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PLOUVARA

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La commune de Plouvara (bzh.gif (80 octets) Plouvara) fait partie du canton de Châtelaudren. Plouvara dépend de l'arrondissement de Saint-Brieuc, du département des Côtes d'Armor (Trégor / Goëlo - Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLOUVARA

Plouvara vient de l'ancien breton "ploe" (paroisse) et de Saint-Bara (saint breton).

Plouvara est une ancienne paroisse primitive qui englobait jadis, outre le territoire actuel de Plouvara, ceux de Cohiniac et de Saint-Donan. Plouvara (Plevara) est cité dès 1189 dans l'acte de fondation de l'abbaye de Saint-Rion. Parmi les biens donnés par Alain, comte de Goëlo (ou Goëllo), figurent le Moulin-aux-Chients et le fief d'Oreguen du Mogoro.

Ville de Plouvara (Bretagne).

En 1202, on trouve « ecclesia de Plebara » dans les possessions de l'abbaye de Beauport. Il s'agit d'un prieuré-cure de l'abbaye de Beauport. Un aveu du XVIIème siècle indique que l'abbaye de Beauport possédait jadis aussi des dîmes à Seigneaux (Sancti Siniani), Couéco et à Saint-Ignace (Saint-Isnouan). C'est à Seigneaux que se trouvaient jadis l'auditoire et les pots de justice de la seigneurie de Créhéren.

Plouvara est une paroisse dès 1264. L’appellation Plouvara apparaît dès 1603. Plouvara élit sa première municipalité au début de 1790 et devient chef-lieu de canton de 1790 à l'an X (en 1800), regroupant Saint-Donan, Plerneuf, La Méaugon et Cohiniac. L'ancienne paroisse de Plouvara ressortissait à Saint-Brieuc, qui était son évêché, et la cure était présentée par l'abbé de Beauport. Durant la Révolution, la paroisse de Plouvara dépendait du doyenné de Châtelaudren.

On rencontre les appellations suivantes : Plevara (en 1184-1189), Ploevara (en 1198), eccl. de Plevara, Plebara (en 1202), Plevara (en 1206), Plovara, Plevara (en 1211), Plenarga, Plenaria (en 1225), Plevara (en 1264, en 1296), Plovera (vers 1330), Ploevara (en 1428), Plouvara (en 1603).

Ville de Plouvara (Bretagne).

Note 1 : Et d'abord qu'on veuille bien se rappeler que l'église de Plouvara comptait au nombre des six paroisses données par le comte de Goëllo aux moines de Beauport, en 1202. Elle appartenait donc au comte et non à un vassal. Sous l'influence de Rome, le clergé réclamait alors contre cette possession des églises par des laïques. L'évêque de Saint-Brieuc, Josselin, eut à l'égard de Plouvara des démêlés avec le chef du Goëllo ; mais le don fait par celui-ci aux moines arrangea tout. Voilà les droits de Beauport nettement établis (MM. J. Geslin de Bourgogne et A. de Barthélemy : Anciens Evêchés de Bretagne, IV, 46, 48, 53). Quant à ceux du Chapitre de Vannes, nous les verrons naître plus tard ; mais revenons d'abord aux dernières années du XIIème siècle. Dans la charte de fondation de Saint-Rion, vers 1184, nous remarquons, parmi les biens aumônés à l'abbaye nouvelle, le molendinum Canum et le feodum Oreguen de Mazeriis, en Plouvara. Ces biens passèrent à Beauport, quand fut supprimée l'abbaye de l'île Guirvinil. En 1207, les chanoines réguliers cédèrent ce domaine à Guillaume Le Borgne et à sa postérité, moyennant une redevance annuelle de cinq rais et demi de froment (MM. J. Geslin de Bourgogne et A. de Barthélemy : Anciens Evêchés de Bretagne, IV, 8, 45, 64). Or, le Moulin-aux-Chiens existe encore à la porte de Kernier : voici donc un premier repère pour nous guider dans les brumes des lointains historiques. En 1220, ce même Le Borgne donnait à Beauport la Ville-Tanguy et son moulin en Cohiniac (Note : Cette famille Tanguy a joué un rôle considérable dans la contrée. Elle avait sans doute construit le Castel-Tanguy, d'où sortit dans la suite le château de Perrien. Les Perrien, que nous retrouverons plusieurs fois, comptaient dans la haute noblesse de la châtellenie de Châtelaudren. Ils s'attachèrent et restèrent fidèles aux Clisson, aux Blois, aux Mercoeur. Catholiques fervents, ils élevaient le riche château qui porte leur nom, quand les guerres de la Ligue vinrent arrêter l'oeuvre. Elle n'a pas été reprise, et plusieurs de ses grandes salles, tristes et fières, montrent encore, sur la lande, leurs peintures presque effacées). Il tenait ce domaine du fils du vicomte Suhart, « pro servitio suo » [Voir Anciens Evêchés de Bretagne IV, 75, 224 – Cette donation amena des procès en 1237 et 1264 (ibid IV, 103, 170)]. Il faisait cette aumône pour le salut de l'âme de son seigneur, le comte Alain, mort depuis sept ou huit ans : aujourd'hui on oublie plus vite.

Note 2 : Cette paroisse de Plouvara avait eu beaucoup à souffrir de ses prêtres constitutionnels, pendant la Révolution. Voici ce qui arriva au dernier d'entre eux. C'était, si nous ne nous trompons, au milieu de l'année 1796. Vers midi, trois chouans traversèrent le bourg, le fusil sur l'épaule. Ils se rendirent droit au presbytère et demandèrent le curé jureur. Celui-ci se présente : ils lui reprochent de les avoir dénoncés et le somment de les suivre. Ils le conduisent sur le cimetière, au milieu du bourg, et lui annoncent qu'il va mourir. Le malheureux demande trois quarts d'heure pour se réconcilier avec Dieu. Ils lui donnent une heure, montre en main ; puis trois coups de feu annoncent que le malheureux apostat a cessé de vivre. Après quoi, les trois chouans se retirent, sans que nul ne songe à les inquiéter.

Note 3 : la commune de Plouvara est formée des villages : la Ville-Moro, Kergus, Rinbouvet, Kereven, Seignaux, la Ville-Neuve, Kerlivien, la Magdeleine, Kernier, Kerlée, Grand-Kernon, Grand et Petit Coëco, Tertre-Piron, Mogoro, Grimpelet, la Ville-Claire, Ville-Chevalier, Saint-Ignace, le Rocher, Tréfoy, Caulan, Goessio, Kerfichard, Kerhervé, Keribet.

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PATRIMOINE de PLOUVARA

l'église Saint-Pierre et Saint-Paul (1886). En forme de croix latine, elle comprend un clocher extérieur, une nef avec bas côtés de quatre travées, un transept et un choeur. Les plans en furent dressés par M. Maignan le 26 novembre 1864 ; la première pierre fut bénite en 1865, et l'édifice terminé en 1869. La flèche fut édifiée par M. François Trehen. L'église fut consacrée le 10 octobre 1886. Mobilier moderne de Le Merer ;

Eglise de Plouvara (Bretagne). Eglise de Plouvara (Bretagne).

la chapelle Saint-Jacques de Kernier (1702-1952, oeuvre de l'architecte Georges Samson, de Josselin, qui mourut à Kernier le 17 octobre 1702 (inhumé dans la chapelle). Après avoir servi d'écurie, elle est restaurée à partir de 1952 et rendu au culte le 24 juillet 1966. Il s'agit à l'origine de la chapelle du château de Kernier, propriété de la famille Le Cardinal de Kernier. L'ancien château en ruines a laissé la place à un nouveau château édifié au XIXème siècle ;

la chapelle de Seignaux ou Notre-Dame de la Clarté (XVème siècle - 1858), reconstruite en 1858. Cette chapelle est mentionnée dès 1225 dans le testament du sénéchal du Goëllo, sous le nom de Sancti Siniani. Elle est primitivement dédiée à saint Siniau, puis à saint Jean avant d'être dédiée à Notre-Dame de la Clarté. Vendue le 25 nivôse an VII, elle fut acquise par la fabrique le 29 mars 1811. L’édifice actuel, de plan rectangulaire, fut reconstruit en 1858 et le clocher en 1862. Ce dernier s’étant écroulé en 1914 fut réédifié en 1922 ainsi que le pignon adjacent par M. Pierre Jagu, de Plouvara. L’on a réemployé une porte du XVème siècle. Le retable, oeuvre d'Yves Le Bonniec, date du milieu du XVIIème siècle (ce retable provient, semble-t-il, de l'ancienne église de Plouvara). Statues anciennes de Notre-Dame, saint Jean l'évangéliste, assis et tenant un calice et un livre, saint Jean-Baptiste, saint Nicolas, saint Laurent, sainte Madeleine ;

Chapelle de Seignaux à Plouvara (Bretagne).

les anciennes chapelles aujourd'hui disparues : - la chapelle de la Madeleine, près de Créhéren, vendue le 25 nivôse an VII. - la chapelle Saint-Ignace ou Saint-Inouan. Elle existait, encore au XVIIIème siècle. - la chapelle Saint-Laurent, au village de Crimpelet, détruite au XIXème siècle (R. Couffon) ;

les restes du château de Créhéren (XVème siècle). L'auditoire de la justice de Créhéren, se trouvait autrefois en face de la chapelle Notre-Dame de la Clarté. On y trouve une une pierre tombale datée du XVIIIème siècle et qui porte l'inscription "Maurice Garel, décédé le 10 avril 1769" ;

la croix (VI-Xème siècle), située à La Rue-Briens. Il s'agit d'une croix monolithique ;

les deux croix du bourg (l'une est datée de 1725) ;

la croix de la Ville-Chevalier (1764) ;

le manoir du Grand-Tanouët ou Tannouet (XVème siècle). Propriété de Marie Le Page, veuve d'Yvon Boisard (en 1533), puis des familles Lesne, Le Gonidec, du Pontho, Le Gac de Lansalut et La Lande de Calan. On y trouve un blason (provenant semble-t-il du château de Créhéren-Rohan) qui représente les armes de Mme de Montboissier Beaufort Canillac, née Roger de Beaufort, dame de Créhéren-Rohan ;

le manoir de Kernier (1897). La seigneurie de Kernier est édifiée en 1403 par Geoffroy Le Borgne sur un démembrement de Créhéren. Ce manoir remplace un château édifié au XVII-XVIIIème siècle et ruiné à la Révolution. La seigneurie de Kernier appartient en 1403 à Geoffroy Le Borgne, puis, à partir de 1450, à la famille Le Cardinal (suite au mariage de Guillaume Le Cardinal avec Marguerite Le Borgne). Propriété des enfants et héritiers de Guillaume Le Cardinal en 1536. On y trouve un porche daté du XVI-XVIIIème siècle et un blason (daté de 1682) aux armes des Kernier-Lanascol ;

Ville de Plouvara (Bretagne) : manoir de Kernier.

le manoir de Coadréhan (1731), reconstruit après 1864. Propriété des familles Gallais et Hillion (dès 1623). Ce manoir est acquis en 1864 par les religieuses de l'ordre des Filles du Saint-Esprit ;

les manoirs de Kerjudos, du Pré-David (XVIème siècle, propriété jadis de la famille de Rosmar et de Jean Pedron en 1536, de la Ville-Porte-Amour (XVIIème siècle) ;

la ferme de Keréven (vers 1600) ;

le presbytère (XVIIIème siècle) ;

les fontaines Saint-Laurent de Crimpelet, Saint-Antoine de la Magdelaine, Notre-Dame de la Clarté (XVIIème siècle) ;

les maisons de Seignaux (1710), de la Ville-Claire (1733), Haut-du-Bourg (1740), des Villes-Basses (1763), de Saint-Ignace (1774), de Kerlivin (1755), du Grand-Couëco, des Forges, de la Ville-Moro, du Mogoro et au bourg (1761) ;

3 moulins dont le moulin à eau de Kernier ;

A signaler aussi :

l'établissement du Tertre-aux-Normands (époque gallo-romaine) ;

le menhir du Pré-Camet (époque néolithique) ;

le pont Pont-ès-caille (XVIème siècle), qui enjambe le Leff ;

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ANCIENNE NOBLESSE de PLOUVARA

Sur le territoire de Plouvara, trois grandes seigneuries exercent leur juridiction à partir du XIIème siècle : les Créhéren (vers 1165), les Regaires (vers 1403) et les Kernier (vers 1420) ;

Le château de Kernier a appartenu, ainsi que la terre qui en dépend, à la famille le Cardinal de Kernier. M. Le marquis de Kernier émigra pendant la Révolution. Les autres maisons nobles de Plouvara étaient : les Regaires de Plouvara, qui possédait jadis un droit de haute justice et appartenait au chapitre de l'église cathédrale de Vannes, ainsi que Créhéren-Rohan, qui possédait jadis un droit de haute justice et qui appartenait à M. de Montboissier.

La seigneurie de Créhéren englobait jadis la moitié du territoire de Plouvara et une partie du territoire de Plouagat. Cette seigneurie a appartenu successivement aux familles Le Borgne (au milieu du XIIème siècle), puis des familles Eder (en 1420), Hingant, Tournemine, Marec, Rohan et La Lande de Calan.

Note : Guillaume Le Borgne (XII-XIIIème siècle) était le fils du connétable ou chef des écuries du comte Alain (Du Cange, Gloss., II, 997). Lui-même était sénéchal du Goëllo. Il avait une fortune considérable, comme le prouve son testament, qu'il fit peu après l'acte relaté ci-dessus. Qu'on nous permette de nous arrêter quelques instants sur cette pièce, dont la valeur historique est considérable, et sur laquelle nous aurons souvent à revenir [Note : Les Bénédictins ont commis une erreur en attribuant à ce document la date de 1215. (D. Mor. I, 828). Saint Guillaume et Sylvestre ne montèrent sur leurs siéges qu'en 1220. (Anciens Evêchés, I, 11 ; — IV, 27). Cette pièce n'a pu dire rédigée qu'en 1220 ou 1221]. Devant W. (saint Guillaume, récemment élu évêque de Saint-Brieuc), S. (Sylvestre, abbé de Beauport), et L. (Luc, chanoine de Tréguier), frère du testateur, Guillaume Le Borgne traçait ainsi ses dernières volontés : Après quelques dispositions en faveur de sa femme, Téphanie Le Chien, de ses enfants et de son neveu ; après avoir donné à son frère sa terre de Plérin, terre qui lui venait de la famille Juhel, il règle de la sorte ses aumônes : 150 livres pour aider à la construction de l'abbaye de Beauport — elle n'était donc pas encore terminée, cette splendide construction, non plus que la cathédrale rebâtie par saint Guillaume, à laquelle il donnait 50 livres ; — il en allouait 20 à celle de Tréguier ; 10 à l'église de Seignaux (sancti Siniani) ; 100 sous à la paroisse de Plouvara ; 40 livres aux ponts du Goëllo et à la léproserie de Châtelaudren ; 100 livres aux abbayes de Bretagne et à l'église des Sept-Saints ; 4 livres aux églises, aux ponts de Châtelaudren et à l'église de Saint-Corentin ; 20 livres au Hospitaliers de Ronchevaux (cette somme était une dette fixée par une disposition expresse du comte Alain, « de lege Alani comitis domini sui debebat »). Pour garantie de ces aumônes, il offrait tous les revenus de l'église de Plouvara et une partie de ceux de Plouagat. Les premiers de ces revenus lui avaient été abandonnés temporairement pour acquitter une dette du comte Alain. Le reste de l'acte règle, de concert avec le jeune Henri d'Avaugour et avec son oncle et tuteur, « le seigneur Geslin », les emprunts faits au sénéchal par le fils de son bienfaiteur. Nous remarquons entre autres les revenus du bailliage de Quintin, que Henri lui abandonne (Geslin de Bourgogne, Actes de Bretagne, I, 828). Guillaume Le Borgne ne jouissait que momentanément des revenus ecclésiastiques de l'église de Plouvara dont Alain avait disposé en faveur de Beauport. Mais son fief s'étendait sur toute cette paroisse et sur une partie de Plouagat, tant en raison de ce qu'il avait acheté de Beauport que de ce qu'il tenait des bienfaits du comte de Goëllo. Ce fief, qui n'est pas nommé dans cette charte, nous le retrouvons bientôt, constitué de la même manière et nommé Créheren ou Crec'heren. Les Le Borgne, dont les armes (d'argent au chef endanché de gueules à cinq pointes) sont restées celles de Créheren, pouvaient donc s'intituler avec raison seigneurs fondateurs de Plouvara, bien qu'ils n'eussent aucunement fondé cette église, probablement plus vieille qu'eux (Note : Cette église, remplacée par une toute neuve, gardait les caractères du roman primitif, fenêtres cintrées très étroites, surmontées de l'œil-de-bœuf. Dans le cimetière, nous avons vu un ou deux lec'hs ou piliers marquant des sépultures d'une époque très-reculée. — Le cimetière de Plouagat possède aussi un de ces lec'h sur lequel on croit lire : VORMUINI), mais parce que l'usage s'était établi de donner le titre de fondateur au principal propriétaire de la paroisse. Les Rieux, devenus fort tard propriétaires dans Plouvara, n'avaient aucune raison sérieuse de leur disputer le titre de fondateurs.

Nous venons de montrer que le fief de Créheren existait avant que son nom ne fût apparu dans les chartes parvenues jusqu'à nous. Ce qui établit son ancienneté d'ailleurs, c'est qu'il était le chef-lieu de la grande dîmerie de Plouvara : on sait que la dîmerie était la plus ancienne des divisions paroissiales. Outre ses prérogatives d'église, Créheren avait un autre signe de supériorité dans les redevances qui lui étaient payées par toute la noblesse de la paroisse, à commencer par les Le Cardinal de Kernier (Nota : Les autres familles possédant des terres sous Créheren, aux XIVème et XVème siècles. étaient les Botterel de La Ville-Geffroy, les Le Vicomte de Keruzannou, les Collet de La Ville-Solon, les Gallois de Seigneaux, les Du Bourblanc de Beaurepaire, les Lestic de Kergario, les Faront de Kerniou, les Uzille, etc.). Il avait, bien entendu, haute, moyenne et basse justice ; justice très-étendue, puisqu'elle connaissait « même des crimes de léze-majesté, de sortilèges et autres, requérant punition par le feu »). Elle ne relevait que de « la justice souveraine de Goëllo », laquelle devint ducale, puis royale. Elle avait son auditoire et ses pots patibulaires, non an bourg, mais à Saignaux (ou Seignaux). Cet état de choses n'existait vraisemblablement que depuis 1428, comme nous allons le voir.

Continuons de suivre ce fief de Créheren, dont nous croyons avoir établi la suprématie dans cette partie du Goëllo. Le fils du sénéchal se nommait Guillaume, comme son père. Il assistait comme témoin à une aumône faite par Constance de Pontchâteau à l'abbaye de Blanche-Couronne, en 1236 (Geslin de Bourgogne, Actes de Bretagne, I, 902). Les Le Borgne tinrent Créheren jusque dans la seconde moitié du XIVème siècle, où une héritière de cette branche, Marguerite, épousa Geoffroy de La Lande, amiral de Bretagne (Note : Cette famille est ancienne en Bretagne. Un La Lande figure dans la fondation de la Madeleine du Pont de Dinan ; un autre dans une charte de Rillé, en 1163 ; un Maurice de La Lande scelle une pièce des Montrelais, au XIIIème siècle ; Guillaume de La Lande, chevalier, servait en France pour le roi, avec deux écuyers, en 1202. Les chartes de Beauport nous montrent Geoffroy de La Lande contractant un emprunt avec cette abbaye, en 1261 ; enfin Guillaume de La Lande, écuyer du duc, paraît à ce titre an traité de Guérande, en 1265 (Geslin de Bourgogne, Actes de Bretagne, I, 651, 827, 1177, 1598 ; — Anciens Evêchés, IV, 161). Ce dernier était très-attaché aux Penthièvre, dont il partagea la mauvaise fortune. Créheren fut confisqué en 1420, et donné au fils de Pierre Eder, « Maistre d'Etat » et gouverneur des enfants du duc Jean V. Pierre, qui avait partagé la captivité du duc, fut un homme très-distingué ; il rendit à son maître de grands services, surtout dans la diplomatie. Son fils Guillaume se signala dans les armes et fut tué au siége de Saint-James de Beuvron. Il avait épousé Marguerite de La Lande au moment où cette dernière famille, rentrée en grâce, allait réclamer son bien.

Créheren ainsi reconstitué ne dura pas longtemps dans son intégrité aux mains des Eder, qui n'y habitaient pas. Dès 1428, ils prirent avec Jean V un arrangement qui permit à celui-ci de créer, au bourg de Plouvara, un regaire en faveur du chapitre de Saint-Pierre de Vannes : c'était, croit-on, un des voeux faits par le duc dans sa prison. Le regaire, emportant la haute justice, obligea sans doute Créheren à déplacer la sienne et à l'établir à Saignaux (ou Seignaux), entre ses deux domaines de Plouvara et de Plouagat. Ce dernier fut vendu en 1481, par Jehan, fils de Guillaume Eder, à Françoise d'Amboise, et donné par celle-ci aux religieuses de Nazareth, près de Nantes. Cette seigneurie était considérable, puisque très-anciennement les seigneurs de Perrien en étaient sergents féodés ; nous en avons trouvé la preuve aux vieilles liasses de la cour de Châtelaudren (Archives de Ruveret). Ainsi réduit, Créheren fut, à la fin du XVème siècle, porté en mariage, par Perrine Eder, à Jacques de La Houssaye. L'héritière de ceux-ci épousa Raoul Hingant, seigneur du Hac, en 1525. Leur fille s'allia à un Tournemine, qui vendit Créheren à René Marec, seigneur de Montbarot. Le vieux fief passa encore dans plusieurs mains avant de venir aux Rohan, qui l'achetèrent en 1643. Un aveu de Louis VII de Rohan, duc de Montbazon, montre qu'à cette époque il restait à peine quelques traces du vieux château, près duquel subsistaient cependant les très anciennes chapelles de la Madeleine et de « Monsieur saint Anthoine » (Note : Les vestiges s'en voient encore, à l'entrée du bois de Créheren, derrière l'habitation moderne de La Madeleine. La tradition y place un couvent de moines rouges. Etait-ce donc des hospitaliers qui desservaient l'établissement charitable fondé par les premiers propriétaires de Créheren à la porte de leur demeure ? Ceci a-t-il quelque rapport avec les hospitaliers de Ronchevau, dont parle le testament de Guillaume Le Borgne ?..). Déjà depuis longtemps l'auditoire avait croulé, les quatre patibulaires armoriés étaient étendus sur le sol ; la haute justice de Créheren n'était plus qu'un souvenir. L'absentéisme avait tout ravagé (Note : Ajoutons en deux mots que, en 1787, le baron d'Avaugour fit vendre Créheren ; il fut acheté par un Beauvoir, et repris en retrait lignager par les La Lande de Calan, descendants de Geoffroy de La Lande).

Mais tandis que la branche aînée des Le Borgne et son fief disparaissaient de la sorte, une branche cadette s'alliait à une famille jusque là peu connue, et qui allait, par son travail et son honorabilité, se placer à la tête de la noblesse de ce pays. Vers 1464, Marguerite Le Borgne avait épousé Guillaume Le Cardinal. Tout semble indiquer que ce fut vers cette époque, entre les guerres du XIVème et celles du XVIème siècle, que Kernier prit de l'importance, surtout par un grand établissement métallurgique. En devenant riches, les Le Cardinal réunirent ce qu'ils purent des épaves du vieux Créheren, et se posèrent comme les représentants des anciens Le Borgne et Le Chien. Ils traitèrent avec Beauport pour les fiefs que nous avons vus passer, au commencement du XIIIème siècle, du comte Alain à l'abbaye, et de celle-ci aux Le Borgne. Ils revendiquèrent alors la haute justice, dont ils établirent les piliers sur la colline, non loin de leurs forges. Ce fut au contraire dans la vallée, tout près de l'étang du Moulin-aux-Chiens, qu'ils bâtirent leur château (près de l'ancienne route de Plouvara à Rocqueho). Cette seigneurie de Kernier a cela de particulier que, presque seule en Bretagne, elle ne s'est pas formée par les armes. Elle est née et s'est développée par l'agriculture, par l'industrie, par le travail opiniâtre de plusieurs générations. Pendant que les propriétaires de Créheren s'en allaient gaspillant leurs revenus à la cour ou ailleurs, ceux de Kernier grandissaient en autorité et en considération au milieu de la population qu'ils faisaient vivre. Aujourd'hui encore, tout le monde dans la contrée prononce avec respect le nom des seigneurs de Kernier, et nul ne se souvient de ceux de Créheren (Geslin de Bourgogne).

Lors de la réformation de juillet 1427, plusieurs nobles sont mentionnés à Plouvara : La déguerpie Perrot Le Brun, Guillaume Le Brun, Jean Quintin, Jehanne Paen (déguerpie Geffroy Le Borgne). D'autres personnes se disent aussi nobles : Alain Le Prevost, Perrot Quintin, Olivier Pediou, Olivier Lhostellier et Geffroy Guehou.

Lors de la réformation du 20 mars 1536, plusieurs maisons nobles sont mentionnées à Plouvara : Chéhéren et Kerfichard (à un nommé Tournemine, sieur de Hac), Kernier et Crimpelet (à Guillaume Le Cardinal), Cresqueho (au sieur du Pont), Kernon (au sieur de Kerabuys).

A la montre du 3 juin 1543, sont mentionnés plusieurs nobles de Plouvara : les héritiers de Guillaume Le Cardinal (remplacés par Jean Lhotellier), Jean Pedron (sieur du Pré-David et remplacé par son fils Vincent), les héritiers Mathurin Briou, Jean Briou, Guyon Lhotellier, Jacques Le Guirre, Richard Helliou, Pierre Percevaulx, Vincent Pedron et Silvestre Le Normant. A la montre du 10 juillet 1569 sont mentionnés également des nobles de Plouvara : Jean des Landes (sieur de Pradigo) et Hervé Pedrou, curateur de Roland Hellio (sieur de Saint-Marc).

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc de 1480, on comptabilise la présence de 19 nobles de Plouvara :

Alain HELIO (2 livres de revenu) : défaillant ;

HELIO (2 livres de revenu) défaillant ;

Alain L’HOSTELIER (5 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une vouge ;

Guillaume L’HOSTELIER : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume L’HOSTELIER (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan LE BORGNE (35 livres de revenu) : porteur d’une brigandine ;

Selvestre LE BORGNE de le Clos-Botosa : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une pertuisane ;

Guillaume LE CARDINAL de Keruyer (60 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan LE GENNEC (10 livres de revenu) : défaillant ;

Guillaume LE NORMAND (30 livres de revenu) : porteur d’une salade (casque) et comparaît armé d’une vouge ;

Roland LE PAGE : porteur d’un paltoc et comparaît armé d’une vouge ;

LE PROVOST (2 livres de revenu) : défaillant ;

Alice LUCAS, représentée par Guillaume DE LA COSTE : porteur d’une brigandine ;

Thébault MORO (40 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une vouge ;

Guillaume PATENOSTRE : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

PEDRO (15 livres de revenu) ;

Guillaume QUINTIN (5 livres de revenu) : porteur d’un paltoc et comparaît armé d’une vouge ;

Olivier VRIOU (10 livres de revenu) : porteur d’un paltoc ;

Le doyen et le Chapître de Vannes, le prieuré (160 livres de revenu) : défaillant ;

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