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LE GUERNO

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La commune de Le Guerno (bzh.gif (80 octets) Ar Gwernoù) fait partie du canton de Muzillac. Le Guerno dépend de l'arrondissement de Vannes, du département du Morbihan (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE du GUERNO 

Le Guerno vient de "Guern" (marais).

Le Guerno est un démembrement de l'ancienne paroisse de Noyal-Muzillac.

L'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem y fonde une aumônerie mentionnée en 1160 sous le nom de "Eleemosina de Guernou", ainsi qu'une chapelle qui abrite un fragment de la Vraie-Croix. Cette aumônerie est réunie par la suite à la commanderie de Carentoir.

La frairie de Le Guernou (Le Guerno) est érigée en commune distincte de celle de Noyal-Muzillac en 1790 et en paroisse en 1802.

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PATRIMOINE du GUERNO

l'église Notre-Dame de la Vraie Croix (XIIème siècle), fondée au XIIème siècle par l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Elle est alors dédiée à saint Jean Baptiste. En 1312, après la suppression de l'ordre, la chapelle prend le nom de "Temple du Guernou", du fait de son rattachement à la commanderie de Carentoir. L'église est reconstruite entre 1570 et 1590 : la tour nord-ouest en 1580 et le choeur en 1590. L'édifice Renaissance comprend une nef sans bas-côtés, un transept, et une abside circulaire. Au Nord-Ouest, accolée au pignon occidental, s'élève une tour cylindrique qui se termine par une pyramide en pierres de taille et qui date de 1706 : elle n'est point assisse sur l'édifice mais accolée à la façade nord, auprès du portail occidental. A l'angle de la nef et du croisillon Nord est une autre tour, carrée et basse, élevée sur des arcades en plein cintre, qui contient les cloches. Au Sud de la nef s'ouvre une chaire extérieure en pierre à décoration Renaissance. Les fenêtres de la nef et de l'abside sont en plein cintre et à décoration Renaissance : celles des croisillons à réseaux rayonnants et flamboyants semblent des restes de la construction antérieure. L'édifice est couvert d'une charpente (la sablière Nord est datée de 1580) dont un entrait, à l'entrée de l'abside, s'appuie sur des colonnes engagées. Les fenêtres de l'abside sont garnies de vitraux de la fin du XVIème siècle, représentant des scènes de la vie du Christ et des écussons aux armes de Bretagne, Carné et Rochefort. A la fenêtre du croisillon Nord subsistent des fragments de vitraux plus anciens où l'on distingue les armes de la famille Rieux. La chaire extérieure (complétée d'un banc, d'un bénitier et de stalles de pierre) date de 1575 : elle porte l'inscription "AN LAN 1575 DE PAR PG GULLAS". Les fonts baptismaux sont mentionnés dès 1614. On peut remarquer encore les stalles de la nef et de l'abside ainsi que la tribune occidentale à panneaux sculptés, toutes de la fin du XVIème siècle. On conserve dans l'église une curieuse croix reliquaire en argent doré sur âme de bois, du XIIème siècle. Les solennités du culte attiraient une grande affluence autrefois car l'ancienne chapelle possédait un morceau de la Vraie-Croix et une bulle d'indulgences. L'église abrite aussi une statue de Christ allongé (Christ gisant) en bois polychrome ;

Nota : L'aveu de 1574 décrit ainsi le temple du Guerno : "La chapelle de Saint-Jean du Guerno, en la paroisse de Noyal, dont ledit commandeur jouist de la tierce partie des aumosnes et oblations de ladite chapelle, au joignant de laquelle il y a une tenue de héritages, contenant environ 23 journaulx, que tiennent les héritiers de feu Henri Belhouern, à la charge de payer chacun an vingt soulz de rente et la dixme au dixiesme".

M. Cayot-Délandre a décrit avec soin dans son intéressant ouvrage le "Morbihan et ses monuments" la curieuse église du Guerno. Il commence par faire l'histoire de cet édifice. Qu'on me permette de le citer textuellement : "L'architecture de cette église diffère tellement des types reconnus, dit ce savant archéologue, qu'il serait assez difficile de déterminer l'époque de sa construction si l'on n'avait à cet égard des renseignements certains. M. Le Quellec, curé de Bourg-Peaule-Muzillac, possède sur l'église du Guerno des documents intéressants qu'il a bien voulu me communiquer et parmi lesquels se trouve une enquête faite en 1609 par un délégué du Présidial de Vannes, à propos d'une contestation entre le frère Le Breton, chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, commandeur des temples de Carentoir et du Guerno, et le recteur de Noyal-Muzillac, au sujet de leurs droits respectifs. Les dispositions consignées dans le procès-verbal de cette enquête sont unanimes à déclarer que la construction de l'église ne remontait pas alors à un demi-siècle".

Voici un extrait de l'une de ces dépositions : "Simon Bonic, âgé d'environ soixante ans, dépose avoir souvenance que quarante ans sont au plus écoulés qu'il vit commencer le bâtiment nouveau de la chapelle du Guerno, au lieu on l'on appelle le Temple, et auparavant la construction de ladite chapelle, ainsi et de la manière qu'elle est bastie à présent, il y avait une autre petite chapelle fort ancienne et caduque qui se nommait la chapelle du Temple du Guerno, quelle chapelle et appartenance d'icelle il a toujours ouy dire appartenir aux commendeurs de Carentoir, auxquels en appartient la seigneurie ensemble des terres et maisons adjacentes ladite chapelle ; les habitants desquelles terres et maisons payent rentes annuelles audit commendeur selon le rolle encien qui en est faict de temps immémorial ; et que ledict commendeur, à cause de son temple du Guerno, a fief et juridiction, comme il a ouy dire, laquelle se tenait le lendemain de la feste de sainte Anne par les officiers dudit commendeur ; et dict que ladite chapelle, à présent bâtie de neuf, fut faicte et construite des deniers et oblations que les gens de bien faisaient en ladite chapelle". C'est donc vers 1570, d'après cette disposition, que fut construite l'église actuelle du Guerno.

Voyons maintenant l'état de ce temple vers 1644. "Dans la paroisse de Noyal-Muzillac, y a un autre temple, fondé de Monsieur Saint-Jan-Baptiste, notre patron, vulgairement appelé Saint-Jan du Guerno, en lequel il y a sept autels, quatre portes et nombre de fenêtres bien vitrées en la principale desquelles, à droite du grand autel, sont les armes de Notre Ordre, et au costé et en même hauteur d'icelles est l'écusson des ducs de Bretagne, nos bienfaiteurs, et est le banc des commandeurs au lieu prééminent. Et au bas de ladite église du Temple y a une tour forte, bastie en pierres de taille, fermée de deux fortes portes, l'une de bois et l'autre de fer, avec quatre serrures ; en laquelle tour il y a une petite croix d'argent doré longue d'une palme, enrichie d'amathistes, dans laquelle il y a du bois de la Vraye-Croix. Plus dans ladite tour sont tous les ornements qui sont cinq callices d'argent dont l'un est doré, une grande croix d'argent que l'on porte aux processions, et nombre de beaux ornements tant de soye que autres estoffes enrichis de broderies tant d'or, d'argent, que soye, le tout bien soigneusement gardé par les frairiens, lesquels ornements ont été donnés des aumosnes et oblations qui tombent audit Temple dont ils sont entretenus et les réparations comme encore le service divin".

Comme l'on voit, cette tour du Guerno, dont la description est vraiment curieuse, était bien réellement une tour fortifiée, ainsi que le soupçonnait M. Cayot-Délandre. Remarquons aussi la richesse relative du trésor de cette chapelle de campagne et surtout cette relique de la Vraie-Croix, qui attirait au Guerno une grande affluence de pèlerins. "Des religieux de Vannes, de Rennes et d'autres villes y venaient prêcher le Carême ; le Vendredi-Saint, la foule était si grande que l'église ne pouvait la contenir ; alors on prêchait la passion dans la chaire du cimetière". Cette chaire, qui n'est pas une des moindres singularités du Guerno, est en pierres, terminée inférieurement en nid d'hirondelle et fait saillie sur la façade méridionale. Le prédicateur y entrait de l'intérieur de l'église par une porte aujourd'hui maçonnée.

Reprenons la description du Temple du Guerno au temps du commandeur du Buisson : "Est à notter que depuis quelque temps le recteur de Noyal-Muzillac s'est ingéré de troubler le commandeur tant sur les droits de patronage que sur les oblations ; et y ayant en sentence à Vannes, en faveur dudit recteur dont ledit commandeur fut appelant au parlement de Rennes, par le troiziesme mai mil six-cents quarante et deux, où prit fin le procès, fut accordé : le commandeur reconnu supérieur audit lieu et maintenu en ses droits de patronage et prééminence en ladite chapelle, reconnaît ledit recteur pour ledit temple et lui laisse le tiers des oblations à la charge d'entretenir le service divin deub audit temple et chapelle du Guerno, et l'autre tiers est pris par les frairiens, pour entretenir les réparations ; ledit accord passé par Mahé et Odion, nottaires à Rennes, le premier octobre mil six-cents quarante et deux ; l'autre tiers est pris par ledit commandeur. Audit lieu y a charge d'asmes et pour ce sur le grand et principal autel de ladite chapelle y a un tabernacle, auquel repose le précieux corps de Nostre Seigneur, en bon et deub estat, et fonds baptismaux, croix et bannière. Et sont pareillement sur icelluy autel et aultres les images de plusieurs saints, le tout bien et deubment orné et entretenu, ladite chapelle bien blanchie et couverte d'ardoizes avec un campanier sur le mitan, le tout en bon ordre, où sont deux cloches. Au-devant et sur la grande porte est un chapitrel aussy basti de pierres de taille, où s'exerce la jurisdiction quand besoing est et sans estre à présent empesché par aucun. Oultre et au costé de ladite églize vers midy est le cimetière, tourné et clos de murailles avec une croix de pierre au milieu, sur un grand perron de douze degrés, ladite pierre ou calvaire longue d'environ vingt pieds. Plus, ès environs de ladite églize est la bourgade presque toute tenue dudit lieu et nombre d'héritages qui y doibvent des rentes que ledit du Buisson a bien fait reconnaistre et s'en est fait rendre nombre de nouveaux adveux, oultre la dixme à l'onziesme".

Nous n'avons rien à ajouter à cette description dix Guerno, au XVIIème siècle. Nous y voyons figurer dès cette époque le porche de l'église "bizarre construction" servant d'auditoire, l'élégant calvaire s'élevant dans le cimetière et la bourgade entourant le sanctuaire. L'aveu de 1677 en nous parlant de « la chapelle du Guerno en laquelle se font toutes fonctions curiales pour la commodité des frairiens » ne nous apprend rien de nouveau, aussi nous dispensons-nous de le relater ici. Citons seulement l'extrait suivant d'un état de la commanderie fait au commencement du siècle dernier : "Le Guerno, trêve de la paroisse de Noyal-Mesuillac, consiste en un fief affermé 15 livres et en une rente de 18 livres payable par la fabrice de la trêve et qu'on croit être pour le tiers des oblations de ladite chapelle trévialle, où il y a un banc armoirié des armes du commandeur du costé de l'évangile touchant au balustre, avec les armes dudit commandeur en la vitre principale ; on lui donne (audit commandeur) les prières nominales. L'église est bien entretenue à l'exception de la tour, où est une relique de la Vraie-Croix, dont la voûte prend l'eau pardessus".

Il est singulier de voir toujours la Vraie-Croix renfermée dans cette tour fortifiée. C'est une preuve de l'importance qu'on attachait alors à cette sainte relique. C'est peut-être à la suite de la dégradation signalée ici de cette tour que fut fait le couronnement pyramidal de l'édifice. Quant à la déclaration de 1755, elle signale seulement les dîmes recueillies dans la trêve du Guerno et unies à cette époque à l'hôpital de Malansac (abbé Guillotin de Corson).

le calvaire-autel (XVI-XVIIème siècle), qui s'élève au milieu du cimetière. Le Christ est l'oeuvre d'Yves Hernot. Le calvaire a été décapité en 1962, lors d'une tempête ;

le château de Bransféré (XVIIème et XIXème siècles). Propriété de Jehan de Chef du Bois de Bruslé en 1427. Siège de la seigneurie de Bransféré ou Branferet ayant appartenu en 1677 à la famille Freslon de Freslonnière. Le château reconstruit au début du XVIIème siècle est détruit durant la Révolution. Le château actuel est réédifié en 1815. Seule l'aile Nord date du XVIIème siècle. Propriété du Marquis de Barbeyrac en 1850, puis de la famille Jourde au XIXème siècle. Propriété de la Fondation de France depuis 1986, il est transformé en parc zoologique en 1965 par Paul Jourde ;

les maisons du XVIIIème siècle ;

la fontaine Sainte-Anne (1784). Elle aurait été édifiée sur un lieu de culte très ancien ;

la fontaine Sainte-Marie (1787), située à Branféré ;

le lavoir (XVIIIème siècle), situé non loin de la fontaine Sainte-Anne ;

les moulins à eau de Grehando, de Branféré, et le moulin à vent du Bourreau ;

A signaler aussi :

quelques vestiges gallo-romaines (quantité de briques romaines) découvertes vers 1843 ;

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ANCIENNE NOBLESSE du GUERNO

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464 et du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence d'aucun noble de Le Guerno. Le Guerno dépendait autrefois de Noyal-Muzillac.

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