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Les vestiges du monastère de Sainte-Claire de Dinan.

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XVII- LES VESTIGES

Quand on débouche de la rue de la Ferronnerie, le grand placître formé par la place du Champ et la place Duguesclin, offre la perspective agréable de ses beaux immeubles aux façades de granit, aux fenêtres larges et hautes, aux balcons de fer forgé, aux toits étagés.

Il suffit de quitter la chaussée bordant cette esplanade, et de faire quelques pas sous les arbres, pour se sentir hors de l’agitation qui règne dans le centre commercial de la ville, si proche pourtant, et si affairé. Sauf aux jours de marché, le quartier où s’élevait jadis le monastère de Sainte-Claire est calme et silencieux.

Aligné parmi les grandes maisons bourgeoises et s’ouvrant sur la place, voici le Palais de Justice, édifice sans grâce, de dimensions modestes, orné d’un fronton triangulaire, froid et rigoureux comme la Légalité dont il est le siège. Là se trouvait autrefois la chapelle Sainte-Catherine, érigée par Charles de Blois, et près d’elle résonnaient les marteaux de la « Monneyerie », qui battait les métaux précieux pour les ducs de Bretagne.

Il n’y a plus trace de la chapelle ni de la « Monneyrie ». Dès le XVIIème siècle elles avaient disparu pour laisser place à l’enclos du monastère.

La « rue de Sainte-Claire », qui s’amorce non loin du Palais de Justice, paraît droite et relativement large, du moins si on la compare aux ruelles tortueuses qui, dans les autres quartiers, entourent les églises de Dinan. Elle est bordée de maisons sans caractère, mais aux murailles solides et bien entretenues.

Au centre de la rue, à main droite, s’ouvre une vaste impasse : c’est l’ancienne entrée du couvent de Sainte-Claire. Mais avant d’y pénétrer, il faut jeter un coup d’œil aux demeures voisines. Les numéros 1 et 3 ne forment qu’un seul immeuble, d’apparence austère, aux ouvertures hautes et étroites. Si, d’aventure, vous poussez l’une des portes, vous apercevrez un solide escalier de chêne qui offre, avec sa balustrade, toutes les caractéristiques du XVIIème siècle. Cet immeuble était jadis le logement des pères confesseurs. Le numéro 5 et les suivants occupent l’emplacement de ce qui fut autrefois le bâtiment des sœurs du dehors. Là aussi les murs sont anciens, et il est probable qu’ils n’ont guère changé d’aspect.

Dans l’impase, en retrait de la rue, s’avance un pignon coiffé d’un large toit. C’est un débris de l’ancienne chapelle. L’intérieur qui sert de remise et de débarras, garde encore son lambris cintré, et des restes d’étroites fenêtres : on y reconnaît l’ancien chœur des religieuses.

L’impasse aboutit à une cour rectangulaire, qui dessine, sans doute exactement, ce qui fut le cloître du monastère.

Les constructions ont perdu tout caractère, sauf une aile, à main droite, qui présente des traces évidentes d'ancienneté. La façade est patinée par le temps. On y remarque un renflement en forme de tourelle inachevée ou à moitié détruite, ainsi que des consoles très frustes, auxquelles s’appuyaient, semble-t-il, les poutres de la galerie qui faisait le tour du cloître.

On hésite à pénétrer dans ce logis, qui n’est plus qu’une suite de salles basses et de réduits obscurs. Les murs sont épais. A l’intérieur, dans la pénombre, on distingue de vastes cheminées aux lourds bandeaux de granit, et des guichets qui font communiquer les pièces entre elles. De toute évidence, on est ici dans le monastère du XVème siècle.

En ces lieux, pendant trois cents ans, des religieuses se sont succédées, vivant dans la paix et dans la pauvreté, sous la règle austère de sainte Claire, vie que rythmaient seulement le chant des offices et les humbles travaux, les longues heures d’oraison et les entretiens secrets avec le confesseur. Puis un jour, le souffle de la Révolution vint bouleverser cet asile de silence, en arracher les dernières habitantes et les disperser à jamais.

Mais, dans le cloître profané, les mortes sont restées. Sous le sol de la cour, le long des murs vétustes, leurs ossements continuent leur silencieuse présence.

(Maurice Mesnard).

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