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Bienvenue chez les Domagnéens

DOMAGNE

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La commune de Domagné (pucenoire.gif (870 octets) Dovanieg) fait partie du canton de Châteaubourg. Domagné dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de DOMAGNE

Domagné vient du gallo-romain « Dominius » et du suffixe « acum » (domaine de). 

La paroisse de Domagné semble exister dès le XIIème siècle et il est fait mention de son recteur et de quelques seigneurs portant son nom dès les premières années du siècle suivant. En l'an 1207, en effet, Robert de Domagné, chevalier, confirma les moines de Sainte-Croix de Vitré dans la possession du bois de Pierre-Blanche et des prairies de la Russerie ; il reconnut en présence d'André, baron de Vitré, que les religieux avaient reçu ces biens de Robert, fils de Hay, son aïeul, lorsque Hamelin, frère de ce dernier, se fit moine dans le monastère de Vitré. L'acte de confirmation de Robert de Domagné fut approuvé par sa femme A., par ses fils P. et J., et par son frère Geffroy, en présence de Geffroy de Lamballe, prieur de Sainte-Croix (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 808).

Ville de Domagné (Bretagne).

Un peu plus tard, en 1244, les religieux du même monastère eurent une contestation avec Raoul de Domagné et Robin Buisson, qui prétendaient lever un droit de bouteillage sur les hommes du prieuré de Sainte-Croix. Mais ces seigneurs renoncèrent à leurs prétentions moyennant la somme de 5 livres que leur payèrent le prieur et les bourgeois de Sainte-Croix (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 H, 1). Il paraît aussi que l'abbaye de Saint-Sulpice-des-Bois avait certains droits de dîmes à Domagné, car nous voyons en 1256 Jacques, recteur de cette paroisse, obligé de traiter à ce sujet avec les religieuses de ce monastère (Pouillé de Rennes).

Mais au siècle dernier le recteur de Domagné était devenu seul gros décimateur dans sa paroisse, où deux petits traits seulement ne lui appartenaient pas. Il jouissait, en outre, d'un presbytère avec jardin et pièces de terre appelées jadis la Vigne. Le total de son revenu, de l'aveu même du titulaire en 1790, M. Lajat, était de 4 758 livres ; mais les charges montaient à 1 800 livres, ce qui réduisait le bénéfice à 2 958 livres de rente. Les principales de ces charges étaient 144 boisseaux de seigle dus à l'abbaye de Saint-Sulpice, — 64 boisseaux de seigle et autant d'avoine dus à l'Hôtel-Dieu de Vitré, — 8 boisseaux de froment dus à l'abbaye de la Meilleraye, — 311 livres de décimes, etc. (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 28). 

Depuis 1803, Domagné renferme le territoire de l'ancienne paroisse de La Valette, dont nous allons dire ici quelques mots. La Valette existait comme paroisse dès 1440 et elle pouvait être de fondation bien antérieure ; elle renfermait le manoir de la Valette, appartenant aux XVème et XVIème siècles à la famille Le Sénéchal, et plus tard aux seigneurs de Fouesnel. En 1790, son dernier recteur, M. Bouthemy, déclara que son bénéfice valait 1 055 livres de rente ; son presbytère avait, en effet, un pourpris de 12 journaux de terre et était alors estimé 225 livres de revenu ; de plus, les dîmes qu'il levait à la onzième gerbe lui rapportaient 830 livres ; enfin, il jouissait en outre de quatre fondations valant 108 livres de rente (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 28).  

La Chapelle Saint-André, aujourd’hui disparue, aurait dit-on remonté à l’époque gallo-romaine. En effet des tombeaux en calcaire coquillier ont été rencontrés dans la chapelle Saint-André ainsi que lors de la reconstruction de l’église (en 1885). Au XIIIème siècle, le seigneur Robert de Domagné est écuyer du roi Saint-Louis. Guy de Domagné est chevalier de l’ordre du Temple de Jérusalem.

A l’époque féodale, plusieurs seigneuries exercent leurs prérogatives sur le territoire de Domagné, notamment celles de Neuville, de Mouligné, du Plessis-Raffrai (ou Raffray), de la Valette et de Villayer avec un droit de haute justice. Domagné est concerné par les guerres de Religion notamment lorsque Guy de Rieux attaque le château du Plessis-Raffray en 1589 pour chasser les Ligueurs.

Ville de Domagné (Bretagne).

Les anciennes paroisse de La Valette et de Chaumeré sont rattachées à Domagné. La paroisse de La Valette (XVème siècle) devenue commune est indépendante jusqu’en 1840. Ce village dépend de la famille Visdelou, seigneurs de Bienassis, puis de la famille Rosnyvinen, seigneurs de Piré. Chaumeré, commune associée à Domagné depuis 1973, existe comme paroisse depuis la fin du XIVème siècle. Auparavant rattachée à la paroisse de Piré, elle en est détachée à la faveur des seigneurs de La Cour, lieu-dit de cette paroisse. M. Marteville dit que cette petite paroisse fut « séparée de celle de Piré en faveur du seigneur de la Cour de Chaumeré ». (Dictionnaire de Bretagne, I, 178.) Nous ignorons sur quelles preuves s'appuie cette assertion, et nous ferons remarquer qu'en 1427 Chaumeré était déjà paroisse, ayant alors deux manoirs : la Cour de Chaumeré, appartenant au vicomte de la Bellière, et la Motte de Chaumeré, possédée par la fille de Jean de Denée. Plus tard, les familles de Maubiez, de la Fontaine, d'Erbrée et de Birague possédèrent successivement la seigneurie de Chaumeré aux XVIème et XVIIème siècles (Anciennes Réformations de la noblesse). Le recteur de Chaumeré, nommé par l'ordinaire, fut taxé en 1516 à 60 sols de décimes et jouissait en 1646 d'un revenu de 450 livres seulement, d'après le Rolle diocésain ms. de cette époque. Chaumeré fut supprimé comme paroisse en 1803 et son territoire fut uni à la paroisse d'Ossé ; mais une ordonnance royale du 16 avril 1826 érigea de nouveau Chaumeré en succursale. On conserve au presbytère de Chaumeré deux curieux manuscrits, l'un renfermant la collection des actes du concile d'Angers tenu en 1448 et des statuts synodaux de Rennes édictés au XVème siècle par nos évêques Jacques d'Espinay et Michel Guibé, et se terminant par les actes d'épousailles faites en l'église de Chaumeré à partir de 1573 ; l'autre contenant les comptes des trésoriers de la fabrique de Chaumeré à partir de 1525 (Pouillé de Rennes). 

La paroisse de Domagné et l’ancienne paroisse de Chauméré (ou Chaumeré) dépendaient de l’ancien évêché de Rennes. 

On rencontre les appellations suivantes : Domagneium (en 1207), Domagniacum (en 1516), et ecclesia de Chaumereyo (en 1516).

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Note 1 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Domagné : P..., "personna de Domagneio" (en 1210), Jacques (en 1256), Antoine Ronceray (en 1503), Gilles Le Berruer (décédé en 1533), Pierre Gaultier (en 1533), François Morel (en 1595), Jean Paistel (1598-1619), Pierre Le Coq (1619-1634), André Le Coq (en 1634), Gérard Billotte (jusqu'en 1660), Alexandre de Rosnyvinen (1660-1672), Hippolyte-Louis de Rosnyvinen (en 1672 et en 1701), Pierre-Jacques Le Termelier (en 1712), Jean-Gabriel Le Termelier (1716-1718), Jean-Baptiste de Launay (1718-1724), Jean-Joseph Rouenson (1724-1743), Joseph Legendre (1743-1778), Pierre-Michel Lajat (1778-1789), François Marchand (1803-1826), Jean-Baptiste Gageot (1827-1847), Pierre Cochet (1847-1877), Pierre Maréchal (à partir de 1878), ...

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de La Valette : Jean Grisou (avant 1584) qui fonda la chapellenie des Cours-Séquart dans son église, où il fut inhumé, Laurent Mallart (en 1572), Jean Fordoulx (vers 1588-1626), Pierre Gicquel (en 1630 et jusqu'en 1643), Guillaume Petier (1643-1653), Pierre Le Febvre (en 1657 et jusqu'en 1666), Pierre de la Planche (1666-1681), Luc Savouré (1681-1707), Pierre Jameu (1707-1727), Pierre Colliot (1727-1747), Jean Lesné (1747-1764), Jacques Coudray (1764-1783), Pierre Bouthemy (1783-1789), ... 

Note 3 : liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Chaumeré : Guillaume Le Marchant (en 1525), Georges Bourdon (en 1573 et en 1589), F... Fontaine (en 1591), René Courgeon (vers 1598), Guillaume Henry (1619-1640), René Morin (en 1634 et en 1642), François Lancelot (en 1660), Michel Blanchard (en 1693), Jacques Pierre Aubert (1698-1703), Hippolyte Cochet (en 1703), François Cherdot (en 1735), Joseph Mainguet (1735-1736), François Desnos (1736-1737), Jean Chevalier (1737-1755), Jean Georgin de la Hunaudais (1755-1770), Jean Poisson (1770-1783), Julien-Jean Vaucelle (1783-1789), Guillaume Gallais (1826-1862), Guillaume Lemenant (1863-1874), Louis Veillard (1874-1879), Ange-Marie Rougé (à partir de 1879), ....

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PATRIMOINE de DOMAGNE

l'église Saint-Médard (XVII-XXème siècle) de Chaumeré. Dédiée à saint Médard, cette église se compose d'une simple nef, terminée par un chevet droit élevé vers 1603. Une fenêtre flamboyante, aujourd'hui bouchée, apparaît encore derrière le maître-autel. A cette nef primitive on ajouta plus tard deux chapelles, dont l'une, au Midi, fut bâtie en 1634 avec la permission de René de Birague, baron d'Entrames et seigneur de Chaumeré, qui exigea la pose de ses armoiries sur une pierre au-dessus de la fenêtre et dans le vitrail de cette fenêtre ; l'autre, construite précédemment, fut restaurée, paraît-il, vers le même temps, car elle porte la date 1637. C'est dans cette dernière qu'en 1638 fut érigée la confrérie du Rosaire. René Godelou, sieur de la Saudraye, donna à cette occasion un autel, et le recteur René Morin, assisté de ses prêtres, Jean Savouré et Jean Carré, pria les Dominicains de Bonne-Nouvelle de venir eux-mêmes établir l'association (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 5). Un siècle plus tard, en 1763, on voyait aussi érigée à Chaumeré la confrérie des Cinq-Plaies. Derrière le retable du maître-autel, placé en 1638, on voit quelques vestiges de sculptures en pierre devant appartenir à un autel primitif enfoui peut-être sous ces lourdes boiseries. Dans le mur septentrional est aussi placée une brique funéraire qui rappelle le souvenir de Gilonne Colombel, dame des Mazures, décédée en 1686, et bienfaitrice de la paroisse. En 1584, la Cour de Rennes fit faire une enquête relativement aux pierres tombales de l'église de Chaumeré. Au siècle dernier, le seigneur de Piré était seigneur fondateur de la paroisse ; c'est le titre que prit en 1778 Guillaume de Rosnyvinen, marquis de Piré, qui vint alors nommer la grosse cloche de Chaumeré avec Emilie Hay, dame de Bonteville (Pouillé de Rennes). La sacristie date de 1645. La porte ouest date de 1766. Le retable du maître-autel est de 1638. La nef a été construite vers 1603 : on y ajouta deux chapelles, l’une au sud en 1634, l’autre au nord, plus ancienne et restaurée en 1637. On y trouvait autrefois les armes de René de Birague, seigneur de Chaumeré (au XVIIème siècle). On y voit une pierre tombale (1614) de Guillaume Geslin et un cadran solaire (1683). Les fonts baptismaux datent du XIXème siècle. Le vitrail, représentant un homme au travail et oeuvre de l'atelier Colin, date de 1943 ; 

l'église Saint-Pierre (1888), oeuvre de l'architecte Gelly. L'église de Domagné, dédiée à saint Pierre, avait jadis sa fête patronale le 29 juin, mais en 1743 cette fête fut transférée, avec la permission de l'ordinaire, au 1er août, et cet état de choses s'est maintenu depuis. L'ancien édifice appartenait en grande partie aux XVème et XVIème siècles : c'était une simple nef à chevet droit, accostée d'une double chapelle au Nord et d'une simple chapelle au Midi ; quelques fenêtres flamboyantes ornant ces chapelles étaient jadis garnies de verrières peintes malheureusement détruites. L'une de ces chapelles dépendait de la seigneurie de Neuville. Le choeur et la sacristie furent bâtis en 1718 et 1722, et le bas de la nef en 1766. Le maître-autel avait été édifié en 1637. Les droits de fondation et de supériorité appartenaient en cette église aux seigneurs du Plessix-Raffray (nota : Le Plessix-Raffray, qui nous semble avoir dû être à l'origine la demeure des sires de Domagné, appartint ensuite successivement aux familles Le Vayer, de Maillé, Vay, de Laval, Landais, Lespervier, Le Roy, Gaultier, de Poix et de Rosnyvinen. Le château, qui était fortifié, fut ruiné à la suite des guerres de la Ligue). On y voyait en 1678 deux bancs armoriés leur appartenant, l'un dans le chanceau, du côté de l'évangile, et l'autre plus bas ; la lisière de leurs armes entourait aussi l'édifice, et à l'origine une des chapelles avait dû leur être prohibitive (Pouillé de Rennes). La nef de l'église actuelle date de 1888. Le tympan du porche de l'église, représentant saint Pierre et oeuvre du sculpteur Ch. Goupil, date de 1888 ;

  L'église de Domagné (Bretagne).

 

L'église de Domagné (Bretagne).

l'ancienne chapelle de La Valette, aujourd'hui disparue. C'est l'ancienne église de la paroisse de ce nom. Edifice des siècles derniers, elle n'offrait pas d'intérêt. Le seigneur de la Valette y avait les droits de supérieur et fondateur, ses armoiries, son banc et son enfeu. A la fin du XIXème siècle, elle était encore entretenue par les habitants de l'ancien bourg, et l'on y sonnait même les glas de ceux d'entre eux qui venaient à mourir. La procession des Rogations s'y rendait aussi de Domagné chaque année, mais, sauf ce jour-là, l'on n'y disait pas la messe (Pouillé de Rennes) ;  

le calvaire (XVIIème siècle) du cimetière ; 

le manoir de la Rabaudière (XVI-XVIIIème siècle). Il possédait un droit de haute justice. François Rabaud possédait en 1513 le manoir de la Rabaudière, près duquel se trouvait en 1614 une chapelle, desservie en 1621 par Jean Le Vacher. Ce sanctuaire dédié au Saint-Sauveur fut reconstruit ou complètement restauré au XVIIIème siècle, car le 11 mai 1733 on fit la bénédiction de l'édifice. Le dernier chapelain fut Pierre de Miniac, présenté en 1776 par Claude de Miniac, alors seigneur de la Rabaudière. Cette chapelle était fondée de messes et avait pour dotation, en 1790, une métairie en Ossé, affermée 100 livres (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 80 et 1 V, 28). Propriété successive des familles Rabaud (en 1248 et 1513), Bonenfant, Rosnyvinen, seigneurs du Plessis (au milieu du XVIème siècle), de Malenoë (vers 1561), Pinczon, seigneurs de Cacé (en 1604), Drouault, seigneurs d'Entrain, Lhomme (en 1668), Bouteiller (1731), Miniac (en 1735, 1742 et 1789) ; 

le manoir de la Rivière (XVI-XVIIIème siècle) ;  

le manoir de la Haute-Neuville ou de Neuville (XVII-XXème siècle). Il avait un droit de haute justice. Propriété successive des familles Neuville (en 1427), le Séneschal, seigneurs de la Valette (vers 1530), Poix, seigneurs de Fouesnel (vers 1560), Visdelou, seigneurs de Bienassis (en 1709), Rosnyvinen, seigneurs de Piré (en 1756 et 1789) ;    

la longère (XVIII-XXème siècle) de la Lande (en Chaumeré) ;   

la ferme (XVIIIème siècle) de Chaumeré ;   

la mairie (1837-XXème siècle). Il s’agit de l’ancien presbytère jusqu’en 1976 ;

 

A signaler aussi : 

la découverte de sarcophages en calcaire coquillier (époque mérovingienne) ;   

l'ancien cimetière, sur l’emplacement actuel d'une maison d'école, renfermait la Chapelle Saint-André, aujourd’hui disparue. Mentionné en 1604, ce petit sanctuaire était extrêmement ancien. On assure qu'il était bâti en petit appareil romain comme Sainte-Agathe de Langon. A l'intérieur et autour de cette chapelle on a trouvé plusieurs tombeaux en calcaire également semblables à ceux de Langon. Il est donc positif que si Saint-André n'était pas un édifice véritablement gallo-romain comme celui de Langon, c'était au moins un sanctuaire d'architecture romane primitive. Combien est-il regrettable qu'on ait rasé un monument si rare dans nos contrées !  (Pouillé de Rennes) ;   

l'ancien manoir de Barguigné. Propriété successive des familles la Cigogne (en 1399), du Boays (au milieu du XVème siècle), du Pan (en 1540) ;   

l'ancien manoir de la Pouardière. Il possédait une chapelle édifiée au XVIIème siècle. Mathurin de Maunoury, sieur de Saint-Germain, ayant bâti une chapelle à son manoir de la Pouardière, y fonda, par acte du 13 août 1657, une messe tous les dimanches et lui assura 40 livres de rente. André Le Coq, recteur de Domagné, avait bénit la première pierre de l'édifice. Plus tard, par acte du 13 janvier 1713, demoiselle Marguerite Foucault, dame de Vaucouleurs, y fonda une autre messe hebdomadaire. Le dernier chapelain de la Pouardière, M. Bouquerel, déclara en 1790 que ce bénéfice lui rapportait 125 livres de rente, à charge d'une messe tous les dimanches et fêtes (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 80 et 1 V, 28). Propriété successive des familles Maillé, seigneurs du Plessis-Raffray (en 1454), Landais, seigneurs du Plessis-Raffray (en 1477), Thierry, seigneurs du Plessis-Raffray (en 1513), le Roy, seigneurs du Plessis-Raffray (en 1522), Servaude, Quénouart, seigneurs de Chadon (en 1600), de Montsautel (en 1607), Henry (en 1644), Maunoury (en 1657), Sédille, sieurs de l’Osseyère (en 1717), Malescot, sieurs du Maimbier (en 1744 et 1773), Ménéac (en 1789) ;   

le manoir des Chesnayes. Propriété successive des familles le Séneschal (en 1454 et 1513), Déelin, seigneurs de Launay-Déelin (en 1539 et 1561), Henry, seigneurs du Pin (en 1609), le Coq, seigneurs du Pin (en 1636), Robert, sieurs de Launay-Robert (en 1645), Chassé (vers 1691 et en 1751) ;   

l'ancien manoir de la Valette. Il possédait un droit de haute justice. Propriété successive des familles le Séneschal (en 1412), Visdelou, seigneurs de Bienassis (milieu du XVIème siècle - XVIIIème siècle), Rosnyvinen, seigneurs de Piré (en 1756 et 1789) ; 

l'ancien manoir du Bois-Hubert ou du Bois-Herbet. Propriété de la famille de Neuville en 1477 et en 1513 ;   

l'ancien manoir de la Fosse-Louvière. Propriété de la famille Uguet en 1477 et en 1513, puis de la famille Geffrard, seigneurs de la Motte en 1606 ;   

l'ancien manoir de Sévrigné. Propriété successive des familles Uguet (en 1477 et 1513), Besnardais (en 1640), Busnel, seigneurs de la Garenne (en 1668), la Besnardais (avant 1708), Marion, sieurs du Val (en 1708) ;   

l'ancien manoir de Mouligné. Il possédait un droit de haute justice. Propriété successive des familles Saint-Didier (en 1350), Champaigné (avant 1400), Giffart (en 1400), Chastaigner (avant 1477), Baud (1477 et 1539), Martin, seigneurs de Broise (en 1588), Turcan, seigneurs d'Aubeterre (vers 1636), Longueval, marquis d'Harancourt (en 1687), Chiens (en 1710), Marbeuf (avant 1747), Picot, seigneurs du Boisfeillet (vers 1747), Gouyon (vers 1776) ;   

l'ancienne chapelle de Lourme, qui n’existe plus aujourd’hui. Elle est signalée dans l'acte de vente de la terre de Lourme, faite vers 1669 par Jacques Morel à Michel du Verger ; il y est dit que dans cette chapelle se desservait la fondation du Fresne, consistant en deux messes par semaine et valant alors 30 livres de rente ; cette fondation avait été faite anciennement par les seigneurs du Plessix-Raffray (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 80) ;   

l'ancien manoir de Villayer. Il possédait une chapelle, une fuie et avait un droit de haute justice. Il est érigé en comté en 1655 et 1680. Propriété successive des familles Vilahers ou Villayer (en 1210), Ferron (en 1454), Eabaud (vers 1477 et en 1513), Bonenfant, Rosnyvinen, seigneurs des Plessis (avant 1565), Renouard, seigneurs de l'Onglée (en 1565), comtes de Rosmadec (en 1740), Talhouët, seigneurs de Bonamour (en 1779 et 1789) ;   

l'ancien manoir du Plessis-Raffray (ou Plessix-Raffray). Il possédait une chapelle et une fuie. La chapelle existait encore en 1678 dans l'enclos du château du Plessix, comme le témoigne la déclaration que fit alors Jean-Baptiste de Poix, seigneur du Plessix-Raffray ; elle avait été fondée par les seigneurs du lieu de deux messes par semaine. Le domaine était une châtellenie avec un droit de haute justice. Propriété successive des familles Raffray (en 1265), le Vayer, seigneurs de Coësmes (en 1381), Maillé (au début du XVème siècle), le Roux (avant 1455), de Laval, seigneurs de la Roche-Bernard (en 1455), Pierre Landais (en 1474), l'Espervier, seigneurs de la Bouvardière (vers 1500), Thierry, seigneurs du Boisorcant (avant 1514), le Roy (en 1515), des Valettes (avant 1574), Argentré (en 1574), Gaultier, seigneurs du Chesnay (en 1577), Argentré (au début du XVIIème siècle), Brignon, seigneurs de la Fontenelle (avant 1676), Poix, seigneurs de Fouesnel (en 1676), Bonnin, seigneurs de Chalucet (en 1700), Marbeuf, seigneurs du Gué de Servon (en 1709), Boisgeslin, marquis de Cucé (au milieu du XVIIIème siècle et en 1789) ;   

l'ancien manoir de la Maison-Neuve. Il était à la famille Séneschal en 1513 ;   

l'ancien manoir de la Hutière. Propriété successive des familles Guénour (en 1454 et 1477), Déelin (en 1513), Sévigné (en 1539 et 1561), Chevalier, seigneurs des Chesnellières (en 1634), Henry, seigneurs du Lorain, Turmier, sieurs de la Grasserie (avant 1692), Sarazin (en 1692), Roger, sieurs de Vavincourt (vers 1726 et en 1758) ;   

l'ancien manoir du Cerisay. Propriété successive des familles Cadoret (en 1454), Bérard (vers 1513), d'Auvergne (en 1541), Jacquelot (en 1718), Gouyon (en 1789) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de DOMAGNE

Le comté de Villayer : En 1454 parmi les nobles de la paroisse de Domagné figuraient Auffray Ferron, propriétaire de la métairie noble de Villahier (nota : Yvon de Vilahers fut en 1210 témoin d'une donation faite à l'abbaye de Saint-Sulpice-des-Bois par Geffroi de Châteaugiron - Archives d'Ille-et-Vilaine, 2 H I) ou Villayer, et Guy Rabaud, seigneur de la Rabaudière. Ce dernier avait épousé Marie Hingant, dont il eut Jean Rabaud, sire de la Rabaudière en 1482 (Archives d'Ille-et-Vilaine, E 245). A la même époque vivait François Rabaud, probablement frère de Jean, qui s'unit à Michelle Ferron et devint, à cause d'elle, seigneur de Villayer, titre qu'il portait en 1477 ; la Réformation de 1513 ajoute qu'il était alors possesseur des deux terres de la Rabaudière et de Villayer, ayant vraisemblablement hérité de son frère (Ancienne réformation de la noblesse de Bretagne). Ces deux frères Rabaud durent mourir sans postérité car leur succession fut recueillie par leur nièce ou son représentant Hélène Bonenfant, fille de René Bonenfant, seigneur des Plessix en Piré et Saulnières, et de Jeanne Rabaud. Hélène Bonenfant épousa Guillaume de Rosnyvinen dont elle eut François Ier de Rosnyvinen, seigneur des Plessix, marié en 1509 à Magdeleine Paynel et décédé dès 1513, avant sa mère qui ne mourut qu'en 1516. Il laissait un fils François de Rosnyvinen qui hérita de sa grand-mère et devint seigneur de la Rabaudière et de Villayer. François II de Rosnyvinen épousa en 1530 Renée du Gué de Servon, qui lui donna sept enfants, entre autres Guy de Rosnyvinen, seigneur des Plessix, — Claude de Rosnyvinen, seigneur de Villayer, — et Hélène de Rosnyvinen, dame de la Rabaudière, femme de René de Malenoë (Généalogie ms. des maisons Bonenfant et de Rosnyvinen). A partir de cette époque les terres de Villayer et de la Rabaudière se trouvèrent séparées pour toujours. Mais Claude de Rosnyvinen n'eut point de postérité à lui survivre et sa succession revint après sa mort à son frère aîné Guy de Rosnyvinen, seigneur des Plessix, qui décéda en 1565. Comment la seigneurie de Villayer passa-t-elle des sires du Plessix de Piré aux seigneurs de l'Onglée en Visseiche, c'est ce que nous n'avons pu retrouver ; mais il est probable que ce fut par acquêt. Toujours est-il qu'en 1565 Guy de Renouard, mari de Louise Bonnery, était seigneur de l'Onglée en Visseiche ; il fut remplacé en 1576, par son fils portant le même nom que lui, dans la charge de secrétaire en la chancellerie royale de Bretagne. Ce jeune Guy de Renouard devint en 1586 conseiller à la Chambre des Comptes de Nantes et, fit partie pendant cinquante-deux ans de cette cour souveraine qu'il ne quitta en 1632 que pour céder sa place par résignation à l'un de ses fils (Kerviler – La Bretagne à l'Académie, I, 435). Anobli en 1607 par Henri IV et décédé en 1633, Guy de Renouard, seigneur de l'Onglée, se maria deux fois. Sa première femme, Anne Dollier, eut la tête coupée, ayant été convaincue d'adultère (Tallemant des Réaux, Historiettes, VI, 241) ; la seconde — qu'il épousa le 28 mai 1602 — fut Françoise de Becdelièvre, décédée à l'âge de cent ans, en septembre 1668, fille du seigneur du Bouexic. De cette dernière union sortirent plusieurs fils, entre autres César de Renouard, seigneur de Drouges, et Jean-Jacques de Renouard, seigneur de Villayer qui vendirent, après la mort de leur père, en 1636, la terre seigneuriale de l'Onglée à Jean Hay, baron des Nétumières (Archives d'Ille-et-Vilaine, E 635). L'aîné de ces garçons, César de Renouard, né vers 1603, remplaça son père à la Chambre des Comptes de Nantes, puis devint trésorier des Etats de Bretagne. Seigneur de la Motte de Drouges, en la paroisse de ce nom, que lui laissa son père, il épousa Isabelle Poulain dont il eut plusieurs filles mortes sans postérité. Lui-même décéda en 1685, léguant à son frère Jean-Jacques la seigneurie de la Motte de Drouges et le somptueux hôtel de Drouges, qu'il avait construit à Nantes pour en faire sa demeure ; sous le nom d'hôtel de Rosmadec cette maison est encore au XIXème siècle un des plus intéressants édifices de la ville. L'héritier du seigneur de Drouges était Jean-Jacques de Renouard, seigneur de Villayer, né en 1605. Celui-ci quitta de bonne heure la Bretagne et se fit recevoir en 1632 conseiller au Parlement de Paris. Quatre ans plus tard, il épousa Marthe de Neubourg, puis obtint le 28 février 1636 des lettres de maître des requêtes de l'Hôtel du roi ; il entra par suite au Conseil d'Etat, dont il devint le doyen et qu'il éclaira pendant cinquante-cinq ans de ses lumières. Créé comte de Villayer en 1655 et nommé membre de l'Académie Française en 1659, Jean-Jacques de Renouard, perdit sa femme. Marthe de Neubourg, en novembre 1689 et mourut à son tour, le 5 mars 1691 ; on l'enterra an noviciat des Jésuites du faubourg Saint-Germain, à Paris (Kerviler – La Bretagne à l'Académie, I, 499). Jean-Jacques Ier de Renouard avait eu, entre autres enfants, un fils nommé comme lui, qui lui succéda à Villayer et deux filles : Bonne, mariée à Michel d'Espinoze, seigneur de Porteric, et Anne qui épousa en 1660 Claude de Freslon, seigneur de la Touche-Trébry. Jean-Jacques II de Renouard, naquit en juin 1637 au manoir de la Fontaine que possédait son père dans la paroisse de Cornuz (nota : en 1596, Pierre de Théhillac vendit à Guy Renouard la seigneurie de la Fontaine que François de Renouard revendit en 1730 à Etienne Thiroux). Reçu en 1660 conseiller au Parlement de Bretagne, il épousa Michelle-Lucrèce Chappel, dame de Procé, fit hommage au roi pour la seigneurie de Villayer en 1691 et mourut l'année suivante le 13 février ; sa veuve fournit peu après le minu des fiefs de Villayer relevant du roi, au nom de son fils posthume François-Angélique de Renouard (Archives de Loire-Inférieure, voir Ossé et B, 1025). Ce dernier, seigneur de Villayer et de Drouges, maître de requêtes, s'unit à Angélique-Claudine de Marescot, dont il n'eut qu'une fille Angélique-Françoise de Renouard de Villayer décédée après lui et encore jeune le 19 février 1740 (Archives de Loire-Inférieure, voir Ossé et B, 1025). La succession de cette demoiselle se composait du comté de Villayer et de la seigneurie de la Motte de Drouges, de l'hôtel de Villayer rue Saint-André-des-Arts à Paris et de l'hôtel de Drouges à Nantes ; elle fut recueillie par Michel-Sébastien, comte de Rosmadec, descendant de Sébastien-Gabriel, marquis de Rosmadec, et de Bonne d'Espinoze, fille elle-même de Michel d'Espinoze, seigneur de Porteric, et de Bonne de Renouard. Michel-Sébastien, comte de Rosmadec, possédait encore la seigneurie de Villayer en 1775, époque à laquelle il fit pour cette terre hommage au roi (Archives de Loire-Inférieure, B 1055) ; mais à sa mort arrivée vers 1779 tous les biens ci-dessus énumérés échurent à un autre descendant de Jean-Jacques de Renouard, Jean-Jacques de Talhouët, comte de Bonamour et marquis d'Acigné, époux d'Esther-Gillette Tranchant du Tret (Boislisle – Généalogie de la maison de Talhouët, 132). Ce seigneur, en effet, était fils de Louis-Germain de Talhouët, comte de Bonamour, marié en 1709 à Eléonore de Freslon, fille de César de Freslon, marquis d'Acigné et déjà qualifié comte de Villayer, mort en 1694, fils lui-même de Claude de Freslon et d'Anne de Renouard, seigneur et dame de la Touche-Trébry. Jean-Jacques de Talhouët-Bonamour, marquis d'Acigné et comte de Villayer, mourut à Rennes en avril 1789 laissant pour héritier son fils Louis-Céleste de Talhouët-Bonamour, dernier comte de Villayer ; celui-ci avait épousé Elisabeth Baude de la Vieuville et décéda en 1812. 

La seigneurie de Villayer se composait à l'origine du manoir et de la terre de Villayer, en Domagné relevant de la baronnie dé Châteaugiron et du fief de Villayer s'étendant en Domagné et Ossé, tenu directement du roi. Au mois de janvier 1655 Jean-Jacques de Renouard, maître des requêtes de l'Hôtel du roi, obtint de Louis XIV des lettres patentes unissant au fief de Villayer trois autres bailliages d'Ossé, possédés en 1583 par René de Bourgueuf, seigneur de Cucé (Archives de Loire-Inférieure, voir Cesson), relevant également du roi en sa cour de Rennes et nommés Matignon-à-Ossé, les Grées (nota : il y avait aussi en Ossé un manoir et une terre des Grées propriété d'abord des Montbeille et Bonnier, puis unie par les Le Gras à leur seigneurie de Charot : les Renouard ne semblent pas les avoir jamais possédés) et les Francs-Fiefs. Le fief de Matignon avait une importance relative puisque le Plessix d'Ossé considéré comme la terre seigneuriale de la paroisse d'Ossé, en relevait. Le roi unit donc ces quatre fiefs, ayant chacun une haute-justice en une seule seigneurie qu'il érigea en comté sous le nom de Villayer (Archives du Parlement de Bretagne, 23e reg. 171). Malheureusement Jean-Jacques de Renouard négligea de faire enregistrer immédiatement les lettres royales de 1655 au Parlement de Bretagne, de sorte que son titre de comte ne put lui être d'aucune utilité dans la province. Il dut se faire octroyer en 1680 des lettres de surannation, qu'il fit enregistrer le 21 janvier 1681 (Archives du Parlement de Bretagne, 23e reg. 171). Plus tard Claude-François de Renouard, seigneur de Fleury et grand maître des Eaux et Forêts de France en Bourgogne, Bresse et Alsace, obtint de Louis XV que ses terres et seigneuries de Sertans, Amancey, Malans, Deservillers et Abondans en Franche-Comté fussent unies et érigées en sa faveur en comté sous le nom de Villayer, par lettres d'août 1749 enregistrées au Parlement de Besançon et à la Chambre des Comptes de Dole, " et ce en considération des services rendus par ses ayeux et pour rétablir dans sa maison le titre d'honneur qui y était depuis que la terre de Villayer en Bretagne fut érigée en comté par lettre de janvier 1655 en faveur de Jean-Jacques de Renouard de Villayer l'un de sesdits aveux, ladite terre de Villayer en Bretagne étant passée dans la maison de Rosmadec" (La Chesnaye Desbois, Dictionnaire de la noblesse, XVV, 940). Revenons à cette terre bretonne de Villayer. Le comté minuscule de Villayer ne se composait que de cinq fiefs : les quatre mentionnés plus haut et celui de la Fauvretière ; tous ensemble comprenaient 89 vassaux seulement qui devaient à leur seigneur environ 20 livres par argent, 61 boisseaux de froment, 626 boisseaux d'avoine, 110 poules et 90 corvées (Déclaration de Villayer en 1679). Le domaine n'était pas considérable non plus : il comprenait le manoir de Villayer avec sa chapelle, sa fuie et autres dépendances — les métairies de Villayer, du Bas-Coudray et de Launay — l'étang et le moulin de Briand en Ossé et le moulin de l'Hermine en Rannée (Déclaration de Villayer en 1694 et 1718). A cause de son fief de Matignon, le comte de Villayer prétendait aux prééminences de l'église d'Ossé, qu'avait usurpées, selon lui, le seigneur du Plessix d'Ossé (Archives Nationales, P 1718). A la fin du XIXème siècle, Villayer n'est plus qu'une grande métairie en Domagné ; des laboureurs habitent l'ancien manoir et ont sécularisé la chapelle (abbé Guillotin de Corson).

Note : Les RENOUARD, SEIGNEURS DE LA BOULNAIS, DE LA NOË, DE ROUGE, DES ONGLÉES, DE GESVRES, DE PROCÉ, DE COUVRAN; COMTES DE VILLAYER. — ARMES : D'argent, à une quintefeuille de gueules. — COURONNE : de comte. A famille DE RENOUARD, ou REGNOUARD, a été confirmée dans sa noblesse en 1607, en la personne de Guy RENOUARD, maître des comptes Bretagne; mais sa filiation remonte à une époque bien plus éloignée. Elle a donné des conseillers au Parlement de Bretagne ; un page du roi; un doyen du Conseil d'État. Elle a été maintenue dans sa noblesse par un arrêt de la Chambre de la Réformation de Bretagne, de 1669. En 1681, la seigneurie de Villayer a été érigée en Comté en sa faveur. Elle s'est divisée en deux branches; son premier auteur connu est : — I. Jean RENOUARD, qualifié de « puissant de corps et de biens » dans la réformation des nobles de la paroisse de Maroué de 1423. Il eut deux fils : 1° Guillaume qui suit, 2° Pierre RENOUARD, sieur de la Noë, auteur de la BRANCHE CADETTE rapportée ci-après. — II. Guillaume RENOUARD, né en 1420, mort le 1er mai 1499, laissa pour fils : — III. Michel-Benis RENOUARD, né en 1500, mort en 1559, qui eut pour fils : — IV. Jean RENOUARD, sieur de la Boulnais, qui fut père de : — V. René RENOUARD, marié, 1° à noble Jeanne JAMET; 2° à Etiennette AUBINAIS, laquelle vivait encore en 1638. Il en eut: — VI. René RENOUARD, seigneur de la Boulnais, qui épousa Renée MARTIN, fille de noble René MARTIN, seigneur de Mouligné, capitaine de la Guerche. De ce mariage vint : — VII. Pierre-Julien RENOUARD, sieur de la Boulnais, qui se maria avec Marie TROUESSART DU TERTRE, dont il laissa une fille : — Renée RENOUARD, mariée à noble homme Gilles-Mathurin LOUVEL, seigneur de la Maisonneuve, dont elle eut : a) Charles-François-Thomas LOUVEL DE LA MAISONNEUVE, écuyer. greffier en chef criminel du Parlement de Bretagne. b) Claire-Anne-Guillemette LOUVEL DE LA MAISONNEUVE, mariée à messire Maurice-Toussaint MAUJOUAN DU GASSET.

BRANCHE CADETTE. — II. Pierre RENOUARD, sieur de la Noë, fils puîné de Jean RENOUARD, naquit en 1425 et mourut en 1499. Il fut père de : — III. Guy RENOUARD, sieur de la Noë, né en 1495, mort en 1525, laissa : — IV. Guy RENOUARD, seigneur des Onglées, conseiller du Roi en 1576, auditeur, puis maître des comptes de Bretagne, le 14 juin 1586, lequel fut confirmé dans sa noblesse en 1607. Il s'allia à Françoise DE BECDELIÈVRE, dont il eut : 1° Jean-Jacques qui suit ; 2° César DE RENOUARD, sieur de Rouge, maître des comptes honoraire et trésorier des États de Bretagne, fut maintenu dans sa noblesse le 13 décembre 1669, avec son frère Jean-Jacques. Il épousa Isabelle POULAIN, dont il eut deux tilles : — A. Bonne RENOUARD, mariée, en 1657, à Michel D'ESPINASSE, sieur de la Touche-Aubry et de Porterie. De ce mariage vinrent : AA. Claude D'ESPINASSE, mariée à messire Jean-Charles VISDELOUP DE LA GOUBLAIS, morte en 1692 ; BB. Bonne-Élisabeth D'ESPINASSE, née en 1660, mariée en 1688 à messire Gabriel-Sébastien DE ROSMADEC DE GOULAINE, dont : Michel-Anne-Sébastien DE ROSMADEC, marquis de Goulaine, mort sans hoirs en 1780. — B. Anne RENOUARD, mariée à Claude DE FRESLON, chevalier, seigneur de la Touche-Aubry, conseiller au Parlement de Bretagne. — V. Jean-Jacques RENOUARD, seigneur, puis comte de Villayer, maître des requêtes au Parlement de Bretagne, fut maintenu dans sa noblesse avec son frère César, par arrêt de la Chambre de Réformation de Bretagne du 25 décembre 1669. Ce fut en sa faveur que la seigneurie de Villayer fut érigée en comté, en 1681. Il épousa Lucrèce CHAPPEL, dont il n'eut point d'enfants.

Ville de Domagné (Bretagne).

La seigneurie du Plessis-Raffray : Raffray, écuyer et seigneur du Plessix (ou Plessis) en 1265 — signant alors un accord avec Gohier de Champaigné, seigneur de la Montagne (La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, V, 128) — peut être considéré comme ayant donné son nom à la terre seigneuriale du Plessix-Raffray (ou Plessis-Raffray) en la paroisse de Domagné. Jean Le Vayer, seigneur de Coësmes en 1381, possédait en même temps le Plessix-Raffray ; il vivait encore en 1405 et laissa de son union avec Marguerite Rogier de Baufort une fille nommée Mahaut qui devint son héritière. Cette Mahaut Le Vayer épousa : - 1° Hardouin de Maillé, baron dudit lieu, - 2° Jean de Laval, seigneur de Loué, veuf de Marie de Beaupreau. Du premier mariage naquit Hardouin de Maillé, seigneur du Plessix-Raffray en 1427, époux de Perronnelle d'Amboise (Du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 661). Le Sommier de Fouesnel et du Plessix-Raffray relate que cette terre passa ensuite à Jan Vay qui en fit don au connétable de France Arthur de Richemont (Fr. Saulnier – La maison de Poix et la seigneurie de Fouesnel). Nous trouvons, en effet, mention faite ailleurs de lettres du connétable de Richemont à ses officiers du Plessix-Raffray (Archives de Loire-Inférieure). Mais qu'était ce Jean Vay donateur du Plessix-Raffray, son vrai nom, mal écrit, ne serait-il pas Jean Le Vayer ? Et Arthur de Richemont n'a-t-il point rendue à sa fille la seigneurie qu'il avait reçue de lui ? Nous le pensons d'autant plus volontiers que la Réformation de 1454 mentionne le sire de Maillé comme étant possesseur du Plessix-Raffray en Domagné. Mais l'année suivante nous voyons Jean de Laval, seigneur de la Roche-Bernard, acheter moyennant 12 000 écus la seigneurie du Plessix-Raffray d'avec Guillaume Le Roux « lequel peu auparavant l'avait acquise de Hardouin de Maillé » (Inventaire des Titres du château de Nantes, 216). Le seigneur de la Roche-Bernard fut à cette circonstance gratifié par le duc Pierre II de 6 000 écus pour le paiement de cette acquisition du Plessix-Raffray (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, 1630). Le duc de Bretagne avait d'abord songé à faire Perronnelle de Maillé, fille du vendeur du Plessix-Raffray, rentrer en possession de cette terre, car il avait promis à cette demoiselle 16 000 écus « pour faire l'acquisition du Plessis-Raffray », à l'occasion de son mariage avec le vicomte de Rohan (Dom Morice, Histoire de Bretagne, II, 53). Le mariage eut bien lieu, mais les nouveaux époux n'achetèrent point le Plessix-Raffray et le duc Pierre II tourna sa générosité vers son propre neveu Jean de Laval, fils de Guy comte de Laval et de Marie de Bretagne, et lui facilita, comme nous venons de le dire, l'achat du Plessix-Raffray. Par acte du 18 février 1474, ce Jean de Laval, baron de la Roche-Bernard, vendit à son tour la terre seigneuriale du Plessix-Raffray au fameux trésorier de Bretagne Pierre Landais, seigneur du Loroux-Bottereau, et à Jeanne de Moussy, sa femme, pour 12 000 écus d'or (Archives de Loire-Inférieure, E, supplémentaire). Pierre Landais est par suite inscrit à la Réformation de 1471 comme possesseur du Plessix-Raffray. Sa fille, Françoise Landais, apporta cette terre à son mari Arthur L'Espervier, seigneur de la Bouvardière ; celui-ci en présenta le minu le 8 juin 1506, après la mort de sa femme décédée au mois d'août 1504, comme tuteur de François L'Espervier leur fils (Archives de Loire-Inférieure, B, 428). Ce François L'Espervier, seigneur de la Gascherie et mari d'Anne Gouyon de Matignon, étant devenu veuf, mourut religieux au couvent des Dominicains de Nantes ; il vendit deux fois le Plessix-Raffray, une première, à condition de réméré, à Pierre Thierry, seigneur du Boisorcant, qui figure dans la Réformation de 1513 en qualité de propriétaire du Plessix-Raffray — et l'ayant rachetée en 1514, une seconde fois peu de temps après, par contrat du 11 octobre 1515 à Raoul Le Roy, fils mineur de Jacques Le Roy, seigneur des Valettes, et d'Amette des Prez sa première femme (Archives de Loire-Inférieure – Fr. Saulnier, La maison de Poix et la seigneurie de Fouesnel). Raoul Le Roy était le neveu du riche prélat Thomas Le Roy, mort évêque-élu de Dol ; le roi François Ier les avait anoblis l'un et l'autre en considération des services que lui avait rendus Thomas. Le 21 juin 1522, étant encore mineur, Raoul Le Roy fit présenter par son père l'aveu de la seigneurie du Plessix-Raffray. Le 9 novembre 1539 il fournit en son propre nom une nouvelle déclaration semblable (Archives de Loire-Inférieure – Fr. Saulnier, La maison de Poix et la seigneurie de Fouesnel). En 1541 il parut à la montre « bien armé et monté en estat d'homme d'armes, accompagné de quatre hommes bien montés, deux en estat d'archers, un coustilleux et un page, disant faire pour luy et pour Jacques Le Roy, son père, et déclarant avoir 8 à 900 livres de revenu noble » (Ms de Missirien – Bibliothèque de Rennes). Raoul Le Roy, seigneur du Plessix-Raffray, épousa d'abord Marguerite de Montbourcher, puis en secondes noces Jeanne Gaulay, fille du seigneur du Boisguy. Il mourut le 6 novembre 1558, laissant la réputation d'un « mauvais mesnager ». Pierre Le Roy, son fils aîné, fut même obligé de lui faire interdire l'administration de sa fortune (Archives de Loire-Inférieure, E, supplémentaire). Ce Pierre Le Roy, seigneur du Plessix-Raffray après son père, était issu de l'union de ce dernier avec Marguerite de Montbourcher. Il s'unit lui-même à Marguerite Tempéran, dont il n'eut qu'une fille, Renée Le Roy, femme de Gilles de Vaucouleurs. Le 6 juin 1561 il rendit aveu au roi pour le Plessix-Raffray, mais par acte de décembre 1574, il vendit cette terre seigneuriale à René Calon, sieur de la Porte, lequel substitua dans son contrat d'acquisition, à son propre nom, celui de Bertrand d'Argentré, seigneur de Gosnes et sénéchal de Rennes (Archives de Loire-Inférieure, E, supplémentaire). Pierre Le Roy se retira, avec sa femme, à son manoir de la Tour en Orvault, où il mourut quelques années plus tard. Il fut inhumé dans la magnifique chapelle que son grand oncle Thomas Le Roy avait bâtie au joignant de l'église collégiale de N. D. à Nantes. Dans un tableau au-dessus de sa tombe, on représenta l'ancien seigneur du Plessix-Raffray, agenouillé sur un prie-Dieu et invoquant la mère de Dieu, revêtu d'une armure complète et ayant son casque déposé près de lui. Sur sa cuirasse était passée une cotte d'armes couverte de l'écusson plusieurs fois répété : Ecartelé , aux 1er et 4ème d'or à deux fleurs de lys d'azur, qui est Le Roy ; aux 2ème et 3ème d'or à trois channes de gueules, qui est de Montbourcher. Son patron saint Pierre l'accompagnait et on lisait à côté ces mots : Cy est l'umbre et figure de feu noble homme Pierre Le Roy, vivant sieur du Plessis-Raffray, qui décéda le 28 septembre 1577 (De la Nicollière, Histoire de la collégiale N. D. de Nantes). Comme son père, Pierre Le Roy avait été « déclaré prodigue et incapable d'administrer ses biens ». Il s'était de plus trouvé sous le coup d'une accusation d'homicide de deux hommes, fait pour lesquel il avait obtenu du roi des lettres de grâce et de rémission. Ces lettres de rémission, datées de septembre 1574, nomment les victimes de Pierre Le Roy ; c'était : « Yves du Pastys, sieur de la Sangayère, et un nommé Pérégrin, ministre de la nouvelle opinion » (Archives de Loire-Inférieure, fonds du Plessix-Tizon). Le célèbre historien et jurisconsulte Bertrand d'Argentré ne conserva pas entière son acquisition ; il se réserva le fief et la juridiction du Plessix-Raffray et vendit en 1577 le manoir et le domaine proche de cette seigneurie à Pierre Gaultier, sieur du Chesnay, greffier en chef du Parlement de Bretagne, et à Jacquette Guyot sa femme. Ceux-ci en rendirent aveu au roi en 1586 (Archives de Loire Inférieure, E, supplémentaire). De son côté Bertrand d'Argentré présenta en 1579 un minu du fief du Plessix-Raffray, pour lequel son petit-fils Philippe d'Argentré fit aveu le 3 avril 1601 (Fr. Saulnier – La maison de Poix et la seigneurie de Fouesnel). Par son testament du 4 août 1588, Pierre Gaultier, seigneur du Plessix-Raffray, fonda une chapellenie en l'église Saint-Germain de Rennes « au costé senestre vers le bas d'icelle église ». Il voulut qu'on y éleva un autel en l'honneur de saint Pierre son patron, qu'on y dit une messe hebdomadaire à ses intentions et enfin qu'on y déposa son corps dans un tombeau placé sous la vitre « portant les armes du Plessix-Raffray » (Archives de Saint-Germain de Rennes). A la mort de Pierre Gaultier, décédé sans enfants, le Plessix-Raffray échut à son frère Yves Gaultier, également greffier en chef du Parlement et époux de Julienne Busnel. Celle-ci devenue veuve en 1594 se remaria à Jacques Lombart et fit en 1608 hommage au roi pour le Plessix-Raffray, en qualité de tutrice de sa fille Jeanne Gaultier issue de sa première union (Archives de Loire-Inférieure). Le 22 juin 1609 fut célébré en l'église de Toussaints à Rennes le mariage de Philippe d'Argentré, seigneur de Gosnes, avec cette Jeanne Gaultier, et ainsi se trouvèrent réunis de nouveau le fief et le domaine du Plessix-Raffray, c'est-à-dire la seigneurie et le manoir. Les deux époux en firent hommage au roi en 1618 (Archives de Loire-Inférieure, B, 1017). Philippe d'Argentré étant mort sans postérité, sa veuve Jeanne Gaultier contracta une seconde union avec Gilles Brignon, seigneur de la Fontenelle, à qui elle apporta le Plessix-Raffray. Cette dame mourut en 1633 et son fils François Brignon, seigneur du Plessix-Raffray, épousa Jeanne du Perrier. De cette alliance naquit Marie Brignon, femme de François Botherel, seigneur du Plessix-Hiette ; à l'occasion de ce mariage le seigneur du Plessix-Raffray promit de se démettre de cette terre en faveur des nouveaux époux (Archives d'Ille-et-Vilaine, Tabellions, Bretin). Mais cette démission ne s'effectua pas, car François Brignon fut saisi dans ses biens et le Plessix-Raffray fut vendu sur lui judiciairement et adjugé, le 20 août 1676, à Jean-Baptiste de Poix, seigneur de Fouesnel, au prix de 51 600 livres (Fr. Saulnier – La maison de Poix et la seigneurie de Fouesnel). Jean-Baptiste de Poix avait épousé Judith Le Gal ; ils virent mourir tous leurs enfants et décédèrent eux-mêmes, la dame de Fouesnel, la première, le 25 mai 1700, son mari peu de temps après, le 19 juin 1703 (Fr. Saulnier – La maison de Poix et la seigneurie de Fouesnel). La seigneurie du Plessix-Raffray fut encore une fois divisée et demeura telle jusqu'en 1789. Par acte testamentaire daté du 25 mai 1700, Judith Le Gal, dame de Fouesnel, donna le domaine proche du Plessix-Raffray et la moitié du Grand fief de ce nom à Mgr Louis-Armand Bonnin de Chalucet, évêque de Toulon (Fr. Saulnier – La maison de Poix et la seigneurie de Fouesnel). L'autre moitié du Grand fief et tous les autres fiefs dépendant du Plessix-Raffray demeurèrent à Jean-Baptiste de Poix et passèrent après sa mort à son frère et héritier Gilles de Poix, seigneur de la Massaye, puis de Fouesnel. Celui-ci décéda le 19 décembre 1709, laissant de son union avec Marie de Poix, sa cousine, une fille, Marguerite-Iris de Poix qui apporta les fiefs du Plessix-Raffray à son mari René Visdelou, seigneur de Bienassis. De cette union sortit Louise-Emilie Visdelou, mariée en 1732 à Guillaume de Rosnyvinen, marquis de Piré. Cette dame mourut le 27 février 1767 et les fiefs du Plessix-Raffray passèrent à son fils Pierre de Rosnyvinen, comte de Piré, qui les possédait en 1785 ; ce seigneur, époux d'Hélène Eon du Vieuxchâtel, décéda en 1802 (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 166 et 283). Pendant que se transmettaient ainsi les fiefs du Plessix-Raffray, voyons ce que devenaient le manoir de ce nom, son domaine et la portion de fief qui leur demeurait unie. Mgr Bonnin de Chalucet, évêque de Toulon, ne les conserva pas longtemps. Par acte du 20 août 1709, il les vendit au prix de 15 000 livres à Charles de Marboeuf, seigneur du Gué de Servon et président au Parlement de Bretagne, époux de Jeanne de Muzillac. Mais vers le milieu de ce XVIIIème siècle, le seigneur du Gué de Servon revendit le Plessix-Raffray à Regnaud-Gabriel dé Boisgeslin, marquis de Cucé. Aussi en 1767 la seigneurie du Plessix-Raffray appartenait elle tout à la fois aux deux marquis de Piré et de Cucé et l'un et l'autre recevaient ensemble les aveux de leurs vassaux du Plessix-Raffray en 1771 (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 284). Regnaud-Gabriel de Boisgeslin mourut le 19 septembre 1774, laissant plusieurs enfants de son union avec Jeanne de Roscoat. L'aîné d'entre eux, Mgr Jean-de-Dieu-Raymond de Boisgeslin, archevêque d'Aix, hérita du Plessix-Raffray qu'il possédait encore en 1789.

Le Plessix-Raffray relevait en partie prochement du roi sous son Domaine de Rennes et en partie du baron de Vitré. Sa haute justice s'exerçait en son auditoire particulier au bourg de Domagné. Ses principaux fiefs s'étendaient en quatre paroisses : Domagné, Châteaubourg, Piré et Saint-Didier ; parmi eux figuraient les Grands Bailliages du Plessix-Raffray, tant en avoines qu'en rentes, et les fiefs de Villegast, du Désert, du Fresne et de Laubourgère. Le seigneur du Plessix-Raffray levait toute la coutume du bourg de Domagné et un droit de bouteillage sur la vente des boissons ; il jouissait même au XVIème siècle de la moitié de la coutume de Châteaubourg (Déclarations de la seigneurie du Plessix-Raffray en 1522, 1678 et 1703). Les prééminences en l'église de Domagné appartenaient au sire du Plessix-Raffray, seigneur supérieur et fondateur de cette paroisse. L'acte de prise de possession de la seigneurie du Plessix-Raffray, du 18 août 1676, par Jean-Baptiste de Poix (Archives d'Ille-et-Vilaine, Tabellions, Bretin) va nous faire connaître ces prééminences d'autant plus intéressantes à rappeler aujourd'hui que cette ancienne église n'existe plus. Ce fut Hippolyte de Rosnyvinen, alors recteur de Domagné, qui introduisit dans son église le représentant du nouveau seigneur du Plessix-Raffray et lui fit remarquer ce qui suit : Dans le chanceau, du côté de l'évangile, le banc à queue du Plessix-Raffray portait en relief les écussons des sires d'Argentré, possesseurs à la fin du XVIème siècle des fiefs du Plessix-Raffray : on y voyait sur l'accoudoir un écu plein : D'argent à la croix pattée d'azur, qui est d'Argentré, et sur le dossier du siège un autre écusson : Ecartelé aux 1er et 4ème d'argent à la croix pattée d'azur, qui est d'Argentré ; au 2ème palé d'argent et d'azur de six pièces ; au 3ème un chef plein. — « Quatre pieds au dessoubs (se trouvait) un aultre plus grand banc à queue et accoudoir » , placé, au même temps que le précédent, par le possesseur du domaine du Plessix-Raffray ; sur son accoudoir était sculpté un écusson portant deux gantelets d'argent. Non seulement le rédacteur de l'acte de prise de possession en 1676, mais encore celui de la déclaration du Plessix-Raffray en 1678 attribuent ces gantelets à la famille Gaultier jadis propriétaire du manoir. Cependant Potier de Courcy donne à cette famille des armes très différentes de celles-ci, c'est-à-dire : D'argent à la fasce de gueules chargée de trois croissants renversés d'or et accompagnée de trois croisettes de gueules. Mais Pierre Gaultier était marié à Jacquette Guyot et les Guyot portent : D'azur à trois gantelets d'argent. Ce seigneur du Plessix-Raffray n'a-t-il point fait graver et peindre les armes de sa femme, à défaut des siennes ? Peut-être, en effet, ne jouissait-il pas encore — étant mort en 1588 — de la noblesse accordée seulement en 1585 à son homonyme et parent Pierre Gaultier, audiencier de la chancellerie de Bretagne (Potier de Courcy, Nobiliaire de Bretagne). Au milieu de ce même chanceau et joignant le balustre, apparaissait élevée un peu de terre une pierre tombale portant un grand écusson en relief : Party, au 1er d'azur à la bande d'argent chargée de trois tourteaux de gueules, qui est Brignon ; au 2ème d'azur à dix billettes d'or posées 4, 3, 2 et 1, qui est du Perrier. Autour de cette pierre on lisait : Cy gist le corps de très vertueuse Jeannette du Perrier, dame du Plessix-Raffray, décédée le premier juin 1662 ; priez Dieu pour son âme. La croix pattée des sires d'Argentré et le palé d'argent et d'azur de six pièces de leur alliance brillaient seuls dans la maîtresse vitre du choeur. La lisière entourant le chanteau « jusqu'au dessoubs des cloches » présentait la même croix pattée d'azur sur champ d'argent. Des écussons semblables ornaient les deux cloches et se trouvaient gravés dans la muraille, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du chanceau (Prise de possession du Plessix-Raffray en 1676). A cause de son fief de Villegast, le seigneur du Plessix-Raffray avait encore ses armoiries dans un vitrail de la nef, proche de l'autel Saint-Sébastien ; on y voyait en 1586 le blason de Pierre Gaultier ou plutôt celui de sa femme : D'azur à trois gantelets d'argent (Archives de Loire-Inférieure, E, supplémentaire). Le recteur, M. de Rosnyvinen, fit aussi voir au nouveau possesseur du Plessix-Raffray une chasuble et une chape en velours et damas rouges, portant en broderies : la chasuble deux écussons : D'or à deux fleurs de lys d'azur, qui est Le Roy, et Ecartelé : aux 1er et 4ème d'or à deux fleurs de lys d'azur, qui est Le Roy ; aux 2ème et 3ème d'or à trois channes ou marmites de gueules, qui est de Montbourcher ; — et la chape un seul écusson : Ecartelé aux 1er et 4ème d'or à deux fleurs de lys d'azur, qui est Le Roy ; aux 2ème et 3ème d'azur à la fasce d'argent chargée de trois quintefeuilles de gueules, qui est Gaulay. Mais M. de Rosnyvinen se trompa en disant que « ces armes à deux fleurs de lys estoient celles de Pierre Landais qui fit bastir le Plessix-Raffray ». Ces broderies étaient en réalité les armoiries de Raoul Le Roy, anobli en 1522, et de ses deux femmes Marguerite de Montbourcher et Jeanne Gaulay (Prise de possession du Plessix-Raffray en 1676). Le seigneur du Plessix-Raffray présentait en l'église de Domagné les deux chapellenies du Fresne et de la Rubillonnière (Déclaration de la seigneurie du Plessix-Raffray en 1678). Jean-Baptiste de Poix fit ensuite prendre possession, le 3 novembre 1676, de la chapelle Saint-Pierre en l'église Saint-Germain de Rennes. Sur l'autel se trouvaient deux écussons en pierre sculptée portant : Party au 1er d'azur à la bande d'ar­gent chargée de trois tourteaux de gueules, qui est Brignon ; au 2ème d'azur à trois gantelets d'argent, qui est Gaultier ou plutôt Guyot. Entre ces deux écussons étaient gravés en lettres d'or ces mots : Fondation faite par n. h. maistre Pierre Gaultier, vivant mari de dlle Jacquette Guyot, seigneur et dame du Plessix-Raffray, conseiller, notaire et secrétaire du Roi, greffier civil de la Cour de Parlement et Estats de ce pays, en mil cinq cent quatre-vingt-huit. Devant cet autel était une pierre tombale et se dressait un banc à accoudoir portant ce blason : Parti : au 1er de gueules à la bande d'or accostée de deux coquilles d'argent, qui est Lombart ; au 2ème d'argent à l'épervier au naturel, longé, grilleté et becqué d'or, perché sur un écot de sable, qui est Busnel. C'était l'écusson de Jacques Lombart, époux vers 1596 de Julienne Busnel, dame douairière du Plessix-Raffray (Archives Nationales, P. 1714). 

Le domaine proche du Plessix-Raffray ne semble pas avoir jamais été très considérable. Au XVIème siècle il se composait du manoir et de sa retenue, avec les métairies nobles de la Porte et de la Pouardière, et les moulins de Châteaubourg (Aveux de la seigneurie du Plessix-Raffray en 1504, 1522 et 1561). Au siècle suivant, la Pouardière et Châteaubourg n'en faisaient plus partie, mais la métairie de la Baillée les remplaçait en partie. En 1775 Mgr de Boisgeslin ne possédait plus que le manoir en ruines, la retenue et la métairie du Plessix-Raffray, le tout loué ensemble 560 livres ; sa part du Grand fief lui rapportait, en outre, 528 boisseaux d'avoine (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, supplémentaire). Disons, en terminant, ce qu'était ce manoir ou château du Plessix-Raffray, dont on attribuait la construction à Landais, quoiqu'il fût vraisemblablement plus ancien. Ses bâtiments occupaient deux cours cernées l'une et l'autre d'un côté par un étang et des trois autres côtés par des douves « à fonds de cuve avec ponts-levis ». Le portail de la cour d'honneur était flanqué à droite d'une tour ronde et à gauche d'un pavillon carré. Dans cette cour s'élevait le logis seigneurial avec tour octogone contenant l'escalier. Sur la porte d'entrée de cette demeure était sculpté un écusson à deux fleurs de lys, prouvant que les Le Roy l'avaient bâtie ou tout au moins restaurée. Dans la même cour se trouvaient plusieurs antres constructions, notamment la porterie, « la prison et sa basse-fosse », le colombier et la chapelle. Cette dernière, dite « fort vieille » en 1648 et bâtie « en l'honneur de Dieu, de la Sainte Vierge et de sainte Délivrance (sic) », était fondée d'une messe hebdomadaire ; au-dessus de l'autel on y voyait un tableau décoré de l'écusson des Brignon : d'azur à la bande d'argent chargée de trois tourteaux de gueules (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, supplémentaire). Au Nord de cette principale cour s'étendait une seconde cour, également entourée de douves, dans laquelle se trouvaient en 1709 « des ruines de bastiments ». Outre le grand étang cernant en partie le château, il y avait au Plessix-Raffray deux autres étangs placés au-dessous du premier, avec des chaussées entre eux. Aux alentours on voyait un vaste jardin, des prairies, des bois et des rabines (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, supplémentaire). Ce qui précède prouve que si le Plessix-Raffray n'était pas une véritable forteresse, c'était au moins un manoir parfaitement défendu. Aussi pendant les guerres de la Ligue une troupe appartenant à l'armée du duc de Mercœur s'y installa-t-elle, avec ou sans le consentement du propriétaire Yves Gaultier. Mais au mois de septembre 1589, les soldats du roi entreprirent de l'en faire sortir ; commandé par Guy de Rieux, sire de Châteauneuf, ils s'emparèrent du Plessix-Raffray « maison située sur le bord d'un étang dont l'eau remplit les fossez » ; ils enlevèrent « un grand butin et se saisirent de plus de trente Ligueurs qu'ils emmenèrent prisonniers » (Guyot des Fontaines, Histoire de la Ligue de Bretagne, I, 117). Cette prise du Plessix-Raffray contribua évidemment à sa ruine qu'acheva l'abandon de ses propriétaires. En 1676 on constatait que ses « murailles de closture » avaient de « grandes brèches » ; en 1709, comme nous venons de le dire, la seconde cour du manoir ne contenait plus que « des ruisnes de bastiments ». Ce triste état ne put qu'empirer au XVIIIème siècle, les seigneurs du Plessix-Raffray cessant d'y résider. A la fin du XIXème siècle, il ne reste pas pierre sur pierre de la vieille demeure féodale de Landais ; mais à côté de la maison de ferme que possède alors la famille Lasnier, apparaissait encore l'emplacement des deux cours du manoir : l'une entourée de hauts talus base des murailles de sa primitive enceinte et de douves larges de plus de 10 mètres — l'autre cernée seulement de douves moins importantes ; quant aux étangs alimentant ces « douves et fossez », ils sont aujourd'hui desséchés. La tradition locale, ignorant la prise du Plessix-Raffray par les Royaux au XVIème siècle, attribue la destruction de cette maison au seigneur de Mouligné. Situé en Domagné et peu éloigné du Plessix-Raffray, dont relevait partie de ses fiefs, Mouligné était un petit manoir seigneurial doté seulement d'une moyenne justice. Les Martin, qui possédaient cette terre au temps de la Ligue, n'étaient guère de taille à attaquer la demeure fortifiée de leur suzerain du Plessix-Raffray (abbé Guillotin de Corson).

 

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Jamet Baude et Alain Le Jambu, plusieurs nobles sont mentionnés à Domagné :

le vicomte de la Bellière, sr. du manoir de Chaumeré ;  

la fille de Jean de Denee (?), sr. du manoir de la Motte de Chaumeré.

Ville de Domagné (Bretagne) : soeurs de Saint-Vincent de Paul.

 

Ville de Domagné (Bretagne) : soeurs de Saint-Vincent de Paul.

 

Ville de Domagné (Bretagne) : soeurs de Saint-Vincent de Paul.

(à compléter)

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