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PLOEMEUR

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La commune de Ploemeur (bzh.gif (80 octets) Ploveur) est chef lieu de canton. Ploemeur dépend de l'arrondissement de Lorient, du département du Morbihan (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLOEMEUR 

Ploemeur vient du breton « Plo Meur » (Grande paroisse).

Ploemeur est une grande paroisse primitive, à qui il faut réunir Lorient qui en fut détachée en 1709 et Larmor-Plage (Lokmaria-an-Arvor), chapelle frairiale érigée en commune au XIXème siècle. 

Certains historiens y rajoutent même Lesbin, Pont-Scorff, Gestel (Jestel, en 1387), Quéven (Quetguen, en 1387) et Bihoué (Bevoy, en 1387). Ce serait dans le courant du XVème siècle que Bihoué aurait été unie à Quéven et Gestel à Lesbin (Le Mené - Histoire des Paroisse du diocèse de Vannes). On mentionne la trève de Tremelé-Trebalaben en 1446 (Tremelhec, en 1427).

Sainte Ninnoc, fille de Brochan, roi de Cumbrie, débarque avec une nombreuses colonie sur la côte de Ploemeur, au VIème siècle. Elle y bâtit un monastère, qui prend à cause d'elle le nom de Lan-Ninnoc, dit ensuite Lan-Nenec. Cet établissement paraît avoir subsisté jusqu'aux ravages des Normands. Au commencement du XIIème siècle, Gurheden, moine de Quimperlé, mentionne les ruines du monastère et les vestiges des logettes, comme une preuve des faits racontés par lui dans la vie de la sainte. Ces ruines sont relevées peu après et deviennent le centre d'un prieuré bénédictin dépendant de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé.

Le prieuré de Saint-Michel des Montagnes, situé primitivement en Ploemeur, est fondé en 1037, par Huélin, seigneur d'Hennebont, beau-frère d'Alain Cainard, comte de Cornouaille. Le Cartulaire de Quimperlé conserve le texte de l'acte de fondation : "Moi, Huélin, fils de Bérenger, au nom de la sainte et indivisible Trinité, en présence d'Alain, comte de Cornouaille, et de Budic, évêque de Vannes, pour le salut de mon âme, de ma femme Avan, de mes parents et de mes enfants, je donne et concède, avec l'agrément de mon fils Guégon et de ma femme, à l'église de Sainte-Croix de Quimperlé, l'île de Tanguethen (Saint-Michel, dans la rade de Lorient), libre et quitte de toute redevance, comme je la possédais moi-même. Mais ce don nous paraissant trop faible, nous y ajoutons l'église de Saint-Gunthiern dans l'île de Groix et celle de Saint-Méloir, avec leurs terres, en souvenir de notre fraternité avec Sainte-Croix, les moines nous ayant offert spontanément et charitablement trois chevaux et un tapis. Nous avons fait ce don en présence des grands du comte de Cornouailles, qui tenait alors sa cour à Quimperlé, et entre les mains du glorieux serviteur de Dieu l'abbé Gurloés, ... l'an de l'Incarnation 1037". La première opération des religieux, en prenant la possession de l'île de Tanguethen, est d'élever sur son point culminant une chapelle en l'honneur de Saint-Michel. Dès lors, l'île prend le nom de Saint-Michel. Cette île située, au milieu de la rade actuelle de Lorient, ne contient guère que six journaux de terre. C'est trop peu pour l'établissement d'un prieuré ; le fondateur le sait, et c'est pour compléter son oeuvre qu'il donne les églises de Saint-Gunthiern et de Saint-Méloir, avec leurs dépendances. Mais Groix est loin, le passage parfois dangereux : c'est pourquoi les moines de Quimperlé, ayant acheté ou reçu en don des terres considérables dans le quartier des Montagnes en Ploemeur, jugent plus commode et plus simple d'ériger Groix ou Saint-Gunthiern en prieuré distinct et d'unir Saint-Michel aux Montagnes, et d'avoir ainsi le prieuré de Saint-Michel des Montagnes

Ploemeur était jadis fractionnée en quinze frairies. Les quatre frairies que nous considérons comme les plus riches relevaient du prieuré de Saint-Michel-des-Montagnes pour l'impôts des dîmes et étaient Locunolay (ou Locunolé), Saint-Phelan, Damany et Kerguelen. Les trois premières comprenaient tout le terrain qui s'étend depuis la rivière du Ter jusqu'aux confins de la paroisse de Quéven, quant à la frairie de Kerguenel, elle se trouvait entre Larmor et Lomener. Les autres frairies de Ploemeur étaient : le Bourg, Saint-Laurent, Kervagam, Larmor, Kermeur, Kerveneus, Keréven, Travalaën, Lannenec, Bensem, Ponnonen. Il existait au XVIème siècle, outre l'église paroissiale dédiée à Saint-Pierre, vingt sept chapelles sur les quinze frairies : Saint-Bieuzy, Saint-Quintin, Saint-Thuriau, Saint-Léonard, Saint-Armel, Saint-Maudé, Saint-Mathurin, Saint-Tugdual, Saint-Simon et Saint-Jude, Saint-Germain, Saint-Antoine, Saint-Adrien, Saint-Christophe (des Montagnes), Saint-Christophe (de Scorff), Saint-Laurent, Saint-Michel, Saint-Gabriel, Saint-Nicolas, Keroman, Sainte-Ninnoc, Sainte-Anne, Notre-Dame de Plascaër, Notre-Dame de Larmor, Locmaria, La Madeleine, La Vraie-Croix et La Croix-Neuve. Plus anciennement les lieux dits : Moustoir-Berhiet, Moustoir-Phelan, Saint-Déron, Saint-Uhel, Quéhello-Congad, Loc-Gueltas et Loc-Mener (pour Méler, Méloir), eurent sans doute des chapelles dédiées aux saints et saintes dont ils portaient les noms, et sur la frairie de Loc-Cunolé (pour Guénolé), un lieu quelconque fut probablement autrefois consacré à Saint-Guénolé. A noter que Saint-Uhel, pour Judicaël, formait autrefois une chapellenie dépendant du château voisin de Tréfaven, et on perd les traces de cette chapellenie vers le XVème siècle, époque à partir de laquelle les seules chapelles privatives de Tréfaven étaient celles de Saint-Christophe et de Saint-Armel. En ce qui concerne le prieuré de Saint-Michel, six de ces chapelles de Ploemeur lui appartenaient (Saint-Michel, Notre-Dame de Plascaër, Saint-Gabriel, Saint-Christophe, Saint-Nicolas, Saint-Antoine). A noter que pas une chapelle du prieuré de Saint-Michel-des-Montagnes n'existe aujourd'hui.

En 1666, la Compagnie des Indes vient s’installer sur la lande de Faouëdic appartenant à Ploemeur.

On trouve les appellations suivantes : Ploemeur (en 1427, en 1464, en 1481), Ploemur (en 1477, en 1536).

Note : Ploemeur, l'une des plus grandes paroisses du diocèse de Vannes, est limité au nord par Quéven, à l'ouest par Guidel, au sud par l'Océan, et à l'est par la rade de Lorient. Sa superficie ancienne, en y comprenant Lorient, était de 6173 hectares. Depuis sa mutilation, elle est encore de 5584 hectares, ce qui est un chiffre fort respectable. La terre est bonne, et la culture occupe plus de la moitié du territoire ; les landes vont toujours en diminuant. Au sud la côte est hérissée de rochers, et dans les endroits abordables elle est défendue par plusieurs forts et batteries ; on y trouve, en 1891, plusieurs presses à sardines. En 1891, la population est de 12,413 habitants. Le bourg, à peu près central, est à 5 kilomètres de Lorient, et à 63 de Vannes. Les Celtes y ont laissé plusieurs monuments, dont quelques-uns sont parvenus jusqu'à nous. En voici l'énumération, en suivant la côte, de l'ouest à l'est. Au village de Cruguellic, se trouve un menhir de 2 mètres de hauteur. — A Kerham, un tertre ruiné, dont on a retiré un pot et une douzaine de belles haches en pierre. — Entre la presse de Couregant et le village de Kerbistoret, se voit un menhir de 5 m. de hauteur. Entre Kerbistoret et Penher, se trouve le monument le plus curieux du pays ; c'est un cromlech de 6 à 7 m. de diamètre, entourant un tumulus, au sommet duquel est un dolmen, à demi ruiné par des fouilleurs maladroits. Auprès de Kerroch, on peut voir, vers l'ouest, un dolmen soutenu par trois supports, et tout à côté les piliers de deux autres ; vers le nord, un menhir brisé, et au sud un groupe d'autres menhirs. A la pointe du Tallut, se dresse un beau menhir de 4 m. de hauteur, et non loin de lui se trouve un autre menhir renversé. —A Kerpape, près d'une poudrière, se voit un dolmen assez bien conservé. Non loin de Larmor, un tumulus, aujourd'hui ruiné, fouillé jadis par M. Briote, qui y a trouvé plusieurs haches en pierre, dont une admirable de forme, de poli et de transparence. A Kerbernès, près du bras de mer du Ter, se trouvait un menhir couché de 3 à 4 m. de longueur, qui, devenu un objet de superstition, a été brisé et employé à empierrer un chemin. Près du bourg, est un tumulus de 6 m. de hauteur, nommé la Butte à Madame ; il a été fouillé en 1829 par M. Romieu, qui a trouvé au centre un caveau en pierres sèches, et à l'intérieur quelques charbons. Près de Saint-Bieuzy, un tumulus, fouillé vers 1850 par M. Le Diberder, a donné un pot en grès et douze grandes haches en diorite. Entre Saint-Bieuzy et Kerloës, on voit à terre un menhir de 5 m. de longueur, brisé à un mètre de sa base. Près de Quéhello-Congard, se trouve un tumulus qui, fouillé en 1865, a donné un dolmen de 2 m. de longueur, des charbons de bois et des fragments de poterie. Cette liste, malgré sa longueur, est encore incomplète. Les Romains, à leur tour, ont aussi occupé ce pays ; mais on n'a encore signalé aucune trace de leur passage. Les Bretons y arrivèrent très nombreux au début du VIème siècle ; il y avait, parmi ces émigrés, quatre évêques, une foule de prêtres, de diacres et de religieuses, sans compter les laïques des deux sexes ; tous ces réfugiés remplissaient sept grands navires, et l'on comprend pourquoi leur colonie prit le nom de Ploe-meur, qui signifie grand peuple ou grande paroisse. Presque tous les villages de cet immense territoire portent encore des noms bretons, tels que Cruguellic, Kergoat, Kerhom, Kerguen, Penher, Kerroch, Guermeur, Kerguelen, Le Menez, Cosquéric, Kerlivio, Tréfaven, Faouëdic, etc. etc... Parmi les émigrés, se trouvait sainte Ninnoc, fille de Brochan, l'un des petits rois de la Cambrie. Elle s'établit avec un certain nombre de religieuses dans la partie occidentale de Ploemeur, et y fonda un monastère, qui prit à cause d'elle le nom de Lan-Ninnoc. Non loin de son couvent, elle éleva un autre monastère pour les serviteurs de Dieu qui l'avaient accompagnée. Le comte du pays, Waroch ou Guérech, vint visiter l'établissement, et lui donna tout le territoire de Ploemeur, avec plusieurs redevances. L'acte, considéré dans sa forme actuelle (Pr. I. 180), est certainement apocryphe, mais il constate un état ancien, et dans son ensemble il peut remonter au VIème siècle. — Sainte Ninnoc vécut 32 ans dans son couvent, suivant Albert Le Grand. Elle y donna de nombreuses preuves de sa sainteté, opéra même plusieurs miracles, et mourut le 4 juin, sans qu'on puisse préciser l'année. Son monastère subsista probablement jusqu'aux invasions normandes des IXème et Xème siècles. Au XIIème, Gurhéden citait les ruines de cet établissement comme une preuve des faits racontés dans la vie de la sainte. Ces ruines furent relevées peu après et devinrent le centre d'un prieuré bénédictin, dépendant de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé. Ce prieuré, dit de Lannenec, eut pour sa principale dotation la moitié des dîmes de la paroisse de Guidel. Plus tard ce bénéfice tomba en commende et passa des moines aux prêtres séculiers. A l'époque de la révolution française, le prieuré fut vendu nationalement avec toutes ses dépendances, et la chapelle fut démolie peu après. A la suite de la fondation de sainte Ninnoc, on peut citer deux établissements religieux antiques, dont le souvenir est conservé dans les noms des villages de Moustoir-Phélan et de Moustoir-Berhet. Ils n'ont pas d'histoire, et ils ont dû disparaître à l'époque des ravages des Normands. Un autre établissement, bien plus considérable, est celui de Saint-Michel-des-Montagnes. En 1037, Huélin, seigneur de Kémenet-Héboé, donna à l'abbaye de Quimperlé l'île de Tanguethen, dans la rade actuelle de Lorient. Les moines y fondèrent un prieuré, et construisirent, sur la colline ou le tumulus de l'île, une chapelle en l'honneur de l'archange saint Michel. Bientôt l'île perdit son ancien nom et prit celui de Saint-Michel, qu'elle porte encore. Avec le temps, de nombreuses terres situées sur le continent furent données à ce prieuré et prirent le nom collectif des Montagnes. Elles comprenaient, au nord du Ter, les villages de Kergroix, Kerollé, Kerrivalan, Kermélo, Kervénanec, Kerledern, Kerdiret, et les Montagnes, et au sud, parallèlement à la mer, Quilisoy, Kerblaisy, Keriliou, Kerguelen, Kerlavret, Kergalan, Bouric et Lomener : c'est ce qu'indique un état de 1750. Le prieuré de Saint-Michel-des-Montagnes tomba en commende vers 1500, et devint ainsi sans profit pour l'abbaye. C'est pourquoi les moines de Quimperlé finirent par le céder, en 1613, aux Oratoriens de Nantes, moyennant une rente annuelle de 50 livres. En 1650, le fermier des biens du prieuré dévasta la propriété, démolit les chapelles de Saint-Nicolas, de Saint-Gabriel et de Notre-Dame de Plascaer, dépendantes du bénéfice, et en employa les matériaux à la construction d'une écurie au Plessis en Caudan ; sa condamnation en 1671 ne rétablit point les édifices détruits. En 1726, la Compagnie des Indes devint afféagiste de l'île de Saint-Michel, moyennant une rente de 290 livres par an, et à sa chute elle transmit ses droits à l'Etat. Bientôt la Révolution confisqua le tout, vendit le prieuré des Montagnes avec sa chapelle de Saint-Christophe, aliéna toutes les tenues qui en dépendaient, et ne garda que l'île de Saint-Michel, qui devint plus tard un lazaret puis une poudrière (Joseph-Marie Le Mené - 1891). 

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PATRIMOINE de PLOEMEUR

l'église Saint-Pierre (1037), remaniée au XIIIème siècle, au XVIème siècle, puis au XVIIIème siècle. Elle comprend une nef de sept travées avec bas-côtés et un choeur à chevet plat. Entre la nef et le chœur, l'arc triomphal, refait en tiers-point au XVIème siècle, est supporté par des colonnes engagées du XIème siècle aux chapiteaux décorés d'enroulements, de feuilles et d'animaux. Les colonnes sont les seuls vestiges de l'église romane. La nef reconstruite au XVIIIème siècle avec de grandes arcades en plein cintre reposant sur des piles à impostes rappelle pourtant le plan roman. Le chœur, derrière lequel la sacristie forme abside à l'extérieur, a été achevé en 1729. Le clocher, situé sur le porche occidental, a été commencé en 1686. Le porche est surmonté d'un fronton curviligne et porte un écusson aux armoiries martelées et un cartouche gravé d'une inscription latine signifiant : "Entreprise selon les voeux pieux des paroissiens le 1er juin 1686". Le portail Sud est du XVIIIème siècle. Il y a lieu de signaler le retable et les boiseries du chœur du XVIIIème siècle et, sous le porche, un Christ de pitié, en bois, du XVIème siècle. Le "Chemin de Croix", oeuvre de Xavier de Langlais, date de 1959 ;

Nota 1 : L'église paroissiale de Plœmeur est sous le patronage de saint Pierre. « La nef, qui est la partie la plus ancienne, a 28 m. de longueur sur 7 m. de largeur, et se compose de huit travées d'architecture, formées par des arcades en plein cintre, reposant sur des piliers carrés, surmontés d'un simple tailloir sans aucun ornement. L'arc triomphal est en cintre brisé et retombe sur des colonnettes romanes engagées, à chapiteaux sculptés en fleurs et animaux. Au choeur se trouvent des colonnes cylindriques, recevant par pénétration des arcs en plein cintre d'un côté, et en cintre brisé de l'autre. Tout le reste est moderne. La tour, qui s'élève au dessus du portail occidental, porte la date de 1686 » (Stat. Rosenzweig). En 1783, on refit le choeur et le retable, et on inaugura un maître-autel à la romaine et des stalles neuves. Les autels latéraux sont dédiés à Notre-Dame de Pitié, à Notre-Dame de l'Archiconfrérie, à Notre-Dame du Rosaire et au Sacré-Coeur. Chapelles de la paroisse : 1° Sainte-Anne, auprès du bourg. 2° Saint-Laurent, au sud de la rivière du Ter, n'existe plus. 3° Saint-Thurien, au village de Kerdroual. 4° La Vraie-Croix, près de Keradehuen. 5° Notre-Dame de Larmor, au village de ce nom ; intéressante chapelle, construite en 1506, en forme de croix latine, avec deux bas côtés. La tour carrée, avec sa flèche polygonale en pierre, ne date que de 1615. Sur les entraits et les sablières, on voit les armes des Chefdubois, de Penhoet, etc... C'était autrefois un pèlerinage assez fréquenté, jusqu'à la découverte de la statue de sainte Anne en 1625, et aujourd'hui les marins qui ne peuvent la visiter ne manquent pas de la saluer en passant. 6° Saint-Germain, en un lieu inconnu, ne subsiste plus. 7° Saint-Bieuzy, au village de ce nom, tombée en ruines. 8° Saint-Léonard, au village de Kerantonel, vers le sud-ouest. 9° Saint-Simon et Saint-Jude, au village de ce nom. 10° Saint-Adrien, à la pointe occidentale, tombée en ruines. 11° La Madeleine, au Poullo, servant aux cordiers ; détruite. 12° Saint-Tugdual, près du château du Ter. 13° Saint-Maudé, au hameau de ce nom, vers le nord-est. 14° Saint-Armel, à l'extrémité nord-est, près de Tréfaven. 15° Saint-Christophe, sur le Scorff, berceau d'une paroisse (Voir Lorient). 16° Sainte-Brigitte, remplacée par l'église de Merville (Voir Lorient). 17° Saint-Mathurin, à l'extrémité de l'anse du Ter. 18° Saint-Quintin, à Brenzent, détruite à la Révolution. 19° Notre-Dame, à Locmaria-er-Hoet, démolie. 20° Saint-Jean, au village de Kerguen, détruite. 21° Saint-Aaron, au village de Saint-Déron, ruinée. 22° Saint-Cornély, à Kervernou, détruite depuis longtemps. 23° Saint-Hilaire, à Lomener, également détruite. Outre ces chapelles paroissiales, il y avait jadis les chapelles régulières de Lannenec, de Saint-Michel, de Notre-Dame de Plascaer, de Saint-Gabriel, de Saint-Nicolas, de Saint-Antoine et de Saint-Christophe-des-Montagnes, qui toutes sont détruites. Il y avait de plus les chapelles privées du Ter, de Keroman, de Saint-Uhel, ... C'est un total d'au moins 33 chapelles, connues d'une manière certaine, car à une époque plus ancienne il a dû y en avoir d'autres à Saint-Phélan, à Locqueltas et à Locunolé. Les frairies étaient au nombre de quinze en 1595 et se suivaient de proche en proche dans l'ordre suivant : Le Bourg, Saint-Laurent, Kervagam, Larmor, Kerguelen, Kermeur, Kervernois, Keréven, Travalaen, Lannénec, Brenzent, Pennonen, Damany (Tréfaven), Saint-Phélan (Lorient), Locunolé (Merville). (V. Bull. 1868. p. 59). Il y a eu dans le passé quelques essais de trêves à Saint-Phélan, à Larmor, et à Kergoat. Aujourd'hui Saint-Phélan est remplacé par la paroisse de Lorient, et Larmor seul possède un prêtre résidant. Les chapellenies étaient : 1° Celle de Tréfaven, mentionnée dès 1516, et desservie dans la chapelle de Saint-Judicael, ou Juzel, ou Uhel. 2° Celle du Ter, fondée par le seigneur de l'endroit, et desservie sans doute dans la chapelle du manoir. 3° Celle du Pavillon, fondée en 1667 par Jean Jégo et Bertrand Garo, à l'autel du Rosaire. Le nombre des chapelles et le chiffre de la population exigeaient ici un clergé nombreux ; aussi les prêtres de la paroisse formaient-ils une association ou une communauté. La dîme était ici partagée entre plusieurs bénéficiers. Le prieur de Saint-Michel-des-Montagnes dîmait seul sur son terrain, c'est-à-dire sur la partie orientale de la paroisse ; le recteur avait le reste du territoire, car le prieur de Lannenec dîmait sur la moitié de Guidel. En 1287, un décret de l'évêque Henri Tors, confirmé plus tard par le métropolitain, unit à la mense capitulaire les dîmes rectoriales de Ploemeur, en laissant au titulaire du bénéfice une portion congrue. Cette portion varia plusieurs fois, suivant les temps et les circonstances. En 1756, le chapitre retirait de Ploemeur 2,600 livres, le recteur 1,640, le prieur de Saint-Michel 1,250 et le prieur de Lannenec 1,800 : ce qui donne une idée de la valeur relative des quatre portions. En 1590, une troupe de royalistes de Blavet (Port-Louis), se trouvant en expédition sur la paroisse de Ploemeur, y surprit le ligueur de Kerouzéré. Celui-ci, poursuivi jusque dans le bourg, se réfugia dans le presbytère et s'y défendit longtemps, mais forcé de se rendre, il fut emmené prisonnier au château de Guémené. Le presbytère souffrit tellement de cette espèce de siège, qu'il cessa d'être habitable. Les recteurs logèrent dans des maisons particulières, et ce n'est que 112 après, c'est-à-dire en 1702, qu'ils réussirent à faire reconstruire le presbytère. En 1709, Ploemeur perdit le quartier de Lorient, qui fut érigé en paroisse distincte ; mais pour indemniser le recteur de la perte de sa dîme, la nouvelle ville dut lui payer une rente annuelle de 60 livres. Ploemeur faisait partie du doyenné de Kemenet-Héboé ou des Bois, et de la sénéchaussée d'Hennebont. En 1790, il fut érigé en commune, du canton de Guidel et du district d'Hennebont. Son recteur, M. Guillevic, refusa le serment en 1791, émigra en Espagne en 1792, et en revint plus tard pour participer à la chouannerie et se lancer dans la Petite-Eglise. Un intrus avait pris sa place, et fut témoin de la vente des biens de Lannenec, de Saint-Michel-des-Montagnes, des dépendances de Larmor, de Saint-Mathurin, de Saint-Maudé, de Saint-Armel, et des terres appartenant à la fabrique. En 1801, Ploemeur fut érigé en canton, sous le titre de Lorient 2ème, et eut dans sa circonscription les faubourgs de la ville. La commune de Lorient, qui s'était annexée une partie de la campagne de Ploemeur, cherche encore vers 1891 à s'adjoindre une nouvelle bande de territoire. Les côtes de Ploemeur sont hérissées de forts et de batteries : tels sont ceux de Kergan, de Kerbistoret, du Talut, de Locqueltas et de Kernevel. Les habitants sont industrieux, et leurs terres bien cultivées fournissent à Lorient une grande quantité de légumes. Quelques-uns d'entre eux se livrent à la pêche de la sardine, et alimentent les presses de Lomener, Kerpape, Locqueltas et Toulhar. Tous les ans, le 24 juin, a lieu sous la présidence du curé de Ploemeur la bénédiction de la mer, ou comme l'on dit la bénédiction du Coureau. Autrefois l'Etat mettait, pour la circonstance, un navire à la disposition du clergé ; vers 1891 c'est M. Méry, banquier à Lorient, qui fournit généreusement l'embarcation. Cette cérémonie, toujours imposante, n'a plus cependant le même éclat que jadis, lorsque les paroisses de Groix, Port-Louis et Riantec y venaient processionnellement, clergé en tête. Seule la paroisse de Gâvre est restée, jusqu'à ce jour (1891), fidèle aux traditions du passé (J-M. Le Mené - 1891).

la chapelle Saint-Simon et Saint-Jude (XVIème siècle). Elle est construite au début du XVIIème siècle sur le littoral. Il s'agit d'un édifice rectangulaire assez simple dont la décoration est faite d'éléments flamboyants et Renaissance. Le retable date de la fin du XVIIIème siècle ou du début du XIXème siècle : le centre est composé du tabernacle et d'une Vierge à l'Enfant. La chapelle abrite une statue de sainte Ninnock (fin du XVème siècle) ; 

la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde, située à Lomener. Cette chapelle se trouve dans les murs de l'ancienne presse à sardines. La chapelle abrite la maquette d'un bateau ;

l'ancienne chapelle Saint-Maudez (XVIème siècle), mentionnée en 1930. Il s'agit d'un édifice de croix latine construit au XVIème siècle près de Kerihuer, à décoration flamboyante, assez fruste qui renferme quelques statues du XVIIème siècle ;

l'ancienne chapelle Saint-Léonard (XVIIème siècle), mentionnée en 1930. Il s'agit d'un édifice du début du XVIIème siècle situé à Kerantonel avec portes en anse de panier, couvert d'une charpente aux entraits décorés de têtes de crocodiles ;

l'ancienne chapelle Sainte-Anne (XVIIème siècle), mentionnée en 1930. Il s'agit d'un édifice de forme rectangulaire et du XVI-XVIIème siècle, à la sortie du bourg de Ploemeur, dont la façade occidentale (surmontée d'un clocheton carré daté du XVIème siècle) ajouré, possède un portail à décoration encore toute flamboyante. Jusqu'ici il nous a été impossible de fixer exactement l'année où fut construite la chapelle de Sainte-Anne au bourg de Ploemeur (ou Plœmeur). Longtemps nous avons cru que la date la plus reculée où l'on pût fixer cette érection était celle que nous avions cueillie dans une pièce des archives de la préfecture de Vannes, au fonds des Rohan (E, Ploemeur) du 8 janvier 1630. A propos d'un procès, on y énumère plusieurs tenues dans l'ordre suivant, qui est du reste très naturel : « Bourg, Sainte-Anne, Kergourgam .... ». Cette date nous a fait penser d'abord que la construction de la chapelle était assez récente, du moins qu'elle était postérieure à la manifestation de Sainte-Anne d'Auray. Mais d'autres recherches nous ont peu à peu obligé à reculer très loin l'origine de ce culte à Ploemeur. Aux archives paroissiales (Art. 18 des liasses concernant N.-D. de l'Armor), une baillée passée au profit de la chapelle par noble et discret missire Henry Lennes, recteur, et Guillaume Saeou, procureur syndic de Notre-Dame de l'Armor, livre à Yvon Botlan, demeurant au bourg « une pièce de terre chaulde de héritaige au sieur recteur Séau audit nom apartenant sittué et estant entre le villaige de Saint-Déron et la chapelle de Saincte Anne donnant... ». Cette baillée est du 11 mars 1616. Et il n'est pas spécifié que la chapelle soit neuve, ce qui n'eût pas manqué d'être fait, d'après le style du temps, s'il avait été question d'une construction récente. La chapelle n'était donc pas nouvelle en 1616. Deux baillées précédentes, de cette même pièce de terre, existent à la même liasse, l'une du 22 décembre 1539, l'autre du 8 janvier 1547, et, dans leur description, rien ne signale la chapelle. Une autre baillée du rentier de Notre-Dame de l'Armor de 1510, au folio 17 recto, doit se rapporter à la même terre, et elle ne parle pas davantage de la chapelle. Mais peut-on conclure de ce silence qu'elle n'était pas construite en 1547 ? Nullement, car la baillée qui suit celle de 1616, et qui est du 7 août 1639, n'en dit rien non plus, quoique la chapelle existât à cette époque ; celle du 16 octobre 1662, au contraire, en fait mention, car, au dos de l'acte on lit « entre Sainte-Anne et Saint-Déron ». Remontons encore plus haut : Aux archives du château du Ter, nous avons lu, dans un rentier de 1588, à l'article bourg de Ploemeur, « ...... 2° les enfants et héritiers de feu François Le Pippe pour la maison et tenue qu'ils tiennent à ... et que tenoit en son vivant Anne Séou aud. bourg en la rue Saincte-Anne pour paier par deniers XXVI s. et 1 mouton gras ... ». Le rentier de 1587 existe aussi, mais, à l'article bourg de Ploemeur, il n'est nullement question de la tenue ci-dessus. Du reste ce silence, comme nous l'avons vu plus haut, ne prouve rien. En 1539, on retrouve la mention de la chapelle : c'est dans un acte de vente de quelques droits sur « une maison ferrante devers le nort, au grand chemin qui maisne de l'esglise paroissial de Plœmeur à la chapelle Saincte-Anne » (20 février 1539) (Voir Archives du Morbihan, B 2763). C'est l'époque la plus reculée jusqu'où nous ayons pu constater l'existence de cette chapelle. Les « rentiers » de 1487 et de 1488 n'en parlent pas. A défaut de documents positifs sur l'origine de la chapelle de Sainte-Anne en Ploemeur, nous avons hasardé quelques hypothèses et cherché des preuves indirectes et morales. La première question, que nous ayons à nous poser, est de savoir quel était le possesseur du terrain sur lequel s'est élevée la construction du XVIème siècle. Nous avons vu, par les différents rentiers énumérés plus haut, qu'avant comme après l'existence de la chapelle, les dépendances de la seigneurie du Ter étaient considérables au bourg de Ploemeur, et qu'elles étaient situées principalement dans la rue Sainte-Anne et à Sainte-Anne même. La chapelle de Notre-Dame de l'Armor a, il est vrai, une maison et des terres tout auprès, mais ces pièces de terre sont connues. Le reste à l'issue du bourg, sur la route de Saint-Déron, appartient pendant au moins quatre siècles consécutifs, au seigneur du Ter. Un procès de 1548, dont le dossier se trouve parmi les archives du Ter, nous apprend que Louys du Ter s'était marié en 1528 à Jeanne de la Sauldraye, fille de feu Charles de la Sauldraye et de Béatrice du Fresnay. Louys était le neveu de Pierre du Ter, qui, n'ayant pas d'héritier direct, adopte celui-ci pour conserver et perpétuer l'antique nom de sa famille. Néanmoins Pierre vécut encore longtemps après l'adoption et le mariage de son neveu. En 1541, une « donation à la fabrique de Notre-Dame de l'Armor » fut faite par lui de pièces de terres au bourg de Ploemeur. Plusieurs témoins dans une enquête juridique de 1548 disent que Loys du Terre était marié depuis vingt ans... Sa vie se prolongea donc au moins jusqu'en 1548, nous ne savons exactement au milieu de quelles épreuves, mais toutefois les documents, malgré leur sécheresse, permettent d'en deviner quelques-unes. Il avait adopté un héritier afin de sauver son nom, menacé d'une disparition prochaine ; or, celui qu'il avait adopté et marié, Louys du Ter, paraissait à son tour devoir mourir sans enfants. Alors, suivant l'usage de la piété contemporaine, fit-il un voeu à la Sainte dont c'est la gracieuse prérogative de consoler les époux sans espérance et les familles sans héritiers Nous inclinons à le croire. Toujours est-il qu'une chapelle fut bâtie sur son domaine à cette époque, — vers 1528, croyons-nous, — en l'honneur de sainte Anne, et que Louys de Ter eut une fille qu'on appela Anne. Or le choix d'un tel nom, qu'on ne trouve nulle part dans la généalogie de la famille avant la naissance de cette enfant, a tout l'air d'avoir été un ex-voto destiné à perpétuer, avec la chapelle, le souvenir de cet événement. Anne du Ter épousa Jehan du Chef du Bois (forme francisée du breton Penhoet). Un aveu de 1578 nous fait voir que son père Louys du Terre venait de décéder en cette année ; la mort dut frapper à peu près en même temps son beau-père, Pierre de Chef du bois, puisqu'un aveu de 1584 à Louys de Rohan, sire de Guémené, fourni, par Jehan de Chef du bois et Anne du Ter, des seigneuries du Ter et de Bruslé, porte : « les pères des mariez décédés puis six ans ou environ ». Ces deux derniers meurent à leur tour avant 1597 ; parce que un acte de 1597 nous montre leur fils, Jehan de Chefdubois, présenter Jean Périou, à la chapellenie du Terre, à la place de Chefdubois ; et la particularité qui nous intéresse le plus est de savoir que Jehan est mineur ; son tuteur est Guillaume de Chefdubois. Ce qu'il y a encore de particulier dans la naissance d'Anne, c'est que l'enfant fut une fille unique. Voici les termes de l'aveu que Jehan de Chefdebois et Anne du Terre (ou Ter) fournissent à Louis de Rohan, sire de Guémené ... le 18 mars 1578 (nouveau style, 1579) ..... « Nobles gens Jehan de Chefdebois écuyer et Anne du Terre sa femme et compagne épouse, sieur et dame du Tymeur, de Rosgrand et Dutere, à présent résidant audit lieu Duterre, paroisse de Plemeur ......... les lieux, héritages et choses cy-après déclarés, à ladite damoiselle appartenant par cause du décès et succession de deffunt Louis Duterre, son père, en son temps sieur dudit lieu du Terre et de Rosgrand, et auquel elle est fille unique et seule héritière » ;

Nota 2 : La dévotion envers sainte Anne a eu de profondes racines dans la paroisse de Ploemeur. Nous allons en donner quelques preuves qui ont échappé à l'oubli. Un des plus célèbres dévots de sainte Anne, pèlerin de la première heure, et le premier évêque qui ait célébré la messe dans le champ du Bocenno, c'est messire Guillaume Le Prestre, évêque de Cornouailles. Une très ancienne liste de prêtres de Ploemeur, aujourd'hui disparue mais copiée par M. Livec curé de Ploemeur en 1830, le donne comme étant natif de Ploemeur. Quoi qu'il en soit de son origine, il est au moins certain qu'il y hérita de biens considérables par son père, qui était neveu de Jean Jégado, sgr du Faouët-Lézivy. En outre messire Guillaume Le Prestre avait de grandes attaches à Notre-Dame de Larmor par une fondation de sa famille. Voici d'autre part quelques extraits de testament, qui témoignent de la place que sainte Anne occupait dans la pensée des habitants de Ploemeur. Le 17 juillet 1633, un vieux prêtre messire Lucas Le Boullebar « gissant au lict, mallade au village de Kerhellofloch a recommandé son âme à Dieu, à la bienheureuse Vierge Marye, à madame saincte Anne sa mère... ». Le 16 août 1641, François Le Besque, de Kergroix : « aux chapelles de... et sainct Anne veult et ordonne ledit testateur qu'il soit donné à chaicune d'icelles un quart de minot de fourmant rouge messure riche ... ». On lit dans le testament de M. Guillaume Le Moing du 1er janvier 1654 : « Plus veult ledit testateur qu'il soit donnés de ses biens à la chappelle de Sainct-Anne près Auraye la somme de dix livres ». Missire Richard Ezvan, « prestre cy-devant recteur de Ploemeur », fait son testament le 1er novembre 1669 et on y lit : « premièrement a donné son âme à Dieu son créateur, et prie la saincte Vierge Marie Mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Madame saincte Anne, Monsieur sainct Richard et tous les saincts... etc. ». Au village de « Kerhoët » Ollivier Lomenech déclare dans son testament du 8 mai 1690 : « qu'il donnoit six livres à l'église paroisse de Ploëmeur, autant à Nostre-Dame de l'Armor, vingt sols à la chapelle de Saincte-Anne et dix sols aux autres chapelles de la paroisse ». Au même village de « Kerhouat », Jacques Calmar, le 23 mars 1721 dit : « Qu'on donne... à Nostre-Dame de Larmor trante sols et pareille somme de trante sols à Saincte-Anne et chacun dix sols aux autres chapelles de la dite paroisse de Pleumeur »

l'ancienne chapelle Saint-Mathurin (XIXème siècle), mentionnée en 1930. Il s'agit d'une construction rectangulaire du début du XIXème siècle renfermant quelques statues du XVIIème et XVIIIème siècles ;

l'ancienne chapelle de la Madeleine, aujourd'hui disparue. Cette chapelle existait encore à la fin du XVIIème siècle comme le prouvent divers actes de la paroisse de Ploemeur : ainsi, à la date du 8 avril 1668, il est fait mention, sur les registres des décès de cette paroisse, de l'inhumation de Pierre Le Meur, "cordier, dans l'église de la Magdeleine de Ploemeur". Voici ce que l'on raconte au sujet de cette chapelle : "Vers le XVème siècle, une horde de bohémiens, sortie on ne sait d'où, mais ayant vraisemblablement traversé l'Europe, se croyant sans doute parvenue à l'extrémité du monde, arrêta sa course vagabonde entre le Scorff et l'Ellé, sur le territoire du Prince, ou plus exactement, du Sire de Guémené, puisque le grand fief de ce nom ne fut érigé en principauté qu'en 1571. Ces étranges voyageurs, que chacun fuyait avec effroi, et que les populations anathématisaient en quelque sorte, en les classant avec les Lépreux, ces parias du moyen-âge, sous la dénomination commune de Cacous, sollicitèrent du Sire de Guémené, des terres pour y fixer définitivement leurs tentes, voulant demander au travail et à l'industrie, pour vivre, les ressources qu'ils n'avaient cherchées jusqu'alors, et de générations en générations peut-être, qu'au moyen de jongleries, de rapines et pis encore souvent. Ce seigneur, pratiquant l'hospitalité comme autrefois le comte Erech, accorda à ces bohémiens, non loin de Lannenec, une certaine portion de terres incultes, prise dans un vaste canton de terres vaines et vagues nommé Lande de Behoy, sur les confins des trois paroisses de Ploemeur, Lesbin et Guidel. Ces parias y fondèrent en effet un village qui prit le nom de Poullou-Riantec, lieu qui existe encore en la commune de Ploemeur sous le nom défiguré de Poullorio. Contraints de vivre entre eux, de se marier entre eux, comme les lépreux, ces nouveaux venus, dont les descendants ont été pendant plusieurs siècles poursuivis dans le pays sous le nom injurieux de Cacous, qui n'y est peut-être pas encore complètement éteint, ces nouveaux venus, disons-nous, chrétiens ou du moins convertis bientôt au christianisme, ne pouvant fréquenter les églises avec le commun des fidèles, se virent obligés d'élever à leurs frais un humble oratoire au milieu de leur village, oratoire qui fut placé sous la dédicace de sainte Madeleine, patrone ordinaire des léproseries" ;

l'ancienne abbaye de Lan-Ninnoc ou Lann-Nennock (abbaye de femmes), fondée au Vème siècle par sainte Ninnock, la fille du prince Broklan de Cambronesis Regione en Grande-Bretagne. Sainte Ninnock meurt à Ploemeur le 4 juin 467. Cette abbaye était située à Lannénec et était la première en Armorique. Il ne subsiste plus que la fontaine. Ce prieuré, dit de Lannenec, eut pour principale dotation la dîme à la 11e gerbe dans la frairie de son nom en Ploemeur et, de plus, la moitié environ de la dîme de Guidel, réduite plus tard au quart. Les possessions immédiates comprenaient : une chapelle dédiée à sainte Ninnoc, un cimetière, une maison prieurale, un jardin et autres dépendances, contenant 5 journaux, et une belle métairie d'une contenance de 15 journaux, sans compter plusieurs pièces de terre isolées. Le prieuré de Lannenec était simple, c'est-à-dire sans charge d'âmes ; néanmoins, le religieux qui y résidait rendait service au quartier, en y célébrant la messe, et au besoin en y enterrant les morts. Quand il dut rentrer à l'abbaye, il conserva le titre et les revenus du prieur ; mais au XVIème siècle, le bénéfice tomba en commende, et ne fut guère possédé désormais que par des prêtres séculiers jusqu'à la Révolution. Pendant les guerres du Protestantisme, le prieuré de Lannenec eut à payer, comme les autres bénéfices, des taxes écrasantes. Il fallut bientôt vendre une partie de la dotation : en 1573, la métairie et le parc du prieur furent adjugés à Louis Penerven pour 400 livres ; en 1577, plusieurs rentes furent aliénés pour la somme de 207 livres 16 sols. Heureusement ces biens furent rachetés plus tard. Le plus ancien prieur connu est le Fr. Jean Trevarre, qui donna en 1441 à Sainte-Croix de Quimperlé, un bas-relief représentant sainte Ninnoc et saint Jean-Baptiste, et qui fonda en 1443 une chapellenie dans l'église abbatiale. On trouve ensuite le Fr. Jean Prévost, prieur de Lannenec, qui bâtit une maison avec un jardin auprès du colombier de l'abbaye, et qui mourut le 2 mai 1479. Au XVIème siècle, de nombreux compétiteurs se disputèrent le bénéfice, et il est très difficile de discerner ceux qui avaient le bon droit pour eux. En 1657, René Sain, prieur de Lannenec, résigna son bénéfice, et fut remplacé par Mgr Louis Casset de Vautorte, évêque de Lectoure, puis de Vannes. Celui-ci fit aveu de son prieuré le 6 décembre 1663 et le 19 juin 1683, et mourut le 13 décembre 1687. Pierre Guillaume de la Vieuville, abbé commendataire de Saint-Maurice, obtint le prieuré de Lannenec après lui, et reçut 5 000 livres des héritiers de l'évêque, pour faire les réparations nécessaires à la chapelle et à la maison prieurale. Isidore Huart (pourvu en 16.., mort en 1694), André Scion, de Riez (pourvu en 1694), ..., Emile Lanté (pourvu en 17.., mort en 1765), Cardinal Frédéric Lanté (pourvu en 1765, démissionnaire en 1771), Antoine Lanté de la Rovère (pourvu en 1771, fait aveu en 1776 par l'intermédiaire du chapelain de Lannenec, et est dépouillé en 1791). La Révolution supprima d'abord les dîmes, puis aliéna les immeubles. Le 19 avril 1792, la chapelle, la maison, l'enclos, la métairie, ... furent adjugés à M. Dessaux, d'Hennebont, pour 6 100 livres. La chapelle fut démolie quelques temps après, pour faire oublier l'origine de la propriété (J. M. Le Mené) ;

Nota 3 : Les actes de Bretagne rapportent que, vers le milieu du Vème siècle, une princesse de Cambrie (aujourd'hui la Cambrie est, en Angleterre, le pays de Galles), suivie d'un grand nombre de ses compatriotes des deux sexes, chrétiens comme elle, émigra pour venir débarquer sur un point de la côte armoricaine qui prit le nom de Pull-Ilfin, et se trouvait situé dans les environs de Ploemeur. Cette princesse, nommée Guengustle, aussitôt débarquée, députa quelques-uns de ses notables de la troupe vers le chef du pays, nommé Erech ou Guerech, et en obtint non-seulement la permission de s'établir sus ses domaines, mais encore la concession pour elle et pour les siens d'un vaste canton alors désert, situé dans le pays de Ploemeur, in plebe quoe dicitur Pluemur, sur les bords de la mer, au sud des possessions d'Erech, ad australem plagam juxta mare : ce qui permet de supposer que le Pull-Ilfin de 450 pourrait fort bien être le Pouldu actuel, à l'embouchure de la rivière de Quimperlé. Dans le nombre de ces chrétiens gallois, les uns se dispersèrent par l'Armorique pour y prêcher l'évangile ; d'autres plus nombreux demeurant sur les lieux concédés par Erech, élevèrent une chapelle et un monastère où Ninnoc se retira avec plusieurs bonnes filles, et ils se fixèrent aux environs de cette chapelle et de ce monastère. Tel est le résumé de la vie de sainte Ninnoc. Dans le recueil de la Vie des Saints de Bretagne, du Père Albert Le Grand, il est dit : "Le susdict prince Erekh estant un jour allé à la chasse, poursuivit si vivement un cerf ès environs du monastère de saincte Ninnok, qu'il fut contraint de se sauver dans son église, et, entrant de course dans le choeur où elle assistoit au divin service, se jetta à ses pieds demi-mort de lassitude : les chiens le suivoient de fort près, mais estans arrivez à un petit ruisseau qui est au-devant de l'église de saincte Ninnok, ils s'arrestèrent tout court, sans passer plus avant ; le Comte y arrive incontinant, et, estonné de voir sa meutte abboyer extraordinairement et ne vouloir passer outre, descend de cheval, et, accompaigné de ses gens, entre dans l'église, où il trouva Saincte Nennok, accompaignée de ses filles, et de l'autre costé du choeur Gurlehentelius (son oncle et son parrain) et ses religieux qui chantoient l'Office divin ; mais ce qui l'estonna fut de voir le cerf qu'il poursuivoit couché aux pieds de la Saincte, comme en un asile asseuré, se mocquer des vains efforts des chasseurs et des chiens. Il la salua, et toute sa vénérable compaignie, et ayant congedié ses domestiques, demeura huict jours entiers en ce lieu, conférant souvent avec la saincte, à laquelle il donna plusieurs belles terres et revenuz pour l'accomodation de son monastère, laquelle donaison il fit ratifier par le Métropolitain et autres Evesques de Bretaigne, et par ses frères Michel, comte de Rennes, et Budic, comte de Cornouailles et autres seigneurs en une assemblée tenue à cet effet, de laquelle donaison il fit faire des lettres et chartres authentiques, lesquelles il mit sur l'autel avec un calice et patene d'or plein de vin. Voici l'acte de donaison, qui est datté de l'an 458 : au nom de la Saincte et individuë Trinité, et de la très heureuse Vierge Marie, et par la vertu de la Saincte Croix, je Guerek par la grâce de Dieu, duc de la petite Bretaigne, en présence des évesques, comtes et principaux seigneurs de Bretaigne, donne et octroye de mon propre héritaige à la Saincte Vierge et Servante de Dieu Nennok et à ses successeurs, afin qu'elle aye mémoire de prier pour les âmes, et de ceux de ma race qui doivent succéder et pour l'Estat de mon Royaume, le lieu qui de son nom s'appelle Landt-Nennok, et toutes la paroisse (totam plebem) qui s'appelle Plouemeur, avec toutes ses terres cultivées ou non cultivées ...". 

l'ancien prieuré de Saint-Michel des Montagnes, aujourd'hui disparu. Le quartier des Montagnes, formant le prieuré, comprenait en 1120 huit villages, à savoir : Caer-an-Croés (appelé plus tard Kergrois), Caer-Riguallon (appelé aujourd'hui Kerrivalan), Caer-Haeliou (appelé Kerhiliou), Caer-Guen-Munuc (appelé Kervenanec), Caer-Conhoarn (appelé Kerdiret), Caer-Crulit (appelé Quilizoy), Caer-Cuelen (appelé Kerguélen), An-Worhic (appelé Bourhic). Dans un aveu de 1636, on rencontre encore tous ces villages. Le prieuré de Saint-Michel fut tenu par des religieux de Quimperlé jusque vers la fin du XVème siècle. Le dernier titulaire fut le Fr. Olivier de Bouteville, qui mourut le 13 avril 1489. Son successeur fut Guy du Quirissec, archidiacre et chanoine de Vannes, qui donna 200 livres pour fonder deux anniversaires, et qui mourut le 22 mars 1515 (N. S.). Guy de Quirisec fut le premier prieur commendataire de Saint-Michel. Il est probable que les prieurs suivant furent également des prêtres séculiers. Ce bénéfice fut conféré à René Bégault vers 1560, à Jean Fabri en 1565, à Pierre Savary en 1566, à Bernard Gazet en 1570, et à Christophe de Carné vers 1575. C'est du temps de ces prieurs qu'arrivèrent les taxes ruineuses. Pour les payer, il fallut aliéner en 1560 la moitié du village de Kerrivalan ; en 1569, trois tenues de Kergrois, et en 1577, une tenue de Kermélo. Les prieurs suivants furent : Jean Guidel, de Quimper (pourvu en 1579, démissionnaire en 1591), Jean Gaing, de Quimper (pourvu en 1591, et contesté), François Helyas (pourvu en 1..., démissionnaire en 1613). Le 9 décembre 1613, les religieux de Sainte-Croix de Quimperlé consentirent à l'union du prieuré de Saint-Michel des Montagnes au collège de l'Oratoire de Nantes, moyennant une rente foncière de 50 livres par an : "Le 9 décembre 1613, les religieux de Sainte-Croix consentirent à l'union du prieuré de Saint-Michel-des-Montagnes au collége des Prestres de l'Oratoire de Nantes, à la charge de payer cinquante livres de pension au monastère à chaque feste de Nostre Seigneur Jésus-Christ en Janvier" (D. Le Duc). A cette époque (1613), Sainte-Croix avait pour abbé commendataire l'évêque de Paris, François-Henri de Gondy, et le prieur commendataire de Saint-Michel-des-Montagnes était l'évêque de Nantes, Charles de Bourgneuf : tous deux protégèrent la congrégation des Pères de l'Oratoire à sa naissance, et ce fut à l'instigation de Charles de Bourgneuf que ces ecclésiastiques fondèrent à Nantes un collége qui ne tarda pas à devenir célèbre. Cette union fut sanctionnée par une bulle du 8 avril 1615. A partir de ce moment jusqu'en 1790, les Oratoriens, comme les Bénédictins de Quimperlé, firent administrer le spirituel et le temporel de leur prieuré par des fermiers, des chapelains et des vicaires perpétuels. Les nouveaux maîtres firent un aveu au roi le 26 janvier 1636. Ils reconnurent tenir de lui l'île et la chapelle de Saint-Michel contenant 6 journaux ; le domaine des Montagnes avec la chapelle de Saint-Christophe, la maison prieurale, le pourpris et la métairie, contenant 22 journaux ; de plus, les fonds des tenues de Kergrois, Kerollé, Kerrivalan, Kermélo, Kervenanec, Kerdiret, Quilizoy, Kerblaisy, Kerhiliou, Kerguelen et Bourhic, contenant près de 700 journaux. Pour les dîmes, ils reconnurent avoir le droit de les lever non seulement sur leurs tenues, mais encore sur les prairies du Damany, de Locunolé et de Keranhoet en Ploemeur ; en outre, sur les frairies du bourg de Guidel, de Saint-Laurent, de la Madeleine et de Kerlois, et sur quelques terres isolées en Guidel et en l'île de Groix. Pour les autres droits, ils reconnurent "le debvoir du port et havre du Blavet, le droit de prélever sur chaque navire ou chatte, portant neuf pipes de vin, 4 pots de vin d'entrée ; et sur chaque chatte chargée de sel, un minot ; ... avec tous les autres droits, rentes et debvoirs féodaux et seigneuriaux et autres, qui sont et appartiennent au dit prieuré, le tout en fief amorty, à debvoir de prières et oraisons.." (Vannes - Prieurés). Le 13 décembre 1792, le manoir et le pourpris des Montagnes furent vendus à J. Puchelberg, de Lorient, pour 30 300 livres. Le 17 janvier suivant, le moulin des Montagnes fut cédé au même pour 3 750 livres. Les fonds des tenues ne furent mis en vente qu'en 1798, et ils furent presque tous acquis par les édificiers qui les occupaient. L'île de Saint-Michel, restée entre les mains de l'Etat, a été convertie en lazaret, et enfin en poudrière (J. M. Le Mené) ; 

Nota 4 : La congrégation des Pères de l'Oratoire de Jésus est fondée à Paris, le 11 novembre 1611, par Claude de Bérulle, qui plus tard devint cardinal. Autorisée par lettres-patentes royales le 2 janvier suivant, et approuvée par le Souverain Pontife en 1613, cette congrégation, honorée du titre de fondation royale, eut, dès son apparition, la faveur de la Cour et l'appui du clergé de Paris, qui avait à sa tête François-Henri de Gondy. Les Pères de l'Oratoire de Jésus, communément appelés Oratoriens, se reconnaissaient et se plaçaient sous la dépendance immédiate des évêques dans le diocèse desquels ils avaient leur établissement "ne travaillant que par eux, que sous eux et pour eux". Bien plus, dans les paroisses ils se soumettaient à l'autorité hiérarchique des curés, "administrant les Sacrements par leur autorité expresse et non autrement, comme les chapelains de leurs paroisses". Une telle règle, une pareille soumission, qui les distinguaient de la plupart des autres ordres religieux, ne pouvaient manquer de procurer à ceux qui les pratiquaient l'accueil bienveillant du clergé séculier : c'est ce qui arriva. De tous côtés, les Pères de l'Oratoire furent appelés, sollicités, et le nombre de leurs maisons s'accrut tellement que, moins d'un siècle après sa fondation, leur ordre comprit quatre-vingts succursales, dont soixante-deux en France. A noter que l'on confond quelquefois cette congrégation avec une autre du même nom fondée à Rome, en 1575, par saint Philippe de Néri, et qui comptait l'illustre cardinal Baronius au nombre de ses généraux.

Nota 5 : L'un des premiers fermiers du prieuré de Saint-Michel, sous les Oratoriens, fut noble homme Nicolas Riou, sieur du Roz, petit-fil vraisemblablement de Pierre Riou, l'acquéreur de la terre de Kermelo (ou Kmélo) en 1577; Nicolas Riou, sieur du Roz, Guillaume Riou, sieur du Plessix, et Jérôme Riou, sieur de Launay, étaient enfants de Jacques Riou, sieur de Lomaria, fermier du domaine de Roz dans la juridiction d'Hennebont, et de Marie de Kermorial (ou Kmorial). Le sieur de Lomaria avait un frère, Jean Riou, sieur de Kermélo, vivant en 1625, dont la femme se nommait Françoise du Quermeur. Durant le bail de Nicolas Riou, deux malheureux événements fondirent coup sur coup sur le prieuré. Au mois de février 1638, un incendie dévore la maison des Montagnes, et, moins de trois ans après, le chapelain, dom Jacques Grandin, se rendant à la chapelle de l'île Saint-Michel, tombe dans le chemin, frappé d'un coup d'arquebuse. La rumeur publique signala deux actes de vengeance, et Nicolas Riou fut fortement soupçonné d'en être l'auteur, mais les preuves manquèrent pour confirmer les soupçons, et Riou cessa d'être inquiété. Les Oratoriens vendirent ensuite à Nicolas Riou les édifices du prieuré, et lui consentirent la baillée de leurs droits fonciers : en un mot, ils convertirent le prieuré de Saint-Michel-des-Montagnes en domaine congéable. Les actes sont du 27 septembre 1649. Dans l'opinion des Pères de l'Oratoire, une paix durable, une paix avantageuse même, allait désormais régner sur leur prieuré : plus d'inquiétudes pour l'entretien et les réparations de leurs chapelles et de leur maison des Montagnes, Riou en étant chargé. Plus de chapelains à entretenir, un prêtre de la paroisse se chargerait de desservir les deux chapelles de Saint-Christophe et de Saint-Michel, les seules qui restassent debout, et Riou venait de contracter l'obligation de rétribuer cet ecclésiastique. Tout allait donc être pour le mieux, et pour le sieur du Roz et pour les Oratoriens. Mais dès 1649, le fermier des biens du prieuré se mit à dévaster la propriété, coupa les arbres, démolit les chapelles de Saint-Nicolas, de Saint-Gabriel et de Notre-Dame de Plascaër, dépendantes du bénéfice, et en employa les matériaux à la construction d'une écurie au Plessix en Caudan ("En effet, à peine les actes de 1649 sont-ils signés que Nicolas Riou, n'ayant plus d'entraves, plus de témoin qui gêne, s'abat sur le prieuré comme un vautour sur une proie. Avenues, bois de haute futaie et de décoration, tout est rasé, tout est vendu. Des pans de murailles des chapelles de Notre-Dame du Plascaër, Saint-Gabriel et Saint-Nicolas restaient encore debout, il les fait abattre. C'est un moulin, le moulin à vent des Montagnes, qu'il élève avec les ruines de Saint-Nicolas ; quant à celles de Notre-Dame du Plascaër et de Saint-Gabriel, il les fait transporter par bateaux au manoir du Plessix, en Caudan, pour y construire des écuries. La chapelle Saint-Michel, dans laquelle on ne célébrait plus les offices depuis 1645, tant elle était délabrée, voit murer ses ouvertures en 1650, pour éviter les profanations intérieures, et quant à la maison du prieur, jardin, colombier, murs et clôtures, tout est abandonné, tout tombe en ruines : le désordre et la dévastation sont au comble !"). Les malheureux Pères de l'Oratoire sont prévenus de ce qui se passe, ils n'ignorent rien, et cependant ils hésitent à y mettre un terme. C'est que la famille Riou est puissante dans le pays par le nombre, les alliances et la fortune. Mais, enfin, las des déprédations de Riou, perdant patience, poussés à bout, les Oratoriens formèrent contre lui, devant la juridiction royale d'Hennebont, une demande de résiliation des contrats de 1649 et de dix mille livres de dommages et intérêts pour le préjudice qui leur avait été causé. Commencé en 1652, le procès durait encore dix-huit ans après. Le 7 mars 1671, on procédait à une enquête. Riou fut condamné par sentence de la juridiction d'Hennebont, du 29 août 1671, à leur payer quatre mille livres de dommages et intérêts pour dégâts et dégradations commis sur le prieuré de Saint-Michel-des-Montagnes, et les malheureux contrats de 1649 furent résiliés. Les pères de l'Oratoire triomphaient, mais les vieilles chapelles de Saint-Nicolas, Saint-Gabriel, Notre-Dame du Plascaër et le beau calvaire du prieuré ("la croix du Prieur, qui avait sept à huit marches en carré, et le baston d'environ douze pieds de hauteur, laquelle croix avoit esté ruinée pendant les guerres") se relevèrent jamais de leurs ruines. Les Oratoriens n'abandonnèrent cependant jamais le projet de reconstruire la chapelle Saint-Nicolas : en effet, dans un bail du prieuré consenti, le 28 juin 1765, à François Clément Audouyn, sieur de Villéon, on lit : "Entretiendront lesdits sieur et dame preneurs la maison principale (des Montagnes) et la chapelle y joignante (chapelle Saint-Christophe) et celle de Saint-Nicolas lorsqu'elle sera rebâtie ...". Bientôt la Révolution confisqua tout, supprima les dîmes et vendit les immeubles. 

la croix de Saint-Déron (moyen âge) ;

la croix de Kerduelli ;

les quatre croix de Port-Foll (sculptées à même la roche). Ces croix sont sculptées à même la roche ;

la croix de Kerantonel (1616) ;

le château du Ter (XVIIème siècle). Siège de la seigneurie du Ter ou du Terre ou du Tertre, appartenant à Louis Le Terre en 1448. Propriété successive des familles Le Gouvello (au XVIIème siècle), Léziard (au XVIIIème siècle), La Pierre, sieur de Talhouët (en 1745), Dubois de La Rongère (en 1758 et jusqu'en 1783). Le château a remplacé un ancien manoir et possédait autrefois une chapelle privée ;

le château de Soye (XVIIème siècle). Le château actuel a été édifié par Esnoul des Châtelets en 1786. Puis il devient successivement la propriété de Claude-Henry Dupuy de Lôme (en 1837), M. Terrier de Laistre (en 1842), Louis Charles de Solminihac (en 1874). Il appartient à la ville de Lorient depuis 1925 ;

le presbytère (XVème siècle), reconstruit en 1700 et terminé en 1778. Une rénovation complète du bâtiment est réalisée en 1975. L'édifice abrite aujourd'hui les archives et la médiathèque ;

le manoir de Penhoat ou Penhoët (XVème siècle). Ce lieu est qualifié d'hôtel au XVème siècle et de manoir en 1536. Siège d'une ancienne seigneurie appartenant au XIVème siècle à la famille Penhoët ou Penencoët de Ploemeur. Au XVème siècle cette famille prend le nom de Chefdubois (ou Chef-du-Bois). Il devient ensuite la propriété successive des familles Jehan de Talhouët (seigneur de Kéravéon), Caignart de Brangolo et Léziard ;

le manoir de Kerihuer (XVIIème siècle). Sa façade comporte un blason surplombant la porte d'entrée ;

le manoir de Kervergan (ou Kervergant), propriété successive de Guillaume Le Prestre de Lézonnet (évêque de Quimper de 1614 à 1640), du général Jean Raymond Charles, comte de Bourke (au XIXème siècle) et de Raymond de Raime ;

l'ancien manoir de Coëtbenoc ou de Quoit-Benoist, aujourd'hui disparu, propriété de la famille Vendosme (ou Vendôme) puis de Charles de Rohan-Guémené, fils du vicomte Jean Ier de Rohan. Un acte de vente, signé le 2 février 1382 entre Jean de Vendosme et Charles, fils du vicomte Jean Ier de Rohan et de sa seconde épouse, Jeanne de Navarre, stipule la cession à Charles de Rohan-Guémené du "manoir de Quoit-Benoist avec les bois et appartenances en la paroisse de Plemer..." ;

l'ancien manoir de Brézent. Siège de la seigneurie de Brezent, encore surnommée Brezent-Goudallou, Bresant, Brenezen ou Bruzent. Propriété successive des familles Jourdan (en 1446), Des Portes (au XVIème siècle), La Couldraye (au XVIIème siècle). Il possédait autrefois une chapelle privée dédiée à Saint-Quintin ;

la ferme de Kerduellic (XVI-XVIIème siècle). La fenêtre, très ouvragée, date du XVIème siècle. La porte en anse de panier, comme la fenêtre de l'édifice est ornée d'un linteau droit mouluré portant une date ;

le lavoir de Poul-Pen-Sah. Ce lavoir municipal est composé de deux grands bassins alimentés par la "fontaine des lavoirs" de Ploemeur ;

la maison de pêcheur (XVIIIème siècle), située route de Keloès-Kerroc'h ;

les moulins à vent de Guillec, du Iter, Neuf et Vieux d'Enhaut, de Kerantonel, de Kerduellic, de Briantel, et les moulins à eau de Kervegant, de Kervinio, des Montagnes, de Larmor ;

A signaler aussi :

le dolmen de Cruguellic (époque néolithique) ;

le fort du Talut (1745). Ce fort est construit pour organiser la défense de la rade de Port-Louis ;

le Fort Bloqué ou Fort de Keragan (1748-1749). Il se trouve à proximité du lieu de débarquement des Anglais en 1746. Il se compose d'une batterie rasante semi-circulaire. Il est complété en 1848 par un corps de garde. Il est vendu en 1967 en tant qu'ouvrage militaire déclassé et rénové dans les années 1970 ;

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ANCIENNE NOBLESSE de PLOEMEUR

Au point de vue féodal, Ploemeur faisait partie de la grande seigneurie d'Hennebont ou de Kémenet-Héboé, et après le partage de ce fief, il dépendit de la seigneurie de la Roche-Moysan, appartenant aux sires de Guémené. Ceux-ci transférèrent, en 1482, leur juridiction de la Roche-Moysan à Tréfaven, en Plœmeur.

Les seigneuries particulières de la paroisse étaient :

1° Brenzent, aux Brenzent, puis La Couldraye.

2° Briantec, au sud du bourg.

3° Divit, au nord-est.

4° Faouédic : voir son article à Lorient.

5° Hanvot, au nord-ouest, aux La Couldraye.

6° Keraud.

7° Kerbernès, à l'est.

8° Kerdroual, au sud-est.

9° Kergazer, à J. de Bénerven, sieur de Kerguénel.

10° Kergohel, à l'ouest.

11° Kerguélen, au sud-est.

12° Kerguénel, à J. de Bénerven.

13° Kerihuér, vers le nord.

14° Kerivily, au nord-ouest, à la famille Jubin.

15° Kerloès, vers le sud.

16° Kerloret, aux Puillon, puis Aumout.

17° Kerlutu.

18° Kermadehoy, aux Le Floch, Jégado et Bahuno.

19° Kermélo, vers l'est, aux Riou.

20° Kermorzeven.

21° Keroman, à l'est, aux Eudo.

22° Kerouran, à l'ouest, aux Jubin de Kerivily.

23° Kerrest, à L. de Bénerven.

24° Pénesclus, au nord-est.

25. Penhoat, an nord-ouest, aux Chefdubois.

26° Saint-Déron, auprès du bourg.

27° Saint-Maudé.

28° Saint-Uhel, sur le bord du Scorff, près de Tréfaven.

29° Le Ter, à l'est, aux Gouvello, Léziart.

(de J-M. Le Mené).

La terre noble des Montagnes qui a donné son nom au prieuré de Saint-Michel et formait la plus grande partie de son domaine, se composait au XIème siècle de huit villages de la paroisse de Ploemeur, nommés selon le Cartulaire de Sainte-Croix : Kerancroës, Kerrigualon, Kerhaëlion, Kerguenmunnuc, Kerconhouarn, Kercruth, Kercuelen, Anunhorhic. Une note des archives de la principauté de Guémené, de 1750, nous fournit l'état de la terre des Montagnes à cette époque. La voici textuellement : "- Le village de Kerdiret (contenant trois tenues). - Le village de Kerrivalan. - Le village de Kersollay ou Kerollay. - Le village de Kergroix (de 35 journaux, dont la moitié engagée lors des aliénations ecclésiastiques et sur laquelle il ne se paye que la dixme). - Le village de Kersilliou ou Keriliou (de 80 journaux). - Deux pièces de terre chaude au village de Kerambrey, à domaine congéable. - Le village du Bourhic. - Une pièce de terre proche du village de Kergallen ou Kerguellen. - le village de Kerguller (de 100 journaux). - Le village de Kerblaisy (de 30 journaux). - Le village de Kervennannec (de 60 journaux). - La maison de Kermelo et le village en dépendant, aliénés à M. Pierre Riou, en 1577, avec plusieurs chefsrentes dues sur ledit village de Kermélo, vendus à la charge de raquis. - Au village de Quilisoye, une pièce de terre de 14 journaux, nommée Penestère, à domaine congéable. - Ledit village de Quilisoye (de 70 journaux). - Le Village de Kerlederne. - Le village de Lomenair. - Le village de Kerlaret". Au XIème siècle, nous avons dit, il y avait huit villages sur la terre des Montagnes. En 1750, les dépendances de cette terre comprenaient seize villages. 

A la réformation de 1427, on comptabilise la présence de plusieurs nobles de Ploemeur : Allain Paubleiz (Tremelhec), Jehan Le Moign (Lanénec), Eon Nan (Hauvot), Chefdubois (Penencoet), Jehan Gourdalou (Brenzent), Geffroy Conan (Kergohel), Guillaume Thomelin (Kerlin-Sachoy), Allain Lehen (Laudé). On signale aussi les manoirs du Faouët Lisivy (propriété d'Henry de Lisivy), de Treizfaven (ou Tréfaven, propriété du vicomte de Rohan) et le manoir de Keroman (ou Kerronan, où demeure Yvon Gauvain) appartenant au fief de Léon.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464, on comptabilise la présence de 15 nobles de Ploemeur :

Guillaume JOURDAN (40 livres de revenu), remplacé par Henry Jubin : porteur d'un paltoc, d'une salade (casque) et d'harnois de jambes, comparaît armé d'une vouge ;

Geffroy CONNAN (10 livres de revenu) : porteur d'un paltoc et d'une salade (casque), comparaît armé d'une javeline ;

Jehan POHAIR (20 livres de revenu) : défaillant ;

Louis, fils de Charles KERROUSAU (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'une jusarme ;

Les héritiers Jehan COETNATOUR (10 livres de revenu) ;

Geffroy THOMELIN (60 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan de KERHUEZRE : porteur d'une brigandine , d'une salade (casque) et d'harnois de jambes, comparaît armé d'un arc ;

Ollivier LODIC, pauvre : défaillant ;

Jehan de ROSMADEC (800 livres de revenu) : comparaît en homme d'armes ;

Allain JUBIN (40 livres de revenu) porteur d'un paltoc et d'une salade (casque), comparaît en archer et armé d'un arc et d'une épée ;

Allain du QUELLENEC (60 livres de revenu), remplacé par son frère Martin : porteur d'une brigandine, d'une salade (casque) et d'harnois de jambes, comparaît armé d'une jusarme et d'une épée ;

Jacob DES PORTES (20 livres de revenu) : défaillant ;

Hervé JOURDAN (60 livres de revenu) : porteur d'une salade (casque) et d'harnois de jambes, comparaît armé d'une épée ;

Richart de KERHUSSOC (10 livres de revenu) : porteur d'un paltoc et d'une salade (casque), comparaît armé d'une jusarme et d'une épée ;

Louis du VICQUE (100 livres de revenu), remplacé par Allain Thomelin : comparaît en homme d'armes ;

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence de 27 nobles de Ploemeur :

Jehan de ROSMADEC (300 livres de revenu) : comparaît en homme d'armes ;

Louis du TERRE (40 livres de revenu) : comparaît en homme d'armes ;

Nicolas CONGNAN, décédé (10 livres de revenu), remplacé par Guillaume Keruhezer : porteur d'un paltoc, comparaît armé d'une vouge ;

Jehan de QUELENEC (20 livres de revenu) : comparaît en archer ;

Jehan KERREZRE, mineur (400 livres de revenu), remplacé par Yvon Kernerault : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Les héritiers Jehan POHER (12 livres de revenu) ;

Thebaud JOURDAN (400 livres de revenu), remplacé par son fils Jehan : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Richard de KERUHEZER, décédé (10 livres de revenu) ;

Louis DES PORTES (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Guillaume ADAM (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Hervé CONGNAN (15 livres de revenu), remplacé par son fils Jehan : porteur d'un paltoc, comparaît en archer ;

Guillaume LE POGELAT (25 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan de KERLAN (20 livres de revenu) : défaillant ;

Hervé PERROT : comparaît en archer ;

Nicolas LE TRESLER (20 livres de revenu) ;

Guillaume PAUBLEIZ (30 livres de revenu) : défaillant ;

Yvon GESTIN (100 soulz) : défaillant ;

Jehan LE GAL (400 livres de revenu) : défaillant ;

Pierre VIVEN (20 livres de revenu) ;

Jehan LODIC : défaillant ;

Jehan FALGUERHO (6 livres de revenu) : défaillant ;

Les héritiers Jehan COETUATOUR (100 soulz) : défaillants ;

Allain JUBIN (15 livres de revenu) : porteur d'une brigandine ;

Guillaume PERROT (10 livres de revenu) : porteur d'un paltoc, comparaît armé d'une vouge ;

Guillaume LE GOHIR : défaillant ;

Jehan LE PLAIN (12 livres de revenu) : porteur d'un paltoc, comparaît armé d'une vouge ;

Jehan FOURNIER pour les héritiers Nicolas Congnan : comparaît armé d'une vouge ;

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