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Bienvenue chez les Marcilléens

MARCILLE-ROBERT

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La commune de Marcillé-Robert (pucenoire.gif (870 octets) Marc'helieg-Roperzh) fait partie du canton de Retiers. Marcillé-Robert dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de MARCILLE-ROBERT

Marcillé-Robert vient du gallo-romain « Marcilius » et de « Robert », second fils de Riwallon (ou Rivallon) de Vitré, grand seigneurs féodal du XIème siècle. 

Marcillé-Robert est une localité fort ancienne, on y bat d’ailleurs monnaie sous les Mérovingiens, dès le VIIème siècle. Au début du XIème siècle, le tiers des revenus sont donnés par Riwallon le Vicaire, premier seigneur de Vitré, à l'Abbaye de Marmoutiers en Touraine et les moines y fondent un prieuré. Vers le milieu du XIIème siècle, les Bénédictins du prieuré de Marcillé firent un accord avec Brulet, chapelain ou recteur de la paroisse ; les témoins en furent les archidiacres Raoul et Eudon ; Even, doyen de Châteaugiron ; Jean, doyen de Vitré ; Guillaume, doyen de la Guerche ; Gaultier, doyen de Janzé, et Odon, prieur de Béré. Un peu plus tard, Herbert, évêque de Rennes, confirma en 1197 l'abbaye de Marmoutiers dans la possession de l'église de Marcillé et de ses dépendances, « ecclesiam de Marcilliaco cum pertinenciis suis » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 H, 1 - Bulletin de l'Association Bretonne, III, 240). Le recteur de Marcillé, présenté longtemps par l'abbé de Marmoutiers, recevait de ce dernier une pension congrue, consistant en dernier lieu, croyons-nous, dans un tiers des dîmes de la paroisse, les deux autres tiers appartenant au prieuré. En 1790, le recteur, M. Roisard, déclara que son bénéfice lui rapportait seulement 455 livres de revenu net (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27 - Pouillé de Rennes).

Marcillé prend le nom de Robert, deuxième fils de Riwallon, qui en hérite de son père. Robert meurt son postérité et ses domaines sont réunis à la seigneurie de Vitré. Le petit-fils de Marcillé, André de Vitré, fait ériger une forteresse. Marcillé est fortifié au XVème siècle ; on y compte trois portes : l’une d’elle s’appelle la porte Morel. Le château fort est pris en 1488 par Louis de La Trémoille pour le compte du roi de France Charles VIII et est démantelé en 1595. Par héritage, la seigneurie de Marcillé passe des Laval aux ducs de Trémoille, qui la conservent jusqu’à la Révolution. 

Le duc François II, dans sa lutte contre le roi Louis XI, établit son camp pendant un mois à Marcillé-Robert en 1472. 

La paroisse de Marcillé-Robert dépendait autrefois de l’ancien évêché de Rennes et on y a cultivé la vigne dès le XIème siècle. 

On rencontre les appellations suivantes : ecclesia de Marcilliaco (en 1020), ecclesia Marcillei (en 1170), Marcilleyum Roberti (en 1516).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Marcillé-Robert : Brulet (vers 1150), N... Hervé (décédé en 1539), Armel Godet (en 1545), Pierre Morel (1576-1584), Guillaume de Marsoignier (en 1584), François Mancel (en 1585), Jean Mancel (1601-1617), Jean de la Lande (1620-1625), Pierre Arribart (1625-1653), Thomas Desisles (1653-1672), René Mancel (1672-1686), Paul Bourdiguel (1686-1705), Jean Le Febvre (1705-1707), Sébastien Le Roux (en 1707), Pierre Pâris (1736-1738), Louis-Marie Montier (1738-1780, inhumé dans le choeur de l'église), François-Jérôme des Prez (1780-1783), Jean-Jacques-Claude Roisard (1783-1789 et 1803-1814), Jean-Joseph Turoche (1814-1834), Jean Salmon (1834-1856), Jean-Louis Petitpas (1856-1870), Ambroise Marchand (à partir de 1871), ...

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PATRIMOINE de MARCILLE-ROBERT

l'église Saint-Ouen (1688-XIXème siècle), édifiée à l'emplacement d’un ancien édifice. Dédiée à saint Ouen, évêque de Rouen, l'église de Marcillé se trouve dans le bourg de ce nom, à quelque distance de la ville de Marcillé, assise au pied des ruines du château des sires de Vitré. Cette église se compose d'une croix latine construite à la fin du XVIIème siècle. Ce fut dans sa délibération du 21 décembre 1687 que le général de Marcillé vota la reconstruction de son église paroissiale, « prête à tomber en ruines et d'ailleurs trop angustiée pour que le peuple tout entier puisse y entendre la messe ». On détruisit donc le choeur, le clocher, qui se trouvait au milieu de l'église, et une chapelle seigneuriale appartenant à Renée de Quelen, dame de Chambellé (Cette chapelle dépendait de la seigneurie du Bourg ; on y inhuma dans leur enfeu : en 1649, René de Beaucé, et en 1653 Joachim de Beaucé, seigneurs de Chambellé et du Bourg de Marcillé. Françoise de Champaigné en 1631, et Marie Gédouin en 1652, également dames de Chambellé, y avaient aussi reçu la sépulture) , ce qui ne se fit qu'avec l'autorisation de cette dame et l'approbation du duc de la Trémoille, baron de Vitré et seigneur de Marcillé. La nouvelle église fut alors bâtie telle qu'elle est, et la tour, placée au bas de la nef, ne fut achevée qu'en 1713. Il est vraisemblable que cet édifice remplaça une antique église romane construite par les Bénédictins, dont le prieuré se trouvait voisin (Pouillé de Rennes). L’église est reconstruite en 1830. Le tour-clocher date de 1713. Le retable majeur date du XVIIIème siècle : on y voit un tableau représentant l'Adoration et plusieurs statues dont celles de saint Ouen, saint Pierre et saint Paul ; 

l'ancienne chapelle Notre-Dame de la Bonne-Mort. Le 10 décembre 1611, les habitants de la ville de Marcillé assemblés, considérant l'éloignement de l'église paroissiale, sise dans le bourg, résolurent de bâtir en leur ville une chapelle de 45 pieds de long. L'un d'entre eux, Jean Gauchet, acheta à cette intention, pour la somme de 250 livres, un emplacement proche la Porte-Morel, et donna en outre une somme égale pour contribuer à l'édification ; il y fonda aussi une messe pour tous les dimanches. Un autre bourgeois, François Vallée, fonda une seconde messe hebdomadaire pour tous les samedis, jour du marché de Marcillé. Pierre Le Roy fit de son côté la fondation des messes de toutes les fêtes de la Sainte Vierge. Enfin, on résolut de bâtir une maison pour le chapelain chargé du service de ces messes et on commença par lui faire don d'un jardin (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 82). Le 7 avril 1612, Jean Mancel, recteur de Marcillé, vint bénir la première pierre de la future chapelle, pierre que posa Paul Hay, seigneur des Nétumières et de la Montagne (nota : une plaque de marbre posée à droite de l'autel porte encore cette inscription : Heu ! quis est iste qui dixit ut fieret domino non jubente. — Tout est à Dieu. — Et sine ipso factum est nihil. — Caro factum est et habitavit in nobis. — Monseigneur des Nutumières a mis la première pierre de ceste chapelle le 7e jour d'avril 1612.— M. Jan Gauchet et Janne Brillais sa compaigne ont (donné) le fons pour bastir icelle). Un peu plus d'un an après, le même recteur Jean Mancel dit la première messe, le 1er décembre 1613, dans le nouvel édifice, et nomma le 22 du même mois la cloche de la chapelle avec Jeanne Brillais, femme de Jean Gauchet. Enfin, le 23 avril 1614, François Larchiver, évêque de Rennes, voulut lui-même consacrer ce sanctuaire, qu'il dédia à la Sainte Vierge et à saint Jean l'Evangéliste (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 82). Parmi les chapelains de Notre-Dame, signalons François Garel, qui y fonda une messe pour tous les mercredis en 1653 ; — Pierre Poirier, sieur du Rocher, pourvu en 1743, décédé le 14 septembre 1762 : il fut inhumé dans le choeur de l'église paroissiale, en l'enfeu des Tuffin de la Rouairie (nota : les seigneurs de la Rouairie prétendaient au XVIIIème siècle aux droits de fondation et de prééminence dans l'église de Marcillé à cause de la seigneurie du Bourg, qui leur appartenait alors) ; — Pierre Quatreboeufs (1764, décédé en 1783) — et N... Paves, qui déclara en 1790 que son bénéfice valait 344 livres 4 sols 10 deniers de rente. Les charges consistaient vers 1720 en une messe tous les jours, sauf le mardi, mais l'ordinaire les réduisit à trois messes par semaine. La chapelle de Notre-Dame existe encore à la fin du XIXème siècle dans la ville de Marcillé, mais elle est sécularisée ; on y voyait encore les vestiges d'une litre seigneuriale (Pouillé de Rennes) ;

l'ancien prieuré Saint-Jacques de Marcillé-Robert (XIème siècle). Il avait un droit de haute justice. Riwallon le Vicaire, premier seigneur de Vitré, fonda dès le commencement du XIème siècle le château de Marcillé. A la même époque, il donna aux religieux de Marmoutiers la tierce partie de l'église du bourg de Marcillé, « ecclesiœ cujusdam in vico qui Marciliacus vocatur sitœ partem tertiam », — plus, la moitié d'un moulin, — un vassal tenant en fief une charruée de terre et un moulin, — la moitié d'une autre charruée de terre avec les boeufs nécessaires pour le labour, — et, enfin, le quart des droits dus sur le marché se tenant devant l'église de Marcillé (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 386). Cette donation fut approuvée par Alain III, duc de Bretagne ; Guérin, évêque de Rennes, et Ginguené, archevêque de Dol ; elle fut l'origine du prieuré de Marcillé, mentionné du temps d'Ebrard, abbé de Marmoutiers de 1015 à 1034. C'est donc certainement avant cette dernière date, et probablement dès les premières années du XIème siècle, que Riwallon le Vicaire donna le tiers des revenus de l'église de Marcillé aux religieux de Saint-Martin. Ce don fut bientôt complété, et les moines ne tardèrent pas trop à devenir seuls maîtres de l'église de Marcillé. Nous voyons, en effet, Guérin, évêque de Rennes, leur donner, du consentement d'Alain III et de Riwallon, tout ce qui lui appartenait dans cette église ; et, un peu plus tard, l'évêque Main, qui gouverna de 1049 à 1076, autoriser la vente aux mêmes religieux de tout ce qu'un nommé Guihou possédait dans la même église (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 H, 1). Triscan, seigneur de Vitré, fils et successeur de Riwallon le Vicaire, favorisa à son tour l'établissement religieux fondé par son père et se fit inhumer vers 1040 dans l'église de Marcillé. Albert, l'un des premiers sinon le premier prieur de Marcillé, agrandit beaucoup le domaine du prieuré. Sachant qu'un jeune seigneur, nommé Rodolphe, convoitait son cheval, qui était d'un grand prix, il le lui céda, et Rodolphe lui abandonna en échange tout ce qu'il possédait entre l'église de Marcillé et la rivière de Seiche. Puis ce jeune homme, s'étant marié avec une dame angevine, résolut d'aller habiter l'Anjou, et il vendit 55 sols au même prieur Albert ce qu'il avait entre les deux rivières de Seiche et d'Ardaine, plus la moitié d'un moulin sur l'Ardaine et les prairies situées au-delà de cette rivière. Plus tard, Grossus de Marcillé et ses fils Robert, Geffroy et Garnier, vendirent aux moines la sixième partie du moulin d'Ardaine pour la somme de 100 sols, qu'ils versèrent à Rivallon, prieur de Vitré. Albert acquit ensuite de Frioc de Montgermont une terre appelée Boisy, « Boisium », en Marcillé, ce qu'approuva Robert Ier, seigneur de Vitré, celui-là même qui donna son nom à Marcillé-Robert. Vers le même temps, Hervé de Marcillé donna au prieuré de ce nom un pré et un champ, avec quelques autres biens, à l'occasion de son entrée en religion à Marmoutiers. Artuce, son oncle, confirma cette donation, aussi bien que Robert de Vitré, dans le fief duquel ces terres étaient situées. Albert acheta aussi 6 sols une parcelle de terre que lui vendit Urselin. Il paya ensuite la rançon d'un certain Thibault Le Deslée, qui l'en récompensa en lui donnant l'habitation d'un nommé Adelard (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 386, 403, 404, 480). Cet Albert eut l'honneur d'être élu abbé de Marmoutiers, et il eut pour successeur au prieuré de Marcillé un autre Bénédictin appelé Jungon, qui acheta la masure d'un nommé Rainfroy pour 3 sols et demi qu'il paya à Urselin, déjà cité (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 H, 1). Jonas, appelé aussi Gingomare, était prieur de Marcillé lorsqu'éclata une guerre entre les seigneurs de Vitré et de Châteaubriant. « Ne s'y croyant point en sûreté, dit D. Martène, à cause des incursions des ennemis, Jonas pourvut à son salut par la fuite, et s'étant saisi de tout ce qu'il put enlever de Marcillé, il vint se jeter aux pieds de Geoffroy, comte d'Anjou, et lui demander dans ses Etats un lieu où il pût se retirer » (Histoire de Marmoutiers, I, 338). Geoffroy lui donna Carbay, au diocèse d'Angers, où les moines fondèrent un nouveau prieuré. Ce départ de Jonas dut nuire beaucoup au prieuré de Marcillé ; mais vers la même époque Robert Ier, seigneur de Vitré, porta à ce monastère un coup non moins rude en fondant le prieuré de Sainte-Croix de Vitré, vers l'an 1076. Ce baron négligeant, en effet, son château de Marcillé, fit reconstruire celui de Vitré, qui devint dès lors la résidence ordinaire des seigneurs de ce nom. Quelque temps après., le prieuré de Marcillé fut uni à Sainte-Croix de Vitré ; et cette annexion dura jusqu'en 1789. Cela n'empêcha pas les sires de Vitré de s'intéresser aux religieux de Marcillé. En 1161, Robert III, seigneur de Vitré, traita avec eux, voici à quelle occasion : « Ces moines avaient joui de tout temps de la moitié du château de Marcillé, de la moitié de la tour et d'autant de pré que quarante faucheurs en pouvaient couper en un jour. Tout cela avait été inondé par un étang de Robert de Vitré, qui, outre cela, avait fait des fossés et des tranchées dans leurs terres. Etienne, évêque de Rennes, faisant le devoir d'un vrai pasteur, obligea ce seigneur à dédommager les religieux du tort et des dégradations qu'il avait faits dans leurs terres, ce qu'il exécuta par une transaction faite dans le cloître de Notre-Dame de Vitré, en présence de l'évêque, et scellée du sceau du prélat » (D. Martène, Histoire de Marmoutiers, I, 120). Mais Robert III ne se contenta pas de cela : il permit aux religieux de construire un four et un moulin soit dans l'ancien, soit dans le nouveau bourg de Marcillé, et il leur concéda le tiers de toutes les pêches faites dans son étang (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 H, 1). Il y avait encore à Marcillé, à cette époque, un prieur, nommé Geoffroy de Rossie. En l'an 1189, André II, baron de Vitré, conclut avec le prieur de Sainte-Croix un arrangement très curieux relativement à son annexe de Marcillé-Robert. Par cet acte, le sire de Vitré donne aux religieux la dixième partie de tous ses revenus de Marcillé, c'est-à-dire les droits de moulins, transit, fours, marché, foires, cens, avénage ; il n'excepte que la taille et le forcage, impôt perçu sur les bois vendus pour fortification, « decimas omnium reddituum de Marcilleio, videlicet molendinorum, passagii, furnorum, fori, feriarum, censuum, avenagii, etc., prœter talliam et forcagium ». Mais André ne se montre si généreux qu'à la condition expresse que le prieur de Sainte-Croix de Vitré associera désormais un autre moine à celui qui demeure de toute antiquité à Marcillé, de façon à ce qu'il y ait toujours deux religieux habitant ensemble dans ce dernier prieuré. Si l'un d'entre eux oublie ses devoirs, le prieur de Vitré, qui est leur prieur, « prior Vitreii, qui et eorum prior est », le devra livrer au seigneur de Vitré et le remplacera par un autre moine plus édifiant. Les deux moines de Marcillé étant considérés comme les chapelains du seigneur de Vitré, toucheront ses revenus et lui en rendront compte. La boîte destinée à renfermer l'argent perçu pour le droit de passage sera dans la maison priorale, et le fermier du seigneur en aura la clef ; ce fermier et l'un des moines recevront ensemble les droits de coutumes, et quand il plaira au seigneur on ouvrira la boîte contenant tout l'argent reçu, et l'on en fera dix parts, dont le seigneur aura les neuf premières et les moines la dixième. Il en sera de même pour la mouture des grains perçue dans les moulins seigneuriaux : elle sera déposée chaque jour par les meuniers dans la maison des moines, dans un coffre dont le fermier aura la clef, et on en fera le partage comme pour les coutumes. Si l'étang de Marcillé inonde la terre du prieuré et endommage ses prairies, le seigneur de Vitré devra indemniser les moines. Ceux-ci auront la dîme des poissons pêchés à la porte de la nouvelle chaussée de l'étang, excepté en cas d'inondation. L'abbé de Marmoutiers, pour tous ces bienfaits, ne sera pas obligé d'augmenter le nombre de ses moines à Vitré, mais le prieur de Sainte-Croix tiendra désormais le seigneur de Vitré et ses successeurs quittes d'une rente de 10 quartiers de seigle et 2 quartiers de froment due jusqu'alors à son prieuré par la seigneurie. De plus, les moines renonceront, en faveur du sire de Vitré, au tiers du moulin du Fretay et à la moitié de celui de Mariète sur l'Ardaine, qui leur appartenaient. Cette convention, passée à Marcillé même, fut approuvee par Geffroy, abbé de Marmoutiers, et Bernard de Dinan, prieur de Sainte-Croix de Vitré ; Alain, Robert et Josselin, frères d'André II, seigneur de Vitré, y donnèrent aussi leur assentiment en présence d'un grand nombre de seigneurs (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 716). Combien de temps les deux moines de Sainte-Croix demeurèrent-ils à Marcillé ? Nous ne le savons pas ; toujours est-il qu'au XVIIIème siècle ils n'y résidaient plus. Les Déclarations de 1679 et 1751 nous apprennent que le prieuré de Marcillé se composait alors de ce qui suit : Une maison située proche l'église paroissiale ; — une chapelle, dite chapelle du Prieuré ou de l'Abbaye, enclavée en partie dans le cimetière de cette église ; en 1761, elle était « entièrement dégarnie et ne servant plus, de mémoire d'hommes, qu'à engranger les foins, quoiqu'en bon état par ailleurs quant au maçonnail, charpente et couverture » ; — une terre appelée les Bés ou la Closerie des Vignes, contenant un verger, trois champs et deux prés voisins de ladite chapelle ; — la métairie du Buef (affermée 480 livres en 1761) ; — les deux tiers de toutes les dîmes de la paroisse de Marcillé (rapportant 1 644 livres à la même époque) ; — la dîme des moutures du moulin de Marcillé ; — la dîme des devoirs de coutume et bouteillage à la foire de Saint-Barthélemy ; — un fief avec haute, moyenne et basse justice, rentes seigneuriales, greffe, lods et ventes, etc.? En 1761, le prieur de Sainte-Croix de Vitré affermait 1 700 livres le tout du prieuré de Marcillé à M. Elliot, fermier-général, qui pouvait en retirer 2 044 livres. En 1783, le prieur son successeur vendit à Mme Le Gonidec de Traissan le fief du prieuré de Marcillé, comme faisant partie de la seigneurie de Sainte-Croix, qu'il aliéna à cette époque, mais il conserva les dîmes de la paroisse, et, croyons-nous, la métairie du Buef. A la fin du XIXème siècle, l'on voit encore près de l'église de Marcillé la chapelle du prieuré, composée d'une nef terminée par une abside à trois pans et d'une architecture qui rappelle le XVIIème siècle ; elle sert alors de décharge aux propriétaires de l'ancien prieuré, appelé vulgairement l'Abbaye, mais ce dernier édifice a complètement disparu, et l'on a élevé à sa place un joli manoir moderne de style gothique (Pouillé de Rennes) ;

les vestiges du château féodal (XI-XVème siècle), fondé au début du XIème siècle par Riwallon le Vicaire, premier seigneur de Vitré, pour son fils Robert Ier. Le château comprenait cinq tours. C’était une châtellenie relevant de la baronnie de Vitré et possédait un droit de haute justice. Il était la propriété de la famille la Trémoille au XVIIIème siècle. En 1290, le prieur de Sainte-Croix de Vitré s'obligea envers le baron de Vitré à lui procurer un prêtre pour dire la messe dans la chapelle du château de Marcillé toutes les fois que ce seigneur et sa femme s'y trouveraient. Cette chapelle a probablement été ruinée en même temps que le château de Marcillé, démantelé en 1595  ; 

le château (1872-1873), situé au n° 2 Le Boulevard et édifié à l’emplacement de l’ancien prieuré, par Mme Lasnier ; 

l'ancien manoir (XV-XVIème siècle), situé au lieu-dit « Le Bois-Robin ». Il possédait autrefois une chapelle privative édifiée vers la fin du XVème siècle. Vers la fin du XVème siècle en effet, Pierre Uguet, seigneur du Bois-Robin, bâtit une chapelle près du manoir de ce nom. L'évêque de Rennes vint la bénir lui-même et la dédia à la Sainte Vierge, saint Pierre et saint Jacques ; mais Pierre Uguet mourut avant d'avoir pu y faire une fondation qu'il se proposait. Ce fut, plus tard, sa fille, Henriette Uguet, dame du Bois-Robin, veuve de Charles de Valleaux, seigneur des Touches, qui fonda, le 1er juillet 1520, deux messes hebdomadaires dans cette chapelle, qu'elle dota de 10 livres de rente (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 82). Bertrand Gérard, François Taupinel (1647), Pierre Guillard (1732) et Michel Audiger (1766) desservirent successivement cette chapelle. On y maria en 1602 François Martin, sieur du Boistaillé, avec Julienne de Valleaux, et en 1623 on y baptisa Charles de Valleaux (Pouillé de Rennes). Le domaine est la propriété successive des familles Gechert (en 1427), Uguet (à la fin du XVème siècle et en 1513), Valleaux (au début du XVIème siècle) ; 

la maison « de la nature » (XVI-XXème siècle) ; 

la ferme (XVIIème siècle), située à Clinchamp et propriété au XVIIIème siècle de la famille Elliot ; 

les maisons neuves (XVII-XVIIIème siècle) ; 

la maison de retraite (XVIIIème siècle), installée à l'emplacement de l’ancien manoir dit « du bourg » habité en 1427 par Pierre de Tinténiac, puis par la famille de Boeuvres à partir de 1479 et par la famille la Chapelle en 1513. Au XVIIème siècle, il est la propriété de la famille de la Belinaye ; 

la maison (1791), située 6 Le Boulevard ; 

le pont (XII-XXème siècle) situé rue du Rachapt ; 

5 moulins dont 3 de Marcillé et 2 du Frétay; entre autre le moulin à vent (XVIIIème siècle) de Malabrys ; 

A signaler aussi : 

les halles détruites vers 1884 ;

l'ancienne chapelle Notre-Dame. Notre-Dame est une chapelle bâtie vers 1858 et dépendant du couvent des Hospitalières de Saint-Thomas ;

l'ancienne chapelle du prieuré bénédictin (XVII-XXème siècle) ; 

l'ancien manoir de Seuz ou de Seus. Propriété de la famille Tinténiac en 1447, puis de la famille Boeuvres en 1479 ; 

l'ancien manoir de la Tautuère. Propriété successive des familles Havart (en 1427), la Touche, Montalembert, Morel, seigneurs de la Ménardaye (en 1447), Auvergne (en 1480) ; 

l'ancien manoir de Trozé. Il possédait un droit de haute justice. Propriété de la famille Jarret en 1427 et en 1513, puis de la famille Tuffin, seigneurs de la Rouairie au XVIIIème siècle ; 

l'ancien manoir de la Marre. Propriété de la famille Tinténiac en 1447 et de la famille la Chapelle en 1513 ; 

l'ancien manoir de Goude. Propriété de Henrye Uguet, dame du Bois-Robin, en 1513 ; 

l'ancien manoir de la Haye. Propriété de la famille Jarret en 1447, puis de la famille Bertrand en 1513 ; 

l'ancien manoir du Frétay. Propriété de la famille Giffart en 1447 et en 1479. Il possédait un droit de quintaine dans les prairies au sud de l’ancien prieuré ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de MARCILLE-ROBERT

Comme Marcillé-Raoul, Marcillé-Robert faisait partie d'une grande baronnie et devait son nom à l'un de ses seigneurs. Lorsque Riwallon, premier sire de Vitré, reçut de Geoffroy Ier duc de Bretagne, le grand fief qui forma la baronnie de Vitré, ce seigneur construisit — au commencement du XIème siècle « deux châteaux, l'un au Nord, sur la Vilaine, qui fut Vitré, et l'autre au Sud, sur la Seiche, Marcillé-Robert. Ce dernier semble avoir été d'abord le plus important. C'était d'ailleurs un lieu fort anciennement habité, où l'on avait battu monnaie à l'époque mérovingienne. Riwallon s'y tenait aussi de préférence » (M. de la Borderie, Revue de Bretagne et de Vendée, XVIII, 436). Riwallon eut deux fils : Tristan qui lui succéda à Vitré et Robert qui reçut en partage le château de Marcillé et lui donna son nom. Mais ce Robert mourut sans laisser d'enfants, et sa seigneurie de Marcillé-Robert retourna au baron de Vitré. A partir de cette époque la châtellenie de Marcillé-Robert fit partie de la baronnie de Vitré, et par suite nous n'avons point à donner ici la liste de ses seigneurs. La châtellenie de Marcillé-Robert se composait de cieux seigneuries distinctes, Marcillé et Bais. Toutefois, ces deux juridictions s'exerçaient ensemble à Marcillé aux siècles derniers, et elles s'étendaient alors en une quinzaine de paroisses, en particulier en Marcillé-Robert, Bais, Tourie, Chancé, Forges, Coësmes, Moulins, Le Teil, Moutiers, Percé, Villepot, Noyal et Retiers. De la châtellenie relevaient sept hautes justices, quatre moyennes et une basse. Ces sept hautes justices étaient la vicomté de Tourie, Coêsmes, Retiers, la Roberie, la Motte de Moutiers, le Bourg de Marcillé et la Montagne. Les quatre moyennes justices étaient l'Épine, Princé, la Chenaudière et le Boisrobin (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 1818). Le domaine proche de Marcillé-Robert se composait du château de ce nom, du bel étang qui baignait ses murailles, de deux moulins à eau, d'une grande pêcherie et d'une halle avec auditoire au-dessus et prison à côté. Le seigneur de Marcillé recueillait des rentes féodales nombreuses, dont voici les principales : « rentes par deniers appelées les Vignes » sur les terrains avoisinant le château de Marcillé, — rentes de taille dans la ville de Marcillé, — rente de garde de 12 deniers par chaque maison bâtie entre la Porte Morel et l'église de Marcillé, — autres rentes de taille levées aux traits de Montalembert, l'Ile-de-Marcillé et le Grand Trait, — rentes des coutumes de foires et marchés, — rente de 25 livres tous les sept ans appelée rente des landes et due par les paroissiens de Fercé, Noyal et Villepot « pour le guet du chanteau de Marcillé », — autre rente des landes de Retiers, — rentes d'avoines en Marcillé, etc. L'intendant de Bretagne prétendait en 1730 que la châtellenie de Marcillé rapportait bien au baron de Vitré 4 000 livres de rentes (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 2157). Arrêtons-nous un instant aux rentes des landes de Retiers. Ces landes, en 1653, contenaient environ 2 600 journaux de terre et relevaient entièrement de la seigneurie de Marcillé. Les paroissiens, de Retiers jouissaient de l'usage de ces vastes communs moyennant, tous les sept ans, le paiement au seigneur de Marcillé d'une somme de 25 livres ou d'un « disner audit seigneur ô tout son train à l'option dudit seigneur ». Or, en 1399 le baron de Vitré, seigneur de Marcillé, choisit le dîner, et il fallut aux paroissiens de Retiers s'exécuter. Ils le firent fort convenablement, comme le témoignèrent vingt et un ans plus tard Ambroise de Tinténiac et Jean Hautbois. Ecoutons leurs dépositions juridiques, faites en 1420 : le train du baron de Vitré, alors Guy XII, comte de Laval, n'était pas mince : " Mgr de Laval vint coucher à Marcillé avec Mgr du Gavre son fils, Olivier de Laval, Guillaume de Mathellon, Guillaume de la Lande, Guy de la Bouexière, Robert de Domaigné, Guillaume de Tallie, Guillaume de Sévigné, Robert Busson, Raoul du Matz et plusieurs autres gentilshommes du pays de Vitré. Et le lendemain vint ledit seigneur disner à Retiers et dit avoir droit de convier tous ceux qu'il trouveroit en route de Marcillé à Retiers. Et furent assis à la table de Mgr : Mgr son fils, Mre Guillaume de Mathellon et Mre Guillaume de la Lande, — à une autre table auprès d'Olivier de Laval Mre Guy de la Bouexière, Mre Jean de Cheveigné, Mre Jean de Coaismes et ledit Ambroise de Tinténiac, — et à une autre table Guyon de Coaismes, André des Vaulx et plusieurs autres qui avoient esté conviés. Et tous furent bien et grandement servis de potaige, espice en manière de civé, bouilli, rost et plusieurs manières de viandes et les saulces et espices y appartenant ; de pain blanc de froment et de seille, de vin blanc et clairet ". Ce fut Jean Hautbois qui fit l'office d'échanson, et le dîner fut servi chez Guillaume Le Rasle, au bourg de Retiers. On n'oublia ni les chevaux, ni les chiens des convives : les chevaux eurent « quernaulx et rasteaux, foin, avoine grosse et paille blanche », les chiens furent « fournis de pain » ; il n'y eut pas jusqu'aux oiseaux de proie, que suivant l'usage portaient les seigneurs, auxquels pensassent les gens de Retiers ; on dressa « des perches » pour les poser convenablement. Sans doute le baron de Vitré fut très satisfait du bon dîner que lui avaient servi les usagers des landes de Retiers ; néanmoins, en s'en retournant à Marcillé, il se rendit au manoir de la Chenaudière « boire chez Jean de Coaismes, seigneur du lieu » (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Vitré). Nous n'avons qu'un mot à dire de la vicomté de Bais. Cette seigneurie n'avait point de domaines et ne se composait en 1764 que de fiefs et de rentes. Elle était unie de temps immémorial à la châtellenie de Marcillé. Marcillé-Robert se composait d'un château, d'une petite ville fortifiée et d'un bourg situé en dehors des murs. Nous ne ferons point ici l'histoire du château de Marcillé, plusieurs fois assiégé durant les guerres du moyen-âge. Il fut pris par les Français le 30 mars 1488 et démantelé en 1595. Ses « tours et masure du donjon » furent vendues nationalement le 17 janvier 1799, pour la somme dérisoire de trente francs (Archives d'Ille-et-Vilaine, 1 Q. 72). Les murailles de la ville, moins anciennes que le château, remontaient au XVème siècle. Il reste encore quelques vestiges de leurs portes. Aujourd'hui les ruines du château de Marcillé, pittoresquement assises sur un rocher dont les eaux d'un vaste étang baignent le pied, présentent un grandiose aspect. On dit qu'il s'y trouvait six tours outre le donjon, mais elles sont tellement écroulées et perdues dans les broussailles qu'il est assez difficile de vérifier ce nombre. Le tout forme un massif de murailles et de verdure, de tours tronquées et d'arbres touffus. Quelques-unes de ces tours conservent néanmoins encore une hauteur considérable et témoignent de l'ancienne importance de la forteresse (abbé Guillotin de Corson).

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Jean Malaunay et Guille Loaysel, plusieurs nobles sont mentionnés à Marcillé-Robert :

Pierre de Tinteniac, sgr. du bourg, capitaine de Marcillé ;

Messire Jean Giffart, chevalier ;

Raoullet Jarret, sr. de Trozé, et Olivier Jarret son fils ;

Pierre Geebert (Gechert), sr. de Boisrobin ;

Raffray Havart, sr. de la Tautuère ;

Pierre, seigneur de Boispéan.

(à compléter)

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