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LOCQUIREC

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La commune de Locquirec (pucenoire.gif (870 octets) Lokireg) fait partie du canton de Lanmeur. Locquirec dépend de l'arrondissement de Morlaix, du département du Finistère (Bretagne - Trégor). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LOCQUIREC

Locquirec vient du breton « loc » (lieu consacré) et de Saint-Guirec ou saint Kirec ou Kirio ou Guévroc, né au pays de Galles. Il mourut près de Landerneau, vers l'an 547 et son corps fut inhumé au monastère de Land-Guévroc, à l'endroit même où est aujourd'hui l'église paroissiale de Locquirec.

Saint-Guirec est, semble-t-il, un disciple de saint Tugdual, fondateur du diocèse de Tréguier. Saint-Guirec aurait quitté Tréguier pour fonder à l'emplacement de Locquirec, un monastère autrefois nommé "Land-Guevroc" et situé sur le rocher de l'Hôtel des Bains. Il ne reste rien de l'antique chapelle du monastère primitif : tout a été ruiné et saccagé par les Normands au IXème siècle. L'emplacement de l'ancien monastère de Kirec est ensuite cédé aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et l'église est mise alors sous la protection de saint Jean Baptiste (patron de cet ordre). Dès le XVème siècle, on note la présence d'une aumônerie des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dépendance de la commanderie du Palacret, unie à celle de la Feuillée. C'est semble-t-il, pas avant le XVIIIème siècle qu'apparut saint Jacques comme patron de Locquirec.

La paroisse de Locquirec est issue d’un démembrement de la paroisse primitive de Ploemaëc ou Ploumaëc (aujourd'hui Guimaëc). Au IXème siècle, Locquirec fait partie du domaine de comtes de Rennes. Le comte Juhel Béranger réside à Lanmeur en 936. Sous l'Ancien Régime, Locquirec appartient au diocèse de Dol. L'église de Locquirec est une ancienne trève de Lanmeur. 

La baie de Locquirec vit en 1804 un combat naval entre une flottille marchande et des navires britanniques. Rattaché à Guimaëc en 1954, le quartier de Lézingard relevait jusque-là de Locquirec. 

On rencontre les appellations suivantes : Loquirec (en 1444), Locquirec (en 1455). 

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PATRIMOINE de LOCQUIREC

l'église Saint-Jacques (XII-XIII-XVIIème siècle), qui succède à l'humble oratoire de saint Kirec et de ses disciples. L'édifice, en forme de croix latine, comprend une nef avec deux bas-côtés de trois travées, séparée d'un transept par un arc diaphragme, et un choeur à chevet polygonal. La nef et le bas-côté nord remontent au XII-XIIIème siècle. L'église est agrandie au XVIIème siècle : on l'élargit d'un bas-côté sud et l'on allonge le choeur, avec son abside à pans coupés qui porte à l'extérieur la date de 1658. Le choeur est remanié en 1879 et possède trois vitraux signés J. L. Nicolas de Morlaix (XIXème siècle). L'église dépendait jadis du Palacret, commanderie de l'ordre de Malte situé dans la paroisse de Pont-Melvez. Elle est desservie jusqu’à la Révolution par les hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Avant la Révolution, il y avait dans le cimetière un reliquaire et une croix en pierre de taille avec un crucifix au pied duquel étaient en bosse les armes du temple. L'église possède un clocher de 1634-1691 (l'ancien clocher devait dater du XVème siècle, car il portait l'écusson d'Alain de Boiséon, commandeur du Palacret en 1460). Le clocher, à une galerie et deux étages de cloches, porte la date de 1634. Des cloches neuves sont achetées en 1939 : Marie Maurcette-Auguste, Yvonne-Françoise-Jacqueline et Jeanne-Yacynthe-Fiacre (bénites le 16 avril 1939). L'agrandissement de la sacristie est décidé le 27 août 1873. A la clé de voûte une tête d'ange porte la date de 1658. Le maître-autel semble daté du XV-XVIème siècle : ses deux panneaux en haut-relief figurent des scènes de la Passion et en dessous sont représentés en bas-reliefs saint Claude, saint Jean Baptiste, saint Jacques, saint Louis et sainte Barbe. Les anges musiciens, peints sur les lambris du transept et du choeur, sont l'oeuvre de Cleran (1712). L'église possède en outre deux autels : dans le transept nord, l'autel du Rosaire avec le tableau du Rosaire (représentant la Vierge, saint Dominique et Sainte Catherine) dû au peintre Cléran (signé "Cleran fecit 1712") et un grand écusson orné d'une colombe représentant le Saint-Esprit (situé au dessus du retable) avec de chaque côté des anges, et à droite de cet autel, au-dessus de la seconde porte de la sacristie se trouve la statue de Notre-Dame du Bon Secours encadrée d'un arbre de Jessé, en bois polychrome, daté du XVIème siècle. Côté sud, le troisième autel, celui du Saint-Sacrement : le tableau représentant la Cène est signé A.V. 1896, au-dessus du retable se trouve un écusson avec la Colombe et à droite de l'autel on peut voir une représentation de la Sainte-Trinité. A l'intérieur de l'église, on peut voir les statues de saint Sébastien, saint Yves (entre le riche et le pauvre), saint Eloi (XVIIème siècle), saint Kirek, saint Jacques, saint Mélar, sainte Anne, saint Jean Baptiste, saint Jean l'Evangéliste, saint Christophe, ainsi qu'un bel ex-voto que l'on porte le jour du pardon. Contre le pilier qui sépare la nef du bas-côté nord se trouve une Piéta en albâtre (XVIème siècle), et au-dessus de la porte latérale, côté nord, une vieille statue du Christ aux outrages ;

église de Locquirec

église de Locquirec

Intérieur de l'église

Maître-autel

   

église de Locquirec

église de Locquirec

Poutre de gloire

Peintures des lambris

   

église de Locquirec

église de Locquirec

Autel dédié à la Sainte Trinité

Autel dédié au Saint Sacrement

   

église de Locquirec

église de Locquirec

Arbre de Jessé

  
   

église de Locquirec

église de Locquirec

       
   

église de Locquirec

église de Locquirec

     

la chapelle Notre-Dame-de-Linguez ou Leinguez ou Leingouez (XVI-XVIIème siècle). Il s'agit d'un édifice quadrangulaire, surmonté d'un clocheton. Cette chapelle aurait, dit-on, été fondée par Milon, moine disciple de Kirec. Ancienne dépendance du manoir ou château de Kergadiou, propriété de la famille de Coëtmen (au XVIIème siècle). En 1658, s'est tenu dans la chapelle le mariage de Marie Sainte de Coëtmen avec René Pastour, sieur de Kerjean. La chapelle abrite une statue de Notre-Dame (de Leinguez) et un chancel. L'autel en schiste porte l'écusson de la famille de Kergadiou. L'édifice devient en 1931, propriété de la commune de Locquirec et subit alors des réparations ; 

l'ancienne chapelle Saint Ingar de Lezenger ou Lézingar. Saint Ingar est un disciple de Kirec. Il s'agit d'une chapelle privée. L'édifice de forme rectangulaire abrite la statue de saint Ingar (vêtu en prêtre, un livre à la main) et celle de son compagnon, saint Milon (moine barbu, tenant aussi un livre à la main). La chapelle se trouve en Guimaëc depuis le remembrement du 28 septembre 1954. La famille de Kermabon, seigneur de Plougasnou, possédait jadis ce lieu. La chapelle contenait autrefois, sur la fenêtre un écusson aux armes alliées de François Kermabon et de son épouse Marie Le Blonsart, dame de Lezingar, mariés en 1642

la chapelle des Filles du Saint-Esprit à l'Ile Blanche (1930) ;

le presbytère (1728-1729) ;

la croix ou le calvaire du cimetière (XIIIème siècle). Cette croix provient de la chapelle de Linguez ;

la croix de Linguez (XVIème siècle) ;

le calvaire de l'église (1891). Ce calvaire, dû au sculpteur Yann Larhantec (ou Larc'hantec) de Landerneau, est érigé à la suite d'une "Mission" en 1891 et remplace l'ancien détruit en 1790 par les Gardes nationaux de Morlaix. On voit côté sud, de chaque côté du Christ : Marie et Jean ; côté nord : Saint-Pierre et Saint-Jacques encadrant la Vierge-Mère soutenant la croix, ainsi que des diables cornus et grimaçants ;

d'autres croix ou vestiges de croix : l'Ile-Blanche (XXème siècle), Keramézou ou Pennenez (1869), Kerboulic (Moyen Age), les deux croix de Lézingar (1639 et 1775), presbytère (XVIème siècle), Poul-ar-Croas-Du ou du Varcq (1972) ;

le manoir de l'Ile-Blanche (XVIIème siècle), édifié et habité par Richard de la Haye au XVIIème siècle (originaire de Keraudry en Plouaret et enterré, en 1668, en l'église de Saint-Melaine, à Morlaix). Sur la porte d'entrée du corps principal, on peut lire : "PR Delahaye 1661". Les deux ailes, les tourelles, le portique d'entrée avec son clocheton, les bâtiments d'exploitation ont été édifiés au temps de Mme Norton, entre 1903 et 1907. Au XIXème siècle, le manoir passa entre les mains de la famille Guezennec, de Francis Gouin, de Henri Le Blond (en 1887), de M. Crokaert, de Marie Gerrard Benburry, épouse de Early John Norton, avocat à Madras en Inde (le 12 mai 1903). Le domaine est vendu le 10 novembre 1926 au diocèse de Saint-Brieuc et confié aux Filles du Saint-Esprit ;

l'ancien manoir de la Tour d'Argent (XVIème siècle). Propriété successive des familles de Kergadiou, de Coatcaric, de Coëtmen ;

la fontaine de saint Jacques, restaurée en 1998 ;

l'ensemble fontaine-lavoir de Saint-Guirec, restauré en 1926 et en 1979 ;

l'hôtel des Bains. Propriété primitive de la famille Le Brozec qui avait édifié une maison sur un champs ayant appartenu au début des années 1870 à Jean Keryven. La propriété est achetée le 31 mai 1878 par Hyacinthe Le Barzic, médecin à Morlaix. Elle est revendue en 1881 au vicomte belge William de Wautier qui se charge de réaménager l'ensemble. N'ayant pas d'enfant, le vicomte William de Wautier légua la maison à sa nièce, Marie de Wautier, épouse d'Anatole de Hoffschmidt, qui vendit la demeure à M. Baron (marchand de vin à Morlaix) le 8 juin 1899. En 1922, l'hôtel devient la propriété de Mme Seité, puis en 1996, celle de M. Van Lier ;

les hôtels du XXème siècle : l'hôtel d'Armorique, l'hôtel de la Plage, l'hôtel des Baigneurs, l'hôtel du Port, l'hôtel de Bretagne ; 

la ferme de Rosampoul (XVIIIème siècle) ;

le moulin à eau de la Rive ;

A signaler aussi : 

une station gallo-romaine existait autrefois à Locquirec non loin du lieu-dit "la Palue" ou "la Palud" ;

le port de Toul-an-Héry (le trou des charrettes), situé à l'embouchure du Douron, se nommait "port ducal de Lanmeur", suite à la réformation de 1455. En 1445, Toul an Héry était déjà port ducal de Lanmeur et de sa trève Locquirec ; 

le four à pain (XVIIème siècle) de Pennenez ;

le puits (XIXème siècle) de Kerboulic ;

les ruines d'une batterie jadis armée de deux canons, situées à la "pointe du château" ;

la découverte de haches polies en dolérite ou en silex, autour du bassin du Douron (âge du bronze) ;

la découverte de plusieurs sépultures en coffres à Kerboulic, Kermarquer, à Kerest et à l'Ile Blanche ;

l'ancien ossuaire, bâti vers 1658 à l'ouest du placître et disparu durant la Révolution. Les ruines de l'ossuaire sont restées en place jusqu'en 1888, date à laquelle les pierres ont été vendues à François Le Ru ;

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ANCIENNE NOBLESSE de LOCQUIREC

Les maisons nobles ne sont pas nombreuses  : Kerrest, le Vark ou Varcq, Kergadiou-Leinguez, Kéraudren, Lezingar, près de laquelle existait une léproserie, Castel-Brechou, ... Pierre de Coëtmen, chevalier épousa en 1606, Isabelle Hémery, dame de Kergadiou-Leinguez, fille de Pierre et de Constance de Lesparler : ces deux terres, possédées en 1748 par Alexis René, baron de Coëtmen, ont passé par la suite à la famille Rougé, Caradeuc de la Chalotais, Hay de Bonteville, de Kermarec et de Mauduit du Plessix. 

François Le Lay, écrivain de Locquirec (XXème siècle), décrit ainsi l'organisation féodale de Locquirec : "Le duc de Bretagne, en qualité de baron féodal, établit à Lanmeur-Locquirec une juridiction : haute, moyenne et basse justice, avec sénéchal, procureur fiscal, greffiers et sergents. Des juridictions seigneuriales s'y exerçaient qui s'étendaient sur le territoire de Locquirec. Trois appartenaient à la trève : celle de Kerangouez dont la manoir était Toul an Hery, la châtellenie de Kerael et le prieuré du bourg, propriété des chevaliers de Saint Jean de Jérusalem. D'autres seigneurs extérieurs étendaient leurs juridictions sur les terres des villages : celle de Boiséon en Lezingard et Pennenez, celle de Kerhallon sur le Varcq et Kermarquer, celle de Tremedern sur Kerboulic Keraloas, celle de Kercadiou sur Lingouez...".

La seigneurie de Kerael-Kergariou en Locquirec, possédait vers 1682 un droit de haute justice (avec patibulaire à quatre piliers) qui s'exerçait à l'auditoire de Lanmeur. La juridiction est qualifiée de moyenne et basse justice en 1765. Cette seigneurie a appartenu longtemps à la famille Kergariou. Propriété de Jean de Kergariou, fils de Marguerite de Quélen, en 1541. Cette terre appartient en 1679 à Pierre Lollivier, seigneur de Saint-Maur et Lochrist, puis à Olivier du Parc (vers 1682).

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc en 1480 et de Tréguier en 1481, on ne comptabilise la présence d'aucun noble de Locquirec. Locquirec dépendait autrefois de la paroisse de Ploemaëc (Guimaëc).

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