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GROIX

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La commune de Groix (bzh.gif (80 octets) Groe) est chef lieu de canton. Groix dépend de l'arrondissement de Lorient, du département du Morbihan (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de GROIX 

Groix vient du breton « Enezar Groac'h » (île de la sorcière).

Lors de l'immigration massive des Bretons d'Armorique aux Vème et VIème siècles : saint Gunthiern (d'après sa vita légendaire insérée dans le cartulaire de Quimperlé après 1120) et saint Tudy (avant son séjour à Belle-Ile) auraient abordé les côtes de Groix. Les reliques de saint Gunthiern auraient été mises à jour à Groix (Groia), du temps de Benoît, abbé de Quimperlé, et de Guigon d'Hennebont, fils d'Huelin, vers 1066. On mentionne aussi Guénaël en 550 (d'après le récit rapporté par A. Le Grand).

Lorsque Guénaël parvint à Groix, les cloches de toutes les chapelles se mirent à sonner subitement et miraculeusement "campanae omnium basilicarum [campanis ecclesiarum, selon Vita II], nullo movente, subito sonum dantes". Une église est également mentionnée par la Vita I "ad ecclesiam concurrentes, quae, latens, oceano" dite aussi "basilica". La Vita II rapporte que Guénaël s'affairait à construire des cellules pour ses compagnons, à construire des églises "construere fratribus cellas, aedificare satagebat ecclesias". Il se retira ensuite pour y fonder un monastère "fundavit monasterium" où il mourut un 3 novembre. Après de nombreuses années, Nominoë (Britannorum rex), voyant l'état du monastère, le fit reconstruire  "Meritorum insuper tam sublimium confessorem in tam humili jacere monasterio indignum arbitratus, religiosa ductus voluntate, monasterium ibidem propriis sumptibus amplissimum et pulcherrimum effecit" (Vita II Guenalei). Les Normands, qui débarquent sur l'île de Groix au Xème siècle, aurait ravagé ce monastère en 900. 

Huelin, seigneur d'Hennebont ou de Kemenet-Héboé, en donnant à l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, en 1037, l'île de Tanguethen ou de Saint-Michel, dans la rade actuelle de Lorient, y ajouta l'église de Saint-Gunthiern dans l'île de Groix et celle de Saint-Méloir, avec leurs appartenances : "adicimus insuper aecclesiam Sancti Gurthierni in insula Groe et Sancti Melori cum suis terris". Budic, évêque de Vannes, était présent à cette donation, et il semble avoir cédé à l'abbé de Sainte-Croix de Quimperlé son droit épiscopal sur l'île de Groix, comme son collègue de Quimper l'avait fait pour Belle-Ile. Aussi, à partir de ce moment, le prieur, nommé l'abbé, fut-il recteur de l'île et eut-il comme tel le casuel et les dîmes de la paroisse. C'est ce qu'une note rédigée vers 1120, résume en ces termes : "In insula Groë, presbyterium et decimam". L'église de Saint-Méloir, précédemment citée, paraît avoir été anciennement le siège de la paroisse de Groix, mais depuis longtemps ce titre appartient à l'église de Saint-Tudy et nous ignorons à quelle époque ce changement a pu se faire. Saint-Gunthiern, ou Loguthiern, fut toujours désigné sous le nom de prieuré.

Le prieuré Saint-Gurthiern ou Gunthiern, à Loc Gurthiern, devenu Saint-Goujarn (situé dans la partie orientale de l'île dite Pimitur) est aliéné en 1790. Il comprenait alors une chapelle, aujourd'hui ruinée, une maison, un jardin et "autres accessoires". On prétend que Saint-Méloir, à Loc Melaer devenu Lomener, aujourd'hui détruite, pourrait avoir été église paroissiale avant Saint-Tudy. Au début du XIIème siècle, lors d'un procès entre Guillaume d'Hennebont et l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, il est dit : "Et pour ce que nous devons recevoir sur l'île de Grouais, ledit Guillaume, seigneur de Hennebont, en rendit témoignage de sa propre bouche : Id est episcopum (c'est Dom Le Duc qui parle, s'il veut dire que l'Evêque y a ses droits épiscopaux, ou bien si, suivant le privilège de la fondation qui donne droit épiscopal au monastère acquises ou à acquérir, le monastère y avait le droit de l'Evêque), et Presbyterium (ce sont les droits rectoriaux) ; enfin l'on y avait toutes les dismes de l'isle, et cinq villages qui sont : Locguthiern, Locmariaker, Haelrech, Locmelaer, Kerbranken, exempts de toutes redevances" (le bénédiction Dom Le Duc). La dîme curiale ou rectoriale de l'île de Groix portait le nom significatif de Dîme de la Charette.

Au Moyen Age, l'île de Groix est réunifiée par les Rohan (au XIVème siècle). Les Rohan et les moines afferment les terres de Groix. L'île vit essentiellement de son activité maritime. Groix était jadis fractionnée en huit frairies (Loctudy, Le Mené, Lomaria, Logueltas, Lomelaër, Saint-Laurent, Saint-Jean, Sainte-Brigitte) et comptabilisait douze chapelles, non compris l'église paroissiale (Saint-Tudy, Saint-Gunthiern, Saint-Méloir, Saint-Jean, Saint-Gildas, Saint-Michel, Saint-Nicolas, Saint-Laurent, Sainte-Brigitte, La Trinité, Locmaria, et une autre dont le nom nous échappe). 

Au XVIIème siècle, Groix sert d’abris aux grands vaisseaux de la Compagnie des Indes. A partir du XVIIIème siècle, l'île de Groix devient un des premiers ports thonier et le reste jusqu’en 1940.

On rencontre les appellations suivantes : Isle de Groez (en 1428), Isle de Groaye (en 1448), Grouays (en 1481).

Nota : Groix est le pays natal de Jean-Pierre Calloc'h, poète de langue celtique connu sous le nom de Bleimor et mort en 1917.

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PATRIMOINE de GROIX

l'église Saint-Tudy, totalement reconstruite en 1850 par le recteur Lagueux. Elle remplace un édifice religieux abattu en 1755 et qui mesurait alors 30 mètres de long pour 10 mètres de large. Sa longère Nord avait été édifiée en 1758. Le 29 juin 1788 est posée la première pierre d'un nouvel édifice dont l'architecte se nommait Bregeon. Plusieurs restaurations auront lieu jusqu'en 1935. L'église actuelle date de 1850 et présente un plan en croix latine. Un thon a été installé en 1952 sur le clocher qui date du XVIIIème siècle ; 

la chapelle Notre-Dame-de-Plasmanec ou Notre-Dame de Ploumanec (moyen âge), située à Locmaria. Incendiée en 1696 par les Anglais, cette chapelle est reconstruite en 1696 et en 1797. Elle est de forme rectangulaire avec un chevet à trois pans et mesure 10 mètres de large. Elle se termine à l'Est par un chevet à trois pans. La façade occidentale présente un portail néo-classique surmonté par un clocheton. La porte en plein cintre est encadrée de deux pilastres et surmontée d'un petit fronton triangulaire. On y trouve un ex-voto "La Chaloupe de la douane" (1826) ;

la chapelle Notre-Dame-du-Calme ou des Carmes (1834), située au village du Méné. Initialement rectangulaire, la chapelle est transformée en 1834 en forme de croix latine par le recteur Lagueux. De part et d'autre de la porte Nord, se trouvent deux petites niches qui abritent les statues de sainte Anne et d'un saint Evêque ou abbé. Le clocheton est surmonté d'un toit et d'une croix. La chapelle abrite une statue de la Vierge à l'Enfant, oeuvre du sculpteur lorientais Bara et datée de 1819, ainsi qu'une Pietà (XIXème siècle) ;

la chapelle Saint-Léonard (XIXème siècle), située au village de Quelhuit. Cette chapelle, construite par le recteur Lagueux, est bénite le 13 avril 1841. Elle présente un plan en forme de croix latine et se trouve à proximité d'une fontaine de même nom. Sur la façade occidentale s'ouvre une porte en plein cintre, surmontée d'une niche abritant la statue de saint Léonard. Le clocheton est surmonté d'un toit et d'une croix. Les murs latéraux sont consolidés par des contreforts. Elle abrite une statue en bois polychrome du saint Sauveur (XVIIème siècle), une statue en bois polychrome de saint Léonard (XVIIIème siècle), une Pietà et un thonier ex-voto "Marcel" (1913). Il faut signaler que cette chapelle dédiée à saint Léonard remplace l'ancienne chapelle Saint-Laurent, restaurée après la Révolution par le recteur Le Livrec (ou Livec) et qui menaçait ruine au XIXème siècle ;

la chapelle de la Trinité (1892), située près du bourg. Cette chapelle servit plusieurs fois d'église paroissiale quand cette dernière était en travaux. Elle mesure 12 mètres sur 6 mètres et elle est restaurée entre 1819 et 1826. Elle est entièrement reconstruite en 1892 sur des plans de l'abbé Brisairer, de Tours, et bénite le 27 février 1894 ;

les anciennes chapelles détruites entre 1673 et 1696 et aujourd'hui disparues : la chapelle La Vraie-Croix, la chapelle Saint-Amand, la chapelle Sainte-Brigitte, la chapelle Saint-Gildas, au Sud de Locqueltas, la chapelle Saint-Hilaire, la chapelle Saint-Jean, la chapelle Saint-Nicolas, au Sud-Ouest du port du même nom, la chapelle Saint-Tudy. De la chapelle Saint-Michel ne subsiste qu'un moulin de ce nom. De la chapelle Saint-Sauveur dite également la Trinité, ne subsiste qu'une croix près du bourg ; 

l'oratoire Notre-Dame du Pradino (1958) ;

l'ancien prieuré de Saint-Gunthiern. En plus des droits épiscopaux et rectoriaux, avec la dîme, le prieuré avait des revenus particuliers à Locguthiern, ou Saint-Gouziern, chef-lieu du prieuré, à Locmélaer, dit aujourd'hui Locmener, à Locmaria ou Locmariaker, à Haelrech ou Stanverec, et à Kerbranken ou Carranguy. Quand plus tard le prieur de Saint-Gunthiern se décharge du service paroissial sur un vicaire perpétuel, il lui donne une portion de ses revenus, en gardant la majeure partie des dîmes. A partir de ce moment, le prêtre séculier chargé de la paroisse est présenté par l'abbé de Quimperlé et institué par l'évêque de Vannes. Mais au XVIIIème siècle, les abbés commendataires perdent ce droit, le vicaire se qualifie alors de recteur, et il est à la nomination directe du pape ou de l'évêque. Le prieuré tombe en commende au XVIème siècle. Voici quelle est en 1619 la répartition des revenus : - le prieur de Saint-Gunthiern, comme recteur primitif, recueille environ 100 minots de froment et autant d'orge, mesure d'Hennebont, et possède en outre les offrandes faites dans les nombreuses chapelles de l'île de Groix, - le vicaire, indépendamment de son casuel et de son logement, reçoit des prémices évaluées par lui à environ 40 minots de froment, et une pension, qui s'élève plus tard à la somme de 500 livres. En 1756, le revenu net du prieuré est évalué à 506 livres comme celui du vicaire. Voici les noms des prieurs de Saint-Gunthiern : Jacques Fabri, chanoine (pourvu en 15.., mort en 1568), François Kermault (pourvu en 1568), Fr. Louis Sébastien, de Quimperlé (pourvu en 15.., mort en 1592), Fr. Jean de Champaigne (pourvu en 1592, démissionnaire en 1595), Fr. Claude de Chefdubois (pourvu en 1595, mort en 1597), Jean Lair, du Mans (pourvu en 1597, contesté par L. Le Coguic), Julien Gobéry, de Rennes (pourvu en 1602, mort en 1603), Pierre Bossu, de Lyon (pourvu en 1604), Raoul Odic (pourvu en 16.., mort en 1615), Pierre Réchin, d'Evreux (pourvu en 1615, mort en 1616), Guillaume Le Prestre (pourvu en 1616, mort en 1640), Louis de Beauvais, d'Angers (pourvu en 1640), Philippe Mélo (pourvu en 16.., mort en 1718), Ch. Joseph Le Corre du Cosquer (pourvu en 1718, mort en 1740), Jean François Donin, de Rosière (en 1740, mort en 1759), Pierre Feuvet, de Blois (pourvu en 1759, dépouillé en 1791). Après la confiscation révolutionnaire, les biens du prieuré de Saint-Gunthiern de Groix, comprenant une chapelle, une maison, un jardin et autres accessoires, sont vendus à la veuve Proteau de Groix, le 16 décembre 1790, pour 27 600 livres ; 

la fontaine de Saint-Amand (XIXème siècle) ;

la fontaine de Kerlard (1907) ;

la fontaine des Amoureux (1850 et 1921), située à Kervédan. Une petite croix sur le fronton porte la date de 1921 (date d'une restauration). La date de 1850 est gravée au pied de la croix ;

la fontaine de Kerlivio (XIXème siècle) ;

le lavoir de Kerlivio (XIXème siècle) ; 

le lavoir de Kermouzouët (XXème siècle) ;

les deux lavoirs de Kerlard (1907) ;

l'ancienne conserverie Lecointre (1930-1931), située à Mez Port-Tudy ;

l'ancienne conserverie de Port-Tudy (1860) ;

la conserverie Jégo-Béziers (1864), située à Port-Lay ;

le phare des Chats (1898-1899), situé à la Pointe des Chats ;

le phare de Pen Men (1839). La tour, édifiée de 1794 à 1798, s'écroule en mars 1799, et un autre phare est construit à 200 mètres entre 1829 et 1839 ;

le port de Port-Lay (1839-1859) ;

le port de Port-Tudy (1860-1930). Le phare du port de Port-Tudy date de 1891 à 1892 ;

7 moulins à vents : Pivisy, Clavezic, Michel, du Prince, de Stang, de Kergatouarn, de Kerrochet et le moulin de Kerbus (XIXème siècle) ;

A signaler aussi :

le grand menhir (époque néolithique), situé à Kermario. Il est encore appelé menhir de Clavezic, du Salver-er-Bed ou de Saint-Sauveur ;

le petit menhir ou Men-Hoal, situé à Kerlard ;

le dolmen de Magoer Huen (époque néolithique), situé au port de Locmaria ;

le dolmen du Roc'h Chlaz (IV siècle avant Jésus-Christ) ;

le dolmen de Men Yann ou Men Yeun (époque néolithique), situé à Kerlard ;

le dolmen de Men Kam (époque néolithique), situé à Kerlard ;

le dolmen Sud de Port-Mélite (époque néolithique), situé à Kerrohet ;

le dolmen nord de Port-Mélite (époque néolithique), situé à Kerrohet ;

le camp gaulois de Kervédan (Ier siècle avant Jésus-Christ). Il s'agit d'un éperon barré ;

une sépulture Viking à barque incinérée sous tumulus (à Locmaria) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de GROIX

En 1428, on comptabilise la présence de 2 nobles sur l'Ile-de-Groix : Pierre Leen ou Lehen et Jehan de Coetnours.

En 1448, lors de l'enquête des exempts de fouage, on comptabilise trois nobles sur l'Ile-de-Groix : Jehan Le Boterfs, Jehan Coetnoux (sergent du Vicomte de Rohan), Allain Lehen (sergent de la Rochemoaysan).

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence de 2 nobles de L'Ile-de-Groix :

Jehan LEHEN : défaillant ;

Jehan COETNOUS, remplacé par son fils Louis : comparaît en archer ;

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