeune Cattenos obtint au Séminaire de Saint-Servan lui permit, malgré sa pauvreté, de faire ses études ecclésiastiques. Nous avons retrouvé les notes que lui donnaient les Lazaristes qui dirigeaient cet établissement. Elles sont très flatteuses pour l'intéressé. Au dire de ces messieurs, l'abbé Cattenos était « fort sage, fort modeste, appliqué et susceptible de devenir im excellent sujet ». Ailleurs, ils le jugent « d'un caractère doux et tranquille, quoique un peu entêté, mais très rangé, aimant l'étude et sachant très bien son chant » [Note : Ces notes sont extraites des Archives d'Ille-et-Vilaine, série G 98. L'ensemble de ces registres, classés G 96, 97, 98 et 99, constitue une source de renseignements extrêmement précieuse pour l'étude du clergé malouin au XVIIIème siècle].

Ordonné prêtre le 17 septembre 1764, M. Cattenos fut quelque temps vicaire dans sa paroisse natale, puis il exerça les mêmes fonctions à Châteauneuf, ainsi qu'à Plélan-le-Petit, où nous avons relevé sa signature de 1767 à 1770. Le rectorat de Taden étant devenu vacant sur ces entrefaites par le décès de M. Yves Cochet, de Ploubalay, trépassé le 27 mai de cette année, l'abbé Cattenos obtint sa succession au concours et reçut le visa pour Taden le 6 novembre suivant, étant à peine âgé de 30 ans [Note : Yves-Gilles Cochet, fils de Laurent et de Madeleine Chaignon, était né à Ploubalay le 7 avril 1725. Après avoir été noté au Séminaire comme intelligent et studieux, il fut ordonné prêtre en février 1749. Deux autres Cochet, de Ploubalay, furent prêtres à cette même époque, savoir son frère René et son oncle Pierre, ce dernier fils de Guy et de Guillemette Marabœuf].

En 1778, lors de l'épidémie qui désola sa paroisse, M. Cattenos se prodigua de son mieux, et, bien que pauvre lui-même, il avança le coût de 142 livres de viande et de 166 livres de pain pour alimenter les malades indigents de sa localité. (Archives d'Ille-et-Vilaine, C 1361).

Nous aimerions savoir si c'est avant ou après avoir commencé à exercer les charges publiques dont ce prêtre fut investi au cours de l'année 1790, qu'il publia un petit volume de II-220 pages, dont nous n'avons pu jusqu'ici nous procurer l'édition princeps, et qu'il intitula : « Vies de Monsieur de la Garaye et de Madame de Pontbriand, sa soeur », in-12, Saint-Malo et Dinan, 1790 [Note : M. J.-M. Peigné a donné en 1875 une réédition incomplète de cet ouvrage. Le château. de la Garaye appartient vers 1925 à M. Hersart de la Ville-Marqué. Ses belles ruines sont pour les Dinannais un but de promenade très fréquenté].

Bien que dans ces biographies, écrites avec exactitude et simplicité, le recteur de Taden fasse parfois quelques concessions aux idées de son époque, par exemple lorsqu'il écrit que ses héros « ont eu le mérite d'être des citoyens vertueux dans un temps où le patriotisme n'avait pas encore propagé ses vertus », il a pris garde cependant de ne pas laisser dans l'ombre le côté surnaturel de l'existence des admirables chrétiens dont il propose l'héroïsme en exemple, héroïsme du reste dont il attribue le plein épanouissement chez ces sains personnages aux grâces ineffables de la Rédemption.

M. Cattenos, qui joignait à de réels mérites l'art de s'attirer la confiance de ses ouailles, fut désigné comme électeur cantonal, puis comme maire de Taden, lors de la création des municipalités en 1790. Le 16 juin de cette année, il se vit élire par 38 voix sur 70 votants, l'un des administrateurs du district de Dinan, et M. Fouéré-Macé a reproduit au t. 1 , p. 106, du Diocèse de St-Brieuc, op. cit., le texte du discours qu'il prononça à cette occasion. Comme membre d'un des nouveaux rouages de l'administration française, l'abbé Cattenos dut faire par plusieurs fois le serment de fidélité à la Constitution, mais il se refusa toujours énergiquement à prêter comme prêtre ce même serment, distinguant très nettement en la circonstance ce qui concernait le spirituel, du temporel.

Cependant, ses collègues surent mettre ses principes à une rude épreuve : le 29 août 1790, un arrêté du Directoire du District de Dinan commit M. Cattenos, conjointement avec les maires et procureurs dss communes de Taden, Plouër et Trigavou, pour dresser, aux termes du décret du 20 mai précédent, l'inventaire chez les communautés de religieuses établies dans ces paroisses. Une semblable mission paraîtrait assurément odieuse de nos jours à un catholique ; mais à la fin du XVIIIème siècle, devant tant de biens ecclésiastiques si étrangement détournés de leur destination primitive, on n'avait pas sur cette question la même mentalité qu'aujourd'hui. Nous ne savons d'ailleurs quelle conduite dans la circonstance tint l'abbé Cattenos. En tout cas, nous sommes persuadés qu'il devait se trouver mal à l'aise pour coopérer à l'exécution d'une foule de lois et décrets qui ne tendaient à rien moins qu'à détruire l'antique constitution de l'Eglise de France. Aussi, lorsqu'un heureux sort le désigna comme administrateur sortant de charge vers le milieu de l'année 1791, dut-il pousser un soupir de soulagement. Rendu dès lors à son ministère, il se consacra exclusivement désormais à prémunir du schisme ses paroissiens de Taden.

La continuation du culte orthodoxe dans cette localité, jointe à sa proximité de Dinan, ainsi que la considération dont jouissait M. Cattenos, gênaient du reste considérablement les autorités du District. Aussi ces messieurs, pour mettre fin aux ennuis qu'ils éprouvaient de ce côté, trouvèrent-ils ingénieux de joindre leurs instances à celles des électeurs réunis à Dinan le 2 octobre 1791 et de proposer la suppression de Taden comme centre religieux [Note : L'ex-dominicain Civelle, de Nazareth, avait été élu le 13 juin 1791 à la cure de Taden par 28 voix sur 45 inscrits, mais il avait refusé son élection, déclarant « n'être pas assez, instruit pour occuper ce poste »]. Mais la décision à intervenir tardant trop à leur gré, ils écrivirent pour la hâter, le 19 octobre 1791, au Directoire des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor), auquel, dans leur missive, ils avouent sans détour « que depuis l'installation de Tobie et Tudeau dans leur ville, nombre de Dinannais fréquentent plus le dimanche les églises de Taden et de Léhon que leurs propres paroisses ».

Depuis le 11 juillet 1791, les catholiques de Dinan qui n'avaient pas versé dans le schisme, se trouvaient en effet, suivant leur expression, « privés de bonnes messes ». A la suite du rigoureux décret du 18 juin précédent, tout le nombreux clergé insermenté de leur ville avait dû chercher asile ailleurs, « les uns à Rennes, les autres à Saint-Malo ou à Saint-Servan, Saint-Méen, Saint-Jouan de l'Isle, Plouasne, Lamballe et Saint-Brieuc ». Aussi les membres d'une des anciennes corporations dinannaises, dont l'Assemblée Constituante venait de faire table rase, ayant voulu quand même célébrer leur fête patronale, ne trouvèrent rien mieux que de prier le recteur de Taden de leur dire chez lui une messe ce jour-là. Mais, par malheur pour la réussite de leur projet, les administrateurs du District eurent vent de leur dessein et s'empressèrent, cela va sans dire, de défendre cette manifestation cependant bien innocente. Puis, pour en finir avec la célébration du culte à Taden, ils demandèrent à nouveau au Département la fermeture de cette église, ainsi que de celle de Léhon, « afin d'éviter, disaient ces bonnes âmes, que le grand nombre de personnes de notre ville qui vont assister aux offices divins dans ces deux paroisses, ne soient insultées à leur retour et qu'il n'en résulte des rixes contraires au bon ordre ».

Dans l'absence de documents sur ce point, nous sommes portés à croire que l'église de Taden demeura cependant ouverte au culte jusqu'au départ de M. Cattenos pour l'exil. Ce prêtre, que l'on voit toucher son traitement pour le premier trimestre de 1792, fut obligé de prendre le chemin de l'étranger au mois de septembre de cette même année, aux termes de la loi du 26 août précédent, ce qui n'empêcha pas les hommes au pouvoir de faire vendre son mobilier le 16 mai 1794. Dans le procès-verbal qui nous en reste, nous remarquons : « une armoire, une vache et 14 vaisseaux de mouches à miel ». Le tout produisit 306 livres seulement. Sur cette somme, la servante du recteur réclama le paiement de 8 années de gages à 60 l. par an.

Les listes de Gofvry et de Lefebvre d'Anneville signalent la présence de M. Cattenos à Jersey en 1793. Nous ignorons l'époque de son retour.

Une note de police écrit à son sujet en septembre 1797 : « A dû passer en Angleterre ; en est revenu. A résidé au bourg de Taden pendant quelque temps, mais a disparu depuis la publication de la loi du 19 fructidor an V » (Archives des Côtes-d'Armor, Lm 5, 121) [Note : Nous regrettons de ne pouvoir dire si M. Cattenos était déjà revenu à Taden lorsque la municipalité de cette commune demandait le 22 avril 1795 à pouvoir louer un local pour l'exercice public du culte].

M. Cattenos, qui se cachait dans sa paroisse, y fut arrêté au village de la Pichonnais par les soino du commandant Mattat, commandant la place de Dinan, le 3 mars 1799. Incarcéré aussitôt à Saint-Brieuc, l'administration centrale des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) le condamna à la déportation le 2 mai suivant comme « émigré rentré », et le fit partir le 12 de ce même mois pour le lieu d'embarquement, avec un convoi composé de 12 prêtres réfractaires des Côtes-du-Nord.

Arrivé à l’île de Ré le 30 mai 1799, M. Cattenos ne recouvra sa liberté que le 6 mars 1800. Revenu peu après dans sa paroisse, il n'y devait pas jouir de l'amitié des hommes de la Révolution, car le préfet Boullé l'y note vers 1802 : « intolérant, remuant, à surveiller, ou mieux à renvoyer dans son diocèse ». Mgr. Cafarelli se garda de suivre ce conseil, et après quelques difficultés, réussit à faire appouver la nomination de ce prêtre comme recteur de Taden et Saint-Samson réunis, le 16 janvier 1804.

M. Cattenos mourut en fonctions dans sa paroisse le 13 décembre de cette année. Son successeur fut M. JULIEN VERGER, dont nous avons fait la biographie à l'article du personnel du collège des Laurents.

JACQUES BEDEL, vicaire, naquit à Quédillac le 26 janvier 1764, de Jacques et de Marie Bazil. On le note au Séminaire comme « d'une bonne conduite, mais un peu faible à ses examens ». Ordonné prêtre à Saint-Méen le 6 juin 1789, M. Bedel fut nommé vicaire à Taden le 13 juillet suivant, en remplacement de l'abbé Pierre Lorre, décédé à l’âge de 60 ans, le 9 de ce même mois.

Atteint comme insermenté par la loi du 26 août 1792, M. Bedel déclara le 11 septembre suivant, devant la municipalité de Taden, vouloir s'exiler à Jersey. Voici quel signalement figure sur le passeport qui lui fut délivré pour la circonstance : « taille 5 pieds 4 pouces, cheveux et sourcils châtains, front large, yeux bruns, nez aquilin, menton court, bouche moyenne, marques de petite vérole ». Muni de cette pièce, l'abbé Bedel, en compagnie de 15 autres ecclésiastiques, s'embarqua le même jour à 4 heures du soir, au lieu dit Le Châtelier, près de Saint-Samson. Après une traversée fort mouvementée, les exilés atterrirent à Jersey le 13 au matin. De cette île, dans la suite, le vicaire de Taden gagna l'Angleterre. C'est là qu'il est décédé à une époque que nous ne pouvons préciser.

Trois prêtres sont vers 1925 natifs de Taden. Vivaient en cette paroisse en 1790, ou bien en étaient originaires, MM. :

PIERRE LESVIER, né le 13 mars 1716, au village de la Marre, en Evran, du mariage de Mathurin et de Gillette Allix, lequel fit ses études ecclésiastiques et passa ses examens au Séminaire « tellement quellement », écrivent ses professeurs. Même son examen de prêtrise, qu'il subit en mars 1748, n'échappa pas à la règle commune, et il en sortit avec les notes « pesant, mais de bonnes moeurs ».

M. Lesvier reçut le sacerdoce le 30 mars de la prédite année et devint dans la suite vicaire de Plorec, où il demeura quelque temps, mais lors de la Révolution, il vivait depuis vingt-deux ans à Taden en qualité de chapelain de Tréla.

Peut-être même était-ce ce prêtre qui devait célébrer ce jour-là à la chapelle de ce quartier, lorsque s'y passa l'échauffourée que nous allons raconter d'après le compte-rendu conservé dans le premer registre du tribunal du district de Dinan déposé au greffe de cette ville, et dont nous reproduisons de très près le récit, tout en rajeunissant le style judiciaire :

« Le dimanche 4 novembre 1792, M. Yves Hédal, commissaire délégué par le District de Dinan pour faire fermer et patte-ficher la chapelle de Tréla, se vit empêché de remplir sa mission par un grand rassemblement de personnes qui s'étaient réunies en cet endroit dans l'intention d'entendre la messe et qui, troublées dans l'exercice de leur dévotion, se mirent à l'injurier en poussant des cris furieux, tout en s'opposant audacieusement à l'exécution de ses ordres.

Aussi, ne se trouvant pas en force, le petit détachement de soldats qui accompagnait Hédal, enveloppé par la masse énorme de particuliers qui le serrait de près et tâchait de le désarmer, dut-il se retirer en hâte et même se retrancher en attendant du secours, non cependant sans se voir poursuivi à coups de pierres, dont aucune, par bonheur, n'atteignit quelqu'un.

Enfin, au bout de quelque temps, arriva le renfort que Hédal avait envoyé quérir, et le délégué du District put sans coup férir remplir sa mission. Il y joignit même l'arrestation de 52 manifestants qui s'étaient obstinés à séjourner aux alentours de la chapelle, d'où ils le huaient à satiété, ainsi que sa troupe. Cependant, après un interrogatoire sommaire du lieutenant de gendarmerie, on jugea inutile de s'embarrasser de ces prisonniers, qu'on relaxa sur les lieux, à l'exception d'Etienne Ruault, fermier du Bois-Ruffier, en Pleslin, lequel, paraît-il, avait dû crier dans son excitation qu'il fallait jeter une ramée de coups de triques à tous ces gens-là et leur casser la gueule, car c'était tout ce qu'ils méritaient ».

Quoiqu'il en soit de la participation de M. Lesvier à cette affaire, il ne se soumit pas aux lois révolutionnaires et demeura à Tréla malgré les décrets rendus contre les insermentés. Cet ecclésiastique était alors octogénaire et infirme, et s'efforçait de se faire oublier. Mais les jacobins jugèrent à la longue qu'il était un danger pour la chose publique ; si bien qu'à la suite de la loi du 11 mai 1794, le terroriste Corseul, agent national du district de Dinan, donna l'ordre le 17 juillet de cette année de faire transporter le pauvre vieillard en cette ville, « soit en charrette, soit à cheval ». Dirigé sur Saint-Brieuc « avec quatre autres camarades de route » (Archives des Côtes-d'Armor, Lm 5, 68), l'abbé Lesvier fut traduit devant le Tribunal criminel des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) quelque peu après son arrivée. Dans leur séance du 9 thermidor an II (27 juillet 1794), les juges briochins, malgré l'offre que leur fit alors le prêtre Lesvier de prêter le serment, décidèrent qu'avant de rien statuer, l'accusateur serait invité à s'informer « si lesdits prêtres (ils étaient quatre poursuivis dans les mêmes conditions) avaient fait près du Département quelques démarches, et à quelle époque, pour demander à être exemptés de la Loi à raison de leurs infirmités et de leur âge ; à quelle époque ils ont été arrêtée et s'il existe un procès-verbal de leur arrestation ». Nous ignorons le résultat de l'enquête qui dut être faite en la circonstance. Quoiqu'il en soit, l'ordre fut donné d'enfermer aux Carmélites de Guingamp, l'abbé Lesvier, avec les prêtres fidèles détenus en cette maison, d'où il ne fut rendu à la liberté que le 30 avril 1795, à la suite de l'arrêté pris le 26 mars précédent par les représentants Guezno et Guermeur. Auparavant, le mobilier de ce prêtre, que sa qualité de réfractaire mettait hors la loi, avait été mis en vente et rapporta 770 livrs 9 sols au profit de la République, le 11 novembre 1794.

Nous n'avons pas su jusqu'ici trouver davantage le lieu où trépassa l'abbé Lesvier que la date de son décès.

GILLES HOUITTE, fils de Jean et de Marie Tréhel, naquit au bourg de Taden le 3 décembre 1745, et fit son cours au collège de Dinan, où nous le trouvons en cinquième en 1762. Ses études théologiques furent médiocres, et il se vit même, pour cette raison, différé pour sa prêtrise.

Après avoir reçu le sacerdoce à Saint-Méen le 22 septembre 1772, M. Houitte continua d'habiter sa paroisse natale. Son refus de s'assermenter et l'arrêté draconien du Département des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor), en date du 1er décembre 1792, l'obligèrent à s'exiler à Jersey, où les listes de Gofvry et de Lefebvre d'Anneville signalent sa présence en 1793. On profita de son absence pour confisquer et vendre, pour 35 l. 5 sols, son très modeste mobilier, le 12 novembre 1794.

L'abbé Houitte revint probablement à Taden à l'apaisement qui se produisit au printemps de 1795, époque à laquelle la municipalité de cette commune demandait, le 22 avril de cette année, à louer un local pour l'exercice du culte catholique. Dès son retour, ce prêtre héroïque se mit à faire, soit ouvertement, soit en cachette, du ministère auprès de ses compatriotes et dans les environs. Son dévoûment devait lui coûter cher.

Le commissaire du pouvoir exécutif à Dinan écrivait en effet à son sujet en septembre 1797 : « C'est maintenant un vieillard infirme, longtemps détenu et traité à l'hôpital militaire de notre ville à la suite de coups portés par les soldats » (Archives des Côtes-d'Armor, Lm 5, 121). D'après les auteurs du Diocese de St-Brieuc, etc., I, op. cit., M. Houitte se disposait en effet à traverser la Rance pour aller à Pleudihen, lorsqu'il fut surpris par une colonne mobile dont les militaires se jetèrent sur lui comme des furieux, le rouèrent de coups et le laissèrent pour mort. Une fois rétabli, M. Houitte obtint un sauf-conduit et continua de faire du ministère auprès de ses compatriotes, mais il était dès lors affaibli intellectuellement et physiquement. Le 5 mai 1800, il déclarait vouloir fixer son domicile chez sa soeur Reine, au bourg de Taden. L'enquête de Boullé le donne comme « autrefois chapelain et maintenant desservant » et le note comme « un infirme peu capable d'occuper une place sous aucun rapport ».

Malgré sa santé précaire, ce prêtre vécut encore de longues années, durant lesquelles il desservit la chapelle rurale de Tréla. Il décéda, le 14 décembre 1822, âgé de 77 ans, laissant aux environs une mémoire en vénération.

GEORGES-LAURENT GUIGNARD, né à Taden, le 19 février 1753, d'Alexis et de Perrine Thiou, fit son cours au collège de Dinan, puis, après d'assez bonnes études théologiques, il reçut la tonsure et les ordres mineurs à Dol, par dimissoire, le 6 septembre 1775, et la prêtrise à Rennes en septembre 1779.

Bien que ses supérieurs l'aient noté comme assez mal doué pour la voix et pour le chant, il était cependant avant la Révolution prêtre de choeur d'une des églises de Dinan. Sur son refus de s'assermenter, M. Guignard dut se retirer à Taden et finalement s'exiler à Jersey le 11 septembre 1792. Il mourut déporté dans cette île, n'étant âgé que de 43 ans, le 27 avril 1795, et fut inhumé dans le cimetière de Saint-Hélier, nous apprend M. de l'Estourbeillon.

Etait encore originaire de Taden, M. JEAN-JACQUES-FRANÇOIS LÉCUYER, dont nous verrons la biographie à l'article Trélivan.

D'après les auteurs du Diocèse de Saint-Brieuc, I, p. 234, firent du ministère caché à Taden à différentes époques, durant la Révolution : MM. Gallée, recteur de Saint-Samson ; Margely, vicaire de Pleslin ; Henry, prêtre de Pleslin ; Guérin, recteur, et Rouault, prêtre, de Plouër ; Perrot, prêtre de Dinan ; Lécuyer, prêtre de Trélivan.

M. Louis-Jean de Gouzillon de Kermeneau, chanoine trésorier du chapitre de la cathédrale de Léon et l'un des dignitaires de cette église, était depuis 1784 l'un des vicaires généraux de l'évêché de Saint-Malo. A la suppression de ce siège, il s'en fut résider chez une dame Desvaux, au château de la Conninais, mais le Directoire du District de Dinan l'y fit arrêter et conduire sous escorte à Rennes, peu avant le 27 juillet 1791, pour les raisons que voici : « Son séjour dans une paroisse du ci-devant diocèse de Saint-Malo, dont les ecclésiastiques ont rétracté leur serment (?), et qui est environnée de prêtres non jureurs, nous a donné des soupçons sur le compte de cet ecclésiastique, qui du reste est intimement lié avec l'abbé du Châtel, ennemi déclaré de la Constitution » (Lettre des administrateurs du District de Dinan à leurs collègues de Saint-Malo, le 27 juillet 1791). Nous retrouvons ce prêtre exilé à Jersey en 1793.

 

LES RELIGIEUSES DU SAINT-ESPRIT DE LA MAISON DE TADEN, EN 1790. Lorsqu'on ferma le couvent de Taden, il comptait quatre religieuses, qui étaient :

Soeur Félicité-Marie de la Villéon, supérieure depuis 1785, née le 12 mai 1749 au manoir de la Villeneuve, en Plurien, de Guillaume, seigneur de la Villevalio, et de Marie Goudrel, laquelle avait donné vingt-deux enfants à son époux, fait moins rare alors que maintenant.

La soeur Félicité de la Villéon trépassa le 18 octobre 1838, supérieure générale de la Congrégation du Saint-Esprit. Sa vie a été écrite par Blanche de Rosarnou dans l'ouvrage intitulé Biographies Bretonnes, dont nous avons déjà parlé.

Victoire-Bonne de Lesquen, dite soeur Victoire, née le 4 novembre 1767 au manoir du Bouillon, en Trégon, d'écuyer Charles et d'Anne-Françoise-Yvonne de Lesquen. Elle était soeur de Claude-Louis de Lesquen, le futur évêque de Rennes. Elle trépassa le 5 septembre 1822.

Jeanne Thomas, dite soeur Adélaïde, âgée de 29 ans en 1791, fille de François et de Marie Le Moulnier, de Ploufragan.

Marie-Jeanne Le Montréer, âgée de 53 ans, native de Coatreven et fille d'Yves et de Jeanne Geoffroy. (Archives des Côtes-d'Armor, série L/v, carton 10).

Etaient originaires de Taden et religieuses du Saint-Esprit à la date du 15 janvier 1793 : les soeurs Perrine Thiou, 62 ans, et Marie-Rose Lorre, 22 ans (mentionnées par M. Lemercier), et les soeurs Catherine Juhel et Rose Seguin, la première supérieure, la seconde religieuse à Saint-Herblon (Loire-Inférieure), qui furent l'une et l'autre emprisonnées à Nantes durant la Terreur. (Cf. Mgr. A. de la Villerabel : Dom Jean Leuduger, in-8, Saint-Brieuc, 1924, p. 457). (A. Lemasson).

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