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SAINT-NAZAIRE

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La commune de Saint-Nazaire (pucenoire.gif (870 octets) Sant-Nazer) est chef lieu de canton. Saint-Nazaire dépend de l'arrondissement de Saint-Nazaire, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-NAZAIRE

Saint-Nazaire vient de saint Nazaire qui voyagea avec Celse et évangélisa les populations. Leurs corps sont découverts prés de Milan en 395.

Les historiens actuels s'accordent à penser que Saint-Nazaire n'est rien d'autre que l'ancien Corbilo, port gallo-romain, lui-même édifié sur le site d'un village néolithique. Le bourg primitif date du XVème siècle et correspond au quartier du Petit-Maroc. 

La seigneurie de Saint-Nazaire dans la paroisse de ce nom, fut un démembrement de l'antique vicomté de Donges. Elle fut créée à l'origine du XVème siècle, en faveur de Marguerite de Rieux, fille du vicomte de Donges, lorsqu'elle épousa Charles de Coësmes, seigneur de Lucé. Plusieurs terres avec juridiction relevaient de la vicomté de Saint-Nazaire, telles que Marsaint, la Motte-Alleman, le Grand-Henleix, le Cleuz, le Boisjollan, la Ville-aux-Febvres, Préambert, etc. 

En 1808, Saint Nazaire n'est encore qu'un petit village de pêcheurs et lamaneurs (pilotes qui guident les bateaux de commerce dans l'estuaire). Saint-Nazaire est née avec son port et a grandi avec la construction navale. Avant cette véritable naissance, qui a lieu à la fin du XIXème siècle, l'autre Saint-Nazaire, le vieux Saint-Nazaire est une bourgade bâtie sur un promontoire rocheux où résident marins, pêcheurs, commerçants et artisans.

La construction navale prend naissance au XVIIIème siècle le long des rives de la rivière du Brivet, à Méan. Le quartier de Méan est rattaché à la commune de Saint-Nazaire en 1865. Dans les années 1860, un premier chantier naval est implanté sur la presqu'île de Penhoët, où est réalisé un bassin prolongeant celui de Saint-Nazaire.

Saint-Nazaire (Bretagne) Saint-Nazaire au XIXème siècle.

Saint-Nazaire

Note 1 : De 1941 à 1943, l'armée d'occupation allemande édifie une base sous-marine à l'emplacement de la darse du bassin de Saint-Nazaire, qui est alors le seul port de la façade Atlantique Ouest capable de recevoir les grands cuirassés allemands. En 1942 et 1943, d'intenses bombardements alliés se succèdent sur la ville. La ville, entièrement détruite pendant le conflit, est libérée le 11 mai 1945, puis reconstruite sous la direction de l'architecte Noël Lemaresquier. A la fin de la guerre, les Allemands s'étaient réfugiés dans ce qui fut appelé "la poche de St-Nazaire" (elle s'étendait tout autour de la commune de Saint-Nazaire jusqu'au Croisic et à Pont-Château).

Note 2 : Instruction publique à Saint-Nazaire. — La paroisse de Saint-Nazaire eut la bonne fortune de rencontrer, au commencement du XVIIème siècle, deux généreux paroissiens qui voulurent ouvrir les petites écoles du pays aux enfants des plus pauvres familles. François Bertrand et Marguerite Verdeau ne fondent pas une institution nouvelle, ils augmentent seulement les honoraires des régents, afin qu'ils réservent des places gratuites sur leurs bancs. Voici les termes dont ils se servent, dans l'acte du 8 mai 1627, par lequel ils constituent, dès leur vivant, une rente de 50 livres à cet effet : « Pour le désir qu'ils ont de l'avancement de l'instruction des enfants et jeunesse de la paroisse de Saint-Nazaire aux bonnes lettres, ils donnent à jamais, sur leurs héritages, la somme de 50 livres tournois de rente annuelle au régent ou aux régents qui tiendront l'escolle et enseigneront les enfants et jeunesse, et spécialement les pauvres, au lieu et paroisse de Saint-Nazaire, pour aider à les salariser » (Registre paroissial - Archives de la fabrique). L'abbé Jean Mottais, qui remplissait alors les fonctions de régent, fut agréé par les époux Bertrand, dès l'année 1628 ; il reçut d'eux le produit de la fondation, avec l'assurance que les annuités suivantes lui seraient également comptées. Il fut convenu que son remplaçant, en cas de décès ou de démission, serait élu par le recteur, d'accord avec « douze des plus notables et apparants de la paroisse » et les héritiers desdits bienfaiteurs. Les charges imposées étaient les suivantes : une messe basse tous les vendredis, un salut chanté en l'honneur de la Vierge, chaque jour de l'année, avec une antienne et un libéra. Au XVIIIème siècle, l'enseignement se soutint à un degré honorable. On voit, par exemple, en 1782, un curé qui, non content des écoles du bourg, voulait encore entretenir des maîtres dans les villages. Il demanda à son évêque un septième prêtre pour régenter la jeunesse dans l'une des frairies de sa paroisse. Au village de Saint-Sébastien, l'abbé Jacques Breny, originaire d'Escoublac, remplissait les doubles fonctions de chapelain et de maître d'école, en 1782. Dans le bourg de Saint-Nazaire, les garçons avaient deux maîtres : les sieurs Pierrot et Durand (Brevets de 1782, 1784 et 1787). Ce dernier était seul, en 1787. Dans le même temps, l'école des filles était dirigée par une femme, nommée la Pomelin. Tels sont les noms que j'ai pu recueillir dans les archives de Saint-Nazaire (L. Maître).

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PATRIMOINE de SAINT-NAZAIRE

l'église (1891), située rue du Général de Gaulle et œuvre des architectes Coquillard, Mainguy et Yvernogeau. Cette église remplace un ancien sanctuaire qui datait du XVIème siècle et détruit en 1896. Le sire de Marsaint jouissait de plusieurs prééminences dans l'ancienne église paroissiale de Saint-Nazaire : il y possédait même du côté de l'évangile une chapelle prohibitive, consacrée au Rosaire en 1679 et alors appelée chapelle de Carné. L'édifice actuel ne possède pas de clocher. La statue de Notre-Dame du Bon-Port, en bois polychrome, date du XVIIème siècle. La statue de Notre-Dame de Bonne-Espérance date du XVème siècle. Le retable, en bois doré, date du XVIIème siècle : les quatre panneaux sculptés présentent l'Annonciation, le Mariage de la Vierge, la Crèche et l'Adoration des Mages. De part et d'autre du tabernacle, se trouvent des statuettes de saint Pierre, saint Paul, de Jésus et saint Jean Baptiste. Le vitrail représentant la construction navale, œuvre des maîtres verriers Troeyer, date de 1952. Le vitrail représentant Jésus parmi les charpentiers, œuvre des maîtres verriers Troeyer, date de 1952. La statue représentant l'offrande du paquebot Normandie, œuvre du sculpteur Jean Mazuet et des granitiers de La Clarté - Ploumanac'h (Côtes-d'Armor), date de 1956 ;

l'église Saint-Joseph-de-Méan (1891-1960), située à Méan-Penhoët. Cette église remplace l'ancienne église datant de 1854 et devenue trop petite. Elle a été restaurée entre 1946 et 1960 ;

l'église Saint-Gohard (1954), située au n° 16 du boulevard de la Renaissance et œuvre de l'architecte André Guillou ;

l'église Sainte-Anne (1957), située boulevard Jean Mermoz et œuvre de l'architecte Henri Demur ;

les vestiges de la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Espérance (XVème siècle), situés boulevard Wilson. Cette chapelle, qui disparaît en 1905, était encore surnommée la chapelle des marins. Le portail qui a été reconstitué dans le jardin des Plantes, date de 1887 et porte les armes de la famille Carné, vicomtes de Saint-Nazaire ;

l'ancienne chapelle des Franciscains (1875 - années 1950), située au n° 24 avenue Léon Blum. Les moines franciscains occupent le couvent et la chapelle jusqu'en 1969. La crypte de la chapelle avait été endommagée par les bombardements et reconstruite dans les années 1950 sous la direction de l'architecte Ganachaud ;

la croix Denier (XVIème siècle), située chemin de Dissignac et d'Heinlex ;

le château d'Heinlex (1860), situé rue Michel-Ange et édifié par Alphonse Cézard ;

le pont de Saint-Nazaire (1975). Ce pont de 3356 mètres de long repose sur 258 pieux en béton ;

la base sous-marine allemande (1941-1943), située dans le bassin de Saint-Nazaire. Les troupes allemandes arrivent à Saint-Nazaire le 21 juin 1940. Plusieurs milliers d'ouvriers sont alors réquisitionnés par l'organisation Todt pour démarrer le chantier de construction en janvier 1941 ;

le fort de Villès-Martin (1861 - 1939 - 1940), situé rue Ferdinand-Buisson à Villès-Martin. Les troupes allemandes occupent le site en 1940 et y adjoignent des blockhaus ;

le fort de l'Eve (1861), situé à la Pointe de l'Eve. Ce fort servait jadis de poudrière ;

le fort de Chemoulin (fin du XIXème siècle). Ce fort date de 1861 ;

A signaler aussi :

le tumulus de Dissignac (époque néolithique). Il comporte à l'intérieur deux chambres funéraires ayant chacun leur propre couloir d'accès. On y trouve aussi une dalle gravée ;

l'ensemble mégalithique du square du Dolmen (époque néolithique) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-NAZAIRE

La seigneurie de Saint-Nazaire dans la paroisse de ce nom, fut un démembrement de l'antique vicomté de Donges. Elle fut créée à l'origine du XVème siècle, en faveur de Marguerite de Rieux, fille du vicomte de Donges, lorsqu'elle épousa Charles de Coësmes, seigneur de Lucé. Mais Moréri et M. Le Mené se sont trompés sur les dates qu'ils assignent à l'existence de cette dame. Fille, selon eux, de François sire de Rieux, elle dut naître en 1445 et épouser en 1460 Charles de Coësmes. Or nous avons dès 1425 et aux années suivantes 1428, 1431, etc., une foule d'aveux rendus dans les fiefs de Saint-Nazaire aux deux époux Charles de Coësmes et Marguerite de Rieux. Bien plus, par acte de 1460, le duc de Bretagne accorda répit aux deux mêmes seigneur et dame pour lui faire hommage à cause de Saint-Nazaire, et une charte de 1461 mentionne le rachat dû à ce prince pour cette même terre par suite du décès de Marguerite de Rieux (Archives de Loire Inférieure, E 557). De ces actes, il résulte que si nous ignorons la date exacte de la naissance de la première dame de Saint-Nazaire, nous savons du moins qu'elle contracta mariage avant 1425 et qu'elle mourut vers 1461. Sans rien affirmer, nous sommes donc portés à croire que Marguerite de Rieux, dame de Saint-Nazaire, fut cette fille de même nom, dont Moréri fait une religieuse, et qui sortit du mariage de Jean II sire de Rieux avec Jeanne de Rochefort, dame de Donges. François de Coësmes, fils de Charles de Coësmes et de Marguerite de Rieux, succéda à sa mère en 1461 dans la seigneurie de Saint-Nazaire. Sire de Lucé,  il avait épousé en 1449 Jeanne Turpin ; il vivait encore en 1483, et eut pour successeurs d'abord son fils, Nicolas de Coësmes, vers 1494, époux de Magdeleine de Chourses, et plus tard, son petit-fils Charles  de Coësmes en 1523. Ce dernier, vicomte de Saint-Nazaire et baron de Lucé, épousa successivement les deux sœurs : Jeanne et Gabrielle d'Harcourt, celle-ci en 1526. Charles de Coësmes mourut en 1543 laissant Saint-Nazaire à sa fille Renée de Coësmes, alors femme de Jean du Plessix, seigneur de la Bourgonnière en Bouzillé. Celui-ci fit hommage au roi de Saint-Nazaire, au nom de sa femme, le 11 juillet 1545. Mais les deux époux vendirent presque aussitôt après leur vicomté, car le 17 octobre 1549 nous trouvons un nouvel hommage rendu au roi pour la seigneurie de Saint-Nazaire par Jean Avril " acquéreur depuis quatre ans d'avec les seigneur et dame de la Bourgonnière ". Il est probable que cette vente de la vicomté de Saint-Nazaire fut faite à condition de réméré, car quelques années plus tard, en 1554, Renée de Coësmes, — devenue femme d'Odet de Bretagne, baron d'Avaugour, après la mort de son premier mari le sire de la Bougonnière — possédait Saint-Nazaire de nouveau. Cette dame et son second mari rendirent même aveu au roi, pour cette vicomté en 1584 en qualité " d'héritiers de Charles de Coësmes décédé depuis environ 42 ans ". Charles de Bretagne, baron d'Avaugour, fils des précédents, leur succéda et fit en 1600 hommage au roi pour sa vicomté de Saint-Nazaire. Il mourut en 1608, laissant cette seigneurie à son fils Claude de Bretagne, baron d'Avaugour, — né de son union avec Philippette de Saint-Amadour — qui possédait encore Saint-Nazaire en 1630, d'après M. de Cornulier (Dictionnaire des terres nobles du comté nantais, 256) ; mais cette date parait contestable, car dès 1624, Gabriel II, marquis de Goulaine recevait des aveux comme vicomte de Saint-Nazaire. Cette seigneurie lui venait de la succession de sa mère Marguerite de Bretagne, fille d'Odet de Bretagne, baron d'Avaugour, et décédée en 1599.

Gabriel II de Goulaine vendit, le 12 janvier 1635, à Claude de Cornulier, seigneur de la Touche-en-Nozay, la vicomté de Saint-Nazaire, estimée valoir 3375 livres de rente, avec la faculté, pour le marquis de Goulaine, de pouvoir rentrer en possession de cette terre en remboursant 54 000 1ivres à Claude de Cornulier dans le temps de neuf ans ; ce qui fut effectué en 1644 par René de Liscouët, seigneur du Bois-de-la-Roche, en l'acquit du marquis de Goulaine. Gabriel II de Goulaine rentra donc en possession de la vicomté de Saint-Nazaire qu'il donna à sa fille Yolande de Goulaine, mariée en 1647 à Claude marquis du Chastel. Ceux-ci possédaient Saint-Nazaire en 1655, mais ils vendirent cette seigneurie dès le 14 avril 1660, à Jean-Urbain de Carné et à Claude Le Nobletz, sa femme, seigneur et dame de Marsaint. Les nouveaux vicomte et vicomtesse de Saint-Nazaire firent hommage au roi en 1663. Jean-Urbain de Carné fut assassiné le 2 avril 1674 et son corps inhumé dans l'église de Saint-Nazaire. Quelque temps auparavant, en 1670, il avait marié son fils Jean-Toussaint de Carné avec Jeanne-Nicole Huart, fille du seigneur de Boeuvres. Il lui avait même donné, de son vivant, la terre de Saint-Nazaire, car le 11 septembre 1673 les jeunes époux firent hommage au roi pour cette vicomté et lui rendirent également aveu (Archives de Loire Inférieure, B 1009 et E 529). Jean-Toussaint de Carné, vicomte de Saint-Nazaire, mourut le 18 novembre 1684 à gon château de Cohignac en Berric, mais sa veuve Jeanne Huart vivait encore en 1731. Leur fils aîné Pierre-François de Carné succéda à son père et décéda sans postérité en 1694. La vicomté de Saint-Nazaire passa par suite aux mains d'une soeur du seigneur défunt : Anne-Aimée de Carné qui épousa en 1704, dans la chapelle de Boeuvres en Messac, Jean de Chertemps, seigneur de Seuil. Cette dame mourut dès 1706 et son mari en 1710 ; ils ne laissaient qu'un fils Pierre de Chertemps de Seuil, vicomte de Saint-Nazaire, né en 1705 et décédé lui même en mai 1711. Perrine-Françoise de Carné, soeur de Mme de Chertemps, hérita de son neveu. Elle avait épousé en 1709 Joseph du Boisbaudry, seigneur de Langan. Elle n'eut qu'un fils mort au berceau, perdit son mari en 1730 et décéda elle-même le 15 février 1754.

La. succession de Mme du Boisbaudry fut recueillie par plusieurs héritiers : la vicomté de Saint-Nazaire — aussi bien que la baronnie de Marsaint qui s'y trouvait unie — tombèrent en indivis aux mains de Jean-Baptiste Camus de Pontcarré, seigneur de Viarmes, comme mari de Françoise-Raoul de la Guibourgère, fille de François Huart de Boeuvres — et de René Bonin, seigneur de la Villebouquay. Cette communauté de propriété constatée en 1760 persistait encore en 1780, car à cette époque nous voyons Mme de Viarmes et Bertrand Bonin, seigneur de la Villebouquay — fils et héritier de René Bonin décédé en 1769 — faire des baux de fermes en qualité de « co-seigneurs et possesseurs de la vicomté de Saint-Nazaire et de la baronnie de Marsaint » (Archives de Loire Inférieure, B 539 et 541).

A la mort de Mme de Viarmes, arrivée en 1782, ses deux fils Louis-François Camus de Pontcarré et Louis-Jean Camus de la Guibourgère héritèrent par indivis de la vicomté de Saint-Nazaire et de la baronnie de Marsaint qu'ils possédaient encore en 1789.

Démembrement de la vicomté de Donges, la seigneurie de Saint-Nazaire en gardait le titre de vicomté d'ancienneté ; de même, ses droits de « haulte justice, prééminences et prérogatives » étaient « tels que lesdits droits qu'a et peut avoir le vicomte de Donges en sa vicomté » (Déclaration de Saint-Nazaire en 1584). La haute juridiction de Saint-Nazaire comprenait la grande paroisse de ce nom et une partie des paroisses voisines : Montoir, Escoublac et Saint-André-des-Eaux. Cette juridiction s'exerçait à Saint-Nazaire dans l'auditoire joignant le cimetière de l'église paroissiale, « sous laquelle auditoire sont les prisons » (Déclaration de Saint-Nazaire en 1673) ; les fourches patibulaires se composaient de quatre piliers. Le vicomte de Saint-Nazaire était seigneur supérieur et fondateur de l'église paroissiale de Saint-Nazaire bâtie sur l'emplacement d'une partie de l'ancien château. Il était également supérieur, fondateur et prééminencier de l'église paroissiale de Saint-André-des-Eaux et de la chapelle Notre-Dame audit bourg — de l'église priorale de Saint-Nazaire, de la chapelle Notre-Dame dans le grand cimetière de Saint-Nazaire et des chapelles Notre-Dame de Toutes-Aides, Saint-Philbert et Saint-Sébastien de Pornichet, sises également en Saint-Nazaire — enfin de la chapelle priorale d'Aisnes et de celle de Saint-Joseph de Méan, bâties l'une et l'autre sur le territoire de Montoir (Déclaration de Saint-Nazaire en 1584, 1673 et 1679). A cause de son prieuré membre de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers, le prieur de Saint-Nazaire devait au seigneur du lieu « à la feste de Noël, entre les messes de minuict et du point du jour, deux pains de froment d'un sol pièce et deux justes aultrement pintes de vin, le tout rendu audit Saint-Nazaire, au lieu appelé le Plaisir, soubs peine de 60 sols monnoie d'amende » (Déclaration de Saint-Nazaire en 1673).

Plusieurs terres avec juridiction relevaient de la vicomté de Saint-Nazaire, telles que Marsaint, la Motte-Alleman, le Grand-Henleix, le Cleuz, le Boisjollan, la Ville-aux-Febvres, Préambert, etc. Les seigneurs de Marsaint et du Cleuz étaient tenus de présenter, chacun au vicomte de Saint-Nazaire, le dimanche de la Pentecôte, « à l'issue de la grande messe parochiale et au placitre dudit Saint-Nazaire, soubs peine d'amende, deux belins (beliers) d'un an, couilluz, cornuz et laignuz, ayant deux chefs d'ail sur la teste ». — Le seigneur de la Ville-aux-Febvres devait de son côté offrir au vicomte de Saint-Nazaire, « une fois l'an, lorsque ce seigneur vient dans sa terre de Saint-Nazaire, un esperon marqué du sceau d'iceluy seigneur, et à default de ce doibt le disner audit seigneur, aprécié à un escu » (Déclaration de Saint-Nazaire en 1584 et 1673).

Au vicomte de Saint-Nazaire appartenaient : le droit de tenir « en sadite ville un marché chaque jeudy et deux foires par an, aux festes de Saint-Jean-Baptiste et de la Sainte-Croix de septembre  » ; ces foires avaient été concédées par le roi en 1614 au marquis de Goulaine alors seigneur de Saint-Nazaire. Précédemment une foire se tenait à Saint-Nazaire à la fête de sainte Marguerite — le droit de prendre tous les ans, « de la Mi-caresme au dimanche de Pasques-Fleuries, toute la pesche des escluses estant en la ville de Saint-Nazaire et entre l'estier de Méan et la Roche-Percée » — les droits de grand et petit ancrages sur tous les navires passant et arrestant au port de Saint-Nazaire ». — le droit d'avoir « passage et bateaux pour traverser la rivière de Loire à vis dudit Saint-Nazaire » — droit de « rouage ou coutume sur les vins passant par Saint-Nazaire et Saint-André-des-Eaux » —droit d'avoir « quatre sergents francs de rouages et sergents forestiers pour garder les vignes » — droit de « jouir de tous les gros poissons trouvés en la Loire depuis la Pierre- Percée jusqu'à l'estier de Montoir » etc. (Déclarations de Saint-Nazaire en 1584 et 1673). En 1545 le duc François II reconnut à François de Coësmes, son chambellan, le droit de bris à cause de sa vicomté de Saint-Nazaire (Archives de Loire Inférieure, E 539).

Voici comment la Déclaration de 1584 décrit ce privilège : « quand un navire se brise en la mer, ledit seigneur de Saint-Nazaire a droit de prendre les bris et tenir les biens ainsi trouvés péris et en disposer comme des siens propres, quand ils sont trouvés en la Loire depuis la Pierre-Percée jusqu'à l'estier de Méan ». Mentionnons encore les droit de philiponage et de balisage : « a droit ledit seigneur de Saint-Nazaire sur les gens morts ès fiefs de Saint-Nazaire, Montoir et Saint-André à la meilleure robe et vestement de chacun, homme ou femme décédés, excepté un ; lequel droit s'appelle philiponage et est au choix dudit seigneur de prendre ladite robe ou 5 sols monnoye ». — « Droit de balisage à l'entrée de l'estier de Méan pour servir de marque aux vaisseaux qui entrent et sortent dudit estier ; et est doub 5 sols par chacun d'iceux entrant audit estier, à la charge pour celuy qui en jouit de présenter, soubs peine d'amende, au seigneur de Saint-Nazaire ou à ses officiers, une fois l'an, le mardy de la Pentecoste, une oie et un chat attachés ensemble à deux pieds de distance l'un de l'autre, et doibvent estre mis dans la mer vis-à-vis l'église de Saint-Nazaire, les y laissant jusqu'à ce qu'il y en ait un qui ait noyé l'autre » (Déclarations de Saint-Nazaire en 1584 et 1673).

Le château de Saint-Nazaire, chef-lieu de la vicomté de ce nom, se trouvait au bord de la Loire, dans ta ville même. Il était très ancien puisque Grégoire de Tours raconte qu'il fut occupé au VIème siècle par Waroch, comte de Vannes. En 1380 ce château, appartenant encore au. vicomte de Donges, avait pour gouverneur Jean d'Ust qui sut éloigner les Espagnols menaçant de s'en emparer. En 1561 il ne restait plus à Saint-Nazaire que « l'emplacement de l'ancien chasteau et forteresse dudit lieu ». Sur cet emplacement même s'élevait en 1584 l'église de la paroisse ; à peine quelques vestiges insignifiants du vieux château-fort apparaissaient-ils à côté du temple.

Outre le château, le domaine proche de la vicomté de Saint-Nazaire comprenait : les halles, l'auditoire et les prisons de Saint-Nazaire — les moulins de la Ville et du Pé en Saint-Nazaire, de Méan en Montoir, et de Baguelot en Saint-André-des-Eaux — la garenne de Faugaret en Montoir — de nombreuses et vastes prairies au bord de la Loire — les marais salants de Pornichet — les îles de Méan en Montoir et Saint-Nazaire — une partie des dîmes de blé et de vin en Saint-Nazaire (Déclarations de Saint-Nazaire en 1583 et 1673).

La baronnie de Marsaint, ayant été en 1660 unie de fait sinon féodalement à la vicomté de Saint-Nazaire, cette dernière seigneurie en acquit une plus grande importance. Nous venons de voir qu'en 1635 Saint-Nazaire seul était estimé rapporter 3 375 fr. de rente ; avec l'appoint des revenus de Marsaint la vicomté devint une fort belle seigneurie. Mais aujourd'hui ces vieux souvenirs s'effacent à Saint-Nazaire devant les merveilles du progrès moderne. Notons cependant l'excellente idée qu'on y a eue de reproduire dans la superbe église paroissiale récemment construite la suite des armoiries des anciens vicomtes du lieu.  

Le manoir seigneurial de Marsaint en la paroisse de Saint-Nazaire, si l'on en croit M. de l'Estourbeillon, donna son nom à une noble famille représentée en 1275 par Guillaume de Marzein, chevalier, bienfaiteur de l'abbaye de Prières, et en 1307 par Jean de Marzein, également chevalier, alors caution du vicomte de Rochefort. Ces sires de Marzein portaient losangé d'hermines et de gueules et dans un sceau de 1381 un loup passant. La maison de Marzein, ajouté le même auteur, se fondit dans la famille de Cleuz. En 1365 nous trouvons en effet, la terre de Marsaint entre les mains de Pierre de Cleuz, mari de Marguerite Le Vayer. Ceux-ci eurent un fils nommé Jean de Cleuz qui rendit aveu au duc de Bretagne en 1392 pour quelques terres qu'il tenait de ce prince en la paroisse de Saint-Nazaire. Ce fut vraisemblablement son fils, appelé aussi Jean de Cleuz, qui se maria vers 1433 et devint vers 1457 maître d'hôtel d'Ysabeau d'Ecosse, duchesse de Bretagne. Perrine de Cleuz, soeur de ce dernier, s'était unie vers 1427 à Thébaud Malor qu'elle perdit en 1479 ; elle hérita de la seigneurie de Marsaint. De cette union naquit un fils Jacques Malor, seigneur de Marsaint, qui épousa en 1444 Anne Anger dont il eut une fille Jeanne Malor décédée sans postérité en 1476. Ce fut la tante ou la soeur de celle-ci, Guillemette Malor, qui recueillit Marsaint. Elle épousa, le 19 octobre 1498, Jean de Rohan, seigneur de Trégalet, fils du seigneur du Gué-de-l'Isle : elle mourut vers 1507 laissant une fille mineure Gillette de Rohan mariée, par contrat du 27 janvier 1511, à Marc de Carné, sire de Carné, vice-amiral et grand veneur de Bretagne, maître d'hôtel héréditaire de nos ducs et premier pannetier de la reine. Ce seigneur, ayant perdu sa femme qui lui laissait un fils mineur, Jérôme de Carné, célébra de doubles noces en 1530 : il se remaria à Gillette d'Acigné, veuve de Julien de Kerloaguen, et fit épouser à son fils Jérôme, la fille de ces derniers, Adelice de Kerloaguen. Jérôme de Carné, seigneur dudit lieu et de Marsaint, vice-amiral de Bretagne, chevalier de l'Ordre du roi et lieutenant général de S. M. en Bretagne en 1576, mourut en 1580. Son fils aîné René, sire de Carné, fit hommage au roi en 1582 pour sa seigneurie de Marsaint  (Archives Loire Inférieure, B1012) ; chevalier, comme son père, de l'Ordre du roi, il avait épousé dès 1565 Anne de Rieux d'Assérac dont on retrouva naguères le coeur dans l'enfeu qu'avaient les sires de Carné à Saint-Aubin de Guérande. René de Carné décéda vers 1585 ; il eut pour successeur à Marsaint son fils Jean de Carné, seigneur dudit lieu, chevalier de l'Ordre du roi et gouverneur de Quimper ; celui-ci épousa : -1° en 1590 Françoise de Goulaine ; -2° Anne de Coatanezre, veuve de Charles de Kernezne ; il mourut en 1632. Deux ans après le rejoignit dans la tombe son fils aîné, autre Jean sire de Carné, qui laissa veuve Françoise de Kernezne ; en 1641 cette dame jouissait encore en douaire de la seigneurie de Marsaint (Archives Loire Inférieure E579). Les deux fils aînés de Jean de Carné lui succédèrent à Marsaint l'un après l'autre : René comte de Carné, marié en 1645 à Suzanne Loisel, veuve de Philippe de Châteaubriant et mort à la suite d'un duel à Angers en 1651 ; — et Jean-Urbain, comte de Carné après le décès de son frère, ayant épousé en 1650 Claudine Le Nobletz. Ce dernier seigneur et sa femme achetèrent en 1660 la vicomté de Saint-Nazaire et à partir de cette époque la baronnie de Marsaint fut unie, de fait sinon féodalement, à cette seigneurie. Nous n'avons donc plus à dresser ici la suite chronologique des sires de Marsaint qui furent jusqu'en 1789 les vicomtes de Saint-Nazaire. Qualifiée constamment aux derniers siècles de baronnie parfois même de vicomté, la seigneurie de Marsaint était certainement à l'origine une châtellenie d'ancienneté. Elle relevait presque entièrement de la vicomté de Saint-Nazaire ; ses fiefs, avec haute justice et gibet à quatre poteaux, s'étendaient dans cinq paroisses : Saint-Nazaire, Saint-Lyphard, Escoublac, Montoir et Saint-André-des-Eaux (Déclaration de Marsaint en 1679).

Le prieur de Saint-Nazaire devait chaque année présenter au seigneur de Marsaint ou à ses officiers, dans la nuit de Noël, entre la messe de minuit et celle du point du jour, deux justes de vin contenant chacune une pinte, accompagnées chacune d'un pain d'un sou ; cette double redevance devait être posée par le prieur, moitié sur une pierre se trouvant dans la cour au manoir de Marsaint et moitié sur d'autres pierres élevées dans l'île du Bois-Savary (Déclaration de Marsaint en 1679). Parmi les tenanciers du fief de Marsaint quelques habitants de Saint-Nazaire devaient à leur seigneur l'un « deux sonnettes de laiton pour armer oiseaux de proie avec un gant de jeu de paume », l'autre « deux esteufs pour jouer à ladite paumez » (Déclaration de Marsaint en 1679).

Le sire de Marsaint jouissait de plusieurs prééminences dans l'église paroissiale de Saint-Nazaire ; il y possédait même du côté de l'évangile une chapelle prohibitive, consacrée au Rosaire en 1679 et alors appelée chapelle de Carné. Tant qu'il se trouvait en résidence à Marsaint, certain sire de Mareil, son vassal, devait garnir d'un tapis convenable cette chapelle seigneuriale où il venait prier (Déclaration de Marsaint en 1679). 

Le domaine proche de la seigneurie comprenait : l'ancien château de Marsaint, aux portes de Saint-Nazaire et dans la paroisse de ce nom, avec sa chapelle dédiée à saint Yves, sa cour fermée de murs et cernée de douves, ses jardins, prés, colombier et bois de décoration ; en 1679 ce n'était plus qu'un manoir ruiné dont il ne reste aucun vestige aujourd'hui ; — l'étang, les vignes et les garennes de Marsaint ; — les moulins à vent de Mouédé et de Cran en Saint-Nazaire ; — les métairies du Grand et du Petit Marsaint et celle de la Villerobert ; — un auditoire et un four banal dans la ville même de Saint-Nazaire ; — la dîme des Chevaliers et quelques autres dîmes dans les paroisses de Saint-Nazaire et d'Escoublac, etc... (Déclaration de Marsaint en 1679) (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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