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LANNEANOU

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La commune de Lannéanou (pucenoire.gif (870 octets) Lanneanoù) fait partie du canton de Plouigneau. Lannéanou dépend de l'arrondissement de Morlaix, du département du Finistère (Bretagne - Trégor). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LANNEANOU

Lannéanou vient de l’ancien breton « lann » (ermitage) et de « leanou » (nonnes).

Lannéanou (Lan Léanou) est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plouigneau. A la fin du XIIème siècle, les seigneurs du Ponthou concèdent aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, les landes du Ponthou. Le village du Mouster, au bord du Hent Leoneg, évoque sans doute leur présence. 

Au XIVème siècle, les hospitaliers construisent une chapelle (chapelle Saint-Jean-Baptiste), au carrefour des deux voies romaines de Quimper à Lanmeur par Carhaix et de Morlaix au Vieux-Bourg-Quintin.

La paroisse de Lannéanou est une ancienne trève de Plouigneau. La forme primitive du nom est Lan-leanou (l'église de saint Leanou ?), selon M. Loth, qui cite en Mon un Llan-leianau. L'église est actuellement dédiée à Saint-Jean-Baptiste, patron de l'Ordre des Chevaliers Hospitaliers, qui avaient fondé en cet endroit une aumônerie relevant de leur commanderie de Pont-Melvez. Jusqu'à la Révolution, la chapelle de Lannéanou dépendit de l'Ordre de Malte, qui avait dans la trève et en Plouigneau divers villages et tenues, et y levait une dîme. En 1720, nous apprend M. le chanoine Guillotin de Corson, les armoiries du commandeur de la Feuillée étaient peintes sur le maître-autel, et le jubé du chœur, « grand balustre de bois séparant le haut du bas », supportait les statues de la Sainte Vierge et de saint Jean (M. Abgrall).

L'établissement de Lannéanou se trouvait sur une montagne, au carrefour de trois voies assez importantes : celle de Morlaix à Callac et au Vieux-Bourg de Quintin ; celle de Carhaix à Lanmeur ; et une troisième, nommée dans les vieux titres Hent Léonnec (le chemin léonard), qui mettait en communication, par l'abbaye du Relecq et le bourg de Guerlesquin, le Tréguier, le Haut-Léon et la Cornouaille du Nord. Saint Mélar passa à Lannéanou, lorsqu'il fuyait les assassins lancés à sa poursuite, pour chercher un refuge près de Lanmeur, chez le comte de Poher Conomor, au château de la Boissière. Sa mémoire y est demeurée respectée ; il avait un autel dans la vieille église, et l'édifice actuel abrite toujours sa statue.

Peu de communes finistériennes sont aussi pauvres en fait d'archives que Lannéanou. Elle n'a plus de cahiers d'état-civil antérieurs à 1791, plus de registres de délibérations avant 1838. La destruction des archives d'état-civil anciennes doit être relativement récente, puisque l'inventaire communal les mentionne depuis 1693.

Le 12 Octobre 1793, les officiers municipaux réclament du district de Morlaix « huit livres de poudre et du plomb, balles et dragées proportionnellement, pour être distribués aux bons citoyens et vrais républicains », afin qu'ils puissent se défendre contre les malfaiteurs et les brigands qui venaient de piller la maison du citoyen Yves Moledant, après en avoir enfermé les habitants, pieds et poings liés, dans des huches où ils faillirent étouffer.

Le 20 Floréal an II (8 Mai 1794), le comité de surveillance prescrit qu'à partir du 30, la commune devra commencer à observer les décadis et invite tous les citoyens et citoyennes à se trouver, avant 10 heures du matin, à l'église, où lecture sera faite en chaire des lois nouvelles. Les chefs de ménage, pauvre et riche, sont particulièrement conviés à y être assidus « sous peine d'être regardés comme suspects et traités comme tels ». Aucun mendiant ne pourra demander l'aumône ce jour-là, Sous peine d'amende et de Prison (Documents, II, 300 à 318) (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

On rencontre les appellations suivantes : Treff de Lanleanou (en 1559), Lanneanou (en 1589, 1590)

Note : liste non exhaustive des RECTEURS DE LANNÉANOU DEPUIS LE CONCORDAT : Lannéanou n'appartient au diocèse de Quimper que depuis le Concordat ; aussi n'avons-nous que très peu de renseignements sur cette paroisse avant la Révolution. En 1791, il n'y restait qu'un prêtre, Yves Clastrou, de Plouégat-Moysan, interdit déjà depuis plusieurs années ; il fut élu recteur de Guiclan, mais préféra rester à Lannéanou. Il fut remplacé, au Concordat, par un certain Guillaume Homo, ordonné en 1793, par Expilly, et curé de Guimaëc ; il mourut en 1806. On peut croire que, pendant douze ans, la pauvre paroisse de Lannéanou fut bien négligée, au point de vue religieux, par ces deux recteurs plus que suspects. A la mort de M. Homo, la paroisse fut confiée à : - En 1805-1808. Jean Le Pelleter, né à Ploujean en 1757, prêtre en 1781 ; prieur de Saint-Dominique à Morlaix ; excellent ecclésiastique ; vicaire à Lanmeur dès 1802 ; il mourut vers 1811. - En 1812-1818. Pierre-Joseph Le Houérou, né le 21 Avril 1751, à Tréguier ; fit profession aux Capucins de Roscoff, sous le nom de Paul de Tréguier. Le 14 Juin 1790, au couvent de Brest, il déclare vouloir rester capucin. A quitté la France pour Jersey, où il est demeuré pendant quatre mois ; a passé en Allemagne, où il a séjourné pendant trois ans ; puis s'est rendu en Italie, en 1796, de là à Lisbonne, et enfin à Guernesey, d'où il est revenu en France ; le Père Houérou est autorisé à se retirer à Morlaix. Il est vicaire à Guimaëc en 1805, et recteur de Lannéanou en 1812. Le 1er Septembre 1817, il obtint du Roy un brevet de pension comme ancien religieux, et quitta le ministère, étant devenu aveugle ; mais, dit M. de Tromelin, vicaire général, « très estimable sous tous rapports ». - De 1818 à 1827, la paroisse demeura sans pasteur. L'église et le presbytère étaient dans un état déplorable. - En 1827, M. Abhervé-Guéguen, curé de Plouigneau, y donna le Jubilé, avec huit prêtres ; et à la suite, Monseigneur y nomma recteur. - En 1827-1832. M. Pierre Bernard, de Plougoulm, mais ce ne fut pas pour longtemps ; en Décembre 1830, M. Bernard, ayant refusé de chanter la messe pour célébrer l'avènement de Louis-Philippe, fut dénoncé au sous-préfet de Morlaix, qui demanda son déplacement. - En 1832-1836. René Jézéquel, de Taulé, fut réduit à dire la messe dans un appartement pouvant à peine contenir trente personnes, à raison du mauvais état de l'église qui était tel, en 1833, que le maire prit un arrêté en interdisant l'entrée, et bien fit-il, car l'édifice s'écroula en partie, dans la journée du 23 Août, et si les fidèles eussent été présents à un office, il y aurait eu de graves accidents. - En 1836-1857: Jean Joncourt, de Morlaix. - En 1857-1866. Mathurin Guillerm, de Guiclan. - En 1866-1871. Guillaume Broch, de Guissény. - En 1871-1885. Yves Thomas, de Guimaëc. - En 1885-1889. François Abjean, de Ploudaniel. - En 1889-1892. René Léal, de Guipavas. - En 1892-1898. Auguste Le Foll, de Plougastel-Daoulas. - En 1898-1906. Joseph-Marie Léost. - En 1906. François Lilès, de Plouguerneau, ... (Archives de l'Evêché).

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PATRIMOINE de LANNEANOU

l'église Saint-Jean-Baptiste (XVème siècle), écroulée en 1833 et reconstruite vers 1834-1850. L'édifice comprend une nef de sept travées avec bas côtés, avec clocher-mur, terminée par un chevet plat. Le clocher-mur, qui comporte deux chambres amorties en dôme et une galerie, date de 1751. Sur la façade se trouve une statue en pierre de saint Méen, accompagné de son dragon. L'église abrite les statues de saint Jean-Baptiste (patron de l'ordre de Malte), de saint Yves, de saint Mélar, sainte Marthe, la Vierge-Mère et un Ecce Homo. L'église avait été autrefois l'objet de nombreuses fondations : - Le 15 Février 1581, missire Guéguen, un prêtre, sans doute, lui laissait, par testament, une rente sur Prat-an-Oguel et Goarem-Bian, en Lannéanou. - En 1668, Guillaume Beuzit léguait une rente foncière sur le Plessix, en Botsorhel. - En 1676, un Pierre Guéguen donnait à l'église une rente sur Rufuntun, en Guimaëc. - En 1721, Eutrope Hervé donnait aux prêtres de Lannéanou des rentes sur Coatguéguen, en Lannéanou.  - En 1741 et 1744 rentes pour les prêtres, sur Coat-Kerfogel, en Lannéanou, et sur Crech-Boc'h, en Botsorhel. Ces fondations, à charge de services religieux, étaient encore desservies en 1834, mais avec les réductions rendues nécessaires par la diminution des rentes (Archives de l'Evêché) ;

Nota : Le Dictionnaire d'Ogée dit que l'église était remarquable par ses gracieuses ogives et ses beaux vitraux coloriés, mais qu'elle fut dégradée et mutilée sous la Révolution. D'après l'état et procès-verbal qui en fut dressé le 9 Octobre 1679, par François Bouin, sieur de Rains, conseiller-maître à la Chambre des Comptes, la rose de la grande vitre contenait un écusson mi-parti de Goesbriand et du Ponthou. Plus bas, étaient les armes des seigneurs de Garspern, en Plougonven ; de Kervenniou, en Plouigneau ; de la Tour, en Plougonven, et de Guerdavid, en Lannéanou. Du côté de l'Epître, une fenêtre offrait, sur le jambage de pierre qui séparait ses deux panneaux, deux écussons, l'un mi-parti de La Tour et Goezbriand, l'autre mi-parti de La Tour et de Le Rouge de Bourouguel, en Plouigneau. Sous cette vitre, il y avait un banc armorié de Garspern, appartenant au sieur de Kerroué du Dresnay pour sa terre de Gleharay. A côté, une voûte et enfeu portait deux écus­sons en bosse des Le Rouge de Guerdavid. Du côté de l'Evangile, un banc et trois tombes blasonnées aux armes de La Tour dépendaient de la terre de Kerlosser-Le Lévyer, possédée par le sieur de Morizur. Missire Allain Guéguen, ancien curé de ladite trève, déclara au commissaire qu'il ne faisait, en son temps, de prières nominales pour aucuns seigneurs particuliers, « mais bon pour la conservation de Sa Majesté et pour l'evesque du diocèse », et qu'il ne connaissait point le fondateur. A la sortie du choeur, du même côté, se trouvait l'autel de Saint-Mélar, voisin d'un banc dépendant du manoir de Lostanvern, en Botsorbel, appartenant au sieur de Lannidy Calloet. La fenêtre de cet autel contenait des écussons aux armes des Toupin et des Jourdrain, anciens seigneurs de Lostanvern, et des Calloët. Plus bas était une voûte non armoriée. En descendant vers les fonts baptismaux, on rencontrait un autre banc dépendant de la terre de Roesva, aux héritiers du feu sieur de Trébannec Gourcun. Dans la nef, une petite vitre à deux panneaux offrait un écusson de sable à la croix fleuronnée d'argent, reproduit sur l'arcade avoisinante, qui appartenait au sieur de Quistillic, en Plougonven, « et un quart desditz preminances à Jan Salaun mesnager de ladite paroisse pour la terre du Grand-Hugen ». A la clef de voûte du portail, il y avait un écusson aux armes du commandeur de la Feuillée, et au plus éminent lieu de la tour un chiffre sans autres armes (A. 19). Aujourd'hui (1920), l'église n'a conservé d'ancien qu'un lourd et courtaud clocher du XVIIIème siècle. Sur sa façade, une niche abrite la statue en granit d'un évêque accompagné d'un dragon, peut-être saint Méen. Dans le bas-côté droit, statue de saint Mélar, couronne en tête, tenant sa main coupée. Au maître-autel, Vierge-Mère et saint Jean portant le livre et l'Agneau. Au bas-côté gauche, saint Yves en camail et bonnet d'official, tenant un rouleau de papier. Dans le cimetière, croix mutilée : à l'avers, le Christ et deux anges eucharistiques ; au revers, petite Vierge-Mère. En 1590, le curé de Lannéanou se nommait Missire François Poulguinan. Il dut refuser d'abord son adhésion à la Sainte-Union morlaisienne, sorte de comité de salut public composé de fougueux ligueurs, car il ne se présenta pas « avec ceulx du treff de Lannéanou », pour jurer l'acte d'Union, à la séance du 27 Novembre 1589. Le 29 Janvier 1590, Jean Le Lévyer, sieur de Kerochiou, « resmontre avoir prins le curé de Lannéanou et l'avoir constitué prisonnier, recquérant qu'il soit interrogé ». Le lendemain, après « enquestes faictes contre le prebtre Poulguinan, la prinse [est] declairée bonne, et pour les accusations particulières, passé de sa rançon [sera] remis à MM. les ecclesiasticques pour faire la justicze, et sera escript aux paroisiens la cause de l'amprisonnement dudit curé ». Il vint à récipiscence, et prêta serment le 12 Février, en s'engageant à publier le monitoire du pape au prône du dimanche suivant, et à payer 92 écus de rançon au sieur de Kerochiou (A. DE BARTHELEMY : Le Cahier de la Sainte-Union, pp. 38-63) (M. Peyron).

la chapelle Saint-Sébastien et Saint-Fabien (1560), fondée au XVIème siècle par les La Tour, seigneurs de Kerlosser. De forme rectangulaire à chevet semi-circulaire, elle abrite, dans des reliquaires, des reliques de saint Sébastien et de saint Fabien. Le clocher possède un lanternon. On y voit aussi un grand Christ ayant à ses pieds le pélican symbolique. Cette chapelle de style Renaissance, est chargée de plusieurs écussons aux armes de la famille La Tour et diverses alliances. Il s'agit d'une chapelle privée, « sous le vocable de Saint-Fabien et de Saint-Sébastien, et possédant les reliques des saints martyrs dans deux reliquaires en étain, le premier en forme de cassette, l'autre représentant un bras avec sa main, le tout portant des ornementations ciselées dans le métal, et semblant dater du XVIIème siècle. La chapelle était attenante à un château. La chapelle, en 1804, appartenait à M. de Kerjean Pastdus, de Plougasnou, qui en accorda l'usage aux paroissiens de Lannéanou. Du petit clocher qui la surmontait, il ne reste plus que les montants de la chambre des cloches, et l'on m'a assuré que M. Teurnier, le célèbre prédicateur breton, y était monté, pour s'en servir comme d'une chaire, à l'occasion d'un Pardon, chaire originale, qui répondait bien à l'originalité de l'orateur » (M. Abgrall) ;

la chapelle Saint-Claude (XIXème siècle) de Keruscar, construite depuis 1840, et dont est propriétaire Mme Le Lagadec. Le clocher possède une chambre de cloche. Il s'agit d'une chapelle privée ;

l'ancienne chapelle Saint-Roch, aujourd'hui disparue et ayant appartenu jadis au manoir de Guerdavid ;

la croix de mission (XVème siècle), située au cimetière ;

d'autres croix ou vestiges de croix : Guerguiniou (XIXème siècle), Croix-Morvan (XVIème siècle), Croix-Blanche (1827) ; 

le manoir de Kerlosser (XVIème siècle) qui appartenait en 1617 à Guy Le Lévyer, sénéchal de Morlaix en 1617, et à sa femme Marie de la Boissière. Ce manoir a appartenu primitivement à la famille La Tour, fondatrice en 1560 de la chapelle Saint-Sébastien ;

le manoir de Guerdavid et son colombier (XVIIème siècle). Les terres de Guerdavid appartenait depuis le XVème siècle à la famille Le Rouge de Guerdavid. Le manoir possédait autrefois une chapelle privée ;

les maisons de Kermadéen (XVIIIème siècle), Kerudoret (1777), Caout-Bras (1796), Lohennec (1833), Porsguien (XIXème siècle) ;

l'ancien manoir de Keruscar (XVIème siècle), édifice à porte gothique transformé en ferme. A côté du manoir se trouve une chapelle dédiée à saint Claude ;

A signaler aussi :

la découverte en 1836 et 1842, au sud du bourg (tourbières de Grantugen), de plusieurs monnaies gauloises en argent et en potin ;

la présence de quelques mégalithes à Crec'hpluen ;

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ANCIENNE NOBLESSE de LANNEANOU

Les maisons nobles de Lannéanou étaient : Grantugen, Kerlosser, Keruscar, Roesva, Gléharez, et Guerdavid.

Grantugen (mal à propos appelé le Grand-Hugen sur les cartes d'Etat-Major) a donné son nom à une famille omise par Courcy, mais dont des aveux aux Archives de la Loire-Inférieure (B-1092) attestent l'existence. Charles Grantugen possédait en 1540, comme tuteur de son fils Pierre, le manoir de Kernavez, en Poullaouen. Pezron Grantugen fournit aveu au Roi pour le même lieu en 1618.

Guillaume Le Lay de Grantugen, cultivateur et premier lieutenant du guet à Plouigneau, en 1789, député du Tiers-Etat des sénéchaussées réunies de Morlaix et Lannion aux Etats Généraux, était né à Grantugen. Il resta obscur parmi la députation de Bretagne, et n'a à son actif qu'une motion publiée en brochure. Kerviler a donné son portrait dans ses Recherches et notices, d'après la gravure de la collection Dejabin. « On dirait, dit-il, d'une tête de bois ».

Kerlosser, vieux manoir célèbre dans les traditions locales. En 1481, il appartenait aux Le Roux, puis passa aux Trogoff, de la Tour, Le Lévyer, Gourcun, Kerc'hoent de Morizur, Pastour de Kerjan, de Tonquédec, de Kerdrel et de Lorgeril.

On y accède du bourg par la voie romaine de Carhaix à Lanmeur, encore assez bien conservée par places. On la quitte au carrefour voisin du hameau de Kerangroas, où s'élève une vieille croix pattée monolithe de 2 mètres de hauteur. A côté, sur le sommet d'une colline, il y a des traces de travaux anciens, levée de terre et tertres formés de pierres amoncelées. Peut-être y avait-il eu en cet endroit un poste de surveillance.

Le manoir de Kerlosser (anciennement Kerloassezre) est un édifice du XVIème siècle, construit par la famille de la Tour dans une position très forte dominant la profonde vallée du Douron. Son portail extérieur est muni de meurtrières et l'édifice principal, à porte gothique, s'appuie à droite sur une sorte de pavillon flanqué de deux échauguettes carrées reliées par une galerie garnie de mâchicoulis et d'embrasures nombreuses. Une tour ronde qui se dressait derrière la maison a été abattue. Dans la cour, gît un écusson offrant les armes mi-parti de Guy Le Lévyer, sieur de Penarstang et de Kerloassezre, sénéchal de Morlaix en 1640, et de sa première femme Marie de la Boissière.

Entre l'ancien manoir et la maison de campagne actuelle est la chapelle, dédiée aux saints Fabien et Sébastien. C'est un édifice solidement bâti, avec un portail à fronton triangulaire au pignon Ouest, que surmonte un original clocheton en forme de lanternon à six pans, mais décapité de son couronnement. L'abside demi-circulaire a une grande fenêtre accostée de deux baies rondes. La devise des de la Tour : TOVT : EST : A : DIEV : et la date 1560 se lisent au-dessus de la porte.

La même devise, entourant le blason de cette famille, d'azur à la tour d'or, surmonte l'autel de pierre, porté sur deux pilastres Renaissance. Statues anciennes de saint Sébastien, attaché à un arbre et criblé de flèches, et de saint Fabien, en évêque, bénissant. Au bas de la chapelle, grand Christ gothique, d'une expression saisissante, ayant à ses pieds le pélican symbolique qui nourrit ses petits de son sang.

Les sablières du lambris sont coupées d'écussons soutenus par des chimères, anges, grotesques. J'y ai reconnu les armes des de la Tour avec diverses alliances : Trogoff, Salaün de Lesven, Kergariou, Coatanscour, Goezbriand, Le Rouge de Bourouguel et Derian de Brévara. On conserve dans la chapelle deux vieux reliquaires en étain ; l'un d'eux figure un avant-bras avec sa main et contient un ossement considérable, radius ou cubitus ; le second, de forme rectangulaire, mais d'une ornementation identique à celle du premier, renferme aussi un important fragment d'os. On dit que ce sont des reliques de saint Sébastien et de saint Fabien, mais toute trace d'authentique a disparu. La chose n'est d'ailleurs pas invraisemblable, car l'évêque de Quimper, puis de Tréguier, François de la Tour, cadet de la maison de Kerlosser, mort à Penarstang, en Plougonven, en 1593, a pu obtenir ces insignes reliques pour en enrichir la chapelle de son manoir familial.

Ce François de la Tour a laissé dans la région la réputation d'un sorcier adonné à la magie et peu régulier dans ses mœurs. Il était l'ami d'un autre magicien, le Coatalec, qui habitait le manoir de Kermeno, en Plougonver, mais se brouilla avec lui et saisit dès lors toutes les occasions de lui jouer de mauvais tours. Un jour, se trouvant à la fenêtre de son cabinet, il aperçût Coatalec traversant l'espace dans un chariot volant pour se rendre à Morlaix. Il lui jeta aussitôt un sort qui arrêta net ce précurseur de l'aviation ; mais comme François de la Tour restait le nez en l'air, jouissant de l'embarras de son rival, celui-ci s'en vengea en lui plantant sur le crâne deux énormes cornes de bélier qui l'empêchèrent de rentrer la tête. Les deux compères durent se délivrer mutuellement.

La tradition locale ajoute que la chapelle fut construite à l'occasion d'une épidémie de peste, et qu'un pieux solitaire engagea les habitants à placer à sa porte un degré d'acier (treujou dir), en leur promettant qu'eux ni leurs descendants n'auraient rien à craindre de la contagion tant que ces marches ne seraient pas usées entièrement. Ce degré n'existe plus.

Keruscar. Ce manoir se trouve plus près du bourg de Lannéanou, au bord de la même voie de Carhaix à Primel. Il a appartenu aux familles Pinart, de Rospiec, Saisy de Kerampuil, de Lagadec, de Pompéry et de Parcevaux. Près de l'habitation moderne subsiste l'ancienne maison, à porte ogivale et cinq fenêtres décorées d'accolades, dont les meneaux ont été enlevés. La chapelle, dédiée à saint Claude, a un fronton Renaissance à colonnes, attique et balustrade, que surmonte un petit clocheton pointu assez curieux ; elle paraît avoir été bâtie au XIXème siècle.

Roesva ou Resvoa, était jadis possédé par la famille Le Sugarde. On trouve dans les registres de Saint-Mathieu de Morlaix, à la date du 26 Février 1652, le mariage d'écuyer Jean Le Sugarde, sieur de Roesva, de la treffve de Lannéanou, et de dlle. Marguerite Nouel, dame de Mesanvézec. En 1679, ce manoir avait passé aux héritiers du sieur de Trébannec-Gourcun. Il n'en reste, au début du XXème siècle, qu'un vieux logis du XVIème siècle, sans aucun caractère.

Gléharès, tout à l'extrémité Nord de la commune. D'abord possédé par les Garspern ; en 1543 à la dame de Bourouguel, puis passé par mariage aux du Dresnay. Il n'y subsiste plus rien d'ancien.

Guerdavid, vieille terre seigneuriale qui appartient, depuis le XVème siècle, à la famille Le Rouge de Guerdavid,, ramage des Le Rouge, seigneurs d'Ancremel en Plouigneau. L'ancien manoir a été démoli ; ses belles pierres de taille ont servi à la construction d'une ferme, dont la cour est encore précédée d'un portail Renaissance en ruines. Une maison de campagne style Restauration, abandonnée et très délabrée, s'élève non loin, et porte sur le linteau d'une de ses baies, cette date qui doit être celle du manoir détruit : A 1566.

La chapelle est également ruinée et dépourvue de toiture. Ses murs sont solidement bâtis et sa façade faite de pierres de taille. Un clocheton Renaissance couronne le pignon Ouest, percé d'une porte à claveaux que surmonte un écusson ovale martelé. Un hêtre de belle venue a poussé à l'intérieur, où se trouve la table en pierre de l'autel, soutenue de deux pilastres en gaine. Le colombier de granit, la solide chaussée de l'étang, le moulin seigneurial, les bois encore touffus témoignent de l'importance passée de cette terre.

Messire René-Gabriel Le Rouge, chevalier, seigneur de Guerdavid, époux de Marie-Catherine-Henriette de Keratry, meurt à Saint-Melaine de Morlaix, le 3 Janvier 1768, à l'âge de 50 ans. Il précéda dans la tombe son père, Messire Louis-Hyacinthe Le Rouge, chevalier, seigneur de Guerdavid, mort à Morlaix le 4 Janvier 1774, âgé de 86 ans, dans son hôtel du quai de Tréguier, et enterré dans l'église de Lannéanou, « selon la permission gracieusement accordée à la famille par Messire Jean-Baptiste Le Clerc des Aulnais, recteur de St Melaine ».

Marie-Anne Le Rouge de Guerdavid était, en 1790, prieure des Bénédictines de Locmaria de Quimper. A la même date, le Père gardien du couvent des Capucins de Morlaix était le R. P. « Jean-François de Morlaix, ancien professeur de théologie, ex-provincial, dit dans le monde Le Rouge de Guerdavid, âgé de 70 ans ». (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

 

Armoiries des familles nobles.

- La Tour, srs. de Kerlosser : d'azur à la tour d'or ; devise : Tout est à Dieu.

- Grantugen (srs. dudit lieu) : de sable à la croix fleuronnée d'argent.

- Trogoff, srs. de Kerlosser : fascé d'argent et de gueules de 6 pièces ; devise : Tout du tout.

- Le Lévyer, sr. de Kerlosser : d'argent à la fasce d'azur surmontée d'une merlette de même et accompagnée de 3 trèfles de gueules, 2, 1.

- Gourcun, sr. de Kerlosser et de Roesva : d'azur à la croix pattée d'argent, chargée en coeur d'un croissant de gueules.

- Kerc'hoent, sr. de Kerlosser : losangé d'argent et de sable ; devise : Sur mon honneur.

- Pastour, sr. de Kerlosser : d'or au lion de gueules accompagné de 5 billettes d'azur en orle.

- Pinart, sr. de Keruscar : fascé ondé d'or et d'azur de 6 pièces, au chef de gueules chargé d'une pomme de pin d'or.

- Rospiec, sr. de Keruscar : d'azur à la croix d'or, cantonnée de 4 merlettes de même ; devise : Fidei et amoris.

- Lagadec, sr. de Keruscar : d'argent à 3 trèfles d'azur

- Le Sugarde, sr. de Roesva : d'argent à la fleur de lys de sable surmontée d'une merlette de même.

- Garspern, sr. de Gléharès : d'or au lion d'azur accompagné de 7 billettes d'azur en orle ; devise : Qui s'y frotte s'y pique.

- Penmarc'h, sr. de Gléharès : d'or à la fasce d'azur accompagnée de 6 pigeons de même.

- Dresnay, sr. de Gléharès : d'argent à la croix ancrée de sable, accompagnée de 3 coquilles de gueules ; devises : Crux anchora salutioris, et : En bon espoir.

- Le Rouge, sr. de Guerdavid : d'argent à la fleur de lys de sable surmontée d'une merlette de même.

 

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc en 1480 et de Tréguier en 1481, on ne comptabilise la présence d'aucun noble de Lannéanou. Lannéanou dépendait autrefois de la paroisse de Plouigneau.

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