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HAUTE-GOULAINE |
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La commune
de Haute-Goulaine ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de HAUTE-GOULAINE
Haute-Goulaine vient de la rivière la Goulaine et de sa position topographique.
Au VIème siècle, est édifiée une chapelle dédiée à saint Martin (de Vertou), disciple de saint Félix (évêque de Nantes de 550 à 583). La paroisse ou trève, qui est à l'origine sous le patronage de sainte Radegonde, date certainement de la même époque.
La paroisse de Goulaine est fondée entre le XIIème et le XIIIème siècle. Ce n'est qu'à partir de 1287 que l'on distingue les deux paroisses de Goulaine (Basse-Goulaine et Haute-Goulaine).
L'histoire de la commune de Haute-Goulaine se confond avec celle de la famille Goulaine (Marcis de Goulaine vit au XIIème siècle). Au XIVème siècle, Jean II de Goulaine obtient le droit de créer une foire le jour de la Saint-Martin. C'est en faveur de Gabriel de Goulaine (époux de Marguerite de Bretagne) qu'Henri IV érige la seigneurie de Goulaine en marquisat. Au XVIIème siècle, le manoir des Cléons, situé sur le territoire de Haute-Goulaine, appartient à Mme de Sévigné (née de Rabutin-Chantal). Les terres et le château de Goulaine appartenant à Jean de Baille Hache, marquis de Goulaine, sont achetés en 1788 par Piter Deurbroucq (armateur et négociant d'origine hollandaise).
Les vendéens établissent un camp aux Cléons et un autre à La Loué.
Note 1 : on mentionne plusieurs familles nobles : les de La Forêt d'Armaille (aux Montys-Férusseaux), les Bachelier de Bercy (au Carteron), les Mosnier de Thouaré, Bougrenet de La Tocnaye, puis du Boisguéhéneuc (à la Rabillardière), les du Boisguéhéneuc (à La Châtaigneraie). A noter que Le Carteron est acquis par la suite par la famille Douault (riches armateurs et planteurs déjà propriétaires de l'Hôtel d'Aux, place Louis XVI à Nantes) et les Montys-Férusseaux sont acquis par la famille Thébaud ou Thébaut (négociants nantais).
Note 2 : liste non exhaustive des maires de la commune de Haute-Goulaine : Janeau (jusqu'en 1807, avec comme adjoint du Perrier), Pierre Douault (1807-1810), Claude David (1810-1815), De Coussy (1815-1817), Pierre Etaise (1817 à 1825), François Scheult (1825-1830), de Lepré, Pierre Brelet (1835-1842), Jean Cremet (1843-1849), René Héron (1849-1855), Henri Leroux (1855-1870), Bougrenet de La Tocnaye (à partir de 1870), Pierre Arnaud, Pierre Godefroy, Pierre Brossaud, Elie Bardoul (1892-1912), .... A signaler quelques gardes-champêtres : Pierre Jamoneau (à partir de 1845), René Buisson, François Mougenot de 1866 à 1871, Mathurin Leray, Théophile Maltête, Joseph Maltête.
Note 3 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Haute-Goulaine : Etienne Godard, Pierre Douet, Guyot, Bouyer, Jean Béconnais, Cousin, Curet, Mercier, François Guinel, Pierre Ménard, ...
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PATRIMOINE de HAUTE-GOULAINE
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l'église paroissiale de Haute-Goulaine (XIXème siècle). La première église est bâtie en 1079. Un second édifice est élevé au XIVème siècle et détruit en 1878 à cause de sa vétusté. Une tribune avec un escalier est édifiée en 1818. Une chaire est placée en 1820. Enfin en 1877-1880 c'est la reconstruction complète de l'église moyennant 110 000 francs (" ..il y eut d'importante souscriptions : en 1877, Douault, du Cartron, donne 2 000 francs ; Bardoul, propriétaire de La Bourrelière, donne 1 000 francs ; Henri Bougrenet de La Tocnaye donne 5 000 francs ; Chaillou des Cléons donne 1 000 francs ; Couëtoux de l'Ile Chaland donne 1 000 francs ; Adolphe Tocnaye de La Rabillardière donne 1 000 francs ; de Maisonneuve de La Hauture donne 1 000 francs ; la veuve Dianoux et Audap donne 1 000 francs ; Louise du Perrier donne 500 francs ; Chiron de La Casinière donne 300 francs ; la baronne de Blais aux Montys-Férusseau donne 3 000 francs ; le comte de Goulaine donne 2 500 francs. Plus de nombreux dons de 100, 50 et 20 francs, ...." - tiré des Annales du Pays nantais, 1972). Le clocher n'est achevé qu'en 1896. Le gisant, qui est situé dans le transept, représente Jehan III de Goulaine (décédé en 1463) et son épouse Jeanne Eder (ou Héber de La Haye), inhumés au XVème siècle. Le sire de Goulaine avait les droits de « supériorité et fondation de l'églize Sainte-Radegonde de Haute-Goulaine, avec lizière dedans et dehors, enfeu et banc dans le choeur et mesme en icelle églize une chapelle dite la chapelle Creuse de Goulaine, en la muraille de laquelle est une arcade où sont les tombeaux et représentations des seigneurs de Goulaine » ; | |
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la chapelle Saint-Martin (1815). La chapelle primitive semble remonter au Vème siècle. Elle est reconstruite en 1714, puis en 1815 (financé par la comtesse de La Tocnaye, propriétaire de La Châtaigneraie). Le vitrail du choeur représente Saint Martin de Tours, évêque ; | |
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le calvaire (vers le XIXème siècle) de Saint-Martin ; | |
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le château de Goulaine (X-XV-XVIIème siècle). Propriété de la famille Goulaine (sauf entre 1788 et 1858). Il a appartenu en 1180 à Jean de Goulaine, gouverneur de Nantes. Henri IV et Louis XIV y ont couché. En 1539, l'évêque de Quimper est sacré dans la chapelle. Il est érigé en marquisat en 1621. Les armes des seigneurs de Goulaine étaient mi-parti d'Angleterre et de France. Le corps du logis principal date du XVème siècle (vers 1480). Deux ailes sont édifiées au XVIIème siècle et encadrent la façade sud. Les écuries et la chapelle privée sont édifiées entre 1610 et 1643. La grosse tour à mâchicoulis et le pont-levis datent du Xème siècle (pour ce qui concerne le soubassement) et du XV-XVIème siècles. La tour est surélevée au XVIème siècle. La cave du château date du X-XVème siècle. L'autre tour, la "tour Yolande", date du XVème siècle et fait référence à Yolande de Goulaine, qui en l'absence de son père, avait défendu le château contre les Anglais (sur la porte en ogive existe un buste de femme dont la tête est couverte d'un casque). Le Salon Bleu date du début du XVIIème siècle. Il appartenait jadis à M. de Rosmadec, marquis de Molac, seigneur de Dronges, avant d'être vendu en 1788 à l'armateur Deurbroucq, puis racheté par l'aïeul du^propriétaire actuel, le marquis de Goulaine ; | |
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le manoir de La Bonodière (fin du XVIIIème siècle). Il possède une chapelle privée dédiée à la Vierge Marie. Propriété de la famille Olivier au XXIème siècle ; | |
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le manoir du Cartron (XIXème siècle), édifié à la place d'un château du XVIème siècle. Propriété de la famille Ruiz (armateurs espagnols, propriétaire aussi du château de Carcouët à Nantes) du XVIIème au XVIIIème siècle, puis de la famille Liberge. Le château et la chapelle sont incendiés durant la Révolution ; | |
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le manoir des Montys (1813), œuvre de l'architecte François Léonard Seheult. Propriété des familles Gouin, Sudry et Bentz ; | |
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7 moulins dont le moulin (XVIII-XIXème siècle), situé rue des Minotiers à La Louée ; |
A signaler aussi :
| les constructions gallo-romaines des Cléons s'étendent sur une surface de près de 20 hectares. Découverte d'un atelier de pierres taillées (période préhistorique) et d'un trésor de monnaies comportant environ 1 300 pièces de bronze avec effigies allant de 240 à 295 après Jésus-Christ ; | |
| découverte d'une hache polie dans les marais de Goulaine qui dépendaient au XIIème siècle du domaine de Briacé, au Landreau ; | |
| l'ancien logis du Plessix-Renard. Propriété successive des familles du Matz, Gougeon, de Gouyon, Mesnard du Pavillon, du Boisdavid, Cathelineau, Godefroy. Le logis est brûlé durant la Révolution et il ne subsiste qu'une fuie ; | |
| l'ancien logis des Cléons. Propriété des familles Chaillou, puis Bertrand. René Chaillou épouse la fille de Jean Fontaine, négociant en vins et régisseur du marquisat de Goulaine ; | |
| l'ancien logis de la Bourrelière. Propriété successive des familles Savariau, Charles (jusqu'au milieu du XIXème siècle) et Bardoul, avant d'être transformé en collège religieux. A noter que Elie Bardoul est maire de Haute-Goulaine de 1892 à 1912 : | |
| l'ancien logis de Belaître. En 1800, propriété de Michel du Perrier, époux de Marie Veillet (fille de Luc et d'Anne Gigault). Zoë du Perrier épouse Jacques Dianoux en 1832 ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de HAUTE-GOULAINE
Le marquisat
de Goulaine
: Le château de Goulaine, en la paroisse de Haute-Goulaine est une des plus
belles demeures seigneuriales qui nous soient restées.
La partie
principale de l'édifice consiste en un magnifique logis de styles ogival-fleuri
et renaissance, placé au fond d'une vaste cour qu'entourent des fortifications
beaucoup plus anciennes remontant en partie, dit-on, au XIIème siècle. «
Sa riche façade porte tous les caractères de la fin du XVème siècle ou du
commencement du XVIème : tourelles en encorbellement, ogives en accolade,
hautes fenêtres dessinant leur pointe aigue
sur le toit et s'encadrant avec les fenêtres inférieures, de manière à
former toute une suite de riches ornementations perpendiculaires. Les
appartements ne sont pas décorés avec moins de luxe, et, chose rare, ils
conservent, après plusieurs siècles, une étonnante fraîcheur de décoration.
On remarque surtout deux salles dont les poutres sculptées sont rehaussées
d'azur et d'or » (Bretagne contemporaine, I 48).
La
famille de Goulaine, qui subsiste toujours et possède encore cette belle
habitation, est une des plus distinguées et des plus anciennes de Bretagne ; on
sait qu'elle porte depuis bien des siècles pour blason mi-parti d'Angleterre et de France, en souvenir des services rendus
à la patrie par un de ses membres qui sut ménager la paix entre ces deux
nations (nota : les armes anciennes de Goulaine étaient de gueules à trois croisettes d'argent - Revue hist. de l'Ouest. Mémoires,
X. 552). Nous ne pouvons que résumer brièvement ici la généalogie de cette
illustre maison.
Marcis de
Goulaine est le premier seigneur du lieu que l'on connaisse : du temps de Brice,
évêque de Nantes (1112-1139) il donna à l'abbaye de Vertou toutes les dîmes
et oblations des églises de Sainte-Radegonde de Goulaine et de la
Chapelle-Heulin et offrit à Dieu en ce monastère deux de ses fils (Dom Morice,
Preuves de l'Histoire de Bretagne, I 561) — Vint ensuite Jean Ier de Goulaine,
témoin en 1149 de la fondation du prieuré des Coëts (Dom Morice, Preuves de
l'Histoire de Bretagne, I 603) et gouverneur de Nantes en 1158. — C'est à
Mathieu Ier, sire de Goulaine en 1170 et décédé en 1201 qu'Auffret de
Missirien attribue l'heureuse négociation entre les rois de France et
d'Angleterre dont nous venons de parler. — Mathieu II, seigneur de Goulaine et
fils du précédent prit les armes pour venger l'assassinat d'Arthur de Bretagne
— Pierre Ier vivait en 1260 et eut pour successeurs, Pierre II, Guillaume Ier
et Pierre III ; ce dernier épousa Isabeau de la Jaille qui était veuve de lui
en 1345, — Guillaume II, époux d'Aimable de Machecoul, fut tué au siège de
la Roche-Derrien (1347). — Guillaume III, son fils, suivit le parti de
Montfort et vit ses terres ravagées par les Français ; il avait épousé Marie
de Rougé. — Jean II s'unit d'abord à Marguerite de Lesnérac, puis à Jeanne
de Rames il eut de cette dernière Jean III marié en 1389 à Jeanne Eder et
mort en 1428. — Jean IV, petit-fils du précédent lui succéda, épousa
Marguerite de Saint-Gilles et décéda en 1463. — Christophe Ier, mari de
Louise de la Jumelière, mourut en 1492 et eut pour successeur son fils
Christophe II qui épousa : -1° en 1497 Renée Amenard. -2° Claude de
Montejean. C'est à ces deux seigneurs que l'on attribue la construction du
somptueux château de Goulaine. Christophe
II laissa quatre fils qui furent tous successivement seigneurs de Goulaine après
lui : René mort en 1530 sans avoir été marié, — François décédé en
1552 et Beaudoin tué en 1574, l'un et l'autre ne laissant pas de postérité
— enfin Claude qui s'unit à Jeanne de Bouteville, puis à Jeanne Pinart.
Gabriel Ier, sorti du premier mariage de Claude, épousa : -1° Suzanne de
Botheloy, -2° Marguerite de Bretagne dont il eut Gabriel II son successeur.
Celui-ci s'unit d'abord à Barbe Ruellan puis à Claude Cornulier et mourut en
1666. Gabriel II,
premier marquis de Goulaine, eut trois enfants : un fils unique Louis qui se fit
jésuite à Paris en 1654 et deux filles : Yolande mariée en 1647 à Claude
marquis du Chastel, décédée sans postérité et Anne femme de Sébastien
marquis de Rosmadec. Ces deux dames furent aussi l'une après l'autre marquises
de Goulaine. La dernière laissa, entre autres enfants : Sébastien et Jeanne. Sébastien
de Rosmadec mourut avant sa mère, laissant de son union avec Bonne d'Espinoze
un fils Michel-Anne de Rosmadec qui succéda à sa grand'mère en qualité de
marquis de Goulaine ; celui-ci épousa en 1736 Marie Le Fevre d'Ormesson dont il
eut Germain de Rosmadec, mort dès 1750 sans postérité. Le marquis de Rosmadec
survécut à son fils et à sa femme décédée en 1771 et mourut lui-même en
1786 [Supplément de la Généalogie de la maison de Cornulier (éd. de 1847) p.
129. — nota : il est à remarquer qu'en 1784 et 1786 Armand de Bruc fils de
Marie-Yolande de Goulaine (de son premier mariage avec François de Bruc) figure
comme marquis de Goulaine avant son frère utérin Jean-François de Baillehache].
Sa succession fut recueillie par Jean-François de Baillehache fils d'Henri de
Baillehache et de Marie-Yolande de Goulaine, fille elle-même de Louis-Samuel de
Goulaine, seigneur de Laudonnière, et de Jeanne de Rosmadec, soeur de Sébastien
de Rosmadec. Jean-François
de Baillehache, marquis de Goulaine en 1786, vendit cette terre, probablement au
fils de Charles de Goulaine seigneur de Laudonnière, décédé en 1769, et de
Renée du Bois de la Ferronnière morte elle-même en 1779. Ce fils nommé
Charles-Emmanuel, qualifié marquis de Goulaine, avait épousé Marie-Anne
Tardieu de Maleyssie en 1781. Lui et son frère cadet Henry de Goulaine périrent
à Quiberon en 1795 (Annuaire de la noblesse, 1896).
Châtellenie
d'ancienneté la seigneurie de Goulaine fut érigée en marquisat au
commencement du XVIIème siècle. Par brevet du 31 mars 1610, Henri 1V, voulant
récompenser de ses services Gabriel de Goulaine, unit les quatre châtellenies
de Goulaine, le Loroux-Bottereau, l'Epine-Gaudin et le Pallet, et érigea le
tout en marquisat sous le nom de Goulaine. Mais diverses formalités n'ayant pas
été remplies alors par Gabriel de Goulaine, ce brevet royal n'eut pas d'effet.
C'est pourquoi Louis XIII donna, en octobre 1621, au même Gabriel de Goulaine
des lettres patentes unissant de nouveau les quatre châtellenies susdites et y
annexant encore huit autres juridictions : la Brouardière, l'Audigère, la
Houdinière, la Tour-Gasselin, Oudonneau, Acigné-en-la-Chapelle-Heulin, le Châtellier
et les Cléons, le tout contigu et relevant du roi sous son domaine de Nantes.
Le roi érigea ensuite ce vaste ensemble de fiefs en marquisat de Goulaine. Les
lettres royales furent enregistrées à la Chambre des comptes de Nantes le 18 février
1632 (Archives de Loire Inférieure, B 74 – Archives du Parlement de Bretagne,
16e reg. 214). Plus
tard on unit encore à ce marquisat le Tourboureau, le Chesne, la Vannerie, la
Roche-du-Pont-de-Louan, la Géraudière et la Noë-en-Goulaine (Dictionnaire des
terres nobles du comté nantais).
Le
marquisat de Goulaine devint donc fort important : il se composa d'une quinzaine
de hautes justices et deux mille hommages furent dus à son possesseur. Il s'étendit
en dix-sept paroisses dont dix avec droit de fondation, savoir : Haute et
Basse-Goulaine, Le Loroux-Bottereau, la Chapelle-Basse-Mer, le Pallet, la
Renaudière, la Chapelle-Heulin, la Haye-Fouassière, Vallet et Saint-Fiacre.
Les sept autres paroisses étaient Saint-Sébastien de Nantes, Vertou,
Saint-Julien-de-Concelles, Mouzillon, Gorges, Monnières et Maisdon (Missirien,
Histoire généalogique historique des marquis de Goulaine).
Nous ne
pouvons entrer ici dans les détails d'une description de toutes les nombreuses
seigneuries dont nous venons de donner les noms, mais nous allons faire connaître
les quatre châtellenies qui formaient le noyau du marquisat.
-1° Châtellenie
de Goulaine. — Il y avait à l'origine deux seigneuries de Goulaine,
qualifiées l'une et l'autre de châtellenie : Goulaine en la paroisse de
Haute-Goulaine était le berceau de la famille de ce nom ; — Goulaine en la
paroisse de Basse-Goulaine appartenait anciennement aux sires de Clisson et fut
confisquée par Jean V sur Olivier de Blois et Marguerite de Clisson sa mère ;
plus tard cette seigneurie fut acquise par les sires de Goulaine et annexée à
leur châtellenie de même nom (Dictionnaire des terres nobles du comté
nantais).
Le château
de Goulaine s'appela longtemps l'Angle de Goulaine. C'était en 1696 «
un chasteau enfermé de douves et fossez avec pont-levis devant et derrière,
grand corps de logis ayant deux pavillons, grande terrasse flanquée de deux
bastions, chapelle Saint-Jacques et Saint-Christophe à l'entrée de
l'avant-cour, portail accosté de deux tours, jardins, promenoirs, allées, bois
et rabines, estang et moulin » (Déclaration du marquisat de Goulaine en
1696).
Dès 1428
les métairies nobles du Bois, la Tournerie, la Ville et Trécherie faisaient
partie du domaine de ce château ; en 1696 ce domaine comprenait de plus les métairies
nobles des Cléons, la Choislière, la Bigotière, le Pont-de-Louan, la Gasche
et la Vennerie. En
1433 le duc Jean V donna à Jean de Goulaine une île dans la Loire en face
Saint-Sébastien d'Aigue, à la seule obligation de lui offrir tous les ans le
jour de la Mi-août une paire de gants. Toute la paroisse de Haute-Goulaine était
tenue par le marquis de Goulaine, partie sous le domaine du roi, partie sous
celui de l'abbé de Saint-Jouin de Marne et partie sous celui du seigneur de la
Benaste. Le sire de Goulaine avait les droits de «
supériorité et fondation de l'églize Sainte-Radegonde de Haute-Goulaine, avec
lizière dedans et dehors, enfeu et banc dans le choeur et mesme en icelle églize
une chapelle dite la chapelle Creuse de Goulaine, en la muraille de laquelle est
une arcade où sont les tombeaux et représentations des seigneurs de Goulaine
». Il avait les mêmes « prééminences,
supériorité et fondation, lisière, banc et enfeu », en la paroisse de
Basse-Goulaine « tant en l'église qu'en
la chapelle Saint-Michel bastie dans le second cimetière ». Il avait
encore la présentation des chapellenies du château de Goulaine et de la
chapelle Creuse de Haute-Goulaine. Enfin il était patron et fondateur de «
la chapelle Saint-Martin de la Fontaine, située dans le grand commun près le
chasteau de Goulaine et où il se fait des processions de toutes les paroisses
circonvoisines, le jour de la feste Saint-Martin ». Le même jour se tenait
près de cette chapelle une foire dont les coutumes appartenaient à la
seigneurie de Goulaine (Déclaration du marquisat de Goulaine en 1696). Une
autre foire, appartenant également au sire de Goulaine, se tenait au bourg de
Haute-Goulaine à la fête de sainte Radegonde ; outre les coutumes ordinaires,
le seigneur de Goulaine y levait un droit de «
poitrinage » sur les bouchers, et de «
nomblage » sur les charcutiers, «
d'un pot par charge » sur les potiers et d'un denier sur les boulangers. Le
sire de Goulaine jouissait aussi d'un droit «
de ban et estanche sur les vendants vin » pendant quinze jours chaque année,
en la saison qu'il lui plaisait l'exercer.
Parmi les
rentes dues à la châtellenie notons deux paires de gants blancs que devaient
offrir à leur seigneur, la nuit de Noël à la messe de minuit, deux tenanciers
du bourg de Haute-Goulaine et deux gâteaux d'un boisseau de froment chacun, qu'étaient
tenus de lui présenter deux autres vassaux, l'un le jour de Noël, l'autre à
la fête des Rois. Le
seigneur de Goulaine avait un droit de pêche dans le lac du Pont-de-Louan et un
droit de quintaine sur tous les nouveaux mariés des deux paroisses de Haute et
Basse-Goulaine au jour désigné par lui, ceux-ci devaient se réunir, «
demander congé, monter à cheval, courir et rompre leurs lances », sous
peine d'amende ; le sieur de la Tréprie était obligé de leur fournir les éperons
nécessaires à cette course (Déclarations de Goulaine en 1533 et 1696).
La châtellenie
de Goulaine était une haute justice reconnue solennellement en 1398 par le duc
Jean IV. A cette époque, en effet, un nommé Simon de Lisle, habitant
Haute-Goulaine, maltraita si brutalement sa mère que celle-ci en mourut. Pris
par les officiers de la seigneurie il fut par ordre du duc jugé, condamné à
mort et exécuté par eux, quoique les juges de Nantes prétendissent, vu l'énormité
du crime, avoir droit de se saisir de cette affaire (Bulletin de la Société
archéologique de Nantes 1872, p. 67). Au
XVIIIème dernier le marquis de Goulaine avait créé une rosière dans la
paroisse de Haute-Goulaine ; le 14 octobre 1784, Marie Fonteneau élue rosière
par ce marquis, fut mariée dans la chapelle du château de Goulaine, après
avoir reçu « une couronne de roses bénites » (Revue historique de l'Ouest.
Documents, II, 170).
- 2° Châtellenie
du Loroux-Bottereau. — Les noms des premiers seigneurs du Loroux-Bottereau
paraissent dans une charte de 1105. A cette époque Allain, seigneur du Loroux,
fils d'Amalgod et père d'Akarias surnommé Bottereau, fit une transaction avec
l'abbé de Saint-Florent de Saumur (Bulletin de la Société archéologique de
Nantes 1868, p. 307). En 1294, Guillaume Bottereau, Geffroy de la Tour et Mahé
de la Celle possédaient chacun un tiers de la châtellenie du Loroux-Bottereau,
pour laquelle ils devaient ensemble un chevalier d'ost à l'armée du duc de
Bretagne (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 1112).
La
meilleure portion de la châtellenie avec le château du Loroux appartint
successivement aux sires de Machecoul (1341) et aux sires de Retz, — par acquêt
en 1434 au duc Jean V qui la donna à son frère Richard de Bretagne, — par
acquêt encore en 1474 au trésorier Pierre Landais dont un arrière-petit-fils
Odet de la Noue la vendit en 1594 à Gabriel de Goulaine. Une
autre belle partie de la châtellenie du Loroux appartenait encore à un
Bottereau en 1401 ; elle passa ensuite aux sires de Bazoges, d'Acigné et de
Montejean ; Claude de Montejean en épousant Christophe de Goulaine vers 1520,
lui apporta cette seigneurie.
Voici ce
dont se composait la châtellenie du Loroux-Bottereau, achetée en 1594 : « La ville du
Loroux-Bottereau en sa plus grande partie renfermée de murailles, douves et
fossez, dans laquelle on entre par quatre principales portes, avec fauxbourgs
alentour » ; —
« le chasteau du Loroux consistant en
murailles, douves, forteresse et deux cours closes » ; — les halles et
cohue, auditoire et prison dudit lieu ; — la métairie de la Duracerie ; —
un four à ban dans la ville, des moulins à vent et à eau, — des dîmes —
et des rentes par deniers, grains, chapons, etc. (Archives de Loire Inférieure,
E882). Le château du Leroux avait été, dit-on, rebâti par Landais ; « il n'offre plus que des ruines sans caractère au sommet d'un coteau
baigné par un étang ; on y voit encore l'entrée d'un souterrain »
(Bretagne contemporaine, I 48).
Au château
du Loroux étaient attachés les droits de guet et de capitainerie. En 1512 il y
avait six gentilshommes des environs, tenus de se présenter armés pour garder
ce château, chacun pendant quinze jours. C'était les seigneurs du Chesnay, la
Rongère, Beauchesne, le Pépucelle, le Plessix-Moessart et Briacé (Archives de
Loire Inférieure, v. Le Loroux). Voici en quoi consistait le devoir de chacun
d'eux : « Il doit chaque année comparoir
en personne, huit jours après l'assignation reçue, au chasteau du Loroux,
devant le seigneur et son capitaine, estant en appareil d'homme d'armes et
harnois blanc, monté à cheval, une lance à la main, l'espée au costé comme
homme d'armes doit estre pour défendre ville et chasteau.... et doit dire la
maison où il sera logé dans la closture de la ville, afin que si on a besoin
de luy on l'aille quérir en son logix ; et durant les quinze jours, tous les
matins, à l'heure du soleil levant, doit comparoir devant le capitaine et peut
après aller à ses négoces, pourvu qu'il retourne le soir comparoir après le
soleil couché.... Et doit laisser le licol de son cheval attaché à. l'étable
où il aura couché, quand il sera hors de ville, pour marquer qu'il y
retournera le soir ; et à la fin des quinze jours doit comparoir armé et à
cheval pour prendre congé » (Déclaration du marquisat de Goulaine en
1696).
Au
seigneur du Loroux-Bottereau appartenaient : la supériorité et la fondation de
l'église paroissiale dédiée à saint Jean-Baptiste, avec banc et enfeu au
chanceau : la fondation de la chapelle Sainte-Catherine dans le Grand-Cimetière
— le patronage et la présentation de l'aumônerie du Loroux, de la chapelle
Saint-Lazare et de l'hôpital qui y est contigu (nota : Catherine de Machecoul,
dame de la Suze, avait fondé cet hôpital et sa fondation fut confirmée en
1432 par son arrière petit-fils le fameux Gilles de Rets, seigneur du Loroux).
— Enfin les patronage et présentation des trois chapellenies du Crucifix, de
Sainte-Agnès et de Notre-Dame de Loudinière fondées en l'église du Loroux.
En 1448
le duc François II avait concédé à son favori Landais plusieurs foires dans
la ville du Loroux (Archives de Loire Inférieure, B 9). Ces foires se tenaient
en 1696 aux quatre fêtes de sainte Catherine, saint Blaise, saint Jean
Porte-Latine et saint Laurent. Il s'y trouvait aussi un marché tous les mardis.
Le seigneur du lieu avait sur les cabaretiers un droit de ban et étanche qui
durait quarante jours. Un de ses tenanciers, habitant la Coindrie, lui devait
chaque année « une paire de gants blancs
de chevrotin » (Déclarations de Goulaine en 1594 et 1696). Le
marquis de Goulaine possédait aussi en la paroisse du Loroux-Bottereau les
seigneuries de la Houdinière et de la Roche qui représentaient peut-être le
troisième démembrement de l'antique châtellenie en 1294. La Houdinière,
propriété durant tout le XVème siècle des sires de la Jumelière, fut apportée
par Louise de la Jumelière à son mari Christophe de Goulaine décédé en
1492. Elle consistait dans le manoir de la Houdinière et les métairies du même
nom et de la Guessandière. Le seigneur de la Houdinière avait des prééminences
en 1'église de Loroux dont il prétendait même être fondateur en 1534 ; il
exerçait une haute juridiction et jouissait d'un droit de quintaine sur les
nouveaux mariés des fiefs de la Houdinière, lesquels devaient «
comparoir à cheval, courir et rompre leurs lances sous peine d'amende » (Déclarations
de Goulaine en 1534). La
seigneurie de la Roche du Pont-de-Louan se trouvait aussi en la paroisse du
Loroux-Bottereau. Pendant les XVème et XVIème siècles la famille des Ridelières
posséda cette terre qui appartenait encore en 1618 à François des Ridelières
(Dictionnaire des terres nobles du comté nantais). Elle
fut quelques années plus tard acquise par le marquis de Goulaine. Elle
comprenait en 1696 « l'ancien manoir de
la Roche avec son colombier, ses vignes, pressoirs et celliers à vin, » et
la métairie de la Polardière. Elle donnait le droit de présenter une
chapellenie dite de la Roche, annexée alors à celle de Goulaine. Enfin
la petite seigneurie de la Giraudière s'étendait également en Le
Loroux-Bottereau ; son domaine comprenait en 1696 « le manoir ruisné de la Giraudière et les métairies du dit lieu et
du Margat ».
- 3° Châtellenie
de l'Epine-Gaudin. — Cette seigneurie sise dans la paroisse de la
Chapelle-Basse-Mer appartenait à l'origine aux sires de Clisson et fut confisquée
en 1420 par Jean V sur Olivier de Blois et Marguerite de Clisson sa mère. Le
duc la donna à son frère Richard de Bretagne qui y construisit une forteresse
abattue dès 1439. L'Epine-Gaudin passa en 1476 à Jean de Chalons, prince
d'Orange, petit-fils de Richard, par sa mère Catherine de Bretagne ; mais le
prince d'Orange vendit cette châtellenie en 1491 à Arthur Lespervier.
Bonaventure Lespervier, petite-fille de ce dernier, apporta en mariage l'Epine-Gaudin
à François de la Noue ; leur petit-fils Odet de Noue la vendit, en 1594 à
Gabriel de Goulaine (Archives de Loire Inférieure, E 35 et B 1008).
La châtellenie
de l'Epine-Gaudin s'étendait surtout en la Chapelle-Basse-Mer, Saint-Julien de
Concelles et la Remaudière. Son possesseur était seigneur supérieur et
fondateur des églises, chapelles et presbytères de la Chapelle-Basse-Mer et de
la Remaudière. Il jouissait d'un droit de pâturage pour cent moutons dans les
communs de la Chapelle-Basse-Mer, des coutumes de la foire de Saint-Martin
d'hiver à la Remaudière, de plusieurs dîmes de grains, vins et agneaux, enfin
de nombreuses mouvances dans les trois paroisses (Déclaration du marquisat de
Goulaine en 1616).
Au
seigneur de l'Espine-Gaudin appartenaient encore les coutumes du lac de la
Marzelle et celles d'une foire « qui se
tient en la Chapelle-Bassemer, au port de Mauves, le jour Saint-Simon et
Saint-Judes ». Il jouissait, en outre, de trois autres foires : celle de la
Magdeleine à Barbechat et les deux foires de Saint-Nicolas d'été et
Saint-Nicolas d'hiver tenues près du château de l'Epine-Gaudin (Archives de
Loire Inférieure, E 882).
« Les pescheurs de
la chastellenie de l'Epine-Gaudin peschant en la rivière de Loire »
devaient à leur seigneur « chacun tous les ans, les premiers saumon, aloze ou lamproie sous
peine de 60 sols d'amende ». Ils étaient de plus « obligés de venir avec leurs filets », lorsqu'ils étaient mandés
par le seigneur « pescher en ses estangs
et eaux deffensables ». Il était dû au même seigneur « par chacun an et par chacun des mestayers et vassaux de ladite
chastellenie un devoir de bien, au jour qu'on leur fait savoir avoir besoin
d'eux, et ne leur est deub que pour un denier de pain et une maille d'eau par
jour ». « Chacun des
bouchers nouvellement establis en Saint-Julien de Concelles et la
Chapelle-Bassemer »
devaient « faire serment devant les
officiers de la juridiction de se comporter fidèlement au fait de la boucherie
».
Voici
maintenant un droit féodal exercé à la Chapelle-Basse-Mer et qu'on ne
retrouve point ailleurs, croyons-nous. C'était un moyen économique de fumer
une partie des prairies de la vallée de la Loire en lesquelles certains vassaux
avaient un droit d'usage : « Un aultre
debvoir appartient au seigneur de l'Epine-Gaudin, c'est que ses hommes usant en
les vallées sont obligés, eux, leurs femmes et leurs enfants, d'aller aux
jours de Toussaint et de Noël, disner et faire leurs usages en certain lieu
dit, et doibvent les officiers dudit seigneur savoir s'ils y ont esté, et, en défaut
de l'avoir fait, sont amendables à la volonté de la cour » (Déclarations
du marquisat de Goulaine en 1680 et 1696).
Sur le
territoire de la Chapelle-Basse-Mer se trouvait Barbechat jadis sa trève,
aujourd'hui paroisse et commune. Dans un site des plus pittoresques, près des
ruines de l'ancienne église de Barbechat, se dresse une motte considérable
surplombant le cours de la Divate, aux bords abruptes et escarpés. Il n'est
point fait mention dans les aveux de l'Epine-Gaudin de cette motte féodale ou
assiette d'antique château, mais seulement du fief et des vassaux de Barbechat.
Ceux-ci étaient
astreints au devoir de la « quintaine
tant par terre que par eau que doibvent courir tous les nouveaux mariés
habitant ledit fief, au jour indiqué par le seigneur et sous peine de 64 sols
d'amende ». Les
sujets du bailliage de Barbechat étaient, en outre, tenus à un devoir de
chansons et pelotes rendu comme suit : «
Le lendemain du jour de la Pentecoste de chaque année, les nouvelles mariées
sont obligées de se trouver à l'issue de la grande messe qui se dit en la
chapelle de Barbechat, et dire chacune trois chansons nouvelles, et ensuite
donner le baiser au seigneur ou à l'un de ses officiers le représentant ; et
l'après-disner du mesme jour, doibvent se retrouver aux communs du village de
la Boissière, et rechanter les trois chansons et donner un pareil baiser que
dessus. — Et sont les nouveaux mariés dudit canton obligés de se rendre le
mesure jour après midy, audit lieu de la Boissière, et y porter chacun trois
battoirs et trois ballons de cuir, et iceux donner à leur seigneur ou à l'un
de ses officiers le représentant, lequel, ayant marqué un espace de
vingt-quatre pieds en carré, leur jette à chacun les trois ballons qu'ils sont
tenus de recevoir avec un de leurs battoirs et faire passer les bornes dudit
espace de vingt-quatre pieds ; et par défaut desdits nouveaux mariés et
nouvelles mariées de se trouver auxdits jour et heure, et se trouvant de faire
ce que dessus, sont amendables chacun de 64 sols » (Déclarations du
marquisat de Goulaine en 1680 et 1696). Enfin
étaient encore dues au même seigneur et par les mêmes vassaux les rentes
insignifiantes « d'une obole au terme de
Saint-Denis » et de « deux mailles
le premier dimanche après la Saint-Denis », mais avec cette stipulation
aggravante « qu'en défaut de les payer
dans le soir desdits jours, si demi-pied de chandelle est bruslé, il est deub
60 sols et 1 denier d'amende ».
Quant au
domaine proche de l'Epine-Gaudin il ne se composait en 1594 que de l'emplacement
et des ruines du château de ce nom, ruines couvrant une motte qu'entouraient
des fossés creusés dans le roc vif ; — de l'étang voisin, — d'une quantité
de terres en labour, jardins et vignes — enfin d'un moulin à vents (Archives
de Loire Inférieure, E 882).
4° Châtellenie
du Pallet. — Situé dans la paroisse du Pallet, cette seigneurie, appelée
à l'origine le Palais, appartenait vers l'an 1090 à Daniel du Palais qui fit
alors une donation à Bernard, abbé de Marmoutiers (Dom Morice, Preuves de
l'Histoire de Bretagne, I 474 et 925). C'était en 1245 la propriété d'Hugues
Le Brun, comte d'Angoulême, et d'Yolande de Bretagne sa femmes (Dictionnaire
des terres nobles du comté nantais). Pierre Souvaing possédait Le Pellet en
1285 et ses descendants conservèrent cette châtellenie jusqu'à Jeanne
Souvaing qui l'apporta à Jean Amenard 1er, son mari, vers 1416. Vinrent ensuite
Jean Amenard II, qui laissa veuve Jacquette Chesnel en 1467 et leur fils Jean
Amenart III mort en 1470, marié à Louise de Clermont ; René Amenart, issu de
ce dernier mariage, décéda sans postérité en 1481 et la seigneurie du Pallet
échut à son oncle Jacques Amenart. Renée Amenart fille de ce dernier épousa
en 1497 Christophe de Goulaine qui devint ainsi seigneur du Pallet.
Châtellenie
d'ancienneté la seigneurie du Pallet s'étendait en sept paroisses : le Pallet,
Monnières, Vallet, Mouzillon, Gorges, la Haye-Fouassière et la Chapelle-Heulin.
Dès 1534, il n'existait plus au Pallet que « l'emplacement
du chasteau dudit lieu qui fut autrefois abattu par le temps des guerres du duché
de Bretagne, avec l'église parrochiale estant au dedans de l'emplacement dudit
chasteau, les douves, fossés, et garennes estant autour » (Déclaration de
la châtellenie de Goulaine en 1534). On dit que cette destruction du château
du Pallet date de 1420 et fut l'oeuvre de Jean V qui punit ainsi le seigneur du
lieu convaincu d'avoir trempé dans la conspiration des Penthièvre (Orieux,
Histoire et géographie de la Loire-Inférieure. II, 58).
Au-dessous
du château, la rivière de la Sanguèze faisait mouvoir trois moulins
appartenant à la châtellenie. Le domaine comprenait, en outre, des jardins,
bois et clos de vignes environnant le château, — l'auditoire, la prison, et
la cohue du Pallet, — deux moulins à vent en la Haie-Fouassière, — et deux
fours à ban, l'un au Pallet et l'autre à Vallet (Déclaration de la seigneurie
du Pallet en 1536 et 1725).
La haute
justice du Pallet s'exerçait au bourg de ce nom ; ses fourches patibulaires, à
quatre pots, se dressaient en la paroisse de Gorges dans la pièce de la Justice
; ses ceps et colliers se trouvaient attachés au Pallet aux piliers des halles
et à Vallet à la muraille du cimetière. Le
seigneur du Pallet avait la supériorité et la fondation des églises du Pallet,
de Vallet et de la Haye-Fouassière. En l'église du Pallet « bastie dans l'enclave du chasteau dudit lieu » se trouvaient au
chanceau les bancs et enfeus seigneuriaux et les armoiries des premiers sires du
Pallet qui portaient d'argent à une croix
de gueules. Dans la même église le seigneur du Pallet avait «
les patronage et présentation de la chapelle Notre-Dame dit Verger desservie en
icelle église ».
Dans l'église
du Vallet le seigneur du Pallet jouissait de la « chapelle Sainte-Anne ou des Ramées au costé de l'évangile du chœur,
avec un enfeu eslevé de terre et effigie en pierre d'un ancien seigneur ; plus
aultre effigie d'ancien seigneur dans la voulte dudit chœur avec écusson de la
chastellenie de Pallet : d'argent à une croix de gueules » (Aveux du
marquisat de la Galissonnière en 1681 et de la châtellenie du Pallet en 1725).
Au
seigneur du Pallet appartenaient le droit de « pesçhe deffensable en la rivière de la Sanguèze — le droit
d'avoir en la ville du Pallet marché tous les jeudis et foires aux jours de
saint Nicolas, saint Etienne et saint Vincent, avec les coutumes de toutes les
marchandises vendues èsdits foires et marchés, et celles des fardeaux qui
passent tant audit lieu du Pallet qu'aux bourgs de Vallet, Mouzillon, Monnières
et dans toute l'estendue de la chastellenie ; et encore la moitié des coutumes
de la foire Saint-Luc à la Regrippière en Vallet » ;
le droit de « ban à vin qui dure
quarante jours chacun an, pendant lesquels ledit seigneur peut faire vendre en détail
son vin en la ville du Pallet sans payer aucuns devoirs et les cabaretiers sont
obligés de cesser de vendre vin » ; le
droit de faire garder les prisonniers par les habitants de ladite ville du
Pallet (Aveux de la châtellenie du Pallet en 1534, 1681 et 1725).
Il était
encore dû au seigneur du Pallet : par certain tenancier de Mouzillon «
une paire de gants blancs » ; — par le sieur du Bois-des-Chalonges en la
même paroisse de Mouzillon « un gasteau
d'un boisseau de fleur de froment, mesure du Pallet, rendu chacun an à la feste
des Rois, au chasteau du Pallet » ; — et
« par les nouveaux mariés de la chastellenie du Pallet, sauf ceux demeurant au
bourg de Vallet » une course de quintaine dans l'année de leur mariage ;
lesdits mariés devant sous peine d'amende «
comparoir au jour assigné par le seigneur, monter à cheval, courir, rompre
leurs lances et demander congé » (Aveux de la châtellenie du Pallet en
1534, 1681 et 1725). Si
les nouveaux mariés de Vallet étaient exempts de courir la quintaine, c'est
qu'un autre devoir leur incombait, à eux et à leurs femmes ; ils devaient
planter un mai de la façon suivante : « Les nouveaux mariés
du bourg de Vallet doivent au seigneur du Pallet un mai d'un pied de chesne, de
soixante pieds de hauteur et de grosseur compétente, lequel doit estre par eux
abattu, amené et planté audit bourg, au son de quatre parties de hautbois, au
lieu accoustumé, et le doivent lever au premier essai, à peine d'amende.
Doivent oultre lesdits mariés chacun deux pots de vin, mesure du Pallet, et
pour deux sols de pain blanc. — Et leurs femmes doivent venir conduites des
dits hautbois, proche le lieu où se plante ledit mai, apporter un bouquet de
fleurs et baiser ledit seigneur ou son officier le représentant, et dire
chacune une chanson nouvelle autour dudit mai ; et doit le propriétaire d'une
maison au-devant où se plante ledit mai, une table, un tapis, des sièges, pour
deux sols de pain et un pot de vin, mesure du Pallet, par chacun an lorsque se
plante ledit mai »
(Aveux de la châtellenie du Pallet en 1534, 1681 et 1725).
En 1635
Gabriel, marquis de Goulaine, vendit la portion de la châtellenie du Pallet,
sise en Monnières, et nommée le Petit-Pallet, à Jacques Barrin, seigneur de
la Galissonnière, qui fit annexer cette partie du Pallet à sa vicomté de la
Jannière en 1644. En 1652 le marquis de Goulaine vendit au même Jacques Barrin
le reste de la châtellenie du Pallet à l'exception du seul fief de la
Haie-Fouassière qu'il se réserva, et Jacques Barrin fit unir te tout à son
marquisat de la Galissonnière érigé en 1658. Au
moment de la dislocation du marquisat de la Galissonnière à la fin du XVIIème
siècle, la châtellenie du Pallet fut vendue séparément et judiciairement au
châtelet de Paris ; Achille Barrin l'acheta alors le 27 février 1700 (Archives
de Loire Inférieure, B 1027) et son fils la fit unir plus tard à sa seigneurie
de Fromenteau.
En résumé
la châtellenie du Pallet, après avoir perdu ses seigneurs particuliers, fit
successivement partie : en 1621 du marquisat de Goulaine, en 1658 du marquisat
de la Galissonnière et en 1759 du marquisat de Fromenteau auquel elle demeura
unie jusqu'à la Révolution.
Nous avons dit que le marquisat de Goulaine se composait en outre des châtellenies dont nous venons de parler, de plusieurs autres seigneuries moins importantes. Il serait trop long de parler ici de chacune d'elles, contentons-nous de faire connaître quelques droits et privilèges qu'avaient les marquis de Goulaine en dehors des châtellenies qui précèdent. Ces seigneurs jouissaient donc : des droits de supériorité et fondation dans les églises de la Chapelle-Heulin, la Haye-Fouassière et Saint-Fiacre du Coin ; — d'un droit de quintaine sur les nouveaux mariés de la Chapelle-Heulin ; — des coutumes des trois foires de Saint-Fiacre, le 1er mai, le 30 août et 29 septembre ; — enfin d'un grand nombre de mouvances nobles. Parmi ces dernières se trouvait le prieuré du Pirmil près Nantes dont le titulaire devait chaque année une rente de « deux deniers obole » ; mais cette modique redevance, le bon prieur la devait présenter lui-même au seigneur de Goulaine, la nuit de Noël, entre la messe de minuit et celle du point du jour, non pas seul mais « accompagné de deux de ses religieux, un espervier sur le poing, ses petits chiens et deux lévriers avec lui » (Déclaration du marquisat de Goulaine en 1696) (abbé Guillotin de Corson).
(à compléter)
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