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PLUDUNO

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La commune de Pluduno (bzh.gif (80 octets) Pludunoù) fait partie du canton de Plancoët. Pluduno dépend de l'arrondissement de Dinan, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLUDUNO

Pluduno vient du breton « plou » (paroisse) et de « dun » (position élevée) ou du nom d'un saint breton inconnu Tutgnou (Tuznou ou Tudnou).

Pluduno est une ancienne paroisse primitive qui englobait jadis outre le territoire actuel de Pluduno, ceux de Landébia, Saint-Lormel et Plancoët.

Ville de Pluduno (Bretagne).

Pluduno est une paroisse dès 1423 d’après un acte du duc Jean V (n° 1553). La paroisse de Pluduno dépend primitivement de Jugon : en 1341, Charles de Blois fait donation du lieu-dit La Ville-Hamon à Etienne Goyon. La chapelle Notre-Dame de Bellenray (ou Bellanray), aujourd'hui située en Saint-Lormel, faisait partie dès 1163 de Pluduno : elle est mentionnée en 1613 parmi les possessions de l'abbaye de Saint-Jacut. Un prieuré-cure, dépendant de l'abbaye de Saint-Jacut, y est cité dans une Bulle papale de 1163.

La paroisse de Pluduno a toujours fait partie du diocèse de Saint-Brieuc. L'ancienne paroisse de Pluduno dépendait de la subdélégation de Lamballe et du ressort de Jugon. La cure était à l'alternative. Durant la Révolution, la paroisse de Pluduno dépendait du doyenné de Plancoët. Pluduno élit sa première municipalité au début de 1790.

Le territoire de la commune de Pluduno est diminué deux fois :

par la cession du village du Verger à la commune de Plancoët (loi du 19 mars 1841) ;

par la cession de toute la section du Val, à la commune de Saint-Lormel (loi du 15 février 1864) ;

On rencontre les appellations suivantes : Eccl. de Pludunou (vers 1330), Par. de Pledunou (en 1341), Pluduno (en 1350, en 1423, en 1426).

Ville de Pluduno (Bretagne).

Note 1 : Renseignements économiques et statistiques. — Superficie en 1862 : 3.396 hectares. — En 1889 : 2.779 hectares. (Cette paroisse a subi plusieurs démembrements). Population. — En 1774 : 26 naissances, 51 décès, 25 mariages (Archives d'Ille-et-Vilaine, C 1408). En 1795 : 38 naissances, 30 décès, 28 mariages. En 1790 : 2.026 habitants, sur lesquels 591 hommes, dont 284 citoyens actifs, la journée de travail cotée 10 sols, 664 femmes, 771 personnes des deux sexes au-dessous de 18 ans. En 1795 : 2.010. — En 1803 : 1.663. — En 1838 : 2.124 habitants. — En 1855 : 2.310. — En 1862 : 2.335. — En 1870 : 1.946. — En 1880 : 1.940. — En 1889 : 1.893. — En 1913 : 1.617. — En 1922 : 1.435. Impôts. — Nous renvoyons pour les chiffres payés avant 1789 à l'ouvrage de MM. Sée et Lesort (Cahiers de Doléances de La Sénéchaussée de Rennes, III, p. 684-687). — En 1790 : vingtièmes : 3.863 livres 15 sols ; capitation : 1.767 livres 10 sols ; fouages : 1.238 livres 2 sols. — En 1803 : contributions foncières : 7.930 frs ; mobilières, 990 frs, plus deux vicaires à rétribuer 800 frs. Administration. — Sous l'ancien régime, Pluduno dépendait de la sénéchaussée de Rennes et de la subdélégation d'intendance de Lamballe, ainsi que du duché de Penthièvre. En 1790, il fit partie du district de Dinan et du canton de Plancoët. Il fut rattaché à la municipalité cantonale de cette dernière localité en 1795. Enfin lors du Consulat, Pluduno fut compris dans l'arrondissement de Dinan et continua de dépendre du canton de Plancoët (abbé Auguste Lemasson).

Note 2 : la commune de Pluduno est formée des villages : la Grignardais, la Ville-Echet, la Ville-Guérin, la Morvenais, la Ville-Neuve, la Fleuriais, le Bois-Feillet, la Ville-Briend, Croix-Landier, les Clos, la Saudrée, la Touche-Riche-Bois, la Ville-Robert, la Ville-Batais, la Ville-Minguen, etc ...

Ville de Pluduno (Bretagne).

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PATRIMOINE de PLUDUNO

l'église Saint-Pierre (1863). En forme de croix latine, elle com­prend un clocher extérieur avec tribune, une nef avec bas côtés de cinq travées, un transept, un choeur à chevet polygonal, accosté de deux chapelles ouvrant également sur le transept. Dûe aux plans de M. Maignan, sa première pierre fut bénite le 13 septembre 1863 et elle fut achevée le 11 décembre 1864. La consécration eut lieu le 25 septembre 1877. L'ancienne église avait été bâtie en 1470. Elle possède une statue de sainte Ayde et de saint Pierre. La chaire, datée de 1895, est l'oeuvre de Le Merrer ;

Eglise de Pluduno (Bretagne).

Nota 1 : Renseignements ecclésiastiques. — Sous l'ancien régime, la paroisse de Pluduno faisait partie de l'ancien évêché de Saint-Brieuc et de l'archidiaconé de Penthièvre. D'après Ruffelet : Annales Briochines, 2ème éd. p. 206, le baron de la Hunaudaye était seigneur supérieur et fondateur dans l'église de cette localité, laquelle écrit Gaultier du Mottay « est placée sous le patronage de saint Pierre, a été remaniée à différentes époques et récemment reconstruite presque en entier. Elle ne conserve de son passé qu'une maîtresse vitre datant de 1470 » (Auteur cité : Géographie des Côtes-du-Nord, p. 386). D'après un état du 10 novembre 1796, cet édifice mesurait alors 50 pieds de long. En 1746, les habitants de la paroisse avaient dépensé 600 livres à réparer son clocher (Archives d'Ille-et-Vilaine, C 1209). En 1746, le seigneur du Plessis-Trehen déclarait posséder dans l'église de Pluduno, « la chapelle dédiée à saint Gilles, sise dans le choeur et au costé de l'Evangile, laquelle dit lui estre prohibitive pour raison de la terre de la Touche-Richebois » (G. de Corson : L'abbé de Kergu, p. 16). En 1767, les Gautier du Boisjançon possédaient deux pierres tombales dans le choeur de l'église de Pluduno, proche l'escabeau du Plessis-Méen. Nous trouvons aussi mentionné dans cet édifice une chapelle dédiée à saint Jacques en 1755. Les Pouillés de Tours publiés par Longnon, p. 354, nous montrent la paroisse de « Pludunou » taxée 4 livres en cour de Rome l'an 1330, c'est le chiffre le plus élevé parmi toutes les paroisses de l'archidiaconé de Penthièvre, ce qui semblerait indiquer qu'elle devait présenter le chiffre de revenu le plus considérable. — En 1516 d'après le compte reproduit par de Courson à la page 566 du Cartulaire de Redon, in-4°, Paris, 1863, le recteur de Pluduno était taxé XVIII livres c'est-à-dire beaucoup plus que la plupart de ses collègues. Ce même auteur signale la cure de Pluduno comme étant à l'alternative, c'est-à-dire à la présentation du pape et de l'évêque, chacun en leurs mois. Ruffelet dit la même chose dans ses Annales Briochines et cette situation durait encore au moment de la Révolution Française, bien que D. Noël Mars à la p. 87 de la 1ère édition de son Histoire du Roy. Monastère de Saint-Jacut (1912), prétende que Pluduno fut autrefois à la présentation de l'abbé de Saint-Jacut. C'est vraisemblablement à cause de son riche revenu que Mgr Denis de Barde, lors de la création du Grand Séminaire de Saint-Brieuc, y rattacha, avec le consentement du recteur de céans, les rentes de cette cure (Anciens Evêchés de Bretagne, I, p. 326). Mais ce dépouillement ne dut pas satisfaire dans la suite les successeurs de ce très désintéressé pasteur, qui entamèrent un procès avec l'évêque pour faire annuler cet arrangement, mais ils furent déboutés de leur requête en 1681 (Anciens Evêchés de Bretagne, I, p. 329). Le 17 mai 1706, le recteur de Pluduno déclarait posséder la jouissance de la maison presbytérale, avec cour, jardin et une pièce de terre appelée la Chesnaie, le tout contenant environ deux journaux. Il levait la dîme à la 36ème gerbe sur la plus grande partie de la paroisse et pour les lieux où il ne la lève pas, il reçoit 2 mines de paumelle des religieux de Saint-Aubin et autant du seigneur de la Ville-Meneuc, lesquelles il estime ensemble à 48 livres. Il louait en outre divers traits de dîmes 80 livres ; 62 livres ; 78 livres ; 127 livres ; 50 livres ; 145 livres et 30 livres, suivant leur importance. Signé : Lefebvre, recteur de Pluduno (Archives des Côtes-d'Armor, série G). Un état des décimes du diocèse de Saint-Brieuc nous apprend qu'en 1788, le recteur de Pluduno payait chaque année pour 50 livres de décimes. D'après un compte présenté le 29 mai 1790 des revenus de sa cure par le recteur de Pluduno, voici comment il les dénombrait : 7 traits de dîmes affermés 746 livres, plus pour les dîmes tenues par main ; 96 boisseaux de froment, mesure de Plancoët, à 8 livres le boisseau, soit 768 livres ; 25 boisseaux de mouture à 6 livres le boisseau, soit 150 livres ; 80 boisseaux de blé noir à 4 livres le boisseau, soit 320 livres ; 40 boisseaux d'avoine à 3 livres le boisseau, soit 120 livres ; 16 boisseaux d'orge à 4 livres le boisseau, payables sur une dîme appartenant aux religieux de Saint-Aubin, soit 64 livres ; 16 boisseaux d'orge payables dans les mêmes conditions sur une dîme appartenant à la ci-devant seigneurie de la Villemeneuc, soit 64 livres. — 2.000 l. de lin à 30 livres le mille, soit 60 livres ; plus la jouissance d'un verger de deux arpents, ce qui constitue un total de 2.328 livres de revenu brut. Sur cette somme, le recteur devait déduire 300 journées d'hommes à ramasser, battre, vanner et rideler les grains, soit 300 livres, 100 journées de femmes aux mêmes travaux, soit 175 livres. — La valeur des pailles soldait les charrois. — Le traitement d'un vicaire, soit 350 livres. — Payer pour vingtièmes et fouages : 109 livres ; pour capitation : 36 livres ; pour son tiers de la contribution patriotique : 50 livres, soit au total : 920 livres, lesquelles déduites du revenu brut, il restait 1.407 livres net pour le recteur. Sans que nous en puissions estimer la valeur, nous savons que d'autres dîmes que celles énumérées ci-dessus se levaient encore à Pluduno : ainsi le seigneur de Largentaye (l'Argentaye) récoltait une dîme dite de « Pluduno » et le seigneur du Plessis-Trehen en percevait une autre en 1789 appelée « grande dîme de Pluduno ». Enfin Saint-Aubin-des-Bois possédait elle aussi la dîme de la Pritiére, louée 36 livres annuellement. En 1703, Nicolas Fouquet, abbé commendataire de Saint-Jacut, déclarait posséder à Pluduno une fief et bailliage valant 15 sols d'argent et 80 boisseaux 6 godets de grains, plus la dîme de Belanray, un moulin à eau, un moulin à fouler en ruines, 6 journaux de terre abandonnés et 8 boisseaux 2 godets de froment, dus à la pitance des religieux sur le village de la Guerrande (Archives de Loire-Inférieure, B 820). D'après un compte des trésoriers de l'église de Pluduno, dressé en 1680, en notre possession, les recettes s'étaient élevées cette année à 136 livres et les dépenses à 93 livres 15 sols. Parmi les recettes, nous notons 19 livres 19 sols 4 deniers offertes à la tasse Notre-Dame ; trois cochons de lait donnés à l'église vendus 46 sols 8 deniers ; du blé, du blé noir, du fil, de la laine, du lin, aussi offerts à l'église avaient produit 20 sols ; le beurre en petits pots et en grands pots 12 livres ; les noeuds d'échine 2 livres. Viennent ensuite, l'énumération des rentes dues à l'église : 2 boisseaux de froment payés chaque année par les seigneurs du Guébriand et du Boisfeillet ; 3 boisseaux par le seigneur de la Mettrie-Martin (Monchoix). Un dû par les seigneurs du Plessis-Méen et de la Ville-Varet (ce dernier payant pour la Ville-Guérin) ; un autre dû par le seigneur de Kergu pour la Grignardais, et un dernier par le Plessis-Trehen, sans compter 27 autres débiteurs que nous passons sous silence pour ne pas être interminable. Parmi les dépenses, citons 58 sols payés aux trésoriers de Plancoët, Saint-Lormel, Pléven et Landébia pour leur assistance à la procession le jour du pardon du Saint-Sacrement ; 25 livres pour l'entretien de la lampe du sanctuaire ; 3 livres 7 sols pour l'achat des registres de baptêmes, de décès et de mariages ; 35 sols pour le droit de visite de M. l'archidiacre ; 6 livres au prédicateur du carême. Sur le compte de l'année précédente, figurent à peu près les mêmes recettes et les mêmes dépenses. Les premières se montant à 140 livres 11 sols et les secondes à 98 livres 7 sols. La série G aux Archives des Côtes-d'Armor contient le détail des fondations de Pluduno en 1706 : c'étaient celles de Madeleine Carré, laquelle par son testament du 12 février 1655, avait fondé une messe annuelle moyennant 9 livres de revenu ; celle de messire François Briand, prêtre, valant 20 livres ; celle dite de Mouille-Pieds valant 13 livres ; celle de Pierre Hingand : 25 livres ; celle de Briand-Lemoine : 8 livres et celle de Jean Bameulle : 14 livres. — Nous avons aussi relevé qu'une rente foncière de 5 boisseaux de froment dus à l'église de Pluduno en 1790 sur plusieurs héritages alors possédés par Luc Brouard, du Plessis-Méen, fut cédée à l'hôpital de Dinan le 8 septembre 1801 (Archives Personnelles). Citons aussi, à propos d'acte ancien la nomination d'un marguillier-bedeau le 25 avril 1717 ; ce modeste, mais précieux auxiliaire du recteur, appelé François Salmon, dut s'engager par serment à s'acquitter de sa charge du mieux qu'il lui serait possible et spécialement d'ouvrir et de fermer personnellement les portes de l'église, de remettre les clefs au presbytère, de sonner l'Angelus aux heures ordinaires, servir les messes lorsqu'il en serait requis de MM. les prêtres sonnant trois sons de cloches pour l'appeler en cas d'absence, balayer l'église, blanchir le linge des autels, allumer la lampe, sonner les sons ordinaires, sonner pour les défunts, creuser les fosses en observant les arrêts et règlements de la Cour, et faire en général tous les services que le marguillier doit rendre à l'église, à peine en cas de défaut et de négligence de perdre sa place. Comme rémunération, le « général » de la paroisse de Pluduno lui accorde le droit de « quester par toute la paroisse en la manière accoutumée » auquel s'ajoutait le salaire « qu'il recevrait des héritiers des défunts auxquels il creusait des sépultures ». Il y avait plusieurs chapelles en Pluduno avant la Révolution Française. Voici celles dont nous avons retrouvé les noms : la chapelle Saint-Jacques du Guébriand, détruite voici une quinzaine d'années (début XXème siècle) et dont le propriétaire devait 48 sols de rente à la fabrique de Pluduno. - La chapelle de la Ville-Varret, dépendante de la maison de ce nom, rendue au culte par décret du 27 décembre 1803. Elle avait été acquise le 28 octobre 1781 par dame Perrine-Jacquemine-Céleste Le Barre de Poulmain, veuve d'Yves-Louis-Sevère Minet de la Villepaye avec le manoir de la Ville-Varret, comprenant fuye, coure, jardins, emplacement de colombier et la métairie de la Porte pour 12.600 livres d'avec écuyer René Tranchant et Marie-Louise Thorel, son épouse. — Les chapelles de Saint-Michel et de Sainte-Ayde (ou Theï), furent rendues au culte entre 1804 et 1807, mais dès l'année 1812, la fabrique de Pluduno demandait à vendre « les fonds et matériaux de la chapelle Sainte-Ayde », qui, disait-elle, était en un état de ruine totale. Elle datait, paraît-il, du XIIIème siècle. Une chapelle dédiée à saint Ayde existe encore (en 1926) à Pléhérel. La 2ème édition du Dictionnaire d'Ogée, ajoute à ces noms la chapelle de Sainte-Eutrope, alors en ruines au village d'Iryac, vendue nationalement 75 frs et démolie ; celle de Saint-Roch reconstruite vers 1835 près du bourg, enfin les chapelles domestiques de la Ville-Guérin et de Saint-Pierre. Nous croyons aussi que la Ferté-Fromentel ou N.-D. de Belenray était autrefois en Pluduno : nous en avons parlé à l'article Saint-Lormel sur le territoire duquel elle est comprise actuellement. Les révolutionnaires décidèrent de conserver Pluduno comme paroisse en y adjoignant une partie de Saint-Lormel. Après l'abdication de son clergé constitutionnel, le presbytère de Pluduno fut mis en adjudication le 5 thermidor an II (23 juillet 1794), avec clause de n'entrer en jouissance que le 22 septembre suivant. Le curé-marié Jean Boudet le loua pour 209 livres mais il dut résilier son bail le 31 mai 1795, après s'être séparé de sa pseudo épouse. Sur pétition individuelle des habitants, l'église de cette paroisse fut rendue au culte le 28 avril 1795 en vertu de l'arrêté des représentants du peuple du 23 germinal précédent (12 avril). Voici dans quel état lamentable cet édifice se trouvait quelques mois auparavant : les jacobins pouvaient se féliciter de leur oeuvre : Le 22 nivôse an III (11 janvier 1795), la municipalité de Pluduno rendait compte que la « superficie du cimetière est toute fouillée par les cochons, qu'il y a un monceau de terre et de fagots au milieu de l'église, que les autels sont dégarnis et sans aucune image et statue, que sur trois tableaux, deux sont hors de leur place ordinaire. Le balustre du grand autel est en partie à bas. Le pupitre aussi. En la tour, il n'y a plus qu'une cloche et l'horloge. En la sacristie, il n'y a aucun linge, habit, ni ornements sacerdotaux, ni livre d'église, à l'exception d'un vieux que l'on a aperçu sur le haut d'une armoire » (Archives des Côtes-d'Armor, série Ln, district de Dinan). Le vide des armoires de la sacristie ne nous surprendra quand nous aurons énuméré toutes les spoliations dont l'église de Pluduno avait été victime. Une première vente d'ornements avait produit 87 livres le 13 juin 1794. Une seconde rapporta 69 livres le 6 juillet suivant. Le 24 août de cette même année, on inventoriait à Dinan avant de l'expédier à la Monnaie, un ostensoir, un pied de ciboire et son couvercle, une navette et sa cuillère, le tout pesant 7 marcs, 1 once, 4 gros et demi d'argent blanc ; une coupe de ciboire et une lunulle pesant 5 onces, 3 gros d'argent doré. Quant aux calices non mentionnés ici, quelqu'un avait pris soin de les faire disparaître. Les biens d'église à Pluduno, furent liquidés par les révolutionnaires comme partout ailleurs : c'est ainsi que la pièce de la Fondation mesurant un demi-journal fut achetée 175 livres par le curé assermenté Jean Boudet le 14 mars 1792. La pièce de la Jeaunais contenant un demi-journal et le Clos Jouan furent acquis à la même date pour 415 livres par Guillaume Nicolas, homme de loi à Plancoët. Le clos de la Chesnais contenant un journal et demi et le courtil du presbytère, appartenant à la fabrique de Pluduno, furent payés 360 frs par l'inévitable François-Marie Hannelais de Plancoët que nous trouvons toujours présent quand il s'agit de biens d'église. Auparavant, la pièce des Marres-Noires appartenant au couvent des Dominicains de Nazareth avait été adjugée pour 475 livres au sieur Jacques Fontaine. Enfin Guillaume Robinot de la Pichardais, que nous avons déjà rencontré en pareille occurrence, acheta le 6 mars 1791 la champagne de la Haye en Pluduno, appartenant à la fabrique de Plancoët (abbé Auguste Lemasson).

Nota 2 : Clergé. — JEAN JOUANNY, recteur, fils de Pierre et de Marie Hamon, était né à Pordic l'an 1744. Il fut nommé prêtre à Saint-Malo le 23 décembre 1769 et fit successivement partie du clergé de Trégomar, puis de celui de la Méaugon et enfin de celui de Pordic. C'est dans cette dernière situation qu'il fut pourvu au concours de la cure de Pluduno où nous avons relevé sa première signature le 6 Juillet 1779. Dans ce poste, il se dévoua lors de l'épidémie qui ravagea sa paroisse en 1788 et avança de ses deniers l'argent nécessaire pour procurer à ses ouailles les secours tant en aliments qu'en médicaments qui leur étaient indispensables (Archives d'Ille-et-Vilaine, C 1368). Lors de la Révolution, ce prêtre refusa de s'assermenter et adhéra à l'Exposition des Principes sur la Constitution Civile du Clergé. Il fut remplacé dans sa paroisse par l'intrus Boudet de Matignon, le 12 juin 1791 et le 5 juillet suivant M. Jouanny se voyait dénoncer par le procureur syndic du district de Dinan « pour ses propos incendiaires et la lecture qu'il avait faite en chaire du supposé bref du pape » (Archives de la Ville de Dinan, 1er Registre de Correspondance du District). La situation devenant de plus en plus difficile pour M. Jouanny, celui-ci prit le parti de s'exiler à Jersey et s'embarqua pour cette île à Saint-Malo aux environs du 20 janvier 1792 (Archives de la ville de Saint-Malo, LL 109). L'église de Pluduno fut fracturée le 24 Janvier 1792. Faut-il croire que le recteur de Pluduno ne fit primitivement à l'étranger qu'un assez bref séjour et qu'il revint ensuite auprès de ses ouailles, ou plutôt que ne sachant au juste où il pouvait se trouver, les « citoyens actifs » du canton de Plancoët prirent le parti de se référer à des faits déjà anciens, pour le mettre sous le coup d'un ordre d'arrestation si l'on venait à le découvrir ? Toujours est-il que les membres des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) signèrent le 17 juillet 1792 l'ordre d'incarcérer M. Jouanny sous l'inculpation « d'avoir proscrit à Pluduno le Journal des Laboureurs, d'avoir refusé de lire la lettre pastorale de Jacob et qu'après qu'un officier municipal eut lu celle-ci, il lut à son tour un bref du Pape sur lequel, il devait, disait-il, régler sa conduite » (Archives des Côtes-d'Armor, reg. L, 161, f°s 70 et 80). M. Jouanny passa à Jersey ou en Angleterre une partie de la Révolution. Il était de retour à Pluduno en 1797 et y faisait du ministère. Cependant le jacobin Hannelais, tout en avisant les autorités, centrales des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor). que les habitants de Pluduno « avaient ouvert leur église à leur ancien curé qui n'a pas fait les déclarations prescrites », était obligé d'avouer que la commune « jouit de la plus parfaite tranquillité et l'on assure, ajoute-t-il, que le retour de Jouanny y a contribué pour beaucoup »  (Archives Côtes-d'Armor, Lm 5, 112). M. Jouanny mourut au bourg de Pluduno le 18 décembre 1800. GUILLAUME DENIS, vicaire, était, croyons-nous, originaire de Saint-Brieuc. L'on trouve pour la première fois mention de ce prêtre comme chapelain de la Ville-Robert en Pluduno en 1788 et le 8 janvier de l'année suivante, nous relevons sa première signature comme vicaire de cette paroisse. M. Denis, à l'exemple de son recteur, refusa de s'assermenter et adhéra lui aussi à l'Exposition des Principes. Remplacé dans ses fonctions de vicaire par l'ex-dominicain Civelle, ce prêtre s'exila à Jersey où il figure parmi les signataires d'un acte de mariage avec plusieurs membres de la famille de Courville le 11 décembre 1794 (L'Estourbeillon, p. 236). Nous perdons complètement de vue M. Denis après cette date. Etaient originaires de Pluduno : JEAN-JACQUES LEFORT, né le 26 avril 1753 du mariage de Gilles et de Julienne Besnard, lequel après avoir reçu le sacerdoce en décembre 1779, vivait simple chapelain dans sa paroisse natale dès 1788. Il adhéra en 1791 à l'Exposition des Principes, sur la Constitution Civile et ne s'assermenta pas. Une fois l'intrus Boudet établi à Pluduno, M. Lefort fut dénoncé comme lui faisant de l'opposition ainsi qu'à ses partisans. En conséquence le Directoire des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) donna l'ordre de l'arrêter le 5 juillet 1792 en même temps que M. Jouanny et pour les mêmes motifs. L'abbé Lefort s'exila à Jersey après la loi du 26 août 1792 où Gofvry et Lefebvre d'Anneville signalent sa présence. Il passa à Londres dans la suite. L'enquête de Boullé constate que ce prêtre est revenu depuis 19 mois à Pluduno où « il prêche de façon à exciter des troubles ». Cet ecclésiastique vivait encore dans cette paroisse en 1805. Il était vicaire de Ploufragan lorsqu'il fut nommé recteur de la Harmoye le 1er  juin 1809. Il y trépassa en fonctions le 16 janvier 1820 âgé de 67 ans. ETIENNE LANSARD, né dans cette paroisse le 2 novembre 1763 de Jacques et de Julienne Dibonnet, n'était peut-être pas encore ordonné prêtre en 1790. Le 27 novembre 1791, sur la dénonciation des municipaux de Pluduno, ses compatriotes, les membres du district de Dinan furent sur le point de le déférer à l'accusateur public comme « soupçonné d'avoir distribué un ouvrage anti-constitutionnel intitulé Catéchisme très simple à l'usage des fidèles de la campagne dans les circonstances actuelles ». Le nom de l'abbé Lansard figure sur plusieurs listes de prêtres exilés à Jersey avec la mention d'acolythe ; cependant l'enquête de Boullé l'indique vers 1802 comme insermenté, revenu depuis peu à Pluduno où il vivait avant la Révolution comme simple prêtre. Quoi qu'il en soit, M. Lansard, exempt d'ambition, décéda vicaire à Créhen, le 11 janvier 1827, à l'âge de 65 ans, entre les bras de son bon recteur, l'abbé Homery. FRANÇOIS-MATHURIN DÉPAGNE naquit à Pluduno le 10 novembre 1766 du mariage de François et de Françoise Salmon. Il n'était encore que simple séminariste au moment de la Révolution, aussi ne s'exila-t-il pas, et dit un rapport de police de 1797, « il paraissait même paisible extérieurement, mais ayant fait la sottise de se faire ordonner prêtre depuis 15 ou 18 mois, il se mit à faire du ministère caché à Plancoët et aux environs ». (Archives des Côtes-d'Armor, Lm 5, 113). M. Dépagne s'était en effet rendu à Paris et s'était fait donner tous les ordres en cette ville, y compris celui de la prêtrise du 17 au 26 décembre 1796 (Archives de l'archevêché de Paris). Dans son enquête vers 1802, Boullé note cet ecclésiastique comme vivant à Plancoët depuis cinq ans et demi, « insermenté, doux et tranquille ». Il eut cependant l'énergie de refuser comme parrain à un baptême le défroqué Gouinguené, que les jacobins de Plancoët avaient eu l'audace de présenter et du coup, ces excellentes gens crièrent après « l'intolérance » de l'abbé Depagne. Envoyé comme vicaire à Saint-Pôtan à la mort de M. Paul-Pierre Labbé, décédé « curé » de cette paroisse le 22 mars 1804, où il était revenu d'exil en 1797 pour y faire du ministère caché [Note : M. Labbé, né le 31 mars 1762 de Mathurin, commerçant à Quintin, et de Toussainte Lhostie, fut ordonné prêtre au mois de juin 1786, et l'on trouve sa première signature comme vicaire de Sain-Pôtan le 20 novembre de cette année. M. Labbé ayant suivi la même conduite que M. Demoy, son recteur, fut remplacé dans ses fonctions par l'assermenté Prioul, de Saint-Suliac, et contraint de s'expatrier après la loi du 26 août 1792. Il prit son passeport à Plumieux le 5 novembre de cette année. Voici le signalement qui figure sur cette pièce : « Cheveux, sourcils et yeux bruns, taille 5 pieds 4 pouces, nez et bouche ordinaires, menton fourchu, front haut, visage rempli » (Archives des Côtes-d'Armor, Lm 5, 32). De Jersey, M. Labbé, d'après le manuscrit du chanoine Deslandes, passa ensuite en Angleterre, d'où il revint à Saint-Pôtan vers 1797 y faire du ministère caché, ainsi qu'à Matignon. Boullé, dans son enquête, donne 40 ans à ce prêtre, l'indique comme revenu depuis cinq ans à Saint-Pôtan, et le note « apte à faire un vicaire ». C'est en effet comme vicaire que M. Labbé, après avoir été un instant désigné comme recteur de Pleslin en 1803, mourut à Saint-Pôtan, âgé de 41 ans, le 22 mars 1804]. M. Dépagne fut nominé recteur de Trébédan le 21 juin 1808, mais sa nomination fut rapportée. Pourvu du rectorat de Bourseul le 1er juin 1809, ce prêtre ne réussit pas à y concilier les partis alors très divisés et fut transféré dans la petite paroisse de Saint-Denoual. C'est au milieu de cette excellente population, encore aujourd'hui si chrétienne, qu'il trépassa en fonctions le 7 février 1834. FRANÇOIS AVRIL, fils de Louis et de Françoise Le Métayer, naquit à Pluduno le 7 août 1766. Il faisait ses études ecclésiastiques au collège de Saint-Brieuc et jouissait d'une bourse de 80 livres autrefois fondée par M. Leborgne, ancien lecteur de Pluduno, quand il préféra interrompre ses études plutôt que de figurer parmi les séminaristes de l'évêque assermenté Jacob. Tout ce que nous savons de M. Avril durant la Révolution, c'est que, ne s'étant pas exilé, il s'en fut à Paris où il reçut tous les ordres, y compris celui de prêtrise du 11 au 25 mars 1797 (Archives de l'archevêché de Paris). Vers 1802, l'enquête de Boullé nous apprend qu'il résidait à Pluduno depuis deux ans en qualité de desservant (c'est-à-dire depuis la mort de M. Jouanny), et le cite comme « insermenté non déporté ». Elle le qualifie « d'homme honnête, paraissant estimé et désiré des habitants ». M. Avril était depuis quatre ans vicaire de Saint-Brandan, lorsqu'il fut nommé recteur de Rouillac le 1er juin 1809. Il y mourut âgé de 52 ans le 20 août 1818. M. JULIEN CLOLUS dont nous avons vu la biographie à l'article Landébia, devint recteur de Pluduno le 16 janvier 1804. A sa mort le 8 août 1805, il fut remplacé par M. ALEXIS RICHARD, de Plédran. CLERGÉ CONSTITUTIONNEL. — JEAN-GILLES BOUDET, curé, fils de Gilles et de Claudine Guillard, naquit à Saint-Germain-de-la-Mer vers 1747 et fut ordonné prêtre à Saint-Malo le 18 décembre 1773. Après être demeuré quelque temps simple prêtre à Pléboulle, puis vicaire à Pluduno, l'abbé Boudet fut pourvu le 6 mai 1781 de la chapellenie Notre-Dame en la Collégiale de N.-D. de Matignon, valant 765 livres 2 sous de revenu annuel. Il y joignit le 9 octobre de cette même année une prestimonie à desservir en la chapelle Sainte-Brigitte, alors en Saint-Cast. Quoiqu'il n'eut pas à se plaindre de l'ancien régime, M. Boudet adhéra des premiers aux nouveaux principes et accepta la charge de procureur-syndic de Matignon à la création des Municipalités. Il s'empressa de s'assermenter lors de la Constitution Civile, fut élu curé constitutionnel de Pluduno le 13 juin 1791 par 33 voix sur 39 votants et reçut comme tel l'institution de Jacob le 27 suivant. Son installation dans sa nouvelle paroisse au lieu et place de Jouanny le pasteur légitime, se fit le 26 du même mois. Pluduno comptant alors 2.026 habitante ; sa cure valait à son détenteur 1.800 livres de revenu annuel. Boudet se soumit le 10 ventôse an II (28 février 1794), aux incitations du pouvoir et abdiqua son état et fonctions comme tous ses collègues des environs. Quoique cela, il fut emprisonné à Dinan le 23 ventôse suivant (13 mars), et les scellés le même jour apposés sur son mobilier par ordre du représentant Ruamps. Pour retrouver sa liberté, il consentit le 9 messidor (27 juin) de cette même année, à signer la promesse d'obéir à l'arrêté de Le Carpentier du 25 prairial précédent. Comme suite, il épousa à l'âge de 47 ans, le 25 messidor (13 juillet 1794), la citoyenne Marie Allée, filandière, veuve de Louis Lainé, alors âgée de 48 ans, originaire et domiciliée de Bourseul, et fille de feu Jean et de Perrine Moisan. Le 9 thermidor suivant, il faisait déposer sur le bureau du district de Dinan son certificat de mariage et déclarait «  qu'en conséquence, il avait rempli les obligations auxquelles il avait souscrit lors de sa sortie de détention de Dinan ». Enfin, sept mois après, le 4 ventôse (22 février 1795), Boudet faisait prononcer son divorce par Marc Civelle, à la fois son vicaire et officier municipal de Pluduno, pour cause « d'incompatibilité d'humeur avec son épouse Marie Allée » (Registre d'Etat Civil de Pluduno). Tranquille désormais avec sa conscience, l'ex-curé qui avait loué 220 livres par an le presbytère de Pluduno par bail en date du 5 thermidor an II espérait sans doute pouvoir y reprendre sans vergogne ses fonctions sacerdotales dont il venait si odieusement de souiller le caractère, mais le Directoire des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) l'obligea le 31 mai 1795 à résilier son bail. Ne sachant plus où se loger, le sieur Boudet se décida à rentrer dans son pays natal, pourvu de la pension de retraite, avec laquelle la Convention payait la lâcheté des membres du Clergé constitutionnel chez qui la voix de la peur avait étouffé celle de la conscience. Gilles Boudet trépassa à Matignon, âgé de 49 ans seulement, le 14 prairial an IV (2 juin 1796). Il fut inhumé dans le cimetière de Saint-Germain-de-la-Mer. D'après la rédaction de son acte de décès, nous ne croyons pas qu'il eut un convoi religieux et nous ne savons pas s'il put avant sa mort se réconcilier officiellement avec l'Eglise romaine. MARC-MATHURIN-OLIVIER CIVELLE, fils de Jacques et de Madeleine Eouzon était né dans la paroisse de Tréméloir, près de Pordic, vers l'an 1763. Son ordination sacerdotale eut lieu le 2 juin 1787. En 1790, il vivait au couvent des Dominicains de Nazareth. Sa profession religieuse ne remontait qu'à 1783 et cependant, las d'une vie pour laquelle il ne se sentait pas fait, il demandait alors à « sortir du cloître ». Assermenté de bonne heure, l'ex-père Civelle, à cause de la disette de clergé constitutionnel, fut élu dès le 13 juin 1791 curé de Taden par 28 voix sur 31 votants, mais il déclara « n'être pas assez instruit pour occuper ce poste » ; cependant, prend soin d'ajouter le procès-verbal en constatant son refus : « son humilité, vraiment chrétienne, n'a nullement altéré sa religion politique ». Sur ces entrefaites, l'intrus Boudet le choisit pour venir avec lui à Pluduno le 3 juillet 1791. Il accepta avec empressement et répéta son serment constitutionnel, cette fois en qualité de vicaire, le 10 de ce même mois. Le 16 septembre 1792, les électeurs réunis à Dinan désignèrent Civelle comme curé de Trégon, par 43 voix sur 43 votants, mais cette tentative pour le mettre à la tête d'une paroisse échoua comme la première. Cet ecclésiastique était toujours à Pluduno lors de la Terreur ; il y abdiqua son état et fonctions le 10 ventôse an II (28 février 1794), ce qui ne l'empêcha pas d'être arrêté « le duody de la troisième décade de ventôse » (12 mars), en vertu d'ordres signés Ruamps. Emprisonné à Dinan, il y signa le 9 messidor la promesse d'obéir aux arrêtés de Le Carpentier. Pour se mettre en règle, il contracta mariage à Saint-Pôtan, le 16 thermidor an II (3 août 1794), avec Gilberte Macé, filandière, âgée de 58 ans, originaire et domiciliée à Saint-Pôtan, fille de Toussaint et de Jeanne Marchix (Registre Etat Civil, Saint-Pôtan). L'année suivante, 4 ventôse an III (22 février 1795), son curé, Jean Boudet, en qualité d'officier public de Pluduno, prononçait son divorce d'avec sa conjointe pour cause «  d'incompatibilité d'humeur ». Nous voyons que Civelle jouissait d'une pension de retraite le 16 septembre 1795. Nous avons vainement cherché mention de son décès sur les registres d'état civil de Pluduno. Les auteurs du Diocèse de Saint-Brieuc durant la période révolutionnaire, II, p. 170, lesquels défigurent son nom sous celui de Cyrille, assurent que ce prêtre fut mis à mort par les Chouans. Nous enregistrons cette assertion sous bénéfice d'inventaire, mais peut-être est-ce à Tréméloir qu'il faudrait rechercher traces de son trépas (abbé Auguste Lemasson).

la chapelle Sainte-Anne de la Ville-Guérin ou Villeguérin (XVIIème siècle), dédiée à sainte Anne. Edifice de plan rectangulaire du XVIIème siècle ;

la chapelle Sainte-Anne de la Ville-Varet (XVIIIème siècle), dédiée à sainte Anne. Edifice de plan rectangulaire à chevet arrondi, existant, déjà au XVIIIème siècle. Fermée pendant la Révolution, l'évêque en demandait la réouverture le 20 brumaire an XIII. Elle renferme les statues de la sainte Vierge, de sainte Anne et de saint Joachim ;

les anciennes chapelles, aujourd'hui disparues : - la chapelle privative de Saint-Pierre. - la chapelle de la Ferté. - la chapelle de Sainte-Ayde ou Saint-Thei (XIIIème siècle), détruite au début du XIXème siècle. Elle datait du XIIIème siècle. - la chapelle Saint-Eutrope, au village d'Iryac. Elle fut vendue nationalement et détruite. - la chapelle Saint-Roch. Edifice de plan rectangulaire avec chevet à pans coupés reconstruit en 1835. - la chapelle Saint-Jacques de Guébriant, détruite au début du XXème siècle. Elle datait du XVème siècle. - la chapelle Saint-Michel. - la chapelle de la Ville-Meneuc. - la chapelle de Monchoix (R. Couffon) ;

la croix (1780), située près de la Ville-Echet ;

deux croix du XVème siècle, situées sur chacun des piliers de l'entrée du presbytère ;

le socle d’une double croix, situé dans un angle du presbytère ;

le château de Monchoix ou Mon-Choix (1759), situé à la Mettrie-Martin et édifié en 1759 par Antoine de Bédée (oncle maternel de Châteaubriand) pour remplacer la Mettrie, terre noble devenue maison de ferme. La Mettrie appartenait en 1666 à René Bedé, sieur du Bois-Berand, qui épousa, à cette époque, Françoise Goyon de Vaurouault. Le château de Monchoix passe ensuite à la famille Du Boishamon ;

le manoir de Boisfeuillet (XVème siècle), propriété de la famille de La Villéon (du XVème au XVIIIème siècle), puis de la famille Picot. Propriété de François de La Villeon en 1514 et en 1536. Ce manoir relevait jadis de Plancoët avec haute justice en Pluduno, Ruca et Saint-Pôtan. A signaler que François II de la Villéon, époux de Marguerite Glé, possédait deux enfants : François de la Villéon et Julienne, mariée à Christophe des Nos (seigneur de la Motte Colas en Pléboulle), puis à Julien du Breil (seigneur de Pontbriand en Pleurtuit). Le manoir est pourvu de tours rondes et d'une cour close. La veille de la Révolution, la juridiction de Boisfeuillet avait pour sénéchal Charles François Guillaume Mallapert de la Ville-Neuve, avocat au Parlement. Ce dernier tenait audience en l'auditoire de Plancoët et était assisté de Guillaume Nicolas, notaire ;

le manoir de Guébriant (XVème siècle). C'était autrefois un château fortifié, défendu par des douves profondes. Il appartient, en 1280, à Guillaume de Budes, chevalier, seigneur d'Uzel. Sylvestre Budes, fils du précédent, est lieutenant général. Jean et François Budes sont écuyers du duc de Bretagne. Bertrand est procureur général au parlement et François, son frère, maître d'hôtel de la reine. Jean Baptiste Budes, né le 2 févier 1602, de Charles Budes et d'Amec, dame de Quatre-Vaux, est fait maréchal de camp en 1636. Jean Baptiste Budes, comte de Guébriant, est fait maréchal de France par Louis XIII suite à la victoire d'Orlingen, près de Cologne (en Allemagne) vers 1642. A sa mort, Yves de Guébriant, son frère lui succède et ne laisse qu'une fille nommée Renée, qui porte l'héritage de sa maison dans celle de Rosmadec, par son mariage avec Sébastien, marquis de Rosmadec et de Molac, gouverneur des ville et château de Nantes en 1655. Propriété de Pierre du Guebriend (ou Guébriant) en 1427, de Lancelot du Guebriend en 1480, de Guillaume et Olivier Le Felle en 1514. Le château de Guébriant avait jadis un droit de haute justice. En 1780, il appartient à M. de Guimerais. Le château possédait autrefois une chapelle privée ;

le manoir de Lantillais (XVI-XVIIème siècle) ;

le manoir du Plessis-Méen (XVIIème siècle), édifié à l'initiative de Guy Langlois de Pré-Morvan et de Julienne Poulain. On y trouve un colombier et un étang. La terre appartient à Jean et Olivier Hus (ou Hux) en 1514, puis, par alliance, à François de Saint-Guetas en 1536 ;

le manoir de la Ville-Guérin (XVème siècle). Propriété de Jacques Hus (ou Hux) en 1514 et de Jehan Hus en 1536. Ce manoir, avec chapelle du XVIIème siècle dédiée à sainte Anne, appartient ensuite à la famille Du Breil de Pontbriand, puis après 1871 à la famille Ruellan du Créhu ;

le manoir de la Touche (XVIIIème siècle). Propriété de Jean de Richeboys en 1514 et de Bertrand du Richeboays en 1536. Une autre terre du nom de la Touche appartenait, en 1514 et en 1536, à Jean Guiton qui l'avait reçu d'un nommé Herice ;

le manoir des Bignons (XVIIIème siècle). Propriété de Pierre Le Morays en 1514 et de Roland Le Morays en 1536. Il semble avoir appartenu aussi à une famille émigrée actuellement en Amérique. Il est composé de deux corps de logis et possède une grosse tour carrée, à l'arrière, qui sert d'escalier ;

le manoir de la Ville-Varet ou Ville-Varé (XVIIème siècle). Propriété de Richard Bourdon (avant 1514) et de Roland Labbé en 1514. Puis propriété de la famille Tranchant, et de la famille Minet en 1784. Il possède des tours rondes, une cour close et une chapelle dédiée à sainte Anne (XVIIème siècle) ;

le manoir du Bois-Jançon (vers 1700), restauré par Henri-Edouard Le Bel de Penguilly. Propriété de Laurent Brart ou Berart et Jacquette du Parc en 1514, puis de François du Val en 1536 ;

le manoir de Sainte-Ayde (XVIIIème siècle) ;

7 moulins dont le moulin à vent du Tertre-Gulais et les moulins à eau de la Chapelle, de Dieudy, de Bellenray, de Guébriant, ..

A signaler aussi :

la découverte d’une borne militaire, près du village ;

l'ancien manoir de Bois-Bouan. Ce manoir relevait jadis de Matignon. Propriété successive des familles Bouan, Gouyon de Chateaubriand et du Rocher. Propriété de Robert du Rocher ou Rochier en 1514 et de Jehan du Rochier en 1536 ;

l'ancien manoir de la Ville-Meneuc ou Villemeneue (aujourd'hui en Saint-Lormel). Propriété de Jean et Richard de Lesquen en 1514, d'Olivier de Lesquen en 1536 et de Jean de Lesquen en 1569. Ce manoir appartient en 1660 à J. de Lesquen, chevalier, seigneur de la Ville-Meneuc. Au moment de la Révolution, cette terre possédait un droit de haute justice qui s'exerçait à Plancoët et à Pluduno ;

l'ancien manoir de la Ville-Robert (aujourd'hui en Saint-Lormel). En 1421, le 1er août, Olivier de la Ville-Robert est un des 26 écuyers du banneret de la Hunaudaie ou Hunaudaye qui figurent à la montre de Châteaugontier. La Ville-Robert appartenait à Jean de la Ville-Robert en 1260, à Alain de Saint-Méloir, sieur de la Ville-Robert, en 1440. Le fils de ce dernier, Jean, épousa Anne Goyon de Matignon, en 1515. Propriété de la famille Mouchon puis de Marc Guyton ou Guiton en 1514. Au moment de la Révolution, cette terre avait moyenne justice et appartenait à M. de Saint-Méloir. A signaler que le colonel du Breil de Pontbriant est mort à la Ville-Robert ;

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ANCIENNE NOBLESSE de PLUDUNO

Le Pré-Morvan avait jadis un droit de haute justice. Le Rocher avait un droit de moyenne justice. La Ville-Hamon est donnée par Charles de Blois, en 1341, à Etienne Goyon, sieur de Matignon, en récompense de ses services. La Grignardais, Saint-Père, la Ville-Briand étaient aussi des terres nobles du territoire de Pluduno, qui compte encore le Plessis-Méen et le Bignon.

Lors de la réformation du 10 octobre 1427, sont mentionnés plusieurs nobles de Pluduno : Jean de Lesquen, Richard Le Felle, Guillaume Bouan, Robin de La Villerobert (ou Ville-Robert), Jean Bouan, Olivier Hus, Jean Hus, Pierre Menart, Roland Bernier, Jacques du Boesbilly, Jouhan Gaultier, Olivier du Boesbilli, Pierre Rouxel, Pierre de Guebriend (ou Guébriant), Robert Bourdon, Pierre Dinammet, Guillaume Garel, Ester Tortaill, Guillemette Josses, Françoise Bervouer, la déguerpie Olivier de Saint-Postan (ou Saint-Pôtan), Guillaume du Boasrio. Se disent nobles : Geffroy Le Tart, Phelippote Le Tart, Olivier Le Bernier, Collet Le Fevre et Robin Auffray. A signaler aussi les métayers suivant : Alain Even (métayer d'Olivier Balicon ou Balisson), Briend Pierre (métayer de Jean de Lesquen), Olivier Le Cartier (métayer de Jean Le Forestier), Colin Ragot (métayer de Roland Madeuc), Geffroy Boqueron (métayer de Thébaud Piron), Olivier Rouxel (métayer de Pierre du Boisrio), Guillaume Thebaud (métayer d'Olivier Hus), Alain Cholet (métayer de Roland Balicon ou Balisson), Jean Rouxel (métayer de Richard Le Felle), Roland Thomas (métayer de Jean Bouan), Robert Le Meteer (métayer de Saint-Jagu), Jean Cholet (métayer à la Ville-Hesry).

Lors de la réformation du 11 mars 1536, sont mentionnées plusieurs maisons nobles de Pluduno : La Porte, la Miterie, Saint-Père (à Jehan Le Felle), La Porte, Vau-Feillet, la Ville-Rouxel, les Villes-Briend, la Bonne-Esglize, le Bois-Rioux et le Pré-Boutin (à François de La Villeon), Lesquen (à Olivier de Lesquen ou Lesquien), la Ville-Guérin et la Ville-Oreux (à Jehan Hus), la Touche (à Bertrand du Richeboays), la Myterie (à Guyon Martin), le Plessis-Méen (à François de Saint-Guetas), le Bois-Rioux (à Jacques Chappin), la Boullyaye (à Alain de Launay), la Ville-Robert (à Marc Guyton qu'il a acquis de la famille Mouchon), la Touche (à Jehan Guyton qu'il a acquis de la famille Herice), la Lande-Gruelle (à Vincent Le Forestier), la Rue-Malhote (à Jehan Labbé), la Ville-Varet (à Jehan Labbé), le Bois-Jancon (à François du Val), la Ville-Vauderie (aux enfants de Pierre de Bohu), Laillevaudrie (à un nommé Bouan), le Plessis-Tréhen (à Jacques de Lesquen ou Lesquien), la Pruderie (à Jehan Aribart et Jehanne Bouan, son épouse), la Grignardais (à un nommé Bouan, sieur du Challonge-Bouan), la Corbonnais (à Olivier de la Boexiere ou Bouexière), Letart (à Jehan du Rochier ou Rocher), Bignon (à Roland Le Morays), Trépion (à Marguerite du Guébriend ou Guébriant, épouse de Charles du Val), Saint-Loya (aux enfants de Julien Chappin), Chief-du-Bosq (aux enfants de Bertrand des Noes, époux d'une Laurens), la Ville-Jouays (à l'abbé du couvent de Saint-Jagu), le Bois-Bouan (à Jehan du Rochier ou Rocher).

A la montre du 10 juillet 1569 sont mentionnés plusieurs nobles de Pluduno : Christophe Martin (La Metrye-Martin), Jean de Lesquen (sieur de La Ville-Meneu), René de Couesquen (sieur de La Dieusaye), Silvestre Rolland (sieur de La Ville-Basse), Jacques de Lesquen (sieur du Plessis-Tréhen), Pierre Dimanner (sieur de La Mare), Jean du Rocher (sieur du Bouesban), Jacques Bedee (sieur du Bois-Riou), Jean des Noes (sieur de Meville), Jean Le Morais (sieur de La Ville-Erhel), Jean de Launey (sieur de La Boulaye et remplacé par Bertrand de Tremereuc), Jacques de Lesquen (sieur de Choussonner).

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc de 1480, on comptabilise la présence de 29 nobles de Pluduno :

Guillaume BOUAN (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine ;

Richard BOURDON (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine ;

BROUART (10 livres de revenu) ;

Marie COLINET (7 livres de revenu) : défaillant ;

Roland DE BREHAND (15 livres de revenu) : porteur d’un paltoc et comparaît armé d’une jusarme ;

Olivier DE CARLER (30 livres de revenu) : porteur d’une brigandine ;

Jacques DE COUESQUEN (60 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une vouge ;

Catherine DE LA GARENGIERE (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une vouge ;

Eon DE LA PUELLE (2 livres de revenu) ;

Jacques DE LA VILLE EON de Boisfeillet (460 livres de revenu) : excusé ;

Richard DE LESQUEN (90 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Lancelot DU GUEBRIEND : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Symon DU ROCHIER (30 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Olivier DURANT : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Guillaume DYNAMMET : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Michel DYNAMMET (5 livres de revenu) : défaillant ;

Pierre EVEN (55 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Raoult HUS (40 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Olivier LE FEBVRE (8 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume LE FELLE de Guébriand (300 livres de revenu) : comparaît comme homme d’armes ;

Olivier LE FELLE (50 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une vouge ;

Jehan LE MORES de la Villehinault (25 livres de revenu) : défaillant ;

Olivier MENART (2 livres de revenu) ;

Olivier MOUESSON (2 livres de revenu) ;

Jacquet RABEL (5 livres de revenu) : défaillant ;

Lancelot ROUXEL (2 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Olivier SAGET (2 livres de revenu) ;

Jehan SYMON (25 livres de revenu) : porteur d’un paltoc et comparaît armé d’une jusarme ;

Louise SYMON, représentée par Olivier GRAILL (10 livres de revenu) : porteur d’un paltoc et comparaît armé d’une jusarme ;

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