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SAINT-PERE-MARC-EN-POULET

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La commune de Saint-Père-Marc-en-Poulet (bzh.gif (80 octets) Sant-Pêr-Poualed) fait partie du canton de Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine. Saint-Père-Marc-en-Poulet dépend de l'arrondissement de Saint-Malo, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-PERE-MARC-EN-POULET

Saint-Père-Marc-en-Poulet vient de Saint-Pierre et de "Marche-en-Poulet" (doyenné du Clos-Poulet). 

La fondation de la paroisse remonte, semble-t-il, au VIème siècle ou au VIIème siècle. Il s'agit de l'une des plus anciennes paroisses du Clos-Poulet et elle dépendait jadis de l'ancien évêché de Saint-Malo. Une première église a été construite vers le VIème siècle. En 1152, l'église est donnée par l'évêque de Saint-Malo, Jean de Châtillon, à son Chapitre. Détruite par un incendie au XIVème siècle, l'église est reconstruite au XVème siècle.

Le Pouillé de Rennes stipule que quand saint Jean-de-la-Grille forma le Chapitre régulier de Saint-Malo en 1152, il lui donna entre autres églises celle de Saint-Père de la Marche en Poulet, « ecclesia Sancti Petri de Marcha Poelet » ; ce qu'approuva le pape Adrien IV en 1157 (Abbé Manet, Grandes recherches ms.). Lorsqu'en 1319 fut sécularisé le Chapitre de Saint-Malo, on constata que l'église de Saint-Père (aujourd'hui Saint-Père-Marc-en-Poulet) avait 121 livres de rente. Les nouveaux chanoines s'y réservèrent toutes les dîmes de blé et de vin, tant anciennes que novales, et abandonnèrent le reste du revenu au vicaire chargé de desservir la paroisse en leur nom ; ils stipulèrent que ce vicaire supporterait, moyennant cette pension, toutes les charges paroissiales ainsi que les décimes et les procurations (« Super ecclesiam Beati Petri de Marco in pago Alethi cujus emolumenta communibus annis valere reperimus sexies viginti et unam libras, super quibus Capitulum habebit omnes decimas bladi et vini, veteres atque novas ; vicarius habebit totum residuum, super quo residuo idem vicarius omnia onera dictœ ecclesiœ et parrochiœ supportabit et decimalia et magistralia consueta solvet » - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Pendant que le Chapitre régulier de Saint-Malo administrait lui-même la paroisse de Saint-Père-Marc-en-Poulet, un homme appelé Aubri Lévesque donna aux religieux de l'abbaye de la Vieuville une petite dîme levée près du bourg de Saint-Père (aujourd'hui Saint-Père-Marc-en-Poulet), ce qu'approuvèrent le chanoine Raoul, recteur de Saint-Père-Marc-en-Poulet, et tous les enfants du donateur (« Aubri Levesque dedit abbatiœ Veteris Villœ parvam decimam juxta villam Sancti Petri de Marcenpoulet, concedente Radulfo, canonico sacerdote ejusdem ecclesiœ, et concedentibus omnibus filiis et filiabus suis » - Bibliothèque Nationale, ms. latin, n° 5476). En 1682, les Cisterciens de la Vieuville jouissaient encore en Saint-Père-Marc-en-Poulet d'une portion des dîmes de Gastines. Au XVIIIème siècle, le Chapitre de Saint-Malo et plusieurs autres ecclésiastiques, tels que l'abbé de la Vieuville, le prieur de la Mare-Normant, l'abbesse de Saint-Sulpice-des-Bois (nota : Le prieure de la Ville-és-Nonnains, membre de Saint-Sulpice, avait reçu en 1240 une partie du dîmereau de Gastines) , etc., se partageaient les dîmes de Saint-Père-Marc-en-Poulet. A cette même époque, la fabrique de Saint-Père-Marc-en-Poulet recevait chaque année 86 boisseaux de froment et 48 boisseaux de paumelle du Chapitre de Saint-Malo ; le seigneur de la paroisse lui devait, en outre, 8 boisseaux de paumelle ; elle possédait, de plus, une pièce de terre valant 30 livres de revenu, et un petit fief rapportant environ 12 boisseaux de grain (Pouillé de Rennes). Le recteur, M. Juhel, déclara en 1790 que son bénéfice avait un revenu brut de 700 livres, réduit par les charges à 630 livres 16 sols 5 deniers. Le revenu net de l'obiterie de son église était alors de 382 livres 4 sols ; quant à la fabrique, elle avait 497 livres 5 sols de rente (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, fonds de Saint-Malo).

Au XVème siècle, on trouve, au centre du bourg de Saint-Père-Marc-en-Poulet, l'auditoire, les ceps et collier, ainsi que la prison de la seigneurie de Saint-Père. On cultivait la vigne à Saint-Père-Marc-en-Poulet au XVème siècle. Saint-Père-Marc-en-Poulet se trouve être un lieu de massacre de ligueurs (en 1597). En effet, une troupe de Ligueurs, sous les ordres du capitaine Jean d'Avaugour dit de Saint-Laurent, tombe dans une embuscade en 1597 : la troupe est anéantie en allant secourir le château du Plessis-Bertrand en Saint-Coulomb. Pendant la Révolution, la paroisse se nomme "Père-en-Poulet". Il existait autrefois au lieu-dit La Mare un prieuré ainsi qu'une chapelle dédiée à Saint David. 

On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia Sancti Petri de Marcha Poelet (en 1152), parochia Beati Petri de Marco in pago Alethi (en 1319), Saint-Père-Marc-en-Poulet (en 1505), ecclesia Sancti Petri de Mara in Pagealeto (en 1586).

Note 1 : le territoire d’Alet ou Poualet, comptait à la Révolution 11 paroisses auxquelles s’ajoutent deux enclaves de Dol : Saint-Coulomb et Saint-Ideuc.

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Père-Marc-en-Poulet : Alain Picot (fils de Pierre Picot et de Denise Rolland, chanoine de Saint-Malo, il fut aussi recteur de Ploubalay et de Plumaugat vers 1513). Jacques Richard (pourvu en 1556, il résigna en 1559). Mathurin Ducormier (il fut pourvu le 28 mai 1559). Jean Foulon (il résigna en faveur du suivant). Jean Poulain (pourvu le 10 mars 1565, il résigna l'année suivante). Pierre Menet (pourvu le 19 septembre 1566, il résigna en faveur du suivant). Jean Duchemin (pourvu le 3 avril 1581, il résigna vers 1584). Guillaume des Landes (il fut pourvu le 25 février 1584 ; décédé en 1586). Charles Feydeau (il fut pourvu le 24 mars 1586). Louis Piron (il résigna en 1595). Jean Le Cocu (il fut pourvu le 31 décembre 1595 ; décédé en 1598). Jean Eon (il fut pourvu le 6 mars 1598). N... Piron (décédé en 1637). Claude Broussart (il fut pourvu le 3 octobre 1637). Jacques Cochery (il résigna en faveur du suivant). Vincent Guillier (il fut pourvu le 23 novembre 1639 ; décédé en 1642). Guy Brindejonc (bachelier en théologie, il fut pourvu le 23 novembre 1642 ; il semble qu'il résigna le bénéfice pour le reprendre ensuite, car il en fut pourvu de nouveau le 15 avril 1647, sur la résignation d'un nommé Barthélemy Ruaux ; décédé en 1681). Alain Bourdelais (pourvu le 18 août 1681, il fit en 1698 enregistrer ses armoiries : d'azur à trois bourdons d'or rangés en pal, une fasce en devise d'argent, brochant sur le tout, chargée de trois mouchetures d'hermines ; décédé en 1716). Etienne Bouexière (pourvu en cour de Rome, prit possession le 7 juillet 1716 et débouta Gilles Paumart, qu'avait pourvu l'évêque dès le 29 mai ; décédé vers 1724). Julien Sauvage (sieur du Rocher, pourvu le 19 février 1724, il résigna en faveur du suivant). Jean-Baptiste Grimbot (il fut pourvu le 22 décembre 1729 ; décédé en 1742). Henri Le Gallais (il fut pourvu le 26 avril 1742 ; décédé le 29 mars 1764). Olivier Juhel (pourvu le 2 août 1764, il gouverna jusqu'à la Révolution). Pierre Avril (1803, décédé en 1830). Mathurin Vigour (1830-1849). Pascal Beaufils (1849-1861). François Collet (1861-1865). Jean-Marie Crépin (1865-1868). Emile Mentec (à partir de 1868), ....

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PATRIMOINE de SAINT-PERE-MARC-EN-POULET

l'église Saint-Pierre (1900), oeuvre de l'architecte Arthur Regnault. Elle remplace une église primitive du XVème siècle. Dédiée de toute antiquité à saint Pierre, prince des apôtres, cette église primitive se composait d'une nef et de deux chapelles formant bras de croix, relevées en partie de 1700 à 1726 (nota : le presbytère faisait suite à la nef et lui était tellement contigu que de la chambre du recteur une fenêtre s'ouvrait dans l'intérieur de l'église) ; le chevet droit du choeur, seule partie intéressante de l'édifice, semblait au contraire de la fin du XVème siècle et présentait en dehors une inscription en caractères gothiques ; il conservait une belle fenêtre flamboyante et les vestiges d'un ancien autel de pierre soutenu par deux colonnes et accompagné de crédences ; mais toutes ces sculptures étaient, à la fin du XIXème siècle, cachées par des boiseries moins anciennes. Dans cette fenêtre du chevet étaient les précieux débris d'une verrière que M. l'abbé Brune faisait remonter au XIVème siècle, et dont nous avons retrouvé le dessin telle qu'elle existait encore au XVIIIème siècle. Elle se composait alors de trois passées, subdivisées elles-mêmes de façon à former neuf tableaux au-dessous des compartiments cordiformes ; tout au bas du vitrail était un écusson surmonté d'un casque et portant : d'or à la bande d'azur, cotoyée de deux cotices de même, qui est de Saint-Père (nota : la famille de Saint-Père, tirant son nom de la paroisse de Saint-Père-Marc-en-Poulet, avait une certaine importance au moyen-âge ; elle devait habiter originairement le manoir de la Motte, signalé encore en 1513, et elle a donné un évêque au diocèse de Vannes, Gauthier de Saint-Père, vivant en 1357). Le premier rang des panneaux peints présentait : saint Pierre ayant à ses côtés un seigneur agenouillé et revêtu d'une cotte d'armes blasonnée, de gueules au croissant burelé d'argent et d'azur, qui est de Tréal ; et une dame également à genoux, vêtue d'une robe couverte de ces armoiries : mi-parti : de gueules au croissant burelé d'argent et d'azur, et d'or à la bande d'azur cotoyée de deux cotices de même (nota : cette dame devait être une dame de Tréal, née de Saint-Père. En 1513, Guillaume de Guitté et Jeanne de Tréal, sa femme, étaient seigneur et dame de Saint-Père-Marc-en-Poulet) ; — la Sainte Vierge bénissant ; — saint Paul entre un seigneur portant une cotte d'armes chargée des armes précédentes placées en écartelé, et une dame offrant sur sa robe le même blason écartelé, plus un autre écusson à demi effacé où l'on distinguait toutefois trois fasces de sable sur champ d'or. Le deuxième rang, consacré à la Passion du divin Sauveur, offrait : la Flagellation, — la Mise au tombeau, — la Descente aux limbes. Le troisième rang renfermait au centre le Crucifiement de Jésus ; — à droite, un écusson de gueules au croissant burelé d'argent et d'azur, qui est de Tréal, surmonté d'un casque ayant ce croissant pour cimier ; — à gauche, un autre écusson en losange fascé d'argent et de gueules. Il est probable que ces écussons avaient remplacé deux scènes de la Passion primitivement figurées là. Dans les dessins flamboyants de la baie étaient retracées les grandes scènes de la Résurrection des Morts et du Jugement général. Au sommet était le blason des sires de Béringhen, marquis de Châteauneuf : d'argent à trois pals de gueules, au chef d'azur chargé de deux quintes-feuilles d'argent (Terrier ms. de Châteauneuf). Il ne reste à la fin du XIXème siècle de cette splendide verrière que la Résurrection des Morts : c'est une multitude de personnages, papes, rois, évêques, etc., sortant de leurs tombes pour paraître devant le Juge suprême. Le reste du vitrail, représentant différents saints, était moderne. Au XVIIIème siècle, le marquis de Châteauneuf était considéré comme seigneur supérieur de Saint-Père, et le seigneur du Val-Baude comme fondateur (nota : en 1694, le possesseur de la terre de Boullierne devait, le jour Saint-Mathurin, faire dire une messe à l'autel de ce saint, en l'église de Saint-Père, à l'intention du seigneur de Châteauneuf, et présenter à ce dernier une paire de gants blancs et un cierge de cire blanche d'une demi-livre - Archives Nationales, P. 1721). On voyait aussi dans cette église, au XVIIIème siècle, le tombeau « des sires de Saint-Père », consistant en une table placée sous une arcade ogivale ; sur cette table étaient couchés un seigneur et une dame ayant la tête abritée par un double dais de style ogival rayonnant. A leurs côtés étaient deux écussons semblables, répétés dans le vitrail d'une fenêtre voisine : d'argent à la bande de sable chargée de trois besants du champ, cantonnée de deux croissants de gueules (Terrier ms. de Châteauneuf). Ces deux effigies subsistaient encore à la fin du XIXème siècle mais elles étaient incrustées dans le pavé de la chapelle septentrionale. Les confréries du Rosaire et du Saint-Sacrement étaient érigées en cette église avant la Révolution ; il s'y trouvait aussi un assez grand nombre de fondations (Pouillé de Rennes). Le mur extérieur de l'église actuelle renferme une inscription gravée en creux, commémorative de la construction de l'ancienne église et datée de 1401. On y trouve, à l'extérieur du clocher, une pierre tombale aux armes de la famille Frotet, seigneurs de Saint-Père entre le XIVème et le XVème siècle : les deux personnages ont les mains jointes et leurs pieds reposent sur un lion. On voit, au fond du choeur et dominant l'autel, deux jolies statues en bois de saint Lunaire et de saint Jean-Baptiste datées du XVIème siècle. L'église conserve une cloche de 1604. L'ancienne église se composait d'une nef et d'un transept, reconstruit en partie de 1700 à 1726 : elle possédait une litre. Le chevet devait dater de la fin du XVème siècle : il possédait une fenêtre à deux meneaux figurant des scènes de la Passion avec les armes de la famille de Tréal, seigneurs de Saint-Père au XVème siècle, et de la famille de Béringhen, seigneurs de Châteauneuf de 1681 à 1740. On voyait aussi jadis encastrées dans les angles de l'abside deux pierres tombales dont l'une était sculptée d'une croix et l'autre d'une épée. La chapelle du croisillon nord était prohibitive aux seigneurs de Saint-Père et contenait une tombe-arcade en arc brisé avec les armes d'un Frotet seigneur de Saint-Père et de sa femme : ces pierres sont actuellement scellées dans la tour. L'église renfermait aussi jadis un bénitier aux armes des seigneurs de Saint-Père. La statue de Saint Jean date du XVIIème siècle ; 

la chapelle Saint-Roch (XVIIème siècle), reconstruite vers 1897-1898 et située au Village des Gastines. Saint-Roch de Gastines devait probablement son origine aux moines de la Vieuville ou aux religieuses de Saint-Sulpice, qui avaient des droits sur cette partie de la paroisse. Elle conserve la cloche de l'ancienne chapelle frairienne qu'elle remplace et qui avait été édifiée en 1626 à la suite d'une épidémie de fièvres. On y trouve un ex-voto du XXème siècle ; 

l'ancienne Chapelle de Saint-Georges, aujourd'hui disparue. Il s'agit d'une ancienne chapelle frairienne située entre le Clos de la Chapelle et la Fontaine Saint-Georges. Le Pouillé ms. de Saint-Malo (1739-1767) signale, sans les nommer, « trois chapelles frairiennes » en Saint-Père-Marc-en-Poulet ;

l'ancienne Chapelle Saint-Lunaire, située jadis près du Fort de Châteauneuf et aujourd'hui disparue. Elle était frairienne et une fontaine, naguère fréquentée par les pèlerins menacés de cécité, se voyait près d'elle ;

l'ancienne chapelle du Saint-Esprit de la Croix-Margaro. Le Saint-Esprit de la Croix-Margaro dépendait de ce manoir ; ce sanctuaire était fondé de messes, et en 1695 Jean Douceré, recteur de la Gouesnière, pourvu de ce bénéfice, en prit possession (Pouillé de Rennes) ;

l'ancien prieuré de la Mare de Saint-Père ou de la Mare-Normand ou Mare-Normant, aujourd'hui disparu, et jadis membre de l'abbaye de Marmotiers. Il relevait jadis du prieuré de Léhon près de Dinan. Sa chapelle, située à la Motte, conserve, au-dessus d'une porte, les armes de François Pepin, prieur de 1706 à 1727 ;

Nota : « D'azur à une croix haussée d'argent » (Armorial général ms. de 1698). Sur le bord d'une route, en la paroisse de Saint-Père-de-la-Marc-en-Poulet, se trouve une petite chapelle abandonnée dédiée à saint David ; à côté sont un ancien cimetière, un village et un vieux manoir nommés la Mare-Normant ou la Mare-aux-Normands (nota : On appelle aussi le village la Mare-Coëtquen ; en 1515, en effet, Jacques de Coëtquen y avait une métairie noble). La chapelle (Saint-David de la Mare) n'offre rien de remarquable ; c'est une construction du XVIIème siècle. On y voyait en 1727 la statue du roi David tenant sa harpe ; maintenant l'on y retrouve seulement, au-dessus d'une porte, un écusson placé dans un cartouche, avec un bourdon prioral posé derrière, et portant les armoiries de François Pépin, prieur en 1702 : d'azur au chevron componné de sept pièces d'argent et de sable, accompagné de trois pommes de pin versées d'argent. C'est là tout ce qui demeure de l'ancien prieuré de la Mare-Normant. Ce bénéfice, de peu de valeur dans les derniers siècles, devait remonter à une époque fort reculée, et nous sommes autorisés à croire qu'il donna son nom à la paroisse de Saint-Père-de-la-Mare-en-Poulet, si singulièrement appelée maintenant Saint-Père-Marc-en-Poulet. Malheureusement, nous n'avons rencontré aucun document nous révélant son origine. Nous savons seulement qu'il dépendait directement de Léhon (nota : Saint-Magloire de Léhon, abbaye fondée au IXème siècle par les rois de Bretagne, mais devenue simple prieuré conventuel, se trouvait à la porte de Dinan, en l'évêché de Saint-Malo, maintenant évêché de Saint-Brieuc), et par suite indirectement de Marmoutiers depuis que Léhon était devenu prieuré de cette puissante abbaye ; c'est pourquoi nous le plaçons au nombre des membres de Marmoutiers, quoique le prieur de Léhon semble avoir conservé longtemps au moins le droit de nommer son titulaire. En 1182, Albert, évêque de Saint-Malo, confirma les moines de Léhon dans la possession de la chapelle de la Mare, « capella de Mara », mais au XVème siècle le prieuré de la Mare était peu de chose. D'après la déclaration de 1499, il consistait à cette époque en « une chapelle avec une maison, cour, courtil et herbrégement, au village de la Mare, paroisse de Saint-Père ; — une vigne, un bois taillis et une douzaine de journaux de terre, dont « une pièce de terre nommée la Potence » ; — enfin, un petit fief et bailliage « dont les tenanciers doivent 4 boisseaux de froment, un jour de corvée pour la vendange, etc. ». En 1681, le prieur Louis-César de Pons du Grippet déclara posséder : la métairie du Prieuré, au village de la Mare ; —la chapelle priorale ; — une grange, un jardin et quelques pièces de terre ; — un trait de dîme en la paroisse de Saint-Père (Saint-Père-Marc-en-Poulet), autour du village de la Mare, — et quelques petites rentes en blé (Archives Nationales, P. 1708). En 1790, enfin, Mathurin de La Grézillonnaie, dernier prieur de la Mare-Normant, déclara que son bénéfice « de Saint-David de la Mare » ne lui rapportait que 500 livres de rente (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Liste des prieurs :  — Dom Rolland Chauvel (1470). — Dom Jehan Paulmier rendit aveu au roi le 28 février 1499. — Dom Thomas de la Boullaye (1505). — Dom Eustache de Cramou (1516). — Guillaume Chouffe, décédé vers 1563. — Pierre Chouffe succéda au précédent en 1563 et résigna en 1567. — Julien Lambert fut pourvu par l'évêque de Saint-Malo le 18 janvier 1568 ; mais le Pape donna le prieuré d'abord à frère Claude de Châteauneuf, bâtard de Jean, seigneur de Rieux, religieux trinitaire, qui prit possession le 4 juillet 1569, puis à Michel Le Fer, qui prit possession le 21 novembre, et admit enfin Julien Lambert, qui reprit possession à la fin de cette année 1569 ; ce dernier résigna en 1571. — Michel Le Fer reprit à son tour possession du prieuré, malgré l'opposition de Julien Faucillon, qui se fit pourvoir à Rome en 1571 ; il le conserva jusqu'en 1573, qu'il résigna. — Michel Charretier prit possession le 1er février 1573 et se démit en 1587. — Julien Charretier, archidiacre de Porhoët et chanoine de Saint-Malo, prit possession le 13 décembre 1587 ; décédé vers 1612. — Jacques Arnault prit possession le 12 août 1612 et résigna en 1624. — Antoine Nicolas succéda au précédent et prit possession le 7 mars 1624 ; il résigna quatre ans plus tard. — François de La Rochefoucauld, cardinal du titre de Saint-Calixte, grand aumônier de France, prit possession le 1er octobre 1628 et résigna en 1630. — Théodore des Bois, du diocèse de Paris, prit possession le 18 décembre 1630 et résigna dix ans plus tard en faveur de son frère, qui suit. — François des Bois, clerc de Paris, fut pourvu le 20 août 1640 et prit possession le même jour. — Barthélemy Filère, chanoine de Notre-Dame de Senlis, succéda au précédent et prit possession le 23 septembre 1643. — Jean-Louis de Pons du Grippet rendit aveu au roi le 8 mai 1657. — Louis-César de Pons du Grippet, chanoine de Vezelay, prit possession le 24 juillet 1663 et résigna en 1682. — Pierre-Claude de Pons fut pourvu le 14 septembre 1682 et résigna en 1702. — François Pépin, pourvu le 22 juin 1702 ; décédé en 1727. Il fit restaurer la chapelle de son prieuré, sur la porte de laquelle sont ses armoiries. — Joseph Fouquet, évêque d'Eleuthéropolis, résidait à Rome ; décédé en 1741. — Joseph-Antoine Thoranne, prêtre d'Arles, prit possession le 23 juin 1741 ; décédé vers 1770. — Jean-Nicolas Provost fut pourvu le 20 mars 1770 et résigna l'année suivante. — Mathurin de la Grézillonnaie, chanoine, fut pourvu le 24 avril 1771 et conserva le bénéfice jusqu'à l'époque de la Révolution (abbé Guillotin de Corson).

la croix de Beaulieu (moyen âge) ; 

la croix plate et pattée, dite Croix des Guineheux ;

la métairie ou l'ancien manoir de La Mare (XVI-XVIIème siècle). Propriété des seigneurs de Coëtquen ou Coësquen en 1513 ; 

la maison (XVIIème siècle) encore surnommée "Maisonneuve" ; 

le four à pain (XVIIème siècle), situé à La Ville-Hermessan ; 

l'ancien manoir de Launay-Ravilly (1730), situé route de Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine. Propriété successive des familles de la Cornillière (en 1513), de Launay (au XVIIème siècle), du Boisbaudry ;

le fort de Châteauneuf ou de Saint-Père (1777), assurant la défense de Saint-Malo ; 

4 moulins dont le moulin à eau de Beauchet, et les moulins à vent de la Ville-Malherbe, des Musses, de la Mare-Coaquin ; 

A signaler aussi : 

une motte féodale (X-XIème siècle), située à La Motte-Rogon ; 

l'ancien manoir des Chênes, situé route Ouest de Saint-Méloir-des-Ondes. Propriété de la famille Boullevé, puis de la famille de Guitté en 1513 ;

l'ancien manoir de Launay-Riault, situé route de la Gouesnière à Saint-Servan-sur-Mer. Propriété de la famille de Launay en 1513 ;

l'ancien manoir du Champ-Macé, situé route de la Gouesnière à Saint-Servan-sur-Mer ;

l'ancien manoir du Bosc, situé route de la Gouesnière à Saint-Servan-sur-Mer. Il possédait jadis un droit de haute justice. Propriété de la famille du Val, puis de la famille le Jar en 1513 ;

l'ancien manoir de Bellisle, en ruines dès 1513. Propriété de Françoise du Chastel, vicomtesse de Dinan en 1513 ;

l'ancien manoir du Bignon. Propriété de la famille Pepin en 1697, puis de la famille de la Motte au début du XVIIIème siècle ;

l'ancien manoir de la Planche. Propriété de la famille des Près en 1513 ;

l'ancien manoir de Cléris (1630). Il conserve un colombier ;

l'ancien manoir de la Ronce. Propriété de la famille de Québriac en 1513 ;

l'ancien manoir de la Ville-Hermessant ou de la Ville-Nessant. Il possédait jadis une chapelle et une fuie. Il est reconstruit à la fin du XVIème siècle, après l'abandon du manoir de Saint-Père en 1598, et devient la résidence des seigneurs de Saint-Père. Propriété des familles de la Cornillière (avant 1513), de Guitté seigneurs de Vaucouleurs (en 1513), Baudran (en 1759), White seigneurs d'Albyville (en 1768 et en 1789) ;

le manoir de Saint-Père, complètement ruiné en 1598. Il possédait jadis des douves, un colombier et une chapelle privée. Il exerçait au bourg un droit de haute justice et avait des fourches patibulaires portées à trois piliers en 1474. Propriété des seigneurs de Saint-Père au milieu du XIVème siècle, puis des familles de Tréal (au XVème siècle), de Guitté seigneurs de Vaucouleurs (au début du XVIème siècle et en 1513), de Québriac, de Guémadeuc (au milieu du XVIème siècle), Frotet seigneurs de la Landelle (en 1598), de Béringhen comtes de Châteauneuf (en 1689). Il est uni à la seigneurie de Châteauneuf en 1702 et est vendu avec elle en 1740 à Etienne-Auguste Baude seigneurs de la Vieuville ;

le château de la Picaudais. Il conserve ses douves, et sa chapelle privée a été détruite durant la Révolution. Notre-Dame de la Picaudais, avoisinant ce manoir, était dédiée en 1695 à la Sainte Vierge, à saint Roch et à saint Sébastien. Jean Douceré fut également pourvu de cette chapellenie à la même époque (Pouillé de Rennes). Propriété de la famille du Val, puis de la famille le Jar en 1513 ;

l'ancien manoir de la Croix-Margarou. Sa chapelle privée se trouvait jadis dans le Clos de la Chapelle ;

l'ancien manoir de la Ville-Malherbe. Propriété de la famille Rouxel seigneurs des Croix en 1513 ;

le château du Bois-Martin, situé route de Saint-Guinoux. Il conserve une chapelle privée et un colombier. Propriété de la famille de Penfentenio de Cheffontaines ;

l'ancien manoir de la Motte, situé route de Saint-Guinoux à Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine. Propriété des seigneurs de Saint-Père, puis de la famille du Boisriou en 1513 ;

les anciennes maisons du Village de la Mare : P. Bovesnel (en 1634), O. Bossar (en 1587), I. Izambart (en 1707) ;

l'ancien manoir de Boulienne, situé route de Saint-Guinoux à Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine. Propriété des seigneurs de Rigourdaine en 1513 ;

le château de la Basse Motte. Il est converti en Musée historique ;

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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-PERE-MARC-EN-POULET

Saint-Père-Marc-en-Poulet  a donné naissance à la famille de Saint-Père, dont un membre, dès 1366, portait comme blason : d'or à la bande d'azur cotoyée de deux cotices de même. Cette famille, possédant la seigneurie de Saint-Père en sa paroisse d'origine, s'éteignit au XVème siècle — quant à la branche aînée du moins — en une fille qui épousa un sire de Tréal et lui apporta la terre seigneuriale de Saint-Père.
Par lettres patentes du 8 janvier 1474, le duc François II permit à son chambellan, Jean de Tréal, sire dudit lieu et de Saint-Père, d'ériger un troisième pilier aux fourches patibulaires de sa seigneurie de Saint-Père (archives du château de Châteauneuf). Ce seigneur laissa, pour fille aînée, Gillette de Tréal, qui épousa Guyon de Sévigné, sire dudit lieu, et lui apporta la terre de Tréal. Le sire de Sévigné prit même le titre de seigneur de Saint-Père, mais sa femme, ayant une sœur cadette nommée Jeanne de Tréal, abandonna la seigneurie de Saint-Père à cette dernière, qui la transmit à son mari, Guillaume de Guitté, sire de Vaucouleurs. En 1513, ceux-ci possédaient Saint-Père et ils rendirent aveu au roi en 1527 (archives de Loire-Inférieure). Jeanne de Tréal étant morte le 19 juillet 1532, ce fut sa fille, Jeanne de Guitté, qui hérita de la terre de Saint-Père. Elle épousa Thomas, sire de Québriac, décédé en juin 1553, laissant une fille unique, Marguerite de Québriac, femme de François, seigneur du Guémadeuc. Il parait que Jeanne de Guitté était morte avant son mari, car dès 1552 nous trouvons les seigneur et dame du Guémadeuc en possession de la seigneurie de Saint-Père. Leur fils, Thomas, sire du Guémadeuc, épousa Jacquemine de Beaumanoir et décéda le 15 juillet 1592. Ce seigneur laissait des enfants mineurs et une fortune ébréchée par les dépenses des guerres de la Ligue, aussi fallut-il vendre la terre seigneuriale de Saint-Père, qu'achetèrent le 10 juin 1598, pour 12 000 écus, Josselin Frotet et Guillemette Brisard, seigneur et dame de la Landelle (archives du château de Châteauneuf). Les acquéreurs de Saint-Père en prirent possession le 25 juin 1598 et en firent hommage au roi le 28 février 1600 (archives de Loire-Inférieure, B. 1015). Ils laissèrent, après leur mort, cette seigneurie à leur fils, Nicolas Frotet, qui en rendit aveu en 1624. Vint plus tard Josselin Frotet, seigneur de Saint-Père, qui fit en 1653 déclaration de cette terre au roi. Il épousa Marguerite de la Rondoitte, veuve de lui en 1680 avec deux enfants, Josselin Frotet et Servanne Frotet, épouse d'Auffray de Lescouët. Ce furent ces deux frère et soeur qui vendirent 90 000 livres. la seigneurie de Saint-Père, en 1689, à Jacques de Béringhen, comte de Châteauneuf. Celui-ci en prit possession le 10 octobre de cette année-là (archives du château de Châteauneuf). Le fils de l'acquéreur, Henri de Béringhen, et son petit-fils, Jacques-Louis de Béringhen, l'un et l'autre sires de Châteauneuf, possédèrent ensuite Saint-Père. En 1702, le premier de ces seigneurs, faisant ériger par le roi Châteauneuf en marquisat, obtint de Sa Majesté l'union de la seigneurie de Saint-Père à celle de Châteauneuf. Ces deux marquis de Châteauneuf moururent la même année 1723 et eurent pour successeurs François de Béringhen, évêque du Puy, et Henry-Camille de Béringhen, son frère. Ce fut ce dernier seigneur qui, le 1er février 1740, vendit à Etienne-Auguste Baude, seigneur de la Vieuville, et à ses associés, le marquisat de Châteauneuf, dans lequel se trouvait comprise la seigneurie de Saint-Père. L'un des associés du seigneur de la Vieuville était son frère, Henri Baude, seigneur du Val. Il entra pour un tiers dans l'acquisition de Châteauneuf et eut pour sa part la seigneurie de Saint-Père et quelques portions de celles du Vaudoré et de la Tourniolle (archives du château de Châteauneuf). Henri Baude, seigneur de Saint-Père et plus tard comte de Rays et baron de Pont-l'Abbé, épousa : 1° le 30 août 1742, Françoise Baude de la Vieuville, 2° le 17 novembre 1744, Reine Vincent. Il mourut à Quimper le 12 mars 1754, laissant de ses deux unions des enfants mineurs. Sa veuve, Reine Vincent, vendit, le 29 mai 1759, la seigneurie de Saint- Père, et ne mourut que le 23 septembre 1780, au manoir des Guimerais en Saint-Servan : son corps fut inhumé le 25 en l'église de Châteauneuf. Ce fut encore trois associés qui achetèrent pour 120 000.1ivres, en 1759, la seigneurie de Saint-Père : Etienne-Auguste Baude, marquis de Châteauneuf, — Louis Baudran, seigneur des Châtelliers, — et Marie-Modeste Martin, dame du Boismartin, femme séparée de biens de Jean Le Gobien, de concert avec son fils Pierre Le Gobien. Saint-Père fut alors démembré et divisé comme suit : le marquis de Châteauneuf prit pour lui les fiefs lui convenant le mieux et les unit à son marquisat. Il rendit hommage au roi pour ces fiefs le 18 septembre 1784, et les conserva jusqu'à la Révolution, qui l'envoya périr sur l'échafaud de Rennes le 4 mai 1794. Pierre Le Gobien unit à son tour à sa seigneurie du Boismartin les fiefs de Saint-Père voisins de cette terre, et en fit aussi hommage au roi le 7 janvier 1784. Il mourut en 1789, laissant veuve Louise Quentin. Louis Baudran eut pour sa part le manoir de la Ville-Hermessant, résidence ordinaire des seigneurs de Saint-Père, et les fiefs l'avoisinant. Il mourut le 23 février 1768, léguant sa seigneurie à sa fille, Marie-Anne Baudran, mariée à François White d'Albyville. Ces derniers en firent hommage au roi en 1775. Ils étaient morts en 1786, laissant un fils, Louis White d'Albyville, seigneur de Saint-Père et de la Ville-Hermessant, qui fit hommage au roi pour ces terres le 3 mars 1786 (Archives de Loire-Inférieure, B. 1063). Pour se rendre compte de ce qu'était la seigneurie de Saint-Père, il faut la considérer avant tout démembrement. Cette seigneurie avait assez d'importance pour qu'au XVème siècle son possesseur fût appelé par le duc de Bretagne à siéger aux Etats parmi les bannerets (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, 1673). Le domaine proche était considérable : dès 1527, il se composait du manoir de Saint-Père près du bourg de ce nom, — des métairies nobles de la Ville-Hermessant, du Breil et des Chesnes, cette dernière avec une chapelle, — des manoirs de Launay-Ravilly et de la Villemenguy (qui furent détachés dans le courant du XVIème siècle), — de l'étang et du moulin de Saint-Père, — du moulin à eau de Gagnepetit en Miniac, — des moulins à vent de Saint-Père, dit le Moulin-Neuf, des Tourantes près les Chesnes et de Langle en Miniac, — de pressoirs banaux à vin et à cidre, — de la dîme de Saint-Père, rapportant de 20 à 25 mines de grain, —
d'un droit sur les pêcheries de Saint-Benoît-des-Ondes, etc. (Archives de Loire-Inférieure). Mais dès le XVIème siècle le manoir de Saint-Père était en ruine : en 1598, « le logis de Saint-Père est complétement ruisné et dans la cour sont des mazières qui ne peuvent plus qu'estre rasées et des douves comblées ; seuls restent debout le portail de ladite cour close de murs et la chapelle dudit lieu abandonnée et servant de grange ; le colombier également ruisné » (Archives du château de Châteauneuf).
A la suite de cette destruction du manoir de Saint-Père, les seigneurs du lieu allèrent habiter la Ville-Hermessant, qu'ils reconstruisirent. Ils y joignirent une chapelle, une fuie, des rabines et des bois de décoration. Les fiefs composant la seigneurie de Saint-Père s'étendaient en onze paroisses : Saint-Père-Marc-en-Poulet, Saint-Guinou, Miniac-Morvan, Châteauneuf, Lillemer, Saint-Meloir et Saint-Benoît-des-Ondes, La Gouesnière, La Fresnaye, Pleudihen et Saint-Jouan-des-Guérets. L'ensemble de la seigneurie relevait du roi sous son domaine de Rennes, mais quelques fiefs relevaient de Châteauneuf, de Coëtquen, de Bonaban et de la Bellière (Archives Ille-et-Vilaine, 1Q. 434). La haute justice de la seigneurie de Saint-Père s'exerçait au bourg de ce nom, où se trouvaient l'auditoire, la prison et les ceps et collier pour la punition des malfaiteurs. Quoique le sire de Châteauneuf se prétendit seigneur supérieur de l'église de Saint-Père, le seigneur de ce nom en était certainement le fondateur. Aussi y possédait-il du côté de l'évangile une chapelle prohibitive dans laquelle se trouvait son enfeu. C'était une tombe-arcade de style ogival, où furent inhumés un seigneur et une dame dont les effigies subsistent encore dans l'église actuelle. L'écusson accompagnant ces effigies est celui des Frotet : d'argent à la barre de sable chargée de trois besans d'argent, accompagnée de trois croissants de gueules. Sous l'arcade séparant cette chapelle seigneuriale du chanteau de l'église se trouvait le banc clos et à queue du sire de Saint-Père. On y voyait sculptés deux écussons portant : écartelé : au premier d'azur à la croix d'argent, qui est de Guitté ; au deuxième de gueules au croissant burelé d'argent et d'azur, qui est de Tréal ; au troisième d'azur à trois fleurs de lys d'argent, qui est de Québriac ; au quatrième d'or à la bande d'azur cotoyée de deux cotices de même, qui est de Saint-Père ; sur le tout Frotet (Prise de possession de Saint-Père en 1689). Une magnifique verrière garnissait le chevet de l'église : là étaient répétées les armoiries des premiers sires de Saint-Père : d'or à la bande d'azur cotoyée de deux cotices de même. On y admirait aussi les représentations d'un seigneur et d'une noble dame agenouillés et priant : le blason ornant la cotte d'armes du seigneur était celui des sires de Tréal, celui garnissant la robe de sa femme était celui de Saint-Père. Sur une cloche, conservée encore en 1689, était aussi gravé un écusson : écartelé aux premier et quatrième de gueules au croissant burelé d'argent et d'azur, qui est de Tréal ; aux deuxième et troisième d'or à la bande d'azur cotoyée de deux cotices de même, qui est de Saint-Père (Prise de possession de Saint-Père en 1689). Ces armoiries prouvent d'une façon irréfragable que la seigneurie de Saint-Père est venue aux sires de Tréal par l'alliance de l'un d'eux avec l'héritière du nom et de la terre de Saint-Père (abbé Guillotin de Corson).

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 14 nobles de
Saint-Père-Marc-en-Poulet

Philippe BOUELEUC des Chesnes (10 livres de revenu) : comparaît revêtu de sa robe ;

Raoullet CHASTEL de Grenouillère (10 livres de revenu) : comparaît revêtu de sa robe ;

Jehan DE LA CORNILIERE (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Jehan DE LA MOTTE (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

Guillaume DE LANGOURLA (160 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Olivier DE ROCHEFORT de Bouheuc (15 livres de revenu) : défaillant ;

Olivier DE VILLERMOYE (100 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Bertrand DES PREZ de la Planche (8 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan DU BOISADAM (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Alain DU VAL (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

Jehan GUILLO (Guyho) (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Charles HAMAE (= HAMET) (50 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Eonnet PAON (10 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan ROUXEL de la Crouez (100 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

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