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ILE-D'ARZ |
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La commune de
l'Ile-d'Arz ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de l'ILE-D'ARZ
Ile-d'Arz signifie, semble-t-il, île de lours.
En 1008, le duc Geoffroy de Bretagne donne la partie sud de l'île-d'Arz à saint Félix, abbé de l'abbaye Saint-Gildas-de-Rhuys, et les moines y construisent un prieuré et une église dédiée à Notre-Dame. En 1033, Alain III, duc de Bretagne, donne la partie nord de l'île-d'Arz à l'abbaye Saint-Georges de Rennes et fonde un second prieuré : "Qu'il soit connu de tous ceux qui portent le caractère de chrétien que Alain, par la grâce de Dieu, duc des Bretons, a donné pour le salut de son âme et de celles de son père, de sa mère, de son frère, et pour le bonheur de ses enfants, la moitié de l'Ile d'Art, avec tous les droit et coutumes qui appartiennent au comte, d'une manière absolue et perpétuelle, à Saint-Georges (de Rennes) et aux soeurs qui y servent Dieu. Si quelqu'un veut s'opposer à cette donation, qu'il soit séparé de la communion des fidèles et qu'il reste éternellement excommunié par les évêques présents, à moins qu'il ne fasse pénitence" (D. Morice). Le prieuré de Saint-Georges comprend toute la partie Nord-Est de l'île-d'Arz, jusqu'aux îles Drénec inclusivement. L'autre moitié de l'île dépend du prieuré de Notre-Dame, membre de Saint-Gildas-de-Rhuys. Ces deux prieurés possèdent un droit de haute, moyenne et basse justice.
L'île d'Arz sappelait autrefois l'île des Capitaines. L'île d'Arz est érigée en commune en 1790. Son territoire englobe six îles : l'île de Piren (ou Spiren), l'île Le Mouchiou (ou Mouchioux), l'île Lerne, l'île Drénec (3 îles), l'île Ilur et l'île Iluric. Ilur est annexée à l'Ile-d'Ars en 1615.
Un prêtre d'Ilur (presbiterum d'Ilur) est mentionné en 1251 lors d'une contestation qui l'oppose à des laïcs. Ylur était paroissiale vers 1330 et jusqu'en 1615 (date de son annexion à Arz). L'église prieurale devient paroissiale après la déchéance de l'ancienne paroisse d'Ilur.
Nota : Légende de l'île d'Arz : "4 000 ans avant notre ère, l'île d'Arz était reliée à l'île des Moines, sa voisine, par un isthme dont il ne reste que la pointe de Brouël sur l'île d'Arz et la pointe de Brouhel sur l'île aux Moines. Un jeune homme de l'île d'Arz tomba éperdument amoureux d'une fille de l'île aux Moines. Ses parents s'opposèrent au mariage et le firent enfermer chez les moines. Mais cela n'empêcha pas la belle de se rendre tous les jours près de lui. Désespérés, les parents demandèrent à l'abbé du monastère d'attirer sur le couple la colère divine. Un soir, alors que la jeune fille traversait l'isthme pour rejoindre son galant, les vagues se levèrent à l'appel du prieur, la mer submergea l'étroite bande de terre, noya l'amante et sépara définitivement l'île d'Arz de l'île aux Moines".
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PATRIMOINE de l'ILE-D'ARZ
l'église de la Nativité de Notre-Dame (XIIème siècle), restaurée en 1396, 1412, 1553, et entre 1836 et 1840. Une partie de la nef et le carré du transept datent de la seconde moitié du XIIème siècle. En effet, le carré du transept, avec ses grandes arcades à cintre brisé reposant sur des colonnes engagées à chapiteaux romans, est du XIIème siècle. Les chapiteaux de ces colonnes, tous différents, sont sculptés d'animaux grotesques. La nef est éclairée au sud par de petites fenêtres à linteau échancré, et une croisée formée de quatre arcades en tiers-point, qui sont des témoins de l'ancienne construction romane. De 1396 à 1412, la charpente de la nef est entièrement refaite par Jehan Pierre, charpentier de l'Ile d'Arz : "L'an mil IIIcc IIIIxx XVI fut ceste yglise par Johan Pierrs, charpent. d'Art, lan mil CCCC et XII Iohan piers charpenter, fut ceste yglèse clocsée" (inscription sur les sablières de la nef). Le choeur à cinq pans, étayé de contreforts inachevés et dont les trois fenêtres sont surmontées de gâbles à l'extérieur, date du XVIème siècle et fut couvert en 1553 d'une charpente à sablières et entraits sculptés : "L. M. VccL. LLL. le VIe jour de apvril fu commence le bouais de ce choeur d'Ars, miseur P. de Venetis" (inscription sur les sablières du choeur). Le choeur est terminé par un chevet à trois pans couvert en 1553. La nef et les bras du transept sont très remaniés et l'on édifie une chapelle à l'angle de la nef et du croisillon Nord, au XVIIème siècle. La toiture du choeur et celle de la tour, sur le carré, sont reconstruites en 1752-1753 aux frais des prieurs, et l'église repavée. La tour carrée, romane à l'origine, a été très dénaturée. Au XIXème siècle, on allonge la nef d'un porche entre deux chapelles contenant l'une des fonts baptismaux, l'autre un escalier menant à la tribune construite à la même époque. Devant ce porche on replaque tant bien que mal la façade du XVème siècle dont le portail surmonté d'un gâble est en même temps très remanié. Les pinacles qui amortissent les contreforts sont également refaits. La charpente, dont on n'a gardé que les entraits et sablières, est remplacée par une voûte sur la nef et le choeur. La sacristie et la partie occidentale de la nef datent de 1836-1840. L'ensemble (charpente et voûte) a été restauré entre 1980 et 1990. A l'intérieur, on peut remarquer un bénitier polygonal encastré dans le mur ainsi que deux anges en haut-relief tenant des écussons, aux angles de la charpente de la nef. La peinture "Déposition de la Croix", oeuvre du peintre Lhermitais de Vannes (1700-1758), date de 1754 ; | |
le prieuré Notre-Dame, reconstruit au XVIIème - XVIIIème siècle. Le prieuré de Notre-Dame est créé dès 1008 et son titulaire est dès l'origine le recteur de l'île entière (il possède à ce titre la dîme sur toute l'île). Si plus tard le prieur de Notre-Dame cesse de lever la dîme sur le territoire du prieuré de Saint-Georges, moyennant une rente fixe de huit "perrées" de froment par an, c'est le résultat d'un accord particulier. Le prieur de Notre-Dame n'a pas de chapelle spéciale : l'église de Notre-Dame est à la fois paroissiale et prieurale. C'est donc un prieuré-cure. La demeure des religieux est attenante à l'église et au cimetière, et a un jardin muré, sans compter une métairie de douze journaux et un moulin à eau. Quand le prieur-recteur rentre à l'abbaye, il est remplacé par un prêtre séculier, qui a le titre de vicaire perpétuel, et reçoit pour sa subsistance une partie des dîmes et tout le casuel. Ce vicaire est naturellement à la présentation de l'abbé de Rhuys et à l'institution de l'évêque. Le vicaire perpétuel, chargé de desservir toute l'île d'Arz, reçoit une portion congrue, non seulement du prieur de Notre-Dame, mais aussi de la prieure de Saint-Georges : chacun contribue pour une moitié. En 1790, la portion congrue est fixée à 100 livres, mais plus tard elle est augmentée, et portée à 200, puis 400. Le titre et les revenus du prieuré tombent en commende au XVIème siècle. On rencontre comme titulaires : Jean du Plessis (en 1514), Louis du Botderu (en 1540 et en 1575), Jacques du Botderu (en 1580), Georges Trébiet (en 1592), Noël Gâtechair (en 1601), René du Botderu (en 16..), Jacques Morin (en 1631), René Gouézault (en 1642), Jérôme de Laubrières (en 1666), Louis Maille (en 1702), Dom Georges Botherel (en 1703), François de Castellane (en 1725), Michel-Ange Pétricini (en 1750), François de Lironcourt de 1759 à 1791). En 1720, le prieur de Notre-Dame retire environ 360 livres de sa dîme, 200 livres d'une vigne, 165 livres du moulin, 90 livres d'un tonneau de froment et 60 livres de la ferme des terres, au total 875 livres. Plus tard, en 1756, son revenu net est évalué à 1 150 livres. Vers 1756, se produit une singulière réclamation : le prieur de Notre-Dame, trouvant que son domaine ne forme plus la moitié de l'île, réclame 80 journaux de terre à Saint-Georges. Le coupable était la mer qui avait lentement rongé le rivage. La révolution vient à son tour, et elle emporte le tout. Le 6 juillet 1795, la maison et le jardin du prieuré sont adjugés à M. Le Barre, pour 12 550 livres. Une prairie et des terres à l'île de Spiren au même, pour 11 000 livres. Le même jour, M. Brulon se rend acquéreur du clos de vigne pour 15 500 livres. La grande prairie et la terre du Berno pour 13 025 livres. Le moulin est vendu dès 1791 au sieur Guillemet, pour 1 900 livres et il est revendu le 10 août 1797 à J. P. Fabre, pour 2 046 livres. Ce qui donne un total 54 115 livres. Le logis sert de nos jours de mairie-école (J. M. Le Mené) ; | |
la maison priorale de l'abbaye Saint-Georges. La juridiction de Saint-Georges se maintient jusqu'en 1700 et dans les premiers temps, elle s'exerce à Vannes dans la salle du Présidial. Outre le domaine féodal de la moitié de l'île, la prieure a la propriété d'une maison prieurale, d'une grande pièce de terre, d'un pré et d'un colombier à Kernoel, d'un moulin à vent, de l'île du Drénec, et de 4 pièces de terre en Sarzeau. Elle paye la dîme sur ses terres au prieur de Notre-Dame, qui est le recteur de toute l'île, mais plus tard elle s'affranchit de ce tribut, moyennant une rente fixe de 8 "perrées" de froment par an, et l'obligation de contribuer à la pension du vicaire général. La Révolution supprime dès 1790 toutes les dîmes, puis elle vend les immeubles : - le pré de Kernoel est adjugé, le 20 avril 1791, à M. du Guernic, pour 240 livres, - la pièce de terre, le 27 avril, à M. Bernard, pour 4 150 livres, - le moulin à vent, le 4 juin 1791, à J. P. Fabre, pour 3 525 livres, - la maison prieurale, le 6 juillet 1795, à M. Brulon, pour 2 500 livres, - et enfin l'île du Drénec, vendue dès le 2 mars 1791, au sieur Guillemot, pour 375 livres, est revendue le 12 août 1797 à J. P. Fabre, pour 438 livres (J. M. Le Mené) ; | |
la chapelle Notre-Dame de Lourdes (1881), situé sur l'île Ilur. Cette chapelle, de forme rectangulaire, est dédicacée à Notre-Dame de Lourdes le 2 mai 1882. Elle remplace, semble-t-il, l'ancienne église romane du XIème siècle en forme de croix latine avec une abside semi-circulaire. En effet, lors de la construction de la chapelle, en 1881, des sarcophages en granite ainsi que plusieurs sépultures ont été mis à jour ; | |
le manoir de Kernoël (XIII-XIVème siècle). Siège d'une ancienne seigneurie ayant appartenu à la famille de Kernoël puis Hamon (jusqu'au début du XVème siècle). Puis le manoir devient la propriété successive des familles Léhen (en 1440 avec Antoine Lehen, et en 1477 avec Pierre Le Hen), Le Cloérec (après 1477 et au XVIème siècle), de Guillaume Court (en 1656), de Jacques Thoumin de Kernégan (de 1668 à 1724), et de la famille Du Guernic (en 1730). Le manoir est saisi à la suite d'un procès avec l'abbaye Saint-Georges de Rennes et dévolu à Guillaume Court. Les chouans saccagent le manoir à plusieurs reprises : en mars 1795, en février 1798 et le 12 février 1800 ; | |
la maison de marin (XVIIème siècle), située au village de Pennero et restaurée au XIXème siècle ; | |
la tombe de François Rio (1874). François Rio (1797-1874) est un écrivain et critique dart ; | |
le moulin de Béluré (XVIIème siècle) ; |
A signaler aussi :
plusieurs monuments mégalithiques à Pen Raz, Gréavo, Cap de Brouel, Pennéro, Pen-Louis ; | |
les dolmens de Pen-Louis (IV-IIIème millénaire avant Jésus-Christ) ; | |
les salines solaires du XVIIIème siècle ; | |
l'ancien village paludier de Quéléron (XVIIIème siècle) qui remonte, semble-t-il, au XIIIème siècle ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de l'ILE-D'ARZ
A la réformation de 1440, on comptabilise la présence de plusieurs nobles à Ile d'Arz : Ollivier d'Arz et Hervé de Lynas, Antoine Lehen, Jouhan Quintin.
Lors de l'enquête des exempts de fouage de 1448, on comptabilise 4 nobles de l'Ile d'Arz : Jehan de Lohan (Kereleguan), Anthoine Lehen (Kernoël), Jouhan Quintin, Jouhan Conq ou Couq.
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464, on comptabilise la présence d'un seul noble de l'Ile d'Arz :
Anthoine LEHEN (10 livres de revenu) : porteur d'un paltoc et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'une fouge ; ; |
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 21 avril 1477, on comptabilise la présence de 3 nobles de l'Ile d'Arz :
Pierre LE HEN (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'un arc ; | |
Veuve Jehan de FONTENNEMONT, remplacée par Ollivier Lehen : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armé d'une vouge et d'une épée ; | |
Geffroy KERSTAB (100 soulz) : porteur d'un paltoc, comparaît armé d'une vouge ; |
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