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SAINT-AVE |
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La commune de Saint-Avé ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-AVE
Saint-Avé doit son nom à un certain Saint-Tévé qui, au Vème siècle, quitta la Grande-Bretagne pour s'établir en Armorique.
Saint-Avé (-d'en-Bas) est un démembrement de la paroisse de Vannes vers l'an 1000. Saint-Avé, dont le nom indique une formation tardive, englobait autrefois le territoire de Meucon, ancienne maladrerie.
On comptait jadis sur le territoire de Saint-Avé de nombreuses seigneuries. Saint-Avé est érigé en commune en 1790.
On rencontre les appellations suivantes : Sainct Eve (en 1427, en 1448, en 1464, en 1536), Sainct Evve (en 1477).
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PATRIMOINE de SAINT-AVE
l'église Saint-Gervais et Saint-Protais (XVème siècle). Cette église succède à un ancien sanctuaire. Elle est reconstruite en plusieurs étapes : d'abord par le recteur Jean Panhéleux, puis par son successeur M. Baron au XIXème siècle. De l'ancienne église, il ne reste que les croisillons où l'on voit des fenêtres en tiers-point à réseau flamboyant. Les seigneurs de Beauregard avaient jadis leur enfeu dans le croisillon Nord, ceux de Lesnevé le leur dans le croisillon Sud. La nef a été refaite entre 1831 et 1834 et le clocher est coiffé d'une flèche en 1879. Le retable date du XVIIème siècle et provient de l'ancienne église. Ce retable est orné des statues de saint Gervais et saint Protais entourant un tableau représentant la Sainte-Famille. La niche supérieure abrite une statue de la Vierge à l'Enfant. L'inscription portée au-dessus du retable évoque le don d'un militaire disparu lors de la prise de Sébastopol : "Autel privilégié à perpétuité obtenu du Saint-Père Pie IX en 1850 par le colonel Baron de Camas tué à Ikerman Crimée 5 novembre 1854". La tribune porte, elle, une inscription bretonne "E 1858, é gré en dud gentil Panhéleux, person Sent-Evé hag A. Carieu, mèr, V, Boché à Veucon e ras el letrin men. Bléveunec trésorier" (en 1858, du temps de Messieurs Panhéleux, recteur de Saint-Avé et d'A. Cério, le maire, V, Boché de Meucon fit cette tribune. Bléveunec trésorier). On y conserve un curieux coffret argenté du XVème siècle, orné de personnages et de scènes en lettres gothiques : AMYS, AMYS (sans doute un coffret de mariage) ; | |
la chapelle Notre-Dame-du-Loc (1475 - 1494), édifiée par Olivier de Peillac et André de Coëtlagat, recteurs de Saint-Avé, comme l'atteste l'inscription sur la sablière du choeur : "Mestre O. de Peillac, chanoyne de Guérande et recteur de Saint-Avé fit f. ceste ouvre l'an mil CCCcLXXV", et la sablière de la nef : "Ou loyal temps de mastre Olivier de Peillac, chanoine de Guérande, maistre André de Coetlagat recto de Saint-Avé fist achever ceste chapele en l'an mil CCCcIIIIxx, et XIIII". Il s'agit d'un lieu de pèlerinage. Le chantier est commencé en 1475 par le choeur et terminé en 1494. C'est un édifice en forme en croix-latine terminé par chevet plat percé d'une grande fenêtre à meneaux flamboyants. La restauration de 1913 touche principalement la nef et le transept et on a eu soin de conserver intacte la façade occidentale dont le pignon à rampants décorés s'élève entre deux contreforts obliques amortis de pinacles. Un porche peu saillant, surhaussé au moment de la restauration et dont les voussures sont à cintre de plus en plus brisé sous un fronton triangulaire à redents, s'ouvre sous un grand oculus. La charpente est en forme de carène de navire renversée avec lambris à clefs pendantes sculptées. Sur les sablières se voient de nombreux écussons aux armes de Peillac, Lestrelin de Lesvellec, Benoît de Lesnevé, Coëtlagat, Cantizac, Rieux, Rochefort, Rieux-Malestroit, etc ... Au croisillon Nord, une fenêtre en tiers-point dont le réseau dessine une fleur de lis semble indiquer que ce croisillon est la partie la plus récente de la construction. Les fenêtres de la nef datent de la restauration de 1913. A la grande fenêtre du chevet se voient des fragments de vitraux du XVIème siècle. La nef comporte un calvaire à personnage en bois sculpté et peint, donnée en 1500 par le recteur André de Coëtlagat : le Christ en croix est flanqué de deux consoles supportant les statues de la Vierge et de saint Jean. Lautel et le retable datent du XVème siècle. Il faut noter également une très belle statue en pierre polychrome de la Vierge à l'Enfant du début du XVème siècle, un retable en albâtre du XVème siècle et deux retables en granit de la fin du XVème ou du début du XVIème siècle. L'un des retables de granit représente l'Annonciation et l'Adoration des Mages, et l'autre retable représente en haut-relief la Crucifixion, le Couronnement de la Vierge, les saintes Catherine, Madeleine et Marguerite. Le maître-autel comporte sept panneaux d'albâtre où figurent des personnages de la Bible. On y voit encore une statue de la Vierge en bois doré du XVIIème siècle, et un beau bénitier de granit à huit pans sur pied octogonal décoré des armes de Peillac et de Cantizac. Dans les transepts il y a de nombreux saints et saintes dont sainte Marguerite (représentée les mains ouvertes, debout sur un dragon) et saint Colomban ; | |
la chapelle Saint-Michel (1524), restaurée au XIXème siècle. Cette chapelle est édifiée à l'emplacement d'un sanctuaire païen primitif (confirmé par la présence de ruines romaines sur le site). Il s'agit d'une petite chapelle rectangulaire, construite de 1524 à 1536, sous la direction de maître Pierre Chohan, chanoine de Vannes, recteur de Saint-Avé. Un clocheton carré en pierre s'élève sur le pignon occidental, sous lequel s'ouvre un joli portail flamboyant. Le clocheton est refait à la fin XIXème siècle et la sacristie est accolée au pignon du choeur en 1831. La porte Sud, en anse de panier sous une accolade, est ornée de personnages sculptés. Des additions modernes, à l'Est, ont bouché en partie la grande fenêtre du chevet à réseau flamboyant. La chapelle est couverte d'une charpente à sablières et entraits sculptés. On y voit également une piscine flamboyante ; | |
la chapelle de Kerozer (XV-XXème siècle), reconstruite en 1900. On y trouve à proximité, un colombier et une fontaine qui datent de 1766. Les principaux ajouts sont faits au début du XXème siècle par l'architecte Bourdillat ; | |
la chapelle Notre-Dame-de-Mangolérian (XVème siècle) ; | |
la chapelle de Lesvellec (1882), située au centre hospitalier spécialisé de Lesvellec. Elle a été édifiée d'après les plans de l'architecte Maigné et elle est en forme de croix grecque. Elle comporte quatre sacristies et son porche est coiffé d'un clocher à lanternon polygonal à dôme ; | |
la croix-calvaire (XVème siècle), située dans l'enclos de la chapelle Notre-Dame-du-Loc. Il possède un médaillon quadrilobe qui occupe le centre de la croix : on voit d'un côté le Christ entre la Vierge et saint Jean, de l'autre la Mère et l'Enfant entourés de quatre anges musiciens ou encenseurs. Le socle est décorés de scènes et de personnages sculptés sous des arcatures : l'Annonciation, saint Jean Baptiste, saint Jacques, saint Pierre, saint Paul, sainte Madeleine et sainte Catherine ; | |
la fontaine (XVIIème siècle), située dans l'enclos de la chapelle Notre-Dame-du-Loc ; | |
le château de Rulliac (XVème siècle). La façade date de 1555. Propriété successive des familles Bodeven (Jehan Bodeven en 1427), Lestrelin (vers 1460), Arz (XV-XVIème siècle), Brodeven ou Bodeven, Rolland, Arradon (au XVIIème siècle), Lantivy, La Haye, Viel de Poulpry, Argence, Filhol de Camas (1767), Le Diberder (avant 1967) et Dubois (en 1967). La chapelle privée a aujourd'hui disparu ; | |
le château de Kerozer ou Kerozet ou Kerrozet (XVIème siècle). Siège d'une ancienne seigneurie mentionnée en 1427 comme propriété de la famille Clérigo ou Cleregou (Olivier Le Cleregou en 1427). Propriété successive des familles Clérigo (jusquen 1515), La Bourdonnaye (1515 à 1753), Kermoysan (en 1710), de la baronne de l'Epée (en 1865), puis de la communauté des Frères des Ecoles chrétiennes (vers 1946). On y trouve une chapelle privée, un colombier, un étang et un vieux moulin. L'édifice primitif a été restauré en 1895. Il sert de maison de retraite depuis 1949 ; | |
le château de Beauregard (XVIII-XIXème siècle), encore appelé autrefois Kerpihuiry. Propriété successive des familles Montigny (XVII-XVIIIème siècle), Le Prestre de Châteaugiron (en 1783), Quermeleuc (en 1793), Achille Vigier (1831 à 1896), Aubert de Courcerac (au XIXème siècle), Douillard (en 1871), et Guyot d'Asnières de Salins (1883). La chapelle privée a disparue. C'est dans ce château qu'est signé la paix le 14 février 1800, entre le chef royaliste Georges Cadoudal et le général Brune. L'agrandissement du château est attribué à Achille Vigier ; | |
l'ancien château de Plaisance (XVème siècle), dont les ruines ont disparu au XVIIème siècle. Ce château était encore surnommé "l'Hôtel de Garo". Propriété successive du Sire de Quintin (avant 1433), du duc Jean V (en 1433), et de François, comte de Montfort. Devenu duc de Bretagne en 1442, François de Montfort y séjourne fréquemment et y meurt le 19 juillet 1450. L'édifice devient ensuite la propriété de l'abbaye de Prières (en 1486). Inhabité, il tombe en ruine dès 1637 ; | |
le manoir de Kermelin (XVème siècle). Siège d'une ancienne seigneurie connue dès 1440 et appartenant au sire de Kermelin. On mentionne Jehan Raoul et/ou Alain Le Gourvinec en 1427. Propriété de la famille Saulnier de la Pinelaye (XVIIIème siècle), du docteur Fouquet (en 1861), de la famille Fanneau de La Horie et de la famille Evariste Lefeuvre. Ce manoir est flanqué en arrière d'une tour-d'escalier coiffée d'un toit tonique. On y voit un beau puits ; | |
le château de Coëtdigo ou Coedigo. Siège d'une ancienne seigneurie appartenant successivement aux familles Quelen, Trévégat, Cillart. Le logis à tourelle a été édifié en 1588 par Jacques Colombel (drapier de Vannes). Le château est la propriété successive des familles Delourme (de 1719 à 1729), Cornulier, Ménardeau (au XIXème siècle), La Bourdonnaye, Botherel et Jacques de Courcy (depuis 1974) ; | |
le château de Tréviantec. Siège d'une ancienne seigneurie appartenant à la famille Dars ou d'Ars (en 1469), puis à la famille Bégaud (en 1636). Propriété de Donnoal d'Arz ou d'Ars en 1427, 1464 et 1481. Restauré vers 1980, il est aujourd'hui la propriété de la famille Pierre de Givré ; | |
le manoir de Lesnevé. Siège d'une ancienne seigneurie appartenant successivement aux familles Benoist (Eon Benoist en 1427, et Jehan Benoist en 1464 et 1481), Jégo et Rosmadec (en 1560 et 1640). Il possédait autrefois une chapelle privée ruinée avant 1890 ; | |
le manoir de Lesvellec. Siège d'une ancienne seigneurie appartenant successivement aux familles Lesterlin (Olivier Lesterlin en 1427), Sécillon (en 1460), Dars ou D'Ars, Lantivy et La Haye. Il possédait autrefois une chapelle privée disparue avant 1890 ; | |
le manoir de Trébrat. Siège d'une ancienne seigneurie appartenant en 1680 à la famille Couturié. Le manoir possédait autrefois une chapelle privée désaffectée en 1890 ; | |
le manoir de Bolloré ; | |
le manoir de Kreisker pu Kreis Ker (XVII-XVIIIème siècle), situé sur la Place de la Mairie, à proximité de l'église paroissiale de Saint-Avé. Aujourd'hui, propriété de la commune de Saint-Avé et transformé en Maison des Associations. L'édifice est épaulé par une grosse tour-pigeonnier ; | |
les moulins à vent de Poignant, de Rulliac, du bourg, et les moulins à eau de Castric, de Guern, de Lanquo, de Kerrolet, Tréalvé, Kerhat, Fonteunchode, Kerozet (ou Kerozer), de Clérigo (Castric et Kerrolet sont des moulins à foulon) ; |
A signaler aussi :
la villa romaine de Tréalvé ; | |
deux voies romaines traversent Saint-Avé du Sud au Nord ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-AVE
Lors de la réformation de 1427, on comptabilise la présence de plusieurs nobles à Saint-Avé : Donnoal d'Arz (Tréviantec), Ollivier Lesterlin (Lesvellec), Perrot Le Taffle (Berval), Perrot Even et Jehan de Kerlouenen (Kerboten), Jehan Bodeven (Rulliac), Jehan Le Mabigan (Liscuit), Ollivier Le Cleregou et Jehan Connan (Kerozer), Robert Scobin et Ollivier du Coedic (Lescran), Jehan Couetcandeuc et Ollivier Le Magoairou (au bourg de Saint Avé), Allain Beaussire et Perrot Morel (le bourg d'en bas), Eon Fontammont (Fontenhont), Perrot Brillac et Eon de Lesnaré (Lissauce), Jehan Le Feic et Thomas Le Tarbuguel (Trébrat, en Magouer), Eon Benoist (Lesnevé), Eon de Villart (Keroallet, en Kermelin), Jehan Raoul et Allain Le Gourvinec (Kermelin).
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464, on comptabilise la présence de 11 nobles de Saint-Avé :
Ollivier PHELIPOT (20 livres de revenu) : porteur d'un paltoc et d'une salade (casque), comparaît armée d'une épée et d'une javeline ; | |
Donoual d'ARS (400 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armé d'une hache et d'une épée ; | |
Eon LE TAFFLE (20 livres de revenu) : porteur d'un paltoc et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'un arc ; | |
Ollivier LE MAINGNAN (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'une vouge ; | |
Eon de LOQMERIN (40 livres de revenu) ; | |
Jehan LESTRELIN (400 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et d'une salade, comparaît armé d'une épée, avec des harnois de jambes ; | |
Jehan de FONTENEMOND (40 livres de revenu) : porteur d'un paltoc et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'une vouge ; | |
Ollivier du CLERIGO (50 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée, avec des harnois de jambes ; | |
Jehan BENOIST (70 livres de revenu), remplacé par Pierre du Besit : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'une vouge ; | |
Pierre CHOHAN (50 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'une vouge ; | |
Loys de TARBUGUEL : porteur d'un paltoc et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'une vouge ; |
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence de 13 nobles de Saint-Avé :
Ollivier LE MAIGNAN, remplacé par Georget Davy : comparaît en archer ; | |
Ollivier du CLERIGO : comparaît en archer ; | |
Ollivier LE TAFFLE : comparaît armé d'une vouge ; | |
Eon LE TAFFLE ; | |
Ollivier PHILIPOT ; | |
Donoual d'ARZ, remplacé par Jehan d'Arz : comparaît en archer ; | |
Allain GUILLONNEAU : comparaît en archer ; | |
Allain LESTRELIN et Jehan BENOIST : comparaissent en archer ; | |
Jehan de LOCQUIRRIN, remplacé par son fils François : comparaît en archer ; | |
Phelippe de FONTAINEMONT : porteur d'un paltoc ; | |
Morice PRIEUR et sa femme Jehan Ducay : comparaît armé d'une vouge ; | |
François du CAY, remplacé par Jehan Josso son tuteur ; |
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