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PLANGUENOUAL

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La commune de Planguenoual (pucenoire.gif (870 octets) Plangonwal) fait partie du canton de Pléneuf-Val-André. Planguenoual dépend de l'arrondissement de Saint-Brieuc, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLANGUENOUAL

Planguenoual vient du breton « ploe » (paroisse) et de saint Denoual ou de saint Conval (VIème siècle). Saint Conval serait devenu prêtre après avoir été formé par saint Maelgur, dans son monastère de Plougrescant

Planguenoual est une ancienne paroisse primitive qui englobait jadis, outre le territoire actuel de Planguenoual, ceux d'Andel, de Morieux et de Saint-Aaron (aujourd'hui en Lamballe). Il existe aux XIème et XIIème siècles une famille chevaleresque appelée de Planguenoual : miles quidam nomine Budiocus, filius Alvei de Plogonoio (en 1095) et Olivarius de Plogonoit (Mor., Pr. I, 485, 647). On lit dans le "Livre des Osts" : La terre au viconte de Pomerit a Ploengonual (en 1294).

L’église de Planguenoual (Plogonoal) est mentionnée dès 1138 (lors d'une donation) et la paroisse (Plogoneal) dès 1215, dans les chartes de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes (Anc. év. I et III, 333 et 340). En 1131 ou 1138, Jacques, évêque de Saint-Brieuc, donne l'église de Planguenoual à l'abbaye de Saint-Melaine de Rennes. Depuis cette époque et jusqu'en 1789, la cure a eu le titre de prieuré. Elle était à la présence de l'évêque. Une ancienne léproserie est signalée au village de La Corderie.

La forme actuelle de Planguenoual apparaît dès 1612. Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Planguenoual appartient au diocèse de Saint-Brieuc. Elle avait pour subdélégation Lamballe et pour ressort Rennes. Planguenoual élit sa première municipalité au début de 1790. La commune de Planguenoual remplace Andel comme chef-lieu de canton dès 1791, semble-t-il, et jusqu'en 1801, et devient le chef-lieu d'une municipalité cantonale sous le régime de la constitution de l'An III, de 1795 à 1799.

On rencontre les appellations suivantes : Eccl. Beati Petri de Plogonoal, Plogoneal (en 1138), Plegonal (en 1144), Ploecongual (en 1152), Plogonoal (en 1155-1161), Ploguenoal (en 1202), Plogoneal (en 1208), Par. de Plogoneal (en 1215), Plogonoal (en 1225), Ploguenoal (en 1248), Ploguenoual (en 1290), Ploengonual (en 1294), Plangonoal (vers 1330), Planguenoual (en 1420, en 1477, en 1622), Plangenoual (en 1427), Plangonoual (en 1480), Planguenoal (en 1536)

Note 1 : Epoque celtique : Non loin de l'ancien manoir du Prédéro et dans la direction du populeux village de la Cotentin, existait, il y a quarante ans, une roche aux fées ou allée couverte assez importante. Sapée et détruite, peu à peu, par les différents possesseurs du champ sur lequel elle se trouvait, il n'en restait plus en 1867 que deux ou trois pierres dont il était difficile de deviner l'appropriation primitive. A cette époque, de Chalus, qui consacre tous ses loisirs à introduire dans la commune de Planguenoual les meilleurs procédés de culture, en étant devenu propriétaire, se décida, pour améliorer son champ, à faire enlever ces roches qui gênaient le passage de la charrue. Les ouvriers employés à cette besogne eurent bientôt débité les blocs qui encombraient les sillons ; mais lorsque tous les débris furent enlevés, ils remarquèrent que ces pierres recouvraient un sol qui avait été remué autrefois. Bientôt, en le fouillant un peu , ils distinguèrent de nombreux fragments de charbons mêlés à une certaine quantité de cendres ; puis continuant à remuer ces débris, ils rencontrèrent trois lames de silex, taillées par éclats, qu'ils s'empressèrent de porter à M. de Chalus ; malheureusement l'une d'elles était brisée. Ces silex, d'une nature complètement inconnue en Bretagne et qui n'ont d'analogie qu'avec les silex si connus aujourd'hui du Grand Pressigny, en Touraine, offrent, par leurs dimensions, (0,30 cm. de long, sur 0,03 cm. de large au milieu), un intérêt véritable. Ils viennent affirmer certains usages celtiques qu'on avait déjà constatés sous d'autres dolmens dans quelques communes du voisinage ; notamment au Chêne-hut, en saint Aaron, et à la lande du Gras, en Meslin. (Note : On nous a signalé, non loin de Vauvert, en Planguenoual, les débris d'une allée couverte ; nous n'avons pu nous assurer de leur existence). Outre la période dite : l'âge de pierres, celle qui l'a suivie dite : l'âge du bronze, a été également représentée à Planguenoual. Nous avons vu dans la collection de M. Cornillet, décédé à Lamballe, un certain nombre de haches ou coins de bronze, à douille carrée qui avaient été trouvés dans cette commune prés du village et de la métairie du Content, au mois de Mars 1834, deux de ces coins ont été déposés au Musée de Saint-Brieuc. Epoque romaine : Il est impossible de fouler le Chemin ferré qui traverse la commune de l'est à l'ouest, sans se rappeler la conquête et la domination romaine, qui opprima, on peut le dire, notre pays pendant les quatre premiers siècles de notre ère. Quelques fragments de cette voie antique, qui avait donné son nom à un ancien manoir de la paroisse et qui reliait l'oppidum de Carhaix avec le castrum d'Alet (Saint-Servan), existaient encore vers le milieu du XIXème siècle ; aujourd'hui tous ces débris ont disparu. Non loin du bourg et sur le bord de la voie, à la Ville Hervé, on découvrit en 1865, lors du défrichement d'une lande, des amas de charbons et de scories. Là existait, selon toute apparence, une de ces fenaria ou forges en plein air qu'on rencontre souvent à proximité des anciens passages ; des pierres calcinées, mêlées à des cendres, se trouvaient également entassées près de ces débris. — Quant aux substructions très étendues qu'on découvre au village de Treutran et aux environs et qu'on suppose d'origine romaine, nous ne saurions, après examen, leur donner ce caractère ; elles appartiennent, ainsi que les nombreuses pierres recueillies dans les champs et entassées le long de plusieurs chemins, à des constructions beaucoup plus modernes, mais qui ont dû être considérables. La tradition prétend qu'une ville, dont on ne dit pas le nom, mais dont on cite la population (10,000 âmes) a existé en cet endroit. — Des tuiles à crochet et des débris de ciment trouvés dans le voisinage indiquent toutefois d'anciennes constructions gallo-romaines (J. Gaultier du Mottay - 1869).

Note 2 : Les documents qui concernent Planguenoual antérieurement au treizième siècle sont assez rares, mais ils suffisent pour nous donner une notion très exacte de la situation de la paroisse, vers l'an 1130. Au temporel, Planguenoual dépendait alors ou du moins relevait en haute justice du comté de Penthièvre qui n'y possédait guère que des droits honorifiques. — La juridiction supérieure qui arrivait ensuite et dont les officiers siégeaient au Chemin-chaussée était celle de la Hunaudaye, dite aussi de Châteaubriand, du nom des maîtres de cette dernière seigneurie. Toutefois ses possessions étaient assez limitées, bien que le seigneur de la Hunaudaye eût le titre de fondateur de l'église et certains droits souverains, tels que ceux d'épaves maritimes, de poissons royaux, etc. — En proche-fief de cette deuxième seigneurie, arrivait une autre juridiction dite : Vicomté de Saint-Denoual en Planguenoual, dont les revenus étaient beaucoup plus considérables que celle de la Hunaudaye ; enfin un grand nombre d'arrière-fiefs ou maisons nobles relevant tantôt de Penthièvre, tantôt de la Hunaudaye, tantôt de Saint-Denoual, étaient disséminés sur toute la paroisse ; on en trouva le détail dans les extraits des diverses réformations que nous donnons plus loin. Au spirituel, la paroisse, ou du moins l'église de Planguenoual paraît avoir appartenu jusqu'au douzième siècle à des laïques, bien qu'elle relevât de l'évêque de Saint-Brieuc. En effet, on verra plus loin (année 1138) 1a mention d'un acte singulier par lequel les nommés Jean et Guillaume, fils du prêtre Geoffroy, cèdent, avec l'assentiment de Jean, évêque de Saint-Brieuc, à l'abbaye de Saint-Melaine de Rennes, l'église de Saint-Pierre de Planguenoual. Cet abandon fut confirmé, en 1160, par l'évêque Judicaël, successeur de Jean ; mais l'acte qui était destiné à le constater fut, paraît-il, mal rédigé ; car il donna lieu, dans la suite, à de nombreuses contestations entre les évêques de Saint-Brieuc et les abbés de Saint-Melaine. Ces derniers restèrent en définitif maîtres du terrain, pour la majeure partie ; ils conservèrent le droit de présentation et de nomination des recteurs qui portaient, à cause de cette immunité, le titre de Prieurs. Peu à peu, cependant, les prérogatives de Saint-Melaine s'amoindrirent ; au dix-septième siècle, l'abbaye ne possédait plus que quelques rentes sur lesquelles elle devait compter au recteur, rentré sous l'autorité de l'évêque, une certaine somme pour acquitter des services pieux, fondés probablement par l'acte primitif de donation. Du moins c'est ce qui semble résulter des pièces que nous avons eu l'occasion de consulter (J. Gaultier du Mottay - 1869).

Note 3 : Annales : — Année 1138 ; veille des nones de Novembre. Jean, évêque de Saint-Brieuc, donne son assentiment et celui de son chapitre, « Salvo jure beati Brioci ecclesiae », à l'abandon de l'église Beati Petri de Plogonoal, fait aux moines de Saint-Melaine de Rennes, par Jean et Guillaume, fils du prêtre Geoffroy (Note : Lire cette pièce curieuse extraite du cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine, dans le Tome III, page 333, de l'important ouvrage de MM. Geslin de Bourgogne et A. de Barthélemy intitulé Anciens Evêchés de Bretagne. Nous lui empruntons la majeure partie des renseignements concernant les douzième et treizième siècles qui suivent la présente note) ; — Année 1160. Judicaël, évêque de Saint-Brieuc, confirme les dons faits dans son diocèse aux moines de Saint-Melaine ; on y lit : « Ecclesiam de Plogonoal cum possessionnibusmeis, eis concessa fuerat, assensu capituli nostri, salvo jure Briocensis ecclesiae, in eo manente, habendam concessi » (Guimard, histoire des évêques de Saint-Brieuc. Mémoires de la société historique et archéologique des Côtes-du-Nord, année 1852) ; — Année 1200. Les délégués nommés par le Pape Innocent III, pour régler un différend survenu entre l'abbé de Saint-Melaine, d'une part, et Joscelin, évêque de Saint-Brieuc, d'autre part, relativement au droit de collation à la cure auquel prétendait chacune des deux parties, décident, après audition, de témoins, et la lecture des titres précédemment concédés, que ce droit doit appartenir à l'abbé de. Saint-Melaine. Cet arbitrage est daté d'Angers, in claustro sancti Mauricii du deuxième jour des calendes d'octobre ; — Année 1202. La sentence dont on vient de parler ne fut pas exécutée, paraît-il, du moins, quant à la question pécuniaire ; car l'évêque de Saint-Brieuc fut mis en demeure de compter à l'abbaye de Saint-Melaine, une indemnité de vingt livres, monnaie d'Anjou, à laquelle les arbitres l'avaient condamné, en réglant le différend relatif à la présentation à la cure de Planguenoual ; — Année 1208. Pierre, évêque de Saint-Brieuc, successeur de Joscelin, confirme à la dite abbaye, tous les biens qu'elle possède dans son diocèse, notamment : Ecclesiam de Plogonoal cum decimis et appendiciis suis ; — Année 1215. De nouveaux dissentiments s'élevèrent, un cette année, non entre l'abbaye et l'évêque, mais entre la première et le recteur (Personna), qu'elle était restée en possession de nommer. Le Saint-Siège désigna pour régler ce différend les abbé et prieur de Saint-Georges sur Loire et de Chalonnes ; notamment pour ce qui concernait le partage des dîmes de la paroisse. Ces arbitres décidèrent que l'abbaye, continuera à percevoir ce qu'elle percevait par le passé ; mais que pour tous les produits nouveaux qui viendraient à exister, « tam in lanis quam piscibus, pullis, anceribus, lino, canabo sine chanvro, sive etiam in quolibet quid perveniret in ortis vel vinderiis » (Geslin de Bourgogne et de Barthélemy, tome III, LXXXIX), seraient partagés par moitié entre le recteur et l'abbaye ; — Année 1225. Un règlement est arrêté, entre Guillaume, évêque de Saint-Brieuc (depuis saint Guillaume) et les moines de Saint-Melaine, touchant les biens que ces derniers possédaient dans le diocèse. Cet acte passé devant les évêques de Rennes et de Saint-Malo, et dont une partie a été rongée par l'humidité, parle de « quibusdam decimis parochiarum de Maroë et de Plemic et de Plogonoal, et super duabus partibus oblacionum et proventuum ejusdem ecclesiae de Plogonoal, quae omnia dicebat Dominus Briocensis dictos monachos minus juste possidere » ; mais le texte en est un peu obscur et il est difficile de préciser les conditions de l'accord survenu entre les parties ; — Année 1248. La paix au sujet de ces biens ne fut pas de longue durée, car Philippe, évêque de Saint-Brieuc qui s'en était emparé sur les attestations qu'on lui avait données, qu'ils avaient appartenu de tout temps à son diocèse, fait, le samedi d'après la Trinité de cette année, 1248, abandon général de tous les droits et revenus que réclamait l'abbaye de Saint-Melaine dans la paroisse de Planguenoual et déclare qu'il veut qu'à l'avenir les abbés et moines de ce couvent ne soient molestés sous aucun prétexte (Anciens évêchés de Bretagne, tome III, page 342) ; — Année 1320. Malgré les différents droits abandonnés aux moines de Saint-Melaine, l'évêque avait conservé la jouissance de plusieurs dîmes, existant à cette époque dans la paroisse de Planguenoual, il lui revenait en outre deux parts dans les offrandes et revenus de l'église ; — Année 1420. 7 octobre. Le Duc de Bretagne concède à Robert de Dinan, seigneur de Montafilant, le droit de menée aux plaids, de fourches patibulaires à quatre pots, de marché et de moulins dans la paroisse de Planguenoual ; — Année 1427. On lit dans la réformation des personnes et maisons nobles rédigée en cette année : « Guillaume Hamon, roturier, fut exempté pour avoir apporté aux paroissiens (de Planguenoual) un pardon de Rome ». Nous n'avons pu découvrir à quel évènement ce « pardon » pouvait se rapporter ; peut-être n'est-il question que d'indulgences accordées par le Saint-Père, à quelque marin de Planguenoual, qui, ayant visité la ville de Rome, aurait été reçu par Sa Sainteté ; — Année 1450. Lors de la fondation de N.-D. du Folgoët, il fut affecté à l'entretien de ses chapelains quelques dixmes situées dans la paroisse de Planguenoual, mais l'acte qui les mentionne (Archives des Côtes-d'Armor, Seigneurie de Lamballe) ne donne pas de détails à ce sujet ; — Année 1482. Abandon par N. H. Jehan Collet, à marie Collet, sa sœur, autorisée de Jehan de la Hazaye, son mari, — de la maison et pourprix de la Hazaye, colombier et cinq pièces de terre, — le tout estimé 23 livres 10 sous 7 deniers de rente ; — Année 1516. Un pouillé dressé en cette année et contenant la liste des paroisses du diocèse de Saint-Brieuc avec leurs revenus, assigne au recteur de Planguenoual un revenu de douze livres ; ce qui paraît avoir été une assez forte somme pour cette époque ; — Année 1529, 25 Juin. Accord passé devant Jehan de la Villéon, sieur de la ville Gourio, par les héritiers de Charles Costantin relativement aux revenus que ce dernier avait affectés à une fondation de deux messes par semaine dans l'église de Planguenoual ; — Année 1535. Les trésoriers de la paroisse, appelés devant les commissaires de la réformation de la noblesse, décrétée pour cette année, déclarent que dans la paroisse de Planguenoual existent les personnes et maisons nobles suivantes : « Les maisons nobles de la Haute Chambre, du Chemin-ferré, de Glorest, de la Rivière, du Messay, du Port-Morvan, de la Grand'maison, au bourg ; appartenant à noble Jean Millon, sieur du Chemin-ferré. La maison noble de la Ville Goujon (ou Gouézin) à N. Jean de la Villéon. Les maisons et métairies nobles de la ville Laurée, de l'hopital, de Trouezel, appartenant à N. Louis Collet. Les maisons et métairies nobles de la Ville Salmon et de la Hazaye, de la Ville Hazaye, et de la roche Guy, à N. François Poulain. Les maisons et métairies nobles de Kerguérec, du Réposoué, du Rocheloup, et de Brunefoy, à Pierre Budes, noble. Les maisons et métairies nobles de la ville Hervé, du Gué, de la Marre, de Vauvert et de Cadoüan, à N. Rolland de la Marre. Les maisons et métairies du Vaujoyeux, de l'Elboy, de la Ville au Roux et du Hourmelin, à Ollivier Le Métaer, sieur du Hourmelin. La métairie du Chesnay avec la métairie du Tertre à N. Jean Simon, sieur du Chesnay. La maison du Tertre Heubran, au nommé Desnos, noble. Les maisons du Tertre-Simon et de Lambert au nommé Piron, noble. La maison noble de Gorgeart avec celles de la Patouille et de Beaulieu à Jean Berthelot. La maison de la Villemain avec la métairie du Glangier, à N. Lancelot Bérard. La maison noble du Guihallon, à N. Pierre Costantin. La maison de Bienlyvient, à N. Jean Bernard. La maison de la Vieille Houssaye, au sieur de Bois-Feuillet, noble. La maison de Saint-Prestan, à N. Jacques de la Houssaye, sieur de la Goudalzière. La maison de Beaurepaire, à Melle Mathurine de la Houssaye. La maison de Saint-Qué, au sieur de la Rigourdaine. La métairie de Treutran, à Madeleine Thomas, demoiselle. La maison de Saint-Marc et de Pontrouault, à N. Allain des Déserts, avec la métairie de Portpilly. Autre maison de Saint-Marc, à Jacques le Métayer. Les métairies de la Croix-Vaye et de Launay, à Péronnelle d'Apuril. La maison de la Tricherie, au sieur de la Fosse-David, noble. La Maison de la Villeaumé à Jean Rouxel. La Maison de Glatinée au sieur de la Noë, noble. La Métairie noble de Moque-Souris qui fut au sieur de Vaujoyeux » (Bibliothèque de Saint-Brieuc – Note : cette liste nous paraît incomplète) ; — Année 1564. Vente par Jean Poulain, sieur de la Ville-Salmon, à écuyer Jean Le Bigot, sieur du Prédéro, des fiefs de la Ville Junen, du petit Porpily, du Tertre Geffray, de Saint-Magloire et de deux tenues, dites des Hauts champs et de la Marre au chat ; — Année 1570. Yves de la Boissière, recteur de Planguenoual, et doyen du Chapitre de la cathédrale, dépose avec un autre chanoine, nommé Maurice Favigo, au présidial de Rennes, une plainte contre la manière dont l'administration épiscopale entend les droits du chapitre et le peu de cas qu'elle fait des privilèges de ce dernier. L'enquête qui fut faite à ce sujet démontra que la réclamation des chanoines n'avait aucun fondement (Anciens évêchés de Bretagne, tome 1, page 48) ; — Année 1583. 29 mai. Le Général de la paroisse donne procuration à Rolland Corguillet et François Rohon, trésoriers, à l'effet de se présenter en son nom aux hommages du duc de Mercœur et obtenir un délai suffisant pour qu'ils aient le temps de chercher parmi les titres de la paroisse les renseignements nécessaires pour savoir ce qui est tenu de la seigneurie de Lamballe et, passé ce délai, « bailler leur tenue » de tout ce que la fabrique peut lui devoir ; — Année 1600. Fondation par Alain de Kergu, d'une messe annuelle dans l'église, il donne pour honoraires la jouissance d'une pièce de terre nommée les Perrières ; — Année 1606. Echange entre Marie de Luxembourg, duchesse de Mercoeur et Jacques des Déserts, sieur de Porpily. La duchesse abandonne plusieurs rentes qui lui étaient dues en Planguenoual, et le sieur de Porpily lui fait, en échange, l'assiette de treize pérées de froment de reste ; — Année 1612, 28 février. Prisage de la métairie de la Trécherie, en Planguenoual, donnée par Madame de Mercœur au prieur de Saint-Martin de Lamballe, en échange de soixante-quinze pérées de froment qu'elle s'était obligée, le quatre décembre 1611, de lui payer ; pour faire cesser des réclamations que ledit prieur ne cessait de produire contre l'aliénation qui avait été faite d'une partie de son temporel et la suppression de rentes que les anciens comtes de Penthièvre devaient à sa communauté ; — Année 1615. Les prieurs du clos « de closo » en Planguenoual, dépendant de Saint-Melaine de Rennes, avaient droit d'assister aux synodes diocésains et étaient appelés dans ces cérémonies par le secrétaire de l’évêque, après le prieur de la Magdelaine de Jugon, dépendant de Marmoutiers ; — Année 1624, 4 décembre. Féage noble à Paul Le Roy, sieur du Tertre, d'une place de grève aux rivages de Planguenoual ; « entre deux rochiers, l'un appelé le gros rochier de Vauglé, l'autre le rochier de la Baleine, où il y a lieu propre pour faire écluse et pescherie, que ledit preneur pourra faire et construire à ses frais et mises ; joignant de toutes parts aux grèves et marais qui couvrent de mer et, en général, tout l'enclos de ladite écluse, comme l'emportent les dits deux rochiers » ; à la charge de payer une rente de dix sous monnaie, à la Saint-Jean, envers la seigneurie de Lamballe et les poissons « de marque et royaux, qui seront pris en ladite pescherie » ; — Année 1657. Gilles Costantin, sieur de Quihallon, procureur de la confrérie du Saint-Rosaire, établie en l'église de Planguenoual, fait, au nom de ses associés, l'acquisition d'avec Jean Després, maître brodeur, déballé à Saint-Brieuc, l'acquisition d'une bannière, pour la somme de 69 livres ; — Année 1671, 24 avril. Mgr. Denis de la Barde, évêque de Saint-Brieuc, fonde un séminaire dans sa ville épiscopale, et appelle les prêtres de la mission, nouvellement fondés par Saint-Vincent de Paul, à en prendre la direction. Parmi les revenus affectés, sur les recettes annuelles des paroisses, à l'entretien du séminaire, avec l'assentiment des divers recteurs, une somme de 300 livres fut fixée sur la cure de Planguenoual ; — Année 1676, 25 mai. Messire Claude de Quergu (Kergu), recteur, étant mort, les officiers de la Baronnie de la Hunaudaye apposent, on ne sait pour quel motif, les scellés sur le coffre contenant les archives de la fabrique et celles de la chapelle de Saint-Michel. Il se, passa, paraît-il, plus de deux ans sans que ces scellés fussent levés, et la vacance de la cure fut remplie par un prêtre nommé Pierre Cornillet. Plusieurs procès s'en suivirent, entre autres une action, engagée par Jacques Gautier et Mathurin David, trésoriers, pour le remboursement des dépenses que la pose des scellés leur avait coûté ; mais cette réclamation ne fut pas admise par les vicaires généraux capitulaires, Toussaint Auffray, Claude Boüan, et N. Morand gouvernant alors le diocèse. On lit sur l'une des pièces : « que de tout temps immémorial, il y avait trois clefs sur le coffre étant en la sacristie de l'église dudit Planguenoual, desquelles étaient saisis le sieur recteur de la paroisse, un gentilhomme d'icelle et la troisième estoit aux mains de l'un des habitants, sans que jamais ny les officiers du Chemin chaussée, ny ceux de Saint-Denoual, ny aucuns autres en aient été saisis » ; — Année 1679, 5 novembre. Les officiers du Duc de Vendôme protestent par l'organe de François Quermellot (Kermellot), recteur, conseiller du Roy et aumônier de Son altesse royale, madame la duchesse d'Orléans, au sujet de quelques aliénations de terrains communaux qui avaient été faits, sans autorisation, à divers particuliers ; — Année 1690, 14 septembre. Julien Toublanc et François Gloro, trésoriers, font à l'occasion de la Réformation du Duché de Penthièvre, la déclaration des maisons et biens nobles de la paroisse. « Madame de Conti possède en cette paroisse, le moulin à vent de la Hautière et le moulin de la Grève, actuellement en ruines. Jean Gustave de Rieux, les fiefs de la Hunaudaye et du Vauclerc Jean Baptiste de la Moussaye, la vicomté de Saint-Dénoual, au siége de Planguenoual, qui tient son auditoire audit bourg de Planguenoual. François Le Metaër du Hourmelin, la maison noble du Hourmelin, et les métairies et maisons nobles de la ville au Roux, de la croix-Voie, de Launay, du Vaujoyeux, de Glolaie, de la Ville Goutié, du Pont-Peyroux, avec quatre coulombiers en ladite paroisse. François de Boisgelin, sieur de Kerascouët, les maisons et métairies nobles de la Villemain, du Glanger, de la Rivière, de la Ville Guihen, avec basse justice s'exerçant audit Planguenoual, coulombier et enfeu en l'église. Hélène Bouin, dame de Quergu, la maison noble du Tertre des Noes, et les métairies de la Croix Tranchant, du Tertre Simon, de Cargré, de Lambert et de la Ville Droniou, avec juridiction exercée au bourg de Planguenoual et enfeu en l'église. Françoise Boüan, dame de Bréhand, les maisons et métairies nobles de la Hazaye, des Clos-Villion, de Guébréhaud, de la Grande Villion, des Houssais ; ces deux dernières situées, partie en Saint-Alban, la maison de Saint-Cotantin, juridiction exercée au bourg de Planguenoual et chapelle en l'église. Etienne Berthelot, tient le fief et baillage du Guémadeuc. François Le Métaër, la maison noble de la Ville Hervé, de la métairie de la Porte et du Gué et chapelle en l'église. Jacques de la Villéon, sieur de la Ville Gourio, les métairies du grand Maffay, et de la Landrine, avec chapelle et enfeu en ladite église. Thomas Chartier, sieur de la Vieuxville, la métairie noble de Tournoisel. Joseph de Lesquen, sieur de la Villemeneuc, la maison et métairie de la Ville Auvoix, avec colombier, chapelle en ladite église et Juridiction. Gilles Gigeon, sieur de la Ville Maupetit, les maisons et métairies des Bignons, Cresforet et des Croix-Chapelles, avec colombier et enfeu en l'église. Charles Rogon, sieur du Préron, la métairie de Sainte-Barbe. Pierre Leziais, sieur de la Morinière, la métairie de Beaurepère. Guy Le Métaer, sieur de la Dorbelais, la maison noble de la Rue. Gilonne Godet, dame du Clos neuf, la métairie du Vieux Manoir. Jean Le Bottay, mari de Péronnelle de Quelen, les métairies de la petite Ville Hervé, de la Porte et de Le Biais, enfeu en ladite église. Jeanne Thomas, dame de Vauvert, la maison noble de Vauvert et les métairies de la Porte et du Vaumorgan, enfeu en l'église. Julien Rolland, sieur du Rocher, la métairie de Saint-Prestan. Pierre Bérard, sieur de Portpily, maison et terres nobles de Portpily. Dominique, Georges et Anne Costantin, les maisons et métairies de Guihalon, du Pontboureux, et de la ville Rault. Françoise Ouyée, la métairie de Beaulieu. Jacques Pensart, sieur de la Villeneuve, une maison noble située au village de la Cotentin. Héleine Hellier, dame de Querbersun, la maison et dépendances de la Salle Verte. Charles, Gabriel et Jeannette. du Closneuf, la maison de la salle Villéon et enfeu en l'église. Olivier Le Mée possède à titre de rente la maison noble de Rohan. Marie Delpeuch, veuve de Charles de la Goublaye, les maisons et métairies du Prédéro, de la Fontaine Orain, de Glatinée, et de la Marre, avec colombier, chapelle et enfeu en l'église. Madame de la Morandais, la métairie noble du Vau-Ruffié. Mademoiselle des Perrières, la métairie noble de Georgère. Les Héritiers de Messire François Denyau, en son vivant sieur de Chantelou, possèdent la maison noble du Val, fief, moulin à eau et les métairies de la Porte, de Saint-Marc, de la Nouelle et du Pont Rouault. N Visdeloup, sieur de la ville Théart, la métairie de Saint-Quay. René de Quergu, les fiefs et baillage du Prédéro. Le prieur de Saint-Martin de Lamballe, la métairie de la Trescherie. Mademoiselle Catherine Guillemot, la métairie de la Villianne. Dame Françoise de la Rivière, dame de Saint-Quihouët, la maison de Bienyvient, moulin à vent et terres. Dame Julienne Le Fèvre de la ville Guen, la maison et métairie du Chesnay. La veuve du sieur de Bosquily, la métairie de Moquesoury. Jean Le Roy, la métairie noble de la Vallée. François Plancoët, sieur de Villedé, la métairie de Folleville. Françoise Rault, dame de Vauglé, la métairie de Treutran. Gilles Labbé, la métairie du Tertre Piron. Le sieur de la ville Thua, la maison noble du Chemin Ferré et enfeu en ladite église. Le sieur de Quergu-Belleville, la métairie de Rohello, … ». Quant aux biens de main-morte, les trésoriers déclarent que le Recteur ne possède que les terres inscrites au rôle des tailles ; qu'il jouit seulement d'un cours de dîme, sur lequel il doit payer les décimes ; — qu'il n'y a aucune chapellenie dans la paroisse, sauf un prieuré dont jouit l'abbé de Saint-Melaine de Rennes ; — Année 1690, 1er août. Julien Toublanc et Guillaume Gloro, trésoriers, font rédiger le rôle des fouages de cette année par les égailleurs nommés dans l'assemblée du Général et qui étaient Mathurin Jossept, François Berto et René Garoche ; leur rôle monte à la somme de 254 livres 10 sous ; — Année 1693, 15 novembre. Déclaration par François Kermellot, recteur, en conformité de l'arrêt du conseil d'Etat du 18 mars 1692 des revenus de la cure de Planguenoual. Il jouit, dit-il, d'un trait de dîme nommé La Personne Note : Du mot breton Person, qui signifie Recteur) qui se lève à la douzième gerbe et vaut de revenu annuel 350 livres ; il reçoit, en outre, un traitement de 110 livres qui lui est payé par l'abbé de Saint6Melaine, aux termes d'une transaction passée à Rennes le 4 février 1687. Ses charges montent à 102 livres pour les décimes ordinaires et extraordinaires, 15 livres 17 sous pour droit de synodes et 112 sous pour droit d'archidiacre (Note : Anciens registres de l'évêché de Saint-Brieuc - archives départementales) ; — Année 1693, 17 décembre. François Urban et Gilles Garroche, trésoriers, déclarent également au greffe des biens de main morte, la somme des revenus de la fabrique de Planguenoual ; ils se composent, en totalité, de 22 pérées 2 godets, mesure de Lamballe, et 8 livres d'argent monnaie ; — Année 1694, 25 juillet. Le même Recteur, François Kermellot, fait la déclaration des messes et fondations desservies dans l'église, avec le montant des honoraires qui y sont attachés. Il dessert personnellement deux messes fondées pour chaque semaine de l'année par écuyer Charles Costantin, sieur de la Fontaine Orain, — une messe dite la fondation Lancelot, célébrée chaque semaine, — les fondations de Dom Charles Garderobe, d'Olive Garroche et de Pierre Cornillet, d'une messe par semaine ; enfin divers obits et anniversaires. — Son vicaire, M. François Le Borgne, dessert aussi chaque semaine des messes fondées par Guillaume Urvoy, Charles Héliguen, Allain de Kergu, Bertrand Rossignol, Suzanne Roger, et Marie Gautier ; — Année 1703, 27 mars. Les juges de la juridiction de Lamballe prennent possession de la seigneurie de Saint-Denoual, en Planguenoual, pour obliger M. de la Moussaye-Carcouët, qui s'y était refusé jusque là, à rendre aveu au Duc de Penthièvre ; — Année 1706. Une nouvelle déclaration faite par M. François Kermellot, recteur, au sujet des fondations desservies en l'église, constate qu'il existait, dans la paroisse, deux confrairies très-anciennement érigées sous le nom de Notre-Dame et de Saint-Michel. Le même recteur fonda plus tard une messe qui devait être célébrée, tous les mardis, dans la chapelle de Saint Michel ; — Année 1706. Le préjugé existant encore dans quelques communes, contre les caconx ou caquins, espèce de parias, dont la race était, on ne sait encore au juste pourquoi, vouée au mépris, avait, au XVIIIème siècle, une très-grande force. Toutes les personnes éclairées de la noblesse, de la magistrature ou du clergé, employaient cependant leurs efforts peur faire disparaître ce préjugé, en voici un exemple : On lit dans les registres de décès : « Mathurin Rouault, âgé d'environ 72 ans, est décédé dans la communion des fidèles, après avoir reçu les sacrements de l'église pendant sa maladie, le 22 avril 1716, et inhumé le lendemain dans l'église de Planguenoual, au bas de l'aile de ladite église, contre les fonts. Présents MM. de la Villéon, des Vauhéas, de Rollon, du Pont-Rouault, et plusieurs autres, signé : Gaultier, recteur de Planguenoual ». Les témoins de cette inhumation, dit M. Habasque, étaient, comme on le voit, toute la noblesse du pays et cette assistance lui fait honneur. Elle voulait, sans doute, prouver par sa présence, que les caqueux étaient des hommes et que, chrétiens, ils avaient droit, après la mort, aux mêmes honneurs que le reste des fidèles. C'est également, on le croit, pour inculquer profondément cette vérité au peuple, que le clergé avait fait inhumer Rouault dans l'église. Quoiqu'il en soit, voici ce qu'on trouve à la page suivante écrit et signé par le Recteur de Planguenoual : « Ledit Mathurin Rouault exhumé dans la nuit du 25 avril et porté au cimetière des Cordiers et enterré le lendemain, 26 ; la justice de Saint-Brieuc en ayant été aussi avertie par un dénoncé vint le 27 pour le porter à l'église et le faire inhumer dans sa première fosse. Quelques femmes s'y opposèrent, etc., et ainsi, il fut, par ordre de justice, porté à St-Brieuc, le corps salé et en dépôt à Saint-Michel. Sur les charges, informations et plaintes du procureur du Roi de Saint-Brieuc, la cour ordonna qu'il fut apporté et ensépulturé, et le 15ème du présent mois de mai, lesdits juges royaux de Saint-Brieuc vinrent avec des archers de la Maréchaussée, et le firent inhumer avec les cérémonies ordinaires et la tout en leur présence et ce, dans sa première fosse de l'église ». En marge des registres se trouve cette note : « Cette translation et cet enterrement se montent à 700 livres, au dire des juges pour tout compte ».

Note 4 : la commune de Planguenoual est formée des villages : Pont-Morvan, le Bignon, Queré, Treutran, Le Juhel, Glatiné, l'Hôpital, la Villeauvais, la Croix, les Houssaies, la Ville-Gourio, Bienyvient, Pont-Bourreu, Roahello, les Riguères, le Chenay, les Hôtels-Percevault, Fortville, Tertre-Piron, Tertre-Simon, Lambert, Rohan, Vieux-Nanois, les Bignons, la Hazaie, Ville-Guihien, la Villemain, Vauvert, Villerault, Grande-Villehervé, Petite-Villehervé, le Pont-Rouault, le Val, le Prédéro.

Note 5 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Planguenoual : En 1536, Guillaume de la Boexière, — 1570, Yves de la Boexière, — 1597, Jean des Déserts, — 1642, François Rouxel, — 1663, Guy de Quergu, — 1676, Claude de Quergu, — 1679, François Quermellot ou Kermellot, — 1686, Guillaume Gaultier, — 1747, N. de la Villéon, — 1780, François Denis, — 1801, J. L. Toublanc, — 1814, N. Le Parc, — 1818, N. Hello, —   1840, N. La Touche, — 1848, N. Caresmel, — 1850, N. Duhamel, — 1856, N. Gaubert, — 1857, N. Caillet, — 1858, François Jus, — 1860, François Cosson, — 1867, Mathurin Pochon, ....

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PATRIMOINE de PLANGUENOUAL

l'église Saint-Pierre et Saint-Paul (1902-1904), oeuvre de l'architecte Le Guerranic. Déjà sous le vocable de saint Pierre en 1138. Elle comprend une nef avec bas côtés de 7 travées, plus celle du clocher encastré, et un choeur. Au droit de l'avant-dernière travées, deux petites chapelles sont construites en ailes sur les bas côtés. On y trouve un bénitier du XIIème siècle. L'église primitive est détruite par un incendie dans la nuit du 25 au 26 décembre 1597 (le feu aurait été mis par des soldats d'un régiment commandé par un sieur de Vauvrix). La première pierre de la nouvelle église est bénie le 10 juin 1902. L'église est bénie le 15 décembre 1903. L'église est consacrée le 28 juin 1942. Parmi le mobilier moderne, signalons la Crucifixion de Le Goff au maître-autel (1913) ;

Nota 1 : Note datée de 1869 et concernant l'ancienne église de Planguenoual : " Ce monument se compose d'une nef, de deux collatéraux et d'un transept placé vers le milieu de l'édifice qu'il semble couper en deux parties à peu près égales. Sa longueur est de quarante mètres, et sa largeur, entre les murs des collatéraux, de treize mètres soixante centimètres. La nef est partagée en sept travées de deux époques très distinctes ; les quatre premières, à partir du bas, formées d'arcades à plein cintre, reposant sur des piliers carrés, accusent l'architecture du douzième siècle, telle qu'elle est bien constatée dans notre pays. Les trois autres travées présentant des arcades ogivales s'appuyant sur des piliers cylindriques trapus et n'ayant pour tout chapiteau qu'un simple tailloir, nous semblent plus jeunes d'un siècle et devoir appartenir à la période de transition, qui, du douzième au treizième siècle a laissé beaucoup de traces dans la contrée. Nous croyons pouvoir faire remonter à la même époque un ancien bénitier quadrangulaire à cuve hémisphérique et orné sur ses angles de mascarons informes ; il est placé dans le collatéral sud. Le quatorzième siècle est représenté dans cette église par un remarquable font baptismal en granit. Deux vasques ou cuvettes sont portées, chacune par un pédicule octogonal qui s'enracine dans une base commune, de forme quadrilatérale, taillée en chanfrein et ornée de moulures toriques ; chacune des cuvettes, taillées aussi à huit pans, porte sur chaque face une arcature à plein cintre et peu saillante. La chapelle, dite chapelle Sainte-Anne, dans laquelle ce petit monument est renfermé, est éclairée par deux fenêtres également du quatorzième siècle, formées de deux baies, séparées par un meneau qui supporte une petite rosace quadrilobée. Nous n'avons remarqué pour appartenir au quinzième siècle qu'un petit bénitier placé près de la porte du collatéral nord ; il est surmonté d'une petite accolade ornée de crosses, sous laquelle un ange aux ailes éployées supporte un écusson appartenant, croyons-nous, à l'ancienne maison de la Villemain, possédée en 1490 par la famille Bérard qui portait " d'argent à la croix engreslée de sable ". Une très jolie pierre tombale portant en relief une croix pattée, et placée près de la sacristie, nous paraît encore appartenir au quinzième siècle, ainsi que les débris d'un calvaire en granit qui se trouvent dans le cimetière. Mais un morceau capital et très digne d'attention est la porte processionnelle de l'Ouest, dont l'aspect affecte la sobriété et en même temps l'élégance du treizième siècle. Ses pieds droits disposés en embrasure sont formés de moulures encadrant des colonnettes engagées qui portent des chapiteaux feuillus dont l'abaque est chargé d'une guirlande de quintefeuilles. Une série d'archivoltes à gorge, correspondant en nombre à celui des colonnettes et ornées de bandeaux toriques, s'évase peu à peu en formant une large voussure. Cette porte remarquable est parfaitement conservée, et l'incendie qui consuma la toiture de l'église en 1597 ne l'a point endommagée. Nous avons distingué un petit bénitier très artistement creusé dans l'un de ses pieds droits ; les personnes qui ont souffert du mal de dents vont y déposer, — nous n'avons pu savoir pourquoi, — celles qu'on leur a arrachées ; plusieurs molaires s'y trouvaient, lors de notre visite ; nous constatâmes avec regret, qu'elles étaient parfaitement saines. En avant de cette porte existe une espèce de porche, porté par deux piliers octogones avec des chapiteaux à peine accusés, nous les croyons du douzième siècle [Note : Comme on le voit, l'église de Planguenoual ne manque pas d'intérêt, et est loin de mériter le dédain de M. Habasque écrivant dans ses Notions : « Ce temple est fort laid et nous n'y avons remarqué qu'un bénitier en grès dont les bords semblaient avoir été usés à aiguiser des instruments quelconques » (Tome III, page 10)] " (J. Gaultier du Mottay).

Nota 2 : Enquête du 27 décembre 1597 sur l'incendie de l'église de Planguenoual survenu le 25-26 décembre 1597. Nous publions la majeure partie dé ce document, malgré son ennuyeuse prolixité, cachet de son époque, et les nombreuses redites des témoins, à cause des différents détails que donnent chacun des membres consultés dans l'enquête sur la situation politique du pays, en l’année 1597. Bien que les guerres de la Ligue fussent, à proprement parler, terminées, la contrée était loin d'être pacifiée ; et elle était restée en proie au ravage des gens de guerre. Ce n'est que vers 1602 que le calme commença à renaître dans l'évêché de Saint-Brieuc ; on lira aussi dans cette enquête des détails pleins d'intérêt et qui feront sans doute sourire sur l'état des personnes et leurs habitudes à cette époque

Nous, écuyer Jean Maupetit, sieur des Bignons, sénéchal de la cour et baronnie de la Hunaudaye, Chateaubriand, Montafilant, au siège du Chemin-chaussé. Savoir faisons quant environ les huit heures du matin de ce jour de samedy, vingt-septième de décembre mil cinq cent quatre-vingt-dix-sept, seroient venus en notre maison des Bignons noble Messire Jean des Déserts, sieur recteur de Planguenoual ; Me 0llivier Haugoumart et Pierre Grimault, trésoriers et marguilliers de la fabrice de ladite église de Planguenoual, lesquels nous auroient remontré que par cas fortuit et inopiné le temple de l'église dudit Planguenoual auroit été brulé et consumé par le feu, la nuit d'entre le jeudy vingt-cinquième et vendredy vingt-sixième jour de décembre ; et pour faire état, description et procès verbal du tout de ce que y est advenu, nous sommes recordé ayant eu en leur compaignie pour adjoint, M, Rolland Poussin, notaire de ladite cour et baronnie de la Hunaudaye, duquel avons prins le serment de fidèlement se porter au rapport des présentes ; ce fait, sans autre divertissement, nous sommes acheminés au bourg de Planguenoual, et arrivé, avons entré dans les costalles et murailles dudit temple et esglise, et y avons vu le sacraire, le superfice jouxte clocher, chapelle, chevet des prêtres ; étant au choeur, le retrin, Croit si fit, ymages, enfeus et escaboaux étant en ladite eglise du tout consumés par le feu et réduit en cendres et à la chute des bois et vouxtes du superfice dudit temple, en avoir été les autels et tombes de pierre rompues et brisées. Et pour savoir la longueur et largeur de ladite église, l'avons fait mésurer par Pierre Grimaut et François Huet, qui, s'est trouvé de longueur depuis le pignon du grand autel jusqu'à la principale porte du bas de ladite église, contenir six vingt pieds et de costale à costale quarante un pieds ; et depuis la costale de la chapelle de la Hazaye, jusqu'à la costale de la chapelle de la Ville au Vée, soixante et dix pieds. Et ce fait, lesdits sieurs Recteur et Marguillier nous ont dit qu'ils avaient fait tout devoir d'appeler et convoquer le peuple au secours pour empêcher l'embrazement de ladite église dans laquelle étoient tous les ornements d'icelle et joyaux précieux ; lettres, titres, garants, et enseignements concernant revenu des droits de ladite fabrice et frairie de Saint-Michel, même les lettres, titres de ladite rectorie et frères chapelains, obligations, quittances et autres titres audit sieur recteur appartenant. Que même, plusieurs lettres au sieur de Porpilly, frère aîné dudit sieur recteur de Planguenoual, entre autres lettres faisant mention de la vicompté de Portpilly, son dit frère qu'il lui avait envoyées depuis peu de temps, pour faire le remboursement au sieur et dame de la Villervé. Que même plusieurs autres lettres concernant les successions de ses prédécesseurs étoient à une cache faite entre la muraille et arcade joigne la muraille et le pignon du grand-autel et à la trésorrie d'icelle qui étoient sur la chapelle de la Fontaine-Orin ; en laquelle ils nous ont dit y avoir durant toutes les guerres et troubles, conservé les ornemens, lettres et garans. Que l'ornement il y avoit mis après la feste du Jubilé de Nostre-Dame de Mi-août passée, qui étoient une chapelle (chape) deux domoirs (dalmatiques) et un chasuble de veloux cramoisi et broderie d'or, les estolles et fanons à façon d'Angleterre ; — une autre chapelle, deux domoirs, et un chasuble de veloux cramoisi plein, — autre chappe et deux domoirs, et un chasuble de veloux noir à broderie, pour la chapelle et frairie de Saint-Michel, — autre chappe, deux domoirs et un chasuble do veloux noir plein, armoyé des armes du sieur de la Villemain-Bérard, — un chasuble de veloux vert, fait à broderie, façon d'Angleterre, — la courtine (le dais) du sacre de damas violet, le parement du grand autel, de cuir doré, façon d'Espagne ; — un calice d'argent et la custode d'argent ; — la robe de Notre-Dame de veloux cramoisi à fleurions d'or ; et autre grand nombre de hardes de ladite église. En outre, ceux dudit sieur Recteur qu'il y avoit mis pour conserver, qui étoient ses linges, deux accoutrements de taffetas, une pièce de sarge, de la vaisselle d'étain, et devant et auprès, grand nombre de biens, meubles et provisions qui furent du tout consommées et brulées, quelque diligence que tous lui purent apporter. Et de là nous ont montré deux armoires étantes dans le pignon de la principale viltre de ladite église, derrière le grand autel, auxquelles, nous ont dit qu'estoient lesdites lettres et enseignements du revenu de ladite église et fabrice ; ensemble celles dudit sieur recteur de Planguenoual, et autres y minses en espérance de les sauver. Auroient fait faire des trous et pertuis par dehors dans ledit pignon en intention de pouvoir plus librement ravoir lesdites lettres, ne pouvant entrer dans ladite église à cause de la fumée et du feu qui émit embrasé en icelle et ne le pas accomplir ni y parvenir que le feu n'eut consommé les lettres, titres, garants et enseignements qui étoient dans ladite cache et armoire, aux­quelles il fut impossible d'y arriver comme ci-dessus est dit, à cause que le bois qui tomboit du lambrin de la vouxlte de ladite église étoient en si grand nombre que ledit bois touchoit les armoires cy-dessus ; qui causa que le feu éprins aux fenêtres, y consommit lesdites lettres. Nous requérant de vouloir ouyr et prendre le serment des cy-après nommés, savoir : Missire Jean des Vergers, Missire Guyon Abraham, Michel Coillisant, Guillaume Gour, Anthoine Josset, Maurice Gautier et Jacques Pensart ; desquels le serment pris de dire vérité, purgée de conseil et enquis d'office et sommairement, les uns après les autres, les avons ouy et enquis comme ensuitte : - 1° Michel Coillisant, poissonnier de la paroissse de Planguenoual , et y demeurant au bourg, agé à son dire, de cinquante ans ; tesmoin fait jurer par serment dire vérité, purgé de conseil et enquis d'office sommairement, dépose savoir ; la situation d'une cache étant faite faire par Missire Jean des Déserts ; sieur recteur de Planguenoual, en l'église dudit Planguenoual sur un embrun qui étoit entre le pignon de la trésorie, en la chapelle de la Fontaine Orain, joignant l'huis de ladite trésorie, pour y avoir été par diverses fois en compaignie dudit sieur de Planguenoual et, à cause des troubles avoir été faitte pour en icelle conserver et mette en muté le tout des ornemens, biens et richesses de ladite fabrice ; ensemble les titres, garants et enseignements d'icelle et de la frairie de Saint-Michel et des frères chapelains, que les biens et moyens dudit sieur de Planguenoual, lorsqu'il survenoit quelque troupe de gens de guerre et incontinent que le sieur de Vauvrix avec ses troupes et régiment vint loger de St-Brieuc à Hillion et à Quoyesmieux, allant et venant à toute heure, et par plusieurs troupes, ravageant et picorant tout ce qu'il pouvoit trouver en ladite paroisse de Planguenoual et autres lieux. Le témoin fut alors prié par ledit sieur recteur de Planguenoual d'aider à porter et mettre dans ladite cache afin d'être en lieu de sureté, comme chose accoutumée, le tout des ornemens, calices et richesses de ladite fabrice et frairie de Saint-Michel ; même les accoutremens, titres et enseignemens dudit sieur de Planguenoual que autres biens et provisions, ce que le témoin fit. Et en premier lieu, il porta le tout des ornements de veloux de ladite fabrice, parement d'autel, calice, custode, lettres et enseignements qui furent mis dans un coffre et une barrique de bois ; et un charnier plein de lard qui y fut salé et saupoudré. Et en ladite barrique et coffre y fut mis et aida le témoin à mettre par ordre ce qui en suit : (suit la nomenclature des ornemens déclarés par le recteur, y compris les accoutremens de taffetas appartenant à ce dernier), et un grand nombre de vaisselle d'étaing et d'airain, comme plat, assiettes, flacons, pintes, poiles, bassins et autres espèces de vaisselle, plusieurs linges, tant de ladite fabrice que audit sieur de Planguenoual ; deux casiers pleins de lettres et livres que ledit sieur de Planguenonal disoit être partie des enseignements de la plus grande part de ladite fabrice et frairie de Saint-Michel ; que mesme, ledit sieur y ayant accommodé le tout de ce que dessus en ladite cache, fut fermée et bouchée, selon qu'elle avoit accoutumé d'être. Et s'en alla le témoin avec ledit sieur de Planguenoual à son logis où étant, lui fut mis entre les mains plusieurs grands paquets de lettres que il apporta et furent mises entre deux armoires s'entrehabitant, étant dans le pignon de la grande vitre de ladite église, jouque le derrière du grand autel et on en tira plusieurs audit sieur de Planguenoual, les mettant en pacquet et par ordre, qui faisaient mention du bien et revenu de ladite fabrice et frairie de Saint-Michel ; où il y avoit plusieurs cognoissances, quittances et autres marques, lettres de ladite fabrice et dudit sieur de Planguenoual et du sieur de Portpilly, son frère aîné. Et lui dit, incontinent que lesdites armoires furent fermées, que toutes les lettres et enseignements qui concernoient le bien et revenu de ladite fabrice et frairie et frères chapelains et ensemble les siennes et autres étoient là dedans, et que si cela étoit de cas fortuit perdu, que c'étoit la ruine de la fabrice et frairie et la sienne. Et que-du-dempuis tous les biens ci-dessus ont toujours été laissés auxdites caches et armoires, attendant voir le département des gens de guerre qui ordinairement vont voltigeant en ladite paroisse. Et du dempuis le commencement des guerres, quelque troupe ou armée qui ait été logée ou séjourné en ladite paroisse ou siége de Lamballe, la tour de Cesson, Moncontour, et autres places où avoient été Anglois, Lansquins (lansquenets), Espagnols et autres étrangers ; toujours iceux biens étoient demeurés auxdites caches et armoires, et jamais n'y avoient été trouvés. Et ce néanmoins, le témoin les y a toujours vus, par y avoir été mis ordinairement par ledit sieur de Planguenoual, jusque la nuit du jour de la Nativité notre seigneur, vingt-cinquième jour de décembre dernier, environ l'heure de onze heures du soir que le témoin étant couché dans son lit et en sa demeure qui est fort près de ladite église, ouyt un grand bruit et étonnement de feu par la fenestre de son logis et se jette hors du lit, à l'envers, regardant vers ladite église où il vit le feu en grande abondance au haut du clocher de ladite église. Incontinent, il sortit de son logis pour venir donner avertissement audit sieur Recteur, qui avoit déjà oui le bruit et étonnement, et étoit levé pour venir au secours du feu, lui et tous ses gens et auparavant que le témoin fut parler audit sieur de Planguenoual, il vit tout le clocher de ladite église par terre, à l'envers. Il s'achemina à venir à l'église et, tôt après ledit sieur recteur et tous ses gens, allant, ledit sieur par le bourg, de porte en porte, amasser le peuple pour éteindre le feu. Et vint le témoin, en criant au feu et à l'aide, droit à une petite porte de ladite église qui est près la chapelle de la Ville au Vais que il trouva ouverte et ne sait par qui avait été, et se rend bien certain que n'avoir été aucun des gens dudit sieur de Planguenoual qui l'ont ouverte parce qu'il fut le premier qui donna l'avertissement et qui s'avisa du feu ; et au soir, avoir assisté à la fermeture de ladite porte qui se ferme par dedans avec une barre de bois et toutes les autres avec les clefs, tant par dedans que par dehors. Et étant arrivé à ladite porte qu'il vit ainsi ouverte, se jette au dedans de ladite église pour aller droit à ladite cache pour sauver et mettre hors d'icelle, même desdites armoires, les biens ci-dessus qu'il savoir être dedans ; où il ne put arriver quelque diligence qu'il y put apporter à raison du feu qui étoit si grand par toute ladite église, à raison même du vent qui étoit si grand et si impétueux qui menoit le feu si fort vers le haut de ladite église ou étoit ladite cache et armoire, qu'il n'étoit possible à personne d'en approcher. Et n'y avoit aucun moyen sans se perdre et bruler. En criant au feu par force, se trouva beaucoup de personnes, on fut avisé de mettre des échelles sur ladite trésorerie au pignon où habitoit ladite cache et des trous et pertuis par dehors, au droit desdites armoires pour faire fraction et essayer d'en tirer tous les biens qui étoient. Et y fit le témoin tout devoir jusqu'à l'extrémité ; mais à cause du grand feu et vent, ne put être le vent empêché qu'il ne brulat et consommat tout ce qui étoit dans ladite cache et armoire. Et ce parlant se jetta en bas pour aider à percer le pignon de ladite église par dehors, endroit desdites armoires pour sauver lesdites lettres et ne put être sitôt fait que le feu n'eut tout brulé et consommé lesdites lettres, sans jamais en pouvoir sauver aucuns qui ne fussent reduits en cendres. Et se rend le témoin certain que ledit sieur de Planguenoual avoit fait tout porter et mettre ce qu'il pouvoit avoir de choses de conséquence qui appartiennent à ladite fabrice et frairie de Saint-Michel et à autres, en ladite cache et armoire pour les sauver et mettre en lieu de sureté comme il avent accoutumé faire. Et ne sait la forme et brulement de ladite église, fors que un peu auparavant ouir le tumulte et bruit du feu, il avoit oui des quevaliers (cavaliers) et gens de guerre, puis (depuis) la nuit fermée à l'entour de ladite église. Et est ce qu'il dit savoir du fait ci-dessus, lecture lui faite de sa déposition et a dit contenir vérité et ne scait signer. - 2° Noble messire Jean des Déserts, prêtre de la paroisse dudit Planguenoual, et y demeurant jouque le bourg et cimetière d'icelle église, agé de quarante ans, à son dire, témoin juré par les sacrés ordres qu'il porte, dire vérité, purgé de conseil et enquis d'office sommairement, dit : Que jeudy dernier, vingt-cinquième de décembre, il assista au service de la Feste de Noël en église de Planguenoual où il y avoit de grade congrégation et assemblée de peuple qui assista en pareil aux vespres y dites et celébrées. La nuit advenue dudit jour de Noël, alla souper chez ledit sieur Recteur de Planguenoual, duquel lieu sorti et mis, environ les neuf heures du soir à se retirer et venir à son logis, passa à travers le cimetière de ladite église où il arrêta et passa avis la principale porte de ladite église pour présenter son oraison, sans qu'il apperçut aucun feu ; et comme il étoit à faire son oraison, il ouyt nombre de quevalliers arriver vers ladite église, tellement qu'il se retira promptement. Et tôt après qu'il fut logé en sa dite chambre qui est toute proche du cimetière, entendit un grand bruit de peuple criant au feu, qu'il le causa de sortir dehors et étoit environ les onze heures. Et s'acheminant audit cimetière, apperçut le feu dans les lambrains et couverture de ladite église et le clocher d'icelle déjà tombé par terre et brulé. Et étant entré en icelle, par une petite porte près la chapelle de la Villeauvée laquelle se ferme avec une barre de bois par dedans, et néanmoins la trouva ouverte, sans pouvoir savoir qui l'avoir ouverte ; et se rend certain qu'elle avoit été fermée le soir. Et étant en ladite église, vit le clocher et la plateforme d'icelui tombée par terre et brulée. Lequel voulant aider à sa puissance avec beaucoup d'autres y présents et assistants ledit sieur Recteur qui s'efforçoit de faire ce qu'il pouvoit, avertissant le peuple de s'y employer, afin que tous ensemble ils eussent pu sauver les ornemens, lettres, titres et enseignemens tant de l'église, frairie de St-Michel, frères chapelains que autres qui étoient en une cache dessus la chapelle de la Fontaine-Orain. Et alors ledit sieur Recteur print le sacraire où étoit le précieux corps de notre Seigneur Jésus-Christ pour le sauver et le mettre hors de ladite église, pour l'empêcher d'être brulé. Et se força le témoin pour arriver à ladite cache pour sauver les ornemens qui étoient cachés, entr’autres : (suit la désignation des ornements, objets, titres, papiers, etc., décrits dans la précédente déposition) ..............  Et ne purent sauver que la trésorerie de ladite église qui faisoit séparation (était séparée) de ladite cache. Et n'arrêta le tout de ladite église à être brulé que environ trois heures, non plus que si c'eut été un monceau de paille, tant le feu étoit âpre, par l'impétuosité du vent qu’il faisoit. Et ne pourroit dire ni rendre certain de la cause dudit feu, étant advenu inopinément et sans qu'on ait pu apprendre la forme ni l'embrasement d'icelle, par quelles personnes ni autrement le feu avoit été mis et n'ayant oui aucun bruit que les cavaliers qu'il entendit comme il se logeoit le soir en sa chambre. Et tel est son record, lecture lui en faite, a dit contenir vérité et a signé. - 3° Missire Guyhon Abraham, prêtre de la paroisse de Planguenoual et y demeurant près le bourg et église, agé de vingt-huit ans, à son dire, témoin juré par les sacrés ordres qu'il porte, dire vérité purgé de conseil, et enquis d'office et sommairement, dit que jeudy dernier, vingt-cinquième de ce mois de décembre, il assista au service de la fête de Noël, en l'église de Planguenoual, où il y avoit grande congrégation et assemblée de peuple qui assistèrent en pareil au service et aux vêpres y dites et célébrées. Après le monde être tout sorti et retiré de ladite église, ferma les huis et porte d'icelle, tant avec barres de bois que avec clefs de fer, par dedans et par dehors de ladite église. Et la nuit suivante dudit jour, étant couché chez ledit sieur de Planguenoual, à environ les onze heures du soir, entendit un grand bruit de peuple criant au feu, qui le causa de sortir dehors, et s'acheminant au cimetière avec ledit sieur recteur de Planguenoual et ses autres gens apperçurent le feu étant dans le clocher lequel étoit déjà par terre et au lambrain de ladite église en droit le clocher. Et venant pour entrer dans ladite église, apperçut l'huisset de derrière icelle, près la chapelle de la Villeauvée, ouvert ; lequel il se rend certain l'avoir fermé avec une barre de bois. Lequel voulant aider à sa puissance, avec beaucoup y présents et qui y survinrent, et même ledit sieur recteur se forçant, print le sacraire où étoit le précieux corps de Notre Seigneur et le sauva, priant tout le monde de s'efforcer de sauver les ornements, lettres et garants qui étoient dans la dite église ; et alors le témoin appelant les assistants se força pour gaigner à une caiche qui étoit sur la chapelle de la Fontaine Orain, qui étoient entre autres choses : (suit la nomenclature des objets désignés par le Recteur et par le premier témoin) ...  Et ne pouvoir dire ni se rendre certain de la cause dudit feu ; étant advenu inopinément sans qu'on ait pu apprendre la forme de l'embrasement d'icelui, par quelles personnes ni autrement le feu y auroit été mis. Bien dit que environ les huit à neuf heures du soir, il ouit des cavaliers vers ladite église, comme s'ils eussent passé contre le cimetière ; et est ce qu'il dit. Lecture faite de sa déposition, a dit contenir vérité et a signé. - 4° Antoine Jossept, bouchier de la paroisse de Planguenoual et y demeurant au village de l'Hospital, et - 5° Guillaume Gour, cultivateur, demeurant au Bourg, relatent dans leurs déclarations les faits déjà connus et mentionnent, tous les ornements et papiers qui avaient été déposés dans la cachette, ainsi que quelques provisions de bouche, pour les soustraire à l'avidité des gens de guerre. - 6° François Bréart, maçon de muraille, de la paroisse de Planguenoual et y demeurant, agé à son dire, de cinquante ans, témoin fait jurer par son serment dire vérité, purgé de conseil, et enquis comme les précédens, dépose que à la prière et requête du sieur recteur de Planguenoual, dès le commencement des guerres, présents troubles, il se transporta en l'église de Planguenoual et y étant, ledit sieur recteur lui dit vouloir faire faire une caiche secrette au pignon de la trésorerie de ladite église en un embrun qui étoit pendant en arc sur la chapelle de la Fontaine Orain ; que ne savoir lieu plus propre en ladite église, ni ailleurs, pour ficher et assurer des gens de guerre les ornements, calice, lettres, rentiers, comptes ; autres enseignemens et richesses de ladite fabrice ; même de ceux de la frairie de Saint-Michel ; et en print le pignon (l'opinion) de ce témoin. Lequel après avoir visité ledit lieu et y pensé longuement, trouva que c'étoit le lieu et endroit le plus commode qu'il se put trouver pour faire une bonne et belle et assurée caiche. Et de son métier de maçon y travailla et fit ce qui étoit requis et au-dedans de laquelle, avant même qu'elle fut achevée et accommodée ce témoin vit accommoder et mettre en un coffre et une barrique de bois le tout des ornements, calice, lettres et richesses qu'il avoit accoutumé de voir à ladite fabrice, frairie de Saint-Michel ; même plusieurs grand nombre de biens appartenant audit sieur de Planguenoual, comme accoutrements, linge, et vaisselle d'étaing et d'airain ; et a toujours oui et entendu qu'ils y ont été conservés. Et en parle le témoin pour avoir aidé à y mettre par plusieurs fois, les biens, richesses, lettres et garants, tant de ladite fabrice, frairie de Saint-Michel que dudit sieur de Planguenoual. Même en l'année qu'il étoit trésorier et administrateur des biens et revenus de ladite fabrice en l'an .......... et puis les présents troubles et alors qu'il étoit mention de soldats et gens de guerre qui se acheminassent pour venir sur le quartier, tous les biens de ladite fabrice, frairie et dudit sieur de Planguenoual étoient mis là dedans et conservés toujours, pour quelque siége qui a été passé par l'une et l'autre partie, fust à Lamballe, la tour de Cesson, Moncontour et autres places ; régiment, armée ni compagnie qui aient logé en ladite paroisse et autres lieux ; Anglois, Lansquenets, Espagnols, Lorains et autres nations de gens, qui aient été ravager en ladite église, n'avoir jamais trouvé ladite caiche. Et toujours tous les biens y ont été conservés jusques la nuit de la Nativité de Notre Seigneur, vingt-cinquième de décembre dernier, que le témoin a entendu tous les biens et lettres concernant les biens et revenus tant de ladite fabrice et frairie que dudit sieur sieur de Planguenoual, même de son frère aisné, y ont été brulés, consommés en cendres par le feu inopinément. Même ce témoin a entendu que le tout des lettres, garants, que avoir accoutumé à mettre ledit sieur de Planguenoual en deux armoires qui étoient dans le pignon de la grande vitre de ladite église, derrière le grand autel d'icelle, y ont été brulés et consommés en poudre par le feu ; auxquelles armoires le témoin a vu par plusieurs différentes fois mettre grand nombre de lettres .... parceque c'étoit un lieu de sureté pour les conserver. Est ce qu'il dit et ne sait la forme, ni manière du brulement de ladite église. Lecture lui faite de sa déposition a dit prouver, tenir vérité et ne savoir signer. - 7° Jacques Pensart, charpentier de bois de la paroisse de Planguenoual et y demeurant à la maison de la Villeauvée, agé de trente huit ans, ainsin que dit, témoin fait jurer par serment dire vérité, purgé de conseil et enquis d'office, comme les précédents, dépose : que dès le commencement des guerres et présents troubles ne put autrement cotter l'an, ni le jour, — il fut prié par le sieur de Planguenoual d'aller travailler de son métier, sans savoir à quelle oeuvre c'étoit, jusqu'à ce qu'il ne fut à la demeurance du sieur recteur, où étant en sa compaignie, en l'église dudit Planguenoual, il lui dit et remontre avoir l'intention de faire une caiche secrette, pour conserver des coureurs et gens de guerre qui ravagèrent partout, les ornements, calice, lettres, garants, et autres richesses de la fabrice dudit Planguenoual, de la frairie Saint-Michel, et les siennes. Et après avoir été en plusieurs lieux et endroits de ladite église, trouva que le lieu le plus sur et le plus commode pour faire ladite caiche, c'étoit par entre le pignon de la trésorerie de ladite fabrice, sur l'embrun (le lambris), qui étoit en arc sur la chapelle de la Fontaine Orain ; et ce fait, le témoin accommoda de ce qui étoit nécessaire de son métier ladite caiche sur les embruns, ce qui étoit assez commode et secret, et après qu'elle fut prête, il fut mis le tout des biens et richesses, tant d'ornements que lettres, garants de ladite fabrice et frairie de Saint-Michel et ensemble celle dudit sieur de Planguenoual, que toujours quelque armée, troupe et ravagement qui fussent survenus en ladite paroisse, ils ont été conservés jusqu'à la nuit de la Nativité de Notre Seigneur, que le témoin a notoirement entendu que au brulement de ladite église, ils ont été brulés et consommés en cendres ; et avoir ainsi été mises pour les conserver, à cause du voltigement et ravaigement qui journellement sont en ladite paroisse ….. Et est ce qu'il dit et ne savoir la façon du brulement et embrasement de ladite église par quelles personnes ni comment sinon inopinément (Note : Tous les témoins s'entendent pour dire que le feu avait pris inopinément dans le clocher ; la crainte d'être malmenés par les routiers et gens de guerres, soupçonnés à bon droit d'être les auteurs de l'incendie, les tient évidemment dans une prudente réserve). Lecture lui faite de sa déposition, a dit contenir vérité et ne savoir signer. Ainsi signé à l'original : DES VERGIERS, ABRAHAM, MAUPETIT, P. POUSSIN

la chapelle Sainte-Barbe (XVIème siècle). Edifice rectangulaire du XVIème siècle, restauré et remanié en 1822 et en 1859. On y trouve une tour datée du XVème siècle. La sainte y est invoquée contre le tonnerre. Statues anciennes de la sainte Trinité, sainte Barbe, sainte Vierge, saint Joseph, saint Evêque. La Sainte-Trinité, en bois polychrome, date du XVème siècle ;

Nota 3 : " Nous n'avons aucun renseignement sur cet oratoire que nous n'avons pas visité et qu'on nous a dit avoir été construit au seizième siècle. Il a été remanié et restauré en 1822 comme beaucoup d'autres chapelles le furent à cette époque. Son pardon a lieu le jour de l'Ascension ; on invoque sainte Barbe pour être préservé du tonnerre " (J. Gaultier du Mottay).

la chapelle Saint-Marc (1859). Cette chapelle, édifiée en 1859, remplace une ancienne chapelle. Edifice de plan rectangulaire mentionné en ruines en 1793 et reconstruit en 1859 ; la première pierre fut bénite le 10 juillet 1859. La chapelle est très fréquentée des pèlerins qui y viennent pour la guérison des fièvres. Sur l'ancien édifice, les seigneurs du Val avaient leurs armoiries à l'extérieur et possédaient le droit de coutume et de bouteillage à la foire de Saint-Marc. Le maître-autel, en bois polychrome, date du XVIIème siècle. Le tabernacle est orné des statues de la Vierge Marie et de sainte Marguerite (XVIIIème siècle) ;

Nota 4 : " Reconstruite en 1859 par M. l'abbé Jus, recteur, cette chapelle a conservé un retable à torsades artistement sculpté, moins cependant que deux statues représentant la sainte Vierge et sainte Marguerite, remarquables par leur pose, l'agencement des draperies et le fini de l'exécution ; elles sont de l'époque de la Renaissance. Un aveu rendu en l'année 1757, par Jean Fortier et Françoise de Rabec, propriétaires de la maison du Val, leur reconnaît : « Droit de banc dans la chapelle Saint Marc, au haut, du côté de l'évangile, armoyé des armes des anciens seigneurs du Val .... droit sur les boissons et autres marchandises qui se vendent au pardon de cette chapelle, qui a lieu le jour saint Marc (25 avril) ». On y va invoquer ce saint évangéliste pour obtenir la guérison de la fièvre " (J. Gaultier du Mottay).

la chapelle Saint-Yves du Hourmelin. Edifice rectangulaire avec chevet à pans coupés, réédifié en 1864. Mobilier : Statue de saint Yves et statue de saint Nicolas provenant de l'ancienne église. La cloche provient également de l'église ancienne et porte l'inscription suivante : « J. H. S. année 1683. J'ai été bénite par Messire F. Florian Le Metaer, seigneur du Hourmelin et de la Croixvois, et dame Petronnelle de Queslain, dame du Vauheas et de la Ville-Hervé. Armoiries des Le Metaer et de Quelen » (Peronnelle de Quelen, fille de Guy et Jeanne Arnoul, sir et dame de la Petite Ville-Hervé, était épouse de Jean Le Bottey, sr. de Vauheas, en Moncontour) (R. Couffon) ;

l'ancienne chapelle Saint-Michel, aujourd'hui disparue. De plan rectangulaire et datant du XVème siècle, elle fut vendue en 1903 pour achever l'église. Elle renfermait un retable du XVème siècle représentant la messe de saint Grégoire. La chapelle était entourée d'un cimetière où furent inhumés les pestiférés du XVIIème siècle. Ce petit oratoire remanié à différentes époques, formait un quadrilatère orienté : " En 1869, il a conservé son autel fixe, revêtu d'une assez laide menuiserie. A part une piscine du quinzième siècle, percée dans le chevet, du côté de l'épître, une niche de la même époque établie extérieurement dans la longère sud et abritant une statue barbare du patron de la chapelle, plus une porte avec archivolte ornée de fleurons, il ne s'y trouve rien d'intéressant. Faisons toutefois exception pour un groupe sculpté sur pierre blanche, dernier débris du retable de l'autel primitif et que le digne recteur de Planguenoual, M. l'abbé Pochon, a sauvé des dégradations auxquelles il était exposé, jeté comme il l'avait été depuis tant d'années dans un coin et sous des débris de toute espèce. Ce groupe très délicatement sculpté, se compose de quatre personnages d'environ trente-cinq centimètres de proportion. D'abord un pape debout, revêtu de tous ses insignes, puis une figure nue représentant à peu près un ecce homo, enfin deux seigneurs, homme et femme, en costume du quinzième siècle, à genoux devant la deuxième figure ; leur blason placé devant eux est effacé. Au dessous se trouve une inscription de sept lignes en gothique très angulée, expliquant le sujet de ce groupe, nous n'avons pu y lire que ceci : « Au temps que saint Grégoire, pape, vivait en célébrant le corps ……… en l'église du Panthéon ....... entrer les autres …… suites segrets de la vieille …… ly apparut en telle manière en lignes et semblance comment cy elle est figurée et pour laquelle apparition, il teint et donna et attribua à tous prêtres et religieux qui dévotement s'agenouilleront devant cette figure et diront V fois le pater et lave, mil et…… ans d'indulgence ». Heureusement que la légende vient à notre aide et nous donne, dans la vie de saint Grégoire 1er, l'explication de ce miracle : « Sainct Grégoire disant un jour la messe, la femme qui avoit offert le pain qu'il avoit consacré en la messe, s'approchant pour communier, comme il proféroit ces paroles : "Le corps de nostre Seigneur Jésus-Christ conserve ton âme en la vie éternelle", il apperçeut que ceste femme se sousrioit cela fut cause qu'il rapporta le Sainct Sacrement sur l'autel et acheva sa messe ; laquelle estant dicte, il commanda à la femme de dire devant toute l'assistance, pourquoi elle avoit ry indiscrettement à l'instant qu'elle vouloit recevoir le corps de Nostre Seigneur Jesus-Christ. Après avoir demeuré quelque temps pensive, elle déclara enfin que cestoit pour autant qu'il avoit dict que le pain qu'elle avoit pestry de ses mains estoit le corps de Nostre Seigneur. Sainct Grégoire ayant ouy ceste response, s'agenouilla devant l'autel et se mit en prières avec tout le peuple, suppliant NOSTRE SEIGNEUR qu'il dessillât les yeux de l'âme de cette pauvre femme. Incontinent, la forme consacrée se convertit en chair, laquelle en présence de toute l'assistance, il monstra à ceste femme incrédule, qui fut réduite par ce miracle. Et le peuple demeura confirmé en la foi, et, peu après, l'hostie reprint l'espèce de pain qu'elle avoit auparavant  » (Voir la Vie de saint Grégoire, par le père Ribadeneira). Une touchante cérémonie se pratique dans la chapelle Saint-Michel, le lendemain de la fête de son patron, celle de la bénédiction des semailles. Chaque cultivateur apporte avec lui un échantillon des blés qu'il se propose de mettre en terre, et le mêle ensuite à ceux qui sont destinés aux semences " (J. Gaultier du Mottay) ;

les anciennes chapelles aujourd'hui disparues : - la chapelle de Guihallon, mentionnée en 1495 entre Vauvert et Cadouan. - la chapelle du Terte Heubran, puis Tertre des Nos. - la chapelle du Val-Rouxel, dite ensuite du Val-Bouan. Elle est mentionnée en 1616 dans une rabine de chênes entre Saint-Marc et la Cotentin. Transformée en bergerie, elle a été rasée au XIXème siècle. - la chapelle domestique de la Hazaie. Elle servit de sépulture le 24 janvier 1628 à quatre membres de la famille de Villeauvé, décédés le même jour de la peste. Les srs. de la Hazaie possédaient, d'autre part, une chapelle prohibitive dans l'église où fut placé l'autel du Saint-Rosaire. - la chapelle de Saint-Plestan, dédiée à saint Méen. - la chapelle domestique de la Villeauvais. Elle figure dans un aveu du 2 mars 1642 et existait encore au XVIIIème siècle. - la chapelle de Treutran. Elle est mentionnée au XVIIème siècle au pignon du manoir. - la chapelle de Glatiné. Elle est mentionnée dès 1452. - la chapelle de Vauvert, également dédiée à saint Méen (R. Couffon) ;

la croix des Bignons (XVII-XVIIIème siècle) ;

la croix de l'Hôpital (XIIIème siècle) ;

le château du Hourmelin (XVIIIème siècle), propriété de la famille de Lourmel du Hourmelin. Le domaine appartient en 1536 à Olivier Le Meteer. Ce château possédait jadis une chapelle privée, réédifiée en 1864 par M. le comte de Lourmel et dédiée à Saint-Michel ;

le château du Val-Boüan, propriété de la famille Boüan (ou Bouan) du Chef du Bois. Cet édifice est construit à la fin du XIXème siècle avec réemploi d'une rampe d'escalier du XVIème siècle. Une aile qui date de 1600 est remaniée au XVIIIème siècle avec l'utilisation d'éléments du manoir du Prédéro. Voici une description de J. Gaultier du Mottay, en 1869« Ce manoir reconstruit au commencement du seizième siècle et refondu en grande partie vers l'année 1775, a conservé un gable ou pignon très élégant ; décoré de crosses végétales fouillées à jour. Sa tourelle porte une lucarne à fronton triangulaire de l'époque de la Renaissance. Il appartenait en 1585, à la famille Rouxel de la ville Morhen, dont le représentant était, en 1610, Jean Rouxel, sieur dudit lieu du Val, époux de péronnelle Roger. En 1616, Pierre des Déserts, sieur des Tertres, s'en rendit acquéreur. En 1678 nous trouvons cette terre en la possession de François Denyau (fils de Charles Denyau, sieur de Cangé et de la Crochetière, conseiller au parlement de Bretagne, et de Anne Bouan, dame de Chateaubourg et du Plessis-Pillet) seigneur de Chanteloup, conseiller au parlement de Bretagne ; — En 1757, en celle Jean Fortier, armateur à Saint-Malo ; — en 1772, à Jacques de Rabec, conseiller du Roy, directeur de la compagnie des Indes. — Cette terre fut acquise, en 1803, par M. Boüan du chef du Bois (ou Bos) ; elle est habitée aujourd'hui par l'un de ses petits-fils » ;

le manoir des Bignons (XVIIème siècle) ;

le manoir du Chesnay (XV-XVIème siècle), situé route de la Volée-Cheray. Ce manoir avec tourelle est connu dès 1427. Propriété de Jean Simon en 1536. Le linteau de la cheminée porte les armes de la famille Le Blanc de Quengueret ; 

le manoir de la Hazaie ou Hazaye (XV-XVIIème siècle). Propriété de la famille La Hazaye ou Hazaie (en 1414), de François Poullain (sieur de La Ville-Salmon) en 1536, puis de la famille Bouilly (XVIIème siècle). Le fief de la Hazaie est transmis à la baronnie de la Hunaudaye par Françoise de Tournemine lors de son mariage en 1541. Louis du Bouilly reconstruit le manoir au XVIIème siècle avec réemploi d'une porte du XVème siècle. Le manoir possédait jadis une chapelle privée dans laquelle quatre membres de la famille de la Ville-Auvais, morts de la peste, ont été inhumés le 24 janvier 1628  ;

le manoir des Houssayes (XVIème siècle). Propriété de Mathelin de La Villéon en 1427 ;

le manoir de Vauvert (XVIème et XVIIIème siècles). Propriété de Roland de La Marre en 1536 ;

le manoir de la Ville-Auvais (XVIème siècle). Propriété de Thomas du Breil puis de Louis Collet en 1536 ;

le manoir de la Ville-Méen (XIV-XVIème et XVIIIème siècles). Propriété de Jean Berard en 1427 et de Lancelot Berart en 1536 et en 1569 ;

le manoir de la Petite Ville-Hervé (XVIIIème siècle), édifié par la famille Quélen puis propriété de la famille Le Bottey. Le domaine de La Ville-Hervé appartient à Roland de La Marre en 1536 ;

le moulin à vent des Tertres, de Villeauvais, de la Hautière ;

A signaler aussi :

le pigeonnier du manoir de Vau-Joyeux ou Vaujoyeux (XVIème siècle). Propriété de la famille de Rochefort, puis des seigneurs du Hourmelin (ou Houmelin). Propriété d'Olivier Le Meteer, sieur de Houmelin, en 1536. Il est de plan carré flanqué de quatre absidioles. Voici comment J. Gaultier du Mottay décrit le manoir de Vaujoyeux, en 1869 : « Le Vaujoyeux a fait partie, pendant près de deux siècles de la seigneurie du Hourmelin. Il possède une belle cheminée du seizième siècle et surtout un colombier d'une forme très élégante et que nous croyons unique dans notre département. Qu'on suppose un quadrilatère de six mètres en tous sens, flanqué, sur chaque angle, de tourelles de trois mètres de diamètre, dont les voûtes en dôme viennent se confondre dans une coupole générale et très hardie, construite en pierres et qui couronne tout l'édifice, laissant à son sommet un vide circulaire pour permettre aux coulombs destinées à l'habiter, d'entrer et sortir quand il leur convient, et l'on aura une légère idée de cette jolie construction. L'intérieur est percé d'innombrables trous carrés, formés avec des matériaux de choix ; chaque tourelle y forme une immense niche, percée elle-même de trous régulièrement disposés ; au centre, un large bassin en pierres reçoit l'eau du ciel de manière à en tenir toujours à la disposition de ses habitants ailés » ;

l'établissement du Prédéro (époque gallo-romaine) .

l'ancien manoir de Prédéro, aujourd'hui disparu. Cet ancien manoir, converti, vers le milieu du XIXème siècle, en élégante villa, était très important au quinzième siècle, à en juger par quelques débris qui existaient encore en 1869 de cette époque. Il était possédé en 1496 par Jehan le Bigot, époux de Rollande Bérard, sieur et dame du Prédéro, lesquels rendirent le 30 août de cette année, aveu au comte de Penthièvre pour des biens qu'ils possédaient à Lamballe. — En 1542, par Jehan le Bigot, escuyer, sieur du Prédéro, âgé de quarante ans, qui comparait dans une enquête provoquée par son ami Lancelot Bérard, sieur de la Villemain, au sujet de prééminences qu'il prétendait posséder dans l'église de Plérin, — en 1673, par Gilles de Kergu, sieur du Prédéro ; — en 1690 par Marie Delpeuch, veuve de Charles de la Goublaye. — En outre, plusieurs tenues appelées les fiefs et bailliage du Prédéro, étaient possédées, en 1692, par René de Kergu (J. Gaultier du Mottay) ;

la sépulture de la Corderie (époque gallo-romaine) ;

les substructions de Treutan (époque gallo-romaine) ;

la découverte d'un dépôt d'objets de l'Age du bronze au Crapon ;

l'atelier de céramique du Frêche-Clos (époque carolingienne).

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ANCIENNE NOBLESSE de PLANGUENOUAL

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, trois fiefs principaux, se partageaient la paroisse de Planguenoual : 

- 1° Le comté, et en 1569, le duché de Penthièvre. Suivant aveu rendu le 5 Septembre 1682, Louis Joseph, Duc de Vendôme, de Penthièvre, etc. « déclare qu'il tient et possède du Roy, notre souverain, seigneur, à foi et hommage …. le pays et duché de Penthièvre ès membre de Lamballe …. être seigneur, fondateur et premier prééminencier, après le Roy, des églises, couvents, abbayes et prieuré qui sont dans l'étendue de la dite seigneurie, savoir : les paroisses de … Planguenoual, etc … Droit de haute, moyenne et basse justice ressortissant nuement du parlement, comme duché et pairie, ayant tout ferme droit y attribué et qui peut y appartenir …. Droit de pourvoir tous officiers, savoir : sénéchal, alloué, lieutenant, procureur fiscal ; — de pourvoir des procureurs, postulants et sergents audienciers, et dans chacune des dites paroisses, des notaires, arpenteurs et sergents en tel nombre qu'il juge à propos » (Archives départementales, fond de Penthièvre, seigneurie de Lamballe). 

- 2° La Baronnie de la Hunaudage (Note : Il importe de ne pas confondre cette Baronnie, qui faisait partie de celle de Châteaubriant, avec une multitude de baronnies qui ont été créées au dix-septième siècle et depuis. Il existait en Bretagne neuf Baronnies d'ancienneté, représentant les successeurs des premiers comtes de la province. Leurs titulaires siégeaient toujours à côté du prince dans ses conseils ; c'étaient au treizième siècle les sires de Rohan, de Vitré, de Malestroit, de Châteaubriand, de Retz, de la Roche-Bernard, d'Ancenis, d'Avaugour et de Fougères. — Quant à la Hunaudaye, proprement dite, elle fut érigée en Baronnie en 1487, en faveur de François Tournemine qui la possédait alors) dont les possesseurs portaient en outre le titre de Barons de Montafilant et de Châteaubriant ; leur fief dans cette paroisse portait le titre de Seigneurie de Chateaubriant, en Plangnenoual. Un acte daté du 18 mars 1509, contenant un aveu rendu au comte de Penthièvre par haut et puissant seigneur Jean de Laval, sire de Châteaubriant, etc., mentionne « La seigneurie de Planguenoual dont les officiers habitent le chemin chaussée, où se tiennent également les plaids ». Elle se composait alors du domaine et terres du Coudray, du clos de Beaumanoir, d'un autre clos prés du bourg dans lequel existaient des ruines de maisons et un colombier ; enfin quatre-vingt-sept rentes ou tenues qui étaient toutes solidaires. De plus, ledit Jean de Laval, possesseur des seigneuries de Montafilant et de Châteaubriant déclare qu'il a les prérogatives d'un haut justicier et le droit de forcer ses vassaux de Planguennual à faire l'office de sergent quand ils sont roturiers ; ces derniers sont alors exempts de fouages pendant l'année ; ils recueillent les rentes, taux et amandes à l'avouant. Le seigneur de Planguenoual a de plus droit d'épaves, de galois (meubles en deshérence), de succession de bâtard, de lots et ventes au huitième, et la faculté de prélever un impôt de six sous sur chacun de ses vassaux pour le droit de guet. Au mois de Janvier 1547, Claude d'Annebaud, seigneur de la Hunaudaye, exprime, dans un aveu rendu au comte de Penthièvre, les mêmes prérogatives que ci-dessus ; il ajoute qu'il a de droit de coutume et de bris au port de Jospinel et aux environs, d'avoir les poissons royaux qu'on prend aux mêmes endroits comme esturgeons, hures de mohons (marsoins) et autres, droits de sceaux sur les actes, et ceux d'avoir un auditoire, pot, collier, sep et fourches patibulaires, « le tout en ruine ». Il déclare enfin que la seigneurie de Planguenoual, membre de celle de Châteaubriant, a été acquise par ledit Claude d'Annebaud, de Jean de Laval, sire de Châteaubriant. Après avoir successivement passé entre les mains de Jean d'Annebaud (1555), René de Tournemine (1583), Jean Gustave de Rieux (1691), la terre de Planguenoual se trouvait en 1729, en la possession de Jean Sevère, comte de Rieux, propriétaire des Baronnies de la Hunaudaye, Montafilant, Châteaubriant, vicomte de Pléhérel, Seigneur du chemin chaussée, etc. L'aveu qu'il rendit le 7 mars de cette année (1729), contient les renseignements suivants : Rentes sur le domaine du Coudraye et le clos de Beaumanoir et sur les tenues ; 1° de Pellan, — 2° des Déserts, — 3° de Gilles le Testu, — 4° de Gilles Patenostre, — 5° de Mahé Jonet, — 6° de Jean Bréart, — 7° de Guillemette le Borgne, — 8° de Jean Quessart, — 9° de Jean Hervé, — 10° de Jeanne Dolo, — 11° d'Isabeau Chandoisel, — 12° de Jean Bèdes, — 13° de Jean Bernard, — 14° de Pierre Guihier,— 15° de Faucillon, — 16° des Hassuts, — 17° du Chêne Glau, — 18° de la Boulaye, — 19° de la ville Dronio, — 20° des champs Floury, — 21° des Besnard, — 22° de Boulangier — 23° des Hauts Champs, — 24° de Méligneu, — 25° de la Villemain, — 26° du fief Bogard, — 27° du Ménagier , — 28° du fief Ruffier, — 29° de la Villesnen, — 30° du fief des Hars, — 31° de la ville Houssaye, — 32° de Rochello, — 33° de la Cotentin, — 34° du Gaborel, — 35° du Boisfarogie, — 36° de Vauvert, — 37° de la ville Hervé, — 38° de Hastic,— 39° de la Morvan, — 40° de Crénel, — 41° de Gratien et Cochin, — 42° du tertre Herleban, — 43° de Lanervel, — 44° du Pendant, — 45° de Galaye, — 46° du Marcheix, — 47° de la Dorbelaye, du clos Rouxel, du tertre Geffroy et de la Croix, — 48° du fief Madeux, — 49° de Launay, — 50° de le Bloy-Ruflay, — 51° du fief Hercouët, — 52° du tertre Hendebrand, — 53° de Perrot Fanaties et du clos Haussecul, — 54° de la ville Morvan, — 55° de la Marre Guérin, — 56° du fief Chaton, — 57° du fief dame Jouanne, — 58° du fief Poitrine, — 59° de la ville Mérien et de la tour Pigeon, — 60° de la tenue ès Chapons et du tertre Blanche, — 61° du pré au Bas, — 62° de sur les Noes, — 63° du fief au Chat, — 64° de la touche — 65° de la Vieuxville, — 66° des Pontsgneux, — 67° de la Saudraye, — 68° du Tertre Auvesque, — 69° du Ruflay, — 70° de la tenue du Massay, — 71° de la ville Costard et de la ville au Pelhis, — 72° des Bas champs et des champs de l'épine, — 73° du Boueffouge et de huit autres maisons, — 74° de la tenue RouXel, — 75° de Cédran et du Coudray, —76° des rues Tréhu, — 77° de la ville Hazaye, —78° du fief au Chantoux, — 79° du fief Hercouet, — 80° de la Colombière, — 81° des champs Quétier, — 82° du buisson Francine, — 83° de Largentais, — 84° de Pellaire, — 85° du fief Caro, — 86° de la tenue Hervé, — 87° des tenues de Creneforét, Lannervel, des Hauts fossés, de la ville Parigne, de la ville Perin et de la ville au Chat, — 88° la tenue de Lenervel, — 89° la tenue de Cadouan, — 90° la tenue du Hourmelin, — 91° la tenue Caro, — 92° du chef du Bosq, — 93° des Cobureaux , — 94° du fief Faucillon, — 95° du chêne Glace, — 96° de la ville Dronio, —97° de Vauvert, — 98° des Desserts, — 99° de la communauté de Lannervel, — 100° de la ville Mélignen, — 101° de la tenue Villemain , etc... (Note : Nous nous sommes décidés à faire connaître sommairement la liste des tenues situées en Planguenoual, laissant de côté celles qui se trouvaient en Morieux). En résumé, ajoute l'aveu, après avoir reproduit les droits seigneuriaux et autres qui ont été rappelés plus haut, la seigneurie de Châteaubriand en Planguenoual s'étend dans ladite paroisse et celle de Morieux. « Elle a la seigneurie et fondation de l'Eglise, du cimetière et du presbytère de Planguenoual ; elle a droit de haute justice et droit de bris ; elle aurait même droit de guet, si elle y avait un château ; elle n'est point sujette à rachat pour la partie qui est en Planguenoual et elle y est presque toute »

- 3° La vicomté de Saint-Denoual. Cette troisième seigneurie dont les droits honorifiques étaient moins élevés au point de vue des prérogatives, paraît avoir eu plus d'importance que les deux autres, au point de vue des revenus et des redevances qu'elle possédait dans la paroisse de Planguenoual. Elle appartenait au quinzième siècle à Olivier de Saint-Denoual ; en 1583, à l'un de ses descendants Georges de St-Denoual ; en 1635 à la famille de Saint-Guétas ; en 1699, à Charles de la Moussaye ; en 1736, à son fils, Anne-François-Célestin de la Moussaye. Toutefois, ce qu'on appelait ici Vicomté de Saint-Denoual, n'était que la partie de cette terre, située en Planguenoual. Nous extrayons de l'aveu rendu le 2 mai 1612, par Jean de Saint-Guétas, vicomte de Saint-Denoual, à César de Vendôme, duc de Penthièvre (Archives des Côtes-d'Armor, — seigneurie de Lamballe) les renseignements qui suivent : L'avouant cite d'abord quelques seigneuries de la paroisse relevant de sa vicomté. 

« Messire Allain de Lesquen, sieur de la ville Méru et de la ville Auvaye, pour son lieu et manoir de la Ville Auvaye, comme il est basty et construit auvé ses chambres, salles, offices, celliers, greniers, granges, escuryes, portail, chapelle, cours, issues, déports, jardrin où est le coulombier »

« Escuyer Jean Le Mestayer (Métaër) sieur du Hourmelin et du Vaujoyeux, tenu prochement et noblement du dit sieur Vicomte, vassal (de Penthièvre), pour le lieu et domaine noble du Vaujoyeux, auvé une pièce de terre dans laquelle il y a coulombier de pierres à quatre tourelles, etc. »

« Escuyer pierre Le Métaire (sic) sieur du Dorbelais, tient partie du corps de logis de La Rue, le bout vers soleil couchant, quelle partie est à présent ruisnée »

« Dame Gilette Bérard, femme et épouse de messire François Gouyon, sieur et dame du Plessix et de la Villemain, tient du dit vicomte la maison noble du Glangier (ou Gurangier) avec ses issues, déports, jardrins, etc. »

« Semblablement, escuyer Hiérosme Bernard, sieur do l'Isle Aval, et de Bienlyvient, tient prochement la maison et manoir de Bienlyvient, auvé ses logis et bastiments, en laquelle il y a une fuye ou reffuge à pigeons, cours, yssues, granges, mestairies, jardrins, vergers, chesnais, et bois de haulte futaye au derrière de la dite maison »

« Messire François Rouxel, sieur recteur de Planguenoual et de la Croix Vayé, tient pareillement dudit seigneur vicomte, des manières où étaient anciennement la métairie dudit lieu de la Croix vayé, les étables, pourprix, et le jardin étant au derrière, etc. »

Nous remarquons encore parmi les nombreux propriétaires nobles dont les biens relevaient en proche fief de la vicomté de Saint-Denoual, en Planguenoual : François Bégion, pour le manoir des Bignons ; — Mathieu de Bomport, pour la maison noble de Cadouan ; — Julien Bertho, sieur de Tremilliac, pour « la maison et mestairie noble de Beaulieu, cour, chesnaye, bois de haulte futaye » ; — Marguerite Bertho, dame de la Villemarqué pour le manoir de Poryes, autrement appelé le Bois-Bertho ; — Pierre Guillemot, sieur de Vauvert et Guillemette Rouxel de Saint-Pabu, pour la propriété des côtes Hunault, en ruines, au quartier-dixme de Quihallon ; — François Bouan, sieur de la ville Hatte, pour la maison de Pélinée ; — Escuyer Georges de la Moussaye, sieur du Val, pour plusieurs pièces de terre, — René Dubreil, sieur du Clos Neuf, pour divers héritages ; — René de Quergu, pour la métairie du Tertre des Noes ; — Jean Bouan,  sieur du Fresche et de Beaurepaire ; — Julien Constantin, sieur de la Ville Tanet, pour le lieu et maison noble de la Fontaine Orain ; — Christophe Collet, sieur de Cargré, pour ledit manoir de Cargré ; — Jacques Le Métayer et dame Marie Arnoul, sa compagne, sieur et dame de la Ville au Roux et de la Ville Hervé, pour la maison noble du Gué de la Marre ; — François Le Roy, sieur de Vaugré, pour « la maison noble de Treutran, avec sa mestayrie, bastiments, cours et jardins au derrière, ensemble le déport où est la fontaine et ses sauldrays, y plantés autre jardrin au pignon de ladite maison, vers soleil couchant au bout duquel est scituée la cbapelle dudit lieu de Treutran » [Note : Il existait également Treutran, une autre tenue dite « la tenue de la Juveigneurie de Treutran, sur le tout de laquelle et des habitants estant en icelle, il est deus à la dite seigneurie et vicomté de Saint-Denoual, en Planguenoual, par chacun an, au jour et fête de la commémoration des défunts, dix deniers monnaie-obole, rente appelée cens ; et par chacun jour et vigile de Noël vingt et deux deniers monnois, rente appelée Chair et trois perées bled etc. mesure de Lamballe » (Titres de Penthièvre)]. — Enfin un grand nombre de tenues. Le déclarant affirme en outre que tous ses tenanciers « en cette vicomté et paroisse de Planguenoual, lui doivent foi, hommage, etc, lorsque le cas y échet ; mais qu'il n'en doit point aux prince et princesse de Vendôme pour cette dite vicomté ». Jean de Saint-Guétas détaille aussi les franchises qui couvrent ses vassaux. « Et d'abondant il a droit et privilège, franchise et exemption pour ses dits hommes subjets, demeurant sous sa dite vicomté, des devoirs de guet, coutume et pavage, et pour toute espèce de denrées et de marchandises prouvant leur crû et de leurs héritages qu'ils pourront vendre et débiter aux foires et marchés ordinaires de la ville de Lamballe ». « Comme en pareil lui compette et appartient en fonds privativement et à tous autres, tous et chacun des communs, landes, et gallourds, qui sont et se retrouvent assis et enclavés en l'étendue desdits fiefs, en la susdite paroisse de Planguenoual, avec les chapelles étant dans ses fiefs et lui appartenant aussi de temps immémorial par raison de la dite vicomté, les droits, profits et émoluments qui peuvent échoir et advenir des pescheries étant à l'embouchure du Port-Morvan et autres lieux, propres à la pesche, étant situés à vis des dits fiefs » (J. Gaultier du Mottay).

 

Le titre de vicomte de Planguenoual est portée, dès 1488, par les seigneurs de la vicomté de Saint-Denoual en Planguenoual (Archives des Côtes d'Armor, 1E 2772). Cette vicomté appartient successivement aux familles Saint-Denoual (dès 1417), Saint-Gueltas (dès 1634) et La Moussaye (dès 1712).

Avant la Révolution, les juridictions et maisons nobles de Planguenoual étaient : Saint-Denoual (haute justice) qui appartenait à M. de la Moussaye. La Ville-Auvais (haute justice). Le Hourmelin (moyenne justice) qui appartenait à M. Le Metaer du Hourmelin. La Ville-Men (moyenne justice) qui appartenait à M. de la Villéon. Le Tertre-Denos (basse justice) qui appartenait à M. de la Bouexière. Le Val (moyenne justice) qui appartenait à M. de Rabec. On mentionne aussi les maisons nobles du Crouet, la Ville-Hervé, Vauvert et la Ville-Gourio. Cette dernière appartenait, en 1380, à Rolland de la Villéon (conseiller du duc de Bretagne).  

Lors de la réformation de janvier 1427, on mentionne à Planguenoual les nobles suivants : Regnault Gourhant, Perret Picquart, Jehan Picquart, Perrot Fortin, Hamon Thomas, Olivier Le Bigot, la déguerpie Colin de Saint-Qué, Ruallen de Rochefort, Jean de Rochefort, Guillaume Collet, Roland Robert, Robert du Breil, Jouhan Le Gouz, Théphaine Champion (déguerpie Perret Le Gor), la déguerpie Geffroy Urvoy, Pierre Tison, Perret Grafion, Olive Josset (déguerpie de Thomin Josset), Olivier de Pellan, Pierre de La Houssay et Jeanne de Pellan, Jean de Kergoet, Bienvenue de Pellan (déguerpie Olivier Regnault), Mathelin Fortin, Jehan de La Marre, Ermine Cotentin (déguerpie Johan Cotentin), Mathelin Le Mestre, Bertrand de Brehant, Jeanne Rimou (déguerpie Guillet Simon), Jouhan Mignart, Jehan de Brehant et sa mère, Perrette Gouray (déguerpie Hamon Gouray), Thomas de La Houssaye, Colin de La Houssaye, Mathelin Brunel, Thomas de La Villeon, Jean Bernart, Juhel de La Houssaye, Olivier Jegu, Olivier de Lhospital, Jean Gaudin, Jean Le Forestier, Thébaud de La Brouxe, Denis Robert, Jeanne Rimou (veuve de Jean de La Court), Jean de La Court, Colin Le Forestier, Marjou Piron, Jehan Simon, Jouhan Garrouet, Thomas Simon, Pierre Labbé, Perrote Bloin (déguerpie Juhel Labbé), Thomas du Breil, Guillaume et Pierre Chapelle, Jean de La Hasaye, Alain Le Metaers, Jean Le Noir, Jean Gouray, Noël de Saint-Qué, Jean Gourhant, Jehan Le Gales. On mentionne aussi les métairies suivantes : Le Port-Pily (à Alain des Desers), Saint-Quay (à Ruallen de Rochefort), La Ville-Bellanger (à la déguerpie Michel Morvan), Saint-Praetan (au sieur de Coellogon), la métairie de Guillaume Collet, la métairie d'Etienne de Brehant, la métairie de Bretrand de Brehant, Launay (à Thébaud Berard), Carrivan (à Bertrand de Brehant), La Rue (à Guillaume Visdelou), La Croix-Voie (à Thébaud Berart), Le Chemin-Ferré (à Ermine Cotentin), Les Houssaies (à Mathelin de La Villeon), La Ville-Méen (à Jean Berard), Le Tertre (à Jean de La Motte), Guébrébault (au sieur de Guémadeuc), la métairie des enfants de Thébaud Cotentin. 

Lors de la réformation du 9 mars 1536, on mentionne à Planguenoual les maisons nobles suivantes : Le Chemin-Ferré, La Haute-Chambre, Le Glolais, La Rivière, Le Massay, Le Port-Morvan et La Grand-Maison (à Jehan Millon, sieur du Chemin-Ferré), La Ville-Gourio (à Jehan de La Villeon), La Ville-Auvais, L'Hôpital et Le Tanoisel (à Louis Collet, anciennement à Thomas du Breil), Cargré, Le Repozouez, Rouhello et Bois-Bonnefoy (à Pierre Budes), La Ville-Salmon, La Hazaie, Les Vieilles-Hazaies et La Roche-Guy (à François Poullain, sieur de La Ville-Salmon), La Ville-Hervé, le Gue-de-la-Marre, Vauvert et Cadouan (à Roland de La Marre), Vaujoyeux, Lebloy, La Rue, Le Hourmelin, Le Petit-Hourmelin et La Ville-au-Roux (à Olivier Le Meteer, sieur du Hourmelin), Le Chesnay et Le Tertre-Simon (à Jehan Symon ou Simon, sieur du Chesnay), Le Tertre-Heudebran (à un nommé des Noes), une autre Tertre-Simon et Lambert (à un nommé Pyron), La Patouille (à Jehan Bertho), La Maison-Gorgeart et Beaulieu (à Jehan Bertho), La Ville-Méen et Le Glangier (à Lancelot Berart), Le Guyhallon (à Pierre Potentin), Bien-y-Vient (à Jehan Bernard), Les Vieilles Hazaies (au sieur Boais-Feillet), Saint-Plestan (à Jacques de La Moussaye, sieur de La Gandaiziere), Beaurepaire (à Matheline de La Houssaye), Saint-Quay (au sieur de Rigourdaine), Treutran (à Matheline Thomas), la maison de Saint-Marc, Le Pont-Rouault et le Port-Bily (à Alain des Desers), Saint-Marc (à Jacques Le Meteer, anciennement à la famille Jocetz), La Croix-Voie et Launay (à Péronelle Dapvrille), La Tricherye (au sieur de La Fosse-Davy), La Ville-Laiaume (à Jehan Rouxel), Glatinais (au sieur de La Noe), la terre de La Longuerais (à Guillaume Urvoy, anciennement à Berthelot des Desers).  

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc de 1480, on comptabilise la présence de 56 nobles de Planguenoual :

Lancelot BERARD (100 livres de revenu) : excusé comme appartenant à une compagnie d’ordonnance ;

Lancelot BERARD de la Ville-Main (400 livres de revenu) : comparaît comme homme d’armes ;

Charles BERNARD (50 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Jehan BERNARD de Bienluyvient (50 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une vouge ;

Jehan BUDES de Quergret (70 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Roland BUDES (20 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Pierre CHAUCHART (10 livres de revenu) ;

Olivier COLLET de la Villeauvais (400 livres de revenu) : comparaît comme homme d’armes ;

Guillaume COSTANTIN : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Olivier COSTANTIN (2 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Pierre COSTANTIN (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Roland DE LA GOUYBLAYE (140 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan DE LA HOUSSAYE (40 livres de revenu) ;

Jehan DE LA HOUSSAYE (80 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Jehan DE LA HOUSSAYE de Menguen : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Pierre DE LA HOUSSAYE (5 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Thomas DE LA HOUSSAYE (4 livres de revenu) ;

DE LA HOUSSAYE de Haute-Chambre (10 livres de revenu) ;

Jehan DE LA MARRE (30 livres de revenu) ;

Pierre DE LA MARRE (120 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Roland DE LA MOTTE (300 livres de revenu) : comparaît comme homme d’armes ;

Margot DE LA PICQUENAYE (25 livres de revenu) ; porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan DE LA VILLE EON (400 livres de revenu) : comparaît comme homme d’armes ;

Roland DE ROCHEFORT (400 livres de revenu) ;

Jehan DES DESERTS (50 livres de revenu) : porteur d’une brigandine ;

Jehan DES DESERTS (100 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une pertuisane ;

Mathelin DU BREIL (30 livres de revenu) ;

Thomas DU BREIL (30 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une vouge ;

Mathelin DU PRE : porteur d’un paltoc et comparaît en archer ;

Guillaume GOURET : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une pertuisane ;

Colin GOURHANT (20 livres de revenu) : porteur d’un paltoc et comparaît armé d’une jusarme ;

Thomas GOURHANT (10 livres de revenu) ;

Jehan HELIGUEN de Bonnefoy (5 livres de revenu) : porteur d’une brigandine ;

Guillaume JOSSET (40 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une vouge ;

LABBE (5 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Jehan LE BIGOT (120 livres de revenu) ;

Jehan LE COURT (15 livres de revenu) ;

Pierre LE GOUZ (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Thomas LE GOUZ (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Mathelin LE MAISTRE (5 livres de revenu) ;

Jehan LE METAYER de Hourmelin (40 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Lorance LE MOUENNE représentée par Guillaume CORBEL (60 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Pierre LE NOIR (20 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une vouge ;

LE TESTU (5 livres de revenu) ;

Pierre MILLON (100 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Pierre PENSART (5 livres de revenu) ;

Thébault QUETAR (2 livres de revenu) ;

Jehan REGNAULT (50 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan RIQUART (2 livres de revenu) ;

Thomas ROLLAND (5 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une vouge ;

Jehan ROUXEL de le Val (30 livres de revenu) ;

Julien ROUXEL (40 livres de revenu) ;

Jehan SYMON de Lambert (20 livres de revenu) : porteur d’une brigandine ;

Thébault SYMON (60 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Thomas SYMON (20 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume THOMAS (30 livres de revenu) ;

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