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ORGERES |
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La commune
d'Orgères ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE d'ORGERES
Orgères vient du latin "hordeum" (orge) lieu où l'on cultive l'orge.
Saint-Martin, patron de la paroisse, aurait vécu en ermite dans le village de l'Hermitière. La paroisse d'Orgères remonte au XIème siècle et dépendait autrefois de l'ancien évêché de Rennes.
Les commencements d'Orgères ne nous sont guère connus que par les seigneurs de ce nom. Dès 1148 nous voyons apparaître à la cour du baron de Châteaugiron Payen d'Orgères. En 1181, Hervé d'Orgères et Evelin, son frère, sont signalés par Philippe, évêque de Rennes, comme étant les bienfaiteurs de l'abbaye de Savigné. Enfin, en 1193, Guillaume d'Orgères figure parmi les conseillers de la duchesse Constance de Bretagne (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 602, 603, 682 et 724).
Le Nécrologe
ms. de Saint-Pierre de Rennes nous apprend également qu'à une époque
reculée, vraisemblablement au XIIIème siècle, Mainfinid d'Orgères donna aux
chanoines de Rennes les dîmes de sa terre d'Orgères. Aussi au siècle suivant
ces chanoines faisaient-ils dans la cathédrale les services anniversaires de ce
seigneur et d'un de ses descendants, Jean d'Orgères, seigneur d'Orgères et du
Plessix-Bardoul. Si nous rapprochons de ces faits cette circonstance que le
prieuré de Saint-Denis de Rennes ayant été fondé au XIIIème siècle, le
titulaire de ce bénéfice reçut entre autres choses de l'évêque le droit de
présenter la cure d'Orgères et d'exiger une pension du recteur du lieu, nous
sommes amené à conclure que la paroisse d'Orgères, existant certainement au
XIIIème siècle, peut fort bien remonter au XIIème et peut-être même au
XIème siècle. En l'an 1240, il est aussi fait mention du bourg et de la
paroisse d'Orgères, « burgum et parrochia de Orgeriis ». Geffroy de
Pouancé, seigneur de la Guerche, y avait alors quelques biens qu'il donna en
dot à sa fille Thomase, lorsqu'elle épousa André de Vitré (Dom Morice,
Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 602, 603, 682 et 724). Quant à l'opinion
émise par l'annotateur du Dictionnaire de Bretagne (II, 251), « qu'il
paraît que la paroisse d'Orgères était desservie par une communauté de
religieux établis dans le bourg », il faut bien avouer que rien ne
justifie cette assertion. Elle n'a pas plus de valeur que le rapprochement fait
plus bas par le même auteur entre la date 1498 inscrite sur les premiers
registres de paroisse et « l'érection de l'église actuelle » (Pouillé
de Rennes).
En 1790,
M. Vanneau, recteur d'Orgères, déclara qu'étant seul décimateur dans sa
paroisse, il levait la dîme à la onzième gerbe sur les grains, lins et
chanvres, ce qui lui rapportait 4 500 livres de rente. Mais sur cette somme il
devait payer les décimes, fournir une pension de 350 livres à son vicaire, et
remettre au Chapitre de Rennes, chaque année, deux mines de seigle estimées 72
livres (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 25). Cette dernière
charge remplaçait la pension due primitivement au prieur de Saint-Denis, dont
le titre avait été aboli en 1728. Depuis cette dernière époque aussi le
recteur d'Orgères, présenté jusqu'alors par le prieur, était devenu à la
nomination de l'ordinaire (Pouillé de Rennes).
Le château d'Orgères témoigne de l'importance de cette seigneurie, érigée en baronnie en 1664. La seigneurie d'Orgères fut érigée en châtellenie en 1640 et en baronnie en 1644 (en faveur de Gabriel de Bourgneuf) et 1774 (en faveur de M. de Bonescuelle) et relevait à l’origine de la seigneurie de Bourgbarré, puis directement du roi à partir de 1640. Elle appartient successivement aux familles d'Orgères, Morand, Bouédrier, de Bourgneuf, d'Argentré, Déniau, de Cornulier et de Bonescuelle. L'auditoire de la seigneurie d'Orgères se trouvait jadis près de l'église et celui de la seigneurie Noyer se trouvait au bourg. Le cep et collier de la seigneurie d'Orgères se dressaient autrefois à l'entrée du cimetière.
La tradition conserve le souvenir d'un combat livré entre Républicains et des Chouans à la Cour d'Orgères, près du château. Orgères est la patrie du comte de Bonescuelle, lieutenant général sous Louis XVI, et de l'abbé Vanneau, député à l'Assemblée Constituante en 1789.
On rencontre les appellations suivantes : Orgiariœ (en 1148), Orgeria (en 1181), ecclesia de Orgeriis (en 1516).
Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse d'Orgères : Bertrand de Montgermont (vers 1397), Jehan Rualon (en 1447), Vincent Le Tort (vers 1469), Guillaume Rualon (décédé vers 1498, il fonda en son église la chapellenie dite du bourg, consistant en trois messes par semaine, lundi, mercredi et vendredi), N... Le Bigot (décédé en 1530), Jean Moulnier (en 1531), Martin Jubin (en 1554), Pierre de Champalaune (décédé vers 1576), Martin Jubin (décédé vers 1580), Jean Le Ray (en 1580), Julien Texier (décédé en 1595), Frère Richard Didier (décédé en 1607), Jean Peschant (1605-1619), Gabriel Peschant (décédé en 1630), Jean Sorin (en 1630 et en 1638), Pierre Fougler (1649-1665), René Coué du Mortier (1665-1690, inhumé au pied de la croix du cimetière), Pierre Brossier (1690-1705), Philippe Le Roy (en 1705), Jacques Gesnouin (1712-1734), Jean-Baptiste François Samson du Gage (en 1734), Jacques-François Hervoët (1734-1741), Joseph-Charles-Sébastien Geffelot de Marigny (1741-1757), Jean-Baptiste Guesdon (1757-1778), Suzanne-Gilles Vanneau (1778-1789), Pierre-Marie-François Monnier (1803-1813), Joseph Jollivet (1813-1824), Jean Beaugendre (1824-1871), François Geffrouays (à partir de 1871), ....
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PATRIMOINE d'ORGERES
l'église Saint-Martin (XI-XV-XVII-XIXème siècle). Saint Martin de Tours est le patron de l'église d'Orgères. C'était jadis une simple nef accostée de deux chapelles seigneuriales au XVème siècle, celle du Noyer au Nord et celle du Châtenay au Midi. On releva le choeur et on construisit deux transepts ou bras de croix dès le XVIIème siècle. La nef, un peu plus ancienne, est sans style, et la tour ne date que de 1844. Les barons d'Orgères étaient seigneurs supérieurs, fondateurs et prééminenciers de cette église. Dès 1484, Jean Moraud, seigneur d'Orgères, fut maintenu dans la possession d'un banc à accoudoir placé dans le choeur, près du maître-autel, du côté de l'évangile. En 1674, Calliope d'Argentré, veuve d'Henry de Bourgneuf, marquis de Cucé et baron d'Orgères, déclara qu'elle avait dans l'église d'Orgères, outre ce banc seigneurial, deux pierres tombales près du grand autel, ses écussons dans les vitres principales et sa lisière. Elle avait, de plus, les cep et collier, insignes de haute justice, à l'entrée du cimetière. On voit encore maintenant sur la muraille méridionale de l'église les armoiries des Bourgneuf : d'argent au sautoir de sable, au franc quartier de gueules chargé de deux poissons rangés en fasce d'argent. Après les sires d'Orgères, les seigneurs de Châtenay avaient des droits dans cette même église. Le sire de Châtenay avait deux pierres tombales dans le chanceau, du côté de l'épître, et du même côté et communiquant avec le choeur, une chapelle prohibitive dans laquelle se trouvait son banc à queue et deux fenêtres armoriées de ses blasons. Cette chapelle fut transformée en sacristie lorsque furent bâtis les transepts. Elle devait être dédiée à saint Laurent, et à la fête de ce saint le seigneur de Châtenay avait le droit de tenir une foire à Orgères. Après l'abandon de cette chapelle, l'autel de Saint-Laurent fut transféré dans le transept voisin. Mais la chapelle du Noyer, située au haut et au Nord de la nef, était et est encore la partie la plus intéressante de l'église d'Orgères. Construite probablement au XVème siècle, elle offrait jadis une belle fenêtre de style flamboyant aujourd'hui ruinée, et son autel se trouvait à l'Est ; une claire-voie la séparait du chanceau en 1605 et elle avait son banc à queue et sa porte extérieure particulière. Au-dessous de la fenêtre se trouvait le « sépulcre sous arcade et tombeau enlevé » des seigneurs du Noyer. Ce tombeau, assez remarquable, existe encore : c'est une arcature ogivale surbaissée, ornée d'une guirlande de feuillages taillée dans le granit, surmontée d'un riche panache avec écusson fruste et accostée de deux pinacles appliqués à la muraille ; mais l'arcade est vide et il ne s'y trouve ni statue, ni inscription. Il y avait dans cette chapelle une fondation de messes faite par les seigneurs du Noyer et desservie encore en 1705. Le 15 août 1671, le P. Le Gomériel, dominicain de Bonne-Nouvelle, érigea la confrérie du Rosaire dans l'église d'Orgères. L'autel en fut placé dans la chapelle récemment construite du côté de l'évangile, c'est-à-dire dans le transept du Nord, qui communique aujourd'hui avec la chapelle du Noyer depuis l'enlèvement de l'autel de cette dernière (Pouillé de Rennes). Le chœur date du XVIIème siècle. La sacristie date de 1825. La tour et le clocher datent de 1844. Le baldaquin date du XIXème siècle. Le vitrail représentant saint Martin est l'oeuvre des maîtres-verriers Lecomte et Colin et date de 1880. La statue de la Vierge à l'Enfant date du XVIIIème siècle. Le croisillon sud présente les armes de la famille Bourgneuf, barons d'Orgères du XVIème siècle au milieu du XVIIème siècle. On y trouve les enfeus des seigneurs du Noyer (XVI-XVIIème siècle) ; | |
l'ancienne
chapelle de Bout-de-Lande, aujourd'hui disparue. En 1655, Henry de Bourgneuf,
seigneur d'Orgères, fonda une messe tous les dimanches, en l'honneur de la
Sainte Vierge, dans la chapelle de Bout-de-Lande. Ce sanctuaire n'existe
plus depuis longtemps, car dès 1770 on signalait près de Bout-de-Lande «
l'emplast ou mazière d'une ancienne chapelle » sise au bord de la
route de Rennes à Nantes, dans le fief de Lardrais, relevant de la baronnie
d'Orgères (Archives du château d'Orgères) ; | |
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l'ancien
château d'Orgères. Il a été en partie incendié au début du XIXème
siècle. Le château exerçait autrefois un droit de haute justice.
L'ancienne chapelle se trouvait à l'un des coins formé par le carré
qu'entourent les douves. En 1655, Henry de Bourgneuf, marquis de Cucé et
baron d'Orgères, y fonda une messe tous les vendredis et présenta Jean
Fauconnier, prêtre d'Orgères pour la desservir. Pierre
Poirier (1738), Jean Gérard (1739) et
Jacques Bigot (1757) furent ensuite chapelains du château ; mais en 1755 la fondation de cette chapelle se trouvait augmentée,
Elisabeth de Cornulier, dame d'Orgères et femme de Paul Hay, marquis des Nétumières, y ayant fondé quatre messes
hebdomadaires dotées de 200 livres de rente. Cette chapelle a été
abandonnée depuis, et l'on a établi un nouveau sanctuaire,
qui continuait d'être entretenu au XIXème siècle, dans l'intérieur même
du château. | |
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le manoir de Vezin (XVIIème siècle). Il était à la famille Marion en 1686 et à la famille Racappé, sieurs de la Caliorne en 1697 et 1709 ; | |
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l'ancien manoir du Noyer (XVème siècle). Il avait autrefois une tourelle avec un colombier, et une chapelle réédifiée en 1673 par Marguerite Boutin (dame du Noyer et épouse de Jacques de Saint-Simon) et ruinée dès 1781. Margueite Boutin, dame du Noyer et douairière de Campzillon, dota la chapelle de 100 livres de rente par acte du 13 novembre 1673, en y fondant une messe pour tous les dimanches et fêtes. Cette fondation, appelée chapellenie du Tertre, — parce qu'elle consistait en des biens sis au fief du Tertre dépendant du Noyer, — ne fut approuvée par l'ordinaire que le 3 juillet 1676. Le premier chapelain présenté par Marguerite Boutin, alors femme de Jacques de Saint-Simon, fut François Hubert (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 45) ; il eut pour successeurs Claude de la Rue, décédé vers 1720, puis René Gicquel. Cette chapelle était en ruine lorsqu'en 1781 Louis du Parc-Porée, seigneur de Chaudeboeuf et du Noyer, rendit aveu pour cette dernière terre au seigneur d'Orgères (Pouillé de Rennes). Le manoir a été en partie démoli en 1806. Propriété successive des familles Robin (en 1453), Bigot (en 1474 et 1540), Champion, seigneurs de Leriais (en 1629 et 1673), Bourigan, sieurs du Pré (en 1710), Sesmaisons (en 1721), Porée, seigneurs du Parc, Coniac (en 1796) ; | |
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l'ancien manoir du Châtenay (XIVème siècle). On y voyait autrefois une chapelle fondée en 1551 et encore desservie au XVIIIème siècle. En 1655, Henry de Bourgneuf, marquis de Cucé et seigneur de Châtenay, y fonda une messe tous les samedis en l'honneur de la Sainte Vierge. Propriété successive des familles Montgermont (en 1397), Chaumont, seigneurs de Servaude (en 1437), Auvergne, seigneurs de Chantelou (en 1465 et 1513), Gouyon (en 1530), Bernier, seigneurs de Saint-Georges, Cahideuc (en 1552), Bourgneuf (en 1558) ; | |
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la maison de l'Hermitière (1636). L’ancienne chapelle de l'Hermitière, aujourd’hui disparue, était encore desservie au XVIIIème siècle. On conserve encore la cloche (datée de 1608) de cette ancienne chapelle ; | |
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les moulins de la Chicane, de la Briançais ; |
A signaler aussi :
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une hache (II millénaire avant Jésus Christ) découverte au lieu-dit Le Châtenay ; | |
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la pierre des trois communes ; | |
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l'ancienne maison du Prévôt et l’ancienne maison des Hautais, situées toutes les deux au bourg ; | |
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l'ancienne chapelle du Bas du Bourg. Elle aurait été bâtie d'après la tradition par un prêtre nommé Olivier Vannier ; | |
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l'ancien manoir de la Plumelière ou de la Prémelière. Propriété successive des familles Rocher (en 1495 et 1549), Champion, seigneurs du Noyer (en 1583), Chéreil, Racappé, seigneurs de la Caliorne (en 1715), le Guay (en 1747) ; | |
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l'ancien manoir de Serrière. Il relevait de la seigneurie de Châteauloger en Saint-Erblon. Propriété successive des familles Motte-Vauclair, seigneurs de Villegast (en 1504), Champion, seigneurs du Noyer (en 1583 et 1597), Chéreil, Brucelles (en 1708 et 1716) ; | |
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l'ancien manoir de Lourme. Il était à la famille Deschamps en 1652 ; | |
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l'ancienne maison de la Guibertière. Elle fut vendue en 1732 par la famille Bruc, seigneurs de Montplaisir, à la famille Porée, seigneurs du Parc ; | |
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l'ancien manoir du Plessis ; | |
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l'ancien manoir de Bouharé, restauré au XVIIIème siècle. Il fut vendu en 1710 par la famille le Marchand à la famille Poirier ; |
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ANCIENNE NOBLESSE d
'ORGERESLa baronnie
d'Orgères
: La paroisse d'Orgères près de
Rennes a donné son nom à une famille noble
qui portait d'azur à trois gerbes liées d'or (Ancien armorial breton –
Revue historique de l'Ouest, XI, 118). Cette famille
était représentée en 1148 par Payen ou Péan d'Orgères, en 1181
par Hervé et Evelin d'Orgères, frères, et en 1193 par Guillaume d'Orgères,
qui figurent les premiers parmi les bienfaiteurs de l'abbaye
de Savigné et le dernier au nombre des conseillers de la duchesse
Constance de Bretagne (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 602,
604, 682 et 724). Appartenaient,
encore à la même maison des sires d'Orgères, Mainfinid d'Orgères qui durant le
XIIIème siècle abandonna au Chapitre de Rennes
les dîmes de sa propre terre d'Orgères, et Jean d'Orgères,
dernier représentant mâle de sa race, qui fut également l'un des bienfaiteurs de la cathédrale
de Rennes ; aussi le Chapitre de cette
église célébrait-il au XVème siècle les anniversaires de ces derniers
seigneurs d'Orgères (Necrol. ms. Santi Petri Redon). Ce
Jean d'Orgères épousa Jeanne de la Lande mais mourut sans postérité le 15
mai 1416, laissant sa seigneurie d'Orgères à sa soeur Perrine d'Orgères, femme de Jean
Moraud. Celui-ci rendit aveu au seigneur de
Bourgbarré en 1423 pour sa terre noble d'Orgères. En 1460 autre Jean Moraud, seigneur
d'Orgères et de la Provostière en Guipry, fit de même ; enfin en 1484 ce
Jean Moraud, ou son fils portant le même nom que
lui, fut maintenu par le duc de Bretagne dans la
possession d'un banc avec accoudoir, placé au chanceau
de l'église d'Orgères, du côté de l'évangile (Registre de la chancellerie
de Bretagne).
Dès le mois de septembre 1640 le président de Cucé, Henri de Bourgneuf, obtint des lettres de Louis XIII, érigeant en châtellenie sa terre seigneuriale d'Orgères ; ces lettres royales furent enregistrées au Parlement de Bretagne le 12 juillet 1641. Mais en septembre 1644, Louis XIV donna au même seigneur d'Orgères de nouvelles lettres patentes érigeant cette châtellenie en baronnie ; le Parlement de Bretagne enregistra ces lettres le 17 juin 1645 (Archives du Parlement de Bretagne, 10e reg. 255, 20e reg. 30). Enfin en 1774, M. de Bonnescuelle obtint de Louis XIV une nouvelle érection en baronnie de sa seigneurie d'Orgères (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 2, 251). Le château d'Orgères se trouvait dans le fief de l'Alleu faisant partie de la seigneurie de Bourgbarré et c'est pourquoi les seigneurs d'Orgères rendirent longtemps aveu à ceux de Bourgbarré : mais la dame de Bourgbarré ayant vendu ce fief de l'Alleu, Henri de Bourgneuf le retira féodalement des mains de l'acquéreur, en prit lui-même possession le 9 avril 1640 et obtint du roi de relever directement dès lors de Sa Majesté (Archives de Loire-Inférieure, voir Orgères). La baronnie d'Orgères fut formée de la seigneurie de ce nom, de celles de Chastenay et de la Haye-Guyen et de quelques autres terres moins importantes ; mais la Haye-Guyen avec son vieux manoir, ses métairies, étang, moulin et bois, en fut distraite au XVIIIème siècle. En 1756, la baronnie d'Orgères, comprenait encore sept fiefs en haute justice, s'étendant dans les quatre paroisses d'Orgères, Laillé, Saint-Erblon et Bourgbarré ; l'un de ces fiefs, celui de l'Alleu donnait à son possesseur la seigneurie de la paroisse d'Orgères avec le droit de supériorité dans l'église. La haute justice d'Orgères s'exerçait dans l'auditoire de ce bourg et ses fourches patibulaires s'élevaient sur les landes Radier ; on y pendit en 1582 un criminel nommé Postel ; à l'entrée du cimetière paroissial étaient les cep et collier pour la punition des malfaiteurs (Archives du château d'Orgères). Dans le fief de Chastenay plusieurs redevances singulières étaient dues au seigneur par divers tenanciers : un balai à trois anneaux et un chausson par l'un, — deux chapeaux l'un de fleurs de pervenche et l'autre de fleurs de Pentecôte par un deuxième, — un faix de joncs par un troisième — et une paire de gants blancs par un dernier (Archives du château d'Orgères). Le seigneur d'Orgères avait droit de tenir une foire au bourg le jour Saint-Laurent et d'y lever un droit de bouteillage de quatre pots par pipe ; mais il devait sur les revenus de cette foire 20 deniers au baron de Châteaugiron. Premier prééminencier, supérieur et fondateur de l'église paroissiale, le baron d'Orgères avait une ceinture à ses armes au dedans et au dehors de ce temple ; on y retrouve actuellement encore l'écusson des Bourgneuf. Il y possédait trois bancs à queue et autant d'enfeus, deux du côté de l'évangile au chanceau et dans la chapelle du Rosaire et un troisième du côté de l'épître dans la chapelle de Chastenay dédiée à Saint-Laurent (Prise de possession de la seigneurie d'Orgères en 1745). Il avait aussi la présentation des chapellenies du château d'Orgères, de Chastenay et de Bout-de-Lande et prétendait même avoir celle de Sainte-Croix de Châteaugiron. Le domaine proche de la baronnie d'Orgères se composait au XVIIIème siècle du château d'Orgères et de ses dépendances — de l'ancien manoir de Chastenay avec sa motte, sa chapelle, ses moulin, bois et étang (nota : La seigneurie de Chastenay possédée successivement par les familles de Montgermont, de Chaumont, d'Auvergne. Bernier et de Cahideuc, fut achetée en 1557 par René de Bourgneuf, seigneur d'Orgères) — des métairies de la Porte d'Orgères, Chastenay et la Haye-Longue — des bois d'Orgères s'étendant en Orgères, Saint-Erblon, Bourgbarré et Chanteloup — de l'étang d'Orgères — du moulin à vent de la Lardraye en Laillé etc. (Déclaration d'Orgères en 1745). Mais plus anciennement la seigneurie d'Orgères comprenait les terres nobles de la Haye-Guyen, la Premelière, la Petite-Caliorne, la Motte-Nouvoitou et la Prunelaye (Déclarations d'Orgères en 1558 et 1636 - L'établissement de la Mine de Pontpéan, enleva aussi à la terre d'Orgères 37 journaux de prairies et 67 journaux de bois), successivement aliénées par les par les sires d'Orgères. En 1764, le château d'Orgères consistait en « un grand corps de logis avec dôme central et deux pavillons », au milieu d'un carré cerné de douves pleines d'eaux vives ; deux ponts donnaient entrée à cette esplanade aux coins de laquelle s'élevaient d'autres pavillons dont l'un était la chapelle « en voûte de pierre ». Une vaste prairie de soixante journaux, un étang et un mail entouraient cette belle demeure vers laquelle convergeaient plusieurs vieilles rabines. Détruit par un incendie au commencement de ce siècle, le château d'Orgères n'a été rebâti qu'à moitié ; c'est au milieu du XIXème siècle la propriété de Mme Huchet de Cintré qui n'y habite qu'assez rarement (abbé Guillotin de Corson).
(à compléter)
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