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SAINT-MELOIR-DES-ONDES

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La commune de Saint-Méloir-des-Ondes (bzh.gif (80 octets) Sant-Meleg) fait partie du canton de Cancale. Saint-Méloir-des-Ondes dépend de l'arrondissement de Saint-Malo, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-MELOIR-DES-ONDES

Saint-Méloir-des-Ondes vient de Saint-Méloir, ermite et martyr breton du VIème siècle.

La paroisse est donnée en 993 par le duc Geoffroy 1er à l'Abbaye du Mont-Saint-Michel et les moines y fondent un prieuré. La paroisse de Saint-Méloir-des-Ondes dépendait autrefois de l'ancien évêché de Saint-Malo. 

L'intéressante histoire des commencements du prieuré de Saint-Méloir-des-Ondes nous prouve l'existence de cette paroisse dès les premières années du XIème siècle. C'est à cette époque reculée qu'elle fut donnée à l'abbaye du Mont Saint-Michel, qui y fonda le prieuré de Saint-Méloir. Le dimanche 30 janvier 1228, les habitants de Saint-Méloir (aujourd'hui Saint-Méloir-des-Ondes), réunis en assemblée de paroisse et agissant en commun, baillèrent à Roger, leur recteur, un champ donné à l'église de Saint-Méloir (Saint-Méloir-des-Ondes) par Geoffroy Du Guesclin, et situé près du bourg, vis-à-vis la Haute-Rue. Il fut convenu que Roger pourrait faire de ce champ ce qui lui plairait, aussi bien que des bâtiments qu'il y construirait, mais qu'il devrait chaque année, à Noël, payer à l'église de Saint-Méloir (Saint-Méloir-des-Ondes) une demi-mine de froment, sous peine d'amende, due à cette église. « Ainsi dès cette époque, conclut judicieusement M. de la Borderie, les habitants de nos paroisses rurales étaient constitués à l'état de personnes civiles, de corps de communauté, pouvant posséder, recevoir, contracter, ester en justice, etc. ; chaque paroisse, en un mot, avait dès lors son organisation municipale, imparfaite assurément, mais réelle et suffisante pour établir entre les habitants un lien de solidarité qui s'est perpétué jusqu'à nos jours » (Revue de Bretagne et Vendée, XXIX, 397). Au XVIIIème siècle, les religieux du Mont Saint-Michel étaient encore seigneurs et grands décimateurs de Saint-Méloir (Saint-Méloir-des-Ondes) ; toutefois le Chapitre de Saint-Malo, le recteur et la fabrique de Saint-Méloir-des-Ondes levaient aussi quelques dîmes dans cette paroisse. La fabrique avait alors 125 livres de revenu fixe, sans comprendre les bancs, lui rapportant 180 livres, et l'ouverture de la terre pour les sépultures, valant 400 livres. Le 15 juillet 1728, le recteur René Dabin fit la déclaration suivante de son bénéfice : il jouissait d'un seul trait de dîme, celui du Bourg, valant 300 livres de rente, mais il avait en outre des dîmes de blé-noir lui rapportant 45 livres, d'avoine 15 livres, de pois, fèves et paumelle 16 livres, de lins et chanvres 40 livres, et une petite dîme novale de 14 livres ; — il avait, de plus, son presbytère avec cour et jardin, contenant ensemble 2 journaux de terre et estimés 70 livres ; — enfin, son casuel atteignait 250 livres. De la sorte il possédait un revenu brut de 750 livres ; mais comme il donnait 200 livres à ses vicaires et qu'il payait les décimes et l'entretien du presbytère, il ne déclara qu'un revenu net de 448 livres 12 sols (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, fonds de Saint-Malo). Saint-Méloir-des-Ondes a été érigé en cure de deuxième classe par ordonnance royale datée du 24 janvier 1827 (Pouillé de Rennes).

Le bourg de Saint-Méloir-des-Ondes renfermait jadis l'auditoire de la seigneurie des Landes. Le seigneur de Châteauneuf exerçait à Saint-Méloir-des-Ondes un droit de quintaine. On cultivait de la vigne à Saint-Méloir au XIIIème siècle. 

L'armée anglaise du duc de Malborough qui débarque à Cancale le 5 juin 1758, s'empare de Saint-Méloir-des-Ondes le 7 juin 1758 en se dirigeant vers Saint-Malo. Saint-Méloir-des-Ondes prend le nom de Méloir-Richeux pendant la Révolution. 

On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia Sancti Meler (au XIème siècle), ecclesia Sancti Melorii (en 1191), ecclesia de Sancto Mellorio de Undis (au XVIème siècle).

Note 1 : Il n'y avait pas d'écoles fondées en cette paroisse, mais le Pouillé ms. de Saint-Malo (1739-1767) nous dit qu'à cette époque les prêtres et quelques femmes pieuses y suppléaient en instruisant les uns les garçons, les autres les filles. En 1790, M. Radou, prêtre, pourvu du bénéfice de la Magdeleine (ou Madeleine), estimé plus de 300 livres de rente, déclara ne payer qu'une minime subvention « à raison de l'école gratuite » qu'il faisait dans la paroisse (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 20). L'école chrétienne de Saint-Méloir-des-Ondes est due à l'initiative de la municipalité, qui pourvoit à toutes les dépenses ; le cardinal Saint-Marc contribua beaucoup aussi à son établissement. Les Frères ont ouvert cette école le 8 octobre 1877 et y sont alors au nombre de quatre.

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Méloir-des-Ondes : Anquetil (« Anschetillus ecclesie Sancti Melorii sacerdos », fut témoin vers 1098 d'un accord conclu entre les moines du Mont Saint-Michel et Guillaume Goyon). Even (« Evenus sacerdos », fut témoin vers 1160 de deux actes d'Adam d'Herefort et de Damète Goyon, sa femme, en faveur du prieuré de Saint-Méloir). Hugues ou Huon (« Hugo sacerdos », en 1165). Jean Pointel (« Johannes Pointellus », vers 1180-1190). Guillaume Richart (en 1207). Robert de Radeweie (« Robertus de Radeweie ecclesie Sancti Melorii personna », en 1215). Roger (« Rogerus Sancti Meloerii capellanus », en 1228). Roger Langlois (« Rogerus Anglicus, presbiter Sancti Melorii », donna en 1238 à l'abbaye du Mont Saint-Michel, pour une rente annuelle d'une demi-mine de froment, deux jardins à lui appartenant, contigus à son logis près Saint-Méloir, et qu'il tenait héréditairement d'un chevalier appelé Jean Quinart). Rolland Fabry (il permuta avec le suivant en 1334). Robert Samson (précédemment recteur de Taden, il fut pourvu en 1334). Laurent du Bouays (chanoine de Saint-Malo, décédé vers 1565). Jean Dupré (secrétaire de l'évêque de Saint-Malo, il fut pourvu le 10 juin 1565 ; il débouta Nicolas de la Planche, qui se fit pourvoir à Tours et résigna en 1566 ses prétendus droits à Henri Le Rasle. Jean Dupré, chanoine de Saint-Malo en 1578, résigna en faveur du suivant). Laurent du Guilly ou de Quilly (il prit possession le 20 mars 1585 et résigna en faveur du suivant). Mathieu Le Fer (pourvu le 11 janvier 1591, il prit possession le 10 février. Le Pape s'opposa à sa nomination, parce qu'il n'avait que vingt-deux ans, et pourvut Michel Eon. Mais Mathieu Le Fer résigna en faveur de Laurent du Guilly, qui, pourvu de nouveau, reprit possession le 31 janvier 1593). Pierre Gingatz (il résigna en faveur du suivant). Nicolas des Déserts (sieur des Préaux, il prit possession le 26 juillet 1627 et résigna au bout de dix ans). Etienne Le Breton (sieur de la Ville-Hervy, chanoine de Dol, il prit possession le 18 octobre 1637 et résigna en 1662). Jacques Le Poitevin (il fut pourvu le 16 novembre 1662). Olivier de la Haye (en 1687, il résigna au suivant). Julien Rouxel (pourvu le 13 septembre 1691, il fit en 1698 enregistrer ses armoiries : d'azur au chevron d'or, accompagné de trois ruches à miel de même ; décédé en avril 1705). René-Marie Dabin (pourvu par l'évêque le 25 avril 1705, il prit possession le 29 et débouta Tanguy Le Barzec, présenté par l'abbé du Mont Saint-Michel et pourvu par l'archevêque de Tours ; décédé en 1750). Michel-Jean Hugon du Canet (pourvu le 3 octobre 1750, il résigna presque aussitôt). Julien-Guillaume Chauvin (pourvu le 30 octobre 1750, il ne put se maintenir, mais resta dans la paroisse, où il prenait encore le titre de recteur en 1752). Jacques Potier de la Houssaye (il résigna au suivant). Nicolas Chapel (pourvu le 6 décembre 1751, il se maintint malgré l'opposition de M. Chauvin ; décédé en 1786). Joseph-Jean Penhouet, (pourvu le 1er novembre 1786, IL débouta Nicolas Lesplu, présenté par les religieux du Mont Saint-Michel, et reprit possession le 26 février 1787 ; il gouverna jusqu'à la Révolution). Olivier Guillory (1803, décédé en 1813). François Macé (1813, décédé en 1821). Servan-Pierre Lévêque (1821-1825). Pierre-Marie Lecorre (chanoine honoraire ; en 1825, décédé en 1870) Jean-Baptiste Turmel (chanoine honoraire ; 1870-1878). Julien Delanoë (à partir de 1879), ......

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PATRIMOINE de SAINT-MELOIR-DES-ONDES

l'église Saint-Méloir (1860-1884) édifiée en remplacement d'une ancienne église délabrée. Saint Méloir, martyr breton, est le patron de cette église. Le souvenir de l'ancienne église mérite d'attirer l'attention. On y voyait au XVIIIème siècle trois chapelles seigneuriales et de nombreuses verrières peintes. La première de ces chapelles, dédiée à saint Michel, appartenait aux religieux du Mont Saint-Michel, mais ceux-ci la cédèrent en 1723 à Alain Le Breton, seigneur de la Plussinais, qui y plaça son banc, son enfeu et ses armoiries. La deuxième, située à droite du choeur, dépendait de la seigneurie des Landes ; on y voyait des écussons sculptés en pierre, ornés de casques et lambrequins, et portant : d'argent à la bande fuselée de sable. C'étaient les armes des Le Bouteiller, seigneurs des Landes ; on les retrouvait peintes dans la première fenêtre de la nef et sculptées sur un banc posé devant l'autel du Rosaire. La troisième chapelle appartenait au seigneur de la Bardoulais. On y trouvait sur la muraille un écusson peint : d'azur à la croix d'argent. Le seigneur de la Bardoulais y avait un enfeu et un banc. Au chevet de l'église était un grand vitrail portant au sommet les armes de l'abbaye du Mont Saint-Michel : de sable à dix coquilles d'argent posées 4, 3, 2, 1, au chef d'or à trois fleurs de lys de gueules, surmontées d'une crosse et d'une mitre. Aux deux côtés de la même fenêtre étaient sculptés sur pierre, à droite les armes du duché de Bretagne : d'hermines plein, et à gauche celles du seigneur de Béringhen, marquis de Châteauneuf : d'argent à trois pals de gueules, au chef d'azur chargé de deux quintes-feuilles d'argent. Sur la deuxième fenêtre de la nef était l'écusson de Pierre Le Gobien, archidiacre de Porhoët, décédé en 1627, qui possédait en Saint-Méloir-des-Ondes la maison noble des Douets : coupé au 1er d'argent à trois têtes de loup arrachées de sable, lampassées de gueules, au canton d'azur chargé d'un croissant d'or ; au 2ème d'argent à trois fasces ondées d'azur ; l'écu surmonté d'un chapeau à trois glands, avec bourdon posé derrière. La famille Le Gobien prétendait, en effet, avoir droit à une chapelle avec enfeu et prééminences dans l'église de Saint-Méloir-des-Ondes. Sur la sacristie et dans un autre vitrail on voyait aussi l'écusson de gueules à une sirène d'or, qui devait être celui de la famille de Seré, propriétaire du manoir de la Ville-Maleterre  (Terrier ms. de Châteauneuf). Il paraît qu'à l'origine le seigneur du Val-Ernoul avait également une chapelle prohibitive en l'église de Saint-Méloir-des-Ondes, car en 1574 Jean Le Bret, sieur de la Tréhénais, céda à Pierre Le Filleur, sieur de la Ville-Volant, les droits d'enfeu et prééminence lui appartenant en cette chapelle. En 1755, l'abbé du Mont Saint-Michel confirma François Porée, sieur de Razet et propriétaire du Val-Ernoul, dans la possession de ces privilèges (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, B, 976). En 1687, le sire de Châteauneuf se disait seigneur supérieur et prééminencier de Saint-Méloir (Saint-Méloir-des-Ondes), mais les moines du Mont Saint-Michel prétendaient aux mêmes droits et étaient, de plus, seigneurs fondateurs. Le même seigneur de Châteauneuf avait un droit de quintaine sur les mariés de Saint-Méloir-des-Ondes ; ceux-ci devaient courir, sous peine de 60 sols d'amende, le lundi de Pâques, et ce jour-là les trésoriers de la fabrique devaient fournir aux officiers de Châteauneuf qui présidaient la course « un chevreau lardé, rosti, cuit et assaucé, avec quatre sols de pain et deux pots de vin de Gascogne, et, de plus, un boisseau d'avoine pour leurs chevaux » (Archives Nationales, P. 1721). Les confréries du Rosaire et du Saint-Sacrement étaient au XVIIIème siècle érigées en l'église de Saint-Méloir-des-Ondes. Il s'y trouvait aussi un bon nombre de fondations, « formant alors une obiterie assez considérable ». Enfin, en 1708, une mission y avait été fondée pour tous les six ans par Alain Le Breton et Servanne Gaultier, seigneur et dame de la Plussinais (Pouillé ms. de Saint-Malo, 1739-1767). Cette ancienne église de Saint-Méloir-des-Ondes a fait place vers 1860 à une belle construction de style ogival, oeuvre de M. l'architecte Frangeul. Elle se compose de trois nefs et d'un choeur en hémicycle ; une tour en granit s'élève sur sa façade, et l'ensemble de l'édifice a quelque chose de monumental (Pouillé de Rennes). La flèche date de 1884. Le bénitier date du XVI-XVIIème siècle. On y trouve un ex-voto du XXème siècle. Comme nous l'avons vu précédemment, l'ancienne église possédait trois chapelles seigneuriales. L'une des chapelle est cédée par le prieur en 1723 à la famille le Breton seigneurs de la Plussinais en Saint-Jouan des Guérets : elle contenait leur enfeu. Une autre chapelle (au nord du chevet) dépendait de la seigneurie des Landes et portait les armes de la famille le Bouteiller seigneurs des Landes de 1470 à 1620. La troisième (au sud) appartenait au seigneurs de la Bardoulais qui y avaient un enfeu. La maîtresse vitre portait les armes de l'Abbaye du Mont-Saint-Michel, de Bretagne, de la famille de Béringhen, marquis de Châteauneuf de 1681 à 1740 et celles de la famille Le Bouteiller seigneurs des Landes, entourées du collier de Saint-Michel. D'autres fenêtres portaient les armes des familles Seré seigneurs de la Ville-Maleterre (au XVIIème siècle), Gobien seigneurs des Douets (au XVI-XVIIème siècle) et Le Bouteiller ;

la chapelle Saint-Charles (1786), ancienne dépendance du manoir de Blessin ;

la chapelle Saint-Pierre (1720), située à la Ville-Gilles ;

la chapelle Saint-Pierre (1665), dépendance du manoir de La Grande Coudre ;

la chapelle Saint-Jean-Baptiste (1599), restaurée en 1718 et 1801 ;

l'ancienne Chapelle de la Madeleine, située jadis route Paramé et aujourd'hui disparue. On y a exhumé vers 1850 de nombreux ossements. Elle occupait l'emplacement actuel de la Maison du Carrouge et semble avoir dépendue à l'origine d'une léproserie. La chapelle de la Madeleine ou Magdeleine, située en Saint-Méloir-des-Ondes, dans les terres et à côté d'un ruisseau, était vraisemblablement une léproserie au moyen-âge. Elle devint par la suite des temps un simple bénéfice que possédaient au XVIème siècle Olivier du Pré, remplacé en 1557 par Jean Régnaud, et en 1560 par autre Olivier du Pré. Le dernier chapelain, Joseph Radon, déclara en 1790 que son bénéfice de la Magdeleine consistait en la chapelle de ce nom, fondée d'une messe chaque samedi, — en 12 journaux de terre, estimés 300 livres de revenu, — et en la moitié des oblations, qui n'atteignait que 3 livres (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 20). La chapelle de Sainte-Magdeleine n'existe plus, mais elle a laissé son nom au village au milieu duquel elle se trouvait ; on voit encore la fontaine qui avoisinait le petit sanctuaire, et jadis se tenait à côté, à la fête de la Magdeleine, une foire qui rappelait l'antique dévotion des habitants pour ce lieu ; cette foire a été transférée à la fin du XIXème siècle au bourg de Saint-Méloir-des-Ondes (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne chapelle (1644) située jadis au village des Villes-Bagues et aujourd'hui disparue ;

l'ancien prieuré de Saint-Méloir, aujourd'hui disparu, et jadis membre de l'abbaye du Mont-Saint-Michel. Dès le commencement du XIème siècle, l'église de Saint-Méloir-des-Ondes fut donnée, ainsi que celle de Cancale, à l'abbaye du Mont Saint-Michel par Geoffroy Ier, duc de Bretagne, mort avant 1008. Mais les moines ne demeurèrent pas d'abord paisibles possesseurs de ces églises, qui leur furent complètement enlevées ; ce qu'apprenant le duc Alain III, vers l'an 1030, ce prince fit rendre justice aux religieux, et confirmant les donations faites par son père, il leur assura les églises de Saint-Méloir et de Saint-Méen de Cancale, la terre de ce nom et le port de Portpican, « ecclesias duas sitas in territorio quod vocatur Pavalet scilicet Sancti Meler atque Sancti Mewen, ................  terram quoque prope littus maris sitam que dicitur Chancavena et portum qui nominatur Porpican ». A partir de ce moment, Saint-Méloir ne sortit plus des mains des religieux du Mont Saint-Michel, qui y fondèrent un prieuré  (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 372, 380). Vers l'an 1098, les moines se virent disputer la possession d'une portion du cimetière de Saint-Méloir par trois personnages appelés Guillaume Goyon, Guiguen, vicaire du pays d'Aleth, et Drigon le Prêtre. Ils allèrent aussitôt demander justice au tribunal du comte de Rennes, duc de Bretagne. Mais, avant que celui-ci eût rendu sa sentence, Guillaume Goyon et ses compagnons renoncèrent à leurs prétentions et abandonnèrent au Mont Saint-Michel, en toute propriété, la portion du cimetière qu'ils réclamaient, et que l'acte appelle « la première corde de ce cimetière », dénomination qui indique à la fois et la contenance du terrain et sa situation sur le bord extérieur de l'enclos. Ils stipulèrent toutefois que cette partie du cimetière serait affectée exclusivement à la sépulture des morts, sauf le droit réservé au moine et au prêtre desservant l'église de Saint-Méloir d'y bâtir une maison à leur usage (Revue de Bretagne et de Vendée, XXIX, 393 - Cartulaire du Mont Saint-Michel, f° 70). On voit par là, dit M. de la Borderie, qu'il y avait alors à Saint-Méloir tout à la fois un moine et un prêtre séculier. Le moine était délégué par l'abbé du Mont Saint-Michel pour régir les domaines, recevoir les revenus et exercer les droits dont l'ensemble constituait ce qu'on appelait le prieuré de Saint-Méloir. Parmi ces droits se trouvait à l'origine le gouvernement spirituel de la paroisse elle-même ; mais la discipline ecclésiastique ayant interdit aux religieux l'exercice du ministère pastoral, force fut au prieur de se faire remplacer dans les fonctions curiales par un prêtre séculier à l'entretien duquel il dut pourvoir (Revue de Bretagne et de Vendée, XXIX, 393 - Cartulaire du Mont Saint-Michel, f° 70). C'est à propos de cette pension du curé de Saint-Méloir qu'eut lieu la transaction suivante, datée du 30 décembre 1165, et conclue entre ce prêtre et les religieux du Mont Saint-Michel : « Par cet arrangement, auquel Albert, évêque de Saint-Malo, donna sa sanction, il fut réglé que les offrandes faites par les fidèles dans l'église de Saint-Méloir seraient partagées moitié par moitié entre le curé et les moines. Ceux-ci, toutefois, devaient avoir les deux tiers des offrandes des jours de Noël, de Pâques et de la Toussaint ; et, en revanche, le curé percevait seul en totalité celles qui avaient spécialement pour but de rémunérer quelqu'une des fonctions de son ministère paroissial, à savoir : les offrandes des confréries, des baptêmes, des épousailles, des confessions, et tout ce que l'église recevait dans les enterrements. Quant à la dîme des blés, elle devait être tout entière serrée dans la grange des moines, qui n'en donnaient au curé qu'un neuvième et gardaient le reste pour eux. Pour faire accepter ces conditions au curé Huon, les moines lui promirent toutefois, à sa vie durant, une rente de deux mines de seigle et deux mines d'orge » (Revue de Bretagne et de Vendée, XXIX, 395 - Cartulaire du Mont Saint-Michel, f° 134). Un autre acte de 1191, par lequel l'évêque de Saint-Malo, Pierre Giraud, confirme les biens du Mont Saint-Michel dans son diocèse, nous apprend que si, dans les paroisses de Saint-Méloir (Saint-Méloir-des-Ondes) et de Cancale, la dîme des blés appartenait aux moines pour huit neuvièmes et au curé pour un neuvième seulement, toutes les autres dîmes, par exemple celle du croît des animaux, se partageaient entre eux par moitié (Bibliothèque Nationale, Blancs-Manteaux, n° 86, p. 788). Un peu avant ce dernier acte, le pape Alexandre III confirma, le 27 janvier 1179, l'abbaye du Mont Saint-Michel dans la possession des églises de Saint-Méloir (Saint-Méloir-des-Ondes) et de Cancale, de leurs chapelles et de leurs autres dépendances, « ecclesiam Sancti Melorii et ecclesiam Sancti Mevenni , cum capellis et earum pertinenciis » (Chronique de Robert de Thorigny, abbé du Mont Saint-Michel, II, 317). Les questions de dîme dont nous venons de parler donnèrent lieu en 1215 à un différend assez curieux entre Geoffroy de Thorigny, prieur de Saint-Méloir, et le curé du même lieu, appelé Robert de Radeweie. « Il s'agissait de la dîme des vignes, dont la culture prenait à cette époque en notre pays un développement dont on ne se douterait guère aujourd'hui. La cause fut portée au tribunal de l'évêque de Saint-Malo, qui fit accepter aux deux parties une transaction portant que dans les terres changées de blé en vigne le curé aurait seulement le neuvième de la dîme et les moines le reste, mais que dans toutes les anciennes vignes il partagerait par moitié avec les moines » (Revue de Bretagne et de Vendée, XXIX, p. 396). Peu de temps après, en 1221, Alain de Motey concéda aux moines de Saint-Méloir l'emplacement d'une maison et certains jardins qui avoisinaient leur manoir. En 1251, Hugues le Champ leur donna le champ Saint-Méen, et Hamon l'Epine le fief de l'Abbaye, le tout en Cancale. La famille Goyon, dont un membre avait d'abord cherché chicane aux religieux, semble aussi avoir favorisé plus tard l'établissement des religieux, comme nous le prouvent les donations faites au prieuré de Saint-Méloir par Olivier Goyon et Damète Goyon, femme d'Adam d'Herefort. Enfin, Richard Le Maréchal et Gervaise de Dinan, sa femme, cédèrent aux moines les droits de juridiction qu'ils avaient sur leurs hommes de Saint-Méloir, se réservant seulement l'exécution des criminels condamnés à mort par le tribunal des religieux (Bibliothèque Nationale, Blancs-Manteaux, n° 86, p. 779 - Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 579, 643, 893). Le jour de la Purification 1259, Nicolas, évêque de Saint-Malo, visita le prieuré de Saint-Méloir et reconnut que cette maison ne lui devait point de devoir de procuration. Cependant, vers la même époque, les moines du Mont Saint-Michel voulurent bien accorder 6 livres par an à l'archevêque de Tours pour son droit de visite à Saint-Méloir, Saint-Broladre et Montdol, et 2 livres à l'évêque de Saint-Malo pour sa visite à Saint-Méloir. En 1682 ils payaient encore exactement ces 40 sols au prélat malouin (Gallia christiana, XIV, 1005 - D. Le Roy, Cur. recherches sur le Mont Saint-Michel). Le prieuré de Saint-Méloir acquit, comme l'on voit, une véritable importance. Ses biens s'étendaient dans les paroisses de Saint-Méloir-des-Ondes, Cancale, Saint-Benoît-des-Ondes, Saint-Coulomb et Pleurtuit. Les religieux étaient patrons et présentateurs des cures de Saint-Méloir, Cancale et Saint-Benoît, et prenaient dans les églises de Saint-Méloir et de Cancale la moitié de toutes les oblations ordinaires et les deux tiers de celles faites à Noël, à Pâques et à la Toussaint (Archives Nationales, P. 1720). Au bourg même de Saint-Méloir se trouvait le manoir seigneurial et prioral de Saint-Méloir, avec ses grange, jardins, cour et masures, le tout contenant 2 journaux clos de murailles ; de cette maison dépendaient le Domaine, contenant 5 journaux de terre, et le Pré-au-Prieur, en contenant trois. Les moines dîmaient en 1682 comme au XIIIème siècle, c'est-à-dire qu'ils levaient « toutes les dîmes dans les paroisses de Cancale et de Saint-Méloir, excepté la neuvième partie, qui appartient aux recteurs et vicaires perpétuels ; à l'égard des verdages, lins, chanvres et prémices, le tout est partagé entre eux et les vicaires perpétuels par moitié ; enfin, ils ont aussi les deux tiers des dîmes dans toute la paroisse de Saint-Benoît ». Notons aussi que le port de Cancale appartenait aux-dits religieux ; que ceux-ci jouissaient du droit de haute justice et de plusieurs fiefs seigneuriaux, et qu'ils étaient exempts de payer aucunes coutumes pour les vins et les provisions employés à leur usage. En revanche, les Bénédictins devaient dire deux messes par semaine dans l'église de Saint-Méloir, et ils étaient en outre tenus de distribuer chaque année 4 mines de paumelle aux pauvres des paroisses de Saint-Méloir et de Cancale. Au temps de Pierre Le Roy, abbé du Mont Saint-Michel, le titre du prieuré de Saint-Méloir fut éteint en 1401 et ses revenus furent unis à la mense abbatiale ; aussi en 1556 le cardinal d'Annebault, abbé du Mont Saint-Michel, rendit-il aveu au roi pour son prieuré de Saint-Méloir, et en 1644 Jacques de Souvré, un de ses successeurs, afferma-t-il, entre autres dépendances de son abbaye, « les prioré et seigneurie de Cancale et Saint-Méloir » pour la somme de 4.000 livres, outre les charges. Notons en passant, parmi ces redevances, « douze pots d'huile » dus aux religieux du Mont, et 36 sols dus aux Innocents, c'est-à-dire probablement aux enfants fai­sant jadis en l'abbaye la fête des Innocents (D. Le Roy, Cur. recherches sur le Mont Saint-Michel, 735 et 772). Il n'est point fait mention dans ces actes d'une chapelle priorale, mais nous savons que dans l'église paroissiale de Saint-Méloir les moines avaient une chapelle prohibitive appelée chapelle de Saint-Michel ; ils la cédèrent en 1723 à Alain Le Breton, seigneur de la Plassinais, qui y plaça son banc et son enfeu. Au sommet du principal vitrail de cette église de Saint-Méloir on voyait encore en 1760 les armoiries du Mont Saint-Michel : de sable à dix coquilles d'argent posées 4, 3, 2, 1, au chef d'or à trois fleurs de lys de gueules, surmontées d'une crosse et d'une mitre. Les mêmes armoiries, accompagnées de celles de Bretagne, se voyaient aussi sur le banc des officiers de la juridiction seigneuriale du prieuré (Terrier ms. de la seigneurie de Châteauneuf). Les Bénédictins du Mont Saint-Michel étaient alors considérés comme fondateurs de l'église et seigneurs de la paroisse de Saint-Méloir (Saint-Méloir-des-Ondes). En 1728, ils affermaient 3.800 livres ce qu'ils possédaient en cette paroisse, c'est-à-dire « sept traits de dîmes, un logis prioral et quelques fiefs et terres y annexés » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). A la fin du XIXème siècle, on montrait encore dans le bourg de Saint-Méloir-des-Ondes l'ancien logis prioral ; c'était une maison insignifiante, placée au Nord et proche de l'église (abbé Guillotin de Corson).

la croix de la Jeannais (1774), située près de l'ancien manoir de la Jeannais. Elle mesure 1,35 mètre de haut et les bras fortement pattés mesurent 0,75 mètre de long. Cette croix est érigée à l'occasion d'une mission donnée en 1774 (mai-juin) par les Missionnaires du Saint-Esprit, établis à Saint-Laurent-sur-Sèvre : "La procession générale de clôture se fit le Dimanche 12 juin, à laquelle M. Jacob, vicaire général de Saint-Malo, porta le Saint Sacrement au reposoir construit dans le bois de la Jannays. Ces Messieurs Missionnaires ont obtenu de Mgr l'Evêque de Saint-Malo une indulgence de quarante jours pour toutes les personnes qui auront fait une neuvaine au pied de la croix de la Mission, qu'elles gagneront toutes les fois qu'elles y réciteront cinq pater et cinq ave, pendant que la croix subsistera... Nicolas Chapel, recteur de Saint-Méloir-des-Ondes, etc ...". La croix a été depuis mise au bord de la route ;

l'ancienne croix brisée (XVIème siècle), située près du manoir des Douets. Non loin de la Ville-ès-Gars, vers le Nord-Ouest, à 500 mètres de la route, s'élevait jadis, près du manoir de ce nom, la chapelle Saint-Pierre-des-Douets. Cette chapelle avait été bâtie au XVIIème siècle par Jean Le Gobien et Simone Artur, seigneur et dame de Launay-Quinart. La chapelle a disparu, mais près de là, on voit une vieille croix du XVIème siècle ou du XVIIème siècle. Jadis, dans le cimetière frairien, ses débris gisent aujourd'hui entre le clos et la ferme. C'était une croix octogonale, semée sur ses pans coupés de cabochons ronds, ornée à sa face d'un Christ en relief, et sans image au revers. Seuls subsistaient au début du XXème siècle, posés sur le gazon, la tête et les bras, hauts de 0,48 mètre ;

les deux petites croix jumelles en granit, situées route de Saint-Benoit-des-Ondes à Paramé : "... sur un socle cubique allongé, haut de 0,50 m, se dressent deux petites croix carrées : celle de l'Est, haute de 0,45 m, celle de l'Ouest, de 0,38 m". On rapporte : "qu'il y a une trentaine d'années, les gens qui, du Nord et de l'Est de la paroisse, apportaient un mort à l'église, s'arrêtaient toujours au pâtis des Portes. Ils ôtaient les deux croix et déposaient la châsse sur la pierre ; après un instant de repos, ils se remettaient en route et franchissaient la dernière étape" . Sur la même route, toujours aux Portes, et au lieu dit la Croix de Lormel, se trouvaient jadis aussi deux croix de pierre, la première ruinée aujourd'hui, la seconde disparue ;

la croix de Lessart, située près du village de la Beuglais. Carrée, très fruste, elle mesure 1,65 mètre de haut, et ses bras sont longs de 1 mètre. Des restes d'une croix se trouvait jadis également sur la route de Saint-Méloir-des-Ondes au Mur Blanc (débris d'une "croix mutilée d'un bras" mesurant 0,70 mètre) ;

la croix de Pont-Benoît (fin du Moyen Age – XVIème siècle) ;

la croix de la Grande Fontaine. Il s'agit d'un simple monolithe rond de 0,80 mètre, à la tête d'une hauteur disproportionnée, et aux bras longs seulement de 0,40 mètre. Elle reposait directement, sans socle, sur la terre ;

l'ancien calvaire du cimetière, aujourd'hui disparu et situé jadis en face de l'entrée de l'ancienne église. Quant, vers 1856, on démolit celle-ci, pour construire l'église actuelle, le calvaire est détruit avec elle et il n'est point replacé ailleurs ; 

l'ancienne croix de Radegonde. Ce calvaire se trouvait jadis à proximité de l'ancienne chapelle du Grand Porcon. Ce calvaire a du disparaître en 1868. On sait que les eaux de la fontaine Sainte-Radegonde guérissaient les enfants de la lèpre appelé "Mal Saint-Aragon" ;

les anciennes croix Gibouin, situées jadis près de Paramé, à l'entrée de la ferme de ce nom et en face de la Chipaudière. De formes cylindriques, elles se dressaient sur une forte maçonnerie qui contenait, dit-on, les débris de deux petites croix anciennes ;

les autres anciennes croix, aujourd'hui disparues : de Cloceis, la "Croix-de-Bois", à Fougeray, et à La Ville-au-Gars. Concernant cette dernière (mutilée de la tête et d'un bras), elle avait été réduite à une hauteur de 0,75 mètre et gisait un moment donné au bord d'un chemin ;

le manoir le Vieux Vaulerault (1503). Le château du Vaulerault, situé route de Cancale, est la propriété de la famille Romelin en 1513, puis de la famille de Lorgeril et Dartige du Fournet ;

le manoir de Blessin (vers 1660). Il possédait jadis une chapelle édifiée en 1619 et qui a été reconstruite et bénite en 1786. La chapelle Saint-Charles du Blessin fut rebâtie en 1619 (ou 1622) près de cette maison par François Nouail, sieur du Blessin, qui y fonda trois messes hebdomadaires, les dimanche, lundi et vendredi. Pierre Le Breton, chanoine de Dol, en était chapelain vers 1728 ; il eut pour successeur en 1729 Guillaume Guimont, que présenta Alain Le Breton, seigneur de la Plussinais et du Blessin ; mais en 1764 la chapelle du Blessin n'était plus desservie (Pouillé de Rennes). Propriété de la famille le Breton seigneurs de la Plussinais au XVIIIème siècle ;

le manoir de la Grande-Coudre (XVI-XVIIème siècle). Ce manoir est remanié en 1665. Il conserve un colombier du XVIIème siècle, restauré au XXème siècle, ainsi qu'une chapelle sécularisée dédiée à Saint-Pierre et construite en 1665. Pierre Pépin et Guillemette Salmon, seigneur et dame de la Couldre, la Vieuville et Villepépin, ayant fait bâtir une chapelle à leur manoir de la Couldre, y fondèrent le 3 juillet 1655 quatre messes par semaine. Jean Le Nepveu, Joseph Goret de Villepépin, doyen et chanoine de Saint-Malo, puis Alexis Rouault, desservirent au XVIIIème siècle cette chapelle, dont le revenu était de 285 livres en 1790 (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles Rouxel (en 1513), Pepin ou Pépin seigneurs du Chênaie (en 1665), Baillon (au XVIIIème siècle). Ancienne propriété de la famille Surcouf ;

la malouinière du Parc (XVI-XVIIème siècle), édifiée en 1599 par Guillemette Salmon. Propriété de Magon de La Giclais en 1727. L'ancien manoir du Parc, situé dans le village de la Beuglais, possédait une chapelle privée datée du XVIème siècle et réparée en 1718 et 1801. Jean Nouail et Rosalie Miniac, seigneur et dame du Parc, bâtirent cette chapelle, dédiée à Saint-Jean-Baptiste, en 1718 dans la cour de leur manoir. Le recteur, M. Dabin, n'y consentit toutefois qu'à la condition expresse qu'on y ferait le catéchisme tous les dimanches et fêtes ; il fit la bénédiction du nouvel édifice le 9 mai 1719. Dès le 18 avril précédent Jean Nouail avait fondé en sa chapelle une messe pour tous les dimanches et fêtes ; il la dota de 100 livres de rente et présenta pour la desservir Joseph Porée du Parc, chanoine et chantre de Saint-Malo ; ce dernier eut pour successeurs Pierre Nouail, également chantre et chanoine de Saint-Malo, et Sébastien Le Maître (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, fonds de Saint-Malo). Ce dernier assista au mariage princier qui illustra ce petit sanctuaire du Parc. Le 22 février 1781, en effet, le prince Eugène de Savoie-Carignan, fils de S. A. S. Louis prince de Savoie-Carignan et de la princesse Christine de Rheinsfeld, colonel propriétaire du régiment de Savoie, au service de la France sous le nom de comte de Villefranche, épousa dans la chapelle du Parc Elisabeth Magon de Boisgarin (ou Bois-Garin), fille de François Magon, seigneur de Boisgarin, et de Louise de Karuel, demeurant au Parc. Cette union fut bénite par Joseph Morin, chanoine de Saint-Malo, en présence de M. Chapel, recteur de Saint-Méloir-des-Ondes, et d'un petit nombre d'invités (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles Boullain (en 1634), Porée (en 1648 et en 1674), Nouail (en 1718), Magon seigneurs du Bois-Garin (au XVIIIème siècle) ;

la malouinière de Vaulerault (1710), édifiée par Cheville du Vaulerault ;

la malouinière (1719), érigée par Alain Porée (armateur malouin). Propriété de Robert de Lamennais en 1759. L'ancien manoir du Grand Val d'Ernon, situé non loin du village de Blessin, est la propriété de la famille Porée seigneurs de Razet en 1755, puis de la famille Robert de la Mennais ;

la malouinière de la Ville-Gilles (1721), édifiée par Quentin Nouail de la Villegilles. L'ancien manoir de la Ville-Gilles ou de la Virgile, situé route de Saint-Servan-sur-Mer, possède une chapelle privée dédiée jadis à Saint-Pierre et qui date de 1721. Pierre-François Nouail, sieur du Fougeray, construisit cette chapelle et la dota, le 19 août 1721, de deux messes par semaine. Sa femme, Julienne de la Haye, voulant augmenter cette chapellenie, fonda par testament deux autres messes hebdomadaires. Jean-Baptiste Nouail fut pourvu en 1742 de ce bénéfice, qui valait en 1790 584 livres de revenu net, parce qu'on y avait uni la fondation des Landes. La chapelle de la Ville-Gilles, encore entretenue, est dédiée présentement à la Sainte Vierge (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles Tirecoq (en 1513), Nouail seigneurs du Fougeray (en 1721), Claparède et Santos-Cottin ;

la fontaine située près de l'ancienne chapelle frairienne de la Madeleine ;

un fourneau "potager" (XVIème siècle) ;

11 moulins dont les moulins à vent de la Bardoulais, de Vaulerault, de la Coudre, deux de Nielles, deux du bourg, du Pont-Benoit, de la Grande-Roche, des Landes, de Fringonet ;

A signaler aussi :

des sites gallo-romains ;

des haches polies (époque néolithique) ;

l'ancien manoir prioral, situé au bourg de Saint-Méloir-des-Ondes ;

l'ancien manoir du Pavillon, situé route de Cancale. Propriété de la famille Poulain seigneurs du Chênaie au XVIIIème siècle ;

la maison du Tertre-Janson, située route de Cancale. Propriété de la famille Regnault en 1513 ;

l'ancien manoir du Porcon, situé route de Cancale. La chapelle Saint-Gobrien de Porcon dépendait de ce manoir, qui a donné son nom à une famille ancienne et distinguée. Le 12 janvier 1668, Pierre Grout, seigneur de la Villejean, fonda deux messes par semaine dans cette chapelle, qu'il dota de 60 livres de rente. Cette fondation, augmentée de deux autres messes, fut réduite en 1734 à deux messes hebdomadaires. En 1752, la chapelle de Porcon appartenait à M. Boulain, chanoine de Saint-Malo et abbé de Melleray, et elle avait pour chapelain Jean-François Grout, chanoine de Dol (Pouillé de Rennes). Propriété de la famille Grout seigneurs de la Villejan en 1668, puis de la famille Boulain en 1752 ;

l'ancien manoir de la Ville-Aufray, situé route de Saint-Coulomb. Propriété de la famille Bonnier en 1513 ;

l'ancien manoir du Tion, situé route de Saint-Coulomb. Propriété de la famille Maleterre en 1513 ;

l'ancien manoir du Fléchet, situé route de Saint-Coulomb. Propriété de la famille de Québriac en 1513, puis de la famille le Fer seigneurs de la Bargoulais au XVIIIème siècle ;

le château de Beauregard, situé route de Cancale. Il possède une chapelle datée de 1785. Dédiée à Sainte-Radegonde, la chapelle est bénite le 13 août 1785, par M. J.J. Penhoët, curé de Saint-Méloir-des-Ondes. Le procès verbal de bénédiction est signé par Ontroy, veuve Gouyon, les trois dames de la Bouexière (ou Boissière), par M. de Rosnyvinen (marquis de Piré) et Fr. Jean Macé, prêtre. Cette chapelle présente au-dessus de sa porte les écussons des familles de la Boissière et de Lantivy. La chapelle était fondée jadis de trois messes par semaine ; à côté, sur la falaise, coule la fontaine de Sainte-Radegonde, but de pèlerinage pour les enfants malades.  Propriété de la famille de la Boissière au XVIIIème siècle, puis de la famille Bailby ;

Note : BEAUREGARD. Château et seigneurie en la paroisse de Saint-Méloir-des-Ondes, évêché de Saint-Malo. Le château, situé dans la baie de Cancale et dont les jardins descendent en terrasse jusqu'à la mer, appartient vers 1899 au comte Aristide de Lantivy-Gillot de Kervéno dont le père l'a eu en héritage de la famille de la Bouëxière. Au-dessus de la porte de la chapelle du château se trouvent encore les écussons accolés des familles de la Bouëxière et Fleuriot de Langle. Cette seigneurie appartenait avant la Révolution à la maison de Rosnyvinen (Théodore Courtaux, 1899).

l'ancien manoir du Clos, situé route de Paramé. Propriété de la famille de Châteaubriand seigneurs de Beaufort en 1513 ;

l'ancien manoir de Longovain, situé route de Paramé. Propriété de la famille Barlet en 1500 ;

l'ancien Château-Richeux, situé route de Paramé. Il dépendait jadis de la seigneurie du Plessis-Bertrand en Saint-Coulomb ;

l'ancien manoir de Terlé. Propriété de la famille de la Motte en 1513 ;

l'ancien manoir de Vautouraude. Il possédait jadis une chapelle privée, aujourd'hui disparue. La chapelle Saint-Marcoulf du Vautouraude dépendait de ce manoir. Le 16 septembre 1667, Françoise Ribertière, veuve d'Etienne Artur, seigneur de la Motte, d'accord avec ses enfants, fonda une messe en cette chapelle pour tous les dimanches et fêtes ; mais en 1752 ce sanctuaire n'était plus desservi (Pouillé de Rennes). Propriété de la famille Garnier sieurs du Fougeray en 1789 ;

l'ancien manoir de Limonay, situé route de la Gouesnière. Propriété de la famille le Clerc et Levesque en 1513 ;

l'ancien manoir de la Jeannais, situé route de la Gouesnière. Propriété de la famille Chatton en 1513, puis de la famille Joliff sieurs du Clos au XVIIIème siècle ;

l'ancien manoir de la Barbotais. Propriété de la famille Picot en 1513 ;

l'ancien manoir de la Trégueurie. Propriété de la famille Poilevé en 1513 ;

l'ancien manoir de la Chênais ;

l'ancien manoir de la Ville-es-Volants. Propriété de la famille le Filleur au XVIème siècle ;

l'ancien manoir des Douets. Il possédait jadis une chapelle du XVIIème siècle dédiée à Saint-Pierre et aujourd'hui disparue. Jean Le Gobien et Simonne Artur, seigneur et dame de Launay-Quinart, bâtirent cette chapelle proche leur manoir des Douets. Simonne Artur, devenue veuve, y fonda par testament en date du 15 mai 1618 deux messes par semaine, les dimanche et vendredi. Leur fils, Pierre Le Gobien, archidiacre de Porhoët, y ajouta une troisième messe pour le mercredi et donna à cet effet sa maison de la Tréhénais. Les chapelains des Douets furent Guillaume Le Gobien, que remplaça en 1694 Charles Le Gobien, — N... Artur de la Gibonnais (1752), — René de Heursant — et Guillaume Heurtault de la Villemorin (1765) (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, fonds de Saint-Malo). Propriété de la famille le Gobien en 1572 et au XVIIème siècle, puis de la famille de la Palier-Christi au XVIIIème siècle ;

l'ancien manoir de la Tréhennais. Propriété de la famille Cohue en 1513, puis de la famille le Bret en 1574 ;

l'ancien manoir du Bouillon, situé route de Saint-Servan-sur-Mer ;

l'ancien manoir de la Rimbaudais, situé route de Saint-Servan-sur-Mer. Propriété de la famille Herbert seigneurs de la Porte-Barré au XVIIIème siècle ;

l'ancien manoir des Landes-Seré, situé route de Saint-Servan-sur-Mer. Il possédait jadis des tourelles, des douves et fossés, un colombier, une orangerie et une chapelle datée du XVIIème siècle. La chapelle dédiée au Saint-Nom-de-Jésus et Saint-Luc des Landes fut construite dans la cour de ce manoir, et le 5 novembre 1664 Marie Pépin, veuve de Luc Seré, sieur de la Ville-Maleterre, y fonda une messe tous les dimanches et vendredis. Cette chapelle fut desservie par Jean Guichart (1702), — Julien Marié (1711) — et François Guichart, précepteur de Saint-Malo (1752) ; mais elle fut abandonnée avant la Révolution, car en 1790 sa fondation se desservait en la chapelle de la Ville-Gilles (Pouillé de Rennes). Le manoir possédait jadis un droit de haute justice. Son gibet à trois piliers se dressait au Clos de la Justice ou des Vertes-Vies, près de Ville-Blot. Propriété successive des familles Levesque seigneurs du Molant (en 1428), d'Ust (en 1454), le Bouteiller seigneurs de Maupertuis (en 1470), Seré seigneurs de la Pasquerie (vers 1620), Bourdas (en 1705), Nouail seigneurs de la Ville-Gilles (en 1739 et en 1789) ;

l'ancien manoir de Pont-Prins, situé route de Saint-Servan-sur-Mer. Propriété de la famille Chevalier en 1513 ;

l'ancien manoir de la Ville-Martère ou de la Ville-Maleterre (XVI-XVIIème siècle), situé route de Saint-Servan-sur-Mer. Il possédait jadis une chapelle privée dédiée à Notre-Dame-la-Blanche, reconstruite en 1707 et aujourd'hui disparue. Cette chapelle, fort ancienne, s'appelait aussi Notre-Dame de Maleterre, « capella B. M. de Malaterra ». En 1218, un différend s'éleva à son sujet entre les religieux du Mont Saint-Michel, d'une part, et Guillaume Le Moine, chevalier, Geffroy Yvas, son frère, et Haimon Maleterre, d'autre part. Gaultier, abbé de Rillé, délégué par le Saint-Siège pour mettre d'accord les dissidents, y réussit et adjugea à l'abbaye du Mont Saint-Michel les oblations faites en cette chapelle (Bibliothèque Nationale, Blancs-Manteaux, LXXXVI, 785). Elle fut desservie en 1563 par Bertrand Le Maczon, successeur de Nicolas Hovel, et en 1632 par Pierre Langronne, remplaçant Julien Morin. Mais à cette dernière époque le service en était fait à l'église paroissiale, parce que la chapelle était ruinée (nota : cette première chapellenie de Notre-Dame de Maleterre continua jusqu'à la Révolution d'être desservie en l'église paroissiale ; elle valait 40 livres de rente en 1750 et le recteur en présentait le chapelain). C'est pourquoi en 1707 Armand Danibielle, sieur de Saint-Jean, marchand à Saint-Malo, fit bâtir près de sa maison de la Chapelle-Maleterre un petit sanctuaire qui conserva le nom de Notre-Dame-la-Blanche ; il y fonda, par acte du 31 décembre 1707, deux messes par semaine pour lui, Claude Boylet, sa belle-soeur, et ses autres parents. Olivier Busnel fut pourvu de ce bénéfice le 13 mars 1708 ; il eut pour successeurs N. Blondel (1752), — Pierre Gilbert, décédé vers 1774, — et Joseph Radon. Le recteur, M. Chauvin, déclara en 1752 que Notre-Dame-la-Blanche appartenait alors à Jean Grout, seigneur de Bellesme, et qu'elle était desservie quatre jours par semaine, le dimanche compris, parce qu'on y avait uni la fondation de la Ville-Maleterre (Pouillé de Rennes). La chapelle Saint-Jean-Baptiste de la Ville-Maleterre fut bâtie par Pierre Seré et Bernardine Gaillard, sieur et dame de la Pasquerie, dans la, cour de leur manoir de la Ville-Maleterre, mais ils ne la fondèrent point de messes. Ce fut leur fils Jean Seré, sieur de la Chapelle, qui, le 17 décembre 1633, dota ce sanctuaire en y fondant quelques messes. En 1752 cette chapelle, appartenant à M. Grout de Bellesme, était en ruine, et sa fondation était desservie en la chapelle de Notre-Dame-la-Blanche (Pouillé de Rennes). On voit encore un colombier. Propriété successive des familles Billart (en 1513), Seré (au XVIIème siècle), Grout seigneurs de Bellesme (en 1752) ;

l'ancien manoir de la Blanch, situé route de Saint-Servan-sur-Mer. Il possédait jadis une chapelle privée, aujourd'hui disparue. Propriété de la famille Grout seigneurs de Bellesme au XVIIIème siècle ;

l'ancien manoir des Longs-Prés. Il possédait jadis une chapelle privée aujourd'hui disparue et bénite en 1720. La chapelle du Longpré (ou Longs-Prés) fut bâtie près de ce manoir par François Baillon, chevalier de l'ordre de Saint-Michel. Celui-ci demanda et obtint de l'ordinaire de transférer en ce nouveau sanctuaire la chapellenie de Lesnen, desservie à l'hôpital de Dinan et lui appartenant ; cette fondation consistait en quatre messes hebdomadaires, avec catéchisme et prière tous les dimanches au soir. Mgr des Maretz y donna son approbation le 7 mai 1720. En même temps, Laurent Rouault, chanoine de Saint-Malo, fut pourvu du bénéfice (Pouillé de Rennes). On y voyait aussi un colombier et une orangerie. Propriété de la famille Baillon en 1720 ;

l'ancien manoir des Villes-Bagues. La chapelle Sainte-Anne et Saint-Joseph, aujourd'hui disparue, fut bâtie par Gillette Roquet, dame de la Ville-Bague et veuve de Gilles Denouges, et bénite le 18 avril 1644 par Charles Treton du Ruau, vicaire général de Saint-Malo. Gillette Roquet avait fondé dès le 2 juin 1643 deux messes par semaine pour être desservies en cette chapelle le dimanche et le vendredi. Mais cette fondation fut augmentée plus tard, car en 1752 le rec­teur de Saint-Méloir-des-Ondes déclara qu'elle consistait en quatre messes hebdomadaires. Les chapelains de la Ville-Bague furent Julien Le Houx (1698), — François Guichart (1738) — et Jean Patard (1763). Ce dernier fut présenté par Charlotte de Combault d'Anteuil, veuve de Bertrand Mahé de la Bourdonnais, gou­erneur de l'île Bourbon et propriétaire de la Ville-Bague (Pouillé de Rennes). Propriété de Gillette Roquet veuve de Gilles Denouges en 1644, puis de Bertrand Mahé seigneur de la Bourdonnais au XVIIIème siècle ;

la Maison de l'Hôtellerie ;

le manoir de la Bardoulais (1751). Il possédait jadis une chapelle privée datée du XV-XVIème siècle. La chapelle Saint-Jacques de la Bardoulais se trouvait au bout du jardin de ce manoir. Le 18 septembre 1627, Richard Boulain et Jacquette Boulain, seigneur et dame de la Bardoulais, y fondèrent deux messes par semaine, les lundi et vendredi, et dotèrent cette chapellenie de 50 livres de rente. Mais cette fondation fut augmentée plus tard, et en 1752 Jean Michel, chapelain de la Bardoulais, recevait 200 livres par an pour les messes qu'il y disait « les dimanches et fêtes et autres jours de la semaine » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, fonds de Saint-Malo). Propriété successive des familles Bardoul (en 1513), Boullain (en 1634), Porée (en 1648 et en 1670), Pouliquen ;

l'ancien manoir du Domaine, situé non loin du village de la Beuglais ;

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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-MELOIR-DES-ONDES

La seigneurie des Landes : Le P. du Paz a écrit (Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 487), et tous les généalogistes bretons après lui ont répété que les terres seigneuriales des Landes et de Maupertuis furent apportées vers 1380 à Guillaume Le Bouteiller par sa femme Phelippote Gouyon. De cette assertion il n'y a qu'une partie de vraie : la famille Le Bouteiller acquit bien ainsi la terre de Maupertuis, mais elle n'eut que plus tard, et par suite d'une autre alliance, celle des Landes. Les manoir, terre et seigneurie des Landes, en la paroisse de Saint-Méloir-des-Ondes, appartenaient, en effet, en 1428 à Mahé Levesque, qui en rendit alors aveu au sire de Châteauneuf (Archives du château de Châteauneuf). Seigneur du Molant, chambellan du duc Jean V et veuf depuis 1397 de Seraine du Houx, Mahé Levesque en avait un fils, Guillaume Levesque, qui hérita de ses seigneuries, épousa Sibylle de Montbourcher et mourut dans la force de l'âge au mois d'août 1438 (Archives de Loire-Inférieure, voir Mordelles). La fille de ce dernier seigneur, Marguerite Levesque, épousa Jean d'Ust, seigneur dudit lieu, et lui apporta, entre autres seigneuries, celle des Landes, pour laquelle les deux époux firent aveu au sire de Châteauneuf le 2 novembre 1454 (Archives du château de Châteauneuf). Marguerite Levesque mourut le 20 janvier 1464. Elle laissait plusieurs enfants, parmi lesquels se trouvait Marguerite d'Ust, épouse en 1470 de Jean Le Bouteiller, seigneur de Maupertuis, auquel elle apporta la terre seigneuriale des Landes. Nous connaissons ce Jean IV Le Bouteiller, seigneur de Maupertuis et des Landes, ainsi que ses descendants, qui possédèrent durant tout le XVIème siècle ces deux seigneuries ; inutile donc de reproduire ici leur généalogie, donnée à propos de Maupertuis. René Le Bouteiller fut le dernier à posséder les Landes et Maupertuis ; après sa mort, arrivée à la fin de mai 1620, son frère et héritier, Pierre Le Bouteiller, ne put conserver que Maupertuis ; les Landes furent vendues, manoir, terre et seigneurie, et le tout fut acheté par Luc Séré, sieur de la Pasquerie, qui en 1624 prenait le titre de seigneur des Landes. Le 14 février 1636, le fils de ce dernier, appelé aussi Luc Séré, conjointement avec sa femme Marie Pépin, rendit aveu au sire de Châteauneuf pour les « manoir, terre et seigneurie des Landes » , qu'il possédait « tant de la succession de son père que de ses propres acquests » (Archives du château de Châteauneuf). Ce Luc II Séré, seigneur des Landes, mourut en 1641 et fut inhumé le 11 août ; sa veuve, Marie Pépin, lui survécut jusqu'en 1667. Leur fils, Luc III Séré, seigneur des Landes et secrétaire du roi, épousa, par contrat du 8 décembre 1653, Marguerite Magon, fille du seigneur de la Lande (Généalogie de la maison Magon, 6). Par contrat du 20 novembre 1705, Marguerite Magon, devenue veuve de Luc Séré, vendit de concert avec son fils, François-Joseph Séré, conseiller au Parlement de Paris, à Julien Bourdas, secrétaire du roi, les terre et seigneurie des Landes moyennant 56 000 livres (Archives du château de Châteauneuf). Celui-ci laissa les Landes à Jacques Bourdas, qui épousa Françoise de l'Epinay et mourut le 17 avril 1736, âgé de quarante ans (Abbé Pâris-Jallobert, Registres paroissiaux de Saint-Méloir-des-Ondes, 7). La terre seigneuriale des Landes fut alors vendue judiciairement et achetée en 1739 par Nicolas Nouail, seigneur de la Ville-Gilles, qui rendit aveu en 1751 au marquis de Châteauneuf pour son acquisition (Archives du château de Châteauneuf). En 1772, Jean-François Nouail, seigneur de la Ville-Gilles, possédait les Landes ; il avait épousé Françoise Moreau, qui mourut à Saint-Malo, âgée de trente-six ans, et fut inhumée le 12 avril 1774 dans l'enfeu des Landes en l'église de Saint-Méloir. Lui-même fut le dernier seigneur des Landes et décéda à Saint-Malo le 13 novembre 1790, âgé de soixante-cinq ans ; son corps, apporté à Saint-Méloir, fut inhumé près de celui de sa femme, dans la chapelle qu'il possédait en l'église paroissiale (Abbé Pâris-Jallobert, Registres paroissiaux de Saint-Méloir, 30).

La seigneurie des Landes se composait à l'origine de deux groupes de fiefs relevant l'un et l'autre de la châtellenie de Châteauneuf et s'étendant, le premier en la paroisse de Saint-Méloir-des-Ondes, le second en celle de Cancale (Déclarations de la seigneurie des Landes en 1454 et 1600). Les fiefs en Saint-Méloir étaient au nombre d'une dizaine et se nommaient : les Deniers, les Froments, la Fabrique, la Ville-Gautier, la Ville-Poulet, le Bourg, la Grande-Fontaine, la Roche, le Fief-Grignart et Trélabouët ; ils formaient ensemble une haute justice exercée au bourg de Saint-Méloir dans l'auditoire des Landes (Déclarations de la seigneurie des Landes en 1600 et 1705) ; le gibet de cette juridiction consistait en trois piliers élevés dans le clos de la Justice ou des Vertes-Vies, près la Ville-Blot. Au seigneur des Landes appartenaient, en l'église de Saint-Méloir-des-Ondes, une chapelle prohibitive avec banc et enfeu à droite du sanctuaire, un autre banc devant l'autel du Rosaire et le droit d'armoiries sculptées sur les murailles et peintes dans les verrières ; au XVIIIème siècle, on voyait encore ces écussons, qui portaient les armes des Le Bouteiller : d'argent à la bande fuselée de sable ; en 1600, on voyait même ce blason entouré du collier de l'Ordre du roi dans la maîtresse-vitre du temple (Déclarations de la seigneurie des Landes en 1600 et 1705). Le seigneur des Landes partageait avec celui de Châteauneuf, son suzerain, les coutumes levées sur les marchands à la foire de la Magdeleine en Saint-Méloir ; il avait de plus le droit de prendre seul « une pièce d'ouvrage de chaque espèce de marchandises étalées au champ de foire »  ; enfin il prélevait, ce jour-là, trois sols monnaie sur les offrandes déposées à la chapelle de Sainte-Magdeleine (Déclarations de la seigneurie des Landes en 1600). Les fiefs des Deniers et des Froments en Saint-Méloir avaient été quelque temps démembrés de la seigneurie des Landes : Pierre Le Bouteiller les avait vendus vers 1620 au sieur Heurtault, dont la petite-fille les revendit à Luc Séré le 19 février 1675. A la demande du seigneur des Landes, Louis XIV, par lettres patentes datées de février 1680, enregistrées à la Chambre des Comptes de Nantes le 2 août 1681, unit de nouveau ces fiefs à la seigneurie des Landes, le tout formant une haute juridiction (Archives de Loire-Inférieure, B 86 et 378). C'est cette réunion des fiefs de Saint-Méloir qui constitua dès lors la seigneurie des Landes telle qu'elle subsista jusqu'en 1789.

Mais nous avons dit qu'à l'origine cette seigneurie comprenait un second groupe de fiefs s'étendant en Cancale. Ces fiefs des Landes en Cancale — mentionnés dans les aveux de 1454, 1502 et 1600 — furent vraisemblablement distraits de la terre seigneuriale et vendus vers 1620 par Pierre Le Bouteiller. Ils appartenaient quelques années plus tard à Guy de Cleuz, seigneur du Gage en Roz-Landrieux ; saisis par les créanciers de ce seigneur, ils furent vendus judiciairement le 6 juillet 1649 et achetés, ainsi qu'une île en mer nommée l'île des Landes, par François Porée et Jacquette Trublet, sa femme, seigneur et dame des Quatre-Voies en Cancale (Archives du château de Châteauneuf). Ces fiefs formèrent dès lors ce qu'on appela la seigneurie des Landes en Cancale, que possédèrent successivement ensuite : en 1687 Etienne Porée, fils des acquéreurs, et Marie Eon, sa femme ; — Pierre-Servan Porée, fils des précédents, mort avant 1730 et époux de Marie Tréhouart ; — en 1730 Marie-Guyonne Simon, femme d'Henri Tirel, sieur de la Martinière, et fille d'Eugénie Porée, épouse de Jacques Simon. — A la mort de Marie-Guyonne Simon, arrivée le 2 décembre 1761, son fils aîné Louis Tirel, sieur de la Martinière, devint seigneur des Landes ; il épousa Olympe Le Bonhomme et vendit en 1774 la seigneurie des Landes en Cancale à Nicolas-Auguste Magon de la Lande, seigneur du Plessix-Bertrand (Archives de Loire-Inférieure, B 779). Quatre bailliages formaient la seigneurie des Landes en Cancale ; ils se nommaient : le Grand bailliage des Deniers et Froments, le bailliage des Avoines, celui de la Garde et celui de Recouvrée. Ils avaient été vendus en 1649 comme jouissant d'une haute juridiction, mais au siècle dernier ils étaient considérés comme n'ayant qu'une moyenne et basse justice. Entre autres redevances du Grand bailliage des Deniers figuraient des paniers d'huîtres et des harengs frais. L'aveu de 1454 mentionne aussi comme faisant partie de cette seigneurie « des pescheries, garennes et tentes à faucons sises en la paroisse de Saint-Méen (de Cancale) ». Il ne semble pas avoir eu d'autre domaine proche en la seigneurie des Landes en Cancale que l'île des Landes et un moulin à vent (Archives du château de Châteauneuf). 

Tout ce que possédait le seigneur des Landes, tant en Saint-Méloir qu'en Cancale, était tenu de la châtellenie ou marquisat de Châteauneuf à simple « debvoir de foy, hommage, rachapt et chambellenage » (Archives du château de Châteauneuf). Il nous reste à parler du domaine proche des Landes en Saint-Méloir, c'est-à-dire de la terre seigneuriale proprement dite des Landes. L'ancien manoir des Landes était assez considérable au XVIème siècle pour contenir une garnison ; en 1590, le capitaine ligueur des Coudrayes s'en était emparé et y tenait le parti du duc de Mercœur (Abbé Pâris-Jallobert, Registres paroissiaux de Saint-Méloir-des-Ondes). Flanqué de pavillons et de tourelles, il occupait une cour fermée de murailles qu'entouraient des « douves levées et fossez ». Dans cette cour se trouvaient un colombier, une orangerie, une remise à carosses et une chapelle fondée en 1664 par Marie Pépin, veuve de Luc Séré. Autour du manoir s'étendaient des bois, des rabines et un étang (Déclarations des Landes en 1600 et 1705). Un moulin à vent et un auditoire au bourg de Saint-Méloir-des-Ondes complétaient avec la métairie des Landes le domaine proprement dit de ce nom ; mais avant le XIXème siècle on y adjoignit les métairies du Bouillon, de la Ville-Gilles et de la Ville-Séré, qui l'avoisinaient (Déclarations des Landes en 1600 et 1705). A la fin du XIXème siècle la terre des Landes n'est plus qu'une grande ferme où l'on retrouve cependant encore les vestiges de l'ancienne importance seigneuriale du lieu (abbé Guillotin de Corson).

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 16 nobles de Saint-Meloir-des-Ondes

Pierre BARDOUL de Bardoulhaye (50 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Benest BONNIER : défaillant ;

Estienne BUSSON (20 livres de revenu) : défaillant ;

Estienne DE COULOUBIERES de Villemartere (60 livres de revenu) : excusé comme gardant la ville de Saint-Malo ;

Olive DE QUEBRIAC de Bulleczin (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

François DE PORCON (50 livres de revenu) : défaillant ;

François DE QUELEMER (50 livres de revenu) : excusé comme gardant la ville de Saint-Malo ;

Jehan DE SAINT-PERE (20 livres de revenu) : défaillant ;

Estienne DU BODOU de la Trehenaye (80 livres de revenu) : défaillant ;

Bertrand JONCHEE : défaillant ;

Jehan LE HUCHETEL de la Jannaye (20 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan LONEILL (10 livres de revenu) : défaillant ;

Messire Jehan LOUVEL (30 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan MALLETERRE de Ciom (50 livres de revenu) : excusé comme gardant la ville de Saint-Malo ;

Estienne ROGIER (40 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan ROGIER : défaillant ;

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