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Les sœurs du dehors et les quêtes du monastère de Sainte-Claire de Dinan. |
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XX- LES SŒURS DU DEHORS ET LES QUÊTES
« A une époque qui nous est inconnue, dit Odorici, mais qui est antérieure à l'année 1594, les clarisses de Dinan obtinrent du Pape que la moitié d’entre elles serait dispensée de la clôture, et pourrait parcourir la Bretagne afin de recueillir à domcile les dons nécessaires pour leur alimentation et celle de leurs compagnes » [Note : Etrennes dinannaises, 1850, p. 16].
Il est, effectivement, impossible de préciser à quelle date remonte l’institution des sœurs du dehors. Celle de 1594 comme terminus ad quem proposée par Odorici, vient de ce qu'il eut en mains un sauf-conduit délivré à Brest le 26 mai 1594, par René de Rieux, seigneur de Sourdéac, « lieutenant par le Roy en Bretagne », à deux sœurs servantes de Ste-Claire de Dinan, pour se rendre de Brest à Dinan [Note : Id. 1849, p. 245. Ce document se trouve aux Arch. des C.-du-N.].
Mais il se trompe quand il assure que, par permission du Pape, la moitié de la communauté fut dispensée de la clôture, et autorisée à quêter. Le document suivant montre qu’il n’y eut aucune permission du Pape, et que les sœurs chargées des quêtes ne furent jamais les religieuses cloîtrées, mais de bonnes filles qui s’engageaient par vœux à la règle du Tiers-ordre de Saint- François et non pas à la règle des clarisses.
Elles étaient, au dire de l’abbé Manet [Note : Etrennes dinannaises, 1850, p. 30], dix ou douze sœurs vivant dans l’obédience de l’abbesse, d’aussi bonnes maisons que les religieuses de chœur, logeant dans la même enceinte de murs, mais ayant à part leur habitation, réfectoire, dortoir, etc., sauf l’église qui était commune à toutes.
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Le document qui jette le plus de clarté sur cette institution des sœurs du dehors, est une supplique adressée au Pape le 25 octobre 1648, dont une copie, signée de toutes les religieuses, scellée et certifiée par trois notaires royaux [Note : Les sieurs Legendre, Blondeau et Cohue], se trouve aux Archives des Côtes-du-Nord.
En voici le début :
« A Nostre Très Sainct père le pape.
Vos très humbles et très obéissantes
filles et servantes, les sœurs Abbesse et religieuses de vostre dévot monastère
de Saincte claire, de la ville de dinan, Diocese de Sainct Malo, Exposent à
vostre Saincteté,
Que depuis leur establissement faict en ladicte ville, l’an mille quatre centz quatre-vingts deux, le dix septiesme jour de juin, par permission expresse de Sixte quart. Pape d’hoeureuse mémoire, Ayant par la grâce de Dieu toujours vescu dans la plus exacte Observance de la première Regle de saincte claire, ditte des Damianistes [Note : C’est à Saint-Damien, près d'Assise, que sainte Claire fonda son ordre], et de la plus estroicte Reforme de la bienhoeureuse mere Collette, approuvée du sainct Siege, sans avoir jamais voulu recevoir Aucunes Rentes, fondations, ny mesmes pensions viaigeres, pour ou au nom d’aucune desdictes Religieuses ny dudict Monastère, en quelque façon que ce soict, elles se sont entretenues et leur dict monastère des seules aumosnes Recueillies non dans la dicte ville de Dinan, qui est fort pauvre, mais dans le pays et Eveschez voysins ou il n’y a poinct de Monastère de leur dict ordre, et où sont nées les Religieuses qui servent Nostre Seigneur dans ledict Monastère, qui sont les-tres-humbles suppliantes de Vostre Saincteté,
Les premières Religieuses dudict monastère employèrent assez long-temps a la récolte desdictes Aumosnes, des freres mineurs de la Province de Touraine, lesquelz ou par conscience de quester des Aumosnes pecunaires, ou qu’ilz s’ennuyassent de cette peine et travail, laissèrent les dictes Religieuses souffrir de grandes nécessitez durant quelques années, pour quoy elles furent contraintes de prendre, a l’imitation des autres monastères de leur ordre en france, certaines honnestes filles, qui se donnèrent au service dudict monastère, pour aller faire lesdictes Recoltes, a condition toutesfois, qu’elles feroient les trois vœux de Religion, soubz la Regle du Tiers-ordre de sainct françois, et en porteroient l’habit, asseurées de ne pouvoir estre chassées ny renvoyées au monde.
Les Religieuses, pressées par leur nécessité, et leur père confesseur de lors leur ayant asseuré que cela se pouvoit faire légitimement et validement, receurent lesdictes filles soubz ladicte condition de faire les trois vœux, demeurant au dehors de la closture, et l’ont ainsy pratiqué jusqu’à présent, a la grande consolation des pauvres Religieuses enfermées, et édification du publiq, par la miséricorde de Nostre Seigneur, néstant jamais arrivé aucune mauvaise édification desdictes sœurs servantes dudict monastère, mais au contraire, elles sont grandement estimées et honorées en tous lieux ou elles vont, pour leur probité et vie tres-exemplaire.
Or depuis peu lesdictes Religieuses et sœurs ont esté adverties que le sainct Siege n’approuve point tels vœux des filles qui ne vivent pas en closture, ce qui les a jettées en de grands troubles de leurs consciences, et les sœurs servantes au dehors protestent qu’en cas que les vœux qu’elles ont faicts de bonne foy soient déclarez nulz, et qu’elles soient privées du merite qu’elles prétendent de la saincte Religion, elles s’en retouneront en leurs maisons et abandonneront ledict monastère, ce qui en seroit la totalle Ruine, et entière désolation des pauvres Religieuses ausquelles il seroit impossible de vivre dans leur closture.
Pourquoy proternées aux pieds de votre Saincteté... (les religieuses demandent que l’institution des sœurs quêteuses soit reconnue et approuvée). ...faict en leur pauvre couvent de dinan en Bretaigne, ce vingt-cinquiesme jour d’octobre mil six centz quarante-huit.
Voici les signatures qui accompagnent cette pièce. Il nous semble que nous avons là toutes les religieuses de chœur alors vivantes au monastère :
Sœur Janne Le Forestier, abbesse
Sœur Anne de Coettudanel,
vicaire
Sr Gilette Aubry Sœur Simone de Langourla, discrette
Sr Gabrielle
Ferron, discrette et compaingne de portière
Sœur Thomasse Lambert, discrète et
sacriste
Sr Jacquemine de Ste Claire, discrette et maîtresse des jeunes et
novices
Sœur Julienne de Coespelles, discrette et portière
Sr Marguerite de St
François
Sœur Françoise de St Nicolas
Sœur Elizabeth des Anges, discrette
Sœur
Claude de St Antoine, discrette
Sœur Jeanne Baptiste
Sœur Bonaventure du St
Sacrement
Sr Anne de Ste Catherine
Sœur Renée de Ste Magdeleine
Sr Agnès de St
Michel
Sœur Perrine de St Paul
Sr Bertrande de St Bernardin
Sœur Catherine de St
Jean l’évang.
Sœur françoise de Kergouzou
Sr Gillette Calliope de l’Ascension.
Sœur Claire de l’Assomption.
Sœur peronnelle de St Abraham.
Ainsi, dès le milieu du XVIIème siècle, dans le monastère lui-même, qui cependant conservait soigneusement ses souvenirs et ses archives, on était incapable de dire à quelle date avaient été instituées les sœurs du dehors ; mais on se rappelait que les Pères franciscains s’étaient lassés un jour de recueillir des aumônes, et que des temps difficiles s’en étaient suivis.
Nous pouvons fixer cependant l’institution des sœurs du dehors au début du XVIème siècle. Nous verrons, en effet, en étudiant l’obituaire, que la première sœur « laye » mourut le 6 février 1526.
Rome donna une suite favorable à la supplique de 1648. Il est vrai que beaucoup de couvents de clarisses collettines devaient se trouver dans le même cas. Nous savons, par une note manuscrite ajoutée à un Cérémonial de Profession [Note : La France franciscaine, T. V, 1942, p. 347], que « dans le chapitre général tenu à Rome en 1651, où le R. P. Yves de la Croix, visiteur de cette communauté, obtint un état stable et permanent pour les sœurs du dehors, il est dit dans le décret qui les concerne : Deffinitorium generale decrevit quod istæ sorores faciant suam professionem juxta regulam tertii ordinis. C’est donc la règle du Tiers-ordre, et non celle de sainte Claire, qu’elles doivent professer ».
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Il est possible qu’au début du XVIème siècle, donc dès l’origine de leur fondation, deux sœurs du dehors aient été détachées du couvent de Ste-Claire et affectées à une maison de redressement qui portait à Dinan le nom de « Maison des Recluses ».
« Vers la fin de 1502, dit Odorici, la communauté de ville chargea deux religieuses du couvent de Ste-Claire de recueillir et de ramener dans la voie de la pénitence, certaines femmes dont la vie était pleine de désordres. A cet effet, les deux religieuses furent établies dans une maison, rue du Jerzual. La petite chapelle de ce refuge était dédiée à saint Sébastien et la maison reçut le nom de Maison des Recluses » [Note : ODORICI, Recherches sur Dinan, 1857 p. 186].
Le même auteur signale ailleurs que cette maison « était située à droite, en descendant la rue tortueuse et rapide du Jerzual, avant d’entrer sous la porte du même nom. Cette ancienne maison de refuge pour les repenties porte aujourd'hui le N° 56 » [Note : ODORICI, Recherches sur Dinan, 1857 p. 350].
Il n’indique pas sur quels documents il s’appuie pour affirmer ce fait. S’il est réel, on peut être sûr que ce ne furent pas des religieuses de chœur, mais des sœurs du dehors qui prirent à charge cette maison, car les religieuses de chœur étaient vouées exclusivement à la vie contemplative. De plus, elles durent se détacher complètement de Ste-Claire, car il n’est jamais question, dans les archives du couvent de Sainte-Claire, de la maison des Recluses, ni des sœurs qui s’y trouvaient.
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Le rôle des sœurs du dehors consistait à recueillir des aumônes. Elles étaient, à cette occasion, munies des sauf-conduits et des lettres de recommandation nécessaires. Quelques brevets de permission de quêtes, émanant de l’autorité royale, soit dans la Province de Bretagne, soit dans tout le royaume, ont été conservés [Note : Archives des C.-du-N. Ils datent de 1726 et de 1765].
Voici également l’autorisation délivrée aux sœurs le 13 août 1632, par l’évêque de Saint-Malo, Achilles de Harlay de Sancy, de quêter dans son diocèse :
« Achilles de harlay, dei gratia episcopus Macloviensis, omnibus et singulis Rectoribus et curatis nobis subditis, salutem in domino, Notum facimus quod monialibus Religionis vulgo sanctæ claræ nominatis, conventus dinanensis, facultatem per præsentes concessimus, eleemosynas in vestris ecclesiis ac parœciis colligendi ; idque in annum ab hodierna die, datum dinani inter visitandum, die décima tertia augusti anno domini millesimo sexentesimo trigesimo secundo ».
Le même évêque délivrait, le 29 septembre 1646, un certificat attestant que les sœurs quêteuses « ont tousiours donne temoignage de leurs bonnes vies et mœurs conformement à leur profession, sans aucun scandale dont nous ayons eu cognoissance... » [Note : Arch. des C-du-N.].
Au cours de leurs tournées, les sœurs logeaient dans des maisons amies, dans des couvents, et même dans des logements que le monastère, malgré sa stricte pauvreté, fut amené à acquérir pour elles en divers lieux.
C’est ainsi qu’une lettre du Calvaire de Cucé du 28 septembre 1703, montre que le couvent de Ste-Claire de Dinan y possédait une chambre à l’usage exclusif de ses sœurs quêteuses. Comme cette chambre devait être bien souvent inoccupée, les Calvairiennes tentaient de l’utiliser à d’autres fins [Note : Arch. des C.-du-N.].
Le monastère de Dinan eut aussi à Saint-Malo, rue des Cordeliers, une maisonnette qui fut estimée 800 livres, le 20 janvier 1791 [Note : Abbé Manet, Etrennes dinannaises, 1850, p. 30]. Elle avait été achetée le 2 septembre 1629 [Note : Arch. des C.-du-N.].
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A Dinan même, il devait arriver parfois que des sœurs quêteuses d’autres couvents vinssent frapper à la porte du monastère de Ste-Claire pour demander asile.
C’est ainsi qu’en 1633, ou peu après, la Mère abbesse, sœur Amaurie Romain, fit prendre copie d’une lettre de recommandation dont étaient porteuses deux sœurs de Gien, de passage à Dinan. L’abbesse la fit copier comme modèle pour ses propres sœurs quêteuses.
« Nous, sœur Catherine de la Couldre, humble abbesse du monastère de Saincte Claire de Gien sur Loyre. A sœur Françoise boulier et sœur jehanne petit, nos filles, sœur layes, ordonnées soubs l’authorité de nos saincts peres les papes innoçant quatriesme, Sixte quatriesme, pour le service de nous, qui sommes renfermées par nostre perpétuel vœu de closture : salut et paix en nostre Seigneur.
Entre les autres privilèges octroyés a notre st ordre nous ait laissées en la jouissance de vos labeurs soubs nos constitutions et ordonnances, affin que vous puissiés en nostre nom recullir les aumosnes de nos Seigneurs les prelats et pasteurs de leglise, et en general de nos illustrissimes princes et Seigneurs gouverneurs des villes et païs, gentilhommes, sieurs presidents, justiciers, bourgeois, marchants et de tous autres bons et affectionnez catholiques, a ce que par leurs charitables aumosnes nous soyons en notre dict monastère touiours clauses et renfermées, et toutesfois secourus en notre extrême nécessité.
Nous, a cet effet bien authorisées de la permisson de nos supperieurs de lordre, vous commandons par saincte obédience, vous transporter à Meun, à bois jancy, a Vandosme, a Blois, a Tours, en Touraines, a Angers et au païs d’Anjou, a Nante en Bretagne, a Rennes, a Vanne, a Sainct Mal, a Dol, au Mont et au païs du Maine, et aultres lieux circonvoisins des dictes villes et païs, pour nous y quester les liberalitez des gens de biens, pour nous survenir en notre grande pauvreté, attendu que nous ne sommes fondées d’aucunes rentes ni revenus, ains sur la seule charité des bons chrestiens et catholiques, suivant le veu de la saincte pauvreté a limitation de nostre Sauveur Jésus christ et de notre pere St françois et selon la reformation de nos monastères.
Requerants en toute humilité nos Seigneurs les Archevesques, Evesques, ou en leurs absences Messieurs leurs grands vicaires et officiers, abbéz, prieurs, curéz ou autres, leurs vicaires et commis en leurs charges, vous départir leur bien-faicts et vous avoir pour recommandées envers leurs peuples qu’ils ont en charges : et vous administrer les saincts sacrements de Leglise en cas de nécessité, comme estant fidelles et catholiques, non détenues en aucunes censures d’excommunication.
De plus, nous supplions, en pareille humilité que dessus, Messieurs les officiers de Sa Majesté, vouloir vous permettre es lieux de leurs juridiction, Recolliger les aumosnes des gens de bien, et vous departir leurs accoustumées charités pour l’amour de Dieu ; et nous continuerons à le prier jour et nuict selon leurs bonnes intentions, comme tous nos peres et bien facteurs qui nous maintiennent a son Sainct service.
Et en vérité de tout ce que dessus, comme pour thesmoigner la bonne vie et Religiosité des susdictes, nous avons signée la présente de notre seing manuel, et apposé le seau de notre susdict monastère, le quinziesme de mars mil six cents trente trois.
Sœur Catherine de la Couldre, humble abbesse » [Note : Archives des C.-du-N.].
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On trouve dans l’obituaire 9 sœurs « layes », dont l’une est dite sœur laye converse ; 30 sœurs converses, 3 sœurs du dehors et une sœur quêteuse.
La première sœur laye, Renée des Vaulx, meurt le 6 février 1526, et la dernière, Jeanne de Saint-Yves, sœur laye converse, le 23 février 1646. C’est donc vers la fin du XVIème siècle que l’appellation de « sœur laye » se changea en celle de « sœur converse ». Celle-ci apparaît pour la première fois dans l’obit de sœur Catherine Desnos, qui mourut le 10 juin 1590.
Il nous semble que ces titres de « sœurs layes », « sœurs converses », « sœurs quêteuses », désignent tous, mais à des époque différentes, les « Sœurs du dehors ». Peut-être même, à l’origine, ces sœurs ont-elles porté simplement le nom de « Sœurs du Tiers-ordre ». On lit, en effet, dans l’obituaire, à la date du 20 septembre 1501, l’obit d’une sœur Louise de Boysgelin, « du Tiers-ordre de Saint François ».
Voici, par ordre chronologique de dècès, les noms des sœurs qui durent être chargées de quêtes, et que l’on relève dans l'obituaire.
Sœurs layes :
- Renée des Vaulz (t 6 février 1526),
- Jeanne de
Chasteaugiron (t 9 janvier 1540),
- Perrine de Bienassis
(t 6 avril 1545),
- Thomasse Quartier (t 9 juin 1545),
- Jeanne Poirier (t 9 mai
1557),
- Catherine Le Moyne (t 8 octobre 1564),
- Elène de La Motte (t 15 février
1585),
- Louise Lambert (t 13 mars 1622).
Sœurs converses :
- Catherine Desnos
(t 10 juin 1590),
- Perrine Tardivel (t 14 juin 1598),
- Hélène Boutour (t 12
novembre 1612),
- Rolande Davit (t 14 juin 1620),
- Renée Burnet (t 9 février 1623),
- Françoise de Saint-Joseph Urvoy (t 20 septembre 1626),
- Basile de
Sainte-Elisabeth (t 4 juin 1642).
Sœur laye, converse :
- Jeanne de Saint-Yves (t 23 février 1646).
Sœurs converses :
- Françoise de la Passion (t
9 août 1646),
- Jeanne de la Chère, de Saint-Joseph (t 12 juin 1652),
- Mathurine
Lesné, de Saint-Augustin (t 15 octobre 1652),
- Julienne Haran, de Saint-François
(t 17 octobre 1653),
- Catherine de Saint-Mathurin (t 21 novembre 1661),
- Anne
Cheuré, de la Conception (t 25 août 1669),
- Jacquemine de Jésus (t 14 mars 1670),
-
Marie de Saint-Pierre (t 2 décembre 1673).
- Julienne de Saint-François Fontenay
(t 31 janvier 1678),
- Françoise de Sainte-Anne (t 28 février 1680),
- Andrée de la
Croix (t 7 janvier 1683),
- Jeanne de Saint-Jacques (t 22 juin 1686),
- Gilette de
Saint-Louis (t 13 janvier 1696),
- Hélène du Saint-Esprit (t 3 avril 1700),
-
Elisabeth de Saint-Yves (t 9 août 1700),
- Renée du Saint-Esprit (t 23 mai 1707),
- Perrine de Saint-Hilaire (t 22 décembre 1715),
- Marie de
l’Ascension (t 24 mars 1720),
- Anne de la Conception (t 7 avril 1730),
- Françoise
de Tous-les-Saints (t 15 novembre 1735),
- Elisabeth de Vierge (t 1er décembre
1736).
Sœur quêteuse :
- Jeanne de Saint- François (t 12 mai 1741).
Sœur du dehors :
- Thérèse de Tous-les-Saints Le Mintier (t 15 mars 1756).
Sœurs converses :
- Anne Bois Jean (t 31 janvier 1766),
- Hélène de Saint-Joseph (t 6
octobre ?).
Sœurs du dehors :
- Claire de la Vallée de la Colinaye (t 17 juin
1787),
- Marie Françoise (t 10 février 1798).
Tels sont les noms et les qualifications qu’on relève dans l’obituaire. D’autre part, on peut lire à la fin du procès-verbal de la visite canonique du 3 octobre 1770, les noms des neuf sœurs du dehors qui se trouvaient alors au monastère.
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Les Archives des C.-du-N. conservent un petit carnet sur lequel on a noté le produit des quêtes faites au « baiage » de Fougères en 1589.
Le registre des professions qui se trouve au presbytère de Saint-Sauveur de Dinan, et dont nous avons parlé, comporte à ses dernières pages une liste de 115 paroisses de l’ancien diocèse de Saint-Malo, dans lesquelles les sœurs de Dinan avaient l’habitude de quêter [Note : Ce document va de 1579 à 1683. Les listes de paroisses dont nous parlons ici semblent être de la fin du XVIème e ou des toutes premières années du XVIIème siècle].
Le quartier de Plénée-Jugon était réservé pour la quête au beurre. Aux environs de Combourg, on pouvait demander « beurre et chair ». Ailleurs, on quêtait de la laine, du froment, du seigle.
Ces listes se terminent par deux recommandations : et d’abord, qu’il faut se munir de mandements de Dol pour quêter dans les paroisses qui dépendaient de cet évêché, et qui formaient des enclaves dans les évêchés voisins ; ensuite qu’il « est bon avoir esgard de ne quester pas la viande es paroesses où l’on aura questé du blé en la mesme année, pourtant que ce sont deux questes qui s’entre suyvent, et le peuple se ennuye ».
De temps à autre, les religieuses avaient soin de s’adresser à l’autorité royale pour conserver leur droit de quêtes. C’est ainsi qu’en septembre 1726, Louis XV leur accorda la permission de continuer ces collectes dans toute l’étendue de la province de Bretagne [Note : ODORICI, Etrennes dinannaises, 1849, p. 27].
Quand la tourmente révolutionnaire eut fermé le monastère et dispersé les religieuses, la dernière abbesse, âgée alors de 80 ans, et qui devait se trouver dans une situation précaire, essaya en 1809 de reprendre ces quêtes pour son compte personnel.
Une lettre datée de Broons, du 28 novembre, signée Neuville l'ainée et adressée à « Madame La Chaux, abbesse des dames de Sainte-Claire de Dinan, à Dinan », montre que cet essai fut infructueux et se heurta à l’hostilité de la population. Le produit de la quête, dans la ville même de Broons, en « argen et fillace », s’éleva à six francs ! Et la correspondante s’excusait de ne pouvoir mieux faire « dans un lieu qui se fait gloire de soutenir les lois les plus rigoureuses » [Note : Archives des C.-du-N.].
(Maurice Mesnard).
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