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PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN

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La commune de Plogastel-Saint-Germain (bzh.gif (80 octets) Plogastell) est chef lieu de canton.  Plogastel-Saint-Germain dépend de l'arrondissement de Quimper, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN

Plogastel-Saint-Germain vient du breton « ploe » (paroisse) et de « castel » (paroisse du château) et de saint Germain.

Les hauteurs de Plogastel et de Landudec avaient, au temps de l'occupation romaine, une grande importance stratégique. Trois voies romaines se croisaient sur le territoire de Plogastel : 1° la voie de Civitas Aquilonia à Audierne, 2° la voie d'Arvor qui se détachait de la précédente prés du Moustoir et se dirigeait vers Saint-Démet en Plozévet, avec embranchement sur Plovan, 3° la voie N.-S., d'Is à Kerity, d'origine gauloise mais utilisée par les Romains, passait à Menez-Kerveyen, au poste romain de Kergurunet en Plogastel et au camp de Brenguelven en Landudec. On sait qu'un camp romain couronnait la colline où est assis le bourg actuel de Plogastel et que deux autres garnissaient ses flancs [Confère : C-A Picquenard, L'occupation romaine dans le bassin de l'Odet, Bulletin Société Archéologique du Finistère, t. XXXIII, p. 291 ; — Conen de Saint-Luc, Notice paroissiale sur Landudec, Ibid., t. XLIV, p. 18].

Plogastel-saint-Germain est une paroisse primitive qui s'est accrue depuis 1832 d'une grande partie du territoire de la trève de Saint-Honoré (appelé Sainct Honnoré en 1535) qui relevait autrefois de la paroisse de Lanvern. Cette dernière paroisse a été elle-même supprimée vers 1825 et réunie à Plonéour en 1827. 

La paroisse de Plogastel relevait jadis, presque tout entière, en proche fief, des deux importantes seigneuries du Quilliou et du Hilguy et, tout entière, en arrière-fief, de la seigneurie du Kemenet (ou Quemenet). En 1771, la dame du Hilguy et le seigneur du Quilliou, possédaient plus de 2/3 du territoire de Plogastel-Saint-Germain. Quelques terres relevaient de la seigneurie de Coatfao. En 1788, une fille Glehen, de Briscoul est décrétée de justice par cette juridiction qui avait pour sénéchal Jacques Corentin Royou, gendre du critique Fréron, et pour greffier, François Joseph Chauvel, procureur au présidial et greffier ordinaire des délibérations de la paroisse de Plonéis. Les petites seigneuries de Kerdaniel et de Kermathéano, en Plogastel, ne paraissent pas avoir eu de juridiction exercée au XVIIIème siècle. La paroisse de Plogastel-Saint-Germain dépendait autrefois de l'ancien évêché de Cornouaille. 

En 1961, le village de Keryavec est soustrait à Peumerit pour y être ajouté à la commune de Plogastel-Saint-Germain.

On rencontre les appellations suivantes : Plebs Castelli in Kemenet (en 1223), Ploegastel (vers 1330) et Ploecastel Sainct Germain (en 1444).

Note 1 : RECTEURS [Note : En 1245, le Chapitre cède à l'évêque de Cornouaille la collation du bénéfice de Ploecastel (Peyron, Cartulaire de l'église de Quimper, pp. 94-95)]. Vers 1400, Guillaume Presart. — 1405. An Eson (Voir Peyron, Actes du Saint-Siège, p. 145). — 1594. Pierre Dihuzon. — 1626-1635. Cotignon. — 1636-1642. Maurice Picot. En 1639, une grave épidémie fit le vide dans plusieurs maisons. — 1643-1657. Jacques Marcquer. Enterré le 19 Janvier 1657. — 1657-1673. Pierre Noël. Enterré le 15 Janvier 1673. — 1673-1684. Paul Tartroux. Il s'intitule, en 1682, prieur de Martigné et recteur de Plogastel ; en 1685, prieur de Martigné ci-devant recteur de Plogastel. — 1684. de Lesivily. — 1685-1688. Amaury Amice. — 1692-1698. Hyerosme Gobert. — 1700. Guillaume Jan. —1709-1753. Corentin Corre. Recteur de Plogastel pendant 44 ans, il démissionna en 1753. Il continua à signer quelques actes jusqu'à sa mort survenue le 12 Août 1756. Il était âgé de 75 ans. — 1753-1774. Jacques-René Brélivet. Il était du Hinguer, fils de Michel Brélivet et de Marie Kerloégant. Il mourut en 1774. L'an 1759 fut marqué par une épidémie qui, en peu de mois, décima la population. Parmi les victimes on relève le nom d'Urbanne Le Toullec, du Grand-Ruot, âgée de 102 ans. Le sonneur de cloches, lui-même, Maurice du Fresne, las d'avoir annoncé tant de deuils, fut enterré le dernier jour de la même année. — 1774-1788. Mathieu Colliou. Il mourut au presbytère le 25 Novembre 1788, à l'âge de 46 ans. — 1789-1791. Pierre Tromeur. Son revenu était de 1.200 à 1.300 livres. CURÉS ET PRÊTRES. 1634-1642. André Morgat, curé. Il fut enterré le 5 Janvier 1646 « en grande assemblée de peuple ». — 1637. Curudec, curé. — 1638. G. Le Gorec, curé. — 1638-1642. Alain Guichaoua, curé. Il fut enterré le 12 Mars 1642. — 1639-1672. Hervé Le Monze, curé, demeurant à Kervil. Il fut enterré le 22 Mars 1672. — 1647. Jan Hamon, prêtre. Enterré le 2 Février 1647. — 1653. Alain Le Moël, curé. — 1655. Jean Hamon, curé. — 1666-1669. Nicolas Le Coeuzeur, prêtre, demeurant au manoir de Kerboustoul. — 1669-1689. Yves Kerlaouneret, du village de Kermorien. Il est tour à tour curé de Plogastel et curé de Saint-Germain. En 1686, il se dit « prêtre habitué à Saint-Germain », et c'est dans cette église qu'il fut inhumé le 18 Mars 1689. — 1673. Noël Le Coeuzeur, prêtre. — 1673-1684. Jean Le Monze, prêtre. Il mourut en 1684. — 1673-1675. Jean Calvez, curé. Originaire de Plonévez-du-Faou, il fut enterré le 24 août 1675, âgé de 35 ans, dans l'église paroissiale de Plogastel. — 1684-1688. Yves Marzin, prêtre. — 1689. Nicolas Kerguntuil, curé de Saint-Germain. — 1689-1691. Jean Piclet, prêtre, originaire de Plonévez-Porzay. — 1692. Clément Philippe, prêtre. — 1692. G. Riou, prêtre. — 1692-1698. François Moreau. — 1694-1719. Louis Hamon, prêtre, « desservant la messe matinale ». — 1695. Corentin Le Moal, prêtre, demeurant au bourg. — 1701. Jan Vergoz, prêtre, demeurant au bourg. — 1703. François Farault, curé d'office. — 1703. Gilles Méheu, prêtre. — 1703. Noël Carret, prêtre, « desservant la trêve de Saint-Germain ». — 1703. Sébastien Savina, prêtre. — 1703-1704. Pierre Le Spec, curé d'office. — 1704. Yves Coz, curé de Saint-Germain. Il est dit aussi « prêtre administrateur ». — 1704. Jean Le Tiec, prêtre. — 1718-1719. Louis Le Toullec, curé. Il mourut le 7 Octobre 1741, âgé de 58 ans, et fut enterré à Saint-Germain. — 1741-1747. Louis Brélivet, prêtre. — 1743. Martin Quéméneur, prêtre. — 1750-1751. G. Le Tiec, « curé secondaire de Plogastel ». Il fut précédemment curé de Landudec. — 1751-1752. C. Conan, curé d'office. — 1751-1753. Jacques-René Brélivet, prêtre, du Hinguer. — 1752-1758. J. Manach, curé. En 1760, il est recteur de Beuzec-Cap-Caval. — 1761-1772. J. Le Moan, curé. — 1777. L'Haridon, bachelier de Sorbonne, curé. — 1777-1779. Fr. D. Jaunou, curé. — 1779-1781. J. Goraguer, curé de Saint-Germain. — 1780. Corentin Gloaguen, prêtre. Il devint recteur de Telgruc. — 1781. De Kervélégan, curé. — 1781-1783. G. Le Gall, prêtre. — 1781-1792. Jean Bozec, prêtre. Il mourut au château du Hilguy le 15 Janvier 1792, à l'âge de 75 ans environ. — 1783-1785. G. Savina, prêtre. — 1786. J.-V. Bolloré, curé. Il était précédemment curé de Plonivel. — 1787-1790. Noël Keraudren, curé d'office à la mort de M. Colliou. Il mourut au presbytère le 25 Août 1790, âgé de 59 ans environ. — 1790. Piriou, curé. — 1791. Le Pennec, curé. — 1791. Saouzanet, « faisant les fonctions curiales sur Plogastel ». — 1791-1792. Fr.-Maximin L'Helgoualc'h, capucin, vicaire et maître des novices. Le 18 Juillet 1792, il dit : « Dans le temps que je m'étais prêté à rendre service à Plogastel, on s'était contenté de ma soumission pour le serment civique. Si cela ne suffit pas aujourd'hui, vous voudrez bien me permettre de me retirer dans notre maison d'Audierne ». Pendant la Révolution, le service de Plogastel fut plusieurs fois fait par le « citoyen Coroller », prêtre intrus de Landudec. On sait que ce constitutionnel fut, pour une large part, responsable de l'arrestation de M. Riou, recteur de Lababan, qui devait, par la suite, être guillotiné. Coroller était maire de Landudec sous l'Empire. Voici les appréciations que portent à son sujet les deux premiers curés concordataires de Plogastel, M. de Mauduit qui fut toujours réfractaire, et M. L'Haridon-Créménec, constitutionnel : Le 20 Janvier 1804, M. de Mauduit écrit : « M. Coroller a eu la charité de prévenir ses adhérents de se défier du Chouant venu à Plogastel. Il eut été à désirer et il l'est encore que cet homme ne reste pas à Landudec... ». Le lendemain, il revient à la même question : « Ou vous n'avez pu faire autrement, ou vous ne connaissez pas l'état de cette commune (Landudec) pour y avoir laissé Coroller. C'est un terrible coup pour quantités de catholiques qui ont été même jusqu'à s'exposer pour conserver la vie à Kerdréac'h, au Recteur de Pouldreuzic et beaucoup d'autres. Ce Coroller déplacé, il n'aurait eu nulle part ailleurs la même influence que dans cette commune où il est maire. Le Recteur de Pouldreuzic vous en raconterait bien long sur ces objets... ». « Tout le matin et encore dans la soirée, ajoute-t-il, je suis entouré de monde qui ne paraît pas bien effarouché de mon chouanisme », allusion aux paroles de Coroller. Le 15 Juin 1804, il écrit : « M. Coroller ne me paraît nullement changé et il serait bien à désirer qu'on pût l'éloigner de Landudec, mais je conçois que ce n'est pas chose facile... ». Le 20 Juillet : « On rendrait un service essentiel à la paroisse et au canton d'en éloigner un pareil personnage : les préventions élevées contre luy depuy la prise de M. Riou, recteur de Lababan, dont on le regarde comme auteur principal ne luy permettront jamais de faire le bien dans ce canton... ». Une légère détente se révèle dans ces lignes du 6 Septembre : « M. Coroller vint me voir hier, mais je ne me trouvai point à la maison. Je suis le seul avec qui il fraye un peu ». Le son de cloche change tout à fait à l'arrivée, comme curé de Plogastel, de M. L'Haridon-Créménec, lui-même ancien constitutionnel notoire. Il écrit en ces termes à l'évêque, le 3 Mai 1806 : « Monsieur Coroller, prêtre de Landudec, succursale de Plogastel m'est venu trouver. Il m'a fait connaître vos dispositions à son égard. Sa situation me fait pitié. Je dois rendre justice à son exactitude et à ses moeurs. Je connais ses délateurs, peu dignes, je crois, d'être écoutés. Depuis longtems j'avais conseillé à M. Coroller de se démettre de sa mairie. Par là il eut peut-être évité d'encourir votre disgrâce. C'est la seule faute que je lui connaisse. Il sera peut-être remplacé par un sujet moins agréable aux habitans de cette succursale et par conséquent moins propre à y faire du bien. J'ose vous supplier de prendre en considération le témoignage que je dois rendre et du zèle et de la conduite de l'accusé » (Archives de l'Evêché. — Dossier de Plogastel-Saint-Germain) (abbé Parcheminou).

Note 2 : CURÉS APRÈS LA RÉVOLUTION. 1804. Antoine-Adrien de Mauduit du Plessis, né à Pouldergat en 1759. Recteur de Plovan, il émigra en Espagne pendant la Révolution. Il prit solennellement possession de la cure de Plogastel le 1er Janvier 1804 et fut installé par le sieur Louis-Corentin du Perrien, chanoine de la cathédrale de Quimper. M. de Mauduit devint peu après curé de Crozon, puis vicaire général de Quimper. — 1805-1807. Guillaume L'Haridon-Créménec, né en 1739. « Constitutionnel très entêté, capacité fort mince. Dangereux ». Telle est la note que lui donne l'évêché en 1806. — 1808-1811. Yves-Guillaume Kerloc'h. Décédé le 10 Mars 1811. — 1812-1821. Jean-Louis-Félix Roulloin. Nommé le 20 Décembre 1812, il fut solennellement installé le 3 Janvier 1813. — 1821-1825. Jean Le Friant. — 1825-1827. Yves Le Pape. — 1827-1857. François Bodénès. — 1857-1869. Alain Cornic. — 1869-1876. Jean Hameury. — 1876-1882. Noël Arhan, né à Cléden-Cap-Sizun. — 1882-1889. Louis Kerné. — 1889-1893. Louis Masson. — 1893-1901. Auguste Desbans. — 1901. Joseph Berthou, né à Guipavas en 1860. — 1901-1918. Pierre Caéric. — 1918-1937. Pierre Le Bris, né à Plomelin en 1862. — 1937-1938. Paul Simon, né à Bodilis en 1873. — 1938. François Le Séac'h, né à Briec en 1881, .... VICAIRES. 1804. Jacques Le Gal, né à Pouldreuzic en 1764. — 1816-1819. Guillaume Crozon. — 1819-1820. François Clerc'h. — 1820-1821. Jean Le Grand. — 1821-1822. François Triolan. — 1822-1835. Jean Quéméner. — 1835-1841. Louis Caradec. — 1841-1847. Jean Poncin. — 1847-1848. Joseph Le Guen. — 1848-1852. Mathurin Rouat. — 1852. Louis Le Michel. — 1852-1854. Charles Larvor. — 1854-1855. Jacques Cantinat. — 1855-1856. Guillaume Kerivel. — 1856-1870. Herlé Bernard. — 1870-1885. François Abjean. — 1885-1887. Louis Rolland. — 1887-1890. Jean-Marie Joncour. — 1890-1894. Vincent Olu. — 1894-1898. François Quiniou. — 1898-1900. François Nicolas. — 1900-1917. Henri Kerisit. — 1919-1925. Jean-Baptiste Hélion, né à Cléden-Poher en 1891. — 1925-1932. Goulven Chuiton, né à Roscoff en 1889. — 1932-1936. Joseph Herry, né à Plougoulm. — 1936-1937. Corentin Parcheminou, né à Saint-Nic en 1901. — 1937. Guy Guéguen, né à Plouénan en 1907, ... (abbé Parcheminou).

Note 3 : LES CHARGES ROYALES. QUELLES ÉTAIENT LES CHARGES ROYALES SUPPORTÉES PAR LA PAROISSE ? [Note : Nous ne parlons que des charges ordinaires. Les expédients financiers de la fin du règne de Louis XIV imposèrent aux paroisses rurales, comme aux municipalités, de véritables emprunts forcés, sous forme d'achats d'offices. C'est ainsi qu'en 1703 et 1705, Plogastel dut payer au roi un office de syndic perpétuel de cette paroisse. — (Quittances mentionnées à la délibération du 12 décembre 1729)]. L'imposition des fouages payée sur toutes les terres roturières était relativement légère. Depuis la fin du moyen-âge, Plogastel était taxée invariablement pour 14 feux un quart, un peu plus que Plonéis (9 feux 1/2), Lababan (11 1/3), Landudec (13 3/4), mais bien moins que Plovan (30 1/1), ou Pluguffan (30 1/2), trois fois moins que Plozévet et quatre fois moins que Plonéour. Les rouages ordinaires s'élevaient à 295 livres, et les fouages extraordinaires à environ 400 livres. On estimait au XVIIIème siècle que l'imposition affectée à un feu de fouage était de 48 livres 18 sols 6 deniers. Pour leurs 14 feux 1/4, les paysans de Plogastel payaient donc 697 livres, « le fort aidant le faible » [Note : « Tableau de l'imposition et des droits dus sur l'extraordinaire des fouages, l'ordinaire, les garnisons et droits particuliers », pour 1768. Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C. 3958. Le général choisissait chaque année des égailleurs pour les fouages, mais la confection du rôle et la collecte étaient faites par un procureur qui recevait 9 livres pour le rôle et 18 deniers pour livre de ses recettes. Ce procureur remplissait aussi généralement les fonctions de greffier des délibérations]. L'impôt des vingtièmes qui frappait indistinctement tous les immeubles nobles ou roturiers était le plus équitablement réparti. Il s'élevait à 1.123 livres 12 sols [Note : Vingtièmes de l'année 1788 (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 4599). — L'égail et la collecte des impositions abonnées, vingtièmes et capitation, se faisaient sous la responsabilité du général. Pour les vingtièmes, vers le mois de mars ou d'avril, le général de Plogastel choisissait 6  « asséeurs », par parcelle, qui de concert avec le correspondant de la commission intermédiaire faisaient l'égail de cette imposition. Il désignait en même temps un « collecteur » par parcelle. On procédait de la même façon pour la capitation qui était répartie et perçue par un même nombre d'autres asséeurs et collecteurs. — Il est à remarquer que le général lui-même comprenait presque invariablement quatre délibérants par parcelle. Le plus souvent chaque délibérant, à sa sortie de charge, désignait son successeur]. Les domaniers en payaient une part proportionnelle à la valeur de leurs immeubles, soit environ le tiers du montant du rôle. La capitation, impôt personnel sur le revenu était réparti entre les contribuables roturiers, selon « leurs facultés ». Le rôle de Plogastel comprenait 218 cotes dont 123 de 3 livres ou au-dessous et 95 au-dessus de 3 livres. Le total atteignait 661 livres 14 sols [Note : Capitation et droits y joints pour l'année 1770 (Archives d'Ille-et-Vilaine. C. 3981)]. A ces impôts directs, il convient d'ajouter la corvée royale pour l'entretien ou la construction des grands chemins. C'était une lourde charge qu'il est difficile d'évaluer en argent. La tâche de chacun était proportionnée à sa capitation ; elle était, en principe, d'une toise par livre de capitation. Cette corvée était, au bas mot, équivalente à la capitation elle-même. La tâche de la paroisse, située sur la route de Quimper à Douarnenez, près de Pratanras, s'étendait entre ce manoir et l'embranchement de la vieille route de Quimper par la Terre-Noire sur une longueur de 660 toises (1287 m) [Note : Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 4883 : Etat de situation des travaux de corvée au 31 décembre 1787. Pour l'entretien de leur tâche, les corvoyeurs de Plogastel exploitent une carrière et l'état de cette tâche est « passable »]. La distance du clocher au centre de la tâche étant de 9km 300, les corvoyeurs de Leslosquet, Penfrat et Le Ruot avaient à parcourir 15 km pour se rendre à leur travail. Deux fois par an, au printemps et en automne, les corvoyeurs étaient convoqués. Certains restaient sur la tâche une semaine entière, logeant dans les fermes du voisinage où, comme des troupes cantonnées, ils avaient place au feu et à la chandelle. La convocation des corvoyeurs, la surveillance des travaux et la répartition des tâches incombaient au syndic des chemins. Dans les années qui précédèrent la Révolution, ce syndic inamovible fut Louis Joannis de Trevoyen, l'un des rares paysans sachant écrire. La milice constituait une autre charge un peu moins lourde que la corvée des chemins mais tout aussi détestée. Plogastel ne se trouvant pas sur le passage des troupes n'avait que très rarement à s'occuper de leur logement ou du transport de leurs bagages. La paroisse ne fournissait pas de contingent à la milice de terre, mais contribuait au recrutement de la milice garde-côtes. Chaque année, le général établissait la liste des miliciables, puis le tirage au sort s'effectuait en présence du subdélégué de l'intendant. Le contingent de Plogastel était de 14 miliciens renouvelés par cinquième tous les ans (Archives d'Ille-et-Vilaine, milice garde-côtes, C. 1141 et C. 3670). La paroisse devait subvenir à leur petit équipement. Vers le milieu du XVIIIème siècle, les miliciens de Plogastel, Plonéis et Landudec, formaient une compagnie détachée commandée par M. Penharvan de Kermorial (Archives du Finistère, B. 4268). Douze fois par an, des revues occupaient les miliciens pendant trois jours consécutifs ; la solde journalière était minime : 5 sols 6 deniers. Ainsi, abstraction faite de la milice, les charges royales, fouages, vingtièmes, capitation et corvée des chemins montaient annuellement au total de 3.144 livres (Jean Savina).

Note 4 : LES CHARGES SEIGNEURIALES. Les charges seigneuriales sont de difficile appréciation [Note : Sur les terres relevant du marquis de Ploeuc, une mesure particulière était usitée. « Cette mesure de Ploeuc a été réglée, à la suite d'un procès qui a eu lieu, il y a environ 30 ans (1768) entre le défunt Ploeuc et ses domaniers ». Archives de Plogastel : Registre des délibérations de l'an IV, 16 germinal]. Les documents ne nous permettent pas de les connaître directement. Nous avons vu que les rôles des vingtièmes permettent d'évaluer globalement les revenus seigneuriaux à 68 % du revenu net de tous les immeubles. Mais ce serait une erreur grave de mesurer les charges réelles supportées par les « vassaux » au profit net que les seigneurs en retiraient. Les redevances les plus modérées étaient parfois singulièrement aggravées par des perceptions plus ou moins licites d'agents intermédiaires. Or, par suite de l'absentéisme de la noblesse, une multitude de parasites s'étaient immiscés dans la fiscalité seigneuriale. Ils multipliaient les abus et les chicanes dont ils vivaient. C'est ainsi que leurs exactions, dénaturant les institutions les plus légitimes, firent qu'à la veille de la Révolution, les paysans abhorraient même le régime du domaine congéable (Jean Savina).

Note 5 : LA DIME. Nous n'avons pu retrouver l'état des dîmes de Plogastel, Mais les démêlés survenus entre le recteur Corentin Corre et le général de la paroisse, en 1717 et 1748, au sujet des réparations du presbytère, nous permettent d'évaluer ces dîmes à environ 900 livres en 1747 et à 1310 livres au taux de l'apprécis, quarante ans plus tard. En 1747, le général voulut contraindre le recteur à faire réparer son presbytère [Note : Il convient de remarquer que le général n'eut pas l'initiative des poursuites contre le recteur. Une telle démarche lui répugnait sans doute car, pour agir, il attendit une assignation en règle de la dame du Hilguy et du seigneur de Kerdaniel. — Délibération du 11 Février 1748]. Le recteur effectua quelques réparations qui furent jugées insuffisantes. Trois experts furent nommés : MM. de Penanyeun pour le général, Poullain, architecte, désigné d'office pour le recteur résolu à garder une attitude passive, et Doucin, avocat, tiers arbitre. Une sentence du présidial (19 juillet 1747) condamna le recteur à achever les réparations convenables et à consigner à cet effet une somme de 120 livres, sous peine de la saisie de ses gros fruits. Le recteur, trouvant ses charges trop lourdes, préféra abandonner ses dîmes qui furent saisies en 1747 et 1748 [Note : Les grains furent déposés dans les greniers de M. Jadé, notaire et procureur à Quimper, puis vendus aux enchères]. Le recteur, abandonnant les gros fruits de la paroisse, devenait quitte des charges qui montaient à environ 850 livres (portion congrue du recteur, 500 livres, celle du vicaire 250 livres décimes et frais de perception des dîmes 100 livres). Les revenus de deux années ayant à peine suffi à ces charges et aux frais de réparation du presbytère, on peut donc évaluer les dîmes à un peu plus de 900 livres. Cela représentait à cette date la valeur de 210 boisseaux de seigle, 20 boisseaux d'avoine et 10 boisseaux de blé noir. Ainsi le recteur devait dîmer en moyenne à la 30ème gerbe (Jean Savina).

Note 6 : LES EMBARRAS FINANCIERS DU GÉNÉRAL. Les généraux de paroisses n'ont pas de deniers communs et par suite pas de budget. Les fabriques seules disposent de ressources régulières pour l'exercice du culte. Aussi le général de Plogastel se trouve-t-il dans le plus grand embarras quand, pour l'utilité commune, la paroisse est contrainte à certaines dépenses. On ne peut y pourvoir que par des corvées, des emprunts ou des levées extraordinaires de deniers, si celles-ci sont préalablement autorisées par le Parlement, ce qui d'ailleurs ne manque pas d'occasionner des frais supplémentaires. En 1748, l'un des délibérants avance 80 livres 10 sols pour les frais d'un procès intenté au recteur par le général (Délibération du 11 février 1748). En 1768, Jean Glehen de Trevoyen prête à la paroisse une somme de 150 livres dont il réclame le remboursement l'année suivante. A ce moment, « les délibérants répondent avoir entière et pleine connaissance du prêt de la somme et avoir été jusqu'ici hors d'état de la rembourser ». Le 3 décembre 1760, « les délibérants ont prié Jean Guénec de Guiler de leur prêter la somme de 400 livres pour faire le retrait des sentences et arrêts rendus au présidial contre le marquis de Ploeuc ». « Jean Guénec leur a, en l'endroit, compté ladite somme, laquelle ils s'obligent solidairement de lui payer, ce jour en un an, sur tous leurs biens en général, meubles et immeubles, présents et futurs ». Hélas ! le remboursement ne se fera pas au bout de l'an. Las d'attendre prés de 5 ans, le créancier présente une requête au présidial. Ainsi astreint, le général n'a d'autre moyen d'acquitter sa dette que de puiser provisoirement dans le coffre de la fabrique (Délibération du 7 août 1774) (Jean Savina).

Note 7 : LES RESSOURCES DE LA FABRIQUE. Les ressources de la fabrique sont très variables. De 1700 à 1725, elles oscillent entre 500 et 1026 livres. Ces ressources proviennent de deniers patrimoniaux, location d'immeubles, fondations en rentes foncières ou autres, du casuel de la fabrique et surtout des dons et offrandes. La confrérie du Saint-Sacrement possède, au bourg de Plogastel, une maison et quelques terres affermées 39 livres en 1719. La fabrique paroissiale possède également au voisinage du bourg quelques parcelles pour lesquelles le général est condamné « à fournir aveu en forme » au marquis de Ploeuc en 1725. Une fondation de Catherine Daoulas est hypothéquée sur le lieu de Penhors en Pouldreuzic, terre relevant du prieuré de Locmaria. La fabrique de Saint-Germain perçoit annuellement un comble de froment sur le lieu de Saoudua en Pouldreuzic (Délibérations des 2 avril 1719, 3 juin 1725 et 17 février 1719). Les deux presbytères et leurs dépendances appartiennent à la fabrique ; mais ces deux immeubles ne constituent pas une source de revenus, car la location est minime et couvre à peine les frais de réparations. La paroisse met à la disposition de son recteur « un logement convenable ». A cet effet, le général passe un traité avec le recteur, qui prend « le presbytère et ses dépendances à titre de ferme et s'oblige à payer par an au général la somme de 24 livres parce qu'il sera quitte de toutes les réparations à l'exception des clés, vitrages et serrures qu'il sera tenu d'entretenir en bon état ». Ce traité reçoit en 1775 l'homologation du parlement (Délibération des 29 novembre 1774 et 31 décembre 1775). A Saint-Germain, le presbytère est situé dans l'enclos du cimetière et contigu à la chapelle. La jouissance en est laissée au curé, à charge seulement d'entretenir la toiture et de pourvoir aux menues réparations. Les recettes de la fabrique subissent de grandes et brusques variations qui tiennent à plusieurs causes. Les donations et offrandes affluent dans les années de prospérité ; elles se font minimes et rares dans les années de disette. D'autre part, soit mauvaise volonté des redevables, soit négligence des marguilliers les revenus des fondations ne rentrent pas régulièrement. A partir de 1742, « on ne sait sous quel prétexte », les marguilliers laissent arrérager la rente due sur Saoudua. En 1781, sans les remontrances opportunes du recteur Colliou, cette même rente tombait sous le coup de la prescription (Délibération du 22 avril 1781). Enfin, il arrivait aussi que des expédients financiers amenaient la dépréciation des monnaies. C'est ainsi qu'en 1721 le procureur-terrien Yves Simon porte dans sa décharge une perte de 21 livres, causée « par la diminution survenue sur les espèces » (Délibération du 13 février 1721) (Jean Savina).

Note 8 : LES BUDGETS. Jusqu'en 1721, les procureurs-terriens et marguilliers de Plogastel avaient négligé, à leur sortie de charge, de rendre compte de leur gestion. Ils gardaient par devers eux « les rôles, mandements, quittances et autres titres en forme de comptes » et, ce qui était plus grave, les reliquats des budgets. En 1721, tous les procureurs-terriens, depuis 29 ans, sont appelés en reddition de comptes, sous peine de poursuites. Ce fut une désagréable surprise et un immense embarras pour ces comptables illettrés et surtout pour leurs héritiers. Cependant ces errements étaient si préjudiciables à l'intérêt public que la paroisse approuva des mesures de rigueur. C'est ainsi que le recteur put porter cette mention au registre : « J'ai fait lecture de la délibération ci-dessus, au prône de ma grand' messe, le 26 janvier 1721, et elle a été applaudie du général de cette paroisse ». Les recettes qui sont de 447 livres seulement en 1701, montent à 952 livres en 1713 et à 905 livres en 1719. Elles retombent à 592 livres en 1723 et à 615 livres en 1724. Mais elles avaient dépassé 1.000 livres, à trois reprises, entre 1705 et 1715, (1.005 livres, 1.018 livres, 1.026 livres). De 1700 à 1725, la moyenne des recettes est de 779 livres. Le budget laisse chaque année un reliquat variable, de 5 à 90 livres. Pour cette même période, il est en moyenne de 43 livres, non compris le droit de recette du procureur-terrien qui est de un sol pour livre et dont il fait généralement état dans sa décharge (Délibérations des 6, 13, 14 et 28 février 1721). « Le 22 avril 1781, le général, après avoir pris lecture des comptes des fabriques et des pièces au soutien, a apuré celui de François Gloaguen fabrique de l'église paroissiale, à 331 livres 8 sols 4 deniers de reliquat, y compris les reliquats de ses prédécesseurs ; celui de Jean Guenec, fabrique de Saint-Germain, à la somme de 194 livres 6 deniers de reliquat, aussi compris les reliquats de ses prédécesseurs ; les deux sommes formant un capital de 525 livres 8 sols 10 deniers, de laquelle somme le corps politique a chargé M. le chevalier de Lansalut » [Note : Les règlements prescrivaient de conserver les fonds des paroisses, ainsi que les archives, dans les sacristies, dans un coffre-fort à trois serrures différentes dont l'une des clés était au recteur, la seconde au procureur-fiscal et la troisième au fabrique. — Jusqu'en 1781, Plogastel n'a pas de coffre-fort. Quand le général a la garde de fonds importants, il les dépose « par parties entre les mains de cinq des paroissiens les plus notables et les plus aisés, pour les garder en dépôt et les représenter sous la huitaine, sur la demande qui leur en serait faite par ceux qui auront droit ». C'est ainsi que le 27 novembre 1774, une somme de 775 livres est confiée à 5 domaniers : Yves Joannis, Laurent Caradec. Henri Gloaguen, Charles Kerfriguin et Pierre Guénec — Le 22 avril 1781, le général « donne tout pouvoir » au recteur Colliou et au chevalier de Lansalut « de faire faire un coffre-fort ». Délibérations des 27 novembre 1774 et 22 avril 1781]  (Jean Savina).

Note 9 : FAITS DIVERS. MASSACRE DES PAYSANS A SAINT-GERMAIN (1595). L'histoire de Guy Eder de la Fontenelle est trop connue pour qu'il soit nécessaire de présenter ce sinistre personnage qui, pendant des années, promena le fer et le feu à travers la Basse-Bretagne. Au début de Juin 1595, il vint s'installer dans l'île Tristan, devant Douarnenez, qu'il fortifia rapidement. Effrayés d'un tel voisinage, les paysans de nombreuses communes entre Pont-Croix et Quimper se mirent sous les armes et se proposèrent de venir assiéger le célèbre brigand. Le rassemblement se fit à Saint-Germain de Plogastel. Mais laissons la parole au chanoine Moreau, l'historien des guerres de la Ligue : « La Fontenelle, averti, les vint rencontrer avec une bonne partie de sa garnison, sachant que la populace n'est rien contre des gens de guerre. Entre des haies fait marcher ses gens à couvert, fors 10 ou 12 qu'il envoie devant pour attirer les paysans à jeu en la lande qui était près. Sitôt que ses cavaliers parurent, la commune, sans ordre ni discrétion, confusément, se débanda après ses hurlements horribles et accoutumés, sans songer qu'il pouvait y en avoir d'autres. Ces cavaliers, se voyant suivis d'un nombre de manants, font semblant d'avoir peur et se retirent à grands pas. Les autres suivent, et étant au milieu de la lande, voilà 3 ou 400 chevaux qui viennent fondre sur eux, et sans aucune résistance en font tel carnage qu'ils veulent, prennent le sieur de Granec, l'un de leurs conducteurs, prisonnier, qu'ils mènent à Douarnenez. Il fut tué plus de 1.500 paysans ; les autres se sauvèrent à la faveur des haies, et désormais lesdits paysans n'osèrent rien entreprendre contre la Fontenelle » (Chanoine Moreau, Histoire de la Ligne en Basse-Bretagne, pp. 303-304). La garnison de Quimper ne bougea pas et se contenta d'envoyer un messager à Saint-Germain pour découvrir où étaient les troupes de la Fontenelle. « Luy fut payé 15 sous par ce » (Bulletin de la Société Archéologique, 1885, p. 157). La tradition indique comme lieu de sépulture des 1.500 paysans massacrés un champ voisin du bourg de Saint-Germain, tout près de la croix appelée « Croaz an tennou », la croix des coups de fusil. Dans le pays, on n'a pas encore oublié la férocité de la Fontenelle. Il y a quelques années, dit-on (Bulletin de la Société Archéologique, 1932, p. XXVI), une femme de Plogastel fut traduite en justice par une de ses voisines à qui elle avait dit, au cours d'une discussion : « Vous et les vôtres êtes de la race de Fontenelle !... ». AUTRE HISTOIRE DE BRIGANDS. Un spectacle peu banal s'offrit un jour de Thermidor de l'an V aux regards étonnés des habitants de Plogastel. Sur un échafaud dressé sur la place publique, un homme était attaché à un poteau. Au-dessus de sa tête, un écriteau portait en gros caractères ses noms, profession, domicile, la cause de sa condamnation et le jugement rendu contre lui. C'était un brigand du nom de Pierre Kervoalan, dit le Téo, journalier au village de Kerlonec, en Plonéis. Les passants chuchotaient ses exploits. « Dans la nuit du 3 au 4 Brumaire précédent, plusieurs malfaiteurs, armés de fusils et de sabres, entourèrent la maison de Louis Philippe, cultivateur et propriétaire au village de Kerdelan en Plogonnec. Douze ou treize entrèrent chez lui après avoir forcé la porte. Il eut comme sa famille les pieds et les mains liés. Kervoalan, pendant qu'on se disposait à garrotter Louis Philippe, frappait d'un bâton sur les meubles et menaçait celui-ci en jurant et lui demandant son argent. Louis Philippe fut à trois reprises et par trois de ces brigands jeté dans les flammes. Pendant que ces trois hommes lui donnaient des touches, leurs camarades forcèrent une armoire et pillèrent dans la maison, chapeau, chemises, viande, tout ce qu'ils jugèrent à leur convenance, 120 livres au valet de la maison et environ 300 livres au propriétaire... ». Arrêté en Messidor seulement, il fut incarcéré à Quimper comme faisant partie de la « troupe de brigands qui depuis plusieurs mois désolait différents cantons de cet arrondissement en se livrant à des actes de violence qui n'appartiennent qu'à des scélérats... ». Malgré ses dénégations formelles, il fut rapidement convaincu d'être l'auteur ou le complice du vol et des actes de sauvagerie qui l'accompagnèrent et d'y avoir participé « méchamment et à dessein ». Le tribunal le condamna à « 24 années de fers » et ordonna en outre de l'exposer pendant 6 heures sur la place de Plogastel (Archives communales de Plogastel). BAPTÊME D'UN INDIEN. Dans les registres de baptêmes de Plogastel, nous relevons l'acte suivant : « Victor Gabriel, paraissant âgé de 9 à 10 ans, dont le père et la mère sont inconnus, vu que, d'après son rapport, il a été enlevé par des sauvages à ses parents, à Pouloniace, dans l'Inde, et ensuite vendu comme petit esclave il y a environ 3 ans, a été baptisé à Plogastel le 18 Mai 1812. Parrain et marraine ont été : Hervé-Gabriel-Adolphe de Kermorial, et Hyacinthe-Virginie de Kermorial. Signé : ROULLOIN, prêtre ». Comment ce petit Indien arriva-t-il à Plogastel ? Il y fut amené sans doute par quelque officier de marine, peut-être par de Kermorial lui-même. Nous ignorons ce qu'il devint par la suite (abbé Parcheminou).

Note 10 : FOIRES. Plogastel possède vers 1940 une foire mensuelle, le quatrième lundi. Dès 1807 on réclame une foire au bourg chaque second mardi. En 1810, la municipalité adresse une pétition au préfet en faisant valoir que « Plogastel est situé au centre de toutes les villes qui l'environ­nent (sic) et éloignée de trois ou quatre lieues de chacune de ces villes et que, d'autre part, leur bourg possède plusieurs belles places, etc... ». Six foires sont accordées et fixées au premier mardi de Janvier, Mars, Mai, Juillet, Septembre et Novembre. Mais il se trouve « que ces foires sont anéanties, attendu qu'elles se tiennent les mêmes jours que celles de Locronan distant d'un myriamètre seulement » (Archives communales de Plogastel). Il serait donc à désirer que les foires de Plogastel soient fixées désormais au premier lundi au lieu du mardi. Mais voici que Plonéour-Lanvern qui a toujours jalousé Plogastel d'être le chef-lieu de canton et qui n'a que mépris pour ce « bourg presque ignoré dans l'arrondissement et qui se compose de cinq ou six misérables chaumières où Monsieur le Juge de paix quoique célibataire n'a pu se loger qu'avec beaucoup de peine » (E. Cogne, Monographie de Plonéour-Lanvern, p. 3), Plonéour, à qui le décret du 5 Septembre 1810 n'a accordé que quatre foires par an, veut en avoir douze comme autrefois. Plogastel proteste par cette jolie diatribe, en date du 22 Juin 1825 : « Le conseil de Plogastel reconnaît que les douze foires qui se tiennent à Plonéour y ont effectivement lieu depuis 25 ans peut-être, comme il est dit dans cette injuste réclamation. Le conseil dit " injuste ", et en effet, pourquoi Pont-l'Abbé et Plonéour qui ne sont qu'à une lieue l'un de l'autre ont-ils fait et prétendent-ils faire encore 25 foires par an, y compris celle de Lanvern ? C'est, dit le conseil municipal de Plonéour, parce que Plonéour est une commune importante et le point central entre le canton de Pont-l'Abbé et celui de Plogastel. Mais n'y a-t-il pas dans le canton de Plogastel de commune importante que celle de Plonéour ? Elle est aussi, dit-on, le point central entre le canton de Plogastel et celui de Pont-l'Abbé. Cela ne saurait passer pour certain. Disons vrai, et nous dirons que Pont-l'Abbé et Plonéour veulent tout accaparer, et c'est pour les empêcher et partager également autant que possible l'avantage des foires qu'a été rendu le décret précité. Disons vrai, et nous dirons à nos voisins de Plonéour, qui s'en fâcheront peut-être parce que la vérité choque, que s'ils ont jusqu'ici fait 12 foires, ils ne les ont dues qu'à leur ambition et à leur insoumission à la loi. Mais cela ne sera plus. Plogastel est le chef-lieu, et par conséquent le point central du canton, et c'est pour y faciliter le commerce qu'on y a établi des foires, attendu que les communes qui le composent sont éloignées de toutes les villes, à l'exception de Plonéour. Elles auront lieu malgré les habitants de Plonéour. Nous sommes aussi des sujets fidèles de Charles X qui entend que nous ayons notre part à l'avantage des foires, avantage que nous n'aurons qu'en empêchant le conseil municipal de Plonéour de dépasser les 4 foires dont il devrait se contenter s'il était raisonnable » (Archives communales de Plogastel). Finalement tout s'arrangea. On donna aussi douze foires à Plogastel, et tout le monde fut content (abbé Parcheminou).

Note 11 : La paroisse ancienne était moins étendue que la commune actuelle. Au début du XIXème siècle, la majeure partie de la trève de Saint-Honoré, avec son ancien chef-lieu, a été annexée à la paroisse de Plogastel-Saint-Germain qui, de ce fait, s'est accrue d'environ 450 hectares. Saint-Honoré était, depuis le XIVème siècle, une trève de la paroisse de Lanvern. Cette dernière paroisse a été elle-même supprimée en 1825 et réunie à Plonéour. La paroisse de Plogastel-Saint-Germain, sous l'ancien régime, avait une superficie de 2.650 hectares, soit une étendue un peu supérieure à la moyenne des autres paroisses de Cornouaille. Les aptitudes agricoles y étaient médiocres. La décomposition des roches du sous-sol, granit, gneiss et micaschistes, n'a engendré qu'un sol assez ingrat, une terre à seigle, terre maigre et légère qui a besoin d'être amendée. Malheureusement les amendements n'étaient guère possibles. Certes, les paysans de Plogastel n'ignoraient pas la valeur du sable calcaire de la baie d'Audierne. Leurs voisins de Plovan, de Pouldreuzic et de Lababan en faisaient un judicieux usage. Mais le mauvais état des chemins ne permettait pas le transport de cet amendement à si grande distance. Aussi le terroir de Plogastel dont l'exploitation était rudimentaire et la culture chétive imposait-il à ses habitants une vie rude. La population était relativement clairsemée : 1.100 âmes, soit 42 habitants au kilomètre carré [Note : Le dictionnaire d'Ogée porte 1.100 communiants ; il convient de lire 1.100 âmes. Un état de population du district de Pont-Croix, du 29 thermidor II, attribue à Plogastel 173 feux et 803 habitants. Des statistiques ultérieures mentionnent pour 1800, 1049 habitants ; pour 1810, 959 habitants. — Le chiffre de 1.100 correspond approximativement à l'évaluation que nous avons faite d'après la moyenne des naissances et des décès, entre 1750 et 1790]. Le voyageur qui, vers la fin du XIXème siècle, traversait la paroisse de Plogastel, se rendant de Quimper à la mer ou de Douarnenez à Pont-l'Abbé, devait éprouver une impression de solitude désolée. « Six lieues de landes presque continues ! » s'écrie le voyageur Marlin, après avoir maudit les chemins « cahoteux, mal entretenus, mal faits » qui l'ont conduit, en 1785, de Douarnenez à Plonéour (Voir J. Trévédy, Voyages dans le département actuel du Finistère, brochure de 35 p., Quimperlé, 1891, p. 32). C'était un pauvre bourg isolé que Plogastel en ce temps-là. Les deux seules bonnes routes de la région celle de Quimper à Douarnenez et celle de Quimper à Pont-l'Abbé le laissaient bien à l'écart. Situé au croisement de deux mauvais chemins de traverse, il comprenait, outre sa vieille église et son presbytère, sept ou huit chaumières. Même en 1825, cette agglomération devenue pourtant chef-lieu de canton gardait encore un aspect minable. Des voisins, malveillants il est vrai, pouvaient écrire, avec dédain : « Presque ignoré dans l'arrondissement, son bourg se compose de cinq à six misérables chaumières ou Monsieur le Juge de paix quoique célibataire n'a pu se loger qu'avec beaucoup de peine. Le site de la commune est en général aride et d'un aspect sauvage et les habitants presque tous dans la malaisance » (Voir E Cognec, Monographie de Plonéour-Lanvern, p 3). Faisons la part de l'exagération dans cette appréciation peu flatteuse ; il faut reconnaître cependant que Plogastel n'était au XVIIIème siècle qu'un très modeste village, un « pauvre lieu », comme disait Marlin. Mais ce bourg, perché au haut d'une colline, serré autour de son église, dominait toute la campagne environnante. Il se donnait, vu de loin, un air de citadelle comme pour rappeler le castel romain qui avait été son berceau. On n'y accédait que par des chemins escarpés. Au nord, la route de Gourlizon enjambait le Goyen à angle droit, au prix de pentes vertigineuses. Les deux « crec'hen-goz » qui descendent, l'une vers le Hilguy, l'autre vers le Quilliou étaient presque impraticables aux attelages. Ces larges « crec'hen », tracées sans doute par les légionnaires romains, ont vu passer à la fin du XVIème siècle les cavaliers de La Fontenelle s'en revenant du massacre de la « paysantaille » de Saint-Germain. Les imaginations superstitieuses les ont depuis peuplées de mauvais esprits et de légendes. Elles ne sont plus suivies que par les piétons, les routes modernes les ayant évitées par un tracé moins hasardeux. La vieille église n'avait pas l'aspect monumental du vaste édifice qui l'a remplacée. Plus humble et plus familière, encadrée de frênes vigoureux, elle était trop basse et trop sombre [Note : « L'église est très obscure, même en plein midi ». En 1774, au décès du recteur Brélivet, les réparations nécessaires au choeur et an chancel sont évaluées à 650 livres. Cette charge incombant au décimateur, les héritiers du défunt recteur, « pour éviter tout litige », paient à la paroisse la somme de 775 livres. Mais le général et le nouveau recteur Mathieu Colliou estiment que ces réparations seront inutiles, si l'on n'a soin préalablement de surélever l'édifice. Ils pensent « qu'en laissant subsister le clocher qui est assez bon, on pourrait pour donner du jour et de la clarté à l'église, élever le choeur ainsi que la nef sur les anciens ondements » (Délibération du 27 novembre 1774)]. Le cimetière était au coeur du village, mais on sait que le voisinage des morts n'incommodait pas nos pères. Les frênes qui le couvraient ne laissant plus assez de place aux sépultures, on songea à les abattre. ..... Toutefois, quelques-uns de ces frênes vénérables furent épargnés. ..... A une demi-lieue, au sud-est, se dressait le bourg trévial de Saint-Germain auquel était rattaché le quart de la paroisse. Une magnifique chapelle gothique du XVIème siècle, aux portails sculptés, aux hautes fenêtres fleurdelisées, faisait l'orgueil de ce hameau. A l'entrée du cimetière de la chapelle Saint-Germain, une porte monumentale et un gracieux ossuaire, aujourd'hui en ruine, étaient des annexes dignes de ce beau monument. Une modeste « maison curiale couverte en paille » complétait ce bel ensemble. Saint-Germain n'était pas une trêve à proprement parler. Un curé ou vicaire y résidait, mais elle n'avait ni général, ni registres paroissiaux, ni rôle distinct pour les impôts (Jean Savina).

Note 12 : LA PROPRIÉTÉ. Un document fort intéressant nous révèle l'état de la propriété à Plogastel-Saint-Germain en 1771 (Rôle d'égail inséré au registre des délibérations en 1771). Un arrêt du Conseil du roi avait autorisé, dans cette paroisse, une levée extraordinaire de deniers pour la reconstruction du presbytère. Les rôles des vingtièmes servirent de base à l'égail de cette imposition. On sait que l'impôt des vingtièmes était de tous les impôts de l'ancien régime celui qui provoquait le moins de réclamations parce qu'il était le plus équitablement réparti. Impôt réel, il frappait le revenu de tous les immeubles, quels qu'en fussent les propriétaires. Quand il s'agissait d'une imposition extraordinaire comme celles nécessitées par la construction d'une église ou d'un presbytère, les propriétaires seuls, nobles ou roturiers, y étaient soumis, à l'exclusion des simples fermiers ou locataires. La contribution de chacun était, en principe du moins, toujours proportionnée au revenu de ses immeubles, dans la paroisse. La délibération initiale du général de la paroisse de Plogastel, concernant la reconstruction du presbytère et sa requête tendant à la levée extraordinaire de deniers à cet effet sont du mois d'octobre 1764. La dépense était estimée à 2.924 livres. Il y eut de longs débats ; la procédure dura sept ans et occasionna des frais supplémentaires de 454 livres, ce qui porta la dépense totale à 3.378 livres 8 sols 6 deniers. C'était pour l'époque une somme assez considérable, beaucoup trop considérable au gré du Marquis de Ploeuc qui pendant sept ans mit tout en oeuvre pour contrarier les voeux du recteur et du général de la paroisse. Plogastel avait déjà eu bien des démêlés avec ce puissant seigneur ; une fois de plus, la paroisse obtint gain de cause. Le « rôle d'égail » de la somme de 3.378 livres, établi le 30 septembre 1771, en vertu d'arrêt du Conseil du roi et d'ordonnance de Monseigneur l'Intendant fut sans nul doute établi avec un soin méticuleux. L'hostilité de M. de Ploeuc garantit, en quelque sorte, l'exactitude du document. Processif, à son ordinaire, le marquis n'eût pas manqué d'y relever les moindres erreurs et d'en faire grief aux égailleurs. Ceux-ci, au nombre de six, choisis par le général, à raison de deux par parcelle, furent : Jean Guenec de Guiler-Saint-Germain, Alain Guenec de Kerouanquen, Jean Guenec du Grand-Briec, Louis Le Tymen du Moustoir, Mathieu Le Corre de Kermorien et Alain Conan du Grand-Drevers. Ils firent la répartition « proportionnellement et au marc la livre des vingtièmes et deux sous par livre du dixième .. Et se sont trouvées monter toutes les impositions à la somme de 3.378 livres 8 sols 6 deniers laquelle somme sera payée par les contribuables dénommés audit rôle ou en leur acquit par leurs fermiers, débiteurs, bien-tenants, ayants-deniers entre mains de Guillaume Loden de Kervigodou, Jean Glehen de Briscoul et Hervé Nicolas de Guiler, les trois, paroissiens dudit Plogastel, collecteurs, par la délibération du 27 janvier 1771, huitaine après la publication dudit rôle pour, les collecteurs en faire la remise aux mains du marguillier et du procureur-terrien en charge.... sous peine d'être, les contribuables, les collecteurs, contraints par toutes les voies de rigueur et de justice dues et raisonnables ». Le rôle dressé par M. Vallet, notaire royal assisté de M. Charles de Malherbe, avocat, fut contrôlé à Quimper le 9 octobre 1771. Il n'y eut, à cette occasion, qu'un seul paysan à savoir signer : Jean Glehen de Trevoyen. En 1771, la paroisse de Plogastel est presque tout entière divisée en domaines congéables. On y distingue donc deux sortes de propriétaires : les seigneurs fonciers et les domaniers. Les premiers possèdent le sol ; nobles pour la plupart, ils ne résident guère dans la paroisse. Les domaniers, tous paysans, ont acquis la majeure partie des édifices et superfices. Sur l'imposition totale de 3377 livres, la noblesse à elle seule paie 1970 livres, soit 58 %. La propriété noble comprend les manoirs, les moulins, les métairies nobles du Hilguy, Le Quilliou, Kerdaniel et Kermathéano et environ les cinq sixièmes du territoire. Les deux seigneurs les plus imposés sont la comtesse Du Guay, née de Visdelou, dame du Hilguy (724 livres) et son cousin le marquis de Ploeuc, seigneur du Quilliou (687 livres). M. de Kermorial, seigneur de Kerdaniel paie 121 livres. En outre, Briscoul est à M. de Trédern (72 livres 15 sols), Kermoguer à M. du Minven, Kerveyen à M. de Rosily, Trégano à M. de Kerguern, Kermorien à Mmes de Trévien et de Trégain, Kerguernou a MM. de Carné et de Chateaugiron, Kernoa à M. de Kervazegant, Kerdeurnel à M. du Clézio. Enfin, le baron de Pont-l'Abbé, Baude de Saint-Père, possède une tenue à Troguenec et M. de Keratry une autre à Leslosquet. La propriété bourgeoise, encore restreinte, s'étend progressivement. Elle comprend le fonds de 17 à 18 tenues et la métairie de Keravarn, à peu près le sixième du sol. Frollo de Kerlivio, conseiller au Présidial, puis maire de Quimper, paie 86 livres pour trois tenues à Kerouanquen et à Leslosquet, Guesdon, sénéchal des Regaires de Cornouaille, possède deux tenues, l'une à Kervigodou, l'autre au Petit-Drevez. M. de Penanreun (Royou), beau-père de Fréron, a une tenue à Kerandoaré et de Boisjaffré, avocat à Quimper, en a une autre à Kerbinibin. Les paysans les plus aisés de Plogastel ne possèdent que les droits convenanciers des tenues exploitées par eux. Toutefois, la totalité des édifices et superfices de la paroisse ne leur appartient pas, car les manoirs, les moulins, à l'exception de celui de Kermathéano qui paraît acconvenancé, et une dizaine de métairies sont en pleine propriété à des nobles. La propriété paysanne est réduite aux droits convenanciers d'environ 80 tenues, soit approximativement 86 % de l'ensemble des édifices et superfices. Le revenu net en est évalué à 32 % du revenu total. A côté des domaniers, paysans-propriétaires, il y a des fermiers qui ne figurent pas au rôle de cette imposition extraordinaire. Les uns, une dizaine, exploitent à bail d'importantes métairies. Ils disposent nécessairement d'un petit capital et leur condition sociale est assez voisine de celle des domaniers. Les autres, beaucoup plus nombreux, sont locataires de pen-ty. En effet, les tenues de quelque étendue comportent généralement un ou même parfois deux pen-ty, portions de tenues cédées à de petits fermiers. Ceux-ci exploitent pour leur propre compte quelques lopins de terre et sont, par surcroît, valets, journaliers agricoles où gens de métiers, tailleurs, tisserands, charrons, maçons ou couvreurs. Ces petits fermiers sont dans une situation toujours précaire et souvent misérable (Jean Savina).

Voir aussi   Plogastel-Saint-Germain "Plogastel-Saint-Germain durant la Révolution

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PATRIMOINE de PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN

l'église Saint-Pierre (1878). Il s'agit d'un édifice reconstruit par M. Arhan, curé, sur les plans du chanoine Abgrall de 1878 à 1880. Le clocher n'a été terminé qu'en 1897. De l'ancienne église, il ne reste absolument rien. « Plus humble et plus familière que le vaste édifice qui l'a remplacée, encadrée de frênes vigoureux, elle était trop basse et trop sombre .... L'église est très obscure, même en plein midi ». L'édifice comprend une nef de quatre travées avec bas-côtés, un transept et un choeur à chevet polygonal. L'église abrite les statues de saint Corentin et saint Herbot. A signaler que la vieille église n'avait pas l'aspect monumental du vaste édifice qui l'a remplacée. Le dimanche 21 février 1773, Jacques Loden, fabrique en charge, remontra "que l'église manquant de réparations, on ne pouvait mieux faire que de tirer parti des 35 arbres de frêne qui sont sur le cimetière et autour de l'église, d'autant plus que les dits arbres, pour la plupart, sont sur le retour, offusquent l'église et pourraient même occasionner de fortes dépenses, si par leur chute ils venaient à tomber sur l'église et eu égard encore que le terrain pour les sépultures se trouve étroit. Ce que considérant, les délibérants ont chargé Jacques Loden d'en donner avis au grand-maître des eaux, bois et forêts et d'en tirer la permission de les exploiter d'autant plus que la paroisse trouve des acquéreurs qui se chargent des frais de la déclaration" (Archives départementales du Finistère, 166 G. 2 (28 mai 1768)). En 1774, au décès du recteur Brélivet, les réparations nécessaires au choeur et au chancel sont évaluées à 650 livres. Cette charge incombant au décimateur, les héritiers du défunt recteur, pour éviter tout litige, paient à la paroisse la somme de 775 livres. Mais le général et le nouveau recteur Mathieu Colliou estiment que ces réparations seront inutiles, si l'on n'a soin préalablement de surélever l'édifice. Ils pensent "qu'en laissant subsister le clocher qui est assez bon, on pourrait pour donner du jour et de la clarté à l'église, élever le choeur ainsi que la nef sur les anciens fondements" (délibération du 27 novembre 1774). Concernant les droits honorifiques respectifs des seigneurs du Quilliou et du Hilguy, en l'église paroissiale, le marquis de Ploeuc "premier prééminencier" qualifiait lui-même la dame du Hilguy de "fondatrice" (délibération du 14 janvier 1770). Il semble que la "supériorité" revenait au seigneur du Quilliou. Dans le procès verbal de la réception solennelle faite, le 28 mai 1775, au nouveau seigneur du Hilguy, en l'église de Plogastel-Saint-Germain, il est dit que ce seigneur "a son banc situé dans le choeur, à la droite" (délibération du 28 mai 1775). La place imminente à gauche, du côté de l'évangile, devait donc être celle du seigneur du Quilliou. On mentionne quelques fondations : En 1629. — Jean Causeur et Béatrice Drivil donnent aux recteur et prêtres de la paroisse de Plogastel-Saint-Germain une renée comble de froment, et fondent un service annuel au jour de saint Jean l'Evangéliste, rente hypothéquée sur le lieu de Vini ou Minichy-Huellaff, en la paroisse de Saint-Honoré-Lanvern. En 1691. — Françoise Marzin, veuve Le Hénaff, lègue : à l'église de Plogastel-Saint-Germain, 6 livres ; — A Saint-Germain, 6 livres ; — A Saint-Caval, 30 sous (Ancienne chapelle de Plogastel) ; — Et 4 livres 10 sous à toutes les églises paroissiales et chapelles où la procession de Plogastel ira pendant une année ;

la chapelle Saint-Germain (XV-XVIème siècle), édifiée par l'atelier de Saint-Herbot. La moitié orientale, percée d'une baie, semble être de la période 1500-1510, et la moitié occidentale n'est pas antérieure à 1525-1530 (H. Waquet). De plan rectangulaire, l'édifice comprend une nef de trois travées avec bas-côté nord, séparée par un arc diaphragme d'un choeur avec bas-côté nord de deux travées et chevet plat. Le clocher était jadis accosté de deux tourelles : l'une s'effondra avec le clocher en 1846. Le chevet date de la fin du XVème siècle ou du début du XVIème siècle. La chaire à prêcher date du XVI-XVIIème siècle : d'intéressants bas-reliefs, le Baptême de Notre Seigneur et la Décollation de saint Jean Baptiste, décorent les panneaux de la chaire à prêcher. Le bénitier, qui date du XVI-XVIIème siècle, porte en relief un marteau de tailleur de pierre et l'inscription gothique : Y. Pleizben La chapelle abrite les statues de saint Germain, la Vierge-Mère, saint Etienne, saint Jean-Baptiste, saint Honoré et sainte Christine (provenant de l'ancienne église paroissiale). Les paroissiens de Plogastel-Saint-Germain semblent avoir eu une prédilection pour leur chapelle de Saint-Germain. Ils pourvoient à son entretien plus largement qu'à celui de l'église paroissiale. En 1716, le général fait un marché avec Jean Le Cam, menuisier à Pont-l'Abbé, pour la réparation du lambris de la chapelle : le devis se monte à 400 livres, somme assez considérable pour l'époque, mais "la fabrique de la dite chapelle est en état de fournir à la dépense, comme il le paraît par le vu du dernier comte qui a été rendu et qui porte plus de 700 livres de reliquat". Un inventaire dressé le 29 septembre 1717 mentionne un mobilier fort convenable. Nulle somptuosité cependant, car l'argenterie ne comprend que "3 calices et 3 patènes, le tout doré, avec 2 étuis ; un ciboire doré en dedans ; un petit ciboire servant à porter la viatique, aussi doré ; 8 chandeliers de cuivre et un plat de cuivre, une croix d'argent et une croix de plomb" (délibération des 9 mai 1716, 20 août et 29 septembre 1717 - Archives départementales du Finistère, 166, G, 1) ;

Nota 1 : A une demi-lieue au Sud-Est du bourg de Plogastel, se dresse le bourg trévial de Saint-Germain auquel était rattaché autrefois un quart de la paroisse. Cette subdivision ne constituait pas une trève à proprement parler. Un cure y résidait dans une « maison curiale couverte en paille », y faisait des enterrements, parfois — rarement — y bénissait des mariages, mais il n'y avait ni général, ni registres paroissiaux, ni rôle distinct pour les impôts. Une magnifique chapelle gothique du XVIème siècle fait, à juste titre, l'orgueil des paroissiens. La moitié orientale, percée d'une immense baie, tympan flamboyant, peut être attribuée à la période 1500-1510. La moitié occidentale n'est pas antérieure à 1525 ou même 1530 (Voir H. Waquet, Les monuments historiques du Finistère. Bulletin de la Société Archéologique, 1920, p. 174). Du clocher qui devait être monumental si l'on en juge par les assises qui subsistent, il ne reste qu'un clocheton renfermant la cage de l'escalier. La tour s'effondra en 1846. La tourelle d'escalier, haute et svelte, est percée de trois meurtrières, dont deux superposées. La façade Sud de la chapelle déploie une belle ordonnance de deux portes gothiques à archivolte feuillagée, en plein cintre dans l'une, à contrecourbe très élancée dans l'autre ; de quelques fenêtres dont l'une a un tympan dessinant trois fleurs de lys ; de contreforts creusés de niches. Sur le socle de l'une de ces niches est un écusson blasonné d'une fasce. Un autre grand écusson au-dessus de la porte de droite a été effacé. Au pignon Ouest, apparaît une jolie porte, richement décorée d'une quadruple archivolte, ornée de feuillages, vignes et pommes de pin (Archives départementales, Fonds Le Guennec). A l'intérieur nous voyons une nef d'une hauteur peu commune qu'une rangée de piliers sépare d'un unique bas-côté, au Nord. Le modeste mobilier comprend quelques statues en bois : saint Germain en évêque, saint Etienne en diacre, saint Honoré qui provient de sa chapelle aujourd'hui en ruines, une belle Vierge mère, Sainte Christine provenant de l'ancienne église paroissiale, et saint Jean-Baptiste. Une petite chaire à prêcher, fixée au mur méridional, offre deux panneaux sculptés de la fin du XVIème siècle représentant le baptême du Sauveur et la décollation de saint Jean-Baptiste. Un bénitier en granit porte, en relief, un marteau de couvreur ou de tailleur de pierre et cette inscription gothique : Y. Pleizben. A l'entrée du placître entouré d'arbres qui n'est autre que l'ancien cimetière, s'élèvent une belle porte monumentale récemment restaurée et un gracieux ossuaire malheureusement en ruines. Au milieu du bourg, se dresse un calvaire à socle octogonal, contemporain de la chapelle. Le Christ en croix est escorté de trois anges eucharistiques. Sur les consoles, apparaissent la Sainte Vierge et saint Jean. Au bas du fût, une Pièta. Derrière, se tiennent la Madeleine et un autre saint. Sur le fût, figure saint Pierre avec sa clef ; sur le dé, saint Germain en évêque. L'ensemble, chapelle, ossuaire et calvaire, est classé parmi les monuments historiques depuis 1915. Une croix en granit, à peu de distance, sur le bord de la route qui conduit à Plogastel, est le but de la procession le jour du pardon annuel. Celui-ci se célèbre le dimanche de Quasimodo. Une foire importante se tient à Saint-Germain le 28 Mai (abbé Parcheminou) ;

Nota 2 : Paroissiens et recteurs semblent avoir eu une prédilection pour leur chapelle de Saint-Germain. Ils pourvoient à son entretien plus largement qu'à celui de l'église paroissiale. Déjà, en 1594, par testament, le recteur Pierre Dihuzon lui lègue le terroir de Saoudua, en Pouldreuzic. En 1691, Françoise Marzin, veuve Le Hénaff, lui lègue 6 livres. En 1716, le général fait un marché avec Jean Le Cam, menuisier à Pont-l'Abbé, pour les réparations du lambris de la chapelle. Le devis monte à 400 livres, somme assez considérable pour l'époque. Mais « le fabrique de la dite chapelle est en état de fournir à la dépense, comme il le paraît par le vu du dernier compte qui a été rendu et qui porte plus de 700 livres de reliquat ». Un inventaire dressé le 29 Septembre 1717 mentionne un mobilier fort convenable : « 3 calices et trois patènes, le tout doré, avec 2 étuis ; un ciboire doré en dedans ; un petit ciboire servant à porter le viatique, aussi doré ; 8 chandeliers de cuivre et un plat de cuivre, une croix d'argent et une croix de plomb » (Archives départementales, 116 G 1. J. Savina). Saint-Germain fut vendu comme bien national à Pont-Croix, le 16 Prairial an III (4 Juin 1795). Après mise à prix de 528 livres, montant de l'estimation, Yves Béléguic, d'Audierne, devint acquéreur, pour 3.300 livres de « la chapelle construite en pierre de taille et couverte en ardoises et son cimetière cerné de murs sauf au Nord, contenant sous fonds (église non comprise) 12 cordes, petit reliquaire et 12 arbres et une croix » (Archives communales de Plogastel). Le nouveau propriétaire s'empressa d'abattre et de vendre les douze grands arbres. Sept ans plus tard, le 9 Nivôse an X (30 Décembre 1801), Béléguic revendit la chapelle et ses dépendances à Jean Prigent, du Hinguer, et à Louis Hamon, du Run, celui-ci « faisant et stipulant pour la commune », pour la somme de 300 livres tournois. Jean Prigent agissait en son nom personnel. Le 8 Frimaire an 13 (29 Novembre 1804), le Conseil municipal de Plogastel se réunit pour « savoir si l'intention du conseil ainsi que des autres habitants de la commune est de faire l'acquisition de l'église tréviale de Saint-Germain dont la moitié appartient déjà à la commune, l'autre moitié à Jean Prigent, lequel propose de vendre à la commune sa part et portion de l'édifice dont est cas pour une somme de 180 francs que lui a coûté la moitié dudit édifice, y compris tous frais. Vu en conséquence l'offre désintéressée dudit Prigent de subroger la commune dans son acquet de la moitié de la dite église et cimetière, le conseil municipal arrête aux noms des habitants de la commune de Plogastel de faire l'acquisition de la part et portion appartenant audit Prigent pour la susdite somme de 180 francs et que cette somme sera prélevée tant sur les fonds que la fabrique peut avoir entre les mains que par une cueillette volontaire faite chez tous les habitants de la dite commune afin de procurer audit Prigent le paiement de 180 francs » (Archives communales de Plogastel). Mais ce n'était pas assez de racheter Saint-Germain. La chapelle, pendant cette longue période, avait été laissée à l'abandon et exigeait maintenant des réparations urgentes. Le 20 Février 1807, le conseil municipal charge Monot, maire, et L'Haridon, curé, de rédiger une pétition au préfet et à l'évêque pour demander l'autorisation de faire une collecte dans les 30 communes les plus voisines de Plogastel. Le produit sera consacré aux réparations de l'église tréviale. Si l'autorisation est accordée, « il sera par le maire et le curé écrit à tous les maires, curés ou desservants des communes voisines pour les inviter à faire faire dans leurs communes respectives une quête tant en argent qu'en grains » (Archives communales de Plogastel). La célébrité de Saint-Germain était certainement assez étendue pour que ce moyen donnât des résultats. Mais le projet ne fut pas exécuté. En 1816, la chapelle est dans un état lamentable : plus de charpente, plus de couverture, plus de vitres, et les habitants ne peuvent pourvoir aux réparations qui monteraient à 15.000 francs. « Il y a dans cette chapelle des statues qui sont depuis plusieurs années sous le mauvais temps et dépérissent journellement. Ces objets, quoiqu'antiques et dépourvus de peinture, méritent d'être conservés par la valeur de leur sculpture. Pour y parvenir il convient de construire une espèce d'apenty dans un endroit quelconque dans la chapelle par les chevrons qui proviendront de la charpente, pour mettre à l'abri de la pluie les ardoises, les statues et autres objets qui seront utiles pour être conservés. Il serait bon de couvrir cet apenti de paille ou de genêt, jusqu'à ce que la faculté des paroissiens leur permettra d'en disposer autrement. La tour de cette chapelle qui est d'une belle construction menace également ruine par défaut d'entretien. Il y a des jeunes plants qui y ont déjà pris racines, qui grossissent de jour en jour et font écarter à vue d'oeil les pierres où ils ont pris racines. Le progrès de ces racines occasionnera sans tarder la chute de cet édifice, et pour y obvier, autant que faire se pourra, ces plants doivent être coupés de manière à faire périr leurs racines, et la tour chiquetée en dedans et en dehors » (Archives communales de Plogastel). Hélas ! on s'en tint sans doute à ces belles paroles, et la sombre prévision du conseil se réalisa. Un jour de 1846, dans un fracas de tonnerre, la tour s'écroula, occasionnant au reste de l'édifice des dégâts énormes. Quelques années plus tard, il fut question de rebâtir le clocher. Mais l'on s'aperçut alors, avec étonnement, que les pierres elles-mêmes s'étaient volatilisées... Voilà pourquoi Saint-Germain n'a qu'un clocheton. La chapelle n'en reste pas moins très belle. Bien réparée il y a quelques années, bien entretenue, elle demeure accueillante au pèlerin et au visiteur (abbé Parcheminou).

la chapelle Saint-Honoré (XIIIème siècle-1668). C'était jadis une trève de Lanvern. Le campanile amorti par un dôme, porte l'inscription "P. Lesvenan F. 1668". La statue de saint Honoré a été transportée à la chapelle Saint-Germain ;

Nota 3 : Saint-Honoré, aujourd'hui simple hameau de Plogastel, fut depuis le XVIème siècle le chef-lieu d'une trêve de la paroisse de Lanvern. La chapelle gothique est en ruines. Elle possède une nef et deux bas-côtés. Le chevet est percé d'une jolie fenêtre à meneau unique surmonté d'un quatre-feuilles et de deux lobes à redans. Le pignon occidental est couronné d'un campanile rectangulaire ajouré que recouvre un dôme. Au-dessous on lit : P : LESVENAN F. 1668. Au fond, du côté Sud, existe un petit ossuaire. Le soubassement de l'autel latéral Nord porte un écusson. De l'ancien mobilier il ne reste que la statue de saint Sébastien, en bois, que j'ai trouvée dans une maison voisine, et la statue de saint Honoré, aujourd'hui à Saint-Germain. Quelques pierres tombales gisent encore devant la chapelle [Note : Il y a quelques années, Saint-Honoré fut sur le point d'être livré à une entreprise de démolition. M. Le Coq, du Hilguy, intervint heureusement, et pour conserver à la paroisse ces ruines historiques et pittoresques, s'en rendit acquéreur]. Après la Révolution, on essaya de faire de Saint-Honoré une commune distincte. Cela dura quelques années. L'on se rendit compte bientôt que ce n'était pas possible. Un conseil municipal fut bien élu. Mais aucun des membres ne savait ni lire ni écrire et il fut impossible d'élire un maire. La préfecture demande au conseil municipal s'il est d'avis que Saint-Honoré soit rattaché à Plogastel. Il répond en proposant pour maire Guillaume Le Coant, âgé de 23 ans, du moulin de Marréguez, pour lequel les conseillers « se rendraient caution jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge prescrit par la loi ». Le maire de Plogastel fait remarquer que probablement cette solution sera rejetée par l'autorisation supérieure. Si elle est rejetée, déclare le conseil de Saint-Honoré, alors, mais alors seulement, Saint-Honoré pourra être rattaché à Plogastel, et encore à la condition expresse que les habitants ne seront jamais contraints de faire inhumer leurs morts à Plogastel. Le conseil de Plogastel admet volontiers cette condition et insiste pour que le rattachement se fasse. C'est tout, dit-il, dans l'intérêt de Saint-Honoré. Enfin l'annexion est réalisée par une ordonnance royale du 19 Septembre 1832 (abbé Parcheminou).

le calvaire, situé près de l’église de Plogastel-Saint-Germain (1558 ou 1559). En haut, se trouve un Crucifix entre la Vierge et saint Mathieu. Au-dessous se trouvent saint Pierre et saint Paul, et, au revers, Ecce Homo, la Madeleine et saint Jean évêque ;

le calvaire de Saint-Germain (XVIème siècle). En haut Notre-Seigneur est en croix avec des angelots recueillant son sang. Au revers un Ecce Homo. Sur la traverse se trouvent la Vierge et saint Jean et au revers la Madeleine et saint Tugen. Sur le fût se trouve saint Sébastien et au pied une Pietà, et, au revers, saint Pierre et au pied saint Germain ;

d'autres croix ou vestiges de croix : Henguer ou  Croas-an-Tennou (XVIème siècle), Kerbinibin ou Croas-an-Tri-Persoun (XIème siècle), Kermoguer (Haut Moyen Age), Penfrat (XXème siècle) et la croix du cimetière de Plogastel-Saint-Germain (vers 1950) ; 

l'ossuaire (XVIème siècle), situé dans l’enclos de la chapelle Saint-Germain ;

les anciennes fontaines saintes. « Il y a, à la sortie du bourg, à l'endroit appelé Pont-al-Laër, une fontaine dédiée à saint Pierre, patron de la paroisse. On y baignait, naguère, les enfants faibles des hanches. Une fontaine de sainte Christine qui coule entre Briscoul et Meil-ar-Baron, garde encore un certain cachet. Le village de Guiler possède une fontaine dite Fontaine de Saint-Germain » (abbé Parcheminou) ;

l'arc de triomphe (XVIème siècle) de l’enclos de la chapelle Saint-Germain ;

le manoir de Kerdaniel (XVIème siècle), remanié en 1717. "Il se présente sous l'aspect d'une vaste maison du XVIème siècle, remaniée en 1717. On transforma alors les fenêtres à croisillons de la façade en longues baies à linteau légèrement courbe, mais en conservant la contre-courbe à crossettes de la porte d'entrée, son fleuron feuillagé et le larmier horizontal qui le surmonte. Derrière se dressait, naguère encore, un robuste pavillon carré en pierres de taille, coiffé d'un toit brisé et accosté à l'un de ses angles d'une tourelle ronde en encorbellement. Il contenait un escalier, où l'on remarquait, au palier de l'étage, un assez curieux agencement de portes gothiques. L'aile droite est terminée par une chapelle domestique transformée en grange. Le portail de la cour n'existe plus. A gauche, une construction ancienne montre aux encoignures de sa façade deux lions tenant entre leurs griffes des masques humains et, au-dessus de sa porte, un écusson festonné soutenu de deux lions, mais si fruste qu'on ne peut plus y distinguer aucune pièce héraldique" (Louis Le Guennec, Bretagne touristique, 1927). Propriété de Jehan Le Corre (en 1536), de la famille Mocam (XVIIème siècle), de Louis de Kermorial, "lieutenant général de la capitainerie de Crozon" , fils de Pierre de Kermorial  de Kermorvan et de Marie du Stangier (1713) et de Pierre François de Kermorial, "chevalier de Saint-Louis et lieutenant de vaisseau retiré", fils de Jean-Marie-Léonard de Kermorial et de Marie-Jeanne Boutouillic, époux de Marie-Hyacinthe de Kerjean (en 1790) ;

les vestiges (le porche) du manoir du Hilguy ou Hiliguit (1682). Ce manoir a été reconstruit au XIXème siècle. La porte monumentale date du XVIIème siècle ;

6 moulins dont le moulin de Kermethéonou, du Guilliou (ou Quilliou), du Hilguy, de Ponthélec, Neuf,…

A signaler aussi :

l'ancien domaine du Quilliou. Dans les délibérations du général, le marquis de Ploeuc, en qualité de haut justicier et propriétaire de la terre et de la seigneurie du Quilliou, est qualifié de "premier prééminencier" en l'église de Plogastel (délibérations des 11 mars 1770 et 27 novembre 1774). La seigneurie du Quilliou dont le chef-lieu féodal fut, à l'origine, la motte de Castel-Coz, dans les bois du Quilliou, comprenait, outre ses nombreuses possessions en Plogastel-Saint-Germain, la majeure partie de la paroisse de Plozévet et un village en Landudec. Elle perdit de bonne heure ses seigneurs et passa, dès le moyen-âge, à la famille de Guengat. Le Quilliou fut vendu en 1546 à Jean de Tyvarlen, chanoine de Cornouaille, par Jacques de Guengat, alors criblé de dettes. Guillaume de Tyvarlen recueillit, vers 1557, l'héritage de son frère le chanoine et peu de temps après, la juridiction du Quilliou fut annexée à celle de Kerharo. La haute justice de Kerharo avait son siège à Pouldavid, "en l'étude du procureur-fiscal", dans un local situé au dessus des halles (de  1741 à 1754, le procureur-fiscal de cette juridiction fut Michel Laënnec, le grand-père du docteur Laënnec, et, en 1782, le sénéchal était Louis Piclet) ;

Nota 4 : MOTTE FÉODALE DE CASTEL-COZ. A 300 ou 400 mètres à l'Ouest du bourg, commence le bois du Quilliou, au milieu duquel existait une motte féodale. M. le comte de Saint-Luc l’explora en 1882. Le tertre du Quilliou, de forme triangulaire, à côtés et angles arrondis, présente à son sommet les substructions de deux bâtiments différents, diversement orientés. L’un messire 11 mètres de longueur intérieure sur 7 mètres de largeur ; l’autre est divisé en deux pièces de largeur inégale : 8 m. 50 sur 5 m. 50, puis 4 m. 50 sur 3 m. 50. La première de ces salles comprend un foyer vers le milieu, ayant 1 m. 50 de diamètre. Auprès du pignon N.-0. de ce bâtiment sont deux murs de soutènement qui traversent l’épaisseur du parapet, pour former entrée ; un pont mobile devait y accéder, passant au-dessus de la douve, pont que l’on pouvait enlever en cas d’alerte, ou même dresser comme un pont-levis pour servir de herse ou de fermeture. Chose curieuse, sous les maçonneries du premier bâtiment existaient les substructions de deux autres, qui semblent gallo-romaines ; puis à 15 ou 20 mètres au Nord des douves, d’autres substructions de quatre pièces, dont deux offraient des traces de foyers. Partant des angles Est et Nord-Ouest des douves, un retranchement de moindre hauteur allait former une enceinte en forme de trapèze, qui pouvait mesurer environ 60 mètres dans les deux sens, longueur et largeur. Cette clôture devait enfermer des bâtiments de service, étables, parc à bestiaux (Chanoine Abgrall, Mottes féodales. Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 1915, pp. 63-65). Le château qui succéda plus tard a cette motte primitive fut construit à peu de distance, au sommet même de la colline que recouvre le bois du Quilliou (H. Pérennès).

l'ancien domaine du Hilguy. Il s'étendait sur la moitié orientale de la paroisse. Sur ce domaine existait jadis un haras qui disparut en 1790 (les étalons existant au Hilguy, chez M. de Lansalut, furent vendus le 3 décembre 1790 à Quimper). Les seigneurs du Hilguy (ou Hilliguit) tenaient leur fief sous celui de Quemenet (Quéménet), et rendaient aveu au marquis de Pont-Croix. Le Hilguy qui eut jusqu'au XVème siècle des seigneurs de ce nom (Hilguy ou Hilliguit) passa par alliance au XVIème siècle, successivement aux familles de Lezongar de Pratanras, du Quélennec, puis de Visdelou, en 1592. Au XVIIIème siècle, la dame du Hilguy était Marie Françoise de Visdelou, cousine par sa mère Suzanne Claude de Ploeuc, du marquis Nicolas Louis de Ploeuc, seigneur de Kerharo, du Guilguiffin et du Quilliou. Marie Françoise de Visdelou épousa en secondes noces le comte Du Guay, lieutenant-général des armées navales en 1757 et commandant de la Marine de Brest, en 1759. Veuve en 1760, la comtesse Du Guay mourut en 1765. La seigneurie du Hilguy fut vendue quelques années plus tard et acquise vers 1774 par César François Le Gac de Lansalut, ancien capitaine de dragons, d'une famille originaire de Plouézoch. La juridiction du Hilguy s'exerçait à Quimper, dans un bâtiment du couvent de Saint-François, mais les patibulaires de cette haute justice se dressaient à Ménez-Ogan, non loin du manoir du Hilguy. A noter qu'en 1770, Me Urbain Le Bescond (de Coatpont) était procureur fiscal de la juridiction du Hilguy et du fief de Quemenet à Plogastel. Piriou, autre procureur au présidial, en était le greffier ;

Nota 5 : LE HARAS DU HILGUY. Au XVIIIème siècle, l'élevage des chevaux était déjà prospère dans notre région. La Cornouaille avait une espèce chevaline qui lui était particulière, « le bidet breton », race petite, mais nerveuse et résistante. Le « double bidet » notamment, élégant de formes, vif d'allure, était estimé pour le trait et même pour la selle. On l'attelait peu, dans les paroisses de l'Argoat, les charrois et les labours se faisant surtout à l'attelage de boeufs. Les chevaux des cantons de Plogastel et de Pont-Croix étaient fort recherchés par les éleveurs du Léon et de la Normandie, aux foires de Confors, de Pouldavid et de Quimper. Les Etats de Bretagne firent au XVIIIème siècle de louables efforts pour améliorer les races chevalines indigènes. A grands frais, on plaça dans les centres d'élevage, chez des agriculteurs notables, des étalons de bonnes races. Dans chaque paroisse, on dressa un rôle des poulinières et çà et là furent établis des « commissaires-inspecteurs des haras choisis dans les familles qui avaient traditionnellement le goût du cheval » (H. B. de la Rogerie, Inventaire sommaire des Archives départementales du Finistère, t. III). C'est ainsi que, de 1750 à 1770, le marquis Nicolas-Louis de Ploeuc du Guilguiffin s'occupa très activement de la surveillance de la remonte. Quelques années avant la Révolution, on constata que la dispersion, dans les paroisses, des étalons fournis au compte de la Province, offrait des inconvénients. « Quand les chevaux étaient chez les simples gardes-étalons, ils étaient mal soignés et au bout de deux ou trois ans ils étaient hors de service. Les gardes les faisaient travailler et les nourrissaient mal. De plus, séparés, il était difficile aux vétérinaires de les soigner » [Voir Archives du Finistère, C. 76 - Correspondance de la Commission diocésaine, 17 février 1788]. Les étalons furent réunis dans des dépôts. On créa en Cornouaille deux haras : l'un au Hilguy chez le chevalier Le Gac de Lansalut, l'autre à Kersalaün en Leuhan [Note : A la même époque, il existait trois dépôts d'étalons dans l'évêché de Léon : l'un à Saint-Pol-de-Léon sous l'inspection de M Kermenguy de Roslan, le second à Lannilis (M. de Kerdrel), le troisième au Conquet (M. de Kersauzon)]. En 1788, la Commission diocésaine de Quimper, à qui revenait la surveillance de ces haras, constatait les bons résultats de cette création. « Les dépôts sont fort nouveaux. Les étalons étaient jeunes et n'ont guère pu servir que l'année dernière. Aujourd'hui ils sont en bon état ». En conséquence, la Commission diocésaine proposait à la Commission intermédiaire de Rennes la création de plusieurs autres dépôts semblables. Elle suggérait aussi l'idée de « faire couper tous les chevaux entiers de la région, sauf quatre ou cinq des meilleurs qu'on garderait dans chaque paroisse ». Les paysans montraient peu d'empressement à faire saillir leurs juments par les étalons dits « royaux » ou par ceux reconnus par les inspecteurs des haras. Le marquis de Ploeuc s'en plaignait amèrement dès 1753. Il imputait la désobéissance des paysans aux conseils pernicieux des praticiens de campagne, procureurs et notaires qui « abusant de la bourse et de la confiance de nombre de paysans les excitent à l'indépendance, en leur représentant les haras comme un joug et une vexation, au moyen de quoi, il est des cantons de mon département où l'on s'aperçoit si sensiblement de ces insinuations que dans des parcelles de paroisses et des paroisses entières, les paysans paient au garde-étalon le droit de saut pour les juments enrôlées sans faire saillir ces juments » (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 1647). Une amende de 5 livres frappait les délinquants ; mais ni les menaces ni les amendes ne parvenaient à contraindre les paysans, car dans certaines paroisses on comptait chaque année 20 ou 25 réfractaires (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 1639). La préférence obstinée accordée aux étalons indigènes non reconnus dérivait certes, en partie, d'un préjugé. Peut-être aussi les étalons royaux n'étaient-ils pas toujours judicieusement choisis. Dans leur cahier de doléances de 1789, les paysans d'Esquibien demandent « la liberté de faire pouliner leurs juments par des étalons non royaux ». Ceux de Goulien et de Primelin déclarent « qu'on leur amène des étalons étrangers dits " barbars " dont les produits ne conviennent à aucun marchand et qui ne sont ni propres ni utiles au pays où les fourrages ne sont pas abondants ». « L'arbitraire dans l'administration des haras, le despotisme des inspecteurs et l'excès de la dépense d'achat et d'entretien des étalons » avaient provoqué bien des réclamations. Toutefois, les efforts persévérants des Etats eurent d'heureux résultats pour l'amélioration des races de chevaux bas-bretons. Nous avons, à cet égard, un témoignage probant, celui même des plus ardents adversaires de l'ancien régime, au début de la Révolution. Les premiers administrateurs du Finistère en 1790, reconnaissaient que « ces établissements (les haras), avaient acquis un degré de perfection qui semblait ne rien laisser à désirer. Les races des meilleurs chevaux de l'Europe y étaient en quelque sorte naturalisées et étaient devenues la source d'une branche de commerce infiniment précieuse » [Voir le Rapport fait au Conseil du département du Finistère (1791), Quimper, Derrien, 1792, p. 9). Le haras du Hilguy disparut en 1790. La correspondance du district de Pont-Croix nous apprend que le 3 décembre 1790, les étalons existant au Hilguy, chez M. de Lansalut, furent vendus à Quimper [Note : La Constituante supprima, le 12 novembre 1790, les haras établis par les Etats provinciaux. — Ibid., p. 48] (Jean Savina).

l'ancien domaine de Kermathéano. Propriété successive de Germain de Kerguélen, époux de Marguerite de Kerleuguy (en 1673), de Guy de Kerguelen (en 1694), de Paul de Kerguelen  (vers 1697). Le manoir est habité en 1785 par Pierre Kerveillant et Catherine Le Corre. « Le manoir était situé à environ trois kilomètres Sud-Ouest du bourg. En 1669, le 19 Janvier, on enterre à Plogastel Marguerite de Kerguelen, en son vivant dame de Kerbernez, " en grande solennité où assista grand nombre de peuple et jans de condition ". En 1673, Messire Ecuyer Germain de Kerguélen, seigneur de Kermathéano et autres lieux, et Marguerite de Kerleuguy ou Kerleguy, sa compaigne, possèdent aussi le manoir de Kerbernez. Un enfant leur est baptisé le 2 Juillet 1673. Parrain et marraine furent : Jean Saulx, sieur du Loc'h, de Kerfeunteun, et Marguerite Saulx, dame de Tréménec, " de cette paroisse ". Damoiselle Marguerite de Kerguelen, dame de Kerbernez, fille de Germain de Kerguelen et de Marguerite de Kerleuguy, demeure à Menez Quelen, en 1682. En 1694, nous trouvons Guy de Kerguelen, sieur de Kermathéano. En 1704, il est parrain d'un fils de Pierre de Kerleuguy et de Marie Le Beurier, de Keravarn. Le 17 Septembre 1697, enterrement d'écuyer Paul de Kerguelen, de Kermathéano. Une Anne de Kerguelen épouse René de Ploeuc. En 1718, nous rencontrons Marie-Anne de Kerguelen. En 1785, le manoir de Kermathéano est habité par Pierre Kerveillant et Catherine Le Corre » (abbé Parcheminou) ;

l'ancien domaine du Run. Propriété successive des familles Le Drenet (ou Dreniel) au XV-XVIème siècle, Furic (vers 1620), Rouboudia (Joan Rouboudia époux de Marguerite Daniel, en 1677). « Le manoir est souvent cité dans les titres de Cornouaille. Le rentier de l'aumônerie de Quimper-Corentin (1580), nous donne le nom des seigneurs qui l'ont possédé. Bien que les dates fassent défaut, on peut supposer que le Run appartenait depuis le commencement du XVème siècle jusqu'à 1580 à la famille Le Drenet (ou Le Dreniel ou Dremiet). Le manoir était redevable à l'aumônerie d'une rente de 37 sous 6 deniers. Voici la liste des propriétaires qui se sont transmis de père en fils le domaine du Run. Armes : d'argent à 3 fasces de gueules. Nouel Le Drenet, — Jehan Le Drenet, sergent féodé du comte de Rohan, avait épousé Guillemette Provost, — Autre Jehan Le Drenet, fils du précédent, — Armel Le Drenet, — Guillaume Le Drenet qui, par alliance, devint seigneur de Kerguiffinec, en Tréguennec. Il vivait encore en 1580. Vers 1620, le manoir du Run appartenait à la famille Furic (Bulletin de la Société Archéologique, 1881, pp. 124-125). Il est habité, en 1677, par Joan Rouboudia, sieur de Villeroux, et damoiselle Marguerite Daniel, son épouse (Archives communales de Plogastel) » (abbé Parcheminou).

l'ancien domaine de Keravarn. Propriété de la famille Le Beurier au XVIIème siècle. Le manoir de Keravarn dont le nom signifie lieu du jugement est tout proche du manoir du Quilliou. Il était, au XVIIème siècle, la demeure d'honorable homme Louis Le Beurier, sieur de Paluet, notaire royal. Son fils, maître François Le Beurier, est, en 1686, procureur fiscal de la juridiction de Kerharo. Sa fille, Marie Le Beurier, « mademoiselle de Tregano », épousa Pierre de Kerleuguy, sieur de la Salle ;

l'ancien manoir de Kervigodou. Propriété d'Henri de Kersauzon en 1536 ;

l'ancien manoir de Drevez-Bras. Propriété de Jacques de Guengat, seigneur du Quilliou, en 1536 ;

l'ancien manoir de Drevez-Bihan. Propriété de Riou Le Guichaoua et Catherine Bariou en 1685 ;

l'ancien manoir de Saint-Germain. Propriété d'Yves Salaün et d'Anne L'Helguen en 1685 ;

l'ancien manoir de Keryven. Propriété de Guillaume Le Gal et d'Anne Quéméner en 1676 ;

l'ancien manoir de Kerboustoul. Propriété successive des familles Le Héna (Jean Le Héna et Françoise Marzin, en 1685), Le Coeuzeur (René Le Coeuzeur et Constance Cosmao, en 1704), Quinquis (Corentin Quinquis et Corentine Le Clorennec, en 1779) ;

l'ancien manoir de Kerierno ou Kerguerno. Propriété de Gillette de Kerloaguen (en 1536), Guillaume Le Toullec, marguillier de la chapelle de Saint-Germain (avant 1685), Alain Arzel ou Arfel (en 1685) ;

l'ancien manoir de Guiler. Propriété de Raoul le Toulec en 1536). On y trouve Guénolé Clevier et Jeanne Riour en 1675 ;

Nota 6 : MONUMENTS ANCIENS. M. du Châtellier signale un tumulus à Pendreo et un autre à Kerouanquen, sur la limite des communes de Plogastel et de Pluguffan (A. Du Châtellier, Recherches statistiques sur le département du Finistère. Tome II, pp. 22-23). Le musée de Kernuz possède une belle monnaie gauloise en or, recueillie sur un point indéterminé de la commune de Plogastel. Une cachette renfermant onze haches à douille quadrangulaire et anneau latéral fut découverte en Mai 1890 au sommet d’une carrière à Saint-Honoré. Une de ces haches est ornée, à l’extrémité supérieure, près du trou d’emmanchement, de deux cercles concentriques en relief, avec un point au milieu. Le même dessin se retrouve près du tranchant. Des travaux de défrichement à Ménez-Kerveyen mirent à jour, en Octobre 1893, une autre cachette contenant une vingtaine de haches à douille quadrangulaire. Toutes ces haches furent recueillies au musée de Kernuz, de même qu’une hache plate en bronze trouvée isolément (Du Châtellier, Les Epoques préhistoriques dans le Finistère, p. 273). Le musée archéologique du Finistère a reçu de M. Briot de la Mallerie des fragments d’une urne cinéraire trouvée près de la chapelle de Saint-Germain, en Mai 1885, par les ouvriers qui travaillaient au chemin de grande communication n° 51. Cette urne était parfaitement conservée et intacte. Mais les ouvriers la brisèrent, pensant y trouver un trésor : elle ne contenait que des cendres et des débris d'Ossements (Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 1885, p. 65). Les hauteurs de Plogastel qui dominent un vaste pays avaient, au temps de l’occupation romaine, une grande importance stratégique. Trois voies romaines se croisaient sur le territoire de Plogastel : 1. la voie de Civitas Aquilonia à Audierne ; — 2. la voie d'Arvor qui se détachait de la précédente près du Moustoir et se dirigeait vers Saint-Démet en Plozévet, avec embranchement sur Plovan ; — 3. la voie N. S., d'Is à Kerity, d’origine gauloise, mais utilisée par les Romains, qui passait à Ménez-Kerveyen, au poste romain de Kergurunet en Plogastel et au camp de Brenguelven en Landudec (Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 1914, p. 18-19). Trois camps retranchés, dans lesquels on a trouvé des tuiles, occupaient, l’un le sommet, les deux autres les flancs de la colline où est assis le bourg actuel de Plogastel (Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 1874, p. 135). De forme rectangulaire, le camp du sommet de la colline mesure intérieurement 59 mètres sur 160. Les talus d’enceinte sont en pierres de petit appareil et ont huit mètres d’élévation sur 10 mètres de largeur à la base, avec douve de 5 mètres de large. Une grande partie du talus Ouest, qui vient presque dans le bourg, n’existe plus. Lorsqu’on mit l’intérieur de cette enceinte en culture, vers 1887, il y fut trouvé des quantités de fragments de poterie et d’armes en fer, des monnaies romaines et une statuette en bronze. A 40 mètres au Nord-Est de cette enceinte, en est une seconde fort bien conservée, de forme rectangulaire à angles arrondis. Elle mesure 40 mètres sur 45 intérieurement. Les talus qui l’entourent sont faits de petites pierres jetées sans ordre, à peine recouvertes d’une mince couche de terre prise au pied même des talus, laissant une douve tout à l’entour. Ces talus ont 2m. 50 de hauteur sur 9 à 10 mètres d’épaisseur à la base, avec douve de 4 mètres de largeur. Cette enceinte doit être d’une époque antérieure à la précédente (Du Châtellier, op. cit.).  

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ANCIENNE NOBLESSE de PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN

En 1771, la propriété noble comprend les manoirs, les moulins, les métairies nobles du Hilguy, Le Quilliou, Kerdaniel et Kermathéano (ou Kermethéonou). Les deux seigneurs les plus imposés sont la comtesse Du Guay, née De Visdelou, dame du Hilguy (724 livres), et son cousin le marquis de Ploeuc, seigneur du Quilliou (687 livres). M. de Kermorial, seigneur de Kerdaniel paie 121 livres. En outre, Briscoul est à M. de Trédern (72 livres 15 sols), Kermoguer à M. du Minven, Kerveyen à M. de Rosily, Trégano à M. de Kerguern, Kermorien à Mme de Trévien et de Trégain, Kerguernou à MM. de Carné et de Châteaugiron, Kernoa à M. de Kervazegant, Kerdeurnel à M. du Clézio. Enfin le baron de Pont-l'Abbé, Baude de Saint-Père, possède une tenue à Troguenec et M. de Keratry une autre à Leslosquet. A signaler aussi quelques propriétaires aisés : - Frollo de Kerlivio, conseiller au Présidial, puis maire de Quimper paie 86 livres pour trois tenues à Kerouanquen et à Leslosquet. - Guesdon, sénéchal des Regaires de Cornouaille, possède deux tenues, l'une à Kervigodou, l'autre au Petit-Drevez. - M. de Penanreun (Royou), beau-père de Fréron, a une tenue à Kerandoaré. - de Boisjaffré, avocat à Quimper, a une tenue à Kerbinibin.

Seigneurie du Quilliou : Seuls quelques pans de murs enfouis sous la broussaille et quelques pierres moulurées dont on s'est servi pour une construction plus récente rappellent le vieux manoir d'autrefois. Celui-ci, juché sur une crête au milieu d'un grand bois, avait lui-même succédé à une motte féodale. De temps immémorial, la terre et la seigneurie du Quilliou appartenaient à la famille Le Barbu. En 1360, un Jean Le Barbu est député à Calais par le duc de Bretagne. Son fils, Henri Le Barbu, devient évêque de Vannes (1384), chancelier de Bretagne (1391), évêque de Nantes (1404). Un autre fils, Guy, est évêque de Léon en 1385. Une fille, Adelice, est abbesse de Notre-Dame de la Joie en 1390. Yves Le Barbu est ambassadeur, à Rome, du Duc de Bretagne, en 1423. En 1411, Jean Le Barbu, seigneur du Quilliou, mourut à Paris et fut inhumé dans le couvent des frères mineurs de cette ville, bien qu'il possédât un enfeu au couvent des Cordeliers de Quimper, auxquels il était dévoué (Bulletin de la Société Archéologique, 1884, p. 9). Un autre Jean Le Barbu, sans doute fils du précédent, fut enterré à Quimper le 9 des calendes de Novembre 1434. Comme son père, il était un ami et un bienfaiteur des frères mineurs (Bulletin de la Société Archéologique, 1888, p. 114). Un troisième Jean Le Barbu, seigneur du Quilliou, guerrier intrépide, fut tué en mer et ramené à Quimper pour y être inhumé le 6 des calendes de Juin 1450 (Bulletin de la Société Archéologique, 1888, p. 114). Quelques mois plus tard, le 6 des calendes de Mars 1451, un autre seigneur du Quilliou, dont on ne donne pas le nom, mourut en son manoir. Comme les précédents, il fut inhumé aux Cordeliers de Quimper « dans la tombe de ses parents ». On trouve un autre Jehan Le Barbu, sire du Quilliou, écuyer du Duc de Bretagne en 1453. Il devait être l'époux d'Alice de Rosmadec et mourut avant elle, car celle-ci fut inhumée le 4 des calendes d'Avril 1485 « dans la tombe de son mari seigneur du Quilliou » (Bulletin de la Société Archéologique, 1888, p. 114). Une Jeanne Le Barbu qui était sans doute de la même famille était mariée à Henri du Juch, soldat, seigneur de Pratanroux. Elle fut enterrée aux Cordeliers en 1465 (Bulletin de la Société Archéologique, 1888, p. 103). La fille de Jehan Le Barbu, écuyer du Duc de Bretagne, et d'Alice de Rosmadec, s'appelait également Jeanne. Elle se maria à Charles de Kymerc'h ou Keymerc'h, seigneur dudit lieu (en Bannalec), du Haut-Bois, de la Rocherousse et de la Noesèche. Elle apporta à son mari, qui fut gouverneur de Quimper de 1480 à 1490, la terre et la seigneurie du Quilliou. Cette, alliance est rappelée par un écusson carré en pierre, que M. le comte de Saint-Luc découvrit en 1875 dans la ferme du Quilliou : écartelé aux 1 et 4 d'hermines au croissant de gueules en abîme, surmonté d'un écu d'or chargé de trois tourteaux de gueules 2 et 1, aux 2 et 3 d'azur au sautoir tréflé d'or. Jeanne Le Barbu, qui vivait encore en 1481, mourut avant 1491. De son union avec Charles de Kymerc'h naquit un fils, Thibauld de Kymerc'h, seigneur du Quilliou, de la Morandays et de Kerengar. Il vivait en 1502 (Bulletin de la Société Archéologique, 1877, p. 168-169). Passée à la famille de Guengat, la seigneurie du Quilliou ne devait pas y rester longtemps. « Elle fut vendue, en 1546, à Jean de Tyvarlen, chanoine de Cornouaille, par Jacques de Guengat, alors criblé de dettes » (H. Waquet, Rapport sur l'état des archives du Finistère - 1929). Guillaume de Tyvarlen recueillit, vers 1557, l'héritage de son frère le chanoine, et, peu de temps après, la juridiction du Quilliou fut annexée à celle de Kerharo. La tradition rapporte qu'il existait autrefois une chapelle à quelques centaines de mètres Sud du Quilliou, au bord de la route de Plogastel à Pouldreuzic. Les moellons et les pierres sculptées que j'ai vu exhumer de ce champ, en 1937, prouvent en effet qu'il y eut là un édifice d'une certaine importance (abbé Parcheminou).

Seigneurie du Hilguy : Le corps principal de la seigneurie du Hilguy était dans la paroisse de Plogastel. Elle avait cependant quelques possessions hors de cette paroisse, par exemple Kerlan, tout près de Quimper, à côté de l'ancien séminaire. Les seigneurs du Hilguy avaient droit de haute justice, exercée à Quimper dans la salle basse du couvent des Cordeliers. Les patibulaires s'élevaient non loin du manoir, entre les deux villages de Menez-Unar et Menez-Ogan, à gauche de la route de Quimper à Plogastel. Ce lieu garde encore le nom de Justice. Car si le jugement était prononcé aux Cordeliers, l'exécution avait lieu dans le fief. Les seigneurs du Hilguy tenaient leur fief sous celui de Quéménet et rendaient aveu au marquis de Pont-Croix. Celui-ci, dans un aveu rendu au roi le 30 Octobre 1730, contestait la haute justice et les patibulaires du Hilguy. Le château du Hilguy qui s'appelait jadis le Hilliguit, et qui s'appelle encore ainsi dans la prononciation bretonne, s'élève dans un repli de vallon, l'un des coins les plus pittoresques de la commune de Plogastel, entre le bourg et la chapelle de Saint-Germain. Le bâtiment actuel est précédé d'une porte monumentale du XVIIème siècle. Le château du Hilguy a été le berceau d'une antique famille, les Hilliguit, qui en furent pendant longtemps les seigneurs.

HILLIGUIT ou HILGUY. L'un d'entre eux, Geffroy du Hilguy, fait un legs à la cathédrale de Quimper en 1327 : « Une couverture brodée à S. Guillaume dans l'église de Quimper » (Voir Le Menn, Monographie de la cathédrale de Quimper, p. 110). On peut signaler encore Jean du Hilguy, écuyer du comte de Montfort (1417) (Voir M. Couffon de Kerdellec'h, Chevalerie de Bretagne, I, p. 541). Peu après, nous trouvons Guillaume du Hilguy, écuyer tranchant à la cour de Jean V (1425), puis, en 1436, écuyer de Pierre de Bretagne. En 1426, Péronelle du Hilliguit épousa Anceau, sieur de la Marche et de Bodriec. Jehan du Hilliguit et Jehanne Hyrgars, sa compagne, vivent en 1497.

LEZONGAR. Au XVIème siècle, le Hilguy passa à la maison de Lezongar. Voici comment : L'héritière du Hilguy, Jehanne du Hilliguit, se marie à Alain du Fresne. Leur fille, Jeanne du Fresne, épousa Rolland de Lezongar, héritier de la seigneurie de Pratanras, en Penhars. Jeanne du Fresne mourut en 1538, laissant deux filles : l'aînée nommée Jeanne, et Marguerite qui mourut prématurément. Rolland de Lezongar, comme seigneur de Kerspern, en Cléden-Cap-Sizun et du Hilguy, avait comparu en 1481, pour lui et pour son père, seigneur de Pratanras, à une montre de Cornouaille tenue à Carhaix « en équipage d'homme d'armes à trois chevaux et 0 (avec) lui un coustilleur » (Ecuyer à cheval portant un poignard). Devenu veuf de Jeanne du Fresne, Rolland de Lezongar se remaria à Claude du Juch, qui lui donna un fils, nommé Rolland, comme son père. Le père mourut en 1556. Mais les biens paternels passèrent à Jeanne de Lézongar, née du premier mariage. Elle épousa, en 1536, Jean de Quélennec.

QUÉLENNEC. Jean de Quélennec descendait d'une illustre famille qui portait cette humble et noble devise : « En Dieu m'attends ! » et qui avait donné un évêque à Vannes (1254), trois amiraux à la Bretagne (1433-1489) et un premier président à la Cour des Comptes (1536). Le berceau de la famille était le château du Quélennec en la paroisse du Vieux-Bourg, Quintin. Jean de Quélennec mourut en 1558, laissant de son mariage avec Jeanne de Lezongar quatre fils et quatre filles nés de 1538 à 1553. Jeanne de Lezongar mourut à Pratanras le 29 Novembre 1587. Elle était douairière de Bienassis par son mari, et dame de Pratanras par son père. Avant de mourir, elle légua au couvent de Saint-François de Quimper « quatre tonnes combles de froment, autant de seigle, six tonnes combles et foulées d'avoine, quinze sols tournois et deux chapons ». Puis son testament fait, elle donna ordre à son fils, Jean de Quélennec, de donner en son nom au couvent « une somme de cent vingt sols qui sera convertie en une rente annuelle pour la fondation à perpétuité d'une messe mensuelle » (Trévédy, Couvent Saint-François. Bulletin de la Société Archéologique, 1894, p. 34). Claude, fils aîné et principal héritier, était mort avant sa mère, vers 1569. De son mariage avec Julienne de Launay-Cosmat, il laissait six enfants mineurs : parmi eux un seul fils, héritier principal, nommé Jean, et une fille nommée Françoise. Jean mourut bientôt, laissant sa soeur Françoise pour principale héritière. La tutelle des enfants mineurs de Claude de Quélennec avait été confiée à son frère Jean, né en 1545. Celui-ci, seigneur du Hilguy, fut gouverneur de Quimper en 1592, pendant les guerres de la Ligue, « gentilhomme avisé, prudent et capable même de plus grandes charges », dit le chanoine Moreau. « Avec une garnison de 15 à 20 hommes, il eut l'art de maintenir en bonne concorde les habitants naturellement revêches... Ce vieux soldat eut même le talent de se comporter en sa charge avec le contentement des deux partis » religieux et politiques qui divisaient la ville. Sa sortie de charge fut pleine de dignité. Lorsque le 9 Octobre 1594, Quimper fut assiégé par le duc d'Aumont, « voyant la résolution prise de se rendre, le gouverneur prit congé des habitants, disant qu'ils pouvaient demeurer dans le parti nouveau ; mais non pas lui, parce qu'on le voudrait obliger de prêcher le contraire de ce qu'il avait fait auparavant, lequel ne ferait jamais : plutôt mourir de mille morts ! ». Une heure après, le maréchal le réprimandait sur son attitude. Le gouverneur répondit simplement « qu'il n'avait fait que ce qu'il devait ». Le maréchal d'Aumont, qui avait fait venir le gouverneur à Locmaria, ne lui permit pas de rentrer en ville, mais par la capitulation, il lui accorda de se retirer au Hilguy, le jour même. Il y habitait, semble-t-il, déjà avant d'être gouverneur de Quimper. Jean de Quélennec mourut vers 1605 sans laisser de postérité. Le Hilguy passa alors à sa nièce Françoise de Quélennec. Celle-ci, fille de Claude, avait été mariée toute jeune à Christophe de Tréal, qui mourut prématurément, lui laissant une fille, Françoise de Tréal [Note : Françoise de Tréal épouse, le 12 Juillet 1608, Jacques, baron du Névet, qui fut tué aux Etats de Rennes en 1616, par Thomas, baron de Guémadeuc. La jeune veuve n'eut de repos qu'après l'exécution de Guémadeuc en place de Grève (27 Sept. 1617)]. Avant 1592, Françoise de Quélennec était remariée à Gilles de Visdelou, seigneur de la Goublaye, lieutenant du Roy en Haute-Bretagne, originaire de la paroisse de Saint-Alban.

VISDELOU. Les Visdelou portaient pour armes parlantes : d'argent à trois têtes de loup de sable arrachées et lampassées de gueules. C'était une maison d'ancienne extraction. Le premier du nom à être connu est Guillaume, seigneur du Pont à l'Asne, en la paroisse de Ploeuc, qui fut croisé en 1248. Gilles était son descendant à la huitième génération. Celui-ci resta fidèle au roi pendant les guerres de la Ligue. Il fut même, à la tête de 50 hommes d'armes, pris et mis à rançon par les Ligueurs. Le roi récompensa son dévouement en lui accordant, vers 1596, la croix de chevalier de Saint-Michel. Gilles de Visdelou mourut en 1627. Françoise de Quélennec lui survécut et passa de vie à trépas à Lamballe, le 24 Juin 1634. Ayant réuni tous les biens de son père et de sa mère, elle y avait ajouté, en Novembre 1630, la grande terre de Kerlaouinan (Mahalon et Guiler) comprenant les trois manoirs de Kerlaouénan, Kerangorc'h, Kerdrein et 13 villages. La succession des deux époux comprenait en plus de ces terres : La Goublaye en Saint-Alban, Le Colombier en la paroisse de Hénon, Bienassis, Saint-Quérec ; Coatfao et Pratanras en Penhars ; le Rible en Plomodiern. Gilles de Visdelou et Françoise de Quélennec eurent deux filles et trois fils. 1°. Le fils aîné Claude de Visdelou, né en 1592, épousa Jeanne de Guer, fille aînée de Charles, marquis de Guer, seigneur de Riec et de la Porteneuve, et de Marie Papin, dame de Pont-Callec. Claude fut sénéchal de Cornouaille, au moins de 1627 à 1634. Il entra comme conseiller au Parlement le 1er Décembre 1634. Le 20 Juillet 1637, il y fut reçu président aux enquêtes. Sa descendance grandit de génération en génération pendant plus d'un siècle. Sa quatrième descendante fut comtesse de la Marck et de Lumain, et la fille de celle-ci épousa le duc d'Arenberg, prince du Saint-Empire, de l'illustre famille de Ligne. . François. Il entra dans les ordres. Coadjuteur de l'évêque de Quimper sous le titre d'Evêque de Madaure, il devint ensuite évêque de Léon (1665-1671). . Jacques, le cadet, né vers 1594. C'est à lui qu'échut en partage la seigneurie du Hilguy. Il épousa, en 1626, Mauricette du Chastel, veuve de Maurice du Rusquec, et fille de cette plaintive Marie de Keroulas qui, selon la ballade, mourut de douleur après avoir eu le temps cependant d'avoir trois enfants. Mauricette du Chastel décéda un an après son remariage, et Jacques de Visdelou se remaria à Marie de Lohéac, fille de Mathieu Lohéac, procureur du roi à Quimper au temps de la Ligue, et de Marguerite du Baud, et veuve de Jérôme de Bahuno. Jacques de Visdelou fut commandant de l'arrière-ban et de la garde-côte de Cornouaille, juge du point d'honneur de la noblesse du diocèse et chevalier de Saint-Michel. Il mourut vers 1673. De son second mariage naquirent trois fils. Le fils aîné, Guy de Visdelou, fut conseiller du roi, alloué, lieutenant criminel au siège présidial de Quimper avant 1658, puis conseiller au Parlement en 1661. Il comparut avec son père à la réformation de 1668. Par arrêt du 31 Décembre de cette année, sur le rapport de M. Descartes, le titre de chevalier lui fut confirmé (Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 1887, p. 217). Guy de Visdelou se maria en premières noces à Françoise de Kerblaisic qui lui donna un fils, François, né le 3 Octobre 1655 et baptisé à Saint-Ronan de Quimper, le 11 Avril 1658, et une fille, Marie-Anne de Visdelou. François eut pour parrain son grand oncle, l'évêque de Madaure. Françoise de Kerblaisic fut enterrée à Plogastel le 16 novembre 1664. Elle est dite dame du Hilguit, de Coatfao, de La Motte et du Cosquer. Guy de Visdelou se remaria à Marguerite de Langourla qui lui donna une fille, Marguerite, née le 20 Avril 1670, baptisée à Saint-Ronan de Quimper. Marie-Anne de Visdelou, du chef de Françoise de Kerblaisic, sa mère, reçut les terres de Coatfao et de La Motte. Elle se maria à Jean-Sébastien de Kergus, chevalier seigneur de Kerstang, conseiller du Roy au Parlement de Bretagne. François de Visdelou, major de la noblesse de Cornouaille, est qualifié dans son contrat de mariage de chevalier, seigneur du Hilguy, de Pratanros, Kervastar, Kergambadé, La Forêt, Coatforn, Le Cosquer, et autres lieux. Il épousa le 22 Février 1683, à la Chandeleur de Quimper, dame Suzanne-Claude de Ploeuc, fille de Nicolas de Ploeuc, seigneur de Kerharo, Guilguiffin, et veuve de Pierre de Lémo [Note : Elle en avait une fille, Charlotte de Lémo, qu'elle maria à Jacques-Charles de Cleuz, marquis du Gage]. A cette époque, François de Visdelou habitait d'ordinaire le château du Hilguy, puisqu'il est dit paroissien de Plogastel-Saint-Germain. Mais les époux possédaient un hôtel en la paroisse de Saint-Ronan à Quimper, et c'est là que naquirent leurs enfants. Une fille, Marie-Françoise, née le 25 Mars 1684, ne semble pas avoir vécu. Un fils, né le 2 Février 1687, mourut le lendemain. Le 18 Février 1691, naquit Marie-Françoise de Visdelou. Ondoyée le lendemain, elle fut baptisée le 28 Juillet 1691. Le 15 Août 1686, François de Visdelou fut parrain d'une cloche baptisée à l'église paroissiale de Plogastel par Amaury Amice, recteur, cloche appelée Marie-Françoise. La marraine fut Marie de Ploeuc, damoiselle de Kerharo. A la cérémonie assistaient encore Suzanne-Claude de Ploeuc, Marie-Anne Visdelou, Renée de Ploeuc, Nicolas-Joseph de Ploeuc, Thérèse Amice. Le 9 Novembre 1694, on inhuma dans l'église paroissiale de Plogastel le coeur de dame Suzanne-Claude de Ploeuc. Son corps fut enterré dans le couvent des Pères Capucins de Quimper. Son mari la suivit bientôt dans la tombe. Le 12 Février 1696, le cœur de François de Visdelou fut enterré à Plogastel. Son corps fut enterré chez les Capucins de Quimper. Leur fille unique, Marie-Françoise de Visdelou, devenue orpheline, fut confiée à la tutelle de Julien Le Mayeuc, sieur de Keranguen. Elle épousa, le 21 Février 1708, François-Roger Robert, chevalier, conseiller du roi, intendant de la marine à Brest, fils de messire Claude Robert et de dame Magdeleine Guyet. Les noces furent célébrées dans la chapelle du palais épiscopal de Quimper [Note : Marie-Françoise était, par sa mère, nièce de l'évêque François-Hyacinthe de Ploeuc] par noble et vénérable messire Guy de Lopriac, abbé de La Chaume et chanoine de ladite cathédrale, assisté de messire Philippe Guyomar, prestre recteur de la paroisse Notre-Dame de la Chandeleur. De ce mariage naquirent trois enfants qui moururent tous avant leur mère : le fils aîné fut intendant de la marine à Toulon, un autre fils, enseigne de vaisseau, était mort en 1740 ; une fille, Marie-Claude, qui épousa Vincent de Lantivy, seigneur de Talhoët, mourut avant 1763, sans postérité. Devenue veuve de François-Roger Robert, Marie-Françoise de Visdelou se remaria le 5 Avril 1741 (elle avait 50 ans), à messire Hilarion Josselin comte Du Gay, baron de Chazar, capitaine des vaisseaux du roy, chevalier de Saint-Louis, qui habitait la paroisse Saint-Louis de Brest. Marie-Françoise de Visdelou habitait son manoir du Hilguy. Elle est dite dame du Hilguy, de Kervastard, Coatforn, Pratanros, La Forest, Le Cosquer. Son mari deviendra plus tard lieutenant général des armées navales de sa majesté le Roy de France. Le 18 Février 1763, Marie-Françoise fut marraine, à Saint-Mathieu de Quimper, de Nicolas-Marie-Joseph de Plœuc, fils aîné du troisième mariage de son cousin le marquis de Plœuc. Elle mourut le 20 Mai 1765 au Hilguy et fut enterrée le lendemain dans son enfeu de l'église de Plogastel. Elle avait 74 ans. (Environ 76 ans, dit le registre !) Elle était veuve depuis quelques mois [Note : Par testament, elle légua sa « bouettière d'or à tabac » à M. Bérardier, principal du collège de Quimper. (Renseignement de M. Daniel Bernard)]. A sa mort, haute et puissante dame Louise-Marguerite Iris de Lamarck, fille de Marie-Hyacinthe de Visdelou et princesse d'Arenberg, prétendit à la succession de la comtesse du Gay, par défaut de descendants directs de Jacques de Visdelou (1594-1673), arrière-grand-père de Marie-Françoise de Visdelou.

LE GAC DE LANSALUT. Mise en vente quelques années plus tard, la seigneurie du Hilguy fut acquise par « haut et puissant seigneur César-François Le Gac de Lansalut, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, mestre de camp de dragons, chambellan de feu S. A. S. Mgr le duc de Deux-Ponts, et haute et puissante dame Ma­dame Caroline comtesse de Deux-Ponts », sa femme. César de Lansalut était né le 29 Décembre 1736 à Saint-Martin de Morlaix. Il était fils d'écuyer Pierre Louis, seigneur de Lansalut (Plouézoc'h) et de Marie-Hyacinthe de Kerret. Caroline de Deux-Ponts était fille de Christian IV, prince palatin du Rhin, duc de Deux-Ponts, prince de Birkenfeld et de Bischewiller, comte de Wilden, de Sponheim, etc... et de la comtesse de Forbach. Un cousin germain de Caroline fondera la dynastie de Bavière qui régnait encore en 1914-1918. Mme de Lansalut avait deux frères qui servirent en France dans le régiment de Deux-Ponts et se distinguèrent dans la guerre de l'Indépendance américaine. Au temps de son mariage, Caroline était dans sa dix-huitième année, et elle épousait un mari de 35 ans. Le mariage eut lieu en 1771. Une longue épitaphe, écrite en latin sur le monument funéraire de Christian IV à Croillus (?) donne les noms et les qualités de ses enfants. Voici mot pour mot la mention de l'épitaphe concernant Caroline. « Caroline de Deux-Ponts, née le 18 Juin 1753, mariée le 4 Avril 1771 à un gentilhomme breton, César François Le Gac de Lansalut, seigneur de Lansalut, Keraveran, Coëtando, chevalier de Saint-Louis, colonel honoraire du régiment français du jeune Condé, demeurant en son château du Hilguy dans la Petite Bretagne ». Peu après son mariage, César de Lansalut avait emmené sa jeune épouse en Bretagne. En 1775, ils habitent la paroisse Saint-Martin de Morlaix. C'est là que le 25 Juillet 1775, naît leur premier fils. Il fut baptisé le lendemain et reçut les noms de Christian-Marie-Thérèse-Joseph-Corentin. Il devait le premier à son grand-père, les autres à sa marraine, Marie de Névet, marquise de Coigny, la dernière du nom d'une des plus nobles et des plus anciennes familles de Bretagne. Il va sans dire que l'abbé Expilly, recteur de Saint-Martin, ne vit pas le vieux duc de Deux-Ponts ni la marquise de Coigny tenir l'enfant sur les fonts. Tous les deux se firent représenter. Peu après la naissance de leur fils, M. et Mme de Lansalut transportèrent leur résidence au pays bigouden. Ils y avaient acquis la seigneurie du Hilguy. De plus, le 6 Décembre 1777, ils étaient devenus propriétaires d'une maison de la rue de Saint-François, à Quimper, dont ils comptaient faire leur pied à terre en ville. Bientôt changeant d'avis, ils louèrent cette maison, puis la vendirent, et ils habitèrent le Hilguy. C'est là que d'autres enfants allaient naître. Un fils naît le 2 Octobre 1778. Il est ondoyé aussitôt. Il fut baptisé le 15 Août 1779 dans la chapelle du château par le sieur abbé Desnoës, chanoine du noble et vénérable chapitre de Quimper. Il eut, pour parrain S. A. S. Mgr Maximilien Joseph de Deux-Ponts, prince du Rhin, cousin germain de la mère, représenté par messire Rolland-Pierre Le Gac de Lansalut, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, ancien capitaine au régiment d'infanterie de Penthièvre, qui ne se doutait sans doute pas qu'il représentait un futur roi ; et pour marraine, sa grand'mère maternelle, très haute et très puissante dame Marie-Anne de Forbach, comtesse de Deux-Ponts, représentée par haute et puissante dame Marie-Louise de Ploësquellec, marquise douairière de Locmaria... L'enfant fut nommé Maximilien-Joseph-François-Marie. Le 21 Décembre 1779, ondoiement d'une fille, dans la chapelle du Hilguy. Le 27 Février 1781, ondoiement d'un fils par messire Bihan, recteur de Plonéis, toujours dans la chapelle du château. Onze ans plus tard, les cérémonies du baptême n'étaient pas encore suppléées, et, en 1792, cet enfant était encore anonyme. Le 19 Septembre 1783, naquit un autre fils qui fut appelé César-Joseph-Marie. Il fut baptisé le lendemain. Il eut pour parrain son frère Christian, âgé de 8 ans, qualifié de sous-lieutenant de dragons à la suite du régiment de Deux-Ponts, et pour marraine Mlle Marie-Ursule Le Gac de Lansalut, dame dudit lieu. — Cet enfant mourut le 14 Avril 1788 au château du Hilguy. Il fut enterré le lendemain dans l'enfeu dudit château. Le 19 Juin suivant, mourait sa soeur, âgée de près de 9 ans. Elle fut enterrée le lendemain dans l'enfeu du château. Enfin le 28 Novembre 1789, on ondoya une dernière fille. Elle reçut plus tard le prénom de Léontine. Il ne semble pas que César Le Gac de Lansalut ait émigré pendant la Révolution. Cependant, en 1792, il ne résidait pas au Hilguy. Nous y voyons Mme de Lansalut seule avec ses enfants et chargée de l'administration. Peut-être avait-il repris du service, car dans l'acte de décès de son fils Maximilien (6 Juin 1805), on lui donne le titre de général. En 1791, il ne reste en vie qu'une fille et trois fils. Et Mme de Lansalut envoie à sa famille de Deux-Ponts le plus jeune d'entre eux, âgé de 10 ans. Un décret du 12 Septembre 1792 ordonnait que les parents d'enfants émigrés paieraient pour chacun d'eux une indemnité destinée à l'habillement, armement et solde de deux hommes. Un décret du 30 Mars - 8 Avril précédent permettait d'interpréter l'expression « enfants émigrés » par « les fils de famille en état de porter les armes ». Mais pour les administrations de ce temps les rigueurs de la loi étaient insuffisantes. Aux premiers jours de Novembre 1792, Mme de Lansalut reçut du directoire de Pont-Croix sommation de payer la somme de 1.100 francs 14 sols comme indemnité pour son fils absent. Elle invoque l'interprétation résultant du décret de Mars-Avril ; elle dit qu'elle a deux autres fils de 16 et 13 ans (Christian et Maximilien), et elle ajoute : « Si j'avais eu l'intention de nuire à ma patrie française, je n'aurais pas fait émigrer celui de mes trois fils le moins propre au service militaire. Le motif de son absence est son avancement. Je l'ai envoyé dans le duché de Deux-Ponts où j'ai pris naissance. Cette puissance amie de la France peut lui offrir de grands avantages : il travaille à s'en rendre digne dans un collège d'Allemagne ». Pour le district, ce bambin de onze ans est un présumé émigré portant les armes ! Sans aucun examen, en recevant sa lettre, il répond à Mme de Lansalut « qu'elle est tenue de payer 1.101 fr., sauf à prouver par la suite que son fils est vraiment dans le duché de Deux-Ponts, livré aux études » (Archives du Finistère, L 51). Nous ne trouvons plus trace de ce fils en Bretagne. Maximilien mourut au Hilguy le 5 Juin 1805, à l'âge de 27 ans, sans avoir vu son illustre parrain monter sur le trône de Bavière. Un an après, Mme de Lansalut mourait aussi au Hilguy, dans la nuit du 4 au 5 Août 1806, âgée de 56 ans. Elle fut enterrée le lendemain dans la chapelle du château. M. de Lansalut ne lui survécut que 5 mois. Il mourut le 21 Janvier 1807, rue Mezgloaguen, à Quimper, âgé de 71 ans. Vingt-deux jours plus tard, le 11 Février 1807, leur fille Léontine mourut à la fleur de l'âge, 17 ans, dans la même maison. En vingt mois, Christian de Lansalut avait porté le deuil de son frère cadet, de sa mère, de son père, de sa jeune soeur. Il allait survivre 13 ans. Il mourut le 2 Janvier 1822, à Quimper. Il était capitaine de dragons en non activité, chevalier de la Légion d'honneur. Le troisième fils était demeuré en Bavière. Il mourut sans doute avant Christian, sans laisser d'enfants. Ainsi s'explique que Christian ait fait sa légataire universelle sa tante maternelle, Elisabeth de Deux-Ponts, alors veuve du marquis du Mesnil. Des créanciers se présentèrent, et la succession fut acceptée sous bénéfice d'inventaire. La vente des immeubles distribués en 20 lots fut ordonnée par jugement du 23 Décembre 1822, et le 26 Mars suivant, le château du Hilguy fut adjugé avec ses proches dépendances à la barre du tribunal. M. Joseph Le Coq en est en 1940 le propriétaire (abbé Parcheminou).

Seigneurie ou terre de Kerdaniel. La réformation de 1444 à Ploëcastel-Sainct-Germain ne mentionne pas le manoir. Celle de 1536 cite, au nombre des nobles de la paroisse, Jehan Corre, sieur de Kerdaniel. Au siècle suivant, Kerdaniel est entre les mains de la famille Mocam qui fut déboutée, en 1668, de ses prétentions nobiliaires. En 1668 précisément, Claude Mocam mourut au cours d'un voyage à Quimper. Le clergé de Plogastel et celui de Saint-Mathieu se disputèrent âprement son cadavre, comme en font foi ces lignes relevées dans les registres paroissiaux de Plogastel : « Le 4 Octobre 1668 mourut à Quimper honorable homme Claude Mocam enterré à Saint-Mathieu par ledit recteur qui ne voulut nous donner le corps et nonobstant la permission de Monseigneur de Cornouaille, pour sa désobéissance luy faillu le désantérer le mardy à ses frais, saizième jour dudit moys et randit l'argan par santance de l'officialité de Cornouaille qu'il avoit trop print et le dit jour fut inhumé dans l'église de Saint-Germain Plougastel et avoit receu les saints Sacrements à Quimper et fut inhumé en grande compagnie de peuple ». Son héritier, Sébastien Mocam, se maria à Geneviève de Silguy. Celle-ci fut, en 1686, marraine d'une fille de François de Pentrez et de Marie de Keridiern. Le 14 Août 1703, mourait, au lieu noble de Kerdaniel, Joseph Mocam, sieur de Kerveguen et de Guyler, âgé de 34 ans. A son convoi assiste noble dame Marie-Josèphe-Gabrielle du Stangier qui, l'année suivante, s'intitule dame de Kerdaniel. Par elle, Kerdaniel passe à la famille de Kermorial de Kermorvan. Elle est veuve de Pierre de Kermorial qui, en 1651, rendit aveu pour le manoir de Kermorvan, en Kerfeunteun, après avoir reçu la succession de son oncle Louis de Kermorial. Marie du Stangier rend aveu pour la même terre en 1679. Un de leurs enfants, Louis de Kermorial, se qualifie en 1713 de « lieutenant général de la capitainerie de Crozon ». Une fille s'appelle Marie-Anne-Huberte de Kermorial. Un autre fils, Jean-Marie-Léonard de Kermorial, avait épousé Marie-Jeanne Boutouillic. Il mourut en 1747, laissant entre autres enfants un fils, Pierre-François de Kermorial. Celui-ci épousa Marie-Hyacinthe de Kerjan. En 1790, il est « chevalier de Saint-Louis et lieutenant de vaisseau retiré ». Cette même année 1790, il perd un fils âgé de 5 ans qui mourut au manoir de Kerdaniel et fut enterré dans le cimetière de Saint-Germain « par le bon plaisir de Monsieur le Recteur de cette paroisse ». Les Kermorial qui portaient d'azur au greslier d'argent accompagné de 3 fleurs de lys de même avec la devise « Sot oc'h sot », sot contre sot, étaient originaires de la paroisse de Baye où se trouvait le manoir du même nom. Cette ancienne famille s'est éteinte dans le courant du XIXème siècle (abbé Parcheminou)

 

LES JURIDICTIONS SEIGNEURIALES : La paroisse de Plogastel relevait, presque tout entière, en proche fief, des deux importantes seigneuries du Quilliou et du Hilguy et, tout entière, en arrière-fief, de la seigneurie du Quemenet [Note : Quelques terres relevaient de la seigneurie de Coatfao. En 1788, une fille Glehen, de Briscoul, est décrétée de justice par cette juridiction qui avait pour sénéchal Jacques-Corentin Royou, gendre du critique Fréron et, pour greffier, François-Joseph Chauvel, procureur au présidial et greffier ordinaire des délibérations de la paroisse de Plonéis - Les petites seigneuries de Kerdaniel et de Kermathéano, en Plogastel, ne paraissent pas avoir eu de juridiction exercée au XVIIIème siècle]. Dans les délibérations du général, le marquis de Ploeuc, « en qualité de haut justicier et propriétaire de la terre et seigneurie du Quilliou » est qualifié de « premier prééminencier » en l'église de Plogastel (Voir Délibération des 11 mars 1770 et 27 novembre 1774). La seigneurie du Quilliou dont le chef-lieu féodal fut, à l'origine, la motte de Castel-Coz, dans le bois du Quilliou, comprenait, outre ses nombreuses possessions en Plogastel, la majeure partie de la paroisse de Plozévet et un village en Landudec. Elle perdit de bonne heure ses seigneurs particuliers et passa, dès le moyen-âge, à la famille de Guengat. « Le Quilliou fut vendu en 1516 à Jean de Tyvarlen, chanoine de Cornouaille, par Jacques de Guengat, alors criblé de dettes » (Voir H. Waquet, Rapport sur l'état des Archives du Finistère - 1920). Guillaume de Tyvarlen recueillit, vers 1557, l'héritage de son frère le chanoine et peu de temps après, la juridiction du Quilliou fut annexée à celle de Kerharo. La haute justice de Kerharo avait son siège à Pouldavid, « en l'étude du procureur-fiscal », dans un local situé au dessus des halles [Note : J. Trévédy, Michel Laënnec, broch in-8° Saint-Brieuc, 1887, p. 7. — De 1741 à 1754, le procureur-fiscal de cette juridiction fut Michel Laënnec, le grand-père du Docteur. — En 1782, le sénéchal était Louis Piclet plus tard juge au district de Pont-Croix, puis administrateur du Finistère, guillotiné à Brest, le 22 mai 1794]. La seigneurie du Hilguy s'étendait sur la moitié orientale de la paroisse. Le Hilguy qui eut jusqu'au XVème siècle des seigneurs de ce nom passa par alliance au XVIème siècle, successivement aux familles de Lezongar de Pratanras, du Quélennec, puis de Visdelou, en 1592 [Note : J. Trévédy, La maison n° 17 de la rue Saint-François, broch. In-8°. Quimper 1898, p. 42]. Au XVIIIème siècle, la dame du Hilguy était Marie-Françoise de Visdelou, cousine, par sa mère Suzanne-Claude de Ploeuc, du marquis Nicolas-Louis de Ploeuc, seigneur de Kerharo, du Guilguiffin et du Quilliou. Marie-Françoise de Visdelou épousa en secondes noces le comte Du Guay, lieutenant-général des armées navales en 1757 et commandant de la Marine à Brest, en 1759. Veuve en 1760, la comtesse Du Guay mourut en 1765. La seigneurie du Hilguy fut vendue quelques années plus tard et acquise vers 1774 par César-François Le Gac de Lansalut, ancien capitaine de dragons, d'une famille originaire de Plouézoch [Note : J. Trévédy, La maison n° 17 de la rue Saint-François, broch. in-8°. Quimper 1898, p. 45]. La juridiction du Hilguy s'exerçait à Quimper, dans un bâtiment du couvent de Saint-François, mais les patibulaires de cette haute justice se dressaient à Ménez-Ogan, non loin du manoir du Hilguy [Note : En 1770, M. Urbain Le Bescond (de Coatpont) est procureur fiscal de la juridiction du Hilguy et du fief du Quemenet à Plogastel ; Piriou, autre procureur au présidial, en est le greffier]. Quels étaient les droits honorifiques respectifs des seigneurs du Quilliou et du Hilguy, en l'église paroissiale ? Le marquis de Ploeuc « premier prééminencier » qualifie lui-même la dame du Hilguy de « fondatrice » (Délibération du 14 janvier 1770). Il semble que la « supériorité » revenait au seigneur du Quilliou. Dans le procès-verbal de la réception solennelle faite, le 28 mai 1775, au nouveau seigneur du Hilguy, en l'église de Plogastel, il est dit que ce seigneur « a son banc situé dans le choeur, à la droite » (Délibération du 28 mai 1775). La place éminente, à gauche, du côté de l'évangile, devait donc être celle du seigneur du Quilliou (Jean Savina).

 

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1562 qui s'est tenue à Quimper les 15 et 16 mai, les nobles suivants de Plogastel-Saint-Germain sont mentionnés :

Maître Jehan le Corre, sieur de Kerdaniel, présent, dict faire arquebusier à cheval ;

Thepault de Kerguelen, sr. de Kermadhean, présent, dict qu'il est sous l'esdict.

(à compléter)

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