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SAINT-NAZAIRE |
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La commune
de Saint-Nazaire ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-NAZAIRE
Saint-Nazaire vient de saint Nazaire qui voyagea avec Celse et évangélisa les populations. Leurs corps sont découverts prés de Milan en 395.
Les historiens actuels s'accordent à penser que Saint-Nazaire n'est rien d'autre que l'ancien Corbilo, port gallo-romain, lui-même édifié sur le site d'un village néolithique. Le bourg primitif date du XVème siècle et correspond au quartier du Petit-Maroc.
La seigneurie de Saint-Nazaire dans la paroisse de ce nom, fut un démembrement de l'antique vicomté de Donges. Elle fut créée à l'origine du XVème siècle, en faveur de Marguerite de Rieux, fille du vicomte de Donges, lorsqu'elle épousa Charles de Coësmes, seigneur de Lucé. Plusieurs terres avec juridiction relevaient de la vicomté de Saint-Nazaire, telles que Marsaint, la Motte-Alleman, le Grand-Henleix, le Cleuz, le Boisjollan, la Ville-aux-Febvres, Préambert, etc.
En 1808, Saint Nazaire n'est encore qu'un petit village de pêcheurs et lamaneurs (pilotes qui guident les bateaux de commerce dans l'estuaire). Saint-Nazaire est née avec son port et a grandi avec la construction navale. Avant cette véritable naissance, qui a lieu à la fin du XIXème siècle, l'autre Saint-Nazaire, le vieux Saint-Nazaire est une bourgade bâtie sur un promontoire rocheux où résident marins, pêcheurs, commerçants et artisans.
La construction navale prend naissance au XVIIIème siècle le long des rives de la rivière du Brivet, à Méan. Le quartier de Méan est rattaché à la commune de Saint-Nazaire en 1865. Dans les années 1860, un premier chantier naval est implanté sur la presqu'île de Penhoët, où est réalisé un bassin prolongeant celui de Saint-Nazaire.
Nota : De 1941 à 1943, l'armée d'occupation allemande édifie une base sous-marine à l'emplacement de la darse du bassin de Saint-Nazaire, qui est alors le seul port de la façade Atlantique Ouest capable de recevoir les grands cuirassés allemands. En 1942 et 1943, d'intenses bombardements alliés se succèdent sur la ville. La ville, entièrement détruite pendant le conflit, est libérée le 11 mai 1945, puis reconstruite sous la direction de l'architecte Noël Lemaresquier. A la fin de la guerre, les Allemands s'étaient réfugiés dans ce qui fut appelé "la poche de St-Nazaire" (elle s'étendait tout autour de la commune de Saint-Nazaire jusqu'au Croisic et à Pont-Château).
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PATRIMOINE de SAINT-NAZAIRE
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l'église (1891), située rue du Général de Gaulle et œuvre des architectes Coquillard, Mainguy et Yvernogeau. Cette église remplace un ancien sanctuaire qui datait du XVIème siècle et détruit en 1896. Le sire de Marsaint jouissait de plusieurs prééminences dans l'ancienne église paroissiale de Saint-Nazaire : il y possédait même du côté de l'évangile une chapelle prohibitive, consacrée au Rosaire en 1679 et alors appelée chapelle de Carné. L'édifice actuel ne possède pas de clocher. La statue de Notre-Dame du Bon-Port, en bois polychrome, date du XVIIème siècle. La statue de Notre-Dame de Bonne-Espérance date du XVème siècle. Le retable, en bois doré, date du XVIIème siècle : les quatre panneaux sculptés présentent l'Annonciation, le Mariage de la Vierge, la Crèche et l'Adoration des Mages. De part et d'autre du tabernacle, se trouvent des statuettes de saint Pierre, saint Paul, de Jésus et saint Jean Baptiste. Le vitrail représentant la construction navale, œuvre des maîtres verriers Troeyer, date de 1952. Le vitrail représentant Jésus parmi les charpentiers, œuvre des maîtres verriers Troeyer, date de 1952. La statue représentant l'offrande du paquebot Normandie, œuvre du sculpteur Jean Mazuet et des granitiers de La Clarté - Ploumanac'h (Côtes-d'Armor), date de 1956 ; | |
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l'église Saint-Joseph-de-Méan (1891-1960), située à Méan-Penhoët. Cette église remplace l'ancienne église datant de 1854 et devenue trop petite. Elle a été restaurée entre 1946 et 1960 ; | |
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l'église Saint-Gohard (1954), située au n° 16 du boulevard de la Renaissance et œuvre de l'architecte André Guillou ; | |
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l'église Sainte-Anne (1957), située boulevard Jean Mermoz et œuvre de l'architecte Henri Demur ; | |
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les vestiges de la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Espérance (XVème siècle), situés boulevard Wilson. Cette chapelle, qui disparaît en 1905, était encore surnommée la chapelle des marins. Le portail qui a été reconstitué dans le jardin des Plantes, date de 1887 et porte les armes de la famille Carné, vicomtes de Saint-Nazaire ; | |
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l'ancienne chapelle des Franciscains (1875 - années 1950), située au n° 24 avenue Léon Blum. Les moines franciscains occupent le couvent et la chapelle jusqu'en 1969. La crypte de la chapelle avait été endommagée par les bombardements et reconstruite dans les années 1950 sous la direction de l'architecte Ganachaud ; | |
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la croix Denier (XVIème siècle), située chemin de Dissignac et d'Heinlex ; | |
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le château d'Heinlex (1860), situé rue Michel-Ange et édifié par Alphonse Cézard ; | |
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le pont de Saint-Nazaire (1975). Ce pont de 3356 mètres de long repose sur 258 pieux en béton ; | |
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la base sous-marine allemande (1941-1943), située dans le bassin de Saint-Nazaire. Les troupes allemandes arrivent à Saint-Nazaire le 21 juin 1940. Plusieurs milliers d'ouvriers sont alors réquisitionnés par l'organisation Todt pour démarrer le chantier de construction en janvier 1941 ; | |
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le fort de Villès-Martin (1861 - 1939 - 1940), situé rue Ferdinand-Buisson à Villès-Martin. Les troupes allemandes occupent le site en 1940 et y adjoignent des blockhaus ; | |
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le fort de l'Eve (1861), situé à la Pointe de l'Eve. Ce fort servait jadis de poudrière ; | |
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le fort de Chemoulin (fin du XIXème siècle). Ce fort date de 1861 ; |
A signaler aussi :
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le tumulus de Dissignac (époque néolithique). Il comporte à l'intérieur deux chambres funéraires ayant chacun leur propre couloir d'accès. On y trouve aussi une dalle gravée ; | |
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l'ensemble mégalithique du square du Dolmen (époque néolithique) ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-NAZAIRE
La
seigneurie de Saint-Nazaire
dans la paroisse de ce nom, fut un démembrement de
l'antique vicomté de Donges. Elle fut créée à l'origine du XVème siècle,
en faveur de Marguerite de Rieux, fille du vicomte de Donges, lorsqu'elle épousa
Charles de Coësmes, seigneur de Lucé. Mais Moréri et M. Le Mené se sont
trompés sur les dates qu'ils assignent à l'existence de cette dame. Fille,
selon eux, de François sire de Rieux, elle dut naître en 1445 et épouser en
1460 Charles de Coësmes. Or nous avons dès 1425 et aux années suivantes 1428,
1431, etc., une foule d'aveux rendus dans les fiefs de Saint-Nazaire aux deux époux
Charles de Coësmes et Marguerite de Rieux. Bien plus, par acte de 1460, le duc
de Bretagne accorda répit aux deux mêmes seigneur et dame pour lui faire
hommage à cause de Saint-Nazaire, et une charte de 1461 mentionne le rachat dû
à ce prince pour cette même terre par suite du décès de Marguerite de Rieux
(Archives de Loire Inférieure, E 557). De ces actes, il résulte que si nous
ignorons la date exacte de la naissance de la première dame de Saint-Nazaire,
nous savons du moins qu'elle contracta mariage avant 1425 et qu'elle mourut vers
1461. Sans rien affirmer, nous sommes donc portés à croire que Marguerite de
Rieux, dame de Saint-Nazaire, fut cette fille de même nom, dont Moréri fait
une religieuse, et qui sortit du mariage de Jean II sire de Rieux avec Jeanne de
Rochefort, dame de Donges. François de Coësmes, fils de Charles de Coësmes et
de Marguerite de Rieux, succéda à sa mère en 1461 dans la seigneurie de
Saint-Nazaire. Sire de Lucé, il
avait épousé en 1449 Jeanne Turpin ; il vivait encore en 1483, et eut pour
successeurs d'abord son fils, Nicolas de Coësmes, vers 1494, époux de
Magdeleine de Chourses, et plus tard, son petit-fils Charles
de Coësmes en 1523. Ce dernier, vicomte de Saint-Nazaire et baron de Lucé,
épousa successivement les deux sœurs : Jeanne et Gabrielle d'Harcourt,
celle-ci en 1526. Charles de Coësmes mourut en 1543 laissant Saint-Nazaire à
sa fille Renée de Coësmes, alors femme de Jean du Plessix, seigneur de la
Bourgonnière en Bouzillé. Celui-ci fit hommage au roi de Saint-Nazaire, au nom
de sa femme, le 11 juillet 1545. Mais les deux époux vendirent presque aussitôt
après leur vicomté, car le 17 octobre 1549 nous trouvons un nouvel hommage
rendu au roi pour la seigneurie de Saint-Nazaire par Jean Avril " acquéreur
depuis quatre ans d'avec les seigneur et dame de la Bourgonnière ". Il
est probable que cette vente de la vicomté de Saint-Nazaire fut faite à
condition de réméré, car quelques années plus tard, en 1554, Renée de Coësmes,
— devenue femme d'Odet de Bretagne, baron d'Avaugour, après la mort de son
premier mari le sire de la Bougonnière — possédait Saint-Nazaire de nouveau.
Cette dame et son second mari rendirent même aveu au roi, pour cette vicomté
en 1584 en qualité " d'héritiers de
Charles de Coësmes décédé depuis environ 42 ans ". Charles de
Bretagne, baron d'Avaugour, fils des précédents, leur succéda et fit en 1600
hommage au roi pour sa vicomté de Saint-Nazaire. Il mourut en 1608, laissant
cette seigneurie à son fils Claude de Bretagne, baron d'Avaugour, — né de
son union avec Philippette de Saint-Amadour — qui possédait encore
Saint-Nazaire en 1630, d'après M. de Cornulier (Dictionnaire des terres nobles
du comté nantais, 256) ; mais cette date parait contestable, car dès 1624,
Gabriel II, marquis de Goulaine recevait des aveux comme vicomte de
Saint-Nazaire. Cette seigneurie lui venait de la succession de sa mère
Marguerite de Bretagne, fille d'Odet de Bretagne, baron d'Avaugour, et décédée
en 1599.
Gabriel
II de Goulaine vendit, le 12 janvier 1635, à Claude de Cornulier, seigneur de
la Touche-en-Nozay, la vicomté de Saint-Nazaire, estimée valoir 3375 livres de
rente, avec la faculté, pour le marquis de Goulaine, de pouvoir rentrer en
possession de cette terre en remboursant 54 000 1ivres à Claude de Cornulier
dans le temps de neuf ans ; ce qui fut effectué en 1644 par René de Liscouët,
seigneur du Bois-de-la-Roche, en l'acquit du marquis de Goulaine. Gabriel II de
Goulaine rentra donc en possession de la vicomté de Saint-Nazaire qu'il donna
à sa fille Yolande de Goulaine, mariée en 1647 à Claude marquis du Chastel.
Ceux-ci possédaient Saint-Nazaire en 1655, mais ils vendirent cette seigneurie
dès le 14 avril 1660, à Jean-Urbain de Carné et à Claude Le Nobletz, sa
femme, seigneur et dame de Marsaint. Les nouveaux vicomte et vicomtesse de
Saint-Nazaire firent hommage au roi en 1663. Jean-Urbain de Carné fut assassiné
le 2 avril 1674 et son corps inhumé dans l'église de Saint-Nazaire. Quelque
temps auparavant, en 1670, il avait marié son fils Jean-Toussaint de Carné
avec Jeanne-Nicole Huart, fille du seigneur de Boeuvres. Il lui avait même donné,
de son vivant, la terre de Saint-Nazaire, car le 11 septembre 1673 les jeunes époux
firent hommage au roi pour cette vicomté et lui rendirent également aveu
(Archives de Loire Inférieure, B 1009 et E 529). Jean-Toussaint de Carné,
vicomte de Saint-Nazaire, mourut le 18 novembre 1684 à gon château de Cohignac
en Berric, mais sa veuve Jeanne Huart vivait encore en 1731. Leur fils aîné
Pierre-François de Carné succéda à son père et décéda sans postérité en
1694. La vicomté de Saint-Nazaire passa par suite aux mains d'une soeur du
seigneur défunt : Anne-Aimée de Carné qui épousa en 1704, dans la chapelle
de Boeuvres en Messac, Jean de Chertemps, seigneur de Seuil. Cette dame mourut dès
1706 et son mari en 1710 ; ils ne laissaient qu'un fils Pierre de Chertemps de
Seuil, vicomte de Saint-Nazaire, né en 1705 et décédé lui même en mai 1711.
Perrine-Françoise de Carné, soeur de Mme de Chertemps, hérita de son neveu.
Elle avait épousé en 1709 Joseph du Boisbaudry, seigneur de Langan. Elle n'eut
qu'un fils mort au berceau, perdit son mari en 1730 et décéda elle-même le 15
février 1754.
La.
succession de Mme du Boisbaudry fut recueillie par plusieurs héritiers : la
vicomté de Saint-Nazaire — aussi bien que la baronnie de Marsaint qui s'y
trouvait unie — tombèrent en indivis aux mains de Jean-Baptiste Camus de
Pontcarré, seigneur de Viarmes, comme mari de Françoise-Raoul de la Guibourgère,
fille de François Huart de Boeuvres — et de René Bonin, seigneur de la
Villebouquay. Cette communauté de propriété constatée en 1760 persistait
encore en 1780, car à cette époque nous voyons Mme de Viarmes et Bertrand
Bonin, seigneur de la Villebouquay — fils et héritier de René Bonin décédé
en 1769 — faire des baux de fermes en qualité de «
co-seigneurs et possesseurs de la vicomté de Saint-Nazaire et de la baronnie de
Marsaint » (Archives de Loire Inférieure, B 539 et 541).
A la mort
de Mme de Viarmes, arrivée en 1782, ses deux fils Louis-François Camus de
Pontcarré et Louis-Jean Camus de la Guibourgère héritèrent par indivis de la
vicomté de Saint-Nazaire et de la baronnie de Marsaint qu'ils possédaient
encore en 1789.
Démembrement
de la vicomté de Donges, la seigneurie de Saint-Nazaire en gardait le titre de
vicomté d'ancienneté ; de même, ses droits de «
haulte justice, prééminences et prérogatives » étaient « tels que lesdits droits qu'a et peut avoir le vicomte de Donges en sa
vicomté » (Déclaration de Saint-Nazaire en 1584). La haute juridiction de
Saint-Nazaire comprenait la grande paroisse de ce nom et une partie des
paroisses voisines : Montoir, Escoublac et Saint-André-des-Eaux. Cette
juridiction s'exerçait à Saint-Nazaire dans l'auditoire joignant le cimetière
de l'église paroissiale, « sous laquelle
auditoire sont les prisons » (Déclaration de Saint-Nazaire en 1673) ; les
fourches patibulaires se composaient de quatre piliers. Le vicomte de
Saint-Nazaire était seigneur supérieur et fondateur de l'église paroissiale
de Saint-Nazaire bâtie sur l'emplacement d'une partie de l'ancien château. Il
était également supérieur, fondateur et prééminencier de l'église
paroissiale de Saint-André-des-Eaux et de la chapelle Notre-Dame audit bourg
— de l'église priorale de Saint-Nazaire, de la chapelle Notre-Dame dans le
grand cimetière de Saint-Nazaire et des chapelles Notre-Dame de Toutes-Aides,
Saint-Philbert et Saint-Sébastien de Pornichet, sises également en
Saint-Nazaire — enfin de la chapelle priorale d'Aisnes et de celle de
Saint-Joseph de Méan, bâties l'une et l'autre sur le territoire de Montoir (Déclaration
de Saint-Nazaire en 1584, 1673 et 1679). A cause de son prieuré membre de
l'abbaye Saint-Aubin d'Angers, le prieur de Saint-Nazaire devait au seigneur du
lieu « à la feste de Noël, entre les messes de minuict et du point du jour,
deux pains de froment d'un sol pièce et deux justes aultrement pintes de vin,
le tout rendu audit Saint-Nazaire, au lieu appelé le Plaisir, soubs peine de 60
sols monnoie d'amende » (Déclaration de Saint-Nazaire en 1673).
Plusieurs
terres avec juridiction relevaient de la vicomté de Saint-Nazaire, telles que
Marsaint, la Motte-Alleman, le Grand-Henleix, le Cleuz, le Boisjollan, la
Ville-aux-Febvres, Préambert, etc. Les seigneurs de Marsaint et du Cleuz étaient
tenus de présenter, chacun au vicomte de Saint-Nazaire, le dimanche de la
Pentecôte, « à l'issue de la grande
messe parochiale et au placitre dudit Saint-Nazaire, soubs peine d'amende, deux
belins (beliers) d'un an, couilluz, cornuz et laignuz, ayant deux chefs d'ail
sur la teste ». — Le seigneur de la Ville-aux-Febvres devait de son côté
offrir au vicomte de Saint-Nazaire, « une
fois l'an, lorsque ce seigneur vient dans sa terre de Saint-Nazaire, un esperon
marqué du sceau d'iceluy seigneur, et à default de ce doibt le disner audit
seigneur, aprécié à un escu » (Déclaration de Saint-Nazaire en 1584 et
1673).
Au
vicomte de Saint-Nazaire appartenaient : le droit de tenir «
en sadite ville un marché chaque jeudy et deux foires par an, aux festes de
Saint-Jean-Baptiste et de la Sainte-Croix de septembre »
; ces foires avaient été concédées par le roi en 1614 au marquis de Goulaine
alors seigneur de Saint-Nazaire. Précédemment une foire se tenait à
Saint-Nazaire à la fête de sainte Marguerite — le droit de prendre tous les
ans, « de la Mi-caresme au dimanche de
Pasques-Fleuries, toute la pesche des escluses estant en la ville de
Saint-Nazaire et entre l'estier de Méan et la Roche-Percée » — les droits
de grand et petit ancrages sur tous les navires passant et arrestant au port de
Saint-Nazaire ». — le droit d'avoir « passage et bateaux pour traverser la rivière de Loire à vis dudit
Saint-Nazaire » — droit de «
rouage ou coutume sur les vins passant par Saint-Nazaire et Saint-André-des-Eaux
» —droit d'avoir « quatre sergents
francs de rouages et sergents forestiers pour garder les vignes » — droit
de « jouir de tous les gros poissons
trouvés en la Loire depuis la Pierre- Percée jusqu'à l'estier de Montoir »
etc. (Déclarations de Saint-Nazaire en 1584 et 1673). En 1545 le duc François
II reconnut à François de Coësmes, son chambellan, le droit de bris à cause
de sa vicomté de Saint-Nazaire (Archives de Loire Inférieure, E 539).
Voici
comment la Déclaration de 1584 décrit ce privilège : «
quand un navire se brise en la mer, ledit seigneur de Saint-Nazaire a droit de
prendre les bris et tenir les biens ainsi trouvés péris et en disposer comme
des siens propres, quand ils sont trouvés en la Loire depuis la Pierre-Percée
jusqu'à l'estier de Méan ». Mentionnons encore les droit de philiponage
et de balisage : « a droit ledit seigneur
de Saint-Nazaire sur les gens morts ès fiefs de Saint-Nazaire, Montoir et
Saint-André à la meilleure robe et vestement de chacun, homme ou femme décédés,
excepté un ; lequel droit s'appelle philiponage et est au choix dudit seigneur
de prendre ladite robe ou 5 sols monnoye ». — « Droit de balisage à l'entrée de l'estier de Méan pour servir de
marque aux vaisseaux qui entrent et sortent dudit estier ; et est doub 5 sols
par chacun d'iceux entrant audit estier, à la charge pour celuy qui en jouit de
présenter, soubs peine d'amende, au seigneur de Saint-Nazaire ou à ses
officiers, une fois l'an, le mardy de la Pentecoste, une oie et un chat attachés
ensemble à deux pieds de distance l'un de l'autre, et doibvent estre mis dans
la mer vis-à-vis l'église de Saint-Nazaire, les y laissant jusqu'à ce qu'il y
en ait un qui ait noyé l'autre » (Déclarations de Saint-Nazaire en 1584
et 1673).
Le château
de Saint-Nazaire, chef-lieu de la vicomté de ce nom, se trouvait au bord de la
Loire, dans ta ville même. Il était très ancien puisque Grégoire de Tours
raconte qu'il fut occupé au VIème siècle par Waroch, comte de Vannes. En 1380
ce château, appartenant encore au. vicomte de Donges, avait pour gouverneur
Jean d'Ust qui sut éloigner les Espagnols menaçant de s'en emparer. En 1561 il
ne restait plus à Saint-Nazaire que «
l'emplacement de l'ancien chasteau et forteresse dudit lieu ». Sur cet
emplacement même s'élevait en 1584 l'église de la paroisse ; à peine
quelques vestiges insignifiants du vieux château-fort apparaissaient-ils à côté
du temple.
Outre le
château, le domaine proche de la vicomté de Saint-Nazaire comprenait : les
halles, l'auditoire et les prisons de Saint-Nazaire — les moulins de la Ville
et du Pé en Saint-Nazaire, de Méan en Montoir, et de Baguelot en Saint-André-des-Eaux
— la garenne de Faugaret en Montoir — de nombreuses et vastes prairies au
bord de la Loire — les marais salants de Pornichet — les îles de Méan en
Montoir et Saint-Nazaire — une partie des dîmes de blé et de vin en
Saint-Nazaire (Déclarations de Saint-Nazaire en 1583 et 1673).
La
baronnie de Marsaint, ayant été en 1660 unie de fait
sinon féodalement à la vicomté de Saint-Nazaire, cette dernière seigneurie
en acquit une plus grande importance. Nous venons de voir qu'en 1635
Saint-Nazaire seul était estimé rapporter 3 375 fr. de rente ; avec l'appoint
des revenus de Marsaint la vicomté devint une fort belle seigneurie. Mais
aujourd'hui ces vieux souvenirs s'effacent à Saint-Nazaire devant les
merveilles du progrès moderne. Notons cependant l'excellente idée qu'on y a
eue de reproduire dans la superbe église paroissiale récemment construite la
suite des armoiries des anciens vicomtes du lieu.
Le manoir seigneurial de Marsaint en la paroisse de Saint-Nazaire, si l'on en croit M. de l'Estourbeillon, donna son nom à une noble famille représentée en 1275 par Guillaume de Marzein, chevalier, bienfaiteur de l'abbaye de Prières, et en 1307 par Jean de Marzein, également chevalier, alors caution du vicomte de Rochefort. Ces sires de Marzein portaient losangé d'hermines et de gueules et dans un sceau de 1381 un loup passant. La maison de Marzein, ajouté le même auteur, se fondit dans la famille de Cleuz. En 1365 nous trouvons en effet, la terre de Marsaint entre les mains de Pierre de Cleuz, mari de Marguerite Le Vayer. Ceux-ci eurent un fils nommé Jean de Cleuz qui rendit aveu au duc de Bretagne en 1392 pour quelques terres qu'il tenait de ce prince en la paroisse de Saint-Nazaire. Ce fut vraisemblablement son fils, appelé aussi Jean de Cleuz, qui se maria vers 1433 et devint vers 1457 maître d'hôtel d'Ysabeau d'Ecosse, duchesse de Bretagne. Perrine de Cleuz, soeur de ce dernier, s'était unie vers 1427 à Thébaud Malor qu'elle perdit en 1479 ; elle hérita de la seigneurie de Marsaint. De cette union naquit un fils Jacques Malor, seigneur de Marsaint, qui épousa en 1444 Anne Anger dont il eut une fille Jeanne Malor décédée sans postérité en 1476. Ce fut la tante ou la soeur de celle-ci, Guillemette Malor, qui recueillit Marsaint. Elle épousa, le 19 octobre 1498, Jean de Rohan, seigneur de Trégalet, fils du seigneur du Gué-de-l'Isle : elle mourut vers 1507 laissant une fille mineure Gillette de Rohan mariée, par contrat du 27 janvier 1511, à Marc de Carné, sire de Carné, vice-amiral et grand veneur de Bretagne, maître d'hôtel héréditaire de nos ducs et premier pannetier de la reine. Ce seigneur, ayant perdu sa femme qui lui laissait un fils mineur, Jérôme de Carné, célébra de doubles noces en 1530 : il se remaria à Gillette d'Acigné, veuve de Julien de Kerloaguen, et fit épouser à son fils Jérôme, la fille de ces derniers, Adelice de Kerloaguen. Jérôme de Carné, seigneur dudit lieu et de Marsaint, vice-amiral de Bretagne, chevalier de l'Ordre du roi et lieutenant général de S. M. en Bretagne en 1576, mourut en 1580. Son fils aîné René, sire de Carné, fit hommage au roi en 1582 pour sa seigneurie de Marsaint (Archives Loire Inférieure, B1012) ; chevalier, comme son père, de l'Ordre du roi, il avait épousé dès 1565 Anne de Rieux d'Assérac dont on retrouva naguères le coeur dans l'enfeu qu'avaient les sires de Carné à Saint-Aubin de Guérande. René de Carné décéda vers 1585 ; il eut pour successeur à Marsaint son fils Jean de Carné, seigneur dudit lieu, chevalier de l'Ordre du roi et gouverneur de Quimper ; celui-ci épousa : -1° en 1590 Françoise de Goulaine ; -2° Anne de Coatanezre, veuve de Charles de Kernezne ; il mourut en 1632. Deux ans après le rejoignit dans la tombe son fils aîné, autre Jean sire de Carné, qui laissa veuve Françoise de Kernezne ; en 1641 cette dame jouissait encore en douaire de la seigneurie de Marsaint (Archives Loire Inférieure E579). Les deux fils aînés de Jean de Carné lui succédèrent à Marsaint l'un après l'autre : René comte de Carné, marié en 1645 à Suzanne Loisel, veuve de Philippe de Châteaubriant et mort à la suite d'un duel à Angers en 1651 ; — et Jean-Urbain, comte de Carné après le décès de son frère, ayant épousé en 1650 Claudine Le Nobletz. Ce dernier seigneur et sa femme achetèrent en 1660 la vicomté de Saint-Nazaire et à partir de cette époque la baronnie de Marsaint fut unie, de fait sinon féodalement, à cette seigneurie. Nous n'avons donc plus à dresser ici la suite chronologique des sires de Marsaint qui furent jusqu'en 1789 les vicomtes de Saint-Nazaire. Qualifiée constamment aux derniers siècles de baronnie parfois même de vicomté, la seigneurie de Marsaint était certainement à l'origine une châtellenie d'ancienneté. Elle relevait presque entièrement de la vicomté de Saint-Nazaire ; ses fiefs, avec haute justice et gibet à quatre poteaux, s'étendaient dans cinq paroisses : Saint-Nazaire, Saint-Lyphard, Escoublac, Montoir et Saint-André-des-Eaux (Déclaration de Marsaint en 1679).
Le prieur de Saint-Nazaire devait chaque année présenter au seigneur de Marsaint ou à ses officiers, dans la nuit de Noël, entre la messe de minuit et celle du point du jour, deux justes de vin contenant chacune une pinte, accompagnées chacune d'un pain d'un sou ; cette double redevance devait être posée par le prieur, moitié sur une pierre se trouvant dans la cour au manoir de Marsaint et moitié sur d'autres pierres élevées dans l'île du Bois-Savary (Déclaration de Marsaint en 1679). Parmi les tenanciers du fief de Marsaint quelques habitants de Saint-Nazaire devaient à leur seigneur l'un « deux sonnettes de laiton pour armer oiseaux de proie avec un gant de jeu de paume », l'autre « deux esteufs pour jouer à ladite paumez » (Déclaration de Marsaint en 1679).
Le sire de Marsaint jouissait de plusieurs prééminences dans l'église paroissiale de Saint-Nazaire ; il y possédait même du côté de l'évangile une chapelle prohibitive, consacrée au Rosaire en 1679 et alors appelée chapelle de Carné. Tant qu'il se trouvait en résidence à Marsaint, certain sire de Mareil, son vassal, devait garnir d'un tapis convenable cette chapelle seigneuriale où il venait prier (Déclaration de Marsaint en 1679).
Le domaine proche de la seigneurie
comprenait : l'ancien château de Marsaint, aux portes de Saint-Nazaire et dans la paroisse de ce nom, avec sa chapelle dédiée à saint Yves, sa cour fermée de murs et cernée de douves, ses jardins, prés, colombier et bois de décoration ; en 1679 ce n'était plus qu'un manoir ruiné dont il ne reste aucun vestige aujourd'hui ; —
l'étang, les vignes et les garennes de Marsaint ; — les moulins à vent de Mouédé et de Cran en Saint-Nazaire
; — les métairies du Grand et du Petit Marsaint et celle de la Villerobert ;
— un auditoire et un four banal dans la ville même de Saint-Nazaire ; — la
dîme des Chevaliers et quelques autres dîmes dans les paroisses de Saint-Nazaire et d'Escoublac, etc...
(Déclaration de Marsaint en 1679) (abbé Guillotin de
Corson).
(à compléter)
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