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MESSAC

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La commune de Messac (bzh.gif (80 octets) Mezeg) fait partie du canton de Bain-de-Bretagne. Messac dépend de l'arrondissement de Redon, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).      

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de MESSAC

Messac vient du gaulois Métius et du suffixe « acum » (d'origine gallo-romaine). 

Aux IIème et IIIème siècles, les gallo-romains édifient plusieurs constructions sur le territoire de Messac, où se croisent alors la grande voie romaine des Gaules et celle de Rennes à Nantes. Le "Locus Metiacus" est mentionné dans les anciens actes et existe dès le VIème siècle. Les Franks de Chilpéric tentent de passer la Vilaine à cet endroit, en 578, pour marcher contre le comte de Vannes Gueroch, qui refuse de leur payer tribut, mais sont battus au passage même de la rivière près de Messac. Le centre primitif de Messac se situe alors au lieu-dit La Bouie (l'Abbaye) où des moines envoyés probablement par saint Martin auraient créé un petit monastère. Le pays est dévasté aux VIème, VIIIème et IXème siècles par les normands ainsi que par les troupes de Louis Le Pieux. Aux Xème et XIème siècles, les Templiers puis les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem bâtissent et agrandissent le temple de La Coëfferie ou Coëffrie. 

Erispoë, fils du roi Nominoë est battu sur la Vilaine, près de Messac, en 843 par Rainald, comte de Nantes. D'après le Pouillé de Rennes, Messac est un lieu fort ancien près duquel les Bretons remportèrent une grande victoire sur les Francs en 843. A cette époque, Messac faisait partie du territoire nantais, « locus qui dicitur Metiacus Nannetici territorii » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 279), comme toutes les paroisses voisines d'outre Samnon ou Semnon. Mais il est probable que peu de temps après cette bataille Messac fut incorporé au diocèse de Rennes, car nous verrons plus tard qu'en 875 Pléchâtel, situé dans la même position que Messac, faisait déjà partie du territoire rennais. De bonne heure les religieux de Paimpont possédèrent un fief assez important en Messac, et il est probable que le village de l'Abbaye rappelle le souvenir de leurs anciennes possessions en cette paroisse. Mais ils aliénèrent ce fief et ne conservèrent que les dîmes de Messac. Ce fut au moyen de ces dîmes qu'ils dotèrent en 1231 le prieur de Saint-Martin, chargé d'aider les chanoines de Rennes dans le service du choeur. Mais un peu plus tard, en 1278, Maurice de Trésiguidy, évêque de Rennes, fit don à ses chanoines de toutes les grosses dîmes qu'il levait lui-même en Messac, pour leur procurer ce qu'on appelait alors « le pain du Chapitre » (« Omnes decimas bladorum parochie de Mechac Capitule Redon, damus et assignamus convertendas in pane cotidiano distribuendo »). En même temps, le prélat institua un vicaire perpétuel nommé par lui pour gouverner la paroisse de Messac, « qui vicarius curam animarum parochianorum ecclesie de Mechac tanquam vicarius perpetuus geret », et il lui abandonna pour sa pension toutes les dîmes de vin, chanvre, lin, toisons d'agneaux, etc., ainsi que les prémices et oblations (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 5 G). Par suite de ces différents actes, les grosses dîmes de Messac se trouvèrent partagées à peu près également entre trois bénéficiers : l'abbé de Paimpont, le Chapitre de Rennes et le prieur de Saint-Martin. Vers 1695, le général de la paroisse, se faisant fermier de toutes ces dîmes, s'engagea à fournir à chacun d'eux 400 boisseaux de grain. Mais lorsque le prieuré de Saint-Martin eut été supprimé en 1728 en faveur des chanoines de Rennes, ceux-ci se trouvèrent à recueillir les deux tiers des dîmes de Messac. Quelques autres établissements religieux, tels que les prieurés de la Franceule et de Châteaugiron, et le Temple de la Coëffrie, levaient aussi quelques dîmes en Messac, mais elles n'étaient pas importantes. Dans les siècles derniers, le recteur de Messac recevait une pension du Chapitre de Rennes ; ce fut longtemps une rente de 160 boisseaux de grain, plus la jouissance des petites dîmes, estimées 300 livres au XVIIIème siècle. En 1790, le recteur, M. Guérin, déclara que le revenu brut de sa cure était de 1 230 livres 6 sols (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 Q, 3). A cette époque, le Chapitre payait 940 livres de portion congrue aux recteur et vicaire de Messac. Le presbytère de Messac, quoique situé dans le bourg, se trouvait dans le fief du Peul, et il existait un singulier privilège en faveur de tous les habitants de ce fief, qui comprenait « les villages du Peul, la Romenais, la Gaucherais, Tréel et autres ». On voit, en effet, dans une déclaration datée de 1645, que « lesdits hommes de ladite seigneurie du Peul, sont exempts des debvoirs de fiançailles, espousailles, sépultures et autres debvoirs qui se poient d'ordinaire aux curés de Messac, fors qu'ils sont tenus fournir chacun an à chacune veille de Noël un tisonnier audit curé ou recteur à sondit presbytère, et que chacun desdits hommes que ledit curé ou recteur épouse sont tenus de lui fournir une paire de gants » (Archives du château de la Robinaye, en Bain-de-Bretagne). Inutile de dire que l'assertion de l'annotateur d'Ogée, faisant de Messac « un doyenné à l'alternative » (Dictionnaire de Bretagne, 11, 32), est complètement erronée ; ce ne fut jamais qu'une simple cure. Messac renfermait naguère le territoire de La Noë-Blanche, érigé en paroisse en 1847. 

Une armée française, après avoir levé le siège de Nantes, séjourne pendant deux mois à Messac en 1487. Une autre troupe y campe en 1491. Un combat a lieu à Messac en 1597 entre les Ligueurs et le capitaine royaliste René de Grézille seigneur de la Tremblaye. 

La paroisse de Messac est citée dès 843 : elle dépendait à cette époque de l'ancien évêché de Nantes avant d'être intégrée à l'évêché de Rennes. Messac fournit au XVIème siècle (1522) un évêque à Dol, dont le chanoine Thomas Leroi (ou Le Roy), condamné par le concile de Trente, pour les nombreux bénéfices qu'il possédait. La terre de Boeuvres était une châtellenie d'ancienneté relevant de la seigneurie de Bain, et possédait un droit de haute justice et un auditoire au port de Messac. A noter aussi que Le Port de Messa-Guigny connaît une forte activité jusqu’en 1860. 

On rencontre les appellations suivantes : Metiacus (en 843), Mezac (en 1089), Méchac (en 1279), Messacum (en 1516).

Note 1 : Sur les landes du Châtellier, en Messac, se trouve un ermitage ruiné dont nous parlerons ailleurs ; d'après la tradition locale, l'ermite qui l'habitait faisait, comme celui du Bois-Davy, l'école aux enfants de la paroisse. Nous ne savons si cette école était fondée. A noter également que par testament du 10 mars 1739, Denis Denis, sieur des Noës, natif de Messac, mais habitant l'île de Saint-Domingue, légua 10 000 livres aux pauvres de sa paroisse natale, ordonnant que chaque année les marguilliers de Messac en distribueraient la rente aux cinquante pauvres les plus nécessiteux, après avoir pris l'avis du recteur (Pouillé de Rennes).

Note 2 : Sur une lande aride s'avançant en promontoire assez élevé au-dessus du cours de la Vilaine, non loin du manoir de Boeuvres et des anciens retranchements militaires du Châtellier, apparaissent des cellules en ruines. La légende raconte qu'au XVIIIème siècle, pendant que le seigneur de Boeuvres menait grande vie en son manoir, apparut un jour sur cette lande un pauvre moine étranger ; il s'y creusa une grotte dans le roc même, au-dessus d'une source limpide, et se livra avec ferveur aux saints exercices de la vie érémitique. Cependant le seigneur de Boeuvres entendit parler de ce solitaire ; il fit trève à ses amusements et s'achemina vers l'ermitage. A la vue du religieux agenouillé dans son creux de rocher, le noble seigneur sentit son coeur ému ; il salua l'ermite, se recommanda à ses prières, et malgré les refus du saint homme il résolut de lui construire une cellule en ce lieu même. Mais quand cette construction fut achevée l'ermite disparut, et nul ne le revit plus sur la lande déserte ; il vint, en effet, mourir au port de Messac, comme le prouve l'extrait suivant des Registres de sépulture de cette paroisse : « Frère Jacques-Noël Félin, frère du Tiers-Ordre de Saint-François, solitaire de l'Hermitage de Boeuvres, est décédé au port de Messac le 18 juillet 1759, et a été inhumé le 19 dudit mois, âgé de cinquante-cinq ans ». La cellule de l'ermitage demeurant ainsi vide, le seigneur de Boeuvres donna ce logement solitaire au chapelain de son manoir. Julien Gachel, « chapelain de Bœuvres », mourut, en effet, à l'Hermitage le 28 novembre 1765, et l'un de ses successeurs, René Savary, y habitait également vers 1780, faisant avec son frère l'école aux petits enfants. Maintenant encore l'on distingue parmi les ruines de l'Hermitage la grotte souterraine du frère Félin, un petit oratoire, une sorte d'allée couverte ou de cloître, quelques cellules bien modestes et un jardin muré où s'élève un vieil arbre, seul gardien vivant de ce lieu abandonné des hommes (Semaine Religieuse de Rennes, IV, 796 et Pouillé de Rennes).

Note 3 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Messac : Thomas Le Roy (chefcier de Notre-Dame de Nantes et trésorier de Rennes, archidiacre de Plougastel, chanoine de Rennes, Nantes, Saint-Malo et Quimper, etc., etc., né à Tréhel, en Messac, de Raoul Le Roy et de Marie de Cazillon ; décédé à Rome, évêque élu de Dol, le 21 octobre 1524). Jehan Demouraud (1572 et 1584). Jacques Justel (il succéda au précédent). Pierre Collin (1616-1647). Jean Thébault (1647-1651). Mathurin Martel (1651-1659). Guillaume Mellet (sieur de Roulefort, pourvu en 1659, résigna une première fois en faveur du suivant). Jean Le Breton (pourvu le 29 avril 1661, résigna à son tour en 1664). Guillaume Mellet (sieur de Roulefort, il reprit en 1664 la cure de Messac, qu'il résigna définitivement en 1672 pour devenir recteur de Guémené-Penfao ; il se réserva une pension de 300 livres sur Messac). Robert Trochet (il succéda, semble-t-il, au précédent; il fit en 1697 enregistrer ses armoiries : d'argent à trois plantes (?) de sinople fraisées d'or, et résigna le 29 mars 1702). Jacques de Champrepus (prêtre d'Avranches, pourvu le 30 mai 1702, il résigna en faveur du suivant). Julien de Champrepus (frère du précédent, pourvu le 17 septembre 1720, résigna en faveur de son neveu, qui suit). Julien de Champrepus (prêtre d'Avranches, fut pourvu le 1er mars 1737 ; décédé âgé de cinquante-deux ans, le 11 septembre 1742, et inhumé dans l'église). Julien-Jacques-François Jollivel (il fut pourvu le 13 décembre 1742 ; décédé le 25 mars 1771). Michel-Vincent Cawiezel (prêtre d'Irlande, pourvu le 6 juillet 1771, devint en 1785 recteur de Tourie ; décédé à Messac le 16 janvier 1786. C'est à M. Cawiezel qu'on doit, de l'aveu même de Parmentier, l'introduction de la pomme de terre en France). Anne-Joseph Guérin (pourvu le 11 janvier 1786, gouverna jusqu'à la Révolution ; exilé en Espagne, il revint à Messac et fut réinstallé en 1803 ; décédé âgé de soixante-quatorze ans, le 17 mars 1831). Jean-Baptiste Lorand (1831, décédé en 1860). Jean-Marie Houssin (1860, décédé en 1881). Emile Perroteaux (à partir de 1881), .....

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PATRIMOINE de MESSAC

l'église Saint-Abdon-et-Saint-Sennen (XII-XIXème siècle - 1903), oeuvre des architectes Arthur Regnault et Charles Langlois. Saint Abdon et saint Sennen, martyrs, sont les patrons de l'église de Messac. C'est un édifice en partie roman, remanié à diverses époques. A l'origine, il devait n'y avoir qu'une nef terminée par une abside ; on retrouve encore cette abside presque intacte extérieurement, soutenue par des contreforts plats et jadis ajourée de meurtrières ; la nef conserve aussi une fenêtre romane, et la façade occidentale, cachée aujourd'hui par une tour, est également de style roman. A cette construction primitive ont été ajoutés deux collatéraux de la nef aux XVème et XVIème siècles, et vers la même époque fut construite une chapelle seigneuriale au Nord du chanceau, que nous supposons avoir été celle du Hardaz (ou Hardatz) ; elle fut remplacée plus tard par la chapelle du Rosaire. Vis-à-vis, du côté Sud, fut élevée la chapelle également prohibitive des seigneurs de Boeuvres. Enfin, de nos jours a été bâtie une tour gothique d'assez belle apparence, placée au bas des nefs, et dont la première pierre fut bénite par Mgr Brossay-Saint-Marc le 13 mai 1866. A noter que les fenêtres ogivales ouvertes au Nord datent de 1830. Le maître-autel, avec son retable de pierre, fut construit en 1684 par le sculpteur Mathurin Té et coûta 356 livres. Jadis, deux autels, dédiés à saint Pierre et à saint Eloi, accompagnaient l'arc triomphal précédant le choeur. Dans la nef, on voyait encore naguère d'intéressants débris de peintures murales, et, entre autres sujets, un saint personnage debout qu'on a malheureusement fait disparaître. Les barons de Bain (Bain-de-Bretagne) étaient seigneurs supérieurs de l'église de Messac, où ils avaient leurs armoiries peintes sur les murailles en 1747. Les seigneurs de Boeuvres avaient leur banc et leur enfeu dans leur chapelle ; ceux du Hardaz et de la Pommeraye avaient les leurs près de l'autel de la Sainte-Vierge, et ceux de la Beucheraye proche la porte de la sacristie. Il semble que les seigneurs du Vautenet jouissaient également d'un enfeu ; ces derniers avaient en outre, en 1734, le droit de jeter une soule à la porte de l'église le jour de l'Epiphanie. D'assez nombreuses fondations existaient en cette église ; la plus anciennement connue était celle d'Arthur du Hardaz, protonotaire apostolique, archidiacre d'Outre-Loire, chanoine d'Angers et de la Sainte-Chapelle de Paris, aumônier du duc de Bretagne ; son coeur reposait auprès de l'autel de la Sainte-Vierge, et une plaque de cuivre rappelait encore en 1760 la chapellenie qu'il avait fondée. Celle-ci consistait en une messe chantée chaque mercredi à cet autel, avec diacre et sous-diacre, et l'office des morts complet, et en une messe basse au même autel chaque dimanche. Arthur du Hardaz lit cette fondation en 1544 et laissa au Chapitre de Rennes 35 livres 17 sols 6 deniers pour l'acquitter. A la suite de la messe du mercredi, le chapelain devait faire une distribution d'aumônes aux pauvres de la paroisse. Enfin, le seigneur de Couascon était chargé par le fondateur de l'exécution de ses volontés. Les fondations de Saint-Antoine et Saint-Sébastien étaient le résultat de voeux faits par le général à la suite de disette et d'épidémie ayant désolé Messac ; le chapelain chargé de ces messes devait faire une procession dans l'église à la fin de chacune d'elles, en souvenir des processions faites à l'origine autour de la paroisse pour obtenir la cessation des fléaux. La confrérie de l'Assomption de Notre-Dame fut érigée en l'église de Messac en 1643 et enrichie alors d'indulgences par le pape Urbain VIII. En 1701, Gilles Divet et Antoine de Couascon donnèrent quelques terres à la fabrique pour favoriser l'établissement du Rosaire, dont les bulles étaient arrivées. Cc ne fut toutefois que le 13 mai 1703 que le P. Jean Trouillot, Dominicain de Bonne-Nouvelle, érigea cette confrérie (Pouillé de Rennes). La tour date de 1866. Le retable de la Vierge du Rosaire date du XVI-XVIIème siècle (le tableau central du XVIème siècle représente la Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique en présence de sainte Catherine de Sienne). Le maître-autel date du XVIIème siècle : il possède un retable, en pierre à deux corps, construit en 1678-1679 par Mathurin Thé (ou Té) du Châtellier et René Frémont de Rennes (le tableau central représente la "Présentation au Temple" et date de 1669 : il s'agit d'une donation de Pierre Huart ou Huard, dernier seigneur de Boeuvres et trésorier du chapitre de la cathédrale de Rennes). Sur le retable, on peut lire plusieurs inscriptions : "Quis nos reparabit" - "Jesu Christo amabilissimo" - "A caritate Christi". La chaire, oeuvre du sculpteur Martin Gambier de Rennes, date de 1731 (ou 1738), puis est restaurée en 1861 (la cuve comporte des panneaux sur lesquels sont sculptés saint Abdon, saint Julien et saint Sennen). L'église abrite plusieurs statues dont celles de la Vierge de Pitié (XVIème siècle), de saint Armel (XVIème siècle), saint Abdon et saint Sennen (ou Seunen), ainsi qu'un reliquaire contenant les reliques de saint Abdon et de saint Sennen, prélevées en 1818 dans le sarcophage qui renferme leurs restes en l'église d'Arles-sur-Tech ; 

le Temple de la Coëfferie ou Coifferie ou Coëffrie (X-XIème siècle) au village du Temple. En 1217, le duc Pierre 1er Mauclerc et son épouse Alix de Bretagne, confirment la donation de La Coëfferie, dépendance de la commanderie du Temple de Carentoir. A la suite du massacre des moines rouges de Carentoir, le 13 octobre 1307, le Temple passe aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. L’autorité de La Coëfferie s’étend sur plus de dix paroisses de Fougeray à Malestroit. Le Temple ou manoir subit des travaux de 1676 à 1699 : les fenêtres de son rez-de-chaussée portent la date de 1682. Le portail du manoir était jadis surmonté d'un colombier daté de 1664 et muni d'une horloge. La chapelle privative date du XII-XIIIème siècle : elle a été en partie reconstruite au milieu du XVIIème siècle. Le transept sud de la chapelle date du XIVème siècle. La charpente date de 1627 et l'on voit sculpté sur la charpente le nom du commandeur Gilles du Buisson (XVIIème siècle). On conserve deux pierres tombales dans la chapelle. La Coëfferie avait droit de haute, moyenne et basse justice (une pièce de terre nommée la Justice devait renfermer autrefois son gibet) ; 

Nota 1 : Le manoir du temple de Carentoir, chef-lieu de la commanderie avait été détruit par les guerres du XVIème siècle et celui de l'hôpital de Quessoy avait subi le même sort. Ce fut après la ruine de ces deux manoirs que les commandeurs de Carentoir fixèrent leur résidence au temple de la Coëffrie, paroisse de Messac, au diocèse de Rennes. Toutefois, il faut bien remarquer que ces commandeurs étant tous des chevaliers de Malte ne faisaient ordinairement que quelques apparitions ou tout au plus quelques mois de séjour en Bretagne. Un intérêt particulier s'attache néanmoins au temple de la Coëffrie qui recevait toujours dans son vieux manoir les commandeurs lorsqu'ils venaient dans notre pays. Le 1er août 1527, frère Jehan Briolins rendit aveu au roi pour ses deux commanderies de Carentoir et de la Coëffrie. Ce fut, comme nous venons de le dire, dans le courant de ce XVIème siècle que les commandeurs de Carentoir vinrent résider au Temple de la Coëffrie. Toutefois, remarquons bien que ces commandeurs, étant tous des Chevaliers de Malte obligés de demeurer ordinairement en cette île, ne faisaient chaque année qu'une apparition de quelques semaines, tout au plus de quelques mois, en Bretagne. Un intérêt particulier s'attache néanmoins au Temple de la Coëffrie, qui recevait toujours dans son vieux manoir les commandeurs de Carentoir séjournant parmi nous.
Voyons d'abord ce qu'était Coëffrie en 1574, nous ferons ensuite sa description un siècle plus tard. "Le temple de la Coueffrye, en la paroisse de Messac, avecques la mayson et manouer dudit lieu, contient tant en cours, jardins, prairies, et bouays de haute futaye, terres labourables, frotz, communs et droits de communs, 15 journaulx environ. - Item. L'église et chapelle dudit lieu de Coueffrye, scituée au joignant de ladite maison dont ledit sieur commandeur jouist du tout des ausmones et oblations faites en ladite chapelle sans que le recteur de Messac y prenne aucune chose. - Item. Un moullin à grain avecques l'estang d'iceluy et d'un moullin à fouler draps avec leurs destroits et moutaulx, iceux moulins et estang situez près et au joignant de ladite maison de Coueffrie. - Item. Révérend Père en Dieu Monseigneur l'évesque de Saint-Mallo, doibt de pension audit sieur commandeur (de Carentoir), sur les dixmes qu'il lève aux paroisses de Guipry et Messac, le nombre de vingt et huit mynes de grain, scavoir 14 mynes de bled seigle et 14 mynes d'avouame grosse, le tout mesure de Lohéac. - Les seigneurs et dame de Châteaubriant doibvent à ladite commanderie au jour et feste de Saint-Jean-Baptiste, la somme et nombre de sept livres monnaie" (Archives de la Loire-Inférieure).
Soixante-dix ans plus tard (vers 1644) le commandeur du Buisson fit une description beaucoup plus détaillé et vraiment curieuse de sa résidence. "Despend de la commandrye de Carentouair un membre vulgairement appelé le temple de la Coëffrie, séjour ordinaire des commandeurs, distant du temple de Carentouair d'environ cinq lieues ... Auquel lieu (de la Coëffrie) y a une chapelle fondée en l'honneur de Monsieur Saint-Jean-Baptiste, nostre patron, laquelle est à présent servie par Dom Pierre Collin, prestre de la paroisse de Messac, en laquelle avons vu des ornements pour faire le service divin accoustumé, qui est la garniture d'un autel, lesquels ont esté donnés par ledit du Buisson, et lesquels sont bons et convenables et en garde dudit Dom Pierre, qui, est sallarié par ledit du Buisson. Laquelle chapelle avons vu réparée tout de neuf tant de couverture qui est d'ardoizes, charpente et partie de la muraille avec les vittres aux vittraux, et commencée à blanchir, se proposant ledit du Buisson la faire achever de blanchir ainsy, qu'il se promet, et ès principales vittres sont les armes de Nostre Ordre. En laquelle chapelle y a quattre autels sur le principal desquels est un beau buffet en menuiserie faict faire par ledit du Buisson, pour honorer une image de la Vierge qui y a esté donnée par ledit du Buisson ; et sur le pignon de la chapelle y a une bretesche ou campanier faict en maçonnail auquel y a une cloche de moyenne grosseur. Au costé de laquelle chapelle vers nord est le logix et manoir dudit lieu où l'on entre par un grand portail sur lequel y a un colombier ; et entrant dans une cour carrée au bas de laquelle est un corps-de-logix composé d'une cuisine, deux petits celliers, et sur iceux deux chambres haultes dans l'une desquelles y a une cheminée avec des grilles de fer à deux croisées et les greniers au-dessus, et au costé y a une garde-robe joignant laquelle est un cabinet sous lequel y a un four, et pour monter aux dictes chambres y a un degré de bois faict à jour. Et proche ledit logix. est un aultre grand corps-de-logix au bout duquel est une chambre haulte à cheminée et sous icelle un cellier, à la suite duquel logix sont les estables à loger les bestiaux de la mestairie". D'autres écuries et un "fagottier" sont encore mentionnés dans cette cour "laquelle est renfermée de murailles de bonne haulteur et en laquelle y a un puitz. Autour desquels logix sont les jardins et vergers ... en l'un desquels jardins y a un réservoir à garder du poisson avec une petite saudraye près d'où passe un canal d'eau vive que ledit Buisson a fait faire tout de neuf".
Viennent ensuite quelques pièces de terres avoisinant les jardins "plus au-devant de ladite entrée et portail est une basse cour reffermée de paliz" et "au-devant de ladite basse-cour est une chesnaye plantée de rabines de chesnes et chastaigniers, entourée de fossés ... et (pouvant) contenir environ deux journaux et demy". Il est ensuite fait mention de plusieurs autres terres en labour et d'une autre petite chesnaye de haulte fustaye avec un petit bois taillis, pouvant contenir le tout environ trois journaux, dans lequel ledit du Buisson a fait faire des mottes à lapreaux
"Item, autour desdits bois, domaines et jardins est la prée dudit lieu qui aboutist à la chaussée et qui autrefois était un estang, qui peut contenir environ seize journaux, par le milieu de laquelle et au costé vers nord passe un ruisseau qui aultrefois faisait moudre deux moullins, l'un à bled et l'autre à draps, mais la prée vaut aujourd'hui quatre fois plus ; néanmoins ledit du Buisson a faict faire tout de neuf un moullin à draps sans que cela détériossisse ladite prée, qui pourra valoir, estant en estat, vingt-cinq où trente escuz de rente" (archives de la fabrique du Temple de Carentoir  et l'abbé Guillotin de Corson). 

Nota 2 : Après l'énumération des terres de la Coëffrie se trouve le relevé des autres dépendances de cette maison seigneuriale. "- En la paroisse de Foulgeré, évesché de Nantes, à une lieue dudit lieu de la Coëffrie est un petit baillage appelé l'Hostel-Ferré ou la Ruantais, où est deub environ 45 sols de rente et obeissance par les estaigers qui sont audit lieu et dépendent de la commanderie.... - Plus au bourg de Messac, à une petite lieue dudit lieu de la Coëffrie, et proche le cimetière de Saint-Jacques, est une tenue où y a quatre ou cinq estaigers ..., qui doibvent trois sols de rente et obéissance. - En ladite parouesse de Messac,, à demye lieu dudit lieu, est deub un trait de dixme au lieu appelé le Plessix-tenet qui se lève ès domaines appelés Soubs-le-Bé, la Sagoussinnays, et la Croix-de-la-Roberdais, et est affermé à M. Gilles Lezot, sieur de Richebourg, avec la dixme du bourg le nombre de onze boixeaux de bled, mesure de Bain, six à la charge. - Item , la dixme qui se lève sur les sujects dudit lieu à la dixiesme des grains et fillaces peut valloir, bon an mal an, trente bouexeaux de bled, dicte mesure. - Les rentes par deniers peuvent valoir dix livres tournois. - En la métairie se peuvent recueillir par chacun an, six-vingt bouexeaux de bledz , dicte mesure. - Plus despend dudit lieu une maison sittuée en la ville de Rennes, en la rue de la Haulte-Baudrairie , et doibt cinq sols de rente et obeissance, dont ledit commandeur n'est reconneu faulte de tiltres. - Item, en la ville de Baulon, à quatre lieues dudit lieu de la Coëffrie, sont deux estres et maisons avec deux jardins , appelées Le Temple, l'un desquels est à présent possédé par Dom Vincent Le Prins , et l'autre par damoiselle Renée de la Rivière, veuve de feu Pierre Trélluyer, vivant, sieur du Temple, lesquelles maisons étaient de temps presque immémorial presque aliesnez de ladite commanderie, néanmoins ledit du Buisson , à présent commandeur, les a retirées avec de grands frais et réunies à ladite commanderie, au membre de la Coëffrie, et doibvent sept deniers de rente et obeissance. - Est deub audit lieu du Temple de la Coëffrie, par les sieur et dame de Châteaubriant, sept livres monnaie de Bretagne, qui ne se paie plus faulte de titres (le commandeur Chevrier obtint du prince de Condé, baron de Châteaubriant, le rétablissement de cette route qui fut fixée, en 1678, à 70 sols - Archives de la Coëffrie). Il est encore ici question de la pension ou rente de grains que devait à la Coëffrie l'évêque de Saint- Malo, et il est dit que, de "ladite pension, est à présent fermier M. Robert Ramaceul, sieur de Saint-Laurent, pour le prix et somme de deux cents vingt livres". Enfin, l'Etat de 1644 mentionne la juridiction seigneuriale : " Est errigée ledit lieu de la Coëffrie en droit de haulte, moyenne et basse justice (le commandeur de la Coëffrie possédait, à quelques distance de son manoir, une pièce de terre qui portait, dans les aveux du XVIIème siècle, et qui porte encore maintenant le nom caractéristique de Pièce des Justices patibulaires), lods, ventes, espaves, gallois, deshérences, succession de bastards, et tout ferme droit, où y a officiers créez qui y exercent la juridiction quand besoing est tant sur les subjects estaigers du bourg de Messac, l'Hostel-Ferré , du temple de Baulon, que du temple de la Coëffrie, lesquels sont subjects à court et à moullin. Et y a pour sénéchal M. François Luzot sieur de la Noë, pour procureur fiscal M. Adrien Le Bicheux sieur de la Roche, et pour greffier M. Robert Ramaceul sieur de Saint-Laurent, et y a plusieurs nottaires et sergents , tous demeurant en ladite parouesse de Messac" (Archives de la fabrique du Temple de Carentoir). Le commandeur du Buisson, après nous avoir dit que Pierre Derval affermait les terres de la Coëffrie pour "quatre-vingts écuz", ajoute qu'il avait affermé autrefois "le total de la commandrie de Carentoir à M. François Estournel pour la somme de douze cents soixante et six livres , non compris, le moullin de Quessouay, et celui de la Coëffrie" (Archives de la fabrique du Temple de Carentoir). Ce commandeur Gilles du Buisson, dont nous venons de parlera fit de fréquents séjours au manoir de la Coëffrie ; il y reconstruisit en partie la chapelle, sur la charpente de laquelle on voit encore son nom sculpté ; il s'occupa également de tous les membres de sa commanderie, relevant les édifices qui menaçaient ruine, faisant rentrer les rentes injustement aliénées, recueillant avec soin les titres et les traditions de son bénéfice, embellissant même volontiers sa résidence champêtre du Temple. Il eut pour successeurs, en 1645 frère Jacques Coustard du Moulinet, qui mourut en 1649, puis frère Charles Laurencin, grand-vicaire de l'Ordre en Aquitaine, et en 1670 frère René Chevrier. J'ai encore entre les mains deux aveux rendus par le commandeur Chevrier, l'un en 1677 pour la commanderie entière de Carentoir, l'autre en 1681 pour la Coëffrie seulement. Ils ne diffèrent qu'en peu de chose de ce qui précède. Dans le premier il est question toutefois de " quelques redevances és paroisses de Saint-Jagu, Ruffiac, Tréal et Guer" dont le commandeur ne peut avoir jouissance ni parfaite connaissance.... Plus , "au faubourg de Malestroit, près la Magdeleine , une maison sur laquelle est deub par chacun an de rente féodalle une livre de cire et obéissance" (Archives de Loire-Inférieure). Dans le second aveu, la juridiction de la Coëffrie n'est qualifiée que de "moyenne justice". René Chevrier habitait « ordinairement en la ville d'Angers, paroisse de Saint-Auron », mais il venait souvent visiter la Coëffrie. Il semble même que René Chevrier fit de notables réparations à ce manoir ; la date de 1682, qui se voit sur les fenêtres du rez-de-chaussée de la Coëffrie, permet d'attribuer à ce commandeur la construction de la salle et du salon qui subsistaient naguères encore ; il fit aussi faire une nouvelle chambre haute et l'escalier intérieur actuel. René Chevrier soutint un long procès contre les paroissiens de Messac, relativement aux dîmes dues par eux au Temple de la Coëffrie ; il eut pour successeur, en 1696, frère Jacques Arnault, remplacé lui-même par frère François Coupperie de Beaulieu, qui voulut en 1717 visiter la Coëffrie. Le commandeur Simon Bouchereau, qui vint ensuite, demeurait à son manoir de la Coëffrie en 1729 ; il mourut à la fin de 1738 et fut remplacé par frère Jacques Frin des Touches. Ce dernier demanda à ses supérieurs et obtint d'eux, en 1745, une visite de sa commanderie de Carentoir, pour en constater les améliorations (abbé Guillotin de Corson). 

Nota 3 : La visite de la commanderie de Carentoir, commencée le 25 mai 1745, fut faite par René de Brilhac, commandeur d'Amboise, et Jacques Guinebauld de la Grostière, commandeur de la Guerche. Ces chevaliers, accompagnés de Jacques Frin des Touches, visitèrent d'abord l'Hôpital de Quessoy, près de Moncontour, le Temple de Carentoir, le Pont-d'Oult et le Temple de Malansac ; puis ils commencèrent l'inspection de la Coëffrie le lundi 31 mai. Ils entrèrent de prime-abord dans la chapelle, édifice assez remarquable pour nos campagnes, composé d'un rectangle de 15m 50 de longueur intérieure, avec une grande aile méridionale en équerre. Tout le monument appartient au style ogival, sauf le campanier, qui fut reconstruit au XVIIème siècle par le commandeur Gilles du Buisson, et qui se compose de deux arcades géminées, réunies sous un même faîte. Au dessus du maître-autel et au bas de la nef s'ouvrent de longues fenêtres ogivales qui rappellent le XIIIème siècle ; une large arcade de même style fait communiquer avec la nef la chapelle méridionale, dans laquelle se plaçaient peut-être les commandeurs, mais qui semble un peu moins ancienne que le reste de l'édifice. Les Chevaliers remarquèrent dans cette chapelle « l'autel entièrement boisé, garni d'un gradin, avec deux statues de la Sainte Vierge et de sainte Anne, de six chandeliers, de dix bouquets et d'un crucifix d'ivoire qui est sur le couronnement du tabernacle, avec trois statues représentant saint Jean au milieu, saint Fiacre du costé de l'évangile et saint Etienne du costé de l'épistre ; au dessus duquel autel il y a une niche avec une croix de bois, au dessous de laquelle il y a une petite statue de la Vierge ». Ils notèrent aussi « une chaise de bois à prescher, une cloche bien sonnante, deux pierres tombales et deux escussons des armes de la Religion : de gueules à la croix d'argent », placés des deux côtés du maître-autel. Le commandeur de Carentoir dit alors à ses hôtes qu'il était tenu à faire célébrer une messe par semaine en la chapelle de la Coëffrie, et qu'il payait à cet effet 34 livres par an au curé de Guipry qui desservait cette fondation. Il introduisit ensuite les commandeurs d'Amboise et de la Guerche dans son manoir, modeste logement composé d'une cuisine avec son office, d'une salle et d'un salon au rez-de-chaussée, et de trois chambres avec un cabinet « servant d'archivier », à l'étage supérieur. Ils visitèrent ensuite les greniers et le cabinet « servant à coucher les domestiques; cabinet blanchi à neuf, bien carrelé et ouvert de deux fenestres ». Puis, revenus dans la cour, ils parcoururent la boulangerie, les celliers, les écuries « contenant cinq chevaux », les fanneries, etc., et remarquèrent au dessus du grand portail « un pavillon servant de colombier (on lit encore sur ce colombier l'inscription suivante : ... faict rebastir ce coulombier. 1668) ; et au dessus dudit colombier est située l'horloge, qui est en bon estat ». Les Chevaliers se promenèrent ensuite dans les trois jardins réservés au commandeur et entrèrent chez son fermier, Guillaume Voland, qui habitait « une grande chambre » à laquelle on parvenait par un escalier de pierre. Puis ils examinèrent les écuries, grange, fanneries, greniers, fours et autres dépendances de la métairie, sans oublier, « à une portée de fusil, une petite chambre à ramasser les moutons, appelée, sans doute par dérision, le Grand-Chasteau ». Le fermier interrogé répondit qu'il fournissait au commandeur 100 boisseaux de blé-seigle, 50 boisseaux de blé-noir, 78 livres d'argent, 50 livres de beurre et 400 fagots. Quant aux Chevaliers, ils terminèrent leur journée par visiter les bois de haute futaie et les taillis, ainsi que les prairies composant la retenue de la Coëffrie. Le lendemain, 1er juin, les Chevaliers mirent fin à leurs investigations en questionnant le commandeur et les paroissiens de Messac, et en faisant l'inventaire du mobilier de la Coëffrie. Nous dispenserons nos lecteurs de cet inventaire, mais nous noterons en finissant les particularités suivantes : Le commandeur déclara que douze chapelles dépendaient de Carentoir, mais qu'il n'en avait que trois à sa présentation : l'église du Temple de Carentoir et les chapelles de Malansac et de la Coëffrie ; il termina en disant qu'il était dû un rachat sur la chapellenie de Baulon (nota : cette chapellenie, fondée par un religieux de l'abbaye de Montfort, était établie sur la maison du Temple de Baulon, relevant de la Coëffrie ; il y eut un procès entre le titulaire, dom Vincent Le Prins, et le commandeur Gilles du Buisson, et ce fut ce rachat qui termina le procès). De leur côté, les paroissiens de Messac rendirent le meilleur témoignage du commandeur Frin des Touches, disant que le service divin se faisait très-décemment dans la chapelle de la Coëffrie, et que le commandeur habitait son manoir tout le temps qu'il n'était pas appelé ailleurs par ses supérieurs, et « que mesme depuis le mois d'août qu'il est revenu de Malte il y a toujours fait sa résidence ». Le commandeur Frin des Touches eut pour successeur frère Claude Le Normant, « prestre conventuel de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem » ; ce dernier afferma 1 700 livres tous les biens de sa commanderie de Carentoir, en 1754, époque à laquelle il se trouvait à la Coëffrie. Nous le voyons encore résider en ce manoir en 1776, mais alors il était en même temps que commandeur de Carentoir, chancelier de l'Ordre au grand-prieuré d'Aquitaine ; il eut pour successeur à la Coëffrie frère N... des Valettes, qui fut probablement le dernier commandeur de Carentoir. Aujourd'hui, il ne reste plus à Messac qu'un vague souvenir des Chevaliers du Temple et de Saint-Jean de Jérusalem. Leur manoir du Temple de la Coëffrie n'est plus qu'une maison de village, et leur chapelle est un bâtiment de décharge. Toutefois il est encore intéressant de visiter les lieux qu'illustra la présence des célèbres Templiers et des vaillants Chevaliers de Rhodes et de Malte ; on aime à y rechercher un dernier vestige de l'ancienne puissance de ces moines guerriers, et l'on revoit avec plaisir leur vieille résidence de la Coëffrie si gracieusement posée dans les vertes prairies qu'arrosent la Vilaine et ses affluents (abbé Guillotin de Corson).

l'ancienne chapelle Saint-Jacques, située au haut du bourg de Messac. C'était une chapelle appartenant aux paroissiens, sise au haut du bourg de Messac, et dédiée à l'apôtre saint Jacques et à saint Julien. Elle avait un chevet droit ouvert d'une fenêtre ogivale et fut restaurée en 1773 ; elle était fondée de messes et régulièrement desservie. Le seigneur du Hardaz s'en disait le seigneur parce qu'elle se trouvait dans son fief de Couascon (Pouillé de Rennes). Elle était jadis entourée d'un cimetière ;

l'ancienne chapelle Saint-Armel. C'était la chapelle frairienne du port de Messac. Ce port, signalé dès 1089, avait une assez grande importance au moyen-âge à cause du commerce qui se faisait par la Vilaine. Le baron de Lohéac avait des droits sur le passage de la rivière à Messac, et un pilori existait au port pour punir les bateliers voleurs. Toutefois, Saint-Armel se trouvait dans le fief de Boeuvres ; aussi le 5 novembre 1680 Pierre Mérault, sieur de la Villorée, ayant fondé deux messes hebdomadaires dans cette chapelle, en laissa la présentation future au seigneur de Boeuvres, se contentant de nommer le premier chapelain, Jacques Lezot de Richebourg. Celui-ci eut pour successeurs Julien Giffart (1700) et Jean Merré (1745) (voir archives paroissiales). Pendant longtemps Saint-Armel fut très vénérée, et l'on s'y rendait du bourg en procession solennelle ; mais les habitants du port ayant laissé tomber en ruine ce sanctuaire, le seigneur de Boeuvres en faisait desservir les messes dans la chapelle de son manoir de Boeuvres en 1772 et 1784 (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne chapelle de la Bodinais ou Bodinaye de Tréguily, située jadis route de Boeuvres ;

l'ancienne chapelle de la Noë-Blanche, érigée en 1847 en église paroissiale ;

le château de la Pommerais ou Pommeraye (XVI-XVIIème siècle). La Pommerais était autrefois surnommé Couascon-Bardoul. Propriété successive de Jean Charlet et Perrine de Bouays (en 1513), de la famille Escoufflard (en 1613), de Julien Aulnette de Boismeleuc (en 1614), de Guillaume du Bouëxic (en 1624), de Jean Picaud de La Morinais (vers 1678 - 1682) et de la famille Rolland, seigneurs de Rengervé. Ce château est reconstruit partiellement entre 1620 et 1630. Le colombier date du XVIIème siècle et la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien de la Pommeraye se trouve dans les jardins du manoir. Le 8 juillet 1676, Jean du Bouexic, seigneur de la Pommeraye et chanoine de Rennes, « considérant qu'encore bien que sa chapelle de la Pommeraye soit consacrée et qu'on y dise la messe de temps immémorial, il ne croit pas qu'elle ait esté dotée », y fonda une messe pour tous les dimanches et assigna 30 livres de rente au chapelain. L'ordinaire approuva cette fondation le 13 juillet 1676 (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 38). Le chapelain Pierre Langlais y fut remplacé en 1743 par Pierre Boulay (Pouillé de Rennes) ; 

le château des Boeuvres (XVI-XVII-XVIII-XXème siècle), édifié par la famille de Boeuvres. Il a été incendié durant la Révolution et restauré. Propriété successive de Geoffroy de La Roche-Giffart (vers 1280), de la famille de La Lande, de Jehan de La Chapelle (en 1425 et en 1451), de la famille de Guémadeuc (vers 1561, suite au mariage de Hélène de la Chapelle et de François Guémadeuc), de la famille de Beaumanoir seigneurs du Besso, de Charles de Cossé-Brissac seigneur d'Acigné (avant 1619), de François Huart seigneur de la Noë (en 1619), de Jacques Claude Raoul de La Guibourgère (en 1710, suite à son alliance avec Françoise Huart), de Camus Pontcarré de Viarmes (en 1736, suite à son alliance avec Louise Françoise Raoul de la Guibourgère), de la marquise de La Pervenchère (en 1850), de la famille de Cornulier. La chapelle de Boeuvres dépend du manoir de ce nom. Cette seigneurie fort ancienne, appartenant au XIIIème siècle aux sires de Boeuvres, était au XVIIème entre les mains de la famille Huart, qui donna successivement trois trésoriers à l'Eglise de Rennes. On voit encore dans une salle du manoir les armoiries de François Huart, seigneur de Boeuvres et protonotaire apostolique : d'argent au corbeau de sable, surmontées d'un chapeau de prélat. Il est probable que ce trésorier construisit la chapelle actuelle de Boeuvres durant la première moitié du XVIIème siècle. Jean de Carné y épousa en 1670 Jeanne Huart. Cette chapelle, fondée de messes, eut pour chapelains René Collin (1677), Julien Gaschel (1765), René Savary (1772), Joseph Bellamy (1783) et Guillaume Deniard (1784). Ces derniers y desservaient les trois chapellenies de Bœuvres, du Port de Messac et du Vautenet (Registre des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Rennes). A la fin du XIXème siècle, elle était encore debout, mais abandonnée (Pouillé de Rennes). Cette chapelle, édifiée entre 1620 et 1650 par François Huart de La Noë, est restaurée entre 1901 et 1905 ;

le manoir du Vautenet (XVI-XVIIIème siècle), édifié par la famille Tenet. L'ancienne chapelle du Vautenet fut bâtie à côté du manoir de ce nom en 1666 (date inscrite sur sa muraille) par Gillette Chereil, veuve de Guy Aulnette, seigneur du Vautenet. Cette dame et sa mère, Françoise Lezot, veuve de Gilles Mérault du Val, y fondèrent ensuite, par acte du 30 mars 1675, chacune une messe par semaine pour tous les dimanches et fêtes. Leur fondation, dotée de 55 livres de rente, fut approuvée par l'ordinaire le 16 avril suivant, et François Rouxel, pourvu de cette chapellenie, en prit aussitôt possession (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 38). Ce chapelain eut pour successeur Gilles Jan (1687) et Pierre Bonnier, démissionnaire en 1734. Le seigneur de Bœuvres étant devenu par la suite propriétaire du Vautenet, fit desservir cette chapellenie dans la chapelle du manoir de Boeuvres (Pouillé de Rennes). Restaurée en 1929, la chapelle héberge par la suite des animaux de ferme. Le Vautenet possédait jadis un droit de haute justice. Propriété de Pierre Aulnette sieur du Plessis-Léger à Pancé (en 1442), de la famille de Châteaugiron (en 1513), de la famille de Vansay (en 1548), de la famille d'Acigné (en 1574), de François de Cossé-Brissac (en 1598), de Julien Aulnette de Boismeleuc (en 1614), de Guillaume du Bouëxic (en 1630), de la famille Aulnette jusqu’en 1724, de Louis de La Guibourgère (en 1748) ; 

le manoir du Hardaz. Il conserve une tourelle et deux pavillons. La chapelle du Hardaz dépendait du manoir de ce nom, possédé en 1447 par Antoine du Hardaz ; il est fait mention au XVIIème siècle de cette chapelle, dont on voyait naguère les derniers vestiges dans la cour du manoir. Propriété des seigneurs du Hardaz en 1447, puis des familles du Paz (en 1676), Picaud seigneurs de la Pommeraye (en 1709) et de Tanouarn ;

le port de Messac. Ce port est signalé dès 1089. Il s’agit de l’ancien port de la ville de Rennes (XVIème siècle). On y trouvait autrefois une chapelle dédiée à saint Armel : cette chapelle était frairienne. Les seigneurs de Lohéac y avaient un pilori pour punir les bateliers voleurs et on y trouvait aussi l'auditoire de la seigneurie de Boeuvres ; 

quelques maisons du XVIème, du XVIIème et du XVIIIème siècles, situées au bourg de Messac ;

le café du port (XVIème siècle) ; 

la mairie (XVII-XVIIIème siècle), située Place de l’Eglise. Elle abritait en 1832 l’ancienne école catholique des filles ;

le moulin à eau de Raulin, et les moulins à vent de Corméré, du Breil-Hardy, de Bodel, de la Perrais ; 

A signaler aussi : 

le menhir des Grées (époque néolithique). Il subsiste trois menhirs d’un ensemble mégalithique qui comprenait autrefois un cromlech et une allée couverte ; 

un site à cupules (fin époque néolithique – âge du bronze), situé sur les rochers de la Vilaine, Clédy ; 

la grotte de l'Ermitage (XVIIIème siècle). L'ermitage, édifié par le seigneur de Boeuvres pour un solitaire nommé le Frère Jacques-Noël Félin du Tiers-Ordre de Saint-François, se compose d'un petit oratoire, d'une grotte et de cellules en ruines ; 

le viaduc de Corbinières (1860) ; 

le Halle ferroviaire (XIXème siècle) ; 

le Rocher de la Vierge (XXème siècle) ; 

l'existence d'anciennes forges aux lieu-dits la Halais, Boulifart et Bois ;

les retranchements du Châtellier, situés sur la route de Boeuvres ;

l'ancien manoir de la Cour-Bardoul ou de Loaison-Bardoul, situé route de Bain-de-Bretagne. Propriété de la famille Challot en 1513 ;

l'ancien manoir de la Reucheraye ou Beucheraye, situé route de Bain-de-Bretagne. La chapelle de la Beucheraye, bâtie près du manoir de ce nom, n'était point desservie, faute de dotation, lorsque Gilles de Racinoux, seigneur de la Giraudais et de la Beucheraye, y fonda, le 1er août 1690, une messe pour tous les dimanches et fêtes ; il la dota de 75 livres de rente et présenta pour chapelain son frère, François de Racinoux, recteur de Parigné. Le 5 mars 1692, l'ordinaire érigea cette fondation en chapellenie. Le 28 juin 1709, Pierre de Racinoux, alors seigneur de la Beucheraye, fonda à son tour, par testament, une autre messe dans cette chapelle pour tous les dimanches et fêtes ; il légua à cet effet au chapelain la prairie des Lannouées, estimée 70 livres de rente (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 38). Georges Marie, pourvu de ce bénéfice en 1710, eut pour successeur Jean Clouet en 1774. A cette dernière date, la chapelle de la Beucheraye avait « besoin d'urgentes réparations » (Pouillée de Rennes). Propriété de la famille de Racinoux en 1690 et en 1709, puis de la famille de Thomelin en 1786 ;

l'ancien manoir de Couëscon, situé route de Bain-de-Bretagne. Propriété de la famille du Hardaz en 1427, puis de la famille le Roy en 1516 ;

l'ancien manoir de la Coteleraye, situé route de la Noë-Blanche. Propriété de la famille Hirel seigneurs de la Chastre en 1513 ;

l'ancien château de la Chastre, situé route du Grand-Fougeray. Des cérémonies protestantes y ont lieu en 1583. Propriété de la famille Giffart en 1427, puis de la famille Hirel en 1513 ;

l'ancien manoir de Baudouin, situé route du Grand-Fougeray. Propriété de la famille Giffart en 1427 ;

l'ancien manoir de Rollain, situé route de Boeuvres. Ancienne dépendance de la seigneurie de Boeuvres ;

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ANCIENNE NOBLESSE de MESSAC

La plus importante des terres nobles relevant de la vieille seigneurie de Bain était celle de Boeuvres en Messac. Décorée d'un manoir rebâti aux XVIème siècle et XVIIème siècles, d'une haute justice et de plusieurs autres beaux droits, tels que celui de ban et étanche à Bain même pendant huit jours chaque année, châtellenie d'ancienneté, Boeuvres relevait en partie du roi, en partie des seigneuries de Bain, de Lohéac, de Bossac et de Guichen. Mais le manoir lui-même et ses dépendances, ainsi que les deux grands fiefs du Port de Messac et de Boeuvres-à-Bain, les métairies nobles de Rollain, la Rebintinais, Chastre et Beaudouin, les moulins de Rollain, des Minières, de Bodel, du Breilhardy et du Pontauroux, et autres dépendances, relevaient de Bain, et lorsqu'au siècle dernier le seigneur de Boeuvres eut acheté la seigneurie du Vautenet, également en Messac, il se trouva à posséder 9 165 livres de rente sous la mouvance de Bain (Minu de Boeuvres en 1753 - Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Laillé). Un ancien acte de 1541 nous apprend qu'a cette époque le seigneur de Boeuvres devait à celui de Bain un devoir de « mangier » montant à 23 deniers obolle payables le premier jour de l'an, plus une rente de 6 sols. Le seigneur de Boeuvres avait dans l'église de Messac une chapelle prohibitive dédiée à saint Pierre et placée au Midi du chanceau. Dans cette chapelle se trouvait l'enfeu de la maison de Boeuvres et en 1770  « le mausolée d'une femme sur un tombeau élevé de deux pieds ». Il est très difficile d'établir la succession des premiers seigneurs de Boeuvres, parce qu'il existait au moyen-âge deux seigneuries de ce nom dans la même contrée : Boeuvres en Messac et Boeuvres en Béré, prés de Châteaubriant ; ces deux terres, qui ont appartenu pendant un certain temps à la même famille, avaient-elles une origine commune ? Leur nom primitif, Beufves, venait-il des Le Boeuf cadets de Châteaubriant et seigneurs de Fougeray ? Si ces terres ont été séparées de bonne heure, laquelle d'entre elles a donné son nom à la famille de Boeuvres ? Autant de questions auxquelles on ne peut répondre avec assurance. Ce qui parait certain, c'est que la famille de Boeuvres s'éteignit vers 1280 en la personne d'Aliénor de Boeuvres, qui épousa Geffroy Giffart, seigneur de la Roche-Giffart. Il est également sûr que la terre de Boeuvres en Messac passa des mains des Giffart en celles des sires de la Chapelle, par suite d'une alliance. Du Paz dit que cette alliance se fit par les deux unions successives d'Agaïsse Giffart avec Guillaume de la Lande, seigneur du Pontrouaud, et de Martine de la Lande avec Guillaume de la Chapelle (Histoire généalogique de Bretagne, 678-680) ; mais, d'après certaines Notes généalogiques ms. de la famille Champion de Cicé, ce serait plutôt un Arthur de la Chapelle qui épousa une Giffart, dame de Boeuvres. Quoi qu'il en soit, en 1427 Arthur de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart et de Boeuvres, obtint du baron de Châteaubriant la confirmation des droits dont jouissaient les seigneurs de la Roche depuis 1148 dans la forêt de Teilla y. En 1451, Jean de la Chapelle parut aux Etats de Vannes en qualité de « sire de Beuves » (Dom Lobineau, Preuves de l'Histoire de Bretagne, 1141). Le 25 août 1469 décéda Marie de la Bouëxière, dame de Boeuvres. Jean de la Chapelle, son petit-fils, eut de sa succession la seigneurie des Loges en Chantepie. Jean de la Chapelle, seigneur de Bœuvres, et Jeanne de Saint-Gilles, sa femme, reçurent en 1487 un sauf-conduit pour se rendre au Pont-Hus, chez Françoise de la Muce. Ce même seigneur reçut un béguin à l'occasion des obsèques du duc François II et du roi Charles VIII. En 1505, Jacqueline de Proisy se trouvait veuve et tutrice de son fils aîné, Jean de la Chapelle, seigneur de Boeuvres. C'est ce dernier qui figure en cette qualité dans la réformation de la noblesse faite en la paroisse de Messac en 1513. Hélène de la Chapelle, fille d'Hervé de la Chapelle, seigneur de Boeuvres, épousa vers 1561 François du Guémadeuc, seigneur dudit lieu, veuf de Marguerite de Québriac. Les deux époux rendirent aveu le 1er juin 1567 pour la terre de Boeuvres à Philippette de Montespedon, dame de Bain, et Mme de Boeuvres fit son testament le 9 mars 1596. Leur fille, Anne du Guémadeuc, se maria avec - 1° Toussaint de Beaumanoir, vicomte du Besso, et - 2° Renaud de la Marzelière, seigneur dudit lieu. De la première union naquit Hélène de Beaumanoir, femme de Charles de Cossé, marquis d'Acigné. Ces derniers vendirent le 11 mai 1619 à François Huart, sieur de la Noë, conseiller secrétaire du roi et greffier criminel au Parlement de Bretagne, la terre et châtellenie de Boeuvres, consistant en : manoir, bois, terres, etc., patronage et fondation en l'église de Messac, chapelle et auditoire au port de Messac, haute, moyenne et basse justice ; bailliages de Boeuvres, Richebourg, l'Echange, le Plessix ; grand bailliage de Boeuvres à Bain, bailliage de Guipry, petits fiefs de Guignen et de Guichen, métairies nobles de Rollain et Beaudouin, moulins du Pontauroux, de Rollain, de Cahot et du Breilhardy ; présentation des mesureurs de sel au port de Messac, pêche en la Vilaine, four à ban, bouteillage, ban et étanche à Bain, etc. ; le tout relevant de la seigneurie de Bain. François Huart paya cette belle terre, seigneuriale en argent et en biens fonds ; il donna au marquis d'Acigné une somme de 16 000 livres et lui abandonna la propriété de la vicomté de Pacé, paroisse de ce nom ; des manoir et métairie de la Grand'rivière en Saint-Aubin-d'Aubigné, de la métairie noble de la Chesre en Aubigné et des métairies de Touriel et de la Petite-Chesre, également en Aubigné. Le nouveau seigneur de Boeuvres, François Huart, avait épousé Louise Gouault, dont il avait eu deux fils : l'un d'eux, nommé François comme son père, trésorier et chanoine de Rennes, aumônier du roi et protonotaire apostolique, reçut Boeuvres en partage et ce fut lui qui termina, le 14 novembre 1631, la discussion élevée entre sa famille et François de la Marzelière, marquis dudit lieu. Ce dernier voulait, en effet, profiter de la vente de Boeuvres pour retirer féodalement cette terre qui relevait de son marquisat (nota : le marquisat dse la Marzelière comprenait la seigneurie de Bain). Après de longs pourparlers, l'affaire s'arrangea moyennant l'abandon que l'abbé Huart fit au marquis de la Marzelière de la tenue de Boeuvres à Bain et des droits féodaux de Boeuvres sur la terre seigneuriale de Pontmeniac. Le trésorier François Huart mourut en 1658, mais il semble avoir longtemps avant cédé Boeuvres à son neveu, autre François Huart, fils de Gervais Huart, sieur de la Grand'rivière. Ce François Huart, seigneur de Boeuvres dès 1648, épousa Renée Petau de Manneville et mourut le 24 décembre 1691 ; il laissait entre autres enfants Pierre et Jacques Huart.
Pierre Huart se fit prêtre et devint chanoine et trésorier de Rennes ; en qualité d'aîné, il fut seigneur de Boeuvres et acheta en 1678, d'avec Charles du Pas et Claire du Hardaz, les fiefs du Fief-au-Duc, de la Baronnie, de Couescon, de la Raimbaudière, de la Houssaye, de la Noë et de la Gaudinaye, ainsi que les moulins de Fauxfiot. Mais son frère, Jacques Huart, mari de Françoise Ferret, étant venu à mourir le 4 février 1679, il se démit de ses droits et abandonna Boeuvres à sa belle-soeur ; il décéda lui-même en 1690. L'un de ces trésoriers de Rennes, et plus probablement le premier, François Huart, fit sculpter les armoiries subsistant encore sur la cheminée d'une des salles de Boeuvres ; cet écusson, surmonté d'un chapeau de protonotaire, porte d'argent au corbeau de sable, becqué et membré d'azur, qui est Huart. En 1695, Françoise Ferret rendit aveu au marquisat de la Marzelière pour sa seigneurie de Boeuvres ; elle habitait alors à Rennes l'hôtel de Boeuvres, situé près du Champ-Jacquet. Elle n'avait qu'une fille, Françoise Huart, qui épousa en 1710 Jacques-Claude Raoul de la Guibourgère, conseiller au Parlement de Bretagne, et lui apporta en dot la châtellenie de Bœuvres. De cette union, sortit Louise-Françoise Raoul de la Guibourgère, dame de Boeuvres, mariée en 1736 à Jean-Baptiste-Elie Camus de Pontcarré, seigneur de Viarmes, veuf de Geneviève Paulmier de la Bucaille. M. de Viarmes, ancien prévôt des marchands de Paris, était devenu intendant de Bretagne en 1735. Il mourut longtemps avant sa femme, qui, habitant ordinairement Boeuvres, a laissé un profond souvenir dans la population de Messac. Cette dame, âgée de soixante-dix ans, décéda à Boeuvres le 6 décembre 1782 et fut inhumée deux jours après dans l'enfeu des seigneurs de Bœuvres en l'église de Messac. Elle laissait deux fils, qui possédaient encore par indivis en 1786 la seigneurie de Boeuvres : Louis-François-Elie Camus de Pontcarré, premier président au Parlement de Normandie, et Louis-Jean-Népomucène Camus de la Guibourgère, conseiller au Parlement de Paris, qui épousa Marie Thunot. Ils furent les derniers seigneurs de Boeuvres. Le 13 pluviôse an V (1er février 1797), on vendit nationalement les biens de M. de Pontcarré, qui avait émigré ; la terre de Boeuvres fut rachetée par les enfants de son frère défunt, M. de la Guibourgère. La terre de Boeuvres se composait alors des château et retenue de Boeuvres, — des métairies de Rollain, Chastre, Baudouin, le Vautenet et la Pipelaie, qui étaient autant d'anciens manoirs, — et de six moulins à eau et à vent. (Archives d'Ille-et-Vilaine, 1 Q, 87). Elle appartient à la fin du XIXème siècle à M. de Cornulier (abbé Guillotin de Corson).

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Jamet Baude et Guillaume Aillet, plusieurs nobles sont mentionnés à Messac (198 contribuants, 14 veuves et 4 mendiants) :

le sire de Châteaugiron, sr. de l'hôtel de Bautonnet (Vautenet) ;

Jean Giffart, maître de l'hôtel de Chatres (Chastre) ;

Eonnet de Hardat, sr. de l'hôtel de Coasguen ;

Jeanne de Lande, dame de l'hôtel de Goasguen (Couascon ?) ;

l'hôtel de messire Jean de la Chapelle ;

Jean Paian (Payan). 

(à compléter)

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