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NOYAL-MUZILLAC

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La commune de Noyal-Muzillac (bzh.gif (80 octets) Noal-Muzilheg) fait partie du canton de Muzillac. Noyal-Muzillac dépend de l'arrondissement de Vannes, du département du Morbihan (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de NOYAL-MUZILLAC 

Noyal-Muzillac vient, semble-t-il, de sainte Noyale.

La présence du nom de Muzillac accolé d'une part à Noyal (pour former Noyal-Muzillac), d'autre part à Bourg-Paul (pour former Bourg-Paul-Muzillac) incite à voir dans ces deux paroisses les restes d'un vaste ensemble primitif qui se serait appelé simplement Muzillac.

La première fois que je trouve le nom de Noyal-Muzillac dans l'histoire du pays, c'est en 1252. Agathe, du bourg de Noyal-Muzillac, écrivit à Cadioc, évêque de Vannes, qu'elle avait été payée pour les propriétés qu'elle avait cédées au duc de Bretagne pour la fondation de l'abbaye de Prières. Sa lettre était datée du samedi d'avant l'ascension 1252. Le latin porte : Agatha de villa Noeal. Par suite du conflit de juridictions temporelles entre l'abbaye de Saint-Sauveur de Redon et les officiers du duc, Jean II donna, le samedi après l'exaltation de la Sainte-Croix 1289, des lettres patentes pour trancher les difficultés. Dans ces lettres, écrites en langue romane, et rapportées parmi les Preuves de dom Lobineau, il est déclaré que les terres et hommes de l'abbaye seront soumis pour certaines choses aux juridictions ducales, « excepté ce que lesdits religieux ont dans les paroisses de Redon, Blain, Brein, Longon et au village de Breulis en la paroisse de Noeal, qui ressortira uniquement de la juridiction abbatiale ». L'orthographe du village de Breulis, situé au midi de Noyal-Muzillac, n'a pas changé, mais celui de la paroisse s'est transformé comme on le voit. Quoique le grand saint Martin de Tours ait toujours été patron principal de l'église, il fut un temps où sainte Noyale était patronne secondaire. Je ne sais si son nom serait pour quelque chose dans l'origine de celui de la paroisse, mais il n'y en a point de preuves. Le nom de Muzillac a été visiblement ajouté pour distinguer la localité en question des autres qui portent la même appellation. Les actes de l'abbaye de Prières constatent qu'en 1403, Pierre Le Chastelier, du village de Beizit en Noyal-Muzillac, donna à l'abbaye une tenue. Depuis lors, nous ne voyons plus de changement dans le nom de la commune (abbé Piéderrière - 1867).

L'Abbaye de Redon y eut des possessions dès 1019 et plus tard l'Abbaye de Saint-Gildas de Rhuys y établi un prieuré à Bourgerel. Concernant la fondation de ce dernier prieuré, on ne sait pas grand chose. On a dit que cette fondation remontait à la restauration de l'abbaye Saint-Gildas-de-Rhuys, c'est-à-dire au XIème siècle, c'est possible, mais nullement prouvé. Ce prieuré n'ayant jamais eu de juridiction spirituelle sur la paroisse serait plutôt d'une date postérieure. Parmi les titres de ce bénéfice conservés aux archives, on trouve une Commission du roi Charles IX, du 29 octobre 1565, pour réclamer une copie de son acte de fondation, mais il ne reste aucune trace de cet acte. Noyal-Muzillac est le berceau de l'illustre famille de Carné.

Noeal est érigé en paroisse sous le patronage de saint Martin au IXème siècle. Noyal-Muzillac avait autrefois pour frairie Le Guerno qui s'en est détachée en 1790. A l'origine d'une insurrection en mars 1793, la commune est ravagée par le bataillon de Le Batteux, délégué de Carrier de Nantes, le 1er décembre 1793 (Voir Noyal-Muzillac durant la Révolution).

On rencontre les appellations suivantes : Noyal Musuillac (en 1427, en 1464), Noial Musuillac (en 1477), Noyal Muzuillac (en 1481), Noyal Muzillac (en 1536).

Note 1 : le possesseur du château de Keralio était tenu à une singulière redevance à l'égard du seigneur de Séréac, château voisin. Il devait une fois l'an, à jour fixe, faire charger un oeuf sur une voiture attelée de quatre boeufs, et le faire conduire ainsi au château de Séréac ; là on plaçait l'oeuf sur une civière, et quatre hommes le transportaient ainsi dans la grande salle du manoir pour le présenter au seigneur, qui recevait gravement cet hommage.

Note 2 : au moment des recherches faites pour la canonisation de saint Vincent Ferrier, plusieurs personnes de Noyal-Muzillac furent appelées en témoignage. Guillaume Levrarin, âgé de cinquante ans, rapporta que Marie, sa fille, femme de Jean Le Duc, tous deux demeurant dans la même maison, tomba malade au mois d'août 1451. Longtemps, elle fut atteinte de la peste, qui sévissait alors. Elle devint frénétique au point de sortir toute nue de la maison : son père eut peine à la faire rentrer. Pendant trois semaines on la crut folle, et pendant neuf jours, elle perdit l'usage de la parole. Elle avait également au côté gauche un charbon, qui était une suite de la peste, et entre deux côtes un trou qui donnait lieu à la respiration. Pendant neuf jours, elle ne but ni ne mangea presque pas ; on lui arrosait les lèvres avec une plume trempée dans de l'eau. Elle n'ouvrait pas la bouche. Des signes de mort commençaient à paraître. Alors il se souvint de maître Vincent. Il tourna les yeux vers l'église de Vannes, où son corps était enterré. Il se mit à genoux et lui recommanda sa fille. Aussitôt la malade recouvra la parole et dit qu'elle se sentait mieux. Elle mangea d'une pomme cuite, but du vin dont elle n'avait pu goûter pendant sa maladie. Elle garda néanmoins le lit pendant deux mois. Quand cette déposition fut faite, elle souffrait encore un peu du charbon et de la tumeur purulente. Le même témoin assura qu'il devait à l'intercession du même Vincent la guérison de son fils Jean, qui fut également atteint de la peste au mois d'août précédent ; que, du reste, toute la paroisse avait horriblement souffert du fléau, qui emportait jusqu'à cent personnes par semaine ; qu'on avait fait une procession publique et solennelle au tombeau du serviteur de Dieu à Vannes, qu'à partir de ce moment la peste avait bien diminué, et qu'aujourd'hui on ne voyait plus qu'une victime par semaine ou à peu près. Olivier Denoual, laboureur, de Noyal-Muzillac, âgé de cinquante ans, vit et entendit maître Vincent célébrer la messe et prêcher dans le bourg de Muzillac, ainsi qu'à Questembert. Un de ceux qui le suivaient lui apprit à faire le signe de la croix. Un jour étant allé à Vannes an tombeau du serviteur de Dieu, afin d'y gagner une indulgence plénière, il remarqua un grand nombre de voeux, ou ex-voto. De retour à la maison, et voyant son fils, âgé de cinq ans, privé de la parole depuis environ un an, il raconta à sa femme ce qu'il avait vu. Ils s'encouragèrent à le mettre sous sa protection. Ils le firent en ces termes : « Maître Vincent, nous savons que Dieu opère de grands miracles par votre intercession. Daignez le prier de rendre la parole à notre fils. Alors nous irons visiter votre tombe  et nous y ferons une offrande ». L'enfant recouvra la parole et ne la perdit plus. — Ils accomplirent leur promesse. Il rapporta aussi que Perrine, fille d'Yves Dagaud, fut guérie de la peste par le même Vincent, et que cette guérison fut regardée comme miraculeuse dans tout le voisinage. Saint Vincent Ferrier passa à Questembert, à Muzillac et à l'abbaye de Prières sur ses derniers jours ; rendu à Vannes, il y mourut peu après (abbé Piéderrière).

Note 3 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Noyal-Muzillac : La tradition locale porte qu'un recteur de Noyal-Muzillac fut tué par les protestants, et que c'est en expiation et en mémoire de ce fait qu'une croix fut érigée dans la lande de Kervi, au nord, route de Kanter. Il y a là en effet une croix qui porte la date de 1590. En 1609, lors des préludes d'un procès qui a duré deux siècles avec les Trévien du Guerno, nous trouvons que messire Sempton est recteur de Noyal et défend ses droits curiaux contre leurs assertions. Après lui vint M. Le Gallois qui était en même temps grand vicaire de l'évêque et official à l'officialité de Vannes. Son nom paraît dans beaucoup d'actes publics de ce temps-là. C'était un homme remarquable. Messire Le Bot, subcuré, remplissait presque toutes les fonctions religieuses à sa place. En 1646, il a pour successeur messire Jean Coüet, docteur en théologie de la faculté de Paris. Il mourut le 24 novembre 1666, et fut enterré dans le choeur de l'église paroissiale. On lui mit une pierre tombale, mais il fallut pour cela l'autorisation du seigneur de Keralio, M. de Larlan, attendu que les seigneurs de ce château étaient les fondateurs de l'église. M. Le Vergotz fut recteur de 1666 à 1670. M. Le Roux vint ensuite et mourut en 1683. Il fut enterré dans le chœur. Charles Guillo mourut en 1702. Voici son testament, que je ne puis m'empêcher de donner en entier : « In nomine Jesu Christi. Amen. A tous ceux que les présentes verront, salut et bénédiction. Comme par la miséricorde de Dieu, le 3 décembre 1689, j'ai évité une mort imprévue, suis encore revenu en parfaite santé et plein jugement, considérant qu'il n'y a rien de plus certain que la mort, rien de plus incertain que son heure, désirant pourvoir au salut de mon âme, j'ai fait et dépose mon testament ainsi qu'il suit : 1°  Je recommande mon âme à Dieu mon créateur, à la bienheureuse vierge Marie et à tous les saints. 2° Je veux que mon corps soit inhumé dans le cimetière qui est le lieu ordinaire destiné au repos des corps, et non dans l'église qui est la maison de Dieu. 3° Trois cents messes seront dites pour le repos de mon âme, celles de mes parents et amis. 4° Je fonde sur les biens que je laisserai, provenant de mon bénéfice, deux messes par semaine à perpétuité. La propriété de la Miche-au-Chêne que j'ai acquise au bas du bourg, servira pour cette fondation. 5° Je ne réclame rien de la fabrique pour le rétable que j'ai placé à mes frais à l'église. Je n'impose que cette réserve, que mes héritiers ne soient pas inquiétés pour les réparations du presbytère. 6° Mes héritiers n'auront rien à réclamer les uns des autres pour les fruits perçus sur ma propriété patrimoniale de la Coudraie, en Sérent. 7° A ma mort on donnera un tonneau de seigle et un tonneau d'avoine aux pauvres de la paroisse. 8° Je nomme mon subcuré, messire Robinet, mon exécuteur testamentaire. Fait à Noyal-Muzillac, le 22 février 1702. Signé : Charles Guillo, recteur ». M. Guinarho succéda à Charles Guillo et mourut en 1735. Il fit beaucoup de bien. Son procès avec les Trévien du Guerno le rendit plusieurs fois malade. En 1736, vint M. Pierre Jouin ; il mourut en 1771. C'était un homme très-instruit, et très-capable. Il donna plusieurs missions. Son neveu Jacques Jouïn lui succéda et fonda une rente pour des retraites. Au mois d'août 1792 il partit en exil pour l'Espagne. Il en revint en 1802 et mourut en 1817 sans rien laisser à ses parents. Il avait reconstruit à ses frais la chapelle de Bengué. Au XVIIème siècle il y avait un certain nombre non de vicaires, mais de prêtres auxiliaires, dans la paroisse. Au siècle suivant, il y en avait moins. Ces prêtres avaient été reçus pour la plupart grâce à un titre constatant des biens patrimoniaux suffisants pour leur existence. Ils vivaient donc chez eux, disaient la messe, confessaient, voyaient les malades, surtout faisaient l'école aux enfants qui ne manquaient pas d'instruction. Le recteur avait généralement un subcuré, qui l'aidait dans l'accomplissement de toutes ses fonctions curiales et pastorales. Ordinairement il était nourri à sa table, logé au presbytère et recevait une certaine somme de lui. Les honoraires des messes étaient à douze sous. Quand il y en avait, c'était une ressource de plus.

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PATRIMOINE de NOYAL-MUZILLAC

l'église Saint-Martin (XI-XIIème, XVIIème et XXème siècles), située au bourg de Noyal. Elle comprenait une nef avec bas-côtés, un transept, sur lequel s'ouvrait directement l'abside arrondie du sanctuaire. Peut-être y avait-il des absidioles dans le prolongement des bas-côtés. Cette église a été modifiée au XIVème siècle (transept et chœur). A la fin du XIIIème siècle ou au commencement du XIVème siècle, les croisillons sont transformés en chapelles ouvrant sur le carré, devenu le choeur, par de grandes arcades brisées portées sur de lourds piliers à colonnettes engagées, dont les chapiteaux ornés de feuillages et de dentelures indiquent que ces piliers faisaient partie de la construction primitive. L'abside a été conservée mais très remaniée à diverses époques. Le clocher, qui devait être d'abord sur le carré, avait été reconstruit sur la chapelle Sud : il a été brûlé en 1630 et rétabli en 1639. La nef a été entièrement reconstruite en 1850. Les derniers grands travaux effectués de 1965 à 1970, entraînent la diminution de la nef. Plusieurs chapelles privées et enfeux nobiliaires (dont celui des Larlan) ont disparu. L'église est couverte d'une charpente et sur les sablières se voient les écussons des familles Carné, Boisorhant, Rochefort, Larlan et Rieux. Le pignon date de 1785. Le baptistère, de forme octogonale, date du XVIIIème siècle. Cette église est restaurée au XXème siècle. On voyait autrefois à l'intérieure de l'église, trois tableaux (Christ en croix attribué à Philippe de Champaigne (1602-1674), l'Annonciation et la Présentation au Temple) du XVIIème siècle provenant du château de Keralio. L'église abrite les statues polychromes de saint Sébastien (XVIIIème siècle), saint Isidore (XIXème siècle) et saint Jean Baptiste (XVI-XVIIème siècle)

Nota 1 : La nef de l'église, reconstruite en 1850, parce qu'elle menaçait ruine, était entièrement romane, à l'exception du portail et du pignon refaits en 1785. Les chapelles collatérales de la Vraie-Croix, de saint Jean-Baptiste et de saint Yves appartenaient à la famille de Keralio. Celle du Rosaire avait été reconstruite en 1639, sur l'emplacement et avec les débris de celle dite des Champions, qui appartenait à M. Préjent de Kerméno de Kersalio. La sacristie fut faite en 1636, et servit d'abord pour la réserve du Saint-Sacrement. En 1854, elle fut détruite par un incendie dont la cause est, restée inconnue. L'église, telle qu'on la voit aujourd'hui, a la forme plutôt d'un tau grec que d'une croix latine, avec une abside demi-circulaire. La tour sur le transept sud, avec flèche en ardoise et contreforts élevés, simples et peu saillants, est carrée. La flèche fut renversée par la foudre en 1812. Le choeur est relié aux transepts par des arcades en cintre brisé, portées sur de lourds piliers entourés de colonnettes engagées, à chapiteaux ornés de feuillages et dentelures, à base peu élevée. Arc plein cintre et petites fenêtres romanes sur les côtés. Ecussons : - 1° à deux fasces plusieurs fois répété ; c'est celui de Carné ; - 2° parti au 1er de Carné, au 2 à un sautoir ; c'est celui de Boisorhant du Closne ; - 3° écartelé au 1er de Carné, au 2 vairé de Rochefort, au 3 à la croix de mâcles de Larlan, au 4 à neuf besants de Rieux. L'église renferme plusieurs tableaux remarquables venus du château de Keralio : le Crucifiement, l'Annonciation, la Visite de Jésus enfant à saint Jean-Baptiste,  une copie du Songe de saint Bruno, par Le Sueur, obtenu par l'entremise de M. Jolivet Castellot, député. Saint-Martin de Tours a toujours été le patron principal de l'église. Au commencement du XVIIème siècle, les curés s'intitulaient recteurs de l'église de Saint-Martin de Noyal. En 1853, on obtint des reliques de ce grand saint de Mgr Morlot, archevêque de Tours. On les expose à la vénération des fidèles le jour de sa fête (abbé Piéderrière).

la chapelle de Brangolo ou du Temple (XVI-XVIIème siècle). Elle est sous l'invocation de la Vierge. La chapelle est mentionnée dans une bulle du pape Paul V, donnée à Tuscule en 1613. En forme de croix latine, elle passe sans raison pour avoir appartenu aux Templiers. Les chapelles formant croisillons ouvrent sur le choeur par des arcades en plein cintre portées sur des colonnes engagées. La porte Nord en anse de panier est datée de 1590. La porte de la façade occidentale, en plein cintre, avec pilastres et entablement, porte l'écu de Larlan et la date de 1627. Les fenêtres des chapelles sont encore en tiers-point, mais celle du chevet plat est de pur style Renaissance : on y voit encore des fragments de vitraux du début du XVIIème siècle. Au choeur se trouve une jolie piscine Renaissance. La fenêtre du choeur est ornée d'un vitrail du XVIème siècle représentant le Christ crucifié, la Vierge et la Magdeleine au pied de la croix, et la ville de Jérusalem au fond du tableau. L'autel peint date du XVIIème siècle. La chapelle renferme des fresques murales des XVIème et XVIIème siècles et de très belles statues en bois polychrome dont un Christ en croix, une pietà du XVIème siècle et un saint Jean Baptiste ;

Nota 2 : Brangolo passe pour avoir appartenu aux Templiers. Elle est dédiée à la sainte Vierge. Sa forme est la croix latine. Elle a un clocheton en ardoises et une cloche de l'an 1658, qui fut cachée dans les vases du moulin du Pomin pendant la Révolution. Ses portes sont en anse de panier. Celle de l'ouest, à pilastre et entablement, avec traces d'écussons et la date de 1627 ; au-dessus, blason à une croix formée de neuf macles ; c'est celui de la famille de Larla , et c'est la première date de son apparition dans le pays. Au-dessus de la porte du nord, est la date de 1590. Les transepts, séparés du choeur par des arcs plein timbre, sont portés sur des colonnes cylindriques engagées. Les fenêtres sont en cintre brisé dans les transepts ; celle du fond du chœur est en plein cintre de la Renaissance. Un petit vitrail, représentant le crucifiement, est au milieu. Les niches sont à coquilles. Une vieille statue représentant le mystère de la Sainte-Trinité : le père est un vieillard qui tient le Christ en croix et l'Esprit-Saint en forme de colombe sur son coeur. A l'intérieur, est l'écusson de Carné avec la date de 1723. Il est aussi à l'extérieur au sud. Les jeux des seigneuries de Carné et Cohignac avaient lieu sur la lande au nord. La fontaine porte la date de 1607 et l'inscription : « Faite par F. Glouzey ». Cette chapelle allait être brûlée en 1793 par Le Batteux : un traître vint lui dire d'arriver à l'église paroissiale, où était la population assemblée, et la chapelle fut sauvée. Elle renferme un calice qui porte cette inscription : Donné par L.-G. Dréano , 1617. Mais il est bien plus ancien ; sa coupe est évasée comme ceux des siècles précédents. Il est en argent doré. Paul V, pape, donna une bulle pour cette chapelle, la neuvième année de son pontificat, c'est-à-dire en 1613. Elle nous fait connaître : - 1° qu'une confrérie de personnes de l'un et de l'autre sexe existait dans cette chapelle ; - 2° que les confrères exerçaient les oeuvres de charité, de piété et de miséricorde, surtout envers les pèlerins qui y venaient en pèlerinage ; - 3° qu'en continuant ces oeuvres, ils auront désormais des indulgences à gagner. Or, les oeuvres, que leur demande la bulle, sont : l'assistance aux prières de la confrérie, à ses processions ordinaires et extraordinaires, aux offices publics qui se célébreront dans la chapelle ; la dévote réception des sacrements, les prières pour les morts, le logement des pauvres pèlerins, la réconciliation des ennemis, la conversion des pécheurs, l'enseignement des commandements de Dieu aux ignorants. L'official de Vannes, au nom de l'évêque, ordonna à tous les vicaires et recteurs de lire et publier cette bulle au prône des messes paroissiales dans tout le diocèse, afin d'exciter les fidèles à s'associer à la confrérie. Il ajoute que les deniers qui seront perçus, par suite du désir de gagner les indulgences, auront pour emploi les réparations, l'ornementation et la solennité des offices divins dans la chapelle. M. Le Gentil était official, et son mandement est du 25 octobre 1613. — Les jours d'indulgences étaient ceux des fêtes de Saint-Philippe et Saint-Jacques, de l'Assomption, de la Circoncision, de la Toussaint. L'original de la bulle est aux archives de la mairie de Noyal-Muzillac (abbé Piéderrière).

la chapelle Notre-Dame-de-Grâces (XVII-XVIIIème siècle), édifiée vers 1672 à l'emplacement d'un sanctuaire primitif. Cet édifice de forme rectangulaire, construit sur une hauteur, servait dit-on de repère aux marins qui cherchaient l'entrée du port de Billiers. La grille du choeur date de 1778. Les deux vitraux sont modernes. La chapelle abrite une statue en bois peint de saint Isidore et une peinture intitulée "Assomption" et datée du XIXème siècle ;

la chapelle de Kerio (1882). Cette chapelle remplace un oratoire incendié en 1881. La tradition rapporte qu'en 1874 la Vierge aurait apparu à plusieurs reprises à un jeune homme qui aurait alors édifié un oratoire ;

la chapelle de Benguë ou Bennéguy ou Bengué (XVIIème siècle), reconstruite en 1817 et 1821 après avoir été incendiée sous la Révolution. La chapelle de Notre-Dame-de-Bengué, située dans le bourg, fut brûlée en 1793 par Le Batteux et relevée en 1817. C'est un simple vaisseau qui n'a rien de remarquable. Le retable date des années 1730 et renferme en son centre une niche qui abrite une Vierge à l'Enfant, entourée de deux statues, et au sommet, se trouve une peinture qui représente Dieu le Père. La chapelle abrite aussi une belle Vierge en albâtre (XVIème siècle) d'environ 65 cm de hauteur provenant du château de Keralio ;

l'ancienne chapelle Notre-Dame (XVème siècle), située au village de Logorenne et reconstruite en 1701. Elle était aussi dédiée à la Sainte-Trinité. Un lec'h, carré et élevé, se trouvait à l'entrée. Il s'agissait d'un édifice rectangulaire sans caractère architectural et sans aucune décoration ;

la croix du Guet (XVIIIème siècle) ;

le calvaire des Buttes (1829). De part et d'autres se trouvent deux escaliers de treize marches qui donnent accès à la croix ;

le calvaire des Rays (1909 et 1920), encore surnommé "Calvaire des Rois". Il est édifié à l'occasion de la Grande Mission de 1909. La croix d'origine est remplacée le 8 décembre 1920 par une croix en granit ;

l'ancien prieuré, situé à Bourgerel. Outre la chapelle de Saint-Gildas à Bourgerel, rebâtie en 1643, le prieur possède encore celle de Saint-Gildas du Moustéro, jadis dans Ambon, et celle de Saint-Nicolas près de Muzillac. Il doit dire ou faire dire des messes dans ces trois chapelles, et il perçoit des dîmes pour cet effet. Voici l'aveu fourni par le prieur le 18 juin 1640 : "Devant nous nottaires de la court de Saint-Gildas de Rhuis a comparu noble et discret Frère Jacques Morin, prieur de Bourgerel, ... lequel confesse tenir noblement le prieuré de Bourgerel, o ses appartenances cy après déclarées, scavoir : - Les logix, esglize, rues, jardins, avecque un bois taillif et leurs yssues devant et derrière, le tout contenant environ dix journaulx de terre ; - Item avec méthairie noble, quitte de fouage et de guet, en laquelle il y a environ trente journaulx de terre ; - De plus confesse tenir quatre tenues à domaine congéable au dit Bourgerel, rapportant chacun an 90 soulz monnoie, un boisseau d'avoine et trois chapons ; - Aussi confesse tenir un debvoir de dixme à la 12e gerbe de seigle, fourmant et avoyne sur toute la terre de feu Anthoyne Le Barbier, au village de Querguest, en la paroisse d'Ambon et frairie de Moustéro, avecque 10 soulz de convention à Nouel ; - Plus confesse tenir la 12e gerbe de seigle, fourment et avoyne sur la tenue au Flo, au village de ..., en la frairie de Moustéro, avecque un soulz de rente à chacune feste de Nouel ; - Plus confesse tenir la 12° gerbe de seigle croissant en la frairie de Bodriabé, en la paroisse de Lymersel, à cause du d. prieuré ; - Et n'a esté le d. prieuré affermé par chacun an que la somme de 500 livres, et à présent est à la somme de 450 livres, comme se voit par les baux à ferme ; - Et à cause du d. prieuré est obligé le d. sieur prieur faire dire par semaine neuff messes, scavoir, trois en la chapelle du d. prieuré, trois en la chapelle du Moustéro, et trois en la chapelle de Saint-Nicolas en la paroisse de Mesuillac, et payer pour ce faire la somme de 60 livres tournois ; - Oultre paye le d. sieur prieur par an de décimes la somme de 57 livres 4 deniers tournois, sans les extraordinaires" (Saint-Gildas, H.). En 1774, le revenu du prieuré est de 740 livres, dont il faut déduire 163 livres pour les charges. La tradition locale rapporte qu'il y aurait eu trois moines à Bourgerel, autant que de chapelles à desservir, et qu'ils finissent par se retirer à Rhuys, où se portent ensuite les revenus. Par une rare exception, ce bénéfice ne tombe point en commende, et tous ses titulaires connus sont religieux : Fr. Jean Ordreneau (prieur en 15.., abbé de Lanvaux en 1528), Fr. N... (pourvu vers 1530, résignation en 1545), Fr. Jean de Brouel (pourvu en 1545, mort en 1593), Fr. Jean Girard (pourvu en 1593, démissionnaire en 1596 ?), Fr. Antoine Hellaut (pourvu en 1595 ?, démissionnaire en 1597), Fr. Jean Bouczo (pourvu en 1597 et en 1609), Fr. Ambroise de Trégoet (pourvu en 1615 ?, mort en 1625), Fr. Jacques Morin (pourvu en 1625, mort en 1656), D. Guy Macé (pourvu en 16.., mort en 1673), D. Antoine Laverot (pourvu en 1673, démissionnaire en 1677 ?), D. Guillaume Crain (pourvu en 1677 ?, démissionnaire en 1722), D. Jean-René Rouaud (pourvu en 1722, démissionnaire en 1768) D. Antoine-René Le Joyaut (pourvu en 1768, mort en 1783), D. Charles-Joseph Bévy (pourvu en 1784, dépouillé en 1791). A la Révolution, les biens du prieuré sont vendus. La chapelle, rebâtie en 1743, est en ruines. La maison et ses dépendances sont transformées en ferme (J. M. Le Mené) ;

Nota 3 : Le prieuré de Bourgerel avait une belle chapelle du XVIème siècle. Découverte au moment de la Terreur, de crainte qu'elle ne fût brûlée, elle n'a pas été restaurée. Elle avait pour patron saint Gildas de Rhuis et dépendait de cette abbaye. On lit dans une charte de Charles IX, roi de France, à la date de 1565, que Jehan de Broël, prieur de Bourgerel, a fait remarquer que, lors de la fondation de ce prieuré par les ducs de Bretagne, il fut doté de plusieurs domaines. En effet, il possédait la ferme et la maison à côté de la chapelle et des champs en Limerzel, Questembert et Ambon. Les prieurs, par suite de fondations, devaient aller dire la messe, une fois chaque semaine, aux chapelles du Moustéro, alors dans Ambon, et de Saint-Nicolas à Muzillac. Cette dernière chapelle n'existe plus. Les prieurs, dont les noms ont pu être conservés, sont : François de Broël, en 1545 ; Jean de Broël, en 1565 et 1580 ; Jean Bouxo, en 1601 ; dom Ambroise de Trégouët, en 1624 ; Jacques Morin, prieur claustral de Saint-Gildas de Rhuis, en 1625 ; Guy Macé, en 1669 ; dom Antoine Loverot, en 1673 ; dom Guillaume Crin, en 1677 ; frère Jean-René Rouault, en 1722 et 1737. En 1761 , messire Le Govello, vicaire à Noyal-Muzillac, reçoit une certaine somme pour dire la messe une fois chaque semaine à la chapelle du prieuré, et à la décharge des fondations. Le 26 février 1671, procès-verbal est fait du lieu et manoir noble de la prieuré de Bourgerel et de la chapelle qui y est. Le 10 octobre 1790, la municipalité de Noyal-Muzillac constate que la métairie du prieuré de Bourgerel a besoin d'urgentes réparations, et que le fermier a droit à des dédommagements de 600 fr. pour les pertes qu'il a déjà subies (abbé Piéderrière).   

le château de Keralio (XVI-XVIIème siècle), édifié à l'emplacement d'un château primitif du XIIème siècle. Siège de l'ancienne seigneurie de Keralio ayant appartenu successivement aux familles Kermeno (au XVème siècle), Larlan (en 1658), Hay des Nétumières (en 1778). Le château devient ensuite la propriété des familles Janvier, de Foucaucourt et Thuriau. Il possédait autrefois une chapelle privée richement ornée. Un réduit du château aurait servi de cachette au fameux chef royaliste Saint-Hilaire, qui finit par être pris et fusillé à Vannes en 1807. En 1927, le peintre américain Alfred Klotz rachète certains éléments du château, tels que les lucarnes et le portail, pour reconstruire le château de Rochefort-en-Terre. A l'état de ruine, le château est rasé en 1925. Il subsiste peu de vestiges (un puits, des pans de murs et des communs) ;

Nota 4 : Ce château du XV-XVIème siècle a dû être bâti par la famille de Kerméno. En 1573, M. de Kerméno, sieur de Keralio, est gouverneur de la ville de Vannes. En 1574, René de Kerméno stipule pour l'érection d'un collège dans la même ville. En 1626, Préjent de Kerméno, chevalier de l'Ordre du Roi, commandeur pour Sa Majesté des villes de Guérande et du Croisic, est seigneur de Keralio, et des seigneuries de Bopilio et Liniac en Noyal-Muzillac. Nous le voyons paraître sur les registres de la paroisse en 1629 et 1647. En 1588, Jean de Kerméno achète la seigneurie de Liniac. En 1658, la famille de Kerméno vendit Liniac, Keralio et Bopilio à Mr Vincent-Exupère de Larlan, moyennant la somme de 120,000 francs. A la même époque M. de Larlan acheta le château et le comté de Rochefort, qui lui furent cédés par Charles de Lorraine, pair de France, chevalier des Ordres du Roi, gouverneur et lieutenant général pour sa Majesté dans la province de Picardie, de l'Artois, du Boulonnais, comte d'Harcourt, duc d'Elbœuf, seigneur de Rieux, etc. M. de Larlan était conseiller du Roi, membre du Parlement de Bretagne, chevalier. Dans le pays on l'appelait le président de Rochefort. Le 19 mai 1662, M. de Larlan tient un enfant sur les fonts du baptême, dans l'église de Noyal-Muzillac. Sa fille Catherine-Marie fut marraine. En 1663, il est encore parrain, et Mme  du Quingo du Closne, marraine. Le 17 août 1667, M. de Larlan accompagne sa fille Catherine-Marie, qui est marraine. En 1672, M. de Larlan assiste, avec sa femme Renée de Querouartz, à un mariage : Mme de Larlan écrivait son nom, indifféremment, Kerouartz ou Querouartz. Elle est marraine en 1673. En 1670, M. de Larlan et sa femme fondent le couvent des Ursulines de Muzillac, qui prospéra jusqu'à la Révolution. Les religieuses faisaient l'école, tenaient des pensionnaires, donnaient des consultations et des remèdes aux malades. En 1754, soeur Agathe Le Reste était supérieure et avait remplacé Claude Lory ; vinrent ensuite une demoiselle de Sesmaisons et une d'Armaillé ; la dernière supérieure, Mme Crespel, fonda les Ursulines de Vannes après le rétablissement du culte, vers 1808. Je n'ai pas les actes sous les yeux, mais il me semble avoir vu que ce furent encore M. Vincent-Exupère de Larlan et sa femme qui établirent les Ursulines de Ploërmel et de Malestroit. M. de Larlan mourut à Rennes en 1692. Ses entrailles furent inhumées dans l'église des Cordeliers de Rennes, son coeur dans l'enfeu de Keralio, situé dans l'église de Noyal-Muzillac, et son corps dans l'église de la collégiale de Notre-Dame-de-la-Tronchaye, à Rochefort. Julien-François de Larlan succéda à son père dans la jouissance da comité de Rochefort. J'ai vu plusieurs actes faits en son nom, pour ses propriétés de Keralio et Liniac, Bopilio, Kerdréan et Bocquai en Noyal-Muzillac. Voici les titres qu'il prenait : chevalier, comte de Rochefort, marquis de la Dobiais, baron de Kerouserai et Trongof, seigneur de Questembert, des châtellenies de Malestroit, Enquidice, Saint-Jean-sur-Coasnon, Chienné, vicomte de Liniac, Keralio, etc .., conseiller du roi en ses conseils, président à mortier au parlement de Bretagne. Il mourut en novembre 1722, laissant ses enfants mineurs, Jean-Anne et Thérèse. Il avait fondé à Rochefort des écoles charitables et des bouillons pour les pauvres. Il habitait tantôt à Rochefort, tantôt à Keralio et autres lieux. Jean-Anne de Larlan succéda à son père. Tous les actes se font en son nom jusqu'en 1760. Il prend tous les titres seigneuriaux de ses ancêtres, même celui du château de Bleheban en Caden, à l'exception de ceux qui se rattachaient aux fonctions civiles. Il laissa une fille, qui suit. En 1761, Marie-Rose-Françoise de Larlan, en se mariant au marquis Hay des Nétumières, transporta le château et le comté de Rochefort, avec toutes ses dépendances, dans cette dernière famille. Elle faisait cependant tous les actes en son nom, et aux titres déjà signalés, elle ajoutait ceux de Cohignac en Berric, de Trémondet et du Closne en Noyal-Muzillac. Elle habita continuellement Rochefort ou Keralio. Elle était fort simple et très-charitable. Quatre boeufs, attelés à sa voiture, la conduisaient sur ses dernières années de Keralio à l'église. Elle mourut vers la fin de l'année 1785, et son fils aîné, Marie-Paul Hay, chef de nom et d'armes, chevalier, marquis des Nétumières, lui succéda dans le comté de Rochefort, dont le château fut démoli en avril et mai 1793. Tandis que je me trouve sur la question de la seigneurie de Rochefort, je vais relater quelques faits peu connus. Cette seigneurie passa, en 1374, dans la famille de Rieux, et y demeura jusqu'en 1567, moment de la mort de Renée de Rieux, dernière de la branche aînée de sa maison. Guy XIX de Laval hérita d'une partie des biens de sa tante, et transmit Rochefort à son fils Guy XX, qui décéda sans héritiers directs en 1606. Alors Charles de Lorraine, duc d'Elboeuf, etc.., devint propriétaire du comté, et son fils, qui porta aussi le nom de Charles, le conserva jusqu'en 1658. — Pendant la Ligue, le château, qui était ordinairement entre les mains des royalistes, subit plusieurs assauts. En 1598, Henri IV, en Passant à Rennes, donna « ordre à Sully de donner une gratification à la garnison de Rochefort, et ensuite d'en faire raser le château ». Quelques années après le bon roi permettait à Charles de Lorraine de le réparer, et ce qui reste des anciennes fortifications laisserait penser que les premiers ordres ne furent guère exécutés (abbé Piéderrière).

le château de Boissignan ou Bossignan (1860). Les combles sont ornés de lucarnes à "chapeau de gendarme" ;

le manoir de Carné (XIIIème siècle). Siège d'une ancienne seigneurie ayant appartenu  à la famille Carné (Olivier Carné en 1248, Payen de Carné en 1427, Pierre de Carné en 1481) du XIIIème au XVIIème siècle. On y trouve une chapelle privée dédiée à Saint-Sébastien et un pigeonnier. On y voit encore un porche monumental ainsi qu'une tour à pans coupés. Le manoir ou château a donné son nom à la célèbre famille du même nom. Il est situé au nord du bourg, à environ trois kilomètres. Il ne reste rien des anciennes demeures ; cependant, le colombier, le portail, une tourelle aux écuries, qui pourraient remonter au XVIème siècle, s'y voyaient encore à la fin du XIXème siècle. La chapelle, dédiée à saint Sébastien, fut détruite pendant la Révolution. L'écusson de la famille de Carné est placé sur le mur du colombier. Il est d'or, à deux fasces de gueule. On le voit aussi sur les murs de l'église paroissiale. Elle avait pour devise : « Plutôt rompre que plier ». La tradition locale la rendait : « Bras d'acier, plutôt rompre que plier ». En 1248, Olivier de Carné alla aux croisades, et ses armes sont demeurées au musée de Versailles. — En novembre 1392, Jean de Carné est mandataire pour le duc de Bretagne, dans une transaction à faire pour dommages causés au connétable Olivier de Clisson. — En 1419, un membre de la même famille assiste à une assemblée de la noblesse à Dinan. — En 1424, Jeanne, duchesse de Bretagne, envoya Rolland de Carné vers le maréchal de Rieux. Ce même Rolland fut échanson de Jeanne, maître d'hôtel de François, son fils. Le 27 septembre 1451, il est maître d'hôtel de Pierre II. En 1452, il est ambassadeur pour le même duc auprès du roi de France. — En 1420, Jeanne de Carné est fille d'honneur de Mme de Chateaubriand. — En 1433, Sylvestre de Carné reçoit des étrennes du duc, avec son frère Rolland. En 1440, il reçoit l'ordre du Camail du duc d'Orléans. — Aux Etats de Vannes, en 1455, Eon de Carné fut placé à la gauche du duc et l'abbé de Prières à sa droite. — En 1474, Jeanne de Carné est condamnée à élever une croix expiatrice sur l'endroit où elle avait consenti à l'assassinat de Berthelot l'abbé, dans la forêt du Cellier. La famille de Carné possède de bonne heure le château de Cohignac en Berric. Un chemin le reliait avec celui de Noyal-Muzillac ; on en voit encore les traces. Elle possède aussi le manoir de la Touche, dans la paroisse de Roc-Saint-André ; Coëtbihan et Kerbourdin, en Questembert ; Bleheban, en Caden ; Lestier, en Béganne, Castellan, en Saint-Martin ; Crémenr, en Guérande. Le 10 octobre 1850, on trouva, dans la chapelle de Saint-François, de l'église de Guérande, une pierre-tombale, sur laquelle étaient représentés en relief un chevalier et une dame, avec cette inscription : « Ci git tre noble puissant seigneur Tristan de Carné, en son vivant chevalier héréditaire, premié maistre dostel des ducs de Bretagne servant en ledit estat la roine Anne, duchesse de Bretagne, maistre doste des rois Louis, François et de monseigneur Fran.... ». Ici le coin de la pierre était brisé. Une autre inscription était ainsi conçue : « Ci-git tre noble et vertueuse dame, madame Jeanne de la Salle en son vivant femme de monsieur Tristan de Carné e dame de Carné, de la Touche, de Cohignac, Crémeur, héritière de la Salle, etc., laquelle trépassa à Crémeur l'an 1526. Dieu lui fasse miséricorde ». Notre manoir de Carné appartenait donc alors à Tristan du nom. Il fut en grande estime auprès de la duchesse Anne, qui lui demanda son fils à son service, en 1513 ; et la même année, elle lui confia 500 hommes pour la défense de son duché. Il était gouverneur de Guérande. En 1568, Charles IX écrivit à Jérôme de Carné, gouverneur de la ville et du château de Brest, et le fit chevalier de son ordre. En 1565, ce Jérôme avait fait relever une partie de la chapelle de Cohignac, comme le porte l'inscription qui est sur une pierre du choeur. Sa femme était Alice de Kerloaguen. Deux frères de Carné prirent part aux guerres de la Ligue, sous le duc de Mercœur. L'un fit des prodiges de valeur à Hennebont, en 1590. Ils étaient tous les deux à l'attaque du château de Kérouserai (Kerouseray), près de Saint-Pol-de-Léon, vers la fin de la même année. Après la soumission du duc de Mercoeur, ils passèrent au service de Henri IV. François de Carné, sieur de Rosampoul, était le fameux gouverneur du château de Morlaix, en 1594, et l'oncle des précédents. Parmi les titres manuscrits que j'ai trouvés en Noyal-Muzillac, je signale les suivants : - 1° En 1691, demoiselle Jeanne Huart de Carné se déclare seigneur du manoir de Carné. - 2° François de Carné, chevalier, chef de nom et d'armes, vicomte de Cohignac, baron de Kerliver, Kerversio, seigneur de Kervi, Kerbriant, Tromelin, est propriétaire de Carné, en 1596. - 3° En 1783, César-Hippolyte-Jean-Baptiste-René de Trecesson (en Campenéac), des sires de Carné, chevalier, etc., est propriétaire de Carné et de la ferme noble de Trebica. La seigneurie de Carné avait haute, moyenne et basse justice, droit à une fourche patibulaire à trois poteaux (abbé Piéderrière) ;

le manoir de La Grée-Bourgerel (XVIème siècle), propriété de la famille de Lannion au XVIIème siècle. On y voit encore des baies à accolade et une tour d'escalier à pans coupés du côté Sud ;

le manoir du Grand Cadillac (XVIIème siècle), propriété de la famille de Lannion. Le domaine appartenait à Olichon et Jehan Berthelot en 1427. Il s'agit du siège de la seigneurie du Grand Cadillac qui possédait jadis deux moulins à eau sur le ruisseau de Kervily et un moulin à vent à Larhénie. Les deux façades de l'édifice présentent chacune trois lucarnes Renaissance. On y voyait autrefois un pigeonnier dans le pignon Nord ; 

le Vieux couvent (1642) où, en 1851, se sont installées les Filles du Saint-Esprit pour y créer la première école de Noyal-Muzillac. On y trouve des tours-escaliers à l'arrière des bâtiments

la maison du Portail (1603), restaurée au XXème siècle. Elle a conservé ses boulins, un oeil de boeuf, une porte cintrée ainsi qu'une lucarne ;

la fontaine Saint-Martin (1839), située rue de la Fontaine-Saint-Martin. Elle abrite une statue de saint Martin. Une pierre d'appui porte la date de 1839 ;

la fontaine de la Bonne-Vierge (1607), située autrefois non loin de la chapelle de Brangolo ;

le lavoir (XIXème siècle), situé non loin de la fontaine Saint-Martin ;

la maison Danielo (XVIIème siècle) ;

le puits de Benguë (1885) ;

la poste (XVIème siècle). Sa façade est percée de pigeonniers ;

les moulins à eau de Pomin, de Kerdréan (XVIIème siècle), de Cadillac, de Castelly, et les moulins à vent de Keralio, de Clène, de la Lande. Le moulin de Kerdréan est détenu par la famille de Larlan en 1650 ;

le moulin de Carné (1492), de Trémondet (XVIIème siècle), de la Grée (XVIIème siècle). Le moulin de Trémondet appartient à messire Joachim Descartes en 1684. Le moulin de la Grée appartient au seigneur de Lannion en 1684 ;

le moulin à eau de Kervily et le moulin à vent de Larhénie ;

A signaler aussi : 

l'ancien château de Kerdréan détruit vers la fin du XVIIème siècle et aujourd'hui disparu. En 1785, il en restait encore des pans de murs considérables, dont on se servit pour relever le portail et le pignon de l'église. Le peu de ruines que j'ai pu, voir, annonçaient une construction du XIVème siècle. Ce manoir me semble avoir été constamment habité par la famille de Muzillac. En 1089, Bernard de Muzillac est témoin d'un accord passé entre Robert, abbé de Saint-Sauveur de Redon, et les chapelains d'Alain Fergent. — En 1250, Pierre de Muzillac cède quelques propriétés au duc pour la fondation de l'abbaye de Prières. — En 1381, Pierre de Muzillac ratifie le traité de Guérande. — En 1402, Olivier de Muzillac est capitaine du château de l'Isle en Marzan. — En 1425 et 1430, nous voyons Jean de Muzillac à la cour du duc. — En 1428, Guillaume de Muzillac est ambassadeur du duc vers le roi de France. — Enfin, pendant tout le XVème siècle, nous voyons cette famille mêlée aux affaires publiques. Les registres de la paroisse de Noyal-Muzillac, qui ne remontent qu'à 1610, renferment fréquemment les noms de Jeanne et de François de Muzillac de Kerdréan pendant la première partie du XVIIème siècle. Ils tenaient un bon nombre d'enfants pauvres sur les fonts du baptême et faisaient beaucoup d'aumônes. Le 28 juillet 1637, Jeanne de Muzillac, vivante dame de Kerdréan, mourut au château de Kerdréan à neuf heures du matin. Elle fut enterrée le 30 dans l'église ; Jean le Bot, subcuré, lui avait administré les derniers sacrements. François mourut vers le même temps. En 1648, Kerdréan appartenait à dame Olive du Coudrai (ou Coudray), douairière de Limoges, de Brouel, en Arzal, et y résidant. En 1665, il appartenait à M. Vincent-Exupère de Larlan, et depuis, il a toujours été attaché à Rochefort et à Kéralio. On a trouvé dans les décombres du château, et à ma connaissance, une pièce de monnaie de François Ier et une autre de Henri IV. Aujourd'hui les vipères sont nombreuses parmi les pierres qui restent et les broussailles qui les recouvrent. Kerdréan avait haute, moyenne et basse justice, fourche patibulaire (abbé Piéderrière)

l'ancien château de Trémondet, aujourd'hui disparu. Le 11 juillet 1484, N..., écuyer de Lesnare, sieur de Trémondet, fait un échange de biens avec l'abbé de Prières. Le 20 novembre 1704, François-Joachim Descartes, chevalier, seigneur de Kerleau, conseiller du roi, est propriétaire de Trémondet. René-Jacques-Louis Le Prestre, chevalier, seigneur de Châteaugiron, conseiller du roi, président à mortier au parlement de Bretagne, est propriétaire de Trémondet, en 1763, par suite de son mariage avec dame Marguerite-Sylvie Descartes de Kerleau en Elven. En 1784, Marie-Rose-Françoise de Larlan, dame de Rochefort, possédait la terre, le manoir et la seigneurie de Trémondet, sans doute par achat. Cette seigneurie avait haute, moyenne et basse justice (abbé Piéderrière) ;

l'ancien château du Closne, aujourd'hui disparu, appartenait à la famille de Noyal. Ce château avait été fortifié. On y voyait encore, à la fin du XIXème siècle, le fossé et les douves. Il est tombé au moment de la Révolution, et les pierres ont servi à reconstruire plusieurs fermes de Keralio sous la Restauration. Au moment de la fondation de Prières, en 1250, nous voyons Agathe de Noyal écrire à l'évêque de Vannes pour lui attester qu'elle a été payée pour les terres cédées par elle au duc à cette occasion. Amaury de Noyal vivait en 1330 ; seigneur du Closne, il épousa Hélène de Carné. Roland, son fils, épousait Jeanne de Loyon, en 1380. Montre de 1479 et 1480. Réformations de 1427 et 1536 ; à celle de 1669, 14 générations. Les registres de la paroisse nous fournissent les indications suivantes : - 1° De 1622 à 1634, dame Isabeau de Bréhant, femme et compagne de François de Noyal, seigneur du Closne, tient un certain nombre d'enfants pauvres sur les fonts du baptême. Elle assiste aux cérémonies religieuses qui ont lieu à l'occasion de baptêmes et mariages des familles nobles. Parfois, elle signe seulement dame du Closne. - 2° En 1648, Adrien de Noyal, fils de François et de dame du Quingo, reçoit le sacrement de baptême. François de Noyal était donc remarié. L'acte est signé par Jacques du Quingo, parrain, Suzanne de Bréhant, Michelle de la Salle, dame de Kerambart, Charles de la Pommeraye, sieur de Kerambart, Charles de Vallois de Séréac, Claude de Boju, dame de Keralio, de Kerméno, Jeanne de Tregouët et Anne de Tregouët. - 3° En 1646, mort d'André de Noyal du Closne. - 4° Le 13 mars 1660, mort de Mathurin de Noyal. - 5° Le 9 mars 1666, mort de Simon de Noyal. - 6° Le 17 septembre 1671, Sébastien de Noyal, chevalier, seigneur du Closne, tient un enfant sur les fonts du baptême. Après cela on ne trouve plus la famille de Noyal. Les Boisorhant ont aussi occupé le Closne, dont la seigneurie avait haute, moyenne et basse justice (abbé Piéderrière) ;

l'ancien domaine de Liniac. A quelle époque a commencé le vicomté de Liniac ? Nous ne le savons pas. Nous sommes obligé de prendre les renseignements qui nous restent, dans les archives de l'abbaye de Prières. Le frère dom Pardy écrivait ce qui suit vers 1695 : « On ne peut présentement dire comment cette rente de 90 perrées de seigle, mesure de Vannes, nous vient sur Liniac ». Est-ce une fondation ou une aliénation de rente ? Nous l'ignorons. Cependant la tradition porte que cette propriété appartenait à l'abbaye, qui la vendit, en se réservant la rente actuelle. En 1426, le monastère soutint pour elle un procès, devant la Cour de Vannes, contre le sieur de Plessix-Angier. Il finit par transaction en 1477, et il fut reconnu qu'il devait recevoir annuellement sur cette propriété 120 boisseaux, mesure de Muzillac, ou, ce qui est la même chose, 90 perrées, mesure de Vannes. En 1575, Jérôme de Carné, alors propriétaire et seigneur, intenta un nouveau procès. Le 10 juillet 1576, un jugement de la Cour de Vannes fit droit à l'abbaye. Jérôme forma appel, la discussion traîna, et le 27 mars 1588 les sieurs de Carné vendirent Liniac à Jean de Kerméno, seigneur de Keralio, et tout cela sans rien stipuler en faveur de Prières. Pendant les longueurs de l'appel, la rente n'avait point été payée, Jean de Kerméno n'avait rien fait, son fils Claude se vit assigné pour solder vingt-neuf années d'arrérages, sauf son recours vers les sieurs de Carné. Le 16 mars 1625, les religieux sont maintenus par arrêt de la Cour, et saisie mise sur la terre de Liniac et toutes autres appartenant au sieur de Kerméno. Ils reçoivent alors 14.046 fr. pour le passé et 522 fr. pour les frais. En 1658, Guillaume de Kerméno vendit ses terres, dont Liniac faisait partie, à M. Vincent-Exupère de Larlan et depuis lors l'abbaye toucha régulièrement ses 90 perrées de revenus annuels. Un décret de 1792 transféra cette rente aux hospices du département, et les familles des Nétumières et de Lauzanne l'ont toujours acquittée (abbé Piéderrière) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de NOYAL-MUZILLAC

Lors de la réformation de 1427, on comptabilise la présence de plusieurs nobles à Noyal-Muzillac : Jehan de Baulac et Jehan Le Floch (Boischarmé, en Le Guernou), Jehan Le Champion (Rohello, en Rochefort), Jehan Anger et Nicolle Bot (Lynniac, en Malestroit), Jehan de Musuillac Ollivier Le Mitallier, Ollic Le Mou (Kerivin), Jehan Chersalle (Kerandon), Jannic de Mesuillac, Perrot Nedellec et Ollivier Le Deguellec (Kerroux, en Kerandon), Ollivier de Kerdrian et Jehan Stuilo (Keryan Provost, en Kervy), Guyot Moullart (métairie du Priour, en Bourgerel), Eon Le Barbier et son fils Jehan (Kerguino), Ollivier du Guern et Guillaume Tebari (Botenmarch), Ollivier de La Landelle (Trébénan, Coquero), Olichon Bertelot et son fils Jehan (Cadillac), Hervé Petitboays (Cambocaire), Ollivier de Kerderyan et Jehan Oillic (Kerdréan, en Malestroit), Payen de Carné et Jehan Cilart (Carné), Jehan Gladonnet et Jehan Alano (Trébicart, en Kerfleury), Jehan de Musuillac de Trevally (Saudien), Jehan de Chiefduboays de Bruslé et Josou Gras (Branferrec), Ollivier de Lesnaré et Guillo Le Floch (Trémondec), Jehan de Noyal et Jehan Godart (Le Claune), Jehan de Musuillac et Henry Tribanin (Boisgestin), Perrin de la Salle (au bourg de Noyal).  

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464, on comptabilise la présence de 10 nobles de Noyal-Muzillac :

Le sieur de CARNE (Carné) : excusé du fait de sa maladie ;

Allain LE COENTE : défaillant ;

Jehan de BISOL ;

Jehan LE CHAMPION, fils de Guillaume Le Champion : porteur d'un paltoc et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'une javeline ;

Jehan LE CHAMPION (20 livres de revenu) : porteur d'un paltoc et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'une javeline ;

François d'AURAY ;

Guy de KERDERIEN (300 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer et armé d'une jusarme ;

Guillaume JEGO (10 livres de revenu) : porteur d'un paltoc et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'une vouge ;

Jehan de NOYAL (200 livres de revenu) : porteur d'un harnois blanc, comparaît armé d'une jusarme et d'une lance ;

Jehan de BISOL : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'une vouge ;

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence de 12 nobles de Noyal-Muzillac :

Pierre, sieur de CARNE (Carné) (600 livres de revenu) : de la Maison de Monsieur le Mareschal ;

Jehan, sieur de BROEL, tuteur du sieur de Kerdréan (300 livres de revenu), remplacé par Jehan de Maigné : comparaît en homme d'armes ;

Jacques de MUSUILLAC, sieur de Trevally (700 livres de revenu), remplacé par Jehan de Musuillac et Jehan du Bourn : comparaissent en archer ;

Allain LE COINTE (100 livres de revenu), remplacé par son fils : comparaît en archer ;

Jehan de BISOL, remplacé par Mahé Le Blouch : comparaît armé d'une vouge ;

Guy de NOEAL, remplacé par son fils Morice et Jehan du Boybic : comparaissent en archer ;

Jehan LE CHAMPION (20 livres de revenu) : comparaît armé d'une vouge ;

Guillemette CHERSALE, femme de Jehan Papin (10 livres de revenu) : appartenant à l'ordonnance du Mareschal ;

François de LESNARE (60 livres de revenu) : comparaît en arbalétrier ;

Jehan CAVARO (20 livres de revenu) : comparaît armé d'une vouge ;

Jehan CHERSALE : porteur d'un paltoc ;

Ollivier BOUVET (40 livres de revenu) ;

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