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KERPERT

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La commune de Kerpert (pucenoire.gif (870 octets) Kerbêr) fait partie du canton de Saint-Nicolas-du-Pélem. Kerpert dépend de l'arrondissement de Guingamp, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de KERPERT

Kerpert vient de « Ker » (village) et « Per » (Pierre).

Kerpert est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Pligeaux. Kerpert était autrefois une trève ou succursale de Saint-Gilles-Pligeaux et semble-t-il le chef-lieu primitif de la paroisse de Pligeaux (Saint-Gilles-Pligeaux). Ce transfert du chef-lieu peut avoir pour origine, la fondation en 1142 sur le territoire de Pligeaux de l'abbaye cistercienne de Coatmalouen, par Alain Le Noir.

Erigé en paroisse et en commune en 1790, Kerpert récupère l'enclave de Kergrist-Lan, avec sa chapelle " ecclesia Christi de Pleiau ", relevant du diocèse de Dol et dépendant de Magoar, trève de Coadout (loi du 4 juin 1842). Il s'agit, semble-t-il, d'une fondation des Templiers ou des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, mentionnée en 1190 parmi les possessions de l'abbaye de Sainte-Croix de Guingamp. 

On rencontre les appellations suivantes : eccl. Sancti Petri (en 1156-1166), Kerpezre (en 1443, en 1571), Treffve Sainct Pierre (en 1535-1536), Kerperre (en 1669), Kerperre-Pligeau (à la fin du XVIIème siècle), Kerpert (au XVIIème siècle), Kerper, Kerpers, Kerpert (XVIIIème siècle).

Bourg de Kerpert (Bretagne).

Note 1 : En novembre 1719, le marquis de Pontcallec trouve un refuge à l'abbaye de Coëtmalouen avant d'être arrêté le 28 décembre à Lignol (Morbihan).

Note 2 : Dans les villes le peuple souffre des restrictions apportées au commerce et à l'industrie ; dans les campagnes, à l'agriculture ; partout, de l'excès des impôts. Dans les campagnes, un tiers des terres seulement est en rapport. La disette et les épidémies, de misère (typhus), sont fréquentes : elles se font rudement sentir chez le paysan, la bête de somme, l'exploité de tout le monde. Aussi ce paria misérable a-t-il des récalcitrances, et, poussé à bout, refuse de souscrire aux exigences de maîtres fainéants. Il en veut surtout à la dîme, de tous les impôts celui qui lui apparaît comme le plus vexatoire [Note : Et cet impôt se doublait d'une autre forme déguisée du prélèvement onéreux, par la quête. Les quêtes étaient pourtant interdites en dehors des églises. Voir à ce sujet les arrêts du Parlement (Archives des Côtes-d’Armor, B. 1), concernant la défense aux prêtres de faire des quêtes de blé, d'argent, sous peine de 500 livres d'amende. Mais ces défenses étaient peu observées. Encore aujourd'hui, en maintes localités, les prêtres se font donner des redevances en produits divers qu'ils emploient à leur consommation, ou revendent à grand profit ; exemple : chaque année à Landévennec, ce qui est une survivance de l'offrande, on leur donne des quantités de beurre qu'ils font revendre à Brest]. Un mémoire émanant du prieur de l'abbaye de Coetmaloën (ou Coëtmalouen), sur les confins des évêchés de Cornouaille, de Tréguier et de Saint-Brieuc, mémoire adressé à l'intendant de la province et au procureur général auprès du Parlement, nous fait connaître une révolte de ce genre. L'après-midi d'un dimanche, le 8 novembre 1733, à l'occasion d'une apprécie [Note : Valeur fixée pour le paiement de la dîme en nature], débattue entre les vassaux de l'abbaye et celle-ci « pour parties de rente de seigle qu'ils doivent », des paysans, « armés de bâtons et accompagnés de deux ou trois femmes des plus furieuses et des plus révoltées », envahissent la procure ; ils sont venus de différents villages et leur troupe se compose de quarante à cinquante individus. Ils blasphèment, jurent, menacent le procureur. Ils prétendent « que l'abbaye était leur maison, qu'elle était à eux, qu'ils en étoient les fondateurs » et déclarent « qu'ils n'en sortiroient point, que le premier sergent qui s'exposeroit de les exécuter pour leurs rentes, qu'ils le tueroient à coups de bâtons ou de couteaux ». Un de cette troupe plus révolté que les autres réitéra au procureur plusieurs insolences, qui, ne le pouvant plus supporter, lui donna à la vérité un soufflet ; ledit vassal leva le bâton pour l'en frapper, ledit procureur évita le coup en le saisissant au moment, mais en reçut pourtant un coup de pied. « La rumeur et les jurements augmentèrent à cette occasion ; le prieur averty et au bruit accourut de sa chambre. Il les voulut aussi mettre dehors par douceur, ils répondirent ce que dessus. Pour les appaiser ne sçachant plus quel party prendre, il prit celuy de leur lire l'acte (celui qui réglait la contestation) suivy des yeux par sur l'épaule, d'un homme ou deux d'entre eux, qui sçavoient lire ; ce que le procureur avoit fait deux fois auparavant l'arrivée dudit prieur. Enfin ils s'appaisèrent, trouvèrent ledit acte non préjudiciable à leurs intérêts, promirent de le venir signer le dimanche suivant, ce qu'ils n'ont pas fait. Ils entrèrent de la procure dans la cuisine où le cuisinier voulant mettre dehors cette populasse, ils répondirent ce que dessus. Un sergent de l'abbaye présent leur dit qu'ils n'eussent ozé en agir de même autrefois, à quoy ils répondirent qu'ils vouloient à leur tour être les maîtres. Ces révoltés se sont assemblés plusieurs fois depuis dans les lieux, voisins de l'abbaye éloignée de touttes villes de trois à quatre lieues, de tout conseil, de tout secours, laquelle ne peut même avoir d'autres témoins de cette révolte que ses propres domestiques, son sergent, le notaire raporteur, et quelques honnestes gens, gentilshommes et autres, aux quels lesdits prieur et religieux l'ont seullement raconté. Cette affaire a pourtant fait bruit dans ce lieu et égard au raport passé de bouche en bouche, on pourrait peut-être parvenir à faire preuve complète. Lesdits vassaux ont mesme menacé depuis d'incendier ladite abaye, ce qu'ils ont déjà fait en 1714 … » [Note : Nous avons relevé dans cette même liasse (B. 299) un certain nombre de vols, de révoltes ou de violences, quelquefois avec mort d'hommes, contre les moines de Coetmaloën. En 1724, dom François Briare, procureur de l'abbaye, est accusé d'avoir par des menaces et des coups extorqué un contrat de 527 livres à Jean Even. Copie d'un arrêt du parlement de Bretagne qui défend à Gilles Rogon, sieur de la Ville-Bargouët et à Rogon, sieur de la Plesse, de provoquer des réunions du peuple pour user de violence envers les religieux de Coetmaloën, 4 novembre 1681... etc. Il y aurait, au point de vue criminel, une curieuse étude à faire sur cette abbaye]. Les doux pères pouvaient reprendre leur calme avec l'assurance qu'on écouterait leurs doléances... sur leur simple exposé, qu'on leur paierait leurs rentes.... et que rude justice serait faite pour l'exemple aux dépens des récalcitrants. Quand ils en avaient fini avec ceux que la coutume obligeait à les bien nourrir et servir contre des prières et une protection souvent problématique, ils avaient à se défendre contre les miséreux... hors la loi (Archives des Côtes-d’Armor, B. 299).

Note 3 : la commune de Kerpert est formée des villages : Kerhars, Pempoulen, Guerniou, Boden, Pen-Vern, Gars-an-Cloarec, etc...

Note 4 : DERNIERS CURÉS DE KERPERT, AVANT LA RÉVOLUTION : Jean-Jacques Garandel, né à Saint-Gilles en 1741, prêtre en 1769 ; a été d'abord chapelain à Saint-Gildas des Prés (en Vieux-Bourg-Quintin), puis curé à Kerper (ou Kerpert) ; bon sujet fait les petites écoles ; mort en 1782. Remplacé par M. Louis Robert, né à Saint-Conan en 1737, prêtre en 1762, curé de Saint-Gilles-Pligeaux ; a de l'esprit, des talents, et de la bonne volonté ; curé à  Kerpert en 1782.

Eglise de Kerpert (Bretagne).

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

PATRIMOINE de KERPERT

l'église Saint-Pierre (XVIème siècle), édifiée durant la première moitié du XVIème siècle et restaurée en 1702. En forme de croix latine, elle comprend une nef avec bas côté de quatre travées, un transept et un cœur. L’édifice actuel, classé le 16 février 1921, date des premières années du XVIème siècle. Il a été restauré en 1702 et le pignon ouest réparé en 1705. Le pignon de l’aile nord du transept et celui du porche ont été refaits en 1925 ainsi que la couverture. La nef est terminée à l’ouest par un clocher mur dont la plateforme, portée sur des arcs bandés entre les contreforts, supporte une tour ajourée sur ses quatre faces et surmontée d’une petite flèche octogonale. Le porche latéral sud est surmonté d’une chambre, à laquelle on accède par une tourelle coiffée d’une calotte en pierres, et la fenêtre adjacente du bas côté sud est surmontée d’un gable décoré de crochets et fleurons. Les fenêtres du transept et de l’abside à chevet droit ont leurs remplages en fleurs de lys. L’édifice, lambrissé, a des sablières intéressantes (R. Couffon). Le porche Sud date de 1702. Le clocher date de 1705. La chaire à prêcher date de 1682-1683 : elle est restaurée au XIXème siècle. La maîtresse-vitre date, semble-t-il, de 1520. On y trouve un ossuaire daté du XVIème siècle. Les peintures murales datent du XVI-XVIIème siècle. La sablière (représentant deux moines allongés) date de la première moitié du XVIème siècle. La poutre de gloire, en bois polychrome, date du XVIème siècle : elle représente le Christ en Croix, entouré de la Vierge et de saint Jean. Mobilier : Chaire du XVIème siècle dont l’abat-son a disparu, piscine et enfeu du XVIème siècle ; statues de saint Pierre, en pape (1659) ; sainte Vierge (2 dont une du XVIème siècle), saint Cado, saint Yves ; 

Nota 1 : " Kerpert ou Kerpezre, selon l'orthographe ancienne, était la principale trève de Saint-Gilles-Pligeaux. On ignore quel fut le fondateur de son église qui remontait fort haut, puisqu'elle est mentionnée dans la charte de Conan IV. L'église actuelle est partie du XVème siècle et partie du XVIème. Quoique basse et sombre, elle est assez régulière, elle a deux nefs collatérales avec piliers cylindriques et sans chapitaux. Sous les fenêtres des chapelles du transept, on voit des labbes surmontées d'anges tenant des écussons martelés ou frustes. La maîtresse vitre de l'abside a des sujets historiés assez bien conservés : les trois panneaux inférieurs représentent diverses scènes de la vie de saint Pierre, patron de l'église et de la paroisse, telles que sa confession de la divinité de Jésus-Christ et son élection comme prince des Apôtres et chef visible de l'Eglise. — On remarque quelques statues bien faites et anciennes ; saint Cadoc, second patron, dont on célèbre la fête le dernier dimanche de juillet, est représenté en habits pontificaux avec la crosse et le mitre. Sa statue est du XIIIème siècle. L'une des cloches a été nommée par le dernier prieur de l'abbaye de Coëtmalouen. L'ossuaire est du XVème siècle " (M. L. Audo - 1864).

Nota 2 : L'église de Kerpert, classée monument historique le 16 février 1921, date du début du XVIème siècle. Sa maîtresse vitre, à trois lancettes, renferme trois épisodes de la vie de saint Pierre, éponyme et patron de la paroisse, surmontés de motifs décoratifs aussi importants que les scènes historiées. Ces motifs comprennent entre autres de grands anges nus à ailes bleues ou vertes et portant des pandeloques d'or et des ceintures vertes. Dans le premier panneau, représentant l'apparition du Christ à saint Pierre, le motif décoratif, sur fond rouge, porte une coquille bleue ; le bas des anges a été refait. Notre-Seigneur est en robe violette, saint Pierre en robe verte et manteau rouge, le fond en damas violet et le sol rouge. Les phylactères sont illisibles à cause des lichens. Le second panneau comporte le même motif décoratif, mais sur fond violet avec coquille violette. Le Christ tête refaite, en robe violette, remet les clefs gris–bleu à saint Pierre, vêtu comme précédemment. Derrière celui–ci sont d'autres apôtres dont l'un, à gauche, porte une robe rouge violacée et un manteau bleu, et un autre, à droite, un manteau violet foncé. Le troisième panneau est identique au premier sauf les inscriptions des phylactères. Le fond de la scène est bleu, et la coquille, sous les anges, verte. La robe du Christ, les mains de saint Pierre et la tête de l'ange de droite ont été refaites. Dans le tympan, sur fond rouge, et couronnée d'or, une Vierge, en robe violacée et manteau bleu, tient l'Enfant en robe violette. Sa tête rappelle celle de la Vierge de Guengat. Des anges, à ailes roses, portent les instruments de la Passion ; celui de gauche, en robe blanche et or, est revêtu d'une dalmatique rouge à galon d'or, celui de droite d'une dalmatique verte à bordure d'or. Cette verrière, que l'on peut dater semble-t-il des environs de 1520, dénote par ses grands phylactères, ses motifs lourds et l'exécution des figures une influence de l'Allemagne du Sud, peut-être même de la Suisse (Contribution à l'étude des anciennes verrières - Société d'Emulation des Côtes-d'Armor, 1935).

Eglise de Kerpert (Bretagne).

la chapelle de Kergrist-Lan (1755-1875), restaurée en 1875. Il s'agit de l'église tréviale de Magoar. " C’était avant la Révolution une annexe de Magoar, enclavée entre Kerpert et Lanrivain ainsi que le montre la carte de Cassini. Elle possédait un cimetière et certains prêtres s’intitulaient curés de Kergrist-an-lan. Lors de la nouvelle circonscription des communes, elle fut réunie à Kerpert. L’édifice actuel, de plan rectangulaire, présente des restes du XVIème siècle, et, entre autres, au chevet, un fenestrage en forme de fleur de lys semblable à ceux de Magoar et de Kerpert. Il a été, restauré en 1755 et 1874 suivant les dates inscrites sur le pignon ouest " (R. Couffon). Ruinée, cette chapelle est achetée par la fabrique de Kerpert en 1872 et restaurée en 1875. La porte Ouest, qui date de 1755, est un réemploi ;

l'ancienne chapelle Saint-Yves à Saint-Urnan, déjà en ruines en 1935 ;

l'ancienne chapelle de Pempolou, détruite. Mentionnée dans un acte de 1626 ; 

la croix armoriée de la chapelle de Kergrist-Lan (XV-XVIème siècle) ;

les croix de Guerniou (XVIIIème siècle), de Kerlabourat (1755), de Keranquéré (XVIIIème siècle), du bourg (1754) ;

la croix monolithique de Coatmalouen (XIIème siècle) ;

la croix de Kerhelvez (XVIIIème siècle) ;

la fontaine (1681), située route de Kerlahourat ;

les vestiges de l'abbaye de Coatmalouen ou Coëtmalouen (XVIIIème siècle). C’est Alain Le Noir, comte de Penthièvre et de Richemond, qui fonda l’abbaye de Coatmalouen, dépendance de l’abbaye de Bégard, sous le vocable de « Bonitas Dei », le 25 juin 1142. Cette abbaye est comblée de dons magnifiques par Conan IV, duc de Bretagne. En 1783, les seuls religieux qui l'habitaient étaient : dom Augustin Pascal, sous prieur, L. Josse, J. Roquet et G. Chaumont. L'abbaye possédait jadis une haute, moyenne et basse justice qui s'exerçait à l'Etang-Neuf. Les logis des hôtes sont construits en 1669 et l'église, en 1746-1754. Dans la chapelle de l'abbaye, deux pierres tombales du XVème siècle représentent des abbés. " Fille de Bégard de l’ordre de Cîteaux, elle fut fondée en 1142. Elle avait été restaurée et en partie reconstruite en 1782 sur les plans de Jacques Piou, ingénieur en chef des Ponts et chaussées, reconstruction à peine achevée lors de la Révolution " (R. Couffon) ;

Nota 2 :  Le fief le plus étendu de la paroisse de Saint-Gilles-Pligeaux, dont dépendait Kerpert, était, sans contredit, celui de l'abbaye de Coëtmalouen, puisqu'il renfermait dans sa circonscription territoriale, la quatrième partie de Pleiaut et toute la terre de Saint-Connan. Suivant la charte de Bégard , Allain Le Noir, neuvième du nom, comte de Penthièvre et de Richemond, fondait l'abbaye de Sainte-Marie de Coëtmalouen, le 27 juin 1142, sur la terre de Pleiaut ou Pligeau, paroisse de Saint-Gilles, dans la trêve de Kerpert. — Les témoins de l'acte de fondation furent Geoffroy de Coron, Rothaldus ou Roaut Pot et Alfred de Pokaer ou Poher. Le duc Conan IV, dit le Petit, son fils, héritier du duché de Bretagne du chef de Berthe, sa nièce, fille de Conan III, surnommé le Gros, confirma cette donation vers 1160. — Le préambule de cet acte est très remarquable, il rappelle l'esprit de foi qui inspirait et animait les princes, durant le moyen-âge, malgré tous les désordres qu'on leur reproche. Il est ainsi conçu : « Comme toute puissance est réglée et ordonnée au ciel et sur la terre par celui qui est véritablement et souverainement puissant, et, comme tous les princes sont établis pour défendre et protéger l'Eglise du Christ contre les entreprises des méchants, je prends, moi, Conan, duc de Bretagne et comte de Richemont, sous ma main et protection l'abbaye de Coetmalouen, que mon père, Alain , a établie et fondée ». Et, pour qu'on ne puisse empiéter sur les droits ou les terres de l'abbaye, il donne la description géographique des terres et des lieux. — Aujourd'hui on peut encore, cette charte à la main, reconnaître les limites assignées. Allain donna la quatrième partie de Pleiaut, non compris le lieu où était située l'abbaye, lequel lieu s'étend depuis le ruisseau du Dordu ou Dourdu (Eau noire), jusqu'à la croix de pierre, élevée sur la route de Saint-Gilles, et, de cette croix, par le ruisseau qui prend sa source au-dessous de l'Eglise de Saint-Pierre ou Kerpert, et par une autre croix de pierre (celle du Toulfol), jusqu'au Treu (le Trieux), et du Treu jusqu'à Probaéloc, et de Probaéloc jusqu'à Tréguel, depuis Tréguel le terrain de l'abbaye suivait le cours du Trieux jusqu'à l'Etang-Neuf. Les noms Tréguel et Probaéloc ne sont plus connus. Alain donnait encore toute la terre de Saint-Connan ; Roaut Pot, ainsi qu'il a été dit, donna aussi les terres de Kertanguy. Les témoins de l'acte de confirmation furent Rouaud, évêque de Vannes ; Guillaume, évêque de Tréguier ; Daniel, abbé de Coëtmalouen ; Audren, prieur ; Yves ; Jarnistim Guéthénoc ; Eudo de Lanforn ; Maître Robert, chanoine ; Henri , comte de Guingamp ; Roaut Pot avec son fils, autre Roaut Pot ; Jean, fils de Hamon ; Alfred, fils de Rivaut ; Alliou et Alfred, tous deux fils de Rivallon. - Bien que cette abbaye se trouvât dans le diocèse de Cornouaille, il n'est fait aucune mention de son évêque qui se nommait Bernard de Moclan. On peut expliquer ce silence, si l'on se rappelle que l'abbaye était fondée sur une dépendance d'Avaugour qui était soumise à la juridiction de l'évêque de Tréguier. L'abbé Tresvaux a cru devoir traduire Sainte-Marie de Coëtmalouen par Sancta Maria de Silva Mellonis, ou Sainte-Marie du bois de Mellon. En 1611, le prieur Claude Guinier écrivait Silva Milonis. Quelques personnes traduisent Coetmaloen ou Coetmalouan, par le bois de ma bête. Louan, en breton de Cornouaille, signifiant une bête de somme, ou encore, la courroie qui serre le joug sur la tête des boeufs. 

L'abbaye de Coëtmalouen était située dans un lieu agréable et environné de bois magnifiques au nord et à l'ouest. De belles prairies, arrosées par le Dourdu, s'étendaient à l'est et au sud ; une grande avenue conduisait à la route de Guingamp à Corlay, et un chemin de ronde faisait le tour des prairies et des jardins. Un étang creusé à l'ouest et en face du monastère, alimentait dans le jardin, un aquarium ou vivier. Des aqueducs souterrains amenaient dans la maison l'eau de la fontaine Sainte-Marie. 

Pendant le dernier siècle, l'abbaye de Coëtmalouen fut entièrement rebâtie. — Les bons religieux ne prévoyaient pas que la tempête révolutionnaire allait bientôt fondre sur la France, et disperser au loin les ordres monastiques, ou mieux, les abolir. 

La maison, le cloître et les salles du Chapitre occupèrent l'emplacement des premières constructions. La façade de l'ouest, épargnée par le vandalisme de 1793, présente son triple rang de fenêtres, et porte encore dans son fronton les hermines de Bretagne pour rappeler que la munificence de nos ducs avait fondé cette abbaye. La chapelle est en forme de croix grecque, ayant 26 mètres de longueur et 26 mètres de largeur. — A peine achevée quand la révolution éclata, elle n'offre plus aux regards que ses fenêtres ouvertes, ses murs lézardés chargés de lierre et de ronces, son sanctuaire abandonné et couvert de broussailles. L'acquéreur de ces biens a laissé s'amonceler tant de ruines. — En parcourant ces lieux, on aime à se rappeler ces réflexions d'un auteur breton, demeuré fidèle à la religion de ses pères : « Ces temples, ces abbayes, qui n'offrent aujourd'hui que des ruines, retentissaient jadis des louanges de ce Dieu presque oublié de nos jours ; sur cet autel mutilé furent célébrés les mystères d'une religion que tous les siècles ont révérée ; cette colonne tronquée soutenait la chaire sacrée où le prédicateur faisait entendre les préceptes de la foi et de la morale la plus pure ; sous ces arcades, maintenant remplies de cercueils brisés et d'herbes sauvages, étaient placées ces tribunes où les larmes de la pénitence coulèrent et furent séchées par le repentir. — C'est là qu'une foule innombrable de fidèles, depuis le lever de l'aurore jusqu'au coucher du soleil, se prosternaient devant le Saint des saints. A la porte de l'église souvent l'orgueil jeux baron fut ramené par le ministre de paix à un sentiment de justice et d'humanité : Le pauvre, l'étranger, l'homme sans défense trouvaient également dans ce saint lieu un asile inviolable contre le caractère vindicatif, hautain ou avare du despote féodal. Ces portes massives, dont la rouille a rongé jusqu'aux gonds, furent toujours ouvertes au pauvre et à l'infortuné ; la veuve, l'orphelin et le vieillard y vinrent tous les jours chercher leur part des bienfaits des monastères » — (La Bretagne , esquisses pittoresques et archéologiques , par L. F. Jehan, de Saint-Clavien, note IV, p. 359). — On peut ajouter que l'exemple et la science des religieux préparèrent pour la vigne du Seigneur un grand nombre de saints et de savants ouvriers. 

Coëtmalouen est comme embaumé par le souvenir des pieux cénobites qui l'habitèrent pendant sept siècles. A chaque pas on retrouve les marques de leur piété. — Ici le Coet-Bernard ou Bois de Saint-Bernard avec son petit oratoire. Là, le pont de la prière ; un peu plus loin c'est la croix du Pater : Groas ar Bater. De l'autre côté, la fontaine Sainte-Marie continue à donner son eau limpide et abondante. Les habitants des fermes voisines prétendent que l'on voit souvent, dans la nuit, la foule des religieux se promener silencieux parmi les ruines de leur antique monastère. Le souvenir de leur bienveillance et de leurs abondantes aumônes se conserve toujours dans le coeur des vieillards, quoique la malignité ; là comme ailleurs, n'ait cessé de les poursuivre de ses calomnies. Le dernier prieur, Dom Charles Sainglois, rappelait à ses frères, par sa vie et la gravité de ses moeurs, l'austérité et l'ardente piété de saint Bernard, leur premier fondateur. 

L'abbé de Coëtmalouen était seigneur haut justicier ; il faisait exercer sa juridiction au village de l'Etang-Neuf et y tenir deux foires, le 3 mai et le 6 décembre. Pour les cas royaux, Coëtmalouen ressortissait à la barre de Goëlo, transférée à Saint-Brieuc en 1565. 

Le revenu de l'abbaye était de 8,000 livres, d'après le pouillé de Tours ; l'abbé percevait 4.000 livres. Dans les derniers temps, on l'évaluait à 20,000 livres. 

Les Bénédictins n'ont pu donner le catalogue complet des abbés de Coëtmalouen, par suite du désordre dans lequel se trouvaient les archives de l'abbaye ; M. Tresvaux l'a continué. On le donne ici avec quelques notes et additions. 

Daniel est le premier abbé connu ; il souscrivit la charte de ratification du duc Conan IV. Audren était prieur. En 1185, l'abbé de Coëtmalouen signait l'acte de fondation de l'abbaye de Saint-Rion, près de Paimpol. En 1212 , Eudon fut témoin de la fondation de l'abbaye de Beauport par Alain, comte de Penthièvre et de Goëlo. En 1235, S. Louis, roi de France, fit faire trois enquêtes en Bretagne au sujet des plaintes portées contre Pierre de Dreux, dit Mauclerc, alors duc de Bretagne. L'abbé de Coëtmalouen, dont on ignore le nom, fut entendu à Saint-Brieuc, ainsi que Pierre, fils de Jourdain, autrefois chevalier et alors frère convers de ladite abbaye. En 1247, Mahaut ou Mathilde, dame de Pordic, léguait par testament 2O sols à l'abbaye de Coëtmalouen. En 1284, l'abbé de Coëtmalouen fit un contrat d'échange avec Jean Ier, surnommé le Roux, duc de Bretagne, pour des rentes et des terres. Cet acte était nécessaire, parce que le duc, trop fidèle imitateur de Pierre Mauclerc, inquiétait souvent le clergé par ses vexations et méritait ses censures. Il est daté de Coëtlou, le lundi après la fête Saint-Nicolas. On doit en trouver une copie aux archives du château de Quintin. En 1309 , Geoffroy souscrivit un acte de Saint-Aubin des Bois. — En 1352, la comtesse de Penthièvre envoya une ambassade en Angleterre pour traiter de la rançon de Charles de Blois ; l'abbé .de Coëtmalouen, qui suivait le parti de ce dernier, figure parmi les signataires de la ratification des pouvoirs. En 1385, mourut Geoffroi Pligau ou Pligeau, selon son épitaphe ; on croit qu'il était membre d'une famille Pligeau qui habitait Saint-Gilles, et plus tard, Bourbriac. M. de Courcy donne ainsi ses armes, d'après le manuscrit des Blancs-Manteaux : 2 coquilles en chef et 1 croissant en pointe, le tout surmonté d'un lambel. 

Vers 1864, on trouve encore dans la chapelle de Coëtmalouen une pierre tomballe de petite dimension et en granit, chargée du buste d'un abbé revêtu de l'habit de choeur. Les mains sont jointes sur la poitrine, et la crosse repose entre les bras. La tête est accompagnée de deux écussons qui semblent, par leur forme, rappeler la fin du XIVème siècle ou le commencement du XVème. Celui de droite porte parti au 1, 3 colombes ou pigeons ; parti au 2 une rose ou quinte feuille. La volute de la crosse sépare ces diverses pièces héraldiques. — L'écusson de gauche porte 3 colombes. Ne serait-ce point la pierre tumulaire d'un abbé, membre de la famille Hamonnou ou Hamonou ? On sait qu'elle habitait Ploumagoar, près de Guingamp, dès le XIVème siècle. — Jean Hamonou, clerc et écuyer, et Pierre Hamonou furent entendus en 1371, dans l'enquête faite pour la canonisation du bienheureux Charles de Blois ; ou bien serait-elle celle d'un Kerampuil, dont les armes étaient de gueules à 3 colombes d'argent ? Au-dessus de la tête, mais dans un sens opposé, on lit cette inscription en langue bretonne : F : 0 : Abba Bian, qu'on peut traduire par Frère Olivier, humble abbé. Une autre pierre, en schiste, porte un abbé, représenté de grandeur naturelle. Les dessins sont tracés en creux, deux écussons sont gravés de chaque côté de la tête et indiquent le XVème siècle ; ils semblent porter une fleur de lys ou peut-être un arbre. Comme ils sont frustes, il est bien difficile de les reconnaître. — M. Pierre-Marie Loyer a fait transporter dans sa charmante villa de Sainte-Marie cette pierre, ainsi que deux lions soutenant chacun un écusson : le premier porte 3 besants ou tourteaux, le second est parti au 1 3 coquilles, parti au 2 un greslier ou huchet, soutenant un oiseau. On remarque encore dans le jardin une pierre chargée d'un écusson de forme carrée, parti au 1 un greslier, soutenant un oiseau , parti au 2 coupé au 1, un lion armé et lampassé, accompagné de 7 billettes en orle, coupé au 2, 2 éperviers superposés. 

En 1415 l'abbé de Coëtmalouen figure comme commissaire du Pape avec les abbés de Bégard et de Saint-Maurice de Carnoët, pour l'arrangement du différend survenu entre les églises de Plouagat et de Boquého. En 1452, frère Henri, humble abbé de Coëtmalouen, fait reconnaître que tous les fiefs dépendants de son abbaye sont amortis, et qu'il n'est tenu qu'au devoir d'obéissance vis-à-vis du comte de Quintin, il donne ensuite un aveu pour le temporel en ce qui en relève dudit comté. En 1478, un nouvel aveu est fait à Tristan du Perrier par frère Bertrand, abbé de Coëtmalouen. En 1492, transaction passée entre haut et puissant Pierre de Rohan et dame Jehanne du Perrier, comte et comtesse de Quintin d'une part, et révérend Père Bertrand abbé de Coëtmalouen et le convent dudict lieu d'autre part touchant les foires que prétendaient les dits abbé et couvent faire exercer au jour de Saint-Briac, au mois de décembre, et le jour de Sainte-Croix , au moi de mai, au village de l'Etang, l'exercice desquelles foires lesdits comte et comtesse consentent aux conditions et charges énoncées. Signé : Y. Nepvo, passé : De Quenecquivily, passé ; et Berart, passé. On ignore qu'elles étaient les charges et conditions. Ces foires se tiennent encore vers 1864 tous les ans, au bourg de Saint-Gilles, le 3 mai et le 6 décembre. En 1502, Jacques de Kerbihan, né à Pluzunet, fut pourvu par le Pape Alexandre VI de l'abbaye de Coëtmalouen, et maintenu, par lettres enregistrées à la chancellerie romaine au mois de décembre. En 1510, Tristan Dolo, provincial des Frères prêcheurs ou Dominicains, obtint ses bulles pour l'abbaye de Coëtmalouen ; il fut maintenu en possession de ce bénéfice le 13 juillet de la même année. Il était de la famille des Dolo, Seigneurs de la Côte, en Saint-Julien. En 1518, Frère Jean Rolland, élu par ses confrères, fut maintenu en possession de son titre d'abbé de Coëtmalouen, malgré l'opposition des commandataires (Note : Par le Concordat, passé eu 1517, entre le pape Léon X et François Ier, roi de France, ce dernier obtint pour lui et ses successeurs la faculté de donner à des ecclésiastiques séculiers la plupart des abbayes du royaume en commande ; ils prenaient le titre d'abbé et percevaient les revenus sans être tenus à la résidence et à la profession religieuse). Hervé de Lannion est indiqué comme abbé de Coëtmalouen et de Bon-Repos, dans un acte de Bégard, daté de 1526. Il mourut en 1534, et la saisie fut mise sur ses abbayes en 1535, le 3 février. — Dès l'année précédente, Renaud Bouchetel, archidiacre d'Angers et l'un des tuteurs onéraires de René Ier, vicomte de Rohan, obtint de François Ier, roi de France, les abbayes de Coëtmalouen et de Bon-Repos, il en prit possession en 1535. Les religieux, qui ne voyaient qu'avec peine et chagrin les abbés commandataires, s'empressèrent d'élire frère Louis Guinemène, ou mieux, Guinemer. Le pape Clément VII leur donna gain de cause en confirmant leur élu. Renaud Bouchelet mourut en 1536. Depuis cette époque, l'usage des commandes prévalut, malgré les efforts des religieux, et au grand détriment de la discipline ecclésiastique. En 1537 , Jean de Gaigny, abbé commandataire. En 1543 , François de Mauny , décédé en 1545. En 1576, François de la Tour, seigneur de Pen-ar-Stang, précédemment religieux de l'abbaye du Relec et évêque de Quimper depuis 1573, fit serment de fidélité pour Coëtmalouen ; transféré sur le siège de Tréguier, il mourut en 1593. En 1594, Louis de Loraine. Ce fils de Henri de Loraine, duc de Guise, tué à Blois, était né pour la guerre ; aussi le vit-on, quoique archevêque de Reims et honoré de la pourpre romaine, suivre Louis XIII dans l'expédition du Poitou, en 1621. A l'attaque d'un faubourg, au siège de Saint-Jean-d'Angely, il se signala comme les plus braves officiers, et mourut quelques jours après, le 21 janvier 1621, n'étant que simple diacre, plein de repentir pour sa vie dissipée et guerrière. Tandis qu'il percevait les revenus de l'abbaye, sans s'occuper de la conduite des religieux, Dom Claude Guillier, seigneur des Fontaines, dirigeait cette maison comme prieur claustral et régulier. En 1615, les religieux de Bon-Repos l'élurent pour leur abbé régulier, et il quitta Coëtmalouen, en emportant l'affection de ses frères et l'estime de tous les gentilshommes du pays. Eric de Loraine, évêque et comte de Verdun, avait succédé au cardinal de Loraine. Dès 1623, il avait résigné tous ses bénéfices à Charles de Loraine, son neveu, il mourut le 27 avril 1623. Pressé par le désir d'une perfection plus grande, Charles se démit, à son tour, de son évêché de Verdun et de son bénéfice de Coëtmalouen. — Avec l'agrément du Pape Grégoire XV, il entra dans la Compagnie de Jésus, qu'il édifia par la conduite la plus régulière, et mourut à Toulouse supérieur de la maison professe, n'étant âgé que de 39 ans. On ignore qui lui succéda dans le titre d'abbé. On trouve dans la chapelle de Coëtmalouen une pierre tomballe avec un écusson qui, par sa forme, rappelle le XVIIème siècle. Il porte trois bandes, au chef chargé d'une mitre et d'une crosse. Serait-ce la pierre tumulaire d'un Legonidec (ou Le Gonidec) ? 

En 1636, Charles d'Acigné fut pourvu de l'abbaye par le roi Louis XIII. Le goût du monde l'emporta dans son coeur, et, selon l'expression pittoresque du chanoine Moreau, auteur d'une Histoire de la Ligue en Bretagne, il « aima mieux faire banqueroute à Dieu qu'au beau nez d'une femme » ; il se démit de son abbaye et se maria. En 1641 François Loraine, frère de Charles , fut nommé à l'abbaye de Coëtmalouen, il mourut le 14 juillet 1661. En 1662, Jean du Val Broutel, aumônier de la reine, décédé en 1673. 

En 1672, transaction passée entre les révérends père prieur et religieux de l'abbaye de Coëtmalouen d'une part ; et haute et puissante dame Henriette de la Tour d'Auvergne, marquise de là Moussaye et comtesse de Quintin d'autre part. Protestante fort entêtée et fort zélée, elle souffrait beaucoup de se voir forcée de payer la dîme à des religieux. L'abbaye de Coëtmalouen revendiquait le droit de percevoir des rentes sur les terres convenanciéres et domanières dépendantes de la seigneurie d'Avaugour dans les trêves de Sain-Fiacre, entre les bois, et de Senven-Léhart, paroisse de Plésidy. Les religieux abandonnèrent toutes, leurs prétentions, à la condition que le seigneur de Quintin et ses successeurs feraient conduire à Coëtmalouen et livrer dans le grenier de l'abbaye 22 boisseaux de seigle, mesure commune du marché de Quintin. Cet acte est signé : Michel CHASSIN. 

En 1674 , François Gobelin, aumônier du roi, décédé en 1691. En 1690, Jean Etourny gouvernait la maison comme prieur régulier, et frère Guillaume Le Saux était procureur de l'abbaye ; ils donnaient tous deux un aveu en cette qualité. En 1691, Pierre Oger de Cavoye, d'une illustre famille de Picardie, décédé en 1708. En 1709, Jean-Joseph Languet fut nommé abbé de Coëtmalouen. C'était l'un des prélats les plus distingués de l'Eglise de France. Tout le monde connaît son profond savoir, son zèle pour la pureté de la foi, et ses nombreux combats contre la secte janséniste. Il fut évêque de Soissons en 1715, et archevêque de Sens en 1731 ; il conserva son titre d'abbé de Coëtmalouen jusqu'à sa mort, arrivée en 1753. Ce fut dans ce temps que l'on reconstruisit la maison abbatiale. En 1753, Antoine-Joseph des Laurents, d'abord vicaire général, puis évêque de Saint-Malo, prit possession de l'abbaye, et mourut en 1785. En 1775, Don Charles Sainglois, prieur de l'abbaye royale ( sic ) de Coëtmalouen, nommait une cloche pour l'église de Kerpert. Les hermines de Bretagne sont en relief, et l'écusson du prieur, accompagné de la crosse et de la mitre, est placé au-dessous. En 1785, N. Goyon, chanoine et vicaire général de Rennes, prit possession de l'abbaye ; il fut le dernier anneau de cette longue chaîne d'abbés qui, pendant près de sept siècles, se succédèrent à Coëtmalouen. — D'après M. de Courcy, il aurait été grand-oncle du général de Goyon, sénateur et aide-de-camp de l'empereur Napoléon III, vers 1864. 

La révolution ne tarda pas à éclater, et elle fit sentir ses rigueurs jusque dans cette solitude presque ignorée. Les cinq ou sept religieux qui l'habitaient furent obligés de prendre la fuite. Ils ne pouvaient croire que cet orage dût bouleverser aussi radicalement la France et ses institutions : dans cette prévision, ils déposèrent dans un lieu secret les archives et les objets de prix ; mais les yeux indiscrets d'un enfant étaient là ; quelques jours plus tard, il recevait cent cinquante francs pour découvrir ce précieux dépôt. — Le district de Guingamp avait envoyé ses commissaires pour procéder à la saisie et à la vente de tout le mobilier ; ces hommes avaient apposé leur sceau sur tous les meubles et appartements, ils croyaient leur proie en sûreté : ils se rendirent à Corlay pour y vendre les bestiaux ; pendant leur absence, trois habitants de Saint-Connan obtinrent la connaissance du lieu où l'on avait mis les archives, pénétrèrent, en brisant les sceaux, jusqu'à la cachette qui les recelait, et les brûlèrent, ainsi que les livres rentiers, manière fort commode de se libérer de ses obligations, et fort connue de tous les spoliateurs. Henri-Joseph Le Lepvrier, du village de Kerfinit, en Plésidy, acheta l'abbaye et quelques-unes de ses dépendances. Il exerçait alors les fonctions de juge au tribunal de Guingamp, et avait été procureur fiscal de la cour et juridiction de Quintin. Ses héritiers, après avoir enlevé et dispersé çà et là les divers ameublements de la chapelle, la revendirent à M. Pierre-Marie Loyer, avocat à Guingamp. En 1834, le dernier religieux de ce monastère vivait encore ; il écrivit à M. Le Roncay, recteur de Kerpert, en le priant de lui envoyer un peu de terre prise dans le bois auprès de la fontaine, appelée vulgairement Blai-Bu, cheveux rouges. On ignore le motif de cette demande. L'abbaye possédait une métairie noble, ainsi qu'on le voit dans une montre pour l'année 1543 (M. L. Audo).

Voir   Kerpert et l'abbaye de Coatmalouen " L'abbaye de Coatmalouen ". 

le manoir de Kerhelvez (XVIIème siècle) ;

les maisons de Saint-Urnan (XVIIème siècle), Gars-ar-Cloarec (XVIIème siècle), de Pors-ar-Gall (1716) ;

A signaler aussi :

le dolmen de Keranquéré (époque néolithique) ;

le menhir de Squiolec (époque néolithique) ;

les deux tumuli de Succagnou (âge de bronze) ;

le caveau ou dolmen de Keranquéré (âge de bronze) ;

l'enceinte de Kergrist–Lan (époque néolithique) ;

la découverte d’un dépôt de haches de bronze à Coldesquient (âge de bronze) ;

le lavoir de Saint-Urnan (XVIIIème siècle) ;

près du village de Saint-Urnan , dans un champ nommé Pare-Guibelen, on trouve les vestiges d'une chapelle dédiée à saint Yves. On vient encore prier sur ses ruines en 1864 (M. L. Audo - 1864).

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ANCIENNE NOBLESSE de KERPERT

Kerlabourat paraît avoir été, après l'abbaye de Coëtmalouen, le principal fief de Kerpert ; il avait moyenne et basse justice, et le seigneur faisait rendre ses jugements au bourg. On croit qu'il avait les principales prééminences dans l'église où l'on trouve des labbes et enfeux avec écussons, mais tellement frustes et badigeonnés en 1864, que l'on ne sait à qui les attribuer. En 1481, d'après la montre de Cornouaille pour Saint-Gilles-Pligeaux, Kerlabourat était à Olivier Nédellec. — En 1543, Pierre Nédellec fait aveu pour le manoir et maison noble de Kerlabourat. En 1615, on trouve Suzanne Nédellec dame douairière de Belle-Noé. Les armes des Nédellec étaient de sable au cerf passant d'or. — On croit que Hervé Nédellec, général de l'ordre des Frères-Prêcheurs, mort à Narbonne en 1323, était de cette famille, ainsi que Henri Nédellec, qui figure dans une montre reçue par Even Charruel. En 1545, Jacques de la Motte, sieur de l'Orfoeil, comme curateur de haut et puissant seigneur Laurent de la Motte, sire de Vauclair, donne un aveu pour le moulin de Kerpert, dit aussi de Kerlabourat, pour plusieurs terres nobles et convenancières, situées à Kerlabourat et à Kechelvé (Kerhelvez ?) ; il déclare avoir juridiction sur tous les hommes qui habitent ces lieux. En 1554, aveu de Jehanne Visdelou, dame douairière de Vauclair. En 1620, aveu de Jean de Tréal et de Marie des Ramées. En 1691, Vincent Hamon et Fiacre Le Gonidec font aveu pour la moitié de la dîme de Kerlabourat. Les Quelen et les La Rivière ont pris quelquefois le titre de seigneurs de ce lieu. Vers 1864, on voit encore quelques restes du château de Kerlabourat. C'était un édifice de la fin du XVIème siècle ou du commencement du XVIIème (M. L. Audo). 

Kerscoadec, manoir et métairie nobles. En 1641, le seigneur de Quintin adressa une requête au Parlement de Bretagne pour obtenir d'être maintenu dans son droit et dans la mouvance de la terre de Kerscouadec (ou Kerscoadec), que le seigneur de Kerlabourat prétendait faire relever de sa juridiction. En 1657, aveu de Jean Jégou, époux de Catherine de Kérénoz (M. L. Audo). 

Garz an Cloarec (ou le Fossé du Clerc), manoir et métairie noble, était à Guillaume Le Fur, d'après la montre de Cornouaille, pour l'année 1543. Dés 1535, il avait épousé Jehanne Le Bahezre. Les Le Fur avaient pour armes d'argent au pin de sinople. En 1580, aveu de Nicolas Le Groët ou Graët, et d'Anne Le Fur. En 1595, Philippe Le Fur est compté parmi les ligueurs, assiégés dans la ville de Quimper. En 1612, Françoise Le Fur. Cette terre fut partagée en quatre parties, comme on le voit par les aveux d'Elie Geffrain, sieur de Folleville, en 1645, et de Christophe Le Mintier, en 1647. Aveu de Jacques Le Mintier et d'Olive Ducos. Catherine Le Mintier, épouse séparée de biens de Jean de la Rivière, sieur de Crémieux (ou Grémieux), afféagea des terres au village dé Sulcaniou, et prétendit en retenir la mouvance ; la cour de Quintin réclama contre ses prétentions et fit reconnaître ses droits (M. L. Audo). 

Kerdrein, manoir et domaine noble, appartenait, en 1481, à Olivier Le Forestier, et était représenté à la montre de Cornouaille par Jehan Philippe, archer en brigantine. Jean de Poulmic, seigneur de Grand-Isle, épousa vers ce temps Marguerite Le Forestier. En 1586, Jean Blévin, sieur de Keroureau, et procureur de Gabriel, marquis de Goulaine, baron de Blézou, époux de Françoise de Bretagne, vendit le manoir et domaine de Kerdrin à Yves de Kéremar, sieur de Kerstanguy et à François de Poulmic de Grand-Isle (M. L. Audo). 

Penpoullou ou Penpoullo était à la famille de ce nom. En 1462, Guillemette de Penpoullou épousait Philippe du Ponthou, sieur de Kerauter en Sainte-Tréphine. En 1481, Alain Penpoullou, archer en brigandine, lors de la montre de Cornouaille, reçoit l'injonction d'avoir un autre archer dans sa compagnie. En 1500, Jehan de Penpoullou épousa Jehanne Le Bahezre, il se remaria plus tard avec Jehanne de Quelhenec. Cette famille semble être sortie du Leslay, où l'on trouve encore un manoir de ce nom. Dès le XVème siècle, un Penpoullou avait épousé une Boisgelin, comme on le voit dans l'écusson mi-parti de Penpoullou et de Boisgelin, placé sur le piédestal d'une croix élevée par le Rhun, dans la paroisse du Vieux-Bourg de Quintin. En 1543, André Penpoullou. En 1623, Riou Guiller, sieur de la Ville-Neuve Coëtdicquel, en Plussulien, et Isabeau de Penpoullou, sa mère, afféagent un convenant, situé à Kertanguy (M. L. Audo). 

Botquen, métairie noble, était en 1623, à Mathurin Le Coniac (M. L. Audo). 

 

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc en 1480 et de Tréguier en 1481, on ne comptabilise la présence d'aucun noble de Kerpert. Kerpert dépendait jadis de Saint-Gilles-Pligeaux.

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