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GRAND-FOUGERAY

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La commune de Grand-Fougeray (pucenoire.gif (96 octets) Felgerieg-Veur) est chef lieu de canton. Grand-Fougeray dépend de l'arrondissement de Redon, du département d' Ille-et-Vilaine (Bretagne).         

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de GRAND-FOUGERAY

Grand-Fougeray vient du latin "filicaria" (fougère) et du suffixe "acum" (d'origine gallo-romaine).              

Le Cartulaire de Redon renferme un grand nombre de chartes concernant la paroisse de Fougeray aux IXème et Xème siècles. Dès 852 nous voyons Erispoé, roi de Bretagne, donner à l'abbaye de Redon deux terres appelées Moi et Aguliac, situées sur le bord de la Chère, dans la paroisse de Fougeray, « duas randremes Moi et Aguliac in plebe quœ vocatur Fulkeriac, super flumen Kaer ». Cette donation d'Aguliac fut confirmée en 859 par le roi Salomon (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 24, 25). Non-seulement Fougeray était paroisse à cette époque reculée, mais c'était déjà une paroisse assez considérable pour qu'on l'appelât dès 903 le Grand-Fougeray, « Fulkeriac Major » par opposition au Petit-Fougeray en Chanteloup ; elle renfermait alors, en effet, presque tout le territoire des quatre paroisses actuelles : Fougeray, Sainte-Anne, La Dominelais et Mouais. Située sur les limites franco-bretonnes, elle avait une population composée partie de Bretons, partie de Francs, et d'importantes familles appartenant aux deux nations y avaient des intérêts. Du côté des Bretons, nous voyons les rois Erispoë et Salomon, les comtes Pascweten et Alain-le-Grand employer en bonnes oeuvres une partie des terres qu'ils avaient à Fougeray ; nous voyons même Pascweten, alors gendre du roi Salomon, y séjourner, et Colédoc, parent d'Alain-le-Grand, y posséder des terres et des serfs. Le clergé breton semble aussi affectionner Fougeray : l'évêque de Vannes Courantgen y réside parfois, et saint Convoyon y envoie, peu de temps après la fondation de son abbaye de Redon, les moines Haëlmin et Konwoion ; ces derniers fondent même en Fougeray le monastère de Mouais, où nous trouvons plus tard l'abbé Ritcand, successeur de saint Convoyon (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 167, 168, 173, 174, 187, etc...). Du côté des Francs, quelques personnages importants méritent également d'être signalés à Fougeray. C'est d'abord Austroberte, noble et pieuse femme qui fut la bienfaitrice du prieuré de Mouais, devançant dans sa générosité les libéralités royales des princes bretons envers les moines de Redon établis en Fougeray. C'est encore Sigebert, qui tenait un rang assez important pour avoir l'honneur de recevoir dans sa maison le prince Pascweten et l'évêque Courantgen. Mais l'élément breton dominait à Fougeray ; nous en avons la preuve dans les noms des villages et des habitants, qui appartiennent presque tous à cette époque à la langue bretonne ; tels étaient les villages de Mordan, de Hoethlor, de Broncongar ; telles étaient les terres de Moi et d'Aguliac ; tels étaient encore les colons Sulhoiarn et Hinconan, qui habitaient Broncongar, et le serf Tavalt, que donna à Redon le prince Coledoc. Cette population se divisait en trois classes : les hommes libres, — les colons — et les serfs ; ces derniers disparurent au siècle suivant, après les invasions normandes. Les rentes des métairies de Mordan et de Hoethlor en 864, « villa que dicitur Mordan et alia que appelatur Hoethlor et sunt site in plebe Felkeriac », nous montrent que l'on élevait alors sérieusement des bestiaux dans les exploitations agricoles et que l'on y cultivait deux fois plus de froment que de seigle (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 212, 213 - Il est probable que Hoethlor ou Coëthlor était la terre actuelle du Loray, appelée anciennement Coëtloray). Vers 880, les Normands amoncelèrent les ruines en Bretagne. Après avoir ravagé l'abbaye de Redon, ils s'engagèrent sur les bords de la petite rivière de Chère, qui se jette dans la Vilaine non loin de Fougeray ; ils dévastèrent toute la contrée et détruisirent de fond en comble la paroisse de Cornou, située au bord de la Chère, entre Fougeray et Sion. Mais lorsque la paix revint en Bretagne avec le glorieux règne d'Alain-Barbe-Torte (939), nos paroisses se reconstituèrent en grande partie, et Fougeray fut de ce nombre. Toutefois, les moines de Redon obtinrent l'érection en paroisse de leur prieuré de Mouais et de son territoire, qui furent de la sorte distraits de Fougeray ; plus tard, en 1062, Quiriac, évêque de Nantes, confirma les mêmes religieux dans la possession de cette nouvelle paroisse de Mouais. Quoique l'abbaye de Redon eût à son origine des biens en Fougeray, rien n'indique cependant qu'elle ait jamais possédé complètement cette paroisse ; tout, au contraire, porte à croire que de très-bonne heure Fougeray appartint aux évêques de Nantes. Aussi dès 1123 l'un de ces derniers, Brice, fut-il confirmé par Louis-le-Gros (Louis Le Débonnaire) — qui prétendait commander en Bretagne — dans la possession de l'église de Fougeray. Il y a bien quelque probabilité qu'à la mort de l'évêque Gislard Fougeray fut envahi par les évêques de Vannes ; mais cette usurpation, si elle eut lieu, fut de courte durée, et sous le règne d'Alain-le-Grand l'évêque de Nantes Fulcher se fit restituer les paroisses qu'on avait voulu soustraire à sa juridiction. A partir de cette époque et jusqu'en 1803, la paroisse de Fougeray fit partie sans conteste du diocèse de Nantes. Nous avons vu précédemment qu'en 1803 ce diocèse échangea avec celui de Rennes la paroisse de Fougeray contre les trois paroisses de Fercé, Noyal-sur-Bruz et Villepot. Nous n'avons point de preuves que l'abbé de Redon ait été jadis le curé primitif de Fougeray [nota : Dans publication intitulée : Etat du diocèse de Nantes en 1790, l'auteur, M. l'abbé Grégoire, avance au sujet du Grand-Fougeray plusieurs assertions que nous ne pouvons admettre, notamment : l'union du prieuré de Bellac à la cure de Fougeray, — le service de cette paroisse fait par un vicaire perpétuel, — l'existence d'un ancien ermitage (qui était en réalité en Messac) et d'un prieuré de la Trinité, membre de Marmoutiers, dont aucune trace ne se retrouve, etc. Nous nous croyons obligé de signaler ces divergences entre M. l'abbé Grégoire et nous, tout en rendant justice à la bonne foi de cet estimable confrère], mais la fondation du prieuré de Mouais avait fait naître de fréquentes relations entre cette paroisse et cette abbaye. C'est ce qui nous explique l'usage, pratiqué jusqu'à la fin du XVIIème siècle, de se rendre processionnellement de Fougeray à l'abbaye de Redon le lundi de la Pentecôte. En 1668, il en coûta 9 livres aux trésoriers de Fougeray pour porter à Redon ce jour-là leurs ornements sacerdotaux et pour y faire sonner les cloches et toucher les orgues de l'église abbatiale. A la même époque, la paroisse se rendait aussi en procession à un lieu fort éloigné appelé Saint-Julien, qui nous semble avoir été Saint-Julien-de-Vouvantes, but de nombreux pèlerinages au moyen-âge. Enfin, aux Rogations, on faisait alors processionnellement le tour de l'immense paroisse de Fougeray, et l'on donnait 52 sols aux hommes qui portaient ces trois jours la croix et la bannière (Archives paroissiales). Aux XVIème et XVIIème siècles, Fougeray eut beaucoup à souffrir de ses seigneurs, qui, à la tête du parti huguenot, fondèrent une église protestante à Sion, comprenant entre autres paroisses voisines celle de Fougeray. Mais Dieu frappa visiblement les marquis de Fougeray, qui périrent trois successivement de mort violente ; les habitants qui, par crainte, avaient embrassé la Réforme ne tardèrent pas à reconnaître leur faute. En 1642, une mission faite à Fougeray par des Récollets ramena bien des âmes à la vérité ; Mgr de Beauveau, évêque de Nantes, vint ensuite présider une autre grande mission en 1685 ; il demeura quelque temps à Fougeray et y reçut de nombreuses abjurations. Vers la même époque, le dernier seigneur huguenot de Fougeray mourait en exil, et toutes traces du protestantisme disparaissaient de chez nous. Diminué vers le XIème siècle par suite de l'érection de la paroisse de Mouais, le Grand-Fougeray a encore plus perdu de son importance de nos jours : deux nouvelles paroisses, en effet, ont été créées sur son territoire, Sainte-Anne vers 1822 et La Dominelais en 1840. Le recteur de Fougeray était présenté par l'ordinaire et seul grand décimateur dans sa paroisse (Pouillé de Rennes).

Comme l'indique le Pouillé de Rennes, l'Abbaye de Redon fonde au IXème siècle sur le vaste territoire de Grand-Fougeray le prieuré de Mouais, qui devient paroisse vers le XIème siècle. Plus tard, en 1062, Quiriac, évêque de Nantes, donne à ces mêmes moines cette nouvelle paroisse de Mouais qui se trouve actuellement en Loire-Inférieure. On en détache aussi au XIXème siècle les paroisses de Sainte-Anne-sur-Vilaine et de La Dominelais. La paroisse de Grand-Fougeray est dévastée par les invasions normandes de la fin du IXème siècle. Une tradition place l'église primitive sur le bord de la Chère. Fougeray possédait autrefois deux halles. La paroisse de Fougeray faisait jadis partie du diocèse de Nantes : elle est comprise dans le doyenné de Châteaubriant, appelé aussi climat de la Chrétienté, subdivision lui-même de l'archidiaconé de La Mée. En 1804, le diocèse de Nantes échange avec celui de Rennes la paroisse du Grand-Fougeray contre les trois paroisses de Ferté, Noyal-sur-Bruc et Villepot. En 1861, Fougeray est élevé au rang de doyenné faisant partie de l'archidiaconé de Rennes. Le 6 mai 1292, Durand, évêque de Nantes, d'une famille qui habitait nos pays, meurt à Fougeray.

Au XVIème siècle, la paroisse de Fougeray a à souffrir des prétendus réformateurs de cette époque. Ses seigneurs, les la Chapelle de la Roche-Giffart, sont alors à la tête du parti huguenot. René de la Chapelle introduit l'erreur en 1563 dans ses terres ; une partie des petits seigneurs ses vassaux suivent ce fatal exemple : Jacques Le Maistre, seigneur de la Garrelaye et de Launay-Bazouin ; le sieur de la Villevoisin, seigneur de Cahan ; Jean Le Mesnager, seigneur du Plessix, embrassent la prétendue réforme. L'hérésie gagne même une partie de la bourgeoisie et du peuple : les familles de la Ferrière, Piccot, Michiel, Salvert, Grenier, Cousturier, Delaunay, Daviau, etc., abandonnent la religion de leurs pères. Le seigneur de Fougeray fait venir un ministre protestant de Rieux et, fait prêcher l'erreur dans tous ses châteaux. Ainsi est fondée l'église protestante de Sion, qui comprend entre autres paroisses celles de Fougeray et de Saint-Sulpice-des-Landes. Mais cette église dure peu de temps : en 1585, Guineau, pasteur de Sion, abandonne son troupeau, à l'approche des ligueurs. Ces derniers arrivent, en effet, pour punir les seigneurs de la Roche-Giffart, qui depuis leur apostasie désolent le pays, pillant les églises, brûlant les monastères, massacrant les prêtres et les religieux. Fougeray a ainsi à souffrir toutes les horreurs de la guerre civile. Mais Dieu frappe ceux qui attaquent sa sainte religion : Louis de la Chapelle est tué sous les murs de son château de Fougeray, dont se sont emparés les ligueurs (1595) ; son fils Samuel meurt à la chasse ; son petit-fils Henri est également tué à Paris, en 1652, et le dernier seigneur de cette maison huguenote meurt en exil. Quant aux habitants de Fougeray, ils ne tardent pas à reconnaître leur faute.

D'après certains historiens, un château primitif du XIème siècle aurait appartenu à Brient Le Boeuf, premier seigneur connu de Fougeray dont hérita Nicolles (ou Nicoles) qui l'apporta en dot en 1235 à Geoffroy de Rieux. Le donjon aurait été construit par le fils de Geoffroy, Guillaume Ier, mort en 1310, ou par le fils de celui-ci, Jean Ier, vivant en 1350. D'autres historiens prétendent qu'un château de Fougeray est construit en 1202 par Nicolas Le Bœuf. 

Fougeray était une châtellenie d'ancienneté, érigée en marquisat en 1663 : elle relevait directement du roi et possédait un droit de haute justice et un droit de quintaine. En 1541, la seigneurie de Fougeray comprend toute la paroisse de Fougeray et une partie de celles de Pierric, Derval, Lusanger, Sion, Mouais et Guémené. La châtellenie est érigée en marquisat le 8 juin 1644 au profit d'un sieur La Chapelle, seigneur de La Roche-Giffart. Les seigneurs de Fougeray implantèrent le protestantisme dans le pays au XVIème siècle (Pouillé de Rennes).

Paroisse du diocèse de Nantes, Grand-Fougeray passe au département d'Ille-et-Vilaine et au diocèse de Rennes en 1803. 

On rencontre les appellations suivantes : Plebs Fulkeriac (en 852), Fulkeriac Major (en 903), Felgeriacum (en 1123).

Note 1 : La paroisse de Fougeray était jadis divisée en 21 frairies, comme il suit : La Ville, La Préverie, Cahan, Vexières, Auvers, Béhac, Méhandoul, La Haye, La Colinais, Conzay, Nouray, Villeray, Bonnais, Créon, La Noë, La Bourdinière, La Bourdonnaye, La Roulaye, Cherhal, Branzan, Launay-des-Moulins. Un collège est fondé en 1554 à la sortie de la ville, sur la route de Derval, par le recteur Maurice Boultin et existe jusqu'en 1793. Il sert actuellement de presbytère.

Note 2 : 1° Collège. — En 1554, Maurice Boutin, chanoine et scholastique de Nantes, recteur de Fougeray (Grand-Fougeray), fonda un petit collège dans cette paroisse. A cet effet, il légua « à l'église et aux paroissiens de Foulgeré une maison avec cour et jardin, meublée de meubles, située proche la ville et chasteau de Foulgeré, sur et joignant le chemin qui conduit de ladite ville au bourg de Derval, pour servir de collège et maison à instruire la jeunesse, et de demeure au régent pour le temps seulement qu'il instruira ladite jeunesse ». Au don de cette maison se joignait celui des grandes prées de la Fossardaye, de la maison de la Fouqueterie, près de la ville de Fougeray (Grand-Fougeray), de quelques autres pièces de terre et d'une rente annuelle de 7 livres 10 sols. Cette dotation du collège fut encore augmentée en 1615 par Guillaume Gaultier, recteur de Grand-Fougeray. Un régent ordinairement prêtre tenait ce collège. Le premier fut Maurice Boutin, parent du fondateur. Le général de la paroisse présentait toujours le sujet qu'il croyait digne de remplir ces fonctions, mais son choix avait besoin de l'approbation du recteur de Grand-Fougeray et même, vers les derniers temps, du consentement de l'évêque de Nantes, dans le diocèse duquel Grand-Fougeray se trouvait alors. Les charges du régent consistaient à « faire l'escole deux fois par chacun jour, à entretenir le chant dans l'église paroissiale » et à instruire les enfants « tant en la langue latine et française qu'à lire et à escrire ». Il devait apprendre gratuitement aux enfants pauvres leurs prières et leur catéchisme ; il ne pouvait exiger des autres enfants plus de 6 sols par mois pour apprendre à lire, 10 sols pour apprendre à écrire et 15 sols pour le latin. Mais là ne se bornaient pas les obligations du régent : d'après l'acte de fondation il devait « dire avec chant, par chacun jour d'escole, au soir et à l'église, une antiphone (antienne) de Beata Maria, secundum cursum temporis, avecque une collecte de Beata et une autre collecte pour les défunts fondateurs et bienfaiteurs dudit collège ». C'était avant le salut du Saint-Sacrement, qui se célébrait alors quotidiennement à Grand-Fougeray, que les écoliers, conduits par le régent, chantaient cette antienne à l'église vers cinq heures en été et trois heures en hiver. Enfin, tous les samedis avait lieu une autre cérémonie réglée par le fondateur et consistant en ceci : Maurice Boutin avait ordonné « estre chantée et célébrée par chacun samedy de l'année, en l'église parochiale dudit Foulgeré, par le régent et les escoliers du collège, une messe à notes, de Nostre-Dame, à l'autel de N.-D. de Bonne-Encontre en la Chapelle-Neuve. Et iceux régent et escoliers doivent aller environ l'heure d'onze heures du matin, processionnellement, chantant depuis ledit collège jusqu'à ladite église de Foulgeré Ave maris stella, et environ la feste de Pasques Regina cœli lœtare ou Victimœ ; et à la fin de ladite messe doivent dire sur la tombe du père dudit fondateur le psaulme De profundis et la collecte Fidelium à haulte et intelligible voix en chantant ». Une rente de 20 livres était destinée à l'entretien de cette fondation de messe (Archives paroissiales de Grand-Fougeray). Le collège de Grand-Fougeray subsista jusqu'aux approches de la Révolution ; il fut détruit à cette époque, et sa maison est devenue depuis le presbytère actuel de Grand-Fougeray. 2° Ecole de filles. — En 1709, Marie du Paz, femme de Claude Dollier, seigneur du Port-de-Roche, fonda une école de filles pour laquelle elle donna deux maisons situées rue Saint-Roch, à Grand-Fougeray, et une métairie au village de la Gouensais. Cette école était tenue par des Sœurs du Tiers-Ordre, et l'une d'elles, Louise Cocaud, « maîtresse des petites écoles », mourut en 1775 (Pouillé de Rennes).

Note 3 : Le clergé paroissial se composait d'un recteur et de son vicaire, d'un prêtre-sacriste, d'un prêtre-chantre, d'un prêtre régent du collège, et d'une douzaine de prêtres desservant les chapelles rurales. Les recteurs de Fougeray étaient nommés par l'évêque de Nantes et seuls grands décimateurs dans leur paroisse ; généralement nobles ou anoblis, ils étaient pour la plupart chanoines ou prieurs commendataires. Voici, leurs noms parvenus jusqu'à nous :  - 1° Thomas Le Roy, né à Tréhel, paroisse de Messac, chefcier de l'église collégiale de Nantes, chanoine de Rennes, Nantes, Saint-Malo et Quimper, archidiacre de Plougastel en Tréguier, docteur en décret à la Cour de Rome, maître des requêtes à la Cour de Bretagne, évêque élu de Dol, procureur au concile général de Latran, clerc du collège des cardinaux, procureur des lettres apostoliques, doyen de Bain, recteur de Fougeray, Nozay, Derval, Messac, Poligné, Domagné et Bothoa, etc., etc., anobli par François Ier en 1522, rédacteur du concordat passé entre ce roi et Léon X, mort à Rome, au Palazzo Régis, le 21 octobre 1524 ; - 2° Maurice Boultin, chanoine et scholastique de l'église cathédrale de Nantes, docteur en droit, fondateur du collège de Fougeray, mort en 1555 ; - 3° Pierre du Fouay, parent du précédent, lui succéda ; - 4° Guillaume Gaultier fut recteur de Fougeray de 1606 à 1630, mais nous ignorons s'il succéda immédiatement à Pierre du Fouay, les registres paroissiaux ayant été brûlés pendant la Ligue ; - 5° René Mériault, prieur commendataire de Ballac situé en Pierric et membre de l'abbaye de Redon, et recteur de Fougeray, résidait habituellement, ainsi que ses successeurs, au prieuré de Ballac. Il résigna ses deux bénéfices en faveur du suivant en 1641, se réservant une pension de 500 livres sur le prieuré de Ballac ; - 6° Michel du Breil, recteur de Fougeray (1665-1696) et prieur de Ballac. Chanoine et pénitencier de Nantes, il est pourvu le 23 juillet 1641 de la cure de Fougeray, en prit possession le 25. Il fut pourvu du prieuré de Ballac au mois d'octobre suivant et résigna seulement la cure en 1696, ce qui montre bien que les deux bénéfices n'étaient pas unis ; - 7° Louis du Breil, recteur de Fougeray (1696-1697) et prieur de Ballac Breil. Nommé en 1696, fit enregistrer ses armoiries : d'azur au lion d'argent lampassé et armé d'or, soutenu en pointe de trois coquilles d'or, 2, 1. Il est décédé en 1697 ; - 8° Guy Larcher, docteur en théologie et recteur de Fougeray, de 1698 à 1727. Pourvu en 1697, fit aussitôt enregistrer à son tour ses armoiries : de sable au mouton d'argent tenant une houlette d'or, au chef d'argent chargé d'une plante de fougère de sinople. Il est décédé le 29 septembre 1727 et inhumé le lendemain dans le choeur de l'église ; - 9° Pierre du Breil de Champcartier, des seigneurs du Burons, paroisse de Vigueux, chanoine de l'église cathédrale de Nantes, recteur de Fougeray (1728-1738), prieur de Ballac. Il résigna en 1738 ; - 10° Jean Doublé, recteur de Fougeray, de 1739 à 1741 ; - 11° Pierre-François Davy de la Roche, protonotaire apostolique, chevalier des Ordres militaires et apostoliques de Saint-Jean-de-Latran et de l'Eperon-d'Or, comte palatin, recteur de Fougeray (1741-1787). Il résigna en 1787 ; - 12° N... Blanchard de la Villemoizan ou Ville-Moisan (1787-1789) ; - 13° Pierre Aupiais (1789-1803). Il fut semble-t-il contraint de quitter sa paroisse en 1792 ; - 14° Maurice Briand (1803-1804). Il est décédé en 1804 ; - 15° N... Gué (1804-1806) ; - 16° Charles Genet ou Genest (1806-1817). Il est décédé en 1817 ; - 17° Jean-Marie Huet (1817-1843) ; - 18° Guillaume Raoul, chanoine honoraire de l'église cathédrale de Rennes, doyen de Fougeray (1843-1876) ; - 19° François Brassier (à partir de 1876),  .... 

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PATRIMOINE de GRAND-FOUGERAY

 

l'église Saint-Pierre-Saint-Paul (XII - XIII - XV - XVII - XVIII - XIX - XXème siècle). Dédiée aux apôtres saint Pierre et saint Paul, cette église se compose d'une nef romane terminée par un chevet droit construit au XVIème siècle ; à cette nef ont été ajoutées trois chapelles, deux au Nord et une au Midi ; les deux du Nord ont été reliées de nos jours de façon à former une sorte de bas-côté. La partie romane n'a d'intéressant que le portail occidental et l'arc triomphal ; la plupart des anciennes fenêtres de la nef ont été refaites. La première chapelle au Nord de la nef, appelée la Chapelle-Neuve, semble du XVème siècle et présente deux colonnes assez curieusement sculptées ; elle renfermait jadis l'autel de Notre-Dame de Toutes-Aides. De chaque côté de l'arcade triomphale étaient, au haut de cette nef, les autels de Notre-Dame de populo et de Saint-Sébastien. Les deux autres chapelles formaient les bras de la croix relativement à la nef : celle du Nord, dédiée à la Sainte-Trinité, était prohibitive au seigneur de Fougeray, qui prétendait à toutes les prééminences dans l'église ; elle renfermait aussi son enfeu ; celle du Midi, dédiée à saint Michel, servit de lieu de réunion, à partir de 1774, au général de la paroisse, qui jusqu'alors s'était assemblé dans la Chapelle-Neuve. Cette église possède une cloche de 1477 qui provient des anciens Cordeliers de Nantes. Au sortir du temple est une croix de cimetière qui peut remonter au XIIIème siècle ; elle est en pierre ; son pied, très-élancé, est octogone, et quatre pattes en feuilles d'acanthe le relient à sa base ; la croisée se compose presque entière d'un quatre-feuilles contenant au centre le Christ sur une croix à double croisillon, la Vierge et saint Jean debout de chaque côté. La confrérie du. Saint-Sacrement, érigée dans l'église de Fougeray dès avant les guerres de la Ligue, fut reconstituée en 1605 et enrichie alors d'indulgences par le pape Paul V. Quant à la confrérie du Rosaire, il en est fait mention en 1699 (Pouillé de Rennes). L'église du XIIème siècle a subi plusieurs campagnes de reconstruction : elle a été complètement restaurée en 1927 par Hyacinthe Perrin. Elle comprenait à l'époque romane une nef avec une abside, et une chapelle au nord du choeur (Chapelle de la Trinité), munie d'une porte qui a été maçonnée en 1783. On y ajouta au XVème siècle la Chapelle Neuve. Un collatéral réunit les deux chapelles (Chapelle de la Trinité et la Chapelle Neuve) au XVIIème siècle. La première chapelle était semble-t-il prohibitive aux seigneurs de Fougeray : elle conservait encore en 1850 la tombe de Louis de la Chapelle seigneur de Fougeray, ardent calviniste, tué en 1595. Une troisième chapelle est construite vers le XVIIème siècle du côté sud du choeur : elle ne communiquait primitivement qu'avec le choeur et on y a pratiqué en 1838 un accès dans la nef. Le chevet date du XIIIème siècle. Le portail occidental date du XIIème siècle. La nef date du XVème siècle : elle a été restaurée en 1783. Le clocher-porche date de 1730 et de 1927. Un petit campanile qui se dressait au milieu de la toiture a été démoli en 1869. Le vitrail de la Crucifixion, oeuvre des maîtres-verriers Lecomte et Colin, date de 1885 ;   

la chapelle Notre-Dame (1634-1852), destinée à l'usage des habitants de Brandeneuf. Elle date de 1634-1635 et a été restaurée en 1852. Elle fut fondée d'une messe par semaine, en 1635, par les habitants de ce quartier ; en 1710 les seigneurs de Port-de-Roche y fondèrent également un catéchisme qu'ils dotèrent de 25 livres de rente. — Cette chapelle a été restaurée en 1852 et l'on s'y rend en procession aux Rogations  

l'ancienne chapelle Saint-Jean située jadis au cimetière. Il s'agissait d'une chapelle très-vénérée et fort ancienne, située dans le vieux cimetière, près de l'église paroissiale ; elle fut démolie en 1730, lorsqu'on construisit la tour de cette église au bas de la nef ;

l'ancienne chapelle Saint-Roch, située dans le nouveau cimetière, disparue vers 1830 ;

l'ancienne chapelle Saint-Armel, vieille chapelle affectée au service de l'hôpital de Fougeray. Cet hôpital ayant été détruit vers 1690, sa chapelle disparut dans le siècle suivant ;

l'ancienne chapelle Sainte-Magdeleine, aujourd'hui disparue. Une maladrerie y est attestée en 1648, puis incendiée vers 1835. Il s'agit d'une vieille chapelle voisine de l'ancienne cure de Fougeray, devenue au XVIIIème siècle une sorte de chapelle privée à l'usage des recteurs, mais possédée néanmoins et entretenue jadis par les paroissiens ;

l'ancienne chapelle Saint-Marc, aujourd'hui disparue et située près du Fief-Rubé (route de Rennes). But des processions paroissiales. Les seigneurs de Port-de-Roche y avaient fondé un catéchisme ; 

l'ancienne chapelle Sainte-Anne d'Auvers, érigée en église paroissiale vers 1822 ;

l'ancienne chapelle Saint-Nicolas de La Dominelais, érigée en église paroissiale en 1840 ;

les autres chapelles aujourd'hui disparues : la chapelle Saint-Guillaume (appartenant à la paroisse, elle menaçait ruine dès 1741), la chapelle du château de Fougeray, la chapelle du Plessix (dépendant jadis du manoir de ce nom), la chapelle du Port-de-Roche (aujourd'hui en Sainte-Anne-sur-Vilaine), la chapelle du Pont-Louet (aujourd'hui en Sainte-Anne-sur-Vilaine), la chapelle de la Devoriais (jadis fondée de messes par les seigneurs de la Dévoriais et construite près de leur manoir), la chapelle de Cherhal (fondée jadis par les seigneurs dudit lieu), la chapelle de Conzay (on en voyait naguère encore les débris dans la cours de cet ancien manoir) ;  

la croix (XVIIème siècle), située 44 rue du Pont-Saint-Père ;   

la croix de Neuville (Moyen Age) ;   

la croix Tréflée (XVème siècle) ;   

le donjon de 13 mètres de diamètre et à cinq étages de Du Guesclin (XIII-XVIème siècle). Il s'agit d'un vestige de la fortification (château primitif de Fougeray) construite en 1202 par Nicolas Le Bœuf (fils d'un nommé Tihern, XI-XIIème siècle). Le château était protégé au XIVème siècle par neuf tours. L'édifice, à l'exception du donjon, a été rasé au XVIIIème siècle (après 1748) et remplacé par un autre château, par son propriétaire de l'époque, Locquet de Granville, négociant et armateur malouin. En 1356 ou 1350, Du Guesclin s'empare de ce donjon, gardé par une garnison anglaise commandée par le capitaine Robert Bramboc ou Bembro. Le château, édifié vers 1400 par Jean II de Rieux (maréchal de France) et Jeanne de Rochefort, est restauré en 1420 et Mercoeur s'en empare en 1594. Il est assiégé par les Huguenots en 1595 sous les ordres de Saint-Luc : le capitaine y signe une trêve avec Mercoeur, le 26 décembre 1595. Propriété successive des familles le Boeuf (au début du XIIIème siècle), Rieux (en 1235), d'Amboise vicomtes de Thouars (vers 1424) et de Françoise d'Ambroise duchesse de Bretagne et épouse du duc Pierre II (en 1466), de la Trémoille (en 1468), de Châteaugiron seigneurs de Derval (vers 1474), Raguenel seigneurs de Malestroit (en 1482), de Rieux, de Laval seigneurs de Châteaubriant (vers 1488), Acigné et Anne de Montejean veuve de Jean V d'Acigné (en 1542), de la Chapelle seigneurs de la Roche-Giffart (en 1562-1567), Catherine de Rougé, épouse du maréchal de Créquy (en 1683), Locquet seigneurs de Grandville (en 1748 et en 1789) ; 

Nota 1 : Tihern, ou plutôt Teuhaire (Teharius), marié à Ynnoguen ou Gwen, fut, dans la première moitié du IXème siècle, le père de trois enfants : Brient, premier seigneur de Châteaubriant ; Hervé et Bos, ou le Bœuf ; ce dernier s'appelait peut-être Brient comme son frère aîné et comme ses descendants, mais son surnom a prévalu de son temps : « Scilicet a Brientio et Herveo atque Bove, necnon et matre eorum Guenno nomine » (Cartulaire de Redon, 235). Ce Le Boeuf eut en partage, paraît-il, la lisière des forêts qui entouraient Châteaubriant à l'Ouest et au Midi, et il devint ainsi seigneur des paroisses de Fougeray, Jans, Nozay et Issé. Parmi ses successeurs on remarque Brient Le Boeuf, vivant en 1214, et inhumé dans l'église abbatiale de Melleray, où son tombeau se voyait encore en 1664. En 1235, Nicolle Le Boeuf, dame de Fougeray, épousa Geffroy, seigneur de Rieux, et lui apporta la seigneurie de Fougeray. Puis vinrent Guillaume 1er, Jean 1er, Guillaume II, Jean II et Jean III, tous successivement seigneurs de Rieux et de Fougeray. Vers 1425, Marie de Rieux, fille de Jean III apporta les terres de Nozay et de Fougeray dans la maison d'Amboise, en épousant Louis d'Amboise, seigneur d'Amboise et vicomte de Thouars. De cette union naquit, entre autres enfants, la bienheureuse Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne, l'une des gloires les plus pures de notre Eglise bretonne. Cette pieuse princesse eut quelques rentes sur la seigneurie de Fougeray, mais cette terre elle-même fut donnée à sa soeur Marguerite, qui épousa, en 1446, Louis de la Trémouille, seigneur dudit lieu. En 1474, ce dernier seigneur échangea la seigneurie de Fougeray contre celle de Saint-Mars-la-Pile, que possédait Jean de Châteaugiron, seigneur de Derval. Celui-ci mourut en 1482, sans enfants légitimes, laissant Fougeray à sa soeur Gillette, veuve de Jean Raguenel, seigneur de Malestroit. Cette dame avait deux filles ; l'une d'elles, Françoise Raguenel, épousa Jean IV, seigneur de Rieux, et lui apporta en dot la terre de Fougeray. Une seule fille naquit de cette dernière union ; elle se nommait Françoise de Rieux, et s'unit en 1488 à François de Laval, seigneur de Châteaubriant, qui devint ainsi seigneur de Fougeray. Leur successeur fut leur fils Jean de Laval, l'un des plus grands seigneurs de son temps ; mais il mourut sans laisser d'enfants, en 1542. Sa cousine Anne de Montéjean, veuve de Jean VII, seigneur d'Acigné, hérita, entre autres terres, de celle de Fougeray. Ce fut très probablement son fils, Jean VIII, seigneur d'Acigné, qui vendit la seigneurie de Fougeray, de 1562 à 1567, à René de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart. Les seigneurs de cette maison, dont nous parlerons plus loin, possédèrent Fougeray jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes. Henri de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart et de Fougeray, préféra l'exil à l'abjuration du protestantisme, qu'avaient embrassé ses pères, et il vendit, avant de quitter la France, ses terres de Fougeray et de la Roche-Giffart à Catherine de Rougé, femme de François, marquis de Créquy et maréchal de France (1685). Cette dame étant morte après ses enfants, son neveu Louis-Gilles de Rougé hérita de la seigneurie de Fougeray, qu'il donna en dot à sa fille Innocente-Catherine de Rougé, mariée à Jean de Kerhoent de Kergournadec, marquis de Coëtenfao. Ce seigneur menait une vie fort dissipée, et à sa mort le marquisat de Fougeray fut vendu à Jean-Charles Loquet, sieur de Granville (1748). Sa famille posséda Fougeray jusqu'à la Révolution. M. Chapelier, puis M. Judicelly sont devenus depuis cette époque propriétaires du château de Fougeray.

Nota 2 : Nous avons très-peu de documents sur le château de Fougeray ; toutefois, si l'on ne trouve pas de preuve de son existence avant le XIVème siècle, il n'en est pas moins probable qu'il remonte à une plus haute antiquité. La plebs ou paroisse de Fulkeriac était au IXème siècle une condita, c'est-à-dire, selon M. de Courson, qu'elle devait sa naissance à un magasin d'approvisionnements, établi par les Romains sur les bords de leur voie de Blain à Rennes. Cette position de Fougeray, son importance sous les rois bretons, sa, renaissance au XIème siècle sous le gouvernement des Le Boeuf, puînés des puissants barons de Châteaubriant, tout porte à croire qu'il existait dans cette petite ville une forteresse à une époque très reculée. Le fait d'armes le plus important qui se soit accompli au château de Fougeray est aussi celui qui nous donne la première preuve écrite de son existence. C'était en 1354. Jean de Rieux, l'un des plus zélés partisans de Charles de Blois, en était alors le seigneur ; Fougeray lui fut enlevé, et une garnison anglaise y fut placée sous le commandement de Bembro. Bertrand du Guesclin, qui combattait sous le même drapeau que le seigneur de Fougeray, parvint à reprendre cette forteresse par une ruse de guerre racontée par tous les historiens bretons, en particulier par dom Lobineau, Hay du Chastelet et Bertrand d'Argentré. Déguisé en bûcheron et accompagné de quelques soldats, le héros breton s'introduisit dans la place en l'absence de Bembro, s'en empara en combattant vaillamment, et défit le capitaine à son retour à Fougeray. On trouve dans les auteurs que je viens de nommer ce glorieux fait d'armes raconté avec d'intéressants détails ; voici le récit de Bertrand d'Argentré (Histoire de Bretagne, édition de 1582) : « Il advint que du Guesclin descouvrit que le château de Foulgeré, bonne place pour lors, estoit mal gardé car ayant prins un varlet sorty du châsteau en la forest de Teillay, il sceut que messire Robert Bembro, anglois capitaine du chasteau, estoit party d'iceluy pour battre la route de l'armée de Charles de Blois et qu'il estoit aux champs et n'avoit laissé au chasteau pas les meilleurs des siens. Sçachant ces nouvelles, du Guesclin monta à cheval avec ses compaignons, et à l'issue de la forest les fait mettre à pied et accoustrer de biaux de toille à chascun une hache en la main en forme de bucherons et les faict charger chascun un faix de fagots et de buches sur le col, laissant la moitié de sa compagnie en embusche dedans le bois au plus prés qu'il peut du chasteau, pour attendre le signal qui leur scroit donné à l'ouverture de la porte. Ceux qui étoient chargés sortirent de la forest et s'en vont devers le chasteau le col ployé soubs le faix avec, leurs haches et quelques courtes dagues cachées soubs leurs habits. Venus à la porte ils huchèrent au portier s'il falloir point de bois au seigneur qui estoit céans, qui respondit qu'ouy. On ouvre les portes à cest adveu, ils entrèrent trois ou quatre et entre iceux ledit Bertrand lequel commença à jetter son faix au devant de ladite porte pour l'empescher de fermer, et ses compagnons de mesme, conséquemment les autres, qui suivoient le dit du Guesclin, donnant le signal à leurs gens. Et quant à lui commença à charger le portier qu'il tua, et ceux qui étoient avec luy crioient Guesclin. A ce bruit accoururent tous les soldats du chasteau et commencèrent d'une et d'autre part à se charger à bon escient et combattre. Où du Guesclin fut tellement blessé, que le sang lui couvroit la veue et le visage ; mais, pour cela il ne recula, et se combatirent ceux de la maison fort vaillamment et en fut tué plusieurs : mais finalement furent deffaicts et la place gagnée, bien munie de vivres et armes. Bembro capitaine qui estoit absent, ayant faict une course, et chargé par gens de cheval de Charles de Blois qui le descouvrirent, délibéroit se retirer en sa place, mais il fut averty par le chemin qu'elle avoit été surprise ; chose qui l'estonna tant qu'il commença à tourner bride pour se sauver en quelque place de on party ; mais il fut suivy par du Guesclin, ayant recouvert quelques gens de cheval, qui se trouvèrent à son aide, lequel ledit du Guesclin attrapa par le chemin et le contraignit de tourner visage et faire teste : venant aux mains fut deffaict Bembro et demeura mort sur le lieu. Ce fut le premier exploit de marque de messire Bertrand du Guesclin et qui luy donna réputation d'homme de guerre ».  Le souvenir de ce glorieux fait d'armes est resté très populaire dans le pays de Fougeray. Nous avons dit qu'au XVIème siècle Fougeray appartenait aux seigneurs de la Roche-Giffart, ardents protestants. Le duc de Mercœur convoitait cette place, et son parti parvint à s'en emparer ; mais les huguenots, furieux de cette perte, épiaient l'occasion de reprendre ce château. Dès 1594, un de leurs chefs, La Tremblaye, essaya, mais en vain, « de jouer quelque. tour aux ligueurs de Fongeray » ; l'année suivante ils furent plus heureux. Le capitaine huguenot Saint-Luc, accompagné de Louis de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart et de Fougeray, parut sous les murs de cette place ; mais ce dernier ne rentra point dans son château, il fut tué sous les murs d'un coup d'arquebuse que lui porta l'un des assiégés. Toutefois la forteresse succomba, les ligueurs en furent chassés et Saint-Luc y entra victorieux. Au mois de décembre de cette même année 1595, fut conclue une trève entre les ligueurs et les royaux, au château de Fougeray. « Les présidents de la Grée et de Marigny, de Molac et de Kergroadès s'étant rendus à Fougeray, qui pour lors était en neutralité, le 14 décembre 1595, pour conférer avec les députés du duc de Mercoeur, vinrent à bout d'une trève pour les mois de janvier, février, mars et avril » (Histoire de la Ligue en Bretagne.). Cette trève fut heureusement suivie de la nouvelle officielle de la conversion d'Henri IV. Après la pacification, les Etats de Bretagne demandèrent à ce roi la démolition de plusieurs places fortes de la province ; leur demande fut naturellement agréée, et c’est alors que furent détruites les fortifications de Derval et du Fretay. Tout porte à croire que le château de Fougeray partagea le sort des deux forteresses voisines ; démantelé à son tour, il ne se releva, plus de ses ruines. La charge de capitaine du château de Fougeray était importante au moyen âge ; en 1476, Jean de Chateaugiron, dit de Derval, seigneur de Fougeray, donna la capitainerie de cette place forte à son fils naturel Georges de Derval, seigneur de la Lanceulle. Cette charge existait encore en 1653, quoiqu'à cette époque le château fut complètement démantelé, car il est dit, dans l'aveu de cette année-là, que « le cens du devoir de guêt sert pour payer le capitaine dudit château, le concierge et les officiers d'iceluy ». Le droit de guet ayant été aboli en 1670, peut-être la capitainerie du château cessa-t-elle d'exister en même temps. L'aveu de 1541 décrit trop brièvement le château de Fougeray : « Le château, place et forteresse de Foulgeré ô ses tours, maisons, clostures de fortes murailles, douves et fossés, étang, chaussées, moulin à eau, coulombier et refuge à pigeon, garennes et refuge à connyns, deux journaux et demy de terre ou environ ô toutes leurs appartenances, le tout en un joignant sise près et adjacent de la ville dudit Foulgeré ». L'aveu de 1653 entre dans beaucoup plus de détails : « Le château, place et forteresse de Foulgeré où il paraît encore des tours, guérittes, machecoullis et clostures de fortes murailles, fauces braies, douves et fossés au joignant lequel est le donjon séparé d'iceluy par un large fossé revestu ; auquel donjon il y a plusieurs logements et terrasses et une grande tour couverte d'ardoises, avec une autre qui la joint où est la vue et monstrée d'icelle, dans laquelle il y a un grand nombre de chambres et cabinets, et marques de ponts dormants pour la communication avecq le donjon, corps de gardes, terrasses, et esprons qui sont autour d'icelle, entre lesquels terrasses et esprons il y a deux petites tours qui servent de corps de garde, et un pont-levis par lequel on entre des ledit donjon et à l'un des coings de laditte terrasse une autre plus grosse tour que les deux précédentes qui sert de logement au concierge du chasteau et au-dessus, jusqu'à la couverture de ladite tour une fuge et refuge à pigeons ». « Joignant ladite principale entrée du donjon est un estang, l'eau duquel se communique dans les fossés qui sont autour dudit donjon et terrasse avec la chaussée et retenue d'eau et au dessous d'icelle un moulins à eau appelé lé moulin du château ». « Au dessous de ladite chaussée et moulin, un petit pré au joignant duquel sont les grands jardins dudit château avec ses hayes et fossés, et à l'un des costés d'iceluy des mottes élevées à garennes, et contient, le tout ensemble, le nombre de trois journaux de terre ou environ, vieilles douves et fossés, entre lesquels grands jardins, garennes et le chasteau, il y a une grande place où il y paraist encore des vestiges de fortifications, laquelle place contient, avec un jeu de longue paulme qui est à l'un des costés d'icelle, trois à quatre journaux de terre ou environ, en laquelle se vend, les jours des marchés et foires qui tiennent en ladite ville de Foulgeré, des boeufs, vaches, porcs et autres sortes de bestail, marchandises et denrées ; les jardins d'allentour en partie séparent ladite issue ». De nos jours, la grosse tour du donjon de Fougeray reste seule debout à peu près intacte ; mais on retrouve encore des vestiges de la tour du concierge que surmontait naguère une fuie à pigeons ; on aperçoit aussi dans la cour les fondations d'une troisième tour. Quant à l'étang qui avoisinait le donjon, il a été desséché en partie et converti en un charmant jardin anglais. Le donjon de Fougeray a conservé quelque chose de son aspect primitif ; il est couronné de créneaux gothiques, et les poutres de ses ponts-levis ont laissé sur la muraille trace de leur ancienne position ; des écussons indéchiffrables, et qui semblent appartenir au XIIIème siècle, sont placés à une grande hauteur ; peu de sculpture à l'extérieur du reste, des colonnettes ornent seules l'entrée principale. Les escaliers, bien conservés, conduisent aux différents étages, où se trouvent d'assez belles salles ornées de cheminées et de quelques jolies portes qui ne remontent guère qu'aux XVème et XVIème siècles. Malheureusement ces salles ont beaucoup souffert des ravages du temps et ont été bien des fois remaniées ; la garde nationale, établie dans cette tour sous le gouvernement de Juillet, y a laissé des traces de son séjour, d'un pittoresque fort douteux. Malgré cela, la tour de Fougeray est sans contredit le monument le plus imposant du canton (abbé Guillotin de Corson).

Nota 3 : La déclaration rendue au Roi en 1679 par Henri de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart, de Fougerai, etc. , nous en fournit une description qui n'est pas sans intérêt, comme suit : « Premierement, l'emplacement de l'ancien château et forteresse de Fougeray, où il parroist encorre des tours, guerites, machecoullis, murailles, faulces brayes, douves et fossez, joignant lequel est le donjon separé d'icelluy par ung large fossé revestu ; auquel donjon, il y a plusieurs logements et terrasses et une grande tour couverte d'ardoize avecq une autre qui la joint où est la veüe et monstrée d'icelle, dans laquelle tour, il y a grant nombre de chambres et cabinets et marques de ponts dormants pour la communicquation avecq le donjon, corps de garde, terrasse et esprons qui sont autour d'icelle ; entre lesquelles terrasses et esprons il y a deux pettites tours qui servent de corps de garde, et un pont levis par lequel on entre dans le dit donjon, et à l'un des couins de la dite terrasse, une autre plus grosse tour que les deux preceddantes qui sert de logement au consierge du dit chasteau, et au dessus de la dicte tour est une fuye à pigeons. Item, joignant la dicte principalle entrée du dit donjon est un estang, l'eau duquel se communique dans les fossés qui sont autour du dit donjon et terrasse, avecq sa chaussée et retenue d'eau, et au dessoubs d'icelle, un moullin à eau appellé le moullin du chasteau. Item la queue et escueil du dict estang sont deux petits marais. Item au dessoubs de la dicte chaussée et moulin, est un pré qui contient environ un journal, joignant lequel pré sont les grands jardins du dit chasteau avecq leurs haies, fossés et douves ; et à costé d'iceux, sont des mottes eslevées en garennes, et contient le tout ensemble le nombre de trois journaux de terre ou environ, vieilles douves et fosséz, entre lesquelles et les grands jardins, garennes et le chasteau, il y a une grande place, où il y paroist encorre des vestiges de fortifications laquelle place contient avecq un jeu de longue paume qui est à l'un des costés d'icelle, trois à quatre journaux de terre ou environ ; dans laquelle plasse se vandent aux jours de foirres et marchés qui se tiennent en la ville de Fougeray, des boeuffs, vaches, porcs, et autres sortes de bestail, marchandises et danrées ». (A. L. B.).

 

le château de Grand-Fougeray (XVIIIème siècle), situé rue du Château. Ce château est construit en 1747 par Charles Locquet de Grandville, seigneur de Fougeray. Ce dernier fit raser tout ce qui restait encore de l'antique forteresse, sauf le donjon et la tour du concierge. Il fit ensuite niveler l'emplacement des fortifications, où il plaça sa cour d'entrée et ses écuries. Puis il transporta le champ de foire, dont parle l'aveu précédent, dans la ville, et construisit son château dans cette vieille place d'armes, entre les fortifications et les jardins. Ce nouveau château n'offre de remarquable que les ruines et le beau parc qui l'entourent. Le château est aujourd'hui occupé par la communauté des sœurs de Notre-Dame-des-Neiges. Les communs du château datent de 1750 ;   

le manoir de la Praye (XVI-XVIIème siècle), situé au lieu-dit La Praie. La voie romaine de Blain à Rennes longe la grande cour pavée du manoir de la Praye. Celui-ci a conservé une certaine physionomie d'habitation bourgeoise ; on y voit encore la chambre rouge et la chambre jaune, avec de grandes cheminées du XVIIème siècle. Propriété successive des familles du Buttay, Dollier (vers 1530). Claude Dollier, sieur de la Praye, et Barbe de la Porte, sa femme, vivaient vers 1600. Puis vinrent successivement Pierre Dollier, sieur de la Praye, et Catherine Garçon (décédé en 1625) ; Jean Dollier, sieur de la Praye, et Suzanne de Lesquen (décédé en 1635) ; François Dollier, qui vivait en 1653, et Julien Dollier, seigneur de la Porte, qui épousa Louise Martel et mourut en 1698. Cette famille Dollier de la Praye était une branche des seigneurs du Port-de-Roche. Une fille de cette dernière maison, nommée Louise Dollier, épousa en 1696 Julien Fournier, seigneur d'Allerac, paroisse de Saint-Just. La famille Fournier devint ainsi propriétaire de la Praye par héritage et conserva cette terre pendant la Révolution puis la vendit à la fin du XIXème siècle à la famille Picoul ;

Note : Le domaine du Plessis à Casson est rentré dans la patrimoine des Dollier le 9 septembre 1651 (à noter que François Dollier avait alors 15 ans), ainsi que le révèle un document de l'époque (Source : "Aveux rendu à la Seigneurie de Fougeray") : " 9 septembre 1651, contrat d'échange passé entre Messire Charles d'ANDIGNE, Chevalier des Ordres du Roy, Seigneur et Baron d'Angris, etc., demeurant en sa maison et paroisse du dit Angrie en Anjou ; et Messire Claude DOLLIER, Seigneur de la Dévoriaye et Dame Françoise d'ESCAILLUN, sa compagne (etc.), par lequel le Seigneur d'Aubigné transporte aux Seigneurs et Dame de la Dévoriaye, la terre et la seignerie du Plessis de Casson, la Bavilière et le Moulin en la paroisse de Casson, évêché de Nantes (etc.). En retour, les Seigneur et Dame de la Dévoriaye donneront au Seigneur d'ANDIGNE, la maison noble de la Glétière située en la paroisse de Pacé, diocèse de Rennes et de plus la maison noble de la Praye située en la paroisse de Fougeré (etc.) ". Deux jours plus tard, François DOLLIER (qui a 15 ans) rachète le manoir de la Praye (Source : "Aveux rendu à la Seigneurie de Fougeray") : " 11 septembre 1651. Contrat de vente passé entre Messire Charles d'ANDIGNE, Chevalier des Ordres du Roy, etc. et Ecuyer François DOLLIER, Seigneur du Terte-Port de Roche, demeurant à la maison du Port-de-Roche, paroisse de Fougeré, par lequel le Seigneur d'AUBIGNE vend au Seigneur DOLLIER, la maison noble située en la paroisse de Fougeré, appelée la Praye (etc.) ". Ce qui est certain : Depuis 1530 les DOLLIER sont "Seigneurs de la Praye et la Dévoriaye" (paroisse de Fougeré, aujourd'hui Grand-Fougeray) et habitent indifférement l'un ou l'autre manoir. C'est en 1636 que François DOLLIER naît à la Praye (ou la Dévoriaye) du second mariage de son père Claude DOLLIER avec Françoise d'ESCAILLUN. François Dollier (1636-1701), sera "Seigneur de la Praye" de 1651 à 1659, date de l'échange avec son frère Julien Dollier (1637-1704, dernier du nom DOLLIER), ainsi qu'en témoigne un second document de l'époque (Source : "Extrait des Titres concernant la Praye en Fougeray") : "13 aoust 1659 : Contrat d'échange passé entre Ecuyer François DOLLIER, Seigneur du Port de Roche et Ecuyer Julien DOLLIER son frère, Seigneur de la Porte, par lequel le premier donne au second la terre de la Praye, en échange de ce qui devait lui revenir dans la succession de feu Ecuyer Claude DOLLIER, père commun des parties (etc.)". (Voir Bretagne : Dollier de Casson  François Dollier de Casson).

 

le manoir des Joussardayes (XVIème siècle), situé au lieu-dit Les Joussardais. Propriété successive des familles Bouteiller (en 1450), de Serres (en 1513), Perroteau (en 1541), de la Grannelaye (au XVIIème siècle), Bréhier (en 1790). Ce manoir, habité au XIXème siècle par M. de Bréhier, appartenait, en 1450, à Briant Bouteiller, en 1513,  à Julien de Serres, sieur des Joussardais, et en 1541 à Nicolas Perroteau. Pendant tout le XVIIème siècle, il fut la propriété de la famille de la Grallenaye : Pierre de la Grallenaye vivait en 1600 ; Bertrand de la Grallenaye épousa Isabeau Boultin, morte en 1626 ; Pierre de la Grallenaye, seigneur des Joussardais, marié à Renée Hamon, vivait en 1648, et Julien de la Grallenaye, seigneur des Joussardais et de la Chaussée, en 1675 ; ils habitaient les Joussardais, où mourut, en 1691, Claude de la Grallenaye. Au siècle suivant, Pierre Bréhier devint seigneur des Joussardais ; il épousa : -1° Mélanie Blaische ; -2° Marguerite Bureau, et mourut en 1785, âgé de 83 ans, au manoir des Joussardais  

le manoir de la Chaumontelaye (1844-1847), situé route de Derval. Le domaine appartient en 1653 à la famille Picot, sieur de La Sauldraye. Propriété successive des familles Marion, Guichaud, Boisfleury et Chupin ; 

le manoir des Lysardais ou Lizardaye (1865), situé route de Derval. Il était encore surnommé jadis la Dizardaye. Propriété successive des familles Rieux (en 1450), Michiel (en 1513 et en 1724), de Voutron (vers la fin du XVIIIème siècle). Le sire de Rieux le possédait en 1450, ce qui semble prouver qu'il était un démembrement de la seigneurie de Fougeray. Mais, au siècle suivant, il vint entre les mains d'une famille Michiel qui le posséda jusqu'aux derniers temps. Bertrand Michiel, sieur de la Lisardaye, vivant en 1513, épousa Guillemette Grignon, puis Jacquette Michiel de Bossacolart. Julien Michiel, sieur de la Lisardaye, épousa Anne Coppalle, et son fils Julien, également sieur de la Lisardaye, se maria à Marie Colobel. Ce manoir passa ensuite entre les mains de Magdeleine Michiel, soeur du dernier seigneur de la Lisardaye, veuve en 1668 de Jean du Hirel, sieur du Breil. Cette dame le laissa par héritage à son petit neveu Jean Michiel, sieur de la Courbe, qui avait épousé Françoise de Lorme. Pierre Michiel, son fils, seigneur de la Lisardaye, s'unit à Jeanne des Hayes, et en eut Sévère Michiel, seigneur de la Lisardaye, marié à Anne du Quesne qui vivait en 1724 et semble avoir été le dernier membre de sa branche à habiter le pays de Fougeray. Le seigneur de la Lisardaye devait au marquis de Fougeray trois paires de gants blancs à cause de cette terre seigneuriale. La Lisardaye appartient à la fin du XIXème siècle à M. Chéguillaume, qui a construit près des derniers débris du vieux manoir un joli petit château gothique ;   

l'auditoire de Justice (XVIème siècle), situé à l'ouest de l'église ; 

l'ancien manoir de la Dévoriais ou Dévoraye (XVème siècle). Il possédait jadis une chapelle privée. Propriété successive des familles Chevalier (en 1450 et en 1541), du Buttay, Dollier (en 1631 et en 1653), Gouro sieurs de Pommery (en 1734), le Chauff (en 1785). Ce manoir, réduit à la fin du XIXème siècle à la condition d'une ferme, appartint longtemps à la famille Chevalier, puis à une branche de la famille Dollier. Jean Chevalier le possédait en 1450, et Laurent Chevalier en 1513. Jean Chevalier, seigneur de la Dévoriais, vivait en 1541. Un siècle plus tard, Claude Dollier, seigneur de la Dévoriais, épousa vers 1631 Marguerite de Bruc, puis Françoise des Cailluns. Ecuyer Claude Dollier, seigneur de la Dévoriais, déclare, en 1653, devoir au marquis de Fougeray, « par chacun an, à cause de sa maison de la Dévoriais, six sols monnaye et une paire d'esperons blancs » ;  

la margelle de puits, vestige de l'ancienne cure (XVIIIème siècle) ;   

le lavoir (1831), situé rue du Pont-Saint-Père ;   

l'ancien moulin (XIXème siècle), situé à Chère et le moulin à eau situé à La Bernardais ; 

Nota : Il est signalé 13 moulins à Fougeray (Petit et Grand Fougeray inclus) : les moulins à eau de la Haye, de Gault, de la Benardais, de Chère, les moulins à foulon de la Chère et de la Talberge, et les moulins à vent du Loray, de Belle-Née, de la Grée-Charruel, de la Minière, de Haut-Bout, de Pinté, M. Blanc, du Chêne-Poirier, de Caran, d'Auvert ; 

A signaler aussi : 

 

les anciennes exploitations de mines de fer. On voit des scories aux environs de la Roulais et de Neuville (non loin de Grand-Fougeray) ; 

les derniers vestiges de l'ancienne plebs de Caër située au village de la Chère et détruite par les invasions normandes du Xème siècle ;  

le menhir couché, situé au lieu-dit Villeray (époque néolithique) ; 

le menhir situé au village de la Nourais, dans la lande de Bellenée ;

les deux menhirs renversés et situés à l'ouest du moulin de Chère ;  

la grotte (1908) ;   

la voie romaine de Nantes à Rennes ;  

la tombe de Charles Vincent du Boisguéhéneuc (1835) ;   

l'ancien hôpital, situé au bourg de Grand-Fougeray et supprimé en 1696. Les bâtiments ont été détruits par un incendie en 1723. L'hôpital Saint-Armel de Fougeray (nunc le Grand-Fougeray) est mentionné dans le Pouillé de la province de Tours imprimé en 1648, comme faisant partie des maladreries du diocèse de Nantes. Les registres paroissiaux de Fougeray témoignent également qu'en 1663 on recevait encore des malades dans cet établissement ; mais les registres des délibérations du général prouvent qu'à la même époque la pénurie de l'hôpital de Fougeray était des plus grandes ; aussi en 1668 fit-on des quêtes pour l'entretien de cette maison et nomma-t-on de nouveaux administrateurs pour la gérer plus convenablement. Malgré cela, la décadence de l'hôpital de Fougeray ne fai­ant qu'augmenter, cette maison fut, supprimée en 1696 et ses biens furent unis à ceux de l'hôpital de Paimbœuf (nota : dès 1695, Louis XIV avait, en effet, ordonné l'union à ce dernier hôpital des biens des hôpitaux de Montfaucon, Fougeray, Rozet, Piriac et Machecoul ; de nouvelles lettres patentes confirmant cette union furent données en novembre 1716 - Archives du Parlement de Bretagne). La chapelle de Saint-Armel dépendait de l'hospice de Fougeray ; elle se trouvait dans la ville même, non loin de l'église, et fut réparée par les paroissiens en 1695. Il est vraisemblable que l'hôpital l'avoisinait, mais l'un et l'autre ont disparu depuis longtemps. Un incendie détruisit, en effet, les bâtiments de l'hôpital de Fougeray en 1723, et les administrateurs de l'hôpital de Paimbœuf aliénèrent en conséquence ces ruines et les biens en dépendant pour la somme de 300 livres (M. Maître, L'Assistance publique dans la Loire-Inférieure avant 1789, p. 512) ;  

l'ancienne léproserie de la Magdeleine. A peu de distance de la ville et du château de Fougeray, mais isolée sur une colline, se trouvait la chapelle de Sainte-Magdeleine. Il est évident que ce fut, à l'origine, une léproserie ou maladrerie construite par les seigneurs de Fougeray. A côté existait dans les derniers siècles la cure de cette paroisse, et les recteurs du lieu avaient coutume de se servir de cette chapelle comme d'un sanctuaire privé, quoiqu'elle appartînt à la fabrique. Nous sommes porté à croire que la cure de Fougeray dont nous parlons était primitivement la léproserie elle-même. Lorsque la lèpre disparut de nos contrées, les seigneurs de Fougeray auraient dans ce cas donné au général de la paroisse les bâtiments et la chapelle destinés aux lépreux, et le général les aurait affectés au logement du recteur. On rencontre ailleurs des preuves de transformation semblables. La chapelle de la Magdeleine, vendue nationalement en 1792 et sécularisée, a été détruite par un incendie vers la fin du XIXème siècle (Pouillé de Rennes) ;  

la ville du Grand-Fougeray renfermait au XVème siècle : la Maison des Moulandes, la Maison de la Tournée-l'Hirondelle, la Maison de Tourneboeuf ;  

le manoir de Villeneuve, situé route de la Noë-Blanche. Propriété successive des familles du Val (en 1511), Gaultier sieurs de la Minière (en 1615 et en 1680), de Bailhache (au XVIIIème siècle), Hervé sieurs de Beaulieu, Boisguéhenneuc (en 1789). Propriété, en 1615, de Jacques Gaultier, sieur de la Minière, marié : - 1° à Perrine Glect, - 2° à Louise Copalle ;

l'ancien manoir de la Hurlaye, situé route de la Noë-Blanche. Propriété successive des familles de Morcan (en 1450), Grignon, Rouxel (en 1513), Glect (en 1615 et en 1653), Boisbéranger, Guihou sieurs de la Savinais (en 1747), Potiron de Boisfleury (à la fin du XVIIIème siècle). "A demi-cachée dans le feuillage, la tourelle de ce manoir révèle encore au voyageur quelque chose d'important jadis : ce n'est cependant à la fin du XIXème siècle plus qu'une ferme". Jean de Morcan possédait cette maison noble en 1450, et Françoise Grignon, veuve de Raoul Rouxel, l'avait en 1513. Le XVIIème siècle vit la famille Glect établie à la Hurlaye ; Jean Glect, sieur de la Hurlaye, vivait en 1615, et Georges Glect, sieur de la Hurlaye, connétable de Rennes, possédait ce manoir en 1653 ; il tomba plus tard entre les mains de la famille Feildel ; car Hippolyte Feildel, sieur de la Hurlaye, vivait vers 1770 ;

l'ancien manoir du Plessis, situé route de la Noë-Blanche. Il possédait jadis des douves et une chapelle privée. L'ancien manoir du Plessix, voisin du Loray, présentait à la fin du XIXème siècle des ruines plus imposantes. Une vaste cour carrée qu'entouraient des bâtiments délabrés, un immense jardin muré, un étang, les derniers vestiges d'une chapelle dédiée comme celle de Loray à Saint-Guillaume, de larges douves et des bois taillis donnaient à ce manoir, devenu ferme, un véritable cachet. Peu de souvenirs, au reste, sur ses seigneurs qui, à la tête du protestantisme dans le pays, se faisaient enterrer, selon la tradition, sous un vieil arbre près de leur château. Nous avons trouvé seulement l'abjuration de l'hérésie prononcée dans l'église de Fougeray, en 1685, par Jean Le Mesnager, seigneur du Plessix, et par Esther Piccot, sa femme — Jacques Le Mesnager, seigneur du Plessix, vivait en 1733. — Le Plessix appartient ensuite aux familles de Soussay et de Carheil. A la fin du XIXème siècle, il appartient à M. de Pioger ;  

l'ancien manoir du Pont-Louet. Il est baigné par la Vilaine et présentait encore à la fin du XIXème siècle un aspect assez intéressant ; ses chambres avaient conservé leurs vastes cheminées à colonnes, le jardin avait encore un cadran solaire aux armes de la Chévière, la chapelle du manoir existait encore. Bertrand de la Chévière, seigneur du Pont-Louet, épousa Jeanne de Serres, d'une famille alors importante à Fougeray, mais complètement disparue depuis le XVIème siècle. — Julien de la Chévière, seigneur du Plessis-Pont-Louet, se maria : - 1° à Gillette de la Motte, - 2° à Renée Pèlerin. En 1644, Antoine de la Chévière, seigneur du Pont-Louet, épousa Jeanne Gaultier. Puis viennent François de la Chévière et Louise Martel, et Luc de la Chévière et Marie Beschays (1732). — Un peu plus tard, Jean-Baptiste Piccot, seigneur de Peccadeuc, paroisse de Carentoir, ayant épousé Angélique de la Chévière, dame du Pont-Louet, vint habiter ce manoir abandonné pendant quelque temps (1767). Passé, depuis, entre les mains des Poinçon de la Blanchardière, le Pont-Louet, devenu simple ferme, appartient à la fin du XIXème siècle à la famille de Gasté, alliée aux Poinçon de la Blanchardière ;

l'ancien manoir de Conzay (XV-XVIème siècle), situé route de la Noë-Blanche. Il possédait jadis une chapelle privée. Propriété successive des familles Bernardin (en 1450 et en 1513), Michel ou Michiel (en 1653), de Voutron (en 1789). Ce manoir appartenait en 1450 à Guillaume Bernardin et en 1513 à Jean Bernardin, sieur de Conzay. Mais en 1653, Jean Michiel, sieur de la Courbe et propriétaire de la Lisardaye, vint habiter avec sa famille le manoir de Conzay. A la fin du XIXème siècle, ce n'est plus qu'une ferme appartenant à M. Marion "mais on y découvre encore les restes d'une chapelle, et dans une salle abandonnée une fort belle cheminée en bois sculpté qui semble remonter au XVIème siècle ; c'est un travail délicatement fait et l'on remarque surtout une riche frise, de beaux pilastres et quelques jolies têtes. Cette boiserie mérite d'être signalée" (abbé Guillotin de Corson) ;

le manoir du Hallay, situé route de la Noë-Blanche. Propriété de la famille de Vilmain en 1624, puis de la famille Michiel ou Michel en 1680. Ce petit manoir, rebâti au XIXème siècle avec une grande simplicité, et propriété de M. Victor de Pioger, qui l'habitait parfois, semble avoir été à l'origine un démembrement de la Thébaudais. Jacques de Vilmain, sieur du Hallay, vivant en 1624, épousa Marthe des Cailluns ; Charles de Vilmain, sieur du Hallay, s'unit à Louise Michiel, fille du seigneur de la Thébaudais. Une large avenue conduisait jadis à ce manoir qu'avoisinent la Thébaudais et Conzay ;

l'ancien manoir de la Thébaudaye (XV-XVIème siècle), situé route de la Noë-Blanche. Propriété de la famille Michiel (à la fin du XVème siècle), Pantin seigneurs de la Rouaudière (vers 1707), Mahé du Coudray de la Bourdonnais (en 1777). "Une autre branche de la famille Michiel possédait en Fougeray un manoir important appelé la Thébaudaye. Devenu une ferme et propriété de M. de Pioger, ce logis ne présente plus extérieurement que des débris sans importance, mais à l'intérieur on retrouve une jolie porte en pierre, des boiseries sculptées rappelant le XVIème siècle, de vastes cheminées de pierre, un escalier en colimaçon également en pierre, des poutres et des solives sculptées ; toutes choses qui dénotent une certaine splendeur déchue" (abbé Guillotin de Corson). — Charles Michiel, fils d'Alain, seigneur de la Lisardaye, est le premier seigneur de la Thébaudaye que nous connaissions. Son fils Georges, sieur de la Thébaudaye, vivant en 1513, épousa Julienne de la Roche. Puis vinrent habiter successivement ce manoir Jacques Michiel, sieur de la Haute-Ville et de la Roberdaye, marié à Jeanne de la Grallenaye ; Charles Michiel, sieur de la Thébaudaye, et Françoise Tillon, sa femme ; René Michiel, sieur de la Thébaudaye, qui épousa en 1650 Marguerite Péniguel ; François Michiel, sieur de la Thébaudaye, marié à Françoise Le Goulx ; enfin Marguerite Michiel, dernière représentante de sa branche, épousa Jean-René Pantin, seigneur de la Rouaudière, et passa sa vieillesse à la Thébaudaye jusqu'en 1750, époque où elle y mourut laissant cette terre à ses fils François Pantin, seigneur de la Thébaudaye, et Julien Pantin, seigneur de Beauchesne ; ceux-ci vendirent le vieux manoir de leur famille peu de temps avant la Révolution ;

le manoir de la Dère, situé route de la Noë-Blanche. Propriété de la famille Schwérer ;

l'ancien manoir de la Blairie. Propriété de la famille Péniguel en 1620 ;

l'ancien manoir de Launay-Saint-Gilles ou de Launay-d'Anguignac, situé route de Rennes. Propriété successive des familles de Saint-Gilles (en 1450 et en 1513), Chomart (en 1600), Marin seigneurs de la Houssaye (en 1610 et en 1687), Guihou sieurs de la Savinais, du Boisguéhenneuc (au milieu du XVIIIème siècle). Geffroy de Saint-Gilles habitait Launay-d'Anguignac en 1450, et la veuve de Guillaume de Saint-Gilles le possédait en 1513, La longue possession de ce manoir par la famille de Saint-Gilles lui en fit, paraît-il, prendre le nom. Il appartenait, en 1610, à écuyer Jean Marin, sieur de la Houssaye, marié à Guillemette Chomart. Devenue veuve, cette dame, qui habitait Launay-Saint-Gilles, épousa en secondes noces Jean Clément, sieur de Beaumont. Nicolas Marin, sieur de Guenret, habitait Launay en 1687, pendant que son frère, sieur de Launay-Saint-Gilles, demeurait à Guenret, paroisse de Derval ;

l'ancien manoir de Launay-des-Moulins, situé route de Rennes. Propriété de Françoise Grignon veuve de Raoul Rouxel en 1513, puis des familles Dollier, Michiel seigneurs de la Lisardaye (en 1617), Glect seigneurs de la Hurlaye (en 1653). Ce manoir, devenu simple village, appartenait en 1513 à Françoise Grignon, veuve de Raoul Rouxel et dame de la Hurlaye. En 1617, Charlotte Dollier, dame de Launay-des-Moulins, épousa Julien Michiel, sieur de la Lisardaye. Georges Glect, seigneur de la Hurlaye et connétable de Rennes, possédait ce manoir en 1653 ;

l'ancien manoir des Fosses, situé route de Rennes. Propriété des seigneurs des Fosses en 1450 et en 1513, puis des familles de Castonnet (en 1634), Joussé seigneurs de la Chesnaye (en 1707). Ce manoir appartint longtemps à la famille de ce nom ; Jean des Fosses le possédait en 1450 et François des Fosses en 1513. Il passa ensuite entre les mains de la famille de Castonnet. Louis de Castonnet, sieur des Fosses, marié à Claude Coppalle, mourut en 1634. Louis de Castonnet, son fils, épousa en 1646 Julienne de Clay, et François de Castonnet se maria avec Anne Gault. En 1707, Barbe de Castonnet, dame des Fosses, épousa René Joussé, sieur de la Chesnaye. Devenues simple ferme, les Fosses ont été données à la fabrique de Fougeray, en 1837, par Mme Olivier de Mareil, née Aimée Tiger ;

l'ancien manoir de la Croix, situé route de Sion. Propriété de la famille Coppalle (Etienne Copalle) seigneurs de la Garenne en 1618 ;

l'ancien manoir du Fief-Rubé, situé route de Sion. Propriété de la famille Picot seigneurs de la Lande-Ferrière en 1616 et en 1695, puis de la famille Thireau sieurs du Boisjollan. Propriété d'Adrien Picot en 1638 ;

l'ancien manoir de Cherhal, situé route de Sion. Il possédait jadis une fuie et deux chapelles privées dont l'une ne fut jamais achevée. Ses possesseurs embrassèrent le protestantisme au XVIème siècle. Propriété successive des familles de Chéveigné ou Chevaigné (en 1513), le Maistre (en 1562 et en 1653), Dollier, de Guichardy (en 1717), d'Andigné (vers 1728). Ce manoir, était un des plus anciens et des plus importants jadis de la paroisse. Les ruines en sont peu remarquables. Toutefois, il faut signaler "une motte féodale qui l'avoisine, une fuie à pigeons considérable, quelques débris du vieux manoir et deux chapelles, dont l'une ne fut jamais achevée". Jaques de Chéveigné, sieur de Couaismes, possédait Cherhal en 1513. La famille Le Maistre en devint ensuite propriétaire ; elle avait embrassé le protestantisme, et l'on montre encore à Cherhal, à la fin du XIXème siècle, une chaire d'où l'on enseignait, dit-on, l'erreur. Adrien Le Maistre vivait en 1562, et Guillaume Le Maistre en 1590. Samuel Le Maistre, seigneur de la Garrelaye et de Launay-Bazouin, avait, comme les précédents, Cherhal en 1653. Ce manoir fut ensuite uni au Port-de-Roche. Marie Dollier, veuve de René de Guischardy (ou Guichardy), seigneur de Martigné et du Port-de-Roche, possédait Cherhal (1717) ; ses descendants continuèrent d'en être propriétaires jusqu'à la Révolution française ;

l'ancien manoir de la Souchais ou du Souchay, situé route de Guémené-Penfao. Propriété successive des familles de Serres (en 1541), Glect (en 1615), Chomart (avant 1629), Paris (en 1629), Glect seigneurs du Breil (en 1668 et en 1719), de Bréhier (en 1777) ;

le manoir de Cahan, situé route de Guémené-Penfao. Propriété successive des familles le Moine (en 1450), du Val (en 1513 et en 1541), Buisnard (en 1653), de Madaillan, Gyre sieurs de la Bellière (vers 1700), de Launay sieurs des Rues (en 1735), du Boisguéhenneuc (vers 1760). Cette seigneurie est très ancienne. « Le seigneur de Cahan, dit l'aveu de 1653, doit au seigneur de Fougeray, au terme de Noël, pour la, terre de Cahan, 3 sols monnoie amendables, faute de payement entre les messes de minuit et du point du jour qui se célèbrent dans l'église de Fougeray ». La seigneurie de Caban s'étendait en Pierric, et appartenait, en  cette paroisse, en 1653, à Claude de Poulpiquet et à Françoise d'Aiguillon, sa femme, « lesquels doivent au seigneur de Fougeray une paire de gants blancs chaque année ». Quant au manoir de Cahan, sa juridiction s'exerçait en Fougeray ; il appartint, en 1450, à N... Le Moine ; en 1513, à Julien du Val, sieur de Cahan, et en 1541 à Louis et Guillaume du Val. En 1653, Débora de la Vieuville, veuve de Jean Buisnard, seigneur de la Ville-Voisin et de Cahan, possédait et habitait même ce dernier manoir. Sa fille, Marie Buisnard, épousa René de Madaillan, comte de Chauvigny, qui vint habiter Cahan avec sa belle-mère (1663). Leur descendante, Débora de Madaillan, fille de Jean César, comte de Chauvigny, épousa vers 1700 Etienne Gyre, seigneur de la Bellière, et lui apporta Cahan ; mais, en 1735, Alexandre de Launay, seigneur des Rues, ayant épousé Mathurine Gyre, fille des précédents, le manoir changea encore de maître. Enfin, Pélage du Bois-Guehenneuc, seigneur de Vernée, épousa, vers le milieu du XVIIIème siècle, Suzanne de Launay, dame de Cahan, et depuis cette époque le vieux château est demeuré dans la famille du Bois-Guehenneuc, qui l'habite parfois ;

l'ancien manoir de la Saudre, situé route de Saint-Ganton. Propriété de la famille du Bouëxic en 1642 ;

l'ancien manoir de la Prêverie, situé route de Guémené-Penfao. Propriété de la famille de Claye (Guillaume de Claye en 1450) ;

l'ancien manoir des Moulinets. Propriété, en 1450, de Maurice Bernardin ;

l'ancien fief d'Anguignac en Fougeray, distinct d'Anguignac en Conquereuil. Il appartenait, en 1602, à Arthure Gesdoin, dame d'Anguignac, et en 1631 à Charles d'Aiguillon, seigneur d'Hugères, mari de Louise de Guéhenneuc. Claude de Poulpiquet du Halgouët, seigneur de Randurand, fut vers 1653, seigneur d'Anguignac par son mariage avec Françoise d'Aiguillon ; mais, en 1678, Jean Le Borgne, fils de Jacques Le Borgne et de Denise de Guéhenneuc, devint, par héritage, propriétaire du fief d'Anguignac. Il faut distinguer deux Launay-d'Anguignac. Nous avons parlé du premier, possédé longtemps par la famille de Saint-Gilles, et probablement devenu le manoir de Launay-Saint-Gilles ; le second appartenait, en 1450, à Renaud Gaschot ;

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ANCIENNE NOBLESSE de GRAND-FOUGERAY

Le marquisat de Fougeray : Un beau donjon du XIVème siècle, fièrement couronné de créneaux et solidement assis dans une vallée qu'arrose un petit étang et qu'ombragent de grands arbres, voilà ce qui reste de l'ancienne forteresse de Fougeray. C'était jadis un des importants châteaux de Haute-Bretagne, et à l'ombre de ses murailles prit naissance la petite ville qui porte le même nom. Un seigneur de race bretonne Tihern, marié à Ynnoguen, fut, dans la première moitié du XIème siècle, le père de Brient, premier baron de Châteaubriant, et d'un autre fils surnommé Le Boeuf, dont on ignore le nom de baptême. Ce Le Boeuf eut en partage la lisière des forêts qui entouraient Châteaubriant à l'ouest et au midi, et il devint ainsi seigneur de Fougeray, Jans, Nozay et Issé. Au siècle suivant nous trouvons Brient Le Boeuf témoin de donations faites à Buzay en 1189 et à Melleray en 1214. Ce sire de Fougeray jura en 1202 de venger la mort violente du jeune prince Arthur de Bretagne et en 1225 il approuva la fondation de Saint-Aubin du Cormier (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 710, 770, 854). Il fut inhumé dans le cloître abbatial de Melleray où son tombeau se voyait encore au XVIIème siècle, avec sa représentation en costume de chevalier et son écusson : de gueules au boeuf passant et regardant d'or, la queue entre les jambes remontant en pal et fourchée. Un autre Brient Le Boeuf, probablement son fils, chevalier et seigneur de Fougeray, figure en 1275 et 1294 ; il prit part à la guerre de Flandre en 1304 et laissa de sa femme Belle-Assez une fille Nicole Le Boeuf qui épousa en 1235 Geoffroy, sire de Rieux (De Couffon, La Chevalerie de Bretagne, II, 151), et un fils nommé Barnabé Le Boeuf, décédé sans postérité. Guillaume Ier, sire de Rieux, fils de Geffroy, recueillit la succession de son oncle maternel Barnabé Le Boeuf, et devint à son tour seigneur de Fougeray ; il épousa Louise de Machecoul qui mourut en 1307 ; lui-même décéda en 1310 et fut inhumé au couvent des Cordeliers de Nantes qu'il avait fondé. Jean Ier, sire de Rieux et de Fougeray, fils des précédents, épousa : - 1er Isabeau de Clisson, - 2° Jeanne de Sion ; décédé à Paris en 1357, il fut inhumé au monastère des Trinitaires de Rieux fondé par lui. Guillaume Ier, sire de Rieux et de Fougeray, sorti du premier mariage de Jean Ier, fut tué à la bataille d'Auray, en 1364, sans avoir été marié et combattant pour Charles de Blois. Il eut pour successeur son frère Jean II, sire de Rieux et de Fougeray, maréchal de France, décédé à son château de Rochefort, âgé de 75 ans, le 7 septembre 1417. Il avait épousé en 1374 une des plus riches héritières de Bretagne, Jeanne de Rochefort, baronne d'Ancenis, qui ne mourut qu'en 1423, ayant eu neuf enfants. L'aîné de ceux-ci fut Jean III, né en 1377, qui n'étant que vicomte de Donges, épousa Béatrix de Montauban ; il se remaria en 1414 avec Jeanne d'Harcourt. A la mort de son père il devint sire de Rieux, Rochefort, Fougeray, etc. De son premier mariage il n'eut qu'une fille qui suit (Moreri, La Chesnaye-Desbois, etc.). Marie de Rieux épousa à l'âge de 10 ans, vers 1424, Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, et reçut en dot les seigneuries de Nozay et de Fougeray. Elle en eut deux filles la bienheureuse Françoise d'Amboise, femme de Pierre II, duc de Bretagne, et Marguerite d'Amboise qui épousa Louis de la Trémoille. La vicomtesse de Thouars semble avoir joui personnellement de la seigneurie de Fougeray jusqu'à sa mort arrivée le 23 janvier 1463. A cette époque la sainte duchesse de Bretagne, sa fille, déjà veuve, entra en jouissance de cette châtellenie pour laquelle ses officiers rendirent, en son nom, aveu au duc François II, le 5 mai 1466. Deux ans plus tard elle revêtait au couvent du Bondon, près Vannes, l'habit des Carmélites et abandonnait la seigneurie de Fougeray à sa soeur Marguerite qui en fournit un minu au Duc le 13 décembre 1470. Mais la famille de la Trémoille ne conserva pas longtemps Fougeray ; dès 1474, Mme de la Trémoille étant morte, son mari vendit, au nom de leurs enfants mineurs, cette seigneurie à Jean, sire de Derval, qui en rendit aveu le 19 août 1475 (Archives de Loire-Inférieure). Ce dernier seigneur mourut sans laisser d'enfants légitimes en 1482, et sa succession, Fougeray compris, passa à sa petite nièce Françoise de Rieux, fille de Jean IV, sire de Rieux, et de Françoise Raguenel, décédée en 1471 ; celle-ci était, en effet, fille de Jean Raguenel, vicomte de la Bellière, et de Gillette, soeur du sire de Derval. Devenue en 1482 dame de Fougeray et de bien d'autres seigneuries, Françoise de Rieux épousa, en 1488, François de Laval, baron de Châteaubriant, et ne mourut que le 30 octobre 1532, après 29 ans de veuvage. L'un et l'autre furent inhumés en l'église de la Trinité de Châteaubriant. Leur fils Jean de Laval, baron de Châteaubriant et gouverneur de Bretagne, l'un des plus grands seigneurs de France, époux de la célèbre Françoise de Foix, hérita de la châtellenie de Fougeray ; il mourut en 1542 sans laisser d'enfants et son immense fortune fut dispersée à tous les vents. Ce fut une cousine de ce seigneur, Anne de Montejean, veuve de Jean V, sire d'Acigné, qui recueillit Fougeray ainsi que plusieurs autres seigneuries ; elle mourut en mai 1562, laissant un fils qui fut Jean VI, sire d'Acigné, époux de Jeanne du Plessix et mort en 1573. Vraisemblablement ce dernier vendit ou céda de 1562 à 1567 la châtellenie de Fougeray à René de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart (La Roche-Giffart, en Saint-Sulpice des Landes, évêché de Rennes, était une vieille et belle seigneurie relevant du roi, avec un château fortifié qu'habitaient ses possesseurs les sires de la Chapelle). Ce René de la Chapelle avait épousé Renée Thierry, fille de François Thierry, seigneur de la Prévalaye, et de Marguerite d'Acigné (fille de Guillaume d'Acigné et de Françoise Péan, seigneur et dame de la Rochejagu). Il introduisit le protestantisme dans sa famille et dans ses terres (nota : ce fut grâce à lui que se forma l'église prétendue réformée de Sion qui subsista quelque temps), et mourut le 11 décembre 1577. Louis de la Chapelle, son fils, rendit aveu au roi pour sa châtellenie de Fougeray le 23 octobre 1578 (Archives de Loire-Inférieure). Il épousa Marguerite Tillon et fut tué en 1595 au siège de son château de Fougeray tombé au pouvoir des Ligueurs. Samuel de la Chapelle, encore mineur à la mort de son père, devint comme lui chevalier de l'ordre du Roi et seigneur de la Roche-Giffart et de Fougeray ; il enleva et épousa Françoise Marc'hec, fille du célèbre gouverneur de Rennes, René Marc'hec, seigneur de Montbarot ; mais il fut, tué à la chasse avant 1626. Henri Ier de la Chapelle, premier marquis de Fougeray, et fils des précédents, s'unit à Marguerite de Chamballan et fut tué au faubourg Saint-Antoine à Paris en 1652. Henri II de la Chapelle, marquis de Fougeray après son père, épousa Marguerite de la Lande dite de Machecoul. Il mena une vie fort scandaleuse, comme le témoigne dans ses lettres Mme de Sévigné. Imitant ses ancêtres, il persécuta les catholiques, incendiant les couvents et chapelles et pillant les églises. Refusant obstinément de répudier ses erreurs, il fut forcé en 1685 de s'exiler en Hollande ; ses terres et seigneuries, saisies par ses créanciers, furent en grande partie vendues, et Catherine de Rougé, femme de François, marquis de Créquy et maréchal de France, acheta en cette occasion le marquisat de Fougeray (1685). La maréchale de Créquy étant morte sans laisser d'enfants en 1713, la seigneurie de Fougeray passa à son neveu Louis de Rougé, encore mineur et placé sous la tutelle de sa mère Florimonde de Lantivy du Crosco qui paya 16 000 livres pour les droits du rachat de Fougeray (Archives de Loire-Inférieure, B, 2693). Louis de Rougé, marquis du Plessis-Bellière et de Fougeray, mourut jeune en 1732, ne laissant pas d'enfants de sa femme Marie-Thérèse d'Albert d'Ailly. Sa succession, et notamment le marquisat de Fougeray, échut à sa soeur Innocente de Rougé qui en rendit aveu le 19 mars 1747 ; elle était alors veuve de Jean Sébastien de Kerhoent de Kergournadec'h, marquis de Coëtanfao, dont le nom est demeuré assez tristement populaire dans le pays de Sion. Peu de temps après, cette dame se remaria avec le prince Emmanuel de Lorraine, duc d'Elboeuf, et vendit, le 6 septembre 1748, le marquisat de Fougeray à Charles Locquet de Grandville. A la suite de cette vente le marquisat fut démembré par l'acquéreur : M. Locquet ne conserva guère que la terre, le château et la seigneurie de Fougeray ; Sion et Domnesche qui y étaient unies passèrent en d'autres mains. Charles Locquet de Grandville, originaire de Saint-Malo et conseiller secrétaire du roi, avait épousé Jeanne-Marie du Couëdic. Ce fut le dernier possesseur de la seigneurie de Fougeray. En février 1790, douze à quinze cents paysans de Fougeray et de Pierric envahirent le château de Fougeray, en brûlèrent les archives et y firent « le plus affreux pillage » ; ils commirent aussi dans la ville les plus grands excès et mirent le feu en plusieurs maisons (Verger, Archives curieuses de Nantes, II, 241). Il semble que M. de Grandville vivait encore à cette époque, mais en 1792 il était mort, et sa veuve Jeanne du Couëdic vivait retirée à Saint-Malo ; elle avait alors près d'elle deux enfants, Félix-Victor Locquet de Grandville, veuf de Victoire Gouyon de Beaufort, qui devait, un an plus tard, périr sur l'échafaud révolutionnaire, et Angélique Locquet de Grandville dont le mari Pierre du Matz émigra en 1793 (Archives d'Ille-et-Vilaine, Directoire de Rennes, Reg. VII, 15). C'est cette dernière qui conserva le château de Fougeray passé depuis aux mains de familles étrangères. 

Fougeray, châtellenie d'ancienneté, fut érigé en marquisat par lettres patentes de Louis XIV, datées de juin 1643 et enregistrées au Parlement de Bretagne l'année suivante. Dans ces lettres, données en faveur d'Henri de la Chapelle, le roi unit les trois châtellenies de Fougeray, Sion et Domnesche [nota : à l'origine Sion et Domnesche semblent avoir déjà fait partie de la seigneurie de Fougeray une des plus grandes et anciennes chastellenies de toute la Bretagne dont relevaient cy-devant celles de Sion et Domenesche (Lettres d'érection du marquisat de Fougeray)], en une seule seigneurie sous le nom de marquisat de Fougeray (Archives du Parlement de Bretagne). Le domaine proche de ce marquisat se composait : du château de Fougeray, dont nous reparlerons, et de ses dépendances : bois, métairies, étang, moulins à eau et à vent, etc., — de l'ancien château de Sion (nota : Sion, ancienne bannière en la paroisse de même nom, longtemps possédée par les sires de Sion, fut achetée, en 1526, par Mathurin de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart) consistant, en 1578, en « une motte et apparence de vieux chasteau ruisné avec ses murailles, estang, moulins et mestairie » — de « l'ancien chasteau de Domnesche (nota : Domnesche, ancienne châtellenie en la paroisse de Sion, appartint de bonne heure aux seigneurs de Sion) avec plusieurs grandes douves autour, restes de ceinture de murailles et marque de tours, attache de pont-levis et anciennes fortifications » (Déclaration de 1578), — de la forêt de Thiouzé, contenant 500 journaux de terre, — de la forêt de Domnesche, renfermant 800 journaux, — des bois et des forges et fonderies de la Hunaudière, — des métairies nobles de Limesle et de Domnesche, — des moulins du Pontgodelin, de la Corbinière, de Chère, d'Anvers, de Pierric, du Chesne-Prier, de la Minière, etc. Le marquisat de Fougeray comprenait la paroisse entière de Fougeray et la majeure partie de celles de Pierric et de Sion ; il s'étendait, en outre, en Derval, Lusanger, Mouais, Guémené-Penfao, Saint-Aubin-des-Châteaux et Saint-Vincent-des-Landes. En 1432, un compte des recettes de la seule châtellenie de Fougeray (à laquelle n'étaient point alors unies Sion et Domnesche) nous donne le relevé suivant des revenus du sire de Fougeray : en deniers, 524 livres, 16 sols, 6 deniers, — en froment, 8 mines (nota : d'après dom Lobineau, la mine valait 8 boisseaux de roi), 6 râtis, — en seigle, 39 mines, 6 râtis, — en avoine grosse, 91 mines, 2 râtis, — en avoine menue, 136 mines, 10 râtis (Archives d'Ille-et-Vilaine). Les nombreux fiefs du marquisat de Fougeray formaient une haute juridiction relevant directement du roi et exercée dans deux auditoires à Fougeray et à Sion. Le seigneur de Fougeray avait sur tous les hommes de cette paroisse un droit de guet pour la défense de son château, — un four à ban et deux halles dans la ville de Fougeray avec droit d'y tenir marché tous les jeudis et cinq foires par an, — une autre foire à Pierric le jour saint Lien, — divers droits spéciaux sur les tanneurs de Fougeray et de Pierric, — droit de prééminence et de fondation des églises de Fougeray, Pierric et Sion, et droit d'enfeu dans celle de Lusanger, etc , etc. Presque tous les manoirs nobles de Fougeray, Pierric et Sion relevaient du marquisat de Fougeray : celui de la Dévoriaye « à debvoir d'une paire d'esperons blancs », celui de la Disardaye « à debvoir de deux paires de gants blancs » ; la métairie de Pierric et la maison Tournebœuf à Fougeray « à debvoir (chacune) d'une paire de gants blancs ». On courait aussi la quintaine à Fougeray ; toutefois ce n'était pas comme ailleurs aux nouveaux mariés, mais bien aux poissonniers qu'incombait ce devoir féodal : « La quintaine que sont tenus courir (à Fougeray) les poissonniers qui peschent en les rivières d'Aaron, de Chère et marais d'Auvers, est assignée le mardy après la feste de Pasques, sous peine d'amende ; pour laquelle courir leur doivent fournir le seigneur de Fougeray de fust de lance, le capitaine du chasteau de chevaux, le sieur de la Borgnière (petit manoir seigneurial en Fougeray) d'esperous et le propriétaire des vignes de la Sauldre de fer pour la lance, de clous, marteau et tenailles pour couldre ledit fer de lance » (Aveux de 1578 et 1747). 

Finissons par quelques mots sur le château de Fougeray illustré par du Guesclin qui s'en empara en 1350 et par les guerres de la Ligue à la suite desquelles il fut démantelé. Il devait être fort important et composé d'un bon nombre de tours ; malheureusement nous n'avons de cette forteresse que des descriptions écrites après son démantèlement. En 1679 comme en 1747 on ne voyait plus à Fougeray que « l'emplacement de l'ancien chasteau où il paroist encore des tours, guérites, mâchicoulis, murailles, douves et fossés, joignant lequel est le donjon séparé d'iceluy par un large fossé revestu ; auquel donjon il y a plusieurs logements et terrasses et une grande tour couverte d'ardoises avec une autre qui la joint, où est la visse et montée d'icelle, dans laquelle il y a grand nombre de chambres et marques de ponts dormants pour la communication avec le donjon, corps de garde, terrasses et esperons qui sont autour d'icelle. Entre lesquels terrasses et esperons il y a deux petites tours qui servent de corps de garde et un pont-levis par lequel on entre dans ledit donjon ; et à l'un des coins de ladite terrasse une autre plus grosse tour que les deux précédentes, qui sert de logement au concierge et au-dessus de ladite tour est une fuie à pigeons ». Enfin on voyait encore sur une place voisine — où se trouvait un jeu de paume — des « vestiges d'autres fortifications ». Ces vieilles murailles et ces tours, sauf le donjon, furent rasées au XVIIIème siècle par M. Locquet de Grandville qui construisit sur leur emplacement un insignifiant château moderne qui subsiste encore.

Un aveu rendu au roi en 1541 par Jean de Laval, et deux autres aveux rendus par les seigneurs de la Roche-Giffart, l'un en 1653, l'autre en 1678, nous font connaître assez bien la seigneurie de Fougeray. Cette seigneurie s'étendait dans toute la paroisse de Fougeray, dans une partie des paroisses de Pierric, Derval, Luzanger, Sion, Mouais et Guémené. La châtellenie de Sion, les forges de la Hunaudière, la forêt de Thiouzé, beaucoup de moulins, d'étangs et de bois en faisaient partie. Le seigneur de Fougeray était fondateur des églises de Fougeray, de Pierric et de Sion ; il avait droit d'enfeu dans celle de Luzanger. Il avait un droit sur les tanneurs de Fougeray et de Pierric, et droit de chasse prohibitive dans toutes les paroisses ci-dessus désignées.

Châtellenie d'ancienneté au moyen âge, la seigneurie de Fougeray fut érigée en marquisat, en 1644, en faveur de Henri de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart et de Fougeray ; elle relevait directement du roi. Le seigneur de Fougeray avait dans l'origine le droit de guet, pour la garde de son château, sur tous les hommes du marquisat ; mais en 1665 le général de la paroisse de Fougeray refusa de payer ce devoir, fixé, depuis 1505, à trois sols par chaque homme marié ; un procès s'ensuivit entre le seigneur du lieu Henri de la Chapelle et le général ; il se termina, en 1670, à l'avantage des paroissiens.

Le seigneur de Fougeray avait : « le droit de coustume et péage sur toutes les marchandises qui passent dans l'étendue dudit marquisat »

« Item deux halles ou cohues dans ladite ville de Foulgeré pour l'estallage et vente de plusieurs sortes de marchandises qui se vendent toutes les semaines que se tient marché le jeudi dans ladite ville, et, outre cinq foires par chacun an, l'une en carême, l'autre à l'Ascension, la troisième à la feste de saint Jean descolé, la quatrième le jour saint Luc, et la cinquième le jour saint Thomas, avant Noël.

« Item au bourg de Pierric une autre foire qui se tient le jour de saint Lien, où ledit marquis prend semblablement droit de péage.

« Item une autre halle dans laquelle il y a un four banal pour cuire le pain des sujets et habitants de ladite ville de Foulgeré.

« Item au joignant de l'une desdites halles un grand logis au haut duquel est l'auditoire pour l'exercice de la juridiction dudit marquisat, avec ses galeries, chambres criminelles, appartenances et dépendances : les audiences de la juridiction dudit marquisat tiennent ordinairement deux jours la semaine, sauf les extraordinaires selon l'abondance des affaires, et au-dessous est la prison et cachots, et basse-fosse pour les criminels et coupables avec les logements et nécessaires pour loger le geollier et garde desdites prisons.

« Item appartient audit seigneur de Foulgeré le droit de bailler mesures tant à blé qu'à vin en l'étendue dudit marquisat avec le droit de police.

« Item les moulins de Chère, du Chêne-Prier, de la Haye, de Gault, de la Minière, de Lennaulx, de Pierric et d'Auvers.

« Item le droit de pêche prohibitive dans les rivières d'Aaron, de Chère et marais d'Auvers.

« Item le droit de quintaine que sont tenus courir les poissonniers qui peschent sur lesdites rivières et marais, le mardy après la feste de Pasque, lorsqu'il leur est assigné, par ledit seigneur sous peine de l'amande, pour laquelle courir doivent ledit seigneur fournir de fust de lance, le capitaine dudit château (de Fougeray), de chevaux ; le sieur propriétaire de la Bornière d'éperons, et le propriétaire des vignes de la Sauldre de fer pour la lance, de clous, de marteau et tenailles pour couldre ledit fer de lance, et doit tenir ladite quintaine sur bout.

« Et oultre a ledit seigneur droit de sceaux et papiers dans toute sa juridiction ».

Cette juridiction était haute, moyenne et basse, et un grand nombre de manoirs, tant en Fougeray que dans les paroisses voisines, en relevaient noblement. D'après une appréciation faite en justice en 1748 — lorsque Loquet de Grandville acheta Fougeray le revenu de ce marquisat s'élevait à cette époque à 7 251 livres, mais la châtellenie de Sion n'en faisait plus alors partie (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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