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MERLEAC

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La commune de Merléac (pucenoire.gif (870 octets) Merleag) fait partie du canton d' Uzel. Merléac dépend de l'arrondissement de Saint-Brieuc, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de MERLEAC

Merléac vient, semble-t-il, du latin « merulius » (merle).

Merléac est une ancienne paroisse primitive gallo-romaine qui englobait jadis outre le territoire actuel de Merléac, celui du Quillio.

La dîme de Mereliac, octroyée par le vicomte de Rohan, est mentionnée en 1184 dans la charte de l’abbaye de Bonrepos ou Bon-Repos (Mor., Pr. I, 697). Merléac (Mereliac) est citée comme paroisse dès 1246 dans un acte enregistrant la donation de l'abbaye de Bon-Repos, par Olivier de Caurel. On trouve la forme Merleac dès 1271 (Anc. év. VI, 178 et 192).

Ville de Merléac (Bretagne).

La paroisse de Merléac tout entière faisait jadis partie du duché de Rohan ou membre de Corlay qui était une juveignerie de Rohan ayant appartenue très anciennement aux seigneurs de Kéréven et de Kergoff en Caurel ainsi qu'on le voit dans une déclaration de 1702 mais rentrée depuis longtemps aux mains du duc de Rohan. Dans la minute et déclaration du 17 juin 1639, Guymare et Le Goueïz notaires à Ploërmel, présentée par Marguerite duchesse de Rohan comme fille et unique héritière du défunt duc de Rohan, émancipée et mise en jouissance de ses biens par arrêt du Parlement de Paris du 28 juin 1638, on dit que le duché de Rohan contenait environ douze lieues bretonnes de long sur sept de largeur et dans l'aveu du 22 décembre 1632, de Kerperzdron et Bouezo notaires royaux à Ploërmel, par la même, alors veuve de Chabot Henri, il est dit que la très ancienne vicomté de Rohan pairie par lettres de feu d'heureuse mémoire, Henri quatrième, notre sire de l'an 1603. 

Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Merléac appartenait au diocèse de Quimper et avait pour succursale Quilio. Elle avait pour subdélégation Quintin et ressortissait au siège royal de Ploërmel. La cure était présentée par le grand chantre de la cathédrale de Quimper. Durant la Révolution, la paroisse de Merléac dépendait du doyenné d'Uzel. Elle élit sa première municipalité au début de 1790. Par la loi du 13 juin 1841, treize villages ainsi que le château de Quellenec, sont prélevés sur le territoire de Merléac au bénéfice de Saint-Gilles-Vieux-Marché (canton de Mûr de Bretagne).

Vue de la ville de Merléac (Bretagne).

Le 19 mai 1793, il y eut troubles et révoltes pour le tirage au sort. Les habitants de Merléac refusèrent de tirer. C'est, avec les rassemblements de Saint-Marc, la cause qu'il fut question d'établir un camp à Merléac. Les chouans d'un côté venant de Saint-Guen et de Mûr, faisaient de temps en temps des courses dans Merléac, de l'autre les troupes des colonnes mobiles cantonnées à Uzel, poursuivaient ces bandes royalistes. Une fois même, le 21 nivôse an III, les chouans, au nombre de deux cents, visitèrent la paroisse. Les habitants nécessairement souffraient de toutes ces incursions, mais je n'ai pas ouï dire qu'il y ait eu dans Merléac assassinats et pillages comme dans plusieurs autres communes du canton. On cite cependant le nom d'un prêtre, M. Le Clahec de Saint-Léon-Pape, qui fut massacré dans le champ qui longe la route à droite en descendant de Lampigno à la chapelle de Saint-Jean-du-Houlle. Le culte, paraît-il, n'y cessa complètement qu'en l'an II. Le 23 prairial de cette année-là, M. François Glay-Bizoin, commis par le district de Loudéac, mit le séquestre sur les meubles et effets laissés par M. Le Méhauté recteur et par un prêtre nommé Denis qui venait de partir. L'église fut spoliée comme toutes les autres du canton par un agent du département chargé de cette mission. Les habitants de Merléac subirent donc la Révolution plutôt qu'ils n'y entrèrent de même qu'il est arrivé pour toutes les révolutions que nous avons éprouvées depuis.

Lors des nominations aux succursales en 1803, à Merléac, l'évêque désigne d'abord Thomas-Mathurin Carcref, 46 ans, que le préfet refuse, parce que « les renseignements obtenus sur le compte de ce prêtre qui résidait à Allineuc, font savoir que c'est un esprit inquiet et tracassier, qui ne convient pas du tout à la commune et qui, à raison de son état, habituellement, valétudinaire, a lui-même demandé d'être déchargé d'une si grande commune. Le préfet demande d'autre part qu'on replace à Merléac, Mathurin Hamon, ancien curé constitutionnel de cette paroisse, et que réclame la population ». — Mais l'évêque ne se rend pas à ses raisons et désigne à titre définitif Mathurin Le Denmat, ancien curé démissionnaire de Maël-Carhaix, et qu'il avait déjà proposé pour Saint Caradec.

On rencontre les appellations suivantes : Mereliac (en 1184, en 1246), Mereliac, Meleriac (en 1270), Merleac (en 1271), Mereliac (en 1274), Meleriac (en 1285), Mereliac (en 1291), Merleac (en 1293, en 1310), Merliac (en 1317), Meleriac (vers 1330), Merelijac (au XIVème siècle), Mereliac (en 1426, en 1535-1536).

Vue de la ville de Merléac (Bretagne).

Note 1 : la commune de Merléac est formée des villages : Vaugaillard, le Breil, Kervenoc'h, Kerino, Kerblous, Rigolvan, Paulfos, Cremehel, Kerdren, Kervegan, Kerdava, la Salle, Maupertuis, Villeneuve, le Ros, Kerguehel, Coët-Morvan, Saint-Léon, Kerfury, Bizoin, Kergoff, le Moire, Callac, le Port, Kerjacob, etc... Près de Lanvegan et de Kervegan, il y a deux pièces de terre dont l'une est appelée Champ de l'Abbaye et l'autre Parc de l'Armée.

Note 2 : Depuis son érection, la commune de Merléac a été administrée par les maires suivants : - 1792-1815 : Mathurin Keranterf ; - 1815-1824 : Mathurin Keranterf, fils . - 1824-1830 : Duleslay (de Quéllénec) ; - 1830-1848 : François Glay-Bizoin ; - 1848-1863 : François Rioux ; - 1863-1870 : Jean-Marie Le Couèdic ; - 1870-1919 : Ollitrault-Dureste ; - 1919-1925 : Prosper Tilly ; - 1925-1929 : François Ollitrault ; - 1929-1933 : M. Joseph Tréhiou ; - 1933-1935 : Jean Jaglin ; - 1935-1945 : Onésime Cosnay ; - 1945-1957 : Célestin Lesturgeon ; - 1957-1959 : Arthur Jaglin ; - 1959-1965 : Célestin Lesturgeon ; - 1965-1977 : Paul Paillardon ; à partir de 1977 : M. Georges Jégoux, etc .... 

Ville de Merléac (Bretagne) : épicerie Paillardon Ollivaux.

Note 3 : Le recteur de Merléac était, je crois, à la nomination de l'ordinaire. Il levait, dans toute l'étendue de la paroisse, le tiers des dîmes tant de celles qui avaient été données à l'abbaye de Bonrepos que celles dues aux seigneurs particuliers et même sur les terres qui en avaient été exemptées par eux. Ces dîmes étaient généralement de douze gerbes l'une sur les terres de convenant et dix-huit l'une sur les terres à héritage. Il s'en suivait que le recteur avait la 36ème gerbe sur les premières et la 54ème sur les secondes. Le curé de la trêve du Quillio ne l'administrait qu'en qualité de vicaire du recteur de Merléac, mais il avait la prérogative de l'inamovibilité et c'est pourquoi on l'appelait vicaire perpétuel. Les registres de l'état civil de la paroisse de Merléac ne remontent pas au-delà de 1647, je ne puis relater ici que les noms des prêtres qui l'ont administrée depuis cette époque et de quelques autres que j'ai trouvés ailleurs. - 1581 : En 1581, Jean Couédon était recteur de Merléac. A la même époque étaient prêtres dans la paroisse de Merléac : Dom François Le Bigot, Dom Mathurin Le Cochguen, Dom François Burlot, Dom Pierre Tilly, Dom Yvon Oulry. - 1601 François Le Péchoux, prêtre au bourg. - 1647 : De 1647 à 1654, Pierre Tilly, prêtre à Merléac, signe tous les registres de baptême. - 1654 : De 1654 à 1675, ont desservi la paroisse de Merléac : Dom Pierre Le Texier, prêtre à Merléac ; Dom Laurent Le Flahec, prêtre à Merléac ; Dom Sylvestre Priat, vicaire à Merléac. - 1675 : En 1675, 0llivier Le Péchoux était recteur de Merléac. A la même époque et dans les années suivantes, étaient prêtres à Merléac : René Le Flahec, prêtre ; Clément Burlot, prêtre ; Jean Le Péchoux, prêtre ; Pierre Priat, vicaire ; En 1679, Jean Le Beyec signe prêtre au bourg ; En 1696, Jacques Le Gendre signe prêtre à Kervegan et Alain Tilly prêtre. - 1687 : En 1687, René Le Flahec était recteur de Merléac. Il a gouverné cette paroisse jusqu'en 1700 où il y est mort le 26 mars à l'âge de cinquante-deux ans. Il était sorti d'une famille noble demeurant à Rigolvan. En cette année 1687, il y eut dans la paroisse de Merléac, 24 mariages, 83 naissances et 107 décès. - 1700 : En 1700, Guillaume Priat était recteur de Merléac, il avait pour prêtres coadjuteurs : Alain Tilly, Grégoire Le Gal, Michel Le Flahec, Léon Roby. - 1705 : En 1705, Michel Carré signe vicaire de Merléac. Il en est devenu recteur en 1727. Il était né à Merléac, il a gouverné cette paroisse jusqu'en 1759 où il est mort à l'âge de quatre-vingts ans environ. Ses funérailles furent présidées par M. Glais du Gage, recteur d'Uzel, en présence de : MM. René Collet, prêtre ; Servel, prêtre vicaire ; Joseph Le Gendre, prêtre ; Rivouallan prêtre. Le rectorat de M. Carré ayant été fort long, plusieurs prêtres sont passés à Merléac de son temps, soit comme vicaires soit comme prêtres habitués. Voici les noms de ceux que j'ai pu trouver dans les registres de l'état civil : Pierre Le Bigot, prêtre au bourg ; Joseph Collet, prêtre ; Olivier Le Pécheur, prêtre ; François Guillaume, prêtre ; Olivier Burlot, prêtre ; M. Carré, vicaire au bourg ; Guillaume Collin, vicaire ; Marc Hamon, prêtre à Kerdaval ; René Jouan, prêtre à Kérouin ; Yves-Augustin Le Mercier, prêtre au bourg. Il était le fils de Christophe Le Mercier, seigneur de Kerveno ; Jean Le Guédard, prêtre ; François Pierre, prêtre ; Joseph Le Gendre, prêtre à La Boixière ; Pierre Jouan, prêtre à Kervegan ; René Collet, prêtre ; Pierre Cervel signe curé, il devint recteur de Saint-Caradec ; On trouve aussi la signature de M. Le Brigaud, prêtre. - 1753 : En 1753, ou au commencement de 1754, M. Le Caer devint recteur de Merléac. Il a gouverné cette paroisse jusqu'en 1760. A cette époque, M. Le Helley signe curé et M. Le Goff vicaire de Merléac. - 1760 : En 1760, M. Ambroise Corbel, originaire de Rostrenen, devint recteur de Merléac. Il a gouverné cette paroisse depuis cette époque jusqu'à sa mort arrivée le 27 août 1783. Ont signé son registre de décès : M. Rabeil, recteur d'Allineuc, M. Georgelin, recteur, du Vieux-Bourg, M. Tardivel, recteur de Saint-Thélo, MM. Le Helley, Le Goff, Fraboulet et Jouan, prêtres. M. Corbel a eu pour vicaires à Merléac : M. Le Goff, M. J. Kéranterf. Tous deux signent curé. - 1783 : En 1783, M. Le Méhauté succéda à M. Corbel. Il a gouverné la paroisse de Merléac depuis cette époque jusqu'à la Révolution de 1793. Il a eu pour vicaires : MM. Le Goff et Denis. - 1792 : En 1792, M. J. Jouan signe curé de Merléac. MM. Hamon et Pierre, prêtres. M. Hamon était de Toulbernouët, il est mort à Perret. - 1793 : En 1793, MM. Le Méhauté, recteur, Le Dourneuf, vicaire, Mathurin Hamon, Jean Baptiste Le Dantec et Mathurin Denis, tous trois curés, ainsi que M. François Collin, vicaire et Chanoine de la ville de Carhaix préfèrent le serment le 6 prairial an X de la République. Pendant la Révolution on trouve les registres de l'état civil signés par MM. Le Dantec, Jouan, Josse, Denis, Légal, Le Covec et Garnier. On trouve ces signatures jusqu'en 1802. - 1802 : En 1802, M. Antoine-Jacques Mottais, précédemment recteur de Saint-Thélo, est nommé recteur de Merléac. Il a gouverné cette paroisse de 1802 jusqu'au 10 octobre 1818 où il est mort. Il a été inhumé dans le cimetière de Merléac. M. Mottais avait donné sa démission de recteur de Merléac et allait retourner à Trégomeur, sa paroisse natale, quand la mort vint le frapper dans la cour du presbytère au moment où il montait en voiture. M. Mottais eut pour vicaire M. Le Dourneuf qui fut vicaire de Merléac depuis la Révolution jusqu'en 1822. M. Mottais étant devenu infirme demanda un second vicaire et M. Moisan, jeune prêtre, fut nommé vicaire suppléant de Merléac en 1816. Il exerça les fonctions du saint ministère en cette paroisse jusqu'en 1819 où il fut nommé recteur de Plessala. Depuis M. Moisan il y a toujours eu deux vicaires à Merléac. - 1819 : En 1819, le 19 février M. Morin, originaire de Plédran, fut nommé recteur de Merléac. Il travailla avec zèle dans cette paroisse et réforma bien des abus qui y existaient. En 1825, il fut nommé à la cure du Gouray où il est mort. M. Morin eut pour vicaires à Merléac : M. Henri et M. Gaudin. - 1825 : En 1825, M. Philippe Lamy, né à Etables et précédemment recteur de Pléven, est nommé recteur à Merléac. Il a gouverné cette paroisse jusqu'en 1839, époque où il est transféré à Plouvara. M. Lamy a eu pour vicaires à Merléac pendant les quatorze ans qu'il y a passés : M. Mathurin Boinet, nommé vicaire de Merléac en 1826 ; M. Boulard, nommé vicaire de Merléac en 1827, transféré au Quillio en 1833 ; M. Félix Guyomard, nommé vicaire de Merléac en 1830, il y est mort ; M. Eugène Cabaret, nommé vicaire de Merléac en 1823 ; M. Grangien, nommé vicaire de Merléac en 1833 est décédé à la communauté de Gouarec en 1840 ; M. Chatellier, nommé vicaire de Merléac en 1837 et transféré à Saint-Donan en 1840. - 1839 : M. Jean-Marie Hamet, né à Plaine-Haute et ci-devant recteur de Plourava, est nommé recteur de Merléac le 16 décembre 1839. Il a gouverné cette paroisse depuis cette époque jusqu'à l'année 1856 et fut transféré à La Motte où il est mort. M. Hamet a eu pour vicaires à Merléac : M. Fourré, nommé vicaire à Merléac en 1840 ; M. Le Peltier, nommé vicaire à Merléac en 1842 ; M. Fauchon, nommé vicaire à Merléac en 1843 ; M. Le Téno, nommé vicaire à Merléac en 1842 ; M. Carlo, nommé vicaire à Merléac en 1841 ; M. Sintillan, nommé vicaire à Merléac en 1850 ; M. Oger, nommé vicaire à Merléac en 1850. - 1856 : M. François-Marie Le Gal, précédemment recteur de La Motte, est nommé au mois de mars 1856 recteur de Merléac, sa paroisse natale. C'est lui qui a fait construire la tour de l'église et renouveler la toiture. Il a gouverné cette paroisse de 1856 jusqu'en 1862 où il est mort. Il a été inhumé au pied de la tour, du côté sud, où l'on voit encore son tombeau. Pendant son rectorat M. Le Gal a eu pour vicaires : M. Daviel, né à Hénon et ci-devant vicaire à La Motte, il a été nommé recteur d'Aucaleuc en 1865 ; M. Jean Mathurin Budet, né à Plaintel, a été nommé vicaire de Merléac en 1856, il y est mort en 1883. - 1862 : En 1862, M. Jean-Baptiste Garin, natif d'Allineuc et précédemment recteur de Saint-Sansom, est nommé recteur de Merléac. Il a gouverné cette paroisse jusqu'à l'année 1869 où il est mort dans les derniers jours de juin. Il est inhumé au pied de la tour du côté nord. M. Louail, curé de Plémet, fit l'oraison funèbre de feu M. Garin. M. Hélary, curé de Mûr, fit l'absoute. M. Jarno, recteur de Saint-Gilles-du-Vieu-Marché, chanta la messe d'enterrement. Assistaient en outre à l'enterrement : MM. Quintin, recteur d'Allineuc, Blanchard, recteur de Saint-Martin-des-Prés, Burel, recteur de Saint-Bihy, Sort, recteur du Quillio, Lesage, recteur de Saint-Thélo, Boscher Belle Issue, recteur du Bodéo, Videment et Mahé, vicaires d'Uzel, Robin, vicaire de Loudéac et Budet et Le Verger, vicaires de Merléac, etc. M. Garin eut pour vicaires à Merléac : M. Budet dont j'ai déjà parlé ; M. Louis Le Verger, né à Saint-Hervé et ci-devant vicaire de Laurénan. Il fut transféré à Merléac en 1863. - 1869 : Le 15 juillet 1869, M. Gilles Jarno, né à La Harmoye le 23 février 1815 et successivement vicaire à Saint-Jacut-du-Mené et de Plélo où il passa dix-huit ans, nommé recteur de Saint-Gilles-du-Vieux-Marché le 15 février 1864, fut transféré à Merléac. M. Julien-Marie Robert, jeune prêtre né à Pommeret et ci-devant précepteur dans un château près de Nantes, a été nommé vicaire de Merléac le 1er octobre 1874 pour remplacer M. Budet nommé recteur de L'Hermitage à la même époque. Après neuf mois seulement passés à Merléac, M. Robert a été transféré à Quessoy en la même qualité de vicaire. M. Jean-Marie Boisard, né à Plérin et ci-devant vicaire de Tréveneuc, a été nommé vicaire de Merléac pour remplacer M. Robert, etc ... Un bureau de bienfaisance existe à Merléac à partir de 1863. Voici le décret par lequel il a été institué : NAPOLEON, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, Empereur des Français. A tous présents et à venir, salut. Sur le rapport de notre Ministre, Secrétaire d'Etat au Département de l'Intérieur. Vu la délibération du Conseil Municipal de Merléac en date du 8 décembre 1864. Vu l'avis du Préfet des Côtes-du-Nord en date du 14 janvier 1865. Vu le décret du 25 mars 1852. Notre Conseil d'Etat entendu : Avons décrété et décrétons ce qui suit : Article 1er : Est autorisée la création d'un bureau de bienfaisance dans la commune de Merléac (Côtes-du-Nord). Article 2 : Notre Ministre, Secrétaire d'Etat au Département de l'Intérieur, est chargé de l'exécution du présent décret. Fait au Palais des Tuileries le 18 mars 1865. Signé : NAPOLEON par l'empereur. Le Ministre Secrétaire d'Etat au département de l'intérieur. Signé : P. Boudet. Pour copie conforme. Le Conseiller de Préfecture, Secrétaire général. Signé : Illisible. Les ressources du bureau de bienfaisance de Merléac consistent dans une somme de 10 000 F placés sur l'Etat par Mme veuve Riollay, en l'année 1864. Le bureau touche tous les ans les intérêts de cet argent. Dans son acte de donation, la donatrice spécifie qu'on abandonnera chaque année le dixième de l'intérêt de cette somme afin d'augmenter les revenus des pauvres. Elle désire aussi que le bureau soulage de préférence les veuves et les enfants des militaires par respect pour la mémoire de son mari qui était militaire. - Composition du bureau de bienfaisance. Les membres qui composent actuellement le bureau sont : M. 0llitrault-Dureste (maire), membre de droit. M. Jarno (recteur), membre de droit. M. Le Helley de Kerbloutz. M. Le Maux de Saint-Léon. M. Le Potier de Poulfost. M. Corlay de Barthou. M. Collet de Kerfury (abbé Gilles Jarno).

Note 4 : Liste non exhaustive des instituteurs et institutrices de Merléac : L'école des garçons a commencé à Merléac avant l'école des filles. Le premier instituteur est venu s'installer dans le vieux château en 1836. INSTITUTEURS : - 1° M. Mounier, né à Saint-Caradec, a été le premier instituteur de Merléac. Il a tenu l'école des garçons depuis 1836 jusqu'en 1839 où il fut transféré au Gouray. - 2° M. Lecorre, natif de Belle-Isle-en-Terre et précédemment instituteur à Perret, succéda à M. Mounier. Il dirigea l'école des garçons à Merléac durant dix-neuf ans et fut transféré à Ploufragan. - 3° M. Jaglin, originaire de Saint-Gilles-du-Vieux-Marché, fut le successeur de M. Lecorre. Il a tenu l'école des garçons de Merléac pendant six ans. - 4° M. Brière, né à Réguiny (Morbihan), précédemment instituteur à Saint-Thélo, a succédé à M. Jaglin. Il tient l'école des garçons à partir de 1864, ...... INSTITUTRICES : L'école des filles n'a commencé à Merléac qu'en 1852. Comme l'école des garçons, l'école des filles se tenait au vieux château. L'école fut d'abord confiée à des institutrices laïques qui en ont eu la direction jusqu'en 1864. -1° Mlle Coures, née à Gausson, fut la première institutrice à Merléac. -2° Mlle Fourchon, née à Erquy, fut la seconde institutrice. -3° Mlle Jégard, native de Grâce-Uzel, succéda à Mlle Fourchon. -4° Mlle Tarin de Caulnes a été la dernière institutrice laïque. Les habitants de Merléac ayant éprouvé des désagréments au sujet de cette dernière institutrice laïque, les autorités civiles et les autorités religieuses s'entendirent pour placer l'école des filles sous la direction des religieuses du Saint-Esprit. L'on fit une quête dans la paroisse, le produit de cette quête fut placé sur l'Etat et tous les ans les soeurs en touchaient l'intérêt (Note : Mme Riollay a donné 200 francs pour cette fondation). De plus la fabrique fournit aux soeurs une somme de trois cents francs pour le pain de l'autel, le blanchissage et le repassage du linge de l'église et le raccommodage du linge et des ornements. La commune leur laisse en outre la rétribution scolaire. Les religieuses du Saint-Esprit ont pris la direction de l'école des filles de Merléac le 27 septembre 1864. Depuis cette époque, plusieurs soeurs subalternes ont exercé à Merléac. Nous donnons les noms des supérieures qui ont dirigé l'établissement : -1. Soeur Marie-Augustine, née à Plaintel et précédemment supérieure de la maison de Piriac (Morbihan), a été installée supérieure de la maison de Merléac le 27 septembre 1864 et l'a dirigée jusqu'en 1871, époque où elle fut transférée à Bringolo. -2. Soeur Saint-Prosper, née à Plélo et déjà supérieure à Bringolo, a succédé en 1871 à sœur Marie-Augustine. Elle a gouverné la maison pendant quinze mois puis elle est retournée à la maison principale pour cause de santé. Elle y est morte quelques mois plus tard. -3. Soeur Marie-Anne, née à Gausson, maîtresse de classe à la maison, etc....

  Les Saints de la chapelle Saint-Léon en Merléac (Bretagne).

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PATRIMOINE de MERLEAC

l'église Saint-Pierre et Saint-Paul (1673). Edifice en forme de croix latine avec transept et choeur cantonné de deux chapelles ; la chapelle des fonts est au nord de la nef près du transept. A l’exception de la tour, il fut réédifié en 1673 sous la direction de Messire Sylvestre Priat, recteur. Cette date figure d’ailleurs sur une porte aujourd’hui bouchée. La tour fut exécutée en 1858 et 1859 sur les plans de M. A. Guépin par les sieurs Glatte et Auguste Ruello de Moncontour. On y remarque deux autels latéraux du XVIIème siècle, une mise au tombeau à grands personnages et plusieurs autres statues anciennes de saint Pierre, saint Paul, saint Joseph, sainte Anne, Ecce Homo ;

Nota 1 : L’église de Merléac, d’origine très ancienne, a été probablement reconstruite plus d’une fois quoiqu’on n’en trouve pas de preuves dans les archives de la paroisse. Toujours est-il qu’elle a été réédifiée en 1673 sous la direction de messire Sylvestre Priat, alors recteur de Merléac. La reconstruction de l’église de Merléac fut le sujet d’une contestation entre la paroisse mère et la trêve du Quillio qui refusait de contribuer à la réédification ou du moins voulait alléger sa charge. La contestation fut portée devant le siège royal de Ploërmel. Pierre Le Flahec et François Le Potier agissaient au procès comme procureurs syndics de la paroisse de Merléac. François Le Coeguen et Pierre Collin avaient été désignés en la même qualité par la trêve du Quillio. Mais le 22 octobre 1673, il intervint un arrangement par lequel les Tréviens payèrent en 1674 et 1675, pour leur part contributive, une somme de 1 100 livres d’argent plus le tiers des corvées. L’église fut rebâtie dans le même lieu que l’ancienne. On ignore si la forme et la même grandeur lui ont été conservées. Son plan est une croix archiépiscopale mais tout à fait simple. Elle fut allongée de quelques mètres à l’époque de la construction de la tour actuelle c’est-à-dire en 1858. Cette augmentation n’a nullement nui à la régularité. LA SACRISTIE. En 1832, M. Lamy alors recteur de Merléac, construisit une sacristie au nord de l’église pour remplacer l’ancienne qui forme le choeur actuel de l’église. Pour se procurer des fonds il obtint la vente des bois du placître de Saint-Guénoch malgré l’opposition du maire qui en contestait la propriété au nom de la commune. Mais le conseil de préfecture et même une décision du ministre donnèrent gain de cause à la fabrique. Ces bois ont été remplacés par une nouvelle plantation faite par la fabrique. Il en a été ainsi des bois du placître de la chapelle Saint-Jean-du-Houlle. SON PORCHE. Tout d’abord il n’y avait pas de porche à l’église. Quand on jugea bon d’en avoir un, le général de la paroisse signifia aux Tréviens du Quillio de contribuer pour un tiers de la dépense comme ils l’avaient fait pour l’église. Ils s’y refusèrent formellement attendu qu’ils n’étaient obligés de contribuer qu’aux choses de première nécessité. Leur refus fut approuvé par le Parlement de Rennes ainsi qu’on le constate par un arrêt rendu le 13 janvier 1699. Ce porche fut peint en 1703. FONTS BAPTISMAUX. La petite chapelle qui renferme les fonts baptismaux n’a été bâtie qu’en 1738 sur le désir de M. Carré, recteur, qui en fit la demande afin de donner plus de place au peuple pour assister aux offices. Les fonts étaient placés auparavant sous une des fenêtres de l’église. Le plafond de cette chapelle était d’abord en bois. Comme il était vermoulu, il fut remplacé en 1895 par un plafond en plâtre. La fontaine elle-même qui n’était qu’une grosse pierre hexagonale fut remplacée en janvier 1896 par une fontaine en marbre surmontée d’un couvercle en cuivre. Le tout par les soins de M. Briand alors recteur de Merléac et au prix de quatre cents francs environ. SA TOUR. Le vieux clocher fut démoli en 1858 ainsi que le portail. Le clocher fut immédiatement remplacé par une tour en granit. Ce granit est venu de Plaintel. Il fut pris dans les terres de M. Riollay alors propriétaire d’une grande partie de Merléac. Les charrois de tous les matériaux furent faits gratuitement par les habitants de la paroisse. Après deux ans la tour est terminée. Le plan et le devis furent faits par M. Alphonse Guépin architecte du département. Les sieurs Julien Glatte et Auguste Ruello, tous deux ouvriers à Moncontour, furent les entrepreneurs. La main-d’oeuvre monta à treize mille francs. La dépense totale, tant en argent qu’en corvées, fut portée à vingt-six mille francs. Les fonds nécessaires furent pris sur les terrains vendus par la commune. N'y aurait-on pas employés les fonds de certaines fondations faites à cette époque et dont les charges pèsent à la fin du XIXème siècle sur la fabrique ?... SES CLOCHES. Dans le vieux clocher se trouvait une cloche de trois cents kilogrammes fondue en 1748, M. Michel Carré étant recteur de Merléac et du Quillio. Il est probable qu’elle avait été donnée, du moins on ne trouve rien qui prouve qu’elle ait été payée par la fabrique. Elle fut vendue en 1860 et remplacée par deux autres cloches pesant : l’une mille un kilogrammes, l’autre sept cent vingt-cinq, fondues à Villedieu par M. Viel Tretel et achetées par la commune à raison de trois francs vingt le kilo. Napoléon III, alors régnant, voulut bien allouer une somme de mille cinq cents francs pour aider à payer ces cloches. La demande lui en fut faite par M. de Cuverville député à cette époque. Ces cloches furent bénites par M. Coyen, recteur de Saint-Guen, délégué par Mgr. Martial évêque de Saint-Brieuc et Tréguier. La cérémonie eut lieu le 19 juillet 1860 en présence de MM. Le Gal recteur, Darcel et Budet vicaires, Oger vicaire à Plaintel, Videment vicaire à Uzel, Perrin vicaire au Bodéo. M. Macé, chapelain au château des Granges, prit la parole en cette circonstance. Furent parrains MM. Aimé Lohan, René Kérenterf, Jean Marie Gain, Prosper Tilly. Furent marraines Marie-France Rioux, Marie Le Couedic, Marie Le Maux, Suzanne Le Péchoux. Le beffroi construit par Mathurin Rollang de Kerdron fut fait avec du bois pris sur les terres du Vaugaillard et donné par les demoiselles de Lanoué de Saint-Brieuc. Il a fallut le consolider dans les derniers temps et notamment remplacer par des poutres de fer les poutres de bois qui supportaient le tout. Ce travail a été exécuté en 1898 et payé en 1899 par la fabrique. Il a coûté cent soixante-sept francs quinze (voir délibération de janvier 1899). SON HORLOGE. Elle fut achetée en 1752 et c’est probablement la première qu’il y eut à Merléac car avant cette époque il n’est fait nulle part aucune mention d’horloge. SES VITRAUX. Autrefois l’église de Merléac avait des vitraux peints portant les armoiries des anciens seigneurs de Merléac. En 1875, tous ces vitraux avaient disparu. Il n’en restait plus aucune trace. A cette époque les vitres de l’église étaient en verre simple et bien ordinaire mais on songeait à y substituer des verres de couleurs. Dans sa séance du 28 avril 1878, le conseil de fabrique vota une somme de trois mille cinq cents francs pour avoir des vitraux peints. Le marché fut passé avec MM. Hucher et Rathouis, succursale du Mans, par M. Rebours, recteur. Le 20 janvier 1879, M. Le Blouet, son successeur, présidait au placement des vitraux peints qui existent aujourd’hui. Dans une partie de ces verrières il y a des sujets. Au fond du choeur : le Sacré-Coeur. Dans le choeur du côté de l'Evangile : saint Yves. Dans le choeur du côté de l'épître : saint Brieuc. Dans la chapelle du Rosaire : sainte Anne enseignant la Très Sainte Vierge. Dans la chapelle du Sacré-Coeur : saint Joachim. Dans celle de Sainte-Marguerite le vitrail ne porte pas le nom de la sainte représentée. Au-dessous de la porte de la tour : le Sinité Parvulos venité ad mé. Au bout de vingt ans, ces vitraux avaient beaucoup souffert. Les tempêtes terribles à l’altitude où se trouve Merléac avaient presque partout brisé les attaches de plomb qui les retenaient aux barres de fer intérieures et il n’était guère possible de souder de nouvelles attaches. Que fit-on ? A l’extérieur on opposa de nouvelles barres de fer à celles de l’intérieur de sorte que les vents n’ont plus aucune prise sur les vitres ainsi resserrées et que les fenêtres se trouvent consolidées pour longtemps. M. Briand, recteur, fit exécuter ce travail par un simple ouvrier de la paroisse en 1900. SES LAMBRIS. Le premier lambris de l’église de Merléac fut fait en 1685 et peint par Dupont en 1694. Sur la demande de M. Carré, recteur, il fut repeint en 1740 par le sieur Lucas de Quintin. Dans la nef étaient représentés les douze apôtres et dans les chapelles les quatre grands docteurs de l’église. D’après un acte passé entre le général et le peintre susnommé, la voûte devait être parsemée de guirlandes et de fleurs moyennant une somme de trois cents livres. M. Gouezou, peintre à Saint-Brieuc, fit le manteau royal que l’on voyait encore avant 1878 et rafraîchit le tout pour la somme de six cents francs. En 1878, séance du 25 avril, le conseil de fabrique vota la somme de quatre mille six cent quatre-vingt-quinze francs pour les travaux de plâtrage qui remplacent l’ancien lambris ou plutôt qui le masquent ainsi que l’enduit des murs. Le travail fut exécuté la même année par François Guinio de Saint-Brieuc sous la direction de M. Rebours, recteur. Ouvrage d'une solidité douteuse. Il suffirait que la toiture fut un tant soit peu négligée pour qu'une seule tempête produise dans ces plâtres des dégâts d'une réparation très onéreuse. SA TRIBUNE. Il y avait une tribune dans l'église de Merléac avant que cette église fut prolongée et que la tour fut construite. On y accédait par un escalier extérieur et par une porte pratiquée sur le côté nord de la nef et aujourd'hui bouchée par de la maçonnerie. Elle devait être bien néces­saire à l'époque où l'église était plus petite qu'aujourd'hui et la population plus nombreuse. En 1897, sur l'initiative de M. Hamon, vicaire, fut construite la tribune qui existe aujourd'hui. Elle n'a rien coûté à la fabrique, M. Hamon s'étant chargé de pourvoir à la dépense totale, obtint de Mme Gaubichet, grande propriétaire de la paroisse résidant à Uzel, la somme de huit cents francs. A cette somme quelques paroissiens ajoutèrent une centaine de francs. M. Hamon fournit le reste tout en nous laissant ignorer pour quelle part il avait contribué. Mais nous croyons que cette part contributive doit être au moins de trois cent cinquante francs. Le travail fut exécuté par les frères Gaudu de Saint-Brieuc. Cette tribune, dans le présent, rend de précieux services. M. Hamon y installa ses chantres et musiciens qui s'y trouvèrent plus à l'aise que dans le choeur de l'église un peu étroit. Un jour elle pourra recevoir les enfants d'une école. Dans tous les cas, c'est un agrandissement avantageux et qui est bien loin de compromettre la solidité de l'édifice. Pour toutes ces raisons le conseil de fabrique n'avait pas hésité à approuver le projet. SES PORTES. Toutes les portes, tant de l'église que de la sacristie ainsi que la fenêtre de la sacristie, ont été refaites à neuf par les soins de M. Briand, recteur, dans les années 1894, 1895, 1896. La sacristie avait deux portes extérieures dont l'une donnait sur la sacristie elle-même et l'autre sur le passage de l'église à la sacristie. Celle-ci seule avait sa raison d'être. L'autre fut fermée par une maçonnerie. Celle que l'on conserva fut rétablie dans des conditions de propreté et de solidité qui lui manquaient absolument autrefois. Au-dessus de ces portes, dans la toiture de la sacristie, était pratiquée une ouverture par laquelle on introduisait dans le grenier de la sacristie le produit de la quête de Saint-Pierre. Depuis longtemps déjà le grenier ne servait plus à cette fin et l'on eut tort de s'en servir jamais puisque ces grains attiraient une abondante vermine et que le plafond de la sacristie avait crevé sous le fardeau. M. Briand crut qu'il était bon de supprimer cette ouverture qui fermait mal, qui faisait mauvais effet et par laquelle les voleurs à l'aide d'une petite échelle pouvaient si facilement pénétrer dans l'église et la sacristie. Aujourd'hui, on ne s'aperçoit pas qu'elle ait jamais existé. La grande porte de la tour, en chêne de première qualité, demanda près de trente journées de travail. Comme elle est un peu massive et qu'elle pouvait fatiguer ses gonds, on l'a établie sur roulettes. C'est à cet effet que l'on a disposé sous cette porte un commencement de dallage en pierres qu'on se propose de prolonger dans toute l'église dès que l'on aura les fonds nécessaires, en effet le dallage actuel de pierres schisteuses laisse beaucoup trop à désirer. REVÊTEMENT EXTÉRIEUR. Les murs de l'église sont solidement bâtis. Cependant, pour les mieux conserver, en 1809, on jugea bon de les crépir. De ce crépissage extérieur il ne restait plus, en 1894, que des lambeaux couverts de mousse. Les parties que l’on avait réparées différant de couleur, le tout ne ressemblait plus qu’à un habit d’Arlequin. D’ailleurs les murs par lesquels on avait prolongé l’église dans la direction de la tour n’avaient pas été crépis. On remplaça ce crépissage par un chiquetage uniforme dans toute l’étendue de l’édifice. Ce chiquetage, s’il était un revêtement plus vulgaire, offrait plus de garantie de solidité et les réparations, quand elles seraient nécessaires, devraient être plus faciles et moins coûteuses. Le travail donna au monument, de l’aveu général, un aspect nouveau et comme un air de jeunesse. Il serait à désirer mais il n’est pas à espérer que cette fraîcheur se conservât bien longtemps sous un climat humide. La charpente paraît elle-même solide. Quant à la couverture elle fut remise à neuf en 1855. Depuis cette époque certaines parties, surtout du côté du midi, ont encore été entièrement renouvelées. En 1879, la charpente de la chapelle Sainte-Marguerite fut refaite. L’église était très humide et pour éloigner des fondations les eaux pluviales M. Briand fit adapter à la toiture une gouttière. Mathurin Lanoe du Quillio qui exécuta ce travail le garantit pour vingt ans mais hélas il n’a pas attendu cette date pour mourir. MAÎTRE-AUTEL ET AUTELS. Le maître-autel était adossé contre le mur comme à Allineuc, à Grâces-Uzel et à Saint-Thélo. Il était orné de deux grands tableaux placés de chaque côté. L’un représentait l’exaltation et l’autre la descente de Croix. Au-dessus du tabernacle on voyait un autre tableau représentant la flagellation. Celui-ci était surmonté d’un quatrième représentant la Cène et orné de quatre colonnes entre lesquelles se trouvaient les niches de saint Pierre et de saint Paul. Le mur de séparation entre l’église et l’ancienne sacristie ayant disparu, cet autel fut aussi enlevé et remplacé en 1832 par celui que l’on a remplacé lui-même en 1896. Les tableaux de la Cène et de la descente de Croix furent suspendus aux murs de la nef où l’un d’eux, la descente de Croix, s’est complètement détérioré. On a dit que c’est une perte irréparable, j’en doute. Dans cette transformation du choeur faite par M. Lamy, recteur, on eut d’ailleurs à regretter la perte de plusieurs autres tableaux et de plusieurs sculptures. L’ancien retable fait en 1696 était très bien travaillé. On peut s’en faire une idée assez juste par les retables d’Allineuc, de Grâces, de Saint-Thélo et même de Saint-Hervé. L’autel qui fut fait en 1832, fut donc placé au milieu du choeur agrandi de l’ancienne sacristie. Il n’avait d’autre ornementation que le sacrifice d'Abraham conservé de l’ancien autel, d’une gloire sur le tabernacle et de deux anges adorateurs : gloire et anges que M. Lamy fit faire par MM. Cavalier et Nau de Quintin ainsi que les stalles et boiseries du choeur. Chose étrange ! Dès 1896 et même de longues années avant cette date, l’un des anges adorateurs était entièrement vermoulu ainsi que le pilier qui le portait et sur lequel on avait attaché de très belles sculptures provenant selon toute probabilité de l’ancien autel. Plusieurs autres parties n’étaient guère moins détériorées, en particulier celles que l’on approchait au sol. Les stalles et boiseries du choeur que l’on avait faites de sapin et qui n’étaient qu’une vulgaire menuiserie s’en allaient en poussière. Il était difficile de réparer l’autel et surtout d’en faire un autel convenable. Il n’était plus possible de réparer les boiseries du choeur qui d’ailleurs ne méritaient guère d’être conservées. Après avoir interrogé l’opinion et consulté des hommes compétents M. Briand, recteur, prit le parti d’ériger un nouveau maître-autel et de l’encadrer dans des boiseries nouvelles. Le 6 octobre 1895, il s’en ouvrit au conseil de fabrique qui prit le même jour la délibération suivante : -1. Le Conseil vote : A) .... B) ..... C) La reconstruction des boiseries et des stalles du choeur qui sont vermoulues. D) L’acquisition d’un nouveau maître-autel pour remplacer le vieux qui n’est pas digne. -2. Il est d’avis que ces travaux soient exécutés avant la confirmation, c’est-à-dire avant la fin d’avril 1896. -3. Il invite Monsieur le Recteur à se faire présenter par un ouvrier artiste un plan avec devis de l’autel et boiseries du choeur, et à s’entendre avec lui, après acceptation par le conseil de fabrique des plans et devis, pour le paiement des sommes qui dépasseraient les crédits disponibles de la fabrique, de manière à effectuer le paiement par annuités sur les ressources futures de la fabrique. Le recteur entra aussitôt en relation avec M. Le Goff, sculpteur à Saint-Brieuc et reçut quelque temps après un plan avec devis des travaux projetés. Le tout fut soumis à l’examen du conseil réunit en séance extraordinaire le 29 décembre. Le conseil s’engagea à payer 5 174 F, montant total du devis comme suit : 2 000 F les travaux exécutés, 1 000 F au 31 décembre 1896 et le reste par annuités de 1 000 F. Mais en même temps il décida, si M. Le Goff ne pouvait accorder sans intérêt le crédit demandé, de surseoir à l’acquisition de l’autel jusqu’au jour où l’on aurait les fonds nécessaires et d’en se tenir pour le moment aux boiseries et stalles du choeur, ce qu’il y avait de plus pressant. M. Le Goff ayant fait savoir qu’il serait gêné par un crédit aussi long, le recteur dans une nouvelle réunion extraordinaire, tenue le 19 janvier 1896, offrit au conseil de prêter à la fabrique les 2 000 F. nécessaires pour l’exécution intégrale des travaux et de les prêter sans intérêts, remboursables par annuités. Le conseil bien convaincu que les ressources fabriciennes suffiraient à libérer la fabrique dans les délais prévus même dans le cas où le recteur se trouverait dans la nécessité d’exiger le remboursement, son intention n’étant pas de gêner la fabrique, accepta les propositions qui lui étaient faites et vota l’exécution intégrale des travaux visés dans les précédentes délibérations. Toutes ces dispositions ayant été soumises à l’approbation de l’évêché le 23 janvier 1896, le recteur reçut la lettre suivante : Monsieur le Recteur, En réponse à la communication que vous avez bien voulu nous faire à la date d’hier, Monseigneur me charge de vous informer qu’il approuve bien volontiers l'arrangement intervenu le 19 janvier entre le Conseil de Fabrique et vous à l’effet de donner satisfaction à votre excellent sculpteur Monsieur Elie Le Goff. Celui-ci joindra sans doute l’expression de sa reconnaissance aux remerciements de la Fabrique. Vous rendez un réel service à l’un et à l’autre par l’avance désintéressée des 2 000 F dont il s’agit. Agréez je vous prie mon respectueux dévouement. Le Provost vic. gén.. Pendant que M. Le Goff travaillait, le recteur s’occupait de réunir les sommes nécessaires pour payer. La fabrique disposait de 2 100 F environ, mais elle n’en pouvait réserver plus de 2 000 pour M. Le Goff car il fallait bien prévoir quelques dépenses pour rafraîchir l’église à l’intérieur, ainsi que le presbytère avant la confirmation. Il fallait bien songer à la porte de la tour. A ces 2 000 F, le recteur ajoutait 2 000. Il avait à trouver le reste. Le recteur s’adressa à Mme Garnier Bodéléac de Quintin qui possédait beaucoup de fermes à Merléac. Il reçut d’elle deux cents francs. Il s’adressa également à Mme Le Pomellec de Binic, soeur de Mme Garnier Bodéléac qui lui donna aussi deux cents francs. Il tâcha d’intéresser à son oeuvre plusieurs de ses paroissiens charitables. Enfin il eut recours à une combinaison. Il pouvait disposer pour l’avenir de quatre stalles du choeur. Il proposa aux familles les plus chrétiennes de la paroisse d’occuper gratuitement ces stalles pendant vingt ans à la condition de verser aussitôt 100 F pour chacune. La famille Le Gall de Kérino accepta, ainsi que la famille Le Boudec de Kerdony, Mme Fréland du bourg, François Moigno de Crembel. En reconnaissance des sommes versées, chacune de ses familles reçut un titre de reconnaissance qui lui garantit la jouissance d’une stalle à partir du 1er janvier 1896 jusqu’au 31 décembre 1915. Pour la famille Moigno la jouissance ne commença qu’en 1897 et par conséquent doit se prolonger jusqu’au 31 décembre 1916. Bref, dès le 27 avril 1896, on put verser à M. Le Goff la somme de 4 995 F soit 2 060 F fournis par la fabrique, 2 000 F prêtés par le recteur et 935 F provenant des dons obtenus par le recteur ainsi que de la concession des stalles Le Gall, Le Boudec, Fréland. Dans le cours des deux ou trois années suivantes M. Le Goff et le recteur lui-même délivrèrent à la fabriques quittance définitive. Voilà comment fut acquis l’autel que Merléac possède aujourd’hui ainsi que les stalles et boiseries du choeur. Dans le devis de M. Le Goff, les stalles et boiseries figuraient pour 1800 F, on a trouvé que c’était cher. L’autel au contraire qui représentait la différence, soit trois mille quelques cent francs, on a jugé qu’il valait grandement son prix. Le tout est en bois de châtaignier qui dans l’intérieur d’un édifice et à l’abri de l’humidité dure à peu près autant que le chêne et dont les couleurs sont plus douces. Le style de l’autel est celui que l’artiste a jugé le plus conforme à celui de l’église si toutefois l’église a un style. Il n’en est pas ainsi du style de la chaire qui est le style gothique tandis que l’église n’est certainement pas de style gothique. Outre le maître-autel, l’église de Merléac en contenait autrefois quatre autres. Le premier placé dans la chapelle du côté nord était appelé autel du Rosaire. La Confrérie du Rosaire y fut attachée en 1731. C’est aussi à cette époque qu’on y mit le tableau du Rosaire qui s’y trouve encore. Le retable de cet autel fut fait en 1685. Le second placé dans la chapelle du sud, appelé d’abord autel Saint-Joseph et maintenant autel Sainte-Anne ou du Sacré-Coeur fut fait en 1695 par maître Mathieu, sculpteur, demeurant à Poulfo, moyennant une somme de trois cent trente livres tournois, mais il fut presque entièrement refait ainsi que celui de la chapelle du Rosaire en 1760 sous la direction de M. Corbel, recteur. Par une bulle du souverain pontife, la Confrérie du Saint-Sacrement fut attachée à l’autel Saint-Joseph. Le tableau de cet autel représente la Sainte Famille. Les retables de ces deux autels ne sont pas sans valeur, cependant avant la transformation de l’intérieur de l’église par M. Rebours, ils étaient beaucoup plus riches encore. Les parties qui surmontaient les corniches actuelles ont été supprimées et je crois qu’il y a lieu de le regretter. Du côté sud, entre le maître-autel et la chapelle Sainte-Anne, se trouve une petite chapelle dite de Sainte-Marguerite. Il y avait là un autel maintenant disparu. Au-dessus de cet autel était un tableau de la Cène qui avait remplacé un autre tableau des agonisants perdu de vétusté. A cet autel était attachée la Confrérie des Agonisants. Du côté nord, entre le maître-autel et la chapelle du Rosaire, se trouve une autre petite chapelle dite indifféremment chapelle du Saint-Esprit ou du Saint-Sépulcre. Là se trouve encore un autel où Mgr. Lemée a permis de dire la messe, mais qui ne sert plus que pour la cérémonie du Jeudi saint. C’est là aussi qu’est placé le Saint Sépulcre entouré des Saints Personnages. On ne connaît pas l’origine de cette dévotion. Il est probable que le Saint Sépulcre fut construit en même temps que l’église mais les personnages qui existent maintenant n’ont été fait qu’en 1714 ou 1715. On paya à Le Boulanger sculpteur et doreur, une somme de 330 livres tournois pour son travail du Saint Sépulcre en 1765. On aurait bien dû en payer autant à M. Rebours pour ne pas scier par la moitié la plupart des personnages afin de pouvoir les emmaganiser sous l’autel. J’ignore d’ailleurs de, quelle manière ils étaient disposés quand ils étaient dans leur grandeur primitive. Ces deux petites chapelles étaient seigneuriales. Celle du Saint-Sépulcre dépendait du président de Marbœuf. Ce ne fut qu’en 1704 qu’elle prit le nom qu’elle porte aujourd’hui. Ce fut aussi cette année-là que le tombeau fut bâti tel qu’il existe. Pour ne rien perdre de ses droits, le président de Marboeuf y fit placer ses armoiries la même année. Elles furent détruites dans la révolution de 1793. Celle de Sainte-Marguerite relevait de la seigneurie du Guémené. J’ai su qu’avant 1878 il y avait dans cette chapelle une pierre tombale sur laquelle était représentée une grande croix pitée sous les bras de laquelle étaient deux écussons avec les armes du seigneur. Cette pierre est aujourd’hui à l’entrée de la chapelle. Etait-elle autrefois à l’intérieur? La chose est probable, je ne puis cependant l’affirmer, mais il est devenu impossible de déchiffrer les armes sur lesquelles le marteau de la révolution est passé. Une fondation était attachée à cette chapelle. Elle servit de choeur pour chanter l’office divin depuis la destruction de l’ancien horda. ENFEUX, BANCS, ARMOIRIES SEIGNEURIAUX. Dans l’église de Merléac était les enfeux des seigneurs de Toulbernouët, des Kérémar, des Le Lart et leurs bancs. Le procès-verbal dressé en 1851 contre le duc de Rohan constate que les armes des Le Lart se trouvaient dans la grande vitre de l’église de Merléac. Quant aux seigneurs du Houlle et du Vaugaillard voici l’état des deux armoiries et prééminences d’après l’aveu de 1774 : Comme fondateurs ils avaient droit à la prière et autres honneurs de l’église après le duc de Rohan. Dans le sanctuaire, au bas du marchepied du maître-autel, ils avaient un banc avec accoudoirs décoré de leurs armoiries lequel, depuis la reconstruction de l’église et de leur consentement, fut mis en dehors du balustre du côté de l'Evangile et portait les armes du Houlle, de Marboeuf, de Pépin. Ils avaient en outre un second banc du côté de l’épître. Sur le retable du maître-autel, au-dessus du tabernacle, était un écusson aux armes des de Marboeuf lequel fut supprimé du consentement des seigneurs quand on fit un nouveau retable. (Le retable du maître-autel aurait donc été changé avant la transformation du choeur par M. Lamy en 1832 puisque les de Marboeuf disparaissaient des titres des seigneurs du Houlle et du Vaugaillard en 1728). Dans la vitre du sanctuaire, du côté de l'Evangile, était un écusson portant leurs armoiries. On y voyait aussi sur la même vitre les armes des anciens seigneurs de Merléac, du Quéllénec et du Vaugaillard. Dans la chapelle Sainte-Marguerite, accosté au choeur, à côté de l'épître, était un enfeu des seigneurs du Houlle et une pierre tombale relevée à l’entrée de ladite chapelle. Dans la chapelle du Saint-Sépulcre, du côté de l'Evangile, était un écusson en relief sur tuffeau aux armes des de Marboeuf. Il y avait encore plusieurs autres armoiries des anciens seigneurs de Merléac tant au-dedans qu’au-dehors de l’église. SES STATUES. Avant les travaux de M. Rebours, l'église de Merléac était peuplée de statues. On en conserve un certain nombre et naturellement celles que l’on crut avoir le plus de valeur. Quelques-unes furent données à des particuliers. En outre presque toutes, disloquées, mutilées ou vermoulues furent reléguées dans le grenier du presbytère. Parmi celles-ci se trouvait la statue de Saint-Sébastien autrefois placée à la naissance de la chapelle du Rosaire et à laquelle on attribuait une certaine valeur. On la posa quelque temps dans le jardin où le soleil eut vite fait d’achever l'oeuvre des années. Le feu a préservé de la profanation tous ces débris informes. Les statues conservées dans le chœur ; du côté de l'Evangile, la statue de Saint-Pierre. On lit dans les vieux comptes de fabrique qu’en 1687 on fit une nouvelle statue de Saint-Pierre, laquelle coûta 25 livres. Est-ce la même que celle qui existe aujourd’hui ? J’en doute car celle-ci paraît plus récente. Les connaisseurs ne lui accordent pas une grande valeur sculpturale. Ils préfèrent celle de Saint-Paul placée en face du côté de l'épître. Sur l’autel Sainte-Anne, un saint Joseph portant un lys dans sa main droite, une sainte Anne enseignant la Très Sainte Vierge. Sur l’autel du Rosaire, la Très Sainte Vierge Marie portant l'Enfant Jésus, un Ecce Homo de la main de Dupont de Poulmy. Dans la chapelle du Saint-Sépulcre, les personnages du même nom. Enfin au mur, face à la chaire, Jésus crucifié. Aucune de ces statues n’appartient aux ciseaux d’un grand maître. L'Ecce Homo en particulier laisse beaucoup à désirer. D’autres statues acquises depuis se trouvent encore dans l’église. Sur le maître-autel deux anges porte-flambeaux. Sur les deux piliers du transept, du côté du choeur, une statue du Sacré-Coeur et une de Saint-Joseph. Au milieu de l’autel du Sacré-Coeur une autre statue du Sacré-Coeur. Au milieu de l’autel de la Très Sainte Vierge, tantôt une Notre-Dame-de-Lourdes tantôt une Vierge ouvrant les bras. Celle-ci conservée des anciennes statues mais plus récente que les autres. Enfin dans la chapelle et sur l’autel du Sacré-Cceur, une statue en terre cuite de Saint-Antoine-de-Padoue. La dévotion à saint Antoine de Padoue remonte dans cette paroisse au mois de mai 1896. Une pieuse personne, Jeanne-Marie Boulain, offrit de payer une statue du saint. Monsieur le Curé d'Uzel, Pierre-Marie Gaubert, bénit cette statue un dimanche aux vêpres après avoir prononcé un sermon dans lequel il rappela les principaux miracles de saint Antoine de Padoue, exposa les raisons pour lesquelles son culte prenait tant d’expansion à notre époque et invita les fidèles de Merléac à mettre en lui une entière confiance. Sa parole fut écoutée avec le plus vif intérêt et porta ses fruits. Les pauvres n’étant pas très nombreux dans la paroisse et le bureau de bienfaisance fournissant assez peu de pain, les offrandes faites à saint Antoine de Padoue sont employées de préférence à procurer aux malades nécessiteux quelques kilos de viandes et quelques bouteilles de vin (abbé Gilles Jarno).

la chapelle Saint-Jacques (XIV-XVème siècle), située au village de Saint-Léon, probablement construite par les Templiers, puis reconstruite semble-t-il au bord de la voie antique de Carhaix à Uzel par les Rohan en 1317 (elle ne fut terminée qu'à la fin du XIVème siècle). Cette chapelle, restaurée entre 2009 et 2017, constituait jadis une étape du pèlerinage qui menait les fidèles à Saint-Jacques de Compostelle. On y voit des verrières, oeuvre de Guillaume Béart, qui retracent la vie de saint Jacques le Majeur et qui datent de 1402, ainsi que des lambris de couvrement peints qui datent du XV-XVIème siècle [Note : Sur le lambris de la voûte,  sont représentés des scènes peintes de la Genèse, et les textes bibliques qui les accompagnent]. La chaire à prêcher date du XVIème siècle. Sa maîtresse vitre, datée de 1402, renferme les armoiries des seigneurs du Houlle, seules et mi-parties d'un burelé, et un autre blason portant une fasce. Les murs de la chapelle sont décorés de mâcles d'or sur fond de gueules, en souvenir des Rohan. Saint-Léon aurait été favorisé des bienfaits de Jean Valdire, dit de Saint-Léon, natif de ce village, dominicain du Couvent de Morlaix, puis confesseur du duc de Bretagne Jean V. Ce prince le fit nommer évêque de Léon en 1428. Transféré à Vannes, le 28 novembre 1433, il en répara la cathédrale. Il bénit, en 1442, le mariage du duc François Ier avec la princesse Isabelle d'Ecosse. Il mourut en 1444 et fut inhumé dans la chapelle Notre-Dame de sa cathédrale où se voit encore son tombeau. La chapelle Saint-Jacques est mentionné, semble-t-il à tort, comme paroisse dans un document de 1444. Il ne s'agit pas non plus du centre paroissial primitif puisque Merléac est désigné comme bourg en 1293. Les moines de l'abbaye de Bon-Repos y possédaient dès 1245 des maisons ;

La chapelle Saint-Jacques de Saint-Léon en Merléac (Bretagne).

Nota 2 : La chapelle Saint-Léon, au village de Saint-Léon, a été classée comme monument historique grâce à MM. Pierre Le Gué de Saint-Hervé, conseiller de préfecture à Saint-Brieuc et Geslin de Bourgogne inspecteur des monuments historiques dans le département des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) et à ce titre, a reçu de l'Etat une subvention de 3 à 4 000 F avec lesquels et quelques dons particuliers on a refait, il y a peu d'années, la toiture en entier et les lambris et réparé les meneaux de la maîtresse-vitre et la base de quelques-uns des contreforts. L'origine de la chapelle est incertaine. Les uns disent qu'elle a été construite par les Templiers dont Saint-Léon aurait été une commanderie. Aucun document, aucune tradition ne fait présumer l'existence des Templiers à Saint-Léon. Albert Le Grand dit qu'un Jehan de Valydire dit frère Jehan de Saint-Léon, natif de Saint-Léon même, fit bâtir une chapelle près de la maison de ses parents, ce qui fait supposer à quelques-uns que c'est la chapelle Saint-Jacques actuellement existante. Le nom de Valydire est maintenant connu dans le pays, mais il y avait effectivement autrefois dans Merléac des familles de ce nom. Le frère Jehan, le seul homme distingué qu'ait produit Merléac à ma connaissance, de paysan devint successivement religieux de l'ordre de Saint-Dominique ; docteur en théologie de la Faculté de Paris, prieur du couvent des dominicains de Morlaix, où il fit de grands embellissements, confesseur du duc Jean V aux gages de 70 livres par an, évêque de Saint-Pol-de-Léon en 1428, transféré au siège de Vannes en 1433, il y mourut en 1444. Mais outre qu'il y avait plusieurs chapelles à Saint-Léon et qu'Albert Le Grand ne spécifie pas laquelle fut construite par Jean Valydire, une charte publiée par dom Morin fait voir qu'en 1317 la chapelle de Saint-Jacques était alors « DE NOVO CONSTRUITAM », qu'un procès avait lieu au sujet des revenus et profits de cette chapelle entre le chantre de Quimper qui avait en cette qualité juridiction dans la paroisse de Merléac et le recteur de Merléac. Le vicomte 0llivier de Rohan intervenait au procès revendiquant ces revenus et profits comme devant être employés à sa construction et réparation. L'official de Poher et de Quintin, délégué par Alain, évêque de Cornouailles, décida que le chantre Guillaume percevrait le tiers des émoluments, que le sixième des deux autres appartiendrait au recteur de Merléac à la charge d'y célébrer la messe tous les mardis et le jour de la fête de saint Jacques, enfin, que le reste demeurerait aux mains du vicomte de Rohan pour être employé à l'entretien de l'édifice. M. Barthélémy, ancien élève de l'école de Chartres, étant conseiller de préfecture à Saint-Brieuc en 1852, a lu sur un fragment de vitrail de la chapelle l'inscription suivante « FIST BRART C'EST L'AN MCCCC C... II ». Cette date incomplète se terminant par II ne peut être celle de 1402 puisqu'il y a lacune entre ce chiffre II et ceux qui le précèdent, mais on peut du moins conclure que si la chapelle Saint-Jacques a été édifiée ou reconstruite à la fin du XIIIème siècle ou au commencement du XIVème, elle a été embellie dans le cours du XVème et rien n'empêche de croire que Jean Valydire ait fait ces embellissements ou y ait contribué. Ses armes étaient : d'azur au chef de gueules chargé d'une quinte feuille d'argent percée d'or. Mais, les verres de couleurs qui restent sont si peu nombreux et dans un tel désordre qu'il serait impossible de les y retrouver au cas où elles y auraient été. Il y a même ceci de singulier, que l'aveu de 1774 rendu par le seigneur du Houlle ou duc de Rohan affirme qu'alors il y avait dans la chapelle d'autres armes que celles du Houlle, lesquelles M. Barthélémy les y a vues encore en 1852. Voici ce que dit cet aveu à ce sujet : il y a dans la vitre au derrière du grand autel trois écussons placés un peu plus bas que le milieu de ladite vitre, le premier desquels est d'azur à une croix engrelée d'or, le second une partie à ladite croix engrelée d'or, le troisième a une face de trois pièces burlées d'or qui sont les armes du Houlle et des alliances sans qu'il ait d'autres armoiries ou marques de prééminence appartenant à autres seigneurs. La chapelle Saint-Jacques est composée de trois nefs à chacune desquelles correspond un autel. C'est une église véritable par ses dimensions et son architecture dignes d'une localité plus importante. Les voûtes des trois nefs, lambrissées, étaient peintes. Celle du milieu représentait la création du monde en six tableaux en losange. Deux surtout étaient assez bien conservés, celui de la création du firmament et celui de la création de l'homme. Celui-ci montrait Adam et Eve en longs cheveux, debout devant Dieu figuré par un vieillard à longue barbe blanche, en robe bleue dont le bas du corps était caché dans un nuage et sur les épaules duquel voltigeait au vent un manteau rouge écarlate. Cette représentation du Père Eternel était visible plus ou moins dans les autres tableaux. Tout cela a péri par défaut d'entretien de la toiture. Sur les lambris de la nef du côté de l'épître, près de la fenêtre, était aussi un tableau assez bien conservé. Il représentait saint Jacques enlevant les fers à un nègre et à des indiens esclaves. Ceux-ci portaient un pagne autour des reins et sur le front un diadème de plumes. Par ailleurs, ainsi que dans la nef du côté de l'Evangile, on ne distingue plus que quelques traits de pinceaux informes. L'autel dans la nef du côté de l'Evangile est remarquable en ce qu'il est composé d'une seule pierre de granit portée sur quatre pieds en torsades. Le grand autel est aussi remarquable par son épaisseur, c'est un énorme bloc de granit. On pourrait, je crois et c'est aussi l'opinion des connaisseurs qui l'ont examiné, y dire la messe sans pierre consacrée. L'autel dans la nef du côté de l'épître est aussi d'une seule pièce et porté sur quatre pieds de la même pierre. Les colonnes de la nef du milieu sont gracieuses par leurs proportions et formées de colonnettes réunies en faisceau par un cercle. A chacune de ces colonnes ainsi qu'à des colonnettes adossées aux murs latéraux en face de chaque arcade, il y avait des statuettes dont il ne reste plus que deux ou trois saints inconnus. Sur une de ces colonnes, du côté du midi, se trouve un homme à figure cruelle et à côté de lui une jeune personne. Ces deux statuettes représentent sainte Apolline et le bourreau qui lui arracha les dents. Les murs au-dessus des arcades de la nef du milieu étaient peints à fresques. On y distingue dans un endroit où le badigeon qui couvre ces peintures a été écaillé une partie du portement de croix, le haut de la croix, la tête et les épaules du Sauveur. Le portail en ogive surbaissée avec colonnettes est accosté de deux petites portes du même style au-dessus desquelles jusqu'à la voûte du portail il devait y avoir primitivement des trèfles ou quelque autre chose de léger ou d'artistique. Maintenant ce vide est bouché en maçonnerie pleine d'un effet disgracieux. A chaque autel latéral il y a une fenêtre qui autrefois était fermée de vitraux de couleur dont il n'y a plus que quelques restes. Dans les fenêtres, du côté de l'Evangile, on voit encore bien conservés deux anges tenant à la main un rouleau sur lequel sont écrits des caractères gothiques que je n'ai pas pu lire. Mais ce qu'il y a vraiment de plus beau, c'est la vitre du maître-autel, de forme ronde, encadrant une rosace à trèfles élégante et d'une grande dimension. Elle avait aussi des vitraux de couleurs dont il ne reste si peu qu'il est impossible de deviner les sujets qu'ils représentent. Le clocher ne paraît pas avoir été achevé. Les anciens se rappellent y avoir vu une flèche qui, menaçant de tomber sur la toiture, fut renversée sur la place qui entoure la chapelle. Elle n'a pas été relevée. On dit que le clocher renfermait une cloche du poids de 10 à 12 000 livres. Quand on la sonnait à toute volée, dit la tradition du pays, l'eau bouillonnait dans l'étang. Le clocher tel qu'on le voit maintenant ne pourrait contenir une cloche d'un si grand poids. Une cloche de trois à quatre mille livres suffirait pour le remplir. Cette belle cloche fut brisée par les vandales en 1798. Le trésor de la chapelle Saint-Jacques était riche paraît-il au moment de la Révolution. Des personnes qui l'avaient vu ont dit qu'il renfermait beaucoup d'objets de prix, entre autre un calice d'argent fort pesant à coupe dorée au bas de laquelle étaient en bosse les statuettes des douze apôtres. Un agent du district de Saint-Brieuc vint tout prendre pendant la Révolution et l'on ne sait ce que c'est devenu. Les Tréviens du Quillio venaient à Saint-Léon processionnellement avec croix et bannières rejoindre la procession de la Mère Eglise le jour de la fête Dieu. Une légende m'a été racontée sur la construction de cette chapelle. Quand on commença à bâtir, les paysans effrayés du nombre de charrois et de corvées à fournir pour amener les matériaux murmuraient fort. Deux boeufs magnifiques, blancs comme neige, parurent sur l'emplacement traînant une bonne et lourde charrette sans conducteur apparent. On les employa et ils ne se fatiguaient, ni de, la charge que l'on mettait comble ni des voyages. Ils revinrent ainsi tous les jours exactement sans que l'on pût savoir ni d'où ils venaient ni où ils s'en retournaient. Ils charrièrent tout à eux seuls et, l'oeuvre achevée, ils disparurent pour toujours. Encore aujourd'hui cette légende est connue de tout le monde dans la paroisse. La chapelle de Saint-Jacques avait reçu un grand nombre de fondations. On m'a dit qu'il y avait un chapitre et l'on m'a montré comme étant affectée au doyen du chapitre, une maison située au levant de la chapelle dont les hauts et vieux talus du jardin longent à droite le chemin qui descend de la chapelle au moulin de Saint-Léon. Je n'ai trouvé aucune trace de ce chapitre et la charte de 1317 semble y contredire. Ce qu'il y a de certain c'est qu'en 1556, Jacques de Quéllénec fit don d'une rente à la chapelle et que le seigneur du Houlle avait obligé à une époque très reculée les convenanciers de La-Lande-au-Gal à payer à ladite chapelle une rente de huit boisseaux avoine grosse, deux chapons et quatre sous six deniers de monnaie. Toutes ces fondations ont été vendues avant ou pendant la Révolution. Il ne reste plus rien aujourd'hui (abbé Gilles Jarno).

La chapelle Saint-Jacques de Saint-Léon en Merléac (Bretagne).

la chapelle Saint-Gouéno ou Saint-Guenoch ou saint Guénolé (XVIIIème siècle), située au lieu-dit Saint-Guénoch ou Guénaulx (village de Saint-Guénolé). Edifice de plan rectangulaire datant du XVIIIème siècle et vendu nationalement en 1812. Elle était encore ouverte au culte à la fin du XIXème siècle, puis a été transformée par son propriétaire en hangar agricole. " La statue du saint a pour subscription Guenaulx, et c’est sous cette dénomination qu’on l’honore ; statue moderne de saint Yves et de saint Gouéno " (R. Couffon) ;

Nota 3 : Dans les notes qu'a bien voulu me procurer M. Bienvenue d'Uzel, je trouve cette chapelle désignée sous le nom de chapelle Saint-Guénoch, Guénolé ou Guinolé. Cependant la statue du saint placée dans la chapelle a pour inscription Gwénaulx et c'est sous cette dénomination qu'on l'honore dans le pays. Cette chapelle est située dans l'enclave des villages de Lemoire et Guermorvan. Pauvre et petite chapelle qui appartenait aux seigneurs du Houlle et du Vaugaillard et qui avait été fondée probablement par les anciens seigneurs du Vaugaillard. Avant la distraction de la section F, l'un des vicaires de Merléac y allait dire la messe régulièrement tous les dimanches moyennant une somme de 180 F. On a cessé d'y aller qu'à l'époque où cette messe fut transférée à la chapelle Saint-Léon par ordonnance de Mgr. Lemée, évêque de Saint-Brieuc, en date du 22 décembre 1841, sur la demande des habitants de Saint-Léon et des principaux de la paroisse comme n'étant plus profitable à Merléac, attendu que cette partie de la paroisse venait d'être adjointe à la commune de Saint-Gilles-du-Vieux-Marché. Lorsque la messe fut accordée à la chapelle de Saint-Guénault, elle était tout à fait nécessaire, non seulement aux fidèles de Merléac qui l'avaient demandée mais encore aux habitants de Saint-Gilles et Saint-Guen où il n'y avait qu'une seule messe dans chaque paroisse. La même nécessité n'existait plus quand il y eut deux prêtres dans chaque paroisse. La fête patronale de la chapelle de Saint-Guénault a lieu le dimanche qui suit la fête de la Nativité de la Sainte Vierge ou 8 septembre. Ce jour-là, il y a une messe matinale, grand-messe et vêpres. Après les vêpres on fait une procession solennelle comme aux autres pardons de la paroisse. Il s'y rend beaucoup de monde, c'est un des plus considérables pardons de Merléac, quoiqu'il rapporte peu d'offrandes. Cette chapelle fut comme les autres chapelles de Merléac mise en vente pendant la Révolution avec tous les bois du placître mais, par une heureuse négligence de celui qui l'avait mise à 600 F, la vente n'eut point son effet et plus tard elle fut rendue à l'Eglise par la nation comme tous les autres biens qui n'avaient pas été vendus. En 1837, une contestation s'éleva contre la fabrique et le conseil municipal sur la propriété des arbres du placître qui entourent la chapelle. Le conseil de préfecture, appuyé sur une décision du ministre, donna gain de cause à la fabrique qui vendit les arbres et l'a replanté. Depuis mon arrivée à Merléac, le conseil municipal a voulu revenir sur cette décision, les pièces ont été de nouveau envoyées à la préfecture et la commune n'a pas donné suite à ses réclamations. L'autorisation d'entendre les confessions dans la chapelle de Saint-Guénault a été accordée par M. Le Treust, vicaire général, en date du 31 juillet 1829. La chapelle de Saint-Guénault possède une petite tribune qui peut contenir vingt à trente personnes. L'autel n'a rien de bien digne de remarques. Les statues sont visibles et assez mal faites. Derrière l'autel se trouve un tableau représentant la Cène, les personnages sont assez mal peints (abbé Gilles Jarno).

l'ancienne chapelle Saint-Jean, aujourd'hui disparue et située jadis sur la route d'Uzel. Edifice rectangulaire du XVIIème siècle. Fondée par les seigneurs du Houlle, elle remontait au XVIIème siècle. Elle est vendue nationalement en 1810 et revendu par la veuve Hillico d'Uzel le 1er octobre 1816 à Marc Le Gal de Saint-Léon qui le donna à la fabrique le 16 juin 1824. Elle est mentionnée en mauvais état en 1937. On y trouve un autel daté du XVIIème siècle et une statue curieuse de saint Jean-Baptiste de la même époque. Jean-Baptiste est assis, vêtu de la peau de bête, et tient l’agneau sur un livre (R. Couffon) ; 

Nota 4 : Cette chapelle dédiée à saint Jean Baptiste avait été fondée et édifiée par les seigneurs du Houlle et le placître qui l'environne avait été planté par eux. Les arbres de ce placître furent vendus en 1773 et ceux qui les remplacèrent furent vendus en 1837 après débat avec le conseil municipal par la fabrique qui a replanté. Les seigneurs du Houlle y avaient fait une fondation de messes qui se desservit plus tard à l'autel Sainte-Marguerite dans l'église paroissiale. A eux appartenait la présentation du prêtre desservant. Dans le sanctuaire, du côté de l'Evangile, ils avaient un banc clos et à l'autel même un écusson en bois : un parti à trois merlettes de sable 2 et 1 d'azur à dix billettes d'argent 4 3 2 et 1 qui étaient les armes de François Loysel et de Mathurine de Baud, sa femme. Dans le pourtour de la chapelle on voyait cinq autres écussons où se trouvaient gravées les armes des seigneurs du Houlle. Cette chapelle fut vendue nationalement pendant la Révolution. Le 1er octobre 1816, elle fut vendue par la veuve Hilico demeurant à Uzel au sieur Marc Legal de Saint-Léon au prix de 290 F. Celui-ci la donna immédiatement avec ses dépendances à la fabrique de Merléac. Maintenant on y dit la grand-messe et les vêpres le jour de l'assemblée qui s'y tient le jour de la saint Jean Baptiste, et l'on y fait la procession au-dehors, autour de la chapelle. On y va aussi en procession le jour des Rogations. Cette chapelle qui n'a rien de remarquable comme construction est bien bâtie. Elle contient une vieille tribune avec un escalier assez mal fait. Le retable de l'autel, les statues, les poutres qui traversent la chapelle et les statuettes des monstres qui y sont accolées paraissent remonter à une assez haute antiquité. Cette chapelle rapporte peu de choses à l'église paroissiale. Les offrandes qu'elle reçoit sont insuffisantes pour l'entretien de la chapelle (abbé Gilles Jarno).

l'ancienne chapelle Saint-Nicolas, aujourd'hui détruite. Outre la chapelle Saint-Jacques, l'ancienne ville de Saint-Léon possédait encore une autre chapelle appelée chapelle Saint-Nicolas sous le vocable de Saint-Laurent. Cette chapelle était, après la chapelle Saint-Jacques, la plus considérable des autres chapelles de Merléac. Elle avait à l'extérieur soixante-six pieds de longueur et vingt-trois de laisse ou de largeur. Les murs avaient plus d'un mètre de diamètre. Outre la porte du sud et celle du nord, elle avait un portail à l'ouest parfaitement semblable au portail nord de la chapelle Saint-Jacques. Seulement au-dessus du placître il y avait une niche où était la statue de la Sainte Vierge qui fut transportée à Saint-Jacques lorsque cette chapelle fut démolie. Au-dessus du portail était placé un clocher qui fut enlevé pendant la Révolution. Auprès du portail, à l'angle nord du mur de face, était une pierre vulgairement appelée « La pierre madone ». Cette pierre existe encore, elle n'a rien de remarquable, c'est une pierre brute un peu penchée sur le côté du sud. Tout annonce que cette chapelle était le plus ancien monument religieux de Merléac. Cette chapelle n'offre plus qu'un monceau de ruines et même aujourd'hui ces ruines ont à peu près disparu. Il fut arrêté par les corps politiques de Merléac en 1738, qu'il était urgent de descendre la couverture et la charpente pour la réparer, mais on n'exécuta pas cette résolution puisqu'à l'époque de la Révolution le toit était dans un très mauvais état et le tout tombait en ruines. Elle fut démolie par la famille Kérenderf du bourg de Merléac qui en 1812 en avait fait l'acquisition. Dans la vitre de la chapelle Saint-Nicolas, du côté de l'épître, était un écusson aux armes des seigneurs du Houlle et n'y en avait dans ladite chapelle à nul autre seigneur, dit l'aveu de 1774 (abbé Gilles Jarno).

l'ancienne chapelle Saint-Julien, aujourd'hui détruite. Non loin de l'ancienne ville de Saint-Léon, près du déversoir de l'étang, était sise la chapelle Saint-Julien. Elle était petite, elle n'avait à l'extérieur que dix-neuf pieds de long et seize de largeur. Elle n'avait qu'une porte et une fenêtre au sud. Au bas de cette chapelle sur le mur de face, il y avait un clocher en forme de dôme où se trouvait une cloche. A l'époque de la Révolution cette cloche fut enlevée avec les autres cloches de Merléac ;

l'ancienne chapelle Saint-Léon-Pape, aujourd'hui détruite. Une petite chapelle dédiée à saint Léon-Pape était située dans cette partie de Saint-Léon que l'on appelle probablement à cause de cela Saint-Léon-Pape. Elle était placée dans une prairie appartenant au début du XXème siècle aux enfants Le Flahec sur le bord de l'étang du moulin de Saint-Léon, à gauche quand on détourne la route vicinale pour aller au Moulin-Neuf. Il n'en reste plus de traces. Il est probable que c'était la chapelle édifiée par l'évêque Jean Valydire. Sur le placître de la ville de Saint-Léon, il existait encore deux autres petites chapelles outre celle de Saint-Jacques et celle de Saint-Nicolas dont nous avons parlé. J'ignore à quels saints elles étaient dédiées. L'une portait le nom de chapelle de Saint-Mandé je crois. Je n'ai trouvé aucun document certain sur ce point. Toutes ces chapelles ont été vendues nationalement pendant la Révolution aux Kérenterf du bourg de Merléac. Ils en ont enlevé les pierres pour les employer à la construction de leur ferme. Depuis l'époque où par une ordonnance de Mgr. Lemée, évêque de Saint-Brieuc, en date du 22 décembre 1841, la messe matinale fut transférée de la chapelle Saint-Guénault à celle de Saint-Jacques de Saint-Léon. Les vicaires de Merléac vont alternativement chaque dimanche dire la messe à cette chapelle à l'exception toutefois des fêtes grandes et petites et de quelques dimanches privilégiés. Ils ne reçoivent pour cela aucune rétribution. La fête patronale de la chapelle a lieu dans le mois de juillet, le dimanche qui suit le jour de saint Jacques. Ce jour-là on y dit une messe basse, la grand-messe et les vêpres qui sont suivies d'une procession autour de la chapelle et sur le placître. Le jour de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge, le 8 septembre, il y a à Saint-Léon un second pardon connu sous le nom de Notre-Dame-de-Lorette. Ce jour-là comme au jour du pardon de saint Jacques, on dit la messe matinale, la grand-messe et les vêpres suivies de la procession. De plus, par un privilège qui existe depuis un temps immémorial et qui a été approuvé par Mgr. David, évêque de Saint-Brieuc et de Tréguier, avant la grand-messe le dimanche de la fête Dieu, on se rend processionnellement à Saint-Léon où le saint sacrement demeure exposé toute la journée. Le soir après les vêpres, la procession rentre à l'église paroissiale. On se rend aussi processionnellement à la chapelle Saint-Jacques le mardi des Rogations et l'on y chante la messe de station. D'après un ancien usage autorisé par Mgr. Le Groing la Romagère, on va chanter les vêpres à la chapelle Saint-Jacques le dimanche des Rameaux, c'est là que se fait l'instruction. L'autorisation d'entendre les instructions et confessions dans la chapelle Saint-Jacques a été accordée par Mgr Le Treust, vicaire général, en date du 31 juillet 1829. La permission d'y exercer le culte divin avait été accordée par Mgr. Manoir, vicaire général, en date du 1er thermidor an XII (1802) (abbé Gilles Jarno) ;

Nota 5 : Edifice rectangulaire avec bas côtés de cinq travées, mesurant 23 m. 50 de long sur 16 m. de large. Une transaction du jeudi après Laetare 1317 entre le vicomte de Rohan, le chantre de Quimper et le recteur de Merléac indique que la chapelle venait d’être construite. Elle fut remaniée et terminée vers la fin du XIVème siècle et a été classée le 1er décembre 1908. Mobilier : Verrières anciennes dont la maîtresse vitre, datée de 1402 et signée de Guillaume Béart, maître verrier de Rennes ; peintures du lambris classées (liste de 1875) ; chaire du XVIème sur pilier du XIVème siècle ; statue en bois peint de la Vierge et l’enfant du XIVème, classée le 8 avril 1909 ; statue en bois peint de sainte Appoline et bourreaux du XVIème siècle, classée le 8 avril 1909 ; autres statues de saint Jean, Pieta et autres sans noms (R. Couffon).

l'ancienne chapelle Saint-Honoré, aujourd'hui détruite. Cette petite chapelle située près de Kerdaval est beaucoup plus récente que les précédentes. Elle fut bâtie par plusieurs propriétaires des villages voisins qui se cotisèrent pour l'ériger dans les champs de l'un d'eux. Ainsi n'a-t-elle point de placître proprement dit. Des arbres ont été plantés autour de la chapelle. Ces arbres appartiennent à la chapelle ou plutôt à la fabrique. La fête patronale de cette chapelle a lieu le lundi de la Pentecôte. On y dit une messe matinale, la grand-messe et les vêpres qui sont suivies de la procession. M. Richard, grand vicaire de Mgr. La Romagère, y a autorisé l'exercice du culte divin mais on n'est pas autorisé à y entendre les confessions. On s'y rend processionnellement le lundi des Rogations et l'on chante la messe de station. Cette chapelle, comme toutes les autres chapelles de Merléac, avait été vendue nationalement mais elle fut rachetée par la fabrique après rétablissement du culte. Cette chapelle qui est la plus petite de toutes les chapelles de Merléac est solidement bâtie. Elle a un petit clocher contenant une cloche de 60 à 80 kg. Son retable d'autel est plus remarquable que ceux des autres chapelles, il a des colonnes en torsades recouvertes de branches de vigne et de grappes de raisin qui font un fort joli effet. Ce retable a été tiré dit-on du maître-autel de l'église paroissiale. Les statues sont de mauvais goût à l'exception toutefois de celle de Saint-Honoré qui est petite mais bien travaillée (abbé Gilles Jarno) ;

d'autres chapelles, maintenant disparues, dédiées à saint Maudez et saint Luc, existaient aussi autrefois en Merléac ; 

Nota 6 : Avant la distraction de la section F, la paroisse de Merléac possédait encore une petite chapelle dédiée à saint Harmoët. Elle était située près du manoir du Quéllénec et probablement avait été fondée par les seigneurs dudit lieu. Elle existait encore vers le milieu du XIXème siècle, mais maintenant on n'en voit plus que quelques ruines. Il s'y tenait une assemblée en septembre et l'on y disait la grand-messe et les vêpres. Il paraît qu'autrefois il s'y rendait un grand concours de peuple. On voit dans la vie du père Maunoir que, donnant des missions dans les paroisses voisines, il prêcha à la chapelle de Saint-Harmoët devant un nombreux auditoire. Les propriétaires de Bizoin possédaient aussi d'annexe à leur maison une chapelle privée de construction récente, mais aujourd'hui elle n'existe plus (abbé Gilles Jarno)

Nota 7 : Saint-Marc-des-Landes. Au bas d'un placître vendu en 1830 par la commune de Merléac, au joignant d'une prairie au-dessous et dépendant du Petit-Pracourie, il existe une fontaine dédiée à saint Marc où se trouvait la statue du saint, objet de pèlerinages. Un paralytique de Quintin et après lui plusieurs autres personnes prétendirent avoir été miraculeusement guéris en 1793 par l'intercession de saint Marc. Le bruit s'en répandit aussitôt par tout le pays et la foule s'y porta. Un habitant de Kerguchet, Mathurin Hervé, éleva une petite loge dans la lande au-devant et dépendant du Grand-Pracourie, laquelle est le numéro 946 1° E du cadastre et y posa la statue. Les populations affluèrent et l'idée vint de bâtir une chapelle à saint Marc en ce lieu. On y charroya des pierres de choix dont plusieurs existent encore et Mathurin Hervé recueillit des dons pour l'édification de la chapelle. Les membres du district de Loudéac s'émurent de ces rassemblements. Par arrêté du 18 juin 1793, ils ordonnèrent de détruire la loge et de transporter la statue dans l'église de Merléac, défendant à quiconque de construire ou de faire construire aucun édifice en ce lieu ou de faire aucune quête ni de recevoir des dons sous peine d'être poursuivi comme commissionnaire. Ordre à Mathurin Hervé de rendre compte à la municipalité de Merléac des dons qu'il avait reçus de quelque espèce qu'ils fussent et de verser la somme dont il se serait trouvé débiteur aux mains des marguilliers de ladite église. Cet arrêté ne fut pas exécuté par la municipalité de Merléac puisque le 12 juillet suivant, le district désigna un de ses membres pour veiller à son exécution. Hervé fut menacé d'être emprisonné. Il fut même question d'établir un camp dans Merléac et un ingénieur vint sur les lieux pour cela. L'affaire n'eut pas de suites (abbé Gilles Jarno).

la croix verte ;

le manoir de Saint-Léon (1626) ;

Nota 8 : Le duc de Rohan ne possédait dans la paroisse de Merléac d'autre domaine plein et direct que la ville de Saint-Léon avec sa censive peu étendue et le moulin. Ainsi les qualifiait-on dans tous les anciens titres. Ce n'est actuellement qu'un village de la paroisse de Merléac. C'est qu'en effet Saint-Léon était considérable par rapport aux localités et bourgs voisins. On le voit bien aux ruines des maisons dont il reste des traces dans les jardins qui entourent le village. Des procureurs, des notaires et des sergents y résidaient quoiqu'il n'y eut point de juridiction laquelle s'exerçait à Corlay. La cour du Houlle et du Vaugaillard y tenait des plaids généraux par privilège. Il y avait un marché et une halle dont les ouvertures n'ont été bouchées de maçonnerie que depuis peu d'années et qui sert maintenant de garage et d'écurie à la métairie de la grande maison. C'était par Saint-Léon que passait la route d'Uzel à Pontivy et des personnes fort anciennes, mortes depuis peu, y avaient vu dans leur enfance, disaient-elles, une grande affluence de voyageurs. On dit que la moralité n'y était pas des meilleures. Il se tenait à Saint-Léon un singulier marché dont je ne connais pas l'origine. On l'appelait « Coqueline » parce qu'il ne s'y vendait que des coqs et des poules. Il s'y tenait le samedi précédent le carême, il a été en usage jusqu'en 1840 environ. Il y avait au bourg de Merléac un cimetière distinct de celui qui entoure l'église paroissiale que l'on appelait cimetière de Saint-Léon, soit à cause de sa situation sur le chemin du bourg de Saint-Léon, soit qu'il fût anciennement consacré aux inhumations des habitants de Saint-Léon. Il fait maintenant partie du jardin du presbytère. J'ai entendu dire que Saint-Léon était autrefois une commanderie des Templiers mais je ne le crois pas du moins je n'ai rien vu qui le prouve. Le surplus de la paroisse de Merléac était divisé entre un grand nombre de seigneurs qui tous relevaient soit directement soit indirectement du duc de Rohan à cause de sa seigneurie de Corlay (abbé Gilles Jarno).

le manoir du Vaugaillard. L'ancien du Vaugaillard se composait, d'une salle basse et d'une haute, cuisine et chambre au-dessous de celle-ci. Au levant et joignant au manoir un pavillon à cinq étages, cour au-devant cernée au midi d'un portail à étages et au levant d'une porte cochère sur laquelle une chambre et son grenier, jardins cernés de murs, une chapelle dans la vitre de laquelle étaient peintes les armes des Kérémar, placîtres plantés et rabines, un étang ou vivier. Le tout contenait cent cinquante-deux journaux et six corvées. Dans l'état actuel des lieux, le manoir subsiste encore ainsi qu'une partie des autres bâtiments. On ne voit plus que les ruines des portails du pavillon, de la chapelle et des murs du jardin. En 1664, M. Loarel seigneur du Vaugaillard, demanda au prieur de Bonrepos, une copie conforme de l'acte de fondation par lequel, au décès des sieurs du Houlle, le sieur abbé de Bonrepos et ses religieux sont obligés d'aller quérir et transporter les corps du Houlle et les faire enterrer aux conditions portées par ledit acte ;

Nota 9 : En 1428, la seigneurie du Vaugaillard, qui relevait directement de Corlay, appartenait à 0llivier de Mûr ainsi qu'il apparaît par acte de primitive baillée, d'une lande consentie par Marguerite du Houlle et Alain Baubois son mari que nous citons à propos de la seigneurie du Houlle. Les de Mûr (ramage de Poher) ont possédé la seigneurie de Mûr, Corlay, La Feuillée, de la Houlle, de Kervers et de la Hermoët. En 1371, Jéhan de Mûr portait le titre de chevalier bachelier et fit serment au duc en 1379. Jéhan de Mûr est écuyer du duc en 1431. Aux états généraux de Vannes en 1442, les sire et dame de Mûr s'y trouvaient. En 1554, Bertrand de Mûr est huissier à la chambre du duc. En 1599, Olivier de Mûr, abbé de Bégard, devint abbé de Carnoët. De la famille de Mûr, la seigneurie du Vaugaillard passa je ne sais comment dans celle de Quéllénec. C'est un Jéhan du Quéllénec qui la vendit en 1532 à Claude du Houlle mais cette vente ne comprenait pas le manoir et ses dépendances. Par suite de la vente, le domaine noble du Vaugaillard ne consistait plus en 1532 qu'en un moulin à vent situé dans la lande de Saint-Guen près du bourg et un moulin à eau dit le « Moulin Neuf » situé près de Saint-Léon-Pape avec son barrage et étang dit l'étang Simon. Les autres biens de la seigneurie de Vaugaillard comprenaient, en 1774, quatorze tenues à convenant relevant de Pontivy et de Corlay, quatre-vingt-seize terres et dix tenues à héritage avec ou sans rachat. En outre, soixante-douze rentes dues sur les tenues et anciens fiefs, plus trente-six tenues à pur féage. Ce démembrement de la seigneurie du Vaugaillard appa­tenait au début du XVIème siècle et auparavant probablement à la famille de Kérémar. Elle était originaire du Danemark, croit-on, et dut s'établir en Bretagne vers le XIIIème siècle. Leurs armes étaient : d'argent à trois chouettes de sable, becquées, armées et membrées de gueules. Elle a fourni la fondatrice des carmélites de Morlaix et le chevalier Louis de Kérémar qui se distingua au siège de Dantzig en 1734, commanda les batteries de Lorient en 1746, devint capitaine de vaisseau. Le premier que l'on trouve possesseur de ce petit domaine du Vaugaillard est Robert de Kérémar à qui succéda son fils Jéhan de Kérémar. Celui-ci, par acte du 4 mai 1581 et du consentement du général de la paroisse de Merléac, obtint moyennant une rente de dix sous tournois : « QUATRE PIEDS DE LAISE ET HUIT DE LONG À ESTRE PRINS À MESURE DROIT À VIS. LE MILIEU DU BAS DU MARCHE PIED DU GRAND AUTEL DE LA DICTE ÉGLISE, COMME QUE CE SOIT EN LE MÊME ENDROIT, LIEU SUFFISANT POUR METTRE ET ASSEOIR UN BEAU, HONNÊTE ET COMPÉTENT URUMBEAU, DUQUEL LE DICT QUÉRÉMAR JOUIRA ET POURRA JOUIR POUR IL, SA FEMME ET SES ENFANTS À JAMAIS AUX TEMPS À VENIR ». Jean de Quérémar qui vivait encore en 1608, est remplacé par son fils écuyer Gabriel de Quérémar qui épousa Marguerite de la Fruglaye. La famille de la Fruglaye portait des armes : d'argent au lion de sable armé de gueules avec cette devise : « OS ET UNGUES SANGUINE MEDENT ». Elle a fourni un capitaine d'arrière banc de la noblesse de Cornouailles, un évêque de Quemper (Quimper), un abbé de Prières mort en 1766, un maréchal de camp, pair de France et minéralogiste distingué mort depuis peu d'années. Gabriel de Quérémar et Marguerite de la Fruglaye eurent plusieurs enfants. Joseph Elysée de Kérémar rendit aveu aux seigneurs du Houlle en 1679. L'un des descendants de ce Joseph Elysée de Kérémar vendit le domaine du Vaugaillard vers 1740 au chevalier de Rocfeuille dont les héritiers le revendirent vers 1774 à M. Mathurin Boschat de la Porte d'Ohen. Louise Boschat, sa fille, épouse de Guillaume de la Noue obtint ce domaine par héritage. De ceux-ci il passa à leur fille qui épousa M. Frémenville et à la mort de M. Frémenville, arrivée en 1869, les biens ont été vendus et acquis par les enfants Carrée, cultivateurs à Merléac (abbé Gilles Jarno). 

le manoir de Port-Jégou (1622) ;

le manoir de Bizoin (XVIIIème siècle). Possédé par les Priat, il passa au XVIIIème siècle aux Glais, et au XIXème siècle aux Ollitrault-Dureste. Ce fut la propriété du parlementaire Alexandre Glais-Bizoin (1800-1877) dont le rôle politique fut important de 1830 à 1871. Une place de Saint-Brieuc porte son nom ;

Nota 10 : Bizoin est une charmante habitation moderne située sur les bords de l'Oust au fond d'une vallée pittoresque et entourée d'arbres d'une belle venue. Derrière le manoir, du côté nord, se trouve un bois taillis d'une certaine étendue, au sud, tout près de la route qui conduit d'Uzel au Quillio, on voit un moulin et une ferme, l'une des plus grandes de la commune. Les autres terres de Bizoin sont presque toutes situées dans la commune de Saint-Thélo. Cette terre qui a donné son nom à la famille Bizoin, appartient à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle à M. Ollitrault-Dureste fils d'une soeur des MM. Bizoin. M. 0llitrault-Dureste, maire de Merléac (1870-1919), a réparé l'ancien manoir et y a ajouté de nouvelles constructions. C'est aujourd'hui une fort jolie habitation. En 1793, un certain nombre de Girondins, une dizaine dit-on, fuyant les séances de la Convention, passèrent à Merléac et reçurent l'hospitalité à Bizoin. Parmi ces proscrits se trouvaient Petion, Barbaroux et Le Sage. En entrant dans la maison de Bizoin, Petion dit à Mme Bizoin qui le recevait : « Madame, vous voyez devant vous un homme qui a fait trembler tout Paris et qui maintenant, proscrit et fugitif, est réduit à vous demander un morceau de pain ». Craignant d'être dénoncés, ils ne filent pas à Bizoin un bien long séjour. Cependant Le Sage étant tombé malade ne put suivre ses compagnons d'infortune. Il passa tout le temps de la Terreur à la ferme de la Baillée, caché dans un grenier. Les autres passèrent encore quelque temps cachés dans les environs. Deux d'entre eux passèrent six semaines ou deux mois cachés dans une cabane non loin du château du Quéllénec en Saint-Gilles-Vieux-Marché. (abbé Gilles Jarno).

la mairie–école (XVIIIème siècle). Cet édifice appartient jusqu'à la Révolution à la famille de Rohan ;

plusieurs maisons du bourg (1666 et 1645) ;

les maisons de Kerdaniel (1729), de Kerma (1683), de la Boissière (1636 et 1793), de Kervégan (1687 et 1694), de Créméhel (1660 et 1671), de Poulfo (1697 et 1665), de Saint-Léon-Pape (1724) ;

les fermes du Moire (1757 et 1741), de Kerdren (1689), de Guervélan (1716), de Kerbloux (1663) ;

7 moulins dont les moulins à eau Kerblous, Bizoin, du Bois, de Belêtre,…

A signaler aussi :

l'établissement gallo-romain de Saint-Léon ;

l'ancien château de Merléac. Le château de Merléac faisait partie du domaine noble du Houlle. Son origine est croit-on contemporaine de celle de la paroisse de Merléac. Il aurait donc été édifié primitivement par les Rohan. Toutefois, le corps de logis principal a dû être rebâti sur les anciennes substructions et l'on y ajouta alors des ailes. Ce qui, le prouve, c'est sa forme en pavillon sans tourelles, son large escalier en pierres de taille, ses fenêtres hautes et larges. L'époque de cette réédification me semble se rapporter au XVIème siècle au temps peut-être où Claude du Houlle acheta la seigneurie du Vaugaillard en 1552. Il est du moins certain que le château de Merléac existait en 1600. A cette époque, les Debaud y passèrent plusieurs actes. Les pierres de taille qui avaient servi à la reconstruction ont été, pour la plupart, extraites du lieu que l'on appelle La Périère en le Quillio. C'était la carrière de la seigneurie du Houlle. Le château comprenait caves, salles basses, chambres hautes et greniers. En avant un vaste préau avec puits fermé sur le chemin du bourg de Kerbloux, d'une porte cochère surmontée des armes des seigneurs, jardins, verger et rabine derrière, au couchant deux écuries, les halles en ruines dès 1791 et l'auditoire. L'emplacement des derniers bâtiments est occupé actuellement par les maisons Sohier et Michel de sorte que le tout, cerné de hauts murs et contenant un journal et demi de terres, donnait du midi sur le chemin de Kerbloux, du couchant sur la place du bourg et sur le chemin de Corlay, du nord sur le chemin de Korigo qui était autrefois le chemin d'Uzel à Corlay et du levant sur la terre de la tenue Ropers. L'édifice a été reconstruit en 1867 sur le même emplacement, à peu près dans la même forme, par la commune de Merléac. Celle-ci l'avait acheté avec son préau seulement de Pierre-François Priat, acquéreur en 1821 de MM. du Bouëxie. Le tout sert maintenant de mairie et d'école tant pour les filles que pour les garçons. Du château dépendait une maison qu'on appelle encore aujourd'hui « La Geôle » parce qu'elle servait anciennement de prison pour la seigneurie. Cette maison se trouvait à l'entrée du bourg sur la route d'Uzel. En face de l'autre côté de la route est un petit courtil qu'on appelle « La Cave Fidèle ». Il doit son nom, raconte-t-on, d'un nommé Fidèle qui, s'y étant pendu à un pommier, fut encavé dans le lieu même de son suicide sans les honneurs de la sépulture ecclésiastique (abbé Gilles Jarno) ;

l'ancien cimetière de Merléac. De tout temps, me semble-t-il, le cimetière de Merléac a environné l'église mais étant insuffisant pour la population il a été agrandi à une époque que je ne connais pas. Merléac était autrefois beaucoup plus peuplé qu'il ne l'est aujourd'hui. En 1841, époque de la division de la paroisse, la population était de 3 000 habitants au moins. Pour agrandir le cimetière il fallait rapporter beaucoup de terre pour rehausser la partie sud-est. Le cimetière ne fut pas muré à l'époque de son agrandissement, il ne l'a été qu'en 1790 par les soins de M. Corbel alors recteur de Merléac. Auparavant l'entrée était fermée par une simple barrière. A la même époque un portail de fer fut placé, soutenu par deux pilastres en granit. Ce portail fut enlevé en 1793 et transporté à Loudéac et depuis on n'a pu le retrouver. Celui que nous avons maintenant appartient dit-on à Saint-Martin-des-Prés. Les habitants de Merléac réclamèrent le leur à Loudéac mais ne le trouvant pas ils prirent celui-ci que personne ne réclamait. L'ancien portail était d'un travail plus parfait et beaucoup plus précieux que celui-ci. L'escalier du sud vers Saint-Léon fut construit à la même époque, 1780. En même temps on construisit deux reliquaires pour recevoir les ossements des morts. L'un se trouvait au bas du cimetière et l'autre adossé au mur du porche, tous les deux ont disparu depuis longtemps. Malgré l'augmentation du cimetière dont nous avons parlé et la division de la paroisse, ce cimetière que nous abandonnons aujourd'hui a toujours été jugé insuffisant pour la population. C'est pourquoi, l'autorité civile a manifesté plusieurs fois l'intention de le transporter ailleurs afin de lui donner plus d'étendue et de l'éloigner de l'église à cause de la salubrité publique. L'autorité ecclésiastique s'y est opposée le plus longtemps possible pour les raisons qui sont comprises par tous les chrétiens, pour leur rappeler la pensée de la mort et les porter à prier pour les morts. Enfin, par suite d'une épidémie de petite vérole qui a doublé en 1870 et 1871 le nombre des morts dans la paroisse de Merléac et dans presque toute la Bretagne, l'autorité ecclésiastique s'est entendue avec l'autorité civile qui a acheté cette année 1872 un champ situé sur la route qui conduit de Merléac à Saint-Mayeux pour en faire un cimetière. Le champ qui contient environ quarante ares a été vendu 1 900 F à la commune par l'abbé Kérenterf d'Uzel. L'ancien cimetière, devenu tout à fait insuffisant et tout rempli d'eau, est abandonné. Après le temps légal, une partie du terrain sera employée pour l'élargissement des deux chemins dont l'un est l'arrivée de celui de Saint-Léon dans le bourg et l'autre longe le jardin du presbytère. Les deux grands pilastres et le portail en fer placés en face de la tour, dans le vieux cimetière, ont été transportés au nouveau. M. 0llitrault-Dureste, maire de 1870 à 1919, a fait pratiquer des allées et planter dans le cimetière des sapins et des mélèzes aux frais de la commune. Au milieu du cimetière s'élève une belle croix de granit, oeuvre de M. Hernot sculpteur à Lannion. Cette croix fut placée dans le cimetière en juin 1873 et bénite avec le cimetière le 3 juillet de la même année par M. Le Sage, recteur de Saint-Thélo. Outre M. Le Sage qui bénit la croix et le cimetière et fit une instruction pour la circonstance, MM. Maché, vicaire d'Allineuc, Roussel, vicaire du Haut-Corlay, Le Goff, vicaire du Quillio, Jarno, recteur de Merléac, Budet et Le Verger, vicaires assistaient à la cérémonie qui se fit en présence d'un grand nombre des habitants de Merléac. La croix du cimetière a été vendue 750 F par M. Hernot mais, tous les frais compris, elle nous revient à 900 F. Elle a été payée par la fabrique à l'exception de quelques dons particuliers qui ont été faits par les habitants de la paroisse. Pour les encourager à venir en aide à la fabrique, je promis d'inscrire sur le registre de la paroisse les noms des personnes qui donneraient au moins cinq francs. Voici les noms de celles qui ont le plus contribué à cette bonne oeuvre : M. Ollitrault-Dureste, maire (50 F), M. Jarno, recteur (25 F), M. Budet, vicaire (20 F), M. Le Verger, vicaire (20 F), M. Le Maux de Saint-Léon (10 F), M. Emmanuel Menguy (5 F), M. Joannigot de Lampigno (5 F), Yves Corlay et ses enfants (5 F), Jean-Baptiste Jaffro de Guerneho (5 F), Jean-Marie Le Péchoux (5 F), Ursule Le Potier (4 F), Pierre Le Boudec (4 F), François Alno (3 F), Mathurin Le Boudec (3F), Louis Le Potier (3 F), François Tilly du Goulan (5 F), François Burlot du Houlle (5 F), L'instituteur et ses élèves (5 F), Les religieuses du Saint-Esprit (5 F), La veuve Jouan (5 F), Marie-Suzanne Gain (5 F), Jean-Baptiste Jaglin (5 F), Jean-Mathurin Le Vieulu (5 F), La veuve Gestin (10 F), Mathurin Goëffier (5 F), Jacques Guillaume (5 F), Jeanne Carré de la Mare (5 F), J. Visdeloup de Bizoin (5 F), Anne-Marie Tilly (3 F), Marie Contrebreil (3 F), La veuve Eonen (E F), La veuve Mathurin Le Potier (3 F), Marie-Suzanne Joannigot (2 F), Marie Limon (3 F), Jean-Marie Le Texier (2 F), Guillaume Visdeloup (1,50 F). Plusieurs autres personnes ont contribué à cette oeuvre, les unes pour un franc, les autres pour 75 ou 50 centimes. Nous ne relatons pas ici les noms de ces personnes. Chose digne de remarque, voilà deux mois que notre nouveau cimetière est béni et personne n'y est encore enterré. Cela ne s'était pas vu depuis bien longtemps à Merléac. Que Dieu soit loué. Outre l'ancien cimetière qui environne l'église, il existe au bourg de Merléac, au pignon sud du presbytère, un petit jardin que l'on appelle l'ancien cimetière de Saint-Léon. Ainsi que nous l'avons dit à l'article de Saint-Léon, je n'ai rien trouvé dans les archives qui explique cette dénomination donnée à cette portion de terrain. La tradition qui lui donne ce nom et les ossements que l'on y rencontre parfois, prouve qu'il a servi de cimetière. Mais était-ce uniquement pour Saint-Léon? C'est ce que l'on ne peut démontrer. Toutefois il est bien probable que Saint-Léon qui, comme nous l'avons vu, était très important autrefois, ait eu son cimetière au bourg puisque l'on n'a trouvé aucune trace de cimetière à Saint-Léon même (abbé Gilles Jarno) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de MERLEAC

En 1411, dit Ogée, le prévôt de Merléac, rapporta un acte entre Ollivier Le Fieuz, Jacques Le Gal et autres, qui vendirent à Olivier, vicomte de Rohan, plusieurs biens qu'ils possédaient en cette paroisse.

Au moment de la Révolution, les maisons nobles de Merléac étaient : le Houl ou Houlle (moyenne et basse justice) qui appartenait à M. de la Bouexic de Pigneux ou de Pinieuc (anobli en 1595), le Vaugaillard (haute, moyenne et basse justice) qui appartenait à M. de la Bouexic, Le Quelennec ou Quellenec (moyenne et basse justice qui s'exerçait à Saint-Ernoët), le Ros (moyenne et basse justice) qui appartenait à M. de Saisy de Kerampuil, Kerjacob qui appartenait aux seigneurs de Quélennec, Bizoin qui appartenait à la famille Glais-Bizoin.

- l'ancien domaine du Houlle. Au nord-ouest, sur le bord de la "Rigole" et près du ruisseau de Saint-Léon, le manoir du Houlle rappelle une vieille race féodale peut-être issue en ramage de la puissante maison de Mur dont les armes sont identiques. Gilbert du Houlle était alloué de Rohan en 1322, Jean sénéchal de Vannes et conseiller au parlement ducal en 1558. Catherine du Houlle porta ce fief, au XVIème siècle, dans la famille de Baud, d'où il passa aux Loisel, de Marbeuf, en 1720, et du Bouëxic de Pinieux. Sa juridiction était exercée au bourg de Merléac et le blason de ses seigneurs figure dans la maîtresse vitre de la chapelle de Saint-Léon. Voici quelques informations sur les propriétaires : DU HOULLE : seigneurs du Houlle et du Vaugaillard, en Merléac. Cette famille, considérée comme un ramage de la maison de Mûr, en portait les armoiries. Elle est connue depuis Gilbert du Houlle, alloué de Rohan dès 1322. Un autre Gilbert du Houlle était écuyer de la compagnie d'Olivier de Clisson en 1375. Catherine, héritière du Houlle, épousa Guillaume de Baud. Des branches cadettes de cette famille furent maintenues nobles en 1669. Blason : d’azur à la croix engreslée d’or. DE BAUD : seigneurs du Houlle en Merléac par alliances. Guillaume de Baud épousa Catherine dame du Houlle, dont il eut : Maurice de Baud, marié à Marguerite de Saint-Nouan puis à Marie du Pou. De ce dernier mariage naquit : François de Baud, époux de Magdeleine du Houlle, sa parente, puis de Jacquette Kerboulas. Blason : d’azur semé de billettes d’or. LOAISEL : seigneurs du Houlle, en Merléac, au XVIIIème siècle. Blason : d’argent à 3 merlettes de sable, posées 2 et 1. DU BOUEXIC : Seigneurs du Houlle et du Vaugaillard, en Merléac. La famille du Bouëxic de Pinieux a possédé le Houlle après la famille de Marbeuf, au XVIIIème siècle, et la branche du Bouëxic de Guichen le Vaugaillard, en la même paroisse, avant les Boschat. Blason : d’argent à 3 buis arrachés de sinople, posés 2 et 1. 

Nota : Aussi loin qu'on peut remonter, cette terre appartenait à la famille du Houlle. Le mot « houlle » dans le patois du pays signifie une encavation surmontée de broussailles dans des fossés ou dans des rives d'une rivière. Les armes de cette famille étaient : d'azur à la croix engrelée d'or et par alliance ayant pour cimier un aigle éployé soutenu de deux lions. En 1378, un Euden du Houlle faisait partie de la compagnie de deux cents lames d'0llivier de Clisson. Il signa en 1406 un codicille dudit Clisson, fut désigné comme l'un des exécuteurs testamentaires et reçut un leg de trois cents livres. En 1381, un Jehan signa la ratification du traité passé entre le duc Jean et le roi de France. En 1419, Jeffroy du Houlle commandait une des compagnies de gentilshommes qui furent envoyés, sous la conduite de Richard de Bretagne, pour s'opposer aux ravages de l'ennemi. Marguerite du Houlle épousa Alain Beaubois et tous deux sont qualifiés en 1438 seigneur et dame du Houlle. En 1452, on voit un Guillaume du Houlle écuyer et chambellan du duc de Bretagne. Il reçoit 45 livres pour un trimestre de ses gages en cette qualité. En 1488, on trouve un Jéhan du Houlle faisant partie des officiers du duc François à la mort duquel il reçut quatre aunes et demie de drap noir pour robe et chaperon à sept livres l'aune. Il fut un des cent hommes d'armes d'Anne de Bretagne. En 1528, la seigneurie du Houlle appartenait à Claude du Houlle, il acheta de Jéhan de Quéllénec, le 15 octobre 1552, la seigneurie du Vaugaillard. Immédiatement après Claude du Houlle, les deux seigneuries réunies désormais et à toujours sont possédées par François du Houlle lequel mourut sans postérité. Il avait une soeur, Mathurine du Houlle, laquelle épouse le sieur de Coëtquévran dont elle eut une fille unique, Louise de Coëtquévran. Les seigneuries du Houlle et du Vaugaillard passèrent naturellement à celle-ci. Louise de Coëtquévran épousa Guillaume de Baud fils. Ses armes étaient imparties : au premier d'azur à la croix engrelée d'or, au second d'argent à cinq fusées de gueule. Louise de Coëtquévran rendit aveu à la seigneurie supérieure de Corlay le 6 janvier 1569 mais cet aveu et en même temps celui de Claude du Houlle en 1550 furent attaqués par Louis de Rohan devant le siège royal de Ploërmel. Il alla même jusqu'à saisir tous les biens féodaux du Houlle. Jean de Baud n'eut qu'une fille, Mathurine de Baud, héritière du Houlle et du Vaugaillard. Elle épousa messire François Loysel marquis de Brie, président du Parlement de Bretagne. Les époux Loysel n'eurent point d'enfants du moins il ne leur en survécut point. Il paraît qu'ils avaient mené un grand train de vie faisant argent de tout. Ils avaient vendu, le 10 juillet 1662, ce qui restait du bois de haute futaie décorant, le manoir du Houlle à honorables gens François, Pierre et Guillaume Bélivet frères au prix de vingt mille livres tournois relaissés aux acquéreurs en rente constituée de 1250 livres. Après la mort des époux Loysel, les seigneuries du Houlle et du Vaugaillard furent vendues à Guillaume Marbeuf conseiller au Parlement de Bretagne, seigneur de Bonabau etc. Ainsi sortie de la famille du Houlle la terre qui leur avait donné son nom et qu'ils possédaient depuis des siècles. Les de Marbeuf étaient originaires du Poitou. Leurs armes étaient d'azur à trois épées d'argent garnies d'or et passées en sautoir les pointes en bas. Un membre de cette famille mourut évêque de Rennes en 1123. Pierre de Marbeuf épousa en 1230 Jeanne Chabot. Cette famille a eu cinq présidents à Mostier au Parlement de Bretagne de 1618 à 1724, un chevalier de Malte en 1672, trois abbés de Langonnet de 1649 à 1754 dont l'un assista aux états généraux de Vannes en cette qualité en 1649 et un autre Claude aux états de Dinan en 1675, un abbé de Saint-Jacques-de-Montfort en 1721 et un abbé de Saint-Jacut, depuis archevêque de Lyon en 1788. Ce Guillaume de Marbeuf, fils de Claude et Robine Lefèvre, épousa Angélique Pépin dont la famille était bretonne. Guillaume de Marbeuf mourut vers 1714 et Angélique Pépin vers 1720. Le de Marbeuf, abbé de Saint-Jacques-de-Montfort, leur fils probablement, leur succéda dans la propriété du Houlle et du Vaugaillard. Son nom disparaît des titres de ces seigneuries à partir de 1728. Il est remplacé par messire Claude-François-Marie marquis de Karbauf qui avait épousé Jeanne Cadio. Celui-ci vendit les deux seigneuries du Houlle et du Vaugaillard, acte du 27 décembre 1737, à messire Mathurin-Joseph-Augustin Groût seigneur de Princé, époux de Guyonne de Princé. Celle-ci mourut à Châteaubriant le 22 novembre 1758 et son mari le 4 novembre 1759. Aux époux Groût de Princé succéda leur fils aîné messire Bernard-Joseph Groût. Ledit Bernard Groût vendit les deux seigneuries du Houlle et du Vaugaillard, acte du 13 avril 1765, à Marie-Anne de Guerseau veuve de Bernard-Louis de Bouëxie. De cette Marie-Anne de Guerseau, les seigneuries du Houlle et du Vaugaillard passèrent à messire Mathurin-Augustin de Bouëxie qui eut quatre enfants. Ces quatre enfants du Bouëxie, restés dans l'indivision, vendirent successivement à diverses personnes l'ancien domaine du Houlle, les moulins de ces deux seigneuries, le château de Merléac et ses dépendances et plusieurs terres à domaine congéable dans beaucoup de villages et enfin par acte du 22 juillet 1829, Robin Morhéry notaire à Uzel, vendirent le surplus desdites seigneuries comprenant encore 259 terres à domaine congéable à M. Gaspard Riollay et dame Jeanne-Marie Veillet-Dufrêche. Le tout a passé à la mort de Mme Riollay, légataire universelle de son mari à M. Jean-Baptiste Veillet son frère : maître des Forges au château de l'Hermitage. Dans l'aveu rendu et présenté, par la veuve de Bernard-Louis de Bouëxie à très haut et très puissant prince Jules-Hercule de Rohan, le 27 octobre 1774, les droits généraux de la seigneurie du Houlle étaient très nombreux : - 1. Les seigneurs du Houlle avaient le droit de percevoir à la mort d'un vassal une année de revenus de biens du défunt que devaient payer les héritiers. - 2. Ils percevaient la dîme féodale et seigneuriale des graines qui croissaient sur les terres mouvantes desdites seigneuries, de douze gerbes l'une sur la plus grande partie des terres et d'une sur dix-huit sur les autres celles du sieur Recteur comprises dans le tout. - 3. Droit de haute, moyenne et basse justice sur tous les fiefs du Houlle. Ladite justice s'exerçait au bourg paroissial de Merléac dans l'auditoire le lundi de chaque semaine. Comme marque de justice patibulaire, il y avait trois piliers entre les landes de Kerfurie et du Cosquer, un au bourg de Merléac, un poteau avec cep et collier aux armes des seigneurs du Houlle et du Vaugaillard, un autre semblable dans le placître de la chapelle de Saint-Jean-du-Houlle, un autre dans le bourg du Quillio et un autre dans le milieu du village de Crémel. Les généraux plaids de la juridiction se tenaient tant au bourg de Merléac et au bourg du Quillio, qu'à Saint-Léon et à la Porte-aux-Moines par ancien privilège. - 4. Ils avaient le droit de faire courir, frapper et faire rompre la quarantaine tous les seconds dimanches après Pâques par les hommes et les sujets mariés dans l'année. Il y avait à cet effet un poteau planté sur la carouge du bourg de Merléac. - 5. Le droit de faire lever le havage à chaque jour et fête de saint Jacques, aux assemblées de la ville de Saint-Léon. - 6. Enfin le droit de marché ordinaire qui se tenait le lundi à Saint-Léon et quatre fois par an : la première le second lundi après Pâques, la deuxième le second jour de juillet, la troisième le 28 août, la quatrième le 4 octobre. Le tout avec droit de continue. En 1774, la seigneurie du Houlle consistait en huit terres à convenant relevant de Pontivy et relevant de Corlay, 216 tenues à domaine congéable et 54 tenues à titre d'héritage. Le domaine noble du Houlle consistait dans : -1. Le moulin du Houlle et le moulin de Kerbloux qui subsistent encore aujourd'hui ; -2. Le manoir et métairie du Houlle. Le manoir avait des jardins derrière, un vivier au-dessus du moulin dont on reconnaît encore l'emplacement, un colombier qui se trouvait à l'extrémité nord de la chaussée de l'étang du moulin, une chapelle complètement disparue aujourd'hui. Le tout dudit manoir avec ses moulin, bois, prés et terres d'un seul tenant, contenait, en 1688, quatre-vingt-onze journaux quarante-quatre cordes et demie (abbé Gilles Jarno).

- l'ancien domaine de Vaugaillard. Le manoir (ancien refuge ou rendez-vous de chasse) était une construction petite et basse qui renfermait les armes de Rohan alliées à celles de France-Navarre, ce qui le ferait remonter vers 1377. Le Vaugaillard avait rang de haute, moyenne et basse justice. Les Rohan durent s'en défaire de bonne heure au profit des de Ploësquellec, d'où il passa aux de Launay, dits de Ploësquellec, du Pont-Labbé, du Houlle, dès le XVIème siècle, de Keremar, de la Fruglaye, du Bouëxic de Guichen, Boschat d'Uzel, etc ... Voici quelques informations sur les propriétaires : DE PLOESQUELLEC ou DE PLUSQUELLEC : seigneurs du Vaugaillard, en Merléac. Guy, seigneur de Plusquellec et de Callac, en 1330, eut entre autres enfants : Morice, sire de Plusquellec en 1372, mort sans postérité, laissant pour héritière sa soeur consanguine : Isabeau, mariée à Maurice de Launay, seigneur de Launay-Bolloy, en Pleumeur-Gautier, lequel releva les nom et armes de Plusquellec. La branche aînée de cette seconde maison de Plusquellec s’éteignit au XVème siècle. Blason : chevronné de 6 pièces d’argent et de gueules. DE LAUNAY dit DE PLOESQUELLEC, seigneurs du Vaugaillard en Merléac au XVème siècle. Blason : chevronné de 6 pièces d’argent et de gueules, qui est de Ploësquellec. BOSCHAT DE LA PORTE D’OHAIN ET D’UZEL : Seigneur du Vaugaillard, en Merléac. Blason : de sable au chat d’hermines. — DE KEREMAR : seigneur dudit lieu, en Corlay, de Kerstainguy et du Vaugaillard, en Merléac, et autres lieux. Cette famille est connue depuis Pierre de Keremar, vivant en 1481, époux de Catherine Bouëssel. Il ne reste pas trace de manoir à Keremar ou Kermard, en Corlay, qui lui a donné son nom, mais ses armes se voient encore sculptées sur une cheminée à la Garenne, en Le Bodéo, et peintes sur une autre cheminée à Kerphilippe, en Lanrivain. Elle s’est fondue, au XIXème siècle, dans la famille de Castellan, au château du Chesnay, en Saint-Donan. La branche de Kerstainguy s’était fondue en 1688 dans les Urvoy. Blason : d’argent à 3 chouettes de sable, becquées, membrées et allumées de gueules, posées 2 et 1.DU PONT LABBE : seigneurs du Vaugaillard, en Merléac. Blason : d’or au lion de gueules, couronné, armé et lampassé d’azur.  

- l'ancien domaine de Quistinguy ou Kerstainguy. Le manoir possédait jadis une tourelle ronde et les traces d'un portail. Il appartenait en 1688 aux de Keremar, puis passa aux Urvoy de Kerstainguy, Boscher (de la) Belleissue et Fraval. Voici quelques informations sur les propriétaires : URVOY : seigneurs de Kerstainguy. Kerstanguy ou Quistinguy, en Merléac. Gilles Urvoy, seigneur de Saint-Bedan, en Saint-Brandan, épousa, en 1688, Olive-Claude de Keremar, dame de Kerstainguy, dont, entre autres enfants : Gilles Urvoy, puîné, seigneur de Kerstainguy, marié à Gillette-Anne-Françoise de la Chapelle, dont : 1° Annibal-Casimir-Paul, seigneur de Kerstanguy, époux d’Angélique de Forsanz, morte avec son mari et leurs enfants en émigration ; 2° Augustin-Casimir, marié, en 1776, à Anne Damar du Lindu, dont : Casimir Urvoy de Kerstanguy, né en 1779, capitaine royaliste pen­dant les Cent Jours, marié à Thérèse-Etiennette-Noëlle Le Forestier de la Houssaye, dont, entre autres enfants : 1° Casimir, né en 1804. marié à Eugénie Opinel, dont la postérité masculine s’est éteinte après 1875 ; 2° Amélie, dame Boscher-Belleissue, héritière de Kerstanguy. Blason : d’argent à 3 chouettes de sable, becquées, membrées et allumées de gueules. BOSCHER-BELLEISSUE : Propriétaire de Quistinguy ou Kerstainguy, en Merléac. Cette famille transmit, par héritage, Quistinguy à la famille Fraval. Blason : d’azur au chevron accompagné en chef de 2 étoiles et en pointe d’un mont de 6 coupeaux, le tout d’or. FRAVAL : propriétaire de Quistinguy en Merléac. Blason : de gueules à la croix dentelée d'argent.

- l'ancien domaine de Toulbrunoët.  Liste de quelques propriétaires : JEGOU : seigneurs de Toulbrunoët en Merléac. Cette famille figure aux Montres de Cornouaille pour la paroisse de Merléac, de 1426 à 1536. Guillaume Jégou, exempt de fouages par le duc de Bretagne en 1451, épousa une demoiselle de Guernc’hoz, dame de Toulbrunoët. Cette terre était sortie vers 1620 de la famille Jégou qui ne subsistait plus que dans deux branches maintenues nobles dans les ressorts de Saint-Brieuc et de Lanmeur les 1er juillet 1669 et 16 juillet 1670. Une de ses dernières représentantes connues fut Jeanne-Moricette Jégou, née à Laniscat, mariée : 1° à Quintin, vers la fin du XVIIIème siècle, à Amateur-Sylvestre-René-Guillaume Hémery, écuyer, sieur des Mézues, en Hénon ; 2° à Hénon, à Jérôme Hémery, son beau-frère. Blason : d’argent au chevron de sable accompagné en chef d’un croissant de même. UZILLE : seigneurs de Kerveller, en Saint-Ygeau, de Saint-Léon et de Toulbrunoët, en Merléac. Jean Uzille, écuyer, seigneur de Kerveller, en Saint-Ygeau, et de Keraudren, en Boquého, épousa, en 1645, à Rennes, Esther Girard, morte veuve en 1687, dont, entre autres enfants : Amaury Uzille, seigneur de Kerveller, né en 1650, juge des eaux, bois et forêts du duché de Rohan, marié, en 1689, à Guingamp, à Françoise Bodin de la Villeneuve, dame de Botillio ; maintenu noble à la Cour des Aides de Paris le 5 juillet 1691 et par arrêt du Conseil du 22 novembre 1698, mort vers 1700, laissant, entre autres enfants : Pierre-Alexandre Uzille, sieur de Kerveller, né en 1606, conseiller du roi et son lieutenant civil et criminel au siège de Carhaix, mort à Quimper en 1765 marié à Carhaix, en 1723, à Madeleine-Gabrielle Le Menez de Kerdelleau dont : Jeanne-Charlotte-Emilie Uzille de Kerveller, mariée : 1° à Carhaix, en 1745, à Jean-René Le Gouverneur, seigneur de Chefdubois, directeur général des Fermes de Bretagne : 2° à Quimper, en 1754, à Michel­Donatien-Sébastien-Louis de Ravmond de Vars. Phlippe Uzille, écuyer, seigneur de Grandmaison, dans la ville de Quintin, et de Toulbrunoët. en Merléac, oncle de Jean, seigneur de Kerveller, avait épousé en 1622, Marguerite Meur, dame de Saint-Léon, en Merléac, dont il ne laissa que des filles. Jeanne la plus jeune, épousa en 1655 noble homme Thomas Duchemin, sieur de Beauregard, et porta dans cette famille Saint-Léon et Toulbrunoët. Blason : d’argent à la fasce de gueules chargée de 3 croissants d’or et accompagné de 3 trèfles de sinople, 2 en chef et 1 en pointe. DUCHEMIN : sieurs de Saint-Léon et de Toulbrunoët en Merléac. Noble homme Thomas Duchemin, sieur de Beauregard, mort à Saint-Léon en 1666, avait épousé, en 1655, Jeanne Uzille, dame de Toulbrunoët dont Jean Duchemin, sieur de Toulbrunoët, sénéchal de Merléac, mort à Saint-Léon en 1692, marié, en 1690, à Châteaulin, à Suzanne Germé du Port-Launay, remariée à Jacques Saoulet, sieur de Lambray, en Poitou. Blason : d’or au chameau passant de sable.  

Nota : Le nom de Toulbernouet (ou Toulbrunoët) signifie en breton « Mare aux canards ». En 1464, cette seigneurie appartenait à écuyer Guillaume Jégou et elle passa à ses descendants. Les armes de la famille Jégou qui habitait Morlaix étaient sept losanges de gueules en champ d'argent. Marie Jégou, l'une des descendantes, épousa écuyer Dominique Calhouet sieur de Kerprat. De la famille Calhouet, Toulbemouet passa par les femmes dans la famille Duchemin. Jean Duchemin fut capitaine de la paroisse de Merléac et sénéchal de la juridiction du Houlle. Par partage, la seigneurie de Toulbernouet passa ensuite dans la famille Georgelin puis dans celle des Perron. Les époux Perron la vendirent le 6 juin 1731 moyennant 6 000 livres, 120 livres d'épingles et un préciput de 18 livres 19 sous de rente à messire Annibal-Marie Urvoy chevalier seigneur de Saint-Bedan, descendant d'une Quérémar. On trouve ensuite cette terre entre les mains des Boijouan et ceux-ci la vendirent à M. Guillo-Lohan et par acte du 12 août 1869, elle est passée à Mme veuve Riollay et ensuite à M. Veillet-Dufrêche son frère. La seigneurie de Toulbernouet relevait, pour la plus grande partie, de la seigneurie de Corlay et pour le surplus de la seigneurie du Vaugaillard. Le manoir était long seulement de vingt et un pieds et demi, composé d'une salle basse et d'une salle haute avec grange au-devant, bois de haute futaie dans le placître et la rabine, le tout contenait cinq journaux. Le tout payait de chef rente à la seigneurie du Vaugaillard trois sous six deniers par an (abbé Gilles Jarno).

- l'ancien domaine de Bizoin Liste de quelques propriétaires : PRIAT : sieurs de Bizoin, en Merléac, dont l’héritière porta ce manoir à la famille Glais.GLAIS-BIZOIN : sieur de Bizoin en Merléac. La famille Glais a possédé la terre de Bizoin, en Merléac, héritée des Priat, et celles de Villeblanche et des Abbayes en Saint-Thélo. Olivier Glais (de) Bizoin, né à Saint-Thélo en 1742, député des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) à l'Assemblée législative, donna, en 1793, asile, à Bizoin, aux Girondins fugitifs. Incarcéré pour ce fait il fut sauvé de l’échafaud par la réaction du 9 Thermidor, abandonna la politique et mourut à Bizoin le 4 juin 1801. Alexandre Glais-Bizoin, né à Quintin en 1800, avocat, conseiller général et député des Côtes-du-Nord, membre de l'Assemblée Constituante en 1848, membre du Corps législatif de 1863 à 1870, membre du gouvernement de la Défense Nationale en 1870, retiré de la vie politique en 1871, mourut à Lamballe en 1877. Blason : d’azur à la gerbe de blé d’or.

- l'ancien domaine de Guernc'hoz ou Guerneho.  Liste de quelques propriétaires : DE GUERNC'HOZ : seigneurs du dit lieu ou GUERNEHO, en Merléac, et de Toulbrunoët, en la même paroisse, au XIVème siècle. Le fief de Guerneho passa dans la famille du Quellenec qui le transmit, vers l’an 1400, par alliance aux Le Lart de Pratanroux. Toulbrunoët, appartenait au XVIème siècle à la famille Uzille, récemment établie en Bretagne. Blason de Guernc’hoz : d’argent au pin de sinople. — LE ROUSSEAU DE ROSENCOAT : Julien-Claude-Joseph Le Rousseau de Rosencoat épousa, en 1803, Hélène Le Lart, héritière de Guerneho en Merléac. Blason : d’azur au croissant d’or accompagné de 3 soleils de même, 2 en chef et 1 en pointe.  

Nota : La seigneurie de Guerneho avait anciennement juridiction ainsi que le constate un aveu rendu au prince de Guémené en 1503. En 1864, Yves Le Flahec se qualifiait de sergent féodé de Guerneho. C'était une juveignerie de Moloc et une sergentisse féodée de Catherine de Corlay (aveu rendu au roi en 1576 par le seigneur de Rohan). Elle jouissait du droit de havage dans la ville de Saint-Léon au jour et fête de saint Jacques et aux assemblées de Saint-Léon, droit qui passa à la seigneurie du Vaugaillard. Il fallait que cette seigneurie eût quelqu'importance puisqu'elle fut préférée à la seigneurie du Roz par Yvonnet Le Lart. Au début du XXème siècle, le manoir noble n'est plus qu'une métairie n'ayant gardé d'autre témoignage de son ancienne prééminence que le nom de salle qui, autrefois en Basse Bretagne, était synonyme de château ou maison noble. Cette seigneurie tomba dans la famille Le Lart par mariage de Perrot Le Lart avec Françoise Molac de la Motte-Donon au XVIème siècle. Elle sortit de cette famille vers 1600 par mariage d'Adrienne Le Lart. En 1648, cette seigneurie appartenait à M. Marc Carré, sieur de Guerneho, qui en rendit aveu le 2 juin de la même année. En 1694, elle appartenait à dame Catherine-Marie de Lampart. Postérieurement, elle était à dame Marie-Gilonne Le Moine et écuyer Brizien du Lézard son mari. On la voit ensuite entre les mains d'Allain 0llivier, puis des enfants de François Riou (abbé Gilles Jarno). 

- l'ancien domaine du Boulle. DE MARBEUF : seigneurs du Boulle, en Merléac, en 1720. Blason : d’azur à 2 épées d’argent garnies d’or et passées en sautoir, les pointes en bas. (Frotier de la Messelière). 

La seigneurie du Breil : Elle consistait dans : - 1. Le manoir et la métairie noble, six tenues en propre fief de la seigneurie du Vaugaillard à foi, hommage sans rachat mais avec obéissance à cour et moulin ; - 2. En arrière fief, quatre tenues dont quatre à domaine et deux à héritage, situées au village du Breil et trois tenues situées au village de Kervenoch à domaine congéable. Enfin une tenue située au bourg de Merléac dite « La Pavillon ». Le tout payait de chef rente à la seigneurie du Vaugaillard treize écuellées de froment et douze sous sept deniers de monnaie. En 1526, cette seigneurie appartenait à écuyer Rolland Le Mercier qui, cette année-là, en rendit aveu à la seigneurie du Vaugaillard. La seigneurie du Breil reste dans la famille Le Mercier jusqu'en 1760 où Yves-Marie Le Mercier vendit toutes les rentes à M. Marc Dugoutray et ne se réserva que le manoir et la métairie noble. Par acte du 6 juillet 1786, il abandonna ces derniers biens au prix de 10 000 livres à écuyer Pierre-Marie Le Mercier son fils et Pierre-Adam son beau-fils. Ces biens appartiennent aujourd'hui à des cultivateurs de Merléac (abbé Gilles Jarno).

Le manoir et la métairie de Poulného : Poulnéhoc ou Poulného était autrefois une juveignerie de la Motte-Donon, terre qui appartenait aux Molac, il est du moins déclaré comme tel dans un aveu du mois de décembre 1448. Il est tombé dans la maison Le Lart au XVème siècle par le mariage de Perrot Le Lart avec Françoise Molac de la Motte-Donon. Dans la réformation de l'évêché de Cornouailles faite en 1442 et 1536, Poulného est mis au nombre des maisons et des manoirs nobles de la paroisse de Merléac. A cette dernière époque il appartenait à écuyer Guillaume Le Lart seigneur du Roz, époux de Roberte de Mûr. Guillaume Le Lart vendit, le 25 avril 1595, moyennant 1200 louis d'or sol à écuyer de Kérémar sieur de Kertenguy et Jacquette Poullain son épouse le lieu, manoir et métairie noble de Poulného avec emplacement du tombeau étant au choeur de l'église paroissiale de Merléac et autres prééminences d'église dépendant dudit lieu et en outre trois tenues à Kerdonic de tout quoi l'acquéreur s'apprécia en cour de Corlay le 13 décembre 1596 et paya à Loïs de Rohan et Françoise de Laval son épouse. Les descendants de Quérémar vendirent Poulného en 1786 à messire Joseph-Jean de Cognets seigneur de Lesdu et celui-ci le revendit à M. Paul-Ange de Kervégan moyennant 7.000 livres tournois. De celui-ci, Poulného est venu à M. Cavelier de Cuverville (abbé Gilles Jarno).

Le lieu noble de Kerdonic ou Kerdony : Le manoir relevait en propre fief de la seigneurie de Corlay à devoir de foi et hommage, droit de rachat, de chambellage à la seigneurie de Corlay. Le manoir consistait dans un bâtiment composé de deux chambres et grenier avec deux jardins, l'un dit de derrière et l'autre courtil de la chapelle. Kerdonic appartenait en 1536 à Henri Le Lart. En 1750 on le trouve entre les mains de écuyer François de Berthelot. En 1773, il était à Anne-Céleste de Berthelot, novice au couvent de Lamballe. Au début du XXème siècle, Kerdonic appartient à M. de Cuverville (abbé Gilles Jarno).

La métairie noble de Belêtre : Elle était aussi tenue en propre fief de Corlay à devoir de foi et hommage, droit de chambellage, de rachat, de leg, ventes et obéis­sance à la juridiction de Corlay. Elle avait été probablement, très anciennement, formée d'une partie de la Lande de Kerdonic au bas de laquelle elle se trouve, sur le bord de l'Oust et, il est aussi probable que cette métairie, avec Kerdonic, Poulnéo et le moulin de Belêtre composait alors une seule terre appartenant à une des branches de la famille de Mûr, ancienne seigneurie de Corlay. En 1507, la métairie noble de Belêtre appartenait à Yvonne de Kérémar. La famille de Kérémar la possédait en 1708. Elle était affermée 36 livres. Au début du XXème siècle, elle appartient à M. de Cuverville (abbé Gilles Jarno).

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc en 1480 et de Tréguier en 1481, on ne comptabilise la présence d'aucun noble de Merléac.

 

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1562 qui s'est tenue à Quimper les 15 et 16 mai, les nobles suivants de Merléac (Merleac) sont mentionnés :

Charles du Houlle, sieur du Houlle, default ;  

Guillaume du Quellenec, sieur de Kerjacob, informe par les sieurs de Kersallic et de Campostel qu'il est malade, et néanmoins est porté défaillant ;  

Guillaume le Lart, sieur du Rho, mineur, représenté par Pierre du Mur son oncle, disant faire arquebusier à cheval ;  

Guillaume Kerguenno, default ;  

Guillaume Leobart, default ;  

Yvon le Lart, sous l'esdict ;  

Les héritiers de Bertrand Luguen, défaillant ;  

Jehan Rolland, sous l'esdict ;  

Rolland le Mercier, sous l'esdict ;  

Guillaume Jegou, default ;  

Les héritiers de Yonet le Mench, default.

(à compléter)

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