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LE GUERNO

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La commune de Le Guerno (bzh.gif (80 octets) Ar Gwernoù) fait partie du canton de Muzillac. Le Guerno dépend de l'arrondissement de Vannes, du département du Morbihan (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE du GUERNO 

Le Guerno vient de "Guern" (marais).

Le Guerno est un démembrement de l'ancienne paroisse de Noyal-Muzillac.

L'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem y fonde une aumônerie mentionnée dans une charte en 1160 sous le nom de " Eleemosina de Guernou ", ainsi qu'une chapelle qui abrite un fragment de la Vraie-Croix. Cette aumônerie, qui possédait fief et droit de justice, est réunie par la suite à la commanderie de Carentoir.

En 1388, des indulgences sont accordées à Guerno par le Saint-Siège : " Cum itaque, sicut accepimus, quedam capella ac honorem Beate Marie Virginis ac Sanctorum Gabrielis, Salvatoris et Radulphi in parrochia ecclesie de Guerno, Macloviensis diocesis, de novo fundata existat in qua, ut dicitur, Deus ob dictorum sanctorum reverentiam multa et diversa miracula operatur, ipsaque capella pluribus reparationibus indigeat que absque Christi fidelium elemosinis fieri non possunt … Datum XV kalendas junii, anno decimo (18 mai 1388) " (Archives du Vatican).

La frairie du Guernou (Le Guerno) est érigée en commune distincte de celle de Noyal-Muzillac en 1790 (commune du canton de Péaule, avant d'être incorporée, en 1801, à celui de Muzillac) et en paroisse en 1802.

Note : Ancienne trêve de Noyal-Muzillac, Le Guerno est limité au nord par Limerzel, à l'est par Péaule, au sud par Marzan, et à l'ouest par Noyal-Muzillac. En 1891, sa superficie est de 974 hectares, et sa population de 604 habitants. Le bourg est à 7 kilomètres de Muzillac, et à 32 de Vannes. A un kilomètre au nord du bourg, on a trouvé en 1843, en ouvrant le chemin vicinal de Questembert, une très grande quantité de briques romaines, provenant sans aucun doute d'antiques constructions. Au moyen âge, les Chevaliers ou Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem eurent ici une aumônerie. Dans une charte de confirmation des biens de l'ordre, en Bretagne, en 1160, le duc Conan IV la mentionne formellement : Eleemosina de Guernou (Pr. I. 638). Après la suppression des Templiers en 1312, et l'attribution de leurs biens aux Hospitaliers, l'aumônerie du Guerno fut annexée au Temple de Carentoir, et porta elle-même par extension le nom de temple (Joseph-Marie Le Mené - 1891). 

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PATRIMOINE du GUERNO

l'église Notre-Dame de la Vraie Croix (XIIème siècle), fondée au XIIème siècle par l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Elle est alors dédiée à saint Jean Baptiste. En 1312, après la suppression de l'ordre, la chapelle prend le nom de "Temple du Guernou", du fait de son rattachement à la commanderie de Carentoir. L'église (nef et choeur) est reconstruite par les tréviens entre 1570 et 1590 : la tour nord-ouest en 1580 et le choeur en 1590. On relève plusieurs dates et inscriptions : sur la tour ronde " Cette tour fut batie an 1580 et fût relevée en l'an 1706 " ; à l'intérieur du choeur " P. Guillas Fabrique 1581. 1590 Nouel Orgebien a baille 20 A " ; sur la sablière Nord, à l'Ouest, dans la nef " V : Sonfray 1580. G. Sonfray. Gaudens Ryo " ; au-dessus de la chaire extérieure " An lan 1585 de par PG Guillas ". Elle est en partie restaurée au XVIIème siècle : le lambris de l'aile Nord est refait en 1688 et celui du Midi, en 1698 comme semble l'indiquée l'inscription : " 1698 / FAIT AU TAN DE MISSIRE / JAN LE BOTERF / CURE DE CEANS / JAN LE CERF / CLAUDE JEGO / FABRIQUE / F: P: RT: E F. BERTON : VOLAN ". Après la reconstruction de l'église, au XVIème siècle, les tréviens n'accordent plus au commandeur et au recteur que la somme forfaitaire de trois écus. En 1608, un conflit surgit entre les tréviens et le commandeur, Frère Louis Le Breton, suite à la nomination par ce dernier du desservant Guillaume Boullio. Il s'ensuivit un procès, gagné par les tréviens, devant le présidial de Vannes. Plusieurs autres procès suivent (entre autre en 1641) avant d'arriver à un accord le 11 février 1644 (" les tréviens percevraient les offrandes en se bornant à verser au commandeur et au recteur 18 livres annuelles, mais les tréviens avaient la charge de pourvoir à l'entretien de la chapelle, à la célébration des offices, et à l'achat de tout ce qui était nécessaire au service divin "). Cet accord sera remis en cause en 1650 (par le recteur Jean Coué), en 1708 (par le recteur Guimarho) et en 1750 (par le recteur Jouin). L'édifice Renaissance comprend une nef sans bas-côtés, un transept, et une abside circulaire. Au Nord-Ouest, accolée au pignon occidental, s'élève une tour cylindrique qui se termine par une pyramide en pierres de taille et qui date de 1706 (restaurée en 1771) : elle n'est point assisse sur l'édifice mais accolée à la façade nord, auprès du portail occidental. A l'angle de la nef et du croisillon Nord est une autre tour, carrée et basse, élevée sur des arcades en plein cintre, qui contient les cloches. Au Sud de la nef s'ouvre une chaire extérieure en pierre à décoration Renaissance. Entre 1775 et 1782, M. Bains de Rochefort aménage une fenêtre dans la voûte de l'église et Guegan de Marzan une autre un peu plus tard. En 1876, on aménage une fenêtre dans le mur de l'Est, pour y placer un vitrail de sainte Anne, oeuvre de l'atelier Meuret de Nantes et offert par Mgr Becel. La voûte est refaite en 1777 et en 1873. L'église est pourvue d'une cloche en 1804. L'ossuaire, en appentis sur la longère Nord de la nef est démoli en 1842. Les fenêtres de la nef et de l'abside sont en plein cintre et à décoration Renaissance : celles des croisillons à réseaux rayonnants et flamboyants semblent des restes de la construction antérieure. L'édifice est couvert d'une charpente (la sablière Nord est datée de 1580) dont un entrait, à l'entrée de l'abside, s'appuie sur des colonnes engagées. La chapelle latérale de l'aile Nord est dédiée à la Vraie-Croix : un vitrail, qui date de 1876, représente saint Julien et saint Isidore ; l'autel, oeuvre d'un artisan de Bains, date de 1782. La chapelle latérale de l'aile Midi est dédiée à sainte Anne : un vitrail, oeuvre de Gesta de Toulouse et qui date de 1878, représente la Vierge et saint Joseph ; l'autel, oeuvre d'un artisan de Bains, date de 1782 ; le tabernacle est dominé par une statue de sainte Anne. Les fenêtres de l'abside sont garnies de vitraux de la fin du XVIème siècle, représentant des scènes de la vie du Christ et des écussons aux armes de Bretagne, Carné et Rochefort. A la fenêtre du croisillon Nord subsistent des fragments de vitraux plus anciens où l'on distingue les armes de la famille Rieux. La chaire extérieure (complétée d'un banc, d'un bénitier et de stalles de pierre) date de 1575 : elle porte l'inscription "AN LAN 1575 DE PAR PG GULLAS". La petite chapelle (abritant le gisant du Christ, la Vierge et saint Jean) située à l'aisselle de la nef et de la chapelle du Nord est datée de 1689, comme semble l'indiquée une inscription gravée sur un cul-de-lampe. Les fonts baptismaux sont mentionnés dès 1614. On peut remarquer encore les stalles de la nef et de l'abside ainsi que la tribune occidentale à panneaux sculptés, toutes de la fin du XVIème siècle. L'autel a été renouvelé en 1778. Il existait en 1717 une balustrade en bois, séparant le choeur de la nef, qui fut retirée en 1865. La grotte de Lourdes, située à l'angle Sud du choeur, date de la fin du XIXème siècle (vers 1890) et a été restaurée en 1927. On conserve dans l'église une curieuse croix reliquaire en argent doré sur âme de bois, du XIIème siècle. Les solennités du culte attiraient une grande affluence autrefois car l'ancienne chapelle possédait un morceau de la Vraie-Croix et une bulle d'indulgences. A noter, que grâce à la présence d'une relique de la Vraie-Croix, les offrandes étaient abondantes : 2.300 livres en 1775. Au fond de la nef se trouve une tribune en bois abondamment décoré (animaux, personnages, ..) et sculptée. L'église abrite aussi une statue de Christ allongé (Christ gisant) en bois polychrome, un Christ en Croix (du sculpteur Pignon) et des statues de saint Yves (au Nord), Vierge à l'Enfant, saint Joseph, saint Jean-Baptiste, sainte Germaine, saint Antoine de Padoue, saint Hyacinthe, saint Joachim, sainte Thérèse. Dans le mur de l'Est, une niche  à trilobe abrite un groupe de sainte Anne (sainte Anne, la Vierge et l'Enfant Jésus). A noter que le cimetière qui entouré l'église est déplacé vers 1938 et son enclos a disparu de nos jours pour faire place à un parking ;

Nota 1 : L'aveu de 1574 décrit ainsi le temple du Guerno : "La chapelle de Saint-Jean du Guerno, en la paroisse de Noyal, dont ledit commandeur jouist de la tierce partie des aumosnes et oblations de ladite chapelle, au joignant de laquelle il y a une tenue de héritages, contenant environ 23 journaulx, que tiennent les héritiers de feu Henri Belhouern, à la charge de payer chacun an vingt soulz de rente et la dixme au dixiesme". M. Cayot-Délandre a décrit avec soin dans son intéressant ouvrage le "Morbihan et ses monuments" la curieuse église du Guerno. Il commence par faire l'histoire de cet édifice. Qu'on me permette de le citer textuellement : "L'architecture de cette église diffère tellement des types reconnus, dit ce savant archéologue, qu'il serait assez difficile de déterminer l'époque de sa construction si l'on n'avait à cet égard des renseignements certains. M. Le Quellec, curé de Bourg-Peaule-Muzillac, possède sur l'église du Guerno des documents intéressants qu'il a bien voulu me communiquer et parmi lesquels se trouve une enquête faite en 1609 par un délégué du Présidial de Vannes, à propos d'une contestation entre le frère Le Breton, chevalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, commandeur des temples de Carentoir et du Guerno, et le recteur de Noyal-Muzillac, au sujet de leurs droits respectifs. Les dispositions consignées dans le procès-verbal de cette enquête sont unanimes à déclarer que la construction de l'église ne remontait pas alors à un demi-siècle". Voici un extrait de l'une de ces dépositions : "Simon Bonic, âgé d'environ soixante ans, dépose avoir souvenance que quarante ans sont au plus écoulés qu'il vit commencer le bâtiment nouveau de la chapelle du Guerno, au lieu on l'on appelle le Temple, et auparavant la construction de ladite chapelle, ainsi et de la manière qu'elle est bastie à présent, il y avait une autre petite chapelle fort ancienne et caduque qui se nommait la chapelle du Temple du Guerno, quelle chapelle et appartenance d'icelle il a toujours ouy dire appartenir aux commendeurs de Carentoir, auxquels en appartient la seigneurie ensemble des terres et maisons adjacentes ladite chapelle ; les habitants desquelles terres et maisons payent rentes annuelles audit commendeur selon le rolle encien qui en est faict de temps immémorial ; et que ledict commendeur, à cause de son temple du Guerno, a fief et juridiction, comme il a ouy dire, laquelle se tenait le lendemain de la feste de sainte Anne par les officiers dudit commendeur ; et dict que ladite chapelle, à présent bâtie de neuf, fut faicte et construite des deniers et oblations que les gens de bien faisaient en ladite chapelle". C'est donc vers 1570, d'après cette disposition, que fut construite l'église actuelle du Guerno. Voyons maintenant l'état de ce temple vers 1644. "Dans la paroisse de Noyal-Muzillac, y a un autre temple, fondé de Monsieur Saint-Jan-Baptiste, notre patron, vulgairement appelé Saint-Jan du Guerno, en lequel il y a sept autels, quatre portes et nombre de fenêtres bien vitrées en la principale desquelles, à droite du grand autel, sont les armes de Notre Ordre, et au costé et en même hauteur d'icelles est l'écusson des ducs de Bretagne, nos bienfaiteurs, et est le banc des commandeurs au lieu prééminent. Et au bas de ladite église du Temple y a une tour forte, bastie en pierres de taille, fermée de deux fortes portes, l'une de bois et l'autre de fer, avec quatre serrures ; en laquelle tour il y a une petite croix d'argent doré longue d'une palme, enrichie d'amathistes, dans laquelle il y a du bois de la Vraye-Croix. Plus dans ladite tour sont tous les ornements qui sont cinq callices d'argent dont l'un est doré, une grande croix d'argent que l'on porte aux processions, et nombre de beaux ornements tant de soye que autres estoffes enrichis de broderies tant d'or, d'argent, que soye, le tout bien soigneusement gardé par les frairiens, lesquels ornements ont été donnés des aumosnes et oblations qui tombent audit Temple dont ils sont entretenus et les réparations comme encore le service divin". Comme l'on voit, cette tour du Guerno, dont la description est vraiment curieuse, était bien réellement une tour fortifiée, ainsi que le soupçonnait M. Cayot-Délandre. Remarquons aussi la richesse relative du trésor de cette chapelle de campagne et surtout cette relique de la Vraie-Croix, qui attirait au Guerno une grande affluence de pèlerins. "Des religieux de Vannes, de Rennes et d'autres villes y venaient prêcher le Carême ; le Vendredi-Saint, la foule était si grande que l'église ne pouvait la contenir ; alors on prêchait la passion dans la chaire du cimetière". Cette chaire, qui n'est pas une des moindres singularités du Guerno, est en pierres, terminée inférieurement en nid d'hirondelle et fait saillie sur la façade méridionale. Le prédicateur y entrait de l'intérieur de l'église par une porte aujourd'hui maçonnée. Reprenons la description du Temple du Guerno au temps du commandeur du Buisson : "Est à notter que depuis quelque temps le recteur de Noyal-Muzillac s'est ingéré de troubler le commandeur tant sur les droits de patronage que sur les oblations ; et y ayant en sentence à Vannes, en faveur dudit recteur dont ledit commandeur fut appelant au parlement de Rennes, par le troiziesme mai mil six-cents quarante et deux, où prit fin le procès, fut accordé : le commandeur reconnu supérieur audit lieu et maintenu en ses droits de patronage et prééminence en ladite chapelle, reconnaît ledit recteur pour ledit temple et lui laisse le tiers des oblations à la charge d'entretenir le service divin deub audit temple et chapelle du Guerno, et l'autre tiers est pris par les frairiens, pour entretenir les réparations ; ledit accord passé par Mahé et Odion, nottaires à Rennes, le premier octobre mil six-cents quarante et deux ; l'autre tiers est pris par ledit commandeur. Audit lieu y a charge d'asmes et pour ce sur le grand et principal autel de ladite chapelle y a un tabernacle, auquel repose le précieux corps de Nostre Seigneur, en bon et deub estat, et fonds baptismaux, croix et bannière. Et sont pareillement sur icelluy autel et aultres les images de plusieurs saints, le tout bien et deubment orné et entretenu, ladite chapelle bien blanchie et couverte d'ardoizes avec un campanier sur le mitan, le tout en bon ordre, où sont deux cloches. Au-devant et sur la grande porte est un chapitrel aussy basti de pierres de taille, où s'exerce la jurisdiction quand besoing est et sans estre à présent empesché par aucun. Oultre et au costé de ladite églize vers midy est le cimetière, tourné et clos de murailles avec une croix de pierre au milieu, sur un grand perron de douze degrés, ladite pierre ou calvaire longue d'environ vingt pieds. Plus, ès environs de ladite églize est la bourgade presque toute tenue dudit lieu et nombre d'héritages qui y doibvent des rentes que ledit du Buisson a bien fait reconnaistre et s'en est fait rendre nombre de nouveaux adveux, oultre la dixme à l'onziesme". Nous n'avons rien à ajouter à cette description du Guerno, au XVIIème siècle. Nous y voyons figurer dès cette époque le porche de l'église "bizarre construction" servant d'auditoire, l'élégant calvaire s'élevant dans le cimetière et la bourgade entourant le sanctuaire. L'aveu de 1677 en nous parlant de « la chapelle du Guerno en laquelle se font toutes fonctions curiales pour la commodité des frairiens » ne nous apprend rien de nouveau, aussi nous dispensons-nous de le relater ici. Citons seulement l'extrait suivant d'un état de la commanderie fait au commencement du siècle dernier : "Le Guerno, trêve de la paroisse de Noyal-Mesuillac, consiste en un fief affermé 15 livres et en une rente de 18 livres payable par la fabrice de la trêve et qu'on croit être pour le tiers des oblations de ladite chapelle trévialle, où il y a un banc armoirié des armes du commandeur du costé de l'évangile touchant au balustre, avec les armes dudit commandeur en la vitre principale ; on lui donne (audit commandeur) les prières nominales. L'église est bien entretenue à l'exception de la tour, où est une relique de la Vraie-Croix, dont la voûte prend l'eau pardessus". Il est singulier de voir toujours la Vraie-Croix renfermée dans cette tour fortifiée. C'est une preuve de l'importance qu'on attachait alors à cette sainte relique. C'est peut-être à la suite de la dégradation signalée ici de cette tour que fut fait le couronnement pyramidal de l'édifice. Quant à la déclaration de 1755, elle signale seulement les dîmes recueillies dans la trêve du Guerno et unies à cette époque à l'hôpital de Malansac (abbé Guillotin de Corson).

Nota 2 : Vers 1570, la « petite chapelle fort ancienne et caduque, qui se nommait la chapelle du temple du Guerno », fut remplacée par l'église actuelle, qui « fut faite et construite des deniers et oblations que les gens de bien faisaient en la dite chapelle ». Cet édifice, placé sous l'invocation de saint Jean-Baptiste, comme presque toutes les autres chapelles de l'ordre, a la forme d'une croix latine, avec un choeur arrondi, et mesure environ 28 mètres sur 6 ; ses murs sont en grand et moyen appareil au sud, et en appareil mélangé au nord. A l'aisselle du bras nord, se trouve une sorte de tour basse et carrée couverte en ardoises. Du même côté, vers l'ouest, est une autre tour, en belles pierres de taille, de forme cylindrique, amortie en pierre, et présentant l'aspect d'une poivrière : on y renfermait autrefois le trésor de la chapelle. Le portail occidental était naguère précédé d'un porche, sous lequel passait la voie publique. On l'appelait autrefois le chapitre, et on y rendait la justice. Au sud de la nef, à l'extérieur, se trouve une chaire en pierre, de la même époque que le mur, sur lequel elle fait saillie ; on y pénétrait de l'intérieur par une porte. L'existence de cette chaire extérieure, dont on ne trouve que deux ou trois exemples en Bretagne, s'explique par l'affluence des pèlerins, qui venaient y vénérer la Vraie-Croix, particulièrement pendant le carême, et surtout le vendredi-saint, et qui, ne trouvant pas de place dans la chapelle, se massaient dans le cimetière, pour y entendre la parole de Dieu. Ce cimetière, au sud de l'église, renferme un curieux calvaire : sur un perron de plusieurs degrés s'élève une colonne cannelée, d'environ 5 mètres de hauteur, dont le chapiteau supporte le Christ en croix. Dans l'église, on remarque les vitraux du choeur, représentant diverses scènes de la vie et de la passion de Notre-Seigneur, avec les écussons de Bretagne, de Malte, de Rochefort, de Carné, de Rieux. Les fenêtres des transepts sont à ogives, avec des meneaux en flammes et trilobes, pendant que celles de l'abside et de la nef sont en plein cintre : caractère particulier de l'époque de transition au XVIème siècle. Dans le tabernacle du transept nord est conservée une croix en argent doré, haute environ 0m,20 centimètres, chargée de dessins gravés, figures et fleurons, et ornée de cinq pierres précieuses ; ses extrémités sont terminées par une sorte de trilobe allongé, et son centre renferme une parcelle de la vraie croix. Le Commandeur de Carentoir jouissait ici, d'après un aveu de 1574, « de la tierce partie des aumosnes et oblations de la dite chapelle, au joignant de laquelle il y a une tenue de héritage, contenant environ 23 journaulx, que tiennent les héritiers de feu Henri Belhouerne, à la charge de payer chacun an vingt soulz de rente et la dixme au dixiesme ». Un autre aveu de 1624 ajoute que, dans cette chapelle, « se font toutes fonctions parochiales, y ayant croix, bannière, fonts baptismaux et enterrage » ; que le commandeur de Carentoir y est seigneur spirituel et temporel, qu'il prend un tiers des oblations, en laissant un tiers pour le service divin, et l'autre pour les réparations de l'édifice ; qu'autour de la chapelle il y a plusieurs tenues, sur lesquelles il y a rente féodale, droits seigneuriaux, dîme à la 11ème gerbe, et justice haute, moyenne et basse, s'exerçant sous le chapitrel de l'église. Dans un état de la Commanderie de Carentoir, dressé vers 1644 par le commandeur Gilles du Buisson, on lit : « Dans la paroisse de Noyal-Muzillac il y a un autre temple, fondé de Monsieur saint Jean-Baptiste, notre patron, vulgairement appelé saint Jean du Guerno, en lequel il y a sept autels, quatre portes, et nombre de fenêtres bien vitrées, en la principale desquelles, à droite du grand autel, sont les armes de notre Ordre, et au côté et en même hauteur d'icelles, est l'écusson des ducs de Bretagne, nos bienfaiteurs, et du costé de l'Evangile touchant au balustre est le banc des commandeurs. Et la dite chapelle bien blanchie, et couverte d'ardoises, avec un campanier sur le mitan, où sont deux cloches. Et au bas de la dite église y a une tour forte, bâtie en pierre de taille, fermée de deux fortes portes, l'une de bois, l'autre de fer, avec quatre serrures ; en laquelle tour il y a une petite croix d'argent doré, longue d'une palme, enrichie d'améthistes, dans laquelle il y a du bois de la Vraye-Croix. Plus dans la dite tour sont tous les ornements, qui sont cinq callices d'argent, dont l'un est doré, une grande croix d'argent, que l'on porte aux processions, et nombre de beaux ornements, tant de soye que autres étoffes, enrichies de broderies, le tout soigneusement gardé par les frairiens, lesquels ornements ont été acquis des aumosnes et oblations, qui tombent au dit temple, dont ils sont entretenus, et les réparations comme encore le service divin  ». Le Guerno a été érigé en trêve d'assez bonne heure ; on possède encore un registre de baptêmes commencé en 1608. A la fin de ce registre on lit cet avis facétieux : Si quis librum par adventure, — Invenerit en son chemin, — Reddat mihi la couverture, — Quœ facta est de parchemin. Le Guerno était du doyenné de Péaule et de la sénéchaussée de Vannes. En 1790, il se vit ériger en commune distincte de Noyal-Muzillac, et fit partie du canton de Péaule et du district de la Roche-Bernard. A la suppression des districts, en 1800, il entra dans l'arrondissement de Vannes, et au remaniement des cantons, en 1801, il fut incorporé à celui de Muzillac. En 1802, il fut érigé en paroisse, et depuis il conserve fidèlement ce titre (Joseph-Marie Le Mené - 1891).

le calvaire-autel (XVI-XVIIème siècle), qui s'élève au milieu du cimetière. Le Christ est l'oeuvre d'Yves Hernot. Le calvaire est décapité en 1962, lors d'une tempête, puis restauré. Anciennement en bois, la croix est remplacée en 1822 par une croix en granit sculptée par Yves Hernot de Lannion. A noter que ce calvaire aurait été édifiée spécialement pour pouvoir vénérer la Vraie-Croix, le jour du Vendredi-Saint. Pour la circonstance ont faisait souvent appel à des religieux comme, en 1677 au Père Elie de Saint-François qui, pour son service reçoit le 24 avril 1677, la somme de 3 livres pour avoir donné le sermon de la Passion, le Vendredi-Saint, dans la chaire du cimetière ;

le château de Bransféré (XVIIème et XIXème siècles). Propriété de Jehan de Chef du Bois de Bruslé en 1427. Siège de la seigneurie de Bransféré ou Branferet ayant appartenu en 1677 à la famille Freslon de Freslonnière. Le château reconstruit au début du XVIIème siècle est détruit durant la Révolution. Le château actuel est réédifié en 1815. Seule l'aile Nord date du XVIIème siècle. Propriété du Marquis de Barbeyrac en 1850, puis de la famille Jourde au XIXème siècle. Propriété de la Fondation de France depuis 1986, il est transformé en parc zoologique en 1965 par Paul Jourde ;

les maisons du XVIIIème siècle ;

la fontaine Sainte-Anne (1784). Elle aurait été édifiée sur un lieu de culte très ancien. Il s'agit d'un petit édifice quadrangulaire, qui s'ouvre au Sud et à l'Est par des arcades cintrées et moulurées. Le mur du Nord abrite une niche dans laquelle se trouve une statuette de sainte Anne. Le tout est surmonté d'un baldaquin de pierre, soutenu par quatre colonnes et sommé d'une croix ;

la fontaine Sainte-Marie (1787), située à Branféré. Il s'agit d'un petit édifice quadrangulaire, qui s'ouvre sur trois côtés. L'un des murs abrite une niche. L'ensemble est couronné par un dôme galbé portant à son sommet une croix en pierre ;

le lavoir (XVIIIème siècle), situé non loin de la fontaine Sainte-Anne ;

les moulins à eau de Grehando, de Branféré, et le moulin à vent du Bourreau ;

A signaler aussi :

quelques vestiges gallo-romaines (quantité de briques romaines) découvertes vers 1843 ;

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ANCIENNE NOBLESSE du GUERNO

Les seigneuries du Guerno étaient :

1° Branférec, qui appartenait en 1677 à Jean-Baptiste Freslon de la Freslonière ;

2° Saudien ou Saint-Saudien, qui appartenait à la même époque à Jérôme Rogon.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464 et du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence d'aucun noble de Le Guerno. Le Guerno dépendait autrefois de Noyal-Muzillac.

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